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		<title>La Gauche</title>
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		<title>La dette &#171; ill&#233;gitime &#187; des pays du Nord doit aussi &#234;tre annul&#233;e</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-dette-illegitime-des-pays-du-Nord-doit-aussi-etre-annulee</link>
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		<dc:date>2011-07-17T15:21:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric Toussaint</dc:creator>


		<dc:subject>Annulation de la dette</dc:subject>
		<dc:subject>Dettes et d&#233;ficits</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Interview r&#233;alis&#233; par Denis Horman pour le journal La Gauche de la LCR Belgique &lt;br class='autobr' /&gt; La Gauche : le dernier ouvrage collectif du CADTM, qui vient de para&#238;tre, a pour titre &#171; La dette ou la vie &#187;. Un titre qui met d'embl&#233;e en lumi&#232;re l'aspect mortif&#232;re de la dette publique ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Eric Toussaint : Il y a un choix &#224; faire entre privil&#233;gier la vie, les droits humains fondamentaux et, d'autre part, rembourser la dette. La dette, c'est une question centrale. Si on veut maintenir des droits conquis par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Debats-politiques-" rel="directory"&gt;D&#233;bats politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Dettes-et-deficits-+" rel="tag"&gt;Dettes et d&#233;ficits&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L102xH150/arton3207-b36e9.png?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='102' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Interview r&#233;alis&#233; par Denis Horman pour le journal &lt;i&gt;La Gauche&lt;/i&gt; de la LCR Belgique&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Gauche : le dernier ouvrage collectif du CADTM, qui vient de para&#238;tre, a pour titre &#171; La dette ou la vie &#187;. Un titre qui met d'embl&#233;e en lumi&#232;re l'aspect mortif&#232;re de la dette publique !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eric Toussaint :&lt;/strong&gt; Il y a un choix &#224; faire entre privil&#233;gier la vie, les droits humains fondamentaux et, d'autre part, rembourser la dette. La dette, c'est une question centrale. Si on veut maintenir des droits conquis par les luttes, stopper des mesures de r&#233;gression sociale, sans pr&#233;c&#233;dent dans les pays de l'Union europ&#233;enne, et aussi am&#233;liorer l'acc&#232;s &#224; toute une s&#233;rie de droits fondamentaux, il faut une solution radicale concernant la dette publique, en commen&#231;ant par annuler la dette ill&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Gauche : le CADTM (Comit&#233; pour l'annulation de la dette du tiers monde), cr&#233;&#233; en 1990, a r&#233;alis&#233; pendant une 20 aine d'ann&#233;es, une expertise rigoureuse sur la dette qui frappe les pays du Sud, plaidant pour une annulation inconditionnelle de cette dette publique. Cette nouvelle publication montre, &#224; travers une s&#233;rie de contributions, l'autre visage de la dette, celui &#224; l'oeuvre au Nord. Y a-t-il des points communs entre la dette publique des pays en d&#233;veloppement et la dette publique au Nord ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eric Toussaint :&lt;/strong&gt; Aujourd'hui, la dette publique au Nord est le pr&#233;texte tout trouv&#233; pour justifier l'application de plans d'aust&#233;rit&#233; sur le mod&#232;le des plans d'ajustement structurel support&#233;s, d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 1980, par les pays du Sud de plan&#232;te. A ce propos, je voudrais signaler que, pendant les ann&#233;es 1980, en Belgique, la dette des communes, tout particuli&#232;rement &#224; Anvers et Li&#232;ge, fut d&#233;j&#224; le pr&#233;texte pour l'application de plans d'aust&#233;rit&#233; tr&#232;s durs contre le personnel communal et les services &#224; la population. A Li&#232;ge, de 1983 &#224; 1989, il y eu des mobilisations et des gr&#232;ves tr&#232;s dures face &#224; cette offensive d'aust&#233;rit&#233; men&#233;e &#224; l'&#233;poque par une majorit&#233; communale PS-Ecolo. L'engrenage de la dette communale r&#233;sulta d'une flamb&#233;e des taux d'int&#233;r&#234;t li&#233;s &#224; cette dette. Ainsi, un des emprunts, l' &#171; emprunt Guy Mathot &#187; avait &#233;t&#233; contract&#233; &#224; un taux d'int&#233;r&#234;t de 15%. C'est une des raisons pour laquelle, en 1986, notre organisation politique, le POS-SAP, avait lanc&#233; une campagne pour l'annulation de la dette de la Ville de Li&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, r&#233;cemment, le CADTM s'est pench&#233; sur la r&#233;alit&#233; de l'endettement public des pays du Nord, ceux de l'Union europ&#233;enne en particulier, c'est que, depuis l'&#233;clatement, en 2007-2008, de la crise la plus importante depuis 1929, ces pays sont confront&#233;s aux m&#234;mes politiques d'ajustement structurel qu'ont subi et subissent toujours les pays du Sud. Sous la f&#233;rule de la &#171; Tro&#239;ka &#187; - le FMI, l'Union Europ&#233;enne et la Banque Centrale Europ&#233;enne-, les pays p&#233;riph&#233;riques de l'UE (Roumanie, Lettonie, Hongrie), puis la Gr&#232;ce, l'Irlande, le Portugal, l'Espagne et, d&#233;j&#224; dans une moindre mesure actuellement, la France, l'Allemagne, la Belgique&#8230;) sont soumis &#224; une r&#233;gression sociale sans pr&#233;c&#233;dent. Les mesures sont partout les m&#234;mes : r&#233;duction des salaires dans la fonction publique, licenciements, non remplacement du personnel partant &#224; la retraite, allongement de l'&#226;ge pour la pension, privatisations, etc. Nous assistons &#224; une nouvelle phase de l'offensive du capital contre le Travail. La &#171; Tro&#239;ka et les gouvernements ne con&#231;oivent pas d'autres voies pour r&#233;duire l'endettement et les d&#233;ficits publics, qui ont atteint un seul insoutenable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On constate un peu partout une augmentation de l'endettement des Etats. Mais, posons-nous la question : pourquoi une telle situation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais &#233;voquer trois aspects de l'explosion de l'endettement public au Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but des ann&#233;es 1980, les taux d'int&#233;r&#234;ts, au Sud et au Nord, ont explos&#233;, &#224; partir d'une d&#233;cision prise &#224; Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 1990-2000 ont vu l'application en Europe de politiques n&#233;o-lib&#233;rales se cristallisant sur des contre-r&#233;formes fiscales, avec une r&#233;duction des recettes fiscales due &#224; une diminution importante des imp&#244;ts sur les b&#233;n&#233;fices des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es et sur les revenus des m&#233;nages les plus riches. Les Etats ont palli&#233; partiellement &#224; cette situation par l'augmentation des imp&#244;ts indirects, la TVA, par l'augmentation de la fiscalit&#233; chez les travailleur-euse-s et par le recours &#224; de nouveaux emprunts aupr&#232;s des plus riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, il y eu, en octobre 2008, dans toute une s&#233;rie de pays du Nord, le sauvetage des banques priv&#233;es, qui avaient pris des risques inconsid&#233;r&#233;s, s'adonnant &#224; la sp&#233;culation financi&#232;re. Un sauvetage &#224; coup de centaines de milliards de dollars et d'euros, par les Etats, avec l'argent des contribuables. En Belgique, c'est plus de 20 milliards d'euros que l'Etat a inject&#233;s pour &#171; sauver &#187; Fortis, KBC, Dexia et Ethias. Un sauvetage des banques qui a jou&#233; un r&#244;le d&#233;terminant dans l'augmentation de la dette publique belge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces &#233;l&#233;ments m'am&#232;ne &#224; taxer d'ill&#233;gitime une partie de la dette publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Gauche : Pr&#233;cis&#233;ment, dans son travail sur la dette frappant les pays du Sud, le CADTM a mis en lumi&#232;re les concepts de dette odieuse, ill&#233;gitime et ill&#233;gale, appuy&#233;s sur une argumentation, y compris juridique, et justifiant ainsi la revendication de suspension du remboursement de la dette publique, voire de son annulation et sa r&#233;pudiation. Le CADTM pr&#244;ne-t-il &#233;galement l'annulation de la dette publique des pays du Nord ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eric Toussaint :&lt;/strong&gt; Le CADTM pr&#244;ne l'annulation de la partie ill&#233;gitime de la dette publique. Il y a d'ailleurs diff&#233;rentes conventions internationales, la Charte des Nations unies, la D&#233;claration universelle des droits de l'Homme, la D&#233;claration de l'ONU sur le droit au d&#233;veloppement, les pactes internationaux de 1966 sur les droits &#233;conomiques sociaux et culturels, etc., sur lesquelles on peut s'appuyer pour justifier qui l&#233;gitiment la suspension et la r&#233;pudiation/annulation de la dette publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept d'ill&#233;gitimit&#233; comprend notamment les dettes odieuses et ill&#233;gales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dettes contract&#233;es aupr&#232;s du FMI, de la Commission europ&#233;enne, de la Banque Centrale europ&#233;enne ou encore sur les march&#233;s financiers et qui justifient, pour ces instances, l'application de politiques d'ajustement structurel ou d'aust&#233;rit&#233;, en violation des droits &#233;conomiques, sociaux, culturels, civils et politiques peuvent &#234;tre qualifi&#233;es de dettes odieuses. Les plans d'aust&#233;rit&#233; brutaux, appliqu&#233;s dans des pays comme la Roumanie, la Hongrie, la Lettonie, puis en Gr&#232;ce, en Irlande, au Portugal pour &#233;ponger la dette et les d&#233;ficits publics, entra&#238;nent la violation des droits humains fondamentaux. La dette li&#233;e &#224; ces plans d'ajustement structurel peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme odieuse et doit &#234;tre annul&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aujourd'hui une autre cat&#233;gorie de pays, la France, la Grande-Bretagne, la Belgique et d'autres pays de l'Union europ&#233;enne, qui ont contract&#233; des dettes pouvant &#234;tre qualifi&#233;es d'ill&#233;gitimes. Dans ces pays, les gouvernements ont sciemment appliqu&#233; des politiques injustes socialement et qui ont entra&#238;n&#233; une augmentation de la dette publique &#224; travers des mesures favorables &#224; la classe capitaliste. C'est ce que j'ai d&#233;j&#224; expliqu&#233; en pr&#233;sentant les raisons principales de l'endettement de ces Etats : les contre-r&#233;formes fiscales au profit des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es et des hauts revenus, le sauvetage des banques avec l'argent de la collectivit&#233;, etc. Trente ans de politique n&#233;o-lib&#233;rale marquent d'ill&#233;gitime cette partie de la dette publique, qui r&#233;alise, au-del&#224; de toutes les esp&#233;rances du capital, un transfert gigantesque de richesses vers les banques et les fonds de placements financiers aux d&#233;pens des salari&#233;s. Cette dette ill&#233;gitime devrait &#234;tre annul&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Gauche : Une des contributions de l'ouvrage collectif du CADTM, intitul&#233;e &#171; L&#224; o&#249; le Sud montre la voie &#187;, pr&#233;sente une s&#233;rie d'exemples, en Equateur et ailleurs, prouvant qu'il est possible de briser l'engrenage mortif&#232;re de la dette. Ces exemples pourraient-ils, selon toi, &#234;tre un r&#233;f&#233;rent pour des d&#233;marches semblables dans les pays du Nord ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eric Toussaint :&lt;/strong&gt; Une des exp&#233;riences les plus avanc&#233;es se situe en Equateur o&#249;, suite &#224; de grandes mobilisations sociales, un nouveau pr&#233;sident, Rafa&#235;l Correa, fut &#233;lu fin 2006. C'est lui qui a impuls&#233;, en juillet 2007, la mise sur pied d'une commission d'audit de la dette, compos&#233;e de 18 experts, dont j'ai fait partie pour le CADTM. Le mandat donn&#233; &#224; cette commission fut d'auditer 30 ann&#233;es d'endettement public, tant externe qu'interne. Apr&#232;s 14 mois de travail, la commission d'audit est arriv&#233;e &#224; la conclusion qu'une grande partie de la dette analys&#233;e &#233;tait marqu&#233;e d'ill&#233;gitimit&#233;. En novembre 2008, le gouvernement, prenant appui sur le rapport de la commission, a d&#233;cid&#233; de suspendre le remboursement des titres de la dette, venant &#224; &#233;ch&#233;ance les uns en 2012, les autres en 2030. Apr&#232;s 8 mois de suspension de payement, le gouvernement de ce petit pays de 13 millions d'habitants est sorti vainqueur d'une &#233;preuve de force avec les banquiers nord-am&#233;ricains, d&#233;tenteurs de ces titres de la dette &#233;quatorienne. Il a rachet&#233; pour 900 millions de dollars des titres valant 3,2 milliards de dollars. Si on prend en compte les int&#233;r&#234;ts que l'Equateur ne devra pas verser, puisqu'il a rachet&#233; des titres qui arrivaient &#224; &#233;ch&#233;ance en 2012 ou en 2030, le tr&#233;sor public &#233;quatorien a &#233;conomis&#233; en tout environ 7 milliards de dollars. Cela a permis de d&#233;gager de nouveaux moyens financiers pour des d&#233;penses sociales dans la sant&#233;, l'&#233;ducation, l'aide sociale, etc. Certes, ce ne fut pas une r&#233;pudiation de la dette ill&#233;gitime, mais un pas extr&#234;mement important dans la bonne direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, il ya aussi des pas importants dans cette direction. Dans plusieurs pays aujourd'hui, apr&#232;s la France, en Gr&#232;ce, au Portugal, en Espagne&#8230;, on assiste &#224; une mont&#233;e en puissance de mobilisations sociales. On peut dire que la Gr&#232;ce est l'&#233;picentre d'une r&#233;action massive sur le th&#232;me de la dette et cela, dans le contexte de mobilisations sociales, de gr&#232;ves de plus en plus dures. Encore, ce dimanche 5 juin, 200 000 personnes se retrouvaient sur la place de la Constitution &#224; Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 2010, plus d'une centaine de personnalit&#233;s grecques et internationales lan&#231;aient un appel public en faveur de la cr&#233;ation d'une commission d'audit de la dette publique. En d&#233;cembre 2010, une d&#233;put&#233;e ind&#233;pendante, Sofia Sakorafa, faisait une intervention remarqu&#233;e au Parlement grec, en proposant la mise sur pied d'une telle commission. Quatre d&#233;put&#233;s ont rompu avec le PASOK (le parti socialiste grec), refusant de voter pour le budget 2010 et le m&#233;morandum impos&#233; &#224; la Gr&#232;ce par le FMI. A l'instar de d&#233;put&#233;s de la gauche radicale grecque, ces d&#233;put&#233;s ont demand&#233; et appuy&#233; la mise sur pied d'un comit&#233; grec contre la dette qui s'est constitu&#233; et qui est soutenu par des organisations syndicales, plusieurs partis politiques et de nombreux intellectuels. Ce comit&#233; va proc&#233;der &#224; un audit pour que l'on sache quelle partie de la dette grecque est odieuse, ill&#233;gitime et ill&#233;gale. Bien &#233;videmment, &#224; l'inverse de l'Equateur, une telle d&#233;marche ne peut, en Gr&#232;ce, s'appuyer sur