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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Avec et au-del&#224; du gouvernement p&#233;quiste, les affrontements qui s'annoncent !</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Avec-et-au-dela-du-gouvernement-pequiste-les-affrontements-qui-s-annoncent</link>
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		<dc:date>2012-10-04T12:49:20Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le gouvernement Marois sera donc un gouvernement minoritaire. Avec 31,93 %, le PQ ne d&#233;passe le PLQ que par un point dans les votes obtenus. Et l'opposition des partis de la droite f&#233;d&#233;raliste, le PLQ et la CAQ, rassemblent une majorit&#233; des votes et des d&#233;put&#233;Es. De ces constats, il semblait facile de conclure que le gouvernement Marois serait un gouvernement incapable d'initiatives, en attente des prochaines &#233;lections g&#233;n&#233;rales, un gouvernement de transition vers des perspectives peu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Politique-quebecoise-" rel="directory"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Politique-quebecoise-35-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le gouvernement Marois sera donc un gouvernement minoritaire. Avec 31,93 %, le PQ ne d&#233;passe le PLQ que par un point dans les votes obtenus. Et l'opposition des partis de la droite f&#233;d&#233;raliste, le PLQ et la CAQ, rassemblent une majorit&#233; des votes et des d&#233;put&#233;Es. De ces constats, il semblait facile de conclure que le gouvernement Marois serait un gouvernement incapable d'initiatives, en attente des prochaines &#233;lections g&#233;n&#233;rales, un gouvernement de transition vers des perspectives peu d&#233;finies.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La faiblesse des r&#233;sultats devait-elle d&#233;boucher sur la faiblesse des attentes des changements possibles, sur la diminution des esp&#233;rances. C'est bien avec ces moroses perspectives qu'il fallait rompre, si le PQ ne voulait pas payer am&#232;rement les fruits de cette demi-victoire. Il fallait imposer une logique de rupture avec le gouvernement de Jean Charest. Il fallait d&#233;montrer que le gouvernement pouvait &#234;tre fid&#232;le aux promesses &#233;lectorales, particuli&#232;rement celles que le PQl avait faites aux mouvements sociaux qui s'&#233;taient mobilis&#233;s contre les aspects les plus r&#233;gressifs des politiques du pr&#233;c&#233;dent gouvernement. Dans cette premi&#232;re semaine, le gouvernement Marois a donc multipli&#233; les initiatives :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; annulation de la hausse des frais de scolarit&#233; impos&#233;e par le gouvernement Charest, &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; abrogation de la loi r&#233;pressive 12 (78) qui restreignait le droit de manifester et mena&#231;ait l'int&#233;grit&#233; des organisations &#233;tudiantes,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; abolition de la contribution sant&#233; imposant une taxe r&#233;gressive &#224; plus de 5 millions de Qu&#233;b&#233;coisEs,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; r&#233;cup&#233;ration de l'argent ainsi perdu par la promesse de modification de la loi de l'imp&#244;t pour faire payer les plus riches (ceux et celles dont les revenus annuels d&#233;clar&#233;s d&#233;passent 130 000 $ par l'introduction de nouveaux paliers d'imposition et une diminution de l'exon&#233;ration des gains en capital qui passe de 50 % &#224; 25 %,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; fermeture de la centrale Gentilly 2, &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; poursuite du moratoire sur l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste et transfert du mandat de l'&#233;valuation de la dangerosit&#233; de cette exploitation au Bape, &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; fin de l'exploitation de l'amiante et non-versement du ch&#232;que promis par Charest &#224; la mine Jeffrey...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces d&#233;cisions sont apparues aux mouvements &#233;tudiant, &#233;cologiste et &#224; celui contre la tarification et la privatisation des services publics comme de v&#233;ritables victoires. En effet, pour profiter du souffle critique port&#233; par ces mouvements contre le gouvernement Charest, le PQ avait d&#251; faire ces engagements. En agissant ainsi, le gouvernement Marois consolidait les rapports qu'il avait cr&#233;&#233;s avec ses mouvements et d&#233;montrait &#224; la population qu'il &#233;tait loin d'&#234;tre un gouvernement paralys&#233;, qu'il &#233;tait capable des d&#233;cisions importantes, qu'il pouvait &#234;tre porteur de changements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait agir vite avant que l'enlisement parlementaire annonc&#233;, que la multiplication des compromis oblig&#233;s, que les renoncements programm&#233;s par la faiblesse de ce gouvernement face &#224; une possible gouvernance souverainiste, montrent toute la limite de cette victoire p&#233;quiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, il n'en fallait pas plus pour que le milieu des affaires monte aux cr&#233;neaux. Les gens d'affaires ont dit nager dans l'incertitude. Le gouvernement Marois n'a pas une &#233;quipe &#233;conomique exp&#233;riment&#233;e ont commenc&#233; &#224; tonner les porte-parole du patronat. Lucien Bouchard aux Francs tireurs a apport&#233; sa contribution &#224; la campagne du patronat. Le Parti qu&#233;b&#233;cois, a-t-il affirm&#233;, n'a pas de programme &#233;conomique. C'est un gouvernement qui agit avec pr&#233;cipitation. C'est un gouvernement qui n'est pas &#224; l'&#233;coute de la population des r&#233;gions. Bref, c'est un gouvernement irresponsable. Les &#233;l&#233;ments les plus excit&#233;s des &#233;lites lib&#233;rales affirmaient souhaiter son renversement le plus t&#244;t possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a exc&#233;d&#233; particuli&#232;rement le patronat, c'est la proposition d'augmenter les imp&#244;ts des plus riches, pire encore c'&#233;tait d'introduire une augmentation du niveau d'imposition sur les gains de capitaux. D&#233;j&#224; les menaces de la fuite des capitaux, de d&#233;sinvestissement en tout genre &#233;taient &#233;voqu&#233;es dans divers m&#233;dias. L'industrie mini&#232;re a mis en garde de gouvernement contre la hausse des redevances ou autres obligations. Cela pourrait avoir des retomb&#233;es en termes de refus d'investir. Le gouvernement p&#233;quiste, s'interroge les &#233;conomistes de service, serait-il en train de ralentir l'enthousiasme des grands investisseurs ? Rien de moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande irresponsabilit&#233;, pour ces milieux, c'&#233;tait de toucher en quoi que ce soit &#224; l'actuelle distribution des richesses. Rien ne semblait plus odieux et irresponsable pour le patronat que de laisser m&#234;me croire &#224; la population que l'actuelle distribution des richesses pouvait &#234;tre questionn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation r&#233;gionale contre la fermeture de Gentilly 2 se faisait encore une fois au nom de la d&#233;fense des emplois. Alors que le Japon a d&#233;cid&#233; de fermer ces centrales, alors que l'Allemagne prend le m&#234;me chemin, car ces pays ont tir&#233; les le&#231;ons de Fukushima apr&#232;s bien d'autres catastrophes nucl&#233;aires, nos affairistes lib&#233;raux nient totalement les r&#233;alit&#233;s reconnues dans le monde sur les dangers de l'&#233;nergie nucl&#233;aire et veulent r&#233;duire un d&#233;bat essentiel sur l'avenir du Qu&#233;bec comme de la plan&#232;te &#224; des occasions d'affaires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'objectif de l'oligarchie, mettre ce gouvernement p&#233;quiste au pas, et cela, le plus rapidement possible !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation des repr&#233;sentants de l'oligarchie &#233;conomique et politique n'a pas tard&#233;. Ils sont d&#233;j&#224; majoritaire au parlement. Les affairistes vont utiliser leur poids au parlement et leurs r&#233;seaux dans les m&#233;dias, dans les municipalit&#233;s et les diff&#233;rentes r&#233;gions pour mettre au pas et &#224; leur service un gouvernement qu'il n'aime pas, car il a l'outrecuidance de remettre en question l'unit&#233; de leur pays et de s'appuyer sur l'agitation et la mobilisation des classes domin&#233;es pour favoriser leurs succ&#232;s &#233;lectoraux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant le gouvernement et le Parti qu&#233;b&#233;cois ne sont pas construits pour confronter cette &#233;lite de fa&#231;on cons&#233;quente. D'ailleurs, le gouvernement Marois multiplie les propos rassurants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce gouvernement &#034;vert&#034; a refus&#233; jusqu'&#224; maintenant de s'engager &#224; ne pas exploiter le p&#233;trole &#224; l'&#239;le d'Anticosti et dans le golfe St-Laurent. Le ministre des Finances et de l'&#201;conomie, Nicolas Marceau, a multipli&#233; les promesses de son ouverture au milieu des affaires : &#171; Je vais tout faire pour que la croissance &#233;conomique du Qu&#233;bec aille plus rapidement, a-t-il ajout&#233;. C'est la cl&#233;, &#233;videmment. La prosp&#233;rit&#233; des Qu&#233;b&#233;cois passe par une croissance &#233;conomique plus rapide, un milieu des affaires qui fait face &#224; un climat d'affaires attrayant. &#187; a-t-il assur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'est engag&#233; de parvenir &#224; l'&#233;quilibre budg&#233;taire, soit au d&#233;ficit z&#233;ro, pour 2013-2014, dans les m&#234;mes d&#233;lais que ceux promis par le lib&#233;ral Raymond Bachand. Cela promet une politique d'aust&#233;rit&#233; f&#233;roce, dans une p&#233;riode o&#249; le ralentissement &#233;conomique s'impose d&#233;j&#224;. Va-t-il modifier r&#233;ellement le mandat de la Caisse de d&#233;p&#244;t ? O&#249; va-t-il plier aux injonctions du patronat qui ne veut pas d'un gouvernement qui intervient comme investisseur dans l'&#233;conomie r&#233;elle ? Va-t-il virer Sabia ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En prenant ces engagements sur l'&#233;quilibre budg&#233;taire dans ces d&#233;lais, Nicolas Marceau donne d&#233;j&#224; des gages &#224; l'oligarchie &#233;conomique. Soyons certains que le patronat et ses partis sauront combiner les menaces avec un &#171; dialogue intensif &#187; pour chercher &#224; imposer leurs revendications au gouvernement. D'autant plus que l'ouverture du ministre des Finances et de l'&#201;conomie semble au rendez-vous. La lutte des classes rev&#234;t des formes multiples et on voit dans l'actualit&#233; pr&#233;sente (comme celle d'hier) toute l'intensit&#233; qu'elle peut prendre lorsque la classe dominante veut imposer ses priorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut moins que jamais se contenter d'un regard impressionniste &#224; courte vue sur le cours des choses. L'oligarchie &#233;conomique et financi&#232;re a ses int&#233;r&#234;ts et ses choix &#224; d&#233;fendre. Elle n'est pas d&#233;pourvue de moyens. Le PQ n'a pas &#233;t&#233; construit pour lui r&#233;sister s&#233;rieusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La principale fa&#231;on de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des travailleuses, des travailleurs, des femmes et des jeunes, de prot&#233;ger nos services publics, notre environnement, c'est dans la rue, par la mobilisation et en comptant sur des repr&#233;sentantEs authentiques &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Dans la p&#233;riode de crise &#233;conomique et politique qui s'annonce, la lutte des classes se r&#233;v&#233;lera moins que jamais une formule, mais une r&#233;alit&#233; dans laquelle il faudra prendre parti et s'engager.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La face cach&#233;e du projet de loi 33</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-face-cachee-du-projet-de-loi-33</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/La-face-cachee-du-projet-de-loi-33</guid>
		<dc:date>2012-01-21T03:13:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Frappier</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comme il fallait s'y attendre, les amendements annonc&#233;s dans le projet de loi 33 ont &#233;t&#233; adopt&#233;s &#224; l'assembl&#233;e nationale dans un grand &#233;lan de pseudo d&#233;mocratisation du mouvement syndical. Le gouvernement Charest s'est bien gard&#233; d'annoncer &#224; l'avance dans ce projet un amendement des plus importants soumis &#224; la derni&#232;re minute. En effet la loi de la construction, la loi R-20 amend&#233;e, exclura dor&#233;navant de sa juridiction la construction des chemins forestiers. &lt;br class='autobr' /&gt; Si on consid&#232;re que le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Luttes-syndicales-" rel="directory"&gt;Luttes syndicales&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Politique-quebecoise-35-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Syndicalisme-+" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comme il fallait s'y attendre, les amendements annonc&#233;s dans le projet de loi 33 ont &#233;t&#233; adopt&#233;s &#224; l'assembl&#233;e nationale dans un grand &#233;lan de pseudo d&#233;mocratisation du mouvement syndical. Le gouvernement Charest s'est bien gard&#233; d'annoncer &#224; l'avance dans ce projet un amendement des plus importants soumis &#224; la derni&#232;re minute. En effet la loi de la construction, la loi R-20 amend&#233;e, exclura dor&#233;navant de sa juridiction la construction des chemins forestiers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si on consid&#232;re que le gouvernement pr&#233;voit prolonger la route 167 vers les monts Otish, verra &#224; la r&#233;fection de la route 389 entre Baie-Comeau et Fermont, poursuivra le prolongement de la route 138 entre Natashquan et Kegaska, prolongera la route 138 par la construction d'un lien entre Kegaska et Blanc-Sablon et fera des &#233;tudes pour &#233;valuer la faisabilit&#233; de la construction d'un lien terrestre (routier ou ferroviaire) de Kuujjuaq vers le sud, cela n'est pas une petite affaire. &#171; Au chapitre des infrastructures de transport, le gouvernement investira d'abord dans les projets qui permettent d'acc&#233;der aux zones qui pr&#233;sentent le plus grand potentiel de d&#233;veloppement &#233;conomique. Il investira 1 191 millions de dollars dans le d&#233;veloppement des infrastructures. &#187; (1)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement pourra avec cet amendement, utiliser du personnel non syndiqu&#233; pour effectuer ces importants travaux sans aucune contrainte. Il pourrait m&#234;me embaucher du personnel hors Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des le&#231;ons &#224; tirer&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charest a d&#233;finitivement fait preuve d'une hypocrisie sans &#233;gal, en cassant du sucre sur le dos de la FTQ construction il a fait passer en douce l'ouverture au travail non syndiqu&#233;. Richard Le Hir avait bien raison de sonner l'alarme en indiquant qu'il y avait un lien entre l'abolition du placement syndical et la possibilit&#233; pour les entreprises int&#233;ress&#233;es au Plan Nord de d&#233;velopper leurs projets sans avoir les syndicats dans leurs pattes. (2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1)	Cadre financier du Plan Nord, Gouvernement du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2)	Voir Vigile.net&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gaz de schiste : Wo !</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Gaz-de-schiste-Wo</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Gaz-de-schiste-Wo</guid>
		<dc:date>2011-01-17T03:18:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Gaz de schiste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Gaz de schiste : Wo ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Une r&#233;alisation de Dominic Champagne et Louis B&#233;langer &lt;br class='autobr' /&gt;
P&#233;tition officielle&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Videos-" rel="directory"&gt;Vid&#233;os&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Politique-quebecoise-35-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Gaz-de-schiste-+" rel="tag"&gt;Gaz de schiste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gaz de schiste : Wo !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;object width=&#034;210&#034; height=&#034;163&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.youtube.com/v/XIdKWcKoa0Q?fs=1&amp;hl=fr_FR&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowscriptaccess&#034; value=&#034;always&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&#034;http://www.youtube.com/v/XIdKWcKoa0Q?fs=1&amp;hl=fr_FR&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; allowscriptaccess=&#034;always&#034; allowfullscreen=&#034;true&#034; width=&#034;210&#034; height=&#034;121&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;alisation de Dominic Champagne et Louis B&#233;langer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-909/index.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;P&#233;tition officielle&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La d&#233;magogie de Fournier</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-demagogie-de-Fournier</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/La-demagogie-de-Fournier</guid>
		<dc:date>2005-03-05T22:16:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement des jeunes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fournier affirmait que la session pouvait &#234;tre perdue &#224; cause de la gr&#232;ve des &#233;tudiants. Il ne sait pas de quoi il parle. Voici pourquoi (tir&#233; de la FAQ de ce site...) : &lt;br class='autobr' /&gt; Si le ministre d&#233;cidait d'annuler une session, cela impliquerait : Deux cohortes &#224; g&#233;rer dans un c&#233;gep Deux fois plus de profs Deux fois plus de locaux Deux fois plus de personnel de soutien, etc. etc. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela impliquerait &#233;galement : Des retards d'une session compl&#232;te dans l'arriv&#233;e des dipl&#244;mes technique sur le march&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Luttes-etudiantes-" rel="directory"&gt;Luttes &#233;tudiantes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Politique-quebecoise-35-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-des-jeunes-+" rel="tag"&gt;Mouvement des jeunes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fournier affirmait que la session pouvait &#234;tre perdue &#224; cause de la gr&#232;ve des &#233;tudiants. Il ne sait pas de quoi il parle. Voici pourquoi (tir&#233; de la FAQ de ce site...) :&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Si le ministre d&#233;cidait d'annuler une session, cela impliquerait : Deux cohortes &#224; g&#233;rer dans un c&#233;gep&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Deux fois plus de profs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Deux fois plus de locaux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Deux fois plus de personnel de soutien, etc. etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela impliquerait &#233;galement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Des retards d'une session compl&#232;te dans l'arriv&#233;e des dipl&#244;mes technique sur le march&#233; du travail : plus d'infirmi&#232;res, de techniciens en g&#233;nie m&#233;canique, civil, de techniciens comptables, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Des retards pour les entreprises qui ont besoin de main d'oeuvre qualifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, le ministre est dans le champ ! Il ne peut pas se permettre un tel d&#233;sordre social et &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quoi une gr&#232;ve construit un rapport de force par rapport au gouvernement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est effectivement pertinent de se poser la question &#224; savoir si cela fait pression sur le gouvernement du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse est OUI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce retard dans la session cause des pertes &#233;conomiques, financi&#232;res et institutionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, une gr&#232;ve reporte la disponibilit&#233; des &#233;tudiants et &#233;tudiantes pour des travaux d'&#233;t&#233; (des &#034;jobs&#034; d'&#233;t&#233;). Ainsi, de mani&#232;re non exhaustive, un centre touristique d'une r&#233;gion donn&#233;e, des h&#244;pitaux , le gouvernement et des entreprises perdront leur main d'oeuvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti Lib&#233;ral du Qu&#233;bec (PLQ) est beaucoup plus proche des entrepreneurs que des syndicats et a donc une oreille attentive aux gestionnaires d'&#233;tablissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, les conventions collectives des professeurs stipulent que les employ&#233;s d'une institution d'enseignement, si pour une raison quelconque (gr&#232;ve, dans ce cas ci), ne peuvent s'acquitter de leurs t&#226;ches, doivent quand m&#234;me &#234;tre r&#233;mun&#233;r&#233;s. Par cons&#233;quent, chaque jour de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale repr&#233;sente des pertes &#233;normes pour le gouvernement du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s'en convaincre, il suffit de diviser le montant total que le gouvernement donne aux c&#233;geps par le nombre total de jours o&#249; les c&#233;geps sont ouverts. Le gouvernement donne, annuellement, 1 312 840 000 $ (source : budget du Qu&#233;bec). Les c&#233;geps dispensent au minimum 164 jours de cours. Au plus, ils dispensent 365 jours (une ann&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a veut donc dire que le gouvernement perd entre 8 000 000 $ (si 165 jours) et 3 600 000 $ (365 jours) par jour de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Le nombre moyen est d'environ 5 000 000$ par jour de gr&#232;ve. Dans le cas d'une gr&#232;ve de quatre semaines, le gouvernement perd donc 100 000 000$ (100 millions) en salaire et d&#233;penses de &#034;fonctionnement&#034; (chauffage, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, les c&#233;geps ont l'obligation de dispenser un minimum de 82 jours de cours par session (source : R&#233;glement sur les &#233;tudes coll&#233;giales, section V, article 18). Ce qui veut dire qu'ils doivent, peu importe ce qui se passe et sous peine de poursuite (d'un &#233;tudiant, d'un parent, du gouvernement) donner une session de cours. Donc, si une session est annul&#233;e parce que la gr&#232;ve a &#233;t&#233; trop longue, les c&#233;geps ont l'obligation de la reprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, si un &#233;tudiant subit un pr&#233;judice, il pourrait techniquement poursuivre son c&#233;gep pour dommage et int&#233;r&#234;t. &#199;a pourrait repr&#233;senter des co&#251;ts suppl&#233;mentaires pour les c&#233;geps et, indirectement le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout, une session &#034;reprise&#034; implique qu'une institution d'enseignement doit prendre en charge deux cohortes en m&#234;me temps. Cela impliquerait deux fois plus de profs, deux fois plus d'employ&#233;s, deux fois plus de locaux, etc. Donc, cela repr&#233;sente une pression &#233;norme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, un gr&#232;ve constitue &#233;galement un important ph&#233;nom&#232;ne social. Cela a un important impact sur le taux d'insatisfaction envers le gouvernement. Ce dernier cherche &#224; se faire r&#233;&#233;lire et ne souhaite pas &#234;tre impopulaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, le ministre est dans le champ.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;(Article tir&#233; du site web &lt;a href=&#034;http://www.greve.qc.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.greve.qc.ca&lt;/a&gt;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Les adminsitrateurs de ce site sont : maxime, sourcefiable, grevemaster, frankoboy et antoine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Leurs adresses respectives sont &#034;surnom&#034; + @greve.qc.ca (ex. : maxime@greve.qc.ca)&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour les rejoindre tous : coordination@greve.qc.ca&lt;br class='autobr' /&gt;
Les autres adresse @greve.qc.ca ne sont pas des sources endoss&#233;es par le site web &lt;a href=&#034;http://www.greve.qc.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.greve.qc.ca&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Questions- R&#233;ponses sur la Gr&#232;ve G&#233;n&#233;rale Illimit&#233;e </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Questions-Reponses-sur-la-Greve-Generale-Illimitee</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Questions-Reponses-sur-la-Greve-Generale-Illimitee</guid>
		<dc:date>2005-02-15T03:26:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement des jeunes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Une gr&#232;ve, par d&#233;finition, c'est une cessation volontaire et collective des activit&#233;s. Le fait qu'elle soit illimit&#233;e y ajoute un param&#232;tre, soit que la dur&#233;e de la gr&#232;ve n'est pas d&#233;termin&#233;e au d&#233;part, et qu'elle devra &#234;tre revot&#233; &#224; un intervalle r&#233;gulier (aux 2 ou 3 jours) en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale par au moins 10% des membres pour la l&#233;gitimer. Lorsqu'elle est g&#233;n&#233;rale, la gr&#232;ve doit &#234;tre d&#233;clench&#233;e dans plusieurs &#233;tablissements en m&#234;me temps, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-ce que la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une gr&#232;ve, par d&#233;finition, c'est une cessation volontaire et collective des activit&#233;s. Le fait qu'elle soit illimit&#233;e y ajoute un param&#232;tre, soit que la dur&#233;e de la gr&#232;ve n'est pas d&#233;termin&#233;e au d&#233;part, et qu'elle devra &#234;tre revot&#233; &#224; un intervalle r&#233;gulier (aux 2 ou 3 jours) en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale par au moins 10% des membres pour la l&#233;gitimer. Lorsqu'elle est g&#233;n&#233;rale, la gr&#232;ve doit &#234;tre d&#233;clench&#233;e dans plusieurs &#233;tablissements en m&#234;me temps, avec un plancher minimal de participant, lui assurant plus de cr&#233;dibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Es-ce que je vais perdre ma session ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non. Le syst&#232;me &#233;conomique ne peut pas continuer de tourner sans de nouveaux dipl&#244;m&#233;s. M&#234;me s'il y a une gr&#232;ve, jamais il ne pourrait subsister sans l'apport essentiel de nouveaux dipl&#244;m&#233;s et d'emplois &#233;tudiants. Ainsi, une session peut &#234;tre rallong&#233;e, mais pas annul&#233;e. Au cours des 7 gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales illimit&#233;es d e l'histoire du mouvement &#233;tudiant qu&#233;b&#233;cois, jamais une session n'a &#233;t&#233; annul&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Si j'ai un stage, qu'est-ce qui va arriver ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les stages des &#233;tudiants en techniques ne seront pas p&#233;nalis&#233;s par de telles mesures, puisque ceux-ci ont lieu &#224; l'ext&#233;rieur des lieux affect&#233;s par la gr&#232;ve. Il est essentiel que les stages soient maintenus pour les techniciens afin que ceux-ci compl&#232;tent leur DEC avec tous les pr&#233; requis qui sont exig&#233;s. Dans une escalade des moyens de pression, la gr&#232;ve se retrouve en haut de liste, puisque c'est elle qui met le plus de pression sur le gouvernement &#233;tant donn&#233; les cons&#233;quences &#233;normes qui en d&#233;coulent, comme l'augmentation des co&#251;ts et d&#233;penses gouvernementales pour payer les professeurs et le personnel de soutien, remanier le calendrier scolaire... Depuis la session automne 2004, de nombreux moyens de pression ont &#233;t&#233; faits, pour exposer le point de vue et les revendications des &#233;tudiants. Malgr&#233; cela, le gouvernement et rest&#233; de glace et n'a pas boug&#233; de sa position, n'assurant donc pas un r&#233;investissement des 103M$ coup&#233;s dans les bourses au dernier budget. Ces coupures sont les plus importantes de l'histoire du syst&#232;me d'aide financi&#232;re au Qu&#233;bec depuis son instauration, elles amputent l'accessibilit&#233; aux &#233;tudes post-secondaires pour les moins nantis, qui se retrouveront avec des dettes faramineuses &#224; la fin de leurs &#233;tudes, soit environ 20 000$ de dettes pour un baccalaur&#233;at. Cette mesure discrimine donc une partie de la population et les effets sont palpables ! : une hausse si drastique de l'endettement &#233;tudiant a des bonnes chances de&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; du site de la FECQ)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De grands pans de la population, autant que les tiers partis, sont laiss&#233;s pour compte par le projet Dupuis</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/De-grands-pans-de-la-population-autant-que-les-tiers-partis-sont-laisses-pour</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/De-grands-pans-de-la-population-autant-que-les-tiers-partis-sont-laisses-pour</guid>
		<dc:date>2004-12-29T03:29:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans notre r&#233;gime d&#233;mocratique, c'est la souverainet&#233; populaire qui est la source de tout pouvoir d'&#201;tat. La volont&#233; populaire s'exprime lors d'&#233;lections o&#249; les citoyens d&#233;l&#232;guent leurs repr&#233;sentants au Parlement. Les partis politiques, eux, ont &#233;t&#233; con&#231;us comme des instruments pour am&#233;liorer l'exercice de cette d&#233;mocratie de type repr&#233;sentatif et non pas pour &#234;tre le pivot du processus &#233;lectoral et de l'ensemble du fonctionnement du r&#233;gime comme on y est arriv&#233; malheureusement peu &#224; peu. Ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Luttes-sociales-et-politiques-" rel="directory"&gt;Luttes sociales et politiques&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans notre r&#233;gime d&#233;mocratique, c'est la souverainet&#233; populaire qui est la source de tout pouvoir d'&#201;tat. La volont&#233; populaire s'exprime lors d'&#233;lections o&#249; les citoyens d&#233;l&#232;guent leurs repr&#233;sentants au Parlement. Les partis politiques, eux, ont &#233;t&#233; con&#231;us comme des instruments pour am&#233;liorer l'exercice de cette d&#233;mocratie de type repr&#233;sentatif et non pas pour &#234;tre le pivot du processus &#233;lectoral et de l'ensemble du fonctionnement du r&#233;gime comme on y est arriv&#233; malheureusement peu &#224; peu. Ce n'est donc pas la prise du pouvoir par un parti ou l'autre qui devrait &#234;tre le fait saillant des &#233;lections, mais le respect ou non de la volont&#233; populaire telle qu'exprim&#233;e dans l'urne. C'est la conformit&#233; &#224; cette volont&#233; populaire qui, au del&#224; de la l&#233;galit&#233;, fournit une l&#233;gitimit&#233; plus ou moins grande au gouvernement issu des &#233;lections et fait en sorte que le Parlement est ou n'est pas le miroir fid&#232;le de la soci&#233;t&#233; qu'il repr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le mode de scrutin est le m&#233;canisme par lequel les votes des &#233;lecteurs sont transform&#233;s en si&#232;ges parlementaires. Des deux familles originelles de modes de scrutin, le majoritaire, comme son nom l'indique, vise avant tout la formation de gouvernements majoritaires et favorise l'&#233;tablissement de deux partis dominants, qui alternent au pouvoir, surtout aux d&#233;pens des tiers partis. Dans ce but, il cr&#233;e des majorit&#233;s artificielles permettant au parti vainqueur de faire &#233;lire plus de d&#233;put&#233;s que ne le justifie la proportion de votes qu'il a obtenus. Les partis d'opposition, en contrepartie, se voient attribuer moins de si&#232;ges qu'ils n'y ont droit surtout les tiers partis qui se voient souvent d&#233;nier tout acc&#232;s au Parlement m&#234;me s'ils re&#231;oivent une proportion significative d'appuis. Avec ce mode de scrutin in&#233;quitable, la volont&#233; populaire est donc soumise au fonctionnement d'un simple m&#233;canisme &#233;lectoral aveugle qui d&#233;raille souvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance des distorsions en r&#233;sultant permet de mesurer jusqu'&#224; quel point la volont&#233; populaire, telle qu'exprim&#233;e dans les urnes, a &#233;t&#233; respect&#233;e ou non. Avec un syst&#232;me majoritaire, la norme veut que ces distorsions puissent atteindre jusqu'&#224; 20% des suffrages avant de qualifier les r&#233;sultats d'aberrants. Les dangers d'un d&#233;rapage est d'autant plus grand que la proportion de votes re&#231;us par les tiers partis est importante, car le syst&#232;me est fait pour fonctionner &#224; deux partis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La repr&#233;sentation proportionnelle, &#224; l'inverse, vise &#224; ce que l'ad&#233;quation entre la proportion des votes obtenus par les diff&#233;rents partis et leur repr&#233;sentation au Parlement soit la plus parfaite possible. Avec un vrai syst&#232;me proportionnel, tel qu'on en trouve dans la majorit&#233; des d&#233;mocraties existant dans le monde, les distorsions d&#233;passent rarement plus de 5% des suffrages. Lorsque cela se produit, c'est qu'il n'en est pas v&#233;ritablement un m&#234;me si ses auteurs lui ont donn&#233; cette appellation, comme le fait le ministre Dupuis avec sa proposition qu'il nomme &#034;proportionnelle mixte&#034;. Bel exemple de fausse repr&#233;sentation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la fin de la derni&#232;re guerre mondiale, une troisi&#232;me famille de mode de scrutin est n&#233;e o&#249; sont combin&#233;s les divers &#233;l&#233;ments des scrutins majoritaire et proportionnel. Il s'agit des scrutin mixtes qui visent &#224; allier les vertus des scrutins majoritaire et proportionnel . Ces derniers sont de plus en plus populaires et ont &#233;t&#233; adopt&#233;s par la plupart des pays, qui depuis la chute de l'Union sovi&#233;tique, tiennent des &#233;lections libres sous le signe du multipartisme ainsi que par des d&#233;mocraties &#233;tablies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un mod&#232;le malheureusement d&#233;natur&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un scrutin mixte - donc majoritaire et proportionnel - accompagn&#233; d'un principe compensatoire pour corriger les distorsions caus&#233;es par le scrutin majoritaire que le ministre Jacques Dupuis a annonc&#233; qu'il entendait proposer d&#232;s septembre 2003. En Allemagne, o&#249; il a &#233;t&#233; mis au point, ainsi qu'en Nouvelle-Z&#233;lande, en &#201;cosse et au pays de Galles qui ont adopt&#233; cette formule, une partie des d&#233;put&#233;s sont &#233;lus au scrutin majoritaire, tel qu'on le conna&#238;t, et l'autre partie au scrutin proportionnel de listes. Il y a deux votes. Un premier pour &#233;lire les d&#233;put&#233;s de circonscription au majoritaire comme maintenant et un deuxi&#232;me au scrutin proportionnel de listes pour combler les si&#232;ges compensatoires. Le principal promoteur de ce mod&#232;le au Qu&#233;bec a &#233;t&#233; feu Claude Ryan qui a m&#234;me convaincu la CSN de l'appuyer lors d'une intervention qu'il a faite conseil conf&#233;d&#233;ral de la centrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, apr&#232;s 15 mois d'atermoiements en coulisses, le projet initial du ministre Dupuis a rapetiss&#233; comme une peau de chagrin. Il a tronqu&#233; les mod&#232;les allemand et &#233;cossais, dont il pr&#233;tend pourtant s'inspirer, en supprimant le deuxi&#232;me vote proportionnel au scrutin de listes. Selon la derni&#232;re mouture de son projet d&#233;pos&#233;e &#224; l'Assembl&#233;e nationale le 15 d&#233;cembre, les 50 d&#233;put&#233;s de compensation seraient &#233;lus dans des districts - une invention pas tr&#232;s bien inspir&#233;e- &#224; partir des r&#233;sultats du scrutin majoritaire qui serait tenu dans les 77 circonscriptions locales au lieu de ceux d'un scrutin proportionnel de listes. En fait, il a transform&#233; le scrutin mixte annonc&#233; en un scrutin majoritaire dot&#233; d'une timide compensation. Le projet initial est tellement d&#233;natur&#233; qu'il se trouve &#224; inventer un nouveau mode de scrutin qui n'existe nulle par ailleurs au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, au lieu d'&#233;tablir la compensation au niveau national et m&#234;me r&#233;gional comme dans les autres pays - ce qui aurait produit des r&#233;sultats beaucoup plus proportionnels- le projet Dupuis divise le Qu&#233;bec en 25 districts &#233;lectoraux compos&#233;s de trois circonscriptions locales et dot&#233;s chacun de deux si&#232;ges compensatoires. Une autre carte artificielle qui se superpose aux comt&#233;s f&#233;d&#233;raux, provinciaux, aux MRC, aux municipalit&#233;s et aux arrondissements des grandes villes. Quel fouillis pour d&#233;courager les &#233;lecteurs et les faire d&#233;crocher d&#233;finitivement ! Et tout &#231;a pour des imp&#233;ratifs purement partisans afin qu'une compensation biais&#233;e rapporte plus de si&#232;ges aux Parti lib&#233;ral et par ricochet &#224; l'ADQ&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le seuil le plus &#233;lev&#233; au monde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, pour &#233;lire un ou des d&#233;put&#233;s dans ces districts restreints, les partis devront obtenir plus de 15% des votes dans la grande majorit&#233; des cas ; ce qui constitue un seuil de facto qui est le plus &#233;lev&#233; au monde. Celui qui s'en rapproche le plus existe en Turquie : 10%. Il a d'ailleurs &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233; par le politicologue Louis Massicotte, conseiller du ministre, puisqu'il a r&#233;duit l'acc&#232;s du Parlement &#224; deux partis seulement. Le deuxi&#232;me plus &#233;lev&#233; est celui de la Pologne : 7% ; tandis que l'&#201;cosse a un seuil de facto de l'ordre de 6% avec une compensation r&#233;gionale. Les autres se situent tous en dessous de 5%, niveau qui est le choix de M. Massicotte dans un texte destin&#233; au ministre Dupuis qu'il a publi&#233; en juillet 2003. &#192; noter que ce seuil est &#224; 0.67% aux Pays-Bas ; 1,5% en Isra&#235;l ; 2% au Danemark ; 3% en Espagne, en Gr&#232;ce et en Argentine ; 4% en Su&#232;de, en Autriche et en Bulgarie ; 5% en Allemagne, en Nouvelle Z&#233;lande et en R&#233;publique tch&#232;que. Neuf pays n'en ont m&#234;me pas : Suisse, Irlande, Finlande, Norv&#232;ge, Portugal, Afrique du Sud, Colombie, Uruguay et Madagascar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Schleswig-Holstein, une province (land) allemande, a tent&#233; pour sa part d'imposer un seuil de 7,5% .Mais il a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; inconstitutionnel par un tribunal. Devant ce fait, la Bavi&#232;re a renonc&#233; &#224; imposer un seuil de 10% au niveau des r&#233;gions. Se pourrait-il que la m&#234;me chose se produise &#233;ventuellement au Qu&#233;bec si le ministre Dupuis persiste dans son intention ? Les chroniqueurs politiques qui se sont r&#233;jouis de la d&#233;cision du ministre au lendemain de la pr&#233;sentation de son avant-projet de loi auraient d&#251; faire leurs devoirs en s'informant avant d'&#233;crire ou de parler &#224; travers leurs chapeaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des centaines de milliers de citoyens continueront &#224; &#234;tre p&#233;nalis&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tiers partis en &#233;mergence, tels l'UFP, Option citoyenne et les Verts, sont sans doute les premiers p&#233;nalis&#233;s par un seuil de 15%. Mais de grands pans de la population sont aussi laiss&#233;s pour compte. En effet, &#224; part de r&#233;tablir l'&#233;quit&#233; entre les partis d&#233;j&#224; install&#233;s &#224; l'Assembl&#233;e nationale - et donc de consacrer le tripartisme- il n'atteindrait aucun des autres objectifs recherch&#233;s par les tenants d'une v&#233;ritable r&#233;forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, il ne pourra faire en sorte tellement plus que jusqu'ici, que chaque vote compte et ait le m&#234;me poids. On sait qu'une majorit&#233; de votes ne comptent pas et n'ont aucun poids avec le syst&#232;me actuel. Ainsi, pr&#232;s de 55% des &#233;lecteurs qui se sont rendus aux urnes en 1998 ont jet&#233; leur bulletin &#224; poubelle alors qu'ils pensaient le d&#233;poser dans l'urne parce qu'ils n'ont pas appuy&#233; le d&#233;put&#233; &#233;lu dans leur circonscription.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, les votes des citoyens sont loin d'avoir le m&#234;me poids d&#233;pendant du parti qu'ils appuient. Ainsi en 1998, il a fallu pr&#232;s de 500 000 voix pour &#233;lire un seul d&#233;put&#233; ad&#233;quiste ; mais seulement 23 000 et 37 000 respectivement pour &#233;lire un d&#233;put&#233; p&#233;quiste et un d&#233;put&#233; lib&#233;ral. En 2003, &#231;a a pris 173 500 votes pour &#233;lire un d&#233;put&#233; ad&#233;quiste, mais seulement 23 000 pour &#233;lire un d&#233;put&#233; lib&#233;ral et 28 000 pour &#233;lire un d&#233;put&#233; p&#233;quiste. Quant aux votes accord&#233;s aux tiers partis ils ne sont m&#234;me pas dans le portrait&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec on n'a donc encore que faire en 2004 de l'axiome universellement reconnu de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative : un citoyen un vote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la reconnaissance du pluralisme politique le seuil de 15% est on ne peut plus &#233;loquent. De plus, m&#234;me si le Qu&#233;bec a bien &#233;volu&#233; depuis 60 ans, l'avant-projet de loi ne fait rien pour que sa diversit&#233; sociale actuelle puisse s'exprimer &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Par ailleurs, de timides mesures sont pr&#233;vues pour faciliter les candidatures f&#233;minines, mais l'absence d'un scrutin de listes et d'une compensation au niveau provincial annulera amplement leurs effets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la diversit&#233; ethnoculturelle et l'int&#233;gration des minorit&#233;s, le ministre Dupuis n'en a eu cure. Aucune des barri&#232;res freinant leur repr&#233;sentation effective ne sera abattue. Avec la proposition de ce dernier, l'Assembl&#233;e nationale continuerait donc d'&#234;tre quasi-homog&#232;ne en terme d'origine et serait compos&#233; majoritairement d'hommes 'blancs' et, en proportion beaucoup moins grande, de femmes 'blanches', comme l'a soulign&#233; Myrlande Pierre, du Mouvement pour une d&#233;mocratie nouvelle (MDN) et du Collectif f&#233;minisme et d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(30)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quelques hypoth&#232;ses pour l'analyse</title>
