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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Formation marxiste et r&#233;volutionnaire</title>
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		<dc:date>2012-01-21T03:15:29Z</dc:date>
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		<dc:creator>Gauche socialiste</dc:creator>


		<dc:subject>Mouvement altermondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>Marxisme</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cosocialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Formation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#201;coutez et visionnez les conf&#233;rences de l'&#201;cole Altermondialiste 2011 de l'Institut internationale de recherche et de formation (IIRE) bas&#233; &#224; Amsterdam. Un regard anticapitaliste, &#233;cologiste et f&#233;ministe sur les grands enjeux mondiaux actuels. &lt;br class='autobr' /&gt; L'IIRE d'Amsterdam est fier de pouvoir vous pr&#233;senter les enregistrements en streaming vid&#233;o et audio des expos&#233;s de l'&#201;cole Altermondialiste de 2011. Vous trouverez les liens pour chaque expos&#233; ainsi que les mat&#233;riels de lecture dans l'espace en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Formation-internationale-" rel="directory"&gt;Formation internationale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Marxisme-+" rel="tag"&gt;Marxisme&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Formation-+" rel="tag"&gt;Formation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH150/arton3272-1992c.png?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#201;coutez et visionnez les conf&#233;rences de l'&#201;cole Altermondialiste 2011 de l'Institut internationale de recherche et de formation (IIRE) bas&#233; &#224; Amsterdam. Un regard anticapitaliste, &#233;cologiste et f&#233;ministe sur les grands enjeux mondiaux actuels.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'IIRE d'Amsterdam est fier de pouvoir vous pr&#233;senter les enregistrements en streaming vid&#233;o et audio des expos&#233;s de l'&#201;cole Altermondialiste de 2011. Vous trouverez les liens pour chaque expos&#233; ainsi que les mat&#233;riels de lecture dans l'espace en bas. Vous choisissez ou bien la langue originale ou bien une des deux traductions en simultan&#233;. Les langues utilis&#233;es sont l'anglais, le fran&#231;ais et l'espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://iire.org/fr/component/content/article/248-video-and-audio-&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;SUIVEZ LE LIEN&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La &#171; d&#233;mondialisation &#187; : un concept superficiel et dangereux</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-demondialisation-un-concept-superficiel-et-dangereux</link>
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		<dc:date>2011-06-13T13:21:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Conseil scientifique d'Attac-France</dc:creator>


		<dc:subject>Mouvement altermondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;bat politique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Analyse d'un groupe de membres du Conseil scientifique d'Attac France. Ils s'inqui&#232;tent de la fortune rencontr&#233;e par la &#171; d&#233;mondialisation &#187;, qui induirait la suspension des logiques de coop&#233;ration n&#233;cessaires au progr&#232;s des droits sociaux sans r&#233;soudre aucune des crises actuelles. &lt;br class='autobr' /&gt; ---- Par Genevi&#232;ve Azam, Jacques Cossart, Thomas Coutrot, Jean-Marie Harribey, Michel Husson, Pierre Khalfa, Dominique Plihon, Catherine Samary et Aur&#233;lie Trouv&#233;. La violence de la crise mondiale et l'&#233;chec (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Debats-politiques-" rel="directory"&gt;D&#233;bats politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-altermondialisation-+" rel="tag"&gt;Mouvement altermondialisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Debat-politique-+" rel="tag"&gt;D&#233;bat politique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH134/arton3186-bbb58.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='134' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Analyse d'un groupe de membres du Conseil scientifique d'Attac France. Ils s'inqui&#232;tent de la fortune rencontr&#233;e par la &#171; d&#233;mondialisation &#187;, qui induirait la suspension des logiques de coop&#233;ration n&#233;cessaires au progr&#232;s des droits sociaux sans r&#233;soudre aucune des crises actuelles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Par Genevi&#232;ve Azam, Jacques Cossart, Thomas Coutrot, Jean-Marie Harribey, Michel Husson, Pierre Khalfa, Dominique Plihon, Catherine Samary et Aur&#233;lie Trouv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La violence de la crise mondiale et l'&#233;chec des politiques n&#233;olib&#233;rales aggrav&#233;es font fuser de partout des propositions en apparence iconoclastes. La mondialisation n&#233;olib&#233;rale reposant sur la libre circulation des capitaux et la financiarisation du monde, les d&#233;sastres provoqu&#233;s par ces politiques ont suscit&#233; l'&#233;mergence &#224; la fin des ann&#233;es 1990 d'un mouvement initialement qualifi&#233; par les m&#233;dias d'&#171; antimondialiste &#187;, qui, en m&#251;rissant, s'est lui-m&#234;me rebaptis&#233; &#171; altermondialiste &#187;. Mais l'apparition r&#233;cente de la th&#233;matique de la &#171; d&#233;mondialisation &#187; risque de nous ramener beaucoup plus de dix ans en arri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; d&#233;mondialisation &#187; est un concept &#224; la fois superficiel et simpliste. Superficiel parce que, &#224; la racine de la financiarisation mondialis&#233;e, il y a les d&#233;cisions de forces sociales et de gouvernements nationaux, d&#233;cid&#233;s &#224; remettre en cause partout les droits sociaux. L'oligarchie n'est pas &#233;trang&#232;re, l'ennemi n'est pas le travailleur chinois. Simpliste car les r&#233;ponses &#224; la crise n&#233;cessitent &#171; plus de mondialisation &#187; dans certains domaines et &#171; moins de mondialisation &#187; dans d'autres, mais exigent surtout une mutation radicale de la logique m&#234;me de la mondialisation (alter-mondialisation)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, il faut &#233;videmment r&#233;duire les flux de marchandises et de capitaux, et relocaliser les syst&#232;mes productifs. Pour des motifs sociaux : stopper la concurrence entre travailleurs et paysans du monde, valoriser la diversit&#233; des savoirs et des pratiques sociales, nourrir les populations et assurer la souverainet&#233; alimentaire. Pour des motifs &#233;cologiques : r&#233;duire les &#233;missions de CO2, diminuer la pression sur les ressources naturelles et leur pillage. Pour des motifs politiques : retrouver des formes de d&#233;mocratie proche des citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, de l'autre, il faut plus de coop&#233;ration europ&#233;enne et mondiale dans bien des domaines &#224; mutualiser : sauvegarde des &#233;cosyst&#232;mes, gestion et r&#233;partition des ressources rares qui font partie des biens communs (eau, terre, &#233;nergie, alimentation, savoirs, techniques, m&#233;dicaments&#8230;), mondialisation des droits sociaux par l'application des conventions de l'Organisation internationale du travail&#8230; Les r&#233;volutions arabes, leur &#233;cho en Europe et ailleurs, montrent &#224; nouveau la n&#233;cessit&#233; de l'internationalisation des luttes, port&#233;es partout par les m&#234;mes aspirations &#224; la justice et &#224; la d&#233;mocratie. Ce n'est pas &#171; la mondialisation &#187; que nous rejetons, mais la mondialisation n&#233;olib&#233;rale et capitaliste, telle qu'elle est organis&#233;e par les int&#233;r&#234;ts des firmes multinationales, les &#171; march&#233;s &#187; et les grandes puissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous affirmons qu'il faut en finir avec cette id&#233;e absurde selon laquelle le FN (Front national) poserait les bonnes questions (contre le &#171; mondialisme &#187;) mais n'apporterait pas les bonnes r&#233;ponses. Le FN ne propose pas les bonnes r&#233;ponses parce qu'il ne pose pas les bonnes questions. Le retour &#224; des r&#233;gulations essentiellement nationales ne r&#233;soudrait aucun des probl&#232;mes qui se posent aujourd'hui &#224; nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise sociale ? Le ch&#244;mage incompressible, la pr&#233;carit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e, la destruction progressive du droit du travail, de la protection sociale et des services publics au sein des pays d&#233;velopp&#233;s, ne sont pas d'abord imputables aux pays &#233;mergents mais aux politiques syst&#233;matiques amorc&#233;es &#224; la fin des ann&#233;es 1970 lorsque les classes dominantes ont entrepris de r&#233;tablir la rentabilit&#233; des capitaux. L'effondrement de la part salariale dans la valeur ajout&#233;e s'est produit pendant la d&#233;cennie 1980, bien avant que la Chine devienne l'atelier du monde. On ne renversera pas le dogme de la &#171; cr&#233;ation de valeur pour l'actionnaire &#187; en commen&#231;ant par des droits de douane contre la Chine mais par une redistribution des richesses dans nos pays et entre pays. La r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s passe au plan mondial par l'annulation des dettes des pays pauvres et la reconnaissance de la dette &#233;cologique ; &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne, par l'instauration de v&#233;ritables transferts budg&#233;taires vers les pays moins d&#233;velopp&#233;s ; au plan national, par une r&#233;forme fiscale instaurant un revenu maximum et une forte progressivit&#233; de l'imp&#244;t. La &#171; d&#233;mondialisation &#187; n'apporterait rien &#224; l'affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise europ&#233;enne ? Certains &#233;conomistes de gauche pensent que la solution passe par une sortie de l'euro et une d&#233;valuation du franc retrouv&#233;. Le FN (Front national) rebondit sur ces propositions, adoptant le sc&#233;nario et m&#234;me le tempo propos&#233;s. Nous pensons que ces projets ne peuvent qu'accentuer les difficult&#233;s au lieu de les r&#233;soudre. Une monnaie nationale ne prot&#232;ge ni du n&#233;olib&#233;ralisme, ni de la sp&#233;culation, ni du productivisme : a-t-on vu quelque gouvernement britannique s'opposer au n&#233;olib&#233;ralisme du fait qu'il disposait de la livre sterling ? Le franc, la livre ou la lire &#233;taient-ils des boucliers contre les attaques sp&#233;culatives ? Et le capitalisme appuy&#233; sur les &#171; Etats souverains &#187; n'a-t-il pas produit un mod&#232;le de consommation destructeur, pill&#233; les pays du Sud et creus&#233; la dette &#233;cologique du Nord ? La Banque de France, qui ne fait plus d'avances au Tr&#233;sor public depuis 1973, m&#232;nerait-elle par nature une politique plus sociale que la Banque centrale europ&#233;enne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, &#224; l'heure d'une crise aussi grave, le d&#233;ferlement de politiques unilat&#233;rales tournerait le dos d&#233;finitivement &#224; une coop&#233;ration entre les peuples. Une d&#233;valuation unilat&#233;rale ne ferait qu'enclencher des mesures de r&#233;torsion et une aggravation de la guerre &#233;conomique entre pays europ&#233;ens. Au moment o&#249; les convergences des r&#233;sistances et des initiatives populaires mettent au contraire en &#233;vidence la n&#233;cessit&#233; de d&#233;cisions europ&#233;ennes fortes en mati&#232;re de fonds tourn&#233;s vers la recherche, l'&#233;ducation, la sant&#233; de base, les grandes infrastructures de transports publics, la transition &#233;nerg&#233;tique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partisans de la d&#233;mondialisation pr&#233;sentent celle-ci comme la condition d'une r&#233;industrialisation. Mais un v&#233;ritable projet &#233;mancipateur ne peut se contenter de vouloir r&#233;industrialiser sans examiner le contenu des projets industriels pour qu'ils s'ins&#232;rent dans une reconversion d'ensemble du mod&#232;le de d&#233;veloppement. Il est impossible de revenir au capitalisme d'apr&#232;s-guerre, fond&#233; sur des gains de productivit&#233; tr&#232;s &#233;lev&#233;s d&#233;sormais hors d'atteinte et sur le pillage des ressources non renouvelables, surtout dans le Tiers-monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne croyons pas que le retour au national r&#233;soudrait la crise de la d&#233;mocratie car celle-ci est profond&#233;ment enracin&#233;e dans des m&#233;canismes qui, y compris au niveau national, &#233;cartent les citoyens des d&#233;cisions qui les concernent. La d&#233;mocratie doit se construire partout o&#249; les pouvoirs de d&#233;cisions d&#233;terminent notre existence, c'est-&#224;-dire du local au mondial, m&#234;me si &#233;videmment le niveau national garde toute son importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est urgent de &#171; r&#233;volutionner &#187; la maison Europe, il faut commencer par le commencement : s'attaquer au pouvoir du capital en restreignant sa libert&#233; de mouvement, refonder la fiscalit&#233;, les services publics, la protection sociale, le travail d&#233;cent ; s'attaquer au productivisme et &#224; ses variantes. Les mobilisations sociales contre l'aust&#233;rit&#233; qui montent en Europe sont un levier pour engager une v&#233;ritable transformation de la soci&#233;t&#233;. Il sera alors n&#233;cessaire, pour le ou les gouvernements voulant rompre avec le n&#233;olib&#233;ralisme, de briser le carcan des trait&#233;s europ&#233;ens, au besoin en mena&#231;ant de faire voler en &#233;clats cet euro-l&#224;, de mani&#232;re concert&#233;e avec d'autres peuples et mouvements sociaux. Mais cela n'aura aucunement le m&#234;me sens que le repli national qui se profile derri&#232;re la notion de d&#233;mondialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous tirons la sonnette d'alarme parce que les politiques d'aust&#233;rit&#233;, aggravant la crise, m&#232;nent les soci&#233;t&#233;s au bord de l'explosion : Gr&#232;ce, Portugal, Espagne, Irlande. Demain, Belgique, Italie, France ? C'est dans ces moments d'extr&#234;me tension que les politiques brunes se fraient un chemin sous les d&#233;guisements les plus divers. La guerre commerciale et mon&#233;taire aggraverait la concurrence entre les &#201;tats et d&#233;truirait l'id&#233;al de solidarit&#233; que doit porter tout projet progressiste. Qui osera proposer la d&#233;mondialisation et le repli national aux participants du Forum social mondial, aux jeunes en lutte sur la Place Tahrir ou &#224; la Puerta del Sol ? Bien au contraire, la conqu&#234;te n&#233;cessaire de la souverainet&#233; d&#233;mocratique au plan national doit s'articuler &#224; la construction de mouvements sociaux et citoyens europ&#233;ens et internationaux, qui seuls permettront d'&#233;viter que les conflits sociaux ne soient d&#233;tourn&#233;s vers des logiques de rivalit&#233;s nationales et identitaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://www.alencontre.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ecrasante victoire du &#034;non&#034; avec 55 %</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Ecrasante-victoire-du-non-avec-55</link>
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		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement altermondialisation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le non vient donc de l'emporter. C'est une victoire magnifique pour tous ceux qui souffrent depuis de nombreuses ann&#233;es des m&#233;faits des politiques lib&#233;rales men&#233;es avec constance depuis plus de vingt ans. Une victoire pour le monde du travail face &#224; un projet de constitution qui entendait annuler l'ensemble des conqu&#234;tes accumul&#233;es au XX&#176; si&#232;cle. Victoire pour les populations soumis &#224; une marchandisation croissante qui d&#233;truit les services publics et les solidarit&#233;s. Apr&#232;s une campagne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mondialisation-+" rel="tag"&gt;Mondialisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Europe-50-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-altermondialisation-+" rel="tag"&gt;Mouvement altermondialisation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH113/arton1242-c2382.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le non vient donc de l'emporter. C'est une victoire magnifique pour tous ceux qui souffrent depuis de nombreuses ann&#233;es des m&#233;faits des politiques lib&#233;rales men&#233;es avec constance depuis plus de vingt ans. Une victoire pour le monde du travail face &#224; un projet de constitution qui entendait annuler l'ensemble des conqu&#234;tes accumul&#233;es au XX&#176; si&#232;cle. Victoire pour les populations soumis &#224; une marchandisation croissante qui d&#233;truit les services publics et les solidarit&#233;s. Apr&#232;s une campagne ahurissante mobilisant l'ensemble des medias et des &#233;lites au service du oui, o&#249; le pr&#233;sident, le gouvernement, le patronat, les partis institutionnels ont organis&#233; une campagne de la peur n'h&#233;sitant sans aucune forme de chantage ou de pression, le non l'a quand m&#234;me emport&#233;. Quelle d&#233;faite pour les forces qui ont tout utilis&#233; : les peurs, les insultes, les amalgames avec l'extr&#234;me droite pour masquer les v&#233;ritables enjeux. Qui ont mobilis&#233; tant de moyens face &#224; ceux d&#233;risoires mais militants du non. On a voulu faire pl&#233;bisciter une vision d&#233;sincarn&#233;e de l'Europe et voil&#224; que le non censure le lib&#233;ralisme. C'est une d&#233;faite pour celles et ceux qui r&#234;vent d'une soci&#233;t&#233; lib&#233;rale lib&#233;r&#233;e des entraves que repr&#233;sentent les r&#233;sistances du monde du travail et du peuple de ce pays, mais qui n'ont jamais au court de cette campagne assum&#233;e leur projet. Celui d'une soci&#233;t&#233; bas&#233;e sur le profit, la comp&#233;tition, la concurrence, les in&#233;galit&#233;s comme forces motrices en lieu et place de l'&#233;galit&#233;, de la coop&#233;ration et de la solidarit&#233;. Alors bien sur, ce n'est qu'une victoire qui ne changera pas tout face au rouleau compresseur capitaliste, l'Europe telle qu'elle est va continuer &#224; proposer des directives qui s'attaquent aux droits sociaux, les gouvernements vont poursuivre leurs offensives lib&#233;rales. Mais dans un contexte diff&#233;rent. Face &#224; un non social et d&#233;mocratique qui face &#224; l'Europe, aux peuples, aux travailleurs, rejette cette soci&#233;t&#233; du profit pour en proposer une autre. Ce non social et d&#233;mocratique s'adresse &#224; toute l'Europe, aux populations &#224; l'est comme &#224; l'ouest qui subissent de plein fouet la d&#233;molition de leurs droits sociaux. C'est un encouragement formidable pour les forces, nombreuses, qui elles aussi pensent qu'une autre Europe est possible &#224; condition de d&#233;faire cette Europe lib&#233;rale et capitaliste. A nous qui venons de refuser cette constitution de proposer des initiatives europ&#233;ennes dessinant une autre Europe. Une Europe qui harmoniserait les droits sociaux et d&#233;mocratiques par le haut. Une Europe qui ferait des crit&#232;res de convergences sociaux, de la mise en &#339;uvre d'un SMIC europ&#233;en, d'une fiscalit&#233; commune sur les capitaux, de la cr&#233;ation de v&#233;ritables services publics europ&#233;ens ; de v&#233;ritables priorit&#233;s. Une Europe qui &#233;tendrait &#224; toutes les femmes le droit &#224; l'avortement, &#224; tous les r&#233;sidents &#233;trangers l'&#233;galit&#233; des droits. Une Europe enfin de la paix, de la coop&#233;ration, solidaire du Sud de la plan&#232;te, qui, tournerait le dos &#224; l'OTAN et &#224; la remilitarisation promise par le Trait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chirac et Raffarin, qui m&#232;nent la politique lib&#233;rale inscrite dans le marbre du trait&#233;, viennent une nouvelle fois d'&#234;tre lourdement sanctionn&#233;s. Ceux qui nous ont promis le chaos, la crise, sont plus que jamais ill&#233;gitimes. Ils doivent d&#233;missionner. Le parlement qui aurait ratifi&#233; cette constitution &#224; pr&#232;s de 90% ne repr&#233;sente pas le pays r&#233;el. Cette assembl&#233;e doit &#234;tre dissoute, de nouvelles &#233;lections convoqu&#233;es. Laissera-t-on &#224; Chirac le soin de n&#233;gocier un futur plan B qui volerait la victoire du camp du non social ? Laissera t-on ce gouvernement continuer pendant deux ans &#224; poursuivre cette politique antisociale ? Ce vote montre une crise de la repr&#233;sentation majeure : si le vote n'avait eu lieu au parlement, c'est pr&#232;s de 90% des d&#233;put&#233;s et des s&#233;nateurs qui auraient ratifi&#233; le trait&#233;. C'est &#224; la proportionnelle que doit &#234;tre &#233;lue la prochaine assembl&#233;e. Le patronat mobilis&#233; &#224; fond pour un projet qui est fondamentalement le sien vient de subir un revers. A nous de profiter de cet affaiblissement de la droite et du patronat, sans attendre 2007, pour prendre une revanche sociale. Imposer une autre r&#233;partition des richesses et du travail, sauver et &#233;tendre les services publics, d&#233;fendre et &#233;largir la protection sociale. De ce point de vue les luttes r&#233;centes des travailleurs d'IBM et de Total montrent la voie &#224; suivre. Celle de la g&#233;n&#233;ralisation des luttes. A gauche les directions du PS et des verts ont voulu permettre en s'alliant &#224; la droite de faire passer une telle constitution. Eux aussi sont lourdement sanctionn&#233;s comme globalement toutes les forces qui assument le bilan de leur participation gouvernementale et de leur politique lib&#233;rale. D&#233;cidemment il y a bien deux gauches dans ce pays. Une gauche lib&#233;rale qui accepte les contraintes d'un capitalisme de plus en plus brutal et sauvage et qui accompagne les contre-r&#233;formes lib&#233;rales. Celle qui a provoqu&#233; le d&#233;sastre du 21 avril 2002, celle qui ne combat pas les projets de la droite, celle qui finalement a le m&#234;me projet &#233;conomique et social que la droite. Mais une autre gauche, un autre camp se sont d&#233;gag&#233;s dans cette campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le non social et d&#233;mocratique a &#233;t&#233; l'&#233;v&#233;nement de cette campagne. Il a pos&#233; les bonnes questions, lutt&#233; contre une campagne mensong&#232;re, et install&#233; le vrai d&#233;bat qui traverse le pays : pour ou contre le lib&#233;ralisme, accepter ou se r&#233;signer, face &#224; la brutalit&#233; de l'offensive patronale. Des milliers de d&#233;bats, des centaines de meetings, un millier de collectifs sont venus perturber la belle machine &#224; ratifier sans vague l'escroquerie lib&#233;rale et antid&#233;mocratique que repr&#233;sentait cette constitution. Regroupant tous ceux qui luttent, qui r&#233;sistent depuis de nombreuses ann&#233;es, le non porte l'espoir d'un autre monde, d'une autre Europe, d'une autre politique. Ce non l&#224; est l'avenir. Il est port&#233; par les luttes des jeunes et des travailleurs, il vient des combats des mouvements altermondialistes, il a permis la convergence de militants de la LCR, du PCF, d'&#233;colos et de socialistes pour un non antilib&#233;ral ainsi que la rencontre de ces militants politiques avec des syndicalistes, des militants associatifs. Cette convergence de force, ce soul&#232;vement de la France d'en bas, est l'&#233;v&#233;nement majeur de cette campagne. L'engagement de nombreux militants syndicalistes, d'&#233;quipes syndicales, d'Attac a &#233;t&#233; d&#233;terminant dans le succ&#232;s de la campagne. Ce qui a permis de lever de nombreux obstacles &#224; la convergences des forces Elle doit se poursuivre. C'est pourquoi nous proposons une rencontre nationale des 1000 collectifs du non pour d&#233;cider ensemble de continuer. Agir contre la droite et le patronat. Proposer une alternative au capitalisme lib&#233;ral en Europe comme en France qui redonne espoir &#224; celles et ceux de plus en plus nombreux qui ne r&#233;signent &#224; accepter les lois d'airain de cette soci&#233;t&#233; capitaliste. Les forces politiques qui se sont regroup&#233;s dans le cadre antilib&#233;ral de l'appel dit des 200 doivent &#233;galement, nous le proposons, se rencontrer rapidement pour encourager et d&#233;velopper de telles perspectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau europ&#233;en, un Forum social europ&#233;en doit permettre dans des d&#233;lais assez rapides de dessiner les contours d'une autre Europe sociale, solidaire et d&#233;mocratique. Un processus constituant d&#233;mocratique doit &#234;tre mis en discussion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Economistes, chercheurs et universitaires pour le NON</title>
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		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