un gouvernement social-lib&#233;ral qui impose une aust&#233;rit&#233; brutale aux travailleur-euse-s et &#224; la population. D'o&#249; l'importance d'appuyer cette d&#233;marche par des mobilisations sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Gauche : La CADTM a souvent attir&#233; l'attention sur le fait qu'une r&#233;duction radicale de la dette publique est une condition n&#233;cessaire mais pas suffisante pour mettre en place une politique &#233;conomique et sociale au service des populations. Qu'est-ce &#224; dire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eric Toussaint : &lt;/strong&gt; A ce propos, je voudrais faire une premi&#232;re r&#233;flexion. Jusqu'il y a peu, au niveau europ&#233;en, une grande partie de la gauche du mouvement syndical et m&#234;me de la gauche radicale consid&#233;rait que la r&#233;sistance sociale aux attaques du patronat et des gouvernements n'impliquait pas n&#233;cessairement de faire de la question de la dette publique un des &#233;l&#233;ments centraux de cette r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, certaines organisations de la gauche radicale, prenant une position radicale pour l'annulation/r&#233;pudiation de la dette publique, estimait inutile et superflu un audit sur la dette, puisqu'il s'agit de rejeter en bloc cette dette. On a connu cela dans certaines organisations de la gauche en Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou encore, un autre secteur de la gauche, m&#234;me radicale attirait l'attention sur les cons&#233;quences d'une remise en cause du payement de la dette, disant : &#171; attention, une telle position aura un effet boomerang sur le pays et sa population. Cela entra&#238;nera des mesures de r&#233;torsion ; on ne pourra plus payer les fonctionnaires, les retraites&#8230; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, les choses commencent &#224; changer dans la prise de conscience et l'importance vitale d'une r&#233;duction radicale de la dette publique, voire d'annulation de la dette ill&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien &#233;videmment, une telle op&#233;ration, si l'on veut que les salari&#233;-e-s, les allocataires sociaux n'en fassent pas les frais, doit &#234;tre combin&#233;es avec des mesures pour une v&#233;ritable justice fiscale, pour que chacun, soci&#233;t&#233; et individu, paie ses imp&#244;ts selon sa capacit&#233; contributive. C'est ce que demande, depuis des ann&#233;es en Belgique, le r&#233;seau pour la justice fiscale (RJF), qui regroupe une 40aine d'organisations, associations dont les deux grandes organisations syndicales, la FGTB et la CSC.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quand les banques font main basse sur les politiques publiques</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Quand-les-banques-font-main-basse-sur-les-politiques-publiques</link>
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		<dc:date>2011-06-21T16:50:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Chesnais</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Annulation de la dette</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Chesnais, r&#233;dacteur de la revue Carr&#233; rouge, vient de publier un livre important, intitul&#233; Les dettes ill&#233;gitimes. Quand les banques font main basse sur les politiques publiques (&#201;ditions Raisons d'agir, 2011). Un livre p&#233;dagogique d&#233;gageant les m&#233;canismes financiers et bancaires &#224; l'origine de la dette dite souveraine. Il indique aussi l'actualit&#233; d'une bataille europ&#233;enne pour l'annulation des dettes ill&#233;gitimes. &lt;br class='autobr' /&gt;
A l'heure o&#249; l'affrontement socio-politique en Gr&#232;ce a atteint un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Economie-50-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Economie-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Europe-50-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Annulation-de-la-dette-+" rel="tag"&gt;Annulation de la dette&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L95xH150/arton3194-ff965.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='95' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fran&#231;ois Chesnais, r&#233;dacteur de la revue Carr&#233; rouge, vient de publier un livre important, intitul&#233; &lt;i&gt;Les dettes ill&#233;gitimes. Quand les banques font main basse sur les politiques publiques&lt;/i&gt; (&#201;ditions Raisons d'agir, 2011). Un livre p&#233;dagogique d&#233;gageant les m&#233;canismes financiers et bancaires &#224; l'origine de la dette dite souveraine. Il indique aussi l'actualit&#233; d'une bataille europ&#233;enne pour l'annulation des dettes ill&#233;gitimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'heure o&#249; l'affrontement socio-politique en Gr&#232;ce a atteint un nouveau stade, o&#249; la m&#234;me question se pose au Portugal dans l'imm&#233;diat et en perspective en Espagne, la lecture de ce livre de Fran&#231;ois Chesnais permet de saisir les multiples facettes de la dite &#171; crise de la dette souveraine &#187; et trace les voies d'un mouvement europ&#233;en et international contre une des machines capitalistes de destruction sociale et environnementale. Fran&#231;ois Chesnais, dans l'article ci-dessous, met en relief les traits saillants du th&#232;me qu'il traite dans son ouvrage. La lecture de cet article ne peut que susciter le besoin de lire son livre. (R&#233;daction, &lt;i&gt;&#192; l'encontre&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au printemps de 2010, les grandes banques europ&#233;ennes, au premier chef les banques fran&#231;aises et allemandes ont convaincu l'Union europ&#233;enne et la BCE, que le risque de d&#233;faut de paiement de la dette publique de la Gr&#232;ce mettait leur bilan en danger. Elles ont demand&#233; d'&#234;tre mises &#224; l'abri des cons&#233;quences de leur gestion. Les grandes banques europ&#233;ennes ont &#233;t&#233; fortement aid&#233;es &#224; l'automne 2008 au moment o&#249; la faillite de la banque Lehman Brothers &#224; New York a port&#233; la crise financi&#232;re &#224; son paroxysme. Depuis leur sauvetage, elles n'ont pas &#233;pur&#233; tous les actifs toxiques de leurs comptes. Elles ont pourtant continu&#233; &#224; faire des placements &#224; haut risque. Chez certaines le moindre d&#233;faut de paiement signifierait la faillite. En mai 2010, un plan de sauvetage a &#233;t&#233; mont&#233;, avec un volet financier et un volet d'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire drastique et de privatisation acc&#233;l&#233;r&#233;e : fortes baisses des d&#233;penses sociales ; diminution de traitements des fonctionnaires et r&#233;duction de leur nombre ; nouvelles atteintes aux syst&#232;mes des retraites, que ceux-ci soient par capitalisation ou par r&#233;partition. Les premiers pays, tels la Gr&#232;ce et le Portugal, &#224; les avoir appliqu&#233;es ont &#233;t&#233; pris dans une spirale infernale dont les couches populaires et les jeunes sont les victimes imm&#233;diates. Elle concerne de mois en mois un nombre plus important de pays en Europe occidentale et m&#233;diterran&#233;enne, apr&#232;s avoir ravag&#233; les pays baltiques et balkaniques. C'est aux travailleurs, &#224; la jeunesse et aux couches populaires les plus vuln&#233;rables qu'on impose le co&#251;t du sauvetage du syst&#232;me financier europ&#233;en et partant du syst&#232;me mondial.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;A-t-on besoin des banques dans leur forme actuelle ? Faut-il continuer &#224; les sauver ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Deux s&#233;ries d'id&#233;es &#233;troitement entrem&#234;l&#233;es nous sont ass&#233;n&#233;es, &#224; quelques nuances pr&#232;s, par le gouvernement comme par les dirigeants de l'UMP, du Parti socialiste et des partis dits centristes. Les premi&#232;res concernent la dette publique, les secondes les banques. Les &#171; sacrifices &#187; demand&#233;s sur le plan des retraites, du gel du point d'indice dans la fonction publique, les nouvelles coupures drastiques dans le budget de l'enseignement, etc., etc., sont n&#233;cessaires, nous dit-on, afin que &#171; la dette de la France soit honor&#233;e &#187;. Il faut &#233;viter aussi que la France ne perde pas la note AAA que lui accordent les agences de notation, et qu'elle ne soit pas oblig&#233;e de payer des int&#233;r&#234;ts sur la dette publique plus &#233;lev&#233;s que ceux qu'elle paie actuellement. Pour ce qui est des banques, elles ont des fonctions indispensables qu'elles rempliraient bien, ou en tous les cas suffisamment bien, pour qu'il soit n&#233;cessaire et l&#233;gitime de leur venir au secours chaque fois qu'elles ne le demandent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'injonction &#171; d'honorer la dette &#187; comme celle d'aider les banques repose sur l'id&#233;e que des sommes repr&#233;sentant le fruit d'une &#233;pargne patiemment amass&#233;e par un dur labeur, auraient &#233;t&#233; pr&#234;t&#233;es. &lt;i&gt;&#171; La plupart des &#233;conomistes&lt;/i&gt;, &#233;crit un sp&#233;cialiste du cr&#233;dit travaillant aux Etats-Unis, &lt;i&gt;pensent que les banques sont de simples interm&#233;diaires entre les d&#233;posants et les emprunteurs. Une autre fa&#231;on d'exprimer cette croyance largement partag&#233;e est de dire que les banques collectent l'&#233;pargne et financent l'investissement. De l&#224;, il n'y a qu'un petit pas pour conclure qu'un montant donn&#233; d'&#233;pargne doit s'&#234;tre constitu&#233; avant qu'un investissement puisse se faire &#187;&lt;/i&gt;[1]. La r&#233;alit&#233; est toute autre. Les banques pr&#234;tent sans commune mesure avec le montant des d&#233;p&#244;ts et de la petite &#233;pargne qui leur est confi&#233;e. Elles n'ont jamais &#233;t&#233; de simples interm&#233;diaires. Depuis leur transformation en groupes financiers diversifi&#233;s aux op&#233;rations transnationales, elles le sont moins que jamais. Les profits bancaires proviennent de leurs op&#233;rations de cr&#233;ation de cr&#233;dit. Leur source se trouve dans le flux de richesse (valeur et plus value) venant des activit&#233;s de production. Le chemin emprunt&#233; diff&#233;rera selon l'emprunteur. Dans le cas d'un Etat, il passe par l'imp&#244;t et le service des int&#233;r&#234;ts de la dette publique. Dans celui d'une entreprise, il s'agit d'une fraction du profit. Dans le cas de particuliers et de m&#233;nages, c'est une partie de leur salaire ou de leur retraite qui est absorb&#233;e par les int&#233;r&#234;ts qu'ils paient sur leurs cr&#233;dits hypoth&#233;caires ou leurs cartes de cr&#233;dit. Plus une banque pr&#234;te, plus ses profits sont &#233;lev&#233;s. Au cours des deux derni&#232;res d&#233;cennies, elles ont con&#231;u les moyens qui ont sembl&#233; leur permettre de le faire. Les &#171; innovations financi&#232;res &#187; ont donn&#233; naissance &#224; un r&#233;seau tr&#232;s dense de transactions interbancaires. C'est &#224; partir de ces &#171; innovations &#187; que les banques ont pu actionner ce qui est nomm&#233; &#171; &lt;i&gt;l'effet de levier&lt;/i&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire un ratio de pr&#234;ts &#224; leurs capitaux propres et encaisses disponibles, dont la hauteur (jusqu'&#224; plus de 30%) les met en permanence en situation de grande fragilit&#233;. Elles le savent, mais elles comptent sur les gouvernements pour leur assurer en toutes circonstances et quel qu'en soit le co&#251;t social un filet de s&#233;curit&#233; et en cas extr&#234;me la socialisation de leurs pertes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FMI publie tous les six mois &#224; peu pr&#232;s simultan&#233;ment deux grands rapports, l'un sur les perspectives de l'&#233;conomie mondiale et l'autre sur l'&#233;tat du syst&#232;me financier mondial. Le premier attire l'attention de tous les &#233;conomistes. Le FMI y pr&#233;sente ses projections macro&#233;conomiques. Ils sont donc en terrain familier. Le second n'est lu que par ceux qui accordent, dans le cadre de la mondialisation commerciale et financi&#232;re, une importance &#224; la finance et aux crises financi&#232;res. En janvier 2011, FMI estimait d&#233;j&#224; que l'une des grandes incertitudes de la situation &#233;conomique mondiale tenait &#224; ce qu'en Europe &lt;i&gt;&#171; l'interaction entre les risques souverain et bancaire s'intensifie &#187;&lt;/i&gt;[2]. Le premier chapitre du nouveau rapport sur la situation du syst&#232;me financier mondial confirme cette appr&#233;ciation. Il met l'accent sur la vuln&#233;rabilit&#233; des banques, en particulier des banques europ&#233;ennes[3]. L'appr&#233;ciation du directeur du d&#233;partement des march&#233;s financiers et mon&#233;taires du FMI est la suivante : &lt;i&gt;&#171; Pr&#232;s de quatre ans apr&#232;s le d&#233;but de la crise financi&#232;re, la confiance dans la stabilit&#233; du syst&#232;me bancaire global doit toujours &#234;tre enti&#232;rement restaur&#233;e &#187;&lt;/i&gt;. Et de souligner pour ce qui est des banques europ&#233;ennes : &lt;i&gt;&#171; Certaines banques ont toujours un ratio d'effet de levier trop important, ont des capitaux propres insuffisants, compte tenu de l'incertitude sur la qualit&#233; de leurs actifs. Ces faibles niveaux de fonds propres rendent certaines banques allemandes, ainsi que les caisses d'&#233;pargne italiennes, portugaises et espagnoles en difficult&#233;, vuln&#233;rables &#224; de nouveaux chocs. &#187;&lt;/i&gt; [4]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le des banques est de fournir du cr&#233;dit commercial (l'escompte des effets commerciaux &#224; tr&#232;s court terme) et des pr&#234;ts &#224; plus long terme aux entreprises pour leurs investissements. Ce r&#244;le est indispensable au fonctionnement du capitalisme. Il le serait aussi pour toute forme d'organisation &#233;conomique fond&#233;e sur des modalit&#233;s d&#233;centralis&#233;es de propri&#233;t&#233; sociale des moyens de production supposant le recours &#224; l'&#233;change. Le bilan de trois d&#233;cennies de lib&#233;ralisation financi&#232;re et de quatre ann&#233;es de crise pose, en tout &#233;tat de cause, la question de l'utilit&#233; &#233;conomique et sociale des banques dans leur forme actuelle. Devenues des conglom&#233;rats financiers, les banques ont-elles droit au soutien des gouvernements et des contribuables chaque fois que leurs bilans sont menac&#233;s du fait de leurs propres d&#233;cisions de gestion ? Beaucoup de gens commencent &#224; en douter. Ils l'expriment parfois, comme l'a fait Eric Cantona [footballeur fran&#231;ais qui a eu son heure de gloire en France et en Angleterre, et qui avait appel&#233; &#224; un retrait des d&#233;p&#244;ts bancaires en d&#233;cembre 2010], dans des formes que les m&#233;dias ne peuvent pas ignorer. Non pas d&#233;truire les banques, mais les saisir afin qu'elles puissent remplir les fonctions essentielles qui sont en principe les leurs, est la r&#233;ponse que je donne avec d'autres dont Fr&#233;d&#233;ric Lordon[5].