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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>PRIVATISATION DES SAVOIRS </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Bensa&#239;d</dc:creator>


		<dc:subject>Th&#233;orie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La privatisation ne vise plus seulement les ressources naturelles ou les produits du travail. Elle convoite de plus en plus les connaissances et les savoirs. &lt;br class='autobr' /&gt;
tir&#233; de ''les d&#233;poss&#233;d&#233;s'', daniel Bensa&#239;d, &#233;ditions LUX &lt;br class='autobr' /&gt; tir&#233; de ''les d&#233;poss&#233;d&#233;s'', daniel Bensa&#239;d, &#233;ditions LUX &lt;br class='autobr' /&gt; C'est l'enjeu des n&#233;gociations et d&#233;bats en cours au sein de l'Organisation mondiale du commerce sur les services, la propri&#233;t&#233; intellectuelle et la brevetabilit&#233; (2). La distinction traditionnelle entre invention et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L82xH150/arton1755-eab6d.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='82' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La privatisation ne vise plus seulement les ressources naturelles ou les produits du travail. Elle convoite de plus en plus les connaissances et les savoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;tir&#233; de ''les d&#233;poss&#233;d&#233;s'', daniel Bensa&#239;d, &#233;ditions LUX&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;tir&#233; de ''les d&#233;poss&#233;d&#233;s'', daniel Bensa&#239;d, &#233;ditions LUX&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est l'enjeu des n&#233;gociations et d&#233;bats en cours au sein de l'Organisation mondiale du commerce sur les services, la propri&#233;t&#233; intellectuelle et la brevetabilit&#233; (2). La distinction traditionnelle entre invention et d&#233;couverte se brouille, et la d&#233;finition m&#234;me de ce qui est ou non brevetable devient probl&#233;matique. D&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 1980, la n&#233;cessit&#233; s'est impos&#233;e de l&#233;gif&#233;rer sur des pratiques scientifiques (comme les manipulations sur le vivant) en contradiction avec les d&#233;finitions en vigueur dans les droits de propri&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la &#171; nouvelle &#233;conomie &#187;, la premi&#232;re unit&#233; cr&#233;&#233;e par les laboratoires de recherche et d&#233;veloppement co&#251;te souvent bien plus cher en capital fixe investi que la reproduction en s&#233;rie du produit. L'appropriation des savoirs et la protection de leur monopole deviennent donc l'enjeu majeur des l&#233;gislations sur le nouveau statut de la propri&#233;t&#233; intellectuelle. Pourtant, l'open science est plus favorable et &#034;mieux adapt&#233;e &#224; la cr&#233;ation d'id&#233;es nouvelles que l'&#233;conomie de march&#233; (3) &#187;. La privatisation de la recherche et des connaissances qui en r&#233;sultent, leur mise sous s&#233;questre &#224; l'abri des concurrents, la culture du secret et la qu&#234;te du monopole freinent la diffusion des savoirs socialis&#233;s qui pourraient b&#233;n&#233;ficier au plus grand nombre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette contradiction rejaillit sous une forme qui devient au XXIe si&#232;cle &#034;&#233;quivalent de ce que fut le conflit entre secteur public et priv&#233; au si&#232;cle pr&#233;c&#233;dent : la rivalit&#233; entre le &#034; gratuit &#187; et le &#171; payant &#187;, la tentation de t&#233;l&#233;charger gratuitement des films et des chansons, de faire circuler des contrefa&#231;ons ou de fabriquer des produits g&#233;n&#233;riques est une donn&#233;e permanente de la nouvelle &#233;conomie, pour cette raison m&#234;me qu'il co&#251;te peu de dupliquer la premi&#232;re unit&#233; d'un bien, une fois qu'il a &#233;t&#233; d&#233;couvert (4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En 1992, la firme Agracetus a obtenu un brevet non seulement sur un coton g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;, mais aussi sur toute modification du g&#232;ne du coton en g&#233;n&#233;ral, autrement dit &#171; sur l'id&#233;e m&#234;me que l'on puisse modifier le g&#232;ne du coton &#187;. Au