<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.lagauche.ca/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>La Gauche</title>
	<link>https://www.lagauche.ca/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.lagauche.ca/spip.php?id_mot=363&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>La Gauche</title>
		<url>https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L144xH75/siteon0-d17a8.jpg?1629928024</url>
		<link>https://www.lagauche.ca/</link>
		<height>75</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Gr&#232;ce : coup d'Etat europ&#233;en face au soul&#232;vement populaire</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Grece-coup-d-Etat-europeen-face-au-soulevement-populaire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Grece-coup-d-Etat-europeen-face-au-soulevement-populaire</guid>
		<dc:date>2011-11-22T14:42:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Stathis Kouv&#233;lakis</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Dettes et d&#233;ficits</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites, Loukas Papad&#233;mos vient de former le nouveau gouvernement dit &#171; d'entente nationale &#187; appel&#233; &#224; succ&#233;der &#224; celui du d&#233;missionnaire Georges Papandr&#233;ou. Il a fallu plusieurs jours de tergiversations et d'&#226;pres n&#233;gociations entre le PASOK (social-d&#233;mocrate), toujours majoritaire au Parlement, et la Nouvelle D&#233;mocratie (ND, opposition de droite), sans oublier le r&#244;le particuli&#232;rement actif de l'extr&#234;me droite du LAOS [Rassemblement Populaire Orthodoxe], pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Grece-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Dettes-et-deficits-+" rel="tag"&gt;Dettes et d&#233;ficits&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH112/arton3261-8caa8.jpg?1629994050' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites, Loukas Papad&#233;mos vient de former le nouveau gouvernement dit &#171; d'entente nationale &#187; appel&#233; &#224; succ&#233;der &#224; celui du d&#233;missionnaire Georges Papandr&#233;ou. Il a fallu plusieurs jours de tergiversations et d'&#226;pres n&#233;gociations entre le PASOK (social-d&#233;mocrate), toujours majoritaire au Parlement, et la Nouvelle D&#233;mocratie (ND, opposition de droite), sans oublier le r&#244;le particuli&#232;rement actif de l'extr&#234;me droite du LAOS [Rassemblement Populaire Orthodoxe], pour arriver &#224; ce r&#233;sultat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au final, un gouvernement dont les principaux portefeuilles &#233;conomiques et sociaux restent aux mains du PASOK, la droite se cantonnant &#224; deux minist&#232;res &#171; r&#233;galiens &#187; (D&#233;fense, Affaires &#233;trang&#232;res). Un gouvernement &#233;galement marqu&#233; par la participation de l'extr&#234;me-droite, pour la premi&#232;re fois depuis la chute du r&#233;gime militaire (1974), qui se voit attribuer un minist&#232;re (Transports et Travaux publics) et trois secr&#233;tariats d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, bien plus que ces man&#339;uvres politiciennes, ce sont les pressions des gouvernements allemands et fran&#231;ais et de ce qu'on appelle les &#171; march&#233;s &#187; qui ont permis d'aboutir &#224; ce r&#233;sultat. Ancien vice-pr&#233;sident de la Banque Centrale Europ&#233;enne (BCE), de 2002 &#224; 2010, Papad&#233;mos, membre de la Commission Trilat&#233;rale, fut directeur de la Banque Centrale de Gr&#232;ce entre 1994 et 2002 et, de ce fait, l'un des architectes de l'entr&#233;e de la Gr&#232;ce dans l'euro, aux c&#244;t&#233;s de son mentor en politique, l'ancien Premier ministre social-d&#233;mocrate &#171; moderniste &#187; Costas Simitis, le principal architecte du n&#233;olib&#233;ralisme en Gr&#232;ce, consid&#233;r&#233; comme particuli&#232;rement proche des milieux d'affaires allemands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant dire qu'avec ce nouveau Premier ministre, ce sont de fa&#231;on quasiment directe les milieux financiers europ&#233;ens, et secondairement grecs, ainsi que les pays du directoire de l'Union Europ&#233;enne (UE) qui gouvernent le pays, au m&#233;pris de tout mandat populaire, dans ce qui peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme le premier &#171; coup d'&#201;tat blanc &#187; con&#231;u et mis en &#339;uvre par cette m&#234;me UE et les banquiers dont elle est le fond&#233; de pouvoir. Les formulations de Marx &#224; propos de la monarchie de Juillet, selon laquelle cette derni&#232;re est le &lt;i&gt;&#171; r&#232;gne d'une fraction seulement de la bourgeoisie, l'aristocratie financi&#232;re &#187; et le r&#233;gime tout entier une &#171; soci&#233;t&#233; par actions pour l'exploitation de la richesse nationale &#187;&lt;/i&gt; [1] retrouvent ainsi une nouvelle jeunesse. &#192; ceci pr&#232;s que cette aristocratie financi&#232;re est &#224; pr&#233;sent essentiellement multinationale, et avant tout europ&#233;enne, les sp&#233;culateurs et profiteurs d'aujourd'hui si&#233;geant dans les conseils d'administration des banques (et institutions financi&#232;res) allemandes, fran&#231;aises et de la BCE [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment comprendre de fa&#231;on plus profonde ce bouleversement spectaculaire du paysage politique, qui a vu en une dizaine de jours l'ex-Premier ministre Papandr&#233;ou annoncer un r&#233;f&#233;rendum, se r&#233;tracter, gagner un vote de confiance au Parlement pour finalement d&#233;missionner et laisser la place &#224; un gouvernement d'&#171; entente nationale &#187; aux ordres des financiers et de l'UE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cisons d'entr&#233;e de jeu ceci : contrairement &#224; une impression largement r&#233;pandue dans et par les m&#233;dias internationaux, ce n'est pas l'annonce d'un r&#233;f&#233;rendum portant sur les d&#233;cisions du sommet europ&#233;en du 27 octobre 2011 qui a pr&#233;cipit&#233; les &#233;v&#233;nements, mais la situation pr&#233;-insurrectionnelle dans laquelle la Gr&#232;ce a plong&#233; depuis les journ&#233;es du 19 et 20 octobre et, de fa&#231;on encore plus nette, depuis les &#233;meutes qui ont accompagn&#233; les comm&#233;morations de la f&#234;te nationale du 28 octobre. C'est du reste pr&#233;cis&#233;ment &#224; cette situation que venait r&#233;pondre l'initiative &#224; haut risque, et qui s'est r&#233;v&#233;l&#233;e fatale pour son sort, de Papandr&#233;ou [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, les derniers &#233;v&#233;nements doivent &#234;tre compris comme le prolongement logique des tendances qui sont apparues en juin dernier, lorsque la mobilisation du &#171; peuple des places &#187; atteignit un pic et d&#233;clencha la premi&#232;re phase de la crise politique [4]. Papandr&#233;ou s'est alors plac&#233; pour quelques heures en position de d&#233;missionnaire &#224; la recherche d'un accord de gouvernement d'&#171; entente nationale &#187; avec le dirigeant de l'opposition de droite Antonis Samaras [de la ND]. Si cet &#233;pisode s'est rapidement clos par un simple remaniement gouvernemental, il n'en a pas moins mis en &#233;vidence les trois principaux d&#233;terminants de la s&#233;quence qui d&#233;bouche sur la situation pr&#233;sente :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une mont&#233;e des mobilisations, qui prennent l'allure d'un v&#233;ritable soul&#232;vement populaire ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'accentuation de la crise du syst&#232;me politique et sa transformation en crise de l'&#201;tat &#187; ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le r&#244;le de type n&#233;ocolonial de l'UE devenue acteur de premier plan de la sc&#232;ne politique du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une br&#232;ve analyse de ces trois facteurs s'av&#232;re donc n&#233;cessaire avant d'aborder la question des perspectives de la gauche radicale dans cette conjoncture nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le soul&#232;vement populaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 48 heures des 19 et 20 octobre [voir documentaire sur A l'Encontre TV] a confirm&#233; que le cycle de mobilisation entam&#233; d&#232;s le vote, le 5 mai 2010, du M&#233;morandum entre le gouvernement grec et la d&#233;sormais fameuse &#171; Tro&#239;ka &#187; (UE, BCE, FMI) &#233;tait entr&#233; dans une nouvelle phase. L'ampleur et la combativit&#233; des manifestations, leur diffusion dans l'ensemble du territoire [5], la composition sociale &#233;largie des participants (salari&#233;s du public et du priv&#233;, ch&#244;meurs, jeunes, petits commer&#231;ants et entrepreneurs, retrait&#233;s), mais aussi la pr&#233;paration de ces deux journ&#233;es par toute une s&#233;rie d'actions aux formes souvent in&#233;dites (occupations de b&#226;timents publics, y compris des si&#232;ges de minist&#232;res et de pr&#233;fectures, refus de payer les nouvelles taxes, gr&#232;ves prolong&#233;es dans certains secteurs comme les &#233;boueurs ou le personnel hospitalier), tous ces &#233;l&#233;ments dressent le tableau d'une mobilisation ouvri&#232;re et populaire ascendante, disposant d'importantes r&#233;serves et de l'appui majoritaire du corps social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le dire autrement, ce &#224; quoi nous avons assist&#233; dans les rues d'Ath&#232;nes et des villes du pays, c'est &#224; la convergence du &#171; peuple des places &#187; du printemps dernier (dont la masse se composait d'&#233;lecteurs r&#233;volt&#233;s des deux &#171; partis de gouvernement &#187;, PASOK et ND) et du mouvement populaire organis&#233;. Le renforcement du r&#244;le jou&#233; par ses composantes traditionnelles, syndicales et politiques, a jou&#233; dans ce sens, notamment la mobilisation du Parti Communiste Grec (KKE) et de son front syndical (PAME). Sous la pression de sa base et de son environnement social, ce parti s'est d&#233;marqu&#233; de la routine qu'il affectionne, qui consiste &#224; faire d&#233;filer ses propres cort&#232;ges de fa&#231;on soigneusement distinctes du reste des manifestants, et a voulu occuper le terrain de fa&#231;on visible et prolong&#233;e, en organisant l'encerclement du Parlement le 20 octobre 2011. Certes, il s'y est pris avec son sectarisme coutumier, refusant une fois de plus toute unit&#233; d'action avec les autres forces de la gauche radicale. Cela ne saurait toutefois justifier en aucune fa&#231;on l'attaque militaris&#233;e, &#224; vis&#233;e meurtri&#232;re (cocktails molotov lanc&#233;s contre le service d'ordre et les cort&#232;ges du PAME), dont il fut la cible de la part d'une partie de la mouvance Black Bloc et qui s'est sold&#233;e par la mort d'un ouvrier du b&#226;timent, militant du PAME, et par l'hospitalisation d'une quarantaine de manifestants issus de ses rangs, dont trois dans un &#233;tat grave [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces incidents, qui ont laiss&#233; un go&#251;t amer, une dynamique d'action de rue s'&#233;tait mise en place, qui a resurgi lors des manifestations qui ont &#233;clat&#233; &#224; l'occasion des comm&#233;morations du 28 octobre [7]. Des manifestations que l'on peut consid&#233;rer comme l'&#233;quivalent sur le plan symbolique d'une &#171; prise de la Bastille &#187; &#224; la grecque. En ce jour de confirmation des autorit&#233;s de l'&#201;tat dans leur r&#244;le de repr&#233;sentant de la nation, appel&#233;e &#224; d&#233;filer sous leur regard, celles-ci sont un peu partout chass&#233;es de leur place physique et symbolique, &#224; savoir des tribunes officielles [8], aussit&#244;t envahies par la foule. Une foule qui d&#233;clare de la sorte qu'elle est la seule incarnation l&#233;gitime du tout social. Cette conqu&#234;te symbolique de la place vide, ou plut&#244;t vid&#233;e, du pouvoir par le peuple &#171; en personne &#187; s'est &#233;galement exprim&#233;e par la multiplicit&#233; des significations qui ont marqu&#233; cette journ&#233;e : slogans liant le &#171; non &#187; de 1940 avec la situation pr&#233;sente et assimilant les gouvernants actuels aux &#171; collabos &#187;, reprise de chants de la R&#233;sistance et de la lutte contre la dictature des colonels, drapeaux allemands et de l'UE br&#251;l&#233;s devant des foules en liesse. Comme a pu le constater le correspondant du Monde, &lt;i&gt;&#171; la journ&#233;e s'est transform&#233;e en journ&#233;e du non &#224; la &#171; Tro&#239;ka &#187; et &#224; l'aust&#233;rit&#233; &#187;&lt;/i&gt;[9]. Tout cela indique que pour de larges secteurs sociaux &#233;merge un r&#233;cit national et populaire alternatif &#224; celui du pouvoir, qui fait converger la dimension sociale et la dimension nationale de la protestation et relie le pr&#233;sent avec la m&#233;moire populaire de la &#171; longue dur&#233;e &#187; historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un seuil symbolique a ainsi &#233;t&#233; franchi et il semble peu probable de voir la mobilisation retomber, m&#234;me si sa reprise passera par une p&#233;riode d'adaptation &#224; la situation nouvelle cr&#233;e par le bouleversement au sommet de l'&#201;tat. D'autant que la situation &#233;conomique du pays, d&#233;j&#224; dramatique, ne cesse d'empirer : le taux de ch&#244;mage a officiellement atteint 18,4%, mais est plus proche des 25% dans la r&#233;alit&#233; ; les salari&#233;&#183;e&#183;s et les retrait&#233;&#183;e&#183;s ont perdu environ un tiers de leur revenu ; les taxes exorbitantes r&#233;cemment vot&#233;es ach&#232;vent de saigner les m&#233;nages ; les services publics sont en ruine ; le taux de suicide, traditionnellement l'un des plus faible d'Europe, a bondi de 40 % en un an ; tandis que la situation sanitaire de la population se d&#233;t&#233;riore de fa&#231;on dramatique, comme le r&#233;v&#232;le une &#233;tude publi&#233;e dans la prestigieuse revue m&#233;dicale The Lancet [10], qui conclut &#224; une &#171; trag&#233;die grecque &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, il appara&#238;t tout simplement impensable qu'un gouvernement s'appr&#234;tant &#224; administrer &#224; une population exsangue une nouvelle potion d'aust&#233;rit&#233; puisse tenir longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'approfondissement de la crise politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par son ampleur et son aspect in&#233;dit, &#224; savoir l'entr&#233;e en sc&#232;ne de masses jusqu'alors relativement passives et d&#233;pourvues de culture politique coh&#233;sive, le &#171; mouvement des places &#187; du mois de juin cr&#233;ait les conditions de la transformation de la crise &#233;conomique et sociale en crise politique g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Une crise que nous pouvons, en r&#233;f&#233;rence aux analyses de Gramsci, qualifier de &#171; crise organique &#187;. La mont&#233;e en puissance de la protestation populaire r&#233;v&#233;lait un moment de rupture des rapports &#233;tablis de repr&#233;sentation entre les principaux groupes sociaux et leurs formes d'expression partidaire qui se traduit par &lt;i&gt;&#171; le passage soudain [de ces groupes] de la passivit&#233; politique vers une forme d'activit&#233; et de revendication qui, dans leur unit&#233; non-organique constituent une r&#233;volution &#187;. Cette crise, poursuit le r&#233;volutionnaire italien, devient alors &#171; une crise de pouvoir, et c'est en cela exactement la crise d'h&#233;g&#233;monie ou crise de l'&#201;tat dans son ensemble &#187;&lt;/i&gt;[11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confront&#233; &#224; une situation de crise g&#233;n&#233;ralis&#233;e, le syst&#232;me politique tend &#224; s'autonomiser des rapports de repr&#233;sentation et des r&#232;gles de l'alternance parlementaire. Gramsci parlait de tendance au &#171; bonapartisme &#187; ou au &#171; c&#233;sarisme &#187;, qui peuvent s'imposer m&#234;me &#171; sans C&#233;sar, sans personnalit&#233; h&#233;ro&#239;que et repr&#233;sentative &#187;. Dans un r&#233;gime parlementaire, ces solutions prennent la forme de gouvernements de &#171; grande coalition &#187;, qui lient de fa&#231;on directe des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et sectoriels des classes dominantes avec des fractions du personnel politique d&#233;tach&#233;es de leurs attaches partidaires ant&#233;rieures. Diff&#233;rentes en cela du ph&#233;nom&#232;ne bonapartiste personnalis&#233; et circonscrit au XIXe si&#232;cle, ces solutions offrent bien plus de souplesse au prix, cependant, d'une instabilit&#233; chronique. Il n'en reste pas moins qu'il s'agit de formes de construction d'un bloc de pouvoir qui contournent (et/ou alt&#232;rent tr&#232;s significativement) les m&#233;diations de type repr&#233;sentatif et la l&#233;gitimation &#233;lectorale, sans toutefois rompre explicitement avec le cadre parlementaire existant, m&#234;me si elles peuvent, le cas &#233;ch&#233;ant, pr&#233;parer le terrain &#224; une telle &#233;volution [12].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce cadre qu'il faut situer le processus de constitution d'un gouvernement d'&#171; entente nationale &#187;, tel que celui dirig&#233; par Papad&#233;mos. L'id&#233;e &#233;tait dans l'air depuis un certain temps, et elle fut bri&#232;vement test&#233;e, nous l'avons vu, en juin 2011. Mais l'urgence d'une telle issue ne s'est impos&#233;e qu'avec la tournure explosive prise par la protestation populaire lors la s&#233;quence insurrectionnelle qui s'est d&#233;ploy&#233;e entre le 19 et le 28 octobre. Des indices comme la paralysie quasi-compl&#232;te de l'administration d'&#201;tat, accentu&#233;e par la vague d'occupations de b&#226;timents publics, ou le soudain remplacement de la totalit&#233; de l'&#233;tat-major militaire, qui ne faisait pas un secret de son opposition aux coupes budg&#233;taires qui affectent profond&#233;ment l'arm&#233;e, ont &#233;galement pouss&#233; en ce sens, r&#233;v&#233;lant que le fonctionnement de la machinerie &#233;tatique &#233;tait atteint en son c&#339;ur m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d'usage, dans de telles circonstances, que les pouvoirs chancelants prennent des initiatives qui finissent par r&#233;pandre le feu qu'elles &#233;taient cens&#233;es contr&#244;ler, sinon &#233;teindre. L'annonce d'un r&#233;f&#233;rendum par Papandr&#233;ou, cens&#233; porter sur l'accord conclu lors du sommet europ&#233;en du 27 octobre, &#233;tait l'exemple-type d'un tel geste qui, ind&#233;pendamment des intentions de son auteur, a n&#233;anmoins fonctionn&#233; comme un test de v&#233;rit&#233; pour le syst&#232;me politique grec et pour l'UE tout enti&#232;re. Le d&#233;fi lanc&#233; par le dirigeant du PASOK a sem&#233; la panique sur les places boursi&#232;res et provoqu&#233; la col&#232;re du directoire franco-allemand, qui, de fa&#231;on tout &#224; fait explicable, bondit au seul &#233;nonc&#233; du mot de &#171; r&#233;f&#233;rendum &#187;, l'UE n'&#233;tant gu&#232;re sortie grandie des pr&#233;c&#233;dents &#233;pisodes du genre, et ce dans des conditions incomparablement plus favorables que celles offertes par la situation de la Gr&#232;ce. L'humiliation subie par Papandr&#233;ou au sommet de Cannes [d&#233;but novembre], sans pr&#233;c&#233;dent pour un dirigeant de pays europ&#233;en, &#233;tait la cons&#233;quence logique de cette fausse, car bien trop tardive, na&#239;vet&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le front int&#233;rieur, le geste de Papandr&#233;ou, suivi par les pressions directes exerc&#233;es par les dirigeants europ&#233;ens, a sans doute davantage apport&#233; le r&#233;sultat escompt&#233;. Il a certes r&#233;v&#233;l&#233; que le Premier ministre sortant &#233;tait contest&#233; au sein de son propre parti &#171; sur sa droite &#187;, par une aile d'int&#233;gristes n&#233;olib&#233;raux regroup&#233;s autour de ce que l'on qualifie de &#171; talibans du M&#233;morandum &#187; ou de &#171; tro&#239;ka interne &#187; [13], qui a imm&#233;diatement rejet&#233; l'id&#233;e du r&#233;f&#233;rendum et mis en avant l'id&#233;e d'un gouvernement d'&#171; unit&#233; nationale &#187;. S'il a sap&#233; un peu plus la coh&#233;sion de son propre parti, Papandr&#233;ou a toutefois marqu&#233; des points face &#224; l'opposition de droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plac&#233;e devant la quasi-certitude d'une victoire du &#171; non &#187; aux accords du 27 octobre et du chantage exerc&#233; par l'UE (un &#171; non &#187; &#233;quivaut &#224; la sortie de l'euro), la droite a vigoureusement combattu la proposition de r&#233;f&#233;rendum. Mais, dans la foul&#233;e, elle s'est &#233;galement vu contrainte de c&#233;der aux exigences de &#171; consensus &#187; formul&#233;es d&#232;s le d&#233;but de la crise de la dette par les milieux d'affaires et les dirigeants europ&#233;ens. De son c&#244;t&#233;, l'extr&#234;me droite, championne d&#232;s le printemps 2010 d'une &#171; entente nationale &#187; pour mettre en &#339;uvre de fa&#231;on muscl&#233;e la &#171; th&#233;rapie de choc &#187;, s'est sentie triompher. Son leader, Giorgos Karandzaf&#233;ris, s'est pos&#233; ouvertement comme le &#171; parrain &#187; du nouveau gouvernement d'&#171; unit&#233; nationale &#187;, qui lui permet d'acc&#233;der &#224; la respectabilit&#233; institutionnelle tant d&#233;sir&#233;e. Les formations p&#233;riph&#233;riques du centre-droit (la petite formation ultra-lib&#233;rale et europ&#233;iste Alliance D&#233;mocratique de Dora Bakoyanni, challenger de Samaras &#224; la direction de la ND en novembre 2010) et du centre-gauche (la Gauche d&#233;mocratique, issue d'une scission droiti&#232;re de Synaspismos, et les &#233;cologistes) leur ont embo&#238;t&#233; le pas, avec quelques r&#233;serves de formes pour ces derni&#232;res. La voie &#233;tait de la sorte ouverte pour le processus qui a abouti &#224; la constitution d'un gouvernement dirig&#233; par le banquier Papad&#233;mos, incarnation naturelle d'un bloc au pouvoir enti&#232;rement domin&#233; par les int&#233;r&#234;ts de la finance europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'UE en tant que puissance n&#233;ocoloniale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le de l'UE dans cette affaire m&#233;rite assur&#233;ment quelques remarques sp&#233;cifiques. &#192; supposer en effet qu'il subsist&#226;t encore en Gr&#232;ce quelques apparences de souverainet&#233; nationale et de fonctionnement d&#233;mocratique, f&#251;t-il &#171; formel &#187;, des institutions parlementaires, celles-ci appartiennent d&#233;sormais &#224; un pass&#233; r&#233;volu. La fa&#231;on dont Papandr&#233;ou fut contraint de se r&#233;tracter sur le r&#233;f&#233;rendum, apr&#232;s s'&#234;tre vu dicter de la fa&#231;on la plus humiliante les termes de la question qui serait pos&#233;e (et m&#234;me la date de sa tenue !), les conditions de son d&#233;part du pouvoir ainsi que les man&#339;uvres qui se sont d&#233;roul&#233;es dans l'opacit&#233; la plus totale afin de constituer le gouvernement d'&#171; entente nationale &#187; constituent au sens le plus strict un &#171; coup d'&#201;tat blanc &#187;, le premier dont la conception et la mis en &#339;uvre se sont faites sous la houlette de l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il souligner &#224; quel point ce gouvernement est d&#233;pourvu de la moindre l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique, dans le sens le plus banal du terme, telle qu'elle s'est notamment exprim&#233;e dans le scrutin d'octobre 2009 ? Et pourtant, la t&#226;che qui lui est explicitement confi&#233;e (application des accords du 27 octobre, avec des mesures d'aust&#233;rit&#233; encore plus graves que toutes les pr&#233;c&#233;dentes, accompagn&#233;es de la mise sous tutelle permanente et de la vente &#224; l'encan de la quasi-totalit&#233; du patrimoine public restant) engagera le pays pour les d&#233;cennies &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux &#233;l&#233;ments donnent une id&#233;e du radicalisme n&#233;olib&#233;ral qui anime Papad&#233;mos et ceux qui l'entourent. Dans un article publi&#233; simultan&#233;ment dans le quotidien grec &lt;i&gt;To Vima&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;Financial Times&lt;/i&gt; le 23 octobre [14], l'actuel Premier ministre avait r&#233;cus&#233; la proposition de d&#233;cote de 50% de la dette grecque d&#233;tenue par les banques et autres institutions priv&#233;es, qui fut finalement adopt&#233;e par le sommet europ&#233;en du 27 octobre, et voulait s'en tenir &#224; la seule d&#233;cote de 21% pr&#233;vue par le sommet du 21 juillet, sous la pression de Sarkozy, et quasi-unanimement jug&#233;e scandaleusement favorable aux banques et totalement insoutenable pour le pays. Mieux vaut donc miser sur la &#171; g&#233;n&#233;rosit&#233; &#187;, ou le r&#233;alisme, d'Angela Merkel en mati&#232;re de paiement de la dette grecque que sur l'actuel Premier ministre. Par ailleurs, l'une des principales exigences de Papad&#233;mos et de ses soutiens europ&#233;ens, dans la lign&#233;e de leur refus obstin&#233; du r&#233;f&#233;rendum, a consist&#233; &#224; &#233;carter l'id&#233;e d'&#233;lections anticip&#233;es qui &#233;taient pourtant l'une des conditions que Samaras et la ND avaient pos&#233; pour leur soutien &#224; un &#233;ventuel gouvernement d'&#171; unit&#233; nationale &#187;. La confusion continue de r&#233;gner &#224; ce sujet, Samaras ayant repris dans sa d&#233;claration post&#233;rieure &#224; la formation du gouvernement la date du 19 f&#233;vrier qu'il avait initialement annonc&#233;. Assumant pleinement la logique bonapartiste &#233;voqu&#233;e auparavant, Papad&#233;mos et l'UE ne veulent pas d'une simple &#233;quipe de transition, charg&#233;e d'une mission limit&#233;e. C'est bien un gouvernement de combat qu'ils entendent mettre en place, comme le souligne, sous couvert d'anonymat, l'un des anciens coll&#232;gues du Premier ministre &#224; la BCE : &lt;i&gt;&#171; &#224; la t&#234;te du gouvernement grec, il devra apprendre cependant &#224; trancher durement, &#224; faire des m&#233;contents &#187;&lt;/i&gt; [15]. Nul doute