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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>La Chine &#233;branle le monde</title>
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		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Chine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mardi 27 f&#233;vrier, la Bourse de Shanghai chutait de pr&#232;s de 9 % - 80 milliards d'euros partis en fum&#233;e -, en m&#234;me temps que celle de Shenzhen. L'onde de choc a atteint l'ensemble des places boursi&#232;res de la plan&#232;te : Wall Street, Hongkong, Tokyo, Paris, Francfort, Buenos Aires, S&#227;o Paulo, Moscou, S&#233;oul... Simple fausse note dans l'euphorie de la croissance ou signal d'alerte ? &lt;br class='autobr' /&gt; La baisse brutale - la plus importante depuis plus de dix ans - qui a touch&#233; la principale Bourse chinoise, mardi (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mardi 27 f&#233;vrier, la Bourse de Shanghai chutait de pr&#232;s de 9 % - 80 milliards d'euros partis en fum&#233;e -, en m&#234;me temps que celle de Shenzhen. L'onde de choc a atteint l'ensemble des places boursi&#232;res de la plan&#232;te : Wall Street, Hongkong, Tokyo, Paris, Francfort, Buenos Aires, S&#227;o Paulo, Moscou, S&#233;oul... Simple fausse note dans l'euphorie de la croissance ou signal d'alerte ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La baisse brutale - la plus importante depuis plus de dix ans - qui a touch&#233; la principale Bourse chinoise, mardi 27 f&#233;vrier, a &#233;t&#233; provoqu&#233;e par des bruits circulant sur la cr&#233;ation d'une commission de lutte contre la sp&#233;culation, qui entretient la fi&#232;vre que connaissent les Bourses chinoises. Elles avaient bondi de plus 130 % en 2006. Le Premier ministre chinois, Wen Jiabo, s'est voulu rassu&#173;rant &#224; la veille de l'ouverture de la session annuelle de l'Assembl&#233;e nationale populaire : &#171; La t&#226;che des march&#233;s financiers est d'am&#233;liorer et de promouvoir le d&#233;veloppement sain des institutions financi&#232;res. &#187; Certes, mais de toute &#233;vidence, le gouvernement est inquiet. La fi&#232;vre des affaires avale des investissements &#224; court terme sans garantie, les affairistes prosp&#232;rent dans cette ambiance de surchauffe &#233;co&#173;nomique et de corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Le boum immobilier provoqu&#233; par l'explosion urbaine est l'un de leurs terrains privil&#233;gi&#233;s. Les pr&#234;ts &#224; court terme deviennent souvent autant de mauvaises cr&#233;ances pour les quatre grandes banques chinoises. Ces derni&#232;res repr&#233;senteraient plus du tiers du PIB, certains disent 60 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette ambiance, rien de surprenant que bon nombre de boursicoteurs aient voulu empocher leurs b&#233;n&#233;fices en vendant, entra&#238;nant la baisse tout en voulant l'anticiper... Plus &#233;tonnant sans doute est la baisse &#171; mondia&#173;lis&#233;e &#187; qui a suivi. Shanghai avait perdu 8 % dans la semaine, Francfort 5,51 %, Paris 5,28 %, Londres 4,95 %, New York 3,15 %... &#171; Les marges b&#233;n&#233;ficiaires ont commenc&#233; &#224; se stabiliser. C'est un signe avant-coureur qui montre que nous sommes dans les derni&#232;res phases d'un cycle &#187;, analysait Greenspan, l'ancien pr&#233;sident de la Banque f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine. &#192; l'oppos&#233; de son actuel pr&#233;sident, Ben Bernanke qui, pay&#233; pour donner con&#173;fiance, mise sur l'optimisme pour envisager &#171; une possibilit&#233; raisonnable d'un certain renforcement de l'&#233;conomie au milieu de l'ann&#233;e &#187;, Greenspan pointe une r&#233;cession possible aux USA avant la fin de l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bulle financi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, de fait, c'est l'annonce de mauvais r&#233;sultats pour l'&#233;conomie am&#233;ricaine qui a entra&#238;n&#233; la chute de Wall Street, puis celle des