<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.lagauche.ca/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>La Gauche</title>
	<link>https://www.lagauche.ca/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.lagauche.ca/spip.php?id_mot=344&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>La Gauche</title>
		<url>https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L144xH75/siteon0-d17a8.jpg?1629928024</url>
		<link>https://www.lagauche.ca/</link>
		<height>75</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>En Espagne et au Portugal, massives mobilisation contre l'aust&#233;rit&#233; &#224; l'initiative de &#171; groupes de citoyens &#187;</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/En-Espagne-et-au-Portugal-massives-mobilisation-contre-l-austerite-a-l</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/En-Espagne-et-au-Portugal-massives-mobilisation-contre-l-austerite-a-l</guid>
		<dc:date>2012-11-27T14:11:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jan Malewski</dc:creator>


		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>Portugal</dc:subject>
		<dc:subject>Crise financi&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte contre l'aust&#233;rit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au Portugal comme en Espagne, les grandes mobilisations populaires de septembre ont eu pour initiateurs les nouveaux mouvements sociaux et non les grands syndicats ou partis politiques de la gauche traditionnelle. Il s'agit l&#224; d'un changement d'&#233;poque important. &lt;br class='autobr' /&gt; Dans l'&#201;tat espagnol, des dizaines de milliers de personnes ont tent&#233; &#171; d'encercler &#187; le si&#232;ge du Congr&#232;s des d&#233;put&#233;s &#224; Madrid, le 25 septembre 2012. Aux cris de &#171; D&#233;mocratie s&#233;questr&#233;e ! &#187;, &#171; Gouvernement d&#233;mission ! &#187; ou encore (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Espagne-+" rel="tag"&gt;Espagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Portugal-+" rel="tag"&gt;Portugal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Crise-financiere-+" rel="tag"&gt;Crise financi&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Lutte-contre-l-austerite-+" rel="tag"&gt;Lutte contre l'aust&#233;rit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au Portugal comme en Espagne, les grandes mobilisations populaires de septembre ont eu pour initiateurs les nouveaux mouvements sociaux et non les grands syndicats ou partis politiques de la gauche traditionnelle. Il s'agit l&#224; d'un changement d'&#233;poque important.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans l'&#201;tat espagnol, des dizaines de milliers de personnes ont tent&#233; &#171; d'encercler &#187; le si&#232;ge du Congr&#232;s des d&#233;put&#233;s &#224; Madrid, le 25 septembre 2012. Aux cris de &#171; D&#233;mocratie s&#233;questr&#233;e ! &#187;, &#171; Gouvernement d&#233;mission ! &#187; ou encore &#171; Ce n'est pas un sauvetage, c'est une arnaque ! &#187;. R&#233;clamant que &#171; Tous s'en aillent ! &#187;, les manifestants ont d'abord organis&#233; des assembl&#233;es populaires massives, avant de se diriger vers la place Neptune, devant le si&#232;ge du Parlement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement de Mariano Rajoy (Parti populaire, PP) a pris la d&#233;cision de l'affrontement. Les dirigeants du PP n'avaient pas h&#233;sit&#233; &#224; comparer les initiateurs de la manifestation &#8212; la Coordination du 25 septembre (Coordinadora 25S) et la Plateforme Levez-vous ! (Plataforma &#161;En Pie !) &#8212; aux fascistes responsables du coup d'&#201;tat &#233;chou&#233; du 23 f&#233;vrier 1981. Plus de 1.300 policiers des corps sp&#233;ciaux &#171; anti-&#233;meute &#187; de la police ont &#233;t&#233; mobilis&#233;s. Ils ont charg&#233;, tirant des balles en caoutchouc, provoquant des affrontements qui se sont poursuivis durant la nuit, faisant plus de 60 bless&#233;s et au moins 35 arrestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le lendemain, 26 septembre, &#224; nouveau des milliers se sont rassembl&#233;s devant le Parlement. &#171; &lt;i&gt;La peur a chang&#233; de camp. Et le gouvernement, conscient de son usure sociale croissante, commence &#224; voir que ni sa campagne et ni le d&#233;ploiement policier n'ont r&#233;ussi &#224; intimider les dizaines de milliers de personnes qui d&#233;noncent la s&#233;questration du pr&#233;sum&#233; &#8220;si&#232;ge de la souverainet&#233; populaire&#8221; par la dictature des march&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A lire absolument : Ernst Lohoff et Norbert Trenkle, &lt;&#171; Sur l'immense (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Portugal, le samedi 15 septembre, un million de personnes ont manifest&#233; contre l'aust&#233;rit&#233; impos&#233;e par la tro&#239;ka &#8212; le Fonds mon&#233;taire international, la Banque centrale europ&#233;enne et la Commission europ&#233;enne &#8212; et appliqu&#233;e avec z&#232;le par le gouvernement dirig&#233; par Pedro Passos Coelho. Une mobilisation que le pays n'a pas connue depuis le 1er mai 1974, contraignant le gouvernement &#224; man&#339;uvrer en annon&#231;ant le