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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>RAPPORT SUR LA SITUATION INTERNATIONALE</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/RAPPORT-SUR-LA-SITUATION-INTERNATIONALE-3139</link>
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		<dc:date>2011-03-24T18:02:49Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Sabado</dc:creator>


		<dc:subject>Quatri&#232;me Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Quatri&#232;me internationale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous reproduisons ici la version &#233;crite, enrichie des conclusions de la discussion, du rapport qu'il a pr&#233;sent&#233; devant le pl&#233;num de f&#233;vrier 2011 du Comit&#233; international de la IVe Internationale. La ligne g&#233;n&#233;rale de ce rapport a &#233;t&#233; adopt&#233;e par le Comit&#233; international. &lt;br class='autobr' /&gt; I. LES REVOLUTIONS EN MARCHE &lt;br class='autobr' /&gt;
Les r&#233;volutions en Tunisie et en Egypte constituent un tournant historique de la situation internationale. Ces r&#233;volutions changent la donne. Il y aura un avant et un apr&#232;s des r&#233;volutions de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-4-ieme-Internationale-" rel="directory"&gt;4 i&#232;me Internationale &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quatrieme-Internationale-18-+" rel="tag"&gt;Quatri&#232;me Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quatrieme-internationale-338-+" rel="tag"&gt;Quatri&#232;me internationale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous reproduisons ici la version &#233;crite, enrichie des conclusions de la discussion, du rapport qu'il a pr&#233;sent&#233; devant le pl&#233;num de f&#233;vrier 2011 du Comit&#233; international de la IVe Internationale. La ligne g&#233;n&#233;rale de ce rapport a &#233;t&#233; adopt&#233;e par le Comit&#233; international.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. LES REVOLUTIONS EN MARCHE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;volutions en Tunisie et en Egypte constituent un tournant historique de la situation internationale. Ces r&#233;volutions changent la donne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y aura un avant et un apr&#232;s des r&#233;volutions de Tunisie et d'&#201;gypte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est trop t&#244;t pour appr&#233;cier la profondeur et toutes les implications de ce changement, mais nous sommes confront&#233;s &#224; des bouleversements historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les premi&#232;res r&#233;volutions de ce XXIe si&#232;cle, plus exactement parce qu'il y a eu aussi des r&#233;volutions en Bolivie en 2003 et 2005, les premi&#232;res r&#233;volutions dans le monde arabe, mais aussi les premi&#232;res r&#233;volutions r&#233;sultant de la crise du syst&#232;me capitaliste mondial.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elles explosent dans des maillons faibles de la globalisation capitaliste. Elles rel&#232;vent d'un double processus : un processus politique &#8212; le rejet des dictatures, mais aussi un processus social &#8212; o&#249; des millions de personnes ne supportent plus les cons&#233;quences des crises alimentaires avec l'explosion des prix des denr&#233;es de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; ou plus g&#233;n&#233;ralement un syst&#232;me qui ne donne comme perspective &#224; des millions de jeunes que le ch&#244;mage et la mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;volutions &#8212; parce que ce sont des r&#233;volutions dans le sens o&#249; il y a irruption du mouvement de masse sur la sc&#232;ne sociale et politique et crise ouverte du pouvoir &#8212; combinent questions d&#233;mocratiques, nationales (de souverainet&#233; nationale contre l'imp&#233;rialisme) et questions sociales.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un tournant majeur dans le monde arabe avec une onde de choc, en Lybie, &#224; Bahrein, en Alg&#233;rie, au Y&#233;men, en Jordanie, en Palestine, mais c'est aussi r&#233;v&#233;lateur de l'instabilit&#233; et des bouleversements sociaux qui s'annoncent. Ce sont les premi&#232;res &#233;tapes d'une gigantesque bataille entre les dictatures et les mobilisations populaires, d'une confrontation entre les forces, qui sous toutes les formes, veulent assurer la continuit&#233; du pouvoir des classes dominantes et celles de la rupture qui aspirent &#224; la d&#233;mocratie et &#224; la satisfaction des besoins sociaux fondamentaux des classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les massacres en Lybie montrent aussi que la r&#233;pression se d&#233;cha&#238;ne contre ces mouvements r&#233;volutionnaires. Cette onde se fait sentir jusqu'en Chine. Elle aura, sous des formes particuli&#232;res, des r&#233;percussions dans le monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce sens, et m&#234;me s'il faut prendre en compte les dimensions sp&#233;cifiques de ces mouvements &#8212; la mobilisation contre des dictatures, le type de contradictions de classes, les fractures au sein de ces &#201;tats &#8212; ces mouvements s'inscrivent dans une nouvelle p&#233;riode historique marqu&#233;e par la crise du