que, flanqu&#233; de ses ministres du LAOS et des z&#233;lateurs de la &#171; tro&#239;ka interne &#187;, il apprendra tr&#232;s vite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, les masques sont tomb&#233;s : l'UE appara&#238;t pour ce qu'elle est, une menace mortelle pour les r&#232;gles d&#233;mocratiques les plus &#233;l&#233;mentaires, celles-l&#224; m&#234;me du r&#233;gime parlementaire lib&#233;ral. Car il ne faut pas se tromper : la simultan&#233;it&#233; des changements de gouvernement en Italie et en Gr&#232;ce, la prise du pouvoir dans les deux cas par des fond&#233;s de pouvoir des banques, sortis des entrailles de l'Union Europ&#233;enne (BCE pour Papad&#233;mos, Commission Europ&#233;enne pour Monti), cultivant les liens directs avec les milieux d'affaires, n'a rien d'une co&#239;ncidence. Depuis que la crise des dettes souveraines a &#233;clat&#233;, la Gr&#232;ce est bien un cobaye de la &#171; th&#233;rapie de choc &#187; que les classes dominantes sont d&#233;cid&#233;es &#224; mettre en &#339;uvre, et cela, comme Naomi Klein l'a tr&#232;s bien vu [16], ne peut se faire dans le cadre politique et institutionnel existant (du moins pour les normes d'un pays d'Europe de l'Ouest). Les &#171; th&#233;rapies de choc &#187; sont indissociables des &#171; d&#233;sastres &#187;, conduisant &#224; l'instauration d'un &#171; &#233;tat d'urgence &#187; de plus en plus banalis&#233;. Et, dans le cadre europ&#233;en des 27 pays qui en font partie, c'est bien l'UE, ses institutions et son directoire franco-allemand (plus allemand que fran&#231;ais &#224; vrai dire) qui en sont les ma&#238;tres d'&#339;uvre. Pourtant, au sein de la gauche europ&#233;enne, y compris ses ailes radicales, on s'obstine &#224; vouloir contourner cette r&#233;alit&#233; ou &#224; ne pas en mesurer les cons&#233;quences [17], en cultivant par exemple l'illusion d'une &#171; r&#233;formabilit&#233; &#187; des institutions de l'UE ou d'un bouleversement sociopolitique simultan&#233; dans les principaux pays europ&#233;ens qui permettrait de se dispenser d'affronter la machinerie de l'UE en tant que telle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'impuissance paradoxale de la gauche radicale grecque&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la crise de la dette, la gauche radicale grecque se trouve dans une position paradoxale. Elle se renforce sur le plan &#233;lectoral, partant d'un niveau qui est d&#233;j&#224; le plus &#233;lev&#233; d'Europe (cf. encadr&#233;, plus bas). Ses militants sont tr&#232;s actifs dans les mobilisations, m&#234;me si le &#171; mouvement des places &#187; a r&#233;v&#233;l&#233; ses difficult&#233;s &#224; s'ouvrir &#224; des secteurs sociaux ext&#233;rieurs &#224; ses sph&#232;res traditionnelles d'influence. Pourtant, elle peine &#224; intervenir politiquement dans la situation, &#224; proposer une alternative cr&#233;dible aux politiques barbares mises en &#339;uvre et rejet&#233;es par la quasi-totalit&#233; de la soci&#233;t&#233;. Elle n'arrive pas de ce fait &#224; d&#233;gager une issue politique &#224; la vague de col&#232;re populaire, qui risque de conna&#238;tre une trajectoire &#171; argentine &#187; : un soul&#232;vement populaire capable de faire chuter le pouvoir en place, mais d&#233;pourvu de solution politique de rechange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux facteurs p&#232;sent d'un poids particulier dans cet &#233;tat de fait. Tout d'abord la profonde division, plus exactement l'ambiance de guerre intestine, qui r&#232;gne entre ses deux principales composantes : le Parti communiste (KKE) d'une part, engonc&#233; dans une ligne sectaire et nostalgique du pass&#233; stalinien, qui reste la force dominante aussi bien sur le plan &#233;lectoral que militant, et la Coalition de la gauche radicale (Syriza), de l'autre, qui pr&#244;ne une d&#233;marche unitaire, mais qui peine &#224; trouver une coh&#233;rence interne entre ses multiples composantes et tendances et tend &#224; se replier sur une proposition d'unit&#233; &#171; a minima &#187;, bas&#233;e sur un simple refus de l'aust&#233;rit&#233;. N&#233;cessaire &#224; l'unit&#233; d'action, une telle base s'av&#232;re toutefois insuffisante quand se pose la question d'une alternative de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plac&#233;es devant ce redoutable d&#233;fi, ces formations ont le plus grand mal &#224; formuler des propositions pr&#233;cises et un tant soit peu audibles sur les questions-cl&#233;s o&#249; se jouent la l&#233;gitimit&#233; des politiques men&#233;es et la possibilit&#233; d'une autre logique, &#224; savoir la dette et la question de l'euro et, plus largement, des rapports avec l'UE. La ligne majoritaire au sein de Syriza, et, surtout de sa principale composante, Synaspismos, est de proposer une ren&#233;gociation de la dette dans le cadre de l'UE et de la zone euro, sans recours &#224; la cessation de paiement. La question de l'euro ou de la structure antid&#233;mocratique et n&#233;ocoloniale de l'UE sont minimis&#233;es et/ou renvoy&#233;es &#224; un futur ind&#233;termin&#233;, lorsqu'un &#171; mouvement social europ&#233;en &#187; aura chang&#233; la donne au niveau de l'UE tout enti&#232;re, ou du moins de son noyau. Faut-il pr&#233;ciser que ces propositions paraissent en complet d&#233;calage par rapport &#224; la situation, peu cr&#233;dibles et suscitant une opposition interne croissante ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant cette impasse, des courants importants de Synaspismos (le &#171; courant de gauche &#187; dirig&#233; par l'actuel porte-parole parlementaire de Syriza Panagiotis Lafazanis) ainsi que d'autres composantes de Syriza regroup&#233;es dans le Front pour la Solidarit&#233; et la Rupture (dirig&#233; par l'ancien pr&#233;sident de Synaspismos Alekos Alavanos) haussent le ton et rompent avec le consensus europ&#233;iste. Ils pr&#244;nent une ren&#233;gociation de la dette &#171; &#224; la Kirchner &#187;, men&#233;e sous la pression d'une cessation de paiement &#224; l'initiative du pays emprunteur, accompagn&#233;e d'une sortie de l'euro et de la nationalisation du secteur bancaire, qui permettraient une d&#233;valuation de la monnaie et une sortie de la logique de la &#171; d&#233;valuation interne &#187; (fond&#233;e sur la baisse drastiques du co&#251;t du travail) impos&#233;e par les cures d'aust&#233;rit&#233;. En plus des arguments &#233;conomiques, une rupture avec l'euro et la logique des institutions europ&#233;ens, sans sortie imm&#233;diate de l'UE, est &#233;galement jug&#233;e n&#233;cessaire pour des raisons politiques : comment sortir le pays de la tutelle o&#249; il se trouve actuellement et relancer un fonctionnement d&#233;mocratique sans accepter un d&#233;couplage, f&#251;t-il partiel, avec l'UE et le r&#233;tablissement de sa souverainet&#233; nationale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet agenda est du reste d&#233;j&#224; d&#233;fendu par le regroupement des forces de l'extr&#234;me gauche Antarsya, qui a connu quelques succ&#232;s &#233;lectoraux lors des r&#233;gionales et municipales de novembre 2010 (cf. encadr&#233;, plus bas), et qui d&#233;fend la cessation de paiement, la sortie de l'euro et la nationalisation des banques comme socle d'un programme de rupture anticapitaliste. Toutefois, malgr&#233; d'importantes convergences, et une audience croissante, le &#171; p&#244;le anti-UE &#187; de la gauche radicale peine &#224; se coordonner et &#224; acqu&#233;rir une visibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est encore plus fig&#233;e du c&#244;t&#233; du Parti communiste. Traditionnellement hostile &#224; l'UE, partisan d'une sortie de la Gr&#232;ce de l'Union, ce parti se montre pourtant tr&#232;s prudent sur ce terrain depuis le d&#233;but de la crise, soulignant que tous ces probl&#232;mes, ainsi que celui de la dette, ne pourront &#234;tre r&#233;solus qu'une fois &#171; renvers&#233; le pouvoir du capital monopoliste &#187; et instaur&#233; le &#171; pouvoir populaire &#187;, sous la direction, naturellement, du parti. Cette rh&#233;torique &#171; gauchiste &#187; sert en r&#233;alit&#233; &#224; justifier une pratique qui&#233;tiste sur le plan des mobilisations, avant tout soucieuse de refuser toute forme d'unit&#233; d'action et accusant Syriza (et Antarsya) d'&#234;tre des &#171; forces opportunistes &#187; jouant &#171; le jeu de la bourgeoisie et de l'UE &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, tout comme ceux de Syriza, les dirigeants du KKE manient un discours radical, mais d&#233;sincarn&#233;, en ayant avant tout l'&#339;il sur les sondages, qui cr&#233;ditent la gauche radicale de ses scores les plus &#233;lev&#233;s depuis les ann&#233;es 1970 (cf. encadr&#233;, plus bas). Ils semblent se contenter de ce r&#244;le de r&#233;ceptacle passif de la col&#232;re populaire, r&#244;le partag&#233; qui cr&#233;e entre eux une sorte d'&#233;trange complicit&#233;, par-del&#224; la virulence des pol&#233;miques. Pour le dire autrement, ce qui se trouve exclu dans les deux cas, quoique par des cheminements oppos&#233;s, c'est l'id&#233;e d'une alternative qui se construit sur des objectifs transitoires et r&#233;pond concr&#232;tement aux probl&#232;mes cruciaux pos&#233;s par la crise : dette, appartenance &#224; l'euro, mod&#232;le &#233;conomique, refondation d&#233;mocratique, ind&#233;pendance nationale et rapports avec l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette complicit&#233; perverse qui explique que la proposition de r&#233;f&#233;rendum de Papandr&#233;ou a mis dans un premier temps aussi bien Syriza que le KKE dans l'embarras, surtout lorsqu'il est apparu que se poserait la question de l'euro et d'une rupture concr&#232;te avec la cage de fer impos&#233;e par l'UE. Au lieu du r&#233;f&#233;rendum, qu'ils ont fini par soutenir en appelant &#224; un vote &#171; non &#187;, Syriza et le KKE ont pr&#233;f&#233;r&#233; mettre en avant le mot d'ordre d'&#233;lections anticip&#233;es. Et ils continuent de le faire, esp&#233;rant transformer en si&#232;ges les scores que leur accordent les enqu&#234;tes d'opinion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette gestion routini&#232;re d'une situation extra-ordinaire, dans tous les sens du terme, s'av&#232;re toutefois grosse de dangers. La formation du gouvernement Papad&#233;mos, qui scelle le front commun des classes dominantes grecques et europ&#233;ennes, place la gauche radicale grecque au pied du mur. Loin d'&#234;tre une force marginale, condamn&#233;e &#224; un r&#244;le de t&#233;moignage, elle se voit d&#233;sormais investie d'une responsabilit&#233; proprement historique : construire un front social et politique en mesure de relever le d&#233;fi lanc&#233; par un adversaire d&#233;stabilis&#233; mais d'autant plus dangereux, pr&#234;t &#224; toutes les aventures. Si elle se d&#233;robe, et s'av&#232;re incapable de changer la donne, elle pourrait fort bien &#234;tre balay&#233;e de la sc&#232;ne, comme l'ont &#233;t&#233; toutes les forces politiques, y compris de la gauche radicale, des pays qui ont d&#233;j&#224; subi la &#171; strat&#233;gie du choc &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette responsabilit&#233; est du reste loin d'&#234;tre une responsabilit&#233; uniquement nationale. Dans un article retentissant, publi&#233; en juin dernier dans le New York Times, l'historien britannique et sp&#233;cialiste d'histoire grecque contemporaine Mark Mazower, rappelait &#224; tou&#183;tes celles et ceux qui n'ont d'yeux que pour la gloire des Anciens, qu'au cours des deux derniers si&#232;cles la Gr&#232;ce moderne s'est retrouv&#233;e &#224; plusieurs reprises &lt;i&gt;&#171; &#224; la pointe de l'&#233;volution europ&#233;enne &#187;&lt;/i&gt; [18]. En s'engageant dans une guerre d'ind&#233;pendance, que les Grecs eux-m&#234;mes ont toujours appel&#233; &#171; la R&#233;volution de 1821 &#187;, ils furent les premiers &#224; &#233;branler l'ordre de la Sainte Alliance. Par leur &#171; non &#187; de 1940, leurs victoires contre les troupes de Mussolini et leur lutte massive contre l'occupant, ils ont &#233;t&#233; aux avant-postes du combat antifasciste. En se soulevant, il y 38 ans, contre la dictature des colonels, ils ont montr&#233; la voie &#224; d'autres peuples, du Sud europ&#233;en ou d'Am&#233;rique latine, qui subissaient une oppression comparable. Peut-&#234;tre donc, que, renouant avec ce fil qui traverse son histoire moderne, la Gr&#232;ce donnera une fois de plus le signal du soul&#232;vement europ&#233;en contre l'oppression, cette fois contre la dictature des financiers, des affairistes et de leurs path&#233;tiques commissaires politiques.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Stathis Kouv&#233;lakis est enseignant en philosophie politique au King's College de l'universit&#233; de Londres.