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		<title>Les d&#233;fis de l'Am&#233;rique latine </title>
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		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>

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&lt;p&gt;Plus de 25 ans de n&#233;olib&#233;ralisme en Am&#233;rique latine ont min&#233; les industries locales, les petites fermes et les opportunit&#233;s d'emploi de la r&#233;gion. Il en a r&#233;sult&#233; un g&#233;nocide &#233;conomique graduel qui a engendr&#233; une pauvret&#233; humiliante pour les trois quarts des latinos am&#233;ricains, une mobilit&#233; sociale vers le bas pour une classe moyenne qui se r&#233;tr&#233;cit, des batailles de la derni&#232;re chance pour les secteurs syndiqu&#233;s en perte de vitesse ainsi que des vagues de migrations internes et externes. Il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Plus de 25 ans de n&#233;olib&#233;ralisme en Am&#233;rique latine ont min&#233; les industries locales, les petites fermes et les opportunit&#233;s d'emploi de la r&#233;gion. Il en a r&#233;sult&#233; un g&#233;nocide &#233;conomique graduel qui a engendr&#233; une pauvret&#233; humiliante pour les trois quarts des latinos am&#233;ricains, une mobilit&#233; sociale vers le bas pour une classe moyenne qui se r&#233;tr&#233;cit, des batailles de la derni&#232;re chance pour les secteurs syndiqu&#233;s en perte de vitesse ainsi que des vagues de migrations internes et externes. Il a &#233;galement provoqu&#233; une nouvelle vague de mouvements sociaux et de virages &#233;lectoraux vers la gauche. Il y a bien sur, de fortes tendances contraires, incluant des tentatives pour d&#233;stabiliser les gouvernements ; complots et mobilisations contre-r&#233;volutionnaires : plus de r&#233;pression et de terrorisme paramilitaire ; un accroissement de la violence contre les femmes, les gais, les trans-sexuels, les minorit&#233;s ethniques, la jeunesse non-conformiste, les journalistes et les groupes de d&#233;fense des droits humains.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce qui est en jeu en Am&#233;rique latine c'est ni plus ni moins que la souverainet&#233; nationale et le contr&#244;le des ressources de base incluant le p&#233;trole, le gaz, l'eau, la main-d'&#339;uvre bon march&#233;, les &#233;coles, les h&#244;pitaux, le logement, le transport, les pensions, les banques et les industries. Les mouvements sociaux contestent la privatisation de la nature, le marchandisation de la vie, le pillage impos&#233; par la mondialisation n&#233;olib&#233;rale ainsi que le paiement impossible des dettes ext&#233;rieures refil&#233;es par les dictatures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le changement &#233;lectoral passant des n&#233;olib&#233;raux durs aux n&#233;olib&#233;raux &#171; soft &#187; est mis en &#233;vidence par l'&#233;lection de Lula au Br&#233;sil, Nestor Kirchner en Argentine, Tabar&#233; Vasquez en Uruguay, Michelle Bachelet au Chili et m&#234;me Nicanor Duarte du Paraguay qui avait initialement soutenu le MERCOSUR. Des changements &#233;lectoraux similaires sont attendus au Mexique, &#201;quateur, dans quelques petites nations des cara&#239;bes. Les candidats promettent de ne pas implanter une politique fondamentaliste du libre march&#233; ni le Trait&#233; de libre-&#233;change de Am&#233;riques m&#234;me si, une fois &#233;lus, ils tentent de sauver le mod&#232;le &#233;conomique n&#233;olib&#233;ral moribond et, dans certains aspects, ils le renforcent. Cela est caus&#233; en partie par les d&#233;cennies pass&#233;es d'affaiblissement de l'&#201;tat par des politiques de privatisations, les accords de libre-&#233;change et le poids des dettes externes qui ont laiss&#233; les gouvernements vuln&#233;rables &#224; tous les chantages des multinationales &#233;trang&#232;res. Cela explique pourquoi les mouvements sociaux ont cibl&#233; le Fonds mon&#233;taire international, la Banque mondiale, le Trait&#233; de libre-&#233;change des Am&#233;riques, l'OMC et les imp&#233;rialismes am&#233;ricains et europ&#233;ens (les investissements de l'Espagne ont devanc&#233; ceux des USA en Am&#233;rique latine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espace pour un n&#233;olib&#233;ralisme &#171; humain &#187; ou pour un nationalisme bourgeois est disparu. C'est pourquoi la Bolivie de Evo Morales et le Venezuela d'Hugo Chavez, qui tout en collaborant sur plusieurs sujets avec d'autres pr&#233;sident r&#233;cemment &#233;lus, rejettent leur approche n&#233;olib&#233;rale &#171; soft &#187; en proposant leur politique de changements r&#233;volutionnaires, bas&#233;e sur l'appui de l'&#201;tat aux demandes des mouvements sociaux. Morales en appelle au &#171; socialisme communautaire bas&#233; sur la r&#233;ciprocit&#233; et la solidarit&#233; &#187; alors que Chavez met l'emphase sur la n&#233;cessit&#233; d'internationaliser la r&#233;volution et de cr&#233;er le &#171; socialisme du 21i&#232;me si&#232;cle &#187; parce qu'un &#171; autre monde n'est pas possible dans le cadre du syst&#232;me capitaliste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des &#233;l&#233;ments frappant des mouvements sociaux d'aujourd'hui est leur r&#233;sistance croissante &#224; l'int&#233;gration dans le syst&#232;me, le nombre croissant de membres des couches pauvres et leur inventivit&#233; tactique. Les formes classiques de la structure de classe est aujourd'hui presque m&#233;connaissable tant le n&#233;olib&#233;ralisme a d&#233;truit les programmes sociaux, tant l'utilisation de la main-d'&#339;uvre &#171; flexible &#187; a d&#233;truit le salaire minimum, l'appauvrissement des masses, le ch&#244;mage croissant et m&#234;me les professionnels bien &#233;duqu&#233;s subissent la pr&#233;carit&#233; et la surexploitation. Les lignes s&#233;parant les classes sociales sont devenues plus floues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les peuples indig&#232;nes, le n&#233;olib&#233;ralisme n'est rien de plus que le dernier &#233;pisode de 500 ans de politique g&#233;nocidaire et de r&#233;sistance tenace. D'une certaine fa&#231;on, ils sont tr&#232;s au fait de certaines r&#233;alit&#233;s historiques telles que la continuit&#233; colonialisme/imp&#233;rialisme, la destruction &#233;cologique, la cr&#233;ation et la perp&#233;tuation d'une dette impayable qui assure la domination des peuples ainsi que l'utilisation syst&#233;matique des enl&#232;vements, de la torture et de la violence contre les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes ont souffert le plus de la violence &#233;conomique du n&#233;olib&#233;ralisme, sans mentionner l'accroissement de la violence dans la vie de tous les jours. Les protestations contre les abus croissants envers les femmes et le commerce du sexe (qui est maintenant &#233;conomiquement plus important que le commerce de la drogue) sont devenues centrales, non seulement pour les mouvements f&#233;ministes comme la Marche mondiale des femmes, mais pour les mouvements sociaux en g&#233;n&#233;ral. Des exemples de femmes dirigeantes vont des commandantas Zapatistes aux piqueteras argentines (personnes sans emploi bloquant les intersections importantes) de m&#234;me que les m&#232;res et les grand-m&#232;res de la Place de Mai. Particuli&#232;rement dignes de mention, sont les femmes qui ont dirig&#233; le soul&#232;vement national pour sauver la vie du pr&#233;sident Chavez durant le r&#232;gne de deux jours de Pedro Carmona, &#171; Pedro le bref &#187;,lors du coup d'&#233;tat soutenu par les Am&#233;ricains le 11 avril 2002, de m&#234;me que les travailleurs boliviens, vendeurs de rue et les femmes chefs de famille d'El Alto qui ont organis&#233; des comit&#233;s de d&#233;fense et de lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le des paysans et petits propri&#233;taires est devenu central en d&#233;pit d'une r&#233;pression accrue. Dans la plupart des cas, cette &#171; paysannerie &#187; multiethnique est devenue une nouvelle force de travail bon march&#233;, flexible et migrante. Qu'il s'agisse des cultivateurs de coca des Andes, ou des paysans du Mouvement des travailleurs sans terre du Br&#233;sil (le MST est partie prenante de Via Campesina un r&#233;seau de travailleurs paysans dans 87 pays), les masses rurales ont mobilis&#233; jusque dans les villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle vague de militantisme syndical s'est lev&#233;e contre les multinationales et contre les leaders syndicaux corrompus (charros au Mexique). Des conf&#233;d&#233;rations syndicales ind&#233;pendantes -telles que le Front authentique des travailleurs (FAT) du Mexique ainsi que des scissions dans les vieilles conf&#233;d&#233;rations qui a donn&#233; le jour &#224; l'Union nationale des travailleurs UNT du Venezuela, - surgissent partout. Au Chili les Collectifs de travailleurs CCTT ont commenc&#233; &#224; remplir le vide virtuel de syndicat laiss&#233; en place l'appareil d'&#233;tat terroriste de Pinochet, appareil qui n'a pas &#233;t&#233; d&#233;mantel&#233; compl&#232;tement. &#201;galement, d'importantes luttes de travailleurs s'internationalisent liant les campagnes des travailleurs de Coca-Cola au Guatemala, en Colombie et aux Indes, autant que les batailles pour la syndicalisation dans les maquiladoras (usines aux salaires tr&#232;s bas) du Mexique, de l'Am&#233;rique centrale et des Cara&#239;bes. Les travailleurs latinos am&#233;ricains ont occup&#233; des usines abandonn&#233;es par leurs propri&#233;taires en les remettant en marche et le Venezuela a tenu un congr&#232;s continental des usines r&#233;cup&#233;r&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une reconnaissance grandissante parmi les peuples latinos am&#233;ricains de la n&#233;cessit&#233; de former des alliances et d'internationaliser leur lutte. Des exemples de ce nouvel internationalisme en plus de ceux d&#233;j&#224; mentionn&#233;s incluent la campagne continentale contre le Trait&#233; de libre-&#233;change dirig&#233;e par l'Alliance sociale continentale et la campagne pour la d&#233;militarisation de L'Am&#233;rique latine commenc&#233;e par les Zapatistes en 2003 au Chiapas et qui s'organise actuellement en une campagne internationale pour fermer quelque 700 bases militaires am&#233;ricaines dans 130 pays. &#171; L'Autre campagne &#187; initi&#233;e par les Zapatistes en 2006 a &#233;galement une perspective internationaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t est grandissant pour le socialisme en Am&#233;rique latine. Des sondages d'opinion au Venezuela et au Br&#233;sil d&#233;montrent que plus de la moiti&#233; des populations de ces pays est favorable au socialisme, une chose rarement entendue, dans des pays tels que le Chili ou le Mexique. Il y a un d&#233;bat grandissant sur le type de socialisme qui devrait &#234;tre recherch&#233;. Il existe d&#233;j&#224; un processus pour initier ce qu'on pourrait appeler &#171; un, deux, trois socialismes &#187; en commen&#231;ant par la r&#233;volution Cubaine de 1959. Comme l'a d&#233;j&#224; dit le grand r&#233;volutionnaire p&#233;ruvien Jos&#233; Carlos Mariategui (mort en 1930) &#171; l'Am&#233;rique latine ne veut pas d'une r&#233;plique du socialisme europ&#233;en mais plut&#244;t d'un socialisme bas&#233; sur sa propre r&#233;alit&#233;, dans le cas du P&#233;rou, sur la r&#233;alit&#233; indig&#232;ne &#187;. En cela, le socialisme &#224; Cuba est distinctivement cubain, le Venezuela est enracin&#233; dans les id&#233;es de Simon Bolivar, le socialisme Bolivien est bas&#233; sur les traditions indig&#232;nes tandis que la leader indig&#232;ne &#233;quatorienne Blanca Chancoso sugg&#232;re un &#171; &#233;tat plurinational, pluriculturel, que nous pourrions construire ensemble &#187;. Les Zapatistes (qui ne parlent pas de socialisme) se font les d&#233;fenseurs d'un syst&#232;me o&#249; tous les pouvoirs viendraient d'en bas, comme dans leur &#171; junte de bon gouvernement &#187; au Chiapas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat met en lumi&#232;re que les multiples perspectives socialistes d'Am&#233;rique latine partagent quatre caract&#233;ristiques : (1) ils sont conduits par des valeurs humaines cherchant la fin du patriarcat, du racisme, du sexisme, de l'exploitation de classe, tout comme le Ch&#233; et Jos&#233; Marti, ils cherchent des valeurs d'amour, de respect des autres et la justice sociale ; (2) d&#233;mocratie participative d&#233;barrass&#233;e de l'autoritarisme stalinien, avec une planification d&#233;centralis&#233;e , des entreprises contr&#244;l&#233;es par les travailleurs, et la &#171; politique au lieu de la politicaillerie &#187; (selon les mots de Fidel Castro), le tout enracin&#233; dans un &#233;tat bas&#233; sur la participation populaire d'en bas au lieu de la partitocratie ou de &#171; l'avant-garde &#187; ; (3) l'internationalisme, la planification des march&#233;s nationaux et internationaux, la d&#233;fense des peuples contre le n&#233;olib&#233;ralisme et les interventions imp&#233;rialistes, la mise sur pied d'une organisation internationale sans droits de veto qui ferait la promotion de la paix et des droits humains ; (4) la souverainet&#233; des &#201;tats nation, la d&#233;fense des principes de non-intervention, non agression, autod&#233;termination, incluant le droit de former de nouveaux &#201;tats liant plusieurs peuples (tels que la Bolivie et le Venezuela) ainsi que les &#201;tats aspirant &#224; une v&#233;ritable &#171; ind&#233;pendance nationale &#187; &#224; travers une unification en un &#201;tat Latino-am&#233;ricain ou Conf&#233;d&#233;ration d'&#201;tats comme dans &#171; Notre Am&#233;rique &#187; de Jos&#233; Marti et la &#171; Grande Patrie &#187; de Bolivar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seront critiques pour le futur de l'humanit&#233; et de la plan&#232;te, la vitesse &#224; laquelle se d&#233;roulera la transition hors du capitalisme n&#233;olib&#233;ral et la fr&#233;quence de ces ruptures avec le capitalisme. Ultimement, on ne pourra sauver l'humanit&#233; sans r&#233;pandre rapidement la pratique de l'internationalisme, qui conna&#238;t un regain de vie avec les r&#233;cents d&#233;veloppements en Am&#233;rique Latine et le mouvement altermondialiste. L'internationalisme est un processus de solidarit&#233; et d'&#233;change d'exp&#233;riences, apprenant les uns des autres. Le peuple, dans ce que Marti appelait &#171; le ventre de la b&#234;te &#187;, les Etats-Unis, a une chance de faire une diff&#233;rence qualitative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d&#233;pendra de la profondeur de l'unit&#233; et de l'internationalisme qui seront b&#226;tis entre les mouvements sociaux et entre les diff&#233;rents gouvernements, face aux pressions accrues de l'imp&#233;rialisme. Les d&#233;bats autour des socialismes latinos am&#233;ricains jusque parmi les partisans de &#171; l'Autre Campagne &#187; des Zapatistes sont bas&#233;s sur le principe de fonder des &#201;tats de &#171; pouvoir populaire &#187; &#233;cologiquement responsables ou le peuple &#171; ceux d'en bas &#187; pour les Zapatistes, seront, selon les mots de la nouvelle constitution du Venezuela les &#171; protagonistes &#187;. Tous sont d'accord sur le but tant recherch&#233; : la lib&#233;ration de l'humanit&#233;, la c&#233;l&#233;bration de la vie et la sauvegarde de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;L'auteur a &#233;crit plus de 30 ouvrages sur l'Am&#233;rique latine, il enseigne &#224; l'universit&#233; de l'&#201;tat de New-York par internet et vit &#224; Montr&#233;al.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Fidel &#224; Trotsky</title>
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&lt;p&gt;Celia Hart, physicienne, &#233;crivain, membre du Parti communiste de Cuba, se pr&#233;sente comme &#171; trotskyste pour son propre compte &#187;, depuis qu'elle a d&#233;couvert les &#233;crits de Trotsky lorsque, &#233;tudiant la physique en Allemagne de l'Est dans les ann&#233;es 1980, elle a vu &#224; quel point ce pr&#233;tendu &#171; socialisme r&#233;el &#187; &#233;tait une soci&#233;t&#233; en d&#233;cadence et sans avenir. Fille de deux dirigeants historiques de la R&#233;volution cubaine, Hayd&#233;e Santamaria et Armando Hart, Celia Hart a eu la chance, &#224; son retour de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Celia Hart, physicienne, &#233;crivain, membre du Parti communiste de Cuba, se pr&#233;sente comme &#171; trotskyste pour son propre compte &#187;, depuis qu'elle a d&#233;couvert les &#233;crits de Trotsky lorsque, &#233;tudiant la physique en Allemagne de l'Est dans les ann&#233;es 1980, elle a vu &#224; quel point ce pr&#233;tendu &#171; socialisme r&#233;el &#187; &#233;tait une soci&#233;t&#233; en d&#233;cadence et sans avenir. Fille de deux dirigeants historiques de la R&#233;volution cubaine, Hayd&#233;e Santamaria et Armando Hart, Celia Hart a eu la chance, &#224; son retour de RDA, de pouvoir d&#233;couvrir Isaac Deutscher dans la biblioth&#232;que de son p&#232;re. &#171; Rouge &#187; l'a rencontr&#233;e, lors de son passage en France pour un colloque sur Pierre Brou&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis quinze ans, l'effondrement d&#233;finitif de la soci&#233;t&#233; cubaine est annonc&#233; &#224; intervalles r&#233;guliers. Fidel Castro lui-m&#234;me insiste sur le d&#233;veloppement des in&#233;galit&#233;s &#224; Cuba. Peut-on pr&#233;server et d&#233;velopper ces conqu&#234;tes, ou bien sont elles condamn&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celia Hart - Je m'identifie totalement &#224; la r&#233;volution cubaine, mais je ne la repr&#233;sente pas. Ce que je dis, c'est mon opinion personnelle. Les conqu&#234;tes sociales de la r&#233;volution socialiste &#224; Cuba sont &#233;videntes : une grande &#233;galit&#233; sociale, un syst&#232;me d'&#233;ducation accessible &#224; tous et d'un niveau comparable &#224; ceux des &#201;tats-Unis ou de l'Europe - donc de pays beaucoup plus riches -, un syst&#232;me de sant&#233; sup&#233;rieur &#224; celui de n'importe quel pays de l'Am&#233;rique latine et qui, contrairement ce qui se passe en Europe, n'est pas en cours de privatisation et de d&#233;mant&#232;lement. Mais, si la r&#233;volution cubaine a pu surmonter les difficult&#233;s de la &#171; p&#233;riode sp&#233;ciale &#187; - les coupures d'&#233;lectricit&#233;, l'arr&#234;t des transports publics, le rationnement &#224; minima de la nourriture etc., r&#233;sultat des gestes commerciaux cubains avec les pays du pr&#233;tendu &#171; camp socialiste &#187; et du maintien du blocus imp&#233;rialiste -, c'est parce que la population cubaine, dans son ensemble, d&#233;fendait la r&#233;volution et non les avantages sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les difficult&#233;s que nous connaissons maintenant ne tiennent pas aux besoins mat&#233;riels. La lib&#233;ralisation des &#233;changes et celle de la possession des devises - m&#233;canismes capitalistes introduits que certains justifient en les comparant &#224; la NEP russe des ann&#233;es 1920 - ont provoqu&#233; une diff&#233;rentiation sociale et l'apparition des &#171; nouveaux riches &#187;. Dans un discours du 17 novembre dernier, le commandant [ Fidel Castro, NDLR ] l'a formul&#233; ainsi : &#171; Cette r&#233;volution peut se d&#233;truire toute seule et les seuls qui ne peuvent arriver &#224; la d&#233;truire, ce sont eux [ les &#201;tats-Unis, l'imp&#233;rialisme, NDLR ] ; Mais nous, nous pouvons la d&#233;truire et ce serait de notre faute. &#187; Et il disait cela en insistant : &#171; Plusieurs dizaines de milliers de parasites ne produisent rien et gagnent tout... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, le ministre des Affaires &#233;trang&#232;res, Felipe Perez Roque, a insist&#233;, &#224; l'ONU, sur le fait que le danger, pour Cuba, c'&#233;tait la cr&#233;ation d'une classe bourgeoise. L'interp&#233;n&#233;tration de la bureaucratie avec l'&#233;conomie de march&#233;, voil&#224; o&#249; est le danger. Il faut d&#233;molir les fondations de la bureaucratie, parce que c'est sur ce socle que peut se d&#233;velopper une classe bourgeoise - on a vu en URSS, en Pologne et ailleurs comment les bureaucrates, qui &#233;taient des g&#233;rants, des hommes de pouvoir, sont devenus des propri&#233;taires, des capitalistes. &#192; Cuba, contrairement &#224; la RDA des ann&#233;es 1980, &#171; L&#233;nine est vivant &#187; : la contre-r&#233;volution bureaucratique n'est pas achev&#233;e. Nous devons en profiter pour d&#233;molir le socle de bureaucratie qu'il nous reste, parce que c'est de l&#224; que peut venir le danger de la restauration capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus r&#233;volutionnaire v&#233;n&#233;zu&#233;lien permet de desserrer l'&#233;tau imp&#233;rialiste autour de Cuba. Et m&#234;me si ce processus en est &#224; ses d&#233;buts et que les parall&#232;les entre les deux r&#233;volutions sont trompeurs, peut-on parler d'une influence r&#233;ciproque aujourd'hui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. Hart - Des m&#233;decins, des param&#233;dicaux et des professeurs cubains travaillent au Venezuela. Mais ils n'ont aucune participation &#224; la vie politique de ce pays, un choix avec lequel je suis en d&#233;saccord, m&#234;me si l'on peut comprendre qu'il y ait une autolimitation pour &#233;viter que Cuba ne soit accus&#233;e d'interventionnisme. Mais la fra&#238;cheur du processus v&#233;n&#233;zu&#233;lien, les voyages, la possibilit&#233; de conna&#238;tre d'autres r&#233;alit&#233;s et d'y intervenir constituent une exp&#233;rience enrichissante et il est important que les Cubains, en particuliers les jeunes - et non le gouvernement ou l'&#201;tat cubain, bien s&#251;r -, puissent prendre part &#224; la r&#233;volution v&#233;n&#233;zu&#233;lienne, non seulement comme m&#233;decins ou enseignants, mais dans les fabriques, les r&#233;unions de quartiers, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, il faut souligner que les liens &#233;tablis entre Cuba et le Venezuela diff&#232;rent de ceux qui avaient exist&#233; avec l'URSS. Car il s'agit de liens entre deux processus r&#233;volutionnaires, l'un d&#233;j&#224; consolid&#233; et l'autre qui commence. Tous les deux sont de v&#233;ritables r&#233;volutions. Avec l'URSS, au contraire, il s'agissait de rapports entre &#201;tats, et de rapports in&#233;gaux. La dynamique du bin&#244;me Venezuela-Cuba, l'&#233;ventualit&#233; de l'int&#233;gration de la Bolivie au processus en cours, actualise la r&#233;volution permanente et nous permet de jeter les bases d'une relation allant vers la construction d'un v&#233;ritable front unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi l'apport th&#233;orique de Trotsky te semble si important ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. Hart - &#192; Cuba nous vivons un processus de r&#233;volution permanente depuis la Moncada1. La continuit&#233; de la r&#233;volution, la question de son approfondissement ont &#233;t&#233; au centre de la r&#233;flexion des r&#233;volutionnaires cubains et, surtout, du Mouvement du 26 Juillet. Mella d'abord, Guevara en son temps, ont &#233;t&#233; accus&#233;s d'&#234;tre des &#171; trotskystes &#187;. Ils ne l'&#233;taient pas, mais l'accusation avait un noyau rationnel, car ils se sont orient&#233;s vers la r&#233;volution permanente, m&#234;me sans avoir lu Trotsky. La p&#233;rennit&#233; de la r&#233;volution cubaine, ce sont les id&#233;es de l'Opposition de gauche. &#192; Cuba, un sentiment antistalinien a toujours exist&#233;, car les gens croyaient que le communisme, c'&#233;tait le stalinisme du Parti communiste. Et le Parti communiste a &#233;t&#233; l'un des derniers &#224; rejoindre la r&#233;volution... Mais lorsque Fidel a d&#233;clar&#233;, en 1961, le caract&#232;re socialiste de la R&#233;volution cubaine, les gens disaient : &#171; Si Fidel est communiste, que l'on m'inscrive aussi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai toujours senti que quelque chose manquait dans ma r&#233;flexion sur la r&#233;volution. C'est ce que j'ai trouv&#233; en lisant Trotsky : j'ai d&#233;couvert que justice sociale et libert&#233; individuelle n'&#233;taient pas antagoniques, et qu'on n'&#233;tait pas condamn&#233; &#224; choisir entre l'un ou l'autre, que le socialisme ne pouvait se faire sans marcher sur ses deux pieds.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Julian Suarez et Jan Malewski&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Le 26 juillet 1953, Fidel Castro est arr&#234;t&#233; apr&#232;s l'&#233;chec de l'attaque contre la caserne de Moncada. Assurant lui-m&#234;me sa d&#233;fense au proc&#232;s, il a d&#233;fendu l'id&#233;e d'un patriotisme antidictatorial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; de Rouge, hebdo de la LCR-France)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Notes sur la conjoncture politique latino-am&#233;ricaine</title>
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		<dc:date>2006-03-08T15:27:39Z</dc:date>
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		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>

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&lt;p&gt;1. L'Am&#233;rique latine bascule &#224; gauche. Produit combin&#233; du rejet du lib&#233;ralisme et des r&#233;sistances mouvement de masse - dont certaines ont d&#233;bouch&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es sur des situations pr&#233;-r&#233;volutionnaires, comme au Venezuela, en Argentine, en &#201;quateur et en Bolivie la droite traditionnelle conna&#238;t une succession de d&#233;faites &#233;lectorales. Les prochaines &#233;tant vraisemblablement celles de la droite mexicaine, p&#233;ruvienne et nicaraguayenne. La Colombie reste le seul pays important o&#249; la droite (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1. L'Am&#233;rique latine bascule &#224; gauche. Produit combin&#233; du rejet du lib&#233;ralisme et des r&#233;sistances mouvement de masse - dont certaines ont d&#233;bouch&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es sur des situations pr&#233;-r&#233;volutionnaires, comme au Venezuela, en Argentine, en &#201;quateur et en Bolivie la droite traditionnelle conna&#238;t une succession de d&#233;faites &#233;lectorales. Les prochaines &#233;tant vraisemblablement celles de la droite mexicaine, p&#233;ruvienne et nicaraguayenne. La Colombie reste le seul pays important o&#249; la droite r&#233;actionnaire appuy&#233;e par les paramilitaires continuera, vraisemblablement &#224; gouverner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Cette situation provoque de nouvelles contradictions inter-capitalistes, en particulier de nouvelles tensions avec l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. Il y a une option de &#171; confrontation &#187;, qui reste celle de l'administration Bush et de la droite r&#233;actionnaire de la plupart des pays. Elle pourrait m&#234;me prendre le chemin d'interventions militaires, notamment autour du &#171; plan Colombie &#187;, pays o&#249; sont d&#233;j&#224; pr&#233;sents les &#171; conseillers militaires am&#233;ricains &#187;. Mais dans l'imm&#233;diat, la pr&#233;sence am&#233;ricaine en Am&#233;rique latine est affaiblie par les options strat&#233;giques &#233;tats-uniennes : en Irak, au Moyen-Orient et en Asie centrale. Malgr&#233; la puissance militaire des &#201;tats-Unis, il leur est difficile d'occuper militairement l'Irak et un pays latino-am&#233;ricain, simultan&#233;ment !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Il y a une &#171; deuxi&#232;me option &#187; pour les classes dominantes, celle de r&#233;organiser leur syst&#232;me de domination en utilisant les nouveaux gouvernements de gauche qui s'inscrivent dans la droite ligne du lib&#233;ralisme ou du social-lib&#233;ralisme. C'est le cas au Br&#233;sil, en Argentine, en Uruguay, au Paraguay, au Chili, en &#201;quateur. S'appuyant sur les int&#233;r&#234;ts d'une bourgeoisie agro-exportatrice qui a sa propre politique (comme on l'a vu avec le Br&#233;sil &#224; l'OMC), recherchant de nouvelles r&#233;organisations des march&#233;s des mati&#232;res premi&#232;res (du p&#233;trole, du gaz, de l'eau...) avec des positions de force issues d'une politique latino-am&#233;ricaine plus int&#233;gr&#233;e, b&#233;n&#233;ficiant de taux de croissance importants (entre 4 et 9 %) ces derni&#232;res ann&#233;es, d&#233;samor&#231;ant la force subversive des mouvements sociaux avec l'aide du PT au Br&#233;sil, du N&#233;o-P&#233;ronisme en Argentine, du Frente Amplio en Uruguay, ces nouveaux gouvernements ont r&#233;ussi une certaine &#171; stabilisation &#187; de la situation sociale et politique. L'exemple le plus significatif est celui du pr&#233;sident Nestor Kirshner en Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces gouvernements ne parviennent pas &#224; r&#233;soudre les principales contradictions du capitalisme : la contre-r&#233;forme lib&#233;rale continue, les in&#233;galit&#233;s sociales s'accroissent, la situation des masses populaires ne conna&#238;t pas de changements notables. Plus, dans le cadre de la mondialisation capitaliste, ces gouvernements ne parviennent pas &#224; d&#233;ployer des politiques d'autonomie vis-&#224;-vis de l'imp&#233;rialisme sur le moyen ou le long terme, analogues &#224; celles du Card&#233;nisme au Mexique dans les ann&#233;es 1934-1940 ou du P&#233;ronisme, en Argentine des ann&#233;es 1946-1955. N&#233;anmoins, tout en respectant les diktats des march&#233;s financiers, du FMI et de la Banque mondiale, et en essayant de d&#233;ployer des politiques r&#233;gionales comme dans le cadre du Mercosur, ces gouvernements essayent de conqu&#233;rir de nouvelles positions au compte des classes dominantes locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Il y a, dans ces dispositifs &#171; confrontation &#187; ou &#171; option social-lib&#233;rale &#187;- un gros grain de sable, c'est la r&#233;alit&#233; des mouvements sociaux qui peuvent &#224; chaque moment rebondir sous des formes particuli&#232;res : les syndicats et les Piqueteros en Argentine, les mouvements des sans terre et le syndicalisme br&#233;silien qui peut se r&#233;veiller malgr&#233; la politique des sommets de la CUT, les Indiens et leurs organisations en &#201;quateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les deux principaux obstacles &#224; la stabilisation sur le continent sont ceux de la &#171; r&#233;volution bolivarienne &#187; et de la situation bolivienne. Au-del&#224; de la diplomatie d'&#201;tat, et de la n&#233;cessit&#233; d'int&#233;grer tous les pays du continent dans un projet d'int&#233;gration latino-am&#233;ricaine comme l'ALBA (1), il y a bien deux positions en d&#233;bat dans la gauche latino-am&#233;ricaine : le social-lib&#233;ralisme emmen&#233; par Lula et Kirshner et le processus bolivarien de Ch&#225;vez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant par la politique de confrontation avec l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, que par l'application d'une s&#233;rie de mesures sociales et d&#233;mocratiques (sant&#233;, &#233;ducation, plan contre la faim, occupation de certaines entreprises, de certaines terres, politique du logement, coop&#233;ratives, et surtout haut degr&#233; de mobilisation et de politisation de millions de V&#233;n&#233;zu&#233;liens) la situation v&#233;n&#233;zu&#233;lienne est le point chaud du continent. Toute cette &#233;bullition &#233;tant, maintenant stimul&#233;e par le d&#233;bat impuls&#233; par Ch&#225;vez sur le socialisme du XXIe si&#232;cle. Voil&#224; pour les aspects positifs. Il y a n&#233;anmoins une s&#233;rie de probl&#232;mes dans le processus bolivarien, li&#233; d'abord aux traits &#171; bonapartistes &#187; du pouvoir de Ch&#225;vez : la concentration du pouvoir, les rapports directs entre Ch&#225;vez et le peuple sans grandes m&#233;diations, l'absence de r&#233;els partis (ceux-ci ne sont souvent que des appareils &#233;lectoraux), les appels &#224; la mobilisation et &#224; l'organisation des masses sont souvent contrecarr&#233;s par les limit&#233;s impos&#233;es &#224; la d&#233;mocratie de masse et &#224; l'auto organisation par le pouvoir. Par exemple, les pas en avant r&#233;alis&#233;s dans l'auto-administration de PVDSA (entreprise nationale p&#233;troli&#232;re), apr&#232;s la gr&#232;ve des patrons du p&#233;trole, n'ont pas eu de suite... au contraire il y a eu un retour des technocrates. Les repr&#233;sentants politiques du PC Cubain jouent un r&#244;le positif dans la solidarit&#233; et l'activit&#233; anti-imp&#233;rialiste mais n&#233;gatif sur tout ce qui est d&#233;veloppement de la d&#233;mocratie, du contr&#244;le et de la cogestion. Si des objectifs audacieux ont &#233;t&#233; atteints dans la lutte pour la satisfaction des besoins de base de la population (sant&#233;, &#233;ducation, nourriture), politique financ&#233;e par les revenus p&#233;troliers, la structure socio-&#233;conomique du capitalisme v&#233;n&#233;zu&#233;lien n'a pas &#233;t&#233; transform&#233;e ni d&#233;pass&#233;e de mani&#232;re substantielle. Les deux ann&#233;es qui viennent seront d&#233;cisives pour le processus r&#233;volutionnaire au Venezuela. Ch&#225;vez a l'habitude de citer Trotsky en expliquant que &#171; la r&#233;volution avance sous les coups de fouet de la contre-r&#233;volution &#187;. Le processus de la r&#233;volution bolivarienne, a effectivement &#233;t&#233; scand&#233; par des ripostes &#224; la contre-r&#233;volution de la droite et de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, radicalisant &#224; chaque fois le processus. Nul doute que s'il y a une nouvelle confrontation et de nouvelles provocations de la &#171; droite golpiste &#187; (2), il y aura une nouvelle radicalisation. Mais la droite et l'administration Bush peuvent aussi tirer les le&#231;ons de leurs &#171; &#233;checs golpistes &#187; et jouer d'une part &#224; d&#233;l&#233;gitimer le r&#233;gime de Ch&#225;vez en refusant de participer &#224; la prochaine pr&#233;sidentielle de fin 2006 et d'autre part en enlisant le processus par le blocage de toutes les avanc&#233;es socio-&#233;conomiques. Il faudra alors que Ch&#225;vez et tous les protagonistes du processus bolivarien trouvent les forces pour l'approfondir, en terme de d&#233;mocratie de masse et de contenu socio-&#233;conomique. Et l&#224; les revenus de la manne p&#233;troli&#232;re risquent de n'&#234;tre pas suffisants. Il faudra de nouveaux choix politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Une des dimensions de ce sc&#233;nario est internationale. Elle se jouera en Bolivie. Nombre de commentateurs pr&#233;sentent Evo Morales &#171; entre Lula et Ch&#225;vez &#187;. En fait, m&#234;me s'il y a eu les d&#233;clarations du vice-pr&#233;sident bolivien sur &#171; la n&#233;cessite d'un projet de capitalisme andin &#187;, les premi&#232;res mesures d'Evo Morales le font plut&#244;t basculer du cot&#233; de Ch&#225;vez : &#233;viction du vieil &#233;tat-major de l'arm&#233;e mis &#224; la retraite, auto-r&#233;duction du salaire du pr&#233;sident de 57 % ce qui doit provoquer une baisse des revenus de tous les hauts fonctionnaires, n&#233;gociation avec un des mouvements des sans terre sur la r&#233;forme agraire. On peut dire m&#234;me qu'il y a , sur les plan des rapports entre la direction du processus et les masses des rapports invers&#233;s entre le Venezuela et la Bolivie. Au Venezuela, m&#234;me si Ch&#225;vez est le produit de tout un processus historique, son poids politique stimule et limite aussi les espaces pour le mouvement des masses. En Bolivie, c'est le mouvement de masses qui jusqu'&#224; ce jour a d&#233;termin&#233; la trajectoire d'un Evo Morales. Ses prises de position pour la convocation d'une Constituante et la nationalisation des hydrocarbures sont directement le r&#233;sultat des exigences du mouvement des masses. Respectera-t-il ses engagements ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sachons que dans tous les cas, il y a dans ce pays un des pics de la r&#233;volte sociale et politique en Am&#233;rique latine. Les semaines et les mois qui viennent nous le diront. La situation est ouverte, mais la pression du mouvement de masse est telle, dans le chaos politique, administratif et institutionnel de la Bolivie, qu'une des cl&#233; de la situation en Am&#233;rique Latine se trouve dans ce pays (avec le Venezuela).