syst&#232;me capitaliste mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. LE MOMENT ACTUEL DE LA CRISE ET LE BASCULEMENT DU MONDE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise mondiale continue. Elle est entr&#233;e dans sa quatri&#233;me ann&#233;e. Sa progression prend la forme de crises financi&#232;res, crise sur les march&#233;s de biens alimentaires ou de mati&#232;res premi&#232;res, crise de la dette publique, notamment en Europe. Son caract&#232;re combin&#233; &#8212; &#233;conomique, financi&#232;re, sociale, climatique &#8212; est confirm&#233;. La notion de &#171; crise de civilisation &#187; traduit bien sa profondeur. Sur le plan de l'&#233;conomie mondiale, certains, comme Krugman (&#233;conomiste de la gauche du parti d&#233;mocrate am&#233;ricain), sugg&#232;rent que cette Troisi&#232;me D&#233;pression ressemble &#224; la fois &#224; la stagnation qui commen&#231;a en Europe et aux &#201;tats-Unis dans les ann&#233;es 1870 &#8212; il la nomme Longue D&#233;pression &#8212; et la stagnation des ann&#233;es 1930 qu'il nomme Grande D&#233;pression. Les taux de croissance actuels et ceux pr&#233;vus sur la longue dur&#233;e sont de faible niveau : 3 % en 2011 et 3,5 % en 2012. Cela se d&#233;compose ainsi dans les diverses zones : 1 % &#224; 2 % en Europe, 2 % &#224; 3 % aux &#201;tats-Unis, et 6 % &#224; 7 % dans les pays dits &#233;mergents. Les taux de ch&#244;mage des principaux pays capitalistes restent &#233;lev&#233;s, autour de chiffres officiels de 10 %, en fait, beaucoup plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La pauvret&#233; augmente, frappant en particulier les femmes, les jeunes et les populations immigr&#233;es. Le mod&#232;le d'accumulation mis en place &#224; la fin des ann&#233;es 1970 est en crise. L'endettement g&#233;n&#233;ralis&#233; qui a domin&#233; la politique &#233;conomique aux &#201;tats-Unis et en Europe dans les ann&#233;es 1980, 1990 et 2000 ne peut plus compenser la saturation de la production dans des secteurs cl&#233; de l'&#233;conomie et ne peut plus compenser les limites des capacit&#233;s acquisitives en termes de pouvoir d'achat des &#233;conomies des centres imp&#233;rialistes. D'un autre c&#244;t&#233;, il n'y a pas de relance de production et consommation de masse. Tous les discours sur la sortie de crise ou sur le fait que le &#171; pire de la crise est derri&#232;re nous &#187; ne cachent pas l'enfoncement dans la crise et l'absence de relance de l'&#233;conomie mondiale aux &#201;tats-Unis et en Europe. La crise s'installe dans les centres imp&#233;rialistes mais elle accentue aussi le basculement du monde. Pendant qu'elle frappe les pays du centre, la Chine a gard&#233; ces cinq derni&#232;res ann&#233;es des taux de croissance de 10 points. L'Inde et le Br&#233;sil, &#224; une moindre &#233;chelle, connaissent des processus de d&#233;veloppement similaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pourrions dire que la crise est surtout celle du monde occidental et que la Chine, l'Inde, et une s&#233;rie de pays d'Asie et d'Am&#233;rique latine l'ont &#233;vit&#233;e ou se sont m&#234;me d&#233;veloppe malgr&#233; elle. La Chine est d&#233;j&#224; deuxi&#232;me puissance mondiale. Elle a m&#234;me conquis une premi&#232;re place dans des secteurs cl&#233;, comme la production d'ordinateurs. Sa force militaire et ses d&#233;penses d'armement augmentent consid&#233;rablement, visant &#224; en faire une puissance de premier ordre, dans les ann&#233;es qui viennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence de la Chine dans le monde conna&#238;t une v&#233;ritable expansion : grands chantiers en Afrique et en Am&#233;rique latine ; exploitation &#224; grande &#233;chelle des territoires pour la production de mati&#232;res premi&#232;res et de produits alimentaires ; achat de la dette des pays &#171; en difficult&#233; &#187; en Europe (Gr&#232;ce, Portugal et Espagne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il n'y a pas eu de &#171; d&#233;couplage &#187; des pays &#233;mergents au cours de la crise. La Chine et les pays &#233;mergents ne sont pas en situation de relance de l'&#233;conomie mondiale. La structure d'insertion de ces pays en son sein est fragile : n'oublions pas que 42 % du PIB chinois rel&#232;ve de ses exportations, et qu'&#224; moyen terme, la solidit&#233; de la croissance chinoise va d&#233;pendre de ses capacit&#233;s &#224; construire un march&#233; int&#233;rieur, avec nouvelles infrastructures, augmentation de salaires et s&#233;curit&#233; sociale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le dynamisme &#233;conomique de ces pays est tel qu'on peut se poser la question de savoir, si l'&#233;conomie mondiale n'a pas aujourd'hui, non pas une seule locomotive avec les &#201;tats-Unis mais plusieurs, avec la Chine, l'Inde et d'autres pays &#233;mergents. Le dynamisme chinois est tel qu'il peut entra&#238;ner d'autres &#233;conomies exportatrices, soit en mati&#232;res premi&#232;res &#8212; le Br&#233;sil, l'Argentine &#8212; soit en biens d'&#233;quipements comme l'Allemagne. C'est une question mais elle est capitale pour comprendre ce basculement du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis d&#233;clinent mais gardent une position de force