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les forces politiques en Gr&#232;ce : r&#233;sultats &#233;lectoraux et tendances r&#233;centes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les derni&#232;res &#233;lections l&#233;gislatives ont eu lieu en octobre 2009. Le PASOK en est sorti vainqueur avec 44 % des voix, l'un de ses meilleurs r&#233;sultats depuis les ann&#233;es 1990, et 160 si&#232;ges (sur les 300 que compte le Parlement). &#192; noter que dix d&#233;put&#233;s ont d&#233;sert&#233; les rangs du PASOK depuis le vote du m&#233;morandum conclu entre le gouvernement et la tro&#239;ka (BCE, UE, FMI), en mai 2010, dont sept ont gard&#233; leur si&#232;ge, ce qui porte les effectifs du groupe parlementaire du PASOK &#224; 153 d&#233;put&#233;s, qui correspond aux voix re&#231;ues par le gouvernement sortant de Papandr&#233;ou lors du vote de confiance du 4 novembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Nouvelle D&#233;mocratie (droite) a obtenu 33,4% des voix, le plus mauvais r&#233;sultat de son histoire. Avec 5,6 %, l'extr&#234;me droite du LAOS (Rassemblement Populaire Orthodoxe) a progress&#233; sensiblement depuis les &#233;lections pr&#233;c&#233;dentes (+1,8%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;cologistes, qui affichent un profil &#171; centre-gauche moderne &#187;, social-lib&#233;ral sur les questions &#233;conomiques, ont obtenu 2,53%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; gauche du PASOK, le Parti Communiste (KKE) a obtenu 7,6%, en recul de 0,6% sur les r&#233;sultats de 2007, et la Coalition de la gauche radicale (Syriza) 4,6 %, en recul de 0,4 % sur les r&#233;sultats de 2007. Syriza regroupe une dizaine de composantes (qui vont du mao&#239;sme au trotskisme en passant par des sensibilit&#233;s &#171; mouvementistes &#187;) dont la principale est Synaspismos (Coalition de gauche), issue de deux scissions successives du KKE (1968 et 1991). &#192; noter qu'une bonne partie des organisations de la gauche radicale et de l'extr&#234;me gauche grecque sont &#233;galement issues de scissions ou de d&#233;parts collectifs du KKE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extr&#234;me gauche a pr&#233;sent&#233; trois listes, totalisant 0,7%. La principale composante, Antarsya (0,36%), est un regroupement d'une dizaine d'organisations, qui a enregistr&#233; des r&#233;sultats souvent significatifs lors des &#233;lections municipales et r&#233;gionales de 2010 (notamment 2,3% dans la r&#233;gion capitale et 3 % dans la ville d'Ath&#232;nes). Ces &#233;lections ont &#233;t&#233; d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale marqu&#233;es par une pouss&#233;e de la gauche radicale, essentiellement du KKE, qui est pass&#233; de 10 &#224; 14,4% dans la r&#233;gion capitale (Ath&#232;nes-Pir&#233;e et leurs banlieues), qui regroupe un tiers de l'&#233;lectorat total, et atteignit 11% des voix exprim&#233;es au niveau national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, les sondages font appara&#238;tre une large d&#233;fiance de l'&#233;lectorat vis-&#224;-vis des partis politiques, un tiers environ des personnes interrog&#233;es refusant d'indiquer une pr&#233;f&#233;rence, et une nette tendance &#224; la fragmentation du paysage politique. Sur la base de projections effectu&#233;es &#224; partir des r&#233;ponses donn&#233;es par les personnes indiquant un choix, la fourchette des estimations est de 18 &#224; 22% pour le PASOK, de 30 &#224; 33 % pour la ND et de 6 &#224; 8% pour le LAOS, auxquels il convient d'ajouter les 2% dont est habituellement cr&#233;dit&#233;e l'organisation n&#233;onazie Aurore Dor&#233;e (qui a obtenu 5% &#224; Ath&#232;nes aux municipales de 2010).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les petites formations de centre-gauche, sont cr&#233;dit&#233;es de 3 &#224; 4% pour les &#233;cologistes, et de 3 &#224; 5% pour la Gauche d&#233;mocratique, cr&#233;&#233;e par des dissidents de Synaspismos qu'ils accusent de &#171; d&#233;rive gauchiste &#187;. Syriza est estim&#233; entre 7 et 10 %, le KKE de 10 &#224; 13 % et Antarsya entre 1 et 2%. Sur la base de ces estimations, aucun parti n'obtiendrait de majorit&#233; en si&#232;ges au Parlement.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Marx ajoutait ceci, qui sonne &#233;trangement actuel : &lt;i&gt;&#171; l'endettement de l'&#201;tat &#233;tait d'un int&#233;r&#234;t direct pour la fraction de la bourgeoisie qui r&#233;gnait et l&#233;gif&#233;rait par l'interm&#233;diaire des Chambres. En fait, le d&#233;ficit de l'&#201;tat &#233;tait l'objet m&#234;me de sa sp&#233;culation et la source principale de son enrichissement. &#192; la fin de chaque ann&#233;e, nouveau d&#233;ficit. Au bout de quatre ou cinq ans, nouvel emprunt. Et chaque nouvel emprunt offrait &#224; l'aristocratie financi&#232;re une nouvelle occasion d'escroquer l'&#201;tat, qui, maintenu artificiellement au bord de la banqueroute, &#233;tait oblig&#233; de n&#233;gocier avec ses banquiers dans les conditions les plus d&#233;favorables &#187;&lt;/i&gt;, Karl Marx, &lt;i&gt;Les luttes de classes en France&lt;/i&gt;, &#171; Foli &#187;, Gallimard, 2002, p. 11-12.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Selon les donn&#233;es disponibles, qui portent sur 300 milliards d'un total de 360 milliards d'euros de la dette souveraine du pays, 146 milliards, soit pr&#232;s de la moiti&#233;, sont d&#233;tenues par les banques et institutions financi&#232;res de l'UE, auxquels s'ajoutent 42 milliards d&#233;tenus par le FMI et les banques hors UE, le reste, soit environ un tiers de la dette totale, dont l'allocation est connue &#233;tant d&#233;tenue par des banques et autres institutions grecques. Cf. Research on Money and Finance, &lt;i&gt;Breaking Up ? A Route Out of the Eurozone Crisis&lt;/i&gt;, novembre 2011, p. 71. Document disponible sur &lt;a href=&#034;http://www.researchonmoneyandfinance.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.researchonmoneyandfinance.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Le correspondant de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; l'a bien vu : &lt;i&gt;&#171; la d&#233;cision de Papandr&#233;ou [&#8230;] est le r&#233;sultat d'une &#233;rosion in&#233;luctable du gouvernement, qui, apr&#232;s deux ann&#233;es d'une tr&#232;s s&#233;v&#232;re politique d'aust&#233;rit&#233;, se trouve confront&#233; &#224; une pression insoutenable. Dans la rue, comme en t&#233;moignent les gr&#232;ves quotidiennes dans divers secteurs de l'&#233;conomie et les immenses cort&#232;ges de manifestants qui bloquent r&#233;guli&#232;rement les rues d'Ath&#232;nes, ou au Parlement, o&#249; la contestation a progressivement gagn&#233; les rangs du PASOK &#187;&lt;/i&gt;, Philippe Cergel, &#171; Papandr&#233;ou, un pari fou &#187;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 2 novembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Sur ce moment cf. Stathis Kouv&#233;lakis, &#171; Le chaudron grec &#187;, 20 juin 2011, disponible ici : &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/europe/le-chaudron-grec.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/europe/le-chaudron-grec.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Selon les estimations les plus s&#233;rieuses, les manifestations ont rassembl&#233; environ 300 000 personnes &#224; Ath&#232;nes et au moins un demi-million dans l'ensemble du pays (qui compte 10,5 millions d'habitants). Les cort&#232;ges &#233;taient particuli&#232;rement imposants dans les villes de province et la gr&#232;ve a paralys&#233; l'ensemble du secteur public et la plupart des grandes entreprises. La quasi-totalit&#233; du petit commerce et une bonne partie des PME s'&#233;taient joints au mouvement &#224; l'initiative des patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Dimitris Kotsaridis, secr&#233;taire de l'Union Locale de Vironas (banlieue d'Ath&#232;nes) du Syndicat des Ouvriers du B&#226;timent, 53 ans, est sans doute d&#233;c&#233;d&#233; suite &#224; des probl&#232;mes cardiaques probablement d&#233;clench&#233;s par les gaz lacrymog&#232;nes lanc&#233;s par la police dans la confusion qui a suivi les incidents. L'enqu&#234;te sur les circonstances de son d&#233;c&#232;s est en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. La f&#234;te nationale du 28 octobre comm&#233;more le &#171; non &#187; du gouvernement grec &#224; l'ultimatum lanc&#233; par Mussolini en 1940. Lors de la guerre gr&#233;co-italienne qui s'en est suivie, les troupes grecques, galvanis&#233;es par un esprit de r&#233;sistance venant d'en bas, ont remport&#233; des victoires &#233;clatantes sur le territoire albanais, les premi&#232;res des forces antifascistes lors du conflit mondial. Il a fallu l'attaque de la Wehrmacht au printemps 1941 pour faire fl&#233;chir la r&#233;sistance grecque et aboutir &#224; l'occupation du pays par les arm&#233;es de l'Axe. Cette journ&#233;e est comm&#233;mor&#233;e par un d&#233;fil&#233; militaire, pr&#233;vu cette ann&#233;e &#224; Thessalonique, et par des d&#233;fil&#233;s de lyc&#233;ens et de corps civils dans l'ensemble des communes du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Y compris le pr&#233;sident de la R&#233;publique, Karolos Papoulias, personnage symbolique, issu de la vieille garde du PASOK et plut&#244;t respect&#233;. Son d&#233;part des tribunes officielles &#224; Thessalonique a entra&#238;n&#233; l'annulation du d&#233;fil&#233; militaire, mais les lyc&#233;es, les cort&#232;ges de civils et les r&#233;servistes ont d&#233;fil&#233;, souvent poing lev&#233;, sous les acclamations de la foule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Alain Salles, &#171; Le coup de poker de Georges Papandr&#233;ou &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 2 novembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Cf. Alexander Kentelenis et alii, &#171; Health Effects Of Financial Crisis : Omens of a Greek Tragedy &#187;, &lt;i&gt;The Lancet&lt;/i&gt;, vol. 378, n&#176; 9801, 22 octobre 2011, p. 1457-1458, disponible ici : &lt;a href=&#034;http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2811%2961556-0/fulltext&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2811%2961556-0/fulltext&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Les citations de Gramsci sont extraites du cahier 13, &#167; 23. Cf. Antonio Gramsci, &lt;i&gt;Cahiers de prison. Cahiers 10, 11, 12, 13&lt;/i&gt;, Gallimard, 1978.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. Le cas typique &#233;tant sans doute celui des cabinets Br&#252;ning dans la r&#233;publique de Weimar finissante, qui ouvrirent la voie &#224; la prise du pouvoir par les nazis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. Il s'agit du groupe constitu&#233; par les ministres de l'&#201;ducation Anna Diamantopoulou, de la Sant&#233; Andr&#233;as Loverdos et du vice-ministre de la D&#233;fense Giannis Ragousis. Dans une tribune commune publi&#233;e le 16 octobre, ils ont d&#233;fendu une mise en &#339;uvre int&#233;grale et muscl&#233;e des paquets d'aust&#233;rit&#233;, pr&#244;n&#233; une ligne d'affrontement assum&#233; avec le mouvement syndical (&#171; les corporatismes sont notre adversaire &#187;), ainsi qu'avec ceux qui ne d&#233;fendent que de fa&#231;on &#171; ti&#232;de &#187; les mesures adopt&#233;es, et laiss&#233; planer des menaces quant &#224; un &#233;ventuel &#171; massacre &#187; si l'&#171; autorit&#233; de l'&#201;tat &#187; n'&#233;tait pas rapidement r&#233;tablie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. Cf. Lucas Papademos, &#171; Forcing Greek Restructuring Is Not The Answer &#187;, &lt;i&gt;Financial Times&lt;/i&gt;, 23 octobre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. Propos cit&#233;s in Cl&#233;ment Lacombe et Allain Salles, &#171; M. Papad&#233;mos d&#233;sign&#233; premier ministre en plein chaos politique et &#233;conomique &#187;, Le Monde, 12 novembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. Cf. Naomi Klein, &lt;i&gt;La strat&#233;gie du choc. La mont&#233;e du capitalisme du d&#233;sastre&lt;/i&gt;, Actes Sud, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17, Cf. Antoine Schwarz, &#171; La gauche fran&#231;aise bute sur l'Europe &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, juin 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18. Mark Mazower, &#171; Democracy's Cradle, Rocking the World &#187;, disponible sur &lt;a href=&#034;http://www.nytimes.com/2011/06/30/opinion/30mazower.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.nytimes.com/2011/06/30/opinion/30mazower.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source : &#192; l'encontre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sortir du pi&#232;ge de la dette</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Sortir-du-piege-de-la-dette</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Sortir-du-piege-de-la-dette</guid>
		<dc:date>2011-09-16T14:41:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre KHALFA </dc:creator>


		<dc:subject>Dettes et d&#233;ficits</dc:subject>
