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		<title>&#201;lections portugaises : premi&#232;re analyse du Bloc de gauche</title>
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		<dc:date>2011-06-13T14:19:10Z</dc:date>
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		<dc:creator>Fernando Rosas</dc:creator>


		<dc:subject>Portugal</dc:subject>
		<dc:subject>Bloc de gauche (Portugal)</dc:subject>

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&lt;p&gt;Entrevue avec Fernando Rosas, dirigeant du Bloc de gauche sur les derni&#232;res &#233;lections au Portugal. &lt;br class='autobr' /&gt; Les &#233;lections portugaises du 5 juin 2011 ont &#233;t&#233; marqu&#233;es par une abstention record : 41,1%, cela dans un climat de relative conflictualit&#233; sociale. Le Parti socialiste a obtenu 28,1% des suffrages exprim&#233;s, contre 36,56% en septembre 2009. &lt;br class='autobr' /&gt;
La droite (Parti social-d&#233;mocrate) a obtenu 38,6% des votes contre 29,11% en 2009. Et la droite plus conservatrice, si l'on peut dire, le CDS PP (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Bloc-de-gauche-Portugal-+" rel="tag"&gt;Bloc de gauche (Portugal)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entrevue avec Fernando Rosas, dirigeant du Bloc de gauche sur les derni&#232;res &#233;lections au Portugal.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#233;lections portugaises du 5 juin 2011 ont &#233;t&#233; marqu&#233;es par une abstention record : 41,1%, cela dans un climat de relative conflictualit&#233; sociale. Le Parti socialiste a obtenu 28,1% des suffrages exprim&#233;s, contre 36,56% en septembre 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La droite (Parti social-d&#233;mocrate) a obtenu 38,6% des votes contre 29,11% en 2009. Et la droite plus conservatrice, si l'on peut dire, le CDS PP (Parti populaire), a obtenu 11,7% des voix. Ce r&#233;sultat permet au dirigeant de la droite Passos Coelho (PSD) de mettre en place une &#233;quipe gouvernementale, qui appliquera les diktats de la BCE, du FMI et de l'UE, en coalition avec le CDS PP dirig&#233; par Paulo Portas. Le PS de Jos&#233; Socrates avait n&#233;goci&#233; avec l'UE et le FMI &#171; un plan de sauvetage &#187; de 78 milliards d'euros. C'est surtout un plan de sauvetage des banques espagnoles et autres fortement engag&#233;es au Portugal. Ce &#171; plan de sauvetage &#187; impliquera la casse des services publics, des privatisations, le d&#233;mant&#232;lement des politiques sociales, la pr&#233;carisation encore accrue des salari&#233;&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti communiste se pr&#233;sentait dans le cadre d'une alliance dite &#171; rouge-verte &#187; portant le nom de Coalition d&#233;mocratique unitaire (CDU). Il a obtenu 7,94% des voix et 16 d&#233;put&#233;s, soit un de plus qu'en 2009 o&#249; il r&#233;unissait 7,86% des voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Bloc de gauche a obtenu 5,19% des votes, contre 9,81% en 2009. Le nombre de d&#233;put&#233;s a pass&#233; de 16 &#224; 8. En 2005, lors des l&#233;gislatives, le Bloc de gauche avait obtenu 6,35% des voix et d&#233;tenait 8 d&#233;put&#233;s. Lors de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2006, son candidat Francisco Lou&#231;a captait 5,32% des suffrages. Lors de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de janvier 2011, le Bloc de gauche soutenait une candidature socialiste, dite marqu&#233;e &#224; gauche (Manuel Alegre), et r&#233;coltait 16,67% des voix. La recherche d'une influence &#233;largie au travers de cette candidature ne semble pas s'&#234;tre concr&#233;tis&#233;e cinq mois plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contribution que nous publions ci-dessous traduit manifestement le souci et la volont&#233; de saisir la dynamique d'un processus &#233;lectoral. L'utilisation r&#233;p&#233;t&#233;e de la formule &#171; &#233;lectorat flottant &#187; traduit certainement un malaise tout &#224; aussi flottant. Il faudra &#224; coup s&#251;r attendre d'autres contributions pour que le m&#233;tabolisme de la soci&#233;t&#233; portugaise, dans une phase de crise allant s'approfondissant, soit analys&#233; et que les conclusions au plan social et politique viennent &#233;tayer une discussion plus ample sur l'orientation sociale et politique dans la phase pr&#233;sente. Une