gr&#226;ce &#224; l'ampleur et &#224; l'unification de leur march&#233; &#233;conomique et financier, gr&#226;ce &#224; la puissance du Dollar, mais surtout gr&#226;ce &#224; leur h&#233;g&#233;monie politico-militaire qu'on sent encore, malgr&#233; les contradictions dans les processus en cours en Tunisie ou en Egypte. Mais ce n'est plus l'imp&#233;rialisme &#233;tats-unien des ann&#233;es Bush. Il doit composer avec d'autres &#8212; dans le domaine de l'armement avec les Russes et demain la Chine &#8212; ou avec d'autres &#201;tats &#8212; le Br&#233;sil en Am&#233;rique latine, ou avec la pression des peuples&#8230; Dans ce nouvel &#233;quilibre mondial, les &#201;tats-Unis d&#233;clinent mais gardent leur puissance politico-militaire, leur &#233;norme march&#233; et &#171; leur dollar &#187; : c'est l'Europe qui recule. Certains parlent m&#234;me de la crise de l'eurocentrisme qui dominait le monde depuis 1492 &#8212; date de d&#233;couverte de l'Am&#233;rique. Un des &#233;l&#233;ments marquants de la p&#233;riode historique actuelle et de la crise, c'est l'affaiblissement structurel de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III. UNE NOUVELLE OFFENSIVE NEOLIBERALE CAPITALISTE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette crise, il y a des maillons faibles de la globalisation capitaliste. Nous le voyons aujourd'hui avec les contradictions qui explosent dans les pays arabes mais c'est aussi en Europe que, pour les classes dominantes, dans la bataille entre le capital et le travail, la crise est un levier pour les classes dominantes qui l'utilisent pour d&#233;truire une s&#233;rie d'acquis et de droits sociaux. Les taux de profit ne pouvant &#234;tre redress&#233;s par une production et une consommation de masse, la concurrence mondiale exigeant de baisser encore le co&#251;t du travail en Europe et aux &#201;tats-Unis, il faut attaquer, d&#233;r&#233;guler, privatiser. Cette offensive capitaliste r&#232;gle les interrogations et questions sur les choix d'un tournant keyn&#233;sien pour les classes dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est de mise, c'est l'attaque et l'attaque frontales, pas le compromis social : peu de relance, peu de reconstruction, pas de politique de &#171; demande &#187;, d&#233;mant&#232;lement de l'&#201;tat social, perte de vitesse m&#234;me de tous les projets de &#171; capitalisme vert &#187;. Ces limites keyn&#233;siennes r&#233;duisent d'autant plus les marges de man&#339;uvre de la social-d&#233;mocratie. Apr&#232;s quelques semaines de panique, c'est la financiarisation de l'&#233;conomie et le pouvoir des march&#233;s financiers qui ont repris le dessus. On peut m&#234;me parler d'une deuxi&#232;me vague de l'offensive n&#233;olib&#233;rale apr&#232;s celle des ann&#233;es 1980. En tout cas, les destructions sociales men&#233;es par le patronat et les gouvernements sont aussi plus fortes que dans ces ann&#233;es-l&#224;. Cette nouvelle offensive a un caract&#232;re global. Nul n'&#233;chappe &#224; la globalisation capitaliste, &#224; ses &#233;changes in&#233;gaux, &#224; son remodelage de la force de travail, &#224; la remise en cause d'une s&#233;rie de droits sociaux. Celle-ci fait m&#234;me pression sur les exp&#233;riences progressistes de ces derni&#232;res ann&#233;es en Am&#233;rique latine. Les mesures du gouvernement Morales visant &#224; augmenter les prix de l'essence &#233;tant, d'une certaine mani&#232;re, une des cons&#233;quences de la pression croissante du march&#233; mondial. Il frappe m&#234;me au c&#339;ur de l'&#233;conomie cubaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles seront les cons&#233;quences de la &#171; privatisation &#187; de tout un secteur de la force de travail cubaine &#8212; pr&#232;s de 10 % du salariat &#8212; sur les rapports de forces sociopolitiques &#224; Cuba et en Am&#233;rique latine ? Mais, il n'y a pas de fatalit&#233;. L'attitude des gouvernements progressistes d'Am&#233;rique latine et de la direction cubaine vis-&#224;-vis de la crise, constitue un test cl&#233; de l'&#233;volution de ces courants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV. LA CRISE EN EUROPE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; sa puissance &#233;conomique, sociale, technologique et ses richesses accumul&#233;es, l'Europe est le maillon faible de la globalisation capitaliste, dans le sens o&#249; elle est prise en tenaille entre les &#201;tats-Unis et la mont&#233;e des pays &#233;mergents. L'achat d'une partie des dettes publiques grecques, portugaises et se se manifeste sous la forme d'une crise de la &#171; dette &#187;. Elle est pass&#233;e des banques aux &#201;tatespagnoles par la Chine est, effectivement, plus que symbolique. Du point de vue conjoncturel, la cris avec une crise de la dette publique qui r&#233;sulte de d&#233;cennies de politiques fiscales in&#233;galitaires et de la prise en charge publique de la crise financi&#232;re et bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;ficit public est pass&#233; de 2 % &#224; 6,5 % dans la zone Euro, et de 2,8 % &#224; 11 % aux &#201;tats-Unis. Les dettes publiques sont pass&#233;es dans la zone euro entre 2008 et 2009 de 69,4 % &#224; 78,7 % du PIB et de 2007 &#224; 2009 aux &#201;tats-Unis de 62 % &#224; 83 %. Les &#201;tats sont maintenant en premi&#232;re ligne de la crise, et, m&#234;me s'il y a des diff&#233;rences entre l'Union europ&#233;enne et les &#201;tats-Unis (ces derniers ayant eu des politiques de relance &#233;conomique bien plus importantes) les classes dominantes et les gouvernements de ces deux ensembles d&#233;ploient des politiques d'aust&#233;rit&#233;, qui asphyxient en particulier les politiques publiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut ajouter que la sp&#233;cificit&#233; de crise en Europe r&#233;sulte du type de construction de l'Union europ&#233;enne : une entit&#233; domin&#233;e par les march&#233;s, au contenu politique inachev&#233;, sans d&#233;mocratie, sans participation populaire, sans unit&#233; politique et &#233;conomique. La construction n&#233;olib&#233;rale, loin de coordonner les politiques &#233;conomiques, pousse &#171; les dynamiques divergentes &#187; de l'&#233;conomie europ&#233;enne, divergences entre les dynamiques industrielles (Allemagne) et financi&#232;res (Grande-Bretagne), entre groupes &#233;conomiques et financiers allemands, fran&#231;ais, anglais, entre &#233;conomies hautement d&#233;velopp&#233;es &#8212; ex-March&#233; commun &#8212; et moyennement d&#233;velopp&#233;es &#8212; sud et est de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'euro recouvre effectivement des pays au niveau de d&#233;veloppement et de productivit&#233; diff&#233;rents. Et loin de constituer un instrument pour une coordination &#233;conomique de la dite &#171; zone euro &#187;, il sert aujourd'hui d'instrument pour discipliner les &#233;conomies et les peuples au service des plus forts. Ce qui conduit &#224; des tensions entre l'Allemagne ou les pays &#224; mod&#232;le proche et les autres, avec une pression devenue insoutenable pour l'Espagne, le Portugal, la Gr&#232;ce, d'o&#249; la cr&#233;ation d'un &#171; fonds europ&#233;en de stabilisation &#187; en 2013 pour les pays en difficult&#233; : un fonds de 750 milliards. Il y a d&#233;j&#224; un d&#233;bat pour se demander si c'est suffisant ou pas. D&#233;bat qui stimule les sp&#233;culations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au-del&#224; de cette question de la dette, il y a un autre enjeu central : dans la comp&#233;tition mondiale actuelle, les classes dominantes en Europe sont convaincues que &#171; le mod&#232;le social europ&#233;en &#187; est un handicap majeur dans la concurrence avec les &#201;tats-Unis et la Chine. Il faut d&#233;truire acquis et conqu&#234;tes sociales obtenus ces derni&#232;res d&#233;cennies. Du coup, c'est une v&#233;ritable &#171; guerre sociale &#187; qui est &#224; l'&#339;uvre aujourd'hui en Europe : gel, voire baisse nominale des salaires des fonctionnaires, r&#233;duction drastique des budgets sociaux et publics, destruction de pans entiers de l'&#201;tat social, allongement de la dur&#233;e du travail (r&#233;formes des retraites, remise en cause des 35 heures), suppression de millions de postes de fonctionnaires, attaques et privatisations de la s&#233;curit&#233; sociale, de la sant&#233;, de l'enseignement (explosion des frais d'inscription universitaires en Grande-Bretagne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier exemple en date de ces attaques, c'est le r&#233;f&#233;rendum &#224; l'usine de FIAT Mirafiori &#224; Turin, o&#249; les r&#233;sultats d'approbation des propositions de la direction ouvrent la voie &#224; la liquidation des conventions collectives, non seulement dans la m&#233;tallurgie mais dans tous les secteurs et branches professionnelles. Les conventions collectives nationales de branches ou secteurs sont totalement remises en cause. Elles s'effacent devant le contrat de travail &#171; n&#233;goci&#233; &#187; entre le salari&#233; et le patron d'entreprise. La politique de la direction de la FIAT impose aussi l'aggravation des conditions de travail : &#233;quipes, travail de nuit, chasse &#224; l'absent&#233;isme, gel des salaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce type d'attaque tend &#224; se g&#233;n&#233;raliser dans toute l'Europe. Combin&#233; avec la politique de lutte contre les d&#233;ficits, cela aggrave non seulement les conditions de travail et de vie de millions de gens mais il limite de plus en plus la demande finale, avec pour cons&#233;quence de corseter la croissance et de provoquer de nouvelles r&#233;cessions. Ce n'est pas le ni&#232;me plan d'aust&#233;rit&#233;, l'objectif est de r&#233;duire dans les ann&#233;es qui viennent le pouvoir d'achat des salari&#233;s, de 15 % &#224; 20 %. Le d&#233;mant&#232;lement de l'&#201;tat providence ou de ce qui en reste va conna&#238;tre un coup d'acc&#233;l&#233;rateur sans pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V. LES DROITES ET L'OFFENSIVE NEOLIBERALE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence de cette offensive, li&#233;e &#224; la crise historique et syst&#233;mique que conna&#238;t le capitalisme, avec celle des ann&#233;es 1980, ce sont ses cons&#233;quences d&#233;stabilisatrices pour l'ensemble du syst&#232;me, de ses classes dominantes, de ses partis, de ses institutions. Tous les partis dominants, mais m&#234;me les autres, sont d&#233;stabilis&#233;s par des d&#233;cennies de contre-r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales et la crise du syst&#232;me. Les crises de repr&#233;sentation politique, la crise historique du socialisme, les ph&#233;nom&#232;nes d'abstention populaire, le sentiment de corruption des &#233;lites politiques : tout cela concourt &#224; nourrir la crise g&#233;n&#233;rale de la politique. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; droite, les contre-r&#233;formes sociales n&#233;olib&#233;rales sapent les bases sociales des partis traditionnels, du coup, ces derniers les recherchent en d&#233;ployant des politiques autoritaires, racistes, populistes, s'attaquant aux immigr&#233;s, aux &#171; roms &#187;, aux musulmans. Elles accentuent leurs cours r&#233;actionnaires comme le fait le parti r&#233;publicain aux &#201;tats-Unis. Des tendances &#224; un &#171; bonapartisme people &#187; avec Sarkozy ou Berlusconi traduisent une instabilit&#233; certaine. Des mouvements populistes ou n&#233;o-fascistes gagnent du terrain, en Su&#232;de, aux Pays-bas, en France, en Hongrie. Dans toutes les derni&#232;res &#233;lections en Europe, la droite et l'extr&#234;me droite augmentent leurs scores &#233;lectoraux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VI. LA SOCIAL-DEMOCRATIE ET LA CRISE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; gauche, la crise n'a pas provoqu&#233; de &#171; sursaut keyn&#233;sien &#187;. La pr&#233;sence d'un pr&#233;sident socialiste &#224; la t&#234;te du FMI exprime le degr&#233; d'int&#233;gration de la social-d&#233;mocratie dans les institutions de la globalisation capitaliste. Diff&#233;rence avec les ann&#233;es 1930, il n'y a pas de tournant &#224; gauche de la social-d&#233;mocratie. Le choix social lib&#233;ral est confirm&#233;. Les politiques de Papandr&#233;ou, Zapatero, Socrat&#232;s le d&#233;montrent. Les grandes orientations du PSE, au niveau europ&#233;en, les confortent et montrent qu'au-del&#224; des positionnements tactiques de chaque PS dans l'opposition contre la droite, la social-d&#233;mocratie s'est bien transmut&#233;e en social-lib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il y a des diff&#233;rences entre la gauche et la droite &#8212; diff&#233;rences de base sociale, d'histoire, de rapports politiques avec le mouvement ouvrier, syndical, associatif &#8212; les sommets de la social-d&#233;mocratie, relay&#233;e par l'&#233;volution des appareils syndicaux, ont d&#233;lib&#233;r&#233;ment choisi l'adaptation aux modes dominants de la gestion de la crise. Il faut aussi noter l'&#233;volution des grandes formations vertes ou &#233;cologistes sur des orientations de plus en plus marqu&#233;es par le centre gauche. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VII . LA DYNAMIQUE DES RESISTANCES SOCIALES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est trop t&#244;t pour analyser et pr&#233;voir les cons&#233;quencs des r&#233;volutions arabes sur les r&#233;sistances sociales &#224; l'&#233;chelle internationale. Mais il faut mettre en perspective ces r&#233;volutions avec les r&#233;sistances li&#233;es non seulement &#224; la crise mais aussi au basculement du monde avec l'&#233;mergence de luttes et de nouvelles organisations chez les travailleurs et les peuples, en Chine, en Asie et en Afrique, mais aussi dans cette configuration en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;l&#233;ment le plus notable de ces derniers mois, ce sont les luttes de r&#233;sistance aux plans d'aust&#233;rit&#233;. Les journ&#233;es de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale se sont succ&#233;d&#233;es en Gr&#232;ce, au Portugal, en Espagne, en France. En France, pr&#232;s de 3 millions de personnes ont manifest&#233; et particip&#233; &#224; des mouvements de gr&#232;ve huit fois en deux mois&#8230; les gr&#232;ves espagnoles et portugaises ont une ampleur historique. Une de nos t&#226;ches est d'ailleurs d'analyser les formes, le contenu et la dynamique de ces conflits. En Grande-Bretagne et en Italie, les manifestations &#233;tudiantes montrent le degr&#233; d'explosivit&#233; des luttes sociales. En Allemagne des mobilisations &#233;cologistes et citoyennes impressionnantes ont eu lieu contre le nucl&#233;aire. La crise va continuer. Les attaques vont redoubler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a une nouvelle situation sociale en Europe o&#249; la r&#233;volte des peuples gronde, il faut aussi enregistrer deux faits politiques majeurs :&lt;br class='autobr' /&gt;