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Du point de vue international il y a donc une s&#233;rie d'enjeux, avec une double polarisation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la premi&#232;re, entre l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, les droites traditionnelles et d'un autre c&#244;t&#233;, les peuples et les gouvernements anti-imp&#233;rialistes (Cuba, Venezuela, Bolivie)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et la deuxi&#232;me polarisation, plus &#171; feutr&#233;e &#187; entre les gouvernements sociaux-lib&#233;raux (Br&#233;sil, Argentine, Uruguay, Paraguay, Chili, &#201;quateur) et ces m&#234;mes gouvernements anti-imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une offensive de Lula et Kirshner pour faire pression et tirer &#224; droite Ch&#225;vez et Morales. Il y a aussi une bataille pour &#171; gagner Morales &#187; entre Lula, Kirshner et Ch&#225;vez. La gauche latino-am&#233;ricaine est aujourd'hui travers&#233;e par ce choix : accompagnement de la contre-r&#233;forme lib&#233;rale ou rupture avec l'imp&#233;rialisme ; Lula ou Ch&#225;vez ? Tout d&#233;pendra de la politique de confrontation am&#233;ricaine et de la dynamique du mouvement de masse face &#224; celle des classes dominantes qui d&#233;fendent dans ces pays leurs propres int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Sur le plan des activit&#233;s politiques et sur le plan programmatique cette situation a plusieurs cons&#233;quences :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Elle doit mettre au centre de nos activit&#233;s de solidarit&#233; (avec la lutte contre la guerre en Irak) le d&#233;veloppement de la campagne internationale de solidarit&#233; avec le processus bolivarien au Venezuela : collectifs Venezuela, meetings de solidarit&#233;, envoi de brigades d'aide et de solidarit&#233;. L'Internationale et ses organisations doivent &#234;tre &#224; la pointe de cette campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Sur le plan programmatique, elle conduit &#224; combiner un programme de revendications sociales et d&#233;mocratiques appuy&#233; sur l'exigence de souverainet&#233; nationale et populaire sur les ressources naturelles, sur les territoires, sur les richesses de chaque pays, li&#233;e &#224; la r&#233;forme agraire bien s&#251;r. Les exigences d'appropriation publique, de nationalisation des hydrocarbures doivent &#234;tre, aussi, au centre des exigences sociales et politiques dans ces pays. La question de la d&#233;mocratie est aussi centrale, que cela soit pour se d&#233;barrasser de politiciens corrompus (c'est le sens de revendications comme celle d'assembl&#233;e constituante) ou pour approfondir des processus d'appropriation sociale (les revendications de contr&#244;le, de cogestion, de gestion des entreprises par les travailleurs sont une priorit&#233;) comme au Venezuela ou en Bolivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Enfin, il y a un changement notable li&#233; &#224; ce basculement de la situation sociale et politique, c'est l'ouverture d'un d&#233;bat sur le socialisme au Venezuela mais aussi dans tout le continent, d&#233;bat &#224; l'initiative de Ch&#225;vez. Ce d&#233;bat traverse aujourd'hui toutes les organisations. Il ne fait que commencer. Il y a bien s&#251;r toutes sortes de &#171; socialismes &#187;. Mais dans une ambiance id&#233;ologique qui a &#233;t&#233; marqu&#233;e d'abord par les th&#232;mes de &#171; la d&#233;mocratie lib&#233;rale comme fin de l'histoire &#187; au d&#233;but des ann&#233;es 1990, les th&#232;mes de l'antilib&#233;ralisme des ann&#233;es 1990 et du d&#233;but de la d&#233;cennie 2000, la mani&#232;re dont Ch&#225;vez pose le probl&#232;me du socialisme contre le lib&#233;ralisme et le capitalisme t&#233;moignent de l'approfondissement d'une prise de conscience de secteurs de l'avant-garde sociale et politique latino-am&#233;ricaine, et surtout du rebond d'une s&#233;rie de questions strat&#233;giques. C'est un point d'appui consid&#233;rable contre le social-lib&#233;ralisme dans la gauche. Il pose comme question centrale la satisfaction des revendications populaires dans une strat&#233;gie d'opposition au capitalisme lib&#233;ral et non celle de l'accompagnement de la contre-r&#233;forme. Il permet d'avancer sur les exp&#233;riences de coop&#233;ratives li&#233;es &#224; une dynamique de contr&#244;le des travailleurs et, dans des situations de crise aigu&#235; ou de situation pr&#233;-r&#233;volutionnaire, d'avancer sur ce m&#234;me th&#232;me du contr&#244;le li&#233;e &#224; la cogestion entre travailleurs et pouvoirs publics. Il pose comme question centrale l'exigence d'une autre logique, d'un autre syst&#232;me, centr&#233; sur les besoins sociaux et un autre type de propri&#233;t&#233; : une appropriation publique et sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience bolivarienne, m&#234;me dans des limites dict&#233;es par la place du pays dans le monde et en Am&#233;rique latine permet de reprendre la discussion sur le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Fran&#231;ois Sabado, membre du Bureau ex&#233;cutif de la IVe Internationale, est aussi membre du Bureau politique de la Ligue communiste r&#233;volutionnaire (LCR, section fran&#231;aise de la IVe Internationale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Alternative bolivarienne pour l'Am&#233;rique (ALBA), concept oppos&#233; par le pr&#233;sident Hugo Ch&#225;vez au projet &#233;tats-unien de la Zone de libre &#233;change des Am&#233;riques (ALCA en abr&#233;viation latino-am&#233;ricaine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. De &#171; golpe &#187; : coup [d'&#201;tat].&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#034;Enterrer le capitalisme pour que naisse le socialisme du XXI&#176; si&#232;cle, un nouveau projet historique socialiste&#034;</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Enterrer-le-capitalisme-pour-que-naisse-le-socialisme-du-XXIo-siecle-un-nouveau</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Enterrer-le-capitalisme-pour-que-naisse-le-socialisme-du-XXIo-siecle-un-nouveau</guid>
		<dc:date>2005-11-21T02:24:35Z</dc:date>
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		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Venezuela</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;14 novembre 2005 &lt;br class='autobr' /&gt; Pr&#233;sident Hugo CHAVEZ : Quelle clameur ! Que vivent les peuples de l'Am&#233;rique Latine et des Cara&#239;bes ! LE PUBLIC : Viva ! &lt;br class='autobr' /&gt;
H.C. : Que vive l'Argentine ! L.P. : Viva ! &lt;br class='autobr' /&gt;
H.C. : Accolade bolivarienne, sanmartinienne, gu&#233;variste, p&#233;roniste, &#233;viste. Vive Eva Peron ! L.P. :Viva ! &lt;br class='autobr' /&gt;
H.C. : L'eau se retire, notre amie Blanca Chancoso m'a dit qu'il fallait souffler trois fois pour que l'eau se retire, il faut souffler trois fois vers le haut, l'eau s'en va et nous restons (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Amerique-latine-43-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Venezuela-73-+" rel="tag"&gt;Venezuela&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;14 novembre 2005&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pr&#233;sident Hugo CHAVEZ : Quelle clameur ! Que vivent les peuples de l'Am&#233;rique Latine et des Cara&#239;bes !&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PUBLIC : Viva !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Que vive l'Argentine !&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : Viva !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Accolade bolivarienne, sanmartinienne, gu&#233;variste, p&#233;roniste, &#233;viste. Vive Eva Peron !&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. :Viva !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : L'eau se retire, notre amie Blanca Chancoso m'a dit qu'il fallait souffler trois fois pour que l'eau se retire, il faut souffler trois fois vers le haut, l'eau s'en va et nous restons ici, nous, les peuples d'Am&#233;rique, disant : &#171; Vive la vie ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : Viva !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Vive la Patrie !&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : Viva !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Vive la grande Patrie !&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : Viva !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Je vous salue tous avec une &#233;motion, une affection et une tendresse toute particuli&#232;re. Comme il y a du monde ici ! Voyez : ces drapeaux brandis &#224; bout de bras ! Une accolade au peuple argentin !... ces drapeaux argentins, ces drapeaux cubains, ces drapeaux v&#233;n&#233;zu&#233;liens, ces drapeaux uruguayens, ces drapeaux paraguayens, ces drapeaux boliviens, ces drapeaux br&#233;siliens, ce drapeau de l'Am&#233;rique grande et unie...&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Je veux vous saluer tous et toutes et remercier Silvio et tous ces chanteurs qui nous ont baign&#233;s de chansons, qui nous ont baign&#233;s d'amour, Daniel Viglietti, Silvio Rodriguez, Amaury, tous ceux qui sont venus chanter... Daniel, tous, merci pour ces chansons, merci pour ces vers, merci pour cette esp&#233;rance et merci &#224; vous pour m'avoir invit&#233; &#224; ce spectacle, &#224; cette rencontre des peuples.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me sens vraiment honor&#233; d'&#234;tre ici, d'&#234;tre ici avec vous, partageant ce jour historique. Salut &#224; Diego Armando Maradona , Le Gosse...&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Viens ici, Diego, viens, dis quelque chose &#224; ce peuple, Diego.&lt;br class='autobr' /&gt;
MARADONA : Je vous aime beaucoup, merci pour votre pr&#233;sence. Jetons Bush dehors !&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Vive Diego ! Vive Maradona ! Vive le peuple !&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : J'ai assist&#233; &#224; l'entrevue que Diego a eue il y a quelques jours avec Fidel, terrible entrevue qu'il eut avec Fidel Castro...&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : cris, clameurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Je peux vous dire une chose, en entrant dans le stade, voil&#224; d&#233;j&#224; &#224; peu pr&#232;s une heure, il &#233;tait midi et quelques, on me donne un t&#233;l&#233;phone, je saluais plusieurs personnes ici, surtout cette jeunesse qui s'agite... Vive la jeunesse !...&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : Viva !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Cette jeunesse qui se l&#232;ve &#224; nouveau de toute part. L&#224;-bas, les quartiers sont debout. Ecoutez, je veux que vous vous rendiez compte d'une chose : Blanca Chancoso a raison, l'eau est partie, vois ; peut-&#234;tre allons-nous souffler &#224; nouveau... Bon, j'&#233;tais en train de vous dire qu'on m'avait donn&#233; un t&#233;l&#233;phone, une camarade cubaine s'approche et me passe un t&#233;l&#233;phone, et moi, bon...avec qui vais-je parler, moi ? C'&#233;tait Fidel.&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Fidel se trouve depuis le lev&#233; du jour sur une chaise que je lui ai offerte, une chaise tr&#232;s commode en bois de saman, car d'ici, nous transmettons en direct pour le monde entier, entre autres pour Telesur, au monde entier. Cet &#233;v&#233;nement historique, ici &#224; Mar Del Plata, atteint le monde entier. Nous allons faire du vacarme dans le monde ! Vive le nouveau monde ! Vivent les peuples du monde !&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : Viva ! applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Bon, voulez-vous que je vous dise ce que m'a dit Fidel ? Il m'a dit, tout d'abord, qu'il &#233;tait tr&#232;s &#233;mu en voyant cet &#233;v&#233;nement, la marche que vous avez faite depuis ce matin, le Train de l'Alba [1], Maradona est venu dans le train. A quelle heure arriv&#232;rent-ils ? Au milieu de la nuit, dans le train. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment s'appelle-t-il ? Le train... d'argent , Maradona est venu, comme un machiniste, il est venu directement avec le Train de l'Alba. Bon, Fidel voyait le train et l'aube se leva tandis qu'il voyait le train, votre marche et ce jour historique ici, &#224; Mar del Plata, et bon... quelques commentaires, il m'a charg&#233; de vous saluer et, bien qu'il ne soit pas physiquement ici, il est malgr&#233; tout ici avec nous.&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : En outre, savez-vous comment il a pris cong&#233; ? Comme je venais d'entrer, je lui dis : &#171; Bon, je te rappelle, &#187; pour qu'il ne me parle pas trois heures au t&#233;l&#233;phone. Alors, je lui dis : &#171; Vois, je t'appelle plus tard, nous allons prendre cong&#233;, j'entre dans le stade &#187; et je lui dis , comme toujours : &#171; Hasta la victoria siempre ! La Patrie ou la mort, nous vaincrons ! &#187; et savez-vous comment Fidel a pris cong&#233; ? Je vais vous le dire, parce que j'ai entendu sa voix tr&#232;s &#233;mue et de plus, comme un tonnerre... il prit cong&#233;, la voix prit cong&#233; comme un tonnerre qui traversa les Cara&#239;bes , qui traversa l'Or&#233;noque, qui traversa l'Amazone, qui traversa le Rio de la Plata et arriva jusqu'ici, disant : &#171; Chavez, vive le Che, merde ! Vive le Che Guevara ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : Viva !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Bien, nous, camarades, compagnons, amis, amies, tous, nous sommes venus ici aujourd'hui pour plusieurs raisons : marcher, avancer, sauter, chanter, crier, lutter... &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais au milieu de toutes ces choses que nous sommes venus faire ici aujourd'hui &#224; Mar del Plata, chacun de nous a apport&#233; une pelle, une pelle de fossoyeur parce qu'ici, &#224; Mar del Plata, c'est la tombe de la ZLEA .&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : clameurs, cris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : La tombe de la ZLEA.&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : clameurs, cris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Nous allons dire : &#171; ALCA, ALCA, ALcarajo ! ALCA, ALCA, Alcarajo ! &#187; [2] ZLEA, ZLEA, merde pour la ZLEA ! &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : clameurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Qui a enterr&#233; la ZLEA ? Nous, les peuples d'Am&#233;rique Latine, nous enterrons la ZLEA aujourd'hui, ici, &#224; Mar del Plata.&lt;br class='autobr' /&gt;
Blanca Chancoso, je la salue et je salue ce qu'elle repr&#233;sente, la dignit&#233; des peuples indig&#232;nes de ce continent, je la remercie de ses paroles. En outre, Blanca m'a remis une copie des conclusions et des r&#233;solutions de ce troisi&#232;me merveilleux sommet des peuples (Lire ci-desssous la D&#233;claration finale du IIIe Sommet des peuples de l'Am&#233;rique. Ndlr). Elle m'a apport&#233; ces conclusions et ces r&#233;solutions des peuples pour les diffuser et non seulement pour les diffuser mais aussi pour lutter pour elles, pour que les r&#234;ves que tant de gens font depuis si longtemps deviennent r&#233;alit&#233;. De plus, au mieux, quand ce sera &#224; moi de parler, &#224; l'autre sommet, celui qui va commencer &#224; quatre heures de l'apr&#232;s-midi, &#224; trois heures et demie, j'informerai mes coll&#232;gues pr&#233;sidents que j'ai re&#231;u ces conclusions. Nous pourrions en faire des copies pour les distribuer l&#224;-bas, au sommet des pr&#233;sidents et des chefs de gouvernement, pour que nous soyons tous au courant des conclusions et des r&#233;solutions de nos peuples. Je veux saluer aussi un &#233;minent compagnon, combattant indig&#232;ne aussi, Evo Morales. Il est avec nous, ici, aujourd'hui, au sommet des peuples. Evo, une accolade, viens ici, fr&#232;re, dis quelque chose &#224; ceux qui sont l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EVO MORALES : Merci beaucoup, Commandante, mon salut r&#233;volutionnaire &#224; tout le peuple anti-imp&#233;rialiste qui continue cette grande lutte de lib&#233;ration de l'Am&#233;rique Latine, merci beaucoup.&lt;br class='autobr' /&gt;
H.C. : Merci Evo, cet applaudissement des peuples pour ce grand combattant social, r&#233;volutionnaire, qui repr&#233;sente, comme Blanca Chancoso, la souche la plus profonde de nos peuples, de notre race aborig&#232;ne, Tupac Amaru, Tecun Uman, Guaicaipuro, Atahualpa. Que vivent les indiens d'Am&#233;rique !&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous saluons aussi les organisateurs de ce merveilleux &#233;v&#233;nement . Permettez-moi de les f&#233;liciter humblement pour cette d&#233;monstration d'unit&#233;, unit&#233;, unit&#233; - disait Bolivar - unit&#233;, cela doit &#234;tre notre devise. Nous ne pourrons battre l'imp&#233;rialisme que si nous sommes unis, et conduire nos peuples vers une vie meilleure que si nous sommes unis, aussi.&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Salut aussi &#224; Edgardo de Petri, dirigeant syndical et d&#233;put&#233; national, Miguel Bonasso, d&#233;put&#233; national et organisateur de cet &#233;v&#233;nement avec Edgardo ; Adolfo Perez Estivel, prix Nobel de la Paix, fr&#232;re et ami, notre Adolfo, une accolade, compagnon, comme dit le tango. Je vais changer un petit mot au tango aujourd'hui, pardonnez-moi, je demande pardon, au lieu de dire &#171; Adios Muchachos &#187;, je dis &#171; Salut, Muchachos, compagnons de ma vie ! &#187; , Luis D'Elia , d&#233;put&#233; provincial . Je veux saluer Hebe Bonafini . Merci pour ces messages, pour ces paroles... et &#224; toutes nos m&#232;res de la Place de Mai. Vivent les m&#232;res de la Place de Mai ! Nous sommes leurs fils aussi. Leurs fils ne sont pas disparus, ils sont devenus un peuple et ils vivent dans le peuple argentin et dans les peuples d'Am&#233;rique qui se l&#232;vent de nouveau pour dire non &#224; l'imp&#233;rialisme, pour dire non au fascisme, non &#224; l'intervention et non &#224; la mort . Rafael Follonier, compagnon, ami et vice-ministre de l'int&#233;rieur de la R&#233;publique Argentine... nous saluons Ricardo Alarcon, pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e Nationale du Pouvoir Populaire de la R&#233;publique de Cuba et toute la d&#233;l&#233;gation cubaine. O&#249; peut bien &#234;tre Lazarito ? O&#249; est Lazarito ? Eh bien, Lazarito ! Mon ami, viens ici, Lazarito, je vais vous pr&#233;senter un ami. Un jour, j'avais une fianc&#233;e et lui, il me l'a prise . Lazarito, viens ici, Lazarito, je veux que Lazarito, ce jeune cubain, nous salue. Lazarito, d'abord une accolade...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LAZARITO : Aux fr&#232;res d'Am&#233;rique Latine, un message rapide, comme disait le Commandante, salut solidaire du peuple de Cuba, qui vous aime et vous accompagne et ne vous abandonnera jamais. Vive l'unit&#233; latino-am&#233;ricaine ! Vivent les peuples d'Am&#233;rique Latine ! La Patrie ou la mort ! Hasta la victoria siempre , fr&#232;res !&lt;br class='autobr' /&gt;
H.C. : Tu me demandes s'il n'y a pas d'autres fianc&#233;es pour m'en enlever une de plus. Non, tu m'as enlev&#233; celle que j'avais, Lazarito . Il a des moustaches, Lazarito. Une accolade &#224; toi et &#224; Cuba toute enti&#232;re. Bon, c'est l'avenir : les enfants et les jeunes sont l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LAZARITO : La casquette qui identifie la d&#233;l&#233;gation cubaine... Vous &#234;tes un Cubain aussi, parmi nous.&lt;br class='autobr' /&gt;
H.C. : Merci, Lazarito . Je mets la casquette . Nous sommes en train de pr&#233;parer encore un jeu, ce sera du football : Maradona contre l'&#233;quipe de Fidel. Mais toi, tu joues pour moi, parce qu'en baseball, avec Cuba, je me rends...Mais au foot, ce sera la revanche . Abel Prieto, ministre de la Culture de la R&#233;publique de Cuba, nous le saluons, ainsi que tous ceux qui sont venus, les chanteurs, Ali Rodriguez Araque, c'est le chancelier, ministre des Relations Ext&#233;rieures du Venezuela, avec nous ; Roger Capella, ambassadeur du Venezuela en Argentine, tous, membres du comit&#233; officiel qui m'accompagne ; Maria, ma fille, qui est avec nous, vous envoie aussi un salut ; Daniel Viglietti et Victor Heredia, et d'autres musiciens et chanteurs, personnalit&#233;s sp&#233;cialement invit&#233;es ; mouvements sociaux du continent ; f&#233;d&#233;rations de Terre et Nourriture (Tierra y Vivienda). Est aussi avec nous le &#171; Front Transversal National et Populaire Central des Travailleurs Argentins &#187;, mouvement &#171; Quartiers de Boue &#187;, &#171; Parti de la R&#233;volution D&#233;mocratique &#187;, &#171; Mouvement Territorial de Lib&#233;ration &#187;, &#171; F&#233;d&#233;ration Nationale de Sant&#233; &#187;, &#171; M&#232;res de la Place de Mai &#187;, &#171; Mouvement du Vingt-six Juillet &#187;, &#171; Mouvement P&#233;roniste Authentique &#187;, &#171; Mouvement des Travailleurs Sans Emploi Eva Peron &#187; . A vous tous une accolade, Compagnons, Camarades, Compatriotes .Bon, &#231;a va &#234;tre deux heures de l'apr&#232;s-midi, j'ai ici un r&#233;veil. Voyez, il est certain que, &#224; propos d'Eva Peron, je deviens chaque jour plus &#233;viste . Je lis Eva, Eva Peron, grande dame de cette terre, inspiration pour les luttes que nous menons et que nous devrons mener.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce matin, un journaliste me demandait, alors que j'arrivais &#224; l'h&#244;tel o&#249; nous logeons, il me demandait ce que je pensais d'une publication sortie hier, une de ces nombreuses publications qui sortent, surtout celles d'Am&#233;rique du Nord. Avant-hier est parue une publication selon laquelle le Pentagone est en train d'&#233;tablir des plans militaires pour attaquer le Venezuela, ce qui est absolument certain, parce que l'empire nord-am&#233;ricain, dans son d&#233;sespoir...N'oublions pas ce que disait Mao Ts&#233; Toung, que du point de vue strat&#233;gique, l'imp&#233;rialisme finit par &#234;tre un tigre de papier, un tigre de papier ; c'est pourquoi il ne faut pas craindre l'imp&#233;rialisme, nous, les peuples du monde libre, nous avons la capacit&#233; de battre mille empires, comme cela est arriv&#233; de nombreuses fois tout au long de l'histoire. Mais l'imp&#233;rialisme, dans son d&#233;sespoir, a pr&#233;tendu pendant longtemps, presque un demi si&#232;cle, arr&#234;ter la R&#233;volution Cubaine . Mais, comme l'imp&#233;rialisme nord-am&#233;ricain a &#233;chou&#233; dans son essai pour arr&#234;ter la R&#233;volution Cubaine, il &#233;chouera aussi dans son essai pour arr&#234;ter la R&#233;volution Bolivarienne au Venezuela.&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : clameurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Mais ce journaliste m'interrogeait sur ce sujet, et en outre, je sais que c'est absolument certain, les plans militaires pour attaquer le Venezuela sont en pleine pr&#233;paration. Maintenant, qu'ai-je r&#233;pondu au journaliste ? J'ai r&#233;pondu avec une grande sinc&#233;rit&#233;, si l'imp&#233;rialisme nord-am&#233;ricain dans son d&#233;sespoir essayait d'envahir le Venezuela, alors commencerait sur ces terres, la guerre de Cent Ans... &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : clameurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : J'&#233;tais en train de rappeler Eva Peron. Eva Peron, quand elle dit , toute digne, toute libertaire, toute patriote... elle lan&#231;a cette phrase que le peuple argentin conna&#238;t mieux que personne mais qu'il faudra r&#233;p&#233;ter une et mille fois sur toute cette terre, du Rio Grande jusqu'&#224; la Patagonie, cette phrase : &#171; La Patrie sera libre ou bien le drapeau flottera sur ses ruines... &#187;, mais jamais nous ne serons une colonie nord-am&#233;ricaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : chants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Ce matin aussi, en arrivant &#224; mon h&#244;tel, j'ai rencontr&#233; un groupe de personnes, qui doivent &#234;tre ici s&#251;rement, et je veux saluer l'une d'elle, parce que j'ai parl&#233; avec elle quelques minutes. Elles venaient de San Salvador de Jujuy, elles venaient de l&#224; : paysans, agriculteurs, une ma&#238;tresse d'&#233;cole, elle s'appelle Maria Eugenia Villada . Je veux la saluer parce qu'elle m'a donn&#233; une accolade interminable et elle m'a parl&#233; de son p&#232;re, Carlos Eulogio Villada, qui &#233;tait dirigeant du Parti Communiste Argentin et disparut dans la matin&#233;e du 24 novembre 76, dans la ville de San Salvador de Jujuy. Son &#233;pouse, Guillermina Castro, et sa fille Maria Eugenia en gardent la m&#233;moire et moi, je lui disais, non seulement dans la m&#233;moire, mais il est pr&#233;sent ici avec nous et avec tous les disparus des dictatures militaires imp&#233;rialistes qui assassin&#232;rent ces peuples durant si longtemps. &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Maria Eugenia, en outre, est chanteuse , elle m'a chant&#233; le Carnavalito . Quebrade&#241;o Carnavalito.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bon, il y a tant de choses &#224; dire ici aujourd'hui, je vous apporte le salut du peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien, une accolade . Le c&#339;ur du Venezuela, je l'am&#232;ne avec moi, seulement pour le partager avec le peuple argentin et tous les peuples de notre Am&#233;rique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un salut tr&#232;s sp&#233;cial &#224; la d&#233;l&#233;gation v&#233;n&#233;zu&#233;lienne, des mouvements sociaux qui aujourd'hui, au Venezuela, impulse le mouvement depuis la base , depuis nos racines de la R&#233;volution V&#233;n&#233;zu&#233;lienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, maintenant, &#233;coutez bien, en plus d'enterrer ici la ZLEA, comme nous sommes aujourd'hui en train de l'enterrer, nous, les fossoyeurs ; en plus de cela, je l'ai toujours dit d'abord aux V&#233;n&#233;zu&#233;liens, et maintenant j'ose le dire au-del&#224; du Venezuela, nous, les hommes, les femmes de ce temps, du d&#233;but du vingt et uni&#232;me si&#232;cle, nous avons, compagnes, compagnons, camarades, une double t&#226;che historique. Nous devons &#234;tre les fossoyeurs non seulement de la ZLEA, parce que la ZLEA fut une des nombreuses propositions, mais cette proposition est vieille ... Avant-hier, elle s'appela : &#171; Initiative pour les Am&#233;riques &#187;, aux environs de 1990 mais d&#233;j&#224; au XVIII&#176; si&#232;cle, &#224; la naissance de cette grande r&#233;publique, de ce grand &#233;tat qui ensuite devint un empire et qui naquit avec les serres de l'aigle imp&#233;rial, lamentablement depuis le d&#233;but, depuis deux cents ans... Thomas Jefferson, l'un des cr&#233;ateurs de cet &#233;tat nord-am&#233;ricain l'a dit. Il lan&#231;a le plan imp&#233;rialiste, Thomas Jefferson, il dit que les Etats-Unis avaient pour destin &#171; d'engloutir &#187;, il l'a dit de cette fa&#231;on, avec cette expression, &#171; d'engloutir &#187;, donc, une &#224; une, les r&#233;publiques naissantes, auparavant colonies espagnoles. De cette &#233;poque vient le plan annexionniste, le plan colonialiste des Etats-Unis. Aussi, nous autres, non seulement nous devons &#234;tre les fossoyeurs de la ZLEA, mais les fossoyeurs, dans une plus grande dimension, complexit&#233; et profondeurs, du mod&#232;le capitaliste, n&#233;olib&#233;ral, qui depuis Washington s'attaque &#224; nos peuples depuis tant de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bataille de la ZLEA que, comme le disait si bien Hebe Bonafini, nous avons sans doute gagn&#233;e, mais, attention, ce n'est qu'une bataille au milieu de tant de batailles qui nous pendent au nez pour toute la vie ... Alors, je disais que nous avions une double t&#226;che, enterrer la ZLEA et le mod&#232;le &#233;conomique, imp&#233;rialiste, capitaliste, d'une part, mais, d'autre part, compagnes et compagnons, nous avons une autre t&#226;che, &#234;tre les accoucheurs du nouveau temps, les accoucheurs de la nouvelle histoire, les accoucheurs de la nouvelle int&#233;gration, les accoucheurs de l'ALBA (Alternative Bolivarienne pour les Am&#233;riques) pour les peuples d'Am&#233;rique, une v&#233;ritable int&#233;gration lib&#233;ratrice, pour la libert&#233;, pour l'&#233;galit&#233;, pour la justice et pour la paix . Nous seuls, unis, pouvons le faire et en plus enterrer le capitalisme pour que naisse le socialisme du XXI&#176; si&#232;cle, un nouveau projet historique socialiste. Les peuples d'Am&#233;rique pleurent . C'est notre r&#244;le . Je suis s&#251;r que maintenant, en Am&#233;rique, est en route le nouveau projet historique du socialisme du XXI&#176; si&#232;cle. C'est le ventre de l'Am&#233;rique qui l'a engendr&#233; . Maintenant, poussons pour le faire na&#238;tre, pour lui donner la vie, pour l'embellir. Rosa Luxembourg a lanc&#233; cette expression &#171; socialisme ou barbarie &#187;. Aujourd'hui, cette expression devient plus dramatique et il faut la r&#233;p&#233;ter &#171; socialisme ou mort &#187;, &#171; socialisme ou barbarie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Permettez-moi, compagnons, compagnes, fr&#232;res et s&#339;urs, de r&#233;fl&#233;chir sur ce point. La construction du socialisme est pour nous une raison de vivre, une impulsion id&#233;ologique et politique, mais il faut dire que ce n'est pas seulement cela. Il ne s'agit pas seulement aujourd'hui d'une impulsion politique, morale, &#233;thique, id&#233;ologique, beaucoup plus que de cela, il s'agit de sauver la vie sur cette plan&#232;te, car le mod&#232;le capitaliste, le mod&#232;le de d&#233;veloppement , le mod&#232;le consum&#233;riste, que le Nord a impos&#233; au monde, est en train d'en finir avec la plan&#232;te terre et il faut le savoir, nous n'avons aucune plan&#232;te proche pour y &#233;migrer. Il para&#238;t que la plan&#232;te Mars &#233;tait plus pr&#232;s ces jours-ci, me disait ma fille cadette de huit ans, le soir en nous disant bonsoir : &#171; Papounet, mets-toi &#224; la fen&#234;tre pour voir la plan&#232;te Mars, elle est un peu plus pr&#232;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous savons qu'il n'y a pas de vie sur Mars. Il para&#238;t qu'il y en a eu. Ils ont trouv&#233; des traces, des signaux et m&#234;me de la vapeur d'eau mais il semble qu &#224; une &#233;poque ind&#233;termin&#233;e, le Fond Mon&#233;taire International, la Banque Mondiale et le Consensus de Washington s'install&#232;rent sur Mars et ils en finirent avec cette plan&#232;te. Cela pourrait &#234;tre de la science fiction mais cela vaut bien la peine de lancer cette hypoth&#232;se : la plan&#232;te, notre plan&#232;te, la seule que nous ayons pour y vivre, nous et les g&#233;n&#233;rations futures, nos descendants, est en train d'&#234;tre d&#233;truite sous notre nez par le mod&#232;le capitaliste de d&#233;veloppement destructeur. Cela est tr&#232;s &#233;vident mais les principaux leaders du monde et des pays d&#233;velopp&#233;s ne veulent pas voir la r&#233;alit&#233; . La plupart d'entre eux parce que le monde est gouvern&#233; par des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques, les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques des grandes transnationales et nous savons bien comme l'ambition capitaliste aveugle... L'ambition capitaliste emp&#234;che non seulement de voir mais encore de sentir et d'avoir une conscience. Moi, chr&#233;tien, comme toujours, j'ai dit que le premier grand capitaliste de notre &#232;re fut Judas Iscariote, qui a vendu le Christ pour quelques pi&#232;ces de monnaie, et le premier grand socialiste de notre &#232;re s'appela J&#233;sus, le R&#233;dempteur, le Nazar&#233;en, crucifi&#233;, qui vint annoncer le r&#232;gne de l'&#233;galit&#233;, le r&#232;gne de la justice et de la paix...