&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers une d&#233;finition de l'ill&#233;gitimit&#233; des dettes publiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La notion de dette odieuse a &#233;t&#233; appliqu&#233;e depuis les ann&#233;es 1980 &#224; la dette des pays du Tiers-monde. Son application possible au cas de la dette de la Gr&#232;ce a &#233;t&#233; discut&#233;e. Il s'agit d'une notion qui remonte &#224; l'entre-deux-guerres. La premi&#232;re d&#233;finition appartient &#224; Alexander Sack, juriste russe et professeur de droit international &#224; Paris ; &lt;i&gt;&#171; dette contract&#233;e par un r&#233;gime despotique (nous dirions aujourd'hui &#171; dictature &#187; ou &#171; r&#233;gime autoritaire &#187;) pour des objectifs &#233;trangers aux int&#233;r&#234;ts de la Nation, aux int&#233;r&#234;ts des citoyens &#187;&lt;/i&gt;[6]. Le Center for International Sustainable Development de l'universit&#233; McGill de Montr&#233;al en a donn&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 2000, une d&#233;finition assez semblable, plus directement en phase avec la financiarisation contemporaine. Les dettes odieuses sont &lt;i&gt;&#171; celles qui ont &#233;t&#233; contract&#233;es contre les int&#233;r&#234;ts des populations d'un &#201;tat, sans leur consentement et en toute connaissance de cause du c&#244;t&#233; des cr&#233;anciers &#187;&lt;/i&gt;[7]. Cette d&#233;finition s'applique parfaitement &#224; la dette sp&#233;cifique qui p&#232;se en France m&#234;me sur des municipalit&#233;s, des conseils r&#233;gionaux et m&#234;me certains h&#244;pitaux, dont les &#233;lus ou les directeurs viennent de se constituer en association pour mener des actions judiciaires collectives contre les banques[8]. Ils ont &#233;t&#233; incit&#233;s par celles-ci &#224; acheter des &#171; produits structur&#233;s &#187;, cens&#233;s faciliter par leur rendement &#233;lev&#233; le financement de projets d'investissement lourds dans un contexte de transfert de d&#233;penses par l'Etat vers les r&#233;gions. Ces titres financiers opaques, devenus des &lt;i&gt;&#171; actifs toxiques &#187;&lt;/i&gt; avec la crise de l'automne 2008, gr&#232;vent les budgets. Le fait qu'ils aient &#233;t&#233; achet&#233;s, illustre bien entendu le fait que le f&#233;tichisme de l'argent n'est pas le propre des seuls traders, puisqu'il emporte le jugement des &#233;lus et des administrateurs locaux. Mais les banques savaient parfaitement les risques qu'elles leur faisaient prendre, le jeu de casino dans lequel elles les faisaient entrer. Le suppl&#233;ment d'endettement contract&#233; par les municipalit&#233;s du fait de l'achat de titres pourris, rel&#232;ve des &#171; dettes odieuses &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion plus large de dette ill&#233;gitime me para&#238;t correspondre de plus pr&#232;s &#224; la dette des pays capitalistes avanc&#233;s, notamment ceux d'Europe. C'est la position aussi des militants du Comit&#233; pour l'annulation de la dette du Tiers-monde (CADTM)[9]. Les facteurs qui sont mis en avant le plus fr&#233;quemment, concernent les conditions qui ont conduit un pays &#224; accumuler une dette &#233;lev&#233;e et &#224; se mettre dans les mains des march&#233;s financiers. Ici l'ill&#233;gitimit&#233; trouve sa source dans trois m&#233;canismes : des d&#233;penses &#233;lev&#233;es ayant le caract&#232;re de cadeaux faits au capital ; un niveau bas de la fiscalit&#233; directe (imp&#244;ts sur le revenu, le capital et le profit des entreprises) et sa tr&#232;s faible progressivit&#233; ; une &#233;vasion fiscale importante. On retrouve ces trois facteurs aussi bien dans le cas de la Gr&#232;ce que de la France, de m&#234;me bien entendu de tous les pays attaqu&#233;s aujourd'hui par les fonds sp&#233;culatifs et les banques. S'agissant de la France, la dette est n&#233;e, &#224; partir de 1982, du cadeau fait au capital financier lors des nationalisations du gouvernement d'Union de la gauche. Sa croissance a &#233;pous&#233; ensuite le mouvement de la lib&#233;ralisation financi&#232;re, dont la premi&#232;re phase des ann&#233;es 1980 a &#233;t&#233; marqu&#233;e par des taux d'int&#233;r&#234;ts r&#233;els tr&#232;s &#233;lev&#233;s. L'endettement de l'&#201;tat a sa source dans la faiblesse de la fiscalit&#233; directe (imp&#244;t sur le revenu et imp&#244;t sur les entreprises) et dans l'&#233;vasion fiscale. Plut&#244;t que d'affronter les groupes sociaux qui en b&#233;n&#233;ficient et qui y ont recours, les gouvernements du Parti socialiste comme ceux du RPR-UMP, ont &#171; contourn&#233; &#187; le probl&#232;me de la fa&#231;on la plus favorable au capital et &#224; la fortune. Ils ont emprunt&#233; &#224; ceux qu'ils renon&#231;aient &#224; taxer. L'imposition du capital et des hauts revenus a &#233;t&#233; diminu&#233;e d'abord prudemment, puis sous les gouvernements Jospin (1997-2002), Raffarin (2002-2005) et de Villepin (2005-2007) de fa&#231;on plus forte avec la multiplication des niches fiscales, avant que Sarkozy ne mette en place, avec le bouclier fiscal [2007, Villepin avait fait un premier pas dans cette direction dans la loi de finance de 2006], des m&#233;canismes restituant aux plus riches une partie de l'imp&#244;t. L'analyse des origines de la dette de la France aidera &#224; cerner la notion de dette ill&#233;gitime et donc &#224; poser la question de son annulation, non seulement d'un point de vue &#233;conomique, mais comme question politique &#224; fondement &#233;thique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'ill&#233;gitimit&#233; repose aussi sur la nature des op&#233;rations des &#171; pr&#234;ts &#187; qu'il faut &#171; honorer &#187;, pour lesquels il faut payer des int&#233;r&#234;ts &#233;lev&#233;s et assurer le remboursement. L'injonction de payer la dette repose, il faut le r&#233;p&#233;ter, implicitement sur cette id&#233;e que des sommes, fruit d'une &#233;pargne patiemment amass&#233;e par un dur labeur, auraient &#233;t&#233; pr&#234;t&#233;es. Cela est peut-&#234;tre le cas de l'&#233;pargne des m&#233;nages ou des fonds des syst&#232;mes de retraite par capitalisation. Ce n'est pas celui des banques ou des &lt;i&gt;Hedge Funds&lt;/i&gt;. Lorsque ceux-ci &#171; pr&#234;tent aux Etats &#187; en achetant les bons du Tr&#233;sor mis en adjudication par les minist&#232;res des Finances, il s'agit de sommes fictives dont la mise &#224; disposition repose sur le r&#233;seau de relations et de transactions interbancaires. Le transfert de richesse, celle qui na&#238;t du travail, a lieu dans l'autre sens. La dette et le service des int&#233;r&#234;ts sont une composante de la &#171; &lt;i&gt;pompe &#224; phynance&lt;/i&gt; &#187;, joliment nomm&#233;e par Fr&#233;d&#233;ric Lordon en hommage &#224; Jarry et &#224; son P&#232;re Ubu. La nature &#233;conomique des sommes pr&#234;t&#233;es est un facteur de plus qui interroge la l&#233;gitimit&#233; de la dette publique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'audit de la dette publique et son annulation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le CADTM d&#233;fend depuis toujours la n&#233;cessit&#233; de l'audit de la dette comme &#233;tape vers son annulation. &lt;strong&gt;L'audit a pour but d'identifier les facteurs qui permettent de caract&#233;riser la dette comme ill&#233;gitime&lt;/strong&gt;, ainsi que ceux qui justifient ou m&#234;me qui exigent n&#233;anmoins le remboursement d'une fraction de la dette &#224; certains cr&#233;anciers. Je n'&#233;tais gu&#232;re convaincu jusqu'&#224; ce que des militants grecs en montrent la port&#233;e. Jusqu'ici le seul exemple d'audit est celui r&#233;alis&#233; en &#201;quateur en 2007. Il a r&#233;sult&#233; d'une d&#233;cision gouvernementale, le pr&#233;sident de l'&#201;quateur, Rafael Correa (2007-), voulant conna&#238;tre des conditions dans lesquelles la dette du pays &#233;tait n&#233;e. L'audit a permis au gouvernement de d&#233;cider de suspendre le remboursement de la dette, constitu&#233;e de titres de la dette venant &#224; &#233;ch&#233;ance les uns en 2012, les autres en 2030. Il a forc&#233; ainsi les banquiers, surtout nord-am&#233;ricains, d&#233;tenteurs des titres &#224; n&#233;gocier. L'&#201;quateur a pu racheter des titres estim&#233;s &#224; 3,2 milliards de dollars pour la somme d'un peu moins de 1 milliard de dollars. Un sc&#233;nario similaire &#224; celui de l'&#201;quateur n'est pas concevable en Europe. La revendication du moratoire imm&#233;diat et de l'audit pr&#233;paratoire &#224; l'annulation, doit &#233;videmment &#234;tre adress&#233;e aux partis politiques au moment de campagnes &#233;lectorales. Des militants, peut-&#234;tre m&#234;me quelques dirigeants, y seront sensibles. Cependant, il n'y a que des comit&#233;s du type de ceux qui sont n&#233;s lors de la campagne de 2005 contre le projet de Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en ou, plus r&#233;cemment, sur la question des retraites, qui puissent porter ces revendications. Il y a un seul pays o&#249; un comit&#233; national a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; permettant &#224; des comit&#233;s locaux de se former : il s'agit de la Gr&#232;ce o&#249; s'est mis en place le Comit&#233; grec contre la dette. Voici comment il d&#233;finit ses objectifs[10].&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;AUDIT DE LA DETTE ET EXERCICE DES DROITS D&#201;MOCRATIQUES&lt;/h2&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le premier objectif d'un audit est de clarifier le pass&#233; (&#8230;). Qu'est devenu l'argent de tel emprunt, &#224; quelles conditions cet emprunt a-t-il &#233;t&#233; conclu ? Combien d'int&#233;r&#234;ts ont &#233;t&#233; pay&#233;s, &#224; quel taux, quelle part du principal a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; rembours&#233;e ? Comment la dette a-t-elle enfl&#233; sans que cela profite au peuple ? Quels chemins ont suivi les capitaux ? A quoi ont-ils servi ? Quelle part a &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233;e, par qui et comment ? Et aussi : Qui a emprunt&#233; et au nom de qui ? Qui a pr&#234;t&#233; et quel a &#233;t&#233; son r&#244;le ? Comment l'Etat s'est-il trouv&#233; engag&#233;, par quelle d&#233;cision, prise &#224; quel titre ? Comment des dettes priv&#233;es sont-elles devenues &#171; publiques &#187; ? Qui a engag&#233; des projets inadapt&#233;s, qui a pouss&#233; en ce sens, qui en a profit&#233; ? Des d&#233;lits, voire des crimes, ont-ils &#233;t&#233; commis avec cet argent ? Pourquoi n'&#233;tablit-on pas les responsabilit&#233;s civiles, p&#233;nales et administratives ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) Un audit de la dette publique n'a rien &#224; voir avec sa caricature qui le r&#233;duit &#224; une simple v&#233;rification de chiffres faite par des comptables routiniers. Les partisans des audits invoquent toujours deux besoins fondamentaux de la soci&#233;t&#233; : la transparence et le contr&#244;le d&#233;mocratique de l'Etat et des gouvernants par les citoyens. Il s'agit l&#224; de besoins qui se r&#233;f&#232;rent &#224; des droits d&#233;mocratiques tout &#224; fait &#233;l&#233;mentaires, reconnus par le droit international, bien que viol&#233;s en permanence. Le droit de regard des citoyens sur les actes de ceux qui les gouvernent, de s'informer de tout ce qui concerne leur gestion, leurs objectifs et leurs motivations est intrins&#232;que &#224; la d&#233;mocratie elle-m&#234;me puisqu'il &#233;mane du droit fondamental des citoyens d'exercer leur contr&#244;le sur le pouvoir et de participer activement aux affaires communes. (&#8230;) Ce besoin permanent de transparence dans les affaires publiques acquiert &#224; l'&#233;poque du n&#233;olib&#233;ralisme le plus sauvage et de la corruption d&#233;brid&#233;e &#8211; sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire mondiale &#8211; une &#233;norme importance suppl&#233;mentaire. Il se transforme en un besoin social et politique tout &#224; fait vital. L'exercice des droits d&#233;mocratiques des citoyens consid&#233;r&#233;s jadis comme &#171; &#233;l&#233;mentaires &#187; est vu par les gouvernants presque comme une d&#233;claration de guerre &#224; leur syst&#232;me par &#171; ceux d'en bas &#187;. Et naturellement, elle est trait&#233;e en cons&#233;quence, de mani&#232;re tr&#232;s r&#233;pressive (&#8230;). L'audit de la dette publique acquiert une dynamique socialement salutaire et politiquement presque subversive. (Son) utilit&#233; d'un audit ne peut pas se r&#233;sumer uniquement &#224; la d&#233;fense de la transparence et de la d&#233;mocratisation de la soci&#233;t&#233;. Elle va beaucoup plus loin, puisqu'elle ouvre la voie &#224; des processus qui pourraient s'av&#233;rer extr&#234;mement dangereux pour le pouvoir &#233;tabli et potentiellement lib&#233;rateur pour l'&#233;crasante majorit&#233; des citoyens ! En effet, en exigeant d'ouvrir et d'auditer les livres de la dette publique, et encore mieux &lt;strong&gt;en ouvrant et en auditant ces livres, le mouvement de l'audit citoyen ose &#171; l'impensable &#187; : il p&#233;n&#232;tre dans la zone interdite, dans le saint des saints du syst&#232;me capitaliste, l&#224; o&#249;, par d&#233;finition, n'est tol&#233;r&#233; aucun intrus !&lt;/strong&gt; &#187; (soulign&#233; dans l'original).