retrait des derni&#232;res mesures fiscales&#8230; pour en pr&#233;parer d'autres, non moins agressives contre les travailleurs, les retrait&#233;s et les ch&#244;meurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le d&#233;fi des nouveaux mouvements&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces deux &#233;v&#233;nements r&#233;cents ont en commun la mont&#233;e du rejet populaire des mesures d'aust&#233;rit&#233;. Car alors que la paup&#233;risation, le ch&#244;mage, le non respect de la dignit&#233; se d&#233;veloppent et se g&#233;n&#233;ralisent, les produits financiers d&#233;riv&#233;s auraient atteint en 2011, selon la Banque des R&#232;glements Internationaux, la somme totale de six cent mille milliards de dollars, c'est-&#224;-dire environ quinze fois la somme de tous les produits int&#233;rieurs bruts de la plan&#232;te &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Jaime Pastor, &#171; 25S : La lucha contra el miedo y la pregunta de Brecht &#187;&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Portugal comme en Espagne, ces grandes mobilisations populaires ont eu pour initiateurs les nouveaux mouvements sociaux et non les grands syndicats ou partis politiques de la gauche traditionnelle. Il s'agit l&#224; d'un changement d'&#233;poque important. D&#233;j&#224;, le 15 mai 2011, les indign&#233;(e)s de l'&#201;tat espagnol s'&#233;taient faits remarquer par leur slogan : &#171; Aucun parti, aucun syndicat ne nous repr&#233;sente &#187;. Ce n'&#233;tait pas un ph&#233;nom&#232;ne passager. Il ne s'agit pas l&#224; d'une &#171; crise de la forme parti &#187;, pas plus que de celle de la &#171; forme syndicat &#187; ou, en g&#233;n&#233;ralisant, de la &#171; forme organisation &#187;. Au contraire, les appels des initiateurs des mobilisations mentionn&#233;es, insistent sur l'indispensable n&#233;cessit&#233; de&#8230; s'organiser ! Mais il s'agit d'une nouvelle &#233;tape de la rupture entre les organisations historiques du mouvement ouvrier, emp&#234;tr&#233;es dans le conservatisme et affirmant de plus en plus clairement leur d&#233;fense acharn&#233;e du statu quo, au mieux regardant avec regrets leur pass&#233; et donc, aux yeux d'une masse croissante de r&#233;volt&#233;s, des organisations inutiles sinon nocives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi un d&#233;fi pour les militants et les organisations anticapitalistes comme pour tous ceux du mouvement ouvrier traditionnel qui n'acceptent pas la remise en cause de la dignit&#233; de ceux d'en bas. Leur histoire, leurs exp&#233;rience, bref leur savoir-faire plongent leurs racines dans le pass&#233;. Avec la crise actuelle du capitalisme, ce pass&#233; devient chaque jour plus antique. Non que rien des exp&#233;riences pass&#233;es ne soit aujourd'hui utile. En particulier, le pouvoir de la classe dominante, en perdant de plus en plus sa l&#233;gitimit&#233;, appara&#238;t chaque jour davantage dans sa nudit&#233; de force brutale. Les appareils de domination &#8212; les &#201;tats et leurs institutions nationales et internationales &#8212; indiquent clairement qu'ils ne peuvent &#234;tre &#171; am&#233;lior&#233;s &#187;, c'est-&#224;-dire &#171; r&#233;form&#233;s &#187;. Le terme m&#234;me de &#171; r&#233;forme &#187; a chang&#233; de camp&#8230; car &#171; r&#233;former &#187; aujourd'hui signifie de plus en plus souvent &#171; remettre en cause les acquis populaires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui est en train de changer, avec des vitesses diverses selon les pays, ce sont les liens entres les masses et les &#171; organisations ouvri&#232;res &#187;. Le l&#233;gitimit&#233; de ces derni&#232;res d&#233;croit, suivant de pr&#232;s la perte de l&#233;gitimit&#233; des institutions dans lesquelles elles se sont install&#233;es. Il y a donc un espace, croissant, pour des nouveaux mouvements sociaux. Le d&#233;fi pour ceux qui sont des militants engag&#233;s, c'est d'&#234;tre capables d'aider &#224; les construire, sans a priori, sans tenter de leur imposer des &#171; solutions &#187; livresques, en partant de ce qui est au commencement : l'indignation. Car comme l'avait bien saisi Daniel Bensa&#239;d, &#171; &lt;i&gt;l'indignation est un commencement. Une mani&#232;re de se lever et de se mettre en route. On s'indigne, on s'insurge et puis on voit&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A lire absolument : Ernst Lohoff et Norbert Trenkle, &lt;&#171; Sur l'immense d&#233;charge du capital fictif : Les limites de l'ajournement de la crise par le capital financier et le d&#233;lire des programmes d'aust&#233;rit&#233; &#187;, dans &lt;a href=&#034;http://www.carre-rouge.org/spip.php?article485&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Carr&#233; rouge&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Jaime Pastor, &lt;a href=&#034;http://www.vientosur.info/spip/spip.php?article7182&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; 25S : La lucha contra el miedo y la pregunta de Brecht &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Jan Malewski, r&#233;dacteur d'Inprecor, est membre du Bureau ex&#233;cutif de la IVe Internationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;lections portugaises : premi&#232;re analyse du Bloc de gauche</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Elections-portugaises-premiere-analyse-du-Bloc-de-gauche</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Elections-portugaises-premiere-analyse-du-Bloc-de-gauche</guid>