		<dc:subject>Dictature de la dette</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La dette est donc triplement ill&#233;gitime : elle est le produit des cadeaux fiscaux fait aux dominants, de la crise financi&#232;re dont ils sont responsables et du recours aux march&#233;s financiers auxquels ils participent. Sortir de la situation actuelle suppose d'abord d'annuler au moins partiellement les dettes publiques en Europe, un audit citoyen de la dette publique devant d&#233;terminer la fraction de la dette &#224; annuler et les acteurs concern&#233;s par cette annulation. Il faut ensuite une autre (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Dettes-et-deficits-+" rel="tag"&gt;Dettes et d&#233;ficits&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Dictature-de-la-dette-+" rel="tag"&gt;Dictature de la dette&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L116xH150/arton3244-39a35.png?1631032294' class='spip_logo spip_logo_right' width='116' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La dette est donc triplement ill&#233;gitime : elle est le produit des cadeaux fiscaux fait aux dominants, de la crise financi&#232;re dont ils sont responsables et du recours aux march&#233;s financiers auxquels ils participent. Sortir de la situation actuelle suppose d'abord d'annuler au moins partiellement les dettes publiques en Europe, un audit citoyen de la dette publique devant d&#233;terminer la fraction de la dette &#224; annuler et les acteurs concern&#233;s par cette annulation. Il faut ensuite une autre politique mon&#233;taire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le gouvernement fran&#231;ais vient d'annoncer un plan d'aust&#233;rit&#233; bas&#233; sur plus de 10 milliards d'&#233;conomies. Il prolonge les mesures d&#233;j&#224; engag&#233;es comme par exemple le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant &#224; la retraite. Que ce plan soit fortement in&#233;quitable n'est pas pour surprendre de la part d'un gouvernement qui a fait de la protection des riches sa boussole principale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de son caract&#232;re socialement inacceptable, cette orientation, mise en &#339;uvre par tous les pays europ&#233;ens, est &#233;conomiquement stupide. Dans une Europe &#233;conomiquement int&#233;gr&#233;e, dans laquelle les clients des uns sont les fournisseurs des autres, l'aust&#233;rit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e est porteuse d'une logique r&#233;cessive qui est d&#233;j&#224; en route et qui touchera tous les pays. Une spirale absurde est en train de se mettre en place : pour r&#233;duire les d&#233;ficits, les gouvernements mettent en &#339;uvre des plans d'aust&#233;rit&#233; drastique, ceux-ci vitrifient l'activit&#233; &#233;conomique, ce qui r&#233;duit les recettes fiscales&#8230; et accro&#238;t les d&#233;ficits, justifiant ainsi de nouveaux tours de vis qui aggraveront encore la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sortir de ce pi&#232;ge suppose d'abord de traiter la question de la dette. La crise financi&#232;re et la r&#233;cession qui a suivi ont &#233;videmment jou&#233; leur r&#244;le dans l'accroissement des d&#233;ficits (perte de recettes fiscales, d&#233;penses suppl&#233;mentaires avec les plans de relance et le sauvetage des banques). Ainsi, le d&#233;ficit public de la France est pass&#233; entre 2007 et 2009 de 2,7% &#224; 7,5% du PIB et sa dette publique de 63,8% &#224; 77,6% du PIB. Il s'agit donc de savoir si la petite minorit&#233; de dominants qui, par son avidit&#233;, a &#233;t&#233; responsable de la crise va en faire les frais ou si le co&#251;t de la crise va &#234;tre support&#233; par la grande majorit&#233; de la population. Le choix des plans d'aust&#233;rit&#233; montre que les gouvernements ont choisi la seconde solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la dette ne date pas de la crise financi&#232;re. Avant celle-ci, son accroissement est d&#251; essentiellement aux cadeaux fiscaux fait aux m&#233;nages les plus riches et aux entreprises, notamment les plus grandes. Le rapport d'information, que le d&#233;put&#233; UMP Gilles Carrez a &#233;tabli en juillet 2010 dans le cadre du d&#233;bat d'orientation budg&#233;taire, donne des &#233;l&#233;ments qui permettent d'&#233;valuer l'impact de &#171; dix ann&#233;es de pertes de recettes non compens&#233;es &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a ainsi pu calculer, qu'en l'absence des cadeaux fiscaux, le d&#233;ficit budg&#233;taire n'aurait &#233;t&#233; que en de 3,3% en 2009 au lieu de 7,5%, la France connaissant m&#234;me, dans ce cadre, un l&#233;ger exc&#233;dent budg&#233;taire en 2006, 2007 et 2008. Paul Champsaur et Jean-Philippe Cotis dans le Rapport sur la situation des finances publiques d'avril 2010 font une analyse similaire : &#171; En l'absence de baisses de pr&#233;l&#232;vements, la dette publique serait environ 20 points de PIB plus faible aujourd'hui qu'elle ne l'est en r&#233;alit&#233;, g&#233;n&#233;rant ainsi une &#233;conomie annuelle de charges d'int&#233;r&#234;ts de 0,5 point de PIB. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une logique imparable s'est donc mise progressivement en place. Les m&#233;nages les plus riches b&#233;n&#233;ficient d'all&#232;gements fiscaux cons&#233;quents que ce soit en mati&#232;re d'imp&#244;t sur le revenu, d'une imposition moindre de leur patrimoine et des revenus de ce dernier. Ils d&#233;gagent ainsi des liquidit&#233;s qu'ils peuvent pr&#234;ter &#224; l'&#201;tat qui en a justement besoin &#224; cause de ces all&#232;gements fiscaux et qui leur verse une r&#233;tribution pour cela. Ils touchent un double &#171; dividende &#187; : moins d'imp&#244;t et plus de rente. La dette est donc fondamentalement inacceptable car elle repr&#233;sente un transfert financier de la grande masse de la population vers les plus riches. C'est la grande masse des contribuables qui, &#224; travers la fiscalit&#233;, paye la charge de la dette et c'est elle qui en subit les cons&#233;quences avec la r&#233;duction des d&#233;penses publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accroissement de la dette publique repose sur le fait que les &#201;tats sont oblig&#233;s d'emprunter sur les march&#233;s financiers. Mais pourquoi donc doivent-ils s'endetter sur les march&#233;s financiers ? En France, une r&#233;forme de la Banque de France a &#233;t&#233; vot&#233;e en 1973 sous l'impulsion de Val&#233;ry Giscard d'Estaing, ministre des finances de Georges Pompidou. Cette r&#233;forme a interdit au Tr&#233;sor public d'emprunter directement &#224; la Banque de France &#224; des taux d'int&#233;r&#234;t nuls ou tr&#232;s faibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Banque de France ne peut donc plus financer par de la cr&#233;ation mon&#233;taire les d&#233;ficits publics. Le gouvernement fran&#231;ais a &#233;t&#233; d&#232;s lors oblig&#233; de faire appel aux march&#233;s financiers, c'est-&#224;-dire &#224; des banques priv&#233;es, et ce &#224; des taux d'int&#233;r&#234;t relativement &#233;lev&#233;s. Cette disposition a &#233;t&#233; reprise int&#233;gralement dans les trait&#233;s europ&#233;ens qui interdisent &#224; Banque centrale europ&#233;enne (BCE) de financer les &#201;tats membres. Nous sommes donc dans une situation hallucinante dans laquelle les banques priv&#233;es se refinancent &#224; un taux d&#233;risoire aupr&#232;s de la BCE et pr&#234;tent aux &#201;tats &#224; des taux nettement sup&#233;rieurs voire carr&#233;ment usuraires. Les &#201;tats et l'Union europ&#233;enne se sont ainsi mis volontairement sous l'emprise des march&#233;s financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dette est donc triplement ill&#233;gitime : elle est le produit des cadeaux fiscaux fait aux dominants, de la crise financi&#232;re dont ils sont responsables et du recours aux march&#233;s financiers auxquels ils participent. Sortir de la situation actuelle suppose d'abord d'annuler au moins partiellement les dettes publiques en Europe, un audit citoyen de la dette publique devant d&#233;terminer la fraction de la dette &#224; annuler et les acteurs concern&#233;s par cette annulation. Il faut ensuite une autre politique mon&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En particulier la BCE et les banques centrales nationales doivent pouvoir, sous contr&#244;le d&#233;mocratique, financer les &#201;tats et les politiques publiques europ&#233;ennes afin de sortir de l'emprise des march&#233;s financiers. Il faut enfin une r&#233;forme fiscale d'ampleur qui redonne des marges de man&#339;uvres &#224; l'action publique. Il s'agit fondamentalement de repenser radicalement la construction europ&#233;enne en mettant fin &#224; des politiques d'aust&#233;rit&#233; injustes et inefficaces et en mettant en &#339;uvre des politiques &#233;conomiques et sociales au service des populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il ne veut pas retomber dans les orni&#232;res qui ont amen&#233; la droite au pouvoir, ce sont de telles orientations qu'un futur gouvernement de gauche devrait commencer &#224; mettre en &#339;uvre en France et qu'il devrait porter au niveau europ&#233;en. Mais une telle rupture ne pourra s'effectuer que si les peuples s'en m&#234;lent et imposent par leurs mobilisations ces r&#233;ponses nouvelles &#224; la crise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;* Pierre Khalfa est co-pr&#233;sident de la fondation Copernic et aussi repr&#233;sentant de l'Union syndicale Solidaires au Conseil &#233;conomique, social et environnemental, coauteur du livre Attac, Le pi&#232;ge de la dette, &#201;ditions Les liens qui lib&#232;rent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quelques &#233;l&#233;ments pour tenter de suivre le d&#233;bat sur la dette aux &#201;tats-Unis</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Quelques-elements-pour-tenter-de-suivre-le-debat-sur-la-dette-aux-Etats-Unis</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Quelques-elements-pour-tenter-de-suivre-le-debat-sur-la-dette-aux-Etats-Unis</guid>
		<dc:date>2011-07-18T13:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexandra Cyr</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Dettes et d&#233;ficits</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis plusieurs mois D&#233;mocrates et R&#233;publicains s'affrontent durement quant &#224; la politique &#224; tenir au sujet du niveau de la dette publique du pays et de son d&#233;ficit. &#192; premi&#232;re vue il s'agit d'une opposition simple entre les tenants (les R&#233;publicains) d'une r&#233;duction du d&#233;ficit via la r&#233;duction des d&#233;penses et ceux (les D&#233;mocrates le pr&#233;sident en t&#234;te) qui soutiennent qu'il faut aussi augmenter les revenus. Voil&#224; le probl&#232;me qui est tout sauf simple. Surtout compte tenu de la distribution (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Amerique-du-Nord-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique du Nord&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Etats-Unis-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Dettes-et-deficits-+" rel="tag"&gt;Dettes et d&#233;ficits&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH148/arton3206-40fd4.png?1629994166' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='148' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis plusieurs mois D&#233;mocrates et R&#233;publicains s'affrontent durement quant &#224; la politique &#224; tenir au sujet du niveau de la dette publique du pays et de son d&#233;ficit. &#192; premi&#232;re vue il s'agit d'une opposition simple entre les tenants (les R&#233;publicains) d'une r&#233;duction du d&#233;ficit via la r&#233;duction des d&#233;penses et ceux (les D&#233;mocrates le pr&#233;sident en t&#234;te) qui soutiennent qu'il faut aussi augmenter les revenus. Voil&#224; le probl&#232;me qui est tout sauf simple. Surtout compte tenu de la distribution du pouvoir aux &#201;tats-Unis. Le combat prend toute son ampleur en ce moment &#224; cause de la date d'&#233;ch&#233;ance : le 2 ao&#251;t prochain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La situation actuelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La loi am&#233;ricaine pr&#233;voit que pour rehausser la capacit&#233; d'emprunt du gouvernement, donc son niveau de dette nationale, le Tr&#233;sor doit demander et obtenir l'autorisation du Congr&#232;s. Cela existe depuis 1917. Habituellement cette exigence est trait&#233;e comme une formalit&#233;. Ainsi, comme le note Paul Krugman&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;New-York Times, 30 juin 2011&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, au cours des deux mandats du pr&#233;sident G.W.Bush, 7 hausses du niveau de la dette ont &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;e sans autre forme de proc&#232;s. Il s'est ainsi ajout&#233; 4 millions de milliards de dollars &#224; cette fameuse dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les acteurs politiques sont donc devant une situation nouvelle et qui semble les avoir pris par surprise, la pr&#233;sidence et les D&#233;mocrates inclus. Si une solution n'intervient pas avant la date de fin des droits actuels il y aura des cons&#233;quences gravissimes. Pour le peuple am&#233;ricain et pour le syst&#232;me &#233;conomique mondial comme le souligne le secr&#233;taire au Tr&#233;sor, M. T. Geithner&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mother Jones, What's Happening With the Debt Ceiling Explained, premier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Paul Krugman abonde en ce sens. Sur le plan domestique : &#171; Au mieux nous aurons un ralentissement &#233;conomique, au pire nous nous retrouverons dans la situation d&#233;sastreuse de la crise financi&#232;re de 2008-09 &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op.cit.