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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Les Premi&#232;res Nations veulent assurer leur autod&#233;termination</title>
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		<dc:date>2011-07-21T18:01:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Autochtones</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Du 12 au 14 juillet dernier s'est tenu &#224; Moncton la 32e assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale annuelle de l'Assembl&#233;e des Premi&#232;res Nations (APN) qui a r&#233;uni 600 repr&#233;sentants et repr&#233;sentantes des Premi&#232;res Nations vivant dans l'&#201;tat canadien sous le th&#232;me &#034;Un esprit de paix et d'amiti&#233; &#034;. Cette assembl&#233;e &#233;tait pr&#233;sid&#233;e par Shawn Atleo, chef national de l'APN. &lt;br class='autobr' /&gt; Nouvelle conjoncture politique, probl&#232;mes sociaux r&#233;currents &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;lections f&#233;d&#233;rales du 2 mai dernier ont chang&#233; radicalement la donne politique. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Politique-canadienne-" rel="directory"&gt;Politique canadienne&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Autochtones-+" rel="tag"&gt;Autochtones&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH95/arton3217-bfadc.png?1629994152' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='95' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Du 12 au 14 juillet dernier s'est tenu &#224; Moncton la 32e assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale annuelle de l'Assembl&#233;e des Premi&#232;res Nations (APN) qui a r&#233;uni 600 repr&#233;sentants et repr&#233;sentantes des Premi&#232;res Nations vivant dans l'&#201;tat canadien sous le th&#232;me &#034;Un esprit de paix et d'amiti&#233; &#034;. Cette assembl&#233;e &#233;tait pr&#233;sid&#233;e par Shawn Atleo, chef national de l'APN.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Nouvelle conjoncture politique, probl&#232;mes sociaux r&#233;currents&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections f&#233;d&#233;rales du 2 mai dernier ont chang&#233; radicalement la donne politique. Le Parti conservateur du Canada a obtenu la majorit&#233; qu'il recherchait. Le NPD est maintenant l'opposition officielle. Le PLC a &#233;t&#233; r&#233;duit au stade de deuxi&#232;me opposition et le Bloc a &#233;t&#233; lamin&#233;e. Il n'en reste pas moins que les conditions qui s&#233;vissent dans les communaut&#233;s autochtones sont rest&#233;es les m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions de vie restent tr&#232;s difficiles dans les r&#233;serves. La pauvret&#233; est criante chez les peuples autochtones et engendre un niveau important de violence. &#171; Les autochtones, qui ne repr&#233;sentent que 3% de la population canadienne, comptent pour 17,9 % du total des d&#233;linquants sous responsabilit&#233; f&#233;d&#233;rale. &#187; (La Presse, 12 juillet 2011)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence faite aux femmes autochtones est une dimension importante de la violence v&#233;cue dans les communaut&#233;s. Statistique Canada rapportait qu'en 2006 le quart des femmes autochtones se disaient victimes de violence conjugale. Ce taux est trois fois plus &#233;lev&#233; que celui des femmes non autochtones. Lundi le 11 juillet 2011, le Conseil des femmes de l'Assembl&#233;e des Premi&#232;res Nations a exhort&#233; le f&#233;d&#233;ral et les provinces d'&#233;tablir un plan d'action national pour contrer la violence conjugale. Mais le gouvernement f&#233;d&#233;ral et les gouvernements provinciaux refusent toujours d'&#233;tablir un tel plan. Pr&#233;textant que les gouvernements font d&#233;j&#224; beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les logements sont inad&#233;quats. Les conditions de sant&#233; sont les plus difficiles au Canada. Diab&#232;te, ob&#233;sit&#233;, maladies cardiaques, tous les indicateurs sont plus &#233;lev&#233;s dans les communaut&#233;s autochtones. La mortalit&#233; infantile reste importante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire face &#224; ces nombreux probl&#232;mes, on ne peut se fier &#224; une administration f&#233;d&#233;rale qui exproprie les communaut&#233;s du contr&#244;le sur leur propre vie. Ce n'est plus acceptable que ce soit Ottawa qui d&#233;cide de tout derri&#232;re des portes closes. C'est pour y faire face que les Premi&#232;res nations r&#233;affirment leur volont&#233; d'autod&#233;termination.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une situation qui semble favorable &#224; la lutte pour une v&#233;ritable autod&#233;termination des Premi&#232;res Nations&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2008, Ottawa s'est excus&#233; du sort fait aux enfants autochtones dans les &#233;coles du pays qui ont &#233;t&#233; la cible d'une v&#233;ritable entreprise de d&#233;culturation et d'assimilation. Le 12 novembre 2010, le Canada acceptait finalement, apr&#232;s s'y &#234;tre oppos&#233; de longues ann&#233;es, la D&#233;claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones adopt&#233;e par l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de l'ONU en septembre 2007.Cela pouvait &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme une confirmation des droits reconnus par l'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 reconnaissant les droits existants ? ancestraux et issus de trait&#233;s ? des peuples autochtones du Canada. Le gouvernement Harper se dit maintenant pr&#234;t &#224; rencontrer l'APN dans une grande conf&#233;rence. Ce sont l&#224; des &#233;l&#233;ments qui laissent pr&#233;sager, esp&#232;re-t-on, la possibilit&#233; de d&#233;passer une situation qui semblait compl&#232;tement ferm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une aspiration des Premi&#232;res nations &#224; l'autod&#233;termination&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son discours, le Chef national a insist&#233; pour que les Premi&#232;res nations puissent d'abolir Loi des Indiens de 1876 et de la remplacer par deux nouvelles entit&#233;s : une pour traiter des relations entre le gouvernement du canada et les Premi&#232;res Nations et une autre sous la forme d'un minist&#232;re pour continuer &#224; offrir des services aux autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette volont&#233; d'en finir avec la Loi des Indiens manifeste l'aspiration &#224; l'autod&#233;termination qui se fait plus que jamais chez les Premi&#232;res Nations. Cela veut dire rejeter le joug d'une loi qui permet au gouvernement f&#233;d&#233;ral de contr&#244;ler la majorit&#233; des aspects de la vie am&#233;rindienne : d&#233;termination du statut d'indien, les terres, les ressources, les testaments, l'&#233;ducation, l'administration des bandes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'APN ne veut plus de ce paternalisme qui s'incarne dans la Loi des Indiens. S'autod&#233;terminer c'est &#234;tre responsable de ses d&#233;cisions, c'est rendre des comptes aux citoyennes et citoyens de sa nation et non &#224; un gouvernement &#233;tranger. C'est exercer comme nation sa propre autorit&#233; en mati&#232;re d'&#233;laboration des lois. C'est s'organiser selon ses traditions pour pouvoir soutenir les familles et les communaut&#233;s, assurer leur d&#233;veloppement et promouvoir leurs int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour assurer cette autod&#233;termination, il faut changer l'ensemble des rapports impos&#233;s par l'&#201;tat canadien aux peuples autochtones. Il faut que cet &#201;tat accepte de changer et de rompre avec une domination qui a tous les traits d'une domination coloniale. S'autod&#233;terminer, c'est prendre le pouvoir sur ses conditions d'existence et refuser toute tutelle &#233;trang&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment parvenir &#224; cette autod&#233;termination ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans le document &#034;Vers l'autod&#233;termination des Premi&#232;res Nations : concr&#233;tiser nos droits et nos responsabilit&#233;s &#034;, l'APN trace les jalons de la r&#233;alisation de cette autod&#233;termination et de ces n&#233;cessit&#233;s. Ce document s'appuie sur des recherches approfondies notamment &#034;le rapport de 1983 du comit&#233; sp&#233;cial mixte sur l'autonomie gouvernementale des Indiens (rapport Penner) ; le rapport final en 1996 de la Commission royale sur les peuples autochtones (CRPA) ; et le comit&#233; mixte de Chefs et conseillers de l'APN sur la reconnaissance et la mise en oeuvre des gouvernements des Premi&#232;res Nations (RMOGPN). Il est &#233;galement le r&#233;sultat d'une discussion approfondie qui a &#233;t&#233; men&#233;e dans des forums qui se sont r&#233;alis&#233;s en 2010 et en 2011. Nous allons pr&#233;senter ici les principales propositions qui y sont d&#233;crites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La qu&#234;te de l'autod&#233;termination des Premi&#232;res Nations comprend quatre &#233;l&#233;ments cl&#233;s : 1. relation Nation- Couronne ; 2. Nouvelles relations financi&#232;res ; 3. Mise en oeuvre des gouvernements des Premi&#232;res nations et 4 Transition et soutien.&#034; Nous allons pr&#233;senter bri&#232;vement les jalons esquiss&#233;s dans le document.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Relations entre les Premi&#232;res Nations et la Couronne ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article 27 de la D&#233;claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones :&lt;i&gt; &#034;Les &#201;tats mettront en place et appliqueront, en concertation avec les peuples autochtones concern&#233;s, un processus &#233;quitable, ind&#233;pendant, impartial, ouvert et transparent prenant d&#251;ment en compte les lois, traditions, coutumes et r&#233;gimes fonciers des peuples autochtones, afin de reconna&#238;tre les droits des peuples autochtones en ce qui concerne leurs terres, territoires et ressources, y compris ceux qu'ils poss&#232;dent, occupent ou utilisent traditionnellement, et de statuer sur ces droits. Les peuples autochtones auront le droit de participer &#224; ce processus.&#034; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une invitation &#224; changer les relations des Premi&#232;res Nations avec le gouvernement f&#233;d&#233;ral. Il vise &#224; organiser un rassemblement des Premi&#232;res Nations et du gouvernement, &#224; ce que des rencontres entre les premiers ministres et les dirigeants des Premi&#232;res nations soient tenues r&#233;guli&#232;rement afin de r&#233;aliser des avanc&#233;es significatives sur le plan de la reconnaissance et de la mise en ?uvre des gouvernements des premi&#232;res nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Nouvelles relations financi&#232;res&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article 4 de la D&#233;claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Les peuples autochtones, dans l'exercice de leur droit &#224; l'autod&#233;termination, ont le droit d'&#234;tre autonomes et de s'administrer eux-m&#234;mes pour tout ce qui touche &#224; leurs affaires int&#233;rieures et locales, ainsi que de disposer des moyens de financer leurs activit&#233;s autonomes.&#034; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les citoyens des premi&#232;res nations ne b&#233;n&#233;ficient pas de services comparables &#224; ceux des offerts aux Canadiens. Les services gouvernementaux sont d&#233;ficients. Une &#233;tude effectu&#233;e en 2009 d&#233;montre que le gouvernement f&#233;d&#233;ral accorde aux &#233;coles des r&#233;serves 5500$ en moyenne par enfant qui les fr&#233;quente, la moiti&#233; de ce que re&#231;oivent les &#233;coles hors r&#233;serves et financ&#233;es par les provinces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'APN revendique pour les communaut&#233;s d'allocations de fonds stable qui tiennent compte de la croissance d&#233;mographique, des besoins et de l'inflation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. mise en oeuvre des gouvernements des Premi&#232;res Nations&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article 18 de la D&#233;claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Les peuples autochtones ont le droit de participer &#224; la prise de d&#233;cisions sur des questions qui peuvent concerner leurs droits, par l'interm&#233;diaire de repr&#233;sentants qu'ils ont eux-m&#234;mes choisis, conform&#233;ment &#224; leurs propres proc&#233;dures, ainsi que le droit de conserver et d&#233;velopper leurs propres institutions d&#233;cisionnelles.&#034; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements des Premi&#232;res Nations n'ont jamais renonc&#233; &#224; leur comp&#233;tence de d&#233;terminer qui est- et qui n'est pas citoyen des Premi&#232;res nations. Canada a syst&#233;matiquement affaibli cette comp&#233;tence. La disposition de la Loi des Indiens sur les &#233;lections tous les 2 ans ne respecte pas les structures traditionnelles de la prise de d&#233;cision. C'est pour on demande d'&#233;liminer tout le pouvoir du ministre des affaires indiennes relatif aux &#233;lections...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Transition et soutien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut que s'op&#232;re une restructuration fondamentale au sein du gouvernement pour mieux refl&#233;ter la relation de nation &#224; nation et pour &#233;liminer les entraves &#224; cet objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autod&#233;termination est n&#233;cessaire aux Nations Autochtones pour faire face aux nombreux probl&#232;mes (sant&#233;, &#233;ducation, s&#233;curit&#233; publique, acc&#232;s &#224; l'eau potable...) qui confrontent les communaut&#233;s des Premi&#232;res Nations. Et cette recherche d'autonomie doit &#234;tre une base d'action citoyenne pour pouvoir poser devant le gouvernement conservateur la n&#233;cessit&#233; de services publics auxquels elles ont droit et dont elles se voient spolier depuis trop longtemps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les prisonniers mapuche mettent fin &#224; 3 mois de gr&#232;ve de la faim</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Les-prisonniers-mapuche-mettent-fin-a-3-mois-de-greve-de-la-faim</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Les-prisonniers-mapuche-mettent-fin-a-3-mois-de-greve-de-la-faim</guid>
		<dc:date>2010-10-11T17:59:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Casgrain</dc:creator>


		<dc:subject>Autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Chili</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 9 octobre, les derniers autochtones en gr&#232;ve de la faim ont d&#233;pos&#233; leur moyen de pression. Le porte-parole des gr&#233;vistes Jorge Huenchullan a affirm&#233; que &#171; l'accord n'est pas totalement satisfaisant pour le peuple mapuche &#187;, mais que la mesure a &#233;t&#233; adopt&#233;e pour des raisons humanitaires. &lt;br class='autobr' /&gt; Si les revendications mapuche n'ont pas &#233;t&#233; entendues dans leur totalit&#233;, les mesures les plus urgentes ont &#233;t&#233; octroy&#233;es. Dans les derniers jours se sont multipli&#233;s les intenses pourparlers entre les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH113/arton3074-8be01.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 9 octobre, les derniers autochtones en gr&#232;ve de la faim ont d&#233;pos&#233; leur moyen de pression. Le porte-parole des gr&#233;vistes Jorge Huenchullan a affirm&#233; que &#171; l'accord n'est pas totalement satisfaisant pour le peuple &lt;i&gt;mapuche&lt;/i&gt; &#187;, mais que la mesure a &#233;t&#233; adopt&#233;e pour des raisons humanitaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si les revendications &lt;i&gt;mapuche&lt;/i&gt; n'ont pas &#233;t&#233; entendues dans leur totalit&#233;, les mesures les plus urgentes ont &#233;t&#233; octroy&#233;es. Dans les derniers jours se sont multipli&#233;s les intenses pourparlers entre les porte-parole du gouvernement et des organisations mapuche, sous l'&#233;gide de l'&#201;glise catholique. Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la pr&#233;sidence a lui-m&#234;me visit&#233; trois prisonniers le jour pr&#233;c&#233;dant l'accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ministre de l'Int&#233;rieur, Rodgrigo Hinzpeter, a pour sa part annonc&#233; le retrait de toutes les accusations sous la loi antiterroriste. Les crimes suppos&#233;s seront requalifi&#233;s afin que les proc&#233;dures se fassent devant des tribunaux civils ordinaires. Les porte-parole mapuche, en partie insatisfaits, reprochent qu'aucune garantie ne soit donn&#233;e pour que la loi d'exception soit utilis&#233;e &#224; l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s plus de 85 jours de gr&#232;ve de la faim, plusieurs prisonniers d'origine autochtone avaient &#233;t&#233; transf&#233;r&#233;s &#224; l'h&#244;pital pour surveiller leur critique &#233;tat de sant&#233;. Plus de trente prisonniers d'une demi-douzaine de prisons du sud du pays ont particip&#233; &#224; cette gr&#232;ve de la faim. La plupart ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s en 2009 lors d'une vague de mobilisation incluant des blocages de routes, des occupations de terres et des incendies de machinerie agricole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement de l'&#233;poque, celui de la pr&#233;sidente Michelle Bachelet, avait r&#233;prim&#233; durement la r&#233;sistance et d&#233;cid&#233; d'utiliser la Loi antiterroriste contre ses dirigeants. Cette loi, install&#233;e par la dictature de Pinochet, a &#233;t&#233; utilis&#233;e syst&#233;matiquement depuis dix ans contre les militants mapuche. Elle a recours &#224; des tribunaux militaires, permet des t&#233;moins anonymes et l'occultation de la preuve &#224; l'accus&#233;, tout en multipliant les peines pour des crimes de droits communs. Au caract&#232;re antid&#233;mocratique de la Loi antiterroriste s'ajoute le crit&#232;re raciste de son application, presque exclusivement mise envers les Mapuche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple mapuche est la nation autochtone la plus importante du Chili avec pr&#232;s de 600 000. Les Mapuche revendiquent des terres et des territoires, des droits politiques et l'arr&#234;t de l'exploitation capitaliste de leurs ressources naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette semaine prend fin l'une des gr&#232;ves de la faim les plus longues de l'histoire du Chili. Les Mapuche esp&#232;rent que le dialogue entam&#233; avec le gouvernement se poursuive afin de r&#233;pondre &#224; leurs revendications historiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une campagne internationale efficace&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La pression internationale a jou&#233; un r&#244;le important pour la cause des prisonniers politiques mapuche. Les m&#233;dias et le gouvernement chilien ont constamment &#233;voqu&#233; la mauvaise image internationale de ces &#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soulignons l'action d'appui &#224; la cause mapuche le mardi 5 octobre &#224; Montr&#233;al, lors de laquelle l'ancienne pr&#233;sidente Michelle Bachelet a &#233;t&#233; interrompue lors d'une allocution. Rappelons que Bachelet, aujourd'hui encens&#233;e sur la sc&#232;ne internationale pour son progressisme, a permis l'application de la loi antiterroriste et la r&#233;pression du peuple mapuche sous son mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.lagauche.ca/Manifestation-contre-le-prix-attribue-a-Michelle-Bachelet-a-Montreal' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Voir le vid&#233;o&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le gouvernement chilien c&#232;de en partie, la gr&#232;ve de la faim se poursuit </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Le-gouvernement-chilien-cede-en-partie-la-greve-de-la-faim-se-poursuit</link>
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		<dc:date>2010-10-07T17:31:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Casgrain</dc:creator>


		<dc:subject>Autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Chili</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le gouvernement chilien a c&#233;d&#233; d'un pas devant les autochtones mapuches en gr&#232;ve de la faim, forte d'un soutien international grandissant. Le minist&#232;re public s'est engag&#233; &#224; retirer la plupart des accusations sous la Loi antiterroriste pour les remplacer par des accusations criminelles r&#233;guli&#232;res. Cependant, 14 des 34 prisonniers en je&#251;ne poursuivent la gr&#232;ve de la faim jugeant ces mesures insuffisantes. &lt;br class='autobr' /&gt; La campagne nationale et internationale de solidarit&#233; en soutien aux autochtones (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le gouvernement chilien a c&#233;d&#233; d'un pas devant les autochtones mapuches en gr&#232;ve de la faim, forte d'un soutien international grandissant. Le minist&#232;re public s'est engag&#233; &#224; retirer la plupart des accusations sous la Loi antiterroriste pour les remplacer par des accusations criminelles r&#233;guli&#232;res. Cependant, 14 des 34 prisonniers en je&#251;ne poursuivent la gr&#232;ve de la faim jugeant ces mesures insuffisantes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La campagne nationale et internationale de solidarit&#233; en soutien aux autochtones mapuches se poursuit alors que pr&#232;s d'une quinzaine de prisonniers poursuivent la gr&#232;ve de la faim dans les ge&#244;les du pays. Malgr&#233; le fait apparent d'avoir forc&#233; le gouvernement &#224; n&#233;gocier et retirer les accusations actuelles, les prisonniers autochtones jugent les mesures insuffisantes. Leur gr&#232;ve de la faim se poursuit depuis 86 jours et sept gr&#233;vistes sont dans un &#233;tat critique &#224; l'h&#244;pital local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement a soumis au Congr&#232;s des modifications &#224; la Loi antiterroriste et &#224; la justice militaire. Ces modifications sont critiqu&#233;es de toute part. Non seulement elles ne garantissent aucunement qu'elle serait utilis&#233;e pour r&#233;primer la mobilisation du peuple mapuche, mais elles incluent &#171; en &#233;change &#187; l'augmentation des peines visant les attaques aux forces de l'ordre. Rien n'a &#233;t&#233; r&#233;gl&#233; quant au fondement antid&#233;mocratique des lois martiales et d'exception, ainsi qu'&#224; leur application raciste envers la r&#233;sistance du peuple mapuche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, le retrait des accusations de terrorisme est une avanc&#233;e non n&#233;gligeable qui a &#233;t&#233; applaudie par les organisations de droits humains et les repr&#233;sentants mapuches. Les promesses en ce sens devront &#234;tre appliqu&#233;es rapidement par les autorit&#233;s sinon elles risquent de briser le mince lien de confiance qui existe entre l'&#201;tat chilien et la nation mapuche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'&#201;tat chilien doit faire davantage, en commen&#231;ant par l'abolition de la Loi antiterroriste, un h&#233;ritage de la dictature. Rappelons que cette loi a &#233;t&#233; appliqu&#233;e par les gouvernements de centre gauche, particuli&#232;rement par l'ancienne pr&#233;sidente Michelle Bachelet, encens&#233;e aujourd'hui sur la sc&#232;ne internationale pour son engagement social. En m&#234;me temps, la seule solution &#224; long terme est la reconnaissance du peuple-nation mapuche et l'octroie de droits politiques d&#233;coulant de cette reconnaissance, notamment le droit &#224; la vie, les droits humains fondamentaux, le droit &#224; des territoires autonomes, et le droit &#224; la participation aux d&#233;cisions concernant l'exploitation des ressources.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Campagne de solidarit&#233; internationale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'urgence et la solidarit&#233; sont encore &#224; l'ordre du jour. &#192; pr&#232;s de trois mois de je&#251;ne, les prisonniers politiques mapuches ont subi d&#233;j&#224; d'&#233;normes s&#233;quelles &#224; leur sant&#233;. Leur d&#233;termination &#224; faire respecter leurs droits politiques a obtenu le soutien actif des mouvements sociaux au Chili &#224; travers des manifestations quotidiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du Qu&#233;bec , &lt;a href='https://www.lagauche.ca/La-solidarite-et-votre-appui-sont-importants-pour-eviter-la-mort-des-grevistes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;signez et envoyez cette lettre &#224; l'ambassade du Chili &#224; Ottawa, au Consulat chilien &#224; Montr&#233;al et au pr&#233;sident du Chili, Sebastian Pi&#241;era&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La solidarit&#233; et votre appui sont importants pour &#233;viter la mort des gr&#233;vistes sous le regard indiff&#233;rent du gouvernement chilien.</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-solidarite-et-votre-appui-sont-importants-pour-eviter-la-mort-des-grevistes</link>