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		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>

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&lt;p&gt;Bien s&#251;r, le jeu politique des acteurs individuels, leur pass&#233;, leur psychologie et leur profil de carri&#232;re expliquent un certain nombre de choses, les colorent surtout. Mais &#224; ne braquer les projecteurs que sur l'aspect imm&#233;diat, observable, voire spectaculaire des choses, on en arrive vite &#224; ressasser les m&#234;mes clich&#233;s : M. Parizeau et ses pelures de banane ; M. Landry, d&#233;positaire sinon propri&#233;taire du destin de la patrie ; Mme Marois qui veut devenir Calife &#224; la place du Calife, etc. Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bien s&#251;r, le jeu politique des acteurs individuels, leur pass&#233;, leur psychologie et leur profil de carri&#232;re expliquent un certain nombre de choses, les colorent surtout. Mais &#224; ne braquer les projecteurs que sur l'aspect imm&#233;diat, observable, voire spectaculaire des choses, on en arrive vite &#224; ressasser les m&#234;mes clich&#233;s : M. Parizeau et ses pelures de banane ; M. Landry, d&#233;positaire sinon propri&#233;taire du destin de la patrie ; Mme Marois qui veut devenir Calife &#224; la place du Calife, etc. Les r&#244;les sont distribu&#233;s, les personnages sont camp&#233;s. Caricatur&#233;s. Il n'y a qu'&#224; compter les coups. &#192; applaudir ou &#224; siffler. C'est selon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les causes imm&#233;diates&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise est rampante. Dans l'imm&#233;diat, elle prend racine dans l'&#233;chec &#233;lectoral d'avril 2003, dont le caract&#232;re assez cinglant (33,24 %) est sans conteste le pire score depuis 1973, &#233;poque o&#249; le jeune parti n'&#233;tait pas un parti de gouvernement. Certes, pour faire passer la pilule, on invoque l'importance et la qualit&#233; de la d&#233;putation. Mais encore faut-il qu'elle serve &#224; quelque chose. Or, l'un des traits caract&#233;ristiques de la conjoncture r&#233;v&#232;le que pour l'essentiel, l'opposition &#224; la charge n&#233;olib&#233;rale du gouvernement est venue de la rue, de la &#034; soci&#233;t&#233; civile &#034;pour parler &#224; la mode. Cet autisme, tout le monde l'a observ&#233;. Il s'explique d'une part par les tensions internes aux effets de plus en plus inhibants, mais surtout, d'autre part, par un r&#233;flexe bien ordinaire : celui de ne pas se tirer dans le pied. Difficile de critiquer l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire quand on a fait avaler le d&#233;ficit z&#233;ro. Dur, dur de soutenir les syndicats dans leurs luttes contre les modifications &#224; l'article 45 du Code du travail quand, trois ans auparavant, on a l&#233;gif&#233;r&#233; pour en affaiblir la port&#233;e. Impossible de contrer avec pertinence et &#224;-propos les plans de r&#233;ing&#233;nierie du Conseil du tr&#233;sor quand son ancien titulaire, M. Facal, planchait d&#233;j&#224; avec plaisir sur le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;chec &#233;lectoral et &#224; la complaisance parlementaire s'ajoute le relatif insucc&#232;s de la saison des id&#233;es. Annonc&#233; comme un grand remue-m&#233;ninges intellectuel et un grand big bang organisationnel, le d&#233;bat d'id&#233;es est imm&#233;diatement polaris&#233; en fonction des r&#233;seaux, voire des fractions publiques anim&#233;es par les candidats &#224; la direction de ce parti. Difficile de penser en paix &#224; l'ombre d'une fraction, c'est pourquoi les deux seules id&#233;es renouvel&#233;es sont venues de cercles partiellement ext&#233;rieurs au parti, du moins de son aile parlementaire. Celle de monsieur Laplante, fortement relay&#233;e par monsieur Parizeau, qui rel&#232;ve du simple constat : l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral est mauvais joueur. Il triche, comme en 1995. Il corrompt aussi. Dans l'essence de la conclusion, il est question d'Assembl&#233;e constituante. Belle id&#233;e, mais qui a vite gliss&#233; dans une vieille orni&#232;re : le d&#233;bat sur l'&#233;lection r&#233;f&#233;rendaire. Certes, le document traitant des travaux sur le pays est plein de belles phrases et de bonnes intentions, mais tout cela tourne &#224; vide puisque plusieurs militants et militantes ne carburent qu'&#224; une seule id&#233;e. Qui sera le ou la chef ? O&#249; est-il le sauveur supr&#234;me seconde version apr&#232;s monsieur Bouchard ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre id&#233;e soumise par le militant p&#233;quiste Pierre Dubuc, directeur de l'aut'journal, est de transformer l'organisation, ses statuts et sa culture, afin d'accueillir une fraction de syndicalistes r&#233;unis en club. Le document consacr&#233; &#224; la r&#233;forme du parti porte un titre ambitieux : Pour un parti refond&#233;, et renvoie au prochain Congr&#232;s le soin d'amender les statuts pour que &#034; les souverainistes regroup&#233;s dans des formations ext&#233;rieures au Parti et qui en font la demande soient reconnus sous forme de clubs politiques &#034;. Gageons qu'apr&#232;s avoir n&#233;goci&#233; &#226;prement et obtenu quelques circonscriptions s&#251;res, nos syndicalistes apprendront vite les duret&#233;s de la rude discipline de parti dans un r&#233;gime parlementaire de type britannique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les causes plus profondes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme beaucoup d'autres partis politiques du monde occidental, le Parti qu&#233;b&#233;cois subit les contrecoups permanents de ce que plusieurs &#233;valuent comme une crise du politique, plus particuli&#232;rement des relais traditionnels des revendications sociales vers la soci&#233;t&#233; politique. D&#233;sertions des &#233;quipes militantes, cynisme ambiant, fort abstentionnisme &#233;lectoral, recherche d'alternatives de type mouvementiste : les sympt&#244;mes sont faciles &#224; rep&#233;rer. Cette crise du politique et cette recherche d'alternatives citoyennes sont rarement &#224; l'ordre du jour au sein des grands partis. Pourtant, tous les voyants sont au rouge, comme en t&#233;moigne les baisses substantielles du taux de participation &#233;lectorale aux deux derniers scrutins, f&#233;d&#233;ral et qu&#233;b&#233;cois. Honn&#234;tement, &#224; la lecture des documents issus des chantiers du PQ, on sent un peu partout, comme en filigrane, poindre une volont&#233; de renouer avec les mouvements sociaux, de refondre les structures. Exercice classique d'un parti dans l'opposition ? Bien s&#251;r. Op&#233;ration cosm&#233;tique pour se rapprocher des mouvances altermondialistes tr&#232;s fortes au sein de la jeunesse ? Sans doute un peu. Mais au-del&#224; de ces questions de bonnes intentions ou de froids calculs politiciens, il y a pour le PQ un tr&#232;s s&#233;rieux probl&#232;me n&#233; de ce contexte de mondialisation n&#233;olib&#233;rale et sa r&#233;ponse qu'est le mouvement altermondialiste. On ne peut pas tr&#232;s longtemps &#234;tre de Davos et de Porto Alegre, du n&#233;olib&#233;ralisme et de sa critique. On ne peut comme M. Landry &#234;tre le meilleur ap&#244;tre de l'int&#233;gration &#233;conomique continentale et poursuivre le projet de construire la social-d&#233;mocratie, &#224; moins d'emprunter la voie de Tony Blair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre, plus fondamentalement encore, y a-t-il autre chose. Autre chose de plus difficile &#224; cerner, donc &#224; assumer. L'usure. Pas l'&#226;ge, l'usure. Cette esp&#232;ce d'&#233;rosion lente o&#249; le parti -gouvernement, le parti des intendants avec ses belles carri&#232;res et ses tensions de r&#233;seaux clientellaires, avait broy&#233;, cannibalis&#233; le parti-mouvement, le parti-id&#233;es. N&#233; comme porteur de la solution ind&#233;pendantiste &#224; la question nationale et vecteur de fortes aspirations sociales, ce parti, du moins sa direction, est en peine et en panne d'id&#233;es. Sans doute parce qu'il a trop longtemps tourn&#233; le dos &#224; sa raison d'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soyons juste. Ce parti conserve de ses g&#233;n&#233;reux &#233;lans fondateurs quelques &#233;l&#233;ments. Malgr&#233; l'autoritarisme de ses chefs successifs, il reste plus d&#233;mocratique que beaucoup d'autres. Malgr&#233; les r&#233;seaux de ti-z-amis qui se font la courte &#233;chelle, ici ou l&#224;, le PQ a largement &#233;chapp&#233; &#224; la corruption. Belle continuit&#233; avec l'&#233;thique indiscutable du fondateur. On y retrouve sans doute moins d'arrivistes au kilom&#232;tre carr&#233; que dans beaucoup de partis de gouvernement de m&#234;me ampleur. Des dizaines de milliers d'ind&#233;pendantistes sinc&#232;res y militent encore et veillent au grain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La nature de la crise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crise de renouvellement du personnel politique dirigeant ? Sans aucun doute. Mais plus, beaucoup plus. Jacques Parizeau a raison lorsqu'il affirme que la partie n'est plus jouable avec le f&#233;d&#233;ral. Tous les ind&#233;pendantiste le savent ou le sentent. Certains depuis le coup de la Brinks et octobre 70. D'autres depuis l'affaire Morin. D'autres depuis le r&#233;f&#233;rendum de 1980 ou le rapatriement unilat&#233;ral de la Constitution canadienne en 1982. D'autres, beaucoup plus, depuis le r&#233;f&#233;rendum de 1995 et le scandale des commandites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, crise de perspective ? Oui. Discutons des fa&#231;ons d'en sortir. Nous proposons une Assembl&#233;e constituante. Pourquoi pas ? Ce fut le choix de certains Patriotes en 1838, celui des &#201;tats g&#233;n&#233;raux de 1969. Pour cela, il faut laisser de c&#244;t&#233; les gadgets pour faire vite et les candidats et candidates au poste de sauveur supr&#234;me de la patrie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rompre ou ne pas rompre avec le social-lib&#233;ralisme et le nationalisme</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Rompre-ou-ne-pas-rompre-avec-le-social-liberalisme-et-le-nationalisme</link>
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		<dc:date>2004-03-22T02:18:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Bonhomme</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Politiques n&#233;olib&#233;rales</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les d&#233;convenues du Parti lib&#233;ral du Canada r&#233;v&#232;lent les vraies couleurs des autres partis f&#233;d&#233;raux qui ambitionnent tous de d&#233;tenir la balance du pouvoir... sauf la droite extr&#234;me. Les d&#233;boires du Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec soulignent l'immobilisme de son opposition qui croit suffisant de se positionner en vue de la lointaine prochaine &#233;ch&#233;ance &#233;lectorale. Ainsi les Lib&#233;raux d'Ottawa et de Qu&#233;bec conservent, malgr&#233; tout, l'initiative et maintiennent le cap. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ottawa : une opposition ultra et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Politique-quebecoise-35-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Politiques-neoliberales-+" rel="tag"&gt;Politiques n&#233;olib&#233;rales&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les d&#233;convenues du Parti lib&#233;ral du Canada r&#233;v&#232;lent les vraies couleurs des autres partis f&#233;d&#233;raux qui ambitionnent tous de d&#233;tenir la balance du pouvoir... sauf la droite extr&#234;me. Les d&#233;boires du Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec soulignent l'immobilisme de son opposition qui croit suffisant de se positionner en vue de la lointaine prochaine &#233;ch&#233;ance &#233;lectorale. Ainsi les Lib&#233;raux d'Ottawa et de Qu&#233;bec conservent, malgr&#233; tout, l'initiative et maintiennent le cap.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ottawa : une opposition ultra et une gauche centriste-f&#233;d&#233;raliste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul le Parti Conservateur r&#234;ve de prendre le pouvoir en mettant en selle le plus cr&#233;dible et exp&#233;riment&#233; des candidats et candidate &#224; la chefferie. Cette victoire de l'ex-chef du &#171; Reform Party &#187; consacrera la mainmise de l'aile ultra-lib&#233;rale et la plus m&#233;prisante envers les groupes opprim&#233;s et m&#234;me les r&#233;gions pauvres. Ne doutons pas, cependant, que le nouveau chef se couvrira des oripeaux &#171; progressiste-conservateur &#187; pour faire des incursions au centre-droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps-l&#224;, le NPD et le Bloc salivent &#224; la possibilit&#233; d'alliances, permanente ou ponctuelle, avec le PLC, pour le premier, et le PCC pour le second.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire, le nouveau chef du NPD a fait un virage vers le centre pour &#234;tre pr&#233;sentable aux faiseurs d'opinions des monopoles m&#233;diatiques. Au plan budg&#233;taire, il propose de maintenir le &#171; d&#233;ficit z&#233;ro &#187; sans r&#233;forme fiscale. Tout au plus exige-t-il l'enti&#232;re affectation des surplus aux d&#233;penses sociales et l'annulation de la r&#233;cente baisse d'imp&#244;t aux entreprises qui rapporterait un minable milliard annuel. (Ses amis du &#171; budget alternatif &#187; proposent en plus de s'endetter pour la constitution d'un fonds de cinq milliards $ pour les infrastructures au lieu de r&#233;tablir la justice fiscale et de &#171; r&#233;tablir le r&#244;le directeur du gouvernement f&#233;d&#233;ral &#187; dans le domaine de la sant&#233;.) Le NPD accepte donc sans broncher la presque totalit&#233; des immenses coupures des ann&#233;es 90 et les baisses faramineuses d'imp&#244;t des ann&#233;es 2000. Quant aux rapports avec les &#201;U, il d&#233;nonce d'autant plus fortement le bouclier anti-missile qu'il reste silencieux ou ambigu&#235; sur l'occupation de l'Iraq, de l'Afghanistan et de la Palestine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ajouter l'injure &#224; l'insulte, le chef qui-parle-fran&#231;ais renonce d'avance &#224; proposer des changements constitutionnels &#171; parce que les Canadiens ne veulent pas en discuter maintenant &#187;. Merci pour ne pas lever le petit doigt afin de combattre le chauvinisme, surtout pas dans l'Ouest d'o&#249; vient l'essentiel de la d&#233;putation du NPD. Le chef du NPD se prononce personnellement contre la loi de la &#171; clart&#233; &#187; mais ne fera pas de son rappel une condition d'un &#233;ventuel appui au PLC. On revient avec la vieille promesse du &#171; f&#233;d&#233;ralisme asym&#233;trique &#187; sans transfert de points d'imp&#244;t mais avec des transferts annuels sur la base, non pas des &#171; normes &#187; du PLQ mais d'&#171; objectifs &#187;. Cherchez la diff&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, le Bloc, dans le coin &#171; gauche &#187; et le PCC, dans le coin &#171; droit &#187;, se font de l'&#339;il tout en clamant le contraire. Entre populistes r&#233;gionalistes, on se reconna&#238;t. Les uns comme les autres souhaitent plus de pouvoirs pour &#171; Qu&#233;bec Inc. &#187; et &#171; Klein Inc. &#187; m&#234;me si le premier doit d'abord se pr&#233;senter comme &#171; qu&#233;b&#233;cois &#187; et le second comme &#171; canadien &#187;. Les uns et les autres souhaitent un rapprochement avec les &#201;U m&#234;me s'il faut au Qu&#233;bec un discours &#171; progressiste &#187; et nationaliste pour le dire et un discours conservateur dans l'Ouest. Certes, cela cause des difficult&#233;s d'arrimage. Finie l'alliance formelle &#224; la Mulroney. Qui d'ailleurs voudrait y revenir apr&#232;s la d&#233;b&#226;cle de 1993 ? Mais on peut se donne des tapes dans le dos tout en se criant par la t&#234;te. N'est-ce pas l&#224; l'art du parfait politicien bourgeois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que les uns et les autres se positionnent, le PLC g&#232;re tant bien que mal le scandale des commandites, plut&#244;t de mieux en mieux vis-&#224;-vis le Canada anglais et plut&#244;t de mal en pis vis-&#224;-vis le Qu&#233;bec qui ne lui pardonnera pas de sit&#244;t pareille humiliation. Cependant, pas question, m&#234;me en cette veille d'&#233;lection, de se laisser aller &#224; concocter un budget... &#233;lectoral. Malgr&#233; les surplus, il n'y aura pas beaucoup de cadeaux et ils seront modestes. Bay Street a ses exigences de &#171; d&#233;ficit z&#233;ro &#187;, de baisses d'imp&#244;t &#224; consolider et de dettes &#224; rembourser pour financer l'imp&#233;rialisme canadien qui investit de plus en plus dans le tiers monde tout en finan&#231;ant les acquisitions &#233;tasuniennes au Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'a &#224; craindre le PLC sur sa gauche ? Un NPD social-lib&#233;ral et f&#233;d&#233;raliste ? Un CTC dont on entend plus parler depuis des ann&#233;es, sauf &#224; d&#233;fendre les actionnaires minoritaires de Qu&#233;b&#233;cor, ou ses filiales provinciales qui ont tu&#233; les importantes mobilisations anti-Harris et anti-Campbell en sabotant la mont&#233;e vers une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e, seul moyen de renverser la vapeur de la contre-offensive n&#233;olib&#233;rale ? Par contre, la droite ultra a su se r&#233;unifier tant bien que mal et capitalise sur la haine vis-&#224;-vis Ottawa. Le PLC comprend donc que l&#224; est le terrain qu'il faut occuper, pour la plus grande joie et le confort de la bourgeoisie canadienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu&#233;bec : Capitulation et atermoiements de la gauche &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, le PQ peut, heureusement pour lui, compter sur la gauche syndicale, rest&#233;e nationaliste, concertationniste et nostalgique des grandes messes p&#233;quistes, pour revivifier sa moribonde &#171; saison des id&#233;es &#187;. Que d'aveuglement sur ce que fut la politique n&#233;olib&#233;rale p&#233;quiste, non seulement sous les Bouchard-Landry avec leur politique du &#171; d&#233;ficit z&#233;ro &#187; accept&#233;e par les hautes directions syndicales ; mais aussi sous Parizeau avec le budget Campeau de 1995 qui, le premier, d&#233;cr&#233;tait le gel des d&#233;penses, c'est-&#224;-dire leur baisse r&#233;elle, copie conforme de budget Chr&#233;tien-Martin du &#171; retour aux ann&#233;es 50 &#187; ; et m&#234;me sous le tandem L&#233;vesque-Parizeau avec ses coupures, en 1982, de 20% des salaires de tous les employ&#233;Es de l'&#201;tat. Bizarre, cette recherche du pur PQ des origines, aile nationaliste du PLQ, fond&#233; pour contr&#244;ler et diriger dans un cul-de-sac l'imp&#233;tueux mouvement national des soixante-huitards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle hypocrisie de s'associer au PQ pour contester judiciairement le non-respect de la loi sur la pauvret&#233; alors que le PQ, encore au pouvoir, fut le premier &#224; ne pas se mouiller pour ne pas se compromettre lors des &#233;lections. On reste sid&#233;r&#233; par les compromissions de plusieurs ex-pr&#233;sidentEs de centrales qui, de l'un, participe au conseil des sages de La Presse proposant des tarifs d'&#233;lectricit&#233; au prix du march&#233; et autres trouvailles n&#233;olib&#233;rales du genre, qui de d'autres g&#232;rent paisiblement les fonds syndicaux de capital de risque, grassement subventionn&#233;s par l'&#201;tat, et qui de deux autres, dont l'un &#224; r&#233;putation de gauche, qui maintenant volent au secours du PQ pour &#233;pauler le pr&#233;sident du Conseil de la souverainet&#233;, lui aussi un ex.