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas un mensonge, ce n'est pas l' exag&#233;ration d'un groupe de scientifiques en folie, non, c'est visible : les p&#244;les sont en train de fondre. Il y a peu, nous lisions une information d'une revue scientifique prestigieuse, qui dit que s'il n'y a aucun changement, si l'on ne change en rien le maniement des facteurs qui influent sur le climat et le r&#233;chauffement de la plan&#232;te, dans cent ans, l'oc&#233;an arctique n'aura plus de glace par exemple . Le niveau des eaux des oc&#233;ans est en train de monter, les eaux des oc&#233;ans se r&#233;chauffent et les peuples des Cara&#239;bes en subissent une des cons&#233;quences, les peuples de l'Am&#233;rique centrale, et m&#234;me le peuple des Etats-Unis : ces ouragans endiabl&#233;s qui rasent des villages entiers ont plusieurs causes mais la cause premi&#232;re de la furie endiabl&#233;e et de la force inhabituelle que ces animaux acqui&#232;rent aujourd'hui, c'est le r&#233;chauffement des eaux des oc&#233;ans. La couche d'ozone continue de s'ouvrir, c'est-&#224;-dire, et ce n'est pas une exag&#233;ration, que la vie future de la plan&#232;te est en danger. De cela nous devons nous convaincre et convaincre chaque jour plus de personnes dans le monde parce que seules la conscience et l'action des peuples sauveront la vie sur la terre . Moi, je suis s&#251;r que nous sauverons la vie pour les g&#233;n&#233;rations futures et que nous aurons un monde meilleur, que nous aurons un monde meilleur, nouveau et diff&#233;rent . Je suis s&#251;r que nous r&#233;ussirons mais nous devons nous battre.&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Il y a peu de temps, je commen&#231;ais &#224; lire un de ces nombreux livres merveilleux, car il y a de nombreux livres qui sortent et il faut faire des efforts pour &#233;diter beaucoup de livres et les diffuser gratuitement partout. Au Venezuela, nous faisons cela : cette ann&#233;e, nous avons &#233;dit&#233; plus de vingt-cinq millions de livres totalement gratuits. Cuba, depuis des ann&#233;es, &#233;dite des millions et des millions de livres pour que le peuple lise, pour que les peuples lisent, s'informent . Comment ne pas rappeler ici aujourd'hui ce grand homme, notre Jos&#233; Marti ? Jos&#233; Marti l'a dit tr&#232;s clairement : &#171; Etre cultiv&#233; pour &#234;tre libre &#187;, un peuple cultiv&#233; est un peuple libre.&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Et des ann&#233;es et des ann&#233;es auparavant, cet autre grand homme, Simon Bolivar, l'avait dit, en montrant le revers de la m&#233;daille, l'autre face de la monnaie... Bolivar l'a dit avec une clart&#233; impressionnante : &#171; Un peuple ignorant est l'instrument aveugle de sa propre destruction ... &#187; &#171; Un peuple cultiv&#233;, a dit Marti, est le bel instrument de sa propre lib&#233;ration... &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Il s'agit de sauver la vie, je disais que je lisais Noam Chomsky, c'est un bon &#233;crivain, je vous recommande de lire tout ce qui vous tombe sous la main de Noam Chomsky . Lisez-le, lisez-le, ne dormez pas, ce n'est pas important, le peu de moments libres que vous pouvez avoir, lire, lire, penser, penser et penser, &#233;crire, &#233;crire, &#233;crire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Noam Chomsky... un de ses livres les plus r&#233;cents, je ne sais pas si c'est le plus r&#233;cent, faites attention au titre &#171; H&#233;g&#233;monie ou survie &#187;, le probl&#232;me est tr&#232;s clairement pos&#233;, c'est le th&#232;me m&#234;me de Karl Marx : socialisme ou barbarie. C'est la m&#234;me id&#233;e mais Chomsky pr&#233;cise, il est bien clair que cent ans se sont &#233;coul&#233;s, Chomsky pr&#233;cise le probl&#232;me de ce moment historique du monde : &#171; ou l'h&#233;g&#233;monie nord-am&#233;ricaine ou la survie de la plan&#232;te... &#187; C'est l'un ou l'autre. Choisissons les peuples du monde , c'est le destin de nos descendants . Parce que je dis toujours qu'il ne s'agit pas de nous, car nous avons v&#233;cu plus mal que bien mais il y a ici nos enfants, nos petits-enfants, ceux qui sont n&#233;s et ceux qui continuent &#224; na&#238;tre... il s'agit d'eux, h&#233;g&#233;monie ou survie, dit Noam Chomsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela retient mon attention, en voyant la table des mati&#232;res du livre : un des premiers chapitres ou th&#232;mes qu'il traite ici attira mon attention et j'allai directement voir ce que dit Noam Chomsky car c'est une id&#233;e qui retient l'attention. Il parle des deux superpuissances mondiales qui existent aujourd'hui... On a l'id&#233;e qu'il n'existe qu'une seule superpuissance, n'est-ce pas ? Cette id&#233;e est d&#233;concertante mais je vais voir directement quelle est l'id&#233;e que d&#233;veloppe Chomsky : il y a deux superpuissances mondiales aujourd'hui sur la plan&#232;te , l'une menace de d&#233;truire le monde, c'est la superpuissance &#233;tasunienne ; l'autre superpuissance est en train de na&#238;tre, mais ce n'est pas l'Union Sovi&#233;tique . Il ne s'agit d'aucun territoire, d'aucun pays, d'aucun groupe de pays, non, cette autre superpuissance, dit Chomsky, qui est en train de se lever et peut sauver le monde, c'est l'opinion publique des peuples. L'opinion des peuples du monde, l'opinion publique mondiale, mobilis&#233;e, consciente . C'est l'heure o&#249; les peuples de la terre ont pour mission de sauver la vie sur la plan&#232;te et de sauver la vie des g&#233;n&#233;rations futures, c'est notre r&#244;le &#224; nous de battre l'imp&#233;rialisme et de battre tous les empires.&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : L&#224;-bas, dans mon village... je suis n&#233;, vous le savez, au sud du Venezuela, dans un champ. Je suis un paysan de naissance et d'&#233;ducation et l&#224;-bas, il y a un proverbe qui dit : &#171; A chaque cochon son samedi. &#187; Ici aussi, nous sommes &#233;gaux pour &#234;tre tous paysans. Bon, &#224; chaque empire son samedi aussi, &#224; chaque empire son samedi...&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Je ne dis pas que nous soyons samedi, mais nous pourrions &#234;tre jeudi ou vendredi et nous nous dirigeons &#224; toute vitesse vers le samedi. Nous allons nous proposer comme but de notre vie que lorsque nous devrons partir d'ici, avant que nous partions en tant que g&#233;n&#233;ration, il y a ici plusieurs g&#233;n&#233;rations, des quadrag&#233;naires, des quinquag&#233;naires, des sexag&#233;naires, des octog&#233;naires et jusqu'ici... Lorsque nous autres, comme groupe humain, nous nous convertirons en terre de ces si belles savanes de Mar del Plata que je voyais ce matin en atterrissant ou en eau du Rio de La Plata ou en pierre des savanes du Venezuela ou d'ailleurs, quand nous autres nous partirons d'ici, d&#233;j&#224;, l'imp&#233;rialisme nord-am&#233;ricain, s'il n'a pas disparu, nous devons le laisser comme un v&#233;ritable tigre de papier et que se l&#232;vent de toute part tous les peuples de la terre comme tigres d'acier, d&#233;fendant la souverainet&#233;, la vie, la dignit&#233;, le futur . Tigres d'acier... les peuples, nous sommes des tigres d'acier. Il n'y a pas d'imp&#233;rialisme qui ait surv&#233;cu lorsque nous, les peuples, avons d&#233;cid&#233; d'&#234;tre libres et on voit de tous c&#244;t&#233;s que les peuples ressuscitent . Il faut continuer nos efforts. C'est pour cela que nous sommes ici et que vous... Miguel Bonasso me dit que &#231;a fait une semaine qu'il ne dort pas mais c'est la bataille, c'est la bataille... J'admire les hommes et les femmes qui ont organis&#233; cet &#233;v&#233;nement, j'admire tous ceux qui sont venus en marchant, ceux qui sont venus dans le train de l'Alba, ceux qui sont venus de Jujuy en autobus, vingt-quatre heures, de toute la province de Buenos Aires, de l'Uruguay, du Paraguay, de l'Argentine, du Chili, de la Bolivie, de l'Equateur, du Venezuela, du Br&#233;sil, de la Colombie, de l'Am&#233;rique Centrale, des Cara&#239;bes, de Cuba, de l'Am&#233;rique du Nord... il y aussi des Nord-Am&#233;ricains ici. Je veux saluer la d&#233;l&#233;gation nord-am&#233;ricaine qui est venue &#224; cet &#233;v&#233;nement et je demande pour elle un applaudissement, un applaudissement de reconnaissance et de fraternit&#233; pour le peuple des Etats-Unis d'Am&#233;rique du Nord. Vive le peuple des Etats-Unis ! &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : Viva !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : C'est un peuple fr&#232;re. D&#233;j&#224; Karl Marx le disait et il faut le r&#233;p&#233;ter : &#171; Nous devons compter sur le peuple des Etats-Unis pour sauver la plan&#232;te. &#187; Sans le peuple des Etats-Unis, il serait impossible de sauver la terre . La conscience de Martin Luther King rena&#238;t dans les rues des villes d'Am&#233;rique du Nord. &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : La conscience de Malcolm X ...&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : ... et des grands combattants et ce peuple, m&#233;lange de latinit&#233;, d'afro-am&#233;ricains, de n&#232;gres, de blancs, d'indiens .&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a peu, j'eus l'occasion, alors que nous &#233;tions &#224; l'autre sommet, celui des Nations Unies... on m'invita &#224; visiter des quartiers de New York et nous all&#226;mes dans divers endroits, l&#224;-bas, du c&#244;t&#233; du Bronx. Beaucoup de monde, beaucoup de monde, et surtout beaucoup de pauvres, afro-am&#233;ricains, latinos en grande majorit&#233;. Mais aussi des Blancs. Et j'ai vu l&#224; beaucoup de conscience, et j'ai vu l&#224; beaucoup de jeunes, de femmes, d'organisations populaires, &#233;coles populaires, ateliers populaires ; et je fus tr&#232;s impressionn&#233; par la force de ces mouvements populaires des Etats-Unis, les intellectuels, les penseurs, les combattants, pour un commerce juste et pour le respect de la souverainet&#233; des peuples. Il y a une importante recrudescence de la conscience, j'insiste, dans le peuple des Etats-Unis. Derni&#232;re heure : on me communique une information de Caracas : il y a une marche &#224; Caracas, plus de 80 000 personnes ont march&#233; aujourd'hui contre la ZLEA, contre l'imp&#233;rialisme et pour appuyer le Congr&#232;s des Peuples.&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Vive le Congr&#232;s des Peuples ! &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : Viva !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Maintenant, je parlais il y a un moment de la pelle et de l'accouchement, de l'enterrement et de la naissance . Ici, il faut s'arr&#234;ter pour penser et travailler beaucoup et agir en cons&#233;quence. Disons que nous allons r&#233;duire notre champ de vision et laisser pour un moment la vision du monde et l'expression de Chomsky &#171; h&#233;g&#233;monie ou survie &#187; . Envisageons notre Am&#233;rique et les peuples de notre Am&#233;rique. Aujourd'hui, &#224; Mar del Plata, outre ce que j'ai d&#233;j&#224; dit et ce qui s'est dit, deux vieux projets sont venus se confronter, deux vieux projets, j'en parlais tout &#224; l'heure en rappelant Jefferson. Il faudrait aussi rappeler cette expression de James Monroe en 1823 : &#171; L'Am&#233;rique pour les Am&#233;ricains. &#187; C'&#233;tait au m&#234;me moment , que James Monroe lan&#231;ait l'expression imp&#233;rialiste : &#171; L'Am&#233;rique pour les Am&#233;ricains &#187; mais pour eux, parce qu'ils pr&#233;tendaient nous enlever le nom d'Am&#233;ricains. Cependant, les hommes et les femmes d'ici, de Mar del Plata et d'ici, de Patagonie, sont aussi am&#233;ricains que ceux de New York, ceux de Washington, ceux de Qu&#233;bec et ceux de n'importe quel coin de ce continent : nous sommes tous Am&#233;ricains. &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Maintenant, je vais vous parler de deux projets, deux projets qui, depuis l&#224;-bas, depuis la pointe la plus au nord du continent am&#233;ricain jusqu'&#224; la pointe la plus au sud, depuis quelques deux cents ans... deux projets viennent se confronter. Ainsi, comme l'ont lanc&#233; au Nord Jefferson, Madison, Monroe, ils veulent lancer ici pareillement, dans le Sud, leur projet imp&#233;rialiste, annexionniste . Et ici, dans le Sud, notre projet a &#233;t&#233; initi&#233; par des hommes comme Miranda, San Martin, Artigas, O'Higgins, Sucre, Bolivar, Manuel Saenz... Des hommes et des femmes de cette terre ont initi&#233; un projet voici 200 ans . Nous, V&#233;n&#233;zu&#233;liens, sommes d&#233;j&#224; en train de nous pr&#233;parer et nous invitons tous les peuples fr&#232;res &#224; comm&#233;morer sur ces terres, l'ann&#233;e prochaine, en 2006, les 200 ans de l'arriv&#233;e de Miranda, le pr&#233;curseur de la R&#233;volution Sud Am&#233;ricaine . Miranda, caracassien universel , comme l'a dit Bolivar, le V&#233;n&#233;zu&#233;lien universel et intemporel... Miranda, qui s'est battu, &#233;p&#233;e &#224; la main, durant les trois grandes r&#233;volutions de son temps , car il fut commandant de troupes et combattant durant la R&#233;volution de l'Ind&#233;pendance des Etats-Unis, il s'est battu &#224; Pensacola, en Floride, dans les Bahamas, &#233;p&#233;e &#224; la main . Il fut un ami et connut personnellement Washington, Madison, et il a vu comment est n&#233;e cette union de treize colonies. Miranda a pens&#233;, &#224; partir de l&#224;, vers 1784 ; 85 ; 86, il a pens&#233;, donc, et il l'a &#233;crit... que de la m&#234;me fa&#231;on qu'&#233;tait n&#233;e au nord de l'Am&#233;rique l'union qui est aujourd'hui l'Empire, il fallait lutter au sud de l'Am&#233;rique pour former &#233;galement une union de R&#233;publiques. Et ce fut lui qui utilisa le premier le nom de Colombie, proposant l'Union Colombienne en m&#233;moire de Colomb, le d&#233;couvreur. Par la suite, Miranda a parcouru le monde : il passa par Moscou du temps de Catherine la Grande et devint Colonel de Russie . Quelques ann&#233;es plus tard, il apparut en France , prit les armes en faveur de la R&#233;volution Fran&#231;aise et fut Mar&#233;chal de la France R&#233;volutionnaire, ami de Napol&#233;on Bonaparte. Un jour, Napol&#233;on Bonaparte, en parlant de Francisco de Miranda, a dit que c'&#233;tait &#171; un Don Quichotte sans folie &#187;. Et Miranda avait 60 ans, ce qui est un &#226;ge tr&#232;s avanc&#233; pour l'&#233;poque, l'esp&#233;rance de vie &#233;tant de 50 ans. En revanche, moi, j'ai 51 ans et je suis un gamin, Madona a f&#234;t&#233; ses 45 ans, et c'est un gosse, Bonasso a 59 ans et Eva est une gamine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon, mais Miranda, &#224; 60 ans, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; Commandant de troupes durant la Guerre d'Ind&#233;pendance des Etats-Unis, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; Mar&#233;chal de la France R&#233;volutionnaire, apr&#232;s &#234;tre all&#233; &#224; Cuba d'o&#249; il a appuy&#233; l'ind&#233;pendance des Etats-Unis avec beaucoup de Cubains qui &#233;taient partis l&#224;-bas...Il y a des gens aux Etats-Unis qui ne le savent certainement pas, la majeure partie de ce peuple ne sait pas...que du sang cubain accourut sur le territoire nord-am&#233;ricain pour lutter contre l'imp&#233;rialisme anglais et donner &#224; ce peuple son ind&#233;pendance, depuis que Miranda vint, il y a 200 ans, c'&#233;tait en 1806, avec trois bateaux, un petit &#233;quipage et une imprimerie. Il toucha le territoire des Etats-Unis, il toucha Ha&#239;ti, qui &#233;tait d&#233;j&#224; libre...le premier territoire libre des Cara&#239;bes et de l'Am&#233;rique : la R&#233;publique libre et noire de Ha&#239;ti...D'ici, nous envoyons au peuple de Ha&#239;ti notre solidarit&#233; fraternelle et de compagnons, peuple ha&#239;tien, peuple h&#233;ro&#239;que, peuple martyre...&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : bon, et Miranda, pour finir, fut le G&#233;n&#233;ralissime de la premi&#232;re R&#233;publique V&#233;n&#233;zu&#233;lienne et signataire de notre premi&#232;re constitution en 1811. Ce fut lui qui imagina ce drapeau jaune, bleu et rouge qui flamboie dans trois r&#233;publiques sud-am&#233;ricaines : le Venezuela, la Colombie et l'Equateur et ce fut l'id&#233;ologue de l'Union du Sud, un des premiers. Il avait un journal &#224; Londres appel&#233; le Colombien, qui circulait en espagnol, en anglais et en portugais. Dans la maison de Miranda &#224; Londres ont d&#233;fil&#233; tous les hommes qui se sont incorpor&#233;s aux mouvements r&#233;volutionnaires, comme Bernard O'Higgins. Bon, mais ce &#224; quoi je veux me r&#233;f&#233;rer, c'est que cela fait 200 ans qu'ici est n&#233; un projet qui a parcouru ce continent : l'Union de l'Am&#233;rique du Sud, l'Union de la Zone Cara&#239;be, l'Union des anciennes r&#233;publiques espagnoles... Ce projet s'oppose au projet du Nord, le projet de Grande Patrie, l'union de Bolivar et de San Martin, l&#224;-bas, &#224; Guayaquil, o&#249; ils construisirent une seule id&#233;e et un seul projet. Mais regardez comment tous ces hommes et ces femmes ont fini, ceux qui ont port&#233; l'id&#233;al au-del&#224; de l'horizon, ceux qui ont pris part aux guerres de lib&#233;ration depuis les Cara&#239;bes jusqu'au Rio de la Plata, ceux qui ont travers&#233; les Andes une, voire plusieurs fois, comme San Martin les traversa, comme Bolivar les traversa . Regardez comment ont fini ces hommes : San Martin mourut en exil, O'Higgins mourut en exil, Artigas mourut en exil, Bolivar fut presque assassin&#233; et mourut solitaire &#224; Santa Marta . Sucre fut assassin&#233; &#224; Berruecos, Manuela Saenz fut expuls&#233;e de la Nouvelle Grenade et du Venezuela et mourut &#226;g&#233;e par l&#224;, dans un petit village du P&#233;rou. Eux tous, Abreu e Lima, le grand br&#233;silien bolivarien, mourut &#233;galement solitaire &#224; Pernambuco . Le projet &#233;tait de cr&#233;er des r&#233;publiques d'&#233;gaux et de libres, des r&#233;publiques de libert&#233; et d'&#233;galit&#233;, le projet &#233;tait d'&#233;liminer l'esclavage, d'&#233;liminer la mis&#232;re, d'&#233;liminer la pauvret&#233;, l'exploitation . ils furent tous de v&#233;ritables r&#233;volutionnaires et le projet &#233;tait plus encore : c'&#233;tait cr&#233;er l'union ou la ligue des r&#233;publiques de l'Am&#233;rique m&#233;ridionale et c'est ce but que visait Bolivar lorsqu'il convoqua le Congr&#232;s de Panama en 1824.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'an prochain, c'est certain, j'invite tous les peuples de ce continent &#224; c&#233;l&#233;brer activement , comme nous le faisons ici aujourd'hui, avec un congr&#232;s, des d&#233;lib&#233;rations, des projets, des d&#233;bats, des propositions, la construction du chemin, enfin, l'an prochain, pour les 180 ans du Congr&#232;s de Panama qui &#233;tait la proposition de Bolivar pour unir et concr&#233;tiser son aspiration &#224; la constitution d'un grand corps politique, un grand corps politique au Sud ... et comprenez bien que le Sud n'est pas seulement pour nous un concept g&#233;ographique, mais c'est aussi un concept politique, id&#233;ologique. A une occasion, je parlai du Sud, et quelques Mexicains m'ont dit : &#171; Chavez, et nous ? &#187; Pour nous, les Mexicains font partie du Sud. Le Sud est un concept politique et c'est une des grandes t&#226;ches que nous avons aujourd'hui : reprendre conscience du Sud, comme dit Mario Benedetti : &#171; Le Sud existe aussi &#187;. Nous sommes le Sud de la terre, notre chemin est le Sud. &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : C'est-&#224;-dire que c'est de l&#224; que vient la confrontation entre le projet imp&#233;rialiste nord-am&#233;ricain et notre projet lib&#233;rateur, du Sud, des Cara&#239;bes, et aujourd'hui, ind&#233;niablement, cette confrontation monte en puissance. En 1990, apr&#232;s la chute sovi&#233;tique et celle du Mur de Berlin, l'imp&#233;rialisme nord-am&#233;ricain nous est tomb&#233; dessus, il est pass&#233; &#224; l'offensive, il a voulu faire du fric, il se sent victorieux. Ils ont d&#233;cr&#233;t&#233; la fin de l'Histoire, la fin des id&#233;ologies . Aujourd'hui, &#224; peine quinze ans se sont &#233;coul&#233;s et nous devons leur dire, comme dit une vieille chanson : &#171; Les id&#233;ologies n'&#233;taient pas mortes, elles faisaient la noce &#187;. Ils ont d&#233;cr&#233;t&#233; la fin du socialisme. Aujourd'hui, il faut leur dire : &#171; Le socialisme n'&#233;tait pas mort, il faisait la noce &#187; et nous, les socialistes, sommes ici, levant &#224; nouveau nos drapeaux. &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Ensuite, ils ont lanc&#233;, vers 1990, l'Initiative pour les Am&#233;riques. Le pr&#233;sident des Etats-Unis &#233;tait alors &#171; Monsieur Papa &#187;. Monsieur Papa Bush &#233;tait pr&#233;sident des Etats-Unis. Il a lanc&#233; ce qu'on a appel&#233; l'Initiative pour les Am&#233;riques qui fit beaucoup de mal &#224; l'Am&#233;rique Latine et aux Cara&#239;bes parce que, imm&#233;diatement, les &#233;lites de nos pays, presque sans exception... Bien entendu, comme toujours, comme un tigre d'acier...dans la Cuba r&#233;volutionnaire, nous avons obtenu que personne ne se rende, que personne ne plie, et c'est pour cela que nous aimons tant son peuple, ses dirigeants et son pr&#233;sident. Et d'ici, nous allons faire une ovation &#224; Fidel Castro. &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : clameur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Vive Fidel ! &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : Viva !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Vive le Che ! &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : Viva !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Le Che Guevara est vivant sur cette terre, en chacun de vous, en nous tous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bon, je vous parlais des dommages qu'avait engendr&#233;s pour les peuples d'Am&#233;rique Latine, l'Initiative pour les Am&#233;riques, le n&#233;o-lib&#233;ralisme, le Consensus de Washington, et les mesures du Fonds Mon&#233;taire International. Sur ce continent, presque tous les gouvernements se sont agenouill&#233;s, les &#233;lites de ces peuples, ou plut&#244;t, pas de ces peuples, mais de ces r&#233;publiques... Elles se sont agenouill&#233;es devant l'Empire. Et c'est ainsi que telle une danse macabre, a commenc&#233; l'orgie de privatisations sur ces terres, et beaucoup, &#233;norm&#233;ment , parmi les entreprises des &#233;tats...&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : chants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Vous savez que je n'aime pas me quereller avec qui que ce soit, mais celui qui me cherche me trouve. Il y a un refrain, dans les savanes de ma terre, qui est aussi la v&#244;tre, qui dit ceci : &#171; Je suis comme une petite aub&#233;pine, qui dans la savane fleurit, je donne mon parfum &#224; ceux qui passent, et mes &#233;pines &#224; celui qui me d&#233;range. &#187; Alors, je n'aime pas me quereller mais celui qui me cherche querelle a int&#233;r&#234;t &#224; &#234;tre t&#234;tu. Monsieur Menem... &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : Assassin ! assassin !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Monsieur Menem a dit r&#233;cemment &#224; je ne sais quel journal ou quelle t&#233;l&#233;vision que Chavez &#233;tait un populiste, un d&#233;magogue qui a tromp&#233; le peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien, etc...Bien . Moi, &#224; Menem, je lui dis ceci, depuis Mar del Plata : Vendu ! B&#226;tard !&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : ovation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Mercenaire ! [3]&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : ovation .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Bon, justement, un des pays qui a le plus souffert, le plus souffert, jusqu'aux os, et cela nous fait tr&#232;s mal de le dire, de cette Initiative pour les Am&#233;riques, de cette orgie de privatisations, ce fut la grande nation argentine vendue par l'&#233;lite argentine. Mais aujourd'hui, l'Argentine se l&#232;ve &#224; nouveau et porte le drapeau de la libert&#233; ! Vive l'Argentine ! Vive la partrie de San Martin, la patrie du Che, la patrie de Peron, la patrie de Evita, la patrie de nous tous ! Vive l'Argentine ! Argentine, je t'aime ! &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : clameurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Tous nos peuples ont souffert de cette Initiative pour les Am&#233;riques, du Consensus de Washington. Au Venezuela, la r&#233;sistance a commenc&#233; t&#244;t contre le Consensus de Washington parce qu'&#224; peine &#233;taient-ils en train de pr&#233;parer les papiers de la proposition du Consensus de Washington, &#224; peine &#233;taient-ils en train de pr&#233;parer les documents de capitulation devant le Fonds Mon&#233;taire International que , le 27 f&#233;vrier 89, le Venezuela explosa et le peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien entra en r&#233;bellion contre le projet imp&#233;rialiste et n&#233;o-lib&#233;ral du Fond Mon&#233;taire International. Au Venezuela, la r&#233;sistance commen&#231;a t&#244;t, mais par la suite, les peuples se sont lev&#233;s les uns apr&#232;s les autres. Et certainement, je vous recommande, &#224; mes coll&#232;gues, je vous recommande &#224; tous de ne pas vous approcher de Monsieur Bush, c'est effrayant, je vous le dis, c'est effrayant, c'est effrayant. Ici on a demand&#233; ce matin &#224; mon chancelier Ali si je devais avoir une r&#233;union quelconque avec Monsieur Bush et il a r&#233;pondu jusqu'&#224; pr&#233;sent, Monsieur Bush n'a demand&#233; aucune entrevue, puisse-t-il la demander... ? C'est effrayant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pupilles de Bush en Am&#233;rique Latine tombent un &#224; un. Voyez ce pr&#233;sident bolivien, il a dit que je l'avais fait tomber parce qu'en outre, il dit que je suis coupable , Fidel et moi , ce Sanchez de Lozada dit que je l'ai fait tomber, non, c'est Bush. Bush l'a fait tomber parce qu'il s'est entremis et les peuples n'acceptent plus ici ni pr&#233;sidents entremetteurs ni pr&#233;sidents agenouill&#233;s devant l'imp&#233;rialisme. Les peuples veulent de v&#233;ritables dirigeants. &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. . : On me dit qu'il y a dans cette assembl&#233;e un groupe d'anciens combattants de la guerre des Malouines . Nous allons les saluer. Vivent les Malouines argentines ! &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : Viva !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Vive la souverainet&#233; argentine ! &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : Viva !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Bon, si je continue au m&#234;me rythme, je pourrais parler ici jusqu'&#224; six heures du soir, mais vous savez que je dois aller l&#224;-bas. &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : chants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Maintenant, je comprends pourquoi il n'y a pas de gros ici. Je vais leur recommander, au Venezuela, de faire ce m&#234;me saut , c'est bon pour maintenir la forme physique et morale. Voyez, je vais abr&#233;ger mes r&#233;flexions pour rallonger certaines choses que je ne veux pas oublier de dire ici aujourd'hui, de m&#234;me que Silvio, Daniel et Amaury ont g&#233;n&#233;reusement raccourci leurs concerts ; nous aurions aim&#233; continuer &#224; entendre leurs chansons mais c'est pareil pour le temps. Voyez, ces chemins viennent de loin, compagnons et compagnes, ces projets, le projet annexionniste du Nord et le projet de lib&#233;ration du Sud se trouvent aujourd'hui face &#224; face comme toujours, c'est un nouveau moment que nous vivons. Il y a deux cents ans, les p&#232;res lib&#233;rateurs ne purent le r&#233;aliser et Bolivar exprima en une phrase profonde, en une phrase dramatique cette r&#233;alit&#233; douloureuse lorsqu'il dit : &#171; J'ai labour&#233; la mer... &#187; A quoi servit cette ind&#233;pendance ? disait Bolivar en mourant, ils ne purent mettre en place des r&#233;publiques &#233;liminant les in&#233;galit&#233;s, les privil&#232;ges, de gens &#233;gaux et libres... et ensuite, en s'unissant dans la ligue des r&#233;publiques pour faire contrepoids au Nord avec l'Est et l'Ouest. Ainsi Bolivar posait le probl&#232;me quand il convoqua le Congr&#232;s de Panama en 1824. Le congr&#232;s se r&#233;unit en 26, &#224; Panama mais il mourut en naissant. Lui disait qu'il &#233;tait n&#233;cessaire, qu'il &#233;tait indispensable de faire l'Union du Sud, une ligue de r&#233;publiques du point de vue politique, &#233;conomique, social, militaire, pour aller ensuite n&#233;gocier pour la paix, l'&#233;conomie et la guerre, avec le Nord, l'Est et l'Ouest, d'&#233;gal &#224; &#233;gal et dans la dignit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Cette strat&#233;gie, la strat&#233;gie de Bolivar, &#233;tait la m&#234;me pour tous mais peut-&#234;tre Bolivar r&#233;ussit &#224; l'amener plus loin, il r&#233;ussit malgr&#233; les difficult&#233;s, il r&#233;ussit &#224; orienter mieux la boussole . Unir le Sud est indispensable pour pouvoir n&#233;gocier dans des conditions d'&#233;galit&#233; et de dignit&#233; avec le Nord et le reste du monde. Cela est plus d'actualit&#233; que jamais. Aujourd'hui, c'est plus n&#233;cessaire qu'hier et de fa&#231;on plus angoissante. Jamais auparavant, cette id&#233;e strat&#233;gique ne fut aussi vitale, c'est pour cela qu'il y a cinq ans, il y eut le Sommet des Am&#233;riques, au Qu&#233;bec, l&#224;-bas, au Canada. Et comme Cuba ne participait pas &#224; ces sommets de pr&#233;sidents parce qu'il para&#238;t que &#171; d&#233;mocratiquement &#187;, il y e&#251;t une consultation et &#171; en d&#233;mocratie &#187; on d&#233;cida que Cuba ne participerait pas. Je crois que ce fut ainsi. Bien s&#251;r, que Cuba participe, parce que Cuba est dans notre parole, dans notre voix, dans notre morale. Cuba marche avec nous. &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Il y a cinq ans, l&#224;-bas au Canada, le gouvernement des Etats-Unis a r&#233;ussi &#224; faire approuver, presque &#224; l'unanimit&#233; malheureusement, la proposition de la ZLEA, une zone de libre commerce pour les Am&#233;riques et le Venezuela fut l'unique pays qui leva cette m&#234;me main pour dire non ! Pour dire non &#224; cette proposition mais tous les autres gouvernements approuv&#232;rent la proposition et voyez ce qui est arriv&#233; : l&#224;-bas au Canada, on a approuv&#233; un article, un article de la d&#233;claration que l'on ressort toujours, o&#249; il est dit : &#171; Les n&#233;gociations pour une &#232;re de libre commerce des Am&#233;riques devront &#234;tre termin&#233;es le 1&#176; janvier 2005 et en outre, l'accord devra &#234;tre activ&#233; au plus tard le 31 d&#233;cembre 2005 &#187;. Le 1&#176; janvier 2005 est arriv&#233; et la ZLEA o&#249; en est-elle ? D&#233;j&#224; arrive le 31 d&#233;cembre 2005 et la ZLEA o&#249; en est-elle ? Je le r&#233;p&#232;te, les peuples de ce continent ont mis la ZLEA en d&#233;route et aujourd'hui, ici &#224; Mar del Plata, &#231;a a &#233;t&#233; son enterrement . Nous enterrons aujourd'hui la ZLEA, elle est enterr&#233;e bien profond, &#224; Mar del Plata. &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : clameurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Maintenant voyez, en v&#233;rit&#233;, cela me pla&#238;t de rester ici avec vous mais j'ai des obligations officielles, n'est-ce pas ? Remarquez bien une chose, la ZLEA est morte mais cela ne veut pas dire que le capitalisme est mort, j'insiste sur cette id&#233;e, ce que nous allons enterrer prochainement, c'est le capitalisme. C'est le prochain enterrement&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : clameurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Pour cela, il faudra lutter beaucoup plus . Simon Bolivar avait une formule : &#171; Si nous voulons une patrie, alors, constance, toujours plus de constance, patience, toujours plus de patience, travail, toujours plus de travail... &#187; Unit&#233;, unit&#233;, unit&#233;, toujours plus d'unit&#233;, pour avoir une patrie, pour r&#233;aliser nos r&#234;ves, pour rendre possible l'utopie, pour r&#233;ussir le sauvetage de nos peuples, unit&#233;, unit&#233;, unit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Nous, du Venezuela, il y a plusieurs ann&#233;es, avons commenc&#233; &#224; faire une proposition qui d'abord r&#233;sonnait timidement, solitaire, et ensuite a pris de la force et r&#233;sonne comme les tambours que vous avez ici, elle r&#233;sonne comme les clairons de mille cavaleries parce qu'il ne s'agit pas seulement de dire non &#224; la ZLEA... Il s'agit de planifier et de construire la proposition alternative, le chemin alternatif, et c'est ici que surgit notre id&#233;e, notre proposition : l'ALBA, Alternative Bolivarienne pour les peuples d'Am&#233;rique. C'est notre projet, c'est le projet de deux cents ans, c'est le projet de San Martin, de Artigas, de O' Higgins, de