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		<dc:date>2010-09-22T01:24:20Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Chili</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La solidarit&#233; et votre appui sont importants pour &#233;viter la mort des gr&#233;vistes sous le regard indiff&#233;rent du gouvernement chilien. &lt;br class='autobr' /&gt; (Signez et envoyez cette lettre &#224; l'ambassade du Chili &#224; Ottawa, au Consulat chilien &#224; Montr&#233;al et au pr&#233;sident du Chili, Sebastian Pi&#241;era). &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;claration de solidarit&#233; avec les paysans mapuches du Chili en gr&#232;ve de la faim dans les prisons du Chili. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a d&#233;j&#224; 66 jours que 32 autochtones mapuches sont emprisonn&#233;s dans diff&#233;rentes prisons du Chili et font (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH101/arton3014-2c21d.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La solidarit&#233; et votre appui sont importants pour &#233;viter la mort des gr&#233;vistes sous le regard indiff&#233;rent du gouvernement chilien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;(Signez et envoyez cette lettre &#224; l'ambassade du Chili &#224; Ottawa, au Consulat chilien &#224; Montr&#233;al et au pr&#233;sident du Chili, Sebastian Pi&#241;era).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;claration de solidarit&#233; avec les paysans mapuches du Chili en gr&#232;ve de la faim dans les prisons du Chili.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a d&#233;j&#224; 66 jours que 32 autochtones mapuches sont emprisonn&#233;s dans diff&#233;rentes prisons du Chili et font la gr&#232;ve de la faim. On leur applique une loi dite &#034;antiterroriste&#034; h&#233;rit&#233;e de la dictature de Pinochet et perfectionn&#233;e par le gouvernement de l'ancienne coalition au pouvoir, aujourd'hui devenue l'opposition officielle. L'&#201;tat chilien ne veut pas reconna&#238;tre les droits l&#233;gitimes &#233;tablis dans des trait&#233;s internationaux du peuple mapuche (600.000 habitants), peuple autochtone vivant principalement dans un territoire qui occupe la VIII, IX et X i&#232;me r&#233;gion du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers jours trois enfants mapuches ont aussi adh&#233;r&#233; &#224; la gr&#232;ve de la faim et, aujourd'hui le 9 septembre &#224; Temuco, 4 d&#233;put&#233;s se sont d&#233;clar&#233;s &#8211;en solidarit&#233;- eux aussi en gr&#232;ve de la faim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous partageons la position des Nations unies qui consid&#232;re que des personnes ayant particip&#233; &#224; des activit&#233;s de protestation sociale pour r&#233;clamer le respect de leurs droits et des trait&#233;s internationaux, ne peuvent &#234;tre accus&#233;es d'&#234;tre &#171; des terroristes de la faim &#187;, d'autant plus s'ils se solidarisent avec des paysans et des militants mapuches injustement jug&#233;s et dont la vie est en danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement du Pr&#233;sident Sebasti&#225;n Pi&#241;era, aux prises avec les pressions de l'opinion publique chilienne, de l'Eglise Catholique, du peuple mapuche et de la communaut&#233; internationale, h&#233;site &#224; n&#233;gocier avec les militants qui font la gr&#232;ve de la faim ainsi qu'&#224; leur garantir un proc&#232;s juste. Aussi, ne fait-il qu'exacerber la situation dangereuse dans laquelle ces gr&#233;vistes-prisonniers se trouvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi ils ont besoin de l'aide et de la solidarit&#233; des Qu&#233;b&#233;cois et des Qu&#233;b&#233;coises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous exigeons de la part des autorit&#233;s chiliennes que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.Soit garanti aux Mapuches incarc&#233;r&#233;s un proc&#232;s juste (les lib&#233;rer pour qu'ils soient soign&#233;s en bonne et due forme en attendant un proc&#232;s juste).&lt;br&gt;
2. Soit d&#233;rog&#233;e la Loi antiterroriste qu'on applique aux Mapuches et qui permet qu'ils soient jug&#233;s par des tribunaux militaires.&lt;br&gt;
3. Soient d&#233;militaris&#233;s les communaut&#233;s et les villages mapuches occup&#233;s par la police d'Etat.&lt;br&gt;
4. Soient amorc&#233;s le plus rapidement possible des n&#233;gociations et un dialogue entre le Gouvernement et les organisations mapuches.&lt;br&gt;
5. Soient appliqu&#233;s l'esprit et la lettre de la Convention N&#176; 169 de l'OIT, sign&#233; par la R&#233;publique du Chili.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ambassade du Chili Ottawa&lt;br class='autobr' /&gt;
Juridiction : Ottawa, Hull, Gatineau et Aylmer&lt;br class='autobr' /&gt;
Consul : Annemarie Duncker&lt;br class='autobr' /&gt;
aduncker@chile.ca&lt;br class='autobr' /&gt;
Chancellerie : Ver&#243;nica Zarzar&lt;br class='autobr' /&gt;
vzarzar@chile.ca&lt;br class='autobr' /&gt;
Adresse : 1413-50 O'Connor Street, Ottawa, Ontario, K1P 6L2&lt;br class='autobr' /&gt;
T&#233;l&#233;phone : (613) 235-4402&lt;br class='autobr' /&gt;
T&#233;l&#233;copieur : (613) 235-1176&lt;br class='autobr' /&gt;
Courriel : echileca@chile.ca&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consulat du Chili, Montr&#233;al &lt;br class='autobr' /&gt;
Consul G&#233;n&#233;ral : Fernando P&#233;rez E.&lt;br class='autobr' /&gt;
Adresse : 710-1010 Sherbrooke Street West Montreal ; P.Q. ; H3A 2R7&lt;br class='autobr' /&gt;
T&#233;l&#233;phone : (514) 499-0405 / 499-9221 / 499-1444&lt;br class='autobr' /&gt;
T&#233;l&#233;copieur : (514) 499-8914&lt;br class='autobr' /&gt;
Courriel : cgmontca@qc.aira.com&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.weblocal.ca/consulat-general-du-chili-montreal-qc.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.weblocal.ca/consulat-general-du-chili-montreal-qc.html&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Site Web : &lt;a href=&#034;http://www.chilemtl.ca/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.chilemtl.ca/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le bicentenaire du Chili dans l'humiliation des Mapuche</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Le-bicentenaire-du-Chili-dans-l-humiliation-des-Mapuche</link>
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		<dc:date>2010-09-22T01:18:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Casgrain</dc:creator>


		<dc:subject>Autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Chili</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au moment m&#234;me o&#249; le Chili c&#233;l&#232;bre le bicentenaire de l'ind&#233;pendance, pendant que le peuple s'abreuve de f&#234;tes et le pouvoir s'extasie au son des marches militaires, des autochtones mapuche d&#233;fient la mort dans les prisons. Ils sont en gr&#232;ve de la faim pour d&#233;noncer leurs conditions de d&#233;tention et l'accusation sous une inf&#226;me loi &#171; antiterroriste &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; La R&#233;publique chilienne signifie 200 ans d'occupation et d'humiliation pour les peuples indig&#232;nes du Chili. La c&#233;l&#233;bration est une insulte (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH100/arton3039-eb5ad.jpg?1629994416' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au moment m&#234;me o&#249; le Chili c&#233;l&#232;bre le bicentenaire de l'ind&#233;pendance, pendant que le peuple s'abreuve de f&#234;tes et le pouvoir s'extasie au son des marches militaires, des autochtones mapuche d&#233;fient la mort dans les prisons. Ils sont en gr&#232;ve de la faim pour d&#233;noncer leurs conditions de d&#233;tention et l'accusation sous une inf&#226;me loi &#171; antiterroriste &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La R&#233;publique chilienne signifie 200 ans d'occupation et d'humiliation pour les peuples indig&#232;nes du Chili. La c&#233;l&#233;bration est une insulte et une marque de m&#233;pris. Elle se fait au moment o&#249; une cinquantaine de militants mapuche sont accus&#233;s sous le coup d'une loi dite &#171; antiterroriste &#187;. Au moins 34 d'entre eux ont entam&#233; une gr&#232;ve de la faim pour faire pression sur le gouvernement pour abolir cette loi r&#233;pressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 60 jours de je&#251;ne, on s'attend &#224; un d&#233;nouement fatal &#224; tout moment. Certains prisonniers ont d&#251; &#234;tre conduits &#224; l'h&#244;pital pour y suivre des soins dont il refuse. D'autres se sont effondr&#233;s &#224; leur audience au tribunal. Apr&#232;s 40 jours d'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale, la gr&#232;ve a soudain assailli l'agenda public sous le coup des pressions internationales et du mouvement d'appui grandissant au Chili. Le pr&#233;sident Pinera refuse de dialoguer avec les gr&#233;vistes. Il a donn&#233; un ordre qui force les autorit&#233;s p&#233;nitentiaires &#224; alimenter de force les gr&#233;vistes s'ils tombent dans un &#233;tat critique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une loi antid&#233;mocratique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;&#233;e durant la dictature, la loi antiterroriste permet &#224; l'&#201;tat de restreindre les droits civiques des individus accus&#233;s d'actes terroristes. La d&#233;fense n'a pas un plein acc&#232;s &#224; la preuve, alors que la poursuite peut pr&#233;senter des t&#233;moins anonymes. De plus, le fait d'appartenir &#224; une association ou un mouvement politique d&#233;crit comme terroriste multiplie la peine. Cette loi a &#233;t&#233; appliqu&#233;e syst&#233;matiquement depuis 10 ans par les gouvernements de centre-gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Mapuche n'ont de cesse de revendiquer les terres qu'on leur a confisqu&#233;es et une autonomie politique. En 2009, plusieurs communaut&#233;s organisent une vague de manifestations et d'actions de force : blocages routiers, incendies et sabotage de machinerie agricole ou foresti&#232;re. Le gouvernement de Michelle Bachelet a r&#233;prim&#233; durement ces actions, faisant appel &#224; la loi antiterroriste pour poursuivre les personnes soup&#231;onn&#233;es d'en &#234;tre les auteurs. Certains dirigeants font face &#224; des peines de plus de 100 ans de prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prisonniers en gr&#232;ve de la faim demandent seulement d'&#234;tre jug&#233;s sous les lois civiles normales. Les autochtones mapuche sont d'ailleurs pratiquement les seuls &#224; qui on applique la loi antiterroriste. Ce biais raciste a obtenu les critiques de plusieurs organisations de droits humains, incluant la Commission des droits humains de l'ONU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple mapuche a r&#233;sist&#233; &#224; l'occupation des Incas, des Espagnols et des &#171; Chiliens &#187;. C'est sous la r&#233;publique de derniers, qui f&#234;tent ses 200 ans, que les Mapuche ont &#233;t&#233; expuls&#233;s de leurs terres et soumis &#224; l'assimilation culturelle. Transform&#233;s en paysans de la mis&#232;re et pauvres exploit&#233;s des villes, ils r&#233;clament aujourd'hui des droits politiques reconnus par les trait&#233;s internationaux. Ils esp&#232;rent plus d'autonomie pour leurs communaut&#233;s, la protection et la promotion de leur culture, ainsi que le droit de regard sur l'exploitation des ressources sur leurs territoires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Appuyez la campagne internationale !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, on peut appuyer la cause des prisonniers politiques mapuche. &lt;a href='https://www.lagauche.ca/La-solidarite-et-votre-appui-sont-importants-pour-eviter-la-mort-des-grevistes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Joignez la campagne d'urgence en faveur des prisonniers mapuche en gr&#232;ve de la faim&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>DE LA SOUVERAINETE DES NATIONS AUTOCHTONES</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/DE-LA-SOUVERAINETE-DES-NATIONS-AUTOCHTONES</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/DE-LA-SOUVERAINETE-DES-NATIONS-AUTOCHTONES</guid>
		<dc:date>2008-10-16T04:24:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Mill</dc:creator>


		<dc:subject>Autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Droit des autochtones</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Retour sur un texte de r&#233;f&#233;rence de Gauche Socialiste &#233;crit en 1990 par notre regrett&#233; camarade Michel Mill. &lt;br class='autobr' /&gt; DE LA SOUVERAINETE DES NATIONS AUTOCHTONES &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Nous sommes tous l'Iroquois de quelqu'un d'autre.&#034; Sylvain Leli&#232;vre, &#034;Le chanteur indig&#232;ne &#224; l'Olympia&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
I. Le socialisme et la souverainet&#233; nationale &lt;br class='autobr' /&gt;
1. La crise de cr&#233;dibilit&#233; du socialisme dont parle Ernest Mandel et la Quatri&#232;me Internationale s'est accompagn&#233;e de la perte tr&#232;s grave de ce qui &#233;tait jusqu'&#224; tout r&#233;cemment un des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Questions-autochtones-" rel="directory"&gt;Questions autochtones&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Autochtones-+" rel="tag"&gt;Autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Droit-des-autochtones-+" rel="tag"&gt;Droit des autochtones&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L143xH150/arton1853-7e904.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='143' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Retour sur un texte de r&#233;f&#233;rence de Gauche Socialiste &#233;crit en 1990 par notre regrett&#233; camarade Michel Mill.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DE LA SOUVERAINETE&lt;br class='autobr' /&gt;
DES NATIONS AUTOCHTONES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Nous sommes tous l'Iroquois de quelqu'un d'autre.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sylvain Leli&#232;vre, &#034;Le chanteur indig&#232;ne &#224; l'Olympia&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. Le socialisme et la souverainet&#233; nationale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La crise de cr&#233;dibilit&#233; du socialisme dont parle Ernest Mandel et la Quatri&#232;me Internationale s'est accompagn&#233;e de la perte tr&#232;s grave de ce qui &#233;tait jusqu'&#224; tout r&#233;cemment un des acquis les plus pr&#233;cieux du mouvement socialiste, sa sup&#233;riorit&#233; morale. Les crimes du stalinisme et le comportement sanguinaire d'une s&#233;rie de r&#233;gimes dictatoriaux se r&#233;clamant du socialisme dans le tiers monde ont redor&#233; le blason du capitalisme et de son &#233;conomie de march&#233; m&#234;me sur le plan moral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le stalinisme et ses imitateurs n'ont pas &#233;pargn&#233; les peuples minoritaires, les nations autochtones des r&#233;gions de la terre qu'ils ont domin&#233;es. Ainsi le prestige anti- imp&#233;rialiste, le prestige de la d&#233;fense des peuples colonis&#233;s, dont b&#233;n&#233;ficiaient largement la mouvance socialiste jusqu'&#224; la fin de la guerre du Vietnam s'est estomp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi on a pu entendre dire une vieille Mohawk de Kanesatake que &#034;la SQ se comporte comme la police communiste&#034; malgr&#233; le fait que l'&#233;crasante majorit&#233; des peuples aborig&#232;nes du monde se trouvent opprim&#233;s par des r&#233;gimes capitalistes. Ainsi, le jacobinisme, non pas populiste cette fois-ci mais vulgairement bourgeois et capitaliste, reprend le dessus avec tout ce que cela entra&#238;ne de volont&#233; d'exclure et/ou d'assimiler les minorit&#233;s nationales m&#234;me au sein des nations opprim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question nationale, y compris ses formes les plus complexes, dont la question des nations autochtones en Am&#233;rique du Nord, ne peut &#234;tre r&#233;duite &#224; un calcul comptable ou d&#233;mographique marginal. La r&#233;solution de cette question &#233;pineuse rev&#234;t donc un caract&#232;re &#233;minemment strat&#233;gique. Plus que jamais l'affirmation de Marx &#034;qu'une nation qui opprime une autre ne saura jamais &#234;tre libre elle-m&#234;me&#034; s'av&#232;re juste et d'une actualit&#233; br&#251;lante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. L'affirmation militante r&#233;cente par les nations autochtones, et en premier lieu par la nation kanien'kehaka, a sorti la question autochtone de l'oubli et de la folklorisation. Apr&#232;s quatre si&#232;cles de r&#233;sistance active et un si&#232;cle de r&#233;sistance passive &#224; l'acculturation, &#224; l'assimilation et &#224; la ghettoisation, ce que les Europ&#233;ens les plus bienveillants ont appel&#233; &#034;la patience l&#233;gendaire&#034; des &#034;Indiens&#034; est r&#233;volue, et pour toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Cette r&#233;affirmation militante et radicalisante du droit des nations autochtones &#224; la souverainet&#233; politique et &#224; l'espace territorial et &#233;conomique n&#233;cessaire &#224; leur d&#233;veloppement signale la fin de toute tentative de r&#233;soudre la question nationale qu&#233;b&#233;coise sans tenir compte de ces nations qui vivent dispers&#233;es sur l'ensemble du continent nord-am&#233;ricain et qui n'ont jamais accept&#233; les fronti&#232;res arbitraires dessin&#233;es par les conqu&#233;rants europ&#233;ens successifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la conscience et le mouvement nationaux naissants des peuples autochtones ne peuvent que se heurter &#224; la conscience et le mouvement nationaux du Qu&#233;bec jusqu'ici totalement domin&#233;s par des courants et des partis politiques bourgeois. Toute tentative bourgeoise de r&#233;solution de la question nationale qu&#233;b&#233;coise est condamn&#233;e &#224; l'affrontement permanent avec les nations autochtones, accompagn&#233; d'un racisme plus ou moins ouvert &#224; leur &#233;gard. Le comportement du PQ depuis 1976 et la surench&#232;re anti-autochtone de ses d&#233;clarations pendant la crise de cet &#233;t&#233; n'en sont qu'une preuve &#233;clatante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Pour les marxistes-r&#233;volutionnaires, pour les ind&#233;pendantistes socialistes (et, historiquement, pour l'ensemble de la classe ouvri&#232;re et des forces populaires) du Qu&#233;bec (et du Canada anglais et des &#201;tats-Unis) il n'y a aucune contradiction entre notre programme pour la lib&#233;ration nationale du Qu&#233;bec, pour le socialisme de d&#233;mocratie ouvri&#232;re et la reconnaissance du droit des nations autochtones &#224; la pleine et enti&#232;re souverainet&#233; telles qu'elles la d&#233;finissent elles-m&#234;mes. Nous adoptons comme &#233;tant la n&#244;tre la d&#233;claration de la nation innu (montagnaise) de f&#233;vrier 1990 devant les Commissions des droits de la personne du Canada, du Qu&#233;bec et de Terre-neuve et que nous reproduisons ici :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes des peuples autochtones dont les membres respectifs sont caract&#233;ris&#233;s par des liens de langue, d'h&#233;ritage, de traditions, de vie spirituelle constituant leur identit&#233; commune de premiers occupants. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les peuples autochtones sont caract&#233;ris&#233;s par des populations vivant sur un territoire bien d&#233;fini sur lequel ils ont une souverainet&#233; mill&#233;naire. Ils peuvent donc &#233;tablir des relations avec d'autres nations d'&#233;gal &#224; &#233;gal. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les peuples autochtones, dont les Mohawks, ont le droit d'exercer leur pouvoir souverain en d&#233;terminant et en appliquant, sur leurs territoires respectifs, leurs lois, leurs droits et leurs obligations issus des valeurs traditionnelles, lesquelles sont fondamentales pour eux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les gouvernements et leurs composantes doivent s'engager &#224; respecter les droits, les juridictions, la souverainet&#233; affirm&#233;s et pratiqu&#233;s par les peuples autochtones dans leurs territoires respectifs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ayant ainsi une souverainet&#233; publique sur nos territoires respectifs, nous, peuples autochtones, sommes en mesure d'affirmer que notre juridiction pleine et enti&#232;re s'&#233;tend sur les ressources renouvelables et non-renouvelables, sur le sol et le sous-sol, comprises sur nos territoires respectifs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les peuples autochtones ont le droit de d&#233;terminer et ce, sans contrainte venant de l'ext&#233;rieur, leur statut politique et d'exercer en toute libert&#233; les activit&#233;s &#233;conomiques, sociales et culturelles, en accord avec les principes r&#233;gis par leurs valeurs traditionnelles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les gouvernements doivent s'engager &#224; n'exercer aucune forme de pression visant &#224; emp&#234;cher le d&#233;veloppement et l'&#233;panouissement des peuples autochtones selon leurs lois et leur juridiction respectives sur leurs territoires. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les peuples autochtones ont des relations privil&#233;gi&#233;es avec leurs territoires respectifs qu'ils entendent maintenir et prot&#233;ger. Les gouvernements et leurs composantes doivent s'engager &#224; respecter cette relation spirituelle qu'ils ont avec la Terre-M&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les peuples autochtones doivent avoir acc&#232;s &#224; des territoires de dimensions acceptables pour exercer leurs activit&#233;s &#233;conomiques, sociales et culturelles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les peuples autochtones luttent pour obtenir l'&#233;galit&#233; des droits avec les autres peuples, c'est-&#224;-dire leur souverainet&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les gouvernements et la soci&#233;t&#233; dominante doivent traiter d'&#233;gal &#224; &#233;gal avec les peuples autochtones dans le respect de leurs droits ancestraux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les peuples autochtones repoussent toute limitation de souverainet&#233; par la soci&#233;t&#233; dominante. &lt;br class='autobr' /&gt;
