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		<title>Pas de nucl&#233;aire sans catastrophe</title>
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		<dc:creator>Daniel Tanuro</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>
		<dc:subject>Japon</dc:subject>

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&lt;p&gt;Il s'est produit ce qui devait se produire : un nouvel &#171; accident &#187; nucl&#233;aire majeur. A l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites, il n'est pas encore certain qu'il prendra les dimensions d'une catastrophe semblable &#224; celle de Tchernobyl, mais c'est bien dans cette direction que les choses, h&#233;las, paraissent &#233;voluer. &lt;br class='autobr' /&gt; De toute mani&#232;re, catastrophe de grande ampleur ou pas, la preuve est une nouvelle fois fournie que cette technologie ne pourra jamais &#234;tre s&#251;re &#224; 100%. Les risques sont &#224; ce point (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH106/arton3134-89797.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il s'est produit ce qui devait se produire : un nouvel &#171; accident &#187; nucl&#233;aire majeur. A l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites, il n'est pas encore certain qu'il prendra les dimensions d'une catastrophe semblable &#224; celle de Tchernobyl, mais c'est bien dans cette direction que les choses, h&#233;las, paraissent &#233;voluer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De toute mani&#232;re, catastrophe de grande ampleur ou pas, la preuve est une nouvelle fois fournie que cette technologie ne pourra jamais &#234;tre s&#251;re &#224; 100%. Les risques sont &#224; ce point effrayants que la conclusion coule de source : il faut imp&#233;rativement sortir du nucl&#233;aire, et en sortir le plus rapidement possible. C'est la premi&#232;re le&#231;on &#224; tirer de Fukushima, mais son application soul&#232;ve des questions sociales et politiques absolument fondamentales, n&#233;cessitant un v&#233;ritable d&#233;bat de soci&#233;t&#233;, une alternative &#224; la civilisation capitaliste de la croissance infinie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une technologie dangereuse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Windscale en 1957, Three Mile Island en 1979, Tchernobyl en 1986, Tokai Mura en 2000, et maintenant Fukushima. La liste des accidents dans des centrales nucl&#233;aires continue de s'allonger. Il ne peut tout simplement pas en &#234;tre autrement. Il n'est pas n&#233;cessaire d'&#234;tre docteur en physique pour le comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une centrale nucl&#233;aire fonctionne un peu sur le mode d'une bouilloire &#233;lectrique. La r&#233;sistance dans la bouilloire correspond aux barres de combustibles dans la centrale. S'il n'y a pas d'eau dans la bouilloire et que la r&#233;sistance chauffe, il y a un probl&#232;me. M&#234;me chose dans la centrale : les barres de combustible doivent baigner en permanence dans l'eau qu'elles font bouillir. La vapeur produite fait tourner des turbines qui produisent l'&#233;lectricit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La centrale consomme donc de grandes quantit&#233;s d'eau dont la circulation est assur&#233;e par des pompes. Si les pompes tombent en panne, l'eau vient &#224; manquer et les barres surchauff&#233;es se d&#233;gradent. Si on n'ajoute pas rapidement de l'eau, la chaleur produite par la r&#233;action au sein des barres est telle que les barres fondent et tombent sur le fond de la cuve (qui correspond &#224; l'enveloppe de la bouilloire). Cette cuve &#224; son tour est enferm&#233;e dans une double enceinte de s&#233;curit&#233; : le r&#233;acteur dont tout le monde conna&#238;t la silhouette ext&#233;rieure, qui est caract&#233;ristique. Si cette enceinte ne r&#233;siste pas &#224; la chaleur intense des barres en fusion et qu'elle se fissure, la radioactivit&#233; est l&#226;ch&#233;e dans l'environnement, avec toutes les cons&#233;quences mortelles qui en d&#233;coulent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une technologie fragile&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;action qui se produit dans une centrale est une r&#233;action en cha&#238;ne : on bombarde des noyaux d'uranium avec des neutrons ; en absorbant un neutron, un noyau d'Uranium se scinde en deux et lib&#232;re une grande quantit&#233; d'&#233;nergie (c'est la fission nucl&#233;aire) ; en m&#234;me temps, il lib&#232;re d'autres neutrons et chacune de ce ceux-ci peut entra&#238;ner la fission d'un autre noyau d'Uranium. Une fois que la r&#233;action est lanc&#233;e, elle continue donc toute seule. Le seul moyen de la contr&#244;ler, et de contr&#244;ler la temp&#233;rature, consiste &#224; ins&#233;rer, entre les barres de combustible, des barres constitu&#233;es d'alliages capables d'absorber les neutrons sans entra&#238;ner une fission de la mati&#232;re. On peut ainsi refroidir le c&#339;ur du r&#233;acteur. Mais ce refroidissement prend un certain temps. Pendant ce temps, les barres de combustible doivent baigner dans l'eau, sans quoi elles risquent de surchauffer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partisans du nucl&#233;aire r&#233;p&#232;tent sans rel&#226;che que le dispositif est extr&#234;mement s&#251;r, notamment parce que, en cas de d&#233;faillance du r&#233;seau &#233;lectrique, les pompes peuvent &#234;tre aliment&#233;es en &#233;nergie gr&#226;ce &#224; des groupes &#233;lectrog&#232;nes de secours. L'accident de Fukushima montre que ces propos rassurants ne valent pas grand-chose : du fait du tremblement de terre, les centrales ont d&#233;clench&#233; automatiquement, comme pr&#233;vu dans ce genre de circonstances. Il n'y avait donc plus de courant pour actionner les pompes. Les groupes &#233;lectrog&#232;nes auraient d&#251; se mettre en route, malheureusement ils &#233;taient hors d'usage, noy&#233;s par le tsunami. L'eau de refroidissement &#233;tant insuffisante, les barres de combustible ont &#233;t&#233; d&#233;gag&#233;es sur une hauteur d'un m&#232;tre quatre-vingt &#224; plus de trois m&#232;tres (sur une longueur totale de 3, 71 m&#232;tres). La surchauffe a provoqu&#233; une surpression et une r&#233;action chimique (&#233;lectrolyse de l'eau de refroidissement) d&#233;gageant de l'hydrog&#232;ne. Les techniciens ont alors rel&#226;ch&#233; de la vapeur, pour &#233;viter une explosion de la cuve. Mais l'hydrog&#232;ne a semble-t-il explos&#233; dans le r&#233;acteur, provoquant l'effondrement du d&#244;me du b&#226;timent, et la vapeur s'est r&#233;pandue dans l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sc&#233;nario s'est apparemment reproduit dans un second r&#233;acteur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comme &#224; Tchernobyl&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La distribution d'eau douce &#233;tant interrompue suite au tsunami, les techniciens ont utilis&#233; l'eau de la mer toute proche. Plusieurs sp&#233;cialistes am&#233;ricains ont estim&#233; qu'il s'agissait typiquement d'un &#171; acte de d&#233;sespoir &#187;. Selon eux, cela &#233;voque les vaines tentatives d'&#233;viter la fonte du c&#339;ur du r&#233;acteur &#224; Tchernobyl, lorsque les employ&#233;s de la centrale et des volontaires h&#233;ro&#239;ques se sont mis &#224; d&#233;verser du sable et du b&#233;ton sur le r&#233;acteur, ce qu'ils ont pay&#233; de leur vie. La radioactivit&#233; mesur&#233;e &#224; 80 km de Fukushima est d'ores et d&#233;j&#224; plus de 400 fois sup&#233;rieure aux normes autoris&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Six journalistes japonais courageux se sont rendus avec des compteurs Geiger &#224; la mairie de Futaba, situ&#233;e &#224; 2km de la centrale : la radioactivit&#233; y &#233;tait sup&#233;rieure &#224; la capacit&#233; de mesure de certains de leurs appareils ! A l'heure actuelle, on estime qu'un citoyen japonais re&#231;oit en une heure la dose de radioactivit&#233; consid&#233;r&#233;e comme acceptable en une ann&#233;e. Comme le dit un communiqu&#233; du r&#233;seau fran&#231;ais &#171; Sortir du nucl&#233;aire &#187;, &#171; de telles informations accr&#233;ditent un niveau de radioactivit&#233; dramatiquement &#233;lev&#233; dans un p&#233;rim&#232;tre &#233;tendu autour de la centrale, dont les cons&#233;quences sanitaires ne pourront &#234;tre que tr&#232;s graves. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne croyons pas &#234;tre &#224; l'abri des retomb&#233;es : le pr&#233;c&#233;dent de Tchernobyl a montr&#233; qu'un nuage radioactif peut contaminer des r&#233;gions tr&#232;s vastes. Tout d&#233;pend de la violence avec laquelle les particules sont envoy&#233;es dans l'atmosph&#232;re. En cas de tr&#232;s forte explosion, les &#233;l&#233;ments radioactifs peuvent &#234;tre propuls&#233;s &#224; l'altitude des jetstreams, ces vents violents qui r&#232;gnent &#224; haute altitude. Dans ce cas, les retomb&#233;es pourraient affecter des r&#233;gions tr&#232;s &#233;loign&#233;es de Fukushima.