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Et sur le plan mondial : &#171; &#8230;personne ne connait l'effet que cela aurait sur le syst&#232;me financier mondial qui repose sur la pr&#233;somption que la dette am&#233;ricaine est l'ultime actif s&#251;r &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ibidem&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement am&#233;ricain, comme tous les autres emprunte pour faire face &#224; ses engagements : financer les guerres, les pensions des retrait&#233;s, les b&#233;n&#233;fices aux anciens combattants, payer son personnel, les b&#233;n&#233;ficiaires des programmes sociaux : Medicare, Medicaid et ses cr&#233;anciers. En ce moment, ce sont principalement la Chine, le Japon, le Royaume Uni et des &#233;tats et gouvernements locaux, des fonds de pension et des investisseurs priv&#233;s au pays et dans le reste du monde. Tout ce monde a achet&#233; des Bons du Tr&#233;sor am&#233;ricain ; c'est ainsi qu'il se finance. La dette est maintenant de 14,300 millions de milliards de dollars environ. Cette dette, par rapport au PIB am&#233;ricain n'a rien de tr&#232;s spectaculaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les apparences il ne s'agit pas d'une question financi&#232;re mais bien d'une question politique. L'affrontement auquel nous assistons est strictement politique au sens large du mot mais aussi au sens politicien ; les &#233;lections pr&#233;sidentielles auront lieu l'an prochain et tous veulent arriver en vainqueur devant l'&#233;lectorat.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les man&#339;uvres &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les R&#233;publicains se servent de l'occasion que leur donne l'obligation du vote sur le rel&#232;vement du plafond de la dette pour tenter d'imposer leur conception du gouvernement et de son action. Ils veulent forcer l'administration Obama &#224; accepter &#171; une entente sur une r&#233;duction cons&#233;quente du d&#233;ficit qui passe par des coupes majeures des d&#233;penses et sur des broutilles pour le reste &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ibidem&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. P. Krugman parle d'une man&#339;uvre d'extorsion. Sally Kohn&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Democracynow.org 13 juin 2011,&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, une organisatrice communautaire, l'appelle du &#171; terrorisme id&#233;ologique &#187;, le pr&#233;sident parle de n&#233;gociations avec un pistolet sur la tempe, et un autre commentateur de &#171; f&#233;tichisme du d&#233;ficit &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dean Baker, Making Short Work of the Economy, counterpunch.org, 4 juillet 2011,&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les conceptions quant au r&#244;le et &#224; la nature du gouvernement f&#233;d&#233;ral et dans la fa&#231;on de les jouer dans la conjoncture politique qui sont en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les R&#233;publicains sont majoritaires &#224; la Chambre des repr&#233;sentants depuis novembre dernier. Ils ont gagn&#233; cette majorit&#233; en d&#233;fendant des id&#233;es extr&#234;mement claires sur ce que doit et ne doit pas faire le gouvernement f&#233;d&#233;ral en s'appuyant sur une lecture rigide, souvent dogmatique de la constitution et de la d&#233;claration d'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils soutiennent la ligne n&#233;olib&#233;rale qui veut que le meilleur gouvernement soit celui qui intervient le moins possible dans la vie des gens et singuli&#232;rement dans l'&#233;conomie o&#249; seul le secteur priv&#233; doit &#234;tre actif. Et le gouvernement doit absolument avoir des comptes &#233;quilibr&#233;s ; pas de d&#233;ficit de long terme. Et il lui faut fonctionner avec le minimum de taxes et imp&#244;ts possibles. Dans la conjoncture actuelle cela veut dire diminuer agressivement les d&#233;penses (plus de 4 millions de milliards de dollars) pour atteindre l'&#233;quilibre budg&#233;taire en un minimum de temps. Il s'av&#232;re qu'ils ne veulent rien c&#233;der &#224; ce chapitre. Le repr&#233;sentant de la Virginie, leader de la majorit&#233; en Chambre a d&#233;clar&#233; : &#171; &#8230;Le peuple am&#233;ricain s'attend &#224; ce que nous remplissions nos engagements et que nous changions cette crise de la d&#233;pense &#224; Washington &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mother Jones, op.cit.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233; les D&#233;mocrates soutiennent que le probl&#232;me de la dette et du d&#233;ficit doit se r&#233;gler par deux interventions : une sur les d&#233;penses mais une autre sur les revenus. Le pr&#233;sident a d&#233;clar&#233; tenir &#224; ce que des subventions aux grandes entreprises, singuli&#232;rement aux p&#233;troli&#232;res, prennent fin. Il veut aussi r&#233;introduire le niveau de taxation qui existait pour les plus riches avant que l'administration Bush ne le diminue significativement. Ce niveau a &#233;t&#233; reconduit par le pr&#233;sident actuel en d&#233;cembre dernier pour arriver &#224; une entente sur la derni&#232;re portion du budget pour l'ann&#233;e en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'un moment plus th&#233;&#226;tral dans la poursuite de la lutte des poss&#233;dants pour s'accaparer des richesses collectives. Cette lutte a commenc&#233; dans les ann&#233;es soixante dix. Les outils &#233;taient les m&#234;mes : les politiques n&#233;olib&#233;rales bas&#233;es sur la d&#233;fiscalisation des classes sup&#233;rieures, (celles qu'Herv&#233; Kempf qualifie d'oligarques), le d&#233;mant&#232;lement de l'&#201;tat Providence et l'affaiblissement des syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De baisses d'imp&#244;ts en exemptions et autres faveurs fiscales, l'&#201;tat s'est priv&#233; des moyens efficaces d'intervention dans le soutien aux populations et dans l'&#233;conomie. Aux &#201;tats-Unis, la part des revenus du gouvernement f&#233;d&#233;ral tir&#233;e des imp&#244;ts et autres taxes ne repr&#233;sente plus que 60% de ce qu'elle repr&#233;sentait il y a 60 ans&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PBS News Hour, 6 juillet 2011,&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les d&#233;localisations sont g&#233;n&#233;ralement analys&#233;es comme un instrument de recherche de meilleurs profits gr&#226;ce aux salaires de mis&#232;re pay&#233;s dans les pays r&#233;cepteurs des entreprises. C'est vrai mais, aux &#201;tats-Unis elles ont aussi servi d'instrument de d&#233;fiscalisation non n&#233;gligeable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les compagnies sont tenues de payer de l'imp&#244;t sur les profits g&#233;n&#233;r&#233;s &#224; l'ext&#233;rieur seulement lorsqu'ils sont rapatri&#233;s &#224; la maison m&#232;re. En 2004, elles ont b&#233;n&#233;fici&#233; d'un cong&#233; de cette disposition et ont pu engranger des sommes consid&#233;rables. La justification &#233;tait qu'ainsi elles pourraient r&#233;investir, stimuler l'&#233;conomie et cr&#233;er de nouveaux emplois. Tel ne fut pas le cas, on s'en doute. Elles ont pay&#233; des dividendes, leurs propres dettes, achet&#233; d'autre compagnies, rachet&#233; leurs propres actions et bien d'autres choses, mais rien n'est venu augmenter les investissements et cr&#233;er des emplois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Krugman, New-York Times, 3 juillet 2011,&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il a plut&#244;t servi d'incitatif &#224; la d&#233;localisation puisqu'il y a toujours une lueur d'espoir de faire r&#233;p&#233;ter l'op&#233;ration. En ce moment, un lourd lobby a lieu pour que cette exp&#233;rience soit reprise avec le m&#234;me discours d'appel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette id&#233;e que les baisses d'imp&#244;ts pour les riches et les compagnies ont comme cons&#233;quence des investissements et de la cr&#233;ation d'emplois (le trickel down) est un des socles du discours n&#233;olib&#233;ral. Il est devenu un v&#233;ritable mantra chez les &#233;luEs r&#233;publicainEs. Malgr&#233; toutes les preuves du contraire accumul&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les compagnies am&#233;ricaines sont assises sur des sommes tr&#232;s importantes qu'elles n'investissent pas ; il n'y a pas de demande pour les biens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibidem,&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; les consommateurs ne sont plus capables de jouer le jeu. Mais les R&#233;publicains n'ont de cesse de r&#233;p&#233;ter que c'est l'incertitude devant les politiques de r&#233;glementation et autres qui provoque cette retenue d'investissement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'audace des R&#233;publicains&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas nouveau que la droite am&#233;ricaine pr&#234;che pour une telle organisation gouvernementale. Ce qui est nouveau c'est la force dont fait preuve le parti qui la repr&#233;sente, le parti R&#233;publicain. Traditionnellement les &#233;luEs de ce parti se montraient coop&#233;ratifs quand ils estimaient que le bien de la nation exigeait des ententes pour que l'appareil fonctionne et que les march&#233;s continuent &#224; op&#233;rer le plus normalement possible. Ce dont leurs &#233;lecteurs-trices leur &#233;taient redevables. Mais depuis quelques ann&#233;es une aile de droite extr&#234;me (le Tea Party) s'est &#233;lev&#233;e et constitue maintenant la cl&#233; de la majorit&#233; r&#233;publicaine &#224; la Chambre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction du parti ne peut pas ne pas tenir compte de leurs opinions car leurs votes sont en jeu. Les n&#233;gociateurs cherchent les ententes qu'ils pourront faire passer sur le parquet de la Chambre. C'est ainsi que les deux repr&#233;sentants r&#233;publicains qui participaient aux n&#233;gociations au sein du comit&#233; bi-partisan mis en place par le pr&#233;sident et pr&#233;sid&#233; par le vice-pr&#233;sident M. Joe Biden ont claqu&#233; la porte alors qu'un compromis &#233;tait en vue. Hier ce fut au tour du speaker de la Chambre, M. Boehner &#224; annoncer qu'il ne poursuivrait pas les n&#233;gociations avec le pr&#233;sident, au moins sur le montant maximum de coupures. Il estime que le Pr&#233;sident n'est pas de bonne foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble bien qu'un de leurs objectifs soit de faire perdre la face au pr&#233;sident Obama. Ils d&#233;clarent sur toutes les tribunes qu'il ne doit faire qu'un mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils invoquent toujours le fait qu'ils repr&#233;senteraient la volont&#233; populaire. Mais des sondages r&#233;cents (Pew Institute) montrent le contraire. La population hors les plus riches, redoute plus que tout, la m&#233;decine r&#233;publicaine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'ordonnance r&#233;publicaine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le programme r&#233;publicain est une version extr&#234;me du lib&#233;ralisme le plus pur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; est le meilleur instrument de la vie &#233;conomique ; il peut la r&#233;guler, les entreprises vont cr&#233;er la richesse et la redistribuer. La r&#233;gulation est toujours un mauvais outil, ce qui est bon pour les banquiers est bon pour le pays et les r&#233;ductions d'imp&#244;ts et de taxes sont l'&#233;lixir universel qui lubrifie le tout. Et l'id&#233;e que tout ce qui peut faire augmenter les profits des compagnies est bon pour l'&#233;conomie redevient d'actualit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibidem,&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, pour r&#233;duire le gouvernement &#224; sa plus simple expression il leur faut en ce moment, affamer la b&#234;te !