5. Quelque soit la r&#233;solution territoriale de la question nationale qu&#233;b&#233;coise (pour nous, un &#201;tat ind&#233;pendant sur l'ensemble du territoire du Qu&#233;bec, y compris sur la partie du Labrador vol&#233;e par le Conseil priv&#233; de Londres en 1927), nous reconnaissons que les nations autochtones n'ont pas &#224; respecter de telles fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. Histoire et conscience nationale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Avant l'arriv&#233;e des Europ&#233;ens dans les Am&#233;riques, les peuples autochtones &#233;taient divis&#233;es entre divers groupes linguistiques et culturels (dans les sens anthropologique du terme). Mais il ne s'agissait aucunement de soci&#233;t&#233;s statiques. Certains groupes connaissaient une &#233;volution relativement pouss&#233;e d'unification et &#233;taient en voie de constituer des &#201;tats (et dans le cas des Cinq-Nations avaient d&#233;j&#224; form&#233; un pr&#233;-&#201;tat, le Conseil de la Conf&#233;d&#233;ration).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le territoire qui est devenu plus tard le Qu&#233;bec, il y avait trois grands groupes linguistiques &#224; la fin du 15&#232; si&#232;cle : le groupe iroquoien occupait le Haut-St-Laurent et les Basses Laurentides, le groupe inuktitut occupait la p&#233;ninsule d'Ungava et le groupe algonquien tout le reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe iroquoien &#233;tait semi-s&#233;dentaire et pratiquait l'agriculture. Le groupe inuktitut vivait totalement de la chasse et de la p&#234;che, tandis que le groupe algonquien &#233;tait compos&#233; de chasseurs-p&#234;cheurs et de cueilleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun groupe n'&#233;tait unifi&#233;. Les bandes inuit du Grand Nord maintenaient des liens avec les Inuit du Groenland et de l'ouest de la Baie d'Hudson. Les iroquoiens &#233;taient divis&#233;s entre la Conf&#233;d&#233;ration des Cinq-Nations (Haudenosaunee ou Iroquois proprement dits)2. au sud du St-Laurent (en la personne de la nation kanien'kehaka (mohawke) et les Iroquois des Basses-Laurentides3.. Le groupe algonquien comprenait les MicMacs de la Gasp&#233;sie (la majorit&#233; des MicMacs habitaient ce qui est devenu le Nouveau Brunswick, la Nouvelle-&#201;cosse, l'Ile du Prince-Edouard et l'&#201;tat de Maine), les Innut (Montagnais) qui habitaient la C&#244;te nord du St-Laurent jusqu'&#224; Qu&#233;bec et les terres &#224; l'int&#233;rieur jusqu'au partage des eaux avec la Baie James, les Attikamekw (Attikam&#232;ques) qui habitaient la Mauricie, les Cris dont le territoire s'&#233;tendait &#224; l'ouest jusque sur les grandes plaines et comprenait les terres autour de la Baie James et le sud de la Baie d'Hudson jusqu'au partage des eaux du golfe du St-Laurent et de la c&#244;te de Labrador. Finalement, il y avait les Anishnabe (Algonquins au Qu&#233;bec, Objibwa, Nippissingues et Saulteux dans le nord de l'Ontario et au Manitoba, Chippewas au Michigan, Minnesota et Wisconsin). Et tous les groupes &#233;taient li&#233;s entre eux par des liens d'alliances-guerres et par des &#233;changes rituels et/ou commerciaux tr&#232;s d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, des groupes algonquiens se sont r&#233;fugi&#233;s de la Nouvelle Angleterre en Gasp&#233;sie (les Mal&#233;cites), et dans les Bois-Francs et la vall&#233;e du St-Fran&#231;ois (les Ab&#233;nakis). Un groupe de Cris a travers&#233; le partage des eaux au d&#233;but du 20&#232; si&#232;cle et s'est &#233;tabli pr&#232;s de l'actuelle Shefferville (les Naskapis) s'int&#233;grant partiellement aux Innut. Quelques survivants du massacre des B&#233;othuks (de langue algonquienne) &#224; Terreneuve se sont totalement int&#233;gr&#233;s aux Innut de la Basse-C&#244;te-Nord tout en gardant le souvenir de leur origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; leur d&#233;faite aux mains de la Conf&#233;d&#233;ration des Cinq- Nations, un groupe de Wendats (Hurons) est venu s'installer pr&#232;s de Qu&#233;bec3.. Et, apr&#232;s la paix g&#233;n&#233;ralis&#233;e entre la Conf&#233;d&#233;ration des Cinq-Nations et les Fran&#231;ais et leurs alli&#233;s &#224; la fin du 17&#232; si&#232;cle, un groupe important de Kanien'ke (Mohawk-e-s), converti-e-s au catholicisme par les J&#233;suites qui les appelaient les Agniers de St-Louis, sont install&#233;s, en rupture avec leur nation et leur Conf&#233;d&#233;ration, sur ce qui sont devenues les r&#233;serves d'Akwesasne et de Kahnawake.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on peut voir les seuls groupes &#224; ne vivre que sur le territoire qui allait devenir le Qu&#233;bec &#233;taient les Innut (Montagnais) et les Attikamekw.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Jusqu'&#224; la conqu&#234;te anglaise de la Nouvelle France, les rapports entre la soci&#233;t&#233; europ&#233;enne et les autochtones sont une combinaison d'alliance (avec les groupes algonquiens et avec la Conf&#233;d&#233;ration wendate) et de guerre (avec la Conf&#233;d&#233;ration des Cinq-Nations jusqu'&#224; la fin du 17&#232; si&#232;cle). A ceci s'est m&#234;l&#233; un jeu de guerres et d'alliances entre les diff&#233;rentes puissances europ&#233;ennes (Angleterre, France, Hollande, Su&#232;de) colonisatrices qui cherchaient &#224; s'allier le plus possible de guerriers autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. D&#232;s son arriv&#233;e, Samuel de Champlain s'allie avec les Innut (Montagnais) et la Conf&#233;d&#233;ration wendate (huronne) qui &#233;taient d&#233;j&#224; en conflit ouvert ou larv&#233; avec leurs puissants voisins la nation kanien'ke (mohawk) de la Conf&#233;d&#233;ration des Cinq-Nations. C'est &#224; Champlain que revient &#034;l'honneur&#034; douteuse de tirer le premier coup de feu contre des autochtones en Am&#233;rique du nord, en l'occurrence des&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kanien'ke (Mohawks). A partir de ce moment et jusqu'&#224; la fin du 17&#232; si&#232;cle, il y toute une s&#233;rie du guerres entre les Fran&#231;ais et leurs alli&#233;s autochtones et la Conf&#233;d&#233;ration des Cinq-Nations qui, pour avoir les armes (et &#224; cause de la concurrence dans la traite de fourrures), s'allie d'abord aux Hollandais (jusqu'en 1664) et ensuite aux Anglais, &#233;tablis dans la colonie de New York.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; l'origine des l&#233;gendaires Iroquois sanguinaires, massacreurs des &#034;saints martyrs canadiens&#034; et, pire encore, alli&#233;s des Anglo-Saxons ha&#239;s de l'historiographie catholique et nationaliste du Qu&#233;bec, devenue dans une large et triste mesure un des mythes fondateurs de la nation qu&#233;b&#233;coise. La r&#233;alit&#233; est que ces gestes, r&#233;els d'ailleurs, ont &#233;t&#233; pos&#233;s en riposte &#224; toute une s&#233;rie d'invasions du territoire iroquois par l'arm&#233;e fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut exiger l'&#233;limination de ces mythes unilat&#233;raux et racistes des manuels scolaires du Qu&#233;bec. Il faut refondre l'imaginaire national pour en effacer toute trace raciste &#224; l'&#233;gard de la Conf&#233;d&#233;ration des Cinq-Nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. En r&#233;alit&#233;, il y avait deux tendances &#224; l'oeuvre au sein de la soci&#233;t&#233; de la Nouvelle-France. La premi&#232;re et celle qui a finalement &#233;t&#233; adopt&#233;e suite &#224; la conqu&#234;te anglaise &#233;tait l'option g&#233;nocidaire et/ou concentrationnaire (mise en r&#233;serves) pr&#244;n&#233;e par les missionnaires (les J&#233;suites) et par les repr&#233;sentants de la &#034;m&#232;re-patrie&#034; europ&#233;enne (gouverneurs et intendants).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me &#233;tait la tendance &#224; une fusion physique et culturelle (syncr&#233;tisme ou &#034;cr&#233;olisation&#034;) entre les petits colons et les peuples autochtones comme cela s'est produit dans beaucoup des colonies espagnoles. La Nouvelle-France n'a jamais pu installer un f&#233;odalisme absolutiste comparable &#224; ce qui existait en Europe. Certains historiens &#233;valuent que, sur les 60 000 chr&#233;tiens en Nouvelle France au moment de la Conqu&#234;te anglaise, 10 000 &#233;chappaient &#224; la soci&#233;t&#233; europ&#233;enne et vivaient avec les autochtones (voyageurs, coureurs des bois, trappeurs, etc.) et qu'un autre 10 000 &#233;taient mari&#233;s &#224; des femmes d'origine autochtones avec 7 &#224; 8 000 enfants. Cela repr&#233;sentait pr&#232;s de la moiti&#233; de la population &#034;europ&#233;enne&#034;. Le r&#233;gime fran&#231;ais d'alors se plaignant, d'ailleurs, du refus de beaucoup d'habitants de se dire &#034;fran&#231;oys&#034; (fran&#231;ais).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la Conqu&#234;te anglaise soit la d&#233;faite fondamentale de cette tendance, elle continue &#224; fonctionner dans les r&#233;gions plus ou moins &#233;loign&#233;es jusqu'au quatri&#232;me quart du 19&#232; si&#232;cle. La d&#233;claration de la tendance radicale des Patriotes en faveur de &#034;l'&#233;galit&#233; entre Blancs et Sauvages&#034; en 1838 en est une illustration. La d&#233;faite des M&#233;tis et des autochtones et la pendaison de Louis Riel en 1885 symbolisent la fin d&#233;finitive de cette tendance. N&#233;anmoins, l'identification entre M&#233;tis (et autochtones) et langue fran&#231;aise et religion catholique (l'auto-d&#233;finition des&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Canadiens fran&#231;ais de l'&#233;poque) &#233;tait telle qu'il y a eu une manifestation de 50 000 personnes &#224; Montr&#233;al contre cette ex&#233;cution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Cette victoire ultime de la solution g&#233;nocidaire et/ou concentrationnaire donne lieu &#224; la &#034;disparition des autochtones&#034; de la conscience g&#233;n&#233;rale des soci&#233;t&#233;s dominantes urbanis&#233;es (canadienne-anglaise et qu&#233;b&#233;coise) et au racisme virulent dans les r&#233;gions relativement &#233;loign&#233;es des grands centres industriels du sud de l'Ontario et du Qu&#233;bec o&#249; sont camp&#233;es les autochtones (au Canada-anglais et au Qu&#233;bec). Le processus se poursuit cependant jusqu'aux ann&#233;es 1960 sur la C&#244;te-Nord, au Labrador et au &#034;Nouveau Qu&#233;bec&#034; par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Le syst&#232;me de trait&#233;s, adopt&#233; au milieu du 19&#232; si&#232;cle, ne reconna&#238;t pas les nations autochtones comme telles mais uniquement des &#034;bandes&#034;. C'est diviser pour mieux r&#233;gner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; l'Afrique du Sud et &#224; beaucoup de pays de l'Am&#233;rique centrale et du Sud, les peuples autochtones de l'Am&#233;rique ne servent pas de main d'oeuvre aux conqu&#233;rants. Ils r&#233;sistent trop. Et les r&#233;serves, que ces peuples refusaient au d&#233;but, sont devenues, contrairement aux bantoustans de l'Afrique du Sud, leur seul refuge, les seules terres qu'il leur reste et qu'il faut prot&#233;ger contre tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et malgr&#233; la r&#233;sistance assez forte &#224; l'imposition, artificielle dans bien des cas, d'une structure de pouvoir li&#233;e &#224; Ottawa (les conseils de bande et les grands conseils), l'existence m&#234;me, pendant maintenant un si&#232;cle dans bien des cas, de telles structures et le fait qu'elles soient souvent les seuls et uniques m&#233;canismes de repr&#233;sentation (donc de revendication) de certaines nations autochtones ont donn&#233; &#224; ces structures une certaine l&#233;gitimit&#233; et ont m&#234;me produit certaines accointances politiques et mat&#233;rielles (la plupart du temps selon le mod&#232;le de l'insertion conflictuelle) entre le tuteur (f&#233;d&#233;ral) et ses pupilles (les &#233;lites des nations autochtones).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. Dans le cas des Six-Nations, on applique r&#233;troactivement ce syst&#232;me en reniant les trait&#233;s sign&#233;s longtemps auparavant par la couronne britannique avec l'ensemble de la Conf&#233;d&#233;ration. C'est en septembre 1923 que, sur l'ordre du minist&#232;re des affaires indiennes (ou son &#233;quivalent &#224; l'&#233;poque), les polices f&#233;d&#233;rale et provinciale dispersent de force le Conseil de la Conf&#233;d&#233;ration &#224; Oshwenko (pr&#232;s de London, Ont.), br&#251;lent la longue maison et interdisent toute autre r&#233;union. La m&#234;me chose se r&#233;p&#232;te en 1973. Pourtant le Conseil, terriblement affaibli, ne dispara&#238;t pas pour autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. La situation des Inuit de Nunavik (Nouveau-Qu&#233;bec ou Ungava) est quelque peu diff&#233;rente. D'abord, ils n'ont &#233;t&#233; reconnus comme tels par un gouvernement quelconque qu'en 1930 lorsque la Cour supr&#234;me d&#233;cr&#232;te qu'ils sont r&#233;gis par la Loi sur les Indiens (sic). Ce est au cours de la deuxi&#232;me guerre mondiale que le gouvernement f&#233;d&#233;ral leur impose la s&#233;dentarisation (pour mieux asseoir en droit international la &#034;souverainet&#233;&#034; canadienne sur l'Arctique), processus qui dure jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1950.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Inuit sont en fait majoritaires sur le territoire global de Nunavik. C'est ceci qui a amen&#233; un fort groupe d'entre eux, issu du mouvement coop&#233;ratif moderne (y compris des Blancs), &#224; r&#233;clamer un gouvernement r&#233;gional &#233;lu &#224; suffrage universel sur l'ensemble du territoire de Nunavik.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. La politique moderne des diff&#233;rents paliers de gouvernement, d&#233;finie par le gouvernement Trudeau au d&#233;but des ann&#233;es 1970 (lorsque Jean Chr&#233;tien &#233;tait ministre des Affaires indiennes) et toujours en vigueur, peut se r&#233;sumer ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la cr&#233;ation d'une &#233;lite autochtone par la formation d'un certain nombre de dirigeants nation par nation dans les universit&#233;s blanches et avant tout dans un processus complexe de n&#233;gociations ultra- bureaucratiques et de proc&#233;dures devant les tribunaux, tout ceci subventionn&#233; par l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral m&#234;me ; &lt;br class='autobr' /&gt;
l'encadrement de cette &#233;lite par une v&#233;ritable industrie d'experts-conseils (&#034;consultants&#034;) blancs (avocats, am&#233;nagistes du territoire, &#233;conomistes, anthropologues, etc.) qui, dans la plupart des cas, se croient honn&#234;tement d&#233;vou&#233;s &#224; la cause des droits autochtones ; &lt;br class='autobr' /&gt;
la promulgation de la notion de droit capitaliste &#034;d'occupation continue des terres&#034; comme fondement de la d&#233;termination de l'&#233;tendue des terres o&#249; il existerait un droit aborig&#232;ne faisant fi ainsi du caract&#232;re nomade ou partiellement nomade de l'usage des terres par la quasi-totalit&#233; des peuples autochtones avant que ceux-ci ne soient confin&#233;s aux r&#233;serves et &#224; la d&#233;pendance par le g&#233;nocide partiellement r&#233;ussi ; &lt;br class='autobr' /&gt;
la n&#233;gociation bande par bande de l'extinction des droits aborig&#232;nes en &#233;change de parcelles de terres (plus ou moins importantes selon le cas ; si elles se trouvent dans le Grand Nord, elles peuvent m&#234;me &#234;tre assez importantes) et de quelques millions de dollars (peu par rapport &#224; la valeur des terres abandonn&#233;es aux tendres mercis du &#034;d&#233;veloppement capitaliste&#034;) qui deviennent la base &#233;conomique de cette m&#234;me &#233;lite autochtone ; &lt;br class='autobr' /&gt;
depuis la mont&#233;e du thatcherisme et du reaganisme, il s'est ajout&#233; une politique de stimulation d'un capitalisme, d'un entrepreneurship autochtones pour renforcer les assises mat&#233;rielles et id&#233;ologiques de cette &#233;lite ; comme le d&#233;veloppement du capitalisme comporte toujours ses &#034;hors-la-loi&#034;, l'encouragement officiel du d&#233;veloppement des casinos sur les r&#233;serves aux &#201;tats-Unis s'est accompagn&#233; par leur d&#233;veloppement hors contr&#244;le &#224; Akwesasne et &#224; Kahnawake ; &lt;br class='autobr' /&gt;
la promulgation et la propagation des notions de &#034;self- government&#034; ou de &#034;souverainet&#233; d&#233;pendante&#034; sous le contr&#244;le des conseils de bande &#233;lus selon les normes de la Loi sur les Indiens, ce qui revient &#233;ventuellement &#224; la municipalisation des r&#233;serves sous contr&#244;le provincial ; &lt;br class='autobr' /&gt;
et finalement l'emploi r&#233;gulier des tribunaux, de la police et, depuis cet &#233;t&#233;, de l'arm&#233;e pour pr&#233;venir et/ou r&#233;primer toute vell&#233;it&#233; de r&#233;sistance &#224; cette politique ou d'acc&#233;l&#233;ration des n&#233;gociations par l'action militante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. Le renouveau de l'affirmation de soi et l'apparition de mouvements de lutte parmi les peuples autochtones au cours des ann&#233;es 1960 faisait partie de la mont&#233;e g&#233;n&#233;ralis&#233;e des luttes ouvri&#232;res et populaires de l'&#233;poque. En Am&#233;rique du nord, les populations non blanches et non anglophones s'insurgent. Ainsi sont n&#233;s les mouvements nationaux qu&#233;b&#233;cois, noirs, chicanos et autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la situation des autochtones ne leur a pas permis de clarifier leur propre conscience en soi et pour soi. S'agit- il d'une seule et unique nation autochtone comme le American Indian Movement tendait &#224; postuler et &#224; rechercher au cours des ann&#233;es 1970 ou de plusieurs nations fond&#233;es sur les anciennes ethnies linguistiques et culturelles renouvell&#233;es et refondues comme cela semble &#234;tre le cas maintenant ? La question est ouverte et fluide et c'est aux autochtones eux- m&#234;mes d'y r&#233;pondre &#233;ventuellement. Nous n'avons aucune raison &#224; vouloir figer l'histoire &#224; ce moment-ci quelque soit &#034;l'impatience l&#233;gendaire&#034; des blanc-he-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. Le fait que l'intervention des gouvernements ait cr&#233;&#233; une certaine &#233;lite autochtone dont les int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels et sociaux sont li&#233;s &#224; la structure des conseils de bande est un facteur de d&#233;sunit&#233; ind&#233;niable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela cr&#233;e &#233;galement une confusion consid&#233;rable parmi les soci&#233;t&#233;s dominantes m&#234;me parmi ceux et celles les plus favorables aux droits autochtones. Ainsi apr&#232;s des ann&#233;es o&#249; le Canada anglais dominant a fait &#233;coeurer les Qu&#233;b&#233;cois avec la question &#034;que veut le Qu&#233;bec ?&#034;, ne voit-on pas la majorit&#233; francophone qu&#233;b&#233;coise demander avec irritation &#034;mais qu'est-ce qu'ils veulent, au juste, ces Indiens ?&#034;. Apr&#232;s que la majorit&#233; des Qu&#233;b&#233;cois-e-s ait rejet&#233; depuis fort longtemps les sir&#232;nes du bilinguisme et du biculturalisme, du multiculturalisme, de l'assimilation au sein de la conf&#233;d&#233;ration canadienne, ne voit-on pas les repr&#233;sentants politiques de &#034;la souverainet&#233;&#034; bourgeoise du Qu&#233;bec proposer la m&#234;me salade inacceptable aux nations autochtones ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17. Jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es 1970, tous les autochtones &#233;taient consid&#233;r&#233;s comme &#233;tant &#034;pupilles du gouvernement f&#233;d&#233;ral&#034;, l'Acte de l'Am&#233;rique du Nord britannique ayant r&#233;serv&#233; la juridiction sur &#034;les Sauvages et les terres des Sauvages&#034; au gouvernement central. Toutes les provinces rejetaient activement toute responsabilit&#233; envers les autochtones vivants sur leur territoire respectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ceci, le Qu&#233;bec n'&#233;tait pas une exception. Au contraire, dans la mesure o&#249; le Qu&#233;bec devenait de plus en plus &#034;la r&#233;serve&#034; des francophones5., et le gouvernement qu&#233;b&#233;cois et la conscience populaire tendaient &#224; rejeter toute responsabilit&#233; envers ces &#034;&#233;trangers&#034; au sein de la soci&#233;t&#233; majoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; la r&#233;volution tranquille du d&#233;but des ann&#233;es 1960, le nationalisme des francophones de la r&#233;serve du Qu&#233;bec restait fondamentalement d&#233;fensif, timor&#233; et exclusif (&#034;canadien, fran&#231;ais et catholique&#034;). Ainsi, lorsqu'au d&#233;but du 20&#232; si&#232;cle, Ottawa d&#233;truit la structure gouvernementale traditionnelle de la Conf&#233;d&#233;ration des Six-Nations et acc&#233;l&#232;re le processus de perte des langues autochtones et donc d'anglicisation, personne dans la population francophone ne proteste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant le nationalisme qu&#233;b&#233;cois contemporain semblait devenir, &#224; partir des ann&#233;es 1960, affirmatif, actif, s&#251;r de lui-m&#234;me et assez serein, suite &#224; l'adoption de la loi 101, pour comprendre que l'&#233;panouissement d'autres communaut&#233;s au sein de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise ne mena&#231;ait en rien les ambitions de la majorit&#233;. Ainsi il y a eu un fort courant d'appui spontan&#233; aux Cris et aux Inuit dans le dossier de la Baie James, le mouvement syndical de la C&#244;te-Nord a rejoint les Innut (Montagnais) dans la bataille contre les clubs priv&#233;s de chasse et de p&#234;che et il y a eu beaucoup de protestations contre les agissements violents de la S&#251;ret&#233; du Qu&#233;bec &#224; Restigouche lors de la bataille du saumon de 1981.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tous les gouvernements modernes du Qu&#233;bec, y compris ceux du Parti qu&#233;b&#233;cois ont maintenu dans la pratique le nationalisme d&#233;fensif, timor&#233; et chauvin surtout en ce qui regarde les nations autochtones. La d&#233;faite du r&#233;f&#233;rendum en 1980, le rapatriement unilat&#233;ral par Ottawa de la constitution canadienne, le virage &#224; droite du dernier gouvernement L&#233;vesque, l'int&#233;riorisation par la majorit&#233; qu&#233;b&#233;coise des valeurs conservatrices reaganiennes et thatch&#233;riennes, le renouveau de l'arrogance anglophone apr&#232;s la r&#233;-&#233;lection de Bourassa, les menaces contre la loi 101 et la mont&#233;e du chauvinisme anti-qu&#233;b&#233;cois et anti-fran&#231;ais au Canada pendant le d&#233;bat sur l'entente du Lac Meech ont fait ressurgir l'aspect purement d&#233;fensif, chauvin et exclusif, du nationalisme qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et selon le mod&#232;le de l'esclave qui battait son &#226;ne faute de pouvoir atteindre son propri&#233;taire esclavagiste, ce nationalisme chauvin a trop facilement vir&#233; au racisme anti- autochtone au cours de l'&#233;t&#233; 1990. Il faut restaurer &#224; l'ind&#233;pendantisme qu&#233;b&#233;cois son contenu progressiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III. Nations autochtones et question linguistique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18. Jusqu'&#224; la premi&#232;re guerre mondiale, la langue usuelle des peuples autochtones &#233;tait leur propre langue historique...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La langue de communication avec les Blancs d&#233;pendait de deux facteurs : la langue commune des Blancs de la r&#233;gion (surtout des commer&#231;ants) et, ce qui importait encore davantage, la langue des missionnaires (fran&#231;ais pour les catholiques et anglais pour les protestants).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir du d&#233;but du 20&#232; si&#232;cle, Ottawa impose l'usage de l'anglais comme langue d'enseignement sur les r&#233;serves. Dans le sud, les pressions &#233;conomiques s'ajoutent &#224; cette pression d'acculturation g&#233;n&#233;rale en faveur de l'anglicisation. Ainsi au Qu&#233;bec, les nations micmaques et kanien'ke tendent &#224; perdre leur langue propre et &#224; devenir anglophones tout en &#233;tant entour&#233;es de francophones tandis que la majorit&#233; des anishnabe emploie l'anglais comme langue seconde. Dans le Grand Nord o&#249; les Inuit, les Cris et les Naskapis restent essentiellemnt sous tutelle f&#233;d&#233;rale jusqu'au milieu des ann&#233;es 1970 et o&#249; il n'y a presque pas de francophones, l'anglais domine comme langue seconde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral on peut affirmer que les autochtones reconnus comme Indiens &#034;statu&#233;s&#034; conform&#233;ment &#224; la Loi f&#233;d&#233;rale sur les Indiens sont anglophones ou utilisent l'anglais comme langue seconde (Kanien'ke, Cris, Inuit, Micmacs, Naskapis et la majorit&#233; des Anishnabe) tandis que ceux et celles qui n'ont pas sign&#233; de trait&#233; d&#233;finitif ou n'ont pas de statut sont francophones ou utilisent le fran&#231;ais comme langue seconde (Wendat (Hurons), Innut (Montagnais), Attikamekw, Ab&#233;nakis, Mal&#233;cites, et M&#233;tis et Indiens sans statut (surtout en Abitibi-T&#233;miscamingue).