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est vrai que la grande majorit&#233; des syndiqu&#233;Es vivent durement pr&#233;carit&#233;, flexibilit&#233;, cadences infernales et salaires modestes, il faut se rendre compte que les hautes directions syndicales s'appuient sur une bureaucratie et une aristocratie ouvri&#232;re dont l'objectif est le maintien sinon le renforcement du statu-quo pour ne pas dire devenir les gestionnaires et rentiers d'un n&#233;olib&#233;ralisme qui fonctionne bien. Apr&#232;s avoir sabot&#233; la mobilisation du 11 d&#233;cembre en ne la prolongeant pas en gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, apr&#232;s avoir arr&#234;t&#233; l'occupation de l'ALCAN au lieu de b&#226;tir un soutien nationale, il ne faut pas se surprendre que ces hautes directions laissent tomber toute mobilisation au moment de la pr&#233;sentation des budgets et ne pr&#233;voient rien lors des &#233;lections f&#233;d&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grosse manif et une gr&#232;ve de 24 heures avant l'&#233;t&#233;, si elle a lieu, ne seront pas plus efficaces que les &#171; Days of Action &#187; ontariens &#224; moins de faire partie d'un plan d'action en escalade, plan qui n'existe pas. Par contre, accepter toutes les tr&#234;ves, toutes les commissions parlementaires, tous les forums, permet au PLQ de mener le jeu malgr&#233; les sondages tout en gardant le cap sur l'essentiel : casser les syndicats de la sant&#233; et de l'&#233;ducation pour ouvrir la porte &#224; la privatisation des services publics. Pire, sans une alternative chez ceux et celles d'en face, il finira par imposer sa &#171; r&#233;-ing&#233;nierie &#187; bonifi&#233;e par les firmes de consultants, par les tink-tank et par le comit&#233; des sages de La Presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tout ce branle-bas r&#233;trograde qui sent la capitulation &#224; plein nez, l'Option citoyenne anim&#233;e par l'ex-pr&#233;sidente de la FFQ et ex-dirigeante des Marches des femmes est bien penaude. Le PQ a trop humili&#233; les marcheuses de l'an 2000 avec son 10&#162; de plus l'heure. Il s'est trop moqu&#233; des pauvres en les frappant et en les pourchassant pour ensuite, &#224; la derni&#232;re minute, adopter des programmes de logements &#171; abordables &#187; qui tardaient &#224; se r&#233;aliser et puis une loi bidon anti-pauvret&#233;. Un ralliement au PQ enl&#232;verait toute cr&#233;dibilit&#233; &#224; ses dirigeantEs qui se sont fait conna&#238;tre comme meneurs et meneuses de lutte contre un PQ intransigeant et baveux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Option citoyenne semble &#234;tre &#224; la recherche d'un parti introuvable, ou plus exactement d'une UFP faite sur mesure &#224; son &#171; n&#233;olib&#233;ralisme &#224; visage humain &#187; et &#224; sa ti&#233;deur nationale qui craint la demande de &#171; r&#233;investissement massif &#187;, pourtant clam&#233;e &#224; heu et &#224; dia par maints groupes, et ne dit mot &#224; propos de l'ind&#233;pendance. La pire erreur, une &#171; faute &#187; m&#234;me pour paraphraser le Ministre fran&#231;ais des affaires &#233;trang&#232;res, serait d'y acquiescer au nom de cette unit&#233;-processus qui hante l'UFP m&#234;me si sa naissance comme parti unifi&#233;, radicalement d&#233;mocratique et pluraliste fut le r&#233;sultat non d'un processus, si ce n'est tautologiquement parlant, mais bien d'une rupture antin&#233;olib&#233;rale, ind&#233;pendantiste, f&#233;ministe, &#233;cologiste et internationaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne pas refaire le lit de l'ADQ-Mario en devenant une impossible gauche n&#233;olib&#233;rale qui rejettera les forces du changement, une fois &#233;coeur&#233;es du PLQ et rest&#233;es am&#232;res du PQ, vers le produit d'origine ; pour rester fid&#232;le &#224; ses racines anti-ZL&#201;A qui ont fait de lui le parti de la jeunesse - de corps et de c&#339;ur - altermondialiste &#224; l'&#233;lan g&#233;n&#233;reux mais &#224; la pens&#233;e strat&#233;gique confuse, l'UFP, &#224; son congr&#232;s, se doit de r&#233;affirmer fortement et de pr&#233;ciser son caract&#232;re antin&#233;olib&#233;rale et ind&#233;pendantiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UFP aurait plus &#224; gagner &#224; &#234;tre reconnu comme le parti qui met de l'avant la pr&#233;paration d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e publique-priv&#233;e tous et toutes ensemble que de flirter avec tout ce qui sent le nationalisme ou le social-lib&#233;ralisme. La clart&#233; strat&#233;gique acquise, le reste viendra par un travail de terrain patient, inlassable et imaginatif. Ce qu'attend la base pr&#234;te au combat, c'est une direction qui dirige et non qui accompagne, c'est-&#224;-dire qui propose une orientation, une plate-forme, un plan d'action et une m&#233;thode d'organisation. Pour le reste, faisons confiance aux bases pour en disposer et contr&#244;ler le sommet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marc Bonhomme, 19/03/04&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La grande bataille qui vient </title>
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		<dc:date>2004-02-02T02:50:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Bonhomme</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Remarques pr&#233;liminaires &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;v&#233;nements de la derni&#232;re semaine ne sont pas rassurants. Le PLQ, gr&#226;ce &#224; ses consultations pr&#233;-budg&#233;taires, a repris l'initiative. Le mouvement syndicale populaire a fonc&#233; dans le pi&#232;ge la t&#234;te baiss&#233;e, plusieurs y allant de leur petit m&#233;moire et le R&#233;seau Vigilance de ses grands principes. Apr&#232;s le blitz des lois sc&#233;l&#233;rates, pr&#233;tendre utiliser les vieilles m&#233;thodes pour convaincre le PLQ de modifier sa politique budg&#233;taire et fiscale, quel recul ! Quel aveu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Politique-quebecoise-35-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Remarques pr&#233;liminaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements de la derni&#232;re semaine ne sont pas rassurants. Le PLQ, gr&#226;ce &#224; ses consultations pr&#233;-budg&#233;taires, a repris l'initiative. Le mouvement syndicale populaire a fonc&#233; dans le pi&#232;ge la t&#234;te baiss&#233;e, plusieurs y allant de leur petit m&#233;moire et le R&#233;seau Vigilance de ses grands principes. Apr&#232;s le blitz des lois sc&#233;l&#233;rates, pr&#233;tendre utiliser les vieilles m&#233;thodes pour convaincre le PLQ de modifier sa politique budg&#233;taire et fiscale, quel recul ! Quel aveu d'impuissance !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PLQ, fin tacticien, a envoy&#233; au front son ministre populiste num&#233;ro un pr&#234;t &#224; dire n'importe quoi et son contraire. Il savait qu'il pouvait compter sur l'inepte direction du FRAPRU, et tutti quanti, pour le louanger au nom d'un hypoth&#233;tique plat de lentilles. &#192; moins de vouloir se contenter de bonbons, le r&#233;veil lors de la pr&#233;sentation du budget ultra-n&#233;olib&#233;ral de l'an 1 en sera d'autant brutal. L'annonce de privatisations dans le secteur des transports publics en donne un avant-go&#251;t. Et ce ne sont pas des menaces verbales qui feront la diff&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les 11 d&#233;cembre et une avant-veille de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, on tombe de haut avec de petites manifs sans lendemain qui ne regroupent essentiellement que les permanentEs et un noyau de militantEs. Que dire de l'occupation des bureaux de la r&#233;-ing&#233;nieure en chef o&#249; le Conseil central du Montr&#233;al m&#233;tropolitain de la CSN (CCMM-CSN) s'est couverte de ridicule ? &#034; Nous voulons un gouvernement qui retrouve le chemin du dialogue et de l'&#233;coute &#034; de dire le pr&#233;sident du CCMM-CSN au sortir de l'occupation. Quelle illusion !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, on laisse seules les travailleuses et travailleurs des garderies, d'Urgel Bourgie et de l'H&#244;tel Crown Plaza. A-t-on m&#234;me song&#233; &#224; faire le lien avec la fermeture des usines de l'ALCAN et d'Abitibi-Price, et la d&#233;cision de construire la centrale thermique du Suro&#238;t ? Ces enjeux suscitent une grande &#233;motion et un d&#233;but de mobilisation sinon d'occupation d'usine dans le cas de l'ALCAN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'heure n'est plus &#224; peaufiner un m&#233;lange sans saveur de tactiques &#224;-plat-ventristes, ritualistes et kamikazes pour calmer les troupes et surtout pour cacher le vide strat&#233;gique. Il ne suffit pas, non plus, d'alimenter le moulin &#224; rumeurs sur de possibles journ&#233;es de d&#233;brayage en avril. Ce cocktail de qu&#233;mandage, d'aventurisme, de ou&#239;-dire et de menaces t&#233;moigne de m&#233;thodes bureaucratiques typiques aux hautes directions des mouvements sociaux qu&#233;b&#233;cois. M&#234;me l'unit&#233; par le sommet du R&#233;seau Vigilance ne d&#233;passe pas l'ancien SPQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'importants rendez-vous syndicaux auront lieu en f&#233;vrier. Pour sortir de cet &#233;tat d'illusion et de confusion, il est plus que temps que se fasse un d&#233;bat ouvert sur la strat&#233;gie &#224; suivre pour arriver &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale sur la base de plans connus de tous et toutes, membres de syndicat ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme parti pluraliste de la gauche unifi&#233;e, comme parti de l'alternative, l'UFP a &#224; jouer un r&#244;le de premier plan dans ce d&#233;bat. &#192; l'occasion des mobilisations autour des consultations pr&#233;-budg&#233;taires, on s'attendait &#224; mieux qu'une prise de position &#224; propos des r&#233;gimes de pension, enjeu pertinent mais marginal dans l'actuelle conjoncture qu&#233;b&#233;coise. Cet essai se veut une contribution &#224; ce d&#233;bat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; la m&#233;moire de &lt;br class='autobr' /&gt;
Fran&#231;ois Moreau (1956-1993) et de &lt;br class='autobr' /&gt;
Michel Mill (1944-1996)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant les &#233;v&#233;nements de novembre-d&#233;cembre au Qu&#233;bec que le comportement erratique des hautes directions syndicales et la perspective de la grande bataille qui s'annonce commandent une analyse minutieuse de la situation. Cela est n&#233;cessaire afin de dresser un plan d'organisation et d'action de m&#234;me qu'une plate-forme de revendications et des perspectives qui maximisent les gains du prol&#233;tariat et du peuple qu&#233;b&#233;cois tant au niveau des r&#233;formes imm&#233;diates que de la conscience et de l'organisation de classe et de la lutte de lib&#233;ration nationale et sociale du peuple qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la grande bataille qui vient - du moins esp&#233;rons-le - est la suite logique, et peut-&#234;tre le point final tel que l'envisage la bourgeoisie, de l'offensive n&#233;olib&#233;rale qui a d&#233;but&#233; au Canada il y a environ 25 ans, il convient de se situer dans un cadre canadien. Le point de d&#233;part sera la plus importante mobilisation populaire qu'ont connue le Canada et le Qu&#233;bec depuis le d&#233;but de la contre-offensive n&#233;olib&#233;rale en 1979, soit celle des Days of Action en Ontario de 1995 &#224; 1998, mobilisation qui rebondit en Colombie britannique en 2001-2003. Comme maintenant, au Qu&#233;bec, ce furent des mobilisations contre l'imposition brutale et rapide de dures politiques n&#233;olib&#233;rales par des gouvernements nouvellement &#233;lus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme au Qu&#233;bec pour le Parti lib&#233;ral (PLQ), le Parti conservateur de l'Ontario (PCO) et le Parti lib&#233;ral de la Colombie britannique (PLCB), transformation de l'ancien Parti du Cr&#233;dit social, &#233;taient de retour au pouvoir apr&#232;s avoir fait leur mue durant un s&#233;jour d'une dizaine d'ann&#233;es dans l'opposition. Comme l'est le PLQ, le PCO et le PLCB sont des partis bourgeois &#034; normaux &#034;. Il faut en effet d'amples contradictions sociales pour obliger la bourgeoisie &#224; miser sur un autre cheval, ce qui fut plus fr&#233;quent au Qu&#233;bec qu'en Ontario et en Colombie britannique durant le XXi&#232; si&#232;cle &#224; cause de la gestion de la complexe question nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#233;v&#232;nements en Ontario&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'Ontario, on s'inspirera, sans s'y cantonner, de l'&#233;tude faite par David Camfield, maintenant professeur &#224; l'Universit&#233; du Manitoba et militant du New Socialist Group. On retrouve cette analyse intitul&#233;e &#034; Assessing Resistance in Harris's Ontario, 1995-1999 &#034; dans le livre &#034; Restructuring and Resistance : Canadian Public Policy in an Age of Global Capitalism &#034;, red. Mike Burke, Colin Mooers et John Shields (Fernwood Publishing, 2000).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lection du gouvernement Harris, en juin 1995, a surpris le mouvement syndical d&#233;sorient&#233; et divis&#233; sur la question du NPD qui, au pouvoir de 1990 &#224; 1995, avait impos&#233; de dures coupures frappant surtout les syndicats du secteur public (le &#034; social contract &#034;). L'&#233;lectorat, pas encore remis de la profonde crise de 1990-92, qui avait frapp&#233; l'Ontario plus que tout autre grande province, et de la &#034; croissance sans emploi &#034; qui s'ensuivit, et n'esp&#233;rant plus rien du c&#244;t&#233; de la &#034; gauche &#034;, n'a pas cru au business as usual des Lib&#233;raux ontariens au pouvoir de 1985 &#224; 1990. Il s'est plut&#244;t laiss&#233; s&#233;duire par la radicale &#034; r&#233;volution du bon sens &#034; de l'&#233;quipe Harris qui promettait d'en revenir &#224; la prosp&#233;rit&#233; du r&#233;gime conservateur qui avait domin&#233; la province pendant 42 ans de 1943 &#224; 1985... mais avec d'autres moyens que ceux de l'&#201;tat providence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers &#224; r&#233;agir aux coupures anti-pauvres et &#224; la l&#233;gislation anti-syndicale et anti-femme du gouvernement Harris furent les organisations anti-pauvret&#233; (OCAP), les femmes (garderies), les &#233;tudiants et &#233;tudiantes universitaires et les militants et militantes de gauche. Leur d&#233;termination et la r&#233;pression dont ils furent l'objet, qui traduisaient une col&#232;re plus g&#233;n&#233;ralis&#233;e, oblig&#232;rent la F&#233;d&#233;ration du travail de l'Ontario (FTO), pour ne pas perdre le contr&#244;le de la situation mais aussi parce les positions de la bureaucratie &#233;taient menac&#233;es tant par le haut que par le bas, de proposer un plan d'action. Ce fut celui des Days of Action soit une escalade de grandes manifestations, accompagn&#233;es de gr&#232;ves, d'un centre m&#233;tropolitain &#224; un autre plus important jusqu'&#224; culminer sur Toronto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la direction de la FTO s'assura auparavant de la consolidation droiti&#232;re de son ex&#233;cutif en faisant &#233;vincer, lors de l'&#233;lection au congr&#232;s de 1995, deux membres du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) qui s'&#233;taient oppos&#233;s au social contract du Nouveau parti d&#233;mocratique (NPD), contrairement aux directions des syndicats du secteur priv&#233; (les pink paper unions), &#224; l'exception des Travailleurs et travailleuses canadiens de l'automobile (TCA). De plus, apr&#232;s le Day of Action d'Hamilton, qui mobilisa 100 000 personnes au d&#233;but de 1996, cette direction n'appela pas &#224; des gr&#232;ves d'appui pour soutenir l'importante gr&#232;ve des fonctionnaires du gouvernement ontarien. Pourtant cette gr&#232;ve &#233;tait la plus importante qu'e&#251;t jamais connu l'Ontario jusqu'alors. Malgr&#233; ce manque d'appui, que cautionnait m&#234;me la direction du syndicat des fonctionnaires en gr&#232;ve, la d&#233;termination des gr&#233;vistes emp&#234;cha le gouvernement Harris de remporter une victoire d&#233;cisive mais non de cong&#233;dier par apr&#232;s 10 000 fonctionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement reprit un second souffle l'automne suivant en culminant lors du Day of Action de Toronto qui rassembla 200 000 personnes. L'&#233;tape suivante &#233;tait logiquement une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 24 heures partout en Ontario. C'est le moment que choisirent les directions des pink paper unions pour s'opposer &#224; d'autres Day of Action. Pourtant, le grand rassemblement de Toronto marquait un rapport de forces qui oblige&#226;t le gouvernement Harris, durant ce m&#234;me automne 1997, &#224; retirer un projet de loi qui lui donnait le pouvoir de suspendre le droit de gr&#232;ve du secteur public et d'imposer leurs conventions collectives. Non seulement ce rapport de forces fut-il ruin&#233; par les directions syndicales des pink paper unions mais aussi par les directions de trois des cinq syndicats de professeurs du primaire et du secondaire qui mirent abruptement fin &#224; une gr&#232;ve ill&#233;gale, pourtant populaire et soutenue par les parents, de l'ensemble du corps enseignant ontarien, du jamais vu jusqu'alors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; d'autres gr&#232;ves locales et d'autres Day of Action dans des villes moins importantes en 1998, les mobilisations et gr&#232;ves de l'automne 1997 marqu&#232;rent le sommet du mouvement anti-Harris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bilan ontarien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui frappe d'abord c'est que la plus importante mobilisation dans l'&#201;tat canadien depuis 25 ans se soit termin&#233;e en d&#233;faite. Selon David Camfield, on ne peut m&#234;me pas dire que le mouvement ait r&#233;sult&#233; en gains significatifs organisationnels ou politiques. L'auto-organisation, importante sur le moment avec surtout l'Ontario Coalition for Social Justice (OCSJ) et ses composantes locales, s'est quasi compl&#232;tement d&#233;compos&#233;e ensuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le mouvement large, la perspective politique n'a jamais d&#233;pass&#233; le retour au pouvoir du NPD pourtant discr&#233;dit&#233; par son &#034; social contract &#034;. Rien d'&#233;tonnant quand on r&#233;alise que non seulement cette perspective &#233;tait celle des pink paper unions mais aussi celle de leurs opposants. La divergence entre eux &#233;tait tactique. Les directions des syndicats du secteur public et des TCA croyaient qu'il ne fallait pas attendre passivement aux prochaines &#233;lections mais qu'une mobilisation pourrait re-crinquer l'appui au moribond NPD tout en limitant les d&#233;g&#226;ts... et ainsi &#233;viter d'&#234;tre contest&#233;es par leurs bases puisque les syndicats du secteur public &#233;taient davantage touch&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite, cependant, n'est en rien g&#233;n&#233;ratrice d'espoir comme l'a montr&#233; les pi&#232;tres r&#233;sultats du NPD lors des &#233;lections de 1999 et de 2003. Cependant, elle tue la capacit&#233; de contester la strat&#233;gie cul-de-sac des directions syndicales. Et tant pis pour les bases syndicales, les inorganis&#233;Es et m&#234;me pour le NPD. L'objectif prioritaire c'est de sauver la peau de la caste bureaucratique qui, il est vrai, s'appuie sur une large couche ouvri&#232;re ayant le plus b&#233;n&#233;fici&#233;e des gains des &#034; trente glorieuses &#034;, couche relativement nombreuse dans la plus riche province canadienne mais rendue frileuse par la peur de tomber dans l'exclusion n&#233;olib&#233;rale et m&#234;me devenue plus conservatrice par son int&#233;r&#234;t imm&#233;diat &#224; maintenir le statu-quo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche radicale, sociale (OCAP) ou politique (New Socialist Group, International Socialist, Socialist Action) n'a pas non plus profit&#233; de la situation pour se renforcer. Il faut ici souligner la faiblesse de la gauche sociale dans les syndicats, gauche par ailleurs peu ind&#233;pendante des hautes directions syndicales. Objectivement, la vague n&#233;olib&#233;rale avait d&#233;structur&#233; le prol&#233;tariat (pr&#233;carit&#233;, exclusion) et beaucoup abaiss&#233; les attentes prol&#233;tariennes par rapport aux ann&#233;es 70. Subjectivement, OCAP s'&#233;tait sp&#233;cialis&#233; dans les questions li&#233;es &#224; la pauvret&#233;, tr&#232;s aigue &#224; Toronto, ce qui l'a conduit &#224; privil&#233;gier des tactiques d'action directe peu rassembleuses d'autant plus que s'y est d&#233;velopp&#233;e une amertume face aux syndicats accus&#233;s de manque de combativit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la gauche anticapitaliste, elle se retrouvait, en 1995, marginale et en plus divis&#233;e suite &#224; des scissions au d&#233;but des ann&#233;es 90. La cons&#233;quence en fut, pour International Socialist (IS), une fuite en avant volontariste et sectaire surestimant le potentiel de la lutte sociale ce que renfor&#231;ait un leadership verticaliste ; pour New Socialist Group (NSG), confin&#233; principalement dans le milieu universitaire et anti-pauvret&#233;, une politique priorisant les &#034; single issues &#034; ce qui rendait difficile de faire une analyse globale donc d'avancer une proposition strat&#233;gique ; pour Socialist Action (SA) un sectarisme anti-NPD sur la base que l'heure &#233;tait venue de fonder un nouveau parti ouvrier de masse, suivi d'un revirement &#224; 180 degr&#233;s. Quant &#224; la section de la Quatri&#232;me Internationale, elle avait tout simplement disparue. Ce n'est que dans l'apr&#232;s-Seattle que ces erreurs ont commenc&#233; &#224; &#234;tre corrig&#233;es quoique que la gauche anti-capitaliste reste toujours divis&#233;e et marginale malgr&#233; des tentatives de regroupement jusqu'ici rat&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Force de frappe libre-&#233;changiste et ciblage f&#233;d&#233;raliste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actuelle situation qu&#233;b&#233;coise pr&#233;sente de frappantes similitudes avec la conjoncture ontarienne d'alors mais aussi des diff&#233;rences essentielles. Dans les deux cas les partis bourgeois &#034; normaux &#034; ont d&#233;cid&#233; d'appliquer avec un &#034; talon de fer &#034; les politiques patronales de nivelage sur le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral &#233;tasunien auquel le Canada &#233;tait expos&#233; plus que jamais depuis l'Accord de libre-&#233;change de 1989.