&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fr&#233;d&#233;ric Lordon, lemondediplomatique.fr, La pompe &#224; phynance, 26 mai 2010,&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Le repr&#233;sentant r&#233;publicain Paul Ryan a d&#233;clar&#233; qu'il fallait absolument se d&#233;barrasser de &#171; ce couple keyn&#233;sien : emprunt et taxation. &#199;a ne fonctionne pas et ne fonctionnera pas plus &#224; l'avenir &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. Krugman, N.Y.Times, 10 juillet 2011,&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la population am&#233;ricaine, l'ordonnance r&#233;publicaine pour arriver &#224; un budget &#233;quilibr&#233; est aussi pire que la perspective du d&#233;faut de paiement du gouvernement. L'ampleur des coupures recherch&#233;e signifie la disparition de nombreux services et programmes qui affectent les citoyenNEs dans leur vie quotidienne. Elles frapperaient tous les secteurs dont l'&#233;ducation (ce qui est d&#233;j&#224; commenc&#233; dans les &#201;tats responsables du primaire et du secondaire). La perspective la plus redout&#233;e et la plus rejet&#233;e &#233;tant des modifications fondamentales des assurances sociales, Medicare (l'assurance maladie des retrait&#233;Es), Medicaid (l'assurance maladie des plus pauvres) et Social Security (le r&#233;gime de retraites).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les R&#233;publicains veulent une diminution drastique de ces programmes : diminution des couvertures et augmentation significative des primes et franchises. Ils veulent surtout une forme ou une autre de privatisation. Ils ont d&#233;pos&#233; &#224; la Chambre, un plan qui transformerait plus ou moins Medicare en un distributeur de permis d'achat des services m&#233;dicaux pour les adh&#233;rentEs. ChacunE &#233;tant responsable de magasiner ses soins aupr&#232;s des dispensateurs qui seraient bien s&#251;r libres de les accepter ou non, au niveau de paiement distribu&#233; ou en exigeant des surplus. En ce moment, les plans d'assurance n&#233;gocient avec des h&#244;pitaux et cliniques m&#233;dicales pour que les soins soient donn&#233;s et payent les factures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Medicaid, l'objectif est de le r&#233;duire &#224; sa portion congrue. Dans plusieurs &#201;tats des coupes importantes ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; faites sur la partie sous leur autorit&#233;. La sant&#233; de la population am&#233;ricaine pauvre est assez d&#233;sastreuse et ce n'est pas seulement parce qu'ils mangent chez McDonald !! Ils et elles sont renvoy&#233;Es &#224; la charit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de son deuxi&#232;me mandat l'ex-pr&#233;sident Bush a men&#233; une &#233;norme campagne pour privatiser Social Security. Sans succ&#232;s. Son plan a &#233;t&#233; rejet&#233; par ses adversaires, une partie des &#233;luEs de son parti et surtout par la population. Les Am&#233;ricainNEs tiennent &#224; ce programme comme &#224; la prunelle de leurs yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce moment il semble que les R&#233;publicains viseraient plus des ajustements que l'on voit ailleurs : baisse des niveaux de pensions, allongement de la p&#233;riode travaill&#233;e pour y avoir droit, report de l'&#226;ge l&#233;gal de la retraite. Or, ce programme se finance lui-m&#234;me ; le gouvernement n'y contribue pas&#8230;..sauf pour la portion de l'assurance maladie qui affiche un lourd d&#233;ficit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien s&#251;r, l'avenir du plan d'assurance maladie mis en place l'an dernier par le pr&#233;sident Obama est dans la mire. Sa disparition a &#233;t&#233; un objectif de campagne l'automne dernier et le demeure. Pourtant, il est cens&#233; mener &#224; terme, vers une diminution des co&#251;ts pour le gouvernement. Mais les R&#233;publicains ont toujours contest&#233; cette &#233;valuation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait est que les &#201;tats-Unis paient beaucoup plus cher pour les soins de sant&#233; que les autres nations d&#233;velopp&#233;es o&#249; ils sont plus socialis&#233;s. Comme la moiti&#233; est pay&#233;e par les programmes sociaux, Medicare et Medicaid, cela affecte le budget et contribue au d&#233;ficit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; maintenant les R&#233;publicains voulaient exclure les budgets militaires des coupes qu'ils r&#233;clament. Ce sont des budgets colossaux et en d&#233;ficit end&#233;mique. Ils ont &#233;t&#233; plus ou moins &#233;pargn&#233;s jusqu'&#224; ce jour. Il semble que la perspective change et qu'ils seraient affect&#233;s &#233;galement. Le pr&#233;sident Obama les visait dans sa proposition.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup pensent qu'un r&#232;glement surviendra &#224; temps, fut-ce &#224; la toute derni&#232;re minute. Paul Krugman croit que les R&#233;publicains sont suffisamment obstin&#233;s, ancr&#233;s dans leur dogmatisme pour fermer le gouvernement am&#233;ricain ! M&#234;me David Brooks&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;New-York Times, 4 juillet 2011,&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qu'on ne peut qualifier d'homme de gauche, trouve que les R&#233;publicains auraient pu et pourraient encore avoir une autre approche plus raisonnable. Mais, souligne-t-il &#171; ce parti n'est plus un parti normal. Il est infect&#233; par une faction qui est d&#233;termin&#233;e par une position protestataire plus que par une attitude de gouvernance &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est plus inqui&#233;tant c'est que la position soutenue par la droite et son parti semble s'imposer dans les discours et dans les t&#234;tes. M&#234;me le Pr&#233;sident a utilis&#233; la comparaison du budget familial et de &#171; vivre selon ses moyens &#187; pour parler de la situation budg&#233;taire du pays, ce qui n'a aucun sens. On peut donc redouter avec P. Krugman qu'une &#233;ventuelle entente fasse la part belle aux recettes de droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne voit malheureusement pas de mobilisation populaire sur ces enjeux en ce moment. Un peu partout dans le pays les citoyenNEs se mobilisent mais sur les situations dans leurs &#201;tats et leurs villes. Partout ou presque les conditions de vie se d&#233;t&#233;riorent de jour en jour et ne ch&#244;mage se maintient &#224; des hauteurs jusqu'ici rares aux &#201;tats-Unis pouss&#233; en ce moment par les cong&#233;diements dans le personnel des &#201;tats dont en &#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup consid&#232;rent d'ailleurs que ce probl&#232;me du ch&#244;mage et de la stagnation &#233;conomique sont les v&#233;ritables enjeux. Seules des interventions gouvernementales majeures pourraient y apporte rem&#232;de : ces bonnes vieilles politiques keyn&#233;siennes tant d&#233;cri&#233;es. Beaucoup jugent que le plan de stimulation du pr&#233;sident Obama, mis en place lors de son arriv&#233;e au pouvoir, &#233;tait trop timide et n'a pas pu donner les r&#233;sultats n&#233;cessaires. Faudrait-il en mettre un autre en place ? Si les politiques de droites sont &#224; l'ordre du jour, il n'est m&#234;me plus possible de poser concr&#232;tement cette perspective.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;New-York Times, 30 juin 2011&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mother Jones, What's Happening With the Debt Ceiling Explained, premier juillet 2011,&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Op.cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ibidem&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ibidem&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Democracynow.org 13 juin 2011,&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dean Baker, Making Short Work of the Economy, counterpunch.org, 4 juillet 2011,&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mother Jones, op.cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;PBS News Hour, 6 juillet 2011,&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paul Krugman, New-York Times, 3 juillet 2011,&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibidem,&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibidem,&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lordon, lemondediplomatique.fr, La pompe &#224; phynance, 26 mai 2010,&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;P. Krugman, N.Y.Times, 10 juillet 2011,&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;New-York Times, 4 juillet 2011,&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pressegauche.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Presse-toi &#224; gauche !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La dette &#171; ill&#233;gitime &#187; des pays du Nord doit aussi &#234;tre annul&#233;e</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-dette-illegitime-des-pays-du-Nord-doit-aussi-etre-annulee</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/La-dette-illegitime-des-pays-du-Nord-doit-aussi-etre-annulee</guid>
		<dc:date>2011-07-17T15:21:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric Toussaint</dc:creator>


		<dc:subject>Annulation de la dette</dc:subject>
		<dc:subject>Dettes et d&#233;ficits</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Interview r&#233;alis&#233; par Denis Horman pour le journal La Gauche de la LCR Belgique &lt;br class='autobr' /&gt; La Gauche : le dernier ouvrage collectif du CADTM, qui vient de para&#238;tre, a pour titre &#171; La dette ou la vie &#187;. Un titre qui met d'embl&#233;e en lumi&#232;re l'aspect mortif&#232;re de la dette publique ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Eric Toussaint : Il y a un choix &#224; faire entre privil&#233;gier la vie, les droits humains fondamentaux et, d'autre part, rembourser la dette. La dette, c'est une question centrale. Si on veut maintenir des droits conquis par (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Debats-politiques-" rel="directory"&gt;D&#233;bats politiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Annulation-de-la-dette-+" rel="tag"&gt;Annulation de la dette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Dettes-et-deficits-+" rel="tag"&gt;Dettes et d&#233;ficits&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L102xH150/arton3207-b36e9.png?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='102' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Interview r&#233;alis&#233; par Denis Horman pour le journal &lt;i&gt;La Gauche&lt;/i&gt; de la LCR Belgique&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Gauche : le dernier ouvrage collectif du CADTM, qui vient de para&#238;tre, a pour titre &#171; La dette ou la vie &#187;. Un titre qui met d'embl&#233;e en lumi&#232;re l'aspect mortif&#232;re de la dette publique !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eric Toussaint :&lt;/strong&gt; Il y a un choix &#224; faire entre privil&#233;gier la vie, les droits humains fondamentaux et, d'autre part, rembourser la dette. La dette, c'est une question centrale. Si on veut maintenir des droits conquis par les luttes, stopper des mesures de r&#233;gression sociale, sans pr&#233;c&#233;dent dans les pays de l'Union europ&#233;enne, et aussi am&#233;liorer l'acc&#232;s &#224; toute une s&#233;rie de droits fondamentaux, il faut une solution radicale concernant la dette publique, en commen&#231;ant par annuler la dette ill&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Gauche : le CADTM (Comit&#233; pour l'annulation de la dette du tiers monde), cr&#233;&#233; en 1990, a r&#233;alis&#233; pendant une 20 aine d'ann&#233;es, une expertise rigoureuse sur la dette qui frappe les pays du Sud, plaidant pour une annulation inconditionnelle de cette dette publique. Cette nouvelle publication montre, &#224; travers une s&#233;rie de contributions, l'autre visage de la dette, celui &#224; l'oeuvre au Nord. Y a-t-il des points communs entre la dette publique des pays en d&#233;veloppement et la dette publique au Nord ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eric Toussaint :&lt;/strong&gt; Aujourd'hui, la dette publique au Nord est le pr&#233;texte tout trouv&#233; pour justifier l'application de plans d'aust&#233;rit&#233; sur le mod&#232;le des plans d'ajustement structurel support&#233;s, d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 1980, par les pays du Sud de plan&#232;te. A ce propos, je voudrais signaler que, pendant les ann&#233;es 1980, en Belgique, la dette des communes, tout particuli&#232;rement &#224; Anvers et Li&#232;ge, fut d&#233;j&#224; le pr&#233;texte pour l'application de plans d'aust&#233;rit&#233; tr&#232;s durs contre le personnel communal et les services &#224; la population. A Li&#232;ge, de 1983 &#224; 1989, il y eu des mobilisations et des gr&#232;ves tr&#232;s dures face &#224; cette offensive d'aust&#233;rit&#233; men&#233;e &#224; l'&#233;poque par une majorit&#233; communale PS-Ecolo. L'engrenage de la dette communale r&#233;sulta d'une flamb&#233;e des taux d'int&#233;r&#234;t li&#233;s &#224; cette dette. Ainsi, un des emprunts, l' &#171; emprunt Guy Mathot &#187; avait &#233;t&#233; contract&#233; &#224; un taux d'int&#233;r&#234;t de 15%. C'est une des raisons pour laquelle, en 1986, notre organisation politique, le POS-SAP, avait lanc&#233; une campagne pour l'annulation de la dette de la Ville de Li&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, r&#233;cemment, le CADTM s'est pench&#233; sur la r&#233;alit&#233; de l'endettement public des pays du Nord, ceux de l'Union europ&#233;enne en particulier, c'est que, depuis l'&#233;clatement, en 2007-2008, de la crise la plus importante depuis 