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ceci, il faut ajouter que les nations (les Kanien'ke et les Micmacs) les plus en contact avec la soci&#233;t&#233; dominante anglophone (par la radio, la t&#233;l&#233;vision, les journaux, le syst&#232;me scolaire, etc.) et dont la majorit&#233; des co-nationaux vivent ailleurs qu'au Qu&#233;bec ne sont pas exemptes des pressions chauvines anti-francophones ambiantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19. Nous n'avons aucune reproche &#224; faire aux nations autochtones quant &#224; la langue europ&#233;enne qui leur a &#233;t&#233; impos&#233;e. Au contraire, il faut appuyer et renforcer la tendance au renouveau de l'emploi et &#224; l'enrichissement du contenu des langues autochtones (o&#249; les Innut (Montagnais) et les Inuit &#034;dissidents&#034; sont &#224; l'avant-garde). La reconnaissance de la souverainet&#233; autochtone et la lutte contre les pressions &#233;conomiques et sociales en faveur de l'anglicisation de l'ensemble de la soci&#233;t&#233; ne peuvent que favoriser le rapprochement entre autochtones et Qu&#233;b&#233;cois de langue fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20. Personne ne peut demander aux nations autochtones d'&#234;tre plus ind&#233;pendantistes qu&#233;b&#233;cois que la nation qu&#233;b&#233;coise. Lorsque celles-l&#224; demandent &#224; n&#233;gocier de nation &#224; nation et que le gouvernement de celle-ci (y compris sous les &#034;souverainistes&#034; p&#233;quistes) s'en lave les mains au nom de la r&#233;partition des juridictions f&#233;d&#233;rales-provinciales de l'AANB, faut-il se surprendre du fait que les nations autochtones aient tendance &#224; traiter le gouvernement du Qu&#233;bec de &#034;porte-queue de sous-singe&#034; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, les ind&#233;pendantistes socialistes, en se battant pour l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec et contre la prison des peuples qu'est l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral canadien, reconnaissent d'embl&#233;e que l'acceptation du droit des nations autochtones &#224; la souverainet&#233; est un pr&#233;alable &#224; la r&#233;alisation d'une alliance &#233;ventuelle entre la classe ouvri&#232;re et les forces populaires du Qu&#233;bec, les nations autochtones du Qu&#233;bec et du continent tout entier, et les forces progressistes du Canada anglais et des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV. Droits autochtones et propri&#233;t&#233; de la terre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21. Malgr&#233; la campagne de d&#233;sinformation et d'intoxication dans les m&#233;dias, depuis quelques mois (surtout la publication de cartes factices), aucune nation autochtone ne r&#233;clame la propri&#233;t&#233; absolue de toutes les terres qu'elle utilisait avant l'arriv&#233;e des colons europ&#233;ens et sur lesquelles elle pr&#233;tend avoir un droit ancestral ou aborig&#232;ne. Aucune nation autochtone ne pr&#233;tend renvoyer les descendants des colons en Europe. Les revendications &#034;bizarres&#034; ou &#034;d&#233;raisonnables&#034; dont parlent les Mulroney, Bourrassa, Ciaccia et Parizeau sont soit dans leur propre t&#234;te soit leur propre demande de reddition inconditionnelle non pas des quelques guerriers de Kanesatake et de Kanahwake mais des nations autochtones elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22. A l'exception des Cris de la Baie James, des Inuit du Nouveau-Qu&#233;bec et de la bande des Naskapis8., aucune nation autochtone du Qu&#233;bec n'a sign&#233; de trait&#233; (m&#234;me frauduleux) &#233;teignant leurs droits sur le territoire qu'elles utilisaient au moment de l'arriv&#233;e des Europ&#233;ens. Certes, on peut invoquer le droit de conqu&#234;te mais cela revient &#224; admettre que la d&#233;faite de l'arm&#233;e fran&#231;aise aux mains de l'arm&#233;e anglaise sur les Plaines d'Abraham en 1759 a &#233;teint pour toujours tous les droits des Qu&#233;b&#233;cois francophones comme le pr&#233;tendent les super-chauvins canadiens-anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23. En fait, ce n'est que pendant la deuxi&#232;me moiti&#233; du 19&#232; si&#232;cle que le gouvernement central formalise unilat&#233;ralement la conversion en r&#233;serves des seigneuries c&#233;d&#233;es aux missionnaires pour l'usage des autochtones qui passent de la tutelle religieuse &#224; la tutelle f&#233;d&#233;rale et cr&#233;e d'autres r&#233;serves. Dans la plupart des cas ces r&#233;serves se trouvent sur des terres peu ou pas convoit&#233;es par les Blancs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais rien ne prot&#232;ge m&#234;me ces pauvres parcelles de terres de la convoitise &#233;ventuelle lors de la colonisation du Saguenay- Lac St-Jean, de la Haute-Mauricie, de l'Abitibi- T&#233;miscamingue, du M&#233;gantic ou de la vall&#233;e de la Matap&#233;dia. Au d&#233;but du 20&#232; si&#232;cle, beaucoup de ces r&#233;serves sont simplement et unilat&#233;ralement d&#233;plac&#233;es ailleurs (sur la C&#244;te-Nord, par exemple) ou ferm&#233;e selon les imp&#233;ratifs de la colonisation ou du d&#233;veloppement des infra-structures &#233;nerg&#233;tiques et de transport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24. Ce processus de s&#233;dentarisation forc&#233;e et de vol du territoire ne rel&#232;ve nullement de l'histoire ancienne. Les r&#233;serves kanien'ke (mohawkes) de Kahnawake et d'Akwesasne ont perdu plus de territoire pendant les ann&#233;es 1950 et la construction de la Voie maritime du St-Laurent que ce qu'elles avait perdu pendant les cents ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes. Est-il un hasard que les deux ponts Mercier (chemin de fer et automobile) accotent sur le terrain de Kahnawake ou que le pont international de Cornwall passe par le territoire d'Akwesasne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'au cours des ann&#233;es 1950-60 que les Innut (Montagnais) de la r&#233;gion de Sept-Iles et du Labrador sont camp&#233;-e-s de force sur des r&#233;serves rocailleuses compos&#233;es de maisons de surplus de guerre. Et on pourrait multiplier les exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, le gouvernement f&#233;d&#233;ral pr&#233;tend avoir compens&#233; les autochtones pour ces pertes. Mais &#233;tant donn&#233; la situation de tutelle exerc&#233;e par le d&#233;partement des Affaires indiennes, les communaut&#233;s en question n'ont rien vu de cette compensation qui a &#233;t&#233; vers&#233;e d'un d&#233;partement gouvernemental &#224; un autre (Affaires indiennes) pour que ce dernier l'utilise pour le bien des ses &#034;pupilles&#034; autochtones. Un simple jeu de comptabilit&#233; moralement sinon juridiquement frauduleuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25. Face &#224; la continuation de l'ethnocide de leurs nations, les repr&#233;sentant-e-s des autochtones r&#233;clament depuis maintenant plus de vingt ans l'ouverture de v&#233;ritables n&#233;gociations territoriales de nation &#224; nation (et non pas bande par bande) sur la base de la reconnaissance de leurs droits ancestraux (et donc de leur droit de regard sur le d&#233;veloppement) sur les territoires qu'ils utilisaient auparavant et de leur propri&#233;t&#233; collective et absolue de suffisamment de terres pour permettre leur &#233;panouissement physique et &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26. Tout comme les gouvernements et le patronat ont technocratis&#233;, bureaucratis&#233; et judiciaris&#233; &#224; outrance les n&#233;gociations patronales-syndicales au point que la majorit&#233; des syndiqu&#233;-e-s ne peuvent pas r&#233;ellement ma&#238;triser ni le d&#233;roulement de ces n&#233;gociations ni le contenu des conventions collectives sans recours &#224; des sp&#233;cialistes, trop souvent coup&#233;s de la base, les gouvernements f&#233;d&#233;ral et provinciaux ont fait des revendications territoriales autochtones et de leur n&#233;gociation un v&#233;ritable bourbier sem&#233; d'emb&#251;ches de toutes sortes. Confondre et m&#234;ler pour mieux r&#233;gner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la majorit&#233; des autochtones, comme la majorit&#233; des syndiqu&#233;-e-s, reconnaissent leur int&#233;r&#234;t dans ces n&#233;gociations et essaient tant bien que mal de les suivre de pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27. Si les n&#233;gociations syndicales peuvent prendre un an ou m&#234;me deux pour se r&#233;gler, les n&#233;gociations territoriales des nations autochtones tra&#238;nent pendant des d&#233;cennies. Ainsi, les Lubicons d'Alberta essaient de se n&#233;gocier une r&#233;serve officielle depuis 75 ans. Les r&#233;serves anishnabe (algonquines) de Lac Barri&#232;re et du Grand Lac Victoria dans le Parc de la V&#233;rendrye ont toujours un statut ambig&#252;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement f&#233;d&#233;ral a adopt&#233; une politique de ne mener que quatre n&#233;gociations territoriales (bande par bande) de front par ann&#233;e. &#201;tant donn&#233; l'existence de pr&#232;s de 400 bandes et le fait que chaque n&#233;gociation prend un minimum de 10 ans, on parle en r&#233;alit&#233; d'une &#233;ch&#233;ance mill&#233;naire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil Attikamekw-Montagnais au Qu&#233;bec essaie sans succ&#232;s de n&#233;gocier avec les divers gouvernement une entente depuis sa fondation en 1976. La n&#233;gociation achoppe chaque fois sur le refus du CAM d'accepter la notion capitaliste d'extinction de leurs droits sur l'ensemble de leur territoire ancestral qui deviendrait, sauf les parties qui leur sont r&#233;serv&#233;es, propri&#233;t&#233; absolue de la Couronne, selon le mod&#232;le des trait&#233;s et de la Convention de la Baie James. Le gouvernement du Qu&#233;bec, pequiste ou lib&#233;ral, s'est av&#233;r&#233; intractable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28. Sur la question de la propri&#233;t&#233; absolue d'un partie des terres ancestrales, divers propositions ont &#233;t&#233; faites et d'autres encore se feront sans doute. Les nations autochtones et leurs revendications sont en pleine &#233;volution. Il ne faut pas pr&#233;juger d'avance toutes les solutions conjointes possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas non plus prendre pour acquis &#233;ternel, et surtout pas pour juste, les solutions uniquement possibles &#224; l'int&#233;rieur des formes bourgeoises actuelles de propri&#233;t&#233; priv&#233;e ou des mod&#232;les de d&#233;veloppement qui ont pr&#233;domin&#233; jusqu'ici au Qu&#233;bec (ressources naturelles et &#233;nerg&#233;tiques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus en plus de gens parmi la soci&#233;t&#233; dominante remettent en cause ces mod&#232;les, y compris, non seulement des &#233;cologistes, mais aussi des syndicats des secteurs de ressources naturelles (for&#234;t et du papier, mines, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29. Une des notions les plus int&#233;ressantes mises de l'avant par des n&#233;gociateurs autochtones est celle, juridique et donc obscure &#224; premi&#232;re vue, de co-usufruit des territoires ancestraux. Exprim&#233; plus simplement, ceci veut dire que les deux groupes, nation majoritaire qu&#233;b&#233;coise et nations autochtones, partageraient (dans un rapport qui est &#224; n&#233;gocier) les d&#233;cisions de d&#233;veloppement et les fruits du d&#233;veloppement des territoires en question. Les nations autochtones se r&#233;serveront collectivement un droit de propri&#233;t&#233; absolue sur un certain territoire n&#233;cessaire &#224; leur &#233;panouissement et un droit de circulation, de chasse et de p&#234;che sur un territoire plus important encore. Ceci implique un certain droit de veto sur le d&#233;veloppement car si les territoires adjacents sont d&#233;truits par la coupe &#224; blanc de la for&#234;t, par exemple, le droit d'y chasser et d'y p&#234;cher devient tout &#224; fait th&#233;orique comme les Cris de la Baie James l'ont appris. Mais la vaste majorit&#233; du territoire serait &#224; partager selon des modalit&#233;s &#224; n&#233;gocier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes cette notion de propri&#233;t&#233; en commun pour le bien de tout le monde est incompatible avec les int&#233;r&#234;ts des grandes soci&#233;t&#233;s de d&#233;veloppement et d'exploitation des ressources naturelles. Elle est incompatible avec la grande propri&#233;t&#233; priv&#233;e et est donc rejet&#233;e par les gouvernements actuels qui sont les d&#233;fenseurs de la classe sociale poss&#233;dante. En fin de compte, il s'agit d'une notion &#233;minemment anti- capitaliste. Il s'agit &#233;galement d'une notion &#233;minemment raisonnable pour la vaste majorit&#233; des Qu&#233;b&#233;coises et des Qu&#233;b&#233;cois qui n'ont aucun int&#233;r&#234;t dans un d&#233;veloppement du Qu&#233;bec qui profite uniquement aux grandes soci&#233;t&#233;s canadiennes-anglaises et am&#233;ricaines et &#224; leurs &#233;mules qu&#233;b&#233;coises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V. Luttes autochtones et violence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30. Aucun &#234;tre humain le moindrement rationnel ne peut &#234;tre en faveur de la violence en soi. Dans toute l'histoire humaine, les classes sociales, les minorit&#233;s et les nationalit&#233;s domin&#233;es ont toujours fait preuve d'une &#034;patience l&#233;gendaire&#034; face &#224; leur oppression, face &#224; leurs oppresseurs. La violence sociale a toujours &#233;t&#233; et reste l'apanage essentiel et quasi-quotidien des classes et des nations dominantes pour qui il s'agit d'un outil essentiel au maintien de leur domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence des opprim&#233;-e-s a toujours &#233;t&#233; soit une r&#233;action de d&#233;sespoir copi&#233;e sur les oppresseurs lorsque toutes les voies collectives semblaient bloqu&#233;es ou une r&#233;action d'auto-d&#233;fense pure et simple. C'est ce fait historique, qui n'a pas connu d'exception jusqu'ici, qui a amen&#233; les fondateurs du socialisme moderne (et leurs successeurs l&#233;gitimes que nous nous croyons) &#224; rejeter, non pas le d&#233;sir, mais la probabilit&#233; d'une voix pacifique au socialisme ou &#224; la lib&#233;ration nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31. En d&#233;pit de toutes les l&#233;gendes int&#233;ress&#233;es propag&#233;es par l'historiographie mystifi&#233;e des conqu&#233;rants europ&#233;ens et par l'imaginaire hollywoodien, la violence des peuples autochtones d'Am&#233;rique du nord a toujours rev&#234;tu l'une ou l'autre de ces caract&#233;ristiques : la d&#233;fense collective l&#233;gitime ou la r&#233;action de d&#233;sespoir de certains groupes face aux d&#233;pr&#233;dations g&#233;nocidaires de l'envahisseur europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;32. A ceci, il faut ajouter le fait que nul n'est &#224; l'abri de l'id&#233;ologie dominante, y compris de ses formes les plus extr&#234;mes dont le mythe du &#034;gun&#034; comme solution &#224; tous les probl&#232;mes. Ce mythe de la violence lib&#233;ratrice, justici&#232;re et fonci&#232;rement macho est un des th&#232;mes les plus rab&#226;ch&#233;s des m&#233;dias cin&#233;matographiques et t&#233;l&#233;visuelles des derniers 50 ans dans les soci&#233;t&#233;s capitalistes dites avanc&#233;es. Le comportement des gouvernements occidentaux et de leurs forces arm&#233;es ne fait que renforcer cette supr&#233;matie de la violence ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;33. Au milieu des ann&#233;es 1970, le Conseil de la Conf&#233;d&#233;ration des Six-Nations accr&#233;dite la cr&#233;ation de la Soci&#233;t&#233; des guerriers qui devait agir dans la d&#233;fense de son peuple. Quelques ann&#233;es auparavant avait eu lieu le deuxi&#232;me massacre de Wounded Knee avec l'intervention de l'arm&#233;e de la garde nationale et de tous les corps policiers blancs de l'&#201;tat de Dakota du sud aux &#201;tats-Unis. La seule personne arr&#234;t&#233;e et &#034;condamn&#233;e pour meurtre&#034; (dans un travesti &#233;vident de justice) &#233;tait un militant autochtone, Leonard Peltier, qui se r&#233;fugie au Canada pour ensuite &#234;tre d&#233;port&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tels groupes d'auto-d&#233;fense qui se ref&#232;rent &#224; leur propre histoire et culture se sont cr&#233;&#233;s parmi d'autres nations autochtones. Mais cela est rest&#233; tr&#232;s rare. Apr&#232;s les &#233;v&#233;nements de l'&#233;t&#233; 1990 &#224; Kahnawake et &#224; Kanesatake, on peut s'attendre &#224; ce que d'autres groupes semblables, avec ou sans l'aval des structures traditionnelles ou des structures officielles, se cr&#233;ent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;34. Il faut affirmer clairement que les nations autochtones ont le droit ind&#233;niable de se d&#233;fendre par tous les moyens n&#233;cessaires, sur leurs terres et dans les ghettos &#034;rouges&#034; des villes de l'ouest et des r&#233;gions &#233;loign&#233;es du Qu&#233;bec, contre le racisme ambiant et contre les forces officielles et &#233;tatiques de r&#233;pression au service des gouvernements et des int&#233;r&#234;ts dominants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a aucun trait d'&#233;galit&#233; &#224; tirer entre la violence des opprim&#233;-e-s et la violence des oppresseurs et notre reconnaissance de la souverainet&#233; autochtone comprend la reconnaissance du droit de d&#233;fendre avec les armes si n&#233;cessaire le peu de territoire qu'il leur reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;35. Mais cette d&#233;fense inconditionnelle du droit des autochtones de prendre les armes dans leur propre d&#233;fense ne doit pas nous aveugler aux dangers que cela peut impliquer dans une situation d'isolement de la lutte autochtone. La non-reconnaissance par les gouvernements dominants de structures historiques de la Conf&#233;d&#233;ration et leur refus de n&#233;gocier s&#233;rieusement, combin&#233;s avec l'id&#233;ologie du &#034;gun&#034; propag&#233;e par les Marines am&#233;ricains (souvent le seul emploi disponible pour les jeunes kanien'ke), sont &#224; l'origine de l'impatience de beaucoup de membres de la Soci&#233;t&#233; des guerriers des Kanien'ke.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette impatience, il faut ajouter la tentation du capitalisme individualiste de bas &#233;tage (mais tant vant&#233; par Mulroney, Bush, Bourassa, Parizeau et Landry au nom de l'encouragement des PME et de l'entrepreneurship) tels les casinos, les bingos et la vente de cigarettes. Si la majorit&#233; de la nation en question accepte un tel capitalisme c'est son droit et les gouvernements blancs n'ont rien &#224; dire l&#224;-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais lorsque la nation est divis&#233;e, lorsque les profits b&#233;n&#233;ficient uniquement &#224; quelques individus (et tr&#232;s souvent aux capitaux &#034;douteux&#034; venus de l'ext&#233;rieur de la nation), il faut l'appeler par son vrai nom : un d&#233;but de corruption des individus et des organisations impliqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le Conseil de la Conf&#233;d&#233;ration des Cinq-Nation a tout &#224; fait raison de r&#233;pudier la Soci&#233;t&#233; des guerriers pour le r&#244;le qu'il a jou&#233; &#224; Akwesasne en avril et mai 1990 (voire Combat socialiste de juin 1990).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;36. Mais ceci ne veut pas dire que les bavures graves et contraires &#224; la tradition de leur propre nation commises par la Soci&#233;t&#233; des guerriers &#224; Akwesasne et, dans une moindre mesure, &#224; Kahnawake peuvent servir de pr&#233;texte &#224; un refus (m&#234;me au nom du pacifisme le plus principiel ou moral) de d&#233;fendre le droit de gens se r&#233;clamant des guerriers et d'autres de prot&#233;ger leurs communaut&#233;s contre la violence de la S&#251;ret&#233; du Qu&#233;bec et de l'arm&#233;e canadienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chefs, on-ne-peut-plus officiels et reconnus, des Premi&#232;res Nations avaient averti les gouvernements, il y a d&#233;j&#224; quelques ann&#233;es, que la frustration parmi les jeunes des r&#233;serves avait atteint le point d'&#233;bullition et mena&#231;ait d'&#233;clater en violence. Ce qui n'a pas emp&#234;ch&#233; le gouvernement Mulroney de sabrer dans les d&#233;penses pour l'&#233;ducation des autochtones. Comme disait le po&#232;te, &#034;il ne faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards &#034;sauvages&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne doit nous faire perdre de vue que c'est le refus du conseil municipal d'Oka, du gouvernement du Qu&#233;bec et du gouvernement d'Ottawa de n&#233;gocier qui est &#224; l'origine de la crise actuelle. Et que c'est la SQ qui a attaqu&#233; une occupation jusque lors pacifique de terres autochtones !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;37. Dans cette situation, il est in&#233;vitable que des bavures aient lieu y compris la destruction de propri&#233;t&#233; de non-autochtones tout &#224; fait innocents. C'est regrettable mais tout &#224; fait compr&#233;hensible. D'ailleurs, les situations comme celle de cet &#233;t&#233; &#224; Kanesatake et &#224; Kahnawake ouvrent la porte aux agissements de toutes sortes de provocateurs ou de bandes de voyous qui n'ont aucun lien avec les communaut&#233;s ou les militant-e-s autochtones. Rien ne prouve que les saccages qui ont eu lieu sont le fait de Kanien'ke.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tant donn&#233; que ce sont les gouvernements blancs en place qui en sont responsables, c'est &#224; ces m&#234;mes gouvernements et non pas &#224; la nation ou aux communaut&#233;s autochtones impliqu&#233;es, de compenser ces gens pour la perte de leurs biens personnels et/ou familiaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VI. Nos t&#226;ches&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;38. Notre t&#226;che imm&#233;diate consiste &#224; r&#233;clamer :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le retrait imm&#233;diat des forces arm&#233;es et polici&#232;res des r&#233;serves, &lt;br class='autobr' /&gt;
le retrait inconditionnel de toute accusation port&#233;e contre des Kanien'ke autour des &#233;v&#233;nements de Kahnawake et de Kanesatake, &lt;br class='autobr' /&gt;
la reconnaissance imm&#233;diate que les terres convoit&#233;es par le club de golf d'Oka appartiennent d&#233;j&#224;, de plein droit et sans compensation (sauf aupr&#232;s des propri&#233;taires de maison unifamiliales s'il y en a), aux Kanien'ke de Kanesatake, &lt;br class='autobr' /&gt;
la reconnaissance par tous les niveaux de gouvernement des droits ancestraux des nations autochtones et de leur droit absolu &#224; l'auto-d&#233;termination et donc &#224; la souverainet&#233; pleine et enti&#232;re, &lt;br class='autobr' /&gt;
et l'ouverture imm&#233;diate de n&#233;gociations honn&#234;tes et de bonne foi avec toutes les nations autochtones qui le d&#233;sirent sur leurs revendications, territoriales et autres, selon le rythme d&#233;termin&#233; par les nations autochtones et en respectant les normes d&#233;mocratiques propres aux nations autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut mettre de l'avant ces positions, m&#234;me &#224; contre- courant, dans les syndicats locaux, les conseils centraux et du travail, les centrales syndicales, les organisations &#233;tudiantes, les groupes de femmes et les groupes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;39. Il faut se pr&#233;parer &#224; une longue et difficile lutte de d&#233;fense judiciaire et militante (dans la rue) des dizaines de Kanien'ke d&#233;j&#224; arr&#234;t&#233;-e-s et les autres qui ne manqueront pas de se faire arr&#234;ter ou r&#233;primer d'autres fa&#231;ons (cong&#233;diements, exclusions, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;40. Pour commencer &#224; contrer le racisme inh&#233;rent &#224; l'historiographie officielle (le premier chapitre des manuels scolaires), il faut faire un travail sp&#233;cifique en milieu scolaire (syndicats enseignants et organisations &#233;tudiantes) pour s'assurer, en collaboration avec les peuples autochtones eux-m&#234;mes, que l'histoire r&#233;elle y soit pr&#233;sent&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;41. Il faut lutter contre toutes les formes de x&#233;nophobie et de racisme que cela vienne de sources &#034;respectables&#034; tels le film Dispara&#238;tre, la Commission des &#233;coles catholiques de Montr&#233;al ou les Partis lib&#233;ral et qu&#233;b&#233;cois ou de sources d'extr&#234;me-droite tels SOS-G&#233;nocide, Longitude 74 ou les Skinheads.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;42. Il faut commencer &#224; renouer avec les &#233;l&#233;ments positifs de notre propre histoire dont l'alliance du dernier si&#232;cle entre francophones et autochtones, celle de 1837-38 et celle de 1870-188510..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, ceci veut dire reconna&#238;tre la d&#233;linquance et l'irresponsabilit&#233; non seulement des centrales syndicales en tant principale force de la classe ouvri&#232;re et des forces populaires qu&#233;b&#233;coises mais aussi de l'ensemble de la gauche organis&#233;e ou inorganis&#233;e, &#224; quelques exception pr&#232;s, par rapport &#224; la d&#233;fense des nations autochtones. Malgr&#233; des efforts r&#233;els de derni&#232;re minute cet &#233;t&#233;, la riposte parmi les non-autochtones du Qu&#233;bec au coup de force de Bourassa- Mulroney a beaucoup laiss&#233; &#224; d&#233;sirer pour dire le moins. C'est l'ignorance et la n&#233;gligence des forces progressistes et de gauche qui portent une grande part du fardeau de cette faiblesse objective et subjective de la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;43. Il faut travailler &#224; contrecarrer l'utilisation par les forces r&#233;actionnaires et les forces nationalistes canadiennes-anglaises de la crise de cet &#233;t&#233; contre les aspirations nationales du Qu&#233;bec. Ceci veut dire d&#233;velopper des alliances et un travail commun avec les forces progressistes du Canada anglais non seulement pour d&#233;fendre le droit des nations autochtones &#224; la souverainet&#233; mais aussi le droit du Qu&#233;bec &#224; l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que les territoires ancestraux de plusieurs nations autochtones d&#233;bordent les fronti&#232;res du Qu&#233;bec et m&#234;me de l'&#201;tat canadien rend encore plus important ce travail conjoint de solidarit&#233; et d'&#233;laboration avec les forces r&#233;volutionnaires du Canada anglais et en derni&#232;re analyse des &#201;tats-Unis m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;44. Il ne faut plus jamais r&#233;p&#233;ter l'erreur d'acceptation de &#034;l'invisibilit&#233;&#034; des nations autochtones du Qu&#233;bec. Il faut travailler, dans le respect de la culture des nations autochtones, avec les forces vives de ces nations pour d&#233;velopper notre compr&#233;hension de leur r&#233;alit&#233; et de comment cette r&#233;alit&#233; s'ins&#232;re dans notre projet d'un Qu&#233;bec ind&#233;pendant et socialiste. Il faut populariser le plus possible leurs revendications et les bases de ces revendications. Et ce travail doit &#234;tre permanent, crise imm&#233;diate ou non, manchettes dans les journaux ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;45. Finalement il faut comprendre que personne parmi les non- autochtones n'a de le&#231;ons de politique &#224; donner, et encore moins de programme &#224; imposer, aux nations autochtones. Le but premier de la solidarit&#233;, c'est la solidarit&#233; agissante et inconditionnelle et non pas la propagande et le recrutement &#224; la gauche qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#233;viter les deux &#233;cueils du paternalisme bienveillant d'une avant-garde qui sait tout et qui a toutes les r&#233;ponses,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d'une part, et de l'admiration b&#233;ate et a-critique du &#034;Noble Sauvage&#034; qui ne peut et surtout ne doit faire aucune erreur, d'autre part. Les deux sont des formes &#224; peine cach&#233;es du racisme et pr&#233;parent des lendemains qui d&#233;chantent pour les Qu&#233;b&#233;coises et Qu&#233;b&#233;cois autant que pour les autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;NOTES :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La nomenclature des nations autochtones est en pleine &#233;volution. Certaines sont en train de remplacer les noms qui leur &#233;taient coll&#233;s par les conqu&#233;rants. Dans la mesure du possible, ce texte essaie de respecter l'appellation autochtone tout en donnant le nom blanc usuel entre parenth&#232;ses pour fins de clart&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Voir l'article dans Combat socialiste de juin dernier pour une br&#232;ve historique de cette Conf&#233;d&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Beaucoup de ces Iroquoiens des Hautes-Laurentides sont morts &#224; cause des &#233;pid&#233;mies de maladies introduites par les commer&#231;ants, p&#234;cheurs et chasseurs de baleines europ&#233;ens qui visitaient le St-Laurent pendant tout le 16&#232; si&#232;cle. Certain- e-s survivant-e-s sont probablement devenus une composante de la Conf&#233;d&#233;ration wendate ou wyandotte (huronne) avant l'arriv&#233;e de Champlain en 1608 et habitant le centre-ouest de l'actuel Ontario. D'autres se sont int&#233;gr&#233;s aux Cinq- Nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Les autres Wendat se sont dispers&#233;-e-s parmi la nation anishnabe (ojibwa) au nord des Grands Lacs, ont &#233;t&#233; adopt&#233;-e-s de force ou de plein gr&#233; au sein de la Conf&#233;d&#233;ration des Cinq-Nations ou se sont reconstitu&#233;-e-s comme Wyandottes sur les terres des Odawa (Outaouais), des Illinois et des Pottawatomis au Michigan, au Minnesota et au Wisconsin actuels avant d'&#234;tre d&#233;port&#233;s militairement par le gouvernement am&#233;ricain en Oklahoma vers 1835.