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&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous un appel des &#233;conomistes avec, en guise de pr&#233;sentation, l'intervention faite par F. Lordon sur France Culture, le 18 mai 2005, lors du journal d'information de 13h. r&#233;d.( Tir&#233; du site &#192; l'encontre) &lt;br class='autobr' /&gt; F. Lordon : &#171; Des &#233;conomistes ont lu ce texte constitutionnel, ils ont &#233;labor&#233; des analyses critiques, ils ont mis divers textes en ligne ( http://econon.free.fr). Et maintenant ils lancent cet appel. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un appel &#224; double d&#233;tente. Dans un premier temps, nous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Europe-50-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-altermondialisation-+" rel="tag"&gt;Mouvement altermondialisation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous un appel des &#233;conomistes avec, en guise de pr&#233;sentation, l'intervention faite par F. Lordon sur France Culture, le 18 mai 2005, lors du journal d'information de 13h. r&#233;d.( Tir&#233; du site &#192; l'encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;F. Lordon : &#171; Des &#233;conomistes ont lu ce texte constitutionnel, ils ont &#233;labor&#233; des analyses critiques, ils ont mis divers textes en ligne ( &lt;a href=&#034;http://econon.free.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://econon.free.fr&lt;/a&gt;). Et maintenant ils lancent cet appel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un appel &#224; double d&#233;tente. Dans un premier temps, nous l'avons fait circuler dans un p&#233;rim&#232;tre restreint de la communaut&#233; universitaire et acad&#233;mique. Le but de la man&#339;uvre &#233;tait de produire un effet, si modeste f&#251;t-il, &#224; l'int&#233;rieur de ce champ intellectuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant il y a des chercheurs, des &#233;conomistes qui prennent parti pour le Non. Quelque 230 le 18 mai. En m&#234;me temps, il n'&#233;tait pas question de rejouer cette sc&#232;ne absolument ridicule des intellectuels en surplomb au-dessus de la soci&#233;t&#233;. Nos analyses ont vocation &#224; &#234;tre diffus&#233;es tr&#232;s largement. Il n'y aurait de pire que de faire de cet appel une sorte de talisman &#224; l'usage exclusif d'une pseudo-classe d'intellectuels. Cet appel s'adresse par cons&#233;quent &#224; tout le monde et nous appelons quiconque se reconna&#238;t dans ces th&#232;ses &#224; le signer, quel que soit son statut, sa profession ou sa raison sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'estimerais avoir fait &#339;uvre utile si je pouvais contribuer au moins &#224; d&#233;monter un argument qu'on voit beaucoup circuler. Je devrais plut&#244;t dire un contresens en forme d'argument qui consiste en l'id&#233;e que finalement critiquer le principe concurrentiel dans la construction europ&#233;enne, ce serait proposer de sortir de l'&#233;conomie de march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des chroniqueurs - sur cette cha&#238;ne m&#234;me - qui font des commentaires de ce type. Un affirmait : &#171; tous les pays europ&#233;ens consacrent au rang de principe constitutionnel la libre concurrence &#187;. Personnellement, je n'ai pas vu &#231;a dans la Constitution fran&#231;aise de 1958. Le &#171; collectivisme despotique s'est effondr&#233; de l'Albanie &#224; la Sib&#233;rie &#187;, ajoute ce chroniqueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est l'id&#233;e ? Nous n'aurions le choix en mati&#232;re &#233;conomique qu'entre deux formules : soit le capitalisme lib&#233;ralis&#233; d'aujourd'hui, soit le Gosplan sovi&#233;tique. La pens&#233;e par antinomie livre en g&#233;n&#233;ral des r&#233;sultats mis&#233;rables et c'est le cas ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pire, c'est que &#231;a prend 2,5 secondes pour le dire, mais il faut un peu plus pour la d&#233;faire. Si je peux m'y essayer. Il faut revenir &#224; des choses &#233;l&#233;mentaires. Economie de march&#233;, c'est une chose ; &#233;conomie de concurrence libre, ouverte, non distordue, c'est une autre chose. Ces deux id&#233;es ne sont pas identiques, l'une est plus g&#233;n&#233;rale que l'autre, c'est la premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Economie de concurrence libre &#224; tous les vents, ouverte, non distordue est une des modalit&#233;s possibles parmi plein d'autres de l'&#233;conomie de march&#233; en g&#233;n&#233;ral. Je vais vous donner un exemple pour mieux me faire comprendre. Pensez par exemple &#224; la France des ann&#233;es fordiennes, de 1945 &#224; 1975, c'est une &#233;conomie de march&#233;, incontestablement, nous n'&#233;tions pas dans une &#233;conomie centralement planifi&#233;e et la France ne faisait pas partie du Pacte de Varsovie, je vous fais une r&#233;v&#233;lation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime de la propri&#233;t&#233; (il y avait de grands secteurs nationalis&#233;s) est une chose, le r&#233;gime de la concurrence en est une autre. Nous &#233;tions dans une &#233;conomie de march&#233;, mais qui n'&#233;tait pas une &#233;conomie de concurrence ouverte &#224; tous les vents, de d&#233;r&#233;glementation radicale. Les mouvements de capitaux &#233;taient entrav&#233;s, les march&#233;s financiers &#233;taient croupions, les entreprises se livraient une concurrence que l'on qualifiait d'oligopolistique ou monopolistique. Ce qui veut dire qu'en mati&#232;re de concurrence on n'a pas le choix entre l'&#234;tre et le n&#233;ant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concurrence est une question de degr&#233; et les &#233;conomistes se sont cass&#233; la t&#234;te pour &#233;laborer toute une s&#233;rie de concepts qui permettraient de saisir les diff&#233;rentes intensit&#233;s de la concurrence. La concurrence peut &#234;tre pure et parfaite, elle peut &#234;tre oligopolistique, elle peut &#234;tre monopolistique. Il faut la doser, car elle n'est pas dos&#233;e dans la Constitution. On pourrait parler aussi du Japon des ann&#233;es 60 et 80.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En donnant ces exemples, je vois poindre une objection et je voudrais y r&#233;pondre par anticipation. Faisant r&#233;f&#233;rence &#224; ces exemples historiques, on va me dire : &#171; vous &#234;tes un nostalgique, vous voulez revenir &#224; la France fordienne &#187;. Pas du tout. Je fais r&#233;f&#233;rence &#224; ces exemples non par nostalgie, mais avec une intention conceptuelle et logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je veux simplement signifier par l&#224; que nous n'avons pas &#224; nous laisser enfermer dans cette antinomie intellectuelle du Gosplan ou du capitalisme compl&#232;tement lib&#233;ralis&#233;. L'histoire nous a montr&#233; qu'il y a plein de configurations interm&#233;diaires et qu'on pouvait en parcourir certaines. Et donc ce que l'histoire nous a montr&#233; que l'on pouvait faire jadis, pourquoi ne pas, &#233;videmment sous des formes originales et r&#233;invent&#233;es, le faire demain...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concurrence (dans l'UE) va devenir une vis&#233;e intransitive, c'est-&#224;-dire la concurrence pour la concurrence, parce qu'elle est r&#233;put&#233;e &#234;tre le meilleur syst&#232;me d'organisation &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est bien &#231;a qui fait d&#233;bat. Et il a fallu une vingtaine d'ann&#233;es pour que l'on commence &#224; percevoir les effets qui vont tr&#232;s loin et tr&#232;s profonds dans le tissu social de cette g&#233;n&#233;ralisation de la d&#233;r&#233;glementation de tous les march&#233;s, avec les d&#233;vastations que l'on sait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment l'opinion publique est &#224; un tournant. C'est un moment cl&#233; tout &#224; fait exceptionnel et qui permet de se poser une question : la construction europ&#233;enne, depuis sa relance au milieu des ann&#233;es 80, s'est choisi pour ligne de force, pour moteur principal, pour dynamique essentielle, la concurrence ; la concurrence dont elle fait un axiome. Et je le dis, car on le trouve dans des textes tout &#224; fait officiels et cela pour, selon ces textes, maximiser le bien-&#234;tre des populations. Cet axiome est d'une validit&#233; on ne peut plus limit&#233;e. Je trouve tout &#224; fait fascinant que la construction europ&#233;enne joue le destin de centaines de millions de personnes sur une id&#233;e g&#233;n&#233;rale d'&#233;conomistes dont on ignore tout de la validit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*********&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous, &#233;conomistes, votons, et appelons &#224; voter &#171; non &#187; au projet de trait&#233; constitutionnel europ&#233;en (TCE) pour deux raisons essentielles :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; il interdit de fait toute alternative aux politiques lib&#233;rales ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; il subordonne les droits sociaux au principe de concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La partie III (les politiques de l'Union) du texte soumis &#224; r&#233;f&#233;rendum est une compilation des trait&#233;s pr&#233;c&#233;dents. En votant &#171; oui &#187;, les citoyens avaliseraient les politiques n&#233;o-lib&#233;rales men&#233;es en Europe depuis vingt ans. Or le bilan de ces politiques est d&#233;sastreux : elles ont &#233;t&#233; incapables de soutenir la croissance et l'emploi, et ont conduit &#224; une r&#233;gression sociale permanente (privatisation des services publics, d&#233;construction des syst&#232;mes de protection sociale, accroissement des in&#233;galit&#233;s et de la pauvret&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'insertion de la Charte des droits fondamentaux (partie II) dans le trait&#233; ne peut &#234;tre interpr&#233;t&#233;e comme une avanc&#233;e. Les droits sociaux, souvent d&#233;finis au rabais, se trouvent encadr&#233;s par les prescriptions contraignantes de la partie III. Toute logique volontariste d'harmonisation est explicitement exclue et le projet s'en remet, selon une logique profond&#233;ment lib&#233;rale, au libre jeu du march&#233; pour assurer une telle harmonisation. En r&#233;alit&#233;, le TCE organise scrupuleusement une mise en concurrence des syst&#232;mes sociaux : en effet, au-del&#224; d'un seuil critique d'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;, qui a &#233;t&#233; d&#233;pass&#233; avec l'&#233;largissement, l'absence d'harmonisation par le haut signifie de fait l'harmonisation par le bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Toute la construction europ&#233;enne repose sur l'hypoth&#232;se que seule la concurrence g&#233;n&#233;ralis&#233;e permet d'augmenter le bien-&#234;tre des populations ! Or cette hypoth&#232;se est fausse. Tant l'histoire que le succ&#232;s de certains pays europ&#233;ens actuels montrent la possibilit&#233; de configurations &#233;conomiques performantes o&#249; la concurrence est restreinte et encadr&#233;e. C'est cette voie, qui allie efficacit&#233; &#233;conomique et justice sociale, qu'il faut explorer de nouveau plut&#244;t que de r&#233;p&#233;ter, comme le fait le TCE, la p&#233;tition de principe lib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la structure actuelle de la construction europ&#233;enne emp&#234;che d'aller dans la direction que nous d&#233;fendons. En effet, au niveau communautaire, tous les dispositifs institutionnels, et en particulier la r&#233;partition des domaines de comp&#233;tence entre ceux soumis &#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e et ceux requ&#233;rant l'unanimit&#233; des Etats membres, sont con&#231;us pour que la construction europ&#233;enne continue &#224; avancer &#171; en crabe &#187; : tr&#232;s vite pour tout ce qui rel&#232;ve de l'orthodoxie lib&#233;rale, &#224; grand-peine pour le social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, ce projet de trait&#233; est :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; anti-&#233;conomique : il &#233;rige au statut de norme absolue des politiques dont nombre de pays europ&#233;ens ont fait l'exp&#233;rience d&#233;sastreuse depuis au moins deux d&#233;cennies ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; anti-social : il soumet les droits sociaux &#224; un principe sup&#233;rieur de concurrence ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; anti-d&#233;mocratique : il ferme toute possibilit&#233; de mener des politiques autres que lib&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, ce projet est anti-europ&#233;en : il d&#233;chire les tissus sociaux, jette les peuples les uns contre les autres par toutes les forces de la concurrence, et les conduit &#224; un degr&#233; d'exasp&#233;ration au bout duquel il n'y aura plus que le rejet de l'id&#233;e europ&#233;enne elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vrais europ&#233;ens ne sont pas ceux qu'on croit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appel &#224; l'initiative de Bruno Amable, Jean Gadrey, Li&#234;m Hoang-Ngoc, Michel Husson, Fr&#233;d&#233;ric Lordon, Stefano Palombarini, Christophe Ramaux, Gilles Raveaud, Aur&#233;lien Sa&#239;di, Damien Sauze, Bruno Th&#233;ret, auteurs de l'ouvrage &#034;Douze &#233;conomistes contre le projet de Constitution europ&#233;enne&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Tous ensemble pour le &#171; non &#187; !</title>
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		<dc:date>2005-05-24T12:56:37Z</dc:date>
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		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement altermondialisation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mensonges grossiers, propagande d'&#201;tat, intox m&#233;diatique tellement outranci&#232;re que la profession s'en est &#233;mue : pour les partisans du &#171; oui &#187;, tout est bon. Tellement d&#233;sireux de montrer que, dans le sillage de la Constitution, l'Europe sociale est en marche, ils viennent de mettre en sc&#232;ne un &#171; d&#233;bat &#187; du Parlement europ&#233;en sur le temps de travail. Ainsi, l'opt out - disposition sc&#233;l&#233;rate qui permet de d&#233;roger &#224; la limitation du temps de travail &#224; 48 heures hebdomadaires et d'atteindre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH113/arton1235-05e07.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mensonges grossiers, propagande d'&#201;tat, intox m&#233;diatique tellement outranci&#232;re que la profession s'en est &#233;mue : pour les partisans du &#171; oui &#187;, tout est bon. Tellement d&#233;sireux de montrer que, dans le sillage de la Constitution, l'Europe sociale est en marche, ils viennent de mettre en sc&#232;ne un &#171; d&#233;bat &#187; du Parlement europ&#233;en sur le temps de travail. Ainsi, l'opt out - disposition sc&#233;l&#233;rate qui permet de d&#233;roger &#224; la limitation du temps de travail &#224; 48 heures hebdomadaires et d'atteindre all&#232;grement les 65 heures - aurait du plomb dans l'aile gr&#226;ce au vote des d&#233;put&#233;s europ&#233;ens. Et le ch&#339;ur des oui&#173;ouistes d'entonner les louanges des avanc&#233;es sociales de la construction europ&#233;enne ! Ce qu'ils oublient de dire : la Commission europ&#233;enne a tous les moyens de contourner cette d&#233;cision et elle a d&#233;j&#224; annonc&#233; qu'elle compte bien les utiliser. Elle va demander un vote en deuxi&#232;me lecture ; elle pourra alors constater la persistance du d&#233;saccord entre Parlement et Commission. La d&#233;cision finale sera renvoy&#233;e au Conseil des ministres... o&#249; le gouvernement britannique, qui tient absolument &#224; conserver cette disposition, se fait fort de r&#233;unir une minorit&#233; de blocage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela prendra quelque temps, de quoi passer tranquillement l'&#233;ch&#233;ance du 29 mai ! Car, bien s&#251;r, l'essentiel est de pouvoir continuer de faire croire que le Parlement europ&#233;en a aboli l'opt out. Il sera toujours bien temps, apr&#232;s le 29 mai, d'annoncer aux na&#239;fs que, finalement, tel n'est pas le cas. Ce qu'ils se gardent &#233;galement de dire : en &#233;change de cette abolition tr&#232;s &#171; virtuelle &#187;, les d&#233;put&#233;s europ&#233;ens ont accept&#233; que la limitation &#224; 48 heures par semaine soit calcul&#233;e sur l'ann&#233;e, et non plus sur une p&#233;riode de quatre mois. Le r&#233;sultat est couru d'avance : les pays o&#249; se pratique d&#233;j&#224; l'opt out continueront &#224; l'utiliser et les autres, gr&#226;ce &#224; l'annualisation, seront soumis &#224; une plus grande flexibilit&#233; ! L'op&#233;ration de propagande se double donc d'une grosse arnaque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait d&#233;j&#224; eu droit au m&#234;me sc&#233;nario sur la directive Bolkestein. Cette tentative d'aligner les acquis sociaux par le bas - au nom de la &#171; concurrence libre et non fauss&#233;e &#187; qui est le leitmotiv de la Constitution - faisait d&#233;sordre. Alors, Chirac, rejoint par les dirigeants de l'UMP et du PS, est mont&#233; au cr&#233;neau, sans s'attarder sur le fait que, lorsqu'ils si&#233;geaient &#224; la Commission europ&#233;enne, les repr&#233;sentants fran&#231;ais - Pascal Lamy (PS) et Michel Barnier (UMP) - avaient approuv&#233; cette directive. Il claironne aujourd'hui qu'il a fait c&#233;der la Commission et que, gr&#226;ce &#224; son action, la directive maudite va &#234;tre &#171; remise &#224; plat &#187;. Nouvelle arnaque : la Commission a signifi&#233; tr&#232;s clairement qu'elle continuait dans la m&#234;me voie. Simplement, elle attendra que les &#233;lecteurs fran&#231;ais aient vot&#233; avant de revenir &#224; la charge. Les Verts ont quand m&#234;me voulu faire du z&#232;le et, au Parlement europ&#233;en, ils ont pr&#233;sent&#233; une r&#233;solution visant &#224; &#233;carter le c&#339;ur de la directive, le fameux &#171; principe du pays d'origine &#187;. Las ! Leur r&#233;solution a &#233;t&#233; repouss&#233;e par une &#233;crasante majorit&#233; compos&#233;e de la droite, du Parti socialiste europ&#233;en, dont certains socialistes fran&#231;ais tels Pierre Moscovici. Ce dernier, partisan du &#171; oui &#187;, pr&#233;tend s'opposer &#224; la directive Bolkestein, lorsqu'il est &#224; Paris. Mais &#224; Bruxelles, il l'approuve ! Une vraie le&#231;on de chose...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me sc&#233;nario encore pour la privatisation de Gaz de France, initialement pr&#233;vue d&#233;but mai : quand on pr&#233;tend que la Constitution europ&#233;enne permet de d&#233;fendre les services publics, les privatiser &#224; tout-va ne constitue pas le meilleur argument ! On attendra donc le mois de juin, une fois pass&#233; le r&#233;f&#233;rendum. La campagne r&#233;f&#233;rendaire agit comme un r&#233;v&#233;lateur impitoyable. Qui sont les vrais leaders de la campagne du &#171; oui &#187;, sinon Chirac et Sarkozy ? Les dirigeants socialistes en sont r&#233;duits au rang e suppl&#233;tifs ! On nous bassine avec un argument d'autorit&#233; : la Constitution, c'est la porte enfin ouverte de l'Europe sociale. La preuve ? La Conf&#233;d&#233;ration europ&#233;enne des syndicats (CES) la soutient ! Gros pro&#173;bl&#232;me : m&#234;me s'ils se font discrets, ce sont surtout les patrons europ&#233;ens, regroup&#233;s au sein de l'Unice - le Medef europ&#233;en - qui en sont les principaux supporters. Et en quels termes ! Ils se f&#233;licitent que la fiscalit&#233; et les politiques sociales rel&#232;vent toujours de la r&#232;gle de l'unanimit&#233;, que le Parlement n'ait pas l'initiative des lois, que la banque centrale reste ind&#233;pendante et que la Constitution donne des indications &#171; pour guider la justice de l'UE et des &#201;tats membres &#187; afin d'emp&#234;cher &#171; l'expansion potentielle &#224; l'avenir de la port&#233;e des droits garantis par la charte &#187;. Pour une fois, on peut faire confiance ! Eux savent bien que la Constitution sert leurs int&#233;r&#234;ts et que la fameuse Charte des droits fondamentaux - la partie II de la Constitution - n'ouvrira aucun droit nouveau. Leurs raisons de satisfaction sont autant d'arguments qui confortent notre &#171; non &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, un dernier coup de collier ! Notre &#171; non &#187; est unitaire, populaire, anticapitaliste, de gauche et porteur d'espoir. Oui, vraiment, le 29 mai, le &#171; non &#187; peut gagner !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier Besancenot&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'int&#233;gration r&#233;gionale apr&#232;s l'&#233;chec de la Zone de libre-&#233;change des Am&#233;riques</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/L-integration-regionale-apres-l-echec-de-la-Zone-de-libre-echange-des-Ameriques</link>
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		<dc:date>2005-03-27T21:15:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement altermondialisation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;16 mars 2005 &lt;br class='autobr' /&gt;
Tous les gouvernements latino-am&#233;ricains parlent d'int&#233;gration, mais les avanc&#233;es concr&#232;tes pour la construire sont beaucoup plus difficiles que les simples d&#233;clarations. Apr&#232;s l'&#233;chec de la ZLEA (Zone de libre-&#233;change des Am&#233;riques ; en espagnol : ALCA), la r&#233;gion se trouve confront&#233;e au d&#233;fi de rester divis&#233;e, &#224; la merci des int&#233;r&#234;ts des grandes puissances ou d'entamer le chemin vers l'unit&#233; continentale. Et m&#234;me dans le cas o&#249; pr&#233;domineraient les th&#232;ses int&#233;grationnistes, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;16 mars 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les gouvernements latino-am&#233;ricains parlent d'int&#233;gration, mais les avanc&#233;es concr&#232;tes pour la construire sont beaucoup plus difficiles que les simples d&#233;clarations. Apr&#232;s l'&#233;chec de la ZLEA (Zone de libre-&#233;change des Am&#233;riques ; en espagnol : ALCA), la r&#233;gion se trouve confront&#233;e au d&#233;fi de rester divis&#233;e, &#224; la merci des int&#233;r&#234;ts des grandes puissances ou d'entamer le chemin vers l'unit&#233; continentale. Et m&#234;me dans le cas o&#249; pr&#233;domineraient les th&#232;ses int&#233;grationnistes, il reste &#224; d&#233;finir quel type d'int&#233;gration on pr&#233;tend construire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s deux si&#232;cles de vie ind&#233;pendante, les r&#233;publiques latino-am&#233;ricaines n'ont pas r&#233;ussi &#224; accomplir d'avanc&#233;e solide vers le d&#233;passement de la balkanisation, l'un des pires h&#233;ritages du colonialisme. Dans les cercles progressistes et d'activistes sociaux, on a coutume d'attribuer les difficult&#233;s que rencontre l'unit&#233; latino-am&#233;ricaine au travail de division qu'ont r&#233;alis&#233; les diff&#233;rents imp&#233;rialismes au long de l'Histoire. Cependant, un regard plus attentif sur les &#233;v&#233;nements de ces deux derniers si&#232;cles -depuis la d&#233;b&#226;cle pour forger l'unit&#233; de Sim&#243;n Bol&#237;var au Nord de l'Am&#233;rique du Sud et de Jos&#233; Artigas dans le R&#237;o de la Plata - permettrait de conclure que les difficult&#233;s naissent, aussi, des int&#233;r&#234;ts oppos&#233;s des multiples secteurs qui s'affrontent sur l'&#233;chiquier r&#233;gional.