fil des ann&#233;es 1990, on a vu se d&#233;velopper ainsi une logique d'enclosure globale. Une telle &#233;volution a des r&#233;percussions majeures sur les conditions de la recherche. La multiplication faramineuse des brevets les plus divers fait que s'aventurer dans un champ de recherche, c'est se risquer dans un terrain min&#233; de brevets d&#233;pos&#233;s pour quadriller et cl&#244;turer non seulement les d&#233;couvertes elles-m&#234;mes, mais les domaines de recherche et les d&#233;couvertes susceptibles d'y &#234;tre faites : &#171; Private property ! No entrance ! &#187; Les grandes firmes ont &#224; leur solde des cabinets de plaideurs et de chicaneurs aptes &#224; dissuader les francs-tireurs de la recherche &#224; se risquer dans le maquis de co&#251;teuses proc&#233;dures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution a &#233;t&#233; tellement radicale, constate Dominique Pestre, qu'on a d&#233;sormais un mouvement de recollectivisation des brevets dans le cadre de cartels qui mettent en commun leurs brevets pour &#233;viter de devoir n&#233;gocier en permanence et de ralentir les processus innovants. Les grandes compagnies s'autorisent ainsi r&#233;ciproquement &#224; utiliser le savoir des autres. Par contre, pour ceux qui ne sont pas dans ces cadres cartellis&#233;s, cela pose des probl&#232;mes complexes, dans les universit&#233;s par exemples. (5)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait de recollectivisation, il s'agit bien &#233;videmment d'un monopole collectif sur les rentes de mati&#232;re grise, &#224; l'instar des cartels qui se partagent la rente p&#233;troli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les universit&#233;s seront de plus en plus r&#233;duites, par le biais des financements priv&#233;s, &#224; un r&#244;le de sous-traitance au service de ces nouveaux cartels du savoir. Il existe d&#233;j&#224; au Canada ct aux &#201;tats-Unis des cas o&#249; le contrat de partenariat inclut des clauses de confidentialit&#233; : la firme qui subventionne la recherche universitaire s'assure ainsi une exclusivit&#233; sur les connaissances produites, au d&#233;triment de leur libre circulation au sein de la communaut&#233; scientifique. Ces clauses de confidentialit&#233; ne sont pas nouvelles. Mais elles &#233;raient g&#233;n&#233;ralement limit&#233;es dans le temps, en attendant le d&#233;p&#244;t et l'obtention &#233;ventuelle d'un brevet, alors qu'elles tendent &#224; devenir permanentes. (6)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend que des lib&#233;raux sinc&#232;res ou na&#239;fs finissent eux-m&#234;mes par s'en &#233;mouvoir. Tout cela n'a en effet plus grand-chose &#224; voir avec la &#171; concurrence libre et non fauss&#233;e &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rendant compte du d&#233;bat en cours aux &#201;tats-Unis sur la libert&#233;, l'innovation et le domaine public, Gr&#233;goire Chamayou s'&#233;tonne &#224; juste titre que les r&#233;sistances critiques &#224; la propri&#233;t&#233; intellectuelle ne soient pas plus articul&#233;es &#224; celles portant sur la propri&#233;t&#233; traditionnelle. II y a, certes, une sp&#233;cificit&#233; des savoirs et de leur production sociale, mais certainement pas une &#171; exception intellectuelle&#034;. La France s'est jadis glorifi&#233;e d'avoir faire valoir &#171; l'exception culturelle&#034; dans les n&#233;gociations commerciales internationales, en arguant du fait que la culture (le cin&#233;ma, la litt&#233;rature, la musique ... ) n'est pas une marchandise comme une autre. Soit. Mais la sant&#233;, l'&#233;ducation, l'habitat, sont-ils des marchandises comme les autres ? &#192; une &#233;poque qui entend faire marchandise de tout, les d&#233;finitions et les fronti&#232;res sont incertaines. C'est pourquoi les batailles autour de la propri&#233;t&#233; intellectuelle peuvent servir de r&#233;v&#233;lateur aux contradictions inh&#233;rentes &#224; la notion m&#234;me de propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Comme le note Gr&#233;goire Chamayou, &#034; dans un contexte conceptuel [lib&#233;ral] olt la propri&#233;t&#233; est li&#233;e &#224; la libert&#233;, la propri&#233;t&#233; intellectuelle constitue un cas paradoxal