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. La d&#233;faite militaire des M&#233;tis francophones et des autochtones (Ojibwa, Pied-Noirs et Cris) dans l'ouest &#224; la fin du 19&#232; si&#232;cle et les lois contre l'enseignement en fran&#231;ais du Manitoba et de l'Ontario au d&#233;but du 20&#232; si&#232;cle font du Qu&#233;bec l'unique &#034;r&#233;serve&#034; francophone sur le continent nord-am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Les Wendat (Hurons) de Wendake (Village des Hurons) en &#233;taient l'exception ayant &#233;t&#233; les premiers &#224; subir l'univers concentrationnaire des r&#233;serves d&#232;s les ann&#233;es 1660. Ils et elles ont commenc&#233; &#224; perdre leur langue d&#232;s la deuxi&#232;me moiti&#233; du 19&#232; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Les Inuit &#034;dissidents&#034; (venant de trois villages et repr&#233;sentant au moins 30% des Inuit du Qu&#233;bec) ont refus&#233; de signer la Convention de la Baie James (d'o&#249; leur nom de dissidents) mais contrairement &#224; l'Association des Inuit du Nord du Qu&#233;bec (AINQ) signataire, ils et elles ne se sont pas oppos&#233;s &#224; l'application de la Loi 101 dans le nord au nom de la n&#233;cessit&#233; de l'anglais comme langue de communication (la main du f&#233;d&#233;ral y &#233;tait &#233;vidente). Ils ont plut&#244;t r&#233;clam&#233; la m&#234;me possibilit&#233; de prot&#233;ger et de d&#233;velopper leur propre langue et culture au nord que les francophones cherchaient au sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. La Convention de la Baie James et du Nord qu&#233;b&#233;cois entre le gouvernement f&#233;d&#233;ral et le gouvernement du Qu&#233;bec, d'une part, et les Cris de la Baie James (Grand Conseil) et les Inuit du Nord qu&#233;b&#233;cois (AINQ) a &#233;t&#233; sign&#233;e en 1975 et la Convention du Nord-est qu&#233;b&#233;cois avec les Cris-Naskapis de Shefferville en 1978. Depuis, il y a eu maintes analyses du caract&#232;re injuste et tricheur (les &#034;r&#233;f&#233;rendums&#034; qui les ont ratifi&#233;s ont &#233;t&#233; organis&#233;s dans l'espace de deux semaines seulement et ceci parmi des peuples encore partiellement nomades compar&#233;s aux trois ans de pr&#233;paration du r&#233;f&#233;rendum sur la souverainet&#233;-association) des conventions m&#234;mes ainsi que leur non-respect par les gouvernement. Nous exigeons leur abrogation et leur re-n&#233;gociation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. A titre d'exemple, la r&#233;serve de Manicouagan dans le Saguenay, cr&#233;&#233;e en 1853 est d&#233;plac&#233;e &#224; Betsiamitis (Bersimis) sur la C&#244;te-Nord en 1861 tout comme les Anishnabe (Algonquins) de Deux-Montagnes, pr&#232;s de Montr&#233;al, sont d&#233;port&#233;-e-s &#224; Maniwaki, tandis que les r&#233;serves de Rocmont (Saguenay), P&#233;ribonka et Crespieul (Lac St-Jean), Coucouche (Haute-Mauricie) et Coleraine (M&#233;gantic) sont tout simplement ferm&#233;es au d&#233;but du 20&#232; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Lorsqu'on compare les mobilisations de solidarit&#233; de cet &#233;t&#233; avec la mobilisation de 50 000 personnes &#224; Montr&#233;al contre l'assassinat judiciaire de Louis Riel en 1885, il y a de quoi avoir honte de notre faiblesse mais surtout de quoi nous pousser &#224; d&#233;velopper un travail permanent de solidarit&#233; avec les nations autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Mill, le 15 septembre 1990&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Discrimination et violence contre les femmes autochtones</title>
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		<dc:date>2004-10-18T00:55:46Z</dc:date>
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		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Autochtones</dc:subject>

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&lt;p&gt;Une famille, trois d&#233;cennies, deux meurtres &lt;br class='autobr' /&gt;
Helen Betty Osborne avait dix-neuf ans. &#201;tudiante cri du nord du Manitoba, elle r&#234;vait de devenir enseignante. Le 12 novembre 1971, elle a &#233;t&#233; enlev&#233;e dans la ville de The Pas par quatre hommes blancs qui lui ont inflig&#233; des violences sexuelles avant de la tuer sauvagement. Une commission d'enqu&#234;te provinciale a conclu par la suite que les autorit&#233;s canadiennes avaient manqu&#233; &#224; leur devoir envers Helen Betty Osborne. Elle a critiqu&#233; les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une famille, trois d&#233;cennies, deux meurtres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Helen Betty Osborne avait dix-neuf ans. &#201;tudiante cri du nord du Manitoba, elle r&#234;vait de devenir enseignante. Le 12 novembre 1971, elle a &#233;t&#233; enlev&#233;e dans la ville de The Pas par quatre hommes blancs qui lui ont inflig&#233; des violences sexuelles avant de la tuer sauvagement. Une commission d'enqu&#234;te provinciale a conclu par la suite que les autorit&#233;s canadiennes avaient manqu&#233; &#224; leur devoir envers Helen Betty Osborne. Elle a critiqu&#233; les n&#233;gligences et les pr&#233;jug&#233;s raciaux qui ont caract&#233;ris&#233; l'enqu&#234;te de la police, qui a mis plus de quinze ans &#224; traduire l'un des quatre hommes en justice. Fait le plus troublant, cette commission d'enqu&#234;te a conclu que la police savait depuis longtemps que des hommes blancs commettaient des agressions sexuelles contre des femmes et des jeunes filles autochtones &#224; The Pas mais &#034;n'avait pas jug&#233; que cette pratique n&#233;cessitait une vigilance particuli&#232;re(1).&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois d&#233;cennies plus tard, le 25 mars 2003, &#224; Winnipeg, dans le Manitoba, une cousine de Helen Betty Osborne, Felicia Solomon, &#226;g&#233;e de seize ans, n'est pas rentr&#233;e chez elle apr&#232;s l'&#233;cole. Sa famille affirme que la police de Winnipeg n'a pas pris l'affaire au s&#233;rieux quand elle a signal&#233; la disparition de Felicia. Un porte-parole de la police de Winnipeg a expliqu&#233; &#224; Amnesty International que les forces de l'ordre s'appuyaient sur une &#233;valuation des risques encourus par la personne disparue pour d&#233;cider de la conduite &#224; tenir et que, contrairement &#224; ce que pensait le grand public, elles n'avaient pas pour r&#232;gle d'attendre quarante-huit heures pour voir si la personne r&#233;apparaissait. Or, selon la famille de Felicia, le policier qui a pris la d&#233;position a affirm&#233; ne rien pouvoir faire avant quarante-huit heures. Les premiers avis de recherche ont &#233;t&#233; distribu&#233;s par la famille, et non par la police. Un proche d&#233;plore : &#034;Quand il arrive quelque chose &#224; un autre enfant, qu'il soit blanc ou d'une autre race ou culture, la police fait tout ce qui est en son pouvoir. C'est totalement diff&#233;rent quand la personne disparue est indienne.&#034; En juin 2003, des morceaux de corps ont &#233;t&#233; d&#233;couverts et identifi&#233;s comme appartenant &#224; Felicia Solomon. Son meurtrier n'a pas &#233;t&#233; retrouv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les meurtres de Helen Betty Osborne et de Felicia Solomon sont deux des affaires pr&#233;sent&#233;es dans le nouveau rapport d'Amnesty International(2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces disparitions et assassinats de femmes et de jeunes filles autochtones se sont produits dans trois provinces de l'ouest du Canada sur une p&#233;riode de trois d&#233;cennies. Les auteurs de ces crimes, quand ils sont connus, sont parfois des proches de la victime, parfois des inconnus. Un certain nombre d'entre eux n'ont pas &#233;t&#233; identifi&#233;s. Dans tous les cas, les autorit&#233;s canadiennes auraient pu et d&#251; en faire plus pour assurer la s&#233;curit&#233; de ces femmes et jeunes filles ou pour s'attaquer aux facteurs sociaux et &#233;conomiques qui ont contribu&#233; &#224; les mettre en danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;tendue de la violence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des statistiques consternantes r&#233;alis&#233;es en 1996 par le gouvernement canadien r&#233;v&#232;lent que les femmes autochtones &#226;g&#233;es de vingt-cinq &#224; quarante-quatre ans inscrites aux termes de la Loi sur les Indiens ont cinq fois plus de risques de mourir d'une mort violente que les autres femmes du m&#234;me &#226;ge(3). Toutefois, il est tr&#232;s difficile d'&#233;valuer l'&#233;tendue et la nature v&#233;ritables de la violence contre les femmes autochtones en raison du manque r&#233;current d'&#233;tudes et d'analyses statistiques exhaustives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enqu&#234;tes sur les affaires de meurtres, d'agressions ou de disparitions peuvent &#234;tre men&#233;es par les forces de police municipales, provinciales ou nationales (la Gendarmerie royale du Canada). Les policiers affirment ne pas syst&#233;matiquement enregistrer l'origine ethnique des victimes de crimes ou des personnes disparues quand ils entrent ces affaires dans la base de donn&#233;es du Centre d'information de la police canadienne, qui est le principal m&#233;canisme de partage des informations entre les diff&#233;rentes forces de police du Canada(4). Selon le Centre canadien de la statistique juridique, en 2000, dans 11 p. cent des cas d'homicides, la police canadienne n'a pas pr&#233;cis&#233; dans ses registres si la victime &#233;tait ou non une personne autochtone(5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations de femmes autochtones d&#233;noncent depuis longtemps ce que certaines d&#233;crivent comme une &#233;pid&#233;mie de violence contre les femmes et les mineurs dans les milieux autochtones(6). Plus r&#233;cemment, un certain nombre d'organisations militantes, telles que l'Association des femmes autochtones du Canada, ont mis l'accent sur les actes de violence commis contre des femmes autochtones dans des milieux majoritairement non autochtones. La m&#233;diatisation d'un certain nombre d'affaires d'agressions, de disparitions ou de meurtres de femmes et de jeunes filles autochtones a aussi contribu&#233; &#224; attirer l'attention du public - parfois avec beaucoup de retard - sur la violence contre les femmes autochtones dans certaines villes. En voici quelques exemples :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Une &#233;quipe sp&#233;ciale compos&#233;e de membres de la Gendarmerie royale du Canada et de la police municipale de Vancouver enqu&#234;te sur la disparition de 60 femmes et d'une personne transgenre &#224; Vancouver, en Colombie-Britannique, ces dix derni&#232;res ann&#233;es. Parmi les disparues, 16 sont des femmes autochtones, soit une proportion beaucoup plus importante que dans la population de Vancouver. Un homme de Colombie-Britannique, Robert Pickton, est actuellement en instance de jugement pour 22 meurtres en lien avec cette enqu&#234;te. Les responsables policiers et municipaux avaient longtemps ni&#233; l'existence d'un lien entre ces disparitions ou d'un quelconque danger particulier pour les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* En 1994, dans deux affaires s&#233;par&#233;es, deux jeunes filles autochtones &#226;g&#233;es de quinze ans, Roxanna Thiara et Alishia Germaine, ont &#233;t&#233; retrouv&#233;es assassin&#233;es &#224; Prince George, dans l'est de la Colombie-Britannique. Le corps d'une troisi&#232;me jeune fille autochtone de quinze ans, Ramona Wilson, qui avait disparu la m&#234;me ann&#233;e, a &#233;t&#233; retrouv&#233; &#224; Smithers, dans le centre de la Colombie-Britannique, en avril 1995. Ce n'est qu'en 2002, apr&#232;s la disparition d'une femme non autochtone de vingt-six ans, Nicola Hoar, qui faisait du stop sur la route reliant Prince George &#224; Smithers, que les m&#233;dias se sont int&#233;ress&#233;s aux meurtres et aux disparitions non &#233;lucid&#233;s survenus le long de cet axe qui a &#233;t&#233; surnomm&#233; &#034;la route des larmes&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* En 1996, John Martin Crawford a &#233;t&#233; reconnu coupable du meurtre de trois femmes autochtones, Eva Taysup, Shelley Napope et Calinda Waterhen, &#224; Saskatoon, dans le Saskatchewan. Warren Goulding, l'un des rares journalistes &#224; avoir suivi le proc&#232;s, a d&#233;clar&#233; : &#034;Je n'ai pas l'impression que le grand public s'int&#233;resse beaucoup aux femmes autochtones disparues ou assassin&#233;es. Ce manque d'int&#233;r&#234;t s'inscrit dans une indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale &#224; l'&#233;gard de la vie des personnes autochtones. C'est comme si celles-ci comptaient moins que les blancs(7).&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* En mai 2004, un ancien juge du tribunal provincial de Colombie-Britannique, David William Ramsey, a plaid&#233; coupable de menaces contre quatre jeunes filles autochtones &#226;g&#233;es de douze, quatorze, quinze et seize ans qui avaient comparu devant lui et qu'il avait pay&#233;es pour avoir des relations sexuelles avec elles. Ces crimes ont &#233;t&#233; commis entre 1992 et 2001. En juin, l'ancien juge a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; sept ans d'emprisonnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &#192; Edmonton, en Alberta, la police enqu&#234;te sur 18 meurtres de femmes non &#233;lucid&#233;s ces vingt derni&#232;res ann&#233;es. Les organisations de femmes de la ville estiment qu'un nombre disproportionn&#233; de victimes &#233;taient autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Selon l'Association des femmes autochtones du Canada, les affaires qui ont &#233;t&#233; m&#233;diatis&#233;es ne donnent qu'une vision incompl&#232;te de la r&#233;alit&#233;. L'organisation estime que, au cours de ces vingt derni&#232;res ann&#233;es, plus de 500 femmes autochtones pourraient avoir &#233;t&#233; assassin&#233;es ou avoir disparu dans des circonstances apparemment violentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tant donn&#233; le manque flagrant d'informations disponibles, il est impossible de confirmer cette estimation. Tant que la police ne notera pas syst&#233;matiquement si les personnes disparues et les victimes de violence sont autochtones ou non et que ces statistiques ne feront pas l'objet d'une analyse exhaustive, il sera impossible d'estimer avec pr&#233;cision l'&#233;tendue ou les caract&#233;ristiques r&#233;elles de la violence contre les femmes autochtones au Canada. Toutefois, quel que soit le nombre exact de femmes assassin&#233;es ou port&#233;es disparues, leur sort n'a de toute fa&#231;on pas fait l'objet d'une attention suffisante de la part des autorit&#233;s canadienne. Confront&#233;es &#224; une indiff&#233;rence manifeste &#224; l'&#233;gard du bien-&#234;tre et de la s&#233;curit&#233; des femmes autochtones, les familles et les organisations non gouvernementales qui les soutiennent ont &#233;t&#233; oblig&#233;es de lancer leurs propres campagnes pour attirer l'attention de la police, des m&#233;dias et des responsables gouvernementaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les recherches men&#233;es par Amnesty International ne sont pas exhaustives. Les affaires relat&#233;es dans notre rapport ont &#233;t&#233; choisies parce qu'elles illustrent les diff&#233;rentes pr&#233;occupations et situations qui ont &#233;t&#233; port&#233;es &#224; notre attention. Nous avons limit&#233; nos recherches &#224; un nombre restreint de villes de l'ouest du Canada, o&#249; le nombre d'Autochtones est important et en progression, et o&#249; le public s'est d&#233;j&#224; un peu int&#233;ress&#233; &#224; la question(8). De nombreuses r&#233;gions du pays, telles que le nord du Canada, n'ont pas pu &#234;tre int&#233;gr&#233;es &#224; ces recherches. En outre, le rapport ne pr&#233;sente que des affaires que les familles des victimes &#233;taient dispos&#233;es &#224; rendre publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, ces affaires, ainsi que les donn&#233;es pr&#233;cieuses fournies par plusieurs organisations de premier plan, le travail r&#233;alis&#233; par des commissions gouvernementales reconnues telles que la Commission d'enqu&#234;te du Manitoba sur l'administration de la justice et les Autochtones, et les autres informations dont nous avons pris connaissance dans le cadre de nos recherches, montrent &#224; quel point il est urgent que les autorit&#233;s canadiennes apprennent &#224; mieux conna&#238;tre et &#224; mieux combattre la violence contre les femmes autochtones dans les milieux majoritairement non autochtones. Amnesty International est convaincue que la discrimination, qui alimente la violence, prive les femmes autochtones de la protection &#224; laquelle elles ont droit ou permet aux auteurs de cette violence d'&#233;chapper &#224; la justice, est un ingr&#233;dient d&#233;terminant dans la menace &#224; laquelle ces femmes sont confront&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les femmes autochtones en p&#233;ril&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La Commission d'enqu&#234;te du Manitoba sur l'administration de la justice et les Autochtones a conclu au sujet du meurtre de Helen Betty Osborne : &#034;Il existe une certitude fondamentale : ce meurtre &#233;tait un acte raciste et sexiste. Betty Osborne serait encore vivante &#224; ce jour si elle n'avait pas &#233;t&#233; une femme autochtone(9).&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mots concernent un acte de violence atroce commis par quatre hommes il y a plus de trente ans. Malheureusement, les recherches men&#233;es par Amnesty International montrent que, trois d&#233;cennies plus tard, la vie des femmes autochtones reste menac&#233;e au Canada pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elles sont des femmes autochtones. Ces recherches, ainsi que les t&#233;moignages des organisations qui se battent en premi&#232;re ligne et les conclusions des commissions et enqu&#234;tes gouvernementales mises en place par le pass&#233;, mettent en avant un certain nombre de facteurs qui permettent d'&#233;tablir un lien entre la violence contre les femmes dans les centres urbains du Canada et le racisme et la discrimination. Ces facteurs sont les suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Bien qu'elle affirme le contraire, la police canadienne offre souvent une protection insuffisante aux femmes autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* La marginalisation sociale et &#233;conomique des femmes autochtones, ajout&#233;e &#224; la mise en &#339;uvre, par le pass&#233;, de politiques gouvernementales qui ont d&#233;sagr&#233;g&#233; les familles et les communaut&#233;s autochtones, font qu'un nombre disproportionn&#233; de ces femmes se retrouvent dans des situations dangereuses, telles que l'extr&#234;me pauvret&#233;, l'absence de domicile fixe et la prostitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Des hommes autochtones et non autochtones profitent de cette vuln&#233;rabilit&#233; pour commettre des actes d'une extr&#234;me violence contre ces femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Les auteurs de ces actes agissent par racisme ou parce qu'ils pensent que l'indiff&#233;rence de la soci&#233;t&#233; &#224; l'&#233;gard du bien-&#234;tre et de la s&#233;curit&#233; des femmes autochtones leur permettra d'&#233;chapper &#224; la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie des femmes autochtones reste menac&#233;e en partie parce que les autorit&#233;s canadiennes ne prennent pas les mesures n&#233;cessaires pour r&#233;duire la marginalisation de ces femmes dans la soci&#233;t&#233; canadienne et pour &#233;tablir de meilleures relations entre les populations autochtones et le syst&#232;me judiciaire. Ces mesures ont &#233;t&#233; r&#233;clam&#233;es &#224; maintes reprises par diverses commissions, telles que la Commission d'enqu&#234;te du Manitoba sur l'administration de la justice et les Autochtones et la Commission royale sur les peuples autochtones, ainsi que par des organes des Nations unies(10). En ne r&#233;agissant pas rapidement et de mani&#232;re appropri&#233;e aux dangers qui menacent la vie des femmes autochtones, les autorit&#233;s canadiennes ont manqu&#233; &#224; leur obligation d'emp&#234;cher les violations des droits fondamentaux de ces femmes(11).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les s&#233;quelles du pass&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est largement admis que la violence contre les femmes et les enfants dans les familles et les milieux autochtones s'inscrit dans un contexte plus large de contraintes sociales et de bouleversements provoqu&#233;s par des politiques gouvernementales impos&#233;es aux populations autochtones contre leur gr&#233;(12).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant plus d'un si&#232;cle, des ann&#233;es 1870 au milieu des ann&#233;es 1980, le gouvernement canadien a retir&#233; aux femmes autochtones qui se mariaient avec un homme non autochtone ou issu d'une autre communaut&#233; le statut de personnes autochtones tel qu'il est reconnu par la Loi sur les Indiens, les privant du m&#234;me coup du droit de vivre dans leur communaut&#233; d'origine. Cette politique a abouti au d&#233;racinement de dizaines de milliers de femmes autochtones, alt&#233;rant leurs liens avec leurs familles et augmentant leur d&#233;pendance vis-&#224;-vis de leurs &#233;poux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me p&#233;riode, le gouvernement a &#233;galement oblig&#233; les enfants autochtones &#224; &#234;tre scolaris&#233;s dans des pensionnats situ&#233;s en dehors des r&#233;serves, dans lesquels, outre le fait qu'ils &#233;taient punis s'ils parlaient leur langue ou pratiquaient leur culture, beaucoup ont v&#233;cu dans des conditions inhumaines et ont subi des violences physiques et sexuelles(13).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me quand le syst&#232;me des pensionnats a commenc&#233; &#224; &#234;tre progressivement supprim&#233;, dans les ann&#233;es 60, des enfants autochtones ont continu&#233; d'&#234;tre retir&#233;s &#224; leurs familles par les services de protection de l'enfance, dont les programmes privil&#233;giaient la solution de confier les enfants &#224; l'assistance publique plut&#244;t que de s'attaquer aux situations de pauvret&#233; et de violence familiale qui mettaient ces enfants en danger - probl&#232;me qui reste d'actualit&#233; aujourd'hui(14).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, les terres et les ressources essentielles au maintien des &#233;conomies et des moyens de subsistance autochtones ont &#233;t&#233; consid&#233;rablement &#233;rod&#233;es par l'absence de reconnaissance et de protection pleines et enti&#232;res des droits de propri&#233;t&#233; des populations autochtones par les gouvernements(15).