a) Les luttes, m&#234;me les plus massives, ne d&#233;bouchent pas &#224; cette &#233;tape sur des reculs partiels des classes dominantes ou des victoires pour les travailleurs et leurs organisations. Nous n'arrivons pas &#224; bloquer l'offensive capitaliste et encore moins &#224; inverser la tendance. Ce que nous pouvons constater, c'est que, si la contre-r&#233;forme lib&#233;rale continue &#224; marquer des points, les travailleurs qui ont fait les gr&#232;ves et manifestations en Gr&#232;ce, en France, au Portugal, en Espagne, les &#233;tudiants qui ont manifest&#233; en Grande-Bretagne, n'ont pas le sentiment d'avoir enregistr&#233; de d&#233;faites majeures. Ils sentent confus&#233;ment qu'il y aura d'autres batailles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) Le deuxi&#232;me fait politique &#224; souligner, c'est, dans les pays o&#249; il y a une lutte sociale d'une certaine ampleur, le d&#233;calage existant, entre la combativit&#233; sociale et sa traduction politique. Il faut consid&#233;rer les sp&#233;cificit&#233;s de la situation dans chaque pays. Dans certains pays le niveau de lutte sociale est faible. Mais dans les pays o&#249; elle existe, il n y a pas l'&#233;quivalent sur le plan de la force syndicale et politique : il n'y a pas de croissance organique des syndicats, des partis, de courants de gauche dans les mouvements sociaux. Combien de membres, d'adh&#233;rents ? Il peut y avoir ici et l&#224; des mouvements d'adh&#233;sion vers les syndicats ou les partis de gauche mais il y a, par exemple, une diff&#233;rence entre les ann&#233;es 1930 et la situation actuelle. Dans les ann&#233;es 1930 la crise et les r&#233;sistances sociales provoquaient, par exemple, la croissance en centaines de milliers de membres des syndicats, des PS, des PC, des mouvements &#224; gauche dans la social-d&#233;mocratie ou de courants r&#233;volutionnaires ext&#233;rieurs &#224; la gauche traditionnelle. L'&#233;volution social-lib&#233;rale rend de plus en plus &#171; imperm&#233;able &#187; les partis socialistes aux mont&#233;es de la lutte de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous n'avons pas non plus de croissance massive qualitative des syndicats. Nous aurions pu, alors, attendre le d&#233;veloppement des courants ou partis &#224; l'ext&#233;rieur des organisations de la gauche traditionnelle. Nous n'enregistrons pas, &#224; cette &#233;tape, de progression notable. Aujourd'hui, en France, apr&#232;s une mobilisation sociale exceptionnelle&#8230; on aurait pu s'attendre &#224; ce que le PS pr&#233;sente pour la prochaine &#233;lection une candidate ou un candidat &#224; &#171; l'allure &#187; plus social-d&#233;mocrate. Eh bien, non ! Le candidat du PS &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2012 risque d'&#234;tre Strauss-Kahn, pr&#233;sident du FMI, un des repr&#233;sentants les plus &#224; droite de la social- d&#233;mocratie internationale !!!&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les effets de la crise historique du mouvement ouvrier du si&#232;cle dernier se font toujours sentir. La construction d'une conscience socialiste r&#233;volutionnaire a besoin de nouvelles exp&#233;riences pour s'affirmer. Force est de constater que le niveau des luttes actuelles, m&#234;me s'il augmente, en r&#233;action aux attaques des classes dominantes et des gouvernants, n'a pas de dynamique politique suffisamment forte pour inverser les d&#233;cennies de contre-r&#233;formes lib&#233;rales et cr&#233;er les bases d'une contre-offensive globale et d'un nouveau projet socialiste r&#233;volutionnaire. Du coup, les processus de construction de partis de la gauche radicale ou de partis anticapitalistes, en Europe, rencontrent une s&#233;rie de difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VIII. PREMIERES CONSEQUENCES DES REVOLUTIONS TUNISIENNES ET EGYPTIENNES.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Les cons&#233;quences sont d'abord pour le monde arabe. Ce sont les premi&#232;res r&#233;volutions depuis un demi-si&#232;cle : apr&#232;s le nass&#233;risme, la mont&#233;e du nationalisme arabe et la r&#233;volution alg&#233;rienne. C'est une onde de choc d&#233;mocratique et social dans tout le monde arabe, avec les mobilisations, en Jordanie, au Y&#233;men, en Alg&#233;rie, des tensions qui vont augmenter en Syrie, au Liban, en Palestine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Ce sont des mouvements ou mobilisations d&#233;mocratiques, d&#233;mocratiques radicales et sociales. Un historien connaisseur du monde arabe, les caract&#233;rise comme des &#171; r&#233;volutions post-islamistes &#187;. La r&#233;f&#233;rence ce n'est plus l'Iran. Ce sont des nouvelles g&#233;n&#233;rations, des jeunes et maintenant des travailleurs avec leurs organisations, leurs gr&#232;ves, qui vont chercher leur voie pour s'autod&#233;terminer. Il y aura, &#224; partir de ces r&#233;volutions, une redistribution et une r&#233;organisation des forces : l'&#233;mergence de nouvelles organisations li&#233;es &#224; la radicalisation de la jeunesse &#8212; mouvements d&#233;mocratiques et sociaux radicaux, des diff&#233;renciations au sein des mouvements islamistes &#8212; comme en Egypte aujourd'hui chez les &#171; fr&#232;res musulmans &#187;, relance et r&#233;organisation du mouvement ouvrier et des syndicats. Il faut souligner le r&#244;le de l'UGTT, et en particulier de ses secteurs combatifs en Tunisie comme l'importance du mouvement visant &#224; remplacer les syndicats li&#233;s au r&#233;gime de Moubarak par des syndicats ind&#233;pendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Dans les r&#233;volutions en cours cela doit conduire &#224; combiner revendications d&#233;mocratiques, nationales et sociales, l'auto-organisation. En Libye, &#224; Bahrein, nous exigeons l'arr&#234;t des massacres, de toute r&#233;pression. En Tunisie et en Egypte nous soutenons les exigences d&#233;mocratiques, la lib&#233;ration de tous les prisonniers politiques, le d&#233;mant&#232;lement de la dictature et de toutes