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 2005 s'est ouverte sur l'&#233;chec de la ZLEA dans les termes propos&#233;s par les Etats-Unis, et qui &#233;tait leur principal projet strat&#233;gique pour la r&#233;gion. L'id&#233;e de cr&#233;er un march&#233; unique avec les 34 pays am&#233;ricains supposait, dans les faits, de consolider l'h&#233;g&#233;monie des multinationales &#233;tats-uniennes et d'approfondir les politiques d'ajustement structurel -c'est-&#224;-dire le n&#233;olib&#233;ralisme- jusqu'&#224; les rendre pratiquement irr&#233;versibles, ce qui aurait cristallis&#233; l'h&#233;g&#233;monie des Etats-Unis dans le syst&#232;me international [1]. Lors du r&#233;cent Forum social mondial, qui s'est tenu &#224; Porto Alegre, de nombreuses voix ont fait observer que le premier janvier devrait &#234;tre une date de c&#233;l&#233;bration pour les mouvements sociaux, vu qu'en ce jour s'est mat&#233;rialis&#233;e une importante d&#233;faite de la diplomatie &#233;tats-unienne dans ses tentatives d'imposer la ZLEA. Malgr&#233; cette victoire, et les efforts de plusieurs pays pour convertir le Mercosur [2] &#233;largi en une alternative, le chemin de l'int&#233;gration r&#233;gionale continue d'&#234;tre pav&#233; de bonnes intentions et ne r&#233;colte que de beaux discours qui ne se concr&#233;tisent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;chec de la ZLEA et les limites de Washington&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les derni&#232;res ann&#233;es, les politiques &#233;labor&#233;es par la Maison blanche rencontrent des difficult&#233;s &#224; se mat&#233;rialiser. L'&#233;cueil le plus important est constitu&#233; par les mouvements sociaux de la r&#233;gion, articul&#233;s au sein de l'Alliance sociale continentale, qui ont orchestr&#233; des mobilisations continues contre la ZLEA, qui ont r&#233;ussi &#224; partir de 2002 &#224; faire sortir le d&#233;bat des milieux institutionnels et sp&#233;cialis&#233;s pour l'amener dans la rue et aux simples citoyens. Au niveau des gouvernements, l'opposition la plus tenace a &#233;t&#233; celle du gouvernement br&#233;silien pr&#233;sid&#233; par Luiz Ignacio &#171; Lula &#187; da Silva qui a &#233;bauch&#233; une politique ext&#233;rieure propre, qui s'est nettement diff&#233;renci&#233;e des propositions des Etats-Unis, et qui tend &#224; se constituer en p&#244;le de r&#233;f&#233;rence non seulement pour les &#233;tats de la r&#233;gion, mais pour une bonne part des &#233;tats du Sud du monde entier. La diplomatie d'Itamaraty [minist&#232;re des affaires &#233;trang&#232;res] a une longue trajectoire d'ind&#233;pendance, qui, avec la gestion de l'actuel ministre, Celso Amorim, a permis des avanc&#233;es percutantes pour tisser des liens Sud-Sud d'un nouveau type. Le Br&#233;sil a jou&#233; un r&#244;le d&#233;terminant dans la formation du Groupe des 20 (G-20), alliance qui s'oppose aux subventions agricoles du Nord, et qui est arriv&#233; &#224; faire d&#233;railler le sommet [de l'Organisation mondial du commerce] de Canc&#250;n, qui s'est tenu en septembre 2003 [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diplomatie br&#233;silienne est en train d'&#233;tablir de solides accords avec des pays &#233;mergeants comme la Chine, l'Inde et l'Afrique du Sud, dans une tentative de d&#233;passer la d&#233;pendance commerciale vis-&#224;-vis de l'Union europ&#233;enne et des Etats-Unis. Dans cette optique, elle a jou&#233; un double r&#244;le en ajournant la cr&#233;ation de la ZLEA et en luttant pour &#233;largir le Mercosur afin d'y inclure la quasi-totalit&#233; des pays de la r&#233;gion. Le premier objectif a &#233;t&#233; atteint efficacement, m&#234;me si le second - comme nous le verrons - se heurte &#224; des probl&#232;mes li&#233;s &#224; des d&#233;s&#233;quilibres et des oppositions d'int&#233;r&#234;ts entre le Br&#233;sil et l'Argentine, principalement. En d'autres termes, le Br&#233;sil s'est montr&#233; plus efficace pour ralentir la ZLEA que pour construire une int&#233;gration alternative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est s&#251;r, c'est que pour la premi&#232;re fois depuis de nombreuses ann&#233;es, la politique de Washington envers la r&#233;gion se heurte &#224; des limites pr&#233;cises, qui proviennent essentiellement du nouveau climat continental marqu&#233; par une perte de cr&#233;dibilit&#233; croissante du mod&#232;le lib&#233;ral. La r&#233;cente histoire de la ZLEA en t&#233;moigne. Le projet de ZLEA a s&#233;rieusement tr&#233;buch&#233; lors du sommet de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) de Canc&#250;n, o&#249; sont apparues avec clart&#233; les diff&#233;rences de fond. Robert Zoellick, responsable du commerce ext&#233;rieur &#233;tats-unien a essay&#233; d'adoucir la proposition initiale lors du VIII&#232;me sommet interminist&#233;riel des Am&#233;riques qui eut lieu &#224; Miami le 20 novembre 2003. Ce fut un &#233;v&#233;nement-cl&#233;. A ce niveau, Washington avait opt&#233; pour la flexibilit&#233; - en acceptant diff&#233;rents niveaux d'engagement entre les diff&#233;rents partenaires, ce que l'on a appel&#233; une &#171; ZLEA light &#187;- mais le r&#233;sultat de la r&#233;union fut un revers pour sa politique. D'apr&#232;s Lula, le Br&#233;sil a r&#233;ussi &#171; ce dont nous r&#234;vions : faire une ZLEA sur ce qui est possible, et laisser le reste pour (se) le disputer au sein de l'Organisation mondiale du commerce &#187; [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, l'&#233;chec de la ZLEA est d&#251; &#224; la r&#233;sistance tenace des mouvements de la r&#233;gion, mais aussi &#224; la politique inflexible de subventions &#224; l'agriculture et aux pratiques antidumping, th&#232;mes dont les Etats-Unis n'ont pas voulu d&#233;battre, tandis que les pays latino-am&#233;ricains se montraient r&#233;ticents &#224; ouvrir le secteur des achats gouvernementaux aux puissantes entreprises nord-am&#233;ricaines. Peu apr&#232;s la r&#233;union de Miami, l'ann&#233;e 2004 a connu une stagnation constante, au point de suspendre plusieurs des r&#233;unions pr&#233;vues. A partir de ce moment, les parties en pr&#233;sence ont commenc&#233; &#224; d&#233;placer leurs pi&#232;ces sur l'&#233;chiquier r&#233;gional : le Mercosur, men&#233; par le Br&#233;sil, chercha &#224; mettre en &#339;uvre son &#233;largissement, en essayant d'incorporer tous les pays du continent, et d'int&#233;grer la Communaut&#233; andine de nations (CAN) [5] &#224; cette dynamique, tout en cherchant &#224; sceller des accords avec d'autres pays, comme l'Inde, l'Afrique du Sud et m&#234;me l'Union europ&#233;enne. Les Etats-Unis, pour leur part, ont commenc&#233; une course pr&#233;cipit&#233;e pour &#233;tablir des accords bilat&#233;raux de libre-&#233;change (&#171; tratados de libre comercio &#187;, TLC), comme celui auquel avait d&#233;j&#224; souscrit le Chili, avec des pays de la CAN, comme la Bolivie, l'Equateur et le P&#233;rou. Washington n'a pas modifi&#233; sa strat&#233;gie, mais cherche &#224; la faire avancer par d'autres chemins. Dans cette lutte pr&#233;cipit&#233;e pour gagner des alli&#233;s et isoler l'adversaire se joue le destin de l'int&#233;gration r&#233;gionale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Mercosur dans l'impasse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le Mercosur est dans l'impasse, et rien ne semble indiquer que cette situation ne change &#224; court terme. M&#234;me si, comme le signale un rapport du Laboratoire de politiques publiques, le Mercosur &#171; esquive avec succ&#232;s la tentative nord-am&#233;ricaine de l'isoler du reste des pays du continent, comme repr&#233;sailles pour sa position sur la ZLEA &#187;, ce qui est s&#251;r, c'est que l'alliance r&#233;gionale est &#171; loin de consolider ses points de convergence sur la fa&#231;on de faire avancer le processus d'int&#233;gration &#187; [6]. Le ministre de l'&#233;conomie du gouvernement de gauche de l'Uruguay, Danilo Astori, a reconnu les faiblesses de l'alliance r&#233;gionale, dont il a qualifi&#233; le futur d' &#171; incertain &#187;. &#171; Je ne puis appuyer l'id&#233;e d'un parlement r&#233;gional quand nous n'avons m&#234;me pas un march&#233; libre qui fonctionne dans la r&#233;gion &#187;, a-t-il relev&#233;. Le ministre croit impossible d'initier un processus comme la Communaut&#233; sud-am&#233;ricaine des Nations (qui suppose l'int&#233;gration de 10 pays), quand le Mercosur, apr&#232;s plus d'une d&#233;cennie, poss&#232;de toujours des institutions extr&#234;mement faibles, ne parvient pas &#224; faciliter la circulation des marchandises entre les pays qui en font partie, et qui voit le Br&#233;sil et l'Argentine se confronter sans cesse [7].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du XXVI&#232;me sommet des chefs d'Etat du Mercosur, qui s'est tenu le 8 juillet 2004 &#224; Puerto Iguaz&#250; (Argentine), le cadre des alliances a &#233;t&#233; d&#233;fini. Aux quatre membres fondateurs se sont ajout&#233;s six pays : trois ayant d&#233;j&#224; le statut d' &#171; &#233;tats associ&#233;s &#187; (Chili, Bolivie et P&#233;rou), ainsi que le Venezuela et la Colombie, comme cons&#233;quence du trait&#233; de libre-&#233;change sign&#233; avec la CAN. La lutte est frontale, &#233;tant donn&#233; que certains de ces pays sont en train de n&#233;gocier ou ont d&#233;j&#224; sign&#233; un trait&#233; de libre-&#233;change avec les Etats-Unis. Dans certains cas, les difficult&#233;s naissent de vieux litiges (comme celui entre le Chili et la Bolivie pour l'acc&#232;s &#224; la mer), dans d'autres, ce sont des probl&#232;mes provenant des politiques n&#233;olib&#233;rales (comme le conflit du gaz entre le Chili et l'Argentine, d&#251; &#224; l'absence d'investissements des entreprises privatis&#233;es argentines qui mettent en danger les exportations de gaz). Mais, par-dessus tout, ce sont les conflits d&#233;riv&#233;s de la subordination de presque tous les gouvernements aux grandes entreprises -nationales ou multinationales-, qui pr&#233;tendent imposer leurs int&#233;r&#234;ts &#233;troits, qui apparaissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, le Mercosur a gagn&#233; en extension, mais n'a pas r&#233;ussi &#224; approfondir les liens entre ses membres. M&#234;me le secr&#233;tariat du Mercosur dans un rapport rendu en juillet de l'ann&#233;e derni&#232;re affirme que &#171; le mod&#232;le institutionnel en vigueur ne refl&#232;te aujourd'hui pas n&#233;cessairement un projet collectif, ni une vision commune sur l'int&#233;gration r&#233;gionale &#187; [8]. Le dernier sommet du Mercosur d'Ouro Preto (Br&#233;sil) en d&#233;cembre 2004 n'a pas pu modifier la situation et fut polaris&#233; par le d&#233;bat autour des mesures protectionnistes prises par l'Argentine de fa&#231;on unilat&#233;rale et contrevenant aux normes internes du bloc. Par ces mesures, l'Argentine cherche &#224; prot&#233;ger son d&#233;but de r&#233;cup&#233;ration industrielle. Le ministre du d&#233;veloppement, de l'industrie et du commerce br&#233;silien, Luiz Fernando Furlan a r&#233;pondu au ministre de l'&#233;conomie argentin - qui se plaignait que les importations depuis le Br&#233;sil emp&#234;chent la consolidation de l'industrie argentine - en lui signalant que &#171; le Br&#233;sil n'a jamais cess&#233; d'investir [en Argentine, ndt] durant toutes ces derni&#232;res ann&#233;es. Y compris dans les moments de crise, le secteur des entreprises a continu&#233; &#224; investir. L'Argentine a besoin d'investir, de remodeler et de r&#233;former sa production. C'est un d&#233;fi qui concerne beaucoup plus les Argentins que nous &#187; [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, le Mercosur n'arrive m&#234;me pas &#224; avancer sur les th&#232;mes non &#233;conomiques, comme la cr&#233;ation de son futur parlement, dont la mise en marche est programm&#233;e pour 2006, mais pour la concr&#233;tisation de laquelle il n'y a pas d'accord sur la repr&#233;sentativit&#233; qu'aura chaque pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un bon exemple des difficult&#233;s rencontr&#233;es fut le III&#232;me Sommet sud-am&#233;ricain, qui s'est tenu du 7 au 9 d&#233;cembre 2004 &#224; Cuzco (P&#233;rou), dont l'objectif fut la cr&#233;ation de la Communaut&#233; sud-am&#233;ricaine de nations (CSN). Font partie de la CSN les quatre pays du Mercosur, les cinq de la CAN et le Chili, et seront invit&#233;s &#224; se joindre au projet la Guyane et le Surinam. C'est le projet int&#233;grationniste le plus ambitieux jamais mis en marche, et il compte avec l'appui fervent des pr&#233;sidents du Br&#233;sil et du Venezuela, Lula et Hugo Ch&#225;vez. Potentiellement, la CSN est le plus grand bloc du monde : 17 millions de km&#178;, presque 400 millions d'habitants et un produit brut de 800 milliards de dollars ; il est le plus gros producteur d'aliments du monde, la plus grande r&#233;serve de biodiversit&#233; de la plan&#232;te, poss&#232;de le tiers de l'eau douce de la Terre, et des ressources p&#233;troli&#232;res et gazi&#232;res pour plus d'un si&#232;cle [10].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la r&#233;union fut un &#233;chec, quoique relatif. On n'est arriv&#233; &#224; aucun accord substantiel, et ont manqu&#233; au rendez-vous les pr&#233;sidents de trois des pays du Mercosur, l'absence la plus importante &#233;tant celle de l'argentin Nestor Kirchner, qui avan&#231;a des raisons de sant&#233;. Qu'y a-t-il derri&#232;re le petit jeu de l'Argentine qui laissa en position d&#233;licate Lula et la diplomatie br&#233;silienne ? Principalement deux probl&#232;mes : un de fond, li&#233; aux profonds d&#233;s&#233;quilibres entre les deux pays. Le Br&#233;sil a une industrie en pleine expansion, tandis que l'Argentine commence juste &#224; se sortir, avec grande difficult&#233;, de la destruction de son industrie provoqu&#233;e dans les ann&#233;es 90 par le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral sauvage mis en place par Carlos Menem [1989-1999]. De plus, le Br&#233;sil et l'Argentine sont en comp&#233;tition sur presque tous les terrains : ils exportent les m&#234;mes produits vers les m&#234;mes pays, principalement des commodities [produits agricoles, ndt] vers la Chine et les pays du Nord, et sont en concurrence pour attirer les investisseurs. En second lieu, il y a le ressentiment argentin pour l'absence totale d'appui du Br&#233;sil dans sa forte lutte avec le Fonds mon&#233;taire international (FMI) pour sortir de sa situation de d&#233;faut de paiement [d&#233;faut de paiement sur sa dette &#224; l'&#233;gard des cr&#233;anciers priv&#233;s, ndlr]. C'est un fait que Kirchner a sollicit&#233; l'appui de Lula dans sa confrontation avec les organismes financiers internationaux, et cet appui n'est jamais venu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux absences de Kirchner et des pr&#233;sidents d'Uruguay (Jorge Battle) et du Paraguay (Nicanor Duarte) se sont ajout&#233;es celles des pr&#233;sidents d'Equateur (Lucio Gutierrez) et du Mexicain Vicente Fox. Le probl&#232;me, c'est que l'int&#233;gration r&#233;gionale qui est actuellement men&#233;e par le Br&#233;sil ne para&#238;t pas pouvoir avancer sans la coop&#233;ration et l'appui de son partenaire le plus important, l'Argentine, nation dont le poids &#233;conomique et politique continue d'&#234;tre d&#233;cisif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les douze pays ont sign&#233; la d&#233;claration de Cuzco, qui est l'acte fondateur de la CSN, qui se d&#233;finit comme un &#171; espace sud-am&#233;ricain int&#233;gr&#233; dans les domaines politique, social, &#233;conomique, environnemental et des infrastructures, qui renforce l'identit&#233; propre de l'Am&#233;rique du Sud &#187;. Parmi les m&#233;canismes pour atteindre ces objectifs figurent l'approfondissement des relations Mercosur-CAN, l'int&#233;gration en mati&#232;re &#233;nerg&#233;tique et des communications et la coordination politique et diplomatique, mais la CSN ne sera pour le moment pas dot&#233;e d'institutions jusqu'&#224; une prochaine r&#233;union qui devrait se tenir cette ann&#233;e au Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les d&#233;clarations, la CSN se diff&#233;rencie clairement des exp&#233;riences ant&#233;rieures comme le Mercosur et la CAN. La priorit&#233; n'est pas assign&#233;e au libre-&#233;change mais &#224; la &#171; d&#233;mocratie, la solidarit&#233;, les droits de l'homme, la libert&#233;, la justice sociale, le respect de l'int&#233;gralit&#233; territoriale, la diversit&#233;, la non discrimination et l'affirmation de son autonomie, l'&#233;galit&#233; souveraine des Etats et la solution pacifique des conflits &#187; [11]. Si la r&#233;alit&#233; correspondait &#224; ce que proclame l'acte fondateur de la CSN, nous serions en pr&#233;sence d'un v&#233;ritable &#171; projet d'int&#233;gration des peuples &#187; [12]. Mais &#224; la lumi&#232;re de l'histoire r&#233;cente, il est possible que ce ne soit qu'une d&#233;claration de bonnes intentions, mais &#171; politiquement correcte &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le casse-t&#234;te r&#233;gional appara&#238;t parfois trop compliqu&#233; et les diff&#233;rents acteurs r&#233;gionaux contribuent tr&#232;s peu &#224; le rendre plus clair. En ce moment, dans la r&#233;gion existent trois initiatives d'int&#233;gration relativement compl&#233;mentaires : le Mercosur, la CAN et la CSN. Auxquelles il faut ajouter l'ALBA (Alternative bolivarienne pour les Am&#233;riques) lanc&#233;e en 2001 par Ch&#225;vez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ALBA n'a jamais &#233;t&#233; autre chose qu'une d&#233;claration d'intentions, qui a &#233;t&#233; mieux re&#231;ue par les mouvements sociaux que par les gouvernements sud-am&#233;ricains. Cependant, fin d&#233;cembre, le pr&#233;sident Ch&#225;vez et son homologue cubain Fidel Castro ont sign&#233; &#224; La Havane la proposition de l'ALBA, m&#234;me si aucun autre gouvernement n'a approuv&#233; l'initiative. Selon l'&#233;conomiste Manuel Hidalgo, d'Attac, une convergence serait possible entre &#171; les deux tendances qui se sont affront&#233;es &#224; la politique imp&#233;riale dans la r&#233;gion : d'un c&#244;t&#233;, la tendance bolivarienne, lanc&#233;e par le V&#233;n&#233;zuela et appuy&#233;e par de nombreux mouvements sociaux et politiques de la r&#233;gion, et de l'autre c&#244;t&#233; la tendance &#171; n&#233;od&#233;veloppementiste &#187; (&#171; neodesarrollista &#187;), repr&#233;sent&#233;e par les gouvernements br&#233;silien et argentin &#187; [13]. M&#234;me si cette convergence -qui aurait pu se concr&#233;tiser lors de la r&#233;union de Cuzco qui a cr&#233;&#233; la CSN - ne s'est pas encore r&#233;alis&#233;e, quelques pas ont &#233;t&#233; faits ces derniers mois, qui pourraient aller dans ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des chemins parall&#232;les : les initiatives bilat&#233;rales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant les &#233;normes difficult&#233;s que pr&#233;sente l'int&#233;gration r&#233;gionale, les pays les plus int&#233;ress&#233;s par celle-ci sont en train de r&#233;aliser des avanc&#233;es concr&#232;tes pour promouvoir des accords bilat&#233;raux. Les principaux protagonistes sont pour l'instant le Venezuela, le Br&#233;sil et l'Argentine. Le premier a pour lui la manne du p&#233;trole, richesse qu'il utilise habilement, tant au niveau interne qu'international. Le Venezuela offre du p&#233;trole bon march&#233; et &#224; de bonnes conditions de financement, une tentation &#224; laquelle il est difficile de r&#233;sister pour des pays pauvres. L'Argentine et le Br&#233;sil jouent chacun leur propre jeu, cherchant &#224; r&#233;soudre des difficult&#233;s ou des n&#233;cessit&#233;s internes : la premi&#232;re cherche une solution &#224; ses d&#233;ficits &#233;nerg&#233;tiques caus&#233;s par le manque d'investissements, et le second essaie d'&#233;largir les march&#233;s pour ses industriels et son agrobusiness conqu&#233;rants. La cinqui&#232;me visite de Ch&#225;vez en Argentine, au d&#233;but de cette ann&#233;e, a d&#233;bouch&#233; sur des accords strat&#233;giques entre Caracas et Buenos Aires, qui impliquent, entre autres, que le Venezuela commence &#224; remplacer certains fournisseurs &#233;tats-uniens par des Argentins [14]. Les accords sign&#233;s comprennent les secteurs &#233;nerg&#233;tique, commercial, des communications et agricole. Un accord a &#233;t&#233; trouv&#233; entre l'argentine Enarsa et la v&#233;n&#233;zu&#233;lienne Pdvsa (entreprises p&#233;troli&#232;res nationales publiques) pour d&#233;velopper des projets d'exploration, d'extraction, de raffinage, de commercialisation et de transport dans la perspective de se joindre &#224; la br&#233;silienne Petrobras pour former un g&#233;ant p&#233;trolier r&#233;gional qui porterait le nom de Petrosur. L'Argentine construira quatre tankers pour le Venezuela, pour un co&#251;t total de 240 millions de dollars, et celui-ci fournira des hydrocarbures liquides pour la production d'&#233;nergie thermique, dont la production est insuffisante durant le rude hiver rioplatense [15].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, le Venezuela &#233;tudie le rachat des actifs de l'anglo-hollandaise Shell en Argentine, conjointement avec Enarsa et Petrobras, ce qui serait un pas &#233;norme en mati&#232;re d'int&#233;gration &#233;nerg&#233;tique r&#233;gionale. Shell est en train de retirer ses investissements d'Am&#233;rique latine et Pdvsa est dans une phase d'expansion, ce qui lui permettrait d'acqu&#233;rir la raffinerie, les stations de combustible et les canaux de commercialisation en Argentine. Les exportateurs argentins peuvent r&#233;aliser des b&#233;n&#233;fices, &#224; moyen et long terme, dans les secteurs de l'automobile, du papier et carton, des plastiques et des biens manufactur&#233;s, mais les exportations de c&#233;r&#233;ales peuvent &#233;galement augmenter notablement. Le Venezuela souhaite importer du b&#233;tail de race pour am&#233;liorer sa faible production laiti&#232;re et de viande. Les &#233;changes entre les deux pays sont encore peu importants (l'Argentine a export&#233;, en 2004, pour 430 millions de dollars vers le Venezuela, et n'a import&#233; que pour 52 millions), mais la tendance indique que l'on va vers une augmentation constante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours plus tard, le Venezuela et le Br&#233;sil ont sign&#233;, le 14 f&#233;vrier, un &#171; accord strat&#233;gique &#187; &#224; Caracas. La signature de 20 accords bilat&#233;raux en mati&#232;re d'hydrocarbures, d'infrastructures et de coop&#233;ration militaire qui incluent la vente d'avions de combat de l'entreprise br&#233;silienne Embraer, est un pas en avant significatif dans les relations entre les deux pays. Le commerce bilat&#233;ral est pass&#233; de 880 millions de dollars en 2003 &#224; 1,6 milliard en 2004, et l'on pr&#233;voit qu'il atteindra cette ann&#233;e les 3 milliards. Mais le principal domaine de coop&#233;ration est celui des hydrocarbures, dans lequel coop&#232;rent les entreprises v&#233;n&#233;zu&#233;lienne Pdvsa et br&#233;silienne Petrobras qui vont s'associer pour l'exploitation de p&#233;trole et de gaz dans les p&#244;les de d&#233;veloppement gaziers du Golfe du Venezuela et la frange de l'Or&#233;noque [fleuve], en collaboration avec les grandes entreprises priv&#233;es br&#233;siliennes. De plus, une raffinerie sera construite au Br&#233;sil pour traiter le brut des deux pays, et l'on pr&#233;voit de construire conjointement des navires et des plates-formes p&#233;troli&#232;res [16].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lula a avanc&#233; qu'il est dispos&#233; &#224; signer &#171; des accords strat&#233;giques &#187; avec d'autres pays de la r&#233;gion, ce qui r&#233;v&#232;le un net dynamisme de la part du Br&#233;sil pour attirer dans son orbite les autres pays. Cependant, ce type d'accords semble b&#233;n&#233;ficier aux entreprises br&#233;siliennes, qui poss&#232;dent une balance commerciale tr&#232;s favorable avec le Venezuela et ont besoin d'&#233;largir leurs march&#233;s pour poursuivre leur expansion. Pour certains analystes, l' &#171; accord strat&#233;gique &#187; entre le Br&#233;sil et le Venezuela suppose un virage &#171; surprise et surprenant &#187; de Lula, qui pourrait &#234;tre li&#233; au r&#233;cent &#233;chec de Washington au moment de concr&#233;tiser le trait&#233; de libre-&#233;change avec la Colombie, le P&#233;rou et l'Equateur lors de la cinqui&#232;me ronde de n&#233;gociations qui s'est tenue &#224; Cartagena de Indias [17] (Colombie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, &#224; c&#244;t&#233; de la coop&#233;ration, apparaissent les rivalit&#233;s pour l'h&#233;g&#233;monie r&#233;gionale. Comme le montrent les r&#233;centes n&#233;gociations avec la Chine, chaque pays choisit de d&#233;velopper la politique qui lui b&#233;n&#233;ficie le plus, m&#234;me s'il heurte in&#233;vitablement les int&#233;r&#234;ts de ses voisins. La tourn&#233;e du pr&#233;sident chinois Hu Jintao a mis &#224; nu les diff&#233;rences entre le Br&#233;sil et l'Argentine, &#224; partir du moment o&#249; le gouvernement de Lula a reconnu la Chine comme &#171; &#233;conomie de march&#233; &#187; (condition indispensable pour &#234;tre membre &#224; part enti&#232;re de l'OMC), le gouvernement de Kirchner s'est retrouv&#233; sans autre option que d'embo&#238;ter le pas au Br&#233;sil [18]. Les accords sign&#233;s avec la Chine ont re&#231;u les critiques de certains industriels et de mouvements sociaux dans les deux pays : les premiers par peur que la concurrence chinoise ne ruine l'industrie locale, alors que les seconds (en particulier le Mouvement des paysans sans terre), redoutent une politique &#233;conomique tourn&#233;e vers l'exportation de commodities, ce qui au final renforcerait le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que dans la r&#233;gion il semble exister des rivalit&#233;s crois&#233;es d'int&#233;r&#234;ts nationaux voire de leaderships personnels qui am&#232;nent, par exemple, &#224; des alliances entre Kirchner et Ch&#225;vez, auxquelles le Br&#233;sil ne se joint pas, pour ensuite mettre en place des accords comme ceux r&#233;cemment sign&#233;s entre Lula et Ch&#225;vez. On peut les attribuer aux int&#233;r&#234;ts nationaux, mais qu'entend-on exactement par &#171; int&#233;r&#234;ts nationaux &#187; ? Comme nous le verrons &#224; travers certains exemples, derri&#232;re les conflits entre pays, et &#224; l'occasion &#233;galement derri&#232;re certaines postures favorables &#224; l'int&#233;gration gravitent les int&#233;r&#234;ts des grandes entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Libre-&#233;change et in&#233;galit&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des probl&#232;mes sur lesquels bute l'int&#233;gration r&#233;gionale d&#233;rive de la subordination de presque tous les gouvernements aux grandes entreprises -nationales ou multinationales- qui prennent les gouvernements en otage, et ceux-ci &#224; leur tour sont peu enclins &#224; se lib&#233;rer de ces influences. La question serait : peut-on construire l'int&#233;gration r&#233;gionale sur la base du libre-&#233;change ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons un exemple r&#233;cent, qui illustre ces probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours avant le sommet du Mercosur de Puerto Iguaz&#250;, un s&#233;rieux conflit entre le Br&#233;sil et l'Argentine a perturb&#233; une r&#233;union d'une grande importance pour d&#233;finir le futur de l'alliance r&#233;gionale. Le gouvernement argentin d&#233;cida de limiter les importations d'appareils &#233;lectrom&#233;nagers br&#233;siliens qui envahissaient son march&#233; et en &#233;cartaient les fabricants nationaux. La multinationale argentine Techint exer&#231;a des pressions en ce sens, arguant des subventions re&#231;ues par l'industrie br&#233;silienne. Certes, l'&#233;tat br&#233;silien attribue des cr&#233;dits aux exportateurs &#224; des taux pr&#233;f&#233;rentiels, mais, en plus, des produits assembl&#233;s avec des pi&#232;ces provenant de la zone franche de Manaus sont vendus avec le label &#171; produits du Mercosur &#187;, ce qui donne aux fabricants br&#233;siliens un grand avantage. En plus de cela, il existe d'autres d&#233;s&#233;quilibres li&#233;s aux faibles investissements r&#233;alis&#233;s par les industriels argentins pendant la derni&#232;re p&#233;riode de r&#233;cession et de crise, aux diff&#233;rences de taille des march&#233;s int&#233;rieurs (180 millions d'habitants au Br&#233;sil contre 38 millions en Argentine), &#224; la grande solidit&#233; du syst&#232;me bancaire br&#233;silien et au faible taux de d&#233;p&#244;ts en devises face &#224; la dollarisation massive qu'a subie l'Argentine dans les ann&#233;es 90.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant cet ensemble de d&#233;s&#233;quilibres, Techint -qui fut un d&#233;fenseur enthousiaste du gouvernement de Carlos Menem - a d&#233;fendu devant l'Union industrielle argentine, fin 2003, la n&#233;cessit&#233; de red&#233;finir le Mercosur, transformant l'union douani&#232;re en zone de libre-&#233;change, afin de r&#233;cup&#233;rer le terrain perdu durant une d&#233;cennie [19]. Les controverses permanentes entre le Br&#233;sil et l'Argentine, dans lesquelles l'Uruguay joue habituellement le r&#244;le d'arbitre, avec des arguments similaires, jalonnent le chemin de l'int&#233;gration. Dans le cas des appareils &#233;lectrom&#233;nagers, Lula et Kirchner ont d&#233;cid&#233; de calmer le jeu et d'ouvrir un espace de n&#233;gociation. Mais cette attitude conciliatrice a valu au gouvernement du Br&#233;sil un &#233;ditorial cinglant de l'influent O Estado de S&#227;o Paulo, qui l'accusa de &#171; complaisance face aux agressions au libre-&#233;change de l'Argentine &#187; [20]. Il appara&#238;t &#233;vident que la politique ext&#233;rieure de Brasilia et de Buenos Aires a &#233;t&#233; guid&#233;e par les int&#233;r&#234;ts des grandes entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne sera pas facile de sortir de ce labyrinthe. C'est pourquoi il est bon de clarifier ce qui est en jeu. L'int&#233;gration n'a aucune raison d'&#234;tre favorable aux peuples du continent. Un projet d'int&#233;gration qui se fixe comme objectif d'ouvrir encore davantage les &#233;conomies, &#171; [int&#233;gration] pens&#233;e comme une zone de libre-&#233;change, con&#231;ueprincipalementcommela construction d'un espace &#233;conomique de libre circulation de marchandises et de capitaux &#187;, comme le signale le sociologue v&#233;n&#233;zu&#233;lien Edgardo Lander, est destin&#233; &#224; accentuer les in&#233;galit&#233;s actuelles et &#224; garantir le succ&#232;s des plus forts sur la base de l'exploitation et de l'exclusion des plus faibles [21].