autres places financi&#232;res. L'industrie automobile et l'immobilier sont dans le rouge, la courbe ascendante des profits se tasse... La croissance am&#233;ricaine serait de 2,2 %, au lieu des 3,5 % attendus pour le dernier trimestre de 2006. La chute de Shanghai et celle de Wall Street ne sont pas m&#233;caniquement li&#233;es, mais ce mini-krach mondialis&#233; t&#233;moigne des tensions croissantes qui r&#232;gnent sur les places financi&#232;res. Ces tensions sont entretenues par les d&#233;placements incessants de capitaux &#224; la recherche de b&#233;n&#233;fices imm&#233;diats, dont la masse cro&#238;t bien plus rapidement que les profits qu'ils se disputent sur le march&#233;. Ces tensions ont d&#233;clench&#233; comme une d&#233;charge &#233;lectrique entre deux p&#244;les extr&#234;mes : la Chine, o&#249; le boom &#233;conomique li&#233; &#224; la surexploitation d'un nouveau prol&#233;ta&#173;riat alimente la d&#233;bauche sp&#233;culative et affairiste associ&#233;e &#224; la corruption, et les &#201;tats-Unis, l'empire fragilis&#233; qui draine la majorit&#233; des richesses du monde et dont les d&#233;s&#233;quilibres &#233;conomiques, financiers et diplomatiques inqui&#232;tent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mini-krach indique &#224; quel point la conjugaison de la surchauffe en Chine et du tassement de la croissance aux &#201;tats-Unis ainsi que dans les vieilles puissances imp&#233;rialistes cr&#233;e une situation &#224; haut risque. La Chine est le deuxi&#232;me d&#233;tenteur mondial de r&#233;serves en obligations du Tr&#233;sor am&#233;ricain, et elle poss&#232;de plus de 20 % des r&#233;serves de change du monde. Que la Bourse ou que les banques chinoises s'effondrent sous le poids des sp&#233;culations ou des cr&#233;ances douteuses aurait un effet retour imm&#233;diat sur les &#201;tats-Unis, et inversement. Que le ralentissement de la croissance entra&#238;ne une chute de Wall Street, et ce sont les capitaux am&#233;ricains qui manqueraient &#224; la Chine... Le mini-krach intervient comme un signe d'alarme dans l'euphorie qu'entretient, chez les financiers, la croissance de l'&#233;conomie mondiale, plus de cinq ans apr&#232;s le krach de 2001. Ils se croyaient prot&#233;g&#233;s de la constitution d'une nouvelle bulle financi&#232;re. En fait, bien plus qu'une bulle, c'est l'ensemble de l'&#233;conomie mondiale qui est aujourd'hui plong&#233;e dans une atmosph&#232;re sp&#233;culative lourde d'orages &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; de Rouge, hebdo de la LCR-France)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Chine : l'&#233;mergence d'un g&#233;ant </title>
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		<dc:subject>Chine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Chine n'est pas seulement une immense fabrique de tee-shirts. C'est aussi une soci&#233;t&#233; en pleine mutation, qui regroupe un cinqui&#232;me de la population de la plan&#232;te, et qui fait irruption sur la sc&#232;ne de l'&#233;conomie mondiale. &lt;br class='autobr' /&gt;
La Chine &#233;chappe aux cat&#233;gories classiques, puisque c'est un pays dirig&#233; par un Parti communiste qui joue &#224; fond la carte de la mondialisation lib&#233;rale. On retrouve cet assemblage in&#233;dit dans sa structure &#233;conomique, qui &#171; empile &#187; plusieurs secteurs et qui &#233;volue (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Chine n'est pas seulement une immense fabrique de tee-shirts. C'est aussi une soci&#233;t&#233; en pleine mutation, qui regroupe un cinqui&#232;me de la population de la plan&#232;te, et qui fait irruption sur la sc&#232;ne de l'&#233;conomie mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Chine &#233;chappe aux cat&#233;gories classiques, puisque c'est un pays dirig&#233; par un Parti communiste qui joue &#224; fond la carte de la mondialisation lib&#233;rale. On retrouve cet assemblage in&#233;dit dans sa structure &#233;conomique, qui &#171; empile &#187; plusieurs secteurs et qui &#233;volue