Miranda, de Bolivar, du Che, de Peron, de Evita, c'est notre projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ALBA...je dois vous dire qu'en d&#233;cembre pass&#233;, je suis all&#233; &#224; Cuba et l&#224;-bas, Fidel et moi, nous avons sign&#233;, la R&#233;publique de Cuba et la R&#233;publique Bolivarienne du Venezuela, nous avons sign&#233; un accord : l'ALBA . Et nous avan&#231;ons. Le Venezuela et Cuba, nous avons avanc&#233; d'un pas ferme, avec une grande volont&#233; politique, une grande participation populaire, la participation populaire est n&#233;cessaire, avec une grande volont&#233; sociale, avec un grand effort du point de vue &#233;conomique, nous avons avanc&#233; d'un pas ferme dans la construction de l'ALBA, je le r&#233;p&#232;te, du point de vue politique, social, &#233;conomique, technologique . Et, croyez-moi, croyez que Fidel Castro, qui ne croit pas en Dieu , nous le savons avec certitude, moi, oui, je crois en Dieu, Fidel est ath&#233;e mais savez-vous quel nom a donn&#233; Fidel Castro &#224; une mission cubano-v&#233;n&#233;zu&#233;lienne ? : &#171; Mission Miracle &#187;, car, en v&#233;rit&#233; , il me dit un jour au t&#233;l&#233;phone : &#171; Chavez, cela ressemble &#224; un miracle &#187;. La derni&#232;re chose que je lui ai entendu dire, c'est : &#171; Dieu aide Chavez et... &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : clameurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. :... Je crois que ce fut quand il y eut un ouragan directement sur La Havane Moi, j'&#233;tais en attente, l'appelant : vois, il ne va pas passer sur La Havane, et l'ouragan passa juste &#224; c&#244;t&#233;. Alors, je l'appelai : &#171; Que s'est-il pass&#233; ? Et l'ouragan ? &#187; Et il me dit : &#171; Non, fiston, il a chang&#233; de route, tu as raison. &#187; Et moi, je lui dis : &#171; Bon, je l'ai demand&#233; &#224; Dieu, Fidel, je l'ai demand&#233; &#224; Dieu &#187;. Et il dit : &#171; Tu as bien raison, Dieu aide Chavez et ses amis. &#187; Et l'ouragan est pass&#233; en l'effleurant juste. &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Et une nuit, je lui dis : &#171; Vois, Fidel, nous allons parler du Christ &#187;. Il me dit : &#171; Allons, nous allons parler &#187; et finalement, apr&#232;s plusieurs heures, il me dit : &#171; Chavez, je suis chr&#233;tien mais dans le social... &#187; Bon, nous sommes chr&#233;tiens dans le social, l'&#233;galit&#233;, la libert&#233;, c'est cela le socialisme. Le Christ, je le r&#233;p&#232;te, a &#233;t&#233; pour moi le premier grand socialiste de notre &#232;re ; la libert&#233;, l'&#233;galit&#233;, la morale socialiste, de laquelle le Che a tellement parl&#233;, de laquelle Fidel a tellement parl&#233;, et tant d'autres, vous , beaucoup d'entre vous , certains pendant plusieurs ann&#233;es... Maintenant, l'Alternative Bolivarienne pour l'Am&#233;rique et pour les Peuples d'Am&#233;rique doit &#234;tre construite en commen&#231;ant par la base, avec la participation des travailleurs, de la classe ouvri&#232;re, des indig&#232;nes, des paysans, des agriculteurs, des &#233;tudiants, des femmes, des afro descendants, des professionnels, des artistes, des chanteurs, des po&#232;tes, nous avons tous notre t&#226;che. Mais l'Alternative Bolivarienne pour les Peuples d'Am&#233;rique ne sera pas construite en commen&#231;ant par les &#233;lites ... c'est depuis la base, depuis nos propres racines, avec notre sueur, notre boue, comme disait Jos&#233; Marti. Jos&#233; Marti disait : &#171; Il faut &#234;tre radicaux &#187; parce que nous devons aller &#224; nos racines radicales. Ce mot a &#233;t&#233; diabolis&#233; &#171; c'est un radical &#187; et on l'a assimil&#233; &#224; &#171; fou &#187;. Non, &#171; radical &#187; n'est pas &#171; fou &#187;, je suis un radical, nous allons &#234;tre radicaux, radicaux dans nos principes bien enracin&#233;s. De l&#224; vient le mot, de la racine, radical, radicalement r&#233;volutionnaire, radicalement humaniste, radicalement patriotes, de la Grande Patrie, radicalement compromis avec la vie et avec les peuples, chaque jour plus radicaux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ALBA se construit depuis les racines, par exemple, remarquez une chose, pour d&#233;tailler quelques &#233;l&#233;ments de la configuration de l'ALBA : je vous parlai de Cuba et du Venezuela... Gr&#226;ce &#224; l'ALBA, Cuba et le Venezuela, nous avons fait une alliance strat&#233;gique o&#249; l'argent n'a pour nous que l'importance n&#233;cessaire. Ce n'est pas le profit qui importe, ce que cherche la ZLEA, c'est consolider le pouvoir &#233;conomique des grandes transnationales et des &#233;lites qui ont domin&#233; ces pays pendant longtemps. Cela, c'est la ZLEA ; l'ALBA cherche la lib&#233;ration des peuples, la redistribution des richesses de nos peuples, l'&#233;galit&#233;, le changement du mod&#232;le &#233;conomique productif, l'int&#233;gration sociale, qu'il n'y ait pas d'exclus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyez comme la pauvret&#233; a augment&#233; en Am&#233;rique Latine &#224; cause principalement du mod&#232;le capitaliste et du Consensus de Washington. Voil&#224; 20 ans, il y avait en Am&#233;rique Latine 200 000 000 de pauvres, il y en a aujourd'hui 222 000 000 selon les derniers chiffres de la CEPAL (Commission Economique Pour l'Am&#233;rique Latine et les Cara&#239;bes). Il y a 20 ans, il y avait 50 000 000 d'indigents en Am&#233;rique Latine, il y en a aujourd'hui 100 000 000. Aujourd'hui, pour 1000 naissances vivantes, 27 enfants meurent de maladies qui seraient curables. En Am&#233;rique Latine, chaque jour il y a plus de faim, plus de mis&#232;re, &#224; cause du mod&#232;le capitaliste n&#233;o-lib&#233;ral qui a fouett&#233; ces peuples sans cl&#233;mence. Et chaque jour, les riches sont plus riches, chaque jour les &#233;lites s'enrichissent davantage &#224; cause du mod&#232;le n&#233;o-lib&#233;ral capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je disais que l'ALBA, gr&#226;ce &#224; l'accord strat&#233;gique Cuba Venezuela par exemple, les V&#233;n&#233;zu&#233;liens ont pu faire reculer un mal s&#233;culaire : l'analphab&#233;tisme. En moins de deux ans, entre Cuba et le Venezuela, nous en finissons avec lui. L'analphab&#233;tisme au Venezuela, gr&#226;ce &#224; l'appui de Cuba R&#233;volutionnaire, gr&#226;ce &#224; l'Alternative Bolivarienne qui est aussi martienne, nos peuples , en moins de deux ans , ont appris &#224; lier et &#224; &#233;crire, et voyez comme 1 500 000 de V&#233;n&#233;zu&#233;liens ont bien appris. Nous suivons tous la route du sixi&#232;me grade. Au Venezuela, des hommes de 90 ans, des femmes de 85 ans, ont appris &#224; lire et &#224; &#233;crire et le Venezuela a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; voil&#224; une semaine &#171; territoire libre d'analphab&#233;tisme &#187; par l'UNESCO avec la m&#233;thode cubaine &#171; Moi, je peux &#187;. Ceci, c'est l'ALBA en Am&#233;rique Latine et c'est une des propositions que j'apporte au sommet de Mar del Plata, au sommet des pr&#233;sidents : que nous arr&#234;tions d'aller de sommet en sommet et de faire des discours et encore plus de discours, des papiers et encore plus de papiers et que nous allions directement &#224; la lutte contre l'analphab&#233;tisme, merde ! Car nous pouvons le mettre en d&#233;route en peu d'ann&#233;es. En Am&#233;rique Latine, nous avons aujourd'hui 40 000 000 d'analphab&#232;tes et si nous parlons de l'analphab&#233;tisme fonctionnel, il y a pratiquement 200 000 000 d'analphab&#232;tes fonctionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment quelqu'un peut-il penser qu'avec cette charge terrible, avec ce poids si grand sur le dos de nos peuples depuis des si&#232;cles, produit de l'esclavage, de l'exploitation, de la domination, comment peut-on penser que nous pourrons avancer tant que nous n'aurons pas battu l'analphab&#233;tisme ? Non, nous ne pourrons pas, nous ne pourrons pas, c'est une t&#226;che prioritaire. Ce matin, en volant de Caracas jusqu'ici, je me souvenais de quelque chose en lisant certains papiers. Il y a 44 ans, remarquez bien ceci, il y eut un sommet tout pr&#232;s d'ici &#224; Punta del Este, l&#224;-bas en Uruguay et, &#224; cette conf&#233;rence vinrent tous les gouvernements du continent, y compris celui de Cuba... et le repr&#233;sentant cubain &#224; cette conf&#233;rence fut certainementunArgentinquifutCubainetquiest Latino Am&#233;ricain,vouslesavez...Le Che Guevara vint &#224; PuntadelEste, &#224; la t&#234;te de la d&#233;l&#233;gationcubaine. A cette r&#233;union, il faut se souvenir que le gouvernement des Etats-Unis de l'&#233;poque, le pr&#233;sident des Etats-Unis &#233;tait John Fitzerald Kennedy et bien que je ne sois pas kennediste, en aucune fa&#231;on, entre autres parce que sous ce gouvernement eut lieu l'invasion de la Baie des Cochons, mais avec tout ceci, cependant, le Christ dit un jour &#171; A Dieu ce qui est &#224; Dieu et &#224; C&#233;sar ce qui est &#224; C&#233;sar &#187;, il semble que Kennedy ait compris une partie des r&#233;alit&#233;s mondiales de cette &#233;poque et il le dit dans un discours devant le Congr&#232;s des Etats-Unis : &#171; Il y a une r&#233;volution au Sud et la cause de cette R&#233;volution, c'est la faim, c'est la pauvret&#233;, ce n'est pas le communisme &#187;. Il le dit ainsi et ensuite fit une proposition, en outre, la proposition avait certainement pour but politique de freiner l'avance de la R&#233;volution Cubaine et des r&#233;volutions de cette &#232;re mais Kennedy proposa ici, &#224; Punta del Este, l'Alliance Pour le Progr&#232;s. Kennedy dit que les plans militaires de la contre-r&#233;volution devaient &#234;tre accompagn&#233;s d'un plan de r&#233;forme agraire et il fit la proposition aux pr&#233;sidents d'Am&#233;rique Latine de mettre en route un plan de r&#233;forme agraire, y compris au Venezuela. Ce fut avec Romulo Betancourt et ils remirent des titres de propri&#233;t&#233;. Il y a peu de temps, j'ai rencontr&#233; l&#224;-bas, au sud de Caracas, des hommes de presque 80 ans, qui me dirent : &#171; Chavez, je m'en rappelle, ici m&#234;me il vint : Kennedy s'arr&#234;ta sous ce bosquet et avec Betancourt il nous remit des papiers. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kennedy proposa une r&#233;forme agraire avec remise de terre aux paysans. Kennedy proposa des r&#233;formes fiscales, imposer les plus riches pour redistribuer les recettes. Kennedy dit avec une clart&#233; impressionnante de son point de vue : &#171; Ceux qui ferment le chemin &#224; la R&#233;volution pacifique ouvrent en m&#234;me temps le chemin &#224; la R&#233;volution violente... &#187; et il appela les gouvernements &#224; faire une r&#233;volution pacifique, c'est clair, de son point de vue, je le r&#233;p&#232;te... Maintenant, ce qui est concret et certain, c'est que, &#224; Punta del Este, il y a quarante-quatre ans, deux mois et quelques jours, le gouvernement des Etats-Unis est venu proposer L'Alliance pour le Progr&#232;s qui fut approuv&#233;e dans cette r&#233;union, &#224; l'exception de Cuba R&#233;volutionnaire qui avait ses raisons et ses principes. Et le gouvernement de Kennedy proposa 20 000 millions de dollars, non pour les pr&#234;ter, non, mais pour les apporter au d&#233;veloppement, &#224; la lutte contre la faim et la pauvret&#233; . Je vais faire avancer cela parce que je vais le dire l&#224;, mais ici, entre nous. Je vais le dire en secret : voyez, le Venezuela, qui est un pays sous-d&#233;velopp&#233;, pauvre, avec une charge tr&#232;s lourde, un h&#233;ritage tr&#232;s pesant de pauvret&#233;, d'in&#233;galit&#233; encore, cependant, vue l'augmentation des prix du p&#233;trole, alors qu'en outre, &#224; l'int&#233;rieur de l'ALBA, nous avons cr&#233;&#233; Petrocaribe ; le Venezuela, donc, vend son p&#233;trole &#224; quatorze pays des Cara&#239;bes, leur enlevant 40% du prix du baril, et cela ils nous le payent en 25 ans, avec 1% d'int&#233;r&#234;t et 3 ans de gr&#226;ce.&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Celui qui applique &#224; cela un calcul math&#233;matique pourra conclure que ce m&#233;canisme inclut, ce financement apporte une charge de donation d'environ 70% parce que c'est un placement de 25 ans &#224; 1% d'int&#233;r&#234;t et en outre ils peuvent nous payer en biens et services et non pas n&#233;cessairement en argent. Ceci, c'est pour aider les plus petits, les plus faibles que nous, les fr&#232;res qui ont plus de difficult&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Mais, non seulement dans les Cara&#239;bes, ici en Argentine, nous avons &#233;tabli aussi un accord de coop&#233;ration , les deux gouvernements ; accord &#224; travers lequel le Venezuela fournit environ 8 000 000 de barils de fuel en Argentine et vous, vous nous payez non pas avec de l'argent mais avec de jeunes vaches pleines, par exemple, ou avec des &#233;quipes de m&#233;decins pour lutter contre le cancer. &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Maintenant, nous signons avec le gouvernement uruguayen un accord et pour la premi&#232;re fois . Je dois vous dire, en outre, que le Venezuela exploite du p&#233;trole depuis pr&#232;s de cent ans, que le Venezuela a &#233;t&#233;, pendant presque trente ans, le premier exportateur du monde . Mais nous &#233;tions une colonie nord-am&#233;ricaine et tout le p&#233;trole allait &#224; l'Am&#233;rique du Nord. Pour la premi&#232;re fois voici un an, est arriv&#233; au Rio de la Plata un bateau v&#233;n&#233;zu&#233;lien charg&#233; de p&#233;trole pour le peuple argentin... pour la premi&#232;re fois en cent ans. &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Pour la premi&#232;re fois en cent ans, est arriv&#233; voil&#224; trois mois, un tanker v&#233;n&#233;zu&#233;lien charg&#233; de p&#233;trole pour l'Uruguay, pour &#234;tre raffin&#233; dans la raffinerie que poss&#232;dent nos fr&#232;res uruguayens. Et en plus, ils vont nous payer avec des facilit&#233;s, nous ne leur demandons pas de nous payer maintenant, non, payez-nous &#224; long terme...Et en outre, nous sommes en train de signer un accord pour qu'ils nous payent avec du ciment et d'autres biens et services une partie de la facture p&#233;troli&#232;re, pour all&#233;ger la charge qui p&#232;se sur ces gouvernements et le fisc, et pour qu'ils puissent , eh bien, avancer plus rapidement dans les programmes sociaux. Nous avons achet&#233; &#224; l'Argentine presque 1000 000 000 de dollars de bons . Cela ne s'&#233;tait jamais vu ici, qu'un pays latino-am&#233;ricain ach&#232;te &#224; un autre des bons pour financer ses plans de d&#233;veloppement, bien que nous ayons, nous aussi, une charge assez lourde. &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Mais aujourd'hui, je viens proposer un plan qui, comme Kennedy le proposa et qui fut approuv&#233;, avec les m&#234;mes pays qui sont r&#233;unis aujourd'hui ici, voil&#224; quarante-quatre ans fut approuv&#233;e l'Alliance pour le Progr&#232;s, je propose que nous fassions maintenant une Alliance contre la Faim . Le Venezuela la propose . L'Alliance pour le Progr&#232;s fut un plan sur dix ans, de 61 &#224; 70, nous autres, nous proposons ici aujourd'hui, nous allons proposer l&#224; que nous fassions une Alliance contre la Faim. Ce serait comme Alliance AL, contre C, la Faim FA [4] .&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Que nous fassions une ALCFA, une Alliance Contre la Faim, et que le Venezuela, modestement... Ce serait un plan sur dix ans, 2005, 2015, pour qu'en dix ans, nous mettions en d&#233;route la faim sur ces terres. En Am&#233;rique Latine, nous avons 220 000 000 de pauvres et 100 000 000 d'indigents . C'est une situation horrible qui frappe comme une gifle terrible le visage des hommes et des femmes de ces terres . Ce sont nos fr&#232;res qui meurent de faim pendant que d'autres vivent dans le luxe et le gaspillage. Le Venezuela offre de ses propres ressources . Le peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien, pour une alliance comme celle que je projette pour les dix prochaines ann&#233;es, offre 10 000 millions de dollars. C'est ce qu'offraient les Etats-Unis pour l'Alliance pour le Progr&#232;s : 10 000 000 000 de dollars... &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Je suis s&#251;r, je n'ai pas demand&#233; &#224; Fidel Castro, mais je ne manquerai pas de le faire, que dans cette Alliance contre la Faim et dans la lutte contre l'analphab&#233;tisme et les plans concernant la sant&#233;, les plans de sant&#233; comme &#171; Barrio Adentro &#187; qui, avec 20 000 m&#233;decins cubains ajout&#233;s &#224; 1000 m&#233;decins et infirmiers v&#233;n&#233;zu&#233;liens sont dispers&#233;s dans tout le pays, offrant une attention pr&#233;ventive et &#233;ducative de sant&#233; &#224; 17 000 000 d'&#234;tres humains qui en &#233;taient exclus, et cela inclut les m&#233;dicaments totalement gratuits... &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. :... Je suis s&#251;r que Fidel Castro et le peuple cubain se joindront &#224; ce plan, j'en suis absolument s&#251;r . Ceci, c'est l'ALBA... Mettons en avant le social, soyons profond&#233;ment humanistes, mettons en avant la douleur de notre population pour fortifier la coh&#233;sion sociale : ceci, c'est l'ALBA . L'ALBA, c'est aussi, par exemple, ce que nous avons fait &#224; Caracas voil&#224; &#224; peine deux semaines : une rencontre internationale, Rencontre Internationale des Travailleurs d'Entreprises R&#233;cup&#233;r&#233;es : travailleurs d'ici, en Argentine, du Br&#233;sil, de l'Uruguay, du Paraguay, de Ha&#239;ti, de Colombie, du Venezuela, de plus de dix pays, dirigeants syndicaux, centrales syndicales... et nous avons sign&#233; l&#224; des dizaines d'accords de coop&#233;ration. Pour vous donner un exemple, une entreprise uruguayenne qui travaille le cuir mais ne peut obtenir de cr&#233;dits, n'a rien pour acheter la mati&#232;re premi&#232;re. Bien... Le Venezuela lui a offert, en accord avec les travailleurs v&#233;n&#233;zu&#233;liens, la mati&#232;re premi&#232;re pour travailler. Une entreprise br&#233;silienne qui travaille le plastique mais a des difficult&#233;s de financement n'a pas suffisamment de mati&#232;re premi&#232;re pour faire des tubes de plastique et des articles de plastique. Le Venezuela lui offre la mati&#232;re premi&#232;re de notre p&#233;trochimie et ils vont nous payer &#224; bas prix avec des produits et non avec de l'argent, et ensuite, ensemble, nous allons conclure une alliance strat&#233;gique, placer ces produits sur notre march&#233; pour satisfaire les besoins de nos peuples. &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : De cette r&#233;union est venue l'id&#233;e de cr&#233;er Empresur (Entreprises R&#233;cup&#233;r&#233;es du Sud). Ceci, c'est l'ALBA. L'ALBA, c'est aussi Petrosur, une alliance strat&#233;gique entre les p&#233;troliers sud-am&#233;ricains : PDVSA, Petrobras, Ancap, et Enarsad d'Argentine. Pour rechercher, pour commercialiser et traiter notre p&#233;trole ensemble. Je dois vous dire que le Venezuela est pr&#234;t &#224; acqu&#233;rir ici, en Argentine, une raffinerie. Nous allons investir dans cette raffinerie et dans un syst&#232;me de distribution de combustible environ 100 000 000 de dollars pour amener le p&#233;trole v&#233;n&#233;zu&#233;lien et le raffiner ici et, bon, aider &#224; la fourniture et baisser les co&#251;ts de production pour le peuple argentin. &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : C'est la m&#234;me chose avec le Br&#233;sil. Nous avons sign&#233; un accord avec Petrobras et nous allons construire une grande raffinerie &#224; Pernambuco, dans le nord-est du Br&#233;sil, pour amener le p&#233;trole v&#233;n&#233;zu&#233;lien, le raffiner et le distribuer &#224; toute cette population du nord du Br&#233;sil qui a des difficult&#233;s pour avoir de l'&#233;nergie. Je dois vous dire, compagnes et compagnons, et je le dis avec beaucoup d'humilit&#233; mais c'est une v&#233;rit&#233;, c'est la raison des agressions imp&#233;rialistes contre le Venezuela. Fondamentalement, le Venezuela a la premi&#232;re r&#233;serve de p&#233;trole du monde, le Venezuela a la huiti&#232;me r&#233;serve de gaz prouv&#233;e du monde, le Venezuela a suffisamment de p&#233;trole et de gaz pour en fournir pendant deux cents ans &#224; l'Am&#233;rique Latine. Les peuples d'Am&#233;rique Latine et des Cara&#239;bes peuvent compter sur l'appui du Venezuela pour leur d&#233;veloppement &#233;nerg&#233;tique, social et technologique.&lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Enfin, voici quelques rep&#232;res qui aident &#224; dessiner la proposition d'Alternative Bolivarienne pour l'Am&#233;rique : Telesur est n&#233;e, la t&#233;l&#233;vision sud-am&#233;ricaine, notre proposition d'il y a plusieurs ann&#233;es, est n&#233;e et elle aura chaque jour une couverture plus large. D&#233;j&#224;, elle marche vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ceci, c'est la t&#233;l&#233;vision, je le dis ainsi, la t&#233;l&#233;vision de l'ALBA, mais il est n&#233;cessaire que nous voyions nos visages et entendions nos voix et non pas ce que veulent CNN et les grandes cha&#238;nes du Nord que nous voyons par nous-m&#234;mes pour racheter nos traditions, nos cultures .Telesur est n&#233;e, la t&#233;l&#233;vision du Sud, la t&#233;l&#233;vision de l'int&#233;gration de l'ALBA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce matin, j'ai re&#231;u les honneurs militaires alors que je descendais de l'avion et je me suis arr&#234;t&#233; pour parler avec un soldat argentin et je sais les traumatismes qu'ici, dans le C&#244;ne sud, les peuples ont v&#233;cu &#224; cause des soldats. Mais ces soldats argentins, ces soldats uruguayens, ces soldats br&#233;siliens, ces soldats v&#233;n&#233;zu&#233;liens, boliviens, &#233;quatoriens, doivent racheter les drapeaux originaires des lib&#233;rateurs de ces terres, des soldats lib&#233;rateurs, parce que c'est aussi une part de la p&#233;n&#233;tration imp&#233;rialiste. L'imp&#233;rialisme nord-am&#233;ricain a p&#233;n&#233;tr&#233; les Forces Arm&#233;es de nos peuples . Ils form&#232;rent des dictateurs et apprirent &#224; nos soldats &#224; torturer, &#224; dispara&#238;tre et &#224; attaquer nos propres peuples, plusieurs fois au cours du vingti&#232;me si&#232;cle, plusieurs fois, presque toutes les arm&#233;es de nos peuples agirent comme des arm&#233;es d'occupation sur nos propres territoires. Moi, j'appartiens &#224; l'arm&#233;e v&#233;n&#233;zu&#233;lienne qui releva les drapeaux de Bolivar et s'unit au peuple pour faire une r&#233;volution. &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Si je dis cela, c'est parce que j'ai vu le soldat avec le fusil &#224; l'&#233;paule, me rendant les honneurs . Je me suis arr&#234;t&#233; face &#224; lui et face &#224; un autre, je les ai salu&#233;s et j'ai dit &#224; l'un d'eux, &#224; voix basse : &#171; N'oublie pas que ce fusil que tu as sur la poitrine, c'est pour d&#233;fendre le peuple argentin, pour d&#233;fendre la souverainet&#233; du peuple argentin, et la dignit&#233; du peuple argentin. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
L.P. : applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.C. : Et j'ai vu dans les yeux de ce soldat l'&#233;clat de la conscience. Je suis s&#251;r que, dans la mesure o&#249; les peuples continuent leur marche en avant, construisant le chemin de la lib&#233;ration d&#233;finitive de notre Am&#233;rique, ils seront chaque jour moins seuls. Nous serons chaque jour plus accompagn&#233;s par nos soldats qui sont et doivent toujours &#234;tre une partie de l'&#226;me d'un peuple comme le fut Saint-Martin, le g&#233;n&#233;ral m&#233;tis, comme le fur Bolivar, le g&#233;n&#233;ral lib&#233;rateur, comme le furent les g&#233;n&#233;raux lib&#233;rateurs, les soldats lib&#233;rateurs, parce qu'il s'agit ici d'une deuxi&#232;me ind&#233;pendance. Ce que nous faisons aujourd'hui, d&#233;j&#224;, Jos&#233; Marti le disait dans les ann&#233;es 1880 et quelques, parlant aux peuples de l'Am&#233;rique Latine : &#171; L'heure de la deuxi&#232;me ind&#233;pendance est arriv&#233;e... &#187; Et nous avons besoin de tous, hommes et femmes conscients, unis, v&#233;ritablement unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque je parlais des soldats, c'est que je me rappelais que, de m&#234;me que l'OTAN existe (Organisation du Trait&#233; de l'Atlantique Nord) parce que, je le dis, l'OTAS ne peut exister (Organisation du Trait&#233; de l'Atlantique Sud). Voyons s'il est vrai qu'un jour il va arriver de nouveau ce qui est arriv&#233; aux Malouines, que nous unissions aussi nos forces arm&#233;es pour assurer notre souverainet&#233;, pour d&#233;finir nous-m&#234;mes nos concepts de s&#233;curit&#233;, de d&#233;fense et de souverainet&#233; et ne pas continuer &#224; d&#233;pendre des mandats (comme cela s'est fait longtemps) du Commandement Sud des Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ind&#233;pendance, disait Marti, ind&#233;pendance, disons-nous aujourd'hui dans ce troisi&#232;me Congr&#232;s des Peuples. Je termine avec l'&#226;me, avec la phrase de Marti : &#171; L'heure de la deuxi&#232;me ind&#233;pendance des peuples d'Am&#233;rique est arriv&#233;e. &#187; L'heure est arriv&#233;e. Accolade bolivarienne, sanmartinienne, p&#233;roniste, gu&#233;variste, bolivarienne et r&#233;volutionnaire pour tous et toutes. Merci beaucoup, Maradona, merci beaucoup, Bonasso, merci beaucoup, Bonafini, merci beaucoup &#224; tous, merci beaucoup &#224; toutes pour cet &#233;v&#233;nement merveilleux, je vais &#224; l'autre sommet apporter votre &#226;me et votre parole, la parole des peuples jusqu'&#224; la mort . Hasta la victoria siempre ! La Patrie ou la mort ! Nous vaincrons ! Vive le Che Guevara, merde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Traduction Gaston Lopez et Olivier Lopez&lt;br class='autobr' /&gt;
(tir&#233; du site Le grand soir)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Enjeux et r&#233;alit&#233;s des gauches au sud du ri&#243; Bravo </title>
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		<dc:date>2005-09-26T00:59:05Z</dc:date>
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		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>

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&lt;p&gt;Depuis que la guerre froide est enterr&#233;e, certains intellectuels et hommes politiques ont proclam&#233; que l'id&#233;al r&#233;volutionnaire &#233;tait de l'ordre du pass&#233;. Pourtant, les latino-am&#233;ricains nous rappellent r&#233;guli&#232;rement que la fin de l'histoire n'est pas pour demain1 . Et derni&#232;rement, c'est &#224; une v&#233;ritable mont&#233;e en puissance des gauches auquel on assiste. Gauches politiques tout d'abord, avec la conqu&#234;te &#233;lectorale de plusieurs gouvernements nationaux, dont M. Hugo Chavez au Venezuela, le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis que la guerre froide est enterr&#233;e, certains intellectuels et hommes politiques ont proclam&#233; que l'id&#233;al r&#233;volutionnaire &#233;tait de l'ordre du pass&#233;. Pourtant, les latino-am&#233;ricains nous rappellent r&#233;guli&#232;rement que la fin de l'histoire n'est pas pour demain1 . Et derni&#232;rement, c'est &#224; une v&#233;ritable mont&#233;e en puissance des gauches auquel on assiste. Gauches politiques tout d'abord, avec la conqu&#234;te &#233;lectorale de plusieurs gouvernements nationaux, dont M. Hugo Chavez au Venezuela, le pr&#233;sident &#034;Lula&#034; (Luis Inacio da Silva) au Br&#233;sil et r&#233;cemment, M. Tabar&#233; V&#225;squez, le leader du Front ample uruguayen. Mais aussi, et surtout, c'est la nouvelle radicalit&#233; des gauches sociales qui inqui&#232;tent les &#233;lites locales et du m&#234;me coup Washington. Les grandes &#233;meutes populaires d'Argentine, d'Equateur, de Bolivie et du Panama, l'instabilit&#233; chronique des gouvernements, les luttes tout azimut contre les privatisations, le processus participatif de la r&#233;volution bolivarienne au Venezuela, etc... : l'h&#233;g&#233;monie n&#233;olib&#233;rale se trouve questionn&#233;e par la vague montante d'une multitude de r&#233;sistances. Tout ceci avec pour toile de fond une situation catastrophique, marqu&#233;e par l'augmentation des in&#233;galit&#233;s, la pr&#233;sence de plus de 225 millions de pauvres et une perte de l&#233;gitimit&#233; croissante des syst&#232;mes politiques en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gauches latino-am&#233;ricaines et renouveau des mouvements sociaux &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ind&#233;niablement, la &#171; grande patrie &#187; de Jos&#233; Marti vit une dynamique contestataire novatrice : &#171; de nouvelles forces sociales ont &#233;merg&#233; - mouvements d'habitants de quartiers pauvres, mouvements de femmes, mouvements des sans-terre, des sans-emploi, mouvements indig&#232;nes...- qui imposent de nouveaux th&#232;mes &#224; l'agenda des luttes sociales, articul&#233;s &#224; une critique renouvel&#233;e du capitalisme &#187;2 . Ce renouveau pr&#233;tend r&#233;ussir &#224; conjuguer d&#233;mocratie sociale et politique, &#233;galit&#233; et diversit&#233; et construire &#171; un monde o&#249; loge tous les mondes &#187;, mani&#232;re de rejeter l'uniformit&#233; de la marchandisation globalis&#233;e, sans mettre aux oubliettes l'internationalisme. Les r&#233;pertoires d'action collective utilis&#233;s sont eux aussi particuli&#232;rement int&#233;ressants, avec un accent mis sur l'autogestion. Pourtant, voir dans les occupations d'usines argentines, les m&#233;dias communautaires v&#233;n&#233;zu&#233;liens, le Mouvement des sans terre br&#233;silien ou les villages zapatistes au Mexique, l'arch&#233;type d'un mouvement social id&#233;al, et totalement nouveau, serait oublier l'essentiel. Tout d'abord parce que ces divers processus sont travers&#233;s de multiples divisions et diff&#233;rences, de part leurs logiques et r&#233;sultats. Ensuite, car ce ph&#233;nom&#232;ne est le produit d'une articulation entre un pass&#233; de mobilisations collectives (notamment celles d'un mouvement ouvrier qui reste un acteur central) et un pr&#233;sent, o&#249; l'origine commune des r&#233;sistances est, comme hier, &#171; le conflit, direct et indirect, avec la mat&#233;rialit&#233; des rapports de pouvoir et de domination &#187;3. Enfin, du fait que le d&#233;fi pos&#233; - r&#233;ussir &#224; affronter efficacement le n&#233;olib&#233;ralisme - semble encore irr&#233;solu. Au contraire, les derniers bilans sont plut&#244;t pessimistes puisque l'exp&#233;rience br&#233;silienne parait confirmer que l'accession de la gauche &#224; la t&#234;te d'un ex&#233;cutif national n'est pas synonyme de conqu&#234;te du pouvoir, mais plut&#244;t de cooptation, reniements, voire de corruption et, donc, d'un d&#233;crochage croissant entre mouvement sociaux et gouvernements d'origine progressiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour comprendre cette &#233;volution, il faut en revenir &#224; l'histoire4. Quand, &#224; la fin des ann&#233;es cinquante, la r&#233;volution cubaine &#233;clate aux nez et &#224; la barbe de l'Empire, l'objectif strat&#233;gique alors largement partag&#233; par les mouvements r&#233;volutionnaires est celui du socialisme. Les instruments utilis&#233;s sont la lutte arm&#233;e, l'insertion dans le mouvement de &#034;masse&#034;, la participation &#233;lectorale ou encore l'essai de la combinaison des trois. Cette p&#233;riode est celle des gu&#233;rillas, de la th&#233;ologie de la lib&#233;ration, mais aussi de l'&#233;chec d'une tentative de transformation pacifique au Chili (1970-1973). Une s&#233;rie en cascade de coups d'Etat met fin &#224; ces vell&#233;it&#233;s. Malgr&#233; le reflux des ann&#233;es quatre-vingt, les oppositions aux dictatures laissent augurer des jours meilleurs. D&#233;s 1979, la r&#233;volution sandiniste au Nicaragua redonne l'espoir. L'av&#232;nement de r&#233;gimes parlementaires et le triomphe des Etats-Unis dans la guerre froide co&#239;ncident avec une nouvelle &#233;tape historique. En 1990, analysant les rapports de forces mondiaux, le Front sandiniste de lib&#233;ration nationale (FSLN) proclame la fin d'un cycle : celui des r&#233;volutions anti-imp&#233;rialistes et de la lutte arm&#233;e. D'un m&#234;me geste, le FSLN r&#233;affirme cette orientation en acceptant sa d&#233;faite &#233;lectorale, qui laisse la t&#234;te du pays aux forces conservatrices. Cette option est suivie d'une sortie de conflit au Salvador pour les gu&#233;rilleros du Front Farabundo Marti de lib&#233;ration nationale (FMLN). Dans une telle conjoncture plusieurs groupes arm&#233;s essaient un difficile retour &#224; la vie civile comme en Colombie (le M-19) ou en Uruguay (les Tupamaros). Parall&#232;lement, dans de nombreux pays, on assiste &#224; des &#034;transitions d&#233;mocratiques&#034; partielles, n&#233;goci&#233;es avec les forces militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle voie trouve sa traduction logique dans le &#171; Forum de Sao Paulo &#187;, qui regroupe les partis de gauche en accord avec cette tactique5. Ce que d'aucun prendront pour un &#226;ge de raison, social-d&#233;mocrate, se traduit finalement pour plusieurs organisations en un clair processus de social-lib&#233;ralisation. D&#233;fendant l'id&#233;e d'une &#171; troisi&#232;me voie &#187;, leurs dirigeants se trouvent v&#233;ritablement coopt&#233;s par le syst&#232;me n&#233;olib&#233;ral. Un des paradigmes de ce ph&#233;nom&#232;ne - visible &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire - est le gouvernement de la Concertation au Chili, dont la gestion est r&#233;guli&#232;rement pl&#233;biscit&#233;e par le Fond mon&#233;taire international. Ainsi, tandis qu'une minorit&#233; de militants ont choisi de poursuivre la lutte arm&#233;e (telles les Forces arm&#233;es r&#233;volutionnaires (FARC) de Colombie ou le Mouvement T&#250;pac Amaru p&#233;ruvien), d'autres se sont laiss&#233;s absorber par ce que Atilio Boron nomme &#171; la mal&#233;diction du possibilisme conservateur &#187;6. Et, au grand d&#233;sespoir de nombreux acteurs sociaux, cette involution a aussi gangren&#233;e l'un des plus importants partis ouvriers de la plan&#232;te : le Parti des travailleurs (PT) br&#233;silien. Deux ans apr&#232;s son arriv&#233;e au gouvernement, le pr&#233;sident &#171; Lula &#187; est la coqueluche des milieux financiers et de l'agrobusiness7. Et derni&#232;rement, c'est au sein d'un vaste r&#233;seau de corruption que le gouvernement br&#233;silien se trouve engag&#233;, &#224; l'image des ex&#233;cutifs pr&#233;c&#233;dents (tant d&#233;cri&#233;s par Lula lorsqu'il &#233;tait encore un militant cons&#233;quent). Ind&#233;niablement, cette d&#233;rive est le produit d'une lente transformation du PT, qui s'&#233;tend sur plus de 20 ans. Et si dans ce pays-continent, la gauche se montre incapable de mettre en &#339;uvre des alternatives, il n'est finalement pas si &#233;tonnant de voir le m&#234;me sc&#233;nario se r&#233;p&#233;ter dans de petits pays... Cela a &#233;t&#233; le cas de l'Equateur de M. Guti&#233;rrez qui a berc&#233; d'illusions le mouvement indig&#232;ne, jusqu'&#224; &#234;tre renvers&#233; par une r&#233;volte des couches moyennes appauvries. En Argentine, M. Kirchner, souvent qualifi&#233; de &#171; centre-gauche &#187;, d&#233;veloppe une gestion conservatrice d&#233;guis&#233;e, tout en ayant r&#233;ussi &#224; d&#233;mobiliser ceux qui s'&#233;taient engag&#233;s dans l'insurrection de 2001. En Uruguay, les d&#233;clarations du Front ample montre une croissante lulalisation de la gestion de ce gouvernement, alors que des domaines politiques aussi essentiels que la reconqu&#234;te de l'eau potable en tant que bien public sont peu &#224; peu abandonn&#233;s par Tabar&#233; V&#225;squez au profit des grandes multinationales. Enfin, en Bolivie, le puissant Mouvement vers le socialisme (MAS) du leader paysan Evo Morales conna&#238;t un processus d'institutionnalisation, qui l'a conduit &#224; soutenir le Pr&#233;sident Carlos Mesa (d&#233;chu), puis &#224; abandonner brusquement la revendication de l'Assembl&#233;e constituante, pourtant clam&#233;e dans toutes les rues du pays andin, apr&#232;s plus de 20 mois de luttes populaires en faveur de la r&#233;cup&#233;ration des ressources naturelles. Evo Morales reste d'une grande popularit&#233; et &#224; ce titre sera peut-&#234;tre le prochain pr&#233;sident du pays andin. Mais s'il ne veut pas d&#233;cevoir et d&#233;samorcer la r&#233;volte de nouveau, il devra &#233;couter la voix du peuple et s'engager sur un programme de r&#233;elle rupture avec le n&#233;olib&#233;ralisme. C'est de telles constatations qui ont fait &#233;crire, il y a quelques mois, &#224; un journaliste du Wall Street Journal, que si la gauche est de nouveau en ascension en Am&#233;rique latine, c'est surtout, pour l'instant, avec &#171; de nouveaux habits conservateurs &#187; qui paraissent tr&#232;s loin de la geste h&#233;ro&#239;que du Che Guevara ou de Camilo Torres8.