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le libre-&#233;change est, intrins&#232;quement, g&#233;n&#233;rateur de diff&#233;rences et d'in&#233;galit&#233;s sociales et spatiales, &#224; l'int&#233;rieur de chaque pays, dans chaque r&#233;gion, et partout sur la plan&#232;te, &#224; partir du moment o&#249; il est guid&#233; par la logique du profit et conduit par les grandes entreprises. Non seulement il provoque des polarisations entre secteurs sociaux, en augmentant le foss&#233; entre riches et pauvres, mais il g&#233;n&#232;re &#233;galement des p&#244;les de d&#233;veloppement et des poches de marginalisation et de pauvret&#233;, apporte la prosp&#233;rit&#233; &#224; quelques zones et pays et en maintient d'autres dans l'exclusion ou provoque leur d&#233;sindustrialisation. Durant les ann&#233;es 90, la croissance du Br&#233;sil s'est faite, dans une certaine mesure, sur le recul de l'industrie argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dernier lieu, une nouvelle donne continentale, qui peut s'av&#233;rer probl&#233;matique, semble se dessiner dans la mesure o&#249; les promoteurs et les b&#233;n&#233;ficiaires du &#171; d&#233;veloppement &#187; changent &#224; nouveau, mais pas le mod&#232;le de fond. Les conditions actuelles semblent r&#233;unies pour un retrait, partiel mais certain, des grandes entreprises multinationales europ&#233;ennes et &#233;tats-uniennes. Cette place peut &#234;tre occup&#233;e par une int&#233;gration plus ou moins &#233;galitaire et &#233;quitable en faveur des peuples, ce que Lander appelle &#171; une int&#233;gration d&#233;fensive qui aurait comme objectif de conqu&#233;rir des espaces d'autonomie et de souverainet&#233; pour d&#233;finir des politiques publiques et des options &#233;conomiques propres &#187;. Ou bien, au contraire, les relations r&#233;gionales peuvent &#234;tre red&#233;finies en faveur d'un nouveau ma&#238;tre. Le candidat, dans ce dernier cas, est l'industrie br&#233;silienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Br&#233;sil est le seul pays qui poss&#232;de une importante structure de production industrielle, alors que le reste a &#233;t&#233; lamin&#233; par la d&#233;sindustrialisation. Il poss&#232;de une industrie puissante avec une technologie tr&#232;s avanc&#233;e, dont l'un des porte-drapeaux est l'entreprise a&#233;ronautique Embraer, capable de remporter des appels d'offre dans les pays d&#233;velopp&#233;s. M&#234;me si la pr&#233;sence d'entreprises multinationales est importante et que les grandes entreprises br&#233;siliennes sont associ&#233;es au capital international, la majorit&#233; des entreprises industrielles appartient &#224; des Br&#233;siliens, et le Br&#233;sil est &#171; le seul pays o&#249; le capital financier d&#233;tenu par des Br&#233;siliens occupe une position interne dominante &#187; [22]. C'est la seule v&#233;ritable bourgeoisie latino-am&#233;ricaine ; &#171; la seule qui ait, apparemment, les attributs d'une bourgeoisie nationale, parce que ses int&#233;r&#234;ts sont install&#233;s et ramifi&#233;s dans l'&#233;conomie de ce pays &#187;. Pourquoi Quijano dit-il &#171; apparemment &#187; ? Parce que le Br&#233;sil est le champion du monde des in&#233;galit&#233;s, le pays le plus socialement polaris&#233; du monde, o&#249; les 10% les plus riches contr&#244;lent une part 70 fois plus grande de la richesse nationale que les 10% les plus pauvres. Il est par l&#224; m&#234;me le pays le moins d&#233;mocratique de la r&#233;gion, &#171; le seul pays latino-am&#233;ricain o&#249; l'ancien r&#233;gime a r&#233;ussi non seulement &#224; se maintenir, mais &#224; se moderniser, en termes de technologie et d'habitudes de consommation &#187; [23]. En r&#233;sum&#233;, les entrepreneurs br&#233;siliens sont arriv&#233;s l&#224; o&#249; ils sont gr&#226;ce au contr&#244;le non d&#233;mocratique d'un Etat non d&#233;mocratique, et gr&#226;ce &#224; l'exploitation brutale des Br&#233;siliens pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce noyau d'entrepreneurs qui est derri&#232;re le rejet par le Br&#233;sil de la ZLEA, puisqu'il a besoin de se prot&#233;ger face &#224; un projet qui le ruinerait. Mais c'est lui aussi qui semble commander l'int&#233;gration &#171; r&#233;ellement existante &#187;. A Caracas, pendant la signature de l'accord strat&#233;gique entre le Br&#233;sil et le Venezuela, s'est tenu un &#171; Forum entreprenarial binational de commerce &#187;. Lula, s'adressant aux entrepreneurs (en r&#233;alit&#233; aux entrepreneurs br&#233;siliens, &#233;tant donn&#233; que les entrepreneurs v&#233;n&#233;zu&#233;liens combattent Ch&#225;vez), a d&#233;clar&#233; : &#171; Associez-vous, faites des affaires, g&#233;n&#233;rez des revenus et des emplois. Votre r&#233;ussite individuelle sera aussi notre r&#233;ussite &#224; tous &#187; [24].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ----&lt;br class='autobr' /&gt;
NOTES :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] At&#237;lio Bor&#243;n, &#171; El ALCA y la culminaci&#243;n de un proyecto imperial &#187;, in revue OSAL, n&#176;11, Buenos Aires, mai-ao&#251;t 2003. &lt;a href=&#034;http://osal.clacso.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://osal.clacso.org/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[2] Le Mercosur est une zone r&#233;gionale de coop&#233;ration &#233;conomique du C&#244;ne Sud (march&#233; du C&#244;ne Sud) qui rassemble le Br&#233;sil, l'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay. (ndlr)&lt;br class='autobr' /&gt;
[3] Walden Bello, &#8220;El significado de Canc&#250;n&#8221;, in revue OSAL, n&#176;11. Buenos Aires, mai-ao&#251;t 2003. &lt;a href=&#034;http://osal.clacso.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://osal.clacso.org/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[4] Rafael Gentili, &#171; An&#225;lisis de coyuntura sobre ALCA y Mercosur &#187;, in &lt;a href=&#034;http://www.outrobrasil.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.outrobrasil.net&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[5] La Communaut&#233; andine de nations comprend la Colombie, la Bolivie, l'Equateur, le P&#233;rou et le Venezuela. (ndlr)&lt;br class='autobr' /&gt;
[6] Rafael Gentili, &#171; Informe sobre el Mercosur &#187;, in Politicainternacional.net, novembre 2004.&lt;br class='autobr' /&gt;
[7] La Rep&#250;blica, Montevideo, 4 janvier 2005.&lt;br class='autobr' /&gt;
[8] &#171; Informe sobre el Mercosur &#187;, d&#233;cembre 2004, sur Politicainternacional.net&lt;br class='autobr' /&gt;
[9] Folha de S&#227;o Paulo, 15 d&#233;cembre 2004.&lt;br class='autobr' /&gt;
[10] &#171; Informe sobre el Mercosur &#187;, d&#233;cembre 2004, sur Polinticainternacional.net&lt;br class='autobr' /&gt;
[11] D&#233;claration de Cuzco, sur &lt;a href=&#034;http://www.comunidadandina.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.comunidadandina.org&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[12] Edgardo Lander, &#8220;&#191;Modelos alternativos de integraci&#243;n ? Proyectos neoliberales y resistencias populares&#8221;, in revue OSAL, n&#176;15, Buenos Aires, septembre-d&#233;cembre 2004. &lt;a href=&#034;http://osal.clacso.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://osal.clacso.org/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[13] Gustavo Gonz&#225;lez, &#171; Am&#233;rica del ALCA al ALBA &#187;, sur &lt;a href=&#034;http://www.ipsenespanol.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.ipsenespanol.net&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[14] APM (Agencia Period&#237;stica del Mercosur), &#171; Acuerdos Argentina-Venezuela : un ejemplo a seguir &#187;, sur &lt;a href=&#034;http://www.alainet.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.alainet.org&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[15] Rioplatense : de la r&#233;gion du Rio de la Plata. (ndlr)&lt;br class='autobr' /&gt;
[16] Agencia Latinoamericana de Informaci&#243;n y An&#225;lisis-Dos, &#8220; Hagamos que esta sea la gran hora de Venezuela y Brasil &#8221;, sur &lt;a href=&#034;http://www.alia2.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.alia2.net&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[17] Aram Aharonian, &#8220;Acuerdo estrat&#233;gico Brasil-Venezuela&#8221; sur &lt;a href=&#034;http://www.brecha.com.uy&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.brecha.com.uy&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[18] &#171; Informe sobre el Mercosur &#187;, novembre 2004.&lt;br class='autobr' /&gt;
[19] Ra&#250;l Zibechi, &#8220;El Mercosur y la integraci&#243;n regional. Una interminable carrera de obst&#225;culos&#8221;, Masiosare, 18 juillet 2004, sur &lt;a href=&#034;http://www.jornada.unam.mx&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.jornada.unam.mx&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[20] O Estado de S&#227;o Paulo, 9 juillet 2004.&lt;br class='autobr' /&gt;
[21] Edgardo Lander, &#171; Mod&#232;les alternatifs d'int&#233;gration ? Projets n&#233;olib&#233;raux et r&#233;sistances populaires &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
[22] An&#237;bal Quijano, &#8220;El laberinto de Am&#233;rica Latina &#191;Hay otras salidas ? &#8221; in Revista Venezolana de Economia y Ciencias Sociales, Vol. 10 n&#176;1, Caracas, janvier-avril 2004.&lt;br class='autobr' /&gt;
[23] Idem.&lt;br class='autobr' /&gt;
[24] &lt;a href=&#034;http://www.alia2.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.alia2.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Source : IRC Programa de las Am&#233;ricas (&lt;a href=&#034;http://www.americaspolicy.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.americaspolicy.org/&lt;/a&gt;), mars 2005.&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduction : Pierre Doury, pour RISAL (&lt;a href=&#034;http://risal.collectifs.net/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://risal.collectifs.net/&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'imposture de la croissance &#233;ternelle</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/L-imposture-de-la-croissance-eternelle</link>
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&lt;p&gt;28 f&#233;vrier 2005 Nous &#233;tions habitu&#233;s au refrain &#034; Forum &#233;conomique contre Forum social &#034;, &#034; Davos contre Porto Alegre &#034;, puis soudain, c'est la confusion des genres. On parle de r&#233;duction de la pauvret&#233; sur tous les fronts, m&#234;me en vue du sommet du G8 qui s'annonce. La proposition de Jacques Chirac &#224; Davos d'une taxe internationale pour lutter contre le sida, &#034; &#224; titre exp&#233;rimental &#034;, relance le d&#233;bat sur la lutte contre la pauvret&#233;, &#233;clipsant &#224; la fois les alternatives d&#233;fendues &#224; Porto (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Contre-la-mondialisation-capitaliste-" rel="directory"&gt;Contre la mondialisation capitaliste &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Economie-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-altermondialisation-+" rel="tag"&gt;Mouvement altermondialisation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;28 f&#233;vrier 2005&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous &#233;tions habitu&#233;s au refrain &#034; Forum &#233;conomique contre Forum social &#034;, &#034; Davos contre Porto Alegre &#034;, puis soudain, c'est la confusion des genres. On parle de r&#233;duction de la pauvret&#233; sur tous les fronts, m&#234;me en vue du sommet du G8 qui s'annonce. La proposition de Jacques Chirac &#224; Davos d'une taxe internationale pour lutter contre le sida, &#034; &#224; titre exp&#233;rimental &#034;, relance le d&#233;bat sur la lutte contre la pauvret&#233;, &#233;clipsant &#224; la fois les alternatives d&#233;fendues &#224; Porto Alegre et les cris de ceux qui, en France, s'opposent aux mesures g&#233;n&#233;ratrices de pauvret&#233; prises par le gouvernement nomm&#233; par le m&#234;me Chirac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois de plus, les d&#233;cideurs du syst&#232;me dominant se r&#233;approprient une partie du vocabulaire de leurs opposants, pour mieux oublier le contenu de leurs revendications. Dans les ann&#233;es 1980 et 1990, le Fonds mon&#233;taire international (FMI) et la Banque mondiale ne parlaient que d'ajustement structurel pendant que les mouvements sociaux soulignaient les ravages de ces politiques sur les populations, r&#233;clamant d&#233;j&#224; l'annulation de la dette et la satisfaction universelle des besoins fondamentaux. Fortement d&#233;stabilis&#233;es par des crises financi&#232;res qu'elles ont contribu&#233; &#224; provoquer, les grandes puissances ont d&#251; r&#233;agir pour garder la main. En 1996 puis en 1999, le G7 a cr&#233;&#233; l'initiative Pays pauvres tr&#232;s endett&#233;s (PPTE). M&#233;diatiquement, le message &#233;tait habile : la r&#233;duction de la dette allait &#234;tre consacr&#233;e aux services sociaux, mettant fin &#224; la fois au surendettement et au sous-d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, on sait que nos protestations vigoureuses d'alors &#233;taient fond&#233;es : les pays pauvres sont toujours surendett&#233;s et sous-d&#233;velopp&#233;s. En fait, sous des all&#233;gements hom&#233;opathiques, les institutions internationales ont avant tout renforc&#233; leur emprise &#233;conomique. En effet, les quelques all&#233;gements ne sont accord&#233;s qu'apr&#232;s plus de quatre ans de r&#233;formes ultralib&#233;rales d&#233;cid&#233;es par les experts du FMI. Non seulement peu de pays ont achev&#233; ce processus (seulement une quinzaine, huit ans apr&#232;s le lancement), mais leur dette fait toujours des ravages. Les pr&#233;visions du FMI &#233;taient erron&#233;es et certains pays (par exemple l'Ouganda et le Burkina Faso) ont gard&#233; une dette insoutenable, comme l'a confirm&#233; la CNUCED en septembre 2003 : &#034; Un consensus semble d&#233;sormais se d&#233;gager sur le fait que l'initiative PPTE et les diverses mesures adopt&#233;es par le Club de Paris n'ont pas permis de mettre un terme au surendettement de nombreux pays africains. Le fait que m&#234;me les pays qui ont atteint (ou sont en passe d'atteindre) le &#034;point d'ach&#232;vement&#034; afficheront bient&#244;t un endettement non viable apporte de l'eau au moulin des critiques formul&#233;es concernant l'inadaptation des crit&#232;res appliqu&#233;s dans l'analyse de la viabilit&#233; de l'endettement. &#034; Preuve ultime : m&#234;me ses promoteurs sont contraints aujourd'hui d'avancer d'autres pistes pour masquer leurs &#233;checs. Tony Blair parle d'annulation de la dette multilat&#233;rale, mais cette id&#233;e dissimule les m&#234;mes conditionnalit&#233;s que PPTE : c'en est juste l'&#233;tape suivante. Apr&#232;s l'avoir qualifi&#233;e d'irr&#233;alisable il y a peu, Jacques Chirac reprend le th&#232;me de la taxe Tobin sur la sp&#233;culation financi&#232;re, mais non pour contrer cette sp&#233;culation, juste pour la rendre plus &#034; &#233;thique &#034;... Aujourd'hui, les grands argentiers du monde parlent surtout de commerce, de croissance, de march&#233;s financiers. C'est le tr&#233;pied sur lequel ils appuient leur d&#233;marche. Ils donnent en mod&#232;les la Chine et l'Inde, aux progr&#232;s qualifi&#233;s de fulgurants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est urgent de d&#233;masquer cette imposture. Tout d'abord, la Chine et l'Inde sont les deux arbres qui cachent la for&#234;t. Le discours officiel affirme que la pauvret&#233; (dont les crit&#232;res sont toujours fix&#233;s par des non-pauvres d'ailleurs...) se r&#233;duit l&#233;g&#232;rement alors que si on excepte ces deux pays, le nombre de pauvres est en pleine... croissance ! Ensuite, la plan&#232;te ne pourrait pas supporter longtemps que tous les continents connaissent une croissance aussi soutenue que la Chine, avec tous les d&#233;g&#226;ts environnementaux, humains et sociaux qu'elle entra&#238;ne dans son sillage. La croissance effr&#233;n&#233;e pr&#244;n&#233;e par le syst&#232;me actuel ne peut pas &#234;tre &#233;ternelle, il suffit de regarder autour de soi pour s'en convaincre. Cette croissance est oblig&#233;e de devenir folle pour perdurer, de cr&#233;er sans cesse de nouveaux d&#233;sirs de consommation, de polluer pour d&#233;polluer (par exemple l'eau) et de d&#233;truire pour reconstruire (par exemple l'Irak). Il est m&#234;me certain qu'en bout de course, le tsunami de d&#233;cembre aura &#233;t&#233; positif pour la croissance de l'Asie, puisque les zones industrielles n'ont pas &#233;t&#233; touch&#233;es et que la reconstruction s'annonce longue et co&#251;teuse. Dans ces conditions, la recherche aveugle de la croissance ne peut que broyer l'humain. Et si cette &#233;vidence &#233;conomique est tue, c'est parce que cette croissance int&#233;resse les puissants et les multinationales, en qu&#234;te de profit maximal et imm&#233;diat, quoi qu'on en dise. D&#232;s lors, cette croissance-l&#224; ne peut pas &#234;tre, et ne doit pas &#234;tre, l'indicateur absolu de la bonne sant&#233; du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Programme des Nations unies pour le d&#233;veloppement a chiffr&#233; &#224; 800 milliards de dollars sur 10 ans la somme n&#233;cessaire pour l'acc&#232;s universel &#224; l'eau potable, &#224; une alimentation d&#233;cente, &#224; une &#233;ducation primaire et aux soins de sant&#233; de base. O&#249; trouver les fonds n&#233;cessaires ? Loin des pistes enneig&#233;es de Davos et des trop modestes objectifs de d&#233;veloppement dits &#034; du mill&#233;naire &#034; dont on nous rebat les oreilles, des id&#233;es existent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le service de la dette ext&#233;rieure publique prive chaque ann&#233;e les pays en d&#233;veloppement de 230 milliards de dollars. Donc l'annulation totale et inconditionnelle de cette dette peut fournir des sommes cons&#233;quentes dont il est absurde de priver les populations du Sud. Les droits humains fondamentaux sont sup&#233;rieurs aux desiderata des cr&#233;anciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fonds d&#233;tourn&#233;s et plac&#233;s par des dirigeants corrompus (souvent soutenus par les grandes puissances) dans des grandes banques et dans des paradis fiscaux repr&#233;sentent des dizaines de milliards de dollars (Transparency international cite un chiffre entre 15 et 35 milliards de dollars pour l'ancien dictateur indon&#233;sien Suharto &#224; lui seul). L'expropriation de ces biens mal acquis et la suppression des paradis fiscaux sont faciles &#224; mettre en &#339;uvre. D&#233;sarmer les corrompus rend possible une annulation sereine de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment supprimer la pauvret&#233; sans redistribuer les richesses au niveau mondial ? Un imp&#244;t mondial sur les grandes fortunes est un merveilleux outil pour cela. Et diablement efficace. Savez-vous qu'il y a sur Terre, selon le Rapport sur la richesse dans le monde 2004 publi&#233; par Merrill Lynch et Cap Gemini, 7,7 millions de millionnaires en dollars ? Et savez-vous que leurs avoirs financiers cumul&#233;s s'&#233;l&#232;vent &#224; 28800 milliards de dollars ? Imaginez les sommes que pourrait lib&#233;rer un imp&#244;t exceptionnel de 20 % sur ces avoirs : plus de 5500 milliards de dollars... Une taxe sur la sp&#233;culation financi&#232;re &#224; un taux au moins &#233;gal &#224; 0,1 % a toutes les chances de compl&#233;ter utilement l'arsenal. Une aide publique au d&#233;veloppement de l'ordre de 0,7 % du produit national brut des pays riches, comme ils s'y sont engag&#233;s voici 35 ans, serait quasiment tripl&#233;e par rapport au taux actuel et apporterait en tout pr&#232;s de 200 milliards de dollars dans l'escarcelle. Et puis, cette aide pourrait &#234;tre vers&#233;e int&#233;gralement sous forme de dons, contrairement &#224; aujourd'hui, et non conditionn&#233;e &#224; l'achat de marchandises du pays donateur, comme bien trop souvent. On pourrait aussi d&#233;cider de lui donner un nouveau nom : &#034; r&#233;parations &#034;, apr&#232;s cinq si&#232;cles de pillage, d'esclavage, de colonisation... Les solutions existent. Mais pour avoir l'audace de les trouver, il faut accepter l'id&#233;e qu'aucune ne sera satisfaisante si on laisse tout pouvoir aux march&#233;s financiers. Le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral est structurellement incapable de prendre r&#233;ellement en compte la mis&#232;re qu'il cr&#233;e. En envisageant une autre logique &#233;conomique, bas&#233;e sur la satisfaction des besoins humains fondamentaux et confiant enfin les leviers de direction aux populations concern&#233;es, on &#233;largit consid&#233;rablement les champs du possible. On se donne des armes efficaces pour enfin abolir la pauvret&#233;, la dette, la corruption, et l'incroyable domination qu'elles permettent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Damien Millet, pr&#233;sident du Comit&#233; pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM France), coauteur avec Eric Toussaint du livre &#034;50 questions 50 r&#233;ponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale&#034;, &#233;d. Syllepse/CADTM, 2003. E-mail : damien.millet@cadtm.org&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Tir&#233; du site du CADTM_voir page de liens)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La r&#233;forme de l'ONU et le mouvement altermondialiste</title>
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		<dc:subject>Mouvement altermondialisation</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les Nations unies sont &#224; la crois&#233;e des chemins. Elles n'ont pas vraiment d&#233;m&#233;rit&#233;, elles n'ont pas du tout convaincu. &lt;br class='autobr' /&gt; 28 f&#233;vrier 2005 &lt;br class='autobr' /&gt;