o&#249; la propri&#233;t&#233; vient contrarier la libert&#233; (7) &#034;. En mati&#232;re de propri&#233;t&#233;, ce paradoxe n'est-il pas la r&#232;gle ? C'est du moins ce que cherchait d&#233;j&#224; &#224; d&#233;montrer Proudhon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les savoirs &#233;mergeant des pratiques sociales avaient jadis pu &#234;tre confisqu&#233;s et monopolis&#233;s par un clerg&#233; ou une caste. L'appropriation du travail vivant et de ses savoir-faire acquiert dans la machinerie industrielle une r&#233;alit&#233; imm&#233;diate. Avec la grande industrie, l'ensemble des sciences ont &#233;t&#233;, dit Marx, &#171; captur&#233;es et mises au service du capital &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement historique, le d&#233;veloppement politique, l'art, la science, se passent au-dessus de leur t&#234;te [des esclaves], mais c'est le capital qui le premier a fait prisonnier le progr&#232;s historique (les sciences et les techniques) pour le mettre au service de la richesse [ ... J. L'invention devient alors un m&#233;tier et l'application de la science &#224; la production imm&#233;diate devient elle-m&#234;me pour la science un point de vue d&#233;terminant ct qui la sollicite.(8)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, &#224; mesure que se d&#233;veloppe la grande industrie, &#171; la cr&#233;ation de la richesse r&#233;elle d&#233;pend moins du temps de travail et du quantum de travail employ&#233;, que de la puissance des agents mis en mouvement au cours du temps de travail, laquelle &#224; son tour n'a aucun rapport avec le temps de travail imm&#233;diatement d&#233;pens&#233; pour les produire, mais d&#233;pend bien plut&#244;t du niveau g&#233;n&#233;ral de la science et du progr&#232;s de la technologie, autrement dit, de l'application de cette science &#224; la production &#187;, Alors, &#171; l'appropriation du temps de travail d'autrui, sur quoi repose la richesse actuelle, appara&#238;t comme une base mis&#233;rable &#187;. Cette base mis&#233;rable est la raison des d&#233;r&#232;glements du monde. La loi de la valeur ne parvient plus &#224; mesurer la d&#233;mesure du monde qu'au prix de d&#233;raisons et de violences globales sans cesse accrues. (9)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En juillet 1998, l'Union europ&#233;enne autorisait la d&#233;livrance de brevets sur du &#171; mat&#233;riel biologique&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;l&#233;ment isol&#233; du corps humain, ou autrement produit par un proc&#233;d&#233; technique,. y compris la s&#233;quence ou la s&#233;quence partielle d'un g&#232;ne, peut constituer une invention brevetable, m&#234;me si la structure de cet &#233;l&#233;ment est identique &#224; celle d'un &#233;l&#233;ment naturel. (10)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chercheurs &#171; n'inventent&#034; pourtant pas un g&#232;ne. Suivant la distinction classique, ils se contentent de le d&#233;couvrir. Entre les deux notions, de m&#234;me qu'entre le naturel et l'artefact, la fronti&#232;re devient poreuse. Selon un directeur de la propri&#233;t&#233; industrielle chez Aventis, l'invention consisterait d&#233;sormais &#224; &#171; affecter une fonction technique &#224; la s&#233;quence d&#233;couverte &#187;. Un tel &#233;largissement de la notion peut mener tr&#232;s loin. On imagine ais&#233;ment quels avantages des firmes, pharmaceutiques ou autres, peuvent en tirer et quels int&#233;r&#234;ts sont en jeu dans la bataille sur les brevets. (11). On en a un aper&#231;u avec l'affaire du brevet accord&#233; &#224; Myriad Genetics sur les tests de d&#233;pistage du cancer du sein. Des institutions europ&#233;ennes avaient d&#233;velopp&#233; des tests moins chers et aussi fiables. Myriad s'est oppos&#233; &#224; leur commercialisation au nom de la propri&#233;t&#233; sur 'les g&#232;nes de pr&#233;disposition et sur leurs usages. L'Office europ&#233;en des brevets, saisi de nombreuses plaintes, a fini par retirer &#224; la firme les privil&#232;ges qui lui avaient &#233;t&#233; accord&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;claration de l'ONU de 1998 assimile le g&#233;nome humain &#224; &#171; un patrimoine commun de