tr&#232;s rapidement selon un double mouvement, de lib&#233;ralisation &#224; l'int&#233;rieur et d'ouverture aux capitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lib&#233;ralisation et ouverture &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont d'abord les petites entreprises industrielles des bourgs et villages qui se sont rapidement d&#233;velopp&#233;es au cours des ann&#233;es 80. Elles continuent &#224; &#234;tre appel&#233;es collectives, mais il s'agit en fait d'entreprises mixtes, certaines &#224; statut coop&#233;ratif, en tout cas de plus en plus g&#233;r&#233;es selon des normes priv&#233;es. Les ann&#233;es 90 ont vu l'&#233;mergence d'un nouveau type d'entreprises avec une premi&#232;re phase d'investissement &#233;tranger provenant pour l'essentiel de la &#171; diaspora &#187; : Ta&#239;wan, Hong-Kong, Macao, etc. Enfin, apr&#232;s la crise financi&#232;re de 1997, c'est l'investissement des grands pays industriels qui a pris le relais, avec un apport massif de capitaux qui d&#233;passe les 50 milliards de dollars en 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute une s&#233;rie de r&#233;formes ont accompagn&#233; ce double mouvement de lib&#233;ralisation interne et d'ouverture au march&#233; mondial. Une premi&#232;re loi a autoris&#233; les particuliers &#224; d&#233;tenir des soci&#233;t&#233;s &#224; responsabilit&#233; limit&#233;e. En 2004, la constitution a &#233;t&#233; remani&#233;e afin de renforcer le r&#244;le du secteur non &#233;tatique et r&#233;affirmer le droit de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. L'interdiction faite aux entreprises priv&#233;es d'intervenir dans certains secteurs (infrastructures, services publics, services financiers) vient d'&#234;tre abolie en 2005. L'investissement direct &#233;tranger a &#233;t&#233; autoris&#233; et encourag&#233; par la mise en place de zones franches c&#244;ti&#232;res et l'abaissement des droits de douane. Le monopole d'&#201;tat sur le commerce ext&#233;rieur a &#233;t&#233; d&#233;mantel&#233;, ainsi que le syst&#232;me de taux de change multiples. Dans la foul&#233;e, la Chine a adh&#233;r&#233; &#224; l'Organisation mondiale du commerce (OMC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secteur priv&#233; s'est donc &#233;tendu : il r&#233;alise aujourd'hui plus de la moiti&#233; du PIB et les trois quarts des exportations. C'est lui qui cr&#233;e l'essentiel des nouveaux emplois et d&#233;gage la meilleure rentabilit&#233; (15 % en 2003 contre 5 &#224; 10 % dans le secteur &#233;tatique). A l'int&#233;rieur de ce secteur priv&#233;, les entreprises &#233;trang&#232;res - souvent associ&#233;es en joint ventures &#224; des entreprises chinoises - r&#233;alisent 75 % des exportations. Mais les exportations du secteur priv&#233; sous contr&#244;le chinois progressent encore plus rapidement, &#224; mesure que lui sont octroy&#233;es de nouvelles licences d'exportation. Le secteur d'Etat est parall&#232;lement soumis &#224; des restructurations permanentes, qui ont conduit &#224; la suppression de 45 millions d'emplois au cours des cinq derni&#232;res ann&#233;es. Mais 35 % des entreprises d'&#201;tat sont encore jug&#233;es non rentables, et une sur six a des fonds propres n&#233;gatifs. Toutes ces transformations se sont produites dans un contexte de tr&#232;s forte croissance (voir encadr&#233;) et sur la base d'une spectaculaire accumulation de capital : aujourd'hui l'investissement repr&#233;sente 42 % du PIB, contre environ 20 % en France et 15 % en Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Exportations et taux de change &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exportations ont &#233;t&#233; le moteur de cette croissance, gr&#226;ce &#224; des co&#251;ts salariaux tr&#232;s faibles (de 10 fois inf&#233;rieurs &#224; ceux des pays riches) mais aussi d'un taux de change favorable. La Chine a choisi d'&#233;tablir un taux de change fixe entre sa monnaie et le dollar, suivant en cela les pr&#233;ceptes du FMI et de la Banque mondiale. Depuis 2000, le yuan suit donc la baisse du dollar, ce qui dope encore plus les exportations, et permet d'attirer un &#233;norme flux de capitaux.