phase o&#249; se sont exprim&#233;s un mouvement de jeunes, dont la dynamique reste &#224; saisir, mais aussi une vague d'&#233;migration vers l'Europe du nord, &#233;migration qui cette fois, &#224; la diff&#233;rence des ann&#233;es 1970, est form&#233;e, en partie, de jeunes fortement scolaris&#233;s. (R&#233;daction, &lt;i&gt;&#192; l'encontre&lt;/i&gt;)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;1. La d&#233;faite du Bloc de gauche lors des &#233;lections l&#233;gislatives est suffisamment claire pour nous dispenser de toute d&#233;robade. C'est la responsabilit&#233; de la direction du Bloc de gauche dans son ensemble et nous devons la discuter collectivement avec s&#233;rieux, au sein du Bloc et avec ses sympathisants, dans l'esprit de renforcer notre unit&#233; autour des politiques qui nous pr&#233;parent au combat tr&#232;s difficile que nous allons affronter. Le Bloc de gauche a perdu une bataille, mais il doit se pr&#233;parer pour gagner la guerre. Les d&#233;faites, quand elles sont bien analys&#233;es, nous enseignent certainement plus que les victoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. De mon point de vue, la gauche portugaise et le Bloc de gauche en particulier, &#224; l'instar de situations similaires dans d'autres pays europ&#233;ens en crise, n'ont pas r&#233;ussi faire face &#224; la vague d'un vote de panique, d'un vote fond&#233; sur l'illusion d'une solution, d'un accord qui, malgr&#233; certains sacrifices, devrait permettre, finalement, le retour &#224; la normale au plan de l'emploi, du salaire, des retraites et des revenus des familles. Un vote qui veut voir dans l'accord avec le Tro&#239;ka [Banque centrale europ&#233;enne, FMI et Union europ&#233;enne ] &#8211; accord dont la signification a &#233;t&#233; d&#233;lib&#233;r&#233;ment occult&#233;e au cours de la campagne par les partis politiques qui l'avaient sign&#233; &#8211; une bou&#233;e de sauvetage face &#224; un d&#233;sastre imminent. Un vote qui punissait ceux qui &#171; s'excluaient &#187; [de cet accord], ceux qui &#171; ne pouvaient pas avoir d'influence &#187;, ceux qui paraissaient ne rien avoir &#224; offrir quand &#8211; disait-on &#8211; d&#232;s le mois de juin 2011 il n'y aurait m&#234;me plus d'argent pour les salaires. Cette approche fut, de plus, d&#233;fendue massivement par les m&#233;dias &#224; l'occasion d'une campagne id&#233;ologique sans pr&#233;c&#233;dent contre &#171; l'irresponsabilit&#233; &#187; (les &#171; fain&#233;ants &#187;, les &#171; marginaux de la politique &#187;, les &#171; radicaux &#187;, les &#171; indignes de la confiance du peuple angoiss&#233; &#187;) du Bloc de gauche et de ses propositions alternatives, qui, d'autre part,ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;es de mani&#232;re syst&#233;mique et bien d&#233;fendues par nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Bien que le Bloc de gauche, selon moi, ait conduit, du point de vue du discours politique, une des meilleures campagnes politiques &#233;lectorales de sa br&#232;ve histoire (une campagne faite de propositions, p&#233;dagogiques, r&#233;alistes, avec des contenus) et malgr&#233; l'engagement de ses militants et sympathisants dans l'ensemble du pays, tout cela ne fut pas suffisant pour contenir la vague du vote pour &#171; la s&#233;curit&#233; &#187; et le moindre mal. Et, &#224; partir de l&#224;, nous avons perdu des milliers de votes populaires en direction du Parti social-d&#233;mocrate (PSD, parti de centre droit) et quelques votes en direction du Parti populaire (CDS PP). La gravit&#233; et l'ampleur catastrophique de la crise pr&#233;sente ont pouss&#233; le vote de l'&#233;lectorat populaire flottant en direction du refuge apparent de la &#171; s&#233;curit&#233; &#187; et de la &#171; protection &#187; de la droite et de ses tuteurs externes de la Tro&#239;ka. L'&#233;norme impopularit&#233; de Jos&#233; Socrates (dirigeant du Parti socialiste et premier ministre) et du gouvernement du PS a fait le reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Le vote utile en faveur du PS, aliment&#233; par des sondages qui durant des semaines pr&#233;sentaient une situation &#171; de pat technique &#187; avec le PSD, a naturellement aussi fonctionn&#233;, surtout en direction de certaines couches plus politis&#233;es de notre &#233;lectorat flottant. Mais cela ne m'appara&#238;t