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;fis actuels pour la construction d'alternatives &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le vrai clivage n'est pas entre des &#171; gauches de gouvernement &#187;, suppos&#233;es responsables ou pragmatiques (en fait, gestionnaires des int&#233;r&#234;ts du capital) et des &#171; gauches de rejets &#187;, soit disant condamn&#233;es &#224; de st&#233;riles protestations, sans lendemains9 . Pour M. Handal, ex-gu&#233;rillero et candidat malheureux &#224; la pr&#233;sidence du Salvador en mars dernier, le d&#233;bat actuel ne serait pas non plus celui de l'opposition entre lutte arm&#233;e et voie pacifique, mais plut&#244;t de savoir si les processus &#233;lectoraux peuvent r&#233;ellement &#171; constituer une voie pour l'acc&#232;s des forces r&#233;volutionnaires au gouvernement &#187; et, de l&#224;, pour une transformation sociale r&#233;elle du capitalisme n&#233;olib&#233;ral10. Selon le politologue Steve Ellner, trois grandes strat&#233;gies existent au sein de la gauche latino-am&#233;ricaine11. La premi&#232;re est celle de la &#171; troisi&#232;me voie &#187;, social-lib&#233;rale, dont l'horizon ne d&#233;passe d&#233;sormais plus le mod&#232;le &#233;conomique en place. Cette option a agi, comme un chant des sir&#232;nes sur la plupart des partis de gauche, ayant acc&#233;d&#233; au gouvernement au cours des derni&#232;res ann&#233;es. La seconde strat&#233;gie d&#233;fend la constitution de fronts antin&#233;olib&#233;raux et une tactique d'accumulation de force, notamment par le biais de gouvernements locaux (municipal, r&#233;gional) et diverses strat&#233;gies &#233;lectorales. C'est l'id&#233;e d&#233;fendue par plusieurs partis communistes latino-am&#233;ricains (et par la sociologue chilienne Martha Harnecker), ainsi que, en son temps, par le PT br&#233;silien lorsqu'il &#233;tait dans l'opposition. Le but affich&#233; est de constituer un bloc social large, incluant outre les secteurs populaires, la petite et moyenne bourgeoisie12. Au Chili, le Parti communiste s'est inscrit dans une telle perspective, avec un certain succ&#232;s lors des derni&#232;res &#233;lections municipales, mais sans que la coalition de gauche ne parvienne r&#233;ellement &#224; d&#233;passer le stade du simple accord &#233;lectoral pour incarner une alternative forte, bas&#233;e sur un mouvement social qui reste &#224; reconstruire (&#224; la base). Enfin, et c'est la derni&#232;re approche, d'autres revendiquent encore l'objectif du socialisme et une tactique politique rupturiste, anti-capitaliste et anti-imp&#233;rialiste, qui parte avant des luttes sociales13. Au Br&#233;sil, cette inqui&#233;tude est partag&#233;e par le tout jeune Parti socialisme et libert&#233; (PSOL), conduit par des militants exclus du PT, ainsi que par une multitude de militants sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, l'actuelle crise politique mexicaine confirme qu'une tactique simplement &#233;lectoraliste ne saurait &#234;tre une fin ultime pour les gauches et que les oligarchies locales restent pr&#234;tes &#224; utiliser tous les artifices pour s'opposer au respect des urnes si n&#233;cessaire, y compris face &#224; des forces ouvertement r&#233;formistes, ayant pourtant donn&#233; de nombreux gages de &#034;bonne conduite&#034;14. De l&#224;, l'importance des d&#233;bats en cours autour de la probl&#233;matique du pouvoir. Certains membres de la gauche sociale, inspir&#233;s du n&#233;ozapatisme du sous-commandant Marcos et d'une partie du mouvement altermondialiste, pensent qu'il faut &#171; changer le monde sans prendre le pouvoir &#187;. C'est aussi ce proclame l'intellectuel anglais John Holloway15. Privil&#233;giant les contre-pouvoirs issus de la soci&#233;t&#233; civile et rejetant toute forme de d&#233;l&#233;gation, de filiation partisane ou de participation institutionnelle, cette th&#233;orie provoque la pol&#233;mique. Certes, il s'agit d'une r&#233;action compr&#233;hensible contre les attitudes, souvent verticalistes ou autoritaires, des partis traditionnels. Mais la question centrale reste : comment pr&#233;tendre changer le monde sans prendre le pouvoir, sans s'organiser politiquement contre les classes dominantes et en &#233;vacuant d'un revers de la main la question cruciale de l'Etat ? S'il existe bel et bien une distance entre le champ du politique et l'espace des mouvements sociaux, ne serait-ce pas, pr&#233;cis&#233;ment, l'articulation entre les deux qui stimuleront les luttes contre le capitalisme n&#233;olib&#233;ral. D'ailleurs, cette prise de conscience est en train de se d&#233;velopper au sein des rangs zapatistes eux-m&#234;mes. Apr&#232;s vingt ans de construction d'une autonomie indig&#232;ne exceptionnelle, mais aussi face &#224; l'essoufflement de leur projet et la r&#233;pression du pouvoir central, la sixi&#232;me d&#233;claration de l'Arm&#233;e zapatiste de lib&#233;ration nationale vient de faire un nouveau pas en avant. Reconnaissant la n&#233;cessit&#233; d'un union des indig&#232;nes &#171; avec les travailleurs des villes et des campagnes &#187;, ils appellent &#224; l'&#233;laboration &#171; d'un programme national de lutte, clairement &#224; gauche, vraiment anticapitaliste et vraiment antilib&#233;ral &#187;. S'incorporant &#224; la discussion politique nationale mexicaine, ils proposent &#233;galement de jeter les bases d'une nouvelle Constitution, invitant &#224; les rejoindre non seulement les acteurs de la soci&#233;t&#233; civile, mais aussi les organisations politiques de la gauche extraparlementaire. L'avenir dira la port&#233;e d'une telle d&#233;claration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette discussion cruciale, la r&#233;volution cubaine - apr&#232;s des d&#233;cennies d'embargo &#233;tasunien - reste un symbole incontestable aux yeux de nombreux latino-am&#233;ricains. Mais il est d&#233;sormais une autre &#233;toile montante : la r&#233;volution v&#233;n&#233;zu&#233;lienne. Le processus bolivarien a accumul&#233; les originalit&#233;s. Faute d'un puissant mouvement ouvrier organis&#233;, le pr&#233;sident du Venezuela a su s'appuyer sur certains secteurs des forces arm&#233;es et une fraction des classes pauvres. D'autre part, Hugo Chavez d&#233;fend une dynamique qui allie participation populaire, &#233;lections d&#233;mocratiques et rupture avec les anciennes institutions (gr&#226;ce &#224; la promulgation de la constitution de 1999). Depuis, malgr&#233; les tentatives de coup d'Etat et les man&#339;uvres de Washington, la f&#234;te d&#233;mocratique de ce pays se poursuit, le gouvernement accumulant succ&#232;s &#233;lectoraux et un programme d'urgence sociale qui portent ses fruits16. Mais le Venezuela souffre des m&#234;mes maux que le reste du continent. Et malgr&#233; la manne p&#233;troli&#232;re, les r&#233;formes sociales pr&#233;vues n&#233;cessiteront, &#224; court terme, des transformations structurelles, une remise en cause des privil&#232;ges des grands groupes industriels et de l'aristocratie fonci&#232;re, comme ceux d'une bureaucratie (civile et militaire) pl&#233;thorique. La vitalit&#233; de l'auto-organisation des classes populaires montre qu'il s'agit d'un processus profond&#233;ment ancr&#233;, mais qui n&#233;cessite encore une forte structuration politique pour pouvoir aller plus loin. Pouss&#233; par cette &#233;nergie tellurique et collective venue d'en bas, M. Chavez a connu une &#233;volution politique inverse aux autres gauches gouvernementales : parti de l'id&#233;e d'une &#171; troisi&#232;me voie &#187; possible et souhaitable, il a progressivement radicalis&#233; ses positions. Ses d&#233;clarations, lors du dernier Forum Social Mondial, peuvent laisser esp&#233;rer une concr&#233;tisation de cette &#171; r&#233;volution dans la r&#233;volution &#187;, tant attendue... et tant annonc&#233;e depuis. Ainsi, le 30 janvier 2005, devant une foule enthousiaste, le pr&#233;sident v&#233;n&#233;zu&#233;lien, revendiquant la figure du &#171; Che &#187; Guevara, affirmait que la seule issue r&#233;aliste est celle &#171; du socialisme &#187; et du refus, net et pr&#233;cis, de toute forme de capitalisme. Ind&#233;niablement, au-del&#224; des discours de grand leader latino-am&#233;ricain, cette perspective ne pourra prendre rendra corps qu'en s'appuyant toujours davantage sur le mouvement social organis&#233;, sur le pouvoir populaire et par le biais d'un questionnement radical des pr&#233;rogatives, encore immenses et peu entam&#233;es, du patronat V&#233;n&#233;zu&#233;lien et de ses alli&#233;s &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le corollaire de cette nouvelle donne sociopolitique est aussi la naissance d'un nouvel axe g&#233;ostrat&#233;gique dynamique Caracas-La Havane, en m&#234;me temps que s'accentuent les lignes de fractures politiques dans toute l'Am&#233;rique latine17. Depuis d&#233;cembre 2004, Fidel Castro et Hugo Chavez ont sign&#233; un accord qui promeut un &#233;change important de ressources entre les deux pays : alors que Cuba a envoy&#233; au Venezuela des dizaines de milliers de m&#233;decins et &#233;ducateurs, ce dernier fournit &#224; l'&#238;le des cara&#239;bes plus de 90 000 barils de bruts par jour, &#224; des prix pr&#233;f&#233;rentiels18. Cette entente solidaire s'inscrit dans le cadre de &#171; l'Alternative bolivarienne pour les Am&#233;riques &#187; (ALBA), destin&#233;e &#224; s'&#233;tendre &#224; d'autres pays et &#224; contrecarrer la zone de libre-&#233;change des Am&#233;riques (ZLEA), voulue par M. G. W. Bush19. Le Venezuela, fort d'un leadership croissant et gr&#226;ce &#224; une p&#233;tro-diplomatie offensive, entend ainsi prendre ses distances avec les Etats-Unis, lier des liens de Sud &#224; Sud (notamment avec le Br&#233;sil et l'Argentine) et favoriser le grand r&#234;ve bolivarien d'une int&#233;gration latino-am&#233;ricaine20. Cette politique internationale ne donne pas seulement un bol d'oxyg&#232;ne au peuple cubain. En s'opposant aux calculs du capital transnational, elle cr&#233;e un contexte favorable &#224; d'autres politiques anti-imp&#233;rialistes dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution bolivarienne arrivera t-elle &#224; d&#233;passer ses contradictions internes et surtout &#224; contrecarrer la politique d'ing&#233;rence de Washington, qui cherche par tous les moyens &#224; &#233;craser cette riche exp&#233;rience ? L'exemple du Venezuela sera-t-il suivi par d'autres processus de transformation sociale sui generis en Am&#233;rique latine ? Difficile &#224; dire. N&#233;anmoins, le panorama actuel, nous d&#233;voile un arc-en-ciel d'actions collectives, riche de possibilit&#233;s lib&#233;ratrices. Mais pour construire des alternatives solides face au capitalisme n&#233;olib&#233;ral, il faudra favoriser - encore et toujours - l'unit&#233;, la participation et surtout l'ind&#233;pendance des classes populaires, tout en accompagnant l'actuelle dynamique des mouvements sociaux par le maintien d'une discussion politique ouverte, lib&#233;r&#233;e des frilosit&#233;s du sectarisme, mais aussi qui sache rejeter &#233;nergiquement les options social-lib&#233;rales de gauches qui pr&#233;tendent pouvoir rendre un visage humain et ang&#233;lique &#224; un syst&#232;me pourtant d&#233;cadent et oppresseur. Selon le th&#233;ologien br&#233;silien Frei Betto, la perspective du renouveau des luttes latino-am&#233;ricaines devra signifier, &#224; court terme, de r&#233;ussir &#224; avancer simultan&#233;ment sur deux plans : r&#233;ussir la (re)construction th&#233;orique d'un &#171; socialisme sans stalinisme, sans dogmatisme, sans sacralisation des leaders et structures politiques &#187;, tout en s'engageant activement dans une praxis radicale destin&#233;e &#224; &#171; reprendre le travail de base, r&#233;inventer la structure syndicale, r&#233;activer le mouvement &#233;tudiant et inclure dans son agenda les questions indig&#232;nes, raciales, f&#233;ministes et &#233;cologiques &#187;21.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;* Historien, membre du collectif de la revue &lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.rebelion.org&lt;/a&gt; et r&#233;dacteur de la revue Dissidences (Francia). Auteur de Poder popular y cordones industriales. Testimonios sobre la din&#225;mica del movimiento popular urbano 1970-1973, LOM, Santiago du Chili, 2004 et Operaci&#243;n C&#243;ndor. Notas sobre el terrorismo de estado en el Cono sur, SEPHA, Madrid, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 J. Castaneda, Utopia Unarmed, Vintage Books, 1994 et P. Monterde, Quand l'utopie ne d&#233;sarme pas, Montr&#233;al, Ecosoci&#233;t&#233;, 2002. 2 Voir l'&#233;ditorial de Bernard Duterme et l'article du sociologue Hern&#225;n Ouvi&#241;a dans Mouvements et pouvoirs de gauche en Am&#233;rique latine, Ed. Syllepse-CETRI, Coll. Alternatives Sud, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 Hern&#225;n Ouvi&#241;a dans Mouvements et pouvoirs de gauche en Am&#233;rique latine, Op. Cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 Voir S. Ellner, B. Carry, The Latin american left : from the fall of Allende to Perestroika, Westview Press, 1993 et J. Petras, &#034;La izquierda devuelve el golpe&#034;, avril 1997 (in &lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org/petras/petrasindice.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.rebelion.org/petras/petrasindice.htm&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 On y trouve parmi d'autres, les sandinistes, le FMLN, le PT du br&#233;sil, le Front ample d'Uruguay, la Cause R du Venezuela, la Parti r&#233;volutionnaire d&#233;mocratique mexicain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 A. Boron, &#171; La izquierda latinoamericana a comienzos del siglo XXI &#187;, OSAL, N&#186; 13, Ao&#251;t 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 E. Sader, &#171; Rendez-vous manqu&#233; avec le mouvement social br&#233;silien &#187;, Le Monde diplomatique, janvier 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 D. Luhnow, &#171; Latin Americas left takes pragmatic tack &#187;, Wall Street Journal, 3 f&#233;vrier 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 Comme semble le sugg&#233;rer la prestigieuse revue fran&#231;aise Probl&#232;mes d'Am&#233;rique latine, N&#176; 55, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 S. Jorge Handal, &#034;El debate de la izquierda en Am&#233;rica latina&#034;, Diario Co Latino, 29 juillet 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 S. Ellner, &#171; Leftist goals and the debate over anti-neoliberal strategy in Latin America &#187;, Science and Society, Vol. 68, N&#176; 1, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 M. Harnecker, &#171; Sobre la estrategia de la izquierda en Am&#233;rica latina &#187;, octobre 2004 (in &lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org/docs/5771.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.rebelion.org/docs/5771.pdf&lt;/a&gt;) et La izquierda despu&#233;s de Seattle, Madrid, Siglo XXI, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 C'est aussi le cas d'intellectuels comme James Petras ou Claudio Katz. Ce dernier est l'auteur d'un livre intitul&#233; L'avenir du socialisme (Buenos Aires, Ediciones Herramienta / Imago Mundi, 2004).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14 Ainsi, M. L&#243;pez Obrador du PRD (centre gauche) et maire de Mexico, a &#233;t&#233; menac&#233; de ne pas pouvoir se pr&#233;senter aux prochaines &#233;lections pr&#233;sidentielles, sous un pr&#233;texte juridique fallacieux. Cette annonce a lanc&#233; dans la rue des centaines de milliers de personnes en avril 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 J. Holloway, Change the World without taking power, Londres, Pluto Press, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 Voir par exemple, P. E. Dupret, &#171; F&#234;te d&#233;mocratique au Venezuela &#187;, Le Monde diplomatique, septembre 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 M. Lemoine, &#171; Des lignes de fracture en Am&#233;rique latine &#187;, Le Monde diplomatique, juin 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 &lt;a href=&#034;http://www.LatinReporters.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.LatinReporters.com&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19 &lt;a href=&#034;http://www.alternativabolivariana.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.alternativabolivariana.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 La cr&#233;ation de l'entreprise p&#233;troli&#232;re Petrosur, commune entre le Venezuela, l'Argentine et le Br&#233;sil est &#224; ce titre une avanc&#233;e significative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 F. Betto, &#171; Desaf&#237;os a la nueva izquierda &#187;, Punto Final, N&#186; 586, mars 2005.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les Am&#233;rindiens se placent au coeur du Forum social des Am&#233;riques</title>
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		<dc:date>2004-08-29T16:09:15Z</dc:date>
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		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Lib&#233;ration nationale</dc:subject>

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&lt;p&gt;3 ao&#251;t 2004 &lt;br class='autobr' /&gt;
QUITO - En cr&#233;ant dimanche [25 juillet 2004] une v&#233;ritable Internationale am&#233;rindienne, les d&#233;l&#233;gu&#233;s de soixante-quatre peuples autochtones ont donn&#233; le meilleur coup d'envoi possible au premier Forum social des Am&#233;riques qui se tient jusqu'&#224; vendredi en Equateur. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Du coeur du monde, lieu du soleil droit (l'Equateur, ndlr) [...], les peuples et nationalit&#233;s indig&#232;nes d'Abya Yala (Am&#233;rique, en langue kichwa, ndlr) [...] ont d&#233;cid&#233; de cr&#233;er un espace permanent de liaison et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Contre-la-mondialisation-capitaliste-" rel="directory"&gt;Contre la mondialisation capitaliste &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Amerique-latine-43-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Liberation-nationale-+" rel="tag"&gt;Lib&#233;ration nationale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;3 ao&#251;t 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QUITO - En cr&#233;ant dimanche [25 juillet 2004] une v&#233;ritable Internationale am&#233;rindienne, les d&#233;l&#233;gu&#233;s de soixante-quatre peuples autochtones ont donn&#233; le meilleur coup d'envoi possible au premier Forum social des Am&#233;riques qui se tient jusqu'&#224; vendredi en Equateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Du coeur du monde, lieu du soleil droit (l'Equateur, ndlr) [...], les peuples et nationalit&#233;s indig&#232;nes d'Abya Yala (Am&#233;rique, en langue kichwa, ndlr) [...] ont d&#233;cid&#233; de cr&#233;er un espace permanent de liaison et d'&#233;change, o&#249; convergeront exp&#233;riences et propositions, pour que nos peuples et nationalit&#233;s affrontent unis les politiques de globalisation n&#233;olib&#233;rale.&#034; L'acte de naissance de la future Internationale am&#233;rindienne, publi&#233; dimanche &#224; l'issue du second Sommet continental indig&#232;ne, est appel&#233; &#224; faire date. En deux pagesA4, la D&#233;claration de Quito brosse &#224; grands traits une &#034;maison commune&#034;, moins refuge ethnique que base avanc&#233;e dans le combat, au c&#244;t&#233; des mouvements sociaux, contre le syst&#232;me politique et &#233;conomique dominant. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si ce Sommet s'est d&#233;roul&#233; en pr&#233;ambule du premier Forum social des Am&#233;riques qui se tient jusqu'&#224; vendredi [30 juillet 2004] dans la capitale &#233;quatorienne. Quatre jours durant, plus de six cents d&#233;l&#233;gu&#233;s de soixante-quatre &#034;peuples et nationalit&#233;s&#034; -venant aussi bien du Canada que de la Terre de Feu- ont d&#233;battu autour d'une dizaine de tables rondes. Des discussions empreintes d'un certain myst&#232;re, des dizaines de &#034;chamans&#034; ayant ouvert chacune de ces r&#233;unions tenues dans un coll&#232;ge... catholique de Quito. Chants et danses traditionnels &#233;taient aussi omnipr&#233;sents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'unir, s'ouvrir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Forum a d&#233;bouch&#233; sur une D&#233;claration finale, pr&#233;sent&#233;e dimanche au public, t&#233;moignant de la convergence grandissante au sein des principaux mouvements indig&#232;nes. Quatre ans apr&#232;s le premier Sommet continental de Teotihuacan (Mexique), les militants ont donc choisi de presser le pas et d'ouvrir un double chantier. D'abord, celui de leur plus forte int&#233;gration, gr&#226;ce &#224; la mise sur pied d'une &#034;instance permanente et d&#233;centralis&#233;e&#034;. La structure aura notamment pour fonction de financer et de coordonner des actions internationales d&#233;cid&#233;es par les mouvements autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est l&#224; qu'intervient le second pari, puisque la D&#233;claration insiste sur la n&#233;cessit&#233; de combattre de fa&#231;on offensive le n&#233;olib&#233;ralisme. Car si le texte rappelle le droit imprescriptible des peuples premiers de &#034;cr&#233;er des espaces d'autonomie et d'autod&#233;termination&#034;, il souligne &#233;galement la n&#233;cessit&#233; &#034;d'&#233;tablir des alliances avec d'autres secteurs de la soci&#233;t&#233;, en particulier les mouvements sociaux, afin d'affronter les politiques qui nous oppriment&#034;. La D&#233;claration cite en particulier la participation aux forums sociaux &#034;avec des propositions communes qui refl&#232;tent la position du mouvement indig&#232;ne&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la D&#233;claration de Quito appelle au soutien actif du &#034;peuple du Venezuela et du pr&#233;sident Hugo Chavez&#034; dans leur &#034;d&#233;fense de la souverainet&#233; nationale&#034; et se &#034;solidarise&#034; avec &#034;la permanente lutte anti-imp&#233;rialiste&#034; des Cubains.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mode de vie collectif&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les alli&#233;s, les adversaires des peuples autochtones sont clairement identifi&#233;s dans la D&#233;claration. Au premier rang figurent les multinationales qui &#034;convoitent les ressources naturelles pr&#233;serv&#233;es&#034; jusque-l&#224; par les indig&#232;nes, ou les &#034;gouvernements nationaux [qui] suivant les ordres du FMI, de la Banque mondiale [...], nous ruinent avec le paiement de la dette externe et suppriment notre droit collectif &#224; la terre, afin de la privatiser&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un processus inadmissible -contraire &#224; la Convention 169 de l'OIT et, surtout, aux croyances profondes des peuples am&#233;rindiens. &#034;Les vall&#233;es et les plaines, les for&#234;ts et les d&#233;serts, les collines et les montagnes, les mers et les rivi&#232;res, l'aigle et le condor, le quetzal et le colibri, le puma et le jaguar, peuvent t&#233;moigner que nos syst&#232;mes socio-politiques collectifs ont assur&#233; la survie humaine et &#233;cologique&#034;, &#233;crivent les d&#233;l&#233;gu&#233;s. Qui assurent que cet &#034;h&#233;ritage de nos anc&#234;tres&#034; constituera &#034;la base sur laquelle nous construirons notre futur&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : Le Courrier, 27 juillet 2004.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La lutte pour l'eau en Am&#233;rique latine</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-lutte-pour-l-eau-en-Amerique-latine</link>
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		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;26 ao&#251;t 2004 &lt;br class='autobr' /&gt;
La privatisation de l'eau provoque des r&#233;actions sur le plan politique. L'Am&#233;rique Latine montre l'exemple mondial en exigeant la d&#233;mocratisation de l'eau. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Am&#233;rique latine a la chance de poss&#233;der de l'eau douce en abondance. C'est sur son sol que coulent 4 des 25 plus grands fleuves du monde - l'Amazone, le Paran&#225;, l'Orinoco et le Magdalena - dont le d&#233;bit combin&#233; de 5 470 milles&#179;, (8 800 km&#179;) &#233;gale presque celui des 21 autres. Quelques-uns des plus grands lacs du monde (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Amerique-Latine-107-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique Latine&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;26 ao&#251;t 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La privatisation de l'eau provoque des r&#233;actions sur le plan politique. L'Am&#233;rique Latine montre l'exemple mondial en exigeant la d&#233;mocratisation de l'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Am&#233;rique latine a la chance de poss&#233;der de l'eau douce en abondance. C'est sur son sol que coulent 4 des 25 plus grands fleuves du monde - l'Amazone, le Paran&#225;, l'Orinoco et le Magdalena - dont le d&#233;bit combin&#233; de 5 470 milles&#179;, (8 800 km&#179;) &#233;gale presque celui des 21 autres. Quelques-uns des plus grands lacs du monde sont &#233;galement situ&#233;s en Am&#233;rique latine, dont le Maracaibo au Venezuela, le Titicaca au P&#233;rou et en Bolivie, le Poopo en Bolivie, et le Buenos Aires, que se partagent le Chili et l'Argentine. Le bassin amazonien fournit &#224; lui seul 20% du d&#233;bit global - les ressources renouvelables qui constituent notre r&#233;serve d'eau douce. Avec un cinqui&#232;me des ressources en eau du globe, le Br&#233;sil est, de tous les pays, le plus riche en eau. [1] L'Am&#233;rique latine d&#233;tient le record mondial de la disponibilit&#233; en eau avec un peu moins de 110 500 pieds&#179; (33 680 m&#179;) par personne et par an. La g&#233;ographie, la pollution et les in&#233;galit&#233;s sociales, cependant, d&#233;s&#233;quilibrent les conditions d'acc&#232;s &#224; l'eau des Latino-am&#233;ricains, et la plupart d'entre eux sont loin de consommer la totalit&#233; de la part qui leur revient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pays relativement aride, le Mexique peut fournir la quantit&#233; n&#233;gligeable d'environ 13 000 pieds&#179; (3 960 m&#179;) par personne. Dans la majeure partie de la Vall&#233;e de la ville de M&#233;xico, ce berceau de la civilisation pr&#233;colombienne qui abrite l'actuelle capitale, au d&#233;sert naturel viennent se joindre les zones d&#233;sertifi&#233;es par l'homme, qui sont en pleine expansion. Autrefois surnomm&#233;e la &#034;Venise du Nouveau Monde&#034; car elle est b&#226;tie sur un lac et sillonn&#233;e de canaux, M&#233;xico s'enfonce aujourd'hui et finit d'exploiter les derniers aquif&#232;res du lit de son lac. Il s'agit l&#224; d'un h&#233;ritage laiss&#233; par les conquistadores, qui ont employ&#233; des esclaves pour d&#233;manteler les syst&#232;mes d'extraction d'eau potables les plus durables des autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Am&#233;rique du Sud, la salination d'origine humaine provoque la d&#233;sertification de parties cons&#233;quentes du P&#233;rou, de la Bolivie et du nord-ouest de l'Argentine. Au total - en comptant les vastes d&#233;serts naturels de Patagonie au sud de l'Argentine et l'Atacama au nord du Chili - environ 25% de l'Am&#233;rique latine est aujourd'hui aride ou semi-aride. La plus grande partie des Cara&#239;bes aussi manque d'eau douce, car les &#238;les sont trop petites pour h&#233;berger des rivi&#232;res de taille cons&#233;quente. [2]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mauvaises pratiques agricoles, une industrialisation sauvage et la pauvret&#233; urbaine ont &#233;norm&#233;ment nui aux ressources en eau de l'Am&#233;rique latine. Les populations sujettes &#224; une explosion d&#233;mographique qui s'entassent dans les m&#233;gapoles d'Am&#233;rique latine d&#233;vorent et contaminent leurs ressources en eau, obligeant les autorit&#233;s &#224; rechercher toujours plus loin de nouvelles sources d'approvisionnement en eau. Dans la majeure partie des grandes villes, plus de 50% de l'eau se perd &#224; cause des fuites pr&#233;sentes dans les canalisations. Certaines villes perdent 90% de leur eau &#224; cause des tuyaux qui fuient. [3] 70% de l'eau de Mexico provient des aquif&#232;res, et l'exploitation de ces ressources souterraines est 80 fois plus rapide que leur r&#233;g&#233;n&#233;ration naturelle. [4] Au m&#234;me moment, les habitants de Sao Paulo se voient menac&#233;s de rationnement. Cette ville d&#233;pend de ressources de plus en plus &#233;loign&#233;es, ce qui fait augmenter les co&#251;ts de transport de l'eau au-del&#224; des moyens financiers d'un grand nombre de gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute la r&#233;gion, bassins aquif&#232;res et &#233;cosyst&#232;mes aquatiques servent fr&#233;quemment de d&#233;charges pour les d&#233;tritus, les rejets miniers et les d&#233;chets de l'industrie et de l'agriculture. La pollution des cours d'eau le long de la fronti&#232;re qui s&#233;pare le Mexique des Etats-Unis est telle que certains vont jusqu'&#224; parler d'un &#034;Love Canal de 2 000 milles&#034;, allusion &#224; un quartier situ&#233; du nord de l'Etat de New York qui en 1978 a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; zone sinistr&#233;e au niveau f&#233;d&#233;ral &#224; la suite d'une contamination chimique. Le plus gros pollueur de la r&#233;gion est le Br&#233;sil - le pays le plus riche en eau. Le Br&#233;sil laisse libre cours &#224; d'&#233;normes pollutions chimiques et industrielles, y compris des d&#233;versements de mercure provenant de l'industrie mini&#232;re de l'or. Seules quelques endroits d'Europe de l'Est et de Chine d&#233;passent le niveau de contamination des cours d'eau br&#233;siliens. La plupart des eaux us&#233;es d'Am&#233;rique latine continuent de r&#233;int&#233;grer les rivi&#232;res, les lacs et les canaux sans avoir &#233;t&#233; trait&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pauvret&#233; qui s&#233;vit constitue un facteur suppl&#233;mentaire : apr&#232;s des ann&#233;es d'ajustements structurels impos&#233;s par la Banque mondiale et le Fonds mon&#233;taire international, l'Am&#233;rique latine est la r&#233;gion o&#249; r&#232;gne la pire disparit&#233; dans la r&#233;partition des revenus. En