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ainsi comprise, la revendication de l'audit de la dette et surtout son d&#233;but de mise en &#339;uvre par la cr&#233;ation de comit&#233;s, en tant qu'instances populaires o&#249; les preuves de l'ill&#233;gitimit&#233; seraient r&#233;unies et d&#233;battues, constitueraient un formidable outil de &#171; re-d&#233;mocratisation &#187;[11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant des d&#233;tenteurs de la dette publique, la sauvegarde de la petite &#233;pargne est souvent soulev&#233;e, comme question importante quand ce n'est pas comme obstacle d&#233;terminant. Elle ne poserait aucun probl&#232;me. Lors des d&#233;clarations d'imp&#244;t direct, les banques calculent au centime pr&#232;s les montants aff&#233;rents &#224; diff&#233;rentes formes d'&#233;pargne des m&#233;nages. Elles leur seraient garanties, car elles ne repr&#233;sentent qu'une minuscule partie des &#171; cr&#233;ances &#187; r&#233;clam&#233;es. L'annulation des dettes publiques ne peut &#233;videmment pas &#234;tre une mesure isol&#233;e. Ici, on portera d'abord l'accent, tr&#232;s bri&#232;vement, sur deux aspects. Le premier est l'appropriation sociale des banques et leur reconfiguration de fa&#231;on &#224; restaurer leurs fonctions essentielles de cr&#233;ation des formes d&#233;termin&#233;es et limit&#233;es de cr&#233;dit et &#224; les mettre au seul service de l'&#233;conomie. Le second est la reconfiguration de la fiscalit&#233;, qui doit cesser de peser lourdement sur les salari&#233;s et les couches populaires. Les syndicats, SNUI (syndicat des imp&#244;ts) et Sud Tr&#233;sor, ont des propositions pr&#234;tes. Tout aussi important est l'utilisation qui est faite de l'imp&#244;t, qu'il soit per&#231;u nationalement ou localement. Le contr&#244;le d&#233;mocratique de l'usage de l'imp&#244;t est devenu purement formel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement l'enjeu est celui d&#233;fini dans ce document grec, &#224; savoir la cr&#233;ation d'une dynamique politique dans laquelle celles et ceux qui ont montr&#233;, de fa&#231;on r&#233;p&#233;t&#233;e, une forte capacit&#233; de mobilisation verraient la campagne pour l'annulation comme une question essentielle qui conditionne l'avenir. En France mais aussi dans toute l'Europe, les salari&#233;s sont confront&#233;s aux questions cruciales de l'emploi et de la pr&#233;carit&#233;. Leur solution passe par le contr&#244;le social de l'investissement. Il ne peut pas continuer &#224; d&#233;pendre des strat&#233;gies de maximisation des profits des grandes entreprises. La satisfaction de besoins sociaux pressants a pour contexte la crise &#233;cologique dans toutes ses dimensions. Il est indispensable qu'elle repose sur de profondes transformations dans les modes techniques de production dans l'industrie comme dans l'agriculture. Le financement en serait assur&#233; par l'imp&#244;t et le cr&#233;dit bancaire contr&#244;l&#233;. La &#171; sobri&#233;t&#233; &#233;nerg&#233;tique &#187; et la d&#233;-marchandisation en seraient les compl&#233;ments. La lib&#233;ralisation des &#233;changes, dont le co&#251;t &#233;cologique est immense, est un socle du capitalisme financiaris&#233;. Le contr&#244;le social de l'investissement permettrait la relocalisation de nombreuses activit&#233;s et un raccourcissement des cha&#238;nes de d'approvisionnement, de production et de commercialisation. L'annulation des dettes dans les pays o&#249; les peuples se mobiliseraient pour l'imposer, cr&#233;erait ainsi les conditions d'une vraie &#171; sortie de crise &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Saisir l'opportunit&#233; d'un combat dans un ensemble de pays &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La campagne contre la dette ne peut pas se mener &#171; par procuration &#187;. Le peuple grec ne peut le mener pour d'autres peuples europ&#233;ens. Les agences de notation ne s'acharnent pas encore sur la France ; celle-ci ne subit pas encore des &#233;carts de taux d'int&#233;r&#234;t significatifs. L'injonction de &#171; la dette &#224; honorer &#187; n'en p&#232;se pas moins lourdement sur la situation &#233;conomique et sociale comme sur la vie politique fran&#231;aise. Le gouvernement ainsi que les dirigeants de l'UMP et du Parti socialiste comme des partis dits centristes, r&#233;p&#232;tent jour apr&#232;s jour que la d&#233;cence exige des citoyens qu'ils &#171; acceptent des sacrifices &#187; afin que la France paie ses dettes. Ils ne diff&#232;rent que sur la fa&#231;on exacte de le faire, sur le meilleur &lt;i&gt;policy mix&lt;/i&gt;. La dette obstrue l'avenir, celui des classes populaires bien s&#251;r, mais celui de la soci&#233;t&#233; tout enti&#232;re. Mener campagne pour l'annulation n'est pas au-del&#224; de la capacit&#233; du mouvement social fran&#231;ais. La mobilisation que des centaines de milliers de gens ont eue &#224; l'automne dernier sur les retraites place les associations, les syndicats et les partis fran&#231;ais dans une situation responsabilit&#233; particuli&#232;re. Le refus des travailleurs fran&#231;ais de payer la dette serait aussi le soutien internationaliste le plus efficace qu'ils puissent apporter &#224; ceux de Gr&#232;ce, du Portugal, de l'Irlande. Une campagne populaire men&#233;e par des comit&#233;s pour le moratoire imm&#233;diat et l'audit de la dette, pr&#233;parerait le mouvement social aux nouveaux &#233;pisodes de crise financi&#232;re. Les publicistes et les responsables politiques qui pr&#233;conisent aujourd'hui la restructuration de la dette de la Gr&#232;ce et de l'Irlande reconnaissent que les risques que soulignent les adversaires de cette mesure sont r&#233;els. La vuln&#233;rabilit&#233; du syst&#232;me financier europ&#233;en, mais aussi mondial, rend une nouvelle crise possible. La faillite de pans du syst&#232;me bancaire n'est pas exclue. Dans des pays o&#249; le paiement de la dette aura &#233;t&#233; mis en cause par le mouvement social, les travailleurs et les jeunes tourn&#233;s de diverses mani&#232;res vers les questions &#171; politiques &#187; y seront pr&#233;par&#233;s, au moins un peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des grands arguments des partisans de la sortie de l'euro, est que ceux qui misent sur un mouvement social europ&#233;en poursuivent une chim&#232;re. L'enjeu est de saisir l'occasion pour le faire na&#238;tre. Plusieurs pays sont confront&#233;s tr&#232;s durement au probl&#232;me de la dette. D'autres le seront plus ou moins tard. Tous sont soumis aux politiques &#233;conomiques et mon&#233;taires pro-cycliques. M&#234;me la Conf&#233;d&#233;ration europ&#233;enne des syndicats a &#233;t&#233; oblig&#233;e de se d&#233;marquer de la Commission europ&#233;enne et de la BCE. L'opportunit&#233; est cr&#233;&#233;e de construire, entre les citoyens des pays d'Europe, une v&#233;ritable union. La solution progressiste n'est pas la sortie de l'euro. Elle est d'aider &#224; la convergence des luttes sociales et politiques men&#233;es aujourd'hui de fa&#231;on dispers&#233;e vers un objectif de contr&#244;le social d&#233;mocratique commun de leurs moyens de production et d'&#233;change, donc aussi de l'euro. &#171; Saisir les banques &#187; ! Oui, dans tous les pays o&#249; le mouvement social en aura la force ; oui en incluant la BCE dans leur nombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne pour l'annulation des dettes publiques europ&#233;ennes doit s'accompagner, bien entendu, de l'annulation de la dette de pays du Sud d&#233;tenue par les banques et les fonds de placement europ&#233;ens. Pour les peuples des pays europ&#233;ens cette campagne est un passage oblig&#233; et aussi un tremplin. Passage oblig&#233;, parce qu'aucune politique tant soit peu progressiste au plan social comme au plan &#233;cologique ne peut &#234;tre men&#233;e ni aucun grand investissement fait tant que la saign&#233;e du service des int&#233;r&#234;ts continue. Tremplin, parce que toute victoire arrach&#233;e sur ce terrain constituerait un v&#233;ritable s&#233;isme pour le capitalisme mondial. L'annulation des dettes modifierait profond&#233;ment les rapports de force politiques entre le travail et le capital. Elle lib&#233;rerait les esprits sur &#171; l'ampleur du possible &#187;. Lorsqu'une occasion comme celle-ci se pr&#233;sente, ne faut-il pas s'en saisir.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[i] Robert Guttmann, How Credit-Money Shapes the Economy, M.E. Sharpe, Armonk, New York, 1994, page 33.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[ii] FMI, Rapport sur la stabilit&#233; financi&#232;re dans le monde, Note int&#233;rimaire, Actualit&#233; des march&#233;s, janvier 2011. (&lt;a href=&#034;http://www.imf.org/external/french/index.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.imf.org/external/french/index.htm&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[iii] FMI, Global Financial Stability Report, avril 2011, chapitre 1, tableau 1.1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[iv] Propos de Jos&#233; Vinals cit&#233;s par Martine Orange, Mediapart, 15 avril 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[v] Fr&#233;d&#233;ric Lordon, &#171; Pas d&#233;truire les banques, les saisir ! &#187;, La pompe &#224; Phynance, blog.mondediplo.net/2010-12-02&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[vi] &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Dette-odieuse/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Dette-odieuse/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[vii] Voir Global Economic Growth Report, Toronto, July, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[viii] &#8220;Pr&#234;ts toxiques : les &#233;lus s'allient pour attaquer les banques&#8221;, Le Monde, 9 mars 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[ix] Voir Eric Toussaint, &#171; Face &#224; la dette du Nord, quelques pistes alternatives &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cadtm.org/&lt;/a&gt;, 19 janvier 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[x] Yorgos Mitralias, &#171; Face &#224; la dette : l'app&#233;tit vient en auditant !&#8230; &#187; 12 avril 2010 (&lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cadtm.org/&lt;/a&gt; ). L'auteur est le principal animateur du Comit&#233; grec contre la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[xi] Par opposition &#224; la d&#233;-d&#233;mocratisation n&#233;e du n&#233;olib&#233;ralisme, Voir Wendy Brown, Les Habits neufs de la politique mondiale, trad. de Christine Vivier, Les Prairies ordinaires, Paris, 2007, ainsi que Pierre Dardot et Christian Laval, La nouvelle raison du monde, Essai sur la soci&#233;t&#233; n&#233;olib&#233;rale, La D&#233;couverte, Paris, 2009, pages 457-468.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source : &lt;a href='https://www.lagauche.ca/Source : http:/alencontre.org/?p=3063'&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Face &#224; la dette : l'app&#233;tit vient en auditant !...</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Face-a-la-dette-l-appetit-vient-en-auditant</link>
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		<dc:date>2011-04-27T13:59:14Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yorgos Mitralias</dc:creator>


		<dc:subject>Annulation de la dette</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du CADTM
&lt;br class='autobr' /&gt;
12 avril par Yorgos Mitralias &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce texte est le prologue &#224; l'&#233;dition grecque du livre &#171; Menons l'enqu&#234;te sur la Dette ! &#8211; Manuel pour les audits de la dette du Tiers Monde &#187;. L'&#233;dition grecque est augment&#233;e d'un long et important texte de Maria Lucia Fattorelli sur les exp&#233;riences d'audit de la dette publique en Equateur et au Br&#233;sil, ainsi que du texte d'Eric Toussaint intitul&#233; &#171; Quelques fondements juridiques de l'annulation de la dette &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise de la dette a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Annulation-de-la-dette-+" rel="tag"&gt;Annulation de la dette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Grece-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du CADTM&lt;br class='autobr' /&gt;
12 avril par Yorgos Mitralias&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est le prologue &#224; l'&#233;dition grecque du livre &#171; Menons l'enqu&#234;te sur la Dette ! &#8211; Manuel pour les audits de la dette du Tiers Monde &#187;. L'&#233;dition grecque est augment&#233;e d'un long et important texte de Maria Lucia Fattorelli sur les exp&#233;riences d'audit de la dette publique en Equateur et au Br&#233;sil, ainsi que du texte d'Eric Toussaint intitul&#233; &#171; Quelques fondements juridiques de l'annulation de la dette &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de la dette a touch&#233; le tiers-monde &#224; partir de 1982 et l'&#233;tau s'est brutalement serr&#233; autour des peuples du Sud. La crise financi&#232;re majeure qui a &#233;clat&#233; au Nord en 2007-2008 a tout aussi brutalement frapp&#233; les peuples europ&#233;ens. Trente ann&#233;es de lutte contre la dette au Sud ont permis de d&#233;gager des alternatives radicales et coh&#233;rentes. Parmi elles, la notion d'audit de la dette est une id&#233;e-force. Mais comment lancer un audit de la dette ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la crise de la dette s'est d&#233;plac&#233;e massivement au Nord, la Gr&#232;ce est en premi&#232;re ligne pour contester et d&#233;noncer en actes ce cauchemar qu'est la dette publique. Pour cela, nous ne pouvons &#233;voquer aucun pr&#233;c&#233;dent, tirer des enseignements d'aucune exp&#233;rience d'audit r&#233;alis&#233; dans l'Union europ&#233;enne, ou plus g&#233;n&#233;ralement au Nord d&#233;velopp&#233;. Cependant, on ne part pas de z&#233;ro. Les exp&#233;riences et les le&#231;ons tir&#233;es des luttes au Sud global sont &#224; notre disposition. Il est essentiel d'en profiter pour initier, pour le compte aussi des autres peuples europ&#233;ens, celle qui peut &#234;tre la plus d&#233;cisive des batailles : la bataille contre la dette qui ravage des soci&#233;t&#233;s et d&#233;truit des vies humaines, tout en constituant un des outils les plus &#233;prouv&#233;s pour rendre les riches scandaleusement plus riches et les pauvres inhumainement plus pauvres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de doute que les diff&#233;rences entre les crises de la dette au Nord et au Sud soient r&#233;elles et pas du tout n&#233;gligeables. Cependant, tant au Sud qu'au Nord, les objectifs d'un authentique audit de la dette publique peuvent &#234;tre d&#233;clin&#233;s de la mani&#232;re suivante : &lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier objectif d'un audit est de clarifier le pass&#233;, de d&#233;m&#234;ler l'&#233;cheveau de la dette, fil par fil, jusqu'&#224; reconstruire la pelote des encha&#238;nements qui ont conduit &#224; l'impasse actuelle. Qu'est devenu l'argent de tel emprunt, &#224; quelles conditions cet emprunt a-t-il &#233;t&#233; conclu ? Combien d'int&#233;r&#234;ts ont &#233;t&#233; pay&#233;s, &#224; quel taux, quelle part du principal a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; rembours&#233;e ? Comment la dette a-t-elle enfl&#233; sans que cela profite au peuple ? Quels chemins ont suivi les capitaux ? A quoi ont-ils servi ? Quelle part a &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233;e, par qui et comment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et aussi : Qui a emprunt&#233; et au nom de qui ? Qui a pr&#234;t&#233; et quel a &#233;t&#233; son r&#244;le ? Comment l'Etat s'est-il trouv&#233; engag&#233;, par quelle d&#233;cision, prise &#224; quel titre ? Comment des dettes priv&#233;es sont-elles devenues &#171; publiques &#187; ? Qui a engag&#233; des projets inadapt&#233;s, qui a pouss&#233; en ce sens, qui en a profit&#233; ? Des d&#233;lits, voire des crimes, ont-ils &#233;t&#233; commis avec cet argent ? Pourquoi n'&#233;tablit-on pas les responsabilit&#233;s civiles, p&#233;nales et administratives ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit d'avoir en t&#234;te ces interrogations pour comprendre combien &#233;norme est le champ d'action d'un audit de la dette publique, qu'il n'a absolument rien &#224; voir avec sa caricature qui le r&#233;duit &#224; une simple v&#233;rification de chiffres faite par des comptables routiniers. Ce n'est pas du tout un hasard si les partisans des audits argumentent en faveur de leur n&#233;cessaire r&#233;alisation en invoquant toujours deux besoins fondamentaux de la soci&#233;t&#233; : la transparence et le contr&#244;le d&#233;mocratique de l'Etat et des gouvernants par les citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit l&#224; de besoins qui se r&#233;f&#233;rent &#224; des droits d&#233;mocratiques tout &#224; fait &#233;l&#233;mentaires, reconnus par le droit international, bien que viol&#233;s en permanence. Le droit de regard des citoyens sur les actes de ceux qui les gouvernent, de s'informer de tout ce qui concerne leur gestion, leurs objectifs et leurs motivations est intrins&#232;que &#224; la d&#233;mocratie elle-m&#234;me puisqu'il &#233;mane du droit fondamental des citoyens d'exercer leur contr&#244;le sur le pouvoir et de participer activement aux affaires communes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que ce pouvoir refuse obstin&#233;ment de r&#233;aliser l'audit de sa propre dette et s'oppose &#224; l'id&#233;e que quelques intrus &#171; non institutionnels &#187; oseraient le r&#233;aliser &#224; sa place est r&#233;v&#233;lateur d'une d&#233;mocratie (bourgeoise et n&#233;olib&#233;rale) bien mal en point. Une d&#233;mocratie infirme, qui d'ailleurs n'arr&#234;te pas de nous bombarder m&#233;diatiquement avec sa rh&#233;torique sur la transparence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce besoin permanent de transparence dans les affaires publiques acquiert pourtant &#224; l'&#233;poque du n&#233;olib&#233;ralisme le plus sauvage et de la corruption d&#233;brid&#233;e &#8211;sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire mondiale- une &#233;norme importance suppl&#233;mentaire : Il se transforme en un besoin social et politique tout &#224; fait vital ! Et c'est exactement pour cette raison que la transparence en actes constitue un cauchemar et est exorcis&#233;e dans la pratique par les puissants du syst&#232;me, qui ne montrent la moindre envie de tol&#233;rer des t&#233;moins non invit&#233;s &#224; leur interminable festin n&#233;olib&#233;ral. &lt;br class='autobr' /&gt;