1929, ces pays sont confront&#233;s aux m&#234;mes politiques d'ajustement structurel qu'ont subi et subissent toujours les pays du Sud. Sous la f&#233;rule de la &#171; Tro&#239;ka &#187; - le FMI, l'Union Europ&#233;enne et la Banque Centrale Europ&#233;enne-, les pays p&#233;riph&#233;riques de l'UE (Roumanie, Lettonie, Hongrie), puis la Gr&#232;ce, l'Irlande, le Portugal, l'Espagne et, d&#233;j&#224; dans une moindre mesure actuellement, la France, l'Allemagne, la Belgique&#8230;) sont soumis &#224; une r&#233;gression sociale sans pr&#233;c&#233;dent. Les mesures sont partout les m&#234;mes : r&#233;duction des salaires dans la fonction publique, licenciements, non remplacement du personnel partant &#224; la retraite, allongement de l'&#226;ge pour la pension, privatisations, etc. Nous assistons &#224; une nouvelle phase de l'offensive du capital contre le Travail. La &#171; Tro&#239;ka et les gouvernements ne con&#231;oivent pas d'autres voies pour r&#233;duire l'endettement et les d&#233;ficits publics, qui ont atteint un seul insoutenable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On constate un peu partout une augmentation de l'endettement des Etats. Mais, posons-nous la question : pourquoi une telle situation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais &#233;voquer trois aspects de l'explosion de l'endettement public au Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but des ann&#233;es 1980, les taux d'int&#233;r&#234;ts, au Sud et au Nord, ont explos&#233;, &#224; partir d'une d&#233;cision prise &#224; Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 1990-2000 ont vu l'application en Europe de politiques n&#233;o-lib&#233;rales se cristallisant sur des contre-r&#233;formes fiscales, avec une r&#233;duction des recettes fiscales due &#224; une diminution importante des imp&#244;ts sur les b&#233;n&#233;fices des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es et sur les revenus des m&#233;nages les plus riches. Les Etats ont palli&#233; partiellement &#224; cette situation par l'augmentation des imp&#244;ts indirects, la TVA, par l'augmentation de la fiscalit&#233; chez les travailleur-euse-s et par le recours &#224; de nouveaux emprunts aupr&#232;s des plus riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, il y eu, en octobre 2008, dans toute une s&#233;rie de pays du Nord, le sauvetage des banques priv&#233;es, qui avaient pris des risques inconsid&#233;r&#233;s, s'adonnant &#224; la sp&#233;culation financi&#232;re. Un sauvetage &#224; coup de centaines de milliards de dollars et d'euros, par les Etats, avec l'argent des contribuables. En Belgique, c'est plus de 20 milliards d'euros que l'Etat a inject&#233;s pour &#171; sauver &#187; Fortis, KBC, Dexia et Ethias. Un sauvetage des banques qui a jou&#233; un r&#244;le d&#233;terminant dans l'augmentation de la dette publique belge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces &#233;l&#233;ments m'am&#232;ne &#224; taxer d'ill&#233;gitime une partie de la dette publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Gauche : Pr&#233;cis&#233;ment, dans son travail sur la dette frappant les pays du Sud, le CADTM a mis en lumi&#232;re les concepts de dette odieuse, ill&#233;gitime et ill&#233;gale, appuy&#233;s sur une argumentation, y compris juridique, et justifiant ainsi la revendication de suspension du remboursement de la dette publique, voire de son annulation et sa r&#233;pudiation. Le CADTM pr&#244;ne-t-il &#233;galement l'annulation de la dette publique des pays du Nord ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eric Toussaint :&lt;/strong&gt; Le CADTM pr&#244;ne l'annulation de la partie ill&#233;gitime de la dette publique. Il y a d'ailleurs diff&#233;rentes conventions internationales, la Charte des Nations unies, la D&#233;claration universelle des droits de l'Homme, la D&#233;claration de l'ONU sur le droit au d&#233;veloppement, les pactes internationaux de 1966 sur les droits &#233;conomiques sociaux et culturels, etc., sur lesquelles on peut s'appuyer pour justifier qui l&#233;gitiment la suspension et la r&#233;pudiation/annulation de la dette publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept d'ill&#233;gitimit&#233; comprend notamment les dettes odieuses et ill&#233;gales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dettes contract&#233;es aupr&#232;s du FMI, de la Commission europ&#233;enne, de la Banque Centrale europ&#233;enne ou encore sur les march&#233;s financiers et qui justifient, pour ces instances, l'application de politiques d'ajustement structurel ou d'aust&#233;rit&#233;, en violation des droits &#233;conomiques, sociaux, culturels, civils et politiques peuvent &#234;tre qualifi&#233;es de dettes odieuses. Les plans d'aust&#233;rit&#233; brutaux, appliqu&#233;s dans des pays comme la Roumanie, la Hongrie, la Lettonie, puis en Gr&#232;ce, en Irlande, au Portugal pour &#233;ponger la dette et les d&#233;ficits publics, entra&#238;nent la violation des droits humains fondamentaux. La dette li&#233;e &#224; ces plans d'ajustement structurel peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme odieuse et doit &#234;tre annul&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aujourd'hui une autre cat&#233;gorie de pays, la France, la Grande-Bretagne, la Belgique et d'autres pays de l'Union europ&#233;enne, qui ont contract&#233; des dettes pouvant &#234;tre qualifi&#233;es d'ill&#233;gitimes. Dans ces pays, les gouvernements ont sciemment appliqu&#233; des politiques injustes socialement et qui ont entra&#238;n&#233; une augmentation de la dette publique &#224; travers des mesures favorables &#224; la classe capitaliste. C'est ce que j'ai d&#233;j&#224; expliqu&#233; en pr&#233;sentant les raisons principales de l'endettement de ces Etats : les contre-r&#233;formes fiscales au profit des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es et des hauts revenus, le sauvetage des banques avec l'argent de la collectivit&#233;, etc. Trente ans de politique n&#233;o-lib&#233;rale marquent d'ill&#233;gitime cette partie de la dette publique, qui r&#233;alise, au-del&#224; de toutes les esp&#233;rances du capital, un transfert gigantesque de richesses vers les banques et les fonds de placements financiers aux d&#233;pens des salari&#233;s. Cette dette ill&#233;gitime devrait &#234;tre annul&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Gauche : Une des contributions de l'ouvrage collectif du CADTM, intitul&#233;e &#171; L&#224; o&#249; le Sud montre la voie &#187;, pr&#233;sente une s&#233;rie d'exemples, en Equateur et ailleurs, prouvant qu'il est possible de briser l'engrenage mortif&#232;re de la dette. Ces exemples pourraient-ils, selon toi, &#234;tre un r&#233;f&#233;rent pour des d&#233;marches semblables dans les pays du Nord ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eric Toussaint :&lt;/strong&gt; Une des exp&#233;riences les plus avanc&#233;es se situe en Equateur o&#249;, suite &#224; de grandes mobilisations sociales, un nouveau pr&#233;sident, Rafa&#235;l Correa, fut &#233;lu fin 2006. C'est lui qui a impuls&#233;, en juillet 2007, la mise sur pied d'une commission d'audit de la dette, compos&#233;e de 18 experts, dont j'ai fait partie pour le CADTM. Le mandat donn&#233; &#224; cette commission fut d'auditer 30 ann&#233;es d'endettement public, tant externe qu'interne. Apr&#232;s 14 mois de travail, la commission d'audit est arriv&#233;e &#224; la conclusion qu'une grande partie de la dette analys&#233;e &#233;tait marqu&#233;e d'ill&#233;gitimit&#233;. En novembre 2008, le gouvernement, prenant appui sur le rapport de la commission, a d&#233;cid&#233; de suspendre le remboursement des titres de la dette, venant &#224; &#233;ch&#233;ance les uns en 2012, les autres en 2030. Apr&#232;s 8 mois de suspension de payement, le gouvernement de ce petit pays de 13 millions d'habitants est sorti vainqueur d'une &#233;preuve de force avec les banquiers nord-am&#233;ricains, d&#233;tenteurs de ces titres de la dette &#233;quatorienne. Il a rachet&#233; pour 900 millions de dollars des titres valant 3,2 milliards de dollars. Si on prend en compte les int&#233;r&#234;ts que l'Equateur ne devra pas verser, puisqu'il a rachet&#233; des titres qui arrivaient &#224; &#233;ch&#233;ance en 2012 ou en 2030, le tr&#233;sor public &#233;quatorien a &#233;conomis&#233; en tout environ 7 milliards de dollars. Cela a permis de d&#233;gager de nouveaux moyens financiers pour des d&#233;penses sociales dans la sant&#233;, l'&#233;ducation, l'aide sociale, etc. Certes, ce ne fut pas une r&#233;pudiation de la dette ill&#233;gitime, mais un pas extr&#234;mement important dans la bonne direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, il ya aussi des pas importants dans cette direction. Dans plusieurs pays aujourd'hui, apr&#232;s la France, en Gr&#232;ce, au Portugal, en Espagne&#8230;, on assiste &#224; une mont&#233;e en puissance de mobilisations sociales. On peut dire que la Gr&#232;ce est l'&#233;picentre d'une r&#233;action massive sur le th&#232;me de la dette et cela, dans le contexte de mobilisations sociales, de gr&#232;ves de plus en plus dures. Encore, ce dimanche 5 juin, 200 000 personnes se retrouvaient sur la place de la Constitution &#224; Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 2010, plus d'une centaine de personnalit&#233;s grecques et internationales lan&#231;aient un appel public en faveur de la cr&#233;ation d'une commission d'audit de la dette publique. En d&#233;cembre 2010, une d&#233;put&#233;e ind&#233;pendante, Sofia Sakorafa, faisait une intervention remarqu&#233;e au Parlement grec, en proposant la mise sur pied d'une telle commission. Quatre d&#233;put&#233;s ont rompu avec le PASOK (le parti socialiste grec), refusant de voter pour le budget 2010 et le m&#233;morandum impos&#233; &#224; la Gr&#232;ce par le FMI. A l'instar de d&#233;put&#233;s de la gauche radicale grecque, ces d&#233;put&#233;s ont demand&#233; et appuy&#233; la mise sur pied d'un comit&#233; grec contre la dette qui s'est constitu&#233; et qui est soutenu par des organisations syndicales, plusieurs partis politiques et de nombreux intellectuels. Ce comit&#233; va proc&#233;der &#224; un audit pour que l'on sache quelle partie de la dette grecque est odieuse, ill&#233;gitime et ill&#233;gale. Bien &#233;videmment, &#224; l'inverse de l'Equateur, une telle d&#233;marche ne peut, en Gr&#232;ce, s'appuyer sur un gouvernement social-lib&#233;ral qui impose une aust&#233;rit&#233; brutale aux travailleur-euse-s et &#224; la population. D'o&#249; l'importance d'appuyer cette d&#233;marche par des mobilisations sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Gauche : La CADTM a souvent attir&#233; l'attention sur le fait qu'une r&#233;duction radicale de la dette publique est une condition n&#233;cessaire mais pas suffisante pour mettre en place une politique &#233;conomique et sociale au service des populations. Qu'est-ce &#224; dire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eric Toussaint : &lt;/strong&gt; A ce propos, je voudrais faire une premi&#232;re r&#233;flexion. Jusqu'il y a peu, au niveau europ&#233;en, une grande partie de la gauche du mouvement syndical et m&#234;me de la gauche radicale consid&#233;rait que la r&#233;sistance sociale aux attaques du patronat et des gouvernements n'impliquait pas n&#233;cessairement de faire de la question de la dette publique un des &#233;l&#233;ments centraux de cette r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, certaines organisations de la gauche radicale, prenant une position radicale pour l'annulation/r&#233;pudiation de la dette publique, estimait inutile et superflu un audit sur la dette, puisqu'il s'agit de rejeter en bloc cette dette. On a connu cela dans certaines organisations de la gauche en Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou encore, un autre secteur de la gauche, m&#234;me radicale attirait l'attention sur les cons&#233;quences d'une remise en cause du payement de la dette, disant : &#171; attention, une telle position aura un effet boomerang sur le pays et sa population. Cela entra&#238;nera des mesures de r&#233;torsion ; on ne pourra plus payer les fonctionnaires, les retraites&#8230; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, les choses commencent &#224; changer dans la prise de conscience et l'importance vitale d'une r&#233;duction radicale de la dette publique, voire d'annulation de la dette ill&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien &#233;videmment, une telle op&#233;ration, si l'on veut que les salari&#233;-e-s, les allocataires sociaux n'en fassent pas les frais, doit &#234;tre combin&#233;es avec des mesures pour une v&#233;ritable justice fiscale, pour que chacun, soci&#233;t&#233; et individu, paie ses imp&#244;ts selon sa capacit&#233; contributive. C'est ce que demande, depuis des ann&#233;es en Belgique, le r&#233;seau pour la justice fiscale (RJF), qui regroupe une 40aine d'organisations, associations dont les deux grandes organisations syndicales, la FGTB et la CSC.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