parall&#232;le, on constate une &#233;norme in&#233;galit&#233; dans l'acc&#232;s &#224; l'eau. Plus de 130 millions de personnes n'ont pas l'eau potable &#224; leur domicile, et on estime qu'environ une personne sur 6 jouit d'installations sanitaires convenables. [5] La situation empire &#224; cause de politiques qui, favorisant l'agriculture industrielle, chassent chaque ann&#233;e des millions d'agriculteurs vivriers vers les taudis surpeupl&#233;s des villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La destruction des ressources en eau, &#224; laquelle vient s'ajouter un acc&#232;s in&#233;quitable, a laiss&#233; la majorit&#233; des Latinos-am&#233;ricains &#034; pauvres en eau &#034;. De plus, des millions d'entre eux vivent sans aucun acc&#232;s &#224; de l'eau propre. Alors que les ressources naturelles de la r&#233;gion pourraient fournir &#224; chacun pr&#232;s de 110 500 pieds&#179; (33 680.4 m&#179;) par an, l'habitant moyen a acc&#232;s &#224; seulement 1 010 pieds&#179; (307.8 m&#179;) par an. En comparaison, l'Am&#233;ricain du Nord a en moyenne acc&#232;s &#224; 4 160 pieds&#179; (1 268 m&#179;) et l'Europ&#233;en &#224; 2 255.6 pieds&#179; (687.5 m&#179;). [6]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie, la r&#233;gion a vu affluer des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es &#224; but lucratif qui ont exacerb&#233; les probl&#232;mes de p&#233;nurie, d'urbanisation, de pollution et d'acc&#232;s in&#233;quitable. Des fournisseurs d'eau du priv&#233;, d&#233;termin&#233;s &#224; tirer profit de la crise de l'eau en Am&#233;rique latine, se sont install&#233;s ou projettent de s'installer dans la plupart des pays de la r&#233;gion, dont l'Argentine, la Bolivie, le Br&#233;sil, le Chili, la Colombie, l'Equateur, le Honduras, le Mexique, le Nicaragua, Panama, le P&#233;rou, la R&#233;publique dominicaine, le Salvador et l'Uruguay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart de ces soci&#233;t&#233;s priv&#233;es sont des filiales des trois plus grandes multinationales de l'eau - Suez et Vivendi (France) et RWE - Thames Water (Allemagne) : les 3 Grands. Il y a une dizaine d'ann&#233;es, les 3 Grands fournissaient &#224; peine 51 millions de personnes dans seulement 12 pays. Ensemble, ils fournissent aujourd'hui de l'eau et des services de traitement des eaux us&#233;es &#224; presque 300 millions de clients dans plus de 130 pays. Suez et Vivendi contr&#244;lent plus de 70% du march&#233; des services de l'eau dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur revenu a suivi le rythme de leur croissance. Vivendi, par exemple, a gagn&#233; 12 milliards de dollars en 2002, contre 5 milliards il y a une d&#233;cennie. Les 3 Grands figurent parmi les 100 soci&#233;t&#233;s les plus riches du monde, avec un revenu combin&#233; de presque 160 milliards de dollars en 2002 et un taux de croissance annuel de 10%, plus rapide que celui de l'&#233;conomie de plusieurs des pays o&#249; ils op&#232;rent. [7]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent, la Banque mondiale et la Banque interam&#233;ricaine de D&#233;veloppement (BID) facilitent l'irruption de ces soci&#233;t&#233;s sur le march&#233; latino-am&#233;ricain. Suez et Vivendi usent toutes deux de leur consid&#233;rable influence aupr&#232;s des pr&#234;teurs multilat&#233;raux pour faire de la distribution priv&#233;e de l'eau une &#034; condition &#034; &#224; l'all&#232;gement de la dette ou &#224; de nouveaux pr&#234;ts. D'apr&#232;s l'association Public Citizen, la r&#233;gion doit &#224; la seule BID 58 milliards de dollars, ce qui donne &#224; cette derni&#232;re un immense pouvoir pour imposer la privatisation de l'eau &#224; des municipalit&#233;s aux abois. Les projets actuels de la BID allouent plus d'1 milliard de dollars au financement de services privatis&#233;s de distribution de l'eau et de syst&#232;mes sanitaires. En fait, plusieurs des pr&#234;ts les plus g&#233;n&#233;reux consentis par la BID au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie sont all&#233;s directement &#224; des transnationales de l'eau pour le fonctionnement de concessions priv&#233;es dans des pays tels que l'Argentine, la Bolivie et le Honduras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, la Banque mondiale a d&#233;cid&#233; de tripler son aide financi&#232;re annuelle aux projets relatifs &#224; l'eau du secteur priv&#233; mondial. Apr&#232;s avoir b&#233;n&#233;fici&#233; pendant dix ans du soutien lucratif de la Banque mondiale, les 3 Grands exigent maintenant un financement garanti pour se prot&#233;ger des fluctuations des monnaies nationales avant d'investir dans les pays en voie de d&#233;veloppement. Au m&#234;me moment, les op&#233;rations des grands fournisseurs d'eau priv&#233;s suscitent une opposition croissante, d'une grande vivacit&#233;, dans de nombreuses r&#233;gions d'Am&#233;rique latine. Tout comme c'est le cas dans les autres pays, les effets nocifs et bien document&#233;s de la privatisation de l'eau sont : les augmentations des tarifs, la cessation des services en cas de non-solvabilit&#233; des clients, une baisse de la qualit&#233; de l'eau, les &#233;normes profits d'investissement r&#233;alis&#233;s par les corporations, les contrats secrets, les pots-de-vin et la corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la province uruguayenne du Maldonaldo, les tarifs de l'eau ont &#233;norm&#233;ment augment&#233; et les r&#233;serves ont &#233;t&#233; contamin&#233;es lorsque Uruqua, une filiale de la soci&#233;t&#233; des eaux Aguas de Bilboa, a obtenu le droit de distribuer l'eau sur une base lucrative de &#034; pleine r&#233;cup&#233;ration des co&#251;ts. &#034; Les Uruguayens ont r&#233;ussi &#224; programmer un r&#233;f&#233;rendum national, &#224; valeur l&#233;gislative qui se d&#233;roulera en octobre 2004, pour que l'eau b&#233;n&#233;ficie de la protection de la Constitution en tant que droit de l'homme et richesse publique hors de port&#233;e de soci&#233;t&#233;s &#224; but lucratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Porto Rico, o&#249; Suez est mandat&#233; pendant 10 ans &#224; fournir les services de l'eau par un contrat d'un montant de 4 milliards de dollars, le &#034; Solicitor &#034; g&#233;n&#233;ral Carlos Lopez a vivement critiqu&#233; le bilan de la soci&#233;t&#233;. Lopez affirme que Suez a consacr&#233; beaucoup d'&#233;nergie &#224; perfectionner les m&#233;thodes de facturation et d'encaissement, mais n'a apport&#233; &#034; aucune am&#233;lioration &#034; &#224; la distribution d'eau potable aux consommateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est probable que la plus c&#233;l&#232;bre r&#233;action &#224; la privatisation de l'eau est celle qu'a connu Cochabamba en Bolivie, lorsque au d&#233;but de l'an 2000 Bechtel, le g&#233;ant de BTP, y a install&#233; sa filiale, Aguas del Tunari, augmentant imm&#233;diatement les tarifs au-del&#224; des capacit&#233;s de paiement de l'immense majorit&#233; de la population. La firme &#233;tait autoris&#233;e par contrat &#224; faire payer aux gens l'eau qu'ils tiraient de leurs propres puits et de leur envoyer des encaisseurs charg&#233;s de leur facturer l'eau de pluie recueillie dans les citernes plac&#233;es sur leurs toits. Les consommateurs subirent des augmentations tarifaires allant jusqu'&#224; 200% - la soci&#233;t&#233; s'&#233;tant fix&#233; un objectif de 58 millions de dollars de b&#233;n&#233;fices annuels. [8] Des actions publiques de protestation oblig&#232;rent le gouvernement &#224; annuler les mesures de privatisation, mais Bechtel a maintenant introduit un recours en justice pour obtenir de la Bolivie un manque &#224; gagner de 25 millions de dollars. Malgr&#233; l'&#233;chec cuisant subi &#224; Cochabamba, le gouvernement bolivien continue &#224; mettre en &#339;uvre plusieurs projets de privatisation, dont un qui pr&#233;voit d'exporter et de vendre de l'eau en gros &#224; leurs voisins chiliens qui en ont besoin pour leur industrie mini&#232;re. Si l'on se base sur la tentative d'exportation de gaz naturel vers le Chili en octobre dernier, il est &#224; pr&#233;voir que ce projet va se heurter &#224; une r&#233;action n&#233;gative de la population bolivienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pouss&#233;e en faveur de la privatisation de l'eau au Mexique fournit encore un exemple inqui&#233;tant de la mani&#232;re dont les gouvernements, les institutions financi&#232;res internationales et les fournisseurs d'eau du priv&#233; marchent main dans la main, faisant preuve de tr&#232;s peu de consid&#233;ration envers le bien public. Le gouvernement du Mexique, ainsi que d'autres gouvernements du Sud, pose les jalons en vue de la mainmise des corporations sur l'eau dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s les ann&#233;es 1990, une s&#233;rie de changements constitutionnels et l&#233;gislatifs avaient d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; faire passer dans le priv&#233; les services de l'eau du Mexique. En 1992, par exemple, l'administration Salinas avait modifi&#233; la constitution de mani&#232;re &#224; permettre &#224; des corporations bas&#233;es &#224; l'&#233;tranger d'obtenir des contrats et des concessions sur l'eau et avait fait passer une nouvelle loi nationale autorisant les transnationales &#224; investir dans les services de l'eau du Mexique. Plus tard, dans son chantier national pour le d&#233;veloppement, le gouvernement Zedillo confia la responsabilit&#233; de l'eau et des services sanitaires aux municipalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en r&#233;sulta une privatisation de 20% de l'eau du Mexique au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie. Les principaux acteurs en ont &#233;t&#233; les deux g&#233;ants de l'eau bas&#233;s en France, Suez et Vivendi, ainsi que United Utilities, bas&#233;s au Royaume-Uni, et la soci&#233;t&#233; espagnole Agua de Barcelona. Pour ces corporations, les cibles principales ont &#233;t&#233; de fournir en eau et services les grandes zones touristiques et les centres urbains, laissant aux bons soins du gouvernement les municipalit&#233;s moins peupl&#233;es et moins lucratives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actuel pr&#233;sident du Mexique, Vicente Fox, ancien cadre de Coca-Cola, a cherch&#233; la privatisation de fa&#231;on encore plus agressive. Au lendemain du 11 septembre, son administration a d&#233;cr&#233;t&#233; que l'eau &#233;tait une question de s&#233;curit&#233; nationale. Ce qui permet &#224; l'Etat d'appliquer ses pleins pouvoirs, y compris sous forme d'op&#233;rations militaires et de mesures anti-terroristes, &#224; l'encontre de quiconque est per&#231;u comme un opposant aux projets gouvernementaux de restructuration et de privatisation du secteur de l'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;galement en 2001 que le gouvernement mexicain a cr&#233;&#233; le Programme pour la Modernisation des Soci&#233;t&#233;s de Gestion de l'Eau (PROMAGUA) pour promouvoir la privatisation. La Banque mondiale et le gouvernement f&#233;d&#233;ral ont fourni les 250 millions de dollars n&#233;cessaires au d&#233;marrage du projet. [9]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PROMAGUA coordonne l'importante restructuration de l'eau mexicaine en fournissant des aides g&#233;n&#233;reuses aux diff&#233;rents projets et en attirant l'investissement &#233;tranger. Il facilite le passage du service public de l'eau aux corporations priv&#233;es en donnant son aval &#224; des contrats ou &#224; des concessions - d'une dur&#233;e allant de cinq &#224; cinquante ans - liant les pouvoirs locaux aux soci&#233;t&#233;s priv&#233;es de l'eau, avec une pr&#233;f&#233;rence pour les centres urbains peupl&#233;s de 50 000 personnes ou davantage. D&#232;s 2002, PROMAGUA avait coordonn&#233; la signature d'accords avec 28 des 30 &#233;tats mexicains, &#224; savoir 687 municipalit&#233;s regroupant 70% de la population citadine du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PROMAGUA a &#233;tabli une banque nationale de donn&#233;es pour aider les corporations &#233;trang&#232;res &#224; choisir o&#249; investir dans les services de l'eau mexicains. Cela s'est fait avec l'aide du Centre mondial pour l'Environnement (WEC) une organisation &#224; but non lucratif bas&#233;e &#224; New York qui facilite les partenariats entre les industries et les gouvernements et b&#233;n&#233;ficie du soutien des plus grosses soci&#233;t&#233;s transnationales du monde. Le WEC collabore &#233;troitement avec PROMAGUA pour obtenir les informations et les renseignements n&#233;cessaires &#224; cette banque de donn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, PROMAGUA a ouvert &#224; la p&#233;riph&#233;rie de M&#233;xico un centre de formation o&#249; sont enseign&#233;s les m&#233;tiers de l'eau. Plus de 3 000 personnes ont re&#231;u dans ce centre, co-sponsoris&#233; par une quarantaine d'entreprises bas&#233;es en France, une formation les rendant aptes &#224; travailler sur le r&#233;seau r&#233;nov&#233; et privatis&#233; de l'eau &#224; M&#233;xico. Suez et Vivendi, cela va sans dire, sont parmi les sponsors les plus en vue et les plus actifs du centre de formation de PROMAGUA. En plus des subventions gouvernementales, PROMAGUA re&#231;oit des aides cons&#233;quentes d'institutions financi&#232;res internationales dont la Banque mondiale, la BID, et la Banque europ&#233;enne pour la Reconstruction et le D&#233;veloppement. En 2003, par exemple, la Banque mondiale a annonc&#233; qu'elle injecterait 5 milliards de dollars au Mexique au cours de deux ann&#233;es suivantes. Bien que destin&#233; par avance &#224; une quantit&#233; de projets de d&#233;veloppements des infrastructures, une part consid&#233;rable de ce pr&#234;t servira &#224; financer l'annexion du service public de l'eau par les corporations par le biais de la Corporation internationale financi&#232;re de la Banque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;xico illustre parfaitement ce qui se passe lorsque des corporations &#224; but lucratif unissent leurs efforts pour s'approprier le service public de l'eau. En 1993, le gouvernement partageait le r&#233;seau de distribution de l'eau en quatre quartiers administratifs. Suez et Vivendi prirent chacun le contr&#244;le d'un quartier, tandis que United Utilities et Severn Trent, soci&#233;t&#233;s bas&#233;es au Royaume-Uni, s'emparaient des deux autres. Les soci&#233;t&#233;s se mirent alors &#224; facturer l'eau aux r&#233;sidents de la ville de M&#233;xico en appliquant des tarifs diff&#233;rents et donc in&#233;quitables. De plus, lorsque le Parti r&#233;volutionnaire d&#233;mocratique (PRD) gagna les &#233;lections municipales et demanda l'alignement des tarifs de l'eau sur toute la zone m&#233;tropolitaine, les corporations commenc&#232;rent par protester, puis s'ex&#233;cut&#232;rent pour ne pas encourir la perte de ces pr&#233;cieuses concessions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus des tarifs de facturation injustifi&#233;s, la privatisation du service de l'eau &#224; M&#233;xico et ailleurs dans le pays a engendr&#233; un nombre incalculable d'autres probl&#232;mes. On coupe souvent l'eau aux habitants qui n'arrivent pas &#224; payer leurs factures inflationnistes et les responsables des soci&#233;t&#233;s les font souvent attendre longtemps avant d'examiner leurs r&#233;clamations. En 2001, par exemple, Vivendi a augment&#233; ses tarifs de 60% &#224; M&#233;xico, ce qui a entra&#238;n&#233; des d&#233;fauts de paiement et en cons&#233;quence des coupures d'eau affectant principalement les pauvres du quartier concern&#233;. Les inondations sont beaucoup plus fr&#233;quentes, r&#233;sultat d'une absence d'entretien de la tuyauterie et des canalisations. Dans l'ensemble, les gros distributeurs d'eau se sont montr&#233;s peu d&#233;sireux d'investir substantiellement en vue de l'am&#233;lioration des infrastructures, en revanche l'id&#233;e d'endetter toujours plus lourdement les municipalit&#233;s semble les enthousiasmer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute l'Am&#233;rique latine, on assiste de plus en plus &#224; la mont&#233;e d'une r&#233;sistance acharn&#233;e face &#224; ce vol de l'eau publique. Dans les communaut&#233;s de quelque taille que ce soit, les citoyens descendent dans la rue, organisent des r&#233;f&#233;rendums et des p&#233;titions et luttent pour leur droit &#224; l'eau. Les militants et le universitaires d'Am&#233;rique latine sont &#224; l'avant-garde du mouvement mondial pour la justice en mati&#232;re d'eau, s'exprimant dans les conf&#233;rences internationales, s'opposant &#224; la politique de la Banque mondiale et organisant une Convention des Nations Unies qui r&#233;gira le droit &#224; l'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22 ao&#251;t 2003, 47 organisations issues de la base et venues de 16 pays am&#233;ricains se sont rencontr&#233;es &#224; San Salvador o&#249; elles ont fond&#233; un nouveau mouvement nomm&#233; RED VIDA. Ce r&#233;seau inter-am&#233;ricain de militants pour le droit &#224; l'eau a publi&#233; la D&#233;claration de San Salvador pour le droit &#224; l'Eau et sa Protection. Plusieurs des groupes membres de ce nouveau r&#233;seau ont jou&#233; des r&#244;les centraux lors du Forum mondial de l'Eau de Kyoto qui s'est d&#233;roul&#233; en mars 2003 au Japon, au cours duquel la Banque mondiale et les gros distributeurs d'eau ont tent&#233; sans succ&#232;s de convaincre le monde que leur privatisation faisait l'objet d'un &#034; consensus &#034;. Lorsque les 3 Grands, la Banque mondiale et leurs alli&#233;s essay&#232;rent de convaincre les participants au Forum de Kyoto d'adopter les &#034; partenariats public-priv&#233; &#034;, les pr&#233;sentant comme la meilleure mani&#232;re d'assurer les services relatifs &#224; l'eau, les organisations issues de la soci&#233;t&#233; civile et les militants du droit &#224; l'eau du monde entier form&#232;rent une alliance pour emp&#234;cher la r&#233;alisation de ce projet. S'appelant les &#034; guerriers de l'eau , &#034; les membres de l'alliance entreprirent de contester efficacement le &#034; consensus &#034; d&#233;termin&#233; &#224; l'avance qui concernait neuf autres sujets abord&#233;s au cours du Forum. RED VIDA a &#233;galement jou&#233; un r&#244;le d&#233;terminant dans la cr&#233;ation du Mouvement populaire mondial pour l'eau, pendant un sommet qui a eu lieu &#224; New Delhi &#224; la veille du Forum social mondial 2004 de Mumbai en Inde. Les membres de RED VIDA ont conclu de solides alliances avec des organisations indiennes elles aussi engag&#233;es dans la r&#233;sistance &#224; l'invasion des soci&#233;t&#233;s des eaux du secteur priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait pr&#232;s de 20 ans que le peuple d'Am&#233;rique latine combat le n&#233;olib&#233;ralisme, avec plus ou moins de succ&#232;s. Mais la tentative de marchandisation de l'eau pour le profit d'investisseurs vivant au loin a insuffl&#233; au mouvement une vitalit&#233; renouvel&#233;e. C'est comme si l'on avait trac&#233; une ligne dans le sable. Parce qu'il est impossible de survivre sans eau, cette lutte est empreinte d'une urgence et d'une t&#233;nacit&#233; toutes particuli&#232;res. On ne fera pas taire leurs exigences d'une d&#233;mocratisation de l'eau.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;NOTES :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Marq de Villiers, Water (Toronto : Stoddart Publishing, 1999).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Armando Ch&#225;vez, &#034;Latin America : Poor Distribution of Water and Even Worse Use,&#034; in 2004 Express, &lt;a href=&#034;http://www.barcelona2004.org/eng/actualidad/publicaciones/focus/html/f041366.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.barcelona2004.org/eng/actualidad/publicaciones/focus/html/f041366.htm&lt;/a&gt;, citing the Economic Commission for Latin America and Caribbean.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] World Resources, 1998-99 (New York : Oxford University Press, 1998).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Mario Osava, &#034;Mega Cities Squander Water Resources,&#034; Inter Press Service, March 19, 2004, citing the Global Environment Outlook study by the UN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Press Release, Pan American Health Organization, October 3, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] World Resources, 1998-99 (New York : Oxford University Press, 1998).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] &#034;The Water Barons,&#034; Center for Public Integrity, 2003, &lt;a href=&#034;http://www.icij.org/water/default.aspx&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.icij.org/water/default.aspx&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Maude Barlow and Tony Clarke, Blue Gold : The Fight to Stop the Corporate Theft of the World's Water (New York : New Press, 2002).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] The following paragraphs on PROMAGUA in Mexico are based on research conducted by Alejandra Pe&#241;a of the National Autonomous Univeristy of Mexico (UNAM) while on a study assignment at the Polaris Institute in Canada, 2003-2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : NACLA Report on the Americas, vol 38 n&#176;1, juillet / ao&#251;t 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction : C.F. Karaguezian, pour RISAL&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec Tariq Ali : &#034; Prendre le pouvoir pour transformer le monde &#034;</title>
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		<dc:date>2004-08-18T15:03:25Z</dc:date>
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		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Venezuela</dc:subject>

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&lt;p&gt;14 ao&#251;t 2004 &lt;br class='autobr' /&gt;
Prendre le pouvoir pour transformer le monde, mais &#224; petites doses : telle est la proposition de l'&#233;crivain et cin&#233;aste anglo-paquistanais Tariq Ali, un des principaux leader du mouvement altermondialiste. Pour Ali, l'Am&#233;rique latine, laboratoire d'exp&#233;rimentations du mod&#232;le n&#233;oliberal, commence &#224; se rebeller contre &#034;l'empire &#233;tatsunien&#034;. Il cite le Venezuela comme un des exemples des changements en cours : &#034;C'est un exemple que les Etats-Unis doivent &#233;liminer&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;crivain, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Amerique-latine-43-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Venezuela-73-+" rel="tag"&gt;Venezuela&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;14 ao&#251;t 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prendre le pouvoir pour transformer le monde, mais &#224; petites doses : telle est la proposition de l'&#233;crivain et cin&#233;aste anglo-paquistanais Tariq Ali, un des principaux leader du mouvement altermondialiste. Pour Ali, l'Am&#233;rique latine, laboratoire d'exp&#233;rimentations du mod&#232;le n&#233;oliberal, commence &#224; se rebeller contre &#034;l'empire &#233;tatsunien&#034;. Il cite le Venezuela comme un des exemples des changements en cours : &#034;C'est un exemple que les Etats-Unis doivent &#233;liminer&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;crivain, qui &#233;tait &#224; Caracas quelques semaines avant le referendum r&#233;vocatoire du mandat pr&#233;sidentiel, pense que plut&#244;t que de se baser sur des st&#233;r&#233;otypes pour qualifier le gouvernement de Hugo Ch&#225;vez, il est pr&#233;f&#233;rable d'&#233;valuer les changements qui ont lieu dans la vie des gens. Par contre, Ali critique le pr&#233;sident br&#233;silien Luis Ignacio Lula da Silva pour ne pas gouverner pour la population pauvre du pays qui l'a conduit au gouvernement. [...] Pour Tariq, la solution &#224; la crise qu'affronte la gauche latino-am&#233;ricaine est la cr&#233;ation d'un mouvement pour la refondation, pr&#233;cisement, de la gauche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment expliquez-vous l'explosion des mouvements sociaux contre le n&#233;olib&#233;ralisme en Am&#233;rique latine ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je crois que la raison est que l'Am&#233;rique latine fut utilis&#233;e par les Etats-Unis (EUA), durant tr&#232;s longtemps, comme un laboratoire. Tout ce que les EUA se proposaient, ils le testaient en Am&#233;rique latine. Quand ils ont voulu utiliser des militaires - au niveau politique - pour &#233;craser des mouvements populaires, ils l'ont d'abord fait en Am&#233;rique latine : au Br&#233;sil, en Argentine, au Chili ; trois des dictatures les plus brutales que nous ayons vues. Ensuite, apr&#232;s la chute de l'ennemi communiste (l'Union sovi&#233;tique), ils ont baiss&#233; la garde sur le front politique mais ont enferm&#233; l'Am&#233;rique latine dans un mod&#232;le &#233;conomique et ont dit : &#034; C'est l'unique mani&#232;re d'avancer &#034;. Si nous jettons un oeil sur le monde, nous pourrions le r&#233;sumer de cette mani&#232;re : l'Am&#233;rique latine - le laboratoire de l'empire &#233;tasunien - est la premi&#232;re &#224; se rebeller. De nombreux processus int&#233;ressants et distincts ont lieu dans la r&#233;gion. Je crois que la faiblesse des mouvements est leur incapacit&#233; &#224; s'unir et &#224; refonder la gauche en Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral a-t-il commenc&#233; &#224; se d&#233;composer ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui a commenc&#233; ici, c'est un processus de d&#233;sindustrialisation et d'entr&#233;e d'investissements &#233;trangers. Les exemples les plus classiques ont &#233;t&#233; le Chili de Pinochet, le Br&#233;sil de Cardoso et l'Argentine durant plusieurs gouvernements successifs. Ils ont d&#233;sindustrialis&#233; le pays. Ils croyaient que leur pays pouvait fonctionner dans une bulle &#233;conomique cr&#233;&#233;e par un boom &#233;conomique fictif, produit en grande partie par les investissements &#233;trangers. [...] C'&#233;taient des capitaux internationaux : ils n'avaient pas la moindre motivation &#224; d&#233;velopper le Br&#233;sil ou l'Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'ont commenc&#233; &#224; surgir depuis la base de nouveaux mouvements sociaux - des paysans sans terre aux travailleurs sans emploi - qui ont commenc&#233; &#224; faire face &#224; cette r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les mobilisations sur tout le continent furent les r&#233;ponses ...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats sont nombreux : la lutte &#224; Cochabamba, en Bolivie, contre la privatisation de l'eau, celle des paysans de Cuzco, au P&#233;rou, contre la privatisation de l'&#233;lectricit&#233;. Au cours de ces deux luttes, les gouvernements ont d'abord commenc&#233; par r&#233;primer avant de se replier. Ensuite, face &#224; l'effondrement insolite de l'Argentine, [...] la crise du capitalisme n&#233;olib&#233;ral est devenue &#233;vidente [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cela signifie-t-il que les EUA absorberont dans le futur cette &#233;nergie [celle des mouvements de r&#233;sistance, N.d.T.] en essayant de proposer une version plus &#8216;light' du n&#233;olib&#233;ralisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne crois pas qu'ils soient actuellement pr&#233;par&#233;s pour faire cela. Ils le feront seulement s'ils se sentent menac&#233;s. Ils ne le sont pas actuellement. Je dois &#234;tre bien cru en disant cela : ils ne se sentent pas menac&#233;s car il existe un slogan id&#233;aliste au sein des mouvements sociaux qui dit : &#034; Nous pouvons changer le monde sans prendre le pouvoir &#034;. Ce slogan ne menace personne, c'est un slogan moral. Quand les Zapatistes - que j'admire - ont march&#233; du Chiapas &#224; la ville de M&#233;xico, que croyaient-ils qui allaient arriver ? Rien ne s'est pass&#233;. Ce fut un symbole moral, m&#234;me pas une victoire morale, car rien ne s'est pass&#233;. Je crois que cette phase est compr&#233;hensible dans la politique latino-am&#233;ricaine, o&#249; les peuples ont souffert r&#233;cemment de grands revers : la d&#233;route sandiniste et des mouvements arm&#233;s, de telle mani&#232;re que les gens se sentaient nerveux. Je crois, de ce point de vue, que l'exemple v&#233;n&#233;zu&#233;lien est le plus int&#233;ressant. Car il dit : &#034; Pour changer le monde, il faut prendre le pouvoir et commencer &#224; mettre en place les changements &#224; petites doses si c'est n&#233;cessaire, mais il faut le faire. Si ce n'est pas le cas, rien ne changera &#034;. C'est une situation int&#233;ressante et j'esp&#232;re qu'&#224; Porto Alegre (au Forum social mondial) l'an prochain, toutes ces choses seront discut&#233;es et d&#233;battues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mouvement contre la globalisation n'aspire pas &#224; prendre le pouvoir. Quelles sont alors les alternatives ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a aucune alternative. Ils croient que c'est un avantage de ne pas en avoir. Mais, de mon point de vue, c'est un signal de banqueroute politique. S'il n'y a pas d'alternative, que va-t-on dire aux gens quand on les mobilise ? Le Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (MST) au Br&#233;sil a une alternative. Ils disent : &#034; Prends la terre et donne-la aux paysans pauvres et laisse-les la travailler &#034;. Mais la th&#232;se de John Holloway [changer le monde sans prendre le pouvoir, N.d.T.] sur les Zapatistes est - si on veut - virtuelle ; une th&#232;se pour le cyberespace. Nous vivons dans un monde r&#233;el et dans ce monde r&#233;el cette th&#232;se ne fonctionnera pas. Pour moi, le mod&#232;le du MST au Br&#233;sil est beaucoup plus int&#233;ressant que le mod&#232;le des Zapatistes au Chiapas. Beaucoup plus ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est votre &#233;valuation de l'impasse entre les mouvements sociaux et le gouvernement br&#233;silien ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que le probl&#232;me au Br&#233;sil est le suivant : le Parti des travailleurs (PT) a recueilli les aspirations du peuple, surtout des pauvres. Il les a capt&#233;es mais n'a rien fait, jusqu'&#224; pr&#233;sent. De fait, la r&#233;pression contre le MST durant la premi&#232;re ann&#233;e de Lula a &#233;t&#233; beaucoup plus forte qu'au cours de n'importe quelle ann&#233;e de gouvernement de Cardoso. Les propri&#233;taires terriens et la police ont pers&#233;cut&#233; et assassin&#233; beaucoup plus de militants du MST. Cela finira mal. Pourquoi est-ce que cela s'est pass&#233; ? Parce que, selon moi, le PT ne s'&#233;tait pas pr&#233;par&#233; s&#233;rieusement &#224; penser &#224; une alternative r&#233;elle. En public, ils disaient : &#034; Oui, nous donnerons des terres aux sans terre ; oui, nous ferons ceci ; oui, nous ferons cela &#034;, mais ils n'&#233;taient pas r&#233;ellement pr&#233;par&#233;s. Je crains que Lula soit un faible leader. Un faible leader qui est si &#233;mu par le fait d'&#234;tre au pouvoir qu'il a oubli&#233; pourquoi il s'y trouvait. Il est arriv&#233; la m&#234;me chose &#224; Lech Walesa en Pologne quand le grand mouvement de masses Solidarit&#233; l'a mis en avant et l'a &#233;lu. Qu'a-t-il fait ? Rien. Et il fut d&#233;mis par le peuple lors d'&#233;lections. Il arrivera la m&#234;me chose &#224; Lula.