En d'autres termes, dans la p&#233;riode actuelle de la plus vaste corruption et des innombrables scandales financiers, des libert&#233;s et des droits des citoyens consid&#233;r&#233;s jadis comme &#171; &#233;l&#233;mentaires &#187; se transforment en produits de luxe toujours plus rares dans nos soci&#233;t&#233;s &#233;troitement surveill&#233;es. La cons&#233;quence directe en est que l'exercice de ces droits d&#233;mocratiques est souvent consid&#233;r&#233; par les gouvernants presque comme une d&#233;claration de guerre &#224; leur syst&#232;me par &#171; ceux d'en bas &#187;. Et naturellement, elle est trait&#233;e en cons&#233;quence, de mani&#232;re tr&#232;s r&#233;pressive&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans aucune h&#233;sitation, il suffirait de pratiquer ces droits d&#233;mocratiques &#171; &#233;l&#233;mentaires &#187;, de fait extr&#234;mement politiques, pour que l'audit de la dette publique acqui&#232;re une dynamique socialement salutaire et politiquement presque subversive. Cependant, l'utilit&#233; profonde d'un audit ind&#233;pendant de la dette publique ne peut pas se r&#233;sumer uniquement &#224; la d&#233;fense de la transparence et de la d&#233;mocratisation de la soci&#233;t&#233;. Elle va beaucoup plus loin, puisqu'elle touche &#224; des questions qualitativement sup&#233;rieures et ouvre la voie &#224; des processus qui pourraient s'av&#233;rer extr&#234;mement dangereux pour le pouvoir &#233;tabli et potentiellement lib&#233;rateurs pour l'&#233;crasante majorit&#233; des citoyens ! En effet, en exigeant d'ouvrir et d'auditer les livres de la dette publique, et encore mieux en ouvrant et en auditant ces livres, le mouvement de l'audit citoyen ose &#171; l'impensable &#187; : il p&#233;n&#232;tre dans la zone interdite, dans le saint des saints du syst&#232;me capitaliste, l&#224; o&#249;, par d&#233;finition, n'est tol&#233;r&#233; aucun intrus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, il se trouve confront&#233;, directement et sans aucun interm&#233;diaire, au syst&#232;me lui-m&#234;me puisqu'il lui conteste le plus essentiel de ses pouvoirs : la monopolisation du droit de d&#233;cider, de prendre les d&#233;cisions sur les plus importantes questions financi&#232;res, politiques, environnementales et sociales du pays ! C'est &#224; dire, de d&#233;cider du devenir du peuple tout entier&#8230; Ici, il ne s'agit donc plus ni de la simple transparence, ni m&#234;me de la d&#233;mocratisation de la soci&#233;t&#233;. Il s'agit de quelque chose de beaucoup plus profond et essentiel, de l'ouverture d'une immense br&#232;che dans le mur de la domination exerc&#233;e par les puissants. D'une br&#232;che &#224; travers laquelle devient possible d'entrevoir, m&#234;me confus&#233;ment, un &#171; autre monde possible &#187; aux vis&#233;es &#233;mancipatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus concr&#232;tement, afin de r&#233;aliser ces objectifs et r&#233;pondre aux attentes de la soci&#233;t&#233;, un audit citoyen de la dette publique est -de fait- contraint d'aller beaucoup plus loin que le contr&#244;le de la simple l&#233;galit&#233; de cette dette. Ce formidable outil permet de p&#233;n&#233;trer loin &#224; l'int&#233;rieur des champs cl&#244;tur&#233;s du pouvoir capitaliste, de commettre le supr&#234;me &#171; sacril&#232;ge &#187; de contester la vache sacr&#233;e qu'est la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, en &#233;valuant le montant, les circonstances, les effets et les b&#233;n&#233;ficiaires de l'endettement. Et ceci oblige de fait les mouvements sociaux, notamment les salari&#233;s et toutes les cat&#233;gories d'opprim&#233;s, &#224; &#233;laborer leurs priorit&#233;s alternatives sur la base de la satisfaction des besoins humains fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, critiquer le gaspillage des ressources pour les Jeux olympiques d'Ath&#232;nes, c'est plus que d&#233;voiler et d&#233;noncer la corruption de grande ampleur qui les accompagnait, ou imputer des responsabilit&#233;s pour les pots de vin distribu&#233;s si grassement. La critique principale et plus pertinente de ces JO est celle faite sur la base d'une vision totalement diff&#233;rente de la r&#233;alit&#233; sociale et environnementale. Celle qui conduit &#224; l'adoption des priorit&#233;s sociales et &#233;conomiques diam&#233;tralement oppos&#233;es : au lieu de la construction d'&#233;quipements sportifs pharaoniques, les sommes d&#233;pens&#233;es auraient d&#251; servir &#224; des investissements pour la sant&#233;, l'enseignement, l'am&#233;lioration qualitative des services publics&#8230; Au lieu de la b&#233;tonisation extr&#234;me de la capitale, des investissements massifs auraient d&#251; avoir pour but de s'attaquer au changement climatique afin de soulager les citoyens des villes d&#233;j&#224; asphyxi&#233;s. En somme, au lieu de vastes profits pour une minorit&#233;, la satisfaction des besoins vitaux de l'&#233;crasante majorit&#233; des humains&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vision sociale et environnementale offre la base pour que commence &#224; &#233;merger non seulement la n&#233;cessit&#233; mais aussi les lignes g&#233;n&#233;rales d'une autre organisation &#233;conomique et sociale, c'est-&#224;-dire d'une autre soci&#233;t&#233; ! C'est ainsi qu'en commen&#231;ant par le &#171; sacril&#232;ge &#187; d'un simple audit de la dette, qui a d&#233;voil&#233; aux yeux des gens &#224; quel point le roi (capitaliste) qui nous &#233;crase est nu, le processus s'est transform&#233; rapidement en une d&#233;marche de p&#233;dagogie collective et de reprise en main de leur destin par &#171; ceux d'en bas &#187;, tout en &#233;largissant leurs horizons au point de rendre possible la contestation du pouvoir de &#171; ceux d'en haut &#187;, qui se servent et pi&#233;tinent les droits des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;vident qu'un tel audit de la dette publique ne peut pas se r&#233;aliser sans la participation directe et active de &#171; ceux d'en bas &#187;. Pour qu'il existe, il demande la cr&#233;ation et le d&#233;veloppement d'un mouvement social unitaire mais aussi d&#233;mocratique. Cependant, ce mouvement ne peut et ne doit pas &#234;tre r&#233;duit a un r&#244;le de suppl&#233;tif, ne peut se limiter seulement &#224; suivre les travaux des quelques &#171; experts &#187; de la commission d'audit, soient-ils des gens sinc&#232;res engag&#233;s au c&#244;t&#233; du peuple. Il doit participer au processus de l'audit de la dette non seulement parce qu'il peut l'aider efficacement avec ses connaissances sp&#233;cifiques, ses t&#233;moignages et ses enqu&#234;tes, mais surtout parce qu'il est le seul en mesure de juger et de d&#233;noncer la dette publique sur la base de ses propres priorit&#233;s, de ses besoins et de ses propres visions &#233;mancipatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel mouvement radical pour l'audit de la dette ne peut pas se contenter d'&#234;tre th&#233;orique. Pour qu'il devienne concret, il doit s'(auto)organiser &#224; l'image de la soci&#233;t&#233; moderne elle-m&#234;me. Et pour cela, il lui faut ressembler &#224; un grand fleuve vers lequel convergent de nombreuses dynamiques humaines. Pas au nom d'un quelconque pluralisme m&#233;taphysique mais parce que, pour qu'il soit efficace, l'audit de la dette doit se faire en rapport avec les besoins des gens. Nul ne peut mieux conna&#238;tre, juger, &#233;valuer et d&#233;fendre les besoins des femmes que le mouvement f&#233;ministe lui-m&#234;me. Il en est de m&#234;me des besoins des agriculteurs que les petits paysans, des jeunes que la jeunesse mobilis&#233;e, des consommateurs que les consommateurs organis&#233;s ou de l'environnement que les &#233;cologistes radicaux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, un v&#233;ritable audit de la dette publique exige l'existence d'un puissant mouvement dans lequel se rencontrent tous ceux qui veulent lutter contre cette dette et les mesures d'aust&#233;rit&#233; qu'elle implique, et au-del&#224; toutes les sensibilit&#233;s de la population salari&#233;e opprim&#233;e par le capital. C'est-&#224;-dire un mouvement qui, tenant compte des multiples &#171; identit&#233;s &#187; du salari&#233; d'aujourd'hui (pas seulement producteur mais aussi consommateur, usager des services publics, victime du sexisme, de la violence conjugale et des discriminations du genre, victime du changement climatique et de la pollution de l'environnement&#8230;) tente leur synth&#232;se, pour emp&#234;cher que le mouvement se fragmente, se divise et perde sa dynamique &#233;mancipatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici donc une des raisons qui rendent imp&#233;rative la n&#233;cessaire rencontre du mouvement d'audit de la dette publique avec celui des &#171; Je ne paye pas &#187; |1|. Cette n&#233;cessit&#233; ne d&#233;coule pas seulement du fait que tous les deux repr&#233;sentent &#171; ceux d'en bas &#187; et leurs r&#233;sistances. Elle d&#233;coule avant tout du fait qu'il s'agit, par plusieurs aspects, de mouvements sociaux jumeaux, ayant des &#171; philosophies &#187; et des dynamiques similaires, et qui sont condamn&#233;s &#224; se rencontrer et &#224; se greffer l'un sur l'autre s'ils veulent d&#233;velopper toutes leurs potentialit&#233;s. Tous les deux ne se limitent pas &#224; une critique passive du syst&#232;me capitaliste, mais passent &#224; la transgression en actes de la l&#233;galit&#233; bourgeoise et capitaliste, levant la t&#232;te avec insolence face aux puissants et &#224; leur syst&#232;me. En agissant ainsi, ils cr&#233;ent les conditions pour l'extension et la g&#233;n&#233;ralisation de leur d&#233;marche, en popularisant l'affirmation &#171; Doivent &#234;tre gratuits la sante et les transports, l'enseignement et l'&#233;lectricit&#233;, le gaz et les cr&#232;ches pour les salari&#233;s, les immigr&#233;s, les familles monoparentales, les retrait&#233;s sans le sou, les ch&#244;meurs et les laiss&#233;s pour compte de ce syst&#232;me inhumain. Oui, gratuits parce que ceci n'est pas un luxe extravagant mais un droit de &#8216;ceux d'en bas' et un devoir de &#8216;ceux d'en haut' &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rencontre et la jonction organique des tels mouvements sociaux multiplie leur cr&#233;dibilit&#233; et leur force, elle rend aussi possible une lib&#233;ration tr&#232;s importante : elle accoutume la soci&#233;t&#233; de &#171; ceux d'en bas &#187; a l'id&#233;e qu'ils ne sont pas &#233;ternellement condamn&#233;s &#224; ob&#233;ir r&#233;sign&#233;s aux ordres de leurs ma&#238;tres. Qu'ils sont non seulement en mesure de contester collectivement ces ma&#238;tres et leur pouvoir, mais qu'ils deviennent capables de le faire tomber et de le remplacer par un nouveau syst&#232;me qu'ils auront d&#233;cid&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus d'audit de la dette publique par la soci&#233;t&#233; mobilis&#233;e peut constituer une grande opportunit&#233; pour les travailleurs/ses puisqu'il leur offre une occasion unique de se mettre en contact et de comprendre &#171; de l'int&#233;rieur &#187; des questions qui leur sont en permanence inaccessibles et interdites, comme le fonctionnement de l'Etat bourgeois, l'&#233;conomie de march&#233; nationale et internationale, ou les relations et institutions internationales. En jouant ce r&#244;le p&#233;dagogique, la grande &#233;cole de l'audit des livres de comptes de l'Etat par les salari&#233;s et leurs organisations contribue &#224; la formation et au d&#233;veloppement de leur conscience de classe et anticapitaliste puisqu'elle d&#233;ploie une dynamique analogue &#224; celle du contr&#244;le ouvrier. Une dynamique qui parvient &#224; armer les travailleurs/ses, et plus g&#233;n&#233;ralement les victimes du n&#233;olib&#233;ralisme, avec la volont&#233; de contester la tyrannie du capital et de prendre en main leur propre destin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les dynamiques jumelles des deux contr&#244;les ne peuvent pas cacher les importantes diff&#233;rences qui les s&#233;parent. En effet, pendant que le contr&#244;le ouvrier ouvre les livres du patron, l'audit de la dette publique passe au peigne fin les livres de l'Etat. Tandis que l'un (le contr&#244;le ouvrier) part par le bas pour aller vers le haut, l'autre (l'audit de la dette) commence par le haut pour aller vers le bas. En d'autres termes, chacun d'eux termine l&#224; o&#249; commence l'autre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, si le but ultime du contr&#244;le ouvrier, qui commence dans l'entreprise, est d'inciter les salari&#233;s &#224; poser la question de leur contr&#244;le hors de leur lieu de travail, le g&#233;n&#233;ralisant au niveau de toute la soci&#233;t&#233; et de l'Etat, c'est exactement l'inverse qui se passe avec l'audit de la dette : commen&#231;ant par l'Etat, il pousse les travailleurs/ses &#8211;et tous les opprim&#233;s- &#224; g&#233;n&#233;raliser leur exp&#233;rience et d'imposer leur contr&#244;le aux lieux de travail, &#224; la production et partout o&#249; existe l'exploitation capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit, sans doute, d'une &#171; innovation &#187; qui est le produit direct de nos temps n&#233;olib&#233;raux, et qui n'a pas encore attir&#233; l'int&#233;r&#234;t de la gauche et de ses &#233;tats-majors. Ceci n'est pas une surprise car ce qui nous manque cruellement, surtout au Nord global, ce sont ces exp&#233;riences pratiques d'audit de la dette publique de la part de &#171; ceux d'en bas &#187;, qui pourraient fonder la recherche th&#233;orique en vue de l'analyse et de la compr&#233;hension du &#171; ph&#233;nom&#232;ne &#187;. Il reste pourtant l'objectif imm&#233;diat qui n'est autre que ce qui doit &#234;tre fait pour que la dynamique de l'audit de la dette fasse le parcours inverse de celui du contr&#244;le ouvrier : &#171; descendre &#187; &#224; la base de la soci&#233;t&#233;, aux lieux de travail, et s'&#233;tendre &#224; tout le processus productif !