Elles sont l'objet d'une immense attente, celle d'une institution qui assurerait la r&#233;gulation d'un syst&#232;me international de plus en plus ressenti comme inique et dangereux, d'une d&#233;fense possible des droits de tous les peuples et des droits des Etats les moins influents et difficilement ma&#238;tres de leur destin sur la sc&#232;ne internationale, dits les Etats (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Debats-politiques-" rel="directory"&gt;D&#233;bats politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-altermondialisation-+" rel="tag"&gt;Mouvement altermondialisation&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les Nations unies sont &#224; la crois&#233;e des chemins. Elles n'ont pas vraiment d&#233;m&#233;rit&#233;, elles n'ont pas du tout convaincu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;28 f&#233;vrier 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles sont l'objet d'une immense attente, celle d'une institution qui assurerait la r&#233;gulation d'un syst&#232;me international de plus en plus ressenti comme inique et dangereux, d'une d&#233;fense possible des droits de tous les peuples et des droits des Etats les moins influents et difficilement ma&#238;tres de leur destin sur la sc&#232;ne internationale, dits les Etats &#034; faibles &#034;, par rapport aux Etats incontournables, soit les Etats &#034; forts &#034;. Elles suscitent une immense d&#233;ception, celle qui na&#238;t de l'illusion du droit par rapport &#224; la r&#233;alit&#233; du pouvoir, de la vell&#233;it&#233; de solutions &#233;quitables ramen&#233;e en fin de compte au r&#244;le d'une chambre d'enregistrement au service des puissances occidentales et des puissantes entreprises internationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu aujourd'hui est consid&#233;rable. Il s'agit de la construction d'un syst&#232;me international et d'instances politiques qui contreviennent &#224; la globalisation des &#233;changes &#233;conomiques et &#224; la primaut&#233; du march&#233; mondial. Il s'agit aussi de r&#233;pondre &#224; la construction de la paix et au r&#232;glement des conflits dans un monde o&#249; la guerre devient la r&#232;gle. Il s'agit enfin de s'&#233;lever contre l'unilat&#233;ralisme et aux in&#233;galit&#233;s g&#233;opolitiques et aussi de sortir du t&#234;te &#224; t&#234;te entre les Etats et les entreprises en laissant une place &#224; de nouveaux acteurs, notamment le monde associatif et les collectivit&#233;s locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Nations Unies sont au centre de ce d&#233;bat mais elles ne r&#233;sument pas &#224; elles seules le syst&#232;me international. Il existe d'autres acteurs et d'autres institutions, notamment les accords directs n&#233;s de la diplomatie entre Etats, des alliances militaires, des institutions sp&#233;cialis&#233;es, des internationales politiques, des diasporas, des r&#233;seaux transnationaux de toute nature. Mais les Nations Unies occupent une situation strat&#233;gique, elles sont les seules &#224; d&#233;tenir une l&#233;gitimit&#233; qui se r&#233;f&#232;re &#224; un int&#233;r&#234;t collectif international commun, qui se veut une &#233;tape vers l'int&#233;r&#234;t de l'Humanit&#233; ; elles remplissent plus ou moins bien la fonction d'une communaut&#233; politique n&#233;cessaire au fondement du droit international. On peut le v&#233;rifier &#224; travers la tentative de mise en place d'une nouvelle forme de pouvoir international, l'actuel G8 , qui a cherch&#233; clairement &#224; se d&#233;gager des Nations Unies, en les marginalisant et les subordonnant, alors que ses propositions s'y r&#233;f&#232;rent constamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la r&#233;forme des Nations Unies est devenue centrale. Cependant, elle cache plusieurs r&#233;ponses. Nous n'oublions pas les arguments, qui ont leur l&#233;gitimit&#233;, de ceux qui estiment que ce n'est qu'une question secondaire qui d&#233;tourne de l'essentiel et qu'on ne peut rien attendre des Nations Unies, et qui pensent m&#234;me que leur subordination &#224; la logique dominante ou leur disparition auraient au moins le m&#233;rite de clarifier la situation et de dissiper les illusions.Ces positions jouent leur r&#244;le dans la prise de conscience et l'analyse critique. Du point de vue des propositions, nous centrerons notre r&#233;flexion sur les positions qui structurent l'espace du d&#233;bat et les affrontements sur les r&#233;formes. Pour certains, les Nations Unies devraient devenir le syst&#232;me politique de la mondialisation lib&#233;rale, un m&#233;lange d'institutions du type Banque mondiale, FMI et OMC d'une part et une alliance militaire du type OTAN de l'autre. Les tenants du r&#233;formisme mod&#233;r&#233; estiment que l'existence d'une r&#233;gulation, m&#234;me partielle et peu efficace, est d&#233;j&#224; un objectif en soi. Il s'agit de faire attention &#224; ne pas casser la machine en donnant tout le pouvoir &#224; l'unilat&#233;ralisme am&#233;ricain, il faut se contenter de quelques am&#233;nagements lorsque possibles. Les tenants d'une r&#233;forme radicale estiment qu'il faut accepter les risques d'une remise en cause qui marque une rupture n&#233;cessaire compte tenu de la nature des enjeux. C'est dans cette perspective que nous nous situons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait de savoir si les Nations Unies sont r&#233;formables ou non ne nous para&#238;t pas d&#233;terminant en soi. La question est de savoir comment d&#233;finir une r&#233;forme radicale et comment lui permettre de s'imposer ? La d&#233;finition d'une orientation et l'&#233;tat des lieux permettent assez facilement de d&#233;finir les r&#233;formes n&#233;cessaires. Mais ces r&#233;formes ne s'imposeront pas d'elles-m&#234;mes. Les Nations Unies ont montr&#233; leur capacit&#233; &#224; &#233;voluer. Cr&#233;&#233;es dans le contexte de la guerre froide, elles ont &#233;t&#233; capables de se saisir de la question de la d&#233;colonisation et d'y contribuer. Il y a une question strat&#233;gique. Faisons l'hypoth&#232;se que le mouvement altermondialiste peut-&#234;tre le porteur de cette transformation. La question des alliances se pose alors pour l'imposer. Une question de m&#233;thode aussi, celle qui permet de relier une perspective d'ensemble avec les luttes et les mobilisations pour des r&#233;formes particuli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marche propos&#233;e est la suivante : partir des enjeux de la p&#233;riode et des d&#233;fis qui se posent aux institutions internationales, la mondialisation, les guerres, le droit international ; explorer &#224; partir de l'&#233;tat des lieux les perspectives nouvelles ; d&#233;finir les orientations et la ligne directrice d'une refondation, la d&#233;mocratie mondiale et le contrat social mondial ainsi que la place strat&#233;gique du droit international ; formaliser un axe strat&#233;gique, celui des mouvements et des luttes pour la d&#233;mocratisation du syst&#232;me international, avec une double n&#233;cessit&#233; : inscrire chacune de ces propositions de d&#233;mocratisation dans la perspective de la d&#233;mocratie mondiale ; inscrire chacun des fronts pour la d&#233;mocratisation dans une alliance plus large pour la refonte du syst&#232;me international ; expliciter les propositions de r&#233;formes radicales et s'interroger sur les forces sociales et politiques qui peuvent les porter ainsi que sur les alliances possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etat des lieux et perspectives&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une triple contre-offensive men&#233;e par les puissances initiatrices de ce qu'est devenu le G7 puis le G8, caract&#233;rise, &#224; partir de la fin des ann&#233;es 1970, la nouvelle situation internationale. Elle concerne la crise de la d&#233;colonisation fond&#233;e sur la gestion de la crise de la dette et la d&#233;rive autoritaire des r&#233;gimes du Tiers Monde ; l'effondrement de l'empire sovi&#233;tique confront&#233; &#224; la course aux armements et au d&#233;ni de la d&#233;mocratie et des libert&#233;s ; la fin du compromis social de l'apr&#232;s-guerre mis &#224; mal par les politiques de lib&#233;ralisation et de pr&#233;carisation sociale. Les Nations Unies qui ont construit leur nouveau cours sur la guerre froide et la d&#233;colonisation sont directement interpell&#233;es. Elles sont aussi confront&#233;es &#224; la mont&#233;e de l'unilat&#233;ralisme des Etats-Unis, s&#251;rs de leur force et de leur bon droit, qui se soucient de moins en moins des apparences et entendent r&#233;genter les relations internationales en fonction de leurs int&#233;r&#234;ts et de leur conception du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique atteint son apog&#233;e apr&#232;s la chute du mur de Berlin. Elle est r&#233;sum&#233;e par deux affirmations p&#233;remptoires. &#034; La fin de l'histoire &#034; formalis&#233;e par Fukuyama, suppose que la r&#233;gulation par le march&#233;, affich&#233;e comme consubstantielle de la d&#233;mocratie, constitue un horizon ind&#233;passable et que l'expansion du commerce mondial et l'ajustement des soci&#233;t&#233;s au march&#233; mondial sont les seuls fondements des politiques &#233;conomiques et sociales. &#034; Le choc des civilisations &#034; formalis&#233; par Huntington, suppose que le fondement des conflits et des guerres ne rel&#232;ve pas des in&#233;galit&#233;s et des d&#233;pendances, elle s'inscrit dans le long terme et justifie, face aux int&#233;r&#234;ts inconciliables, une approche d'abord militaire et imp&#233;riale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mergence du mouvement altermondialiste, en contrepoint de cette &#233;volution, porte d&#232;s la fin des ann&#233;es 1990, la prise de conscience des effets n&#233;gatifs de ces politiques et de la nature du syst&#232;me. La contestation met en &#233;vidence les deux questions qui sont au c&#339;ur de la raison d'&#234;tre des Nations Unies : la pr&#233;servation de la paix et le r&#232;glement des conflits ; le cadre international favorable &#224; la transformation des soci&#233;t&#233;s dans le sens de la lutte contre la pauvret&#233; et les in&#233;galit&#233;s et de l'am&#233;lioration des conditions de vie des peuples. L'analyse de la situation et un retour critique sur l'&#233;volution permettent d'identifier les pistes n&#233;cessaires &#224; une refondation des perspectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ONU a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pour assurer la paix. Elle a jou&#233; un r&#244;le dans des situations importantes : la guerre froide, la d&#233;colonisation , les accords de d&#233;sarmement nucl&#233;aire . Mais, la d&#233;colonisation et la fin de la guerre froide n'ont pas amen&#233; la paix. Les zones de conflits augmentent et la population qui y vit approche le milliard. La nature des conflits s'&#233;largit. Les guerres li&#233;es au contr&#244;le des ressources et des territoires sont toujours d'actualit&#233;, la dimension identitaire des conflits s'accentue alliant s&#233;gr&#233;gation spatiale et purification dite &#034; ethnique &#034;. Les conflits r&#233;gionaux et intra-&#233;tatiques s'&#233;ternisent. La dialectique entrem&#234;l&#233;e des terrorismes de r&#233;seaux et des terrorismes d'Etat fait r&#233;gresser les droits civils et politiques au nom d'un &#034; choc des civilisations &#034; qui justifie la l&#233;gitimation du &#034; non-droit &#034; et de la torture, la strat&#233;gie des guerres du fort au faible et la surprise de d&#233;couvrir la capacit&#233; des faibles &#224; trouver la vuln&#233;rabilit&#233; des forts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;ception vient de ce que l'ONU, brandie comme r&#233;f&#233;rence &#224; chaque occasion, se r&#233;v&#232;le impuissante &#224; emp&#234;cher les conflits et manquent de moyens pour faire respecter les droits des peuples. Elle n'a pas de force propre, les Etats ne respectent pas leurs engagements et il n'y a pas de sanctions possibles. Les Etats affirment vouloir d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts de l'Humanit&#233; mais sont surtout soucieux des leurs. Le Conseil de s&#233;curit&#233; est discr&#233;dit&#233; par sa pratique du &#034; deux poids, deux mesures &#034; dans le r&#232;glement des conflits. Ses cinq membres permanents, disposant du droit de veto, sont les principaux exportateurs d'armes et fauteurs de guerre. Quand ils sont d'accord, c'est le droit du plus fort ; quand ils ne le sont pas, c'est la paralysie ! La multiplication des crises internationales et la mont&#233;e de l'unilat&#233;ralisme alimentent la crise du syst&#232;me des Nations Unies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour d&#233;finir de nouvelles perspectives, il serait utile de renouveler la pens&#233;e sur la construction de la paix. Alors que la construction de la guerre est en perp&#233;tuel renouvellement, la mani&#232;re de faire la paix ne se d&#233;marque pas des conceptions du 18&#232;me et 19&#232;me si&#232;cles. Les politiques se r&#233;f&#232;rent &#224; Talleyrand (la primaut&#233; de la raison d'Etat et de l'int&#233;r&#234;t national) et Clausewitz (la guerre comme la continuation de la politique) ; on y retrouve sous leurs formes anciennes, les conceptions de l'int&#233;r&#234;t national et de la souverainet&#233; nationale ; la raison d'Etat affranchie de toute r&#232;ge morale ; l'institutionnalisation des alliances des vainqueurs ; la r&#233;f&#233;rence &#224; des principes sans contr&#244;le d'application ; des r&#232;gles d'arbitrage &#224; g&#233;om&#233;trie variable. Les nouvelles conceptions de la paix s'appuient sur des r&#233;flexions anciennes ; la philosophie de la paix perp&#233;tuelle de Kant date en effet de 1795 et le pacifisme faisait partie des d&#233;bats politiques du 19&#232;me si&#232;cle. Trois pistes nouvelles peuvent &#234;tre avanc&#233;es. D'abord, repenser la liaison entre la pr&#233;vention et le r&#232;glement des conflits, la lutte contre la pauvret&#233; et les in&#233;galit&#233;s dans la pens&#233;e du d&#233;veloppement, la d&#233;fense des droits individuels et collectifs. Ensuite, tirer partie des exp&#233;riences nouvelles d'espaces construits sur l'affirmation du rapport entre la paix et la d&#233;mocratie, par exemple dans l'Union Europ&#233;enne ou &#224; travers les accords d'Helsinki sur la s&#233;curit&#233; commune en Europe. Enfin, la pens&#233;e sur la violence, sur les formes d'oppression, de terreur et de r&#233;sistances, sur les conditions du monopole de la violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation dans sa phase actuelle, n&#233;olib&#233;rale, ouvre la crise du syst&#232;me des relations internationales fond&#233;e sur les accords internationaux de l'apr&#232;s-guerre. La nouvelle gouvernance &#233;conomique mondiale mise en place par le G5 de Tokyo instaure les fondements du syst&#232;me international, &#224; savoir : la libre circulation g&#233;n&#233;ralis&#233;e des capitaux dans un contexte de forts d&#233;ficits publics, le libre &#233;change dans un espace de mise en concurrence mondial, la pr&#233;&#233;minence des firmes multinationales, l'ajustement au march&#233; mondial dans le cadre du consensus de Washington pilot&#233; par le FMI et la Banque mondiale, la r&#233;gulation du syst&#232;me mon&#233;taire assur&#233;e par les banques centrales et particuli&#232;rement la FED des Etats-Unis. La mise en place de l'OMC avec son Organe de R&#232;glement des diff&#233;rends vient couronner le cadre institutionnel de la mondialisation lib&#233;rale. Il assure l'&#233;largissement et la primaut&#233; du march&#233; mondial et organise la pr&#233;&#233;minence du droit des affaires sur les autres aspects du droit international .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement altermondialiste, dans la diversit&#233;, a largement contribu&#233; &#224; la prise de conscience des effets n&#233;gatifs des politiques li&#233;es &#224; la phase actuelle de la mondialisation. La croissance mondiale se traduit par un accroissement de la pauvret&#233; et des in&#233;galit&#233;s li&#233;es aux discriminations, les in&#233;galit&#233;s entre le Nord et le Sud sont croissantes et alimentent les conflits, les violences et les guerres, les limites de l'&#233;cosyst&#232;me plan&#233;taire sont atteintes dans la destruction de la nature, des ressources non renouvelable et de l'environnement et mettent en danger les droits des g&#233;n&#233;rations futures ; l'ins&#233;curit&#233; sociale renforce l'intol&#233;rance et met en danger les libert&#233;s et la d&#233;mocratie. La conception du d&#233;veloppement est au centre des fondements du syst&#232;me international . Le syst&#232;me des Nations Unies est confront&#233; &#224; cette situation d'un double point de vue. D&#232;s le d&#233;part, avant m&#234;me le n&#233;olib&#233;ralisme, la r&#233;gulation &#233;conomique n'est pas de ses pr&#233;rogatives. La doctrine dominante dans le syst&#232;me des Nations Unies est alors le fonctionnalisme, qui pr&#233;conise un syst&#232;me de relations entre Etats sur les domaines &#233;conomiques, sociaux et culturels favorables &#224; la paix et qui s&#233;pare les questions de s&#233;curit&#233; des questions &#233;conomiques. La tentative des pays d&#233;colonis&#233;s, dans les ann&#233;es 1960, d'utiliser les Nations Unies pour d&#233;finir un &#034; nouvel ordre &#233;conomique international &#034;, un cadre favorable au d&#233;veloppement du tiers monde, souvent con&#231;u en termes de &#034; rattrapage &#034;, s'est depuis longtemps heurt&#233;e &#224; l'hostilit&#233; virulente des Etats-Unis et du camp occidental, ces derniers d&#233;cidant alors de marginaliser les Nations Unies et de cr&#233;er le G5 futur G8.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Nations Unies ne sont pas rest&#233;es inactives face &#224; cette strat&#233;gie de marginalisation. Elles ont particip&#233; au d&#233;bat sur la conception du d&#233;veloppement et lui ont donn&#233; une certaine l&#233;gitimit&#233;. En organisant de grandes Conf&#233;rences multilat&#233;rales sur les questions urgentes, les Nations Unies ont &#233;vit&#233; la r&#233;f&#233;rence rituelle au d&#233;veloppement durable, le danger d'un consensus douteux qui nierait le caract&#232;re contradictoire et conflictuel des mod&#232;les et des politiques de d&#233;veloppement. Cette conception du d&#233;veloppement durable, au-del&#224; des effets de mode, se r&#233;f&#232;re aux propositions qui ont &#233;t&#233; discut&#233;es dans les forums civils des grandes conf&#233;rences multilat&#233;rales, &#224; Rio (d&#233;veloppement et environnement), &#224; Copenhague (d&#233;veloppement social), &#224; Vienne (Droits de l'Homme), &#224; P&#233;kin (place des femmes), au Caire (population), &#224; Istanbul (l'habitat et les villes), &#224; Durban (racisme), &#224; Kyoto (climat), &#224; Johannesburg (lutte contre la pauvret&#233;) etc . Ce sont ces propositions qui ont converg&#233; &#224; partir de Seattle. On y retrouve les grandes lignes pour un d&#233;veloppement durable qui soit &#233;conomiquement efficace, &#233;cologiquement soutenable, socialement &#233;quitable, d&#233;mocratiquement fond&#233;, g&#233;opolitiquement acceptable, culturellement diversifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut souligner l'inadaptation des Nations Unies, dans leur conception actuelle, &#224; la r&#233;gulation &#233;conomique. La discussion sur le d&#233;veloppement est centrale, doit tenir compte de deux &#233;l&#233;ments nouveaux, la critique des plans d'ajustement structurels et de la lib&#233;ralisation, d'une part, et le d&#233;bat sur les limites du mod&#232;le productiviste confront&#233; au nouveau paradigme &#233;cologique, aux limites de l'&#233;cosyst&#232;me et &#224; l'&#233;chec de la transformation sovi&#233;tique, d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la question du d&#233;veloppement n'est pas ind&#233;pendante de la question du r&#232;glement des conflits et de leur pr&#233;vention. La paix est une condition du d&#233;veloppement. L'opinion, tr&#232;s r&#233;pandue suivant laquelle la stabilit&#233; est la condition n&#233;cessaire et pr&#233;alable au d&#233;veloppement est souvent fond&#233;e. Pour autant, la stabilit&#233; ne peut pas justifier le soutien &#224; des r&#233;gimes autoritaires et impopulaires. Plus fondamentalement, on ne peut ignorer que le d&#233;veloppement en tant que mise en mouvement et recherche d'un changement social, implique des conflits &#233;conomiques, sociaux, culturels, nationaux. Il s'inscrit dans une situation marqu&#233;e d&#233;j&#224; par des luttes. L'hypoth&#232;se du r&#232;glement pacifique des conflits dans les syst&#232;mes politiques d&#233;mocratiques est &#233;videmment la plus int&#233;ressante mais elle n'est pas suffisante. Les syst&#232;mes d&#233;mocratiques ne sont pas int&#233;gralement garants de l'assurance d'un changement social dans le sens d'une plus grande justice et d'une plus grande solidarit&#233;. Sans r&#233;duction des injustices et des in&#233;galit&#233;s, la d&#233;mocratie s'affaiblit et perd sa l&#233;gitimit&#233; ; elle ne permet plus le r&#232;glement pacifique des conflits. D'autant que la mondialisation, dans ses formes actuelles, les exacerbe. Elle affaiblit la r&#233;gulation publique et la correction des d&#233;s&#233;quilibres. Elle subordonne la libert&#233; de circulation des personnes &#224; la libert&#233; de circulation des capitaux et des marchandises, vidant les pays de leurs comp&#233;tences humaines, assignant &#224; r&#233;sidence les peuples, niant les droits les plus &#233;l&#233;mentaires des personnes. Les nouveaux conflits, marqu&#233;s par la d&#233;sesp&#233;rance du manque de perspectives, redoublent de sectarisme. L'absence de limites ext&#233;rieures et de dissuasion conduit aux d&#233;chirements extr&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie implique donc une double condition, que la majorit&#233; ne soit pas dirig&#233;e par une minorit&#233;, et que la majorit&#233; respecte les droits des minorit&#233;s. Faute d'en tenir compte, la purification ethnique s'infiltre et redouble la s&#233;gr&#233;gation sociale. Le rapport entre la question nationale et la question sociale a marqu&#233; la derni&#232;re p&#233;riode historique ; la question mondiale en modifie l'articulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les pistes qui se d&#233;gagent pour la refondation d'une pens&#233;e du d&#233;veloppement et du syst&#232;me international correspondant, nous soulignerons trois aspects : le commerce mondial et la monnaie, le droit des peuples &#224; choisir leur mod&#232;le de d&#233;veloppement, l'articulation entre les niveaux de gouvernance &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lib&#233;ralisation du commerce, estime la CNUCED a accentu&#233; les probl&#232;mes structurels des pays les plus pauvres : un endettement insoutenable, la baisse des cours des mati&#232;res premi&#232;res, le sida et les conflits arm&#233;s. Loin de faciliter leur d&#233;veloppement, elle a conduit &#224; une d&#233;sindustrialisation dans les pays pauvres. Le commerce mondial ne peut contribuer &#224; la r&#233;duction de la pauvret&#233; que si le d&#233;veloppement national pr&#233;c&#232;de l'int&#233;gration mondiale. Dans l'architecture des relations internationales, il faudra revoir le rapport entre la monnaie et le commerce. Le commerce n'a pas de raison d'&#234;tre essentiellement mondial. L'affirmation lib&#233;rale que le commerce est &#224; traiter en premier sans se soucier du plan mon&#233;taire avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; combattue par Keynes . La question mon&#233;taire mondiale est un pr&#233;alable. Il existe des propositions d'inspiration keyn&#233;sienne (changes fixes contre changes flottants, financement d'interm&#233;diation contre financement de march&#233;, contr&#244;le des mouvements de capitaux &#224; l'&#233;chelle internationale contre leur libre circulation), y compris la proposition d'une monnaie de r&#232;glement internationale avec r&#233;gionalisation mon&#233;taire. Il existe peu de propositions alternatives au commerce mondial lib&#233;ral. L'&#233;conomiste nord-am&#233;ricain G. De Martino propose que le commerce international soit r&#233;gul&#233; sur une base multilat&#233;rale, au sein d'une Organisation mondiale du commerce &#233;quitable, sur des bases profond&#233;ment renouvel&#233;es. L'objectif du commerce international ne serait plus l'accroissement des PIB, mais le d&#233;veloppement des capacit&#233;s et des libert&#233;s r&#233;elles des citoyens de chaque pays ; ni la maximisation de la richesse mon&#233;taire, mais l'accroissement des possibilit&#233;s pour chacun de satisfaire ses besoins essentiels, entendus au sens large. Amartya Sen, l'&#233;conomiste indien (Prix Nobel 1998), a montr&#233; que le d&#233;veloppement des &#034; capacit&#233;s &#034; humaines &#233;tait un objectif &#233;conomique bien pr&#233;f&#233;rable &#224; celui de la croissance. Par capacit&#233;s, il faut comprendre : s'&#233;duquer, &#234;tre en bonne sant&#233;, participer &#224; la vie sociale et politique, choisir son emploi librement, ... la liste des &#034; capacit&#233;s &#034; est infinie. L'id&#233;e de la &#034; politique commerciale &#233;quitable &#034; est de prot&#233;ger les pays qui d&#233;veloppent les capacit&#233;s de leurs citoyens de la concurrence d&#233;loyale des pays qui sacrifient le social pour abaisser leurs co&#251;ts de production. Il s'agirait en quelque sorte d'un accord multilat&#233;ral anti-dumping social. La protection r&#233;sulterait d'une modulation des droits de douane en fonction des performances de chaque pays : les pays &#034; vertueux &#034; auraient des droits de douane plus &#233;lev&#233;s, leur permettant de prot&#233;ger leurs producteurs de la concurrence des pays &#034; vicieux &#034;, qui n'auraient quant &#224; eux pas le droit de se prot&#233;ger. Une piste qui m&#233;rite d'&#234;tre d&#233;battue... Chaque peuple a le droit de choisir son mod&#232;le de d&#233;veloppement. C'est la philosophie qui pr&#233;side largement &#224; la D&#233;claration sur le droit au d&#233;veloppement adopt&#233;e en 1986 dans le cadre de l'ONU. C'est aussi une condition de r&#233;ussite des politiques de d&#233;veloppement. Une politique de d&#233;veloppement doit &#234;tre d&#233;finie par rapport &#224; une situation, aux dynamismes internes et &#224; la mobilisation de la soci&#233;t&#233;. Ce qui implique la reconqu&#234;te des souverainet&#233;s nationales en mati&#232;re mon&#233;taire et de d&#233;veloppement y compris en mati&#232;re de politiques fiscales, salariales, financi&#232;res et sociales. La responsabilit&#233; interne des r&#233;gimes et des Etats nationaux n'est pas annul&#233;e pour autant ; au contraire, leur responsabilit&#233; est engag&#233;e, face &#224; leurs peuples, sur les orientations, particuli&#232;rement en ce qui concerne le respect des droits humains. On ne peut lutter contre l'id&#233;e que tous les Etats sont forc&#233;ment corrompus, bureaucratiques, inefficaces sans mener la lutte contre les d&#233;viations bureaucratiques, technocratiques et autoritaires des Etats. La question de la d&#233;mocratie est essentielle. La compatibilit&#233; entre d&#233;veloppement et d&#233;mocratie n'est pas m&#233;caniste, elle d&#233;pend d'un choix politique volontaire. Le m&#233;pris pour les aspirations d&#233;mocratiques et les libert&#233;s a &#233;t&#233; le fossoyeur des r&#233;gimes issus des ind&#233;pendances. Mais, la r&#233;f&#233;rence &#224; la d&#233;mocratie, et aux libert&#233;s, ne peut pas &#234;tre rh&#233;torique. Et, la question de la d&#233;mocratie ne peut pas &#234;tre r&#233;duite &#224; un nouveau dogme, celui de l'identit&#233; entre le march&#233; et la d&#233;mocratie. La d&#233;mocratisation est une des conditions de la mobilisation et de l'engagement pour le d&#233;veloppement. Elle fonde la n&#233;cessit&#233; et la l&#233;gitimit&#233; de l'Etat comme garant de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, instrument des politiques sociales de r&#233;partition et de distribution, et porteur des liens sociaux qui fondent le d&#233;veloppement &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;forme du syst&#232;me international repose sur la prise en compte des &#233;chelles de la transformation sociale, sur l'articulation des &#233;chelles locales, nationales, des grandes r&#233;gions et mondiale. C'est dans cette articulation que se construit le cadre institutionnel de la d&#233;mocratie mondiale. L'&#233;chelle locale est celle de la satisfaction des besoins, du rapport entre population et territoire, du rapport entre d&#233;mocratie et d&#233;veloppement. Le renforcement des collectivit&#233;s locales, la d&#233;centralisation citoyenne, le d&#233;veloppement local sont prioritaires. La d&#233;mocratie de proximit&#233; porte les deux formes de repr&#233;sentation, la d&#233;l&#233;gation et la participation. Le fonctionnement et l'acc&#232;s aux services de base devraient &#234;tre les fondements des politiques locales. Le syst&#232;me international devrait en faire une priorit&#233; et soutenir les dynamismes locaux. L'&#233;chelle nationale garde toute sa pertinence, elle est n&#233;cessaire si on veut fonder les politiques publiques sur la dur&#233;e et l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. C'est l'&#233;chelle de la r&#233;gulation sociale, de la r&#233;gulation sectorielle et spatiale