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle est l'alternative dans le cas br&#233;silien ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense que ce dont nous avons besoin est un mouvement pour refonder la gauche br&#233;silienne. Ce mouvement doit inclure, au sens large, les personnes &#224; l'int&#233;rieur du PT - d&#233;put&#233;s, s&#233;nateurs et des parties de la base sociale, le MST et la couche d'intellectuels socialistes - qui sont actuellement d&#233;sillusionn&#233;s. Ces trois composantes sont tr&#232;s importantes pour refonder la gauche br&#233;silienne. C'est une b&#234;tise de le faire seulement avec quelques personnes qui quittent le parti et d&#233;clarent qu'ils &#034; sont un nouveau parti &#034;. Pour refonder la gauche br&#233;silienne, un nouveau type de mouvement et un parti diff&#233;rent du PT sont n&#233;cessaires. [...] Le gros de la classe travailleuse br&#233;silienne est actuellement une classe travailleuse informelle. Ce qui n'&#233;tait pas le cas quand fut fond&#233; le PT. Il y a donc des priorit&#233;s diff&#233;rentes. Il faut refonder une gauche en accord avec ces nouvelles priorit&#233;s et r&#233;alit&#233;s du Br&#233;sil actuel, pas sur base d'une image mythologique du pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant les &#233;lections au Br&#233;sil, j'&#233;tais dans un festival &#224; Ribeirao Preto. On m'a demand&#233; pour qui je voterais si j'&#233;tais br&#233;silien ? J'ai r&#233;pondu que je voterais pour Lula, aux c&#244;t&#233;s de la majorit&#233; des pauvres du Br&#233;sil. Mais j'ai dit que ma grande pr&#233;occupation &#233;tait que Lula pourrait oublier qui avait vot&#233; pour lui et qu'il se plierait aux politiques de ceux qui n'ont pas vot&#233; pour lui, celles de la Banque mondiale, du FMI et des institutions financi&#232;res internationales. Ces institutions n'ont pas vot&#233; pour Lula, mais leurs politiques sont celles qui sont appliqu&#233;es. J'ai dit que ce serait une trag&#233;die. Les gens sont rest&#233;s boucheb&#233;s de surprise. C'est exactement ce qui s'est pass&#233;. Pour moi, la relation Lula - Cardoso est la m&#234;me qu'entre Thatcher et Blair. Blair a imit&#233; Thatcher. Lula imite Cardoso. Les deux histoires se m&#233;langent, ce qui repr&#233;sente une trag&#233;die pour le Br&#233;sil. Dans quatre ou cinq ans, il y aura une d&#233;sillusion massive. La droite gagnera probablement &#224; nouveau et nous devrons recommencer la lutte depuis le d&#233;but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Colombie, la militarisation est tr&#232;s similaire &#224; la strat&#233;gie &#233;tasunienne durant la Guerre froide. Comment interpr&#233;tez-vous cela dans le cadre d'une strat&#233;gie essentiellement &#233;conomique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, la Colombie est un cas exceptionnel, le Venezuela aussi, &#233;videmment, o&#249; les EUA ont essay&#233; de s'imposer par un nouveau coup d'Etat qui fut mis en &#233;chec. Ils recommenceront si rien d'autre ne donne de r&#233;sultat : quand ils sentent que la d&#233;mocratie ne sert plus leurs int&#233;r&#234;ts, ils auront &#224; nouveau recours aux militaires, c'est &#233;vident. Mais, pour le moment, le probl&#232;me est de dessiner une soci&#233;t&#233; dans laquelle peuvent &#234;tre concr&#233;tiser des projets ; des projets socio-d&#233;mocrates pour les pauvres. Selon moi, c'est la cl&#233;. C'est pour cela que le Venezuela est tr&#232;s important. Avant que Lula soit &#233;lu, une possibilit&#233; est n&#233;e [...] : L'Argentine s'&#233;tait &#233;croul&#233;e, et au Venezuela il y avait Ch&#225;vez. S'il existait une Conf&#233;d&#233;ration bolivarienne, int&#233;gr&#233;e par le Br&#233;sil, l'Argentine, l'Equateur, la Bolivie, le Venezuela et Cuba, ensemble ils pourraient cr&#233;er une forme totalement distincte de soci&#233;t&#233;, non r&#233;pressive, sans vices, qui transformerait la vie quotidienne du pauvre. Cela n'a pas eu lieu car ... Selon moi, Kirchner est meilleur que Lula. Il essaie de r&#233;sister, &#224; un certain niveau. La grande d&#233;ception, c'est le PT br&#233;silien. [...] En cr&#233;ant une unit&#233;, ils pourraient profiter des forces de chacun et non des faiblesses. C'est pour cela que c'est positif que le Venezuela et Ch&#225;vez profitent des points forts de Cuba plut&#244;t que de ses faiblesses. La structure sociale qu'ils ont cr&#233;&#233;e avec les syst&#232;mes de sant&#233; et d'&#233;ducation, c'est quelque chose que le Br&#233;sil pourrait faire aussi ... Mais il ne le fait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; la r&#233;sistance contre le projet de Zone de libre-&#233;change des Am&#233;riques (ALCA), pensez-vous que les EUA privil&#233;gient la strat&#233;gie des accords bilat&#233;raux pour imposer leur agenda &#233;conomique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que les EUA agissent toujours en fonction de leurs propres int&#233;r&#234;ts. Ces derniers sont d'emp&#234;cher l'&#233;mergence d'une force r&#233;gionale en Am&#233;rique latine sans la pr&#233;sence des EUA, emp&#234;cher qu'une force r&#233;gionale surgisse en Extr&#234;me Orient - la Chine, le Japon, la Cor&#233;e - sans la pr&#233;sence des EUA, emp&#234;cher que l'Europe devienne une grande puissance &#233;conomique et politique. Les EUA feront des concessions &#224; ceux qui serviront leurs int&#233;r&#234;ts tant qu'ils ne se sentent pas menac&#233;s politiquement ni &#233;conomiquement. Ils pourront faire de nombreuses concessions, mais ils pr&#233;f&#232;rent en g&#233;n&#233;ral des accords bilat&#233;raux. [...] Cela a toujours &#233;t&#233; leur politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement contre la globalisation est prudent avec Ch&#225;vez du fait de son populisme, de sa formation militaire. Ce qu'il craint est que cela puisse devenir un processus contr&#244;l&#233; verticalement depuis le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que les pauvres du Venezuela appuieront ce gouvernement, il survivra. Quand ils lui retiront son soutien, il tombera. Mais je crois qu'il serait utile que le mouvement contre la mondialisation - et il y beaucoup de courants diff&#233;rents en son sein - vienne et observe ce qui se passe ici. Quel est le probl&#232;me ? Qu'ils aillent aux barrios [quartiers populaires, N.d.T.], qu'ils voient comment vivent les gens et comment c'&#233;tait avant que ce gouvernement prenne le pouvoir. Qu'ils ne tombent pas dans les st&#233;r&#233;otypes. On ne peut pas changer le monde sans prendre le pouvoir, c'est ce que montre le Venezuela. Chavez est en train d'am&#233;liorer la vie des gens ordinaires. C'est pour cela qu'il est difficile de le faire chuter. Si ce n'&#233;tait pas le cas, il aurait d&#233;ja chut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est quelque chose que les gens du mouvement altermondialiste doivent comprendre. C'est de la politique s&#233;rieuse. Il ne suffit pas simplement de changer de slogan. Car, pour les gens ordinaires, au nom de qui ils disent lutter, l'&#233;ducation gratuite, la sant&#233; gratuite, la nourriture bon march&#233; sont des choses beaucoup plus importantes que tous les slogans justes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est votre opinion sur le processus politique v&#233;n&#233;zu&#233;lien ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois qu'il a besoin de se consolider. Je crois qu'il est faible. Je crois que le mouvement ici a besoin de s'institutionnaliser &#224; tous les niveaux, au niveau des petits villes, des villages, des quartiers. Il peut s'&#233;largir : sous la forme de cercles bolivariens ou sous toute autre d&#233;nomination, sous la forme de groupes qui se r&#233;unissent r&#233;guli&#232;rement, qui communiquent entre eux, qui discutent de leurs probl&#232;mes et qui ne soient pas seulement quelque chose de dirig&#233; depuis le haut. C'est tr&#232;s important car Chavez est un type hors du commun en Am&#233;rique latine, tr&#232;s sp&#233;cial. Il est jeune et peut vivre de nombreuses ann&#233;es, Mais il doit cr&#233;er des institutions qui perdurent et transcendent sa pr&#233;sence pour le futur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi le gouvernement de Chavez perturbe-t-il tant les Etats-Unis ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Venezuela est un exemple de ce que les Etatsuniens veulent &#233;liminer. Car si cet exemple existe, et se consolide chaque fois plus, les peuples du Br&#233;sil, de l'Argentine, du Chili, d'Equateur et de Bolivie diront : &#034; Si les V&#233;n&#233;zu&#233;liens peuvent, nous aussi nous pouvons &#034;. Le Venezuela, &#224; partir de ce point de vue, est un exemple tr&#232;s important. [...] C'est pour cela qu'ils versent des millions de dollars pour aider la stupide opposition v&#233;n&#233;zu&#233;lienne ; incapable d'offrir une alternative r&#233;elle aux gens, sauf ce qui existait avant : une oligarchie corrompue et servile. C'est cela que le Venezuela repr&#233;sente et je crois qu'une faiblesse de la R&#233;volution bolivarienne a &#233;t&#233;, jusqu'il y a peu, de ne pas en faire plus vers le reste de l'Am&#233;rique latine, car elle a &#233;t&#233; assi&#233;g&#233;e au niveau local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois qu'une fois que Chavez - je l'esp&#232;re - aura gagn&#233; le referendum et apr&#232;s les &#233;lections r&#233;gionales de septembre, il devra entreprendre une grande offensive envers le reste de l'Am&#233;rique latine. Depuis cette perspective, le mod&#232;le des m&#233;decins cubains est tr&#232;s bon. Dans cinq ans, des V&#233;n&#233;zu&#233;liens reviendront de Cuba comme m&#233;decins. Ils pourront aider leur propre pays comme aller dans d'autres pour aider dans les quartiers populaires. Ce sont des petites choses, mais dans le monde dans lequel nous vivons, ce sont de grandes, tr&#232;s grandes r&#233;alisations. Il y a cinquante ans, elles auraient &#233;t&#233; minimes, aujourd'hui, elles sont grandes. Ce pourquoi nous devons les pr&#233;server et les am&#233;liorer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les m&#233;dias jouent un r&#244;le particulier dans le sc&#233;nario v&#233;n&#233;zu&#233;lien, Quelle est la solution ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il manque en Am&#233;rique latine, ce sont des moyens de communications. Nous avons besoin d'un canal satellite comme Al Jazeera. J'ai dit que l'on pourrait l'appeller &#034; Al Bolivar &#034;. Il en manque un qui rende compte r&#233;gulierement de ce que dit la droite, de ce que disent les mouvements de gauche - un qui rende compte de ce que veut le Mouvement des travailleurs sans terre (MST) qui d&#233;fie Lula,. Mais de mani&#232;re ind&#233;pendante, sans se lier &#224; un Etat. Je crois que ce canal satellite pourrait &#234;tre tr&#232;s important pour l'Am&#233;rique latine en g&#233;n&#233;ral, pour d&#233;fier le monde, la BBC et CNN avec une cha&#238;ne latinoam&#233;ricaine. [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si Chavez gagne le referendum, croyez-vous que l'opposition dira qu'il y a eu fraude de la part du gouvernement pour d&#233;l&#233;gitimer le r&#233;sultat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cas, nous devrons nous battre quand cela aura lieu, ce pourquoi je crois que le processus doit &#234;tre transparent. Je crois qu'il y aura beaucoup d'observateurs. Si cela arrive, le gouvernement devra directement passer &#224; l'offensive et dire que &#034; c'est une victoire nette. S'ils le veulent, qu'ils aillent partout dans le pays pour parler avec chaque &#233;lecteur &#034;. Il ne doit pas &#234;tre sur la d&#233;fensive. Il faut passer directement &#224; l'offensive et d&#233;clarer que l'on n'est pas en Floride. [...] Il faut compter sur l'appui de la force du peuple. Si le peuple vote pour lui et gagne le referendum, il y a aura des f&#234;tes dans tout le pays. Et ce qui aura eu lieu sera &#233;vident.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au-del&#224; du n&#233;olib&#233;ralisme</title>
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		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>

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&lt;p&gt;Quel est le bilan du n&#233;olib&#233;ralisme en Am&#233;rique latine ? A-t-il triomph&#233; en s'imposant &#224; des gouvernements se r&#233;clamant d'un autre courant ? Ou a-t-il &#233;chou&#233; en essuyant le rejet g&#233;n&#233;ralis&#233; de la population ? La r&#233;ponse d&#233;pend de l'aspect que l'on met en relief dans la d&#233;finition du n&#233;olib&#233;ralisme, puisque ce mod&#232;le de domination capitaliste inclut une pratique &#233;conomique, un projet d'accumulation ainsi qu'une offensive sociale destin&#233;e &#224; soumettre les travailleurs et &#224; &#233;tablir des r&#233;gimes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quel est le bilan du n&#233;olib&#233;ralisme en Am&#233;rique latine ? A-t-il triomph&#233; en s'imposant &#224; des gouvernements se r&#233;clamant d'un autre courant ? Ou a-t-il &#233;chou&#233; en essuyant le rejet g&#233;n&#233;ralis&#233; de la population ? La r&#233;ponse d&#233;pend de l'aspect que l'on met en relief dans la d&#233;finition du n&#233;olib&#233;ralisme, puisque ce mod&#232;le de domination capitaliste inclut une pratique &#233;conomique, un projet d'accumulation ainsi qu'une offensive sociale destin&#233;e &#224; soumettre les travailleurs et &#224; &#233;tablir des r&#233;gimes politiques autoritaires. Il est indispensable de caract&#233;riser ce qui s'est produit sur ces quatre terrains durant la derni&#232;re d&#233;cennie pour analyser le virage antilib&#233;ral qui s'accomplit actuellement. Ce diagnostic est &#233;galement vital pour d&#233;finir le profil d'une proposition anticapitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ALCA [1] et Dette&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la pr&#233;dilection des classes dominantes pour les privatisations, l'ouverture de l'&#233;conomie et la d&#233;r&#233;glementation ait diminu&#233; durant les derni&#232;res ann&#233;es, la doctrine n&#233;olib&#233;rale continue &#224; s'imposer en orientant la politique &#233;conomique de l'establishment sur les deux terrains strat&#233;giques : l'ALCA et l'endettement externe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tractations pour former une zone de libre-&#233;change visent &#224; augmenter les ventes nord-am&#233;ricaines vers la r&#233;gion, en &#233;change de plus grandes quotes-parts du march&#233; am&#233;ricain pour les exportateurs latino-am&#233;ricains. Mais la force des deux secteurs diff&#232;re substantiellement &#224; la table des n&#233;gociations. La premi&#232;re puissance fait pression sur les gouvernements de son &#034;arri&#232;re-cour&#034; pour qu'ils r&#233;duisent les droits de douane de l'industrie, des services et de la propri&#233;t&#233; intellectuelle, tandis qu'elle offre en contrepartie des concessions tr&#232;s limit&#233;es sur le terrain des subventions &#224; l'agriculture et celui des obstacles douaniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le libre-&#233;changisme sans restriction que pr&#233;voyait la version initiale de l'ALCA a &#233;t&#233; abandonn&#233; devant la r&#233;sistance du patronat br&#233;silien (et dans une moindre mesure argentin) &#224; d&#233;prot&#233;ger son industrie et &#224; remettre les services aux mains d'&#233;trangers. C'est pourquoi on discute actuellement d'une variante &#034;light&#034; de l'accord, qui dispenserait les participants d'engagements stricts et de d&#233;lais p&#233;remptoires. Mais cette seconde alternative des corporations nord-am&#233;ricaines et de leurs partenaires r&#233;gionaux s'av&#232;re &#233;galement d&#233;favorable &#224; l'ensemble de l'&#233;conomie latino-am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ALCA constitue seulement une instance de n&#233;gociations qui visent &#224; renforcer la domination commerciale des Etats-Unis et &#224; freiner l'expansion europ&#233;enne dans la r&#233;gion. Les tractations sont compl&#233;t&#233;es par des accords multilat&#233;raux dans l'orbite de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et des conventions bilat&#233;rales que promeuvent les capitalistes latino-am&#233;ricains les plus associ&#233;s aux compagnies am&#233;ricaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est arriv&#233; avec l'ALENA (Accord de libre-&#233;change nord-am&#233;ricain) au Mexique d&#233;montre que ce type de chefs d'entreprise am&#233;liore leurs profits au d&#233;triment du reste du pays qui souffre des cons&#233;quences de la d&#233;nationalisation bancaire, de la d&#233;sarticulation r&#233;gionale, de la crise agricole et de l'explosion de l'&#233;migration. Cet ant&#233;c&#233;dent illustre aussi l'effet probable qu'auront les r&#233;cents accords (trait&#233;s de libre-&#233;change) sign&#233;s par le Chili et plusieurs pays d'Am&#233;rique centrale (avec les Etats-Unis).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan financier, le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral a &#233;t&#233; install&#233; dans la r&#233;gion &#224; travers le paiement de la dette externe et l'audit cons&#233;cutif qu'exerce le FMI sur la politique &#233;conomique de chaque pays. Cette ing&#233;rence du Fonds est beaucoup plus pesante que les paiements d'int&#233;r&#234;ts, parce qu'elle implique une subordination syst&#233;matique de la croissance, de l'investissement public et des revenus populaires &#224; la priorit&#233; d'encaissement (remboursement &#034;) des cr&#233;anciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soumission au FMI a pr&#233;domin&#233; dans les ann&#233;es 90 sous les pr&#233;sidences n&#233;olib&#233;rales de Salinas, Menem ou Sanguinetti et se trouve actuellement ratifi&#233;e par les continuateurs explicites de cette politique (Lagos, Fox, Toledo). Mais les anciens critiques de l'orthodoxie mon&#233;tariste appliquent eux-aussi les ajustements qu'exige le FMI quand ils arrivent au pouvoir. Lula est l'exemple le plus convaincant de cette conversion. Pour &#034;gagner la confiance&#034; des banquiers, il maintient des taux d'int&#233;r&#234;t &#233;lev&#233;s, des restrictions &#224; l'&#233;mission et des coupes sombres dans les d&#233;penses publiques qui assurent des profits extraordinaires aux financiers. C'est pourquoi la r&#233;cession, le ch&#244;mage record, l'expansion de la pauvret&#233; et le frein aux plans d'assistance persistent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kirchner suit une direction semblable en Argentine, apr&#232;s avoir souscrit un engagement (avec le FMI) d'exc&#233;dent fiscal de 3% du PIB pour payer les int&#233;r&#234;ts d'une dette dont le caract&#232;re frauduleux est prouv&#233;. Cette convention oblige &#224; maintenir le gel des salaires et inclut des compensations aux banquiers qui ont expropri&#233; les petits &#233;pargnants. Comme il n'y a pas d'argent pour rembourser tous les cr&#233;anciers, le gouvernement donne la priorit&#233; au paiement (remboursement) des organismes internationaux (FMI, Banque mondiale, Banque interam&#233;ricaine de d&#233;veloppement) &#233;troitement li&#233;s aux Etats-Unis et aux grands capitalistes argentins, au d&#233;triment des petits d&#233;tenteurs &#233;trangers de titres (de la dette). Ces &#233;pargnants ont &#233;t&#233; incit&#233;s par les grandes banques &#224; acqu&#233;rir les bons argentins insolvables. Kirchner masque cette politique sous des discours de confrontation avec l'establishment financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des &#233;checs &#233;conomiques et des m&#233;saventures sociales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le n&#233;olib&#233;ralisme a &#233;chou&#233; en tant que projet des classes dominantes nationales pour d&#233;velopper leurs affaires, renforcer leur base d'accumulation et augmenter leur pr&#233;sence sur le march&#233; mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perte de positions des capitalistes latino-am&#233;ricains sur la sc&#232;ne internationale s'est accentu&#233;e dans la derni&#232;re d&#233;cennie, sauf quelques exceptions comme le Chili. Ce recul se v&#233;rifie dans la stagnation du PIB par habitant, dans la chute de l'investissement &#233;tranger (en particulier si on le compare &#224; la Chine et au Sud-est asiatique) et dans l'endettement d&#233;bordant. Dans ces conditions, les phases de prosp&#233;rit&#233; cyclique sont chaque fois plus d&#233;pendantes de la conjoncture financi&#232;re ou commerciale internationale. Par exemple, la relance attendue pour cette ann&#233;e sera la cons&#233;quence de la r&#233;duction du taux d'int&#233;r&#234;t dans les centres (et l'afflux cons&#233;cutif de capitaux &#224; court terme dans la r&#233;gion) et de l'augmentation des prix de certaines mati&#232;res premi&#232;res, comme le p&#233;trole, le soja ou le cuivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;chec &#233;conomique a &#233;t&#233; paradoxalement renforc&#233; par un succ&#232;s r&#233;actionnaire du n&#233;olib&#233;ralisme : la r&#233;gression sociale g&#233;n&#233;ralis&#233;e impos&#233;e par l'offensive du capital sur le travail. Les preuves de cette agression sont innombrables. Entre 1980 et 2003, le ch&#244;mage officiel a bondi de 7,2% &#224; 11 %, le salaire minimal a chut&#233; en moyenne de 25% et le travail informel a cr&#251; de 36% &#224; 46%, dans la r&#233;gion du monde o&#249; l'in&#233;galit&#233; sociale est la plus grande (10% de la population monopolise 48% du revenu et les 10% les plus pauvres se partagent &#224; peine 1,6% de ce total).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sur cette terrible escalade d'attaques que reposent les b&#233;n&#233;fices que les capitalistes ont obtenus dans le court terme, &#224; travers l'accroissement du taux d'exploitation. Mais ces profits ne se sont pas &#233;tendus &#224; l'ensemble de la classe dominante parce que le r&#233;tr&#233;cissement du march&#233; interne et l'appauvrissement collectif ont limit&#233; la base de l'accumulation. En outre, les ouvertures des &#233;conomies et les privatisations ont d&#233;t&#233;rior&#233; la comp&#233;titivit&#233; locale et ont accentu&#233; la fragilit&#233; des chefs d'entreprise r&#233;gionaux face &#224; leurs concurrents. Au niveau financier, l'accroissement ing&#233;rable de l'endettement externe - qui a favoris&#233; certains groupes - a lui aussi fini par affecter l'ensemble des capitalistes locaux. L'ampleur de ce passif r&#233;duit s&#233;v&#232;rement l'autonomie de la politique fiscale et mon&#233;taire requise pour r&#233;sister aux cycles r&#233;cessifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Soul&#232;vements, sujets et consciences&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentative n&#233;olib&#233;rale de faire plier la r&#233;sistance populaire et de d&#233;truire les traditions de lutte des peuples latino-am&#233;ricains a subi une succession de graves revers. Le renversement par la rue de plusieurs pr&#233;sidents r&#233;actionnaires est la preuve la plus palpable de cet &#233;chec. Ces soul&#232;vements - qui ont affect&#233; l'&#201;quateur (1997), le P&#233;rou (2000), l'Argentine (2001) et la Bolivie (2003) - constituent des &#233;v&#233;nements beaucoup plus significatifs que les replis &#233;lectoraux dont a aussi souffert la droite (Venezuela, Br&#233;sil). C'est pourquoi les analystes de l'establishment sont terroris&#233;s face &#224; une escalade d' &#034;&#233;meutes populaires qui &#233;branlent les institutions&#034;, &#224; travers des &#034;actions collectives qui contestent les r&#233;gimes constitutionnels&#034; [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces soul&#232;vements ont comport&#233; une gamme diverse de r&#233;volutions, de r&#233;bellions et de mobilisations, en fonction de l'intensit&#233; de la lutte, des revendications en jeu et de leur impact politique. L'insurrection en Bolivie est l'exemple majeur r&#233;cent d'une r&#233;volution. Au terme d'une terrible saign&#233;e de 140 morts, l'action directe des manifestants a forc&#233; la chute de Lozada. La tradition des soul&#232;vements arm&#233;s des mineurs et des paysans a &#233;merg&#233; &#224; nouveau dans un mouvement qui a combin&#233; des revendications sociales (augmentation salariale), paysannes (d&#233;fense des cultures de coca) et anti-imp&#233;rialistes (industrialisation du gaz).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;bellion qui a agit&#233; l'Argentine n'a pas atteint cette dimension insurrectionnelle, mais a constitu&#233; une &#233;ruption exceptionnelle qui a uni les travailleurs, la classe moyenne et les ch&#244;meurs dans une revendication commune contre le r&#233;gime politique (&#034;Qu'ils s'en aillent tous&#034;). Les 17.000 manifestations et les 47 coupures de rue quotidiennes qui ont &#233;t&#233; enregistr&#233;es pendant l'ann&#233;e 2002 illustrent l'envergure de ce soul&#232;vement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves et les occupations de terres au Br&#233;sil forment &#224; leur tour un processus de mobilisation qui n'a pas d&#233;bouch&#233; sur une r&#233;bellion. Cette diff&#233;rence avec l'Argentine ob&#233;it &#224; des traditions de lutte divergentes et au caract&#232;re plus limit&#233; de la crise &#233;conomique (qui n'a pas comport&#233; d'appauvrissements virulents, ni d'expropriations de petits &#233;pargnants). C'est pourquoi Lula a succ&#233;d&#233; &#224; F.H. Cardoso conform&#233;ment au calendrier &#233;lectoral, tandis que Kirchner a &#233;merg&#233; d'un dramatique processus de reconstitution du contr&#244;le politique par les capitalistes que les piquetes et les assembl&#233;es populaires avaient d&#233;fi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toutes les protestations latino-am&#233;ricaines, les travailleurs de l'Etat ont jou&#233; un r&#244;le tr&#232;s actif. Ce secteur - victime des coupes budg&#233;taires que le FMI impose invariablement - m&#232;ne la r&#233;sistance au P&#233;rou et en Uruguay et joue un r&#244;le significatif dans la r&#233;volte de Saint-Domingue. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale demeure aussi la forme classique d'action de la mobilisation populaire et dans certains cas - comme au Chili -une certaine r&#233;apparition du protagonisme ouvrier commence &#224; s'insinuer. Dans d'autres pays, la r&#233;sistance a &#233;t&#233; marqu&#233;e par des r&#233;bellions paysannes g&#233;n&#233;ralis&#233;es (&#201;quateur), localis&#233;es (Colombie), ou r&#233;gionales avec un grand impact national (Chiapas). La lutte sociale acquiert, en outre, des connotations explosives quand elle s'imbrique dans le d&#233;veloppement d'un conflit anti-imp&#233;rialiste (Venezuela).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vari&#233;t&#233; de mouvements (poids des indig&#232;nes dans les zones andines, mouvements urbains dans le sud) inclut aussi un &#233;change original d'exp&#233;riences de lutte entre diff&#233;rents secteurs sociaux opprim&#233;s. Par exemple, les organisations paysannes et les travailleurs informels des villes boliviennes ont assimil&#233; les modalit&#233;s de r&#233;sistance des mineurs. En Argentine, les piqueteros argentins ont constitu&#233; un mouvement combatif de ch&#244;meurs &#224; partir de l'exp&#233;rience accumul&#233;e par d'anciens dirigeants du mouvement syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de la protestation sociale a extirp&#233; les illusions d'obtenir une certaine am&#233;lioration des niveaux de vie au moyen des privatisations et de la d&#233;r&#233;gulation. Cette maturation antilib&#233;rale de la conscience populaire diff&#233;rencie l'Am&#233;rique latine d'autres r&#233;gions - comme l'Europe orientale - o&#249; subsistent de grands espoirs dans les fruits &#233;ventuels de l'&#034;&#233;conomie de march&#233;&#034;. Plus significative encore est la renaissance de convictions anti-imp&#233;rialistes qui - &#224; la diff&#233;rence de la majeure partie du monde arabe - n'adoptent pas des traits fondamentalistes d'hostilit&#233; religieuse ou ethnique. C'est pourquoi dans les mobilisations d'Am&#233;rique latine on remarque l'image du Che et non celle des chefs confessionnels, et l'ennemi que l'on accuse sont les banques et les corporations yankees, mais pas le peuple am&#233;ricain. Cette vague de soul&#232;vements populaires dans un cadre d'&#233;checs &#233;conomiques a provoqu&#233; une diminution radicale de l'enthousiasme bourgeois pour le n&#233;olib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les limites du virage antilib&#233;ral&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actuelle r&#233;surgence de gouvernements qui promeuvent &#034;la reconstruction d'un capitalisme r&#233;gional autonome&#034; constitue une manifestation du d&#233;clin de la doctrine n&#233;olib&#233;rale. Ce nouveau projet est particuli&#232;rement revendiqu&#233; par les r&#233;gimes de centre-gauche (Lula, Kirchner), en opposition aux gouvernements de pure continuit&#233; n&#233;olib&#233;rale (Uribe, Toledo, Lagos). Mais le m&#234;me programme est aussi partag&#233; par les pr&#233;sidents qui ont &#233;merg&#233; d'une explosion sociale (Mesa, Gutierrez) et par ceux qui jouent le premier r&#244;le dans un choc s&#233;v&#232;re avec l'imp&#233;rialisme (Chavez).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce virage est rendu propice par les m&#234;mes classes dominantes qui dans les ann&#233;es 90 ont abjur&#233; toute action &#034;&#233;tatiste&#034; ou &#034;interventionniste&#034;. Ce courant formellement antilib&#233;ral confirme que &#034;les bourgeoisies nationales n'ont pas disparu&#034; de la r&#233;gion. Il est certain que l'association avec le capital &#233;tranger et le recul &#233;conomique a diminu&#233; son poids et modifi&#233; radicalement sa pr&#233;c&#233;dente strat&#233;gie d'&#034;industrialisation de substitution&#034; et de &#034;d&#233;veloppement vers l'int&#233;rieur&#034;. Mais les classes capitalistes nationales subsistent et continuent de manier les ressorts du pouvoir. Ceux qui supposent que ce groupe s'est dissous sous l'effet de la transnationalisation, de l'absorption imp&#233;riale ou du manque de projets autonomes oublient les particularit&#233;s de la bourgeoisie nationale. Ce groupe dominant dans les pays p&#233;riph&#233;riques ne r&#233;ussit pas &#224; constituer des &#233;conomies prosp&#232;res, ni ne parvient &#224; rivaliser avec les grandes corporations. Mais il n'est pas dilu&#233; non plus dans un bloc commun avec l'imp&#233;rialisme parce que la concurrence mondiale bloque cette fusion. C'est pourquoi les capitalistes locaux pr&#233;servent leurs propres int&#233;r&#234;ts et se disputent avec leurs concurrents &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme r&#233;nov&#233; de capitalisme autonome r&#233;gional exprime la persistance de ces tensions, mais il n'a pas le profil d'un projet viable. L'&#233;chec de l'int&#233;gration r&#233;gionale et sp&#233;cialement du Mercosur [3] est l'exemple le plus convaincant de cette absence d'horizons. Au terme d'une d&#233;cennie, les membres de cette association n'ont pas r&#233;ussi &#224; forger une monnaie commune, et ils n'ont m&#234;me pas pu d&#233;passer leurs divergences en mati&#232;re de tarifs et de subventions. Comme chaque classe dominante locale n&#233;gocie unilat&#233;ralement avec le FMI des calendriers d'ajustements budg&#233;taires tr&#232;s diff&#233;renci&#233;s, il est devenu plus difficile d'&#233;tablir des politiques fiscales, douani&#232;res ou financi&#232;res communes. La perspective de l'ALCA exerce, en outre, une pression qui tend &#224; dissoudre un march&#233; exclusivement sud-am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement au pass&#233;, la relance d'un programme de capitalisme r&#233;gul&#233; et autochtone ne s'appuie pas actuellement sur des dictatures expansionnistes, mais pr&#233;tend s'appuyer sur des r&#233;gimes constitutionnels. Et sur ce plan elle affronte aussi un obstacle nouveau : le discr&#233;dit g&#233;n&#233;ralis&#233; des &#034;d&#233;mocraties autoritaires&#034;. Au bout de deux d&#233;cennies d'&#233;normes frustrations populaires, l'autorit&#233; de ces syst&#232;mes se trouve tr&#232;s remise en question &#224; cause de son caract&#232;re anti-populaire. Ces r&#233;gimes forment des structures semi-r&#233;pressives, lubrifi&#233;es par le client&#233;lisme et soutenues par des appareils &#233;lectoraux contr&#244;l&#233;s par les groupes dominants. Toutes les d&#233;cisions significatives sont adopt&#233;es par l'&#233;lite bureaucratique qui administre les Etats avec l'approbation passive du Parlement et de la Justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'illusion d'obtenir des progr&#232;s sociaux &#224; partir de la consolidation de ces r&#233;gimes a &#233;t&#233; s&#233;rieusement &#233;branl&#233;e depuis le moment o&#249; ces derniers ont offert un cadre politique &#224; la classe capitaliste pour mettre en oeuvre une effroyable r&#233;gression sociale. L'effet de ce processus a &#233;t&#233; la perte de l&#233;gitimit&#233; politique, qui se manifeste dans la d&#233;sint&#233;gration des partis traditionnels (AD et Copei au Venezuela), l'&#233;rosion des vieilles institutions (PRI mexicain, radicalisme argentin) et l'effondrement des exp&#233;riences despotiques (Menem, Fujimori, Collor) ou des alchimies politiques soutenues par les Etats-Unis (Toledo, Banzer).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#034;Post-lib&#233;ralisme anti-populaire&#034;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouveaux gouvernements de centre-gauche qui &#233;mergent dans la r&#233;gion sont hostiles aux revendications populaires et &#224; leur conqu&#234;te &#224; travers la mobilisation. Les pr&#233;sidents de ces r&#233;gimes crient contre le n&#233;olib&#233;ralisme, mais pr&#233;servent son h&#233;ritage r&#233;actionnaire en promouvant des mod&#232;les &#034;post-lib&#233;raux&#034; qui confirment les contre-r&#233;formes sociales des ann&#233;es 90.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par son impact continental, le cas de Lula est la tentative la plus importante du progressisme latino-am&#233;ricain. L'ancien ouvrier de la m&#233;tallurgie a re&#231;u depuis sa prise de fonctions une cascade d'&#233;loges des financiers et des chefs d'entreprise du monde entier. Cet enthousiasme ob&#233;it non seulement &#224; sa politique &#233;conomique n&#233;olib&#233;rale, mais aussi &#224; son adoption de r&#233;formes r&#233;actionnaires comme celle des retraites, que le PT a historiquement rejet&#233;es et que les gouvernements pr&#233;c&#233;dents n'ont pas os&#233; mettre en oeuvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lula accomplit la fonction sociale-d&#233;mocrate typique, &#224; savoir appliquer l'ajustement que la droite ne pourrait pas orchestrer. L'expulsion des parlementaires qui se sont oppos&#233;s &#224; la loi pr&#233;visionnelle (la contre-r&#233;forme des retraites), r&#233;p&#232;te aussi la trajectoire classique des chefs r&#233;formistes, qui se d&#233;tachent de leur aile gauche pour offrir des &#034;preuves de responsabilit&#233;&#034; aux capitalistes qui les commandent. Les justifications de cette orientation consistent &#224; imaginer des menaces fant&#244;mes (&#034;le gouvernement r&#233;siste &#224; la d&#233;stabilisation imp&#233;rialiste&#034;) et &#224; pr&#233;senter les attaques sociales contre les travailleurs comme des actes d'&#233;quit&#233; (&#034;on &#233;limine un privil&#232;ge du travail&#034;), en omettant de mentionner l'abandon complet du programme de r&#233;formes fiscales, sociales, &#233;cologiques et d&#233;mocratiques que postulait le PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'orientation initiale de Lula faisait question, sa gestion de gouvernement a dissip&#233; tous les doutes. Il essaie la &#034;troisi&#232;me voie&#034; dans un pays sous-d&#233;velopp&#233; &#233;cras&#233; par la mis&#232;re, en orchestrant des politiques non seulement &#233;loign&#233;es de tout projet transformateur (comme celui essay&#233; par Salvador Allende), mais aussi hostiles &#224; toute confrontation avec l'imp&#233;rialisme (comme celle dont Chavez est le protagoniste).