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Ontario agissait cependant en pionni&#232;re si l'on fait exception de l'Alberta de Ralph Klein qui pouvait certes servir de mod&#232;le mais non de locomotive pour une normalisation n&#233;olib&#233;rale de tout le Canada &#233;tant donn&#233; sa situation exceptionnelle d'Arabie Saoudite de l'&#201;tat canadien. Par contre, l'Ontario, avec Toronto comme centre financier du Canada, comme c&#339;ur de son industrie et disposant de plus de 40% de son PIB, en est le centre n&#233;vralgique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, les deux autres grandes provinces canadiennes, le Qu&#233;bec et la Colombie britannique, &#233;taient des noyaux plus durs &#224; croquer. La question nationale qu&#233;b&#233;coise et la mobilisation des femmes, au bord de l'explosion en 1995, rendaient le Qu&#233;bec intouchable jusqu'&#224; ce que la bourgeoisie soit capable de lui infliger une d&#233;faite strat&#233;gique. La Colombie britannique, gouvern&#233;e alors par un gouvernement NPD certes social-lib&#233;ral mais pas pour autant ultra-n&#233;olib&#233;ral, n'&#233;tait pas le candidat id&#233;al d'autant plus que la prosp&#233;rit&#233; d'alors de la zone Asie-Pacifique lui servait de tampon et qu'il y a une tradition de combativit&#233; ouvri&#232;re dont la derni&#232;re manifestation fut le mouvement Solidarity en 1983.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie canadienne comprit l'avantage que le Canada soit une f&#233;d&#233;ration passablement d&#233;centralis&#233;e pour attaquer frontalement le prol&#233;tariat canado-qu&#233;b&#233;cois &#224; son point faible. Cette charge &#233;tait d'autant plus appropri&#233;e pour Bay Street qu'en m&#234;me temps le gouvernement f&#233;d&#233;ral, dirig&#233; par le parti &#034; normal &#034; de la bourgeoisie canadienne qui venait de reprendre le pouvoir &#224; la fin de 1993, venait lui-m&#234;me d'enclencher son offensive du d&#233;ficit z&#233;ro qui allait ramener en cinq ans la part du gouvernement f&#233;d&#233;ral au PIB &#224; ce qu'elle &#233;tait en 1950. Cette (contre-)performance reste &#224; ce jour in&#233;dite au sein du G-7.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; leur m&#233;sentente sur la priorit&#233; &#224; donner &#224; la lutte contre le d&#233;ficit versus la baisse des imp&#244;ts, ce qui avait pour avantage de brouiller les pistes, le Parti lib&#233;ral du Canada (PLC) et le Parti conservateur de l'Ontario (PCO) s'entendaient sur le fond, soit utiliser l'AL&#201;NA et l'OMC comme justification et moyens pour niveler la structure sociale du Canada au niveau de celle des &#201;U. Leur volont&#233; d'utiliser l'&#233;limination rapide de leurs d&#233;ficits budg&#233;taires comme moyen principal d'accoucher de cette mise &#224; niveau refl&#233;tait les int&#233;r&#234;ts du capital financier et transnational-exporteur pr&#233;occup&#233; par la baisse de la valeur du huard. Tout au plus, le PCO est-il plus sensible aux int&#233;r&#234;ts du capital manufacturier et commercial, aussi pr&#233;occup&#233; d'augmenter le pouvoir d'achat du march&#233; interne, que le PLC peut l'&#234;tre, d'o&#249; une plus grande importance accord&#233;e &#224; la baisse des imp&#244;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste que cette double offensive PLC-PCO allait laver l'&#233;chec de l'offensive du gouvernement Mulroney dix ans auparavant - tout comme celui de &#034; l'&#201;tat-Provigo &#034; au Qu&#233;bec - lui qui aurait voulu imiter son alli&#233; et ami Ronald Reagan. Cette offensive, on s'en souvient peut-&#234;tre, fut arr&#234;t&#233;e net d&#232;s le d&#233;part par la riposte &#034; Hey, Charlie Brown &#034; des personnes &#226;g&#233;es. La strat&#233;gie d'en passer par le d&#233;tour des accords de libre-&#233;change et d'utiliser &#224; plein les avantages du f&#233;d&#233;ralisme pour mieux cibler, allait enfin payer malgr&#233; qu'elle f&#251;t rejet&#233;e par l'&#233;lectorat tant aux &#233;lections f&#233;d&#233;rales de 1988 qu'&#224; celles de 1993.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le tour de la Colombie britannique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restait la mise au pas de la Colombie britannique et du Qu&#233;bec. Dans l'une et l'autre province, l'obstacle &#233;tait les partis socio-lib&#233;raux au pouvoir. Ceux-ci, non par conviction mais par conservatisme d'appareil, n'&#233;taient pas pr&#234;ts &#224; rompre avec la strat&#233;gie du consensus pour pouvoir appliquer le rem&#232;de de cheval de la confrontation ouverte de classe. Du point de vue du capital, il le fallait, cependant, pour en arriver non seulement &#224; faire la mise &#224; niveau ultra-n&#233;olib&#233;rale requise par le contexte de concurrence avec les &#201;U mais surtout pour consolider un nouveau r&#233;gime d'h&#233;g&#233;monie bourgeoise qui n'ait plus besoin de tra&#238;ner le boulet de la &#034; concertation &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cul-de-sac de la gestion social-lib&#233;rale s'exprimait tant en Colombie britannique o&#249; le niveau de vie stagnait depuis le d&#233;but des ann&#233;es 90 par rapport aux autres r&#233;gions du Canada, qu'au Qu&#233;bec o&#249; le taux de cr&#233;ation d'emploi &#233;tait le plus faible parmi les r&#233;gions canadiennes. La libert&#233; de la circulation des capitaux garantie par les accords de libre-&#233;change permet, en effet, de punir les mauvais &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, cependant, pour la bourgeoisie, le NPD britanico-colombien et le PQ qu&#233;b&#233;cois &#233;taient, malgr&#233; tout, ses meilleurs alli&#233;s. Comme des Jean-Baptiste, ils avaient pr&#233;par&#233; le terrain en appliquant avec conviction les coupures n&#233;olib&#233;rales des ann&#233;es 90 tout en paralysant le mouvement syndical soit par un lien organique travailliste avec lui, en ce qui concerne le NPD, soit par la tactique des &#034; Sommets &#034; nationalistes en ce qui concerne le PQ. En fait, le travail de restructuration n&#233;olib&#233;rale et de d&#233;moralisation populaire avait &#233;t&#233; si bien fait qu'on en &#233;tait rendu &#224; l'&#233;tape bulldozage, ce que ces partis ne pouvaient pas faire &#224; moins de se suicider politiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a suffi aux partis bourgeois &#034; normaux &#034; - ce qu'&#233;tait devenu le PLCB en fusionnant &#224; lui les restes des Cr&#233;ditistes et les R&#233;formistes - de surfer sur le m&#233;contentement de l'&#233;lectorat, certes en l'exacerbant par le recours soit &#224; la d&#233;nonciation anti-corruption en Colombie britannique soit anti-s&#233;paratiste au Qu&#233;bec, doubl&#233; &#224; l'avenant de promesses d&#233;magogiques compl&#232;tement contradictoires avec leur projet r&#233;el. L'important c'&#233;tait de gagner le pouvoir pour au moins un terme afin de faire la job de bras sachant fort bien que les partis socio-lib&#233;raux ne la remettraient pas en question si jamais ils revenaient &#224; la barre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en 2001, le PLCB prit-il le pouvoir en r&#233;duisant le NPD au cinqui&#232;me du vote populaire, une d&#233;gel&#233; aussi profonde que celle du NPD ontarien en 1995. Par contre, le PQ, en 2003, recueillit le tiers du vote populaire ce qui est tout de m&#234;me sa pire performance depuis 1973 sans compter que ce fut sur une base d'un taux de participation de 70%, le pire depuis 1927.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Colombie britannique, le choc fut aussi dur &#224; encaisser qu'en Ontario mais la r&#233;action populaire fut moins forte. Il y eut bien deux grandes manifestations dans l'ann&#233;e qui suivit la prise du pouvoir mais aucune ne d&#233;passa 40 000 personnes. Il y eut bien la mise sur pied de coalitions r&#233;gionales mais elles furent incapables de ravir la direction du mouvement &#224; la direction de la F&#233;d&#233;ration du travail de la Colombie britannique qui surfa sur les mobilisations pour mieux les faire d&#233;boucher dans un cul-de-sac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il eut bien une coalition d'activistes radicaux &#034; Prepare the General Strike &#034; soutenu par des groupes anti-pauvret&#233; qui connut un succ&#232;s propagandiste. Durant l'automne 2002, ces militants et militantes r&#233;ussirent m&#234;me &#224; provoquer un d&#233;but de jonction entre le mouvement syndical et un squat durant le congr&#232;s de la F&#233;d&#233;ration du travail au point d'obliger la direction &#224; accepter un vote gagnant pour la pr&#233;paration de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. On pouvait d'autant esp&#233;rer que durant ce m&#234;me automne un parti progressiste remportait la mairie de Vancouver et que peu auparavant le PLCB avait rat&#233; son r&#233;f&#233;rendum anti-aborig&#232;nes, r&#233;f&#233;rendum boud&#233; par la majorit&#233; de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la droite fit le dos rond sachant que le rapport de forces lui &#233;tait favorable. Le nouveau maire d&#233;&#231;ut les progressistes en appuyant le projet d'organiser les Olympiques mondiales d'hiver en Colombie britannique en 2010. Durant la campagne r&#233;f&#233;rendaire sur le sujet, les syndicats du secteur priv&#233; aussi appuy&#232;rent le projet, all&#233;ch&#233; par un &#233;ventuel boom de la construction, tandis que les syndicats du secteur public s'y oppos&#232;rent pour cause de d&#233;tournement de fonds au d&#233;triment du secteur public. Le &#034; oui &#034; l'emporta aux deux tiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, la dissension syndicale priv&#233;e-publique, toujours latente depuis l'&#233;chec du mouvement Solidarity en 1983 contre les coupures du gouvernement du Cr&#233;dit social, s'envenima jusqu'au niveau du jamais vu. Le plus important syndicat du secteur priv&#233;, l'Industrial and Allied Workers of Canada (IWA), signa un contrat secret avec des entreprises &#233;tasuniennes &#224; qui le gouvernement Lib&#233;ral avait accord&#233; la sous-traitance de 9 000 postes d'employ&#233;Es de soutien dans les h&#244;pitaux, aux d&#233;pens du Syndicat des employ&#233;Es d'h&#244;pitaux, le plus important et le plus combatif syndicat de la Colombie britannique. Pour combler la mesure, le contrat sign&#233; ram&#232;ne les salaires au niveau de 1968 sans plan de pensions ni cong&#233; de maternit&#233;. Un &#233;chec plus cuisant, tu meurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agit-il alors d'esp&#233;rer en l'in&#233;vitable retour du pendule - comme le pr&#233;voit au Qu&#233;bec le PQ qui sous couvert d'une &#034; saison des id&#233;es &#034; fait du sur place - ce qui devrait &#234;tre la cons&#233;quence de l'application brutale de politiques ultra-n&#233;olib&#233;rales ? Ce n'est pas ce qu'enseigne l'exp&#233;rience ontarienne. Le NPD ontarien s'est davantage enfonc&#233; lors des &#233;lections de 1999 et de 2003. Cela n'a rien d'&#233;tonnant. L'hyst&#233;rie s&#233;curitaire venue des &#201;U qui d&#233;tint fortement sur la Canada anglais, beaucoup plus fortement qu'au Qu&#233;bec, pousse l'&#233;lectorat &#224; droite. L'am&#232;re d&#233;ception par rapport aux partis socio-lib&#233;raux ontarien, britanico-colombien et qu&#233;b&#233;cois, de tradition travailliste ou national-populiste peu importe, en rajoute. Seul la logique du &#034; moins pire &#034; pourrait jouer en faveur des partis socio-lib&#233;raux, davantage cependant au Qu&#233;bec &#224; cause de la l&#233;gitimit&#233; que la question nationale procure au PQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a que la droite qui a un projet que, cependant, les populations des trois plus populeuses provinces canadiennes trouvent de plus en plus inacceptable au fur et &#224; mesure de l'exp&#233;rience de la r&#233;alit&#233;. En Ontario comme en Colombie britannique, la gauche anticapitaliste, si ce n'est antin&#233;olib&#233;rale, n'est m&#234;me pas dans le d&#233;cor. En Colombie britannique, on se sait trop quoi choisir entre un NPD rest&#233; social-lib&#233;ral et un Green Party qui l'est d&#233;j&#224;, ou m&#234;me, en d&#233;sespoir de cause ou par choix, le mouvementiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Ontario, les tentatives de radicalisation du NPD par l'int&#233;rieur, avec le Socialist Caucus, ou d'un entre-deux parti-mouvement avec Regrouping the Left, ou d'un parti &#034; participatif &#034; s'appuyant sur le mouvement altermondialiste en transformant le NPD &#224; la fois de l'ext&#233;rieur et de l'int&#233;rieur avec le New Politics Initiative, soit font du sur place soit ont &#233;chou&#233; malgr&#233; des succ&#232;s initiaux qui n'eurent pas de suite. Le nouveau Socialist Project aura-t-il plus de succ&#232;s ? Groupuscule de syndicalistes des TCA et d'intellectuels &#034; marxistes ind&#233;pendants &#034; cependant peu connect&#233; &#224; la jeunesse radicale et au mouvement communautaire, il n'aspire pour l'instant qu'&#224; organiser des forums. Quant aux partis anticapitalistes, ils restent groupusculaires et divis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et maintenant, le Qu&#233;bec&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sc&#233;narii ontarien et britanico-colombien se r&#233;p&#232;teront-ils au Qu&#233;bec ? Neuf mois apr&#232;s avoir repris le pouvoir en avril 2003, pouvoir qu'il avait perdu aux mains du PQ en 1994, le parti &#034; normal &#034; de la bourgeoisie, le Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec (PLQ) a gagn&#233; la premi&#232;re bataille m&#234;me s'il en sort avec une popularit&#233; affaiblie. Les sondages ont beau &#234;tre mauvais pour lui, il a cependant r&#233;ussi &#224; faire adopter et appliquer en rafale et presque sans d&#233;bat une s&#233;rie de lois et de politiques anti-syndicales et anti-femmes - tout en neutralisant le mouvement &#233;tudiant - qui visent &#224; emp&#234;cher l'organisation d'un mouvement de riposte, en minant son unit&#233; et sa combativit&#233; pour la suite des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette premi&#232;re offensive a pris au d&#233;pourvu les hautes direction syndicales trop habitu&#233;es &#224; la &#034; concertation &#034; de la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente qui &#233;tait non seulement le fait du PQ, qui l'avait institutionnalis&#233;e dans ses &#034; Sommets &#034;, mais qui &#233;tait aussi la pratique du PLQ depuis la soi-disant &#034; R&#233;volution tranquille &#034; &#224; partir de 1960. Il faut en effet remonter au r&#233;gime Duplessis pour retrouver une politique de la confrontation, ce qui ne veut pas dire que PLQ et PQ, surtout ce dernier, ne se soient jamais priv&#233;s de recours aux lois sp&#233;ciales, recours cependant qui n'avaient jamais entam&#233; la solidit&#233; du &#034; bloc nationaliste &#034; qui dure toujours m&#234;me s'il est pour l'instant au cong&#233;lateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces hautes directions ont esp&#233;r&#233; la continuation de la &#034; concertation &#034; tablant sur la forte contrainte de la &#034; paix sociale &#034; qui leur donnait au minimum un important pouvoir de nuisance. Dans le secteur public, seul les travailleuses de garderies se mobilisaient pendant que le &#034; Front commun &#034; n'en finissait plus de se n&#233;gocier au sommet. Les malaises au sein du PLQ et les pronostics des meilleurs commentateurs promettaient en effet la continuit&#233;, ce que semblait confirmer l'apparent recul du PLQ en septembre qui re-garantissait aux associations &#233;tudiantes le gel des frais de scolarit&#233;. C'&#233;tait cependant reculer pour mieux sauter comme l'inusit&#233; lettre aux journaux du Premier ministre allait le laisser savoir &#224; la mi-octobre : fini la R&#233;volution tranquille et Vive la &#034; r&#233;ing&#233;nierie &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps de tergiversations termin&#233;, les organisations communautaires nationales et r&#233;gionales, appuy&#233;es mollement par une partie des centrales syndicales, r&#233;agirent les premi&#232;res en se groupant dans le &#034; R&#233;seau Vigilance &#034; ouvert &#224; tous et toutes... sauf aux partis politiques. Elle furent les premi&#232;res &#224; se mobiliser mais sur une base tr&#232;s modeste. Suivirent &#224; la fin novembre les mobilisations des trois grandes centrales syndicales en plus grand nombre, jusqu'&#224; 30 000, mais en ordre dispers&#233;. Ce coup de semonce semblait tout ce qu'&#233;tait pr&#234;t &#224; faire les hautes directions syndicales m&#234;me face &#224; la nouvelle fermet&#233; du PLQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins visibles m&#233;diatiquement, cependant, les bases syndicales bouillonnaient. Ce fut toute une surprise, le 11 d&#233;cembre, de voir des dizaines de milliers de membres de toutes les centrales syndicales, en particulier de la F&#233;d&#233;ration des travailleurs et travailleuses du Qu&#233;bec (FTQ) qu'on attendait le moins, non seulement organiser des piquetages massifs mais aussi bloquer les ports de Montr&#233;al et de Qu&#233;bec de m&#234;me que d'importantes routes r&#233;gionales. Les hautes directions syndicales avaient d&#251; c&#233;der aux pressions de la base. C'est peu dire quand on pense que seulement &#224; la FTQ 125 syndicats demandaient au moins une imm&#233;diate gr&#232;ve de 24 heures. Difficile de ne pas faire le lien avec le Front commun de 1972.