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Les rapports entre la Chine et les Etats-Unis sont donc compliqu&#233;s : la Chine contribue &#224; hauteur de pr&#232;s de 40 % au d&#233;ficit US mais elle contribue &#224; financer ce d&#233;ficit en achetant des actifs libell&#233;s en dollars. Les Etats-Unis voudraient imposer une r&#233;&#233;valuation du yuan pour rendre les produits chinois moins comp&#233;titifs, mais ils seraient gravement fragilis&#233;s si la Chine cessait de placer ses exc&#233;dents en dollars. En juillet dernier, les autorit&#233;s chinoises ont feint d'entendre raison en acceptant une ridicule r&#233;&#233;valuation du yuan (&#224; peine plus de 2 % !). La sous-&#233;valuation du yuan est incontestable, mais il ne s'agit pas seulement de manipulation mon&#233;taire : elle r&#233;sulte au fond de la non redistribution aux salari&#233;s chinois des fruits de la croissance.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Salaires et in&#233;galit&#233;s &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution des salaires est &#233;videmment fondamentale, mais on ne dispose que d'informations impr&#233;cises. On sait qu'il existe d'&#233;normes in&#233;galit&#233;s entre r&#233;gions : le revenu moyen &#224; Shanga&#239; est ainsi quatre fois sup&#233;rieur &#224; la moyenne du pays. Le ch&#244;mage atteint 8 % dans les zones urbaines et on &#233;value &#224; 200 millions de personnes le sous-emploi dans les campagnes. Cette &#171; arm&#233;e industrielle de r&#233;serve &#187; engendre un fort exode rural et vient peser sur la progression des salaires qui reste en moyenne inf&#233;rieure &#224; celle du PIB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance tire malgr&#233; tout l'ensemble des revenus, de mani&#232;re chaotique, de telle sorte que l'on a &#224; la fois un creusement des in&#233;galit&#233;s et un recul de la pauvret&#233; absolue. Une progression plus en phase des salaires par rapport &#224; la production permettrait de recentrer la croissance sur le march&#233; int&#233;rieur, de relativiser le r&#244;le des exportations et de l'investissement &#233;tranger, et d'amorcer ainsi un processus de convergence des co&#251;ts salariaux vers les normes mondiales. C'est un peu ce qui s'est pass&#233; en Cor&#233;e du Sud, &#224; une autre &#233;chelle, et moyennant de tr&#232;s violentes luttes sociales. Si cette &#233;volution semble in&#233;luctable, elle risque de prendre beaucoup de temps, au cours de laquelle les avantages comp&#233;titifs de la Chine para&#238;tront insupportables aux grands pays industriels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les in&#233;galit&#233;s de revenus qui font que le mod&#232;le n'est pas &#171; soutenable &#187; &#224; terme. Une des dimensions de ce probl&#232;me est le vieillissement. En 2030, un quart de la population aura plus de 65 ans : c'est le r&#233;sultat paradoxal d'une brutale politique de contr&#244;le des naissances. Or, le r&#233;gime public de retraites ne couvre que 14 % de la population active. Depuis sa r&#233;forme en 1997, il pr&#233;voit le versement d'une pension de base &#224; taux uniforme et d'une pension proportionnelle aux cotisations, index&#233;e sur le taux des d&#233;p&#244;ts bancaires. Le gouvernement voudrait transformer ce deuxi&#232;me pilier en comptes individuels de retraite par capitalisation, et une r&#233;forme exp&#233;rimentale de ce type a &#233;t&#233; lanc&#233;e dans plusieurs provinces. Cette question va durablement peser sur la situation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O&#249; va la Chine ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d&#233;pendra de la vitesse relative de plusieurs ph&#233;nom&#232;nes. Dans le camp imp&#233;rialiste, les larmes de crocodile sur les droits sociaux bafou&#233;s peuvent se transformer en mesures de r&#233;torsion plus ou moins belliqueuses. Cependant, le