pas, n&#233;anmoins, que ce fut le facteur dominant. De m&#234;me que l'abstention qui, &#233;galement, a p&#233;nalis&#233; surtout la gauche. Le Parti communiste portugais (PCP), appuy&#233; sur son appareil syndical et municipal, avec un &#233;lectorat traditionnellement stable, a d&#233;fendu avec plus d'efficacit&#233; son espace social et politique de toujours et y compris a obtenu quelques votes de protestation. Je crois en fait que la situation politique qui a abouti &#224; ce grand virage &#224; droite a &#224; voir avec quelque chose de plus ample et profond. Il est clair que nous pourrions aussi nous arr&#234;ter &#224; discuter de quelques d&#233;cisions tactiques prises par le Bloc de gauche au cours des derniers mois (campagne pr&#233;sidentielle 2011, motion de censure d&#233;pos&#233;e par le Bloc de gauche en mars 2011) et de leur influence possible sur ces r&#233;sultats. Je sais qu'une autre option aurait pu provoquer des doutes et des oppositions aupr&#232;s des militants et des personnes votant pour le Bloc. Toutefois, je crois que l'importance des pertes de votes indique avec certitude qu'elles ont &#233;t&#233; stimul&#233;es par des choix qui d&#233;passent largement les cercles plus politis&#233;s et inform&#233;s qui se trouvent autour du Bloc et qui auraient pu &#234;tre influenc&#233;s par ces d&#233;cisions. Nous devons examiner la nature politique et sociale du nouveau cycle politique. Et apprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Le ch&#339;ur des th&#233;ologiens de la droite semblait vouloir transformer la s&#233;quence &#233;lectorale en un r&#232;glement de comptes rageur avec Francisco Lou&#231;a [porte-parole et figure publique connue du Bloc de gauche]. Qu'on ne se trompe pas. La droite a deux objectifs : r&#233;duire au silence le porte-parole de cette gauche subversive et ferme dans la d&#233;nonciation de l'ordre &#233;tabli ; et, avec cela, elle r&#234;ve de changer la couleur du Bloc de gauche. Elle feint de ne pas comprendre que dans ce parti, dans des luttes de cette dimension, il n'y a pas de responsabilit&#233; individuelle. Ni &#224; l'occasion des victoires, ni &#224; l'occasion des d&#233;faites. Je crois qu'il est important de savoir &#234;tre nous-m&#234;mes, collectivement, pour faire ce bilan sans cesse avec l'objectif d'atteindre une unit&#233; sup&#233;rieure autour d'une politique ad&#233;quate. Le bilan des &#233;lections doit se faire non pas dans les journaux, mais au sein des organes d&#233;mocratiquement &#233;lus du congr&#232;s du Bloc. C'est la diff&#233;rence entre la droite qui le fait dans les m&#233;dias et notre collectif du Bloc de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Y compris dans cette situation exceptionnellement difficile et complexe, nous sommes l'objet d'une attaque haineuse et concert&#233;e sans pr&#233;c&#233;dent, le r&#233;sultat obtenu par le Bloc d&#233;montre qu'il est un parti &#224; coup s&#251;r enracin&#233; dans des secteurs importants du peuple qui, du nord au sud du pays, continueront &#224; faire du Bloc son parti et sa voix. Au contraire de ce que les plumitifs et les th&#233;ologiens de la droite continueront &#224; annoncer &#224; grand fracas, le Bloc a perdu, a diminu&#233; son audience &#233;lectorale, mais a r&#233;sist&#233; face &#224; l'assaut. Il dispose de racines qui, dans cette temp&#234;te, ne seront pas bris&#233;es et ne rompront pas. Et aujourd'hui, c'est le moment du bilan et de la lutte. Avec certitude. Au cours de durs combats qui se profilent dans les difficiles conditions que nous avons devant nous, les travailleurs, les jeunes, les ch&#244;meurs et ch&#244;meuses, les retrait&#233;s, les pr&#233;caires savent o&#249; nous rencontrer : en premi&#232;re ligne, &#224; l'int&#233;rieur et hors du parlement, d&#233;fendant leurs droits, combattant la barbarie n&#233;olib&#233;rale, se battant pour le socialisme. Il en est ainsi. Qui vient de loin et veut aller plus loin, toutefois, ne doit pas d&#233;faillir.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Fernando Rosas est dirigeant du Bloc de gauche (Bloco de Esquerda), historien et professeur d'universit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source et traduction : &lt;a href=&#034;http://www.alencontre.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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