ses institutions, la dissolution du RCD, du PND et de tous les appareils de r&#233;pression, la formation d'un gouvernement provisoire sans membres du r&#233;gime, repr&#233;sentant le soul&#232;vement populaire, et la convocation d'une assembl&#233;e constituante. C'est dans ce cadre que les camarades tunisiens discutent de la proposition, contre toutes les formules &#171; continuistes &#187;, d'un gouvernement de l'UGTT appliquant un programme d&#233;mocratique radical et de satisfaction des revendications sociales populaires. Le probl&#232;me cl&#233;, c'est de passer du &#171; d&#233;gagez Ben Ali et Moubarak ! &#187; &#224; la rupture avec la dictature. En m&#234;me temps, les anticapitalistes doivent appuyer toutes les gr&#232;ves, tous les mouvements d&#233;mocratiques de jeunes, de femmes, les embryons d'auto-organisation en cours dans la lutte contre la vie ch&#232;re et la protection de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Cette mont&#233;e r&#233;volutionnaire dans le monde arabe aura aussi sur les moyen et long terme des r&#233;percussions sur la crise au Moyen-Orient, la situation politique en Palestine et les relations avec Isra&#235;l. Au-del&#224; des man&#339;uvres de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, la dynamique g&#233;n&#233;rale de cette mobilisation populaire affaiblit l'emprise imp&#233;rialiste sur la r&#233;gion. Elle affaiblit la direction sioniste qui ne peut plus compter sur un de ses principaux alli&#233;s, Moubarak. Mais cette derni&#232;re est surtout totalement d&#233;stabilis&#233;e par la vague d&#233;mocratique arabe. Sa repr&#233;sentation du monde arabe comme un ensemble non d&#233;mocratique &#8212; r&#233;gimes autoritaires ou islamistes &#8212; est heurt&#233;e de plein fouet par la dynamique de ces r&#233;volutions. Enfin, ces r&#233;volutions tunisienne, &#233;gyptienne, libyenne peuvent encourager ou r&#233;veiller l'&#233;mergence de courants d&#233;mocratiques radicaux ou nationalistes radicaux qui s'opposent et &#224; l'autorit&#233; palestinienne de Mahmoud Abbas et au Hamas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Pour les peuples du monde, ces r&#233;volutions vont constituer des exemples. Bien s&#251;r, sans effets m&#233;caniques, mais ils vont stimuler la r&#233;flexion sur le rejet des dictatures, les aspirations d&#233;mocratiques, les formes de lutte. L'onde de choc va jusqu' &#224; Pekin, m&#234;me si c'est pour le moment sous des formes symboliques. Il faut voir la crainte des autorit&#233;s chinoises sur les effets propagateurs de ces r&#233;volutions. Dans le reste du monde, elles brisent le cercle infernal qui devait corseter les soci&#233;t&#233;s arabes-Dictature ou &#201;tat islamique-. Elles brisent le mur de toutes les th&#233;ories sur le &#171; choc des civilisations &#187;. Elles cr&#233;ent les conditions pour une alliance d&#233;mocratique et sociale du mouvement ouvrier avec les jeunes g&#233;n&#233;rations arabes, en particulier dans tous les pays &#224; forte immigration arabe. Elles sont un point d'appui pour renforcer toutes les mobilisations antiracistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IX. ELEMENTS DE DISCUSSION SUR LES TACHES DES REVOLUTIONNAIRES.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions quelles sont nos t&#226;ches ? La r&#233;ponse d&#233;pend du diagnostic que l'on porte sur la crise qui a &#233;clat&#233; en 2007. S'agit-il d'une p&#233;rip&#233;tie financi&#232;re analogue &#224; toutes celles que le capitalisme a connues dans le pass&#233;, suivies de r&#233;cessions temporaires ? Ou bien s'agit-il d'une crise syst&#233;mique &#224; deux niveaux : une crise syst&#233;mique parce que le r&#233;gime d'accumulation capitaliste d&#233;velopp&#233; depuis plus d'une bonne trentaine d'ann&#233;es est &#224; bout de souffle, et une crise syst&#233;mique parce que le capitalisme mondial rencontre une limite li&#233;e &#224; la finitude de la plan&#232;te et des ressources naturelles. Si on retient la seconde hypoth&#232;se, on ne peut se contenter de politiques de relance par la demande et par plus de r&#233;gulation dans le syst&#232;me financier : il faut une r&#233;organisation radicale de l'&#233;conomie tourn&#233;e vers les besoins sociaux , une reconversion &#233;cologique de l'industrie et de l'agriculture, des services publics non marchands de qualit&#233;, bref, il faut une rupture avec la logique capitaliste, la propri&#233;t&#233; priv&#233;e du capital et le syst&#232;me actuel de distribution des richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc un plan qui conjugue revendications imm&#233;diates et anticapitalistes contre la crise. Ce ne sont pas les travailleurs qui doivent la payer mais les capitalistes : d&#233;fense des acquis, des revendications, des droits sociaux, taxation des transactions financi&#232;res, annulation des dettes publiques. Ce plan peut &#234;tre financ&#233; en s'attaquant aux profits bancaires, financiers et &#224; ceux des grands groupes capitalistes. Ce qui veut dire, au travers de la nationalisation ou socialisation publique du secteur bancaire, poser la question de l'incursion dans la propri&#233;t&#233; du capital. Cette question de la propri&#233;t&#233; doit &#234;tre aussi pos&#233;e au travers