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces politiques ont eu pour cons&#233;quences une &#233;rosion de la culture autochtone, le d&#233;racinement de g&#233;n&#233;rations de femmes autochtones, la s&#233;paration des enfants de leurs parents et un engrenage de pauvret&#233;, de d&#233;sespoir et de manque de respect de soi qui continue de frapper de nombreuses familles autochtones. En 1996, la Commission royale du gouvernement f&#233;d&#233;ral sur les Peuples autochtones a conclu : &#034;Les assauts r&#233;p&#233;t&#233;s qui ont &#233;t&#233; lanc&#233;s contre la culture et l'identit&#233; collective des autochtones [...] ont sap&#233; les bases de la soci&#233;t&#233; autochtone et contribu&#233; au sentiment d'ali&#233;nation qui est souvent &#224; l'origine des comportements autodestructeurs et antisociaux. Chez les Autochtones, les probl&#232;mes sociaux sont dans une grande mesure l'h&#233;ritage de l'histoire(16)&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les recherches d'Amnesty International montrent que cet h&#233;ritage a aussi contribu&#233; &#224; accro&#238;tre les risques de violence contre les femmes autochtones dans les centres urbains du Canada. Des g&#233;n&#233;rations de femmes et de jeunes filles autochtones ont &#233;t&#233; exclues par les politiques gouvernementales. Beaucoup vivent d&#233;sormais dans les villes canadiennes dans des situations d&#233;sesp&#233;r&#233;es, qui sont encore aggrav&#233;es par les pr&#233;jug&#233;s sexistes et les comportements racistes &#224; leur &#233;gard et par l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale que suscitent leur bien-&#234;tre et leur s&#233;curit&#233;. En cons&#233;quence, un nombre bien trop &#233;lev&#233; de ces femmes et de ces jeunes filles se retrouvent en danger, priv&#233;es d'une protection suffisante de la loi et marginalis&#233;es &#224; point tel que des hommes peuvent commettre contre elles des crimes violents sans &#234;tre inqui&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;poss&#233;d&#233;s de leurs propres terres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conflits sociaux, plusieurs d&#233;cennies de d&#233;racinement forc&#233; des femmes et des enfants et le manque de perspectives &#233;conomiques et scolaires dans de nombreuses communaut&#233;s autochtones ont pouss&#233; un nombre sans cesse croissant de personnes autochtones &#224; s'installer dans des villes majoritairement non autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, la plupart des femmes autochtones qui vivent dans les centres urbains canadiens ne parviennent pas &#224; gagner suffisamment d'argent pour subvenir &#224; leurs besoins, et encore moins &#224; ceux d'une famille. Le recensement de 1996 a montr&#233; que le revenu annuel moyen des femmes autochtones inscrites hors r&#233;serves &#233;tait inf&#233;rieur de 5500 dollars canadiens (environ 3500 euros) &#224; celui des femmes non autochtones(17) et beaucoup moins &#233;lev&#233; que le revenu estim&#233; n&#233;cessaire par Statistique Canada pour se nourrir, se loger et s'habiller dans une grande ville canadienne(18). Le probl&#232;me de l'absence de domicile fixe ou de logement satisfaisant se poserait pour de nombreuses familles autochtones dans tout le pays(19).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette lutte quotidienne pour s'en sortir est encore compliqu&#233;e par les pr&#233;jug&#233;s sexistes et les comportements racistes &#224; l'&#233;gard des femmes et des jeunes filles autochtones et par l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale que suscitent leur bien-&#234;tre et leur s&#233;curit&#233;. Comme l'a &#233;crit en 1993 le Comit&#233; canadien sur la violence faite aux femmes : &#034;... la plupart des Autochtones ont &#233;t&#233; confront&#233;s directement au racisme - la plupart ont &#233;t&#233; trait&#233;s de &#034;sales Indiens&#034; &#224; l'&#233;cole, dans des foyers, par des policiers ou par des gardiens de prison. Tous les Autochtones ont aussi souffert de diff&#233;rences subtiles de traitement dont ils savaient qu'elles n'&#233;taient pas accidentelles(20).&#034; [traduction non officielle]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une &#233;tude, des familles autochtones confront&#233;es &#224; la pauvret&#233; ont d&#233;crit leur situation en employant des termes tels que &#034;mauvaise opinion de soi, d&#233;pression, col&#232;re, manque de confiance en soi, intimidation, frustration, honte et d&#233;sespoir(21)&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prostitution est l'un des moyens utilis&#233;s par certaines femmes autochtones pour tenter de survivre et de faire vivre leur famille dans les villes canadiennes(22). Dans une enqu&#234;te men&#233;e aupr&#232;s de 183 travailleuses du sexe de Vancouver par la PACE Society (Prostitution Alternatives Counselling and Education, Alternatives, conseils et &#233;ducation en mati&#232;re de prostitution), 40 p. cent de ces femmes ont dit &#234;tre entr&#233;es dans le commerce du sexe parce qu'elles avaient besoin d'argent(23) et 25 p. cent ont cit&#233; la toxicomanie comme l'une des raisons qui les avait pouss&#233;es &#224; se lancer dans ce type d'activit&#233;. Presque 60 p. cent d'entre elles ont dit qu'elles avaient continu&#233; &#224; travailler dans le commerce du sexe pour pouvoir continuer de se droguer(24). Dans cette &#233;tude, plus de 30 p. cent des travailleuses sexuelles interrog&#233;es &#233;taient des femmes autochtones, alors que les Autochtones repr&#233;sentent moins de deux p. cent de la population de la ville(25). Une surrepr&#233;sentation similaire des femmes autochtones parmi les travailleuses sexuelles semble exister dans d'autres villes du Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre organisation non gouvernementale, Aide &#224; l'enfance Canada, a interrog&#233; plus de 150 jeunes et enfants autochtones exploit&#233;s dans le cadre du commerce sexuel. Presque tous ces jeunes et enfants ont parl&#233; de &#034;la pr&#233;sence accablante des ruptures et de la discorde dans leur vie, accompagn&#233;e d'une mauvaise image de soi(26)&#034; [traduction non officielle]. Les autres facteurs communs &#224; la vie de beaucoup de ces jeunes &#233;taient, entre autres, un pass&#233; marqu&#233; par des violences physiques ou sexuelles, des fugues &#224; r&#233;p&#233;tition de diff&#233;rentes familles et foyers d'accueil, l'absence de liens familiaux et communautaires forts, l'absence de domicile fixe ou l'errance, le manque de perspectives d'avenir et la pauvret&#233;. Le rapport d'Aide &#224; l'enfance pr&#233;cise :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Tous les traumatismes qui coupent les enfants de leur famille, de leur communaut&#233; et de leur culture accroissent les risques de les voir entra&#238;n&#233;s dans une exploitation sexuelle &#224; des fins commerciales. Quand un enfant ou un jeune perd ses rep&#232;res de base tels que la s&#233;curit&#233;, le logement et les moyens de subsistance, sa vuln&#233;rabilit&#233; l'am&#232;ne dans des situations o&#249; le commerce du sexe peut devenir la seule solution de survie possible(27).&#034; [traduction non officielle]&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La violence contre les femmes dans le cadre du commerce du sexe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la prostitution soit ou non un acte criminel, les travailleuses du sexe ont droit &#224; la protection de leurs droits humains. Des mesures concr&#232;tes et efficaces doivent &#234;tre prises pour assurer leur s&#233;curit&#233; et pour traduire en justice ceux qui se rendent coupables de violence &#224; leur encontre ou en tirent profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travailler dans le commerce du sexe au Canada peut &#234;tre extr&#234;mement dangereux pour les femmes, qu'elles soient autochtones ou non. C'est particuli&#232;rement vrai pour celles qui racolent dans la rue. Dans l'&#233;tude du groupe PACE, un tiers des femmes ont affirm&#233; avoir d&#233;j&#224; subi une agression alors qu'elles travaillaient dans la rue(28).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleuses sexuelles sont d'autant plus menac&#233;es de violence qu'elles sont souvent suffisamment d&#233;sesp&#233;r&#233;es pour prendre des risques, par exemple en montant dans une voiture avec un homme connu comme violent ; en outre, l'opprobre jet&#233;e sur ces femmes par la soci&#233;t&#233; offre une justification commode aux hommes qui cherchent des cibles pour commettre des actes de violence misogyne(29). Par ailleurs, par peur d'&#234;tre arr&#234;t&#233;es, de nombreuses travailleuses sexuelles h&#233;sitent &#224; d&#233;noncer &#224; la police les agressions dont elles sont victimes ou &#224; coop&#233;rer avec les enqu&#234;teurs. En cons&#233;quence, les auteurs de ces violences peuvent &#234;tre encourag&#233;s par le sentiment qu'ils vont pouvoir s'en tirer sans &#234;tre inqui&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'isolement et la marginalisation sociale, qui accroissent les risques de violence pour les femmes qui travaillent dans le commerce du sexe, sont des probl&#232;mes qui se posent avec une acuit&#233; particuli&#232;re pour les femmes autochtones. Ainsi, le r&#244;le jou&#233; par le racisme et le sexisme dans l'exacerbation des menaces qui p&#232;sent sur les femmes autochtones dans le cadre du commerce du sexe a &#233;t&#233; clairement soulign&#233; par le juge David Wright lors du proc&#232;s, en 1996, de John Martin Crawford pour le meurtre de trois femmes autochtones dans le Saskatchewan : &#034;Il semble que quatre facteurs motivaient le choix des victimes de M. Crawford : en premier lieu, elles &#233;taient jeunes ; en deuxi&#232;me lieu, il s'agissait de femmes ; en troisi&#232;me lieu, elles &#233;taient autochtones ; enfin, elles &#233;taient des prostitu&#233;es. Elles vivaient &#233;loign&#233;es de leur communaut&#233; et de leur famille. L'accus&#233; les traitait avec m&#233;pris et les brutalisait ; il les terrorisait et finissait par les tuer. Il semblait d&#233;termin&#233; &#224; d&#233;truire en elles jusqu'&#224; la toute derni&#232;re parcelle d'humanit&#233;(30).&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les femmes autochtones et la violence raciste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les femmes port&#233;es disparues ou assassin&#233;es dont le rapport d'Amnesty International pr&#233;sente l'histoire, certaines avaient travaill&#233; de mani&#232;re occasionnelle ou r&#233;guli&#232;re dans le commerce du sexe pour gagner leur vie. Par contre, d'autres n'avaient aucun lien avec ce milieu. Amnesty International pense que certains des facteurs qui favorisent la violence contre les travailleuses du sexe, tels que le fait qu'elles soient mises au ban de la soci&#233;t&#233; et priv&#233;es de toute protection familiale et sociale, s'appliquent aussi aux femmes autochtones en dehors du commerce du sexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commission d'enqu&#234;te du Manitoba sur l'administration de la justice et les Autochtones a affirm&#233; au sujet du meurtre de Helen Betty Osborne : &#034;Ses agresseurs semblaient partir du principe que les femmes autochtones &#233;taient de m&#339;urs l&#233;g&#232;res et faciles &#224; entra&#238;ner par le biais de l'alcool ou de la violence. Il est &#233;vident que les hommes qui ont enlev&#233; Osborne consid&#233;raient les jeunes femmes autochtones comme des objets sans autre valeur humaine que la satisfaction de leurs d&#233;sirs sexuels(31).&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des organisations de premier plan contact&#233;es par Amnesty International ont confirm&#233; que les comportements racistes et sexistes &#224; l'&#233;gard des femmes autochtones continuaient de jouer un r&#244;le important dans les agressions contre ces femmes dans les villes canadiennes. De son c&#244;t&#233;, la police tient des propos contradictoires quand il s'agit de reconna&#238;tre cette menace. Certains policiers ont dit &#224; Amnesty International que les plus grands facteurs de risque &#233;taient des facteurs li&#233;s au &#034;style de vie&#034;, tels que l'implication dans le commerce du sexe ou la toxicomanie, et que les autres facteurs, tels que la race ou le genre, ne jouaient pas un r&#244;le suffisamment significatif pour &#234;tre pris en compte dans leur travail. D'autres, au contraire, ont d&#233;clar&#233; &#224; Amnesty International qu'ils avaient constat&#233; le r&#244;le important du racisme et du sexisme dans les agressions contre les femmes autochtones et qu'ils consid&#233;raient l'ensemble de ces femmes comme menac&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trop surveill&#233;es mais pas assez prot&#233;g&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses &#233;tudes sur le maintien de l'ordre au Canada montrent que les personnes autochtones dans leur ensemble ne re&#231;oivent pas la protection &#224; laquelle elles ont droit(32). Les t&#233;moignages de beaucoup des familles interrog&#233;es par Amnesty International confirment cette constatation. En effet, seul un petit nombre d'entre elles ont d&#233;crit des policiers polis et efficaces qui, dans quelques cas, ont m&#234;me d&#233;ploy&#233; des efforts exceptionnels pour tenter de retrouver leurs proches disparues. Les autres ont racont&#233; la lenteur de r&#233;action des policiers lors de la disparition de leur s&#339;ur ou de leur fille, le manque de respect avec lequel elles avaient &#233;t&#233; trait&#233;es ou l'absence totale d'informations sur le d&#233;roulement de l'enqu&#234;te - quand il y avait une enqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un certain nombre de policiers interrog&#233;s par Amnesty International ont insist&#233; sur le fait qu'ils g&#233;raient toutes les affaires de la m&#234;me mani&#232;re et ne traitaient pas les gens diff&#233;remment selon qu'ils &#233;taient autochtones ou non. Toutefois, si la police offre un m&#234;me niveau de protection aux personnes autochtones qu'aux autres groupes de la soci&#233;t&#233;, elle doit aussi comprendre les besoins sp&#233;cifiques des populations autochtones, &#234;tre capable de communiquer avec elles sans peur ni m&#233;fiance, et enfin avoir &#224; r&#233;pondre de ses actes devant les communaut&#233;s autochtones. Or, comme l'ont reconnu certains policiers interrog&#233;s par Amnesty International, ce n'est clairement pas le cas aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tout le pays, le nombre de personnes autochtones arr&#234;t&#233;es ou faisant l'objet de poursuites judiciaires est tr&#232;s disproportionn&#233; par rapport &#224; la taille de la population autochtone. La Commission d'enqu&#234;te du Manitoba sur l'administration de la justice et les Autochtones a laiss&#233; entendre que cette surrepr&#233;sentation des personnes autochtones dans le syst&#232;me judiciaire pourrait d&#233;couler du fait que la police a davantage tendance &#224; inculper et &#224; incarc&#233;rer des personnes autochtones alors que &#034;dans les m&#234;mes circonstances, une personne blanche n'aurait peut-&#234;tre m&#234;me pas &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e, ou n'aurait pas &#233;t&#233; maintenue en d&#233;tention(33)&#034;. La Commission d'enqu&#234;te a pr&#233;cis&#233; que de nombreux policiers en &#233;taient arriv&#233;s &#224; consid&#233;rer les personnes autochtones non pas comme un groupe &#224; prot&#233;ger, mais comme un groupe contre lequel le reste de la soci&#233;t&#233; devait &#234;tre prot&#233;g&#233;. Il en r&#233;sulte une situation dans laquelle, comme cela est souvent dit, les personnes autochtones sont &#224; la fois trop surveill&#233;es et insuffisamment prot&#233;g&#233;es(34).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses personnes autochtones estiment avoir peu de raisons de faire confiance &#224; la police et, par cons&#233;quent, h&#233;sitent &#224; se tourner vers elle pour obtenir une protection. Les forces de police ont &#233;t&#233; utilis&#233;es pour faire appliquer des politiques telles que celle qui imposait le retrait des enfants de leur famille pour les emmener dans des pensionnats, politique qui a d&#233;chir&#233; les communaut&#233;s autochtones. Aujourd'hui, de nombreuses personnes autochtones consid&#232;rent que la police a autant de chances de leur faire du mal que de les prot&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Saskatchewan Justice Reform Commission (Commission de r&#233;forme de la justice du Saskatchewan) a fait remarquer que les &#034;m&#232;res de jeunes autochtones ont exprim&#233; leur appr&#233;hension &#224; voir sortir leurs enfants le soir. Parmi leurs craintes figure la peur qu'ils ne soient victimes de violences polici&#232;res(35).&#034; Une femme autochtone, professeur dans une universit&#233; canadienne, a dit &#224; Amnesty International qu'elle avait ordonn&#233; &#224; son fils adolescent de ne jamais parler &#224; un policier en son absence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Protestant contre l'absence d'une force de police permanente dans de nombreuses communaut&#233;s du Nord du Canada, l'Association des femmes inuit a d&#233;clar&#233; : &#034;Pour pouvoir servir toutes les composantes de nos soci&#233;t&#233;s, les policiers doivent nous conna&#238;tre et faire partie de nos communaut&#233;s(36).&#034; De nombreuses forces de police canadiennes exigent maintenant de leurs membres qu'ils suivent une formation sur la sensibilit&#233; &#224; la culture, la communication interculturelle ou l'histoire des peuples autochtones afin de mieux comprendre les communaut&#233;s autochtones. Toutefois, malgr&#233; cette exigence, la Commission de r&#233;forme de la justice du Saskatchewan a conclu : &#034;Des policiers continuent d'&#234;tre affect&#233;s aupr&#232;s des Premi&#232;res nations et des m&#233;tis avec une connaissance minimale de la culture et de l'histoire des populations qu'ils sont sens&#233;s servir(37).&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les efforts r&#233;alis&#233;s par de nombreuses forces de police pour engager davantage de policiers autochtones, ces populations restent sous-repr&#233;sent&#233;es dans les forces de police de l'ensemble du Canada(38). Les efforts en ce sens doivent donc &#234;tre renforc&#233;s, en particulier en ce qui concerne le recrutement de femmes autochtones. Il convient &#233;galement de veiller &#224; int&#233;grer davantage la connaissance des populations autochtones dans les apprentissages fondamentaux de tous les policiers. Par exemple, les pr&#233;occupations, les points de vue et les besoins des populations autochtones devraient transpara&#238;tre dans les sc&#233;narios op&#233;rationnels utilis&#233;s dans la formation des policiers. Ces derniers devraient aussi avoir le temps et la possibilit&#233;, dans le cadre de leur travail quotidien, de tisser les relations n&#233;cessaires de compr&#233;hension et de confiance mutuelles avec les populations autochtones. Malheureusement, beaucoup ont dit &#224; Amnesty International que la charge de travail et les changements fr&#233;quents, et souvent obligatoires, d'affectation constituaient des obstacles r&#233;els &#224; une bonne compr&#233;hension des communaut&#233;s autochtones et &#224; l'&#233;tablissement de relations de confiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces de police devraient travailler avec des organisations autochtones pour &#233;tablir des pratiques et des lignes de conduite qui pourraient non seulement aider &#224; la formation individuelle des policiers, mais aussi am&#233;liorer les relations entre les communaut&#233;s autochtones et la police dans son ensemble. La Commission de r&#233;forme de la justice du Saskatchewan a mis en avant un certain nombre de pratiques positives au sein de la police de Saskatoon, qui m&#233;riteraient d'&#234;tre reproduites ailleurs. Ainsi, elle a, entre autres, salu&#233; la cr&#233;ation d'un poste de responsable des relations avec les populations autochtones et l'instauration d'une coop&#233;ration r&#233;guli&#232;re avec les anciens de chaque communaut&#233;, ceux-ci accompagnant notamment les policiers lors de certaines patrouilles men&#233;es dans des quartiers &#224; population majoritairement autochtone(39).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des domaines dans lesquels les recherches d'Amnesty International ont fait appara&#238;tre la n&#233;cessit&#233; d'une r&#233;forme institutionnelle est la mani&#232;re dont la police r&#233;agit aux signalements de disparitions. De nombreuses familles autochtones ont en effet racont&#233; &#224; l'organisation que les policiers n'avaient pas fait grand-chose quand elles avaient signal&#233; la disparition d'une s&#339;ur ou d'une fille, et qu'ils semblaient se contenter d'attendre que la personne soit retrouv&#233;e. La police fait remarquer que la grande majorit&#233; des personnes dont la disparition est signal&#233;e ont simplement fait une fugue ou d&#233;cid&#233; de couper les liens avec leur famille ou leurs amis. La plupart de ceux qui &#034;disparaissent&#034; ainsi volontairement reviennent d'eux-m&#234;mes tr&#232;s rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, cela n'excuse pas un certain nombre d'attitudes dont Amnesty International a eu connaissance : il est ainsi arriv&#233; que, malgr&#233; les graves pr&#233;occupations des proches qui &#233;taient convaincus que leur s&#339;ur ou leur fille disparue courait un grand danger, la police n'ait pas pris les mesures de base consistant, par exemple, &#224; interroger dans les plus brefs d&#233;lais la famille et les amis ou &#224; lancer des appels au public pour recueillir des informations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mesures sont particuli&#232;rement urgentes quand la personne disparue est une jeune fille car l'&#201;tat a l'obligation particuli&#232;re de retrouver et de prot&#233;ger les mineurs menac&#233;s. Tout signalement de disparition doit &#234;tre soigneusement examin&#233; afin d'&#233;valuer les risques encourus par la personne disparue. Malheureusement, m&#234;me dans les grandes villes, de nombreuses forces de police canadiennes ne disposent pas de personnel sp&#233;cialis&#233; dans les affaires de disparitions. La t&#226;che d'&#233;valuer les risques et la cr&#233;dibilit&#233; des craintes de la famille peut donc revenir &#224; de simples policiers peu ou pas form&#233;s ni exp&#233;riment&#233;s dans ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la connaissance d'Amnesty International, peu de forces de police disposent de protocoles sp&#233;cifiques sur les mesures &#224; prendre lorsqu'on leur signale la disparition d'une femme ou d'une jeune fille autochtone. Seule la force de police nationale - la Gendarmerie royale du Canada - exige l'intervention d'un agent de liaison sp&#233;cialis&#233; pour toutes les affaires dans lesquelles la personne disparue est autochtone. Il faudrait que toutes les forces de police travaillent avec les communaut&#233;s autochtones pour &#233;laborer et mettre en place des protocoles plus sp&#233;cifiques tenant compte des pr&#233;occupations et des circonstances particuli&#232;res relatives aux disparitions de femmes autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amnesty International a aussi d'autres pr&#233;occupations concernant la mani&#232;re dont la police traite les travailleuses du sexe, qu'elles soient autochtones ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vertu du droit canadien, l'acte de se prostituer n'est pas ill&#233;gal, mais les faits de communiquer publiquement dans le but de vendre ou d'acheter des services sexuels, d'acheter ou de tenter d'acheter les services sexuels d'une personne &#226;g&#233;e de moins de dix-huit ans, d'&#234;tre trouv&#233; dans un lieu r&#233;serv&#233; &#224; la prostitution, et de vivre enti&#232;rement ou en partie de la prostitution d'une autre personne, constituent des actes criminels(40). Bien que ces lois visent autant ceux qui ach&#232;tent des services sexuels ou qui vivent de la prostitution que les femmes et les hommes qui vendent ces services, les prostitu&#233;es sont souvent les premi&#232;res touch&#233;es par les arrestations. Dans le milieu du commerce du sexe, nombreux sont ceux qui affirment que la menace de la mise en application de ces lois est utilis&#233;e pour chasser les travailleuses du sexe des quartiers riches, dont les habitants risqueraient de porter plainte, vers des zones moins en vue, et donc plus dangereuses(41).