camp imp&#233;rialiste est divis&#233;. Pour certains, la concurrence chinoise repr&#233;sente une menace mortelle qui s'&#233;tend &#224; des secteurs de haute technologie. Mais, pour d'autres, la Chine pr&#233;sente un double avantage : elle offre des d&#233;bouch&#233;s, avec un des rares grands march&#233;s int&#233;rieurs en expansion, et elle est aussi pourvoyeuse de biens de consommation &#224; bas prix qui permettent de faire baisser la valeur de la force de travail. Soit dit en passant, cette propri&#233;t&#233; - d&#233;j&#224; analys&#233;e par Marx dans Le Capital - r&#233;duit &#224; n&#233;ant l'argument des avocats de la mondialisation, selon lequel les importations &#224; bas prix en provenance de la Chine b&#233;n&#233;ficieraient aux consommateurs. Si les &#233;volutions actuelles se prolongent, il est probable que ces avantages passeront progressivement au second rang par rapport aux inconv&#233;nients concurrentiels. On verrait alors se d&#233;cha&#238;ner l'agressivit&#233; des puissances imp&#233;rialistes, avec une nouvelle extension des mesures protectionnistes similaires aux quotas europ&#233;ens et l'exigence r&#233;affirm&#233;e d'une r&#233;&#233;valuation du yuan, le tout enrob&#233; d'une rh&#233;torique sur les droits de l'homme et la protection des emplois.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Mais ce sont au fond les salari&#233;s et les paysans chinois qui tiennent la cl&#233; des &#233;volutions &#224; venir. Et il ne s'agit pas l&#224; de rh&#233;torique. S'ils arrivent, malgr&#233; l'appareil r&#233;pressif du Parti et du syndicat unique (qui en est tr&#232;s classiquement la courroie de transmission), &#224; s'organiser et &#224; imposer une nouvelle r&#233;partition des revenus et un contr&#244;le sur les priorit&#233;s de l'&#233;conomie, alors un grand pas aura &#233;t&#233; franchi. Car ils auront alors mis fin au double paradoxe chinois : celui d'une &#233;conomie qui cro&#238;t si vite et redistribue si peu, et celui d'une sorte de &#171; capitalisme bureaucratique d'Etat &#187; qui ne pourra r&#233;ussir longtemps &#224; combiner les traits les plus repoussants du capitalisme sauvage et d'un &#171; communisme &#187; totalement d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La naissance d'un g&#233;ant &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec 1,3 milliards d'habitants, la Chine regroupe pr&#232;s d'un cinqui&#232;me de la population mondiale. Cet effet de taille rend d'autant plus spectaculaire les performances &#233;conomiques : au cours des deux derni&#232;res d&#233;cennies, le PIB a augment&#233; en moyenne de 9&#189; % par an et a donc &#233;t&#233; multipli&#233; par 6. La taille absolue de l'&#233;conomie d&#233;passe aujourd'hui celle d'un certain nombre des principaux pays europ&#233;ens. Mais le PIB par t&#234;te est encore tr&#232;s bas (4000 dollars par an en parit&#233; de pouvoir d'achat, contre 25000 en France).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population active compte 757 millions de personnes, dont 490 millions dans les zones rurales. Elle est employ&#233;e &#224; 46 % dans l'agriculture, 18 % dans l'industrie, et 36 % dans les services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exportations chinoises ont consid&#233;rablement progress&#233;, passant de 10 milliards de dollars en 1978 &#224; 226 en 2002, et elles repr&#233;sentent environ 4 % des exportations mondiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec 450 milliards de dollars, le stock cumul&#233; d'investissement &#233;tranger en Chine est le 5&#232;me du monde (celui des Etats-Unis atteint 1300 milliards).