		<dc:date>2011-06-13T14:19:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fernando Rosas</dc:creator>


		<dc:subject>Portugal</dc:subject>
		<dc:subject>Bloc de gauche (Portugal)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entrevue avec Fernando Rosas, dirigeant du Bloc de gauche sur les derni&#232;res &#233;lections au Portugal. &lt;br class='autobr' /&gt; Les &#233;lections portugaises du 5 juin 2011 ont &#233;t&#233; marqu&#233;es par une abstention record : 41,1%, cela dans un climat de relative conflictualit&#233; sociale. Le Parti socialiste a obtenu 28,1% des suffrages exprim&#233;s, contre 36,56% en septembre 2009. &lt;br class='autobr' /&gt;
La droite (Parti social-d&#233;mocrate) a obtenu 38,6% des votes contre 29,11% en 2009. Et la droite plus conservatrice, si l'on peut dire, le CDS PP (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Portugal-+" rel="tag"&gt;Portugal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Bloc-de-gauche-Portugal-+" rel="tag"&gt;Bloc de gauche (Portugal)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entrevue avec Fernando Rosas, dirigeant du Bloc de gauche sur les derni&#232;res &#233;lections au Portugal.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#233;lections portugaises du 5 juin 2011 ont &#233;t&#233; marqu&#233;es par une abstention record : 41,1%, cela dans un climat de relative conflictualit&#233; sociale. Le Parti socialiste a obtenu 28,1% des suffrages exprim&#233;s, contre 36,56% en septembre 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La droite (Parti social-d&#233;mocrate) a obtenu 38,6% des votes contre 29,11% en 2009. Et la droite plus conservatrice, si l'on peut dire, le CDS PP (Parti populaire), a obtenu 11,7% des voix. Ce r&#233;sultat permet au dirigeant de la droite Passos Coelho (PSD) de mettre en place une &#233;quipe gouvernementale, qui appliquera les diktats de la BCE, du FMI et de l'UE, en coalition avec le CDS PP dirig&#233; par Paulo Portas. Le PS de Jos&#233; Socrates avait n&#233;goci&#233; avec l'UE et le FMI &#171; un plan de sauvetage &#187; de 78 milliards d'euros. C'est surtout un plan de sauvetage des banques espagnoles et autres fortement engag&#233;es au Portugal. Ce &#171; plan de sauvetage &#187; impliquera la casse des services publics, des privatisations, le d&#233;mant&#232;lement des politiques sociales, la pr&#233;carisation encore accrue des salari&#233;&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti communiste se pr&#233;sentait dans le cadre d'une alliance dite &#171; rouge-verte &#187; portant le nom de Coalition d&#233;mocratique unitaire (CDU). Il a obtenu 7,94% des voix et 16 d&#233;put&#233;s, soit un de plus qu'en 2009 o&#249; il r&#233;unissait 7,86% des voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Bloc de gauche a obtenu 5,19% des votes, contre 9,81% en 2009. Le nombre de d&#233;put&#233;s a pass&#233; de 16 &#224; 8. En 2005, lors des l&#233;gislatives, le Bloc de gauche avait obtenu 6,35% des voix et d&#233;tenait 8 d&#233;put&#233;s. Lors de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2006, son candidat Francisco Lou&#231;a captait 5,32% des suffrages. Lors de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de janvier 2011, le Bloc de gauche soutenait une candidature socialiste, dite marqu&#233;e &#224; gauche (Manuel Alegre), et r&#233;coltait 16,67% des voix. La recherche d'une influence &#233;largie au travers de cette candidature ne semble pas s'&#234;tre concr&#233;tis&#233;e cinq mois plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contribution que nous publions ci-dessous traduit manifestement le souci et la volont&#233; de saisir la dynamique d'un processus &#233;lectoral. L'utilisation r&#233;p&#233;t&#233;e de la formule &#171; &#233;lectorat flottant &#187; traduit certainement un malaise tout &#224; aussi flottant. Il faudra &#224; coup s&#251;r attendre d'autres contributions pour que le m&#233;tabolisme de la soci&#233;t&#233; portugaise, dans une phase de crise allant s'approfondissant, soit analys&#233; et que les conclusions au plan social et politique viennent &#233;tayer une discussion plus ample sur l'orientation sociale et politique dans la phase pr&#233;sente. Une phase o&#249; se sont exprim&#233;s un mouvement de jeunes, dont la dynamique reste &#224; saisir, mais aussi une vague d'&#233;migration vers l'Europe du nord, &#233;migration qui cette fois, &#224; la diff&#233;rence des ann&#233;es 1970, est form&#233;e, en partie, de jeunes fortement scolaris&#233;s. (R&#233;daction, &lt;i&gt;&#192; l'encontre&lt;/i&gt;)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;1. La d&#233;faite du Bloc de gauche lors des &#233;lections l&#233;gislatives est suffisamment claire pour nous dispenser de toute d&#233;robade. C'est la responsabilit&#233; de la direction du Bloc de gauche dans son ensemble et nous devons la discuter collectivement avec s&#233;rieux, au sein du Bloc et avec ses