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	<title>La Gauche</title>
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		<title>Irlande : l'Europe au secours des banquiers</title>
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		<dc:creator>Philippe L&#233;g&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Irlande</dc:subject>

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&lt;p&gt;Apr&#232;s la Gr&#232;ce, l'Irlande est &#224; son tour le bouc &#233;missaire des sp&#233;culateurs et des gouvernements lib&#233;raux. &lt;br class='autobr' /&gt; Mardi 16 novembre, Herman Van Rompuy, pr&#233;sident du Conseil europ&#233;en, a suscit&#233; la stupeur en d&#233;clarant : &#171; Nous sommes dans une crise pour la survie &#187; de la zone euro. Deux jours plus tard, il s'est efforc&#233; de faire croire que ses propos concernaient en fait la phase pr&#233;c&#233;dente de la crise europ&#233;enne, lorsque le taux d'int&#233;r&#234;t des titres de la dette publique grecque s'envolait. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L102xH102/arton3092-0ca50.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='102' height='102' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s la Gr&#232;ce, l'Irlande est &#224; son tour le bouc &#233;missaire des sp&#233;culateurs et des gouvernements lib&#233;raux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mardi 16 novembre, Herman Van Rompuy, pr&#233;sident du Conseil europ&#233;en, a suscit&#233; la stupeur en d&#233;clarant : &#171; Nous sommes dans une crise pour la survie &#187; de la zone euro. Deux jours plus tard, il s'est efforc&#233; de faire croire que ses propos concernaient en fait la phase pr&#233;c&#233;dente de la crise europ&#233;enne, lorsque le taux d'int&#233;r&#234;t des titres de la dette publique grecque s'envolait. Les confusions temporelles de M. Van Rompuy t&#233;moignent au moins de l'incroyable instabilit&#233; de la situation. &#192; pr&#233;sent, ce sont les obligations irlandaises qui sont l'objet de la d&#233;fiance et des attaques des sp&#233;culateurs. Pris de panique, de nombreux &#233;pargnants irlandais ont assailli les guichets des banques. Le gouvernement a r&#233;affirm&#233; l'extension de la garantie des d&#233;p&#244;ts jusqu'&#224; fin 2011. Et apr&#232;s avoir fait mine de tergiverser, il a accueilli &#224; bras ouverts les experts du FMI et de l'Union europ&#233;enne (UE) venus accorder un pr&#234;t contre davantage de rigueur antisociale. Simple r&#233;p&#233;tition du sc&#233;nario grec de l'hiver dernier ? Pas exactement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un syst&#232;me de financement de l'endettement public par le march&#233; (sous forme de titres n&#233;gociables), les doutes sur l'ampleur des pertes du secteur bancaire irlandais et l'annonce d'un fort d&#233;ficit public ont certes augment&#233; la &#171; prime de risque &#187; exig&#233;e par les sp&#233;culateurs. Les taux d'int&#233;r&#234;t ont ainsi atteint des niveaux prohibitifs. Mais la situation &#233;conomique &#233;tait connue depuis longtemps. D'o&#249; vient-elle ? Comme les &#201;tats-Unis ou l'Espagne, l'Irlande a connu ces derni&#232;res ann&#233;es une surproduction immobili&#232;re et un fort d&#233;veloppement de l'endettement. Les prix immobiliers ont &#233;t&#233; multipli&#233;s par 2,5 entre 1997 et 2006. Les banques ont accord&#233; des pr&#234;ts qui ne seront jamais rembours&#233;s. Le gouvernement a sauv&#233; les banques en &#171; nationalisant &#187; Anglo Irish Bank et en recapitalisant massivement les autres &#233;tablissements en difficult&#233;. Facture totale : plus de 60 milliards d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, les recettes fiscales diminuaient car, sous l'effet de la crise, le PIB irlandais s'est effondr&#233; (-7, 1 % en 2009). Le d&#233;ficit public s'est donc creus&#233;. Il repr&#233;sentait 11,7 % du PIB en 2009. Les deux plans d'aust&#233;rit&#233; qui ont alors &#233;t&#233; mis en place n'ont fait qu'aggraver la situation. La suppression de 33 000 emplois publics, la baisse des salaires des fonctionnaires de 10 &#224; 15 %, la r&#233;duction des budgets sociaux (&#233;ducation, sant&#233;) et la diminution des allocations ch&#244;mage ont plong&#233; la population et l'&#233;conomie dans une spirale d&#233;flationniste. Le d&#233;ficit public est pass&#233; maintenant &#224; 32 % du PIB et la dette publique &#224; 100 % du PIB.