de la lutte contre les privatisations et la cr&#233;ation de grands secteurs publics sous contr&#244;le des travailleurs et des usagers dans les secteurs cl&#233; de l'&#233;conomie. Elle est aussi pos&#233;e au travers de la question &#233;cologique et de la n&#233;cessaire r&#233;organisation et planification &#233;cologique sur les moyen et long termes. La dimension &#233;cologique, prend une place de plus en plus importante, d'autant que l'actualit&#233; est marqu&#233;e par des catastrophes naturelles qui se succ&#232;dent aux quatre coins de la plan&#232;te, et ce &#224; des rythmes de plus en plus fr&#233;quents : inondations, chaos climatiques, glissements de terrains. Cette dimension &#233;cologique doit prendre une place de plus en plus importante dans notre activit&#233;. Toutes les propositions de r&#233;organisations sociales et &#233;cologiques de la production, r&#233;organisation de l'espace urbain, des transports, de l'&#233;nergie au service des besoins des travailleurs et des peuples doivent &#234;tre soulign&#233;es dans notre agitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, ce plan doit avoir une dimension continentale. En Europe, la r&#233;ponse &#224; la crise n'est pas le protectionnisme nationaliste et la sortie de l'Euro. Cela conduirait &#224; une concurrence exacerb&#233;e entre pays d'Europe et &#224; de nouvelles attaques contre les peuples pour que les pays les plus en difficult&#233;s tiennent le coup, sans compter le d&#233;veloppement de mouvements chauvins et x&#233;nophobes. Il faut donc une r&#233;ponse europ&#233;enne, sociale, d&#233;mocratique et &#233;cologiste, mais une r&#233;ponse europ&#233;enne qui rompe avec les politiques et institutions europ&#233;ennes. Dans ce sens, sauver l'Euro ou l'Union Europ&#233;enne ne peut servir d'alibi pour redoubler d'attaques et de plans d'aust&#233;rit&#233; contre les peuples. Notre r&#233;ponse doit partir de la d&#233;fense des droits et des revendications des travailleurs et des peuples dans chaque pays et au niveau de l'Europe. Cela passe par le refus de toute politique d'aust&#233;rit&#233;, m&#234;me s'il y a le chantage de l'exclusion de l'UE. Il faut ensuite une coordinations des politiques et des luttes des peuples en Europe pour construire une r&#233;ponse europ&#233;enne, internationaliste, qui donne la priorit&#233; &#224; l'harmonisation de ces droits sociaux par le haut, &#224; la coordination et &#224; la coop&#233;ration pour aider les peuples les plus frapp&#233;s par la crise, &#224; une politique qui fassent payer les capitalistes et les banquiers au travers d'une politique fiscale et sociale au profit des peuples, &#224; de grands services publics europ&#233;ens et notamment bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un plan d'action anticapitaliste, la question des droits et revendications d&#233;mocratiques rev&#234;t un caract&#232;re important, notamment dans la d&#233;fense des libert&#233;s d&#233;mocratiques et la d&#233;fense des immigr&#233;s et des sans-papiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces objectifs ne peuvent &#234;tre atteints que par la mobilisation sociale et politique de millions de travailleurs et de citoyens et une confrontation avec les classes dominantes et les gouvernements. &lt;br class='autobr' /&gt;
Plus g&#233;n&#233;ralement, notre orientation doit stimuler et orienter les mobilisations en combinant, luttes sociales, syndicales, &#233;cologistes, unit&#233; d'action sociale, syndicale et politique de toutes les forces de gauche, proposition et animation d'exp&#233;riences d'auto-organisation sociale. Nous devons appuyer toutes les propositions de campagnes europ&#233;ennes sur l'annulation de la dette ou sur l'emploi au travers de coordinations d'association et de syndicats. Il faut relayer les initiatives du FSM de Dakar. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan politique, les batailles unitaires doivent s'accompagner de la recherche syst&#233;matique de l'ind&#233;pendance vis-&#224;-vis de la social-d&#233;mocratie ou du nationalisme, notamment au travers des politiques &#233;lectorales dans les grandes villes, r&#233;gions, parlement et gouvernement. La crise confirme le caract&#232;re indispensable d'une alternative politique globale au social lib&#233;ralisme et aux partis de la gauche traditionnelle. Enfin, il faut favoriser l'unit&#233; et les alliances anticapitalistes en favorisant toutes les initiatives de coordination anticapitalistes au niveau des secteurs, luttes ou partis, les conf&#233;rences anticapitalistes europ&#233;ennes ou m&#233;diterran&#233;ennes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Amsterdam, le 22 F&#233;vrier 2011&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;* Fran&#231;ois Sabado est membre du Bureau ex&#233;cutif de la IVe Internationale. Nous reproduisons ici la version &#233;crite, enrichie des conclusions de la discussion, du rapport qu'il a pr&#233;sent&#233; devant le pl&#233;num de f&#233;vrier 2011 du Comit&#233; international de la IVe Internationale. La ligne g&#233;n&#233;rale de ce rapport a &#233;t&#233; adopt&#233;e par le Comit&#233; international.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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