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peur des arrestations am&#232;ne les travailleuses du sexe &#224; entretenir des &#034;relations conflictuelles&#034; avec la police(42). En effet, elles h&#233;sitent &#224; lui demander protection par crainte d'&#234;tre arr&#234;t&#233;es. De leur c&#244;t&#233;, les policiers regardent les prostitu&#233;es avec suspicion et m&#233;fiance, et peuvent leur reprocher de se mettre elles-m&#234;mes dans des situations dangereuses. L'administrateur du Regina's Sex Workers' Advocacy Project (Projet de d&#233;fense des travailleurs du sexe de Regina), Barb Lawrence, a rapport&#233; &#224; Amnesty International les propos d'un policier : un jour, une travailleuse du sexe ne s'est pas pr&#233;sent&#233;e au rendez-vous qu'elle avait avec le procureur de la Couronne, qui souhaitait entendre son t&#233;moignage dans l'affaire du meurtre d'une femme autochtone &#224; Regina. Barb Lawrence, qui avait fix&#233; le rendez-vous, a fini par recevoir un appel t&#233;l&#233;phonique de la prostitu&#233;e en question. Il s'est av&#233;r&#233; que cette femme &#233;tait d&#233;tenue par la police municipale, qui voulait l'interroger sur une autre affaire. Les policiers avaient refus&#233; de croire qu'elle avait rendez-vous au bureau du procureur. Quand Lawrence et les procureurs se sont rendus au poste de police pour y rencontrer cette femme, le policier qui l'avait arr&#234;t&#233;e aurait dit qu'il n'avait aucune raison de la croire puisqu'elle n'&#233;tait &#034;qu'une putain de la rue&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Conclusion et recommandations&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes et les jeunes filles autochtones ont le droit &#224; la protection des autorit&#233;s et de la soci&#233;t&#233; canadiennes. Les carences qui existent dans cette protection se sont traduites par des trag&#233;dies individuelles pour les familles qui ont perdu des s&#339;urs, des filles et des m&#232;res &#224; cause de la violence raciste et sexiste. Elles se traduisent &#233;galement par une v&#233;ritable trag&#233;die en mati&#232;re de droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept des droits humains repose sur la reconnaissance de la dignit&#233; et de la valeur inh&#233;rentes &#224; tous les &#234;tres humains, sans aucune exception. En ratifiant des trait&#233;s internationaux contraignants relatifs &#224; ces droits et en adoptant des d&#233;clarations importantes dans le cadre d'organismes tels que les Nations unies, les gouvernements se sont engag&#233;s &#224; veiller &#224; ce que toute personne jouisse de ses droits et de ses libert&#233;s universels. Les gouvernements ont l'obligation de prot&#233;ger tous les individus de la discrimination et de veiller &#224; ce que chacun b&#233;n&#233;ficie de soins m&#233;dicaux, d'une &#233;ducation et d'un logement appropri&#233;s. Ils doivent aussi prendre toutes les pr&#233;cautions raisonnables pour emp&#234;cher les crimes tels que les meurtres, les enl&#232;vements et la torture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amnesty International est pr&#233;occup&#233;e par le fait que les autorit&#233;s canadiennes ne respectent pas leurs obligations &#224; l'&#233;gard des femmes autochtones. Les agressions contre des femmes autochtones dans les villes canadiennes ont &#233;t&#233;, pendant trop longtemps, consid&#233;r&#233;es comme des incidents isol&#233;s. Les affaires similaires ne font pas l'objet d'enqu&#234;tes suffisamment approfondies, et de nombreuses mesures de pr&#233;vention identifi&#233;es par des commissions et des enqu&#234;tes gouvernementales par le pass&#233; n'ont pas &#233;t&#233; mises en &#339;uvre. Pendant ce temps, les ph&#233;nom&#232;nes d'in&#233;galit&#233;s sociales et &#233;conomiques, qui existent de longue date et contre lesquels rien n'est fait, continuent d'entra&#238;ner les femmes et les jeunes filles autochtones dans des situations o&#249; leur vie est beaucoup plus menac&#233;e, par exemple dans le commerce du sexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps d'agir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autorit&#233;s canadiennes devraient, &#224; tous les niveaux, travailler en collaboration &#233;troite et de toute urgence avec des organisations de personnes autochtones, et en particulier avec des femmes autochtones, pour instaurer des plans d'action destin&#233;s &#224; mettre fin &#224; la violence contre ces femmes. Les recommandations d'action suivantes s'appuient sur les demandes formul&#233;es par des familles de femmes disparues, des organisations de premier plan qui travaillent pour le bien-&#234;tre et la s&#233;curit&#233; des femmes autochtones, et des enqu&#234;tes et commissions gouvernementales officielles. Certaines de ces recommandations sont sp&#233;cifiques &#224; la situation et aux besoins des femmes autochtones. D'autres sont valables aussi pour les femmes non autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autorit&#233;s canadiennes devraient :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. d&#233;terminer et mettre en &#339;uvre des protocoles d'action appropri&#233;s et efficaces sur les disparitions en tenant compte des risques sp&#233;cifiques encourus par les femmes et les jeunes filles autochtones ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. octroyer des financements suffisants et durables, sur plusieurs ann&#233;es, aux services appropri&#233;s sur le plan culturel, tels que les foyers d'accueil et de conseils pour les femmes et les jeunes filles autochtones, qui sont n&#233;cessaires pour pr&#233;venir la violence &#224; l'encontre de ces femmes ; la conception et la mise en &#339;uvre de ces programmes devra r&#233;pondre aux besoins sp&#233;cifiques des femmes autochtones ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. &#233;tendre les programmes qui proposent des avocats aux personnes autochtones pour les aider dans leurs relations avec la police et les tribunaux ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. veiller &#224; ce que toutes les forces de police canadiennes soient soumises &#224; l'autorit&#233; d'organismes civils ind&#233;pendants habilit&#233;s &#224; enqu&#234;ter sur les all&#233;gations d'actes illicites de la part de la police ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. recruter davantage de policiers autochtones, et en particulier de femmes, et veiller &#224; ce que tous les policiers, procureurs et juges soient suffisamment form&#233;s aux questions concernant la violence contre les femmes autochtones dans toute une s&#233;rie de contextes, tels que la violence familiale, l'exploitation sexuelle des enfants et le commerce du sexe ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. dans le cadre du r&#233;examen en cours et de l'application des lois sur le commerce du sexe au Canada, donner aux policiers des instructions claires afin que les droits fondamentaux des femmes impliqu&#233;es dans ce commerce soient prot&#233;g&#233;s dans toutes les activit&#233;s de maintien de l'ordre ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. financer des travaux de recherche nationaux exhaustifs sur la violence contre les femmes autochtones, avec notamment la cr&#233;ation d'un registre national pour recueillir et analyser les informations statistiques en provenance de toutes les juridictions ;8. demander au rapporteur sp&#233;cial des Nations unies sur la situation des droits de l'homme et des libert&#233;s fondamentales des populations autochtones et &#224; la rapporteuse sp&#233;ciale des Nations unies charg&#233;e de la question de la violence contre les femmes, y compris ses causes et ses cons&#233;quences, de mener une &#233;tude conjointe sur les formes de violence contre les femmes autochtones, notamment au Canada ; mettre clairement en avant les mesures prises pour combattre le probl&#232;me de la violence contre les femmes autochtones dans les rapports pr&#233;sent&#233;s par le Canada aux organes des Nations unies concern&#233;s, tels que le Comit&#233; pour l'&#233;limination de la discrimination &#224; l'&#233;gard des femmes, le Comit&#233; pour l'&#233;limination de la discrimination raciale et le Comit&#233; des droits de l'homme ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. appliquer les recommandations rest&#233;es en suspens de la Commission royale sur les peuples autochtones concernant la pauvret&#233; et la marginalisation des personnes autochtones au Canada, comme l'ont demand&#233; instamment et &#224; maintes reprises les organes des Nations unies charg&#233;s de veiller &#224; l'application des trait&#233;s relatifs aux droits humains ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. renforcer et &#233;tendre les programmes d'&#233;ducation du public, y compris ceux du syst&#232;me scolaire officiel, afin qu'ils reconnaissent et abordent pleinement l'histoire de la d&#233;possession et de la marginalisation des populations autochtones et la r&#233;alit&#233; actuelle du racisme dans la soci&#233;t&#233; canadienne ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. prendre des mesures pour qu'il devienne obligatoire de consulter de fa&#231;on constructive les femmes autochtones lors de la formulation et de la mise en &#339;uvre de toutes les politiques concernant leur bien-&#234;tre ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. ratifier et appliquer les instruments internationaux relatifs aux droits humains qui se rapportent &#224; la pr&#233;vention de la violence contre les femmes, tels que la Convention interam&#233;ricaine sur la pr&#233;vention, la sanction et l'&#233;limination de la violence contre la femme (Convention de Bel&#233;m do Par&#225;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres recommandations figurent dans la version int&#233;grale de notre rapport : Stolen Sisters : A human rights response to violence against women in Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Passez &#224; l'action !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joignez votre voix &#224; celle d'Amnesty International pour exiger des autorit&#233;s canadiennes qu'elles prennent de toute urgence des mesures destin&#233;es &#224; mettre fin &#224; la violence contre les femmes autochtones au Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;crivez &#224; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madame Anne McLellan&lt;br class='autobr' /&gt;
Vice-Premier ministre et ministre de la S&#233;curit&#233; publique et de la Protection civile&lt;br class='autobr' /&gt;
House of Commons&lt;br class='autobr' /&gt;
Parliament Buildings&lt;br class='autobr' /&gt;
Ottawa, Ontario&lt;br class='autobr' /&gt;
Canada&lt;br class='autobr' /&gt;
K1A0A6&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exprimez votre profonde pr&#233;occupation au sujet de la violence contre les femmes autochtones au Canada. Demandez au gouvernement f&#233;d&#233;ral de prendre de toute urgence et en priorit&#233; les mesures suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* encourager fortement toutes les forces de police du Canada &#224; travailler avec des organisations de femmes autochtones pour d&#233;terminer et mettre en &#339;uvre des protocoles d'action appropri&#233;s et efficaces sur les disparitions, qui tiennent compte des risques sp&#233;cifiques encourus par les femmes et les jeunes filles autochtones ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* octroyer des financements suffisants et durables, sur plusieurs ann&#233;es, aux services appropri&#233;s sur le plan culturel, tels que les foyers d'accueil et de conseils pour les femmes et les jeunes filles autochtones, qui sont n&#233;cessaires pour pr&#233;venir la violence &#224; l'encontre de ces femmes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* financer des travaux de recherche nationaux exhaustifs sur la violence contre les femmes autochtones, avec notamment la cr&#233;ation d'un registre national pour recueillir et analyser les informations statistiques en provenance de toutes les juridictions ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* veiller &#224; ce que soient appliqu&#233;es les recommandations rest&#233;es en suspens de la Commission royale sur les peuples autochtones concernant la pauvret&#233; et la marginalisation des personnes autochtones au Canada, comme l'ont demand&#233; instamment et &#224; maintes reprises les organes des Nations unies charg&#233;s de veiller &#224; l'application des trait&#233;s relatifs aux droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Notes :&lt;br class='autobr' /&gt;
(1) Voir le rapport r&#233;dig&#233; par les deux membres de la Commission d'enqu&#234;te du Manitoba sur l'administration de la justice et les Autochtones : Hamilton, A.C. et Sinclair, C.M., Report of the Aboriginal Justice Inquiry of Manitoba : The Deaths of Helen Betty Osborne and John Joseph Harper, 1991.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Ces affaires sont d&#233;crites dans la version int&#233;grale du pr&#233;sent rapport, intitul&#233;e Stolen Sisters : A human rights response to discrimination and violence against Indigenous women in Canada.&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) Les femmes autochtones : un portrait d&#233;mographique, social et &#233;conomique, Affaires indiennes et du Nord canadien, &#233;t&#233; 1996.&lt;br class='autobr' /&gt;
(4) &#034;Missing aboriginal women inspire national campaign&#034;, The Canadian Press, 22 mars 2004.&lt;br class='autobr' /&gt;
(5) Juristat, vol 21, n&#176;9, Centre canadien de la statistique juridique, Statistique Canada, 2001.&lt;br class='autobr' /&gt;
(6) Voir par exemple les documents suivants : Dumont-Smith, Claudette et Sioui-Labelle, Pauline, National Family Violence Abuse Study, Association des infirmi&#232;res et infirmiers autochtones du Canada, 1991 ; No more secrets, Pauktuutit (Association des femmes inuit), 1991.&lt;br class='autobr' /&gt;
(7) &#034;Serial killer who roamed Saskatoon met with indifference by police, media : Journalist-author accepts award for book about slain aboriginal women.&#034;, in Edmonton Journal, 29 November 2003.&lt;br class='autobr' /&gt;
(8) Vancouver, Prince Albert, Saskatoon, Regina et Winnipeg.&lt;br class='autobr' /&gt;
(9) Report of the Aboriginal Justice Inquiry of Manitoba, op. cit. (voir note 1).&lt;br class='autobr' /&gt;
(10) Voir, par exemple, les documents suivants : Rapport de la Commission royale sur les Peuples autochtones, 1996, &lt;a href=&#034;http://www.ainc-inac.gc.ca/ch/rcap/sg/sgmm_f.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ainc-inac.gc.ca/ch/rcap/sg/sgmm_f.html&lt;/a&gt; ; Observations finales du Comit&#233; des droits &#233;conomiques, sociaux et culturels : Canada, 10 d&#233;cembre 1998 ; E/C.12/1/Add.31.&lt;br class='autobr' /&gt;
(11) Les obligations du Canada en mati&#232;re de protection des femmes autochtones face &#224; la violence d&#233;coulent d'un certain nombre de trait&#233;s internationaux relatifs aux droits humains, tels que la Convention sur l'&#233;limination de toutes les formes de discrimination &#224; l'&#233;gard des femmes (art. 2), le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (art. 2) et la Convention internationale sur l'&#233;limination de toutes les formes de discrimination raciale (art. 2).&lt;br class='autobr' /&gt;
(12) Voir par exemple : Maracle, Sylvia et Craig, Barbara (copr&#233;sidentes du Comit&#233; directeur du Service de gu&#233;rison des familles autochtones), For Generations to Come : The Time is Now : A Strategy for Aboriginal Family Healing, The Aboriginal Family Healing Unit Steering Committee, 1993.&lt;br class='autobr' /&gt;
(13) Rapport de la Commission royale sur les Peuples autochtones, op. cit. (voir note 11).&lt;br class='autobr' /&gt;
(14) First Nations Child and Family Services Joint National Policy Review, Minist&#232;re des Affaires indiennes et du Nord canadien et Assembl&#233;e des Premi&#232;res nations, Ottawa, 2000 ; Blackstock, Cindy, Clarke, Sarah, Cullen, James, D'Hondt, Jeffrey et Formsma, Jocelyn, Keeping the Promise. The Convention on the Rights of the Child and the Lived Experiences of First Nations Children and Youth, Soci&#233;t&#233; de soutien &#224; l'enfance et &#224; la famille des Premi&#232;res nations du Canada, Ottawa, 2004.&lt;br class='autobr' /&gt;
(15) Rapport de la Commission royale sur les Peuples autochtones, op. cit. (voir note 11).&lt;br class='autobr' /&gt;
(16) Rapport de la Commission royale sur les Peuples autochtones, op. cit. (voir note 11).&lt;br class='autobr' /&gt;
(17) Les femmes autochtones : un portrait d'apr&#232;s le recensement de 1996, Affaires indiennes et du Nord canadien, Ottawa, 2001.&lt;br class='autobr' /&gt;
(18) Les seuils de faible revenu de 1994 &#224; 2003 et les mesures de faible revenu de 1992 &#224; 2001, Statistique Canada, Ottawa, 2003.&lt;br class='autobr' /&gt;
(19) Beavis, Mary Ann, Klos, Nancy, Carter, Tom et Douchant, Christian, Analyses documentaires. Les Autochtones sans abri, Institut d'&#233;tudes urbaines, Universit&#233; de Winnipeg, janvier 1997.&lt;br class='autobr' /&gt;
(20) Marshall Freeman, Pat et Asselin Vaillancourt, Marthe, Un nouvel horizon : &#201;liminer la violence - Atteindre l'&#233;galit&#233; : Rapport final du Comit&#233; canadien sur la violence faite aux femmes, Approvisionnements et Services Canada, Ottawa, 1993.&lt;br class='autobr' /&gt;
(21) Urban Aboriginal Child Poverty : A Status Report on Aboriginal Children &amp; Their Families in Ontario, Ontario Federation of Indian Friendship Centres, Toronto, Ontario, Octobre 2000.&lt;br class='autobr' /&gt;
(22) De nombreux autres facteurs am&#232;nent les femmes &#224; entrer dans le commerce du sexe. Ceux-ci ne sont pas trait&#233;s dans le pr&#233;sent rapport, qui se concentre sur les femmes autochtones.&lt;br class='autobr' /&gt;
(23) Violence against Women in Vancouver's Street Level Sex Trade and the Police Response, PACE Society, Vancouver, 2000, p. 82.&lt;br class='autobr' /&gt;
(24) Ibid., pp. 32-33.&lt;br class='autobr' /&gt;
(25) Ibid., p. 6.&lt;br class='autobr' /&gt;
(26) Vies sacr&#233;es : les enfants et les jeunes aborig&#232;nes canadiens d&#233;noncent l'exploitation sexuelle, Projet national de consultation des Autochtones, Aide &#224; l'enfance Canada, Ottawa, 2000.&lt;br class='autobr' /&gt;
(27) Ibid.&lt;br class='autobr' /&gt;
(28) PACE Society, ibid. (voir note 24), p. 6.&lt;br class='autobr' /&gt;
(29) Lowman, John, &#034;Violence and the Outlaw Status of (Street) Prostitution in Canada&#034;, in Violence Against Women, volume 6, n&#176;9, septembre 2000, pp. 987-1011.&lt;br class='autobr' /&gt;
(30) Goulding, Warren, Just another Indian : A Serial Killer and Canada's Indifference, Heritage House Publishing Company, Calgary, 2001, p. 188.&lt;br class='autobr' /&gt;
(31) Report of the Aboriginal Justice Inquiry of Manitoba, op. cit. (voir note 1).&lt;br class='autobr' /&gt;
(32) Voir par exemple : Final Report, Saskatchewan Commission on First Nations and M&#233;tis Peoples and Justice Reform (Saskatchewan Justice Reform Commission), Regina, 2004 ; Report of the Aboriginal Justice Inquiry of Manitoba, op. cit. (voir note 1).&lt;br class='autobr' /&gt;
(33) Report of the Aboriginal Justice Inquiry of Manitoba, op. cit. (voir note 1), p. 595.&lt;br class='autobr' /&gt;
(34) Final report, The Aboriginal Justice Implementation Commission, Manitoba, 2001.&lt;br class='autobr' /&gt;
(35) Saskatchewan Justice Reform Commission, ibid. (voir note 33), pp. 5-3, 5-4.&lt;br class='autobr' /&gt;
(36) Pauktuutit Inuit Women's Association of Canada, Inuit Women and justice : Progress Report n&#176;1, Annexe : Violences contre les femmes et les enfants, les pr&#233;occupations des femmes du Labrador (p. 5-6)&lt;br class='autobr' /&gt;
(37) Saskatchewan Justice Reform Commission, ibid. (voir note 33), pp. 5-8.&lt;br class='autobr' /&gt;
(38) Saskatchewan Justice Reform Commission, ibid., pp. 5-10, 5-11 ; The Aboriginal Justice Implementation Commission, ibid. (voir note 34).&lt;br class='autobr' /&gt;
(39) Saskatchewan Justice Reform Commission, ibid., p. A-34.&lt;br class='autobr' /&gt;
(40) Code criminel du Canada, articles 212 et 213.&lt;br class='autobr' /&gt;
(41) Voices for Dignity : A Call to End the Harms Caused by Canada's Sex Trade Laws, Pivot Legal Society, Vancouver, 2004.&lt;br class='autobr' /&gt;
(42) Lowman, John, ibid. (voir note 30), p. 1008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 Octobre 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; du site de Cybersolidaires)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Non &#224; l'invasion imp&#233;rialiste canado-qu&#233;b&#233;coise de Kanesatake</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Non-a-l-invasion-imperialiste-canado-quebecoise-de-Kanesatake</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Non-a-l-invasion-imperialiste-canado-quebecoise-de-Kanesatake</guid>
		<dc:date>2004-05-13T00:24:51Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comme d'habitude, tous les faiseurs d'opinion r&#233;duisent les r&#233;sistants de Kanesatake &#224; des bandits arm&#233;s plus ou moins de connivence avec les motards ou la mafia. En d&#233;coule la r&#233;duction de la r&#233;volte nationale des Kanienke'haka (Mohawk) de Kanesatake &#224; une affaire d'ordre public. Les puissances tut&#233;laires, &#034; assagies &#034; par l'exp&#233;rience de 1990, ont quand m&#234;me r&#233;alis&#233; qu'il leur fallait une caution interne. Ils auront eu celle du chef discr&#233;dit&#233; du Conseil de bande, une structure coloniale (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Luttes-sociales-et-politiques-" rel="directory"&gt;Luttes sociales et politiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Canada-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Autochtones-+" rel="tag"&gt;Autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme d'habitude, tous les faiseurs d'opinion r&#233;duisent les r&#233;sistants de Kanesatake &#224; des bandits arm&#233;s plus ou moins de connivence avec les motards ou la mafia. En d&#233;coule la r&#233;duction de la r&#233;volte nationale des Kanienke'haka (Mohawk) de Kanesatake &#224; une affaire d'ordre public. Les puissances tut&#233;laires, &#034; assagies &#034; par l'exp&#233;rience de 1990, ont quand m&#234;me r&#233;alis&#233; qu'il leur fallait une caution interne. Ils auront eu celle du chef discr&#233;dit&#233; du Conseil de bande, une structure coloniale dont la l&#233;gitimit&#233; vient de la paternaliste Loi des Indiens et qui est essentiellement financ&#233;e par le gouvernement f&#233;d&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas d'enjeu d'ordre public &#224; Kanesatake sauf &#224; provoquer la communaut&#233; par des op&#233;rations polici&#232;res conjointes des imp&#233;rialismes blancs et de leurs alli&#233;s autochtones qu'ils entretiennent. C'est la pr&#233;paration d'une pareille op&#233;ration conjointe qui avait mis le feu aux poudres en janvier dernier et qui menace de le faire encore cette fois-ci. Et ce n'est nullement une am&#233;lioration par rapport &#224; l'intervention soliloque de la SQ puis de l'arm&#233;e canadienne en 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas d'abandonner la communaut&#233; &#224; son sort. Le mal-d&#233;veloppement de Kanesatake - et la moyenne et petite-bourgeoise &#224; l'avenant qui l'exprime - n'est que le r&#233;sultat de l'insertion n&#233;olib&#233;rale d'une nation dispers&#233;e &#034; &#224; l'acadienne &#034; et pill&#233;e jusqu'&#224; la moelle dans le (d&#233;s)ordre mondial imp&#233;rialiste r&#233;gi par la pseudo guerre contre le terrorisme. C'est &#224; ce mal-d&#233;veloppement qu'il faut s'attaquer et non pas en faire le pr&#233;texte d'une oppression suppl&#233;mentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un principe, une politique et une action imm&#233;diate Pour ce faire, on aura besoin d'un principe, d'une politique et d'une action &#224; court terme. Le principe c'est la reconnaissance du droit &#224; l'autod&#233;termination de la nation Kanienke'haka jusqu'&#224; et y compris l'ind&#233;pendance, principe que l'on retrouve dans la plate-forme de l'UFP. Pour le prochain congr&#232;s,&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;l'UFP-Outaouais propose l'amorce d'une politique soit :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;- Les nations autochtones et inuit ont &#233;t&#233; conquises et d&#233;poss&#233;d&#233;es de leurs territoires. Elles son aujourd'hui devenues des colonies internes. Celles parqu&#233;es sur des r&#233;serves vivent un r&#233;gime d'apartheid. Leurs membres vivant parmi les &#034; blancs &#034; sont victimes de discrimination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence, l'UFP reconna&#238;trait aux nations autochtones et inuit le droit &#224; l'autod&#233;termination jusqu'&#224;, et y compris, l'ind&#233;pendance.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les r&#233;serves qu'habitent les nations autochtones sont des territoires petits, enclav&#233;s, sans ressources, souvent charcut&#233;s par des voies de transport et pollu&#233;s. Les ressources des territoires inuit, cri, anishnab&#233; (algonquin), attikamakw et innu on &#233;t&#233; et sont encore en grande partie exploit&#233;es et pill&#233;es sans l'accord des nations concern&#233;es ou dans le cadre de trait&#233;s in&#233;gaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
En cons&#233;quence, l'UFP r&#233;clamerait que l'ampleur historique du d&#233;pouillement des territoires et du pillage des ressources soit &#233;valu&#233;e d'un commun accord, que les trait&#233;s in&#233;gaux soient ren&#233;goci&#233;s et reconnus par une instance internationale, qu'une juste compensation corrige l'injustice historique de la conqu&#234;te et que les ressources soient dor&#233;navant exploit&#233;es selon les termes des trait&#233;s internationaux.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le territoire innu est utilis&#233; sans l'accord de cette nation pour des exercices militaires qui perturbent grandement les activit&#233;s traditionnelles.&lt;br class='autobr' /&gt;