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a bien fallu que les chefs des centrales aient quelques bons mots sur la possibilit&#233; d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. On comprit trop tard que c'&#233;tait l&#224; la m&#233;thode habituelle de surfer la vague pour emp&#234;cher le passage imm&#233;diat &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale avant que les lois sc&#233;l&#233;rates ne soient vot&#233;es. On s'illusionna &#224; la base sur la possibilit&#233; de revenir en force apr&#232;s le cong&#233; des F&#234;tes. Les bilans de fin d'ann&#233;es firent alors comprendre que pour les hautes directions cette mobilisation n'&#233;tait qu'un outil pour inciter le PLQ &#224; en revenir &#224; la &#034; concertation &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me le R&#233;seau Vigilance s'aligne sur la strat&#233;gie des hautes directions d'en revenir &#224; la routine des m&#233;moires pr&#233;-budg&#233;taires accompagn&#233;s de modestes manifestations r&#233;gionales. Il est vrai que ce r&#233;seau ne r&#233;unit qu'une poign&#233;e de dirigeants et dirigeantes nationales, qui donnent le ton, et r&#233;gionales qui ex&#233;cutent. Mais le R&#233;seau n'appelle pas &#224; former des unit&#233;s de base qui d&#233;l&#233;gueraient &#224; une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale. On reconna&#238;t bien la manie bureaucratique &#034; de ne pas perdre le contr&#244;le &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hautes directions somment le PLQ de ne plus faire le m&#233;chant sinon..., ce que le PLQ a bien soin d'accommoder. Elles mettent leur confiance en des recours judiciaires, rendu confiantes par le jugement favorable sur la question de l'obligation d'appliquer les programmes d'&#233;quit&#233; salariale pour les grands employeurs qui en &#233;taient dispens&#233;s. Surtout, elles se pr&#233;parent au maraudage dans le secteur de la sant&#233; qu'oblige la nouvelle l&#233;gislation qui vise &#224; diviser tout en facilitant, dans un premier temps, la sous-traitance du travail de soutien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au plus laisse-t-on planer la possibilit&#233; de s'associer &#224; une grande manifestation planifi&#233;e par le R&#233;seau vigilance le 14 avril sans d&#233;nier la possibilit&#233; de journ&#233;es de gr&#232;ve. Encore une fois, seul les travailleuses de garderies de la CSN se remobilisent et en re-promettent... mais on les laisse seules, de m&#234;me que de petits groupes de gr&#233;vistes, surtout des femmes, &#224; petits salaires et &#224; travail pr&#233;caire du secteur priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin de la premi&#232;re bataille. Le PLQ gagnera-t-il la guerre ? Le test d&#233;finitif en sera le renouvellement des conventions collectives du secteur public qui devront ouvrir la porte aux &#034; partenariats priv&#233;-public &#034;, &#233;l&#233;gante fa&#231;on de parler de sous-traitance et de privatisation. Comme vient de le montrer la r&#233;cente annonce de tels partenariats dans le transport public, &#224; laquelle ont r&#233;pondu d'impuissantes menaces des hautes directions syndicales, le PLQ pr&#233;dit ce qui sera la perspective du prochain budget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce test, cependant, se conjuguera peut-&#234;tre avec un resurgissement de la question nationale par la m&#233;diation de la bataille des d&#233;fusions municipales au printemps, principalement des municipalit&#233;s anglophones de l'ouest de Montr&#233;al o&#249; l'enjeu de loin majeur est une tentative de la r&#233;action scissionniste de se redonner une base territoriale. Jusqu'ici le PLQ a habilement jou&#233; avec cette patate chaude en encadrant les &#233;ventuels r&#233;f&#233;rendums par des lois qui certes ont laiss&#233; toutes les parties insatisfaites mais qui n'ont provoqu&#233; la mobilisation d'aucun groupe, chacun finalement acceptant les nouvelles r&#232;gles du jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce test sera aussi influenc&#233; par la continuation de l'offensive n&#233;olib&#233;rale principalement par le biais du &#034; budget ultra-n&#233;olib&#233;ral del'an1 &#034;. On voit, en effet, difficilement le PLQ renoncer &#224; son plan de bulldozage parce qu'il est en mauvaise posture dans les sondages car ce serait l&#224; un aveu de d&#233;faite strat&#233;gique. Au contraire, sa victoire de l'automne l'encourage &#224; foncer surtout en d&#233;but de mandat. Par rapport &#224; son plan de match, les mauvais sondages du PLQ ne sont en effet qu'un d&#233;sagr&#233;ment tactique qui ne demande donc qu'une r&#233;ponse tactique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PLQ n'est pas non plus sans disposer de marges de man&#339;uvres. Il a d&#233;j&#224; annonc&#233; que les mauvaises nouvelles de la &#034; r&#233;-ing&#233;n&#233;rie &#034; s'&#233;taleront tout au long du mandat, ce qui permet de faire des choix judicieux en attendant de traverser la difficile p&#233;riode des r&#233;f&#233;rendums et de la n&#233;gociation du secteur public. Le volant des baisses d'imp&#244;t, m&#234;me s'il n'est pas la priorit&#233; de l'&#233;lectorat qui lui pr&#233;f&#232;re l'am&#233;lioration du syst&#232;me de sant&#233; et la lutte &#224; la pauvret&#233;, n'est pas non plus une mauvaise nouvelle pour les &#034; classes moyennes &#034;, du moins est-ce un prix de consolation pour faire dig&#233;rer d&#233;faites sociales et hausses de tarifs et de taxes de toutes sortes d&#233;j&#224; annonc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La n&#233;cessit&#233; d'une direction politique cr&#233;dible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan des &#233;checs ontarien et britanico-colombien d&#233;montre sans ambigu&#239;t&#233; qu'il faut un plan de mobilisation aboutissant &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale public-priv&#233;. Il d&#233;montre aussi sans aucune ambigu&#239;t&#233; que les hautes directions syndicales, et leur relais dans les autres organisations sociales, n'en veulent pas mais qu'elles doivent surfer la vague pour assurer leur propre survie sociale. Elles n'ont pas d'autres alternatives &#224; proposer que le retour des partis socio-lib&#233;raux avec leur politique de statu-quo dite &#034; r&#233;formisme sans r&#233;formes &#034;. La strat&#233;gie qui en d&#233;coule est l'attente du retour du pendule &#233;lectorale, avec ou sans mobilisation contr&#244;l&#233;e pour sauver les d&#233;g&#226;ts, au nom du &#034; moins pire &#034;, le statu-quo &#233;tant &#233;videmment moins pire que le bulldozage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces exp&#233;riences de mobilisations ayant &#233;t&#233; des &#233;checs, il est plus difficile d'en d&#233;duire une strat&#233;gie gagnante. On peut quand m&#234;me y d&#233;celer des &#233;l&#233;ments embryonnaires de succ&#232;s. C&#244;t&#233; syndical, il faut faire l'unit&#233; militante public-priv&#233;, sinon la situation vire au vinaigre comme en Colombie britannique, tout comme l'unit&#233; syndicats-organisations populaires sinon le ressentiment populaire m&#232;ne au cul-de-sac des actions confrontationnelles minoritaires pour la plus grande joie des corps policiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas minimiser les risques de division public-priv&#233; parce que l'unit&#233; du 11 d&#233;cembre aura &#233;t&#233; relativement bonne. La pilule am&#232;re pour le priv&#233;, c'est la sous-traitance. Maintenant qu'elle est aval&#233;e, la tentation des syndicats du secteur priv&#233; sera de se prot&#233;ger au niveau des conventions collectives, abandonnant ainsi la lutte unitaire. M&#234;me la lutte contre la fermeture de l'usine d'Arvida pourrait jouer dans ce sens &#224; moins que cette lutte ne soit articul&#233;e &#224; la lutte unitaire contre le gouvernement Charest. Sauf erreur, les votes de gr&#232;ve qui se prennent maintenant &#224; la base sont surtout le fait du secteur public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tactique des consultations pr&#233;-budg&#233;taires n'est-elle pas de faire de mini-concessions au secteur populaire pour l'&#233;loigner du secteur syndical ? La man&#339;uvre pourrait r&#233;ussir &#233;tant donn&#233; la m&#233;fiance, souvent justifi&#233;e, de ce secteur envers le mouvement syndical, sa tentation d'accepter des &#034; peanuts &#034; et le penchant du mouvement syndical &#224; oublier ou marginaliser les revendications anti-pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment construire ces unit&#233;s militantes ? La pression de la base am&#232;ne les directions &#224; agir en commun mais c'est pour laisser la vapeur sortir. Des coalitions se construisent sauf que ce sont, comme le disait un &#233;v&#234;que progressiste br&#233;silien, de vastes coalitions de sigles sur papier avec pas grand monde actif dedans. Plus marginalement, pr&#244;n&#233;e par une partie de la gauche radicale, se forment aussi de petites coalitions id&#233;ologiques que critiquait une militante de Vancouver : &#034; Si tu es &#224; l'aise dans ta coalition, c'est qu'elle n'est pas assez grande &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un facteur essentiel est une direction politique cr&#233;dible capable de proposer une plate-forme qui soit &#224; la fois largement rassembleuse et mobilisatrice de m&#234;me que des principes organisationnels. En Ontario comme en Colombie britannique, les partis anticapitalistes ou des groupes ad hoc ont tent&#233; de le faire mais malgr&#233; un travail acharn&#233; et des r&#233;sultats parfois honorables, ils &#233;taient trop petits et divis&#233;s afin d'&#234;tre cr&#233;dibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, par contre, l'UFP a peut-&#234;tre la cr&#233;dibilit&#233; n&#233;cessaire avec ses presque 2 000 membres, une visibilit&#233; m&#233;diatique minimale et une reconnaissance toute fra&#238;che chez les militants et militantes des syndicats et autres organisations sociales. Reste qu'elle fait face &#224; un blocage de taille : les hautes directions syndicales et populaires n'ont de cesse de la tenir &#224; l'&#233;cart, comme par exemple au sein du R&#233;seau Vigilance, acquises qu'elles sont au &#034; bloc nationaliste &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces acquis, dus &#224; un travail r&#233;ussi d'unification de la quasi totalit&#233; de la gauche politique, qui reste cependant une mince couche de la gauche militante, et &#224; une honorable campagne &#233;lectorale malgr&#233; un score marginal de 1%, ne serviraient &#224; rien si l'UFP ne faisait pas preuve d'initiative tant au niveau organisationnel que programmatique. L'UFP a tout ce qu'il faut pour r&#233;ussir : son orientation de rupture d&#233;finitive avec les trois partis n&#233;olib&#233;raux, sa plate-forme antin&#233;olib&#233;rale, ind&#233;pendantiste, f&#233;ministe, &#233;cologique et internationaliste, une organisation bas&#233;e sur le pluralisme et la d&#233;mocratie participative et, last but not least, une pratique militante de &#034; parti des urnes et de la rue &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a un hic. La direction de l'UFP reste prisonni&#232;re du sacro-saint respect des analyses et directives des hautes directions syndicales (comme de celle de l'Assembl&#233;e des Premi&#232;res Nations) d'o&#249; des prises de position qui sont l'&#233;cho, parfois un peu plus radicales, des instances syndicales. Ce qui signifie que l'UFP n'a aucune pertinence politique, qu'elle cherche au mieux &#224; &#234;tre le bras &#233;lectoral de ces instances qui, pour l'instant, la rejettent. Elle n'a pas non plus de pertinence organisationnelle car sa capacit&#233; de mobilisation est marginale et ne sera jamais celle d'organisations de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or reprendre ou imiter le discours des hautes instances syndicales, c'est reprendre un discours social-lib&#233;ral et nationaliste m&#234;me si c'est de fa&#231;on quelque peu plus combative. On se leurre si l'on pense modifier ce discours par de discr&#232;tes conversations de coulisse. Car ce discours, en temps ordinaire, se situe dans les marges de l'opinion publique, dans la marge gauche &#233;videmment, que refl&#232;te le syndiqu&#233; moyen et la syndiqu&#233;e moyenne, si tant il ou elle existe. La bourgeoisie a, en effet, appris depuis longtemps &#224; forger une opinion publique &#224; sa mesure que &#231;a soit par la famille, l'&#233;cole, les grands journaux, le broadcasting radiodiffus&#233; puis t&#233;l&#233;diffus&#233;, et de plus en plus par le multim&#233;dia monopolis&#233;. &#192; tel point que la bourgeoisie, depuis la fin de la Deuxi&#232;me guerre mondiale, avait r&#233;ussi &#224; tuer la culture prol&#233;tarienne qui a peine &#224; rena&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;connexion se fait dans les moments de crise comme ce fut le cas en novembre-d&#233;cembre, moments qui sont habituellement brefs. C'est alors qu'appara&#238;t la contradiction base-sommet au sein du mouvement syndical, bien s&#251;r masqu&#233; par l'habilit&#233; discursive des chefs syndicaux. La raison en est que l'int&#233;r&#234;t de ces chefs, habituellement s&#233;lectionn&#233;s sur des ann&#233;es par l'appareil syndical, est fortement tributaire des int&#233;r&#234;ts bureaucratiques de l'appareil et de la couche la plus ais&#233;e du prol&#233;tariat, couche qui influence les structures syndicales plus que proportionnellement &#224; leur taille. Cette &#034; aristocratie ouvri&#232;re &#034; que g&#233;n&#232;re tr&#232;s consciemment le capitalisme, encore plus le capitalisme n&#233;olib&#233;ral, &#224; travers les divisions d'ethnies, de genres et r&#233;gionales par la diff&#233;renciation des salaires et des statuts, ce que permet les ressources acquises par le pillage imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est in&#233;luctable que les organisations de masse, par leurs chefs, expriment les convictions de l'ensemble des travailleurs et travailleuses, de l'ensemble des femmes, des &#233;tudiants et &#233;tudiantes, des pauvres, etc. telles que fa&#231;onn&#233;es, en temps ordinaire, par l'opinion publique produite par les monopoles m&#233;diatiques. Cependant, les partis politiques qui, par d&#233;finition, recrutent leurs membres sur la base de leurs orientations et de leurs plates-formes &#233;chappent partiellement &#224; la dictature de l'opinion publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, les organisations de masse sont aussi anim&#233;es par une couche de militants et militantes, tout comme les partis. Cependant, ces organisations de masse se doivent de repr&#233;senter l'ensemble de leur membership r&#233;el ou potentiel quelque soit leur position politique alors que les partis politiques ont la possibilit&#233; de prendre des positions sur la base de leur plate-forme qui est leur base d'adh&#233;sion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette marge de man&#339;uvre que se doit d'utiliser &#224; plein l'UFP, un parti auquel adh&#232;rent le prol&#233;tariat qui rejette le n&#233;olib&#233;ralisme f&#233;d&#233;raliste et sexiste. L'UFP peut donc parler en clair sur la base de son orientation et de sa plate-forme. Au Qu&#233;bec, d'ailleurs, le probl&#232;me n'est pas l'autonomie du relativement vaste mouvement social vis-&#224;-vis une humble gauche politique - vis-&#224;-vis le national-populisme p&#233;quiste c'est une autre histoire - mais plut&#244;t l'autonomie de la gauche politique vis-&#224;-vis la gauche sociale. &#192; quand l'autonomisation de l'UFP vis-&#224;-vis les hautes directions syndicales et tutti quanti ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une raison souvent invoqu&#233;e pour ne pas prendre une position qui n'aurait pas l'aval des hautes directions syndicales serait qu'elle ne serait pas non plus appuy&#233;e par la base. Ce fut, par exemple, la raison invoqu&#233;e pour ne pas rendre publique la position exploratoire de l'UFP sur la nationalisation de Vid&#233;otron... sans jamais d'ailleurs consulter les gr&#233;vistes comme il avait &#233;t&#233; aussi r&#233;solu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chose certaine, cette raison ne tient plus &#224; propos de la volont&#233; de faire la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale d'une grande partie des syndiqu&#233;Es, &#224; la pr&#233;paration de laquelle ni les hautes directions syndicales ni, son annexe, le R&#233;seau Vigilance, n'appelle. D'ailleurs, m&#234;me si une position conjoncturelle s'av&#233;rait tr&#232;s minoritaire &#224; la base, est-ce une raison pour ne pas la proposer, en y mettant la mani&#232;re, si elle s'articule &#224; notre orientation et &#224; notre plate-forme. Il faut savoir pr&#233;parer les lendemains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce blocage dans l'application de l'orientation et de la plate-forme de l'UFP &#224; la conjoncture signale une rupture inachev&#233;e avec une vieille conception sociale-d&#233;mocrate de division du travail entre la direction des mouvements sociaux et celle du parti : aux premiers la direction politique de la rue et aux seconds celle des urnes. La cons&#233;quence de cette renonciation &#224; notre tactique &#034; des urnes et de la rue &#034; ne peut que mener au tablettage de notre plate-forme en faveur d'une &#034; realpolitik &#034; sociale-lib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#034; Pr&#233;parons d&#232;s maintenant la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale priv&#233;-public &#034;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est le mot d'ordre que l'UFP devrait imm&#233;diatement lancer. Les hautes directions syndicales disent souvent qu'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, &#231;a se pr&#233;pare. C'est exact. Et la premi&#232;re chose &#224; faire pour y arriver c'est de l'annoncer pour que les discussions sur la plate-fo/rme, l'organisation et le plan d'action commencent imm&#233;diatement. Il ne suffit pas d'envisager en catimini de probables journ&#233;es de gr&#232;ve en avril. Il ne s'agit plus de seulement publiciser une grande manif pour le 14 avril. Plus personne ne croira en son efficacit&#233; si ces journ&#233;es de gr&#232;ve hypoth&#233;tique, bien tardives, ne font pas partie d'un plan d'action menant &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale reconductible de 24 heures. (Cette formule a l'avantage de faciliter la transition entre un arr&#234;t de 24 heures, qui ne suffira pas, et une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e tout en sugg&#233;rant fortement un m&#233;canisme d&#233;mocratique quotidien de prise de d&#233;cision.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UFP est tenue &#224; l'&#233;cart du R&#233;seau Vigilance. Ce n'est pas une raison de leur faire des courbettes, au contraire. Comme promoteur de la d&#233;mocratie participative c'est l'occasion de proposer que ce R&#233;seau, conform&#233;ment &#224; la r&#233;solution du dernier Conseil de l'Union, se transforme en r&#233;seau &#224; la base, y compris dans les syndicats. Pourquoi ne pas aussi mettre de l'avant que ce soit les r&#233;seaux &#224; la base qui contr&#244;lent le R&#233;seau &#224; travers des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales r&#233;gionales, sectorielles et nationale. Tant qu'une direction alternative ne se construira pas pour se substituer aux hautes directions syndicales, la victoire est peu probable m&#234;me si les revendications et le plan sont relativement bons. Ce pourrait faire l'objet d'un mot d'ordre : &#034; Auto-organisation &#224; la base de comit&#233;s pour la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UFP elle-m&#234;me peut prendre imm&#233;diatement des initiatives pour &#233;tendre le d&#233;bat public comme, par exemple, l'assembl&#233;e publique de l'UFP-Montr&#233;al du 13 f&#233;vrier et celle de l'Outaouais du 24 f&#233;vrier. La campagne sur la fiscalit&#233; annonc&#233;e pour f&#233;vrier devrait &#234;tre transform&#233;e en campagne pour promouvoir et expliquer nos propositions d'organisation et de revendications, y compris la r&#233;forme fiscale. Nul besoin d'ajouter que l'attention des instances devraient &#234;tre cette campagne, y compris la mise sur pied, o&#249; la masse critique militante le permet, de comit&#233;s sectoriels en particulier syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut se rendre compte que l'UFP joue, encore une fois, son existence dans la grande bataille qui vient. Et elle la jouera encore plus s'il n'y avait pas de grande bataille. Si l'UFP n'y jouait aucun r&#244;le comme centre de proposition et d'initiative sur la base de son orientation et de sa plate-forme, elle entrerait en stagnation sinon en d&#233;composition. Car ce n'est pas sa capacit&#233; de mobilisation qui fera la diff&#233;rence m&#234;me si cette mobilisation reste n&#233;cessaire tant pour sa cr&#233;dibilit&#233; que pour son morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce cas, lui succ&#233;derait au pire, une droite nationale-populiste ultran&#233;olib&#233;rale qui est d&#233;j&#224; en place jouissant du cinqui&#232;me des intentions de vote alors qu'on ne peut plus invoquer l'ignorance de son programme, au mieux une gauche sociale-lib&#233;rale aussi nationale-populiste, l'un et/ou l'autre fonctionnant de la mani&#232;re la plus traditionniste qui soit. M&#234;me si la grande bataille donne des r&#233;sultats mitig&#233;s ou m&#234;me carr&#233;ment mauvais, une UFP dynamique s'en trouvera revigor&#233;e et capable d'envisager soit une croissance rapide, une int&#233;gration ou une fusion sur la base de son orientation et de sa plate-forme avec d'autres forces issues de la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au plan de campagne, cela d&#233;pend de l'&#233;tat de pr&#233;paration, lui-m&#234;me fonction du dynamisme des acteurs et actrices, de la conjoncture et de l'&#233;tat d'esprit des troupes. La col&#232;re de d&#233;cembre est maintenant retomb&#233;e, une d&#233;faite &#233;tant une d&#233;faite. Quelle sera la prochaine bonne occasion ? La pr&#233;sentation du budget en mars ? L'actuel plan de campagne du R&#233;seau y pr&#233;pare mal sinon point du tout. S'annoncerait alors une deuxi&#232;me d&#233;faite strat&#233;gique qui pr&#233;parera d'autant moins bien aux &#233;ch&#233;ances