sympathisants, dans l'esprit de renforcer notre unit&#233; autour des politiques qui nous pr&#233;parent au combat tr&#232;s difficile que nous allons affronter. Le Bloc de gauche a perdu une bataille, mais il doit se pr&#233;parer pour gagner la guerre. Les d&#233;faites, quand elles sont bien analys&#233;es, nous enseignent certainement plus que les victoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. De mon point de vue, la gauche portugaise et le Bloc de gauche en particulier, &#224; l'instar de situations similaires dans d'autres pays europ&#233;ens en crise, n'ont pas r&#233;ussi faire face &#224; la vague d'un vote de panique, d'un vote fond&#233; sur l'illusion d'une solution, d'un accord qui, malgr&#233; certains sacrifices, devrait permettre, finalement, le retour &#224; la normale au plan de l'emploi, du salaire, des retraites et des revenus des familles. Un vote qui veut voir dans l'accord avec le Tro&#239;ka [Banque centrale europ&#233;enne, FMI et Union europ&#233;enne ] &#8211; accord dont la signification a &#233;t&#233; d&#233;lib&#233;r&#233;ment occult&#233;e au cours de la campagne par les partis politiques qui l'avaient sign&#233; &#8211; une bou&#233;e de sauvetage face &#224; un d&#233;sastre imminent. Un vote qui punissait ceux qui &#171; s'excluaient &#187; [de cet accord], ceux qui &#171; ne pouvaient pas avoir d'influence &#187;, ceux qui paraissaient ne rien avoir &#224; offrir quand &#8211; disait-on &#8211; d&#232;s le mois de juin 2011 il n'y aurait m&#234;me plus d'argent pour les salaires. Cette approche fut, de plus, d&#233;fendue massivement par les m&#233;dias &#224; l'occasion d'une campagne id&#233;ologique sans pr&#233;c&#233;dent contre &#171; l'irresponsabilit&#233; &#187; (les &#171; fain&#233;ants &#187;, les &#171; marginaux de la politique &#187;, les &#171; radicaux &#187;, les &#171; indignes de la confiance du peuple angoiss&#233; &#187;) du Bloc de gauche et de ses propositions alternatives, qui, d'autre part,ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;es de mani&#232;re syst&#233;mique et bien d&#233;fendues par nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Bien que le Bloc de gauche, selon moi, ait conduit, du point de vue du discours politique, une des meilleures campagnes politiques &#233;lectorales de sa br&#232;ve histoire (une campagne faite de propositions, p&#233;dagogiques, r&#233;alistes, avec des contenus) et malgr&#233; l'engagement de ses militants et sympathisants dans l'ensemble du pays, tout cela ne fut pas suffisant pour contenir la vague du vote pour &#171; la s&#233;curit&#233; &#187; et le moindre mal. Et, &#224; partir de l&#224;, nous avons perdu des milliers de votes populaires en direction du Parti social-d&#233;mocrate (PSD, parti de centre droit) et quelques votes en direction du Parti populaire (CDS PP). La gravit&#233; et l'ampleur catastrophique de la crise pr&#233;sente ont pouss&#233; le vote de l'&#233;lectorat populaire flottant en direction du refuge apparent de la &#171; s&#233;curit&#233; &#187; et de la &#171; protection &#187; de la droite et de ses tuteurs externes de la Tro&#239;ka. L'&#233;norme impopularit&#233; de Jos&#233; Socrates (dirigeant du Parti socialiste et premier ministre) et du gouvernement du PS a fait le reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Le vote utile en faveur du PS, aliment&#233; par des sondages qui durant des semaines pr&#233;sentaient une situation &#171; de pat technique &#187; avec le PSD, a naturellement aussi fonctionn&#233;, surtout en direction de certaines couches plus politis&#233;es de notre &#233;lectorat flottant. Mais cela ne m'appara&#238;t pas, n&#233;anmoins, que ce fut le facteur dominant. De m&#234;me que l'abstention qui, &#233;galement, a p&#233;nalis&#233; surtout la gauche. Le Parti communiste portugais (PCP), appuy&#233; sur son appareil syndical et municipal, avec un &#233;lectorat traditionnellement stable, a d&#233;fendu avec plus d'efficacit&#233; son espace social et politique de toujours et y compris a obtenu quelques votes de protestation. Je crois en fait que la situation politique qui a abouti &#224; ce grand virage &#224; droite a &#224; voir avec quelque chose de plus ample et profond. Il est clair que nous pourrions aussi nous arr&#234;ter &#224; discuter de quelques d&#233;cisions tactiques prises par le Bloc de gauche au cours des derniers mois (campagne pr&#233;sidentielle 2011, motion de censure d&#233;pos&#233;e par le Bloc de gauche en mars 2011) et de leur influence possible sur ces r&#233;sultats. Je sais qu'une autre option aurait pu provoquer des doutes et des oppositions aupr&#232;s des militants et des personnes votant pour le Bloc. Toutefois, je crois que l'importance des pertes de votes indique avec certitude qu'elles ont &#233;t&#233; stimul&#233;es par des choix qui d&#233;passent largement les cercles plus politis&#233;s et inform&#233;s qui se trouvent autour du Bloc et qui auraient pu &#234;tre influenc&#233;s par ces d&#233;cisions. Nous devons examiner la nature politique et sociale du nouveau cycle politique. Et apprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Le ch&#339;ur des th&#233;ologiens de la droite semblait vouloir transformer la