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La &#171; phase irlandaise &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout cela &#233;tait connu depuis plusieurs mois. Si la &#171; phase irlandaise &#187; de la crise s'acc&#233;l&#232;re maintenant, c'est en raison des pr&#233;cisions apport&#233;es par le dernier Conseil europ&#233;en au sujet des r&#232;gles applicables aux plans de sauvetage. Durant la &#171; phase grecque &#187;, les dirigeants avaient fini par s'accorder pour attribuer collectivement un pr&#234;t &#224; un &#201;tat en difficult&#233; afin de sauver les banques et d'&#233;viter l'effet domino. Le dernier Conseil europ&#233;en a valid&#233; le m&#233;canisme mis en place mais il a aussi indiqu&#233; que les dettes des &#201;tats aid&#233;s devraient &#234;tre restructur&#233;es. Il s'agit en clair d'imposer aux cr&#233;anciers un report, voire une diminution, des remboursements qu'ils percevront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;cision r&#233;pond en partie &#224; des inqui&#233;tudes sur la viabilit&#233; &#233;conomique de la zone euro. De fait, la restructuration des dettes publiques de la p&#233;riph&#233;rie europ&#233;enne est d&#233;sormais ouvertement abord&#233;e par les grands cr&#233;anciers eux-m&#234;mes. Ils ne sont pourtant pas devenus philanthropes. Mais ils ne peuvent se d&#233;sengager sans de lourdes pertes, parce qu'ils d&#233;tiennent d'impressionnantes quantit&#233;s de titres d'&#201;tat. Et il vaut mieux pour eux ren&#233;gocier les &#233;ch&#233;ances et les montants des emprunts plut&#244;t que de prendre le risque de perdre davantage par la suite. Mais cette d&#233;cision r&#233;pond aussi &#224; des motivations politiques nationales. Pour tenter de faire passer de nouvelles mesures impopulaires, les dirigeants ont besoin de montrer aux &#233;lecteurs qu'ils ne sont pas tout &#224; fait les seuls &#224; payer. C'&#233;tait le sens des d&#233;clarations d'Angela Merkel : &#171; une partie du co&#251;t des plans de sauvetage devrait &#234;tre absorb&#233;e par les d&#233;tenteurs d'obligations &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, deux styles coexistent au sein de la classe dominante. Pour M. Rasmussen, pr&#233;sident du Parti socialiste europ&#233;en, &#171; Angela Merkel doit apprendre que les dirigeants politiques doivent parfois la fermer &#187;. De m&#234;me, la presse &#233;conomique fran&#231;aise estime que Herman Van Rompuy &#171; aurait mieux fait de tenir sa langue &#187;. Mais au-del&#224; du style et de la communication, tous s'accordent pour faire payer l'essentiel de la crise aux travailleurs. En Gr&#232;ce, en Irlande, et bient&#244;t dans d'autres pays, cette politique m&#232;ne &#224; des attaques d'une violence inou&#239;e. D'o&#249; la gratitude de M. Schulz, pr&#233;sident du groupe socialiste au Parlement europ&#233;en, soulignant &#171; les efforts et le courage du gouvernement Papandr&#233;ou pour r&#233;former drastiquement le pays et remettre son &#233;conomie sur les rails &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annonce de la restructuration vise &#224; faire croire &#224; un effort partag&#233;. &#171; Les chiffres sont horribles mais nous pourront les g&#233;rer sur une p&#233;riode de dix ans &#187; a d&#233;clar&#233; le ministre irlandais des Finances. Horribles pour qui ? Une partie du pr&#234;t contract&#233; aupr&#232;s de l'UE et du FMI servira directement &#224; renflouer les cinq banques irlandaises qui se sont br&#251;l&#233; les ailes dans la sp&#233;culation. Le reste servira &#224; rembourser les cr&#233;anciers de l'&#201;tat (d'autres banques !). &#192; l'heure o&#249; nous &#233;crivons ces lignes, on &#233;voque respectivement 20 et 60 milliards d'euros. Mais la population ne verra pas la couleur de ces 80 milliards et on voudrait qu'elle se serre encore la ceinture. En Irlande, le taux de ch&#244;mage est officiellement de 14,1 %. La protection sociale est tr&#232;s faible, les saisies se multiplient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, les entreprises sont impos&#233;es &#224; seulement 12,5 %. Le pays s'est sp&#233;cialis&#233; dans le dumping fiscal et certains se verraient bien continuer ainsi : &#171; L'Irlande n'a pas besoin d'un soutien imm&#233;diat. Ceci lui fournit une arme de n&#233;gociation avec l'Europe pour conserver son taux d'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s &#187; a d&#233;clar&#233; le directeur g&#233;n&#233;ral du patronat irlandais. De Microsoft &#224; Merill Lynch en passant par HP, Intel et Bank of America, toutes les multinationales font du chantage &#224; la d&#233;localisation. Elles se r&#233;jouissent pourtant de la baisse du salaire minimum que le gouvernement s'appr&#234;te &#224; annoncer. Celui-ci est discr&#233;dit&#233; au point de devoir convoquer des &#233;lections anticip&#233;es en janvier. Car la col&#232;re monte. 40 000 &#233;tudiants d&#233;filaient il y a trois semaines. Une grande manifestation est pr&#233;vue samedi 27 novembre contre les mesures d'aust&#233;rit&#233;. Face &#224; l'internationale du capital et aux fausses solutions nationalistes, les travailleurs doivent s'organiser et se serrer les coudes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;* Publi&#233; dans : Hebdo Tout est &#224; nous ! 79 (25/11/10). Tir&#233; de &lt;Europe Solidaire Sans Fronti&#232;re-&gt;&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/&lt;/a&gt;&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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