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, en attendant le verdict de la praxis de &#171; ceux d'en bas &#187;, un point est acquis : face &#224; un adversaire de niveau international, organis&#233; depuis longtemps, coordonn&#233; et arm&#233; jusqu'aux dents, et &#233;tant donn&#233; l'internationalisation extr&#234;me de l'&#233;conomie ainsi que la nature et la r&#233;alit&#233; &#171; multinationales &#187; de la dette publique, la recherche de partenaires, d'alli&#233;s et de compagnons de lutte en dehors des fronti&#232;res nationales constitue une condition d'importance d&#233;cisive pour le succ&#232;s de l'audit. Par cons&#233;quent, toute lutte pour l'audit et l'annulation de la dette publique qui n'est pas faite au nom et sur la base des int&#233;r&#234;ts communs (de classe) de &#171; ceux d'en bas &#187;, au-del&#224; des fronti&#232;res, est condamn&#233;e &#224; l'&#233;chec. Ensuite, toute confrontation exclusivement avec les cr&#233;anciers &#233;trangers et les directoires &#233;trangers, au nom d'une quelconque &#171; r&#233;sistance &#224; l'occupation &#233;trang&#232;re &#187; du pays, est non seulement totalement inefficace, mais elle est aussi un vrai combat chim&#233;rique jouant le jeu de la sainte alliance de nos tyrans indig&#232;nes et &#233;trangers. A l'internationale du capital si r&#233;elle et si concr&#232;te, nous n'opposons pas le patriotisme, mais notre internationalisme en actes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre espoir est que la dynamique de l'audit se concr&#233;tise et se transforme directement en un internationalisme pratique de combat. La raison est simple : les peuples d'Europe &#8211;mais s&#251;rement au-del&#224; d'elle, de l'autre c&#244;t&#233; de la M&#233;diterran&#233;e o&#249; fleurit la r&#233;volution arabe !- sont tous dans le m&#234;me bateau de la dette publique explosive et des mesures d'aust&#233;rit&#233; inhumaines. Pour &#234;tre en mesure d'imposer la solution qu'ils auront choisie, ils doivent &#233;prouver de plus en plus intens&#233;ment le besoin de collaborer et d'unir leurs forces contre leur ennemi commun de classe. De plus en plus de personnes sont convaincues qu'il n'y a pas de salut &#224; l'int&#233;rieur de leurs fronti&#232;res nationales, qu'il faut, ici et maintenant, que les peuples d'Europe (de l'Est et de l'Ouest) instaurent leur Union europ&#233;enne, celle des peuples, afin de se coordonner et d'agir ensemble sur la base d'un projet strat&#233;gique commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En derni&#232;re analyse, &#171; ceux d'en haut &#187; font tr&#232;s bien leur travail de sape des acquis sociaux et de toutes les formes de solidarit&#233;, au service des riches cr&#233;anciers et des entreprises multinationales ; il est grand temps que &#171; ceux d'en bas &#187; fassent le leur, celui de l'union pour l'audit de cette dette publique, si largement ill&#233;gitime&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yorgos Mitralias anime le Comit&#233; grec contre la dette, membre du r&#233;seau international CADTM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
|1| Le mouvement &#171; Je ne paye pas &#187;, qui a pris r&#233;cemment une grande ampleur en Gr&#232;ce, s'est constitu&#233; autour du refus de payer les tickets de p&#233;age exorbitants sur les autoroutes privatis&#233;es du pays. La grande nouveaut&#233; de ce mouvement tr&#232;s populaire et radical est qu'il ne se limite pas &#224; la d&#233;nonciation passive des augmentations successives du prix des p&#233;ages, mais qu'il pratique la d&#233;sob&#233;issance active de masse en for&#231;ant les barri&#232;res. Ces derniers temps, le mouvement &#171; Je ne paye pas &#187; est en train de s'&#233;tendre aux transports urbains de Thessalonique, au nord de la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Campagne Internationale pour la suspension imm&#233;diate du paiement de la dette de la Tunisie</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Campagne-Internationale-pour-la-suspension-immediate-du-paiement-de-la-dette-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Campagne-Internationale-pour-la-suspension-immediate-du-paiement-de-la-dette-de</guid>
		<dc:date>2011-04-27T13:56:54Z</dc:date>
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		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>Annulation de la dette</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tir&#233; du site RAID ATTAC/CADTM TUNISIE Appel du 22 f&#233;vrier 2011 ________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Tunisie : Campagne pour la suspension du paiement de la dette La Tunisie a besoin de mobiliser, de toute urgence, toutes ses ressources financi&#232;res, afin de faire face aux n&#233;cessit&#233;s de la situation actuelle, notamment : l'extr&#234;me pauvret&#233;, l'indemnisation des ch&#244;meurs, l'am&#233;lioration de la situation mat&#233;rielle des salari&#233;s, etc. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le m&#234;me temps, on annonce des initiatives &#233;trang&#232;res, qui consistent &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Tunisie-+" rel="tag"&gt;Tunisie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Annulation-de-la-dette-+" rel="tag"&gt;Annulation de la dette&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site RAID ATTAC/CADTM TUNISIE&lt;br class='autobr' /&gt;
Appel du 22 f&#233;vrier 2011&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tunisie : Campagne pour la suspension du paiement de la dette&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Tunisie a besoin de mobiliser, de toute urgence, toutes ses ressources financi&#232;res, afin de faire face aux n&#233;cessit&#233;s de la situation actuelle, notamment : l'extr&#234;me pauvret&#233;, l'indemnisation des ch&#244;meurs, l'am&#233;lioration de la situation mat&#233;rielle des salari&#233;s, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, on annonce des initiatives &#233;trang&#232;res, qui consistent &#224; mobiliser dans l'imm&#233;diat une &#8216;aide' d'urgence &#224; la Tunisie ; plus particuli&#232;rement celles de la Commission europ&#233;enne (17 millions d'euros) et de l'Etat fran&#231;ais (350.000 euros). Sans compter les centaines de millions d'euros que comptent pr&#234;ter la Banque Europ&#233;enne d'Investissement et la Banque Africaine de D&#233;veloppement &#224; la Tunisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons pas besoin davantage de dettes, puisque la Tunisie dispose actuellement de ressources financi&#232;res n&#233;cessaires pour faire face &#224; l'urgence sociale, comme le prouve la d&#233;claration de Mustapha Nabli. Cet ex-haut fonctionnaire de la Banque mondiale, ex-ministre des finances de Ben Ali et actuel gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, depuis le 15 janvier 2011, a d&#233;clar&#233; son intention d'affecter 577 millions d'euros du budget de l'&#201;tat au remboursement du service de la dette publique ext&#233;rieure pour l'ann&#233;e 2011 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous exigeons du gouvernement Ghannouchi la suspension de ce paiement eut &#233;gard &#224; la situation exceptionnelle que traverse notre pays et au vu des besoins sociaux immenses. Cette demande se fonde notamment sur l'argument juridique de l'&#233;tat de n&#233;cessit&#233; qui permet aux &#201;tats se trouvant dans des difficult&#233;s financi&#232;res de suspendre unilat&#233;ralement le paiement de leur dette pour donner la priorit&#233; aux besoins de la population. Cette suspension s'impose d'autant qu'une part importante de la dette publique ext&#233;rieure de la Tunisie est une dette priv&#233;e du dictateur Ben Ali n'ayant pas b&#233;n&#233;fici&#233; au peuple tunisien. Pendant la dur&#233;e de suspension de paiement, un audit sur l'int&#233;gralit&#233; de la dette publique tunisienne (externe et interne) devrait &#234;tre men&#233; pour d&#233;terminer la part ill&#233;gitime, celle qui n'a pas profit&#233; au peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raid Attac/Cadtm Tunisie adresse un appel urgent &#224; tous les conseils de protection de la r&#233;volution et aux mouvements politiques, sociaux, syndicaux et de la jeunesse pour qu'ils unissent leurs efforts afin d'obtenir, dans un premier temps, la suspension imm&#233;diate du paiement de cette somme. Cela est d'autant plus urgent que le gouvernement Ghannouchi compte payer une grande partie de cette somme (410 millions d'euros) courant avril 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raid Attac/Cadtm Tunisie propose de constituer un collectif qui aura la charge de d&#233;cider des actions collectives pour atteindre cet objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suspendre le paiement de 577 millions d'euros vaut mieux que de contracter de nouveaux emprunts qui aggraveront l'endettement de la Tunisie !&lt;br class='autobr' /&gt;
Suspendre le paiement de 577 millions d'euros ne nuira en rien aux cr&#233;anciers de la Tunisie, par contre payer cette somme ne fera qu'aggraver la situation du peuple tunisien !&lt;br class='autobr' /&gt;
Tunis, le 22 f&#233;vrier 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tunisie.attac.org/drupal-6.20/fr/node/4&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Raid Attac/Cadtm Tunisie &lt;br class='autobr' /&gt;
Fathi Chamkhi &lt;br class='autobr' /&gt;
T&#233;l. +216.98.522.378 / +216.23.787.380 &#8211; Email : fatcham@yahoo.fr- &lt;br class='autobr' /&gt;
http://www.tunisie.attac.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Huit propositions urgentes pour une autre Europe</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Huit-propositions-urgentes-pour-une-autre-Europe</link>
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		<dc:date>2011-04-26T20:56:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Eric Toussaint</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Luttes sociales</dc:subject>
		<dc:subject>Annulation de la dette</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du CADTM
&lt;br class='autobr' /&gt;
4 avril par Eric Toussaint &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise secoue l'Union europ&#233;enne jusque dans ses fondations. Pour plusieurs pays, le n&#339;ud coulant de la dette publique s'est referm&#233; sur eux et ils sont pris &#224; la gorge par les march&#233;s financiers. Avec la complicit&#233; active des gouvernements en place, de la Commission europ&#233;enne, de la Banque centrale europ&#233;enne et du FMI, les institutions financi&#232;res &#224; l'origine de la crise s'enrichissent et sp&#233;culent sur les dettes des &#201;tats. Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Europe-50-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Europe-278-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Luttes-sociales-+" rel="tag"&gt;Luttes sociales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Annulation-de-la-dette-+" rel="tag"&gt;Annulation de la dette&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du CADTM&lt;br class='autobr' /&gt;
4 avril par Eric Toussaint&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La crise secoue l'Union europ&#233;enne jusque dans ses fondations. Pour plusieurs pays, le n&#339;ud coulant de la dette publique s'est referm&#233; sur eux et ils sont pris &#224; la gorge par les march&#233;s financiers. Avec la complicit&#233; active des gouvernements en place, de la Commission europ&#233;enne, de la Banque centrale europ&#233;enne et du FMI, les institutions financi&#232;res &#224; l'origine de la crise s'enrichissent et sp&#233;culent sur les dettes des &#201;tats. Le patronat profite de la situation pour lancer une offensive brutale contre une s&#233;rie de droits &#233;conomiques et sociaux de la majorit&#233; de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;duction des d&#233;ficits publics doit se faire, non pas en r&#233;duisant les d&#233;penses sociales publiques mais par la hausse des recettes fiscales, en luttant contre la grande fraude fiscale et en taxant davantage le capital, les transactions financi&#232;res, le patrimoine et les revenus des m&#233;nages riches. Pour r&#233;duire le d&#233;ficit, il faut &#233;galement r&#233;duire radicalement les d&#233;penses d'armement, ainsi que d'autres d&#233;penses socialement inutiles et dangereuses pour l'environnement. En revanche, il est fondamental d'augmenter les d&#233;penses sociales, notamment pour pallier les effets de la d&#233;pression &#233;conomique. Mais au-del&#224;, il faut consid&#233;rer cette crise comme une possibilit&#233; de rompre avec la logique capitaliste et de r&#233;aliser un changement radical de soci&#233;t&#233;. La nouvelle logique &#224; construire devra rompre avec le productivisme, int&#233;grer la donne &#233;cologique, &#233;radiquer les diff&#233;rentes formes d'oppression (raciale, patriarcale, etc.) et promouvoir les biens communs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, il faut construire un front anticrise, tant &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne que localement, afin de r&#233;unir les &#233;nergies pour cr&#233;er un rapport de force favorable &#224; la mise en pratique de solutions radicales centr&#233;es sur la justice sociale et climatique. D&#232;s ao&#251;t 2010, le CADTM a formul&#233; huit propositions concernant la crise actuelle en Europe |1|. L'&#233;l&#233;ment central est la n&#233;cessit&#233; de proc&#233;der &#224; l'annulation de la partie ill&#233;gitime de la dette publique. Pour y parvenir, le CADTM recommande la r&#233;alisation d'un audit de la dette publique effectu&#233; sous contr&#244;le citoyen. Cet audit devra, dans certaines circonstances, &#234;tre combin&#233; &#224; une suspension unilat&#233;rale et souveraine du remboursement de la dette publique. L'objectif de l'audit est d'aboutir &#224; une annulation/r&#233;pudiation de la partie ill&#233;gitime de la dette publique et de r&#233;duire fortement le reste de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;duction radicale de la dette publique est une condition n&#233;cessaire mais pas suffisante pour sortir les pays de l'Union europ&#233;enne de la crise. Il faut la compl&#233;ter par toute une s&#233;rie de mesures de grande ampleur dans diff&#233;rents domaines.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1.R&#233;aliser un audit de la dette publique afin d'annuler la partie ill&#233;gitime.