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Deux questions angoissantes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette radioactivit&#233; provient essentiellement de deux &#233;l&#233;ments : l'Iode 131 et le C&#233;sium 137. Tous deux sont extr&#234;mement canc&#233;rig&#232;nes, mais le premier a une dur&#233;e de vie dans l'atmosph&#232;re de quatre-vingt jours environ, tandis que le second reste radioactif pendant quelque 300 ans. Dimanche 13 mars, plus de 200.000 personnes &#233;taient &#233;vacu&#233;es. Les autorit&#233;s d&#233;cr&#233;taient une zone d'exclusion de 20 kilom&#232;tres autour du premier r&#233;acteur de Fukushima, et de 10km autour du second. La pr&#233;sence de C&#233;sium 137 est particuli&#232;rement inqui&#233;tante. Elle permet aux sp&#233;cialistes d'affirmer cat&#233;goriquement que les barres de combustible du r&#233;acteur 1 ont fondu, au moins partiellement, et que la cuve qui les contient est fissur&#233;e. L'information pr&#233;cise fait d&#233;faut : la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco) et les autorit&#233;s japonaises cachent plus que probablement une partie de la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux questions les plus angoissantes qui se posent sont de savoir si la fusion des barres est ma&#238;tris&#233;e ou si elle continue, d'une part, et si la structure de confinement o&#249; se trouve la cuve tiendra le coup, d'autre part. Selon Ken Bergeron, un physicien nucl&#233;aire qui travaille sur les simulations d'accident dans les centrales, cette structure &#171; est certainement plus solide qu'&#224; Tchernobyl, mais bien moins qu'&#224; Three Mile Islands &#187;. Les sp&#233;cialistes ne cachent pas leur inqui&#233;tude : &#171; S'ils ne reprennent pas le contr&#244;le de tout &#231;a, on va passer d'une fusion partielle &#224; une fusion compl&#232;te, ce sera le d&#233;sastre total &#187; a d&#233;clar&#233; l'un d'eux (Le Monde, 13.3.2011).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le pire serait la fusion du c&#339;ur du second r&#233;acteur, celui qui a explos&#233; le 13 mars. En effet, le combustible utilis&#233; est le MOX, un m&#233;lange d'oxydes d'uranium appauvri et de plutonium 239. Ce plutonium 239 est en fait un d&#233;chet recycl&#233; du fonctionnement des centrales classiques &#224; l'uranium. Sa radioactivit&#233; est extr&#234;mement &#233;lev&#233;e et sa &#171; demi-vie &#187; (le nombre d'ann&#233;es n&#233;cessaires &#224; la diminution de moiti&#233; de la radioactivit&#233;) est estim&#233;e &#224; 24.000 ans. Les Japonais connaissent bien cet &#233;l&#233;ment et ses redoutables cons&#233;quences : la bombe thermonucl&#233;aire largu&#233;e sur Nagasaki, &#224; la fin de la seconde guerre mondiale, &#233;tait &#224; base de Plutonium 239&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un risque inacceptable&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la catastrophe de Tchernobyl, les thurif&#233;raires du nucl&#233;aire ont expliqu&#233; que la mauvaise technologie sovi&#233;tique, des normes de s&#233;curit&#233; insuffisantes et la nature bureaucratique du syst&#232;me &#233;taient &#224; la base de l'accident. A les croire, rien de semblable ne pouvait se produire avec les centrales bas&#233;es sur la bonne technologie capitaliste, surtout pas dans nos pays &#171; d&#233;mocratiques &#187; o&#249; le l&#233;gislateur prend toutes les mesures de s&#233;curit&#233; n&#233;cessaires, &#224; tous les niveaux. On voit aujourd'hui que ce discours ne vaut pas tripette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Japon est un pays de tr&#232;s haute technologie. Bien conscientes du risque sismique, les autorit&#233;s nippones ont impos&#233; des normes s&#233;v&#232;res pour la construction des centrales. Le r&#233;acteur 1 de Fukushima comportait m&#234;me un double dispositif de s&#233;curit&#233;, avec certains groupes &#233;lectrog&#232;nes aliment&#233;s au fuel, d'une part, et d'autres fonctionnant sur batteries. Rien n'y fit, parce que la technologie la plus sophistiqu&#233;e et les normes de s&#233;curit&#233; les plus strictes ne donneront jamais une garantie absolue, ni face aux catastrophes naturelles, ni face aux possibles actes criminels de terroristes insens&#233;s (sans compter les erreurs humaines toujours possibles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut r&#233;duire le risque des centrales nucl&#233;aires, on ne peut pas le supprimer totalement. Si on le r&#233;duit relativement mais que le nombre de centrales augmente, comme c'est le cas actuellement, le risque absolu peut augmenter. Il est tr&#232;s important de poser que ce risque est inacceptable parce qu'il est d'origine humaine, qu'il est &#233;vitable, et qu'il est le r&#233;sultat de d&#233;cisions d'investissement prises par des cercles restreints, en fonction de leurs profits, sans v&#233;ritable consultation d&#233;mocratique des populations. Ecrire que &#171; les accidents (sic) nucl&#233;aires au Japon sont loin d'avoir fait autant de victimes que le tsunami &#187;, comme le fait par exemple l'&#233;dito du Soir (14 mars), revient &#224; escamoter la diff&#233;rence qualitative entre une