s&#233;quence &#233;lectorale en un r&#232;glement de comptes rageur avec Francisco Lou&#231;a [porte-parole et figure publique connue du Bloc de gauche]. Qu'on ne se trompe pas. La droite a deux objectifs : r&#233;duire au silence le porte-parole de cette gauche subversive et ferme dans la d&#233;nonciation de l'ordre &#233;tabli ; et, avec cela, elle r&#234;ve de changer la couleur du Bloc de gauche. Elle feint de ne pas comprendre que dans ce parti, dans des luttes de cette dimension, il n'y a pas de responsabilit&#233; individuelle. Ni &#224; l'occasion des victoires, ni &#224; l'occasion des d&#233;faites. Je crois qu'il est important de savoir &#234;tre nous-m&#234;mes, collectivement, pour faire ce bilan sans cesse avec l'objectif d'atteindre une unit&#233; sup&#233;rieure autour d'une politique ad&#233;quate. Le bilan des &#233;lections doit se faire non pas dans les journaux, mais au sein des organes d&#233;mocratiquement &#233;lus du congr&#232;s du Bloc. C'est la diff&#233;rence entre la droite qui le fait dans les m&#233;dias et notre collectif du Bloc de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Y compris dans cette situation exceptionnellement difficile et complexe, nous sommes l'objet d'une attaque haineuse et concert&#233;e sans pr&#233;c&#233;dent, le r&#233;sultat obtenu par le Bloc d&#233;montre qu'il est un parti &#224; coup s&#251;r enracin&#233; dans des secteurs importants du peuple qui, du nord au sud du pays, continueront &#224; faire du Bloc son parti et sa voix. Au contraire de ce que les plumitifs et les th&#233;ologiens de la droite continueront &#224; annoncer &#224; grand fracas, le Bloc a perdu, a diminu&#233; son audience &#233;lectorale, mais a r&#233;sist&#233; face &#224; l'assaut. Il dispose de racines qui, dans cette temp&#234;te, ne seront pas bris&#233;es et ne rompront pas. Et aujourd'hui, c'est le moment du bilan et de la lutte. Avec certitude. Au cours de durs combats qui se profilent dans les difficiles conditions que nous avons devant nous, les travailleurs, les jeunes, les ch&#244;meurs et ch&#244;meuses, les retrait&#233;s, les pr&#233;caires savent o&#249; nous rencontrer : en premi&#232;re ligne, &#224; l'int&#233;rieur et hors du parlement, d&#233;fendant leurs droits, combattant la barbarie n&#233;olib&#233;rale, se battant pour le socialisme. Il en est ainsi. Qui vient de loin et veut aller plus loin, toutefois, ne doit pas d&#233;faillir.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Fernando Rosas est dirigeant du Bloc de gauche (Bloco de Esquerda), historien et professeur d'universit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source et traduction : &lt;a href=&#034;http://www.alencontre.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Europe en crise</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/L-Europe-en-crise</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/L-Europe-en-crise</guid>
		<dc:date>2011-04-26T14:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nouveau Parti anticapitaliste</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Grande-Bretagne</dc:subject>
		<dc:subject>Portugal</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En France, avec 4, 65 millions d'inscrits &#224; P&#244;le Emploi fin 2010 et des cr&#233;ations de postes ne concernant que l'int&#233;rim, les travailleurs continuent de payer la crise. Il en va de m&#234;me, &#224; divers degr&#233;s, dans toute l'Europe. Mais le refus d'imputer aux banques le co&#251;t de leurs actes se traduit aussi par une acc&#233;l&#233;ration de la crise des dettes souveraines. &lt;br class='autobr' /&gt; Publi&#233; dans : Hebdo Tout est &#224; nous ! 97 (07/04/11) &lt;br class='autobr' /&gt;
En France, avec 4, 65 millions d'inscrits &#224; P&#244;le Emploi fin 2010 et des cr&#233;ations (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Espagne-+" rel="tag"&gt;Espagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Europe-50-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Grande-Bretagne-+" rel="tag"&gt;Grande-Bretagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Portugal-+" rel="tag"&gt;Portugal&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH124/arton3154-c5035.png?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='124' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En France, avec 4, 65 millions d'inscrits &#224; P&#244;le Emploi fin 2010 et des cr&#233;ations de postes ne concernant que l'int&#233;rim, les travailleurs continuent de payer la crise. Il en va de m&#234;me, &#224; divers degr&#233;s, dans toute l'Europe. Mais le refus d'imputer aux banques le co&#251;t de leurs actes se traduit aussi par une acc&#233;l&#233;ration de la crise des dettes souveraines.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; dans : &lt;a href=&#034;http://www.npa2009.org/category/tout-est-&#224;-nous/journal/hebdo-tout-est-&#224;-nous-97-070411&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hebdo Tout est &#224; nous ! 