l'humanit&#233; &#187; En 2000, le C8 interdisait le brevetage de s&#233;quences g&#233;niques. La n&#233;gociation conflictuelle qui se poursuit entre la logique de rentabilit&#233; industrielle (pharmaceutique notamment) et de sant&#233; publique met &#224; l'ordre du jour une red&#233;finition du partage entre priv&#233; et public. Malgr&#233; l'accord des sp&#233;cialistes pour breveter l'interpr&#233;tation des s&#233;quences g&#233;niques, le malaise persiste sur le brevetage des s&#233;quences elles-m&#234;mes. Comme elles sont accessibles sur Internet, nombre de biologistes peuvent aujourd'hui y travailler. Le droit du brevet ouvrirait la voie &#224; une pers&#233;cution judiciaire plan&#233;taire contre des chercheurs susceptibles de violer, en toute bonne foi, le droit de propri&#233;t&#233; prot&#233;g&#233; par le brevet. Ici encore, la contradiction est explosive entre l'usage priv&#233; du savoir et son caract&#232;re social, li&#233; au niveau culturel et technique.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2. L'Accord g&#233;n&#233;ral sur le commerce et les services concerne 13 secteurs subdivis&#233;s en 163 sous-secteurs concernant les finances, les loisirs, les sports, l'&#233;ducation, l'environnement, la distribution, la communication, et &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; autres &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Daniel Cohen, Trois le&#231;ons sur la soci&#233;t&#233; postindustrielle, Paris, Seuil, coll. &#034; La R&#233;publique des id&#233;es &#034;2006, p.69,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Ibid&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Dominique Pestre, &#034;&#192; propos du nouveau r&#233;gime de production, d'appropriation et de r&#233;gulation des savoirs&#034;, Contretemps&#034; no. 14, Paris, Textuel, septembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Voir Alan Sokal, &#171; Science et' march&#233; des savoirs &#034;, Contretemps ;&#034; no. 14, op. cit, Quand la ministre sarkozyste des universit&#233;s, Val&#233;rie P&#233;cresse, r&#233;sume l'esprit de sa r&#233;forme annonc&#233;e par &#171; l'id&#233;e de donner aux universit&#233;s fran&#231;aises un mode de fonctionnement mieux adapt&#233; au monde dans lequel nous vivons &#034;, c'est aussi de cela qu'il s'agit. Et comme ce monde de la marchandisation forc&#233;e a sa logique, il faut notamment &#171; que les universit&#233;s puissent g&#233;rer librement leur patrimoine immobilier, recruter librement les enseignants qu'elles souhaitent, g&#233;rer leurs cr&#233;dits comme elles l'entendent &#187; (Journal du Dimanche, 27 mai 2007). C'est ni plus ni moins l'annonce de l'ouverture du march&#233; &#233;ducatif &#224; la concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Gr&#233;goire Chamayou, &#171; Le d&#233;bat am&#233;ricain sur libert&#233;, innovation, domaine public&#034;, Contretemps, n&#034; 5, Paris, Textuel, 2002. Cet article pr&#233;sente une excellente synth&#232;se critique de la controverse sur la propri&#233;t&#233; intellectuelle et ses pr&#233;suppos&#233;s philosophiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Marx, Manuscrits de 1857-1858, tome TI, Paris, &#201;ditions sociales, 1980, p. 80, 192.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9.'&#034; Des insulaires, demandait Proudhon, pourraient-ils sans crime, sous pr&#233;texte de propri&#233;t&#233;, repousser avec des crocs de malheureux naufrag&#233;s qui tenteraient d'aborder sur leurs c&#244;tes ? &#187; (Qu'est-ce que la propri&#233;t&#233; i, op. cit., p. 99). C'est pourtant devenu aujourd'hui le lot quotidien des mis&#232;res du monde, &#224; Ceuta et Melilla, sur les c&#244;tes italiennes ou sur la fronti&#232;re du Rio Grande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Article 5 de la directive europ&#233;enne 98/44.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Illustrant l'&#233;mergence d'un g-business (g comme g&#232;ne), pas moins de 28 soci&#233;t&#233;s de biotechnologies sont entr&#233;es en Bourse durant le seul &#233;t&#233; 2000, dont neuf en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Extraits du livre &#034;Les d&#233;poss&#233;d&#233;s&#034; publi&#233; chez Lux en 2008, pp 85 &#224; 94)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'avenir est &#224; gauche</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/L-avenir-est-a-gauche</link>