au niveau de l'am&#233;nagement du territoire, de la r&#233;gulation &#233;cologique et de la pr&#233;servation des int&#233;r&#234;ts des g&#233;n&#233;rations futures. L'&#233;chelle nationale est celle de l'&#233;galit&#233; et de la redistribution &#224; travers ses diff&#233;rentes formes notamment les tarifs, la fiscalit&#233;, la r&#233;partition des rentes. L'&#233;chelle macro-&#233;conomique est celle du pouvoir de l'Etat, de la coh&#233;rence et du pilotage ; elle doit &#234;tre d'abord nationale et non l'instrument privil&#233;gi&#233; du contr&#244;le ext&#233;rieur. L'&#233;chelle sectorielle est celle de la ma&#238;trise des techniques, de l'organisation de la production et du travail ; le syst&#232;me international devrait ouvrir des perspectives par rapport &#224; la domination des oligopoles et des march&#233;s financiers. L'organisation de grandes r&#233;gions g&#233;oculturelles devrait &#234;tre syst&#233;matiquement encourag&#233;e, comme r&#233;ponses possibles &#224; la mondialisation et en tant qu'espace alternatif de d&#233;veloppement. C'est aussi l'&#233;chelle pertinente du r&#232;glement des conflits et de la pr&#233;servation de la paix. La r&#233;gionalisation doit correspondre &#224; une vision politique large qui, au-del&#224; de la question mon&#233;taire, inclue la construction d'espaces sociaux, d'espaces de production, de march&#233;s, d'&#233;changes r&#233;gionaux et d'accords de pr&#233;servation et de consolidation d&#233;mocratique. L'architecture du syst&#232;me mondial doit favoriser le d&#233;veloppement au service des peuples et lutter contre les in&#233;galit&#233;s sociales, &#233;cologiques et g&#233;opolitiques. La redistribution doit aussi &#234;tre mise en &#339;uvre au niveau international par une fiscalit&#233; internationale et par le r&#233;&#233;quilibrage des termes de l'&#233;change. C'est l'int&#233;r&#234;t des propositions comme celle de l'instauration des &#233;cotaxes et des taxes sur les transactions financi&#232;res &#224; court terme. Cette &#233;volution n&#233;cessite la construction d'institutions internationales &#224; la fois efficaces, d&#233;mocratiques et v&#233;ritablement d&#233;di&#233;es &#224; ces objectifs de gestion des ressources communes et de redistribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ligne directrice de la d&#233;mocratie mondiale et le droit international&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La refondation des Nations Unies doit prendre en compte les deux dimensions essentielles, la construction de la paix et le r&#232;glement des conflits, d'une part, le syst&#232;me de relations internationales favorisant la transformation des soci&#233;t&#233;s dans un sens de libert&#233; et d'&#233;galit&#233;, de l'autre. L'analyse de l'&#233;tat des lieux et des perspectives a montr&#233; que le d&#233;bat est ouvert et que plusieurs &#233;volutions sont possibles. Pour aller plus loin dans la d&#233;finition d'une strat&#233;gie, il convient de pr&#233;ciser les orientations qui caract&#233;risent la d&#233;marche propos&#233;e. Proposons une ligne directrice organis&#233;e autour de deux imp&#233;ratifs : une nouvelle constitution du monde fond&#233;e sur la d&#233;mocratie mondiale ; un contrat social mondial fond&#233; sur le respect et la garantie des droits, tant civils et politiques, qu'&#233;conomiques, sociaux et culturels. L'&#233;volution du droit international est aujourd'hui, du point de vue de cette ligne directrice, le lieu strat&#233;gique des confrontations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat sur la d&#233;mocratie mondiale fonde la volont&#233; d'une nouvelle constitution du monde. Ce d&#233;bat doit &#234;tre in&#233;vitablement pris en compte dans celui qui est pos&#233; par les Nations Unies et qui nous occupe dans ce livre. Il s'inscrit dans une perspective d&#233;limit&#233;e par trois &#233;l&#233;ments nouveaux : la prise de conscience du caract&#232;re anti-d&#233;mocratique du syst&#232;me mondial existant ; l'id&#233;e qu'une d&#233;mocratie mondiale est possible ; la convergence des pratiques et des luttes pour une d&#233;mocratisation du syst&#232;me mondial. Ce qui permet de caract&#233;riser le syst&#232;me comme anti-d&#233;mocratique ce sont les in&#233;galit&#233;s g&#233;opolitiques et particuli&#232;rement les rapports de domination Nord-Sud ; les in&#233;galit&#233;s sociales qui sont fond&#233;es sur les discriminations ; le non-respect des droits des g&#233;n&#233;rations futures. Elle traduit la conviction que ces contradictions se traduisent toujours par la remise en cause des droits et la violation des libert&#233;s individuelles et collectives. Pour penser la d&#233;mocratie, l'&#233;chelle mondiale est pertinente. La mondialisation le confirme &#224; travers son caract&#232;re contradictoire. Encore faut-il se demander comment penser &#224; l'&#233;chelle mondiale. On ne peut simplement transposer la mani&#232;re de penser la d&#233;mocratie &#224; l'&#233;chelle nationale. En partant des concepts dons nous disposons, formalis&#233;s dans les ruptures pr&#233;c&#233;dentes, il nous faut construire les nouveaux concepts correspondant &#224; la p&#233;riode de rupture que nous vivons, d'o&#249; l'importance d'associer &#233;troitement mouvements citoyens, pratiques sociales et &#233;laboration th&#233;orique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;flexion sur la d&#233;mocratie combine deux entr&#233;es : la d&#233;mocratie consid&#233;r&#233;e comme une exigence et une valeur, et donc comme un choix politique ; la d&#233;mocratie consid&#233;r&#233;e comme un mod&#232;le de fonctionnement des institutions. Ces deux entr&#233;es restent pertinentes au niveau mondial, mais elles ne s'en d&#233;duisent pas lin&#233;airement. La d&#233;mocratie mondiale n'est pas l'addition des d&#233;mocraties nationales, les institutions d&#233;mocratiques mondiales ne d&#233;coulent pas des institutions nationales, seraient-elles toutes d&#233;mocratiques. En tant que valeur, si on retient comme d&#233;finition &#034; l'exigence pour les &#234;tres humains de prendre en charge leur avenir individuel et collectif &#034;, la d&#233;mocratie prend tout son sens &#224; l'&#233;chelle mondiale. D'autant que cette &#233;chelle, depuis la d&#233;colonisation, est celle qui rapproche la conception des civilisations de celle de l'Humanit&#233;. Les objectifs de la d&#233;mocratie se sont pr&#233;cis&#233;s historiquement avec la recherche de la paix, la pr&#233;vention des guerres et le r&#232;glement pacifique des conflits ; le respect des droits et des libert&#233;s individuels et collectifs ; la satisfaction des besoins essentiels et la justice sociale ; la ma&#238;trise par chaque collectivit&#233; de son avenir. Ces objectifs renvoient bien aux contradictions majeures de la soci&#233;t&#233; mondiale actuelle. Du point de vue du fonctionnement des institutions, la d&#233;mocratie renvoie au gouvernement par le peuple. Le syst&#232;me mondial est un syst&#232;me inter&#233;tatique ; m&#234;me si la Charte des Nations Unies ouvrait d'autres perspectives en commen&#231;ant par &#034; Nous, les peuples ... &#034; ! D&#233;j&#224; qu'au niveau de chaque pays, la d&#233;finition des rapports entre peuples, nations et Etats n'est pas simple, la transposer &#224; l'&#233;chelle mondiale reste tout aussi probl&#233;matique. Peut-on parler d'un peuple-monde, form&#233; des peuples du monde, qui serait le fondement de la d&#233;mocratie mondiale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fonctionnement des institutions renvoie &#224; la question de la majorit&#233;. Une d&#233;mocratie n'est pas imaginable si une majorit&#233; est soumise &#224; la loi d'une minorit&#233;. Mais on comprend mieux aujourd'hui qu'une d&#233;mocratie est vici&#233;e quand les droits des minorit&#233;s ne sont pas respect&#233;s. La notion m&#234;me de minorit&#233; est en cause : distinguer une minorit&#233; renvoie &#224; l'homog&#233;n&#233;it&#233; des autres confondus dans une majorit&#233; ; les groupes culturels partag&#233;s par des fronti&#232;res sont consid&#233;r&#233;s comme une somme de minorit&#233;s ; et que dire des femmes consid&#233;r&#233;es comme une minorit&#233; ! A l'&#233;chelle mondiale, la question de la situation de la majorit&#233; des habitants de la plan&#232;te demeure telle quelle dans son acuit&#233;, mais la notion de minorit&#233; perd beaucoup de son sens. Pour traiter de cette question, il est int&#233;ressant de revenir &#224; la d&#233;finition des droits individuels et collectifs et de mettre l'accent sur les discriminations et leur r&#244;le structurel dans les in&#233;galit&#233;s ; &#224; commencer par les discriminations entre les genres. Il faut aussi poser la question de la garantie des droits. Certes, il revient aux Etats de garantir les droits, mais qui garantit les Etats de droit ? C'est l&#224; qu'intervient la question des citoyens et de la citoyennet&#233;. La question de la repr&#233;sentation est aussi essentielle. Le d&#233;bat entre d&#233;mocratie repr&#233;sentative et d&#233;mocratie directe a retrouv&#233; une nouvelle vigueur avec la d&#233;mocratie participative. La r&#233;flexion sur la d&#233;mocratie repr&#233;sentative est tr&#232;s marqu&#233;e par l'inscription dans la souverainet&#233; nationale, le peuple est souverain par la Nation, et renvoie au mod&#232;le de l'Etat nation qui a &#233;t&#233; le point d'arriv&#233;e du droit &#224; l'autod&#233;termination. Ce mod&#232;le qui continue &#224; fonctionner pour beaucoup comme une &#233;vidence, n'est pas transposable &#224; l'&#233;chelle mondiale ; pour le reconstruire, il faudra passer par une phase de d&#233;construction. C'est le r&#244;le du citoyen et la mise en perspective d'une citoyennet&#233; mondiale qui pourrait servir de fil conducteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approche par les droits, par l'&#233;galit&#233; d'acc&#232;s aux droits, dessine la perspective d'un contrat social mondial. Dans chaque soci&#233;t&#233; et au niveau mondial, la prise de conscience de l'impasse port&#233;e par le mod&#232;le dominant de la transformation sociale, celui de l'ajustement structurel, progresse. Une contre tendance chemine dans le mouvement altermondialiste qui fait &#233;cho &#224; l'&#233;volution du droit international. Il est possible de r&#233;guler l'&#233;conomie et les &#233;changes &#224; partir du respect des droits ; des droits civils et politiques autant que des droits &#233;conomiques, sociaux et culturels. Dans chaque mobilisation, cette r&#233;f&#233;rence aux droits est de plus en plus centrale. Elle se d&#233;gage d'ailleurs des Forums sociaux qui revendiquent l'&#233;galit&#233; d'acc&#232;s aux droits et la garantie de cet acc&#232;s par les instances publiques. Cela constitue une alternative &#224; la r&#233;gulation n&#233;olib&#233;rale qui impose aux soci&#233;t&#233;s une r&#233;gulation fond&#233;e sur les r&#232;gles du march&#233; mondial fond&#233; sur la logique du march&#233; mondial des capitaux et la dictature des actionnaires. L'approche par le respect des droits est une r&#233;ponse aux contradictions mises en avant pour contester les politiques n&#233;olib&#233;rales : la lutte contre les in&#233;galit&#233;s sociales ne peuvent pas &#234;tre r&#233;gl&#233;es par la croissance, elle implique la lutte contre les discriminations et une r&#233;flexion sur la nature de la croissance ; la lutte pour les droits des g&#233;n&#233;rations futures caract&#233;rise notre conception du paradigme &#233;cologique ; les droits des peuples et la lutte contre les dominations g&#233;opolitiques et les guerres marquent notre conception des rapports Nord-Sud. La modernisation la plus int&#233;ressante est celle du respect, de la garantie et de l'approfondissement des droits fondamentaux ; que les droits, civils et politiques et aussi, &#233;conomiques, sociaux et culturels, permettent la r&#233;gulation la plus int&#233;ressante des soci&#233;t&#233;s, y compris des march&#233;s ; que la nouvelle politique &#233;conomique est celle qui organise l'acc&#232;s de tous aux services de base, la satisfaction des besoins fondamentaux et des aspirations populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat international sur les droits est ouvert. La perspective est celle d'un nouveau contrat social mondial. Elle inclut la pluralit&#233; des conceptions en mati&#232;re de politiques de d&#233;veloppement. L'approche par les droits renouvelle la conception du d&#233;veloppement et les interrogations sur les rapports entre croissance et d&#233;veloppement, croissance et redistribution, d&#233;veloppement et environnement, d&#233;veloppement et d&#233;mocratie. La nature de la croissance est questionn&#233;e ; elle ne peut-&#234;tre rabattue sur la croissance mon&#233;taire et marchande. Elle est caract&#233;ris&#233;e par les luttes contre les in&#233;galit&#233;s et les discriminations qui fondent les politiques &#233;conomiques. Sans ignorer l'importance des situations sp&#233;cifiques et des approches culturelles, l'universalit&#233; des droits est reconnue ; particuli&#232;rement entre les droits civils et politiques et les droits &#233;conomiques, sociaux et culturels. Ils devraient &#234;tre tous justiciables et d'application directe devant les tribunaux. De nombreux droits &#233;conomiques, sociaux et culturels le sont d&#233;j&#224;. La conciliation entre les droits en conflits, dans chaque situation, caract&#233;rise la nature des politiques. Prenons les exemples du droit &#224; la sant&#233; par rapport au droit &#224; la propri&#233;t&#233; intellectuelle dans le cas des m&#233;dicaments g&#233;n&#233;riques, ou encore le droit au relogement en cas d'expulsion du logement par rapport au droit de propri&#233;t&#233;, etc. L'approche par les droits renouvelle l'approche des &#233;valuations ; elle leur donne un cadre commun de coh&#233;rence. Dans cette perspective les modalit&#233;s d'&#233;valuation prennent toute leur importance : ind&#233;pendance des instances d'&#233;valuation par rapport aux institutions, d&#233;bat public et contradictoire laissant leur place aux diff&#233;rents acteurs sociaux et &#224; la pluralit&#233; des expertises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit international ne peut &#234;tre fond&#233; que sur la D&#233;claration Universelle des Droits de l'Homme et la Charte des Nations Unies. C'est le point fixe autour duquel construire le syst&#232;me des relations internationales, le point d'appui qui donne sa l&#233;gitimit&#233; aux Nations Unies dans le syst&#232;me mondial. La mobilisation du droit et l'approfondissement du droit sont pour le mouvement altermondialiste des objectifs strat&#233;giques ; le droit international est de ce point de vue un terrain d'affrontement central dans la lutte contre la mondialisation n&#233;olib&#233;rale et la d&#233;finition d'un autre monde. Le droit international devra permettre de garantir les droits fondamentaux. Dans le contexte de la mondialisation, comment garantir les droits ? La garantie des droits interroge alors la nature et la l&#233;gitimit&#233; des pouvoirs. La premi&#232;re approche consiste &#224; d&#233;terminer les responsabilit&#233;s ; celles du pouvoir politique et particuli&#232;rement des Etats et des institutions internationales et celles du pouvoir &#233;conomique et particuli&#232;rement des entreprises et des multinationales. D&#232;s lors qu'une violation des droits est &#233;tablie, il faut pouvoir interpeller ceux qui par leurs actions ou leurs politiques en sont responsables. Cette approche renvoie &#224; la justiciabilit&#233; des droits et &#224; la d&#233;finition des instances de recours &#224; l'&#233;chelle de la mondialisation. Elle implique un r&#233;am&#233;nagement du r&#244;le des institutions publiques dans la garantie des droits, notamment entre les &#233;chelles institutionnelles locales, nationales, r&#233;gionales et mondiales. Elle induit un approfondissement de la conception de la citoyennet&#233; et du r&#244;le des citoyens dans la garantie des droits. Cette &#233;volution a &#233;t&#233; amorc&#233;e par les Nations Unies dans la pr&#233;paration du Protocole additionnel facultatif au Pacte international relatif aux droits &#233;conomiques, sociaux et culturels. Ce protocole a &#233;t&#233; demand&#233; par la Conf&#233;rence Mondiale de Vienne sur les Droits de l'Homme, en 1993. Il reconna&#238;trait aux particuliers et aux groupes le droit de pr&#233;senter des plaintes formelles relatives au non-respect du Pacte. Ce serait un pas en avant consid&#233;rable vers la justiciabilit&#233; des droits et la reconnaissance de l'indivisibilit&#233; des droits civils et politiques et des droits &#233;conomiques, sociaux et culturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citons &#224; titre d'exemple quelques unes des discussions qui aujourd'hui d&#233;finissent l'&#233;volution du droit international. Le droit international doit &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un instrument. Aujourd'hui, c'est surtout un outil au service des entreprises multinationales. Peut-il devenir un instrument au service des citoyens ? L'ambigu&#239;t&#233; de la relation entre globalisation &#233;conomique et universalisme des droits de l'homme demeure, le &#034; droit de la mondialisation &#034; &#224; vocation &#233;conomique est beaucoup plus rapide et plus efficace que la &#034; mondialisation du droit &#034; qui permettrait le rapprochement des droits nationaux sous l'influence des droits de l'homme. Elle renvoie aux discussions sur la hi&#233;rarchie des normes, entre les r&#232;gles internationales et les r&#232;gles nationales. La r&#233;organisation des pouvoirs concerne le r&#244;le de l'Etat. Ce dernier a perdu le contr&#244;le de ses fronti&#232;res que les acteurs priv&#233;s, en dehors des travailleurs migrants et de demandeurs d'asile, traversent ouvertement selon des strat&#233;gies d&#233;sormais globales. Il perd aussi le contr&#244;le de la r&#232;gle de droit, inadapt&#233;e aux r&#233;seaux transnationaux (ceux du commerce, mais aussi du crime organis&#233; ou de la communication par l'Internet). La discussion sur la &#034; soft law &#034;, sur le rapport entre la bonne volont&#233; des codes de bonne conduite et l'&#233;diction par des autorit&#233;s publiques de normes contraignantes rebondit avec la responsabilit&#233; sociale et environnementale des entreprises. La mondialisation est &#224; l'origine de nouvelles formes d'impunit&#233; de certains agents du march&#233; qui modifient et accentuent la corruption internationale. Le principe de pr&#233;caution et de vigilance pourrait fonder des responsabilit&#233;s p&#233;nales internationales. Les droits strat&#233;giques des p&#233;riodes pr&#233;c&#233;dentes, droit des peuples &#224; l'autod&#233;termination, droits des minorit&#233;s, sont toujours d'actualit&#233; mais doivent &#234;tre interrog&#233;s face aux nouvelles situations. La co-responsabilit&#233; dans les questions &#233;conomiques mondiales a &#233;t&#233; pos&#233;e &#224; plusieurs reprises, notamment &#224; l'occasion de la gestion de la crise de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'avons affirm&#233; au d&#233;part, le fondement du droit international, ne peut &#234;tre que la D&#233;claration universelle des droits de l'Homme et la Charte des Nations Unies. A cette condition, le droit international peut-&#234;tre porteur d'une nouvelle modernit&#233;. Il permettrait alors aux mouvements citoyens dans chaque pays de se mobiliser pour faire avancer les situations. Les citoyens pourraient ainsi avoir, par ce moyen, un recours si leurs droits sont viol&#233;s. Les Nations Unies peuvent s'ouvrir &#224; la complexit&#233; des soci&#233;t&#233;s, reconna&#238;tre les acteurs &#233;mergents, leur donner une l&#233;gitimit&#233;. Ils peuvent encourager les Etats &#224; garantir les droits et &#224; renforcer, par l&#224; m&#234;me, leur l&#233;gitimit&#233;. Voici la base d'une refondation des Nations Unies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'axe strat&#233;gique de la d&#233;mocratisation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ligne directrice de la d&#233;mocratie mondiale et du contrat social mondial donne une orientation et une perspective de refondation du syst&#232;me international et des Nations Unies. Nous proposons de prendre comme axe strat&#233;gique de leur mise en &#339;uvre les mouvements et les luttes pour la d&#233;mocratisation des relations internationales. L'ensemble de ces mouvements ne convergera pas spontan&#233;ment vers une d&#233;mocratie mondiale. Dans chacun de ces mouvements, il y a des orientations oppos&#233;es et ces mouvements peuvent &#234;tre contradictoires entre eux. C'est en d&#233;fendant dans chacun de ces mouvements les propositions compatibles avec les orientations et en les faisant converger autour d'un projet de d&#233;mocratie mondiale que ces luttes seront porteuses d'une refondation du syst&#232;me international. D'autant que les propositions d'am&#233;lioration d&#233;fendues par les mouvements ne sont pas en soi r&#233;cup&#233;rables ou radicales, c'est la situation et l'inscription dans un projet qui les caract&#233;risera. D'autant aussi que la d&#233;mocratie n'est pas un syst&#232;me id&#233;al qu'il faut d&#233;finir puis appliquer, c'est un processus qui ne se r&#233;duit pas &#224; ses modalit&#233;s d'application. La d&#233;marche n'est donc pas une recherche du mod&#232;le optimal, c'est celle d'un processus, d'un cheminement ; celui qui permet de relier &#233;laboration et mouvements, mobilisation et travail intellectuel, th&#233;ories et pratiques sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes pour la d&#233;mocratisation du syst&#232;me mondial peuvent &#234;tre inscrites dans un projet de d&#233;mocratie mondiale si elles se r&#233;f&#233;rent aux grandes contradictions qui ont &#233;t&#233; mises en &#233;vidence : la pr&#233;vention des guerres et un r&#232;glement pacifique des conflits fond&#233;s sur le respect des droits individuels et collectifs ; les in&#233;galit&#233;s Nord Sud qui d&#233;coulent d'un syst&#232;me de domination ; les discriminations et les in&#233;galit&#233;s sociales ; le respect des droits de g&#233;n&#233;rations futures et les in&#233;galit&#233;s &#233;cologiques. Dans chacun de ces mouvements, la r&#233;f&#233;rence aux Nations Unies s'impose comme une &#233;vidence et chacune de ces luttes d&#233;finit des propositions de r&#233;forme des Nations Unies. Nous illustrerons ces propositions dans cinq domaines : les luttes et mouvement pour le droit international, pour l'annulation de la dette, pour la fiscalit&#233; internationale, pour la responsabilit&#233; sociale et environnementale des entreprises, pour la r&#233;forme des institutions financi&#232;res internationales. Nous reprendrons dans cette partie quelques unes des perspectives d&#233;j&#224; abord&#233;es qui permettront d'esquisser dans la partie suivante les r&#233;formes propos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes pour la d&#233;mocratisation du syst&#232;me international accordent une importance strat&#233;gique au droit international. Elles appuient les avanc&#233;es du droit international qui va dans le sens d'une d&#233;mocratie mondiale. Elles d&#233;fendent l'universalit&#233; des droits, des droits civils et politiques et des droits &#233;conomiques, sociaux et culturels. Elles combattent la place exorbitante donn&#233;e dans le droit international au droit des affaires &#224; travers les accords de l'OMC. Elles d&#233;fendent les propositions qui sont avanc&#233;es par la Commission des Droits de l'Homme des Nations Unies pour la justiciabilit&#233; des droits &#233;conomiques sociaux et culturels et pour la saisine individuelle et citoyenne d'instances judiciaires de recours, nationales et internationales, pour juger des violations des droits. Elles proposent aussi de fonder, sur l'&#233;galit&#233; des droits, un droit international des migrations. Le point d'achoppement actuel reste celui de l'acceptation d'un syst&#232;me international de plaintes .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; Seattle, en 1999, que le mouvement altermondialiste s'est engag&#233; sur une id&#233;e claire : le droit international ne peut pas &#234;tre subordonn&#233; au droit des affaires. L'OMC cr&#233;&#233;e en 1994 &#224; Marrakech, avait d&#232;s le d&#233;part, affirm&#233; qu'elle n'avait aucun lien avec l'ONU et qu'elle n'&#233;tait pas li&#233;e par les textes des Nations Unies. C'&#233;tait d'autant plus extraordinaire que tous les membres de l'OMC, &#224; une ou deux exceptions pr&#232;s, sont &#233;galement membres de l'ONU et donc, en temps qu'Etats, sont tenus de respecter les documents qu'ils ont sign&#233;s et ratifi&#233;s .