ult&#233;rieures. L'ancien pr&#233;sident des Cols bleus de Montr&#233;al n'a-t-il pas raison de proposer qu'au moins des gr&#232;ves de 24 heures commencent en mars ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite viendra l'&#233;ch&#233;ance de la campagne &#233;lectorale f&#233;d&#233;rale surtout si elle se combinait avec des campagnes r&#233;f&#233;rendaires sur les d&#233;fusions o&#249; serait en pointe la r&#233;action s&#233;cessionniste ? L'articulation programmatique, c'est-&#224;-dire le lien question sociale - question nationale reste cependant &#224; faire. Cette articulation est pourtant cruciale car si le PQ n'a pas &#233;t&#233; lessiv&#233; comme le furent les partis NPD de l'Ontario et de la Colombie britannique, c'est qu'il est encore per&#231;u comme le champion de la lutte du peuple qu&#233;b&#233;cois contre le m&#233;prisant f&#233;d&#233;ralisme. Les r&#233;cents sondages le rappellent. Pourtant la perspective du retour du PQ au pouvoir est d&#233;mobilisatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#233;gociations du secteur public ? Quand auront-elles lieu ? L'automne prochain, le printemps 2005 ? C'est tard : il faudrait acc&#233;l&#233;rer les &#233;ch&#233;anciers. L'id&#233;al serait ce printemps pour t&#233;lescoper le plus possible l'apex des n&#233;gos, la campagne &#233;lectorale et les campagnes r&#233;f&#233;rendaires. S'imagine-t-on un instant le tourbillon &#233;nergisant de ces torrents qui d&#233;multiplieraient, en les unissant, les questions sociale et nationale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un catalyseur qui pourrait imm&#233;diatement acc&#233;l&#233;rer les choses : construire la solidarit&#233; - manifs, gr&#232;ves d'appui... - autour des travailleuses de garderies qui elles sont d&#233;j&#224; au front sur une question essentielle et autour de certains conflits r&#233;gionaux (Urgel Bourgie, H&#244;tel Crown Plaza...) qui eux aussi soul&#232;vent d'autres questions essentielles. Il s'agit de lutte de femmes, de membres des communaut&#233;s culturelles, de gagne-petit, de pr&#233;caires, de sous-trait&#233;es. Une belle occasion de lier luttes syndicales et luttes contre la pauvret&#233;, luttes du secteur public et luttes du secteur priv&#233;. Pourrait s'y articuler la mobilisation contre la construction de la centrale thermique du Suro&#238;t, ce qui donnerait une dimension &#233;cologique &#224; un front syndical/anti-pauvret&#233;/femme que pourrait rejoindre le mouvement &#233;tudiant quand il se remobilisera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une poign&#233;e de demandes concr&#232;tes, pr&#233;cises et unificatrices&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'unifier largement et de mobiliser en profondeur, l'UFP pourrait proposer une poign&#233;e de revendications unificatrices - au-del&#224; des revendications sectorielles aussi n&#233;cessaires - qui soient imm&#233;diatement compr&#233;hensibles, donc tr&#232;s concr&#232;tes, et irr&#233;cup&#233;rables, donc tr&#232;s pr&#233;cises. On se rappelle encore du 100$ du Front commun de 1972 et du salaire minimum de 8.50$ l'heure de la Marche des femmes de 2000 que, malheureusement, le mouvement social a rapidement abandonn&#233;e, d&#233;senchant&#233; et d&#233;courag&#233; qu'il f&#251;t &#224; cause de sa vision idyllique du PQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul un large d&#233;bat &#224; la base peut g&#233;n&#233;rer la sagesse populaire voulue pour mettre au point ces quelques revendications coups de poing. En n&#233;gatif, cependant, on peut difficilement exclure un &#034; non &#034; retentissant &#224; la privatisation des services publics et &#224; la sous-traitance anti-syndicale de m&#234;me qu'aux lois sc&#233;l&#233;rates dont il faut demander le rappel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra une revendication clairement anti-pauvret&#233;, peut-&#234;tre le salaire minimum index&#233; &#224; 10 ou 12$ l'heure et/ou un revenu minimum garanti de 1000$ par mois. On pense aussi &#224; la construction de 8000 logements sociaux l'an dont le loyer soit 25% du revenu brut. Reste que ces revendications demeurent sectorielles m&#234;me si en toute solidarit&#233; et compassion elles touchent tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est de m&#234;me tant de la revendication du Front commun d'augmentation de 12.5% sur trois ans du salaire des employ&#233;Es de l'&#201;tat, de l'interdiction de fermetures, d'abolitions de poste et de cong&#233;diements massifs par des entreprises rentables tel l'ALCAN, que de l'&#233;quit&#233; salariale pour les femmes tant du public que du priv&#233;, lutte remise au devant de la sc&#232;ne par la r&#233;cente d&#233;cision judiciaire et par l'arr&#234;t de travail des travailleuses des garderies du 16 janvier que cinq autres jours de gr&#232;ve suivront. On ne peut d'ailleurs faire autrement que de remarquer qu'en 1995, en 1999, en 2000, les femmes commencent mais ne sont pas ou &#224; peine relay&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau environnemental, on pourrait penser &#224; un virage &#224; 180 degr&#233;s vers l'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique et les &#233;nergies douces, revendications que la col&#232;re populaire contre la construction de l'usine thermique du Suro&#238;t place en pointe de la conjoncture. Pour les milieux &#233;tudiants, on pense au moins le gel des frais de scolarit&#233; et des frais aff&#233;rents. En septembre, le mouvement &#233;tudiant a bien failli lancer la riposte. Son organisation divis&#233;e, &#233;cartel&#233;e entre opportunisme carri&#233;riste et gauchisme sectaire, l'a paralys&#233;. Les propositions organisationnelles et programmatiques d'UFP-Campus m&#233;ritaient mieux et m&#233;ritent toujours mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une campagne des 10 milliards $&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, une revendication concr&#232;te et pr&#233;cise r&#233;clamant un r&#233;investissement massif dans les services publics et les programmes sociaux, financ&#233; par une r&#233;forme fiscale &#224; l'avenant, toucherait directement chacun et chacune mais serait aussi un pr&#233;alable &#224; la majorit&#233; des revendications sectorielles. L'UFP pourrait contribuer &#224; promouvoir et &#224; pr&#233;ciser cette revendication charni&#232;re en s'appuyant sur sa plate-forme et sur sa campagne &#224; venir &#224; propos de la fiscalit&#233;, campagne qui arrive tout &#224; fait &#224; point &#224; condition de l'&#233;largir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne le r&#233;investissement massif, le point '6.e' de la plate-forme r&#233;clame un &#034; r&#233;investissement massif imm&#233;diat de 10 milliards $ afin de diminuer le d&#233;ficit social dans le r&#233;seau public de la sant&#233; et des services sociaux... &#034;. Cela est d&#233;j&#224; concret et pr&#233;cis. Peut-&#234;tre pourrait-on l'&#234;tre davantage en &#233;tayant par grands secteurs de d&#233;penses. Mais il y a danger de perdre le punch d'un seul chiffre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de la r&#233;forme fiscale &#224; l'avenant, le point '8.a' pr&#233;cise : &#034; &#201;tablissement d'une fiscalit&#233; v&#233;ritablement progressive ; r&#233;vision &#224; la hausse de la taxation sur le capital, les profits et les biens de luxe ; abolition des paradis fiscaux ; r&#233;vision compl&#232;te des abris fiscaux ; augmentation des imp&#244;ts sur les profits des entreprises ; imposition des grandes fortunes ; r&#233;vision des droits de succession. &#034; Encore l&#224;, on peut peut-&#234;tre &#233;tayer par grands secteurs de revenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une perspective strat&#233;gique &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si la dynamique de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale non seulement s'enclenchait mais en venait &#224; d&#233;faire l'offensive ultra-n&#233;olib&#233;rale du PLQ ? Devrions-nous accepter soit un PLQ bourassien avec, disons, &#224; sa t&#234;te Pierre Paradis et avec Christos Sirros comme ministre des Finances, soit un PQ toujours aussi n&#233;olib&#233;ral et toujours pr&#234;t &#224; soutenir &#034; Qu&#233;bec Inc. &#034; avec les dollars de nos imp&#244;ts ? Qu'est-ce qui d'ailleurs a le plus soulev&#233; la col&#232;re du chef du PQ lors de la semaine du 11 d&#233;cembre ? R&#233;ponse : non pas les lois sc&#233;l&#233;rates et le b&#226;illon mais le sort fait par le PLQ &#224; la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale de financement et &#224; Investissement-Qu&#233;bec. Il n'a m&#234;me pas pens&#233; &#224; boycotter les travaux de la Chambre. Faut-il en rajouter ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la perspective strat&#233;gique n'est pas qu'une question d'avoir un sc&#233;nario en poche au cas o&#249; les choses iraient tr&#232;s bien. C'est d'abord et avant tout une question d'efficacit&#233; de la mobilisation pour maintenant. Si l'on demande aux gens de se d&#233;ranger, de faire d'importants sacrifices financiers et surtout de prendre de s&#233;rieux risques y compris s&#233;curitaires - car le 11 septembre p&#232;se - et tout cela dans l'enthousiasme, il faut que les enjeux soient &#224; la hauteur. Car la question se posera tr&#232;s t&#244;t, surtout pour les militants et militantes en premi&#232;re ligne : quelle est l'alternative ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Penser qu'un mouvement de fond portera l'UFP au pouvoir est une illusion, une solution d'ailleurs qui n'est pas la bienvenue pour plusieurs et qui pourrait m&#234;me &#234;tre un cadeau empoisonn&#233;. On a int&#233;r&#234;t &#224; proposer une m&#233;diation qui passe par la d&#233;mocratie participative. Si la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale d&#233;colle et devient pro-active, c'est que la pyramide des comit&#233;s de gr&#232;ve fonctionnera. Elle serait parfaitement en mesure soit de proposer une Assembl&#233;e constituante soit des &#201;tats g&#233;n&#233;raux pour pr&#233;parer la Constitution d'un Qu&#233;bec ind&#233;pendant. L'UFP, c'est plut&#244;t le ferment dans la p&#226;te... si elle le veut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fil de plomb de la perspective &#224; proposer est l&#224; tel que nous l'indique et nous le re-confirme le peuple qu&#233;b&#233;cois par le dernier sondage : 47% pour la souverainet&#233; molle et 28% pour la souverainet&#233; dure. C'est l'as que poss&#232;de le prol&#233;tariat qu&#233;b&#233;cois et que n'a pas le prol&#233;tariat canadien anglais car il ne comprend pas encore que cet as il pourrait aussi le poss&#233;der s'il appuyait &#224; fond notre lutte de lib&#233;ration nationale qui briserait cette prison des peuples qu'est l'&#201;tat canadien, appui dont nous aurons &#233;ventuellement absolument besoin tout comme de celui des peuples aborig&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne nous le cachons pas : la marche est haute... mais atteignable. La marche est atteignable car l'UFP a fait d&#233;passer &#224; la gauche politique l'&#233;tat groupusculaire. Mais elle est haute car l'UFP est encore loin du parti de masse, m&#234;me d'&#234;tre le parti de la gauche sociale, en particulier syndicale. En plus, cet effort gigantesque n&#233;cessite d'&#233;viter deux &#233;cueils : ce raccourci illusoire qu'est le Charybde du centriste &#034; n&#233;olib&#233;ralisme &#224; visage humain &#034; qui ferait de nous au bout du compte le quatri&#232;me parti n&#233;olib&#233;ral m&#234;me avec un manifeste tr&#232;s percutant et unE chef tr&#232;s m&#233;diatique, c'est-&#224;-dire acceptable aux monopoles des multim&#233;dias ; et ce verbiage facile qu'est le Scylla du gauchisme groupusculaire et &#034; r&#233;volutionnaire &#034; sans racine sociale mais id&#233;ologiquement si confortable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marc Bonhomme, 1er f&#233;vrier 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>M&#201;MOIRE PR&#201;SENT&#201; AU MINISTRE DES FINANCES DU QU&#201;BEC </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/MEMOIRE-PRESENTE-AU-MINISTRE-DES-FINANCES-DU-QUEBEC</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/MEMOIRE-PRESENTE-AU-MINISTRE-DES-FINANCES-DU-QUEBEC</guid>
		<dc:date>2004-01-20T03:09:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pr&#233;sentation &lt;br class='autobr' /&gt;
Le R&#233;seau du Forum social de Qu&#233;bec et Chaudi&#232;re-Appalaches est un organisme permettant aux groupes et personnes membres d'&#233;changer sur les r&#233;alit&#233;s sociales, &#233;conomiques et politiques r&#233;gionales, plus particuli&#232;rement en ce qui concerne les impacts de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale en cours depuis quelques ann&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le R&#233;seau a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; &#224; l'issue de la tenue d'un Premier Forum social de Qu&#233;bec et Chaudi&#232;re-Appalaches &#224; la fin septembre 2002. Cet &#233;v&#233;nement a r&#233;uni plus de deux (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Politique-quebecoise-" rel="directory"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Politique-quebecoise-35-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pr&#233;sentation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le R&#233;seau du Forum social de Qu&#233;bec et Chaudi&#232;re-Appalaches est un organisme permettant aux groupes et personnes membres d'&#233;changer sur les r&#233;alit&#233;s sociales, &#233;conomiques et politiques r&#233;gionales, plus particuli&#232;rement en ce qui concerne les impacts de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale en cours depuis quelques ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le R&#233;seau a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; &#224; l'issue de la tenue d'un Premier Forum social de Qu&#233;bec et Chaudi&#232;re-Appalaches &#224; la fin septembre 2002. Cet &#233;v&#233;nement a r&#233;uni plus de deux cent cinquante personnes impliqu&#233;es dans une cinquantaine d'organisations de divers milieux : communautaire, &#233;cologiste, syndical, &#233;tudiant, f&#233;ministe, altermondialiste pour n'en nommer que quelques uns.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la fin 2002, le R&#233;seau cr&#233;&#233; des lieux d'&#233;change et de mise en commun de r&#233;flexion sur quatre grands th&#232;mes. Ce sont des Commissions du R&#233;seau qui r&#233;fl&#233;chissent et agissent sur les sujets pour lesquels elles ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es : 1. La paix ; 2. La Zone de libre-&#233;change des Am&#233;riques (ZL&#201;A) ; 3. L'environnement et l'&#233;cologie sociale ; 4. La d&#233;mocratie, le r&#244;le de l'&#201;tat et la d&#233;fense des services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La consultation lanc&#233;e par le ministre des Finances du Qu&#233;bec &#224; la fin de l'ann&#233;e 2003 nous int&#233;resse donc &#224; plusieurs titres et nous entendons faire valoir un point de vue qui vise &#224; promouvoir la construction d'un Qu&#233;bec solidaire, d&#233;mocratique, &#233;galitaire et de libert&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;QU&#201;BEC, 16 JANVIER 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La consultation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, nous tenons &#224; exprimer notre d&#233;ception de voir le ministre des Finances lancer cette consultation aupr&#232;s de la population dans un si bref d&#233;lai. De plus, la forme de cette consultation ne permettra qu'&#224; un nombre limit&#233; de groupes et de personnes de se faire entendre. Nous souhaitons donc que dans ce contexte le ministre s'engage &#224; tenir des audiences publiques dans toutes les r&#233;gions du Qu&#233;bec, ind&#233;pendamment du nombre de m&#233;moires re&#231;us afin que les citoyennes et les citoyens qui le d&#233;sirent puissent exprimer leurs opinions de vive voix, sans contrainte aucune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous demandons donc au ministre de pr&#233;voir des audiences publiques non seulement dans les grands centres mais aussi directement dans les r&#233;gions telles que Charlevoix, la Beauce, la C&#244;te du Sud, etc. Ces Qu&#233;b&#233;coises et Qu&#233;b&#233;cois doivent pouvoir se sentir citoyennes et citoyens &#224; part enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de compte, si nous pouvons nous r&#233;jouir de la tenue d'une consultation publique sur les finances publiques, il nous faut souhaiter qu'il s'agit d'un exercice qui sera am&#233;lior&#233; dans le futur. Cette consultation lanc&#233;e en tout fin d'ann&#233;e et devant se d&#233;rouler dans une p&#233;riode tr&#232;s r&#233;duite ne donne pas vraiment la possibilit&#233; au plus grand nombre de prendre part au processus de pr&#233;paration du budget. Nous invitons le ministre &#224; s'inspirer des exp&#233;riences de d&#233;mocratie participative pour la pr&#233;paration du budget de 2005. Nous sommes dispos&#233;s &#224; lui apporter notre soutien &#224; cet &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nos pr&#233;occupations&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous constatons que le Qu&#233;bec fait partie des r&#233;gions les plus riches de la plan&#232;te. La croissance &#233;conomique demeure constante. Par le travail de l'ensemble des Qu&#233;b&#233;coises et des Qu&#233;b&#233;cois, nous cr&#233;ons toujours plus de richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, le nombre de ch&#244;meurs et de ch&#244;meuses ainsi que le nombre de personnes assist&#233;es sociales demeurent tr&#232;s &#233;lev&#233;s. De plus, un grand nombre de travailleuses et de travailleurs ne disposent que de revenus modestes et, trop souvent, insuffisant pour vivre dans la dignit&#233;. Un grand nombre &#233;prouve des difficult&#233;s quotidiennes &#224; joindre les deux bouts pour assurer leur subsistance, pour se procurer une alimentation de qualit&#233; indispensable pour assurer leur sant&#233;, pour se loger &#224; un co&#251;t qui correspond &#224; leur niveau de revenu, pour se v&#234;tir convenablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous appara&#238;t scandaleux que des centaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants du Qu&#233;bec se trouvent dans l'obligation de s'en remettre &#224; la charit&#233;, aux banques alimentaires, aux comptoirs vestimentaires et autres organismes semblables pour survivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes ces personnes, les services publics et les programmes sociaux sont essentiels. Malheureusement, le gouvernement actuel semble chercher &#224; se d&#233;filer devant ses responsabilit&#233;s, notamment, en ce qui concerne la lute contre la pauvret&#233;. Malgr&#233; son obligation de rendre public un plan d'action gouvernemental, le gouvernement Charest semble vouloir travestir le sens de la Loi visant &#224; lutter contre l'exclusion sociale. Aucun recul ne sera tol&#233;rr&#233; en la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, nous entendons le discours des poss&#233;dants et des puissants qui nous r&#233;p&#232;tent depuis des ann&#233;es, comme pour nous en faire le reproche, que nous serions les plus tax&#233;s en Am&#233;rique du Nord. On veut nous amener ainsi &#224; renoncer aux outils collectifs que nous nous sommes donn&#233;s au cours de la seconde moiti&#233; du 20e si&#232;cle. On affirme que l'&#201;tat ne peut plus jouer le m&#234;me r&#244;le que par le pass&#233; et qu'il faut r&#233;duire les d&#233;penses publiques ainsi que les imp&#244;ts. On nous r&#233;p&#232;te aussi que les services de sant&#233; co&#251;tent trop cher et qu'il faut ouvrir la porte au secteur priv&#233;. On tient le m&#234;me discours en ce qui concerne l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On tente aussi de nous convaincre que l'entreprise priv&#233;e serait mieux plac&#233;e pour rendre des services &#224; la population et que le march&#233; viendrait miraculeusement r&#233;gler les probl&#232;mes auxquels la soci&#233;t&#233; est confront&#233;e. Les exemples de l'Ontario, de l'Alberta et, plus r&#233;cemment, de la Colombie-Britannique, sont l&#224; pour nous d&#233;montrer que l'ajustement structurel auquel se sont pr&#234;t&#233; des gouvernements conservateurs amplifient les &#233;carts sociaux et contribuent &#224; l'exclusion sociale de pans entiers de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un grand nombre d'&#233;lus de l'Assembl&#233;e nationale adh&#232;re &#224; ce discours. Cela nous inqui&#232;te profond&#233;ment. Il est &#233;vident que ce sont les plus mal pris de notre soci&#233;t&#233; qui en feront les frais. De plus, ceux et celles que l'on qualifie de classe moyenne verront leur niveau de vie s'affaiblir au fur et &#224; mesure de l'application