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une partie importante de la dette publique des &#201;tats de l'Union europ&#233;enne est ill&#233;gitime car elle r&#233;sulte d'une politique d&#233;lib&#233;r&#233;e de gouvernements qui ont d&#233;cid&#233; de privil&#233;gier syst&#233;matiquement une classe sociale, la classe capitaliste, et d'autres couches favoris&#233;es, au d&#233;triment du reste de la soci&#233;t&#233;. La baisse des imp&#244;ts sur les hauts revenus des personnes physiques, sur leur patrimoine, sur les b&#233;n&#233;fices des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es ont amen&#233; les pouvoirs publics &#224; augmenter la dette publique afin de combler le trou laiss&#233; par cette baisse. Ils ont aussi fortement augment&#233; la charge des imp&#244;ts sur les m&#233;nages modestes qui constituent la majorit&#233; de la population. &#192; cela s'est ajout&#233; depuis 2007-2008, un sauvetage des institutions financi&#232;res priv&#233;es, responsables de la crise, qui a co&#251;t&#233; tr&#232;s cher aux finances publiques et a fait exploser la dette publique. La baisse des recettes provoqu&#233;e par la crise caus&#233;e par les institutions financi&#232;res priv&#233;es a d&#251; &#234;tre une nouvelle fois combl&#233;e par des emprunts massifs. Ce cadre g&#233;n&#233;ral frappe clairement d'ill&#233;gitimit&#233; une part importante des dettes publiques. &#192; cela s'ajoutent, dans un certain nombre de pays soumis au chantage des march&#233;s financiers, d'autres sources &#233;videntes d'ill&#233;gitimit&#233;. Les nouvelles dettes contract&#233;es &#224; partir de 2008 l'ont &#233;t&#233; dans un contexte o&#249; les banquiers (et autres institutions financi&#232;res priv&#233;es) utilisent l'argent fourni &#224; bas taux d'int&#233;r&#234;t par les banques centrales pour sp&#233;culer et forcer les pouvoirs publics &#224; augmenter les r&#233;mun&#233;rations qu'ils leur versent. De plus, dans des pays comme la Gr&#232;ce, la Hongrie, la Lettonie, la Roumanie ou l'Irlande, les pr&#234;ts accord&#233;s par le FMI ont &#233;t&#233; assortis de conditions qui constituent une violation des droits &#233;conomiques et sociaux des populations. Fait aggravant, ces conditions favorisent une fois de plus les banquiers et les autres institutions financi&#232;res. Pour ces raisons, elles sont aussi marqu&#233;es d'ill&#233;gitimit&#233;. Enfin dans certains cas, la volont&#233; populaire est bafou&#233;e : par exemple, alors qu'en f&#233;vrier 2011, les Irlandais ont vot&#233; &#224; une large majorit&#233; contre les partis qui avaient fait des cadeaux aux banquiers et avaient accept&#233; les conditions impos&#233;es par la Commission europ&#233;enne et le FMI, la nouvelle coalition gouvernementale poursuit grosso modo la m&#234;me politique que ses pr&#233;d&#233;cesseurs. Plus g&#233;n&#233;ralement, on assiste dans certains pays &#224; une marginalisation du pouvoir l&#233;gislatif au profit d'une politique du fait accompli impos&#233;e par le pouvoir ex&#233;cutif qui passe des accords avec la Commission europ&#233;enne et le FMI. Le pouvoir ex&#233;cutif pr&#233;sente ensuite au Parlement cet accord qui est &#224; prendre ou &#224; laisser. Il arrive m&#234;me qu'un d&#233;bat sans vote soit organis&#233; sur des sujets de premi&#232;re importance. La tendance du pouvoir ex&#233;cutif &#224; transformer l'organe l&#233;gislatif en une chambre d'enregistrement se renforce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte extr&#234;mement inqui&#233;tant, sachant qu'une s&#233;rie d'&#201;tats sera t&#244;t ou tard confront&#233;e &#224; un risque concret de d&#233;faut de paiement par manque de liquidit&#233;s et que le remboursement d'une dette ill&#233;gitime est par principe inacceptable, il convient de se prononcer clairement pour une annulation des dettes ill&#233;gitimes. Annulation dont le co&#251;t doit &#234;tre support&#233; par les coupables de la crise, &#224; savoir les institutions financi&#232;res priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour des pays comme la Gr&#232;ce, l'Irlande, le Portugal ou des pays d'Europe de l'Est (et en dehors de l'UE, des pays comme l'Islande), c'est-&#224;-dire des pays qui sont soumis au chantage des sp&#233;culateurs, du FMI et d'autres organismes comme la Commission europ&#233;enne, il convient de recourir &#224; un moratoire unilat&#233;ral du remboursement de la dette publique. Cette proposition devient populaire dans les pays les plus touch&#233;s par la crise. &#192; Dublin, fin novembre 2010, dans une enqu&#234;te d'opinion r&#233;alis&#233;e par t&#233;l&#233;phone aupr&#232;s de 500 personnes, 57 % des Irlandais interrog&#233;s se pronon&#231;aient en faveur d'une suspension du paiement de la dette (default, en anglais), plut&#244;t que pour l'aide d'urgence du FMI et de Bruxelles. &#171; Default ! say the people &#187; (le peuple pour la suspension du paiement), titrait le Sunday Independent, principal quotidien de l'&#238;le. Selon le CADTM, un tel moratoire unilat&#233;ral doit &#234;tre combin&#233; &#224; la r&#233;alisation d'un audit des emprunts publics (avec participation citoyenne). L'audit doit permettre d'apporter au gouvernement et &#224; l'opinion publique les preuves et les arguments n&#233;cessaires &#224; l'annulation/r&#233;pudiation de la partie de la dette identifi&#233;e comme ill&#233;gitime. Le droit international et le droit interne des pays offrent une base l&#233;gale pour une telle action souveraine unilat&#233;rale d'annulation/r&#233;pudiation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les pays qui recourent &#224; la suspension de paiement, avec son exp&#233;rience sur la question de la dette des pays du Sud, le CADTM met en garde contre une mesure insuffisante, comme une simple suspension du remboursement de la dette, qui peut se r&#233;v&#233;ler contre-productive. Il faut un moratoire sans ajout d'int&#233;r&#234;ts de retard sur les sommes non rembours&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans d'autres pays comme la France, la Grande-Bretagne ou l'Allemagne, il n'est pas n&#233;cessairement imp&#233;ratif de d&#233;cr&#233;ter un moratoire unilat&#233;ral pendant la r&#233;alisation de l'audit. Celui-ci doit &#234;tre men&#233; afin, lui aussi, de d&#233;terminer l'ampleur de l'annulation/r&#233;pudiation &#224; laquelle il faudra proc&#233;der. En cas de d&#233;t&#233;rioration de la conjoncture internationale, une suspension de paiement peut devenir d'actualit&#233; m&#234;me pour des pays qui se croyaient &#224; l'abri du chantage des pr&#234;teurs priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La participation citoyenne est la condition imp&#233;rative pour garantir l'objectivit&#233; et la transparence de l'audit. Cette commission d'audit devra notamment &#234;tre compos&#233;e des diff&#233;rents organes de l'&#201;tat concern&#233;s, ainsi que d'experts de l'audit des finances publiques, d'&#233;conomistes, de juristes, de constitutionnalistes, de repr&#233;sentants des mouvements sociaux... Il permettra de d&#233;terminer les diff&#233;rentes responsabilit&#233;s dans le processus d'endettement et d'exiger que les responsables tant nationaux qu'internationaux rendent des comptes &#224; la justice. En cas d'attitude hostile du gouvernement en place &#224; l'&#233;gard de l'audit, il est n&#233;cessaire de constituer une commission d'audit citoyen sans participation gouvernementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas de figure, il est l&#233;gitime que les institutions priv&#233;es et les personnes physiques &#224; hauts revenus qui d&#233;tiennent des titres de ces dettes supportent le fardeau de l'annulation de dettes souveraines ill&#233;gitimes car ils portent largement la responsabilit&#233; de la crise, dont ils ont de surcro&#238;t largement profit&#233;. Le fait qu'ils doivent supporter la charge de l'annulation n'est qu'un juste retour vers davantage de justice sociale. Il est important de dresser un cadastre des d&#233;tenteurs de titres afin d'indemniser parmi eux les citoyens et citoyennes &#224; faibles et moyens revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'audit d&#233;montre l'existence de d&#233;lits li&#233;s &#224; l'endettement ill&#233;gitime, leurs auteurs devront &#234;tre s&#233;v&#232;rement condamn&#233;s &#224; payer des r&#233;parations et ne doivent pas &#233;chapper &#224; des peines d'emprisonnement en fonction de la gravit&#233; de leurs actes. Il faut demander des comptes en justice &#224; l'encontre des autorit&#233;s ayant lanc&#233; des emprunts ill&#233;gitimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les dettes qui ne sont pas frapp&#233;es d'ill&#233;gitimit&#233;, il conviendra d'imposer un effort aux cr&#233;anciers en termes de r&#233;duction du stock et des taux d'int&#233;r&#234;ts, ainsi que par un allongement de la p&#233;riode de remboursement. Ici aussi, il conviendra de r&#233;aliser une discrimination positive en faveur des petits porteurs de titres de la dette publique qu'il conviendra de rembourser normalement. Par ailleurs, le montant de la part du budget de l'&#201;tat destin&#233; au remboursement de la dette devra &#234;tre plafonn&#233; en fonction de l'&#233;tat de l'&#233;conomie, de la capacit&#233; des pouvoirs publics &#224; rembourser et du caract&#232;re incompressible des d&#233;penses sociales. Il faut s'inspirer de ce qui avait &#233;t&#233; fait pour l'Allemagne apr&#232;s la seconde guerre mondiale. L'Accord de Londres de 1953 sur la dette allemande qui consistait notamment &#224; r&#233;duire de 62 % le stock de la dette stipulait que la relation entre service de la dette et revenus d'exportations ne devait pas d&#233;passer 5 % |2|. On pourrait d&#233;finir un ratio de ce type : la somme allou&#233;e au remboursement de la dette ne peut exc&#233;der 5 % des recettes de l'&#201;tat. Il faut &#233;galement adopter un cadre l&#233;gal afin d'&#233;viter la r&#233;p&#233;tition de la crise qui a d&#233;but&#233; en 2007-2008 : interdiction de socialiser des dettes priv&#233;es, obligation d'organiser un audit permanent de la politique d'endettement public avec participation citoyenne, imprescriptibilit&#233; des d&#233;lits li&#233;s &#224; l'endettement ill&#233;gitime, nullit&#233; des dettes ill&#233;gitimes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2. Stopper les plans d'aust&#233;rit&#233;, ils sont injustes et approfondissent la crise.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En accord avec les exigences du FMI, les gouvernements des pays europ&#233;ens ont fait le choix d'imposer &#224; leurs peuples des politiques de stricte aust&#233;rit&#233;, avec des coupes claires dans les d&#233;penses publiques : licenciements dans la fonction publique, gel voire baisse des salaires des fonctionnaires, r&#233;duction de l'acc&#232;s &#224; certains services publics vitaux et de la protection sociale, recul de l'&#226;ge de l'acc&#232;s &#224; la retraite. &#192; l'inverse, les entreprises publiques r&#233;clament &#8211; et obtiennent &#8211; une augmentation de leurs tarifs, pendant que le co&#251;t de l'acc&#232;s &#224; la sant&#233; et &#224; l'&#233;ducation est lui aussi revu &#224; la hausse. Le recours &#224; des hausses d'imp&#244;ts indirects particuli&#232;rement injustes, notamment la TVA, s'accro&#238;t. Les entreprises publiques du secteur concurrentiel sont massivement privatis&#233;es. Les politiques de rigueur mises en place sont pouss&#233;es &#224; un niveau jamais vu depuis la seconde guerre mondiale. Les effets de la crise sont ainsi d&#233;cupl&#233;s par des pr&#233;tendus rem&#232;des, qui visent surtout &#224; prot&#233;ger les int&#233;r&#234;ts des d&#233;tenteurs de capitaux. En somme, les banquiers boivent, les peuples trinquent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les peuples supportent de moins en moins l'injustice de ces r&#233;formes marqu&#233;es par une r&#233;gression sociale de grande ampleur. En termes relatifs, ce sont les salari&#233;s, les ch&#244;meurs et les foyers les plus modestes qui sont le plus mis &#224; contribution pour que les &#201;tats continuent d'engraisser les cr&#233;anciers. Et parmi les populations les plus touch&#233;es, les femmes occupent le premier rang, car l'organisation actuelle de l'&#233;conomie et de la soci&#233;t&#233; patriarcale fait peser sur elles les effets d&#233;sastreux de la pr&#233;carit&#233;, du travail partiel et sous-pay&#233;. Directement concern&#233;es par les d&#233;gradations des services publics sociaux, elles paient le prix fort. La lutte pour imposer une autre logique est indissociable de la lutte pour le respect absolu des droits des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3. Instaurer une v&#233;ritable justice fiscale europ&#233;enne et une juste redistribution de la richesse. Interdire les transactions avec les paradis judiciaires et fiscaux. Lutter contre la fraude fiscale massive des grandes entreprises et des plus riches.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1980, les imp&#244;ts directs n'ont cess&#233; de baisser sur les revenus les plus &#233;lev&#233;s et sur les grandes entreprises. Ainsi, dans l'Union europ&#233;enne, de 2000 &#224; 2008, les taux sup&#233;rieurs de l'imp&#244;t sur le revenu et l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s ont baiss&#233; respectivement de 7 et 8,5 points. Ces centaines de milliards d'euros de cadeaux fiscaux ont pour l'essentiel &#233;t&#233; orient&#233;s vers la sp&#233;culation et l'accumulation de richesses de la part des plus riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut combiner une r&#233;forme en profondeur de la fiscalit&#233; dans un but de justice sociale (r&#233;duire &#224; la fois les revenus et le patrimoine des plus riches pour augmenter ceux de la majorit&#233; de la population) avec son harmonisation sur le plan europ&#233;en afin d'emp&#234;cher le dumping fiscal |3|. Le but est une augmentation des recettes publiques, notamment via l'imp&#244;t progressif sur le revenu des personnes physiques les plus riches (le taux marginal sur la tranche la plus &#233;lev&#233;e de revenu doit &#234;tre port&#233;e &#224; 90 % |4|), l'imp&#244;t sur le patrimoine &#224; partir d'un certain montant et l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s. Cette augmentation des recettes doit aller de pair avec une baisse rapide du prix d'acc&#232;s aux biens et services de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; (aliments de base, eau, &#233;lectricit&#233;, chauffage, transports publics, mat&#233;riel scolaire&#8230;), notamment par une r&#233;duction forte et cibl&#233;e de la TVA sur ces biens et services vitaux. Il s'agit &#233;galement d'adopter une politique fiscale qui favorise la protection de l'environnement en taxant de mani&#232;re dissuasive les industries polluantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UE doit adopter une taxe sur les transactions financi&#232;res, notamment sur les march&#233;s des changes, afin d'augmenter les recettes des pouvoirs publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rents G20 ont refus&#233;, malgr&#233; leurs d&#233;clarations d'intention, de s'attaquer r&#233;ellement aux paradis judiciaires et fiscaux. Une mesure simple afin de lutter contre les paradis fiscaux (qui font perdre chaque ann&#233;e aux pays du Nord, mais &#233;galement &#224; ceux du Sud, des ressources vitales pour le d&#233;veloppement des populations) consiste pour un Parlement &#224; interdire &#224; toutes les personnes physiques et &#224; toutes les entreprises pr&#233;sentes sur son territoire de r&#233;aliser quelque transaction que ce soit passant par des paradis fiscaux, sous peine d'une amende d'un montant &#233;quivalent. Au-del&#224;, il faut &#233;radiquer ces gouffres noirs de la finance, des trafics criminels, de la corruption, de la d&#233;linquance en col et cravate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraude fiscale prive de moyens consid&#233;rables la collectivit&#233; et joue contre l'emploi. Des moyens publics cons&#233;quents doivent &#234;tre allou&#233;s aux services des finances pour lutter efficacement contre cette fraude. Les r&#233;sultats doivent &#234;tre rendus publics et les coupables lourdement sanctionn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4. Remettre au pas les march&#233;s financiers, notamment par la cr&#233;ation d'un registre des propri&#233;taires de titres, par l'interdiction des ventes &#224; d&#233;couvert et de la sp&#233;culation dans une s&#233;rie de domaines. Cr&#233;er une agence publique europ&#233;enne de notation.