En cons&#233;quence, l'UFP exigerait que cessent imm&#233;diatement ces exercices.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La longue histoire de conqu&#234;te, de refoulement et de pillage des nations autochtones et inuits a caus&#233; l'&#233;rection d'un immense mur de pr&#233;jug&#233;s et de m&#233;fiance.&lt;br class='autobr' /&gt;
En cons&#233;quence, l'UFP proposerait que soit introduit dans le syst&#232;me d'&#233;duction &#034; blanc &#034; des cours d'histoires, de cultures et de langues autochtones et inuit et que des &#233;changes de toutes sortes soient organis&#233;es entre la nation qu&#233;b&#233;coise et les nations autochtones et inuit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Personnellement, j'ajouterais une offre de co-habitation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La longue histoire d'oppression a caus&#233; une forte d&#233;population, plusieurs d&#233;placements de masses et surtout l'installation de la population &#034; blanche &#034; sur leurs terres historiques. La r&#233;paration des torts historiques sur une base de territoires exclusifs d&#233;coulant du r&#233;gime capitaliste de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e est une t&#226;che impossible qui ne pourrait mener qu'&#224; des conflits sans fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence, l'UFP proposerait aux nations autochtones et inuit de s'unir &#224; la nation qu&#233;b&#233;coise dans le cadre d'une r&#233;publique f&#233;d&#233;r&#233;e sur la base de trait&#233;s &#233;gaux reconnus internationalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le territoire commun serait divis&#233; en zones nationales propres &#224; chaque nation et en zones partag&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute personne habitant une zone nationale qui n'est pas la sienne pourrait b&#233;n&#233;ficier, selon certaines r&#232;gles pr&#233;vues aux trait&#233;s internationaux, d'un syst&#232;me d'&#233;ducation et de justice de sa nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme action imm&#233;diate, il n'y a pas d'exp&#233;dient ni de raccourci qui ne soit de l'interventionnisme. Il faut au moins reprendre le patient travail d'information, de liaison et de mobilisation de l'ancien Regroupement de solidarit&#233; avec les Autochtones form&#233; apr&#232;s la crise d'Oka en 1990. Pourquoi l'UFP, &#034; seul ou avec d'autres &#034;, n'organiserait-elle pas des rencontres ou assembl&#233;es publiques avec des porte-parole de diff&#233;rents courants nationalistes de la nation Kanienke'haka ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, cependant, Il faut dire non &#224; toute ing&#233;rence, surtout &#224; l'emploi de la force. M&#234;me une op&#233;ration men&#233;e exclusivement par des policiers aborig&#232;nes est une ing&#233;rence car ce corps policier est compl&#232;tement encadr&#233;e par la GRC et la SQ et que toute op&#233;ration d'envergure doit n&#233;cessairement recourir &#224; leur logistique. C'est l&#224; l'&#233;quivalent d'une arm&#233;e indig&#232;ne coloniale ou d'un corps policier financ&#233;, form&#233; et encadr&#233; par le colonisateur comme par exemple en Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;samedi 8 mai 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une rupture avec l'internationalisme et l'anti-imp&#233;rialisme</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Une-rupture-avec-l-internationalisme-et-l-anti-imperialisme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Une-rupture-avec-l-internationalisme-et-l-anti-imperialisme</guid>
		<dc:date>2004-02-02T02:44:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Bonhomme</dc:creator>


		<dc:subject>Autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Certes, la prise de position du gouvernement Charest a &#233;t&#233; une pure affaire de &#034; realpolitik &#034; c'est-&#224;-dire pactiser avec le plus fort et &#224; son profit en dehors de toute politique d'alliance. Cela doit &#234;tre condamn&#233; et l'est &#224; juste titre par le communiqu&#233; de presse de l'UFP. Pour le reste, la prise de position de l'UFP demeure prisonni&#232;re de &#034; ... l'&#233;tat de droit et [de] la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique... &#034; ce qui l'am&#232;ne logiquement &#224; parler &#034; ... des &#233;l&#233;ments criminels... &#034;. Invoquer l'&#233;tat de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Union-des-forces-Progressistes-3-" rel="directory"&gt;Union des forces Progressistes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Autochtones-+" rel="tag"&gt;Autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Certes, la prise de position du gouvernement Charest a &#233;t&#233; une pure affaire de &#034; realpolitik &#034; c'est-&#224;-dire pactiser avec le plus fort et &#224; son profit en dehors de toute politique d'alliance. Cela doit &#234;tre condamn&#233; et l'est &#224; juste titre par le communiqu&#233; de presse de l'UFP. Pour le reste, la prise de position de l'UFP demeure prisonni&#232;re de &#034; ... l'&#233;tat de droit et [de] la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique... &#034; ce qui l'am&#232;ne logiquement &#224; parler &#034; ... des &#233;l&#233;ments criminels... &#034;. Invoquer l'&#233;tat de droit, soit dit en passant, aurait d&#251; amen&#233; &#224; d&#233;noncer le l&#226;che silence f&#233;d&#233;ral durant le plus fort de la crise, &#233;tant donn&#233; sa responsabilit&#233; constitutionnelle par rapport aux nations aborig&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quel &#233;tat de droit s'agit-il ? Du droit produit par un &#201;tat capitaliste dirigeant une soci&#233;t&#233; capitaliste par l'interm&#233;diaire de partis politiques acquis au capitalisme y compris les partis socio-lib&#233;raux &#224; la PQ ou &#224; la NPD. Ce droit est donc un &#034; droit bourgeois &#034; qui reconna&#238;t certes les droits individuels, en autant cependant qu'ils soient soumis au plus important de tous, le droit &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, mais non les droits sociaux, &#224; moins qu'ils soient impos&#233;s par un rapport de forces social. Le droit bourgeois ne reconna&#238;t donc pas le droit &#224; l'autod&#233;termination nationale jusqu'&#224; et y compris l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette non-reconnaissance est le fait de la Constitution canadienne y compris de sa Charte des droits d'o&#249; la l&#233;galit&#233; de la &#034; loi de la clart&#233; &#034; qui nie au Qu&#233;bec son droit &#224; l'autod&#233;termination. Cette non-reconnaissance est aussi le fait de la Charte qu&#233;b&#233;coise d'o&#249; la contradiction de reconna&#238;tre les nations aborig&#232;nes mais sur la base de l'int&#233;grit&#233; des fronti&#232;res de la province canadienne du Qu&#233;bec, ce qui nie cette reconnaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juger de la crise de Khanesatake sur cette base conduit n&#233;cessairement &#224; un diagnostic et &#224; une proposition qui justifie et perp&#233;tue la domination de l'&#201;tat canado-qu&#233;b&#233;cois. On ne peut pas s'en tirer en invoquant la &#034; l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique &#034; pour att&#233;nuer. Cette notion purement subjective n'acquiert un sens concret que si elle subvertit &#034; l'&#233;tat de droit &#034; c'est-&#224;-dire le droit bourgeois r&#233;ellement existant. C'est ce que fait d'ailleurs la plate-forme de l'UFP en son paragraphe 12 : &#034; Que le Qu&#233;bec reconnaisse le droit &#224; l'autod&#233;termination des Premi&#232;res Nations jusqu'&#224;, et y compris, leur ind&#233;pendance... &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vis-&#224;-vis l'&#233;tat de droit f&#233;d&#233;ral, que reconna&#238;t le gouvernement qu&#233;b&#233;cois, m&#234;me sous gouverne p&#233;quiste, &#034; ... James Gabriel est le repr&#233;sentant l&#233;gal... &#034; de la communaut&#233; Kanienke'haka de Khanesatake. Mais qu'en est-il vis-&#224;-vis cette communaut&#233; ? Car c'est &#224; elle et &#224; elle seule de d&#233;terminer ce qui est l&#233;gal et l&#233;gitime en son sein. Or du fait de la domination &#034; blanche &#034; canado-qu&#233;b&#233;coise - domination imp&#233;rialiste pour appeler un chat un chat - cette communaut&#233; n'est nullement en mesure de le faire sauf &#224; &#034; s'&#233;lire &#034; un conseil de bande dans le cadre de la f&#233;d&#233;rale Loi des Indiens, une loi odieusement paternaliste s'il en est une.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au &#034; ... mod&#232;le de d&#233;mocratie qui cherche &#224; r&#233;concilier les traditions Mohawks avec les valeurs de la Charte qu&#233;b&#233;coise des droits et libert&#233;s de la personne &#034;, la nation qu&#233;b&#233;coise n'a rien &#224; imposer &#224; la nation Kanienke'haka, surtout pas cette Charte relevant du droit bourgeois qui ne leur reconna&#238;t m&#234;me pas leur propre droit &#224; l'autod&#233;termination. Cette suggestion est particuli&#232;rement cynique. Pourquoi d'ailleurs utiliser le patronyme &#034; Mohawk &#034; qui est celui donn&#233; par le colonisateur britannique - les Fran&#231;ais disaient &#034; Agniers &#034; - m&#234;me si l'institution f&#233;d&#233;rale-colonisatrice qu'est le Conseil de bande l'utilise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; dire que &#034; [c]ette probl&#233;matique est bien plus vaste qu'une question l&#233;gale, judiciaire, politique ou de juridiction polici&#232;re, elle est aussi culturelle... &#034;, on en reste pantois. Cette probl&#233;matique rel&#232;ve d'abord et avant tout de la question nationale. Pour &#234;tre plus pr&#233;cis, c'est une question d'oppression nationale. Pour &#234;tre encore plus pr&#233;cis, c'est une question de conqu&#234;te coloniale faite &#224; l'&#232;re du capitalisme marchand qui se perp&#233;tue &#224; l'&#232;re du capitalisme n&#233;olib&#233;ral. C'est donc une question anti-imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un parti antin&#233;olib&#233;ral et ind&#233;pendantiste devrait &#234;tre le premier &#224; se tenir sur ce terrain et non se laisser pi&#233;ger par &#034; l'&#233;tat de droit &#034;. Le prol&#233;tariat et/ou la nation qu&#233;b&#233;coise devraient-ils reconna&#238;tre la l&#233;galit&#233; f&#233;d&#233;rale y compris l'AL&#201;NA et la &#034; loi de la clart&#233; &#034; ? Devrait-on, par principe, s'abstenir de toute action ill&#233;gale ? Pourquoi servir &#224; la nation Kanienke'haka les m&#234;mes plats que nous servent les capitalistes et les f&#233;d&#233;ralistes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;sespoir de cause, faut-il invoquer le nationalisme mafieux, qui pour l'instant semble dominant dans la communaut&#233; de Khanesatake, pour se justifier ? Une grande partie de la gauche canadienne-anglaise, m&#234;me de la gauche radicale, refuse d'appuyer la lutte du peuple qu&#233;b&#233;cois pour l'ind&#233;pendance parce qu'elle est dirig&#233;e par le PQ, un parti qui a &#233;t&#233; et qui reste un des fers de lance du libre-&#233;change et des politiques n&#233;olib&#233;rales sans compter ses prises de position ultra-chauvines lors de la crise d'Oka et de la controverse de Grande-Baleine. Cette gauche anglophone cache ainsi hypocritement son chauvinisme en confondant lutte contre l'oppression nationale et direction de cette lutte. On pourrait d'ailleurs &#233;voquer la m&#234;me logique &#224; propos de la lutte du peuple palestinien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position de l'UFP rel&#232;verait-elle du m&#234;me moule ? Faut-il rappeler que &#034; Mohawk Inc. &#034; est &#224; la nation Kanienke'haka ce que &#034; Qu&#233;bec Inc. &#034; est &#224; la nation qu&#233;b&#233;coise, chacun s'ins&#233;rant dans la globalisation n&#233;olib&#233;rale selon ces possibilit&#233;s financi&#232;res, industrielles et commerciales ? Faut-il rappeler que le capitalisme mafieux, c'est-&#224;-dire ill&#233;gal selon le droit bourgeois comme l'est par exemple le commerce de la marijuana - que l'UFP veut &#224; juste titre rendre l&#233;gal - et des cigarettes tout comme celui des, partiellement, des armes - que plusieurs souhaitent rendre compl&#232;tement ill&#233;gal - et des jeunes femmes, est une composante importante du capitalisme n&#233;olib&#233;ral ? Faut-il rappeler qu'il y a plein de passerelles entre le capitalisme ill&#233;gal et celui l&#233;gal comme la connivence des monopoles du tabac et celle des banques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;clencheur de la crise est cette op&#233;ration polici&#232;re d&#233;cid&#233;e par la majorit&#233; du Conseil de bande et financ&#233;e en secret par le gouvernement f&#233;d&#233;ral, &#224; l'insu donc du gouvernement qu&#233;b&#233;cois. M&#234;me si la m&#232;che n'avait pas &#233;t&#233; vendue, cette op&#233;ration aurait provoqu&#233;e une crise car ce capitalisme mafieux, tout in&#233;gal et corrupteur soit-il comme n'importe quel capitalisme n&#233;olib&#233;ral l&#233;gal, est presque le seul secteur n&#233;olib&#233;ral accessible pour le d&#233;veloppement &#233;conomique de la nation Kanienke'haka dans le cadre de la mondialisation marchande et guerri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce &#224; dire qu'il faille accepter cette fatalit&#233; ? Bien s&#251;r que non. Pas plus que l'UFP n'accepte &#034; Qu&#233;bec Inc. &#034; Mais c'est l&#224; une autre histoire et la mani&#232;re de le r&#233;soudre ne passe pas par l'imposition de &#034; l'&#233;tat de droit &#034; de la soci&#233;t&#233; &#034; blanche &#034;. Il faut d'abord dire non &#224; toute ing&#233;rence, surtout &#224; l'emploi de la force. M&#234;me une op&#233;ration men&#233;e exclusivement par des policiers aborig&#232;nes est une ing&#233;rence car ce corps policier est compl&#232;tement encadr&#233;e par la GRC et la SQ et que toute op&#233;ration d'envergure doit n&#233;cessairement recourir &#224; leur logistique. C'est l&#224; l'&#233;quivalent d'une arm&#233;e indig&#232;ne coloniale ou d'un corps policier financ&#233;, form&#233; et encadr&#233; par le colonisateur comme par exemple en Iraq.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Demander &#034; ... une enqu&#234;te publique sous contr&#244;le du gouvernement l&#233;gitime de la communaut&#233;... &#034; rel&#232;ve de l'erreur d'analyse et de l'ing&#233;rence. Accepterions-nous que le NPD f&#233;d&#233;ral exige, par exemple, une enqu&#234;te publique sur, disons, le g&#233;n&#233;reux programme de subventions aux entreprises mises sur pied par le PQ ? Il faut vivre avec &#034; Mohawk Inc. &#034; tout comme nous sommes bien oblig&#233;s de vivre avec &#034; Qu&#233;bec Inc. &#034; malgr&#233; tous les inconv&#233;nients et les souffrances que nous causent l'un et l'autre. Quant &#224; demander la d&#233;mission du ministre Chagnon, cette requ&#234;te n'est pas &#224; la hauteur d'un parti de gauche qui ne veut pas ravaler des causes sociales &#224; une affaire de personnalit&#233;. Laissons cela aux partis bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire alors ? Il n'y a pas d'exp&#233;dient ni de raccourci qui ne soit pas de l'interventionnisme. Il faut au moins reprendre le patient travail d'information, de liaison et de mobilisation de l'ancien Regroupement de solidarit&#233; avec les Autochtones form&#233; apr&#232;s la crise d'Oka en 1990. Pourquoi l'UFP, &#034; seul ou avec d'autres &#034;, n'organiserait-elle pas des rencontres ou assembl&#233;es publiques avec des porte-parole de diff&#233;rents courants nationalistes - ou de gauche s'il y en a - de la nation Kanienke'haka ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne suffit pas de maintenir des rapports avec l'Assembl&#233;e des Premi&#232;res nations, tr&#232;s li&#233;e &#224; la structure f&#233;d&#233;raliste des Conseils de bande. Cette Assembl&#233;e est aux nations aborig&#232;nes ce que sont les hautes directions syndicales sont au prol&#233;tariat. Que ce soit avec l'Assembl&#233;e ou avec les divers courants nationalistes aborig&#232;nes, des rapports sont n&#233;cessaires mais tout en maintenant une attitude critique. C'&#233;tait l&#224;, peut-&#234;tre, le point faible de l'ancien Regroupement de solidarit&#233; qui se complaisait dans une attitude quelque peu &#034; wannabee &#034;, ce qui lui enlevait de la cr&#233;dibilit&#233; au sein de la mouvance sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il aussi souligner que tout &#233;change et dialogue entre organisations sociales de nos nations ne peut que contribuer &#224; abaisser le tr&#232;s haut mur des m&#233;fiances r&#233;ciproques. Qui sait, un jour prochain y aura-t-il la dynamique et la confiance n&#233;cessaires pour en arriver &#224; un processus de table ronde sur la base de la reconnaissance des droits territoriaux, de l'autonomie gouvernementale et de la r&#233;paration des immenses torts historiques dus &#224; des si&#232;cles de colonialisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s tout, nos gouvernements n&#233;gocient bien avec les nations innu, cree et inuit. Mais il est vrai que ces n&#233;gociations par en haut se font sur la base de l'acc&#232;s aux pr&#233;cieuses ressources naturelles qui se retrouvent sur leurs territoires historiques et que n'ont pas les nations aborig&#232;nes du Sud parqu&#233;es sur des r&#233;serves exsangues et souvent pollu&#233;es. Il n'est pas certain que les &#034; paix des braves &#034; n&#233;goci&#233;es entre &#233;lites ne soient pas conclues aux d&#233;pens des peuples tant qu&#233;b&#233;cois qu'aborig&#232;nes et pour le plus grand b&#233;n&#233;fice des &#034; pommes &#034;, rouge en dehors et blanc au dedans, et des &#034; citrons &#034;, plein d'am&#232;res promesses d&#233;magogiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut se rendre compte que la question nationale aborig&#232;ne est la question test de la gauche qu&#233;b&#233;coise tout comme la question nationale qu&#233;b&#233;coise l'est pour la gauche canadienne anglaise. La lib&#233;ration nationale et sociale du Qu&#233;bec, notre objectif strat&#233;gique, ne se fera pas sans une alliance avec les nations aborig&#232;nes ni une forte mobilisation du prol&#233;tariat canadien anglais en appui &#224; notre propre mobilisation. Il faut pour cela une position internationaliste et anti-imp&#233;rialiste cristalline &#224; propos de la question aborig&#232;ne tout comme le prol&#233;tariat qu&#233;b&#233;cois exige, et n'obtient pas jusqu'ici, un appui clair &#224; sa lutte pour l'ind&#233;pendance pour se lier organiquement avec le prol&#233;tariat canadien anglais dans une lutte commune contre les politiques n&#233;olib&#233;rales de Bay Street et de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;lundi 26 janvier 2004,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;par Marc Bonhomme&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Crise de Kahnesatake </title>
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&lt;p&gt;Pommes, nationalisme mafieux, &#171; realpolitik &#187; et l&#226;chet&#233; Le bricolage pour r&#233;gler la crise de 1990 aura accouch&#233;&#8230; d'une autre crise. Tant bien que mal, en regroupant les terres achet&#233;es pour remplir plus ou moins les trous du damier terres priv&#233;es autochtones &#8212; terres priv&#233;es &#171; blanches &#187;, on a fait de Kahnesatake une quasi-r&#233;serve avec son Conseil de bande sous tutelle f&#233;d&#233;rale et encadr&#233; d'ententes Ottawa-Qu&#233;bec. &lt;br class='autobr' /&gt;
Coinc&#233;, le Conseil de bande sait qu'il ne sera appuy&#233; en termes de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pommes, nationalisme mafieux, &#171; realpolitik &#187; et l&#226;chet&#233; Le bricolage pour r&#233;gler la crise de 1990 aura accouch&#233;&#8230; d'une autre crise. Tant bien que mal, en regroupant les terres achet&#233;es pour remplir plus ou moins les trous du damier terres priv&#233;es autochtones &#8212; terres priv&#233;es &#171; blanches &#187;, on a fait de Kahnesatake une quasi-r&#233;serve avec son Conseil de bande sous tutelle f&#233;d&#233;rale et encadr&#233; d'ententes Ottawa-Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coinc&#233;, le Conseil de bande sait qu'il ne sera appuy&#233; en termes de financement minimum pour les services de base et en termes d'autonomie restreinte et conditionnelle que s'il respecte la politique des gouvernements blancs. Ainsi, ce Conseil, vis-&#224;-vis la communaut&#233; qui l'a &#233;lu selon les r&#232;gles impos&#233;es du colonisateur, en devient-il un conseil de &#171; pommes &#187;&#8230; rouge au dehors et blanc en dedans. Il doit collaborer avec la GRC et la SQ, que ce soit avec z&#232;le ou r&#233;ticence, pour faire respecter la loi blanche. Cependant, il n'est nullement question de lui donner les moyens l&#233;gaux - c'est-&#224;-dire l'autod&#233;termination sur un territoire suffisamment grand - et financiers - c'est-&#224;-dire compenser les immenses torts historiques de la conqu&#234;te et de l'occupation - pour au moins mettre &#224; niveau leur d&#233;veloppement socio-&#233;conomique avec celui de la soci&#233;t&#233; blanche qui l'entoure de toute part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de surprenant qu'&#224; cette politique de mis&#232;re, de r&#233;pression et de servilit&#233; ne r&#233;ponde une forte opposition nationaliste d'autant plus que la nation Kanienke'haka (Mohawk) est l'une des h&#233;riti&#232;res de la puissante Conf&#233;d&#233;ration des cinq puis six nations (Hodenausaunee) qui pendant longtemps &#224; trait&#233; d'&#233;gal &#224; &#233;gal avec les puissances fran&#231;aise, britannique et &#233;tasunienne. Qui dit opposition nationaliste, cependant, ne dit pas opposition de gauche ni m&#234;me progressiste bien que de tels courants existent au sein de la nation Mohawk. Le vent n&#233;olib&#233;ral qui souffle fort depuis 25 ans a fait en tel sorte que le courant nationaliste qui s'est impos&#233; est le nationalisme n&#233;olib&#233;ral, exactement comme au Qu&#233;bec avec &#171; Qu&#233;bec Inc. &#187; soutenu par le PQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, la nation Kanienke'haka n'a ni la taille d&#233;mographique (moins que 10 000 habitants), ni territoriale (trois r&#233;serves exsangues et souvent pollu&#233;es) ni &#233;conomique (pas de base industrielle ou commerciale ou de service) que le Qu&#233;bec a et surtout elle est handicap&#233;e par une histoire de forte oppression &#224; laquelle participe le Qu&#233;bec tout comme le Canada. Dans ces conditions, sauf rare exception, aucune institution financi&#232;re ou transnationale ne va leur consentir du financement pour se construire des entreprises nationales capables de performer dans la soci&#233;t&#233; &#171; blanche &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le capitalisme n&#233;olib&#233;ral comporte un large secteur ill&#233;gal si ce n'est mafieux dont font partie en tout ou en partie, le trafic de la drogue, des armes, des jeunes femmes pour la prostitution et la contrebande de toute sorte. C'est la br&#232;che dans laquelle s'ins&#232;re &#171; Mohawk Inc. &#187;. Ainsi, se construit un embryon de bourgeoisie Kanienke'haka prot&#233;g&#233; par ses propres forces arm&#233;es, l&#233;gales et ill&#233;gales, et qui apporte &#224; la communaut&#233; un d&#233;veloppement &#233;conomique selon ses int&#233;r&#234;ts, c'est-&#224;-dire in&#233;gal et tronqu&#233;, dans le cadre contraignant du colonialisme &#171; blanc &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire face &#224; la r&#233;cente crise politique, &#233;manation d'une crise socio-&#233;conomique permanente, le PLQ a opt&#233; pour la &#171; realpolitik &#187; la plus crue. Pourtant alli&#233; strat&#233;gique du Conseil de bande, il a plut&#244;t opt&#233; pour r&#233;gler la crise en n&#233;gociant avec le camp le plus fort et donc &#224; son b&#233;n&#233;fice. Tout ce qui l'int&#233;resse, c'est d'emp&#234;cher un nouvel Oka non pas pour sauver des vies mais pour ne pas devoir r&#233;gler les probl&#232;mes de fond que sont les droits territoriaux et le &#171; self-government &#187; avec des moyens financiers &#224; l'avenant. Quant au gouvernement f&#233;d&#233;ral, trop heureux de pouvoir compte sur un gouvernement servile au Qu&#233;bec, il se r&#233;fugie l&#226;chement dans le silence m&#234;me s'il est constitutionnellement le premier responsable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de Kahnesatake ne se r&#232;gle pas par l'ing&#233;rence et encore moins par le recours &#224; la force. Il faut n&#233;gocier avec toutes les associations repr&#233;sentatives de la communaut&#233; - sans oublier les femmes terriblement absentes, lors de ce drame - sur la base d'une reconnaissance du droit &#224; l'autod&#233;termination de la nation Kanienke'haka et de la r&#233;paration des immenses torts historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marc Bonhomme, 17 janvier 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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