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		<dc:date>2008-05-14T06:02:55Z</dc:date>
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		<dc:subject>Th&#233;orie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Douze contributions pour un renouvellement de la gauche au Qu&#233;bec Collectif sous la direction de Pierre Mouterde &lt;br class='autobr' /&gt; Que signifie &#234;tre de gauche aujourd'hui ? O&#249; en est la gauche contemporaine et comment la renouveler, tisser des liens, convaincre ? Comment enfin proposer une r&#233;elle alternative au n&#233;olib&#233;ralisme ? Finalement, pourquoi au Qu&#233;bec, l'avenir serait-il &#224; gauche ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec pour horizon celui du Qu&#233;bec contemporain, ce livre veut faire conna&#238;tre &#224; un large public la pertinence et la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Douze contributions pour un renouvellement de la gauche au Qu&#233;bec&lt;br class='autobr' /&gt;
Collectif sous la direction de Pierre Mouterde&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Que signifie &#234;tre de gauche aujourd'hui ? O&#249; en est la gauche contemporaine et comment la renouveler, tisser des liens, convaincre ? Comment enfin proposer une r&#233;elle alternative au n&#233;olib&#233;ralisme ? Finalement, pourquoi au Qu&#233;bec, l'avenir serait-il &#224; gauche ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec pour horizon celui du Qu&#233;bec contemporain, ce livre veut faire conna&#238;tre &#224; un large public la pertinence et la richesse des id&#233;es qui, aujourd'hui, animent la gauche en marche du Qu&#233;bec ; cette gauche qui depuis quelques ann&#233;es n'a cess&#233; de repenser, de r&#233;actualiser, les fondements m&#234;mes de son intervention. Les auteurEs ont voulu tracer des points de rep&#232;re, nommer le nouveau, en somme d&#233;finir ce chantier de r&#234;ves, de doutes et de certitudes &#224; partir duquel la gauche du Qu&#233;bec cherche &#224; se reconstituer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude Vaillancourt montre comment la distinction gauche/droite pose probl&#232;me, exige qu'on la repense. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pierre Mouterde expose la pertinence du projet sociopolitique de la gauche en le repla&#231;ant dans une perspective historique de longue port&#233;e, permettant d'en appr&#233;cier les indispensables legs, comme les r&#233;actualisations n&#233;cessaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jacques B. G&#233;linas nous ram&#232;ne &#224; la r&#233;alit&#233; qu&#233;b&#233;coise en montrant comment le PQ a vir&#233; &#224; droite dans les ann&#233;es 1980, et comment d'authentiques perspectives de transformations sociales se trouvent fort loin du virage n&#233;olib&#233;ral qu'il a si clairement op&#233;r&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui permet &#224; Fran&#231;oise David et Amir Khadir de nous montrer en quoi le projet de Qu&#233;bec solidaire pourrait devenir une alternative sociopolitique pour le Qu&#233;bec contemporain. &lt;br class='autobr' /&gt;
Gabrielle Gerin prolonge leur r&#233;flexion en soulignant quelques-unes des conditions oblig&#233;es &#224; partir desquelles un tel parti redeviendrait synonyme d'espoir. &lt;br class='autobr' /&gt;
De son c&#244;t&#233;, Marco Silvestro insiste sur la n&#233;cessit&#233; d'opter pour des transformations radicales. D'autant plus qu'avec la mont&#233;e en force du n&#233;olib&#233;ralisme, les choses ont bien chang&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Point de vue que partageraient Diane Lamoureux et Lorraine Guay elles qui privil&#233;gient les mouvements sociaux et la vigilance citoyenne et l'id&#233;e de changer le rapport au pouvoir pour changer les rapports de pouvoir. Robert Jasmin nous rappelle comment la r&#233;flexion de gauche a &#233;t&#233; profond&#233;ment remodel&#233;e par le mouvement altermondialiste, nous ouvrant ainsi &#224; un v&#233;ritable champ de possibles &#224; l'&#233;chelle du monde. M&#234;me chose pourrait-on dire avec l'irruption de la question &#233;cologiste au coeur du discours de gauche. &lt;br class='autobr' /&gt;