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;sastres environnementaux &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance chinoise est souvent pr&#233;sent&#233;e comme une catastrophe &#233;cologique en soi. Ainsi, six des dix villes les plus pollu&#233;es du monde se trouvent en Chine, les pluies acides tombent sur un tiers du territoire, les eaux contamin&#233;es tuent plus de 30 000 enfants chaque ann&#233;e : on pourrait multiplier les exemples des m&#233;faits d'une croissance chaotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rendement &#233;nerg&#233;tique est tr&#232;s mauvais : pour chaque dollar produit, la Chine d&#233;pense 4,7 fois plus d'&#233;nergie que les Etats-Unis, et 11,5 fois plus que le Japon. Apr&#232;s l'am&#233;lioration constat&#233;e au cours des deux derni&#232;res d&#233;cennies, la consommation d'&#233;nergie s'est mise &#224; cro&#238;tre plus vite que le PIB depuis 2002. Le charbon et le p&#233;trole - dont les achats chinois contribuent &#224; faire monter le cours - sont les principales sources d'&#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement met beaucoup d'argent dans l'environnement (85 milliards de dollars au cours des cinq derni&#232;res ann&#233;es) et ouvre ainsi un &#233;norme march&#233; aux entreprises &#233;trang&#232;res. Mais il est incapable de contr&#244;ler les pratiques d&#233;sastreuses des entreprises, soucieuses avant tout de leur chiffre d'affaires. La question-cl&#233; est de savoir si le gouvernement sera capable ou non d'imposer aux entreprises une croissance plus respectueuse de l'environnement et de mener les politiques ad&#233;quates en mati&#232;re &#233;nerg&#233;tique. C'est donc en Chine, compte tenu de sa taille et de sa croissance, que se joue en grande partie l'environnement de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; de Rouge)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>D&#233;fendez les droits d&#233;mocratiques et du travail des travailleurs chinois !</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Defendez-les-droits-democratiques-et-du-travail-des-travailleurs-chinois</link>
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		<dc:date>2003-05-14T23:42:36Z</dc:date>
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		<dc:subject>Mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Chine</dc:subject>

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&lt;p&gt;Apr&#232;s plus d'une ann&#233;e de d&#233;tention provisoire, Yao Fuxin et de Xiao Yunliang, militants ouvriers chinois et dirigeants des manifestations pour les droits des travailleurs de mars 2002 &#224; Liaoyang, ont &#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; sept et quatre ans de prison pour &#171; subversion &#187;. La d&#233;cision de la cour a &#233;t&#233; rendue publique le 9 mai, en absence de leurs avocats en raison des restrictions impos&#233;es &#224; la suite de l'&#233;pid&#233;mie de SRAS. Vingt quatre heures plus t&#244;t, le gouvernement de la R&#233;publique populaire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Chine-86-+" rel="tag"&gt;Chine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s plus d'une ann&#233;e de d&#233;tention provisoire, Yao Fuxin et de Xiao Yunliang, militants ouvriers chinois et dirigeants des manifestations pour les droits des travailleurs de mars 2002 &#224; Liaoyang, ont &#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; sept et quatre ans de prison pour &#171; subversion &#187;. La d&#233;cision de la cour a &#233;t&#233; rendue publique le 9 mai, en absence de leurs avocats en raison des restrictions impos&#233;es &#224; la suite de l'&#233;pid&#233;mie de SRAS. Vingt quatre heures plus t&#244;t, le gouvernement de la R&#233;publique populaire de Chine a annonc&#233; de nouvelles mesures &#233;conomiques contre l'&#233;pid&#233;mie de SRAS et a interdit aux entreprises d'&#201;tat de &#171; licencier les salari&#233;s &#224; la volont&#233; afin de stabiliser la situation d'emploi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Liaoyang est la capitale de la province de Liaoning (nord-est de la Chine), autrefois le coeur industriel et la fiert&#233; de la classe ouvri&#232;re chinoise, devenu maintenant la ceinture de rouille des usines d'&#201;tat obsol&#232;tes, mises en faillite par la politique &#233;conomique pro-capitaliste du gouvernement de Beijing. Plus de 60 % des ouvriers de la ville sont au ch&#244;mage