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Haut Commissariat aux droits de l'Homme des Nations Unies , s'appuyant sur les propositions des experts et de diff&#233;rentes ONG &#224; avanc&#233; de nombreuses propositions pour encourager les Etats &#224; int&#233;grer les droits &#233;conomiques, sociaux et culturels dans leurs orientations strat&#233;giques, s'assurer de la compatibilit&#233; des d&#233;cisions et des documents strat&#233;giques avec le respect des droits et pour promouvoir l'approche par les droits ,soumettre syst&#233;matiquement tous les accords internationaux &#224; un contr&#244;le parlementaire et au d&#233;bat citoyen dans tous les pays concern&#233;s, soumettre les institutions internationales, quelle que soit leur nature, au respect des pactes et des accords internationaux, assurer l'&#233;galit&#233; d'acc&#232;s aux services collectifs de base Les luttes pour la d&#233;mocratisation concernent l'annulation de la dette pr&#233;alable &#224; toute politique de financement du d&#233;veloppement. La gestion de la crise de la dette a servi aux pays dominants pour remettre au pas les pays du Sud et mettre fin aux espoirs n&#233;s de la d&#233;colonisation. Il est temps d'admettre que la poursuite de cette politique insupportable met aujourd'hui en danger la paix du monde. La campagne pour l'annulation de la dette, qui a culmin&#233; avec Jubil&#233;e 2000, a montr&#233; que les opinions publiques, dans le Sud comme dans le Nord en sont de plus en plus conscientes. Il n'y a pas de risques majeurs &#224; annuler la dette, les solutions techniques et &#233;conomiques sont connues, c'est une question de choix politique. Du point de vue de l'&#233;conomie mondiale, l'annulation de la dette permettrait de relancer l'activit&#233; dans les zones atteintes par les crises financi&#232;res et mon&#233;taires. Mais, cette annulation doit absolument s'inscrire dans la perspective d'une r&#233;forme du syst&#232;me international qui a g&#233;n&#233;r&#233; la dette. La mobilisation citoyenne mondiale peut peser sur les avanc&#233;es du droit international. Il y a l&#224; de r&#233;elles possibilit&#233;s tant du point de vue des conceptions que du point de vue des politiques imm&#233;diates. Dans un premier temps, elles concernent l'annulation du stock de la dette pour les pays les plus pauvres et la &#034; d&#233;flation &#034; du service de la dette, sur la base de crit&#232;res sociaux, pour les pays interm&#233;diaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;f&#233;rence au droit international permet un r&#232;glement &#233;quitable de la question de la dette et permettrait d'&#233;viter qu'elle ne se reproduise apr&#232;s son annulation. Le refus de l'impunit&#233; permettrait de r&#233;cup&#233;rer les avoirs &#224; l'ext&#233;rieur issus des malversations et des corruptions. La coresponsabilit&#233; des emprunteurs et des pr&#234;teurs permettrait de discuter de la l&#233;gitimit&#233; des dettes devant des instances juridiques comp&#233;tentes. La responsabilit&#233; de l'&#233;volution des taux de change et des taux d'int&#233;r&#234;t et de leurs cons&#233;quences sur la dette devrait &#234;tre appr&#233;ci&#233;e par des instances de recours. Il serait ainsi possible, compte tenu des remboursements d&#233;j&#224; effectu&#233;s, d'appr&#233;cier ce qui resterait, &#233;ventuellement, &#224; rembourser. L'annulation de la dette pr&#233;figurerait ainsi la mise en place d'un syst&#232;me &#233;conomique fond&#233; sur le droit international. La m&#233;thode du cas par cas opposant un pays pauvre et endett&#233; &#224; l'ensemble des pays riches cr&#233;anciers est exorbitante du point de vue du droit et de la justice. Une conf&#233;rence des Nations Unies devrait &#234;tre convoqu&#233;e pour discuter globalement de la dette, du droit international de l'endettement et de la r&#233;forme des institutions financi&#232;res internationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes pour la d&#233;mocratisation portent sur la fiscalit&#233; internationale. Cette fiscalit&#233; internationale d&#233;coule d'une triple n&#233;cessit&#233; : permettre de compenser la redistribution massive des pauvres vers les riches qui caract&#233;rise la mondialisation aujourd'hui, d&#233;gager des ressources n&#233;cessaires au financement du d&#233;veloppement, lutter contre les externalit&#233;s n&#233;gatives de l'organisation du syst&#232;me international (sp&#233;culation financi&#232;re, limites &#233;cologiques, ventes d'armes, drainage des cerveaux, etc.). La fiscalit&#233; internationale, en elle-m&#234;me ne suffit pas &#224; r&#233;soudre tous les probl&#232;mes, mais elle s'inscrit dans une r&#233;orientation des fondements du syst&#232;me international : financement des biens publics mondiaux, sauvegarde et d&#233;veloppement des biens communs, lutte contre le &#034; dumping social &#034; et le &#034; dumping fiscal &#034;, substitution d'une redistribution fond&#233;e sur les droits &#224; la vision caritative de l' &#034; aide des riches aux pauvres &#034;, financement des budgets des autorit&#233;s publiques et des institutions internationales. En partie gr&#226;ce au mouvement altermondialiste, et notamment &#224; ATTAC, la fiscalit&#233; internationale sort progressivement du champ de la vision id&#233;aliste. De nombreuses &#233;tudes et propositions sont en cours qui donnent des ordres de grandeur et proposent des mesures applicables. On pourra se reporter &#224; diff&#233;rents travaux du Programme des Nations Unies pour le d&#233;veloppement (PNUD) et de la CNUCED ainsi qu'&#224; des &#233;valuations des parlements belges, canadiens, anglais, etc. Une &#233;tude de ATTAC , estime &#224; 694 milliards de dollars le total des taxes actuellement propos&#233;es dans les diff&#233;rentes conf&#233;rences internationales. Il s'agit des taxes sur les transactions financi&#232;res &#224; court terme (issue d'un r&#233;am&#233;nagement des propositions de Tobin), d'une taxe unitaire sur les b&#233;n&#233;fices des mille plus grandes entreprises internationales, d'une taxe sur les investissements ext&#233;rieurs ne correspondant qu'&#224; des rachats et non &#224; des cr&#233;ations de capacit&#233;s productives, d'un imp&#244;t sur les tr&#232;s grandes fortunes, des &#233;cotaxes (&#233;mission de carbone, plutonium et d&#233;chets nucl&#233;aires, transports a&#233;riens), des taxes sur les ventes d'armes et sur le pillage des cerveaux et la protection des patrimoines. Les conditions d'une fiscalit&#233; internationale, li&#233;e &#224; l'harmonisation des politiques fiscales nationales, sont d'abord politiques. Elle implique la volont&#233; de lutter contre les paradis fiscaux et la criminalit&#233; financi&#232;re et de d&#233;finir les cadres d'&#233;valuation et de contr&#244;le correspondants. Elle est un des &#233;l&#233;ments fondamentaux de la r&#233;forme des Nations Unies et des institutions internationales qui la composent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes pour la d&#233;mocratisation mettent en avant le contr&#244;le du pouvoir &#233;conomique et plus particuli&#232;rement des firmes multinationales consid&#233;r&#233;es comme les acteurs d&#233;terminants de la modernit&#233; port&#233;e par la mondialisation lib&#233;rale. Elles refusent le dogme de la lib&#233;ralisation fond&#233;e sur des privatisations qui conduisent &#224; des oligopoles surpuissants &#233;chappant &#224; tout contr&#244;le. Elles refusent la toute puissance des march&#233;s financiers et de leur logique destructrice. Elles d&#233;fendent le respect des droits et la d&#233;mocratie dans les entreprises. Elles avancent que la responsabilit&#233; sociale des entreprises ne peut &#234;tre fond&#233;e sur le volontariat des dirigeants des entreprises et doit reposer sur une r&#233;glementation d&#233;finie par des politiques publiques et mise en &#339;uvre par des instances de r&#233;gulation publique. Les propositions ne manquent pas &#224; travers les diff&#233;rentes campagnes. Soulignons d'abord les quatre th&#232;mes qui ont amorc&#233; l'ancrage du droit du travail dans le droit international : la libert&#233; syndicale et associative, la lutte contre les discriminations, l'interdiction du travail forc&#233; et l'interdiction du travail des enfants. Cette campagne pr&#233;sente deux grandes avanc&#233;es, d'une part la mise en avant de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) comme une des r&#233;f&#233;rences des institutions internationales et une alternative dans ses objectifs et ses modalit&#233;s &#224; l'OMC ; d'autre part la mobilisation, certes encore timide et en d&#233;fendant pour certaines d'entre elles des orientations discutables, des organisations syndicales comme composante du mouvement altermondialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat sur la responsabilit&#233; sociale et environnementale des entreprises est un nouveau front en pleine effervescence, ouvert par les critiques avec une double n&#233;cessit&#233; : inscrire chacune de ces propositions de d&#233;mocratisation dans la perspective de la d&#233;mocratie mondiale ; inscrire chacun des fronts pour la d&#233;mocratisation dans une alliance plus large pour la refonte du syst&#232;me international ; adress&#233;es aux grandes entreprises par le mouvement associatif et syndical et que ces entreprises tentent aujourd'hui de r&#233;cup&#233;rer &#224; travers l'OCDE et le World Business Council for Sustainable Development. R&#233;sumons, pour montrer les enjeux la prise de position, sur le Global Compact, pacte propos&#233; par les Nations Unies aux grandes entreprises, des associations au contre-sommet de juin 2004 &#224; New York . &#034; Nous appelons les Nations Unies &#224; inscrire la responsabilit&#233; des entreprises dans un cadre juridique et contraignant... Le Compact influence n&#233;gativement les Nations Unies, et affaiblit ses institutions (PNUD, UNICEF, OMS, UNIFEM )... Le Compact d&#233;tourne les gouvernements et les Nations Unies et les dissuade de s'attaquer &#224; la r&#233;glementation de la Responsabilit&#233; Sociale et Environnementale des Entreprises (RSEE)... Total, Shell, Rio Tinto, Nestl&#233; et BP se pr&#233;valent du Compact mais en violent les principes. Le Compact est une couverture de relations publiques... Nous sommes les repr&#233;sentants d'ONG diverses qui croient &#224; la n&#233;cessit&#233; de Nations Unies, fortes et financ&#233;es par des gouvernements... Plut&#244;t que de d&#233;velopper les valeurs sociales dans le march&#233;, le Global Compact introduit la commercialit&#233; dans les Nations Unies. Seules les Nations Unies donnent le cadre l&#233;gitime &#224; la formulation de r&#232;gles et de normes sur la RSEE. La sous-commission des Nations Unies pour les Droits de l'Homme a adopt&#233; en Ao&#251;t 2003 des &#034; Normes sur les responsabilit&#233;s des Entreprises multinationales et autres Entreprises commerciales en regard aux droits de l'homme &#034;. Ces normes red&#233;finissent les principes du droit international applicable aux affaires en mati&#232;re de droits humains, loi humanitaire, droit international du travail, droit de l'environnement, droit des consommateurs, droit anti-corruption... Ces lois ne r&#233;duisent pas la responsabilit&#233; des gouvernements, elles sont applicables par les gouvernements... Les ONG appellent le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral des Nations Unies &#224; organiser une conf&#233;rence internationale sur la mise en &#339;uvre de ces normes ; &#224; faire &#233;voluer le Global Compact dans ce sens ou &#224; le supprimer &#034;. Le droit international progresse aussi &#224; travers l'action des associations ; prenons l'exemple des tribunaux d'opinion et particuli&#232;rement du Tribunal permanent pour les droits des peuples (TPP) qui a explor&#233; depuis la d&#233;colonisation les voies aujourd'hui emprunt&#233;es par les institutions internationales. Ainsi, la session du TPP apr&#232;s la catastrophe industrielle de Bhopal a formalis&#233; les Dix principes de Bhopal sur la responsabilit&#233; des entreprises qui servent de r&#233;f&#233;rence aux associations &#233;cologistes, de d&#233;fense des droits humains et de solidarit&#233; internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes pour la d&#233;mocratisation concernent les institutions financi&#232;res internationales, le FMI, la Banque mondiale . Les institutions financi&#232;res internationales et l'OMC, avec le scandaleux d&#233;s&#233;quilibre entre le Nord, c'est &#224; dire les anciennes puissances coloniales, et le Sud, doivent &#234;tre compl&#232;tement red&#233;finies. Il faut certes des institutions financi&#232;res internationales pour agir dans la dur&#233;e, mais il est difficile de faire confiance aux orientations et au fonctionnement des institutions actuelles. On attend sp&#233;cifiquement de ces institutions, d'une part, la stabilit&#233; du syst&#232;me mon&#233;taire et la pr&#233;vention des crises financi&#232;res et, d'autre part, un syst&#232;me financier qui favorise un d&#233;veloppement respectueux des droits humains. D'autant que ces deux institutions ont construit leur h&#233;g&#233;monie sur la pens&#233;e du d&#233;veloppement et ont su utiliser cet investissement intellectuel pour asseoir leur pouvoir. On peut aussi, pour le moins, en attendre qu'elles fonctionnent d&#233;mocratiquement. Dans les institutions de Bretton-Woods, la responsabilit&#233; directe est celle des actionnaires et plus particuli&#232;rement des actionnaires majoritaires, des pays les plus riches qui sont regroup&#233;s dans l'OCDE. Il s'agit de limiter les comp&#233;tences de ces institutions &#224; leur mission et de leur refuser le r&#244;le de tutelle des pays pauvres qui leur a &#233;t&#233; attribu&#233; par les pays riches, par le bloc majoritaire des actionnaires de l'&#233;conomie mondiale qui dirigent aujourd'hui ces institutions. Il s'agit aussi de les int&#233;grer au syst&#232;me des Nations Unies qui pr&#233;sente le double avantage au niveau de ses principes de ne pas reposer pas sur des suffrages censitaires (un dollar, une voix) et d'avoir comme charte fondatrice la d&#233;claration universelle des droits de l'Homme et la Charte des Nations Unies. La premi&#232;re mesure que l'on peut proposer pour la r&#233;forme des institutions internationales est de soumettre la Banque mondiale et le FMI &#224; une &#233;valuation de leurs politiques et de leur fonctionnement. Cette &#233;valuation, publique et contradictoire, devrait &#234;tre confi&#233;e &#224; une instance ind&#233;pendante, dans le syst&#232;me des Nations Unies. La possibilit&#233; d'une saisine de cette instance par les parties concern&#233;es, et aussi par les repr&#233;sentants des parlements et des autres secteurs de la soci&#233;t&#233; civile, serait un pas en avant consid&#233;rable dans la d&#233;mocratisation du syst&#232;me international. La ligne directrice des droits renouvelle l'approche des &#233;valuations ; elle leur donne un cadre commun de coh&#233;rence. Cette &#233;valuation devrait &#234;tre conduite en prenant comme r&#233;f&#233;rence la D&#233;claration universelle des droits de l'Homme. Les Institutions financi&#232;res internationales, tant le Fonds mon&#233;taire international (FMI) que la Banque mondiale et les institutions r&#233;gionales, comme toutes les institutions internationales ne peuvent &#233;chapper au respect des droits. La D&#233;claration universelle est universelle, elle lie les Etats qui l'ont ratifi&#233; dans leurs actions sp&#233;cifiques et dans leurs responsabilit&#233;s en tant qu'actionnaires ou que membres des institutions internationales. Aucun organisme international ne peut s'abriter derri&#232;re son r&#232;glement int&#233;rieur pour se consid&#233;rer comme non tenu par le respect des accords internationaux ratifi&#233;s par ses membres. Une telle perspective, que nous appelons r&#233;forme radicale, peut &#234;tre justement consid&#233;r&#233;e comme un appel au d&#233;mant&#232;lement des institutions financi&#232;res internationales actuelles. Il nous para&#238;t toutefois important de d&#233;finir d&#232;s le d&#233;but le type d'institutions que nous voulons. Le danger de se contenter d'appeler &#224; la disparition des institutions actuelles et de reporter &#224; plus tard les propositions pourrait nous conduire &#224; des alliances dont tirerait d'abord profit les tenants de la d&#233;r&#233;gulation n&#233;olib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme radicale du syst&#232;me des Nations Unies&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion et les positions divergentes sur les r&#233;formes des Nations Unies ne sont pas nouvelles. La r&#233;forme des institutions internationales est en discussion depuis qu'existent ces institutions. Les Nations Unies ont souvent &#233;t&#233; critiqu&#233;es par ceux qui les consid&#233;raient comme de simples instruments des pays dominants, et plus particuli&#232;rement des Etats-Unis, et par les Etats-Unis qui les consid&#232;rent comme &#224; la fois, trop ind&#233;pendants et trop inefficaces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tenants de l'unilat&#233;ralisme aux Etats-Unis, tr&#232;s puissants dans le Congr&#232;s et dans l'administration Bush, consid&#232;rent qu'il faut marginaliser les Nations Unies, les vider de tout contenu et en faire une simple chambre d'enregistrement de leurs positions. Leurs institutions de r&#233;f&#233;rence sont l'OCDE, le G8, le FMI et la Banque mondiale, l'OMC et l'OTAN. M&#234;me par rapport &#224; ces institutions, ils consid&#232;rent avec une tr&#232;s grande m&#233;fiance le multilat&#233;ralisme et pr&#233;f&#232;rent d&#233;velopper des accords bilat&#233;raux, comme par exemple ceux qui lient les accords commerciaux avec l'exception juridique pour les citoyens am&#233;ricains. Ils manient syst&#233;matiquement le chantage &#224; la chaise vide et le boycott comme ils l'ont fait pendant des ann&#233;es pour l'UNESCO qui avait os&#233; s'interroger sur un nouvel ordre international de l'information. Les critiques am&#233;ricaines se sont &#233;tendues aux institutions financi&#232;res internationales jusque l&#224; pr&#233;serv&#233;es. Ils ne supportent pas que ces institutions puissent, timidement, s'interroger sur les dysfonctionnements du march&#233;, le r&#244;le de l'Etat et les politiques sociales. Milton Friedman, dans une interview &#224; la t&#233;l&#233;vision en juin 1998, propose tout simplement de les supprimer et de s'en remettre directement &#224; la r&#233;gulation des march&#233;s. Et George Schultz, ancien secr&#233;taire am&#233;ricain au Tr&#233;sor, d'ajouter que &#034; le FMI est inefficace, d&#233;pass&#233;, inutile &#034;. Ces propositions trouvent un &#233;cho dans le rapport Melzer, initi&#233; par le S&#233;nat am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tenants du maintien, avec de l&#233;gers r&#233;am&#233;nagements, des institutions des Nations Unies sont sur la d&#233;fensive. En r&#233;action aux attaques de l'unilat&#233;ralisme, certains, notamment en Europe et dans les pays du Sud, d&#233;fendent l'id&#233;e que puisque ces institutions sont attaqu&#233;es, il faut les d&#233;fendre pour maintenir une forme de r&#233;gulation. Ils consid&#232;rent que seuls des am&#233;nagements minimums sont possibles et qu'il faut &#224; tout prix maintenir les Etats-Unis dans les institutions. Ils sont de ce fait engag&#233;s dans une n&#233;gociation constante avec les Etats-Unis, cherchant &#224; leur donner au maximum satisfaction tout en cherchant &#224; sauver la face des Nations Unies. Ils esp&#232;rent qu'une position moins isolationniste et moins unilat&#233;raliste finira par se d&#233;gager aux Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tenants d'une r&#233;forme radicale sont plus d&#233;termin&#233;s, malgr&#233; les risques. Cette position est d&#233;fendue par tous ceux qui consid&#232;rent qu'une instance mondiale est plus que jamais n&#233;cessaire, mais que les Nations Unies ne pourront jouer ce r&#244;le que si elles sont profond&#233;ment transform&#233;es pour &#234;tre adapt&#233;es &#224; la nouvelle situation, aux enjeux de la p&#233;riode et &#224; de nouveaux objectifs. Un d&#233;bat les traverse entre ceux qui consid&#232;rent que les Nations Unies ne sont pas r&#233;formables et qu'il faut donc les refaire, comme Maurice Bertrand par exemple, et ceux qui pensent qu'il faut pr&#233;coniser une r&#233;forme radicale, comme par exemple, Monique Chemillier-Gendreau et Richard Falk . La plateforme de propositions d&#233;fendue par les uns et les autres est assez convergente. Les diff&#233;rences portent sur la m&#233;thode et ne me paraissent pas fondamentales. A partir d'un certain nombre de r&#233;formes radicales, peut-on dire que l'on est dans le m&#234;me syst&#232;me ? Et surtout, comment parviendra-t-on &#224; imposer des r&#233;formes radicales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plateforme des r&#233;formes radicales peut &#234;tre organis&#233;e autour d'un certain nombre de propositions, en partant de celles qui sont le plus largement admises et discut&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratisation du fonctionnement des institutions qui doivent mettre en &#339;uvre la r&#233;gulation internationale. Il s'agit, dans l'imm&#233;diat, d'insister sur la transparence, le contr&#244;le, la participation de tous les pays aux d&#233;cisions comme base n&#233;cessaire du fonctionnement de toutes les institutions internationales. Dans un premier temps, on peut r&#233;former l'ONU pour qu'elle soit plus d&#233;mocratique et plus efficace &#224; partir de la modification de la composition du Conseil de S&#233;curit&#233; et de la cr&#233;ation d'un Conseil de S&#233;curit&#233; &#233;conomique et social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en place d'outils de r&#233;gulation qui implique un renversement des orientations dominantes dans le syst&#232;me &#233;conomique et social mondial autour de la primaut&#233; donn&#233;e au march&#233; mondial. Les syst&#232;mes de r&#233;gulation viseraient &#224; privil&#233;gier l'autosuffisance de chaque pays par des mesures multilat&#233;rales n&#233;goci&#233;es ; &#224; annuler la dette ; &#224; exclure des avantages comparatifs les composantes juridiques, sociales, fiscales et &#233;cologique gr&#226;ce &#224; une harmonisation mondiale des droits des affaires, des r&#232;gles sociales, de la fiscalit&#233; et des contraintes environnementales de mani&#232;re &#224; r&#233;duire le dumping et la concurrence des Etats pour attirer les entreprises et emp&#234;cher les entreprises d'abuser des diff&#233;rentiels ; &#224; lutter contre la sp&#233;culation financi&#232;re &#224; court terme par l'interdiction des paradis fiscaux et l'interdiction des soci&#233;t&#233;s off shore ; &#224; cantonner les bourses de valeur au financement de l'&#233;conomie en limitant l'influence des fonds sp&#233;culatifs et la d&#233;rive des fonds de pension et des investisseurs institutionnels ; &#224; contr&#244;ler la sp&#233;culation sur les mati&#232;res premi&#232;res et &#224; mettre en place un syst&#232;me de garantie des prix ; &#224; mettre en place une fiscalit&#233; internationale pour une redistribution des richesses mondiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en place d'instances d'arbitrage et de recours efficaces. Ces instances d'arbitrage concerneraient autant la r&#233;gulation &#233;conomique et sociale que la pr&#233;vention et le r&#232;glement des conflits dans les interventions humanitaire, de s&#233;curit&#233; et de maintien de la paix. Il s'agit de d&#233;finir un syst&#232;me international de plaintes ouvert &#224; la saisine des associations citoyennes ; de d&#233;finir des instances de recours, de pr&#233;ciser les comp&#233;tences universelles des tribunaux nationaux, de d&#233;finir les modalit&#233;s et les limites de la mondialisation des juges. La priorit&#233; est de mettre au centre du syst&#232;me international la lutte contre l'impunit&#233;. On peut fonder le syst&#232;me international d'intervention dans le r&#232;glement des conflits sur le principe de subsidiarit&#233; respectant la souverainet&#233; des peuples. On peut aussi donner &#224; la Commission des Droits de l'Homme les attributions d'un conseil de surveillance du respect des droits. La cr&#233;ation d'instances arbitrales entre Etats, groupes multinationaux, associations citoyennes comp&#233;tentes pour la d&#233;linquance financi&#232;re et la corruption doit s'accompagner de d&#233;l&#233;gation de pouvoirs de sanctions aux instances d'arbitrage de certaines des agences, comme par exemple l'OIT, l'OMS, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;gration effective dans le syst&#232;me direct des Nations Unies des institutions financi&#232;res et commerciales internationales, FMI, Banque mondiale, Soci&#233;t&#233; Financi&#232;re Internationale et OMC. Une proposition symbolique serait de faire &#233;lire les responsables de ces institutions et notamment le Pr&#233;sident de la Banque mondiale et le Directeur G&#233;n&#233;ral du FMI par l'Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale de l'ONU. Il s'agit surtout de r&#233;organiser les syst&#232;mes de d&#233;cision et les droits de vote en &#233;quilibrant les participations entre les pays ; de ramener les interventions de chaque institution &#224; ses missions sp&#233;cifiques et d'engager leur r&#233;gionalisation effective ; d'assurer la transparence en rendant publics les votes et les positions exprim&#233;es et en soumettant toutes les d&#233;cisions et les politiques au contr&#244;le parlementaire et citoyen des pays concern&#233;s.. Toutes les institutions internationales devront se soumettre au respect de la D&#233;claration Universelle des Droits de l'Homme, des accords et pactes internationaux. Les politiques de ces institutions devront &#234;tre soumises &#224; une &#233;valuation publique, ind&#233;pendante et contradictoire men&#233;e par une instance ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inscription de la r&#233;forme des Nations Unies dans la perspective d'une nouvelle constitution du monde. La Charte devrait &#234;tre rediscut&#233;e autour de la D&#233;claration Universelle des Droits de l'Homme qui fonde la l&#233;gitimit&#233; des Nations Unies et sur le r&#244;le de l'ONU dont l'objectif devrait &#234;tre d'aider &#224; la transformation du monde plut&#244;t que d'&#339;uvrer &#224; sa reproduction. La discussion porte sur la nature et le r&#244;le de la souverainet&#233; des Etats et sur les rapports entre pouvoirs &#233;conomiques, pouvoirs politiques et pouvoirs citoyens dans la nouvelle organisation du monde. D'autant que l'essor du transnational renforce les Etats plus qu'il n'annonce l'&#232;re du &#034; postnational &#034; . Richard Falk, qui propose la notion de &#034; statut politique de l'Humanit&#233; &#034; avance la proposition d'un constitutionnalisme mondial. Une nouvelle architecture pourrait &#234;tre fond&#233;e sur des ensembles r&#233;gionaux de coop&#233;ration, un syst&#232;me de repr&#233;sentation r&#233;gionale au niveau mondial, un Conseil de s&#233;curit&#233; &#224; la fois &#233;conomique et militaire con&#231;u comme un espace de n&#233;gociations cr&#233;dible pour les grands puissances et les ensembles r&#233;gionaux. Les diff&#233;rentes institutions du syst&#232;me des Nations Unies pourraient &#234;tre r&#233;organis&#233;es &#224; partir de la cr&#233;ation d'agences r&#233;gionales et de commissions sp&#233;cialis&#233;es. Signalons une proposition tr&#232;s audacieuse, avanc&#233;e