catastrophe naturelle in&#233;vitable et une catastrophe technologique parfaitement &#233;vitable. Ajouter que &#171; &#224; l'instar de tout processus industriel complexe, la production d'&#233;nergie &#224; partir de l'atome comporte une part importante de risque &#187; (idem) revient &#224; escamoter en plus la sp&#233;cificit&#233; du risque nucl&#233;aire, qui consiste notamment en ceci que cette technologie a le potentiel de rayer l'esp&#232;ce humaine de la Terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut traquer sans rel&#226;che les propos de ce genre, qui traduisent les pressions colossales exerc&#233;es &#224; tous les niveaux par le lobby de l'atome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...]&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un choix de soci&#233;t&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut sortir du nucl&#233;aire, compl&#232;tement et le plus rapidement possible. C'est parfaitement possible techniquement, et il convient de rappeler au passage que l'efficience du nucl&#233;aire est tr&#232;s m&#233;diocre (deux tiers de l'&#233;nergie est dissip&#233;e sous forme de chaleur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat est avant tout un d&#233;bat politique, un d&#233;bat de soci&#233;t&#233; qui pose en d&#233;finitive un choix de civilisation. Car voici le probl&#232;me : il faut sortir du nucl&#233;aire et, simultan&#233;ment, abandonner les combustibles fossiles, cause principale du basculement climatique. En deux g&#233;n&#233;rations &#224; peine, les renouvelables doivent devenir notre seule source d'&#233;nergie. Or, le passage aux renouvelables n&#233;cessite de gigantesques investissements, gourmands en &#233;nergie, donc sources de gaz &#224; effet de serre suppl&#233;mentaires. En pratique, la transition &#233;nerg&#233;tique n'est possible que si la demande finale d'&#233;nergie diminue radicalement, au moins dans les pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, cette diminution devrait &#234;tre de l'ordre de 50% d'ici 2050. Une diminution d'une telle ampleur n'est pas r&#233;alisable sans une r&#233;duction significative de la production mat&#233;rielle ainsi que des transports. Il faut produire et transporter moins, sans quoi l'&#233;quation sera insoluble. C'est dire qu'elle est insoluble pour le syst&#232;me capitaliste, car la course au profit sous le fouet de la concurrence implique in&#233;vitablement la croissance, autrement dit l'accumulation du capital qui se traduit in&#233;vitablement par une masse croissante de marchandises, donc par une pression accrue sur les ressources. C'est pourquoi toutes les r&#233;ponses capitalistes au d&#233;fi climatique font appel &#224; des technologies d'apprentis sorciers, dont le nucl&#233;aire est le fleuron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sc&#233;nario &#233;nerg&#233;tique &#171; blue map &#187; de l'Agence Internationale de l'Energie est r&#233;v&#233;lateur &#224; cet &#233;gard : il propose de multiplier le parc nucl&#233;aire par trois d'ici 2050, ce qui impliquerait de construire chaque semaine une centrale de un Gigawatt. C'est de la folie pure et simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une alternative &#224; ce syst&#232;me infernal est plus urgente que jamais. Elle passe par la r&#233;duction radicale du temps de travail sans perte de salaire, avec embauche proportionnelle et baisse des cadences de travail : pour produire moins, il faut travailler moins, et le faire en redistribuant les richesses. Elle passe aussi par la propri&#233;t&#233; collective des secteurs de l'&#233;nergie et de la finance, car les renouvelables sont plus chers que les autres sources, et le resteront pendant une vingtaine d'ann&#233;es, au moins. Elle passe enfin par une planification &#224; tous les niveaux, du local au global, afin de concilier le droit du Sud au d&#233;veloppement et la sauvegarde des &#233;quilibres &#233;cologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de compte, elle implique le projet &#233;cosocialiste d'une soci&#233;t&#233; produisant pour la satisfaction des besoins humains r&#233;els, d&#233;mocratiquement d&#233;termin&#233;s, dans le respect des rythmes et des fonctionnements des &#233;cosyst&#232;mes. Faute d'une telle alternative, la croissance capitaliste provoquera toujours plus de catastrophes, sans satisfaire pour autant les besoins sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est, en derni&#232;re instance, la terrible le&#231;on de Fukushima.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://www.npa2009.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.npa2009.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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