et paup&#233;ris&#233;s du fait de l'absence de quelque forme de protection sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1998, plus de 25 millions d'ouvriers du secteur &#233;tatique ont &#233;t&#233; licenci&#233;s dans le cadre du processus de restructuration li&#233; &#224; l'adh&#233;sion de la Chine &#224; l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Les manifestations ouvri&#232;res de Liaoning ont commenc&#233; le 1 mars 2002 dans des gisements de p&#233;trole de Daqing, le mod&#232;le de l'industrialisation mao&#239;ste des ann&#233;es 1960. Des dizaines de milliers de travailleurs sont descendus dans les rues pour exiger le paiement de leurs salaires et retraites et le respect de leurs droits ; ils ont &#233;lu leurs propres d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux ind&#233;pendants. Leur exemple a &#233;t&#233; bient&#244;t suivi par les ouvriers licenci&#233;s de l'usine de ferro-alliage de Liaoyang, o&#249; Yao Fuxin et Xiao Yunliang ont &#233;t&#233; employ&#233;s. Le 11 mars 2002 plus de 5 000 ouvriers ont exig&#233; devant l'h&#244;tel de ville le paiement imm&#233;diat de plus de deux ans d'allocations de ch&#244;mage qui leurs &#233;taient dues et ont d&#233;nonc&#233; la corruption et le d&#233;tournement des fonds par la direction de l'usine et les autorit&#233;s locales sous la banni&#232;re &#171; Voler l'argent des retrait&#233;s est un crime &#187;. Des d&#233;l&#233;gu&#233;s ont &#233;t&#233; &#233;lus et le mouvement s'est &#233;largi &#224; toute la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18 mars 2002, 30 000 ouvriers de 20 usines ont encore manifest&#233; pour exiger le lib&#233;ration de Yao Fuxin et de Xiao Yunliang, arr&#234;t&#233;s la veille par la police secr&#232;te. Les protestations ont continu&#233; jusqu'au 20 mars, quand les autorit&#233;s locales ont rejet&#233; tout dialogue avec les ouvriers, ont ordonn&#233; l'&#233;vacuation des b&#226;timents occup&#233;s, arr&#234;t&#233;s trois autres d&#233;l&#233;gu&#233;s et ont d&#233;ploy&#233; des milliers de policiers et de soldats arm&#233;s dans la ville. Malgr&#233; cela, 600 ouvriers se sont de nouveau rendus &#224; l'h&#244;tel de ville le 28 mars pour exiger la lib&#233;ration de leurs d&#233;l&#233;gu&#233;s. Yao Fuxin et Xiao Yunliang ont &#233;t&#233; d&#233;tenus depuis lors. Leur proc&#232;s a eu lieu en janvier et ils ont &#233;t&#233; accus&#233;s du s&#233;dition. dans l'attente de la sentence, ils ont &#233;t&#233; d&#233;tenus au centre municipal de d&#233;tention de Liaoyang o&#249; leur &#233;tat de sant&#233; a alert&#233; leurs familles et amis. En raison de la maladie provoqu&#233;e par les conditions de d&#233;tention et le traitement brutal, Xiao Yunliang a commenc&#233; a cracher du sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 mars 2003, son &#233;pouse Su Anhua et vingt d&#233;l&#233;gu&#233;s ouvriers ont tent&#233; d'obtenir une r&#233;union avec les autorit&#233;s locales pour attirer l'attention sur leur &#233;tat de sant&#233; et leur situation l&#233;gale. Ils n'ont pu acc&#233;der &#224; l'h&#244;tel de ville de Liaoyang. La r&#233;ponse officielle est venue sous la forme des sentences du 9 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; comment le gouvernement pro-capitaliste chinois traite les militants ouvriers dans la pr&#233;tendue &#171; R&#233;publique populaire de Chine &#187; ! Les faits parlent pour eux-m&#234;mes. Nous exigeons la lib&#233;ration imm&#233;diate de Yao Fuxin et Xiao Yunliang ! Nous consid&#233;rons les autorit&#233;s chinoises responsables de leur &#233;tat ! Nous appelons le mouvement altermondialiste et le mouvement syndical international &#224; exprimer leur solidarit&#233; avec ces militants ouvriers chinois et a exiger le respect des droits d&#233;mocratiques et du droit de travail de la classe ouvri&#232;re chinoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le 14 mai 2003&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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