97 (07/04/11)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_355 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L466xH399/jpg_europ-stats1.preview-31840.jpg?1630311304' width='466' height='399' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En France, avec 4, 65 millions d'inscrits &#224; P&#244;le Emploi fin 2010 et des cr&#233;ations de postes ne concernant que l'int&#233;rim, les travailleurs continuent de payer la crise. Il en va de m&#234;me, &#224; divers degr&#233;s, dans toute l'Europe. Mais le refus d'imputer aux banques le co&#251;t de leurs actes se traduit aussi par une acc&#233;l&#233;ration de la crise des dettes souveraines. Au Portugal, o&#249; gr&#232;ves et manifestations se multiplient, le Parlement a rejet&#233; le quatri&#232;me plan d'aust&#233;rit&#233; pr&#233;sent&#233; par le Premier ministre Jos&#233; Socrates. Celui-ci a donc d&#233;missionn&#233;. Cela ne l'a pas emp&#234;ch&#233; d'&#234;tre reconduit, quatre jours plus tard, &#224; la t&#234;te du Parti socialiste portugais. Des &#233;lections anticip&#233;es auront lieu le 5 juin. Dix jours apr&#232;s, environ 9 milliards d'euros de titres publics arriveront &#224; &#233;ch&#233;ance, ce qui implique d'emprunter &#224; nouveau. Or le taux d'int&#233;r&#234;t des titres portugais &#224; dix ans atteint un nouveau record, autour de 8 %. Si cette situation perdure, le nouveau gouvernement aura le choix entre la suspension des remboursements ou le recours &#224; l'Union europ&#233;enne (UE) et au Fonds mon&#233;taire international (FMI). Si cette seconde option sauvegarde &#224; court terme la logique capitaliste, trois facteurs jettent un s&#233;rieux doute sur la capacit&#233; du syst&#232;me europ&#233;en &#224; survivre plusieurs ann&#233;es sous sa forme actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, la situation &#233;conomique se d&#233;grade dans de nombreux pays. En Gr&#232;ce, l'effet d&#233;pressif des plans de rigueur est d&#233;sormais manifeste. Le besoin de financement de l'&#201;tat grec d'ici 2012, pr&#233;c&#233;demment estim&#233; &#224; 45 d'euros, a &#233;t&#233; r&#233;&#233;valu&#233; &#224; environ 110 milliards. Et la restructuration de la dette est devenue in&#233;vitable. Quant au co&#251;t du sauvetage des banques irlandaises, il vient d'&#234;tre r&#233;&#233;valu&#233; &#224; 70 milliards d'euros, soit pr&#232;s de la moiti&#233; du PIB de l'&#238;le. Les autres &#201;tats m&#232;nent tous des politiques d'aust&#233;rit&#233; qui plombent l'emploi. En dehors de la zone euro, la conjoncture europ&#233;enne n'est pas meilleure. En Grande-Bretagne, o&#249; le gouvernement Cameron a lanc&#233; un plan de 91 milliards d'euros de coupes d'ici 2015, l'OCDE pr&#233;voit une croissance du PIB de seulement 1, 5 % en 2011 et le taux d'inflation atteint actuellement 4, 4 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, les r&#233;centes d&#233;clarations d'Angela Merkel ont montr&#233; que les contradictions s'exacerbent au sein des classes dominantes. Or, le Portugal est le dernier maillon avant l'Espagne, pays o&#249; le taux de ch&#244;mage officiel atteint 20, 3 % et la croissance &#233;conomique, n&#233;gative en 2009 et 2010, demeure quasinulle en 2011 (+0, 8 %). Dans un tel marasme, le &#171; socialiste &#187; Zapatero ose affirmer que l'&#233;conomie se redresse et &#171; qu'augmenter la pression fiscale de mani&#232;re substantielle peut freiner la reprise &#187;. La r&#233;alit&#233; est que de plus en plus d'Espagnols ne peuvent plus rembourser leur emprunt immobilier. Or, &#233;tant donn&#233; le poids &#233;conomique de l'Espagne et l'ampleur inou&#239;e de l'endettement de son secteur priv&#233;, l'UE serait incapable d'assurer le sauvetage des caisses d'&#233;pargne espagnoles. Les compromis entre les bourgeoisies nationales d'Europe n'y r&#233;sisteraient pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, et surtout, l'UE organise sa propre fuite en avant. Tandis que le nouveau gouvernement irlandais pr&#233;tendait mettre &#224; contribution les grands cr&#233;anciers, cet &#233;l&#233;ment n'appara&#238;t pasdans le plan qu'il a publi&#233;. La Banque centrale europ&#233;enne (BCE) a exerc&#233; un chantage : des liquidit&#233;s ont &#233;t&#233; accord&#233;es aux banques irlandaises en mal de refinancement &#224; condition que les cr&#233;anciers de ces banques (essentiellement d'autres banques europ&#233;ennes) soient int&#233;gralement rembours&#233;s. Cela traduit bien l'inflexion actuelle de la politique de la BCE. Celle-ci avait pratiqu&#233; des taux d'int&#233;r&#234;t faibles et des rachats (pourtant interdits) de titres publics. Estimant le syst&#232;me sauv&#233;, la BCE augmente ses taux et veut s'assurer que le co&#251;t de la crise ne p&#232;se pas sur le capital. Les profits sont de retour et pour le gouverneur de la BCE, &#171; augmenter les salaires est la derni&#232;re b&#234;tise &#224; faire &#187;. Les gouvernements ne sont pas les otages, mais bien les artisans, de cette politique europ&#233;enne. Lors des derniers sommets europ&#233;ens, ils ont accept&#233; les bases d'une nouvelle machine infernale. Tout ce qui a &#233;chou&#233; doit &#234;tre aggrav&#233; : le &#171; pacte pour l'euro &#187;, le &#171; semestre europ&#233;en &#187; et le &#171; m&#233;canisme europ&#233;en de stabilisation &#187; sont trois nouveaux arrangements institutionnels visant &#224; rendre des politiques lib&#233;rales qui ne feront qu'approfondir la crise soet &#233;conomique. &#192; moins que des r&#233;sistances populaires coordonn&#233;es ne viennent abattre cette logique mortif&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Philippe L&#233;g&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les peuples europ&#233;ens entre le marteau et l'enclume...