par Maurice Bertrand, qui est de n'admettre &#224; l'ONU que les gouvernements qui en acceptent les principes et les modalit&#233;s d'&#233;valuation et de contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment faire aboutir ces r&#233;formes ? Les tenants de la troisi&#232;me g&#233;n&#233;ration qui estiment qu'il faut refaire l'ONU, rappellent que les deux premi&#232;res g&#233;n&#233;rations ont &#233;t&#233; mises en place &#224; la suite de la premi&#232;re guerre mondiale, la SDN, puis de la deuxi&#232;me guerre mondiale, l'ONU. On peut faire l'hypoth&#232;se, optimiste, que nous sommes dans une p&#233;riode de bouleversements, surtout depuis la chute du mur de Berlin, qui se traduira par des conflits, mais que ceux-ci ne prendront pas forc&#233;ment la forme d'une guerre mondiale. Pour que des r&#233;formes radicales soient envisageables, il faudrait qu'elles soient port&#233;es par des forces politiques et sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont donc les forces sociales et politiques qui pourraient porter une r&#233;forme radicale de l'ONU ? Nous &#233;voquerons rapidement les contributions de l'int&#233;rieur du syst&#232;me et les &#034; think tank &#034; engag&#233;s dans les batailles d'id&#233;es, l'opinion publique, les coalitions d'Etats, le mouvement altermondialiste et ses alliances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas n&#233;gliger les contributions de ceux qui de l'int&#233;rieur du syst&#232;me sont mus par une &#233;thique de conviction et sont soucieux de proposer des solutions aux impasses qu'ils vivent. Mais, il ne faut pas oublier que les institutions internationales sont des institutions inter-&#233;tatiques. La premi&#232;re responsabilit&#233; incombe donc aux Etats membres. Les institutions internationales ont aussi une certaine autonomie. Elles forment ce que l'on peut qualifier au sens fort du terme, comme une bureaucratie ; c'est &#224; dire, une cat&#233;gorie sociale qui appara&#238;t pour g&#233;rer les conflits quand ceux-ci sont trop graves et risquent de mettre en danger l'existence m&#234;me de la soci&#233;t&#233;. Cette bureaucratie, en s'attribuant le monopole de la parole technique, tend &#233;videmment &#224; se reproduire et &#224; exercer son pouvoir de mani&#232;re autonome. Il est certain aujourd'hui que la soci&#233;t&#233; mondiale est en danger grave et que les in&#233;galit&#233;s sociales et g&#233;opolitiques ne sont plus supportables. C'est pourquoi si certaines instances sont soucieuses de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et &#224; l'&#233;coute des mouvements de d&#233;mocratisation, rien dans les institutions internationales, et plus particuli&#232;rement des institutions financi&#232;res internationales, ne diff&#233;rencie leurs politiques des int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats des pays les plus riches et les plus puissants. Une r&#233;forme radicale est indispensable ; elle ne saurait venir de l'int&#233;rieur de ces institutions, m&#234;me si elle peut trouver des appuis int&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bataille des id&#233;es est essentielle ; elle est d&#233;terminante dans les batailles politiques bien que suivant des temporalit&#233;s diff&#233;rentes. La refondation du syst&#232;me international n&#233;cessite la mobilisation des comp&#233;tences et des expertises, surtout si on vise &#224; la fois une remise en cause des fondamentaux et une efficacit&#233; imm&#233;diate. Il existe de nombreux cercles qui se sont attel&#233;s &#224; cette t&#226;che. Citons par exemple la Fondation pour le Progr&#232;s de l'Homme qui travaille depuis plusieurs ann&#233;es sur la gouvernance mondiale et qui a l'ambition de susciter des p&#244;les de r&#233;f&#233;rence et des &#034; think tank &#034; dont l'objectif est d'&#233;laborer une autre pens&#233;e en tenant compte des pratiques et des exp&#233;riences . Pour &#233;laborer ces propositions, les v&#233;rifier et les diffuser, ces cercles ont plusieurs possibilit&#233;s compl&#233;mentaires : faire appel &#224; l'opinion publique, se constituer en &#034; lobby &#034; pour peser sur les gouvernements, intervenir directement ou indirectement dans le champ politique, se lier &#224; des mouvements sociaux et citoyens capables d'intervenir par leurs mobilisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le recours &#224; l'opinion pose la question de l'existence d'une opinion publique mondiale. La question de l'opinion publique mondiale ne recouvre que tr&#232;s partiellement celle d'une communaut&#233; mondiale. De ce point de vue, les d&#233;bats sont ouverts. Comment combiner l'unit&#233; et la diversit&#233; des situations et d&#233;finir une responsabilit&#233; commune diversifi&#233;e ? Peut-on construire des perspectives et un imaginaire nouveau, en partant de ce qu'il faut faire et non pas de ce que les &#233;lites sont pr&#234;tes &#224; faire ? Peut-on parler de bien commun universel tant que n'existe pas une communaut&#233; politique ; les deux doivent-ils &#234;tre construits en m&#234;me temps ? Comment d&#233;finir l'int&#233;r&#234;t public mondial, l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral mondial ; peut-on mettre le principe en &#339;uvre et le pr&#233;ciser par des normes communes, la notion de patrimoine commun de l'humanit&#233; (convention sur le droit de la mer), de la communaut&#233; des humains y compris les g&#233;n&#233;rations futures (paradigme &#233;cologiste) ? Quels sont les instruments juridiques qui correspondent &#224; l'universel ? La soci&#233;t&#233; internationale fonctionne au contrat qui reproduit le rapport de forces ; le contrat est un outil de gestion pas de justice, il n'engage que les parties au contrat. Par rapport aux &#233;changes mondialis&#233;s et &#224; un cadre inter&#233;tatique, quels sens peuvent avoir les propositions de soci&#233;t&#233; civile mondiale, de conscience universelle, de citoyennet&#233; mondiale. Pour reprendre une question essentielle pos&#233;e par Kant, l'Humanit&#233; peut-elle &#234;tre le sujet de sa propre Histoire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on s'appuyer sur une opinion publique mondiale convaincue de la n&#233;cessit&#233; d'une gouvernance mondiale l&#233;gitime, d&#233;mocratique et efficace, malgr&#233; l'indiff&#233;rence de l'opinion publique institu&#233;e, notamment des m&#233;dias ? La construction d'une opinion publique mondiale rel&#232;ve encore des hypoth&#232;ses. Dans les faits, les opinions publiques fonctionnent surtout au niveau national. Mais il y a des facteurs nouveaux. Il y a une prise de conscience dans chaque opinion publique nationale de l'importance de la mondialisation, de ses effets et de l'&#233;mergence du courant altermondialiste. Il faut aussi souligner une certaine convergence entre les opinions publiques nationales du fait des supports mondialis&#233;s (t&#233;l&#233;visions, internet, etc.) et des ponts form&#233;s par les migrations, les diasporas, les r&#233;seaux transnationaux, etc. Il faut surtout souligner la mont&#233;e en puissance des opinions publiques des pays du Sud, en partie li&#233;e aux succ&#232;s du mouvement altermondialiste. Ainsi, la d&#233;cision des Etats d'Afrique du Sud, du Br&#233;sil et d'Inde de r&#233;sister &#224; l'OMC en faisant passer le droit &#224; la sant&#233; avant le droit des affaires marque un saut qualitatif consid&#233;rable. La mobilisation des opinions publiques s'appuie sur le d&#233;bat et l'engagement citoyen ; les associations, formes organis&#233;es des soci&#233;t&#233;s civiles, et les m&#233;dias y jouent un r&#244;le particulier. Elle implique une attention particuli&#232;re sur les diff&#233;rentes formes d'intervention des mouvements associatifs dans le syst&#232;me mondial et sur la mani&#232;re dont les m&#233;dias internationaux se saisissent de la question des droits de l'Homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution du rapport de forces g&#233;opolitiques entre les coalitions d'Etat est un passage oblig&#233;. Le syst&#232;me international &#233;tant essentiellement d&#233;fini comme un cadre inter&#233;tatique, quelles ont les possibilit&#233;s d'&#233;volution des rapports inter&#233;tatiques ? Les contradictions g&#233;opolitiques sont de ce point de vue consid&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats-Unis sont sur une position h&#233;g&#233;moniste et unilat&#233;raliste ; un changement de majorit&#233; modifierait les modalit&#233;s mais pas fondamentalement cette orientation. M&#234;me si elle s'accompagnait de quelques professions de foi multilat&#233;raliste, il s'agirait tr&#232;s probablement d'un multilat&#233;ralisme imp&#233;rial sous contr&#244;le des Etats-Unis. L'Union Europ&#233;enne pourrait jouer un r&#244;le autonome. Sa contribution &#224; la coop&#233;ration au d&#233;veloppement est de loin sup&#233;rieure &#224; toutes les autres ; elle dispose de deux fois plus d'actions que les Etats Unis &#224; la Banque mondiale et au FMI. Mais, l'Europe est inscrite dans la mondialisation n&#233;olib&#233;rale, elle en est un des supports, un des vecteurs. L'Union Europ&#233;enne est le principal &#034; supporter &#034; de l'OMC ; elle en partage la philosophie et y trouve l'espace pour r&#233;gler ses diff&#233;rents avec les Etats-Unis et d&#233;finir un consensus sur la gestion de l'&#233;conomie mondiale. Il n'y a pas d'unit&#233; europ&#233;enne sur ces questions, pas de projet europ&#233;en d'une coop&#233;ration europ&#233;enne autonome fond&#233;e sur le respect des droits humains et un plus juste &#233;quilibre entre le Nord et le Sud. La Russie et le Japon sont trop emp&#234;tr&#233;s dans leurs probl&#232;mes internes pour jouer un r&#244;le autre que d'appui en fonction des situations. Le G8 reste l'espace de r&#232;glement des contradictions internes aux puissances dominantes, le recours aux Nations Unies &#233;tant subordonn&#233; &#224; leurs d&#233;bats internes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays du Sud dans leur ensemble sont tr&#232;s attach&#233;s au syst&#232;me des Nations Unies et sont bien plus &#224; l'aise &#224; la CNUCED qu'&#224; l'OMC. Les pays du Sud, et particuli&#232;rement ceux qui ont un poids g&#233;opolitique d&#233;terminant, le Br&#233;sil, l'Inde, l'Afrique du Sud et la Chine ont affirm&#233; leur volont&#233; de peser sur le r&#233;am&#233;nagement de la sc&#232;ne mondiale. L'Inde, le Br&#233;sil et l'Afrique du Sud ont esquiss&#233; un G3 avec plusieurs accords entre le Mercosur et l'Afrique du Sud en 1998, l'Inde et le Mercosur en 2003. Des accords sont recherch&#233;s avec la Chine et la Russie. La Chine est devenue le deuxi&#232;me importateur du Br&#233;sil, avec une croissance des importations de 365 % en trois ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secr&#233;tariat du G20 , cr&#233;&#233; apr&#232;s la r&#233;union minist&#233;rielle de pr&#233;paration de Cancun, comprend l'Argentine, le Br&#233;sil, la Chine, l'Inde, l'Afrique du Sud. Les 19 pays qui composent aujourd'hui le G20 se concentrent sur les n&#233;gociations agricoles ; ils repr&#233;sentent 60% de la population mondiale, 70% des agriculteurs et 25% du commerce mondial agricole. Ils travaillent en commun sur les trois piliers des n&#233;gociations (r&#233;duction substantielle des subventions int&#233;rieures, am&#233;lioration de l'acc&#232;s aux march&#233;s, &#233;limination des subventions &#224; l'exportation) en mettant en avant les Accords de Doha : r&#233;former l'agriculture afin de soumettre le commerce agricole aux r&#232;gles du syst&#232;me commercial multilat&#233;ral et de promouvoir le d&#233;veloppement social et &#233;conomique par l'entremise du commerce. Le centre de gravit&#233; du G20 n'est pas en rupture avec le libre &#233;change, mais il est sur une position clairement multilat&#233;raliste et anti-h&#233;g&#233;monique. De ce fait, il retrouve certaines des positions d&#233;finies &#224; Bandoeng en 1955 et &#224; la Conf&#233;rence de Belgrade du mouvement des non-align&#233;s en 1962. Il ne faut pas pour autant croire en un consensus des pays du Sud. Dans le G20, il y a une diff&#233;rence entre les positions offensives du secr&#233;tariat et les positions d&#233;fensives d'autres pays. De m&#234;me, les autres pays du Sud, souvent plus d&#233;munis, ont form&#233; le G90 qui h&#233;site sur les positions &#224; prendre ; d'autant que les Etats-Unis et l'Union Europ&#233;enne jouent la division du Sud. Il ne faut pas oublier que la crise de la d&#233;colonisation a &#233;t&#233; accentu&#233;e par la rupture de l'unit&#233; du front des pays du Sud, attis&#233;e par l'OPEP qui avait pr&#233;f&#233;r&#233;e n&#233;gocier de son c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement altermondialiste occupe dans cette mobilisation une place strat&#233;gique. Cette strat&#233;gie est aujourd'hui port&#233;e par le mouvement citoyen mondial qui a progress&#233; de Seattle &#224; Porto Alegre. Seattle a &#233;t&#233; marqu&#233; par la convergence des mouvements de r&#233;sistance &#224; un monde insupportable ; les syndicats de travailleurs et les mouvements paysans, les consommateurs et les &#233;cologistes, les mouvements de ch&#244;meurs, de mal log&#233;s et de sans-droits, les mouvements de femmes et de jeunes, les mouvements de solidarit&#233; internationale et de d&#233;fense des droits et des libert&#233;s. Porto Alegre a lanc&#233; une phase d'&#233;laboration publique et de propositions, li&#233;e &#224; ces mouvements, marqu&#233;e par le refus des doctrines dogmatiques et par un immense espoir de lib&#233;ration et d'&#233;mancipation. C'est une minorit&#233; active qui s'affirme mais qui refuse de se consid&#233;rer comme un avant-garde. C'est une nouvelle culture qui &#233;merge. Le projet est celui d'une d&#233;mocratie mondiale qui ferait son chemin &#224; travers les associations citoyennes et les mouvements sociaux et citoyens qui construisent une soci&#233;t&#233; civile mondiale ; &#224; travers la formation d'une opinion publique mondiale et d'une conscience universelle. Plusieurs des propositions port&#233;es par le mouvement citoyen mondial r&#233;pondent &#224; cette double n&#233;cessit&#233; : lutter contre les in&#233;galit&#233;s sociales et g&#233;opolitiques, construire les fondements d'un nouveau syst&#232;me international &#224; partir des avanc&#233;es du droit international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revendications port&#233;es par le mouvement citoyen mondial sont fond&#233;es sur la solidarit&#233; internationale entre les peuples, qui se construit &#224; travers les mouvements sociaux et les mouvements d'&#233;mancipation dans les diff&#233;rents pays. On peut estimer que le mouvement citoyen mondial a remport&#233; un premier succ&#232;s. Dans le syst&#232;me international, il y a les institutions financi&#232;res internationales et les forces dominantes, mais il y a aussi le mouvement citoyen et ses r&#233;actions qui modifient le syst&#232;me. Ce mouvement citoyen fonctionne d&#233;j&#224; comme analyseur, il permet de comprendre la nature des institutions et du syst&#232;me international et d'en explorer les coins aveugles, ceux qui concernent les exclus et les parias du syst&#232;me. Il est aussi porteur de propositions, de nouvelles conceptions. Les mobilisations des derni&#232;res ann&#233;es ont permis une prise de conscience de la r&#233;alit&#233; du monde et ont mis en &#233;vidence les in&#233;galit&#233;s et les injustices. Elles ont contribu&#233; &#224; ouvrir des perspectives et des espoirs. Aux yeux des peuples et de l'opinion mondiale d'autres solutions sont possibles et la m&#233;fiance par rapport aux sollicitations d&#233;sesp&#233;r&#233;es est plus grande. Ces mobilisations ont aussi affaibli la l&#233;gitimit&#233; des dirigeants du monde et les ont contraints, pour l'instant, &#224; prendre en compte leurs limites et &#224; ne pas adopter les solutions extr&#234;mes. La r&#233;f&#233;rence au droit dans le r&#232;glement des conflits se r&#233;f&#232;re &#224; la justice par rapport &#224; la vengeance et &#224; la punition collective. Cette r&#233;f&#233;rence au droit s'impose dans la situation et permet de pr&#233;parer l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement altermondialiste se pose aussi la question des alliances. Les bases sociales des alliances ne se d&#233;finissent pas par leurs contours ; elles se d&#233;finissent par rapport au projet autour duquel se construit l'alliance. Ces alliances regroupent des forces sociales et politiques de nature diff&#233;rente, des mouvements sociaux et citoyens, des partis politiques, des Etats et aussi d'autres acteurs. Le mouvement altermondialiste construit progressivement son cadre d'intervention et ses repr&#233;sentations. La repr&#233;sentation qui met face &#224; face les Etats et les entreprises comme les seuls acteurs de la transformation n'est plus suffisante. De nouveaux acteurs interviennent et &#233;mergent sur la sc&#232;ne internationale, particuli&#232;rement, les collectivit&#233;s locales et les associations. Elles portent une nouvelle approche de la transformation sociale. La soci&#233;t&#233; civile, terme discutable mais commode, propose de ne pas restreindre le pouvoir civique au rapport entre pouvoir &#233;conomique et pouvoir administratif. Elle propose de rendre plus effective dans la d&#233;mocratie repr&#233;sentative la mobilisation et l'engagement des citoyens, d'articuler la d&#233;l&#233;gation et la participation. Les propositions du mouvement altermondialiste ne sont pas r&#233;serv&#233;es aux pouvoirs et aux gouvernements, mais elles ne les n&#233;gligent pas ; elles sont conscientes de l'importance de toutes les formes du politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue des alliances, le mouvement altermondialiste est confront&#233; &#224; cinq alliances possibles, alliances qu'il lui faut articuler en fonction des situations. Les alliances les plus larges sont l'alliance anti-h&#233;g&#233;monique contre la guerre et l'alliance antifasciste contre les int&#233;gristes de tout poil. Les alliances les plus radicales sont l'alliance anticapitaliste et l'alliance antiproductiviste qui s'opposent sur la signification du paradigme &#233;cologiste. L'alliance la plus discut&#233;e est l'alliance contre le n&#233;olib&#233;ralisme qui permettrait de casser l'alliance entre n&#233;olib&#233;raux et sociolib&#233;raux, sans courir le risque, d&#233;j&#224; exp&#233;riment&#233;, d'un retournement des sociolib&#233;raux d&#232;s leur arriv&#233;e au pouvoir. Les crises financi&#232;res et les r&#233;sistances des mouvements sociaux ont conduit &#224; une crise majeure de la pens&#233;e lib&#233;rale. Le d&#233;bat sur les politiques ouvert &#224; la Banque mondiale entre les ultra-lib&#233;raux et les n&#233;o-keyn&#233;siens en t&#233;moigne. L'affrontement a commenc&#233; avec l'analyse des crises financi&#232;res et la contestation du r&#244;le des institutionsfinanci&#232;res internationales. Le d&#233;bat se focalise sur le r&#244;le de l'Etat et les politiques sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvementaltermondialistepeut se saisir de la question de la r&#233;forme du syst&#232;me internationale et de la r&#233;forme de l'ONU ; il peut contribuer &#224; cr&#233;er un mouvement pour la r&#233;forme radicale des Nations Unies. Les mouvements sociaux dans chacun des pays du Sud et du Nord peuvent faire entendre leur voix pour la justice et pour la paix, pour imposer la lutte contre les in&#233;galit&#233;s comme une priorit&#233;. Ils peuvent amener plusieurs Etats et notamment l'Union Europ&#233;enne &#224; saisir cette occasion pour affirmer leur ind&#233;pendance et inscrire leur projet dans un monde multipolaire plus &#233;quilibr&#233;. Il revient au mouvement citoyen mondial de donner un sens &#224; l'engagement des citoyens. La solidarit&#233; internationale entre les peuples est une r&#233;ponse &#224; l'id&#233;e absurde, et mortelle, de la guerre des civilisations. Un progr&#232;s peut na&#238;tre dans la capacit&#233; de surmonter une &#233;preuve. Pour faire avancer la civilisation, il faut s'attaquer d'abord &#224; la barbarie que constitue l'ordre injuste du monde .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement altermondialiste peut se saisir de la question de la r&#233;forme du syst&#232;me internationale et de la r&#233;forme de l'ONU ; il peut contribuer &#224; cr&#233;er un mouvement pour la r&#233;forme radicale des Nations Unies. Les mouvements sociaux dans chacun des pays du Sud et du Nord peuvent faire entendre leur voix pour la justice et pour la paix, pour imposer la lutte contre les in&#233;galit&#233;s comme une priorit&#233;. Ils peuvent amener plusieurs Etats et notamment l'Union Europ&#233;enne &#224; saisir cette occasion pour affirmer leur ind&#233;pendance et inscrire leur projet dans un monde multipolaire plus &#233;quilibr&#233;. Il revient au mouvement citoyen mondial de donner un sens &#224; l'engagement des citoyens. La solidarit&#233; internationale entre les peuples est une r&#233;ponse &#224; l'id&#233;e absurde, et mortelle, de la guerre des civilisations. Un progr&#232;s peut na&#238;tre dans la capacit&#233; de surmonter une &#233;preuve. Pour faire avancer la civilisation, il faut s'attaquer d'abord &#224; la barbarie que constitue l'ordre injuste du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur est pr&#233;sident du CRID, Vice-Pr&#233;sident d'ATTAC-France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; du site du CADTM)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Nouveau succ&#232;s, nouveaux enjeux</title>
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		<dc:creator>Pierre Rousset</dc:creator>


		<dc:subject>Mouvement altermondialisation</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le Forum social mondial (FSM) de Porto Alegre a repr&#233;sent&#233; un progr&#232;s significatif. Mais il implique aussi de nouvelles t&#226;ches de coordination. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les chiffres sont impressionnants. Une participation record, avec 155 000 personnes enregistr&#233;es, provenant de 135 pays. En ouverture du Forum social mondial (FSM) de Porto Alegre, une manifestation de rue plus nombreuse encore que les fois pr&#233;c&#233;dentes (environ 200 000 participants, selon le secr&#233;tariat du FSM). Quelque 2 500 activit&#233;s, organis&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Forum-social-mondial-17-" rel="directory"&gt;Forum social mondial&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-altermondialisation-+" rel="tag"&gt;Mouvement altermondialisation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Forum social mondial (FSM) de Porto Alegre a repr&#233;sent&#233; un progr&#232;s significatif. Mais il implique aussi de nouvelles t&#226;ches de coordination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chiffres sont impressionnants. Une participation record, avec 155 000 personnes enregistr&#233;es, provenant de 135 pays. En ouverture du Forum social mondial (FSM) de Porto Alegre, une manifestation de rue plus nombreuse encore que les fois pr&#233;c&#233;dentes (environ 200 000 participants, selon le secr&#233;tariat du FSM). Quelque 2 500 activit&#233;s, organis&#233;es durant quatre jours. Un tel succ&#232;s num&#233;rique ne doit pas &#234;tre banalis&#233;, mais expliqu&#233;. En retournant &#224; Porto Alegre apr&#232;s sa migration, l'an pass&#233;, &#224; Mumbai, en Inde, le FSM aurait pu perdre son dynamisme. Nombreux &#233;taient d'ailleurs ceux qui annon&#231;aient son essoufflement, voire son d&#233;clin. La question m&#233;ritait d'&#234;tre pos&#233;e, tant la situation internationale est mauvaise et tant la politique mise en &#339;uvre au Br&#233;sil par le gouvernement Lula peut avoir des effets d&#233;mobilisateurs. Pourtant, tr&#232;s rapidement, le taux d'inscriptions au FSM est mont&#233; en puissance. Le succ&#232;s du Forum &#233;tait ainsi annonc&#233; d&#232;s novembre 2004, m&#234;me si certains ont continu&#233; &#224; sp&#233;culer sur son &#233;chec jusqu'au jour m&#234;me de l'ouverture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s particulier du cinqui&#232;me FSM s'explique, pour une part notable, par le contexte latino-am&#233;ricain : l'ampleur des attaques n&#233;olib&#233;rales, coupl&#233;e &#224; la politique agressive d'intervention et de guerre dites &#034; pr&#233;ventives &#034;, ch&#232;re &#224; Bush, provoquent une profonde instabilit&#233; et de nouvelles phases de radicalisation, de politisation1. T&#233;moin de cette politisation, les d&#233;bats portant sur les questions d'orientation et de strat&#233;gie ont &#233;t&#233; particuli&#232;rement bien suivis. Mais le ph&#233;nom&#232;ne n'est pas seulement latino-am&#233;ricain. Le processus des forums sociaux s'&#233;tend &#224; l'&#233;chelle internationale. Il a r&#233;sist&#233; au contre-choc id&#233;ologique des attentats du 11 septembre 2001 comme &#224; la r&#233;pression berlusconienne de G&#234;nes. Il exprime encore cet &#233;tat d'esprit offensif qui le caract&#233;rise depuis ses d&#233;buts, en 2001, bien que la bourgeoisie porte toujours des coups s&#233;v&#232;res au mouvement ouvrier et populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Continuit&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fort logiquement, l'ampleur num&#233;rique d'un forum social d&#233;pend du pays d'accueil (en Europe, elle &#233;tait par exemple moindre &#224; Londres qu'&#224; Florence ou &#224; Paris). Mais, depuis 2001, sans &#234;tre uniforme, elle est beaucoup plus constante que celle des mobilisations sociales ou antiguerre ; elle est m&#234;me &#224; la hausse. &#192; une condition du moins : que l'&#233;ventail des organisations impliqu&#233;es dans sa pr&#233;paration soit assez repr&#233;sentatif et diversifi&#233;. Les forums occupent donc une fonction sp&#233;cifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception des forums renvoie &#224; des donn&#233;es propres &#224; la p&#233;riode actuelle. Elle permet &#224; la fois un regroupement d&#233;fensif - face &#224; l'universalit&#233; des attaques n&#233;olib&#233;rales, antid&#