Serge Mongeau s'attarde sur cette probl&#233;matique et nous indique comment elle nous oblige &#224; modifier toutes nos habitudes de pens&#233;e, pr&#233;sentant l'id&#233;e d'une soci&#233;t&#233; fond&#233;e sur la d&#233;croissance. &lt;br class='autobr' /&gt;
Raymond Favreau compl&#232;te cette approche en l'opposant &#224; la notion plus classique de d&#233;veloppement durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; y jeter un coup d'oeil rapide, toutes ces contributions pourront para&#238;tre passablement diversifi&#233;es. Elles indiquent cependant assez bien autour de quelles grandes lignes de partage la gauche cherche &#224; se d&#233;finir et surtout &#224; quels nouveaux d&#233;fis elle se trouve confront&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car l'organisation de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale et ses effets en cha&#238;ne &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te enti&#232;re, obligent la gauche &#224; repenser et questionner les traditions &#224; partir desquelles elle s'&#233;tait jusqu'&#224; pr&#233;sent constitu&#233;e. Et ce n'est pas une mince t&#226;che que rester, tout &#224; la fois, fid&#232;le &#224; des valeurs donn&#233;es et de se donner les moyens de les actualiser en fonction m&#234;me des exigences des temps pr&#233;sents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sociologue et professeur de philosophie, Pierre Mouterde est sp&#233;cialis&#233; dans l'&#233;tude des mouvements sociaux en Am&#233;rique latine. Il a publi&#233;, entre autres, Repenser l'action politique de gauche, Quand l'utopie ne d&#233;sarme paset ADQ : voie sans issue aux &#201;ditions &#201;cosoci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Notes de lecture : daniel Bensa&#239;d, les d&#233;poss&#233;d&#233;s aux &#233;ditions LUX </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Notes-de-lecture-daniel-Bensaid-les-depossedes-aux-editions-LUX</link>
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		<dc:date>2008-05-05T05:31:22Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michael L&#246;wy</dc:creator>


		<dc:subject>Th&#233;orie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Michael L&#246;wy tir&#233; d'inprecor num&#233;ro N&#176; 532-533, 2007-11-12 &lt;br class='autobr' /&gt;
Daniel Bensa&#239;d, Les d&#233;poss&#233;d&#233;s &#8212; Karl Marx, les voleurs de bois et le droit des pauvres, &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce pr&#233;cieux petit ouvrage est beaucoup plus qu'une introduction aux c&#233;l&#232;bres articles du jeune Karl Marx sur les d&#233;bats dans la Di&#232;te Rh&#233;nane concernant le vol de bois par les paysans, publi&#233;s dans la Gazette Rh&#233;nane en octobre 1842 (et r&#233;&#233;dit&#233;s ici en Annexe). Il s'agit d'une r&#233;flexion originale sur le th&#232;me tr&#232;s actuel des biens communs de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L82xH150/arton1692-f33c8.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='82' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
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tir&#233; d'inprecor num&#233;ro N&#176; 532-533, 2007-11-12&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Bensa&#239;d, Les d&#233;poss&#233;d&#233;s &#8212; Karl Marx, les voleurs de bois et le droit des pauvres,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce pr&#233;cieux petit ouvrage est beaucoup plus qu'une introduction aux c&#233;l&#232;bres articles du jeune Karl Marx sur les d&#233;bats dans la Di&#232;te Rh&#233;nane concernant le vol de bois par les paysans, publi&#233;s dans la Gazette Rh&#233;nane en octobre 1842 (et r&#233;&#233;dit&#233;s ici en Annexe). Il s'agit d'une r&#233;flexion originale sur le th&#232;me tr&#232;s actuel des biens communs de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le rappelle Bensa&#239;d, les articles de Marx opposent le droit d'usage coutumier des pauvres &#8212; le ramassage des bois &#8212; au droit de propri&#233;t&#233; capitaliste des propri&#233;taires des for&#234;ts. Certes, le cadre philosophique du jeune Marx en 1842 est