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand le FMI et l'UE s'entraident... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment et pourquoi les autorit&#233;s de l'UE en sont-elles arriv&#233;es &#224; solliciter puis organiser l'intervention du FMI dans &#171; leurs affaires &#187; &#8211; celles des &#201;tats-membres en difficult&#233; ? La r&#233;ponse tient en trois points : la crise a sauv&#233; le FMI de la faillite ; le FMI permet &#224; l'UE de sauvegarder ses trait&#233;s ; enfin, gr&#226;ce &#224; &#171; plus d'&#201;tat &#187; (endett&#233; sur les march&#233;s), ils relancent conjointement une nouvelle offensive n&#233;olib&#233;rale sur le dos des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sc&#233;nario m&#233;rite attention. D'autant que Dominique Strauss-Kahn, dans la perspective de devenir un candidat &#171; de gauche &#187;, se vante d'avoir en quelque sorte social-d&#233;mocratis&#233; le FMI... Celui-ci est au bord de la faillite lorsque DSK en prend la t&#234;te en novembre 2007. Faillite morale, par le discr&#233;dit croissant des calamiteuses politiques conditionnant ses cr&#233;dits. Et manque de ressources : celles-ci proviennent des int&#233;r&#234;ts per&#231;us sur les cr&#233;dits aux pays &#171; aid&#233;s &#187;. Or, ils ont chut&#233; de 103 &#224; 16 milliards d'euros entre 2003 et 2008 : plusieurs pays &#8211; dont le Br&#233;sil, l'Argentine etc. &#8211; ont profit&#233; de prix favorables &#224; leurs exportations pour rembourser leurs dettes de fa&#231;on anticip&#233;e ; et d'autres pr&#233;f&#232;rent se tourner vers la Chine ou l'Inde. Bref, les pays du Sud s'efforcent d'&#233;chapper &#224; son emprise &#224; la fois d&#233;sastreuse et humiliante...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise des cr&#233;dits immobiliers en 2007-2008 vient &#224; la rescousse (du FMI et de DSK). DSK n'h&#233;site pas, d&#232;s 2008 &#224; Davos, &#224; proposer de laisser filer les d&#233;ficits publics &#8211; un renversement de discours que partagent aujourd'hui tous les gouvernements &#171; lib&#233;raux &#187; d&#232;s qu'il y a risque de syst&#232;me. Mais ce sont les appels au secours venus de l'Europe de l'Est (Ukraine, Hongrie, en 2008) qui le remettent v&#233;ritablement en selle. Et s'il &#171; traite &#187; seul les cas de pays non-membres de l'UE, celle-ci doit (pour le moins !) s'associer &#224; lui quand il s'agit de membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, les trait&#233;s distinguent deux cas : toute aide de l'Union et des &#201;tats a &#233;t&#233; interdite (sous pression de l'Allemagne) face &#224; des d&#233;ficits d'&#201;tats membres de la zone euro (articles 123 et 125) &#8211; ce qui est encore aggrav&#233; par l'interdit fait &#224; la BCE de les renflouer. Mais une aide financi&#232;re est possible pour les &#201;tats non-membres de l'eurozone (et en cas de... catastrophe naturelle). Les banques ouest-europ&#233;ennes &#233;tant impliqu&#233;es &#224; plus de 80 voire 90 % dans le capital des banques est-europ&#233;ennes, il faut faire face aux risques qui se manifestent &#224; l'Est... mais sans remettre en cause le plafond impos&#233; au budget europ&#233;en, de 1 % du PIB de l'Union. Le conseil europ&#233;en de mars 2009 augmente le montant d'aide financi&#232;re mobilisable hors zone euro de 25 &#224; 50 milliards d'euros... (alors que 20 milliards ont &#233;t&#233; allou&#233;s &#224; la seule Hongrie...). La &#171; solution &#187; du FMI s'impose donc : le m&#234;me mois, le G20 d&#233;cide de tripler les ressources du FMI qui re&#231;oit 500 milliards de dollars suppl&#233;mentaires et sort requinqu&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'aide &#187; vue de la p&#233;riph&#233;rie-est de l'Union...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une forte croissance bas&#233;e sur l'endettement des m&#233;nages, les nouveaux &#201;tats membres (NEM) d'Europe de l'Est sont touch&#233;s fin 2008 et 2009 par la pire r&#233;cession de toute l'Europe. Plusieurs d'entre eux connaissent une variante de crise des cr&#233;dits &#224; l'immobilier (massivement accord&#233;s aux m&#233;nages &#224; taux initialement r&#233;duits, en devises &#233;trang&#232;res)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette crise se combine en Hongrie &#224; un creusement du d&#233;ficit et de sa dette publique (72, 9 % du PIB) exprimant &#224; la fois des choix de fiscalit&#233; lib&#233;raux et des r&#233;sistances sociales majeures contre la privatisation notamment des services de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plans d'aide associant en 2008 et 2009 le FMI, l'UE et diverses banques accord&#233;s &#224; la Hongrie, &#224; la Lettonie, puis &#224; la Roumanie, sont assortis de contreparties dont DSK ne peut se vanter. Hongrie : privatisations, baisses des d&#233;penses publiques de 2, 5 points du PIB, gel des salaires et baisses de 30 % des salaires des fonctionnaires. Lettonie : baisses de 20 % du salaire minimum, de 10 % des retraites, de 50 % de salaires des enseignants et d'un tiers des d&#233;penses de sant&#233;. Roumanie : engagement de baisser la masse salariale d'un tiers en cinq ans, de supprimer 100 000 postes de fonctionnaires, de diminuer les retraites et les allocations... Entre mars 2009 et mars 2010, la Lettonie voit son ch&#244;mage passer de 14, 3 % &#224; 22, 3 % et conna&#238;t une chute de PIB de plus de 20 % sur deux ans...