des mesures que le gouvernement lib&#233;ral du Qu&#233;bec a adopt&#233;es et de celles qui sont &#224; venir s'il persiste &#224; vouloir nous imposer sa vision n&#233;olib&#233;rale de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous craignons que le gouvernement et le minist&#232;re des Finances, poursuivant le travail amorc&#233; par les gouvernements Bouchard et Landry, continuent &#224; augmenter la facture de certains services comme les services de garde ou l'&#233;lectricit&#233; pour ensuite proposer des diminutions d'imp&#244;ts qui profiteront surtout aux couches les plus riches de la soci&#233;t&#233;. Les autres, dits de la classe moyenne, continueront de s'appauvrir, dans un contexte de croissance &#233;conomique, ou se retrouveront au m&#234;me point qu'avant les &#233;ventuelles baisses d'imp&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement et le minist&#232;re des Finances font valoir que le Qu&#233;bec fait face &#224; un risque de d&#233;ficit important et qu'il faut prendre des mesures pour &#233;viter d'hypoth&#233;quer notre avenir. La solution passerait n&#233;cessairement, selon ce point de vue, par des coupes suffisantes dans les d&#233;penses publiques pour respecter l'&#233;quilibre des finances gouvernementales. Le gouvernement qu&#233;b&#233;cois, contrairement &#224; d'autres gouvernements des pays occidentaux, refuse d'envisager toute autre solution que la r&#233;duction des services et des programmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la boucle est boucl&#233;e. Le gouvernement veut convaincre la population que non seulement l'&#201;tat doit se retirer d'un grand nombre d'activit&#233;s car l'entreprise priv&#233;e pourrait faire mieux, mais aussi que nous n'avons pas le choix, l'&#233;tat des finances publiques &#233;tant tel que nous ne pouvons faire autrement. Dans ces conditions, on peut se demander sur quoi nous sommes consult&#233;s puisque les d&#233;cisions semblent d&#233;j&#224; prises. S'agirait-il simplement de vous indiquer quels sont les services et programmes que nous acceptons de couper ? Dans ce cas, il ne faut pas compter sur nous ! Nous affirmons tout de suite que nous sommes oppos&#233;s &#224; quelque coupure que ce soit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des priorit&#233;s imm&#233;diates et urgentes pour l'avenir de la soci&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes de ceux et celles qui veulent du changement. Mais, pas n'importe lequel. Il y a dans notre soci&#233;t&#233; des probl&#232;mes importants et de grandes in&#233;galit&#233;s. Il faut s'y attaquer d&#232;s maintenant avant d'envisager quelque r&#233;duction d'imp&#244;t que ce soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est clair, nous n'adh&#233;rons aucunement aux projets de d&#233;molition des services publics et des programmes sociaux. Ce que nous voulons voir appara&#238;tre dans le prochain budget ce sont des mesures respectant les principes suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Un budget qui tient le cap sur l'ensemble des droits humains et qui va dans le sens du bien commun et de l'int&#233;r&#234;t public ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Un budget qui r&#233;duit les &#233;carts de richesse au lieu de les augmenter et qui assure le partage de la richesse ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Un budget qui soutient des services publics et des programmes sociaux de qualit&#233; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Un budget qui permet un d&#233;veloppement durable, viable et humain ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un budget qui maintient des finances publiques en cons&#233;quence en imposant &#233;quitablement les particuliers et les corporations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cet esprit que nous vous pr&#233;sentons nos propositions qui seront suivies de recommandations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, il y a lieu de prendre en compte l'urgence d'adopter des mesures propres &#224; att&#233;nuer imm&#233;diatement les in&#233;galit&#233;s dont souffrent un trop grand nombre de Qu&#233;b&#233;coises et de Qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en mati&#232;re de s&#233;curit&#233; du revenu et de lutte &#224; la pauvret&#233; nous voulons que des budgets suffisants soient pr&#233;vus pour garantir une aide de dernier recours insaisissable et &#224; l'abri de toute p&#233;nalit&#233;. D'autre part, le gouvernement doit s'empresser &#224; rendre publique un v&#233;ritable plan d'action pour l'&#233;limination de la pauvret&#233; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des mesures concr&#232;tes doivent &#234;tre adopt&#233;es pour r&#233;pondre aux besoins de logements sociaux. Dans ce domaine, nous appuyons, sans r&#233;serve, les revendications et recommandations du FRAPRU ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; aucune coupure budg&#233;taire ne doit &#234;tre envisag&#233;e au chapitre de l'&#233;ducation. Au contraire, des mesures doivent &#234;tre prises pour assurer un financement public des institutions d'enseignement sup&#233;rieur comme des commissions scolaires afin d'assurer un acc&#232;s r&#233;el et universel &#224; l'&#233;ducation ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; aucune coupure budg&#233;taire ne doit &#234;tre appliqu&#233;e en mati&#232;re de sant&#233; et de services sociaux. Il faut renoncer &#224; la privatisation pour permettre &#224; l'&#201;tat de se retirer d'une partie de ces services. Le meilleur moyen de r&#233;duire les co&#251;ts de la sant&#233; est de d&#233;velopper une politique pr&#233;ventive de sant&#233; et de convaincre la population d'y adh&#233;rer. D'autre part, il faut d&#232;s maintenant prendre les moyens pour r&#233;duire les sources de maladie telles que la pollution et la contamination de la cha&#238;ne alimentaire, de l'air et de l'eau. Il faut aussi poser des gestes imm&#233;diats en faveur de l'&#233;limination de la pauvret&#233;, cause majeure de d&#233;t&#233;rioration de la sant&#233; des personnes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des mesures concr&#232;tes doivent &#234;tre prises pour assurer le respect int&#233;gral de l'environnement et des &#233;cosyst&#232;mes. Toute entrave &#224; ce respect doit &#234;tre sanctionn&#233;e par des amendes s&#233;v&#232;res et par la perte de permis d'op&#233;ration et autres pour les contrevenants. Dans ce domaine, il faut constater que le gouvernement donne un bien mauvais exemple en cherchant &#224; accro&#238;tre ses revenus tir&#233;s d'Hydro-qu&#233;bec, ce qui ne saurait nous mener qu'&#224; une utilisation accrue de sources d'&#233;nergie polluantes de courte vue et qui, mentionnons-le, ne visent qu'&#224; augmenter les exportations. Nous r&#233;clamons plut&#244;t l'adoption d'une v&#233;ritable politique &#233;nerg&#233;tique alternative ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'utilisation des ressources naturelles doit donner lieu &#224; la perception de redevances plus significatives, qu'il s'agisse de la for&#234;t ou des mines par exemple. De plus, de telles redevances doivent &#234;tre impos&#233;es &#224; toutes les entreprises utilisant l'eau &#224; des fins d'exportation ou dans le processus de fabrication de leurs produits. L'eau est un bien commun qui doit &#234;tre gratuit pour les usages domestiques mais qui a un prix pour les usages industriels et commerciaux. En ce sens, le minist&#232;re de l'Environnement doit cesser d'&#234;tre n&#233;glig&#233; dans l'allocation des ressources publiques. De plus, le ministre de l'Environnement doit faire conna&#238;tre le plus sans d&#233;lai son plan de mise en application de la Politique nationale de l'eau lanc&#233;e il y a plus d'un an ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la responsabilit&#233; de l'&#201;tat en mati&#232;re de justice, de protection des droits et de s&#233;curit&#233; publique doit &#234;tre pleinement assum&#233;e. Tous les minist&#232;res et organismes vou&#233;s &#224; ces responsabilit&#233;s doivent disposer des ressources budg&#233;taires n&#233;cessaires &#224; leur bon fonctionnement. En mati&#232;re de justice, notamment, il est inacceptable que des personnes ne puissent avoir recours aux m&#233;canismes de justice du fait qu'elles ne disposeraient pas de ressources financi&#232;res suffisantes. Plusieurs organismes ont pour t&#226;ches de faire respecter les droits et libert&#233;s dans notre soci&#233;t&#233;. Ces missions sont essentielles au fonctionnement d'une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique. En ce qui concerne la protection de la jeunesse, en particulier, des budgets suffisants doivent &#234;tre pr&#233;vus afin d'am&#233;liorer le sort de nos jeunes en difficult&#233; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en mati&#232;re de transport, il est essentiel que le r&#233;seau routier soit maintenu dans un &#233;tat s&#233;curitaire et efficace. Trop de sous-traitance, au fil des ann&#233;es, n'a nullement am&#233;lior&#233; la situation, particuli&#232;rement dans les r&#233;gions moins urbanis&#233;es. Les besoins de transport en commun sont d'une grande importance. Le d&#233;veloppement de ceux-ci, particuli&#232;rement dans une ville comme Qu&#233;bec, n&#233;cessite des investissements substantiels que le gouvernement du Qu&#233;bec doit soutenir. &#192; cet &#233;gard, les employeurs et les commerces, particuli&#232;rement ceux des centres commerciaux, devraient &#234;tre mis &#224; contribution pour financer le d&#233;veloppement du transport en commun ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la planification et le financement de grands travaux pour r&#233;nover les r&#233;seaux d'aqueduc dans les municipalit&#233;s devient un objectif incontournable pour les ann&#233;es &#224; venir. L'acc&#232;s &#224; l'eau potable en d&#233;pend. Il est donc important que le ministre des Finances pr&#233;voit le financement de ces grands travaux de concert avec les municipalit&#233;s, non pas en privatisant les services d'eau mais en nous donnant les moyens de les financer ad&#233;quatement. L'un de ces moyens est de pr&#233;lever des redevances suffisantes sur les usages industriels et commerciaux tel que nous l'avons propos&#233; pr&#233;c&#233;demment. Un autre moyen est d'exiger du gouvernement f&#233;d&#233;ral qu'il mette &#224; la disposition des provinces des montants substantiels pour assurer un financement ad&#233;quat de ces grands travaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'esprit des principes que nous avons &#233;nonc&#233;s plus haut, le gouvernement doit revenir sur certaines d&#233;cisions et renoncer &#224; l'application des lois inacceptables qu'il a fait adopter &#224; la fin d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement doit accepter de revoir sa loi ayant amend&#233; le Code du travail ouvrant une porte plus grande &#224; la sous-traitance. Cette pratique risque d'avoir pour cons&#233;quence une diminution des salaires des travailleurs et des travailleuses concern&#233;s, donc de les appauvrir, ce qui ne contribue nullement &#224; &#233;quilibrer les finances publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lois interdisant la syndicalisation de certaines cat&#233;gories de personnes dans les services de garde en milieu familial ou les aides familiales dans le domaine de la sant&#233; et des services publics sont inacceptables. Elles maintiennent les personnes concern&#233;es dans une logique telle qu'elles ne peuvent envisager am&#233;liorer leur condition &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces lois r&#233;pondaient peut &#234;tre aux v&#339;ux des milieux financiers et des milieux d'affaires, mais certainement pas &#224; ceux de la population. Les Qu&#233;b&#233;coises et les Qu&#233;b&#233;cois, c'est de plus en plus connu, n'ont jamais vot&#233; pour &#231;a !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O&#249; trouver l'argent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans votre document de consultation vous soulevez cette question et pourtant vous connaissez bien les r&#233;ponses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident qu'il ne peut &#234;tre question d'augmenter la contribution des moins riches. La taxation sur la consommation les met d&#233;j&#224; &#224; contribution malgr&#233; les remises de taxes possibles. Les contribuables disposant de revenus de plus de 20 000 $ jusqu'&#224; 50 000 $ par ann&#233;e sont d&#233;j&#224; suffisamment tax&#233;s. Les plus riches, selon vos chiffres, fournissent 60% de l'imp&#244;t pay&#233; par les particuliers. Vous estimez sans doute qu'ils en paient d&#233;j&#224; trop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas n&#233;cessairement notre avis. Cette situation t&#233;moigne tout simplement des &#233;carts importants de revenus entre les riches et les pauvres de notre soci&#233;t&#233;. Il y aurait donc lieu de revoir le caract&#232;re progressif de l'imp&#244;t pour l'accentuer, ce qui permettrait sans doute d'obtenir quelques sommes d'argent additionnelles. Nous sommes persuad&#233;s que la majorit&#233; des Qu&#233;b&#233;coises et des Qu&#233;b&#233;cois adh&#232;re enti&#232;rement &#224; l'id&#233;e de partager la richesse produite dans la soci&#233;t&#233; et de le faire par l'interm&#233;diaire des outils collectifs qui sont confi&#233;s &#224; l'&#201;tat, notamment la fiscalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la contribution des entreprises ne repr&#233;sente que 19% des revenus du gouvernement. Votre document de consultation fait remarquer que les entreprises b&#233;n&#233;ficient d'un r&#233;gime fiscal comp&#233;titif. &#192; la lumi&#232;re du tableau que l'on peut consulter dans votre document, on constate que le Qu&#233;bec a un taux tr&#232;s inf&#233;rieur &#224; la moyenne appliqu&#233;e aux Etats-Unis ; un mod&#232;le pour plusieurs. Il nous appara&#238;t donc qu'il y a l&#224; une marge de man&#339;uvre que le minist&#232;re des Finances devrait examiner minutieusement pour assurer une plus grande responsabilisation des entreprises et les amener &#224; contribuer plus g&#233;n&#233;reusement aux finances publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, vous soulevez vous-m&#234;mes le d&#233;s&#233;quilibre fiscal entre le f&#233;d&#233;ral et les provinces. Il est vrai que le gouvernement canadien profite de surplus de plus en plus g&#234;nants alors que plusieurs provinces connaissent des difficult&#233;s pour assumer les responsabilit&#233;s qui sont les leurs et qui sont les plus pr&#232;s des personnes : la sant&#233;, l'&#233;ducation, la s&#233;curit&#233; du revenu. Nous sommes scandalis&#233;s de voir le gouvernement f&#233;d&#233;ral utiliser les surplus de l'assurance-emploi depuis des ann&#233;es alors qu'il a impos&#233; aux travailleurs et aux travailleuses des conditions telles que la perte de leur emploi signifie une descente vers la pr&#233;carit&#233; et la privation. Il est essentiel de r&#233;cup&#233;rer du gouvernement f&#233;d&#233;ral les sommes d'argent qui doivent revenir au Qu&#233;bec. Un refus du gouvernement canadien &#224; cet &#233;gard devrait amener le gouvernement qu&#233;b&#233;cois &#224; proposer aux Qu&#233;b&#233;coises et aux Qu&#233;b&#233;cois de se retirer de la f&#233;d&#233;ration canadienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous nous dites que dans les prochaines ann&#233;es le nombre de travailleurs et de travailleuses sur le march&#233; du travail diminuera sensiblement &#224; cause du vieillissement de la population. Ce ph&#233;nom&#232;ne ferait en sorte qu'il y aurait de moins en moins de personnes pour garnir les coffres de l'&#201;tat. On nous fait valoir &#233;galement que cette population vieillissante deviendra un fardeau tr&#232;s lourd &#224; supporter pour les services de sant&#233;. Nous croyons que cette croyance n'est pas fond&#233;e. D'ailleurs, on ne nous fournit aucune d&#233;monstration pouvant appuyer une telle affirmation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vieillissement de la population aurait aussi pour cons&#233;quence de diminuer le nombre de personnes contribuant au financement des d&#233;penses publiques. S'il est vrai qu'il y aura un plus grand nombre de retrait&#233;s, il est &#233;galement vrai qu'une partie de ces personnes continueront de payer des taxes et des imp&#244;ts puisque les revenus de retraite sont imposables. Par contre, il faut d&#233;plorer que plusieurs ne disposeront m&#234;me pas de revenus suffisants pour payer des imp&#244;ts et devront se contenter d'une vieillesse dans la pauvret&#233;. Voil&#224; une autre r&#233;alit&#233; qui montre &#224; quel point la richesse est mal r&#233;partie dans notre syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il serait pr&#233;f&#233;rable de pouvoir compter sur une jeune g&#233;n&#233;ration plus nombreuse. D'ailleurs, il existe certainement une fa&#231;on de palier le d&#233;ficit d&#233;mographique que l'on nous pr&#233;sente comme un grave probl&#232;me aux r&#233;percussions encore inconnues. L'ouverture du Qu&#233;bec &#224; une immigration plus grande repr&#233;sente certainement une avenue s&#233;rieuse &#224; une &#233;poque de mondialisation. D'ailleurs, la mondialisation &#224; laquelle nous adh&#233;rons va davantage dans le sens d'assurer une plus grande libert&#233; de circulation des personnes entre les pays. Une politique d'immigration plus g&#233;n&#233;reuse et des programmes d'int&#233;gration respectueux des personnes que nous accueillons doivent faire partie des strat&#233;gies d'avenir du gouvernement qu&#233;b&#233;cois. Cette perspective ne doit pas &#234;tre consid&#233;r&#233;e uniquement pour ses effets sur l'avenir des finances publiques mais davantage pour l'enrichissement et la dynamique nouvelle qu'elle apporterait &#224; notre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, il y a la fameuse contrainte de la loi sur l'&#233;quilibre budg&#233;taire adopt&#233;e dans la foul&#233;e de la lutte au d&#233;ficit r&#233;alis&#233;e par un gouvernement qui vous a pr&#233;c&#233;d&#233;. Manifestement, ce pr&#233;texte mine la capacit&#233; du gouvernement &#224; r&#233;pondre aux besoins de la population qu&#233;b&#233;coise. Pourtant, d'autres pays ne s'embarrassent pas d'une telle puret&#233; id&#233;ologique. Il nous appara&#238;t que le Qu&#233;bec a int&#233;r&#234;t &#224; revoir cette l&#233;gislation pour l'assouplir, voire l'abroger. Il peut &#234;tre justifiable de conna&#238;tre un d&#233;ficit &#224; l'occasion si c'est pour aboutir &#224; une meilleure justice sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la lecture de notre m&#233;moire, vous aurez constat&#233; que nous sommes peu sensibles aux arguments que votre gouvernement utilise pour r&#233;duire les d&#233;penses et, par l&#224;, r&#233;duire le financement des services publics et des programmes sociaux. Non seulement nous y sommes insensibles mais nous nous opposons au type de soci&#233;t&#233; que ces arguments supposent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; n&#233;olib&#233;rale est une soci&#233;t&#233; soumise aux int&#233;r&#234;ts financiers. D'ailleurs, vous soulignez r&#233;guli&#232;rement la menace que repr&#233;sentent les firmes de cotes de cr&#233;dit pour justifier vos politiques. Au lieu de nous soumettre, nous voulons nous affranchir de ce r&#233;gime. Nous ne voulons pas dire par l&#224; que nous nions l'importance de la dette et des cr&#233;ances d&#233;tenues par des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s et en partie &#233;trangers. Nous sommes bien au fait de la situation. Cependant, nous vous invitons &#224; faire preuve d'imagination et de courage et de trouver des solutions ad&#233;quates et respectueuses de chaque personne qui compose la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise afin de nous lib&#233;rer des diktats des banquiers et des financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approche que nous vous proposons est une approche par laquelle l'&#233;conomie et les finances sont au service de la soci&#233;t&#233; et non le contraire. Nous rejetons les politiques qui vous sont inspir&#233;es par des mod&#232;les qui ont fait la preuve de leur caract&#232;re anti-social comme en Ontario avec le gouvernement Harris. Nous rejetons ce mod&#232;le qui est impos&#233; partout dans le monde par la Banque mondiale et le Fonds mon&#233;taire international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pr&#233;f&#233;rons compter sur notre solidarit&#233; et notre go&#251;t de la libert&#233; dans un espace o&#249; nous nous organisons collectivement pour le mieux-&#234;tre de toutes les personnes qui composent le Qu&#233;bec d'aujourd'hui et qui construiront le Qu&#233;bec de demain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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