encore celui, rationaliste lib&#233;ral, de l'h&#233;g&#233;lianisme : l'&#201;tat repr&#233;sente &#8212; ou devrait repr&#233;senter &#8212; une rationalit&#233; sup&#233;rieure face aux int&#233;r&#234;ts priv&#233;s. Mais en critiquant la propri&#233;t&#233; priv&#233;e du point de vue des droits d'usage des communs par les pauvres, il annonce d&#233;j&#224; son engagement futur pour le communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul passage qui me semble discutable dans cette premi&#232;re partie du livre c'est quand Daniel Bensa&#239;d semble sugg&#233;rer la th&#232;se suivante : puisque Marx d&#233;finit la propri&#233;t&#233;, dans l'Id&#233;ologie Allemande (1846), comme &#171; un mode de relation n&#233;cessaire &#224; un stade du d&#233;veloppement des forces productives &#187;, il n'y a gu&#232;re de sens &#224; d&#233;clarer l'exploitation injuste. Entre le droit des poss&#233;dants et des poss&#233;d&#233;s, c'est la force qui tranche. Je me permets de diverger : m&#234;me s'ils sont &#8212; momentan&#233;ment &#8212; les plus forts, les poss&#233;dants ne sont pas moins des parasites, et leur syst&#232;me d'exploitation est fond&#233; sur l'injustice. En tout cas, c'est comme cela que je lis Le Capital&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apport le plus int&#233;ressant du livre c'est la d&#233;monstration pr&#233;cise et argument&#233;e de la &#171; troublante actualit&#233; des articles de Marx &#224; l'heure de la globalisation marchande et de la privatisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e du monde &#187;. A une &#233;poque de monstrueuse appropriation priv&#233;e des richesses naturelles et sociales, de brutale privatisation n&#233;olib&#233;rale des droits communs &#8212; protection sociale, sant&#233;, retraites &#8212; et des produits de l'intelligence universelle &#8212; la science, les savoirs &#8212; le combat de Marx pour &#171; l'&#233;conomie morale &#187; (le terme est de l'historien marxiste anglais E.P. Thompson), fond&#233;e sur la solidarit&#233;, contre les &#171; eaux glac&#233;es du calcul &#233;go&#239;ste &#187; est plus que jamais significatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des plus beaux passages de l'ouvrage est celui o&#249; Bensa&#239;d met en &#233;vidence l'absurdit&#233; des &#171; &#233;cologistes de march&#233; &#187; comme Nicholas Stern (auteur d'un r&#233;cent rapport pour le gouvernement anglais sur le co&#251;t des d&#233;g&#226;ts &#233;cologiques) qui tentent, en vain, de &#171; calculer le prix &#187; de la pollution, de la mort des oc&#233;ans, de la fonte des glaciers et du d&#233;r&#232;glement climatique. Tout en reconnaissant que le r&#233;chauffement de la plan&#232;te est &#171; un &#233;chec sans pr&#233;c&#233;dent du march&#233; &#187;, Stern se livre &#224; des acrobaties comptables pour transformer en marchandises des choses &#8212; la vie humaine, les &#233;cosyst&#232;mes &#8212; qui n'en sont pas, pour leur attribuer un prix de march&#233;. La faillite de sa tentative illustre l'impossibilit&#233; de r&#233;soudre le d&#233;fi &#233;cologique par la loi impitoyable de la valeur marchande. Le revers de la m&#233;daille de ces savants calculs est l'&#233;thique compassionnelle de Nicholas Stern et ses sermons sur les changements de comportement des consommateurs individuels, cens&#233;s &#234;tre les coupables de la catastrophe annonc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On escamote ainsi le v&#233;ritable responsable : la logique concurrentielle du capital, produisant des quantit&#233;s gigantesques de biens inutiles et nuisibles, dont la publicit&#233; assure la consommation compulsive. A la racine du probl&#232;me se trouve l'incommensurabilit&#233; entre valeurs marchandes et valeurs &#233;cologiques, qui constitue sans doute une des limites historiques du mode de production capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici donc un petit livre d'une formidable actualit&#233;, qui r&#233;ussit, en partant des travaux du jeune Marx, &#224; poser quelques-unes des questions les plus importantes pour l'avenir de l'humanit&#233; au XXI&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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