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels que soient les espoirs que la population place dans ce gouvernement, il s'av&#232;re indispensable d'interroger sans r&#233;serve son &#233;volution, puisqu'il est impossible de construire une alternative &#233;mancipatrice en dissimulant la r&#233;alit&#233;. Lula dirige un gouvernement capitaliste qui inclut les &#034;contradictions&#034; et les &#034;conflits&#034; typiques de tout autre r&#233;gime qui poss&#232;de ces caract&#233;ristiques sociales. Les attributs que beaucoup lui assignent (&#034;une politique ext&#233;rieure ind&#233;pendante&#034;, &#034;promotion du Mercorsur&#034;) ne diff&#232;rent pas des caract&#233;ristiques qu'ont d&#233;j&#224; pr&#233;sent&#233;es plusieurs gouvernements pr&#233;c&#233;dents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique de Lula a de grandes implications pour toute l'Am&#233;rique latine, parce qu'elle offre des justifications &#224; l'orientation anti-populaire qu'appliquent d'autres gouvernements de centre-gauche. On affirme g&#233;n&#233;ralement que &#034;si au Br&#233;sil on ne peut pas changer le cap, la marge pour effectuer des transformations est beaucoup moindre dans des pays plus petits&#034;. C'est l'argument pr&#233;f&#233;r&#233; que propage le progressisme en Argentine ou qui est utilis&#233; en &#201;quateur pour se r&#233;signer face &#224; un pr&#233;sident qui a abandonn&#233; l'alliance initiale avec le mouvement paysan et indig&#232;ne et applique toutes les exigences du FMI. Ce type de trahisons tra&#238;ne derri&#232;re lui une longue histoire en Am&#233;rique latine et pr&#233;sente des caract&#233;ristiques terribles dans le cas d'Aristide en Ha&#239;ti. &#034;Le pr&#234;tre des pauvres&#034; qui promettait d'&#233;radiquer l'h&#233;ritage de mis&#232;re et de terreur laiss&#233; par la dictature s'est transform&#233; en tyran des Cara&#239;bes typique d&#232;s le moment o&#249; il est arriv&#233; au pouvoir avec l'aide des marines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vital de discuter l'orientation actuelle des gouvernements de centre-gauche devant la perspective de trois nouvelles victoires &#233;lectorales de la gauche dans les prochains mois. Au Salvador, le Farabundo Mart&#237; contr&#244;le d&#233;j&#224; la moiti&#233; des mairies et pourrait acc&#233;der &#224; la pr&#233;sidence [4]. Mais dans ce cas il devra d&#233;clarer qu'il s'oppose au trait&#233; de libre-&#233;change avec les Etats-Unis. En Uruguay, le succ&#232;s r&#233;cent de la gauche dans le r&#233;f&#233;rendum contre la privatisation du p&#233;trole confirme la haute probabilit&#233; d'un triomphe &#233;lectoral national. Mais le pays affronte un effondrement social comparable &#224; l'Argentine et ne pourra pas le surmonter en maintenant les accords avec le FMI que cautionne la direction du Frente Amplio. En Bolivie, on vit une situation explosive qui peut porter &#224; tout moment le MAS d'Evo Morales au gouvernement. Mais son comportement face &#224; l'insurrection d'octobre dernier ne pr&#233;sage pas une position favorable &#224; la lutte cons&#233;quente pour les revendications sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sc&#233;narios et manoeuvres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La capacit&#233; actuelle de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain pour faire face au volcan latino-am&#233;ricain a &#233;t&#233; notablement r&#233;duite en comparaison &#224; la p&#233;riode de l'essor n&#233;olib&#233;ral. Ces limitations se v&#233;rifient d'abord sur le plan militaire. Pour contr&#244;ler directement les principales ressources naturelles de la r&#233;gion, les Etats-Unis ont besoin de renforcer la pr&#233;sence de leurs troupes. Mais le bourbier de l'Irak a cr&#233;&#233; une limite s&#233;rieuse &#224; cette intervention. L'imp&#233;rialisme ne peut pas ouvrir de nouveaux fronts de conflit tant qu'il affrontera la perspective d'un nouveau Vietnam au Moyen-orient. C'est pourquoi les faucons du D&#233;partement d'&#201;tat (Noriega, Reich) encouragent une campagne contre &#034;les menaces terroristes&#034;, mais sans sp&#233;cifier la cible sp&#233;cifique de leurs attaques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est probable que la stagnation de la guerre en Colombie contribue &#224; cette ind&#233;termination. Uribe a essay&#233; sans r&#233;sultat une escalade semi- dictatoriale d'agressions, qui inclut la l&#233;galisation des paramilitaires et la cr&#233;ation compulsive d'un million d'informateurs. En outre, le r&#233;f&#233;rendum qui devait l&#233;gitimer simultan&#233;ment cette action militaire et un ajustement brutal des d&#233;penses sociales a &#233;chou&#233; et l'opposition de centre-gauche a conquis la mairie de Bogota.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'utilisation de troupes imp&#233;rialistes en Am&#233;rique latine est d'autre part limit&#233;e par la disparition croissante des pr&#233;sidents inconditionnellement align&#233;s sur les Etats-Unis. Seuls quelques gouvernements d'Am&#233;rique centrale ont accompagn&#233; cette fois les troupes yankees en Irak et m&#234;me les partenaires privil&#233;gi&#233;s que sont le Mexique et le Chili se sont abstenus &#224; l'ONU de justifier cette invasion. Les Etats-Unis affrontent en outre trois oppositions &#224; sa domination r&#233;gionale : &#224; Cuba, au Venezuela et en Bolivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tentatives de Bush de cr&#233;er une situation explosive &#224; Cuba en favorisant le d&#233;tournement de bateaux, en formant des provocateurs depuis Miami, en renfor&#231;ant l'embargo et en encourageant l'immigration ill&#233;gale r&#233;p&#232;tent les gaffes des 40 derni&#232;res ann&#233;es. Il n'existe pas d'indices d'une plus grande p&#233;n&#233;tration sociale des agents de l'imp&#233;rialisme &#224; l'int&#233;rieur de l'&#238;le et les attaques &#233;tats-uniennes n'ont pas non plus isol&#233; le r&#233;gime du reste de l'Am&#233;rique latine. Au contraire, elles ont renforc&#233; la sympathie pour la r&#233;volution et accru l'autorit&#233; continentale de Fidel. Le contraste qui existe entre sa courageuse attitude anti-imp&#233;rialiste et le comportement humiliant des dirigeants &#034;l&#232;che-bottes&#034; est un motif de respect dans toute la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Venezuela, l'imp&#233;rialisme continue de conspirer avec la droite et, apr&#232;s l'&#233;chec de deux tentatives de coup d'&#233;tat, cherche maintenant &#224; imposer un r&#233;f&#233;rendum qui expulse Chavez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais chaque action de l'ambassade am&#233;ricaine renforce la mobilisation populaire. La direction nationaliste dans ces confrontations avec l'imp&#233;rialisme a beaucoup d'ant&#233;c&#233;dents dans la r&#233;gion (Torrijos, Velazco Alvarado), mais ce qui est frappant au Venezuela, c'est le niveau croissant d'organisation au niveau du quartier, au niveau syndical et au niveau universitaire. Si la polarisation politique et sociale du pays ressemble &#224; ce qui s'est produit en Argentine durant les ann&#233;es 50 (hostilit&#233; bourgeoise au r&#233;gime, rupture entre la classe moyenne et les travailleurs), le degr&#233; de radicalisation existant dans les forces arm&#233;es s'apparente beaucoup &#224; la r&#233;volution portugaise des oeillets. En suscitant une escalade de provocations dans un pays vital pour leur approvisionnement p&#233;trolier, les Etats-Unis jouent avec le feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, la chute du Lozada a repr&#233;sent&#233; un autre revers difficile pour l'imp&#233;rialisme, qui traite la Bolivie comme si elle n'&#233;tait qu'une simple colonie. C'est pourquoi on continue d'exiger l'&#233;radication militaire de la coca et l'attribution des richesses de gaz, sans prendre en compte les risques qu'entra&#238;ne cette pression dans la situation d'agitation que conna&#238;t le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce tableau politique d&#233;favorable, les aides que peuvent offrir &#224; Bush ses principaux alli&#233;s - en &#233;change de lois d'immigration (Mexique), de conventions financi&#232;res (Chili) ou de promesses d'investissements (P&#233;rou) - s'av&#232;rent insuffisantes pour &#233;teindre la chaudi&#232;re r&#233;gionale. C'est pourquoi le pr&#233;sident am&#233;ricain traite cordialement Kirchner et fait l'&#233;loge de Lula, cherchant &#224; obtenir que les deux dirigeants agissent comme interm&#233;diaires dans les conflits hors de port&#233;e de l'influence de la diplomatie nord-am&#233;ricaine. Les priorit&#233;s sont de &#034;cerner Chavez&#034; - pour att&#233;nuer ses d&#233;fis et l'inciter &#224; la d&#233;mobilisation populaire - et d'&#233;viter un &#034;vide de pouvoir&#034;qui d&#233;rive dans un gouvernement populaire en Bolivie. La tr&#234;ve que les envoy&#233;s de Kirchner et de Lula ont obtenue d'Evo Morales lors de la chute de Lozada constitue un pr&#233;c&#233;dent de cette fonction &#034;mod&#233;ratrice&#034; que le D&#233;partement d'&#201;tat assigne &#034;aux gouvernements progressistes du C&#244;ne sud&#034;. Un r&#244;le semblable a &#233;t&#233; jou&#233; par la diplomatie latino-am&#233;ricaine quand, dans les ann&#233;es 80, elle a affaibli &#224; la table des n&#233;gociations les Sandinistes qui &#233;taient d&#233;j&#224; accul&#233;s par l'agression de la &#034;contra&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dilemmes de la gauche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;chec &#233;conomique et le d&#233;clin politique et id&#233;ologique du n&#233;olib&#233;ralisme joints &#224; la pr&#233;sence continuelle de ses mod&#232;les en pleine irruption issus des soul&#232;vements populaires posent &#224; la gauche de s&#233;rieux d&#233;fis. Les dilemmes les plus complexes apparaissent quand on doit d&#233;finir les positions face aux nouveaux gouvernements de centre-gauche qui virent &#224; droite mais &#233;veillent des espoirs parmi la population. Beaucoup d'intellectuels reconnaissent cet &#233;chec mais se r&#233;signent de tristesse. En affirmant qu' &#034;il n'existe pas d'autre alternative&#034;, ils recourent au m&#234;me argument fataliste utilis&#233; par les n&#233;olib&#233;raux dans les ann&#233;es 90.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres soulignent que la conciliation avec la droite est le prix &#224; payer pour faire surgir un capitalisme r&#233;gul&#233; ou latino-am&#233;ricaniste. Mais ils n'expliquent pas pourquoi les socialistes devraient se f&#233;liciter de l'&#233;tablissement de ce syst&#232;me d'exploitation et ils n'&#233;lucident pasnon pluspourquoi il serait possible de construire au XXIe si&#232;cle ce qui n'a pas pu &#234;tre construit pendant les 200 derni&#232;res ann&#233;es. Cette vision produit des illusions sur un avenir improbable et les conduit &#224; ignorer la dynamique anticapitaliste des r&#233;voltes populaires qui agitent &#224; la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui valident l'orientation actuelle de Lula, Kirchner ou Gutierrez ferment les yeux devant la r&#233;alit&#233; et ne jugent pas les gouvernements de centre-gauche sur leurs actes concrets, mais sur les promesses, les discours et les croyances qu'ils propagent. Ils ne rel&#232;vent pas que l'option pour le capitalisme adopt&#233;e par ces r&#233;gimes ne constitue pas un &#233;pisode circonstanciel, ni facilement r&#233;versible. C'est un choix qui exprime la communaut&#233; d'int&#233;r&#234;ts qui lie les bureaucraties dirigeantes aux classes dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres analystes estiment que les r&#233;formes sociales viendront quand ces gouvernements se stabiliseront. Mais l'exp&#233;rience des derni&#232;res d&#233;cennies en Am&#233;rique latine indique tout le contraire. En consolidant leur pouvoir, ces r&#233;gimes renforcent leurs engagements avec la droite et abandonnent les derniers vestiges des positions contestataires. Les dirigeants du progressisme ont perdu, il y a longtemps, leur disposition &#224; faire face &#224; la r&#233;sistance qu'opposeraient les capitalistes (fuite des capitaux, boycotts et actes de d&#233;stabilisation) &#224; toute r&#233;forme sociale significative. C'est pourquoi la gauche qui avalise ces r&#233;gimes tend &#224; se transformer en force domestiqu&#233;e et st&#233;rile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'importants secteurs de la gauche latino-am&#233;ricaine m&#233;connaissent cette r&#233;alit&#233;, parce qu'ils ont adopt&#233; la vieille strat&#233;gie sociale-d&#233;mocrate d'accession progressive au pouvoir &#224; travers une succession d'avanc&#233;es &#233;lectorales et de gestions municipales r&#233;ussies. Le choc cr&#233;&#233; par la succession des reculs qui ont suivi la chute du sandinisme a conduit &#224; ranimer cette politique depuis les ann&#233;es 80. Cette orientation les a emp&#234;ch&#233;s de relever les limites auxquelles se heurtent ces exp&#233;riences de gouvernement local. M&#234;me si elles permettent d'essayer des formes de d&#233;mocratie, contribuent &#224; modifier la corr&#233;lation de forces et facilitent le surgissement de nouvelles directions populaires, ces initiatives ne r&#233;solvent pas le vieux dilemme des socialistes au moment d'opter entre le soutien au capitalisme ou son &#233;radication. La gestion sociale-d&#233;mocrate conduit au premier chemin et fait &#233;chouer toute orientation visant &#224; surmonter les souffrances que subissent des millions de latino-am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui se situent dans le camp des gouvernements de centre-gauche tournent le dos &#224; la mobilisation populaire et &#224; toute bataille cons&#233;quente contre le n&#233;olib&#233;ralisme qui ouvrirait une perspective anticapitaliste. Mais opter pour cette seconde orientation pose aussi des probl&#232;mes aigus, parce que cela oblige &#224; d&#233;finir une strat&#233;gie qui ne puisse pas se r&#233;duire &#224; opposer des &#034; pronunciamientos &#034; r&#233;volutionnaires &#224; la capitulation des gens de centre-gauche. Le d&#233;fi est d'avancer dans la construction politique d'options socialistes, et pas seulement d'enthousiasmer avec de superbes id&#233;es du futur sans &#233;valuer son degr&#233; d'acceptabilit&#233; parmi les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#233;tayer une alternative socialiste oblige aussi &#224; reconna&#238;tre qu'aucune transformation sociale n'est possible si on &#233;lude la conqu&#234;te du pouvoir. Il est devenu &#224; la mode de rejeter cette &#233;vidence en proposant &#034;de changer le monde sans prendre le pouvoir&#034;. Mais les promoteurs de cette voie n'offrent pas un seul exemple de la mani&#232;re dont ils mettraient en oeuvre ce courant. Puisque les capitalistes ne renonceront jamais &#224; la direction de l'Etat, on ne comprend pas comment les opprim&#233;s pourraient r&#233;soudre leurs probl&#232;mes urgents sans capter ce pouvoir pour le transformer au service de la majorit&#233;. Peut-&#234;tre les autonomistes esp&#232;rent-ils cr&#233;er des &#238;lots de coop&#233;ratisme pour promouvoir des essais d'&#233;galitarisme anti-mercantile. Mais ces exp&#233;riences s'av&#233;reraient &#233;videmment insuffisantes pour inverser la trag&#233;die de la pauvret&#233;, du ch&#244;mage et de l'exploitation que supporte la majorit&#233; de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe de multiples voies pour faciliter le d&#233;veloppement de la conscience socialiste, mais l'engagement dans la lutte pour les revendications sociales est la condition de toute construction politique anticapitaliste. Cette action implique de r&#233;sister &#224; la militarisation et &#224; la recolonisation, de rejeter l'ALCA et de lutter pour la cessation du paiement de la dette et la rupture avec le FMI. Ces mesures sont indispensables pour recomposer les revenus populaires et d&#233;velopper une v&#233;ritable int&#233;gration r&#233;gionale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir latino-am&#233;ricain d&#233;pend dans une large mesure de la capacit&#233; de la gauche radicale &#224; former un projet alternatif au cours de certains d&#233;nouements d&#233;cisifs. Cette alternative avancera si une orientation socialiste est renouvel&#233;e &#224; Cuba, si la r&#233;sistance anti-imp&#233;rialiste sape le pouvoir &#233;conomique de la droite v&#233;n&#233;zu&#233;lienne, si une option &#224; la direction du PT br&#233;silien r&#233;ussit, si on &#233;rige un p&#244;le politique de la gauche parmi les piqueteros et les travailleurs argentins et si la r&#233;volution progresse en Bolivie. Dans ce sc&#233;nario, le &#034;post-lib&#233;ralisme&#034; s'apparentera en Am&#233;rique latine &#224; la r&#233;surgence du socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 mai 2004&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;NOTES :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] ALCA (Area de Libre Comercio de las Americas) = Zone de libre-&#233;change des Am&#233;riques. (N.d.l.r.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Botana Natalio. &#034;Los ataques a la legitimidad democratica&#034;. La Nacion, Buenos Aires, 26-10-03.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Le Mercosur est une zone r&#233;gionale de coop&#233;ration &#233;conomique du C&#244;ne Sud (march&#233; du C&#244;ne Sud) qui rassemble le Br&#233;sil, l'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay, en plus de deux pays associ&#233;s, le Chili et la Bolivie. (N.d.l.r.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Cet article a &#233;t&#233; &#233;crit avant l'&#233;lection pr&#233;sidentielle au Salvador remport&#233;e par le candidat du parti de droite l'ARENA. (N.d.l.r.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : Site de Claudio Katz, 27-02-04.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction : Philippe Raynaud et Estelle Debiasi - El Correo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte a &#233;t&#233; publi&#233; par la revue fran&#231;aise 'Contretemps'.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Le nouvel imp&#233;rialisme et l'Am&#233;rique latine </title>
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		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les gouvernements &#171; progressistes &#187; du continent, et plus particuli&#232;rement ceux d'Argentine et du Br&#233;sil, affrontent une situation d&#233;licate : promouvoir le virage de leurs &#233;conomies &#171; ouvertes &#187; - d&#233;pendantes des exportations et vuln&#233;rables aux caprices du capital financier - vers les besoins de leurs peuples. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela semble un lieu commun, solidement ancr&#233; chez des gouvernants, des conseillers, des &#233;conomistes, des dirigeants politiques et jusque dans une bonne partie de l'opinion publique, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les gouvernements &#171; progressistes &#187; du continent, et plus particuli&#232;rement ceux d'Argentine et du Br&#233;sil, affrontent une situation d&#233;licate : promouvoir le virage de leurs &#233;conomies &#171; ouvertes &#187; - d&#233;pendantes des exportations et vuln&#233;rables aux caprices du capital financier - vers les besoins de leurs peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela semble un lieu commun, solidement ancr&#233; chez des gouvernants, des conseillers, des &#233;conomistes, des dirigeants politiques et jusque dans une bonne partie de l'opinion publique, d'affirmer que la croissance &#233;conomique est indispensable &#224; l'am&#233;lioration de la situation des plus pauvres. Une partie de cette croissance viendrait de l'augmentation des exportations, qui aboutirait &#224; une am&#233;lioration des comptes nationaux, de la recette de l'&#201;tat et, finalement, dans une situation de calme &#233;conomique, il se produirait un &#171; transfert &#187; des revenus vers les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Silvio Pereira, nouveau secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du Parti des Travailleurs (PT) du Br&#233;sil, a r&#233;cemment indiqu&#233; que la vuln&#233;rabilit&#233; internationale du pays emp&#234;chait le gouvernement de Luis Inacio Lula da Silva de &#171; r&#233;aliser tous les r&#234;ves que nous souhaiterions &#187;. [1] La &#171; vuln&#233;rabilit&#233; &#187; s'est convertie en excuse pour continuer d'appliquer des politiques qui - bien que cela semble un jeu de mots - approfondissent la vuln&#233;rabilit&#233;. Pour la surmonter, le Br&#233;sil a pay&#233; en mars 2004 1,4 milliard de dollars au FMI &#224; titre d'amortissements de la dette ext&#233;rieure. Mais le m&#234;me mois, la dette ext&#233;rieure du Br&#233;sil a augment&#233; de 1,323 milliard de dollars. Ainsi fonctionne la vuln&#233;rabilit&#233; vertueuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur point de vue, les gouvernements progressistes et de gauche assurent que l'une des fa&#231;ons de surmonter la vuln&#233;rabilit&#233;, et par cons&#233;quent la d&#233;pendance, serait d'am&#233;liorer l'insertion des pays de la r&#233;gion dans le champ international, soit &#224; travers l'int&#233;gration r&#233;gionale (Mercosur - Uruguay, Argentine, Br&#233;sil, Paraguay...), la n&#233;gociation d'accords commerciaux avec d'autres pays du Sud (en suivant le chemin du G20 - qui n&#233;gocie le statut des grands exportateurs de la p&#233;riph&#233;rie face aux pays de l'OCDE) et la signature d'accords avec les pays d&#233;velopp&#233;s (par exemple entre le Mercosur et l'Union europ&#233;enne), mais aussi au travers d'accords comme l'ALCA &#034;light&#034; qui maintiennent l'ouverture du march&#233; des &#201;tats-unis aux exportations latino-am&#233;ricaines. Comme l'a rappel&#233; George W. Bush, la plupart des importations des &#201;tats-Unis proviennent de l'Am&#233;rique latine, et les pays du Sud ne peuvent pas aujourd'hui se passer des exportations vers le Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, ces lieux communs &#233;nonc&#233;s par nos dirigeants de gauche prennent l'eau dans diff&#233;rents domaines. L'alternative n'est pas de promouvoir une am&#233;lioration chim&#233;rique &#224; court terme de la d&#233;savantageuse insertion internationale des &#233;conomies de la p&#233;riph&#233;rie, mais d'inverser l'ordre de nos priorit&#233;s, en r&#233;orientant les efforts (depuis l'appareil productif jusqu'&#224; la culture et aux m&#233;dias) vers l'int&#233;rieur de nos pays. Il s'agit de renforcer le march&#233; interne &#224; travers une redistribution de la richesse, en investissant dans l'&#233;ducation, la sant&#233;, l'autosuffisance alimentaire, entre autres. Il ne s'agit pas, seulement, d'une option ancr&#233;e dans des convictions morales, mais c'est la seule fa&#231;on de survivre au milieu de l'offensive du d&#233;nomm&#233; &#171; nouvel imp&#233;rialisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les nouvelles vieilles formes d'accumulation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison d'&#234;tre du capitalisme est l'accumulation [investissement], processus qui finit par produire des &#171; exc&#233;dents &#187; de capital et de main-d'oeuvre. Ces exc&#233;dents emp&#234;chent ou compliquent la continuit&#233; du processus d'accumulation et ils peuvent seulement se r&#233;soudre en d&#233;truisant ou en d&#233;gradant le travail et en transf&#233;rant le capital vers d'autres zones ou r&#233;gions afin d'&#233;viter sa d&#233;valuation. Th&#233;oriquement, la possibilit&#233; existerait de promouvoir la distribution &#224; travers ce qu'on appelle la &#171; d&#233;pense sociale &#187; (pour les &#233;lites tout le social est une d&#233;pense, une sorte de &#171; gaspillage &#187;) pour poursuivre ainsi le cycle d'accumulation sur de nouvelles bases. Mais depuis au moins un si&#232;cle, les bourgeoisies ont refus&#233; de prendre ce chemin et ont lev&#233; les bras au ciel, d'abord en Grande-Bretagne et en Europe et ensuite aux &#201;tats-unis, devant ce qu'elles consid&#232;rent comme une perte de leurs privil&#232;ges, et elles aspirent seulement &#224; la r&#233;duction des imp&#244;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de ceci n'est nouveau. Toutefois, comme l'indique David Harvey dans &#171; Le nouvel imp&#233;rialisme &#187;, les &#233;quilibres ant&#233;rieurs du capitalisme se sont rompus en faveur des vieilles formes d'accumulation, qui r&#233;apparaissent sous de nouvelles modalit&#233;s qu'il nomme &#171; accumulation par d&#233;possession &#187;. [2] Il s'agit de modes similaires &#224; ceux que Marx a appel&#233;s &#171; accumulation primitive &#187; de capital et qui n'a jamais &#233;t&#233; abandonn&#233;e par la bourgeoisie, mais qui fait maintenant son retour sous l'influence de la d&#233;cadence des &#201;tats-Unis et para&#238;t &#234;tre une marque distinctive du capitalisme en p&#233;riode de d&#233;cadence. En effet, l'h&#233;g&#233;monie &#233;conomique des &#201;tats-Unis s'est affaiblie vers 1970, devant la concurrence de l'Europe et du Japon qui ont commenc&#233; &#224; avoir leurs propres exc&#233;dents de capital ou, dit autrement, crise de suraccumulation. &#192; ce moment, &#171; il est devenu difficile de maintenir les contr&#244;les sur le capital en inondant les march&#233;s avec les dollars am&#233;ricains en exc&#233;dent ; pour faire face &#224; la menace &#233;conomique de leurs concurrents, les &#201;tats-Unis ont provoqu&#233; le recentrage du pouvoir &#233;conomique dans le complexe Wall Street - R&#233;serve f&#233;d&#233;rale - FMI. En somme, menac&#233;s sur le terrain de la production, les &#201;tats-Unis ont contre-attaqu&#233; en affirmant leur h&#233;g&#233;monie sur les finances &#187;.[3]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce nouveau centre de pouvoir, qui non seulement est capable de contr&#244;ler les institutions globales mais a model&#233; la domination du capital financier sur tout le globe, &#171; peut seulement op&#233;rer de cette mani&#232;re tant que le reste du monde sera interconnect&#233; et arrim&#233; &#224; un cadre structurel d'institutions financi&#232;res et gouvernementales &#187;. [4] Ce pouvoir a forc&#233; l'ouverture des &#233;conomies, &#233;tape n&#233;cessaire pour proc&#233;der &#224; l'&#171; accumulation par d&#233;possession &#187; : populations enti&#232;res expropri&#233;es de leur mat&#233;riel g&#233;n&#233;tique, privatisation des ressources naturelles, marchandisation de la culture et de la cr&#233;ation intellectuelle, privatisations d'entreprises d'&#201;tat et reprivatisation des droits gagn&#233;s dans des luttes pass&#233;es, absorption des richesses &#224; travers l'appropriation des exc&#233;dents des pays endett&#233;s, parmi les faits les plus saillants. En Am&#233;rique latine, cette politique a &#233;t&#233; mise en oeuvre par le pillage de pays entiers, comme cela est arriv&#233; &#224; l'Argentine sous le r&#232;gne de Carlos Menem [pr&#233;sident de 1989 &#224; 1999].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement cette forme d'accumulation est similaire, mais elle envisage des m&#233;thodes qui nous reportent &#224; l'aube du capitalisme, quand l'Angleterre &#171; cl&#244;turait &#187; ses champs. Le d&#233;bat sur la question de savoir si l' &#171; accumulation primitive &#187; est un processus achev&#233; ou si elle a toujours coexist&#233; avec la forme dominante dans les p&#233;riodes d'expansion (la reproduction &#233;largie), mais r&#233;appara&#238;t fortement dans les situations de crise, ne peut pas &#233;luder une donn&#233;e fondamentale : &#171; L'&#233;quilibre entre accumulation par d&#233;possession et accumulation par expansion de la reproduction s'est d&#233;j&#224; rompu en faveur de la premi&#232;re et il est probable que cette tendance ne fasse que s'accentuer, se constituant en embl&#232;me du nouvel imp&#233;rialisme &#187;, remarque Harvey.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est ainsi surtout dans cette p&#233;riode de crise &#171; de s&#233;nilit&#233; &#187; du capitalisme, comme le signale Samir Amin. Mais, en parall&#232;le, parce que nous nous trouvons face au transfert du centre du pouvoir vers le sud-est et l'est de l'Asie, devenus le principal centre mondial de production de plus-value. En d'autres termes, le centre imp&#233;rial &#233;tasunien parie sur une &#171; accumulation par d&#233;possession &#187; f&#233;roce (en s'emparant par exemple des principales ressources p&#233;troli&#232;res mondiales pour &#233;tendre son emprise) devant la perte de l'h&#233;g&#233;monie &#233;conomique et devant le risque d'effondrement financier du dollar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actualiser de vieux d&#233;bats &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel rapport entretient ce qui pr&#233;c&#232;de avec les politiques de la gauche en Am&#233;rique latine ? Comme le remarque Harvey - c'est un point sur lequel tous les analystes de gauche s'accordent - le &#171; nouvel imp&#233;rialisme &#187; ne peut fonctionner que si le monde est interconnect&#233;. Ici fait son apparition un d&#233;bat lanc&#233; il y a longtemps par Samir Amin sur la n&#233;cessit&#233; de la &#171; d&#233;connexion &#187;. Comme l'auteur lui-m&#234;me l'indique, le terme choisi n'&#233;tait peut-&#234;tre pas celui qui convenait, vu le rejet qu'il a subi. Dans un travail r&#233;cent, Amin revient sur le sujet au travers du concept de &#171; d&#233;veloppement autocentr&#233; &#187; ou &#171; endog&#232;ne &#187; [5], qui est le d&#233;veloppement que les centres capitalistes ont connu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l'auteur, un d&#233;veloppement de ce type suppose que l'on dispose d'institutions financi&#232;res nationales capables de maintenir leur autonomie face &#224; la fuite du capital transnational, d'une production orient&#233;e principalement vers le march&#233; interne, d'un contr&#244;le des ressources naturelles et des technologies. Au contraire, le capitalisme d&#233;pendant est orient&#233; vers l'exportation et la consommation des importations par les &#233;lites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que ne pourront plus faire les bourgeoisies nationales inexistantes, annihil&#233;es ou coopt&#233;es par la globalisation. Ce pourrait &#234;tre la t&#226;che des gouvernements de gauche, s'ils comprenaient que le capitalisme - en particulier le nord-am&#233;ricain - traverse une &#233;tape critique de d&#233;cadence. Pour prendre cette direction, il faut, en premier lieu, avoir suffisamment de courage politique pour affronter le chantage de la superpuissance et de ses centres financiers. En second lieu, cela implique d'en finir avec cette poign&#233;e de grandes entreprises exportatrices de capital transnationalis&#233;, qui sont les v&#233;ritables b&#233;n&#233;ficiaires de l'&#171; ouverture &#187; de nos &#233;conomies. Cela implique, in&#233;vitablement, un conflit interne de proportions de grande ampleur, qui ne pourra pas &#234;tre &#233;vit&#233; m&#234;me si l'on renfor&#231;ait les processus d'int&#233;gration r&#233;gionale. Parier sur un changement graduel, ordonn&#233;, &#171; sans ruptures et sans traumatismes &#187;, comme le soutient le pr&#233;sident du PT, Jos&#233; Genoino, c'est ou bien refuser le changement, ou bien refuser de voir la r&#233;alit&#233;. [6]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme ne fonctionne d&#233;j&#224; plus comme avant les changements des ann&#233;es 70. Jusqu'&#224; ce moment, les pays centraux exportaient des capitaux vers les p&#233;riph&#233;ries o&#249; ils encourageaient un d&#233;veloppement d&#233;pendant, et renvoyaient dans les m&#233;tropoles les profits extraits du travail, en g&#233;n&#233;ral sup&#233;rieurs aux investissements initiaux. Maintenant ce n'est pas cette forme qui domine. Les ressources que les pays centraux pompent de l'Am&#233;rique latine ne sont plus seulement la contrepartie des investissements, mais le r&#233;sultat du vol simple et brutal que suppose le paiement des int&#233;r&#234;ts de la dette externe. La mani&#232;re fondamentale de combattre l'empire ne peut pas maintenant passer par l'expropriation des grandes usines, comme dans les ann&#233;es 60, mais par la rupture avec le capital financier et le refus de payer la dette. Ceci peut-il se faire de mani&#232;re graduelle et ordonn&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Notes : &lt;br class='autobr' /&gt;
[1] Prensa Latina, R&#237;o de Janeiro, 26 avril 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] David Harvey, &#171; The New Imperialism &#187;, Oxford University Press ; traduction avec pr&#233;face, Editions Akal, Madrid, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] David Harvey, &#171; El &#034;nuevo&#034; imperialismo : sobre reajustes espacio-temporales y acumulaci&#243;n mediante desposesi&#243;n &#187;, in Viento Sur - Por una izquierda alternativa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Idem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Samir Amin, &#171; Au-del&#224; du capitalisme s&#233;nile &#187;, Actuel Marx-PUF, 2002. Traduction espagnole, Paid&#243;s, 2003.&lt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Jos&#233; Genoino, &#171; Un nouveau mod&#232;le de d&#233;veloppement &#187;, O Estado de Sao Paulo, 24 avril 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Journaliste et essayiste uruguayen. Article publi&#233; par ALAI, traduction par RISAL, revis&#233;e&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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