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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Sortir du pi&#232;ge de la dette</title>
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		<dc:date>2011-09-16T14:41:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre KHALFA </dc:creator>


		<dc:subject>Dettes et d&#233;ficits</dc:subject>
		<dc:subject>Dictature de la dette</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La dette est donc triplement ill&#233;gitime : elle est le produit des cadeaux fiscaux fait aux dominants, de la crise financi&#232;re dont ils sont responsables et du recours aux march&#233;s financiers auxquels ils participent. Sortir de la situation actuelle suppose d'abord d'annuler au moins partiellement les dettes publiques en Europe, un audit citoyen de la dette publique devant d&#233;terminer la fraction de la dette &#224; annuler et les acteurs concern&#233;s par cette annulation. Il faut ensuite une autre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L116xH150/arton3244-39a35.png?1631032294' class='spip_logo spip_logo_right' width='116' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La dette est donc triplement ill&#233;gitime : elle est le produit des cadeaux fiscaux fait aux dominants, de la crise financi&#232;re dont ils sont responsables et du recours aux march&#233;s financiers auxquels ils participent. Sortir de la situation actuelle suppose d'abord d'annuler au moins partiellement les dettes publiques en Europe, un audit citoyen de la dette publique devant d&#233;terminer la fraction de la dette &#224; annuler et les acteurs concern&#233;s par cette annulation. Il faut ensuite une autre politique mon&#233;taire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le gouvernement fran&#231;ais vient d'annoncer un plan d'aust&#233;rit&#233; bas&#233; sur plus de 10 milliards d'&#233;conomies. Il prolonge les mesures d&#233;j&#224; engag&#233;es comme par exemple le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant &#224; la retraite. Que ce plan soit fortement in&#233;quitable n'est pas pour surprendre de la part d'un gouvernement qui a fait de la protection des riches sa boussole principale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de son caract&#232;re socialement inacceptable, cette orientation, mise en &#339;uvre par tous les pays europ&#233;ens, est &#233;conomiquement stupide. Dans une Europe &#233;conomiquement int&#233;gr&#233;e, dans laquelle les clients des uns sont les fournisseurs des autres, l'aust&#233;rit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e est porteuse d'une logique r&#233;cessive qui est d&#233;j&#224; en route et qui touchera tous les pays. Une spirale absurde est en train de se mettre en place : pour r&#233;duire les d&#233;ficits, les gouvernements mettent en &#339;uvre des plans d'aust&#233;rit&#233; drastique, ceux-ci vitrifient l'activit&#233; &#233;conomique, ce qui r&#233;duit les recettes fiscales&#8230; et accro&#238;t les d&#233;ficits, justifiant ainsi de nouveaux tours de vis qui aggraveront encore la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sortir de ce pi&#232;ge suppose d'abord de traiter la question de la dette. La crise financi&#232;re et la r&#233;cession qui a suivi ont &#233;videmment jou&#233; leur r&#244;le dans l'accroissement des d&#233;ficits (perte de recettes fiscales, d&#233;penses suppl&#233;mentaires avec les plans de relance et le sauvetage des banques). Ainsi, le d&#233;ficit public de la France est pass&#233; entre 2007 et 2009 de 2,7% &#224; 7,5% du PIB et sa dette publique de 63,8% &#224; 77,6% du PIB. Il s'agit donc de savoir si la petite minorit&#233; de dominants qui, par son avidit&#233;, a &#233;t&#233; responsable de la crise va en faire les frais ou si le co&#251;t de la crise va &#234;tre support&#233; par la grande majorit&#233; de la population. Le choix des plans d'aust&#233;rit&#233; montre que les gouvernements ont choisi la seconde solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la dette ne date pas de la crise financi&#232;re. Avant celle-ci, son accroissement est d&#251; essentiellement aux cadeaux fiscaux fait aux m&#233;nages les plus riches et aux entreprises, notamment les plus grandes. Le rapport d'information, que le d&#233;put&#233; UMP Gilles Carrez a &#233;tabli en juillet 2010 dans le cadre du d&#233;bat d'orientation budg&#233;taire, donne des &#233;l&#233;ments qui permettent d'&#233;valuer l'impact de &#171; dix ann&#233;es de pertes de recettes non compens&#233;es &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a ainsi pu calculer, qu'en l'absence des cadeaux fiscaux, le d&#233;ficit budg&#233;taire n'aurait &#233;t&#233; que en de 3,3% en 2009 au lieu de 7,5%, la France connaissant m&#234;me, dans ce cadre, un l&#233;ger exc&#233;dent budg&#233;taire en 2006, 2007 et 2008. Paul Champsaur et Jean-Philippe Cotis dans le Rapport sur la situation des finances publiques d'avril 2010 font une analyse similaire : &#171; En l'absence de baisses de pr&#233;l&#232;vements, la dette publique serait environ 20 points de PIB plus faible aujourd'hui qu'elle ne l'est en r&#233;alit&#233;, g&#233;n&#233;rant ainsi une &#233;conomie annuelle de charges d'int&#233;r&#234;ts de 0,5 point de PIB. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une logique imparable s'est donc mise progressivement en place. Les m&#233;nages les plus riches b&#233;n&#233;ficient d'all&#232;gements fiscaux cons&#233;quents que ce soit en mati&#232;re d'imp&#244;t sur le revenu, d'une imposition moindre de leur patrimoine et des revenus de ce dernier. Ils d&#233;gagent ainsi des liquidit&#233;s qu'ils peuvent pr&#234;ter &#224; l'&#201;tat qui en a justement besoin &#224; cause de ces all&#232;gements fiscaux et qui leur verse une r&#233;tribution pour cela. Ils touchent un double &#171; dividende &#187; : moins d'imp&#244;t et plus de rente. La dette est donc fondamentalement inacceptable car elle repr&#233;sente un transfert financier de la grande masse de la population vers les plus riches. C'est la grande masse des contribuables qui, &#224; travers la fiscalit&#233;, paye la charge de la dette et c'est elle qui en subit les cons&#233;quences avec la r&#233;duction des d&#233;penses publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accroissement de la dette publique repose sur le fait que les &#201;tats sont oblig&#233;s d'emprunter sur les march&#233;s financiers. Mais pourquoi donc doivent-ils s'endetter sur les march&#233;s financiers ? En France, une r&#233;forme de la Banque de France a &#233;t&#233; vot&#233;e en 1973 sous l'impulsion de Val&#233;ry Giscard d'Estaing, ministre des finances de Georges Pompidou. Cette r&#233;forme a interdit au Tr&#233;sor public d'emprunter directement &#224; la Banque de France &#224; des taux d'int&#233;r&#234;t nuls ou tr&#232;s faibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Banque de France ne peut donc plus financer par de la cr&#233;ation mon&#233;taire les d&#233;ficits publics. Le gouvernement fran&#231;ais a &#233;t&#233; d&#232;s lors oblig&#233; de faire appel aux march&#233;s financiers, c'est-&#224;-dire &#224; des banques priv&#233;es, et ce &#224; des taux d'int&#233;r&#234;t relativement &#233;lev&#233;s. Cette disposition a &#233;t&#233; reprise int&#233;gralement dans les trait&#233;s europ&#233;ens qui interdisent &#224; Banque centrale europ&#233;enne (BCE) de financer les &#201;tats membres. Nous sommes donc dans une situation hallucinante dans laquelle les banques priv&#233;es se refinancent &#224; un taux d&#233;risoire aupr&#232;s de la BCE et pr&#234;tent aux &#201;tats &#224; des taux nettement sup&#233;rieurs voire carr&#233;ment usuraires. Les &#201;tats et l'Union europ&#233;enne se sont ainsi mis volontairement sous l'emprise des march&#233;s financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dette est donc triplement ill&#233;gitime : elle est le produit des cadeaux fiscaux fait aux dominants, de la crise financi&#232;re dont ils sont responsables et du recours aux march&#233;s financiers auxquels ils participent. Sortir de la situation actuelle suppose d'abord d'annuler au moins partiellement les dettes publiques en Europe, un audit citoyen de la dette publique devant d&#233;terminer la fraction de la dette &#224; annuler et les acteurs concern&#233;s par cette annulation. Il faut ensuite une autre politique mon&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En particulier la BCE et les banques centrales nationales doivent pouvoir, sous contr&#244;le d&#233;mocratique, financer les &#201;tats et les politiques publiques europ&#233;ennes afin de sortir de l'emprise des march&#233;s financiers. Il faut enfin une r&#233;forme fiscale d'ampleur qui redonne des marges de man&#339;uvres &#224; l'action publique. Il s'agit fondamentalement de repenser radicalement la construction europ&#233;enne en mettant fin &#224; des politiques d'aust&#233;rit&#233; injustes et inefficaces et en mettant en &#339;uvre des politiques &#233;conomiques et sociales au service des populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il ne veut pas retomber dans les orni&#232;res qui ont amen&#233; la droite au pouvoir, ce sont de telles orientations qu'un futur gouvernement de gauche devrait commencer &#224; mettre en &#339;uvre en France et qu'il devrait porter au niveau europ&#233;en. Mais une telle rupture ne pourra s'effectuer que si les peuples s'en m&#234;lent et imposent par leurs mobilisations ces r&#233;ponses nouvelles &#224; la crise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;* Pierre Khalfa est co-pr&#233;sident de la fondation Copernic et aussi repr&#233;sentant de l'Union syndicale Solidaires au Conseil &#233;conomique, social et environnemental, coauteur du livre Attac, Le pi&#232;ge de la dette, &#201;ditions Les liens qui lib&#232;rent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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