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;... et dans la p&#233;riph&#233;rie du Sud de l'eurozone&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'implication massive des banques (notamment allemandes et fran&#231;aises) dans la dette grecque et la d&#233;pendance envers les march&#233;s obligataires (et des titres sp&#233;culatifs d&#233;riv&#233;s de la dette) ont pouss&#233; les d&#233;cideurs europ&#233;ens &#224; &#171; agir &#187;. Dans l'urgence, ils ont cherch&#233; &#224; r&#233;soudre la quadrature du cercle : diminuer la pression des march&#233;s par d'autres ressources apport&#233;es, en changeant au minimum l'architecture d'ensemble des trait&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les moyens ? &#201;largir l'interpr&#233;tation des &#171; catastrophes &#187; l&#233;gitimant des aides bilat&#233;rales ; rendre les aides &#171; non conventionnelles &#187; (de la BCE ou de l'UE) provisoires. Mais comme le provisoire renforce la sp&#233;culation (qu'il est interdit d'interdire), on s'est achemin&#233; vers un m&#233;canisme p&#233;renne (&#224; l'&#233;ch&#233;ance de 2013) qui veut minimiser la logique d'aide europ&#233;enne aux &#201;tats en difficult&#233;s de deux fa&#231;ons&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'y ajoute un troisi&#232;me volet envisag&#233; par l'Allemagne face &#224; la dette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : par les apports du FMI... et par une relance radicale des politiques d'aust&#233;rit&#233; r&#233;affirmant les logiques n&#233;olib&#233;rales sur le dos des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Catherine Samary&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les mobilisations &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Grande-Bretagne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but mars, le gouverneur de la Banque d'Angleterre s'&#233;tait dit &#171; surpris &#187; que les Britanniques ne soient pas plus en col&#232;re. Le 26 mars, une manif historique a rassembl&#233; 400 000 personnes contre le plan d'aust&#233;rit&#233; du gouvernement Cameron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Belgique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 mars, la premi&#232;re &#171; Conf&#233;rence sociale de printemps &#187;, issue du Forum social europ&#233;en, a r&#233;uni &#224; Bruxelles des repr&#233;sentants des mouvements sociaux de quinze pays europ&#233;ens et d&#233;nonc&#233; le pacte pour l'euro, &#171; d&#233;claration de guerre aux peuples d'Europe, aux travailleurs, aux pensionn&#233;s, aux services publics, &#224; leurs usagers &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Portugal&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 novembre 2010 a eu lieu la premi&#232;re gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale depuis 1988. Le 12 mars 2011, la manifestation appel&#233;e par G&#233;n&#233;ration fauch&#233;e a rassembl&#233; 300 000 personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gr&#232;ce&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re gr&#232;ve nationale a eu lieu le 23 f&#233;vrier. Depuis, 300 immigr&#233;s en gr&#232;ve de la faim ont gagn&#233; leur combat. Et le mouvement de d&#233;sob&#233;issance civile &#171; Je ne paierai pas &#187; se d&#233;veloppe, mais sur des bases politiques tr&#232;s variables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Espagne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 29 septembre 2010 avait &#233;t&#233; une r&#233;ussite. Mais les capacit&#233;s de r&#233;sistances ont &#233;t&#233; amoindries par la r&#233;cente d&#233;cision des deux principales centrales syndicales d'accepter le recul de l'&#226;ge l&#233;gal de d&#233;part en retraite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.contretemps.eu/interventions/vers-tsunami-bancaire-social-estouest-europeen&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.contretemps.eu/interventions/vers-tsunami-bancaire-social-estouest-europeen&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'y ajoute un troisi&#232;me volet envisag&#233; par l'Allemagne face &#224; la dette irlandaise, mais sur lequel les d&#233;cideurs europ&#233;ens ne parviennent pas &#224; s'entendre : la restructuration (sinon annulation), au moins partielle, des dettes. Mais les sp&#233;culateurs qui exigent des taux prohibitifs au nom des risques de d&#233;faut ne veulent pas assumer ce risque. Sa simple &#233;vocation les incite &#224; exiger des taux encore plus insoutenables, en escomptant sur l'absence de d&#233;cision coercitive &#224; leur &#233;gard dans l'UE...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