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La sp&#233;culation &#224; l'&#233;chelle mondiale repr&#233;sente plusieurs fois les richesses produites sur la plan&#232;te. Les montages sophistiqu&#233;s de la m&#233;canique financi&#232;re rendent celle-ci totalement incontr&#244;lable. Les engrenages qu'elle suscite d&#233;structurent l'&#233;conomie r&#233;elle. L'opacit&#233; sur les transactions financi&#232;res est la r&#232;gle. Pour taxer les cr&#233;anciers &#224; la source, il faut les identifier. La dictature des march&#233;s financiers doit cesser. La sp&#233;culation doit &#234;tre interdite dans toute une s&#233;rie de domaines. Il convient d'interdire la sp&#233;culation sur les titres de la dette publique, sur les monnaies, sur les aliments |5|. Les ventes &#224; d&#233;couvert doivent &#234;tre &#233;galement interdites |6| et les Credit Default Swaps doivent &#234;tre strictement r&#233;glement&#233;s. Il faut fermer les march&#233;s de gr&#233; &#224; gr&#233; de produits d&#233;riv&#233;s qui sont de vrais trous noirs, &#233;chappant &#224; toute r&#233;glementation et surveillance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secteur des agences de notation doit &#233;galement &#234;tre strictement r&#233;form&#233; et encadr&#233;. Loin d'&#234;tre l'outil d'une estimation scientifique objective, elles sont structurellement parties prenantes de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale et ont d&#233;clench&#233; &#224; plusieurs reprises des catastrophes sociales. En effet, la d&#233;gradation de la note d'un pays implique une hausse des taux d'int&#233;r&#234;t sur les pr&#234;ts qui lui sont accord&#233;s. De ce fait, la situation &#233;conomique du pays concern&#233; se d&#233;t&#233;riore encore davantage. Le comportement moutonnier des sp&#233;culateurs d&#233;cuple les difficult&#233;s rencontr&#233;es qui p&#232;seront encore plus lourdement sur les populations. La forte soumission des agences de notation aux milieux financiers nord-am&#233;ricains fait de ces agences de notation un acteur majeur au niveau international, dont la responsabilit&#233; dans le d&#233;clenchement et l'&#233;volution des crises n'est pas assez mis en lumi&#232;re par les m&#233;dias. La stabilit&#233; &#233;conomique des pays europ&#233;ens a &#233;t&#233; plac&#233;e entre les mains de ces agences de notation, sans garde-fous, sans moyens de contr&#244;le s&#233;rieux de la part de la puissance publique. La cr&#233;ation d'une agence publique de notation est incontournable pour sortir de cette impasse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;5. Transf&#233;rer sous contr&#244;le citoyen les banques au secteur public.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s des d&#233;cennies de d&#233;rives financi&#232;res et de privatisations, il est grand temps de faire passer le secteur du cr&#233;dit dans le domaine public. Les &#201;tats doivent retrouver leur capacit&#233; de contr&#244;le et d'orientation de l'activit&#233; &#233;conomique et financi&#232;re. Ils doivent &#233;galement disposer d'instruments pour r&#233;aliser des investissements et financer les d&#233;penses publiques en r&#233;duisant au minimum le recours &#224; l'emprunt aupr&#232;s d'institutions priv&#233;es ou/et &#233;trang&#232;res. Il faut exproprier sans indemnisation les banques pour les transf&#233;rer au secteur public sous contr&#244;le citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans certains cas, l'expropriation des banques priv&#233;es peut repr&#233;senter un co&#251;t pour l'&#201;tat en raison des dettes qu'elles ont pu accumuler. Le co&#251;t en question doit &#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233; sur le patrimoine g&#233;n&#233;ral des grands actionnaires. En effet, les soci&#233;t&#233;s priv&#233;es qui sont actionnaires des banques et qui les ont men&#233;es vers l'ab&#238;me tout en faisant de juteux profits d&#233;tiennent une partie de leur patrimoine dans d'autres secteurs de l'&#233;conomie. Il faut donc faire une ponction sur le patrimoine g&#233;n&#233;ral des actionnaires. Il s'agit d'&#233;viter au maximum de socialiser les pertes. L'exemple irlandais est embl&#233;matique, la mani&#232;re dont la nationalisation de l'Irish Allied Bank a &#233;t&#233; effectu&#233;e est inacceptable. Il faut en tirer les le&#231;ons.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;6. Socialiser les nombreuses entreprises et services privatis&#233;s depuis 1980.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une caract&#233;ristique de ces trente derni&#232;res ann&#233;es a &#233;t&#233; la privatisation de nombre d'entreprises et services publics. Des banques au secteur industriel en passant par la poste, les t&#233;l&#233;communications, l'&#233;nergie et les transports, les gouvernements ont livr&#233; au priv&#233; des pans entiers de l'&#233;conomie, perdant au passage toute capacit&#233; de r&#233;gulation de l'&#233;conomie. Ces biens publics, issus du travail collectif, doivent revenir dans le domaine public. Il s'agira de cr&#233;er de nouvelles entreprises publiques et d'adapter les services publics selon les besoins de la population pour r&#233;pondre notamment &#224; la probl&#233;matique du changement climatique, avec par exemple la cr&#233;ation d'un service public d'isolation des logements.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;7. R&#233;duire radicalement le temps de travail pour cr&#233;er des emplois tout en augmentant les salaires et les retraites.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;R&#233;partir autrement les richesses est la meilleure r&#233;ponse &#224; la crise. La part destin&#233;e aux salari&#233;s dans les richesses produites a nettement baiss&#233; depuis plusieurs d&#233;cennies, tandis que les cr&#233;anciers et les entreprises ont accru leurs profits pour les consacrer &#224; la sp&#233;culation. En augmentant les salaires, non seulement on permet aux populations de vivre dignement, mais on renforce aussi les moyens qui servent au financement de la protection sociale et des r&#233;gimes de retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En diminuant le temps de travail sans r&#233;duction de salaire et en cr&#233;ant des emplois, on am&#233;liore la qualit&#233; de vie des travailleurs, on fournit un emploi &#224; celles et ceux qui en cherchent. La r&#233;duction radicale du temps de travail offre aussi la possibilit&#233; de mettre en pratique un autre rythme de vie, une mani&#232;re diff&#233;rente de vivre en soci&#233;t&#233; en s'&#233;loignant du consum&#233;risme. Le temps gagn&#233; en faveur des loisirs doit permettre l'augmentation de la participation active des personnes &#224; la vie politique, au renforcement des solidarit&#233;s, aux activit&#233;s b&#233;n&#233;voles et &#224; la cr&#233;ation culturelle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;8. Refonder d&#233;mocratiquement une autre Union europ&#233;enne bas&#233;e sur la solidarit&#233;.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs dispositions des trait&#233;s qui r&#233;gissent l'Union europ&#233;enne, l'eurozone et la BCE doivent &#234;tre abrog&#233;es. Par exemple, il faut supprimer les articles 63 et 125 du trait&#233; de Lisbonne interdisant tout contr&#244;le des mouvements de capitaux et toute aide &#224; un &#201;tat en difficult&#233;. Il faut &#233;galement abandonner le Pacte de stabilit&#233; et de croissance. Au-del&#224;, il faut remplacer les actuels trait&#233;s par de nouveaux dans le cadre d'un v&#233;ritable processus constituant d&#233;mocratique afin d'aboutir &#224; un pacte de solidarit&#233; des peuples pour l'emploi et l'&#233;cologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut revoir compl&#232;tement la politique mon&#233;taire ainsi que le statut et la pratique de la Banque centrale europ&#233;enne. L'incapacit&#233; du pouvoir politique &#224; imposer &#224; la BCE de cr&#233;er de la monnaie est un handicap tr&#232;s lourd. En cr&#233;ant cette BCE au-dessus des gouvernements et donc des peuples, l'Union europ&#233;enne a fait un choix d&#233;sastreux, celui de soumettre l'humain &#224; la finance, au lieu de l'inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que de nombreux mouvements sociaux d&#233;non&#231;aient des statuts trop rigides et profond&#233;ment inadapt&#233;s, la BCE a &#233;t&#233; contrainte de changer son fusil d'&#233;paule au plus fort de la crise en modifiant en urgence le r&#244;le qui lui a &#233;t&#233; octroy&#233;. Malheureusement, elle a accept&#233; de le faire pour de mauvaises raisons : non pas pour que les int&#233;r&#234;ts des peuples soient pris en compte, mais pour que ceux des cr&#233;anciers soient pr&#233;serv&#233;s. C'est bien la preuve que les cartes doivent &#234;tre rebattues et redistribu&#233;es : la BCE doit pouvoir financer directement des &#201;tats soucieux d'atteindre des objectifs sociaux et environnementaux qui int&#232;grent parfaitement les besoins fondamentaux des populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, des activit&#233;s &#233;conomiques fort diverses, comme l'investissement dans la construction d'un &#233;tablissement hospitalier ou un projet purement sp&#233;culatif, sont financ&#233;es de mani&#232;re similaire. Le pouvoir politique doit au moins r&#233;fl&#233;chir &#224; imposer des co&#251;ts tr&#232;s diff&#233;rents aux uns et aux autres : des taux bas doivent &#234;tre r&#233;serv&#233;s aux investissements socialement justes et &#233;cologiquement soutenables, des taux tr&#232;s &#233;lev&#233;s, voire r&#233;dhibitoires quand la situation l'exige, pour les op&#233;rations de type sp&#233;culatif, qu'il est &#233;galement souhaitable d'interdire purement et simplement dans certains domaines (voir plus haut).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une Europe bas&#233;e sur la solidarit&#233; et la coop&#233;ration doit permettre de tourner le dos &#224; la concurrence et &#224; la comp&#233;tition, qui tirent &#171; vers le bas &#187;. La logique n&#233;olib&#233;rale a conduit &#224; la crise et r&#233;v&#233;l&#233; son &#233;chec. Elle a pouss&#233; les indicateurs sociaux &#224; la baisse : moins de protection sociale, moins d'emplois, moins de services publics. Les quelques-uns qui ont profit&#233; de cette crise l'ont fait en pi&#233;tinant les droits de la majorit&#233; des autres. Les coupables ont gagn&#233;, les victimes paient ! Cette logique, qui sous-tend tous les textes fondateurs de l'Union europ&#233;enne, Pacte de stabilit&#233; et de croissance en t&#234;te, doit &#234;tre battue en br&#232;che : elle n'est plus tenable. Une autre Europe, bas&#233;e sur la coop&#233;ration entre &#201;tats et la solidarit&#233; entre les peuples, doit devenir l'objectif prioritaire. Pour cela, les politiques budg&#233;taires et fiscales doivent &#234;tre non pas uniformis&#233;es, car les &#233;conomies europ&#233;ennes pr&#233;sentent de fortes disparit&#233;s, mais coordonn&#233;es pour qu'enfin &#233;merge une solution &#171; vers le haut &#187;. Des politiques globales &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne, comprenant des investissements publics massifs pour la cr&#233;ation d'emplois publics dans des domaines essentiels (des services de proximit&#233; aux &#233;nergies renouvelables, de la lutte contre le changement climatique aux secteurs sociaux de base), doivent s'imposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette autre Europe d&#233;mocratis&#233;e doit, pour le CADTM, &#339;uvrer pour imposer des principes non n&#233;gociables : renforcement de la justice fiscale et sociale, choix tourn&#233;s vers l'&#233;l&#233;vation du niveau et de la qualit&#233; de vie de ses habitants, d&#233;sarmement et r&#233;duction radicale des d&#233;penses militaires (y compris retrait des troupes europ&#233;ennes d'Afghanistan et d&#233;part de l'OTAN), choix &#233;nerg&#233;tiques durables sans recours au nucl&#233;aire, refus des organismes g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;s (OGM). Elle doit aussi r&#233;solument mettre fin &#224; sa politique de forteresse assi&#233;g&#233;e envers les candidats &#224; l'immigration, pour devenir un partenaire &#233;quitable et v&#233;ritablement solidaire &#224; l'&#233;gard des peuples du Sud de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
|1| Voir &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/IMG/pdf/Tract_...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/IMG/pdf/Tract_...&lt;/a&gt;. Nous reprenons ici ces huit propositions en les actualisant et en les d&#233;veloppant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| Voir &#201;ric Toussaint, Banque mondiale : le Coup d'&#201;tat permanent, CADTM-Syllepse-Cetim, 2006, chapitre 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| Pensons &#224; l'Irlande qui pratique un taux de seulement 12,5 % sur les b&#233;n&#233;fices des soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|4| Signalons que ce taux de 90 % avait &#233;t&#233; impos&#233; aux riches &#224; partir de la pr&#233;sidence de Franklin Roosevelt aux &#201;tats-Unis dans les ann&#233;es 1930.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|5| Voir Damien Millet et &#201;ric Toussaint, La Crise, quelles crises ?, Aden-CADTM-Cetim, 2010, chapitre 6.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|6| Les ventes &#224; d&#233;couvert permettent de sp&#233;culer sur la baisse d'un titre en vendant &#224; terme ce titre alors qu'on n'en dispose m&#234;me pas. Les autorit&#233;s allemandes ont interdit les ventes &#224; d&#233;couvert alors que les autorit&#233;s fran&#231;aises et celles d'autres pays sont oppos&#233;es &#224; cette mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.-S.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;ric Toussaint, docteur en sciences politiques des universit&#233;s de Li&#232;ge et de Paris VIII, pr&#233;sident du CADTM Belgique, membre du Conseil international du Forum social mondial et de la Commission pr&#233;sidentielle d'audit int&#233;gral de la dette (CAIC) de l'&#201;quateur, membre du Conseil scientifique d'ATTAC France, auteur des livres Un coup d'&#339;il dans le r&#233;troviseur. L'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale des origines jusqu'&#224; aujourd'hui (Cerisier, 2010), Banque du Sud et nouvelle crise internationale (CADTM-Syllepse, 2008), Banque mondiale : le coup d'Etat permanent (CADTM-Syllepse-Cetim, 2006), La finance contre les peuples (CADTM-Syllepse-Cetim, 2004). Co-auteur avec Damien Millet des livres La Crise, quelles crises ? (Aden-CADTM-Cetim, 2010), 60 questions 60 r&#233;ponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale (CADTM-Syllepse, 2008) et Les tsunamis de la dette (CADTM-Syllepse, 2005). Prochain ouvrage &#224; para&#238;tre en juin 2011 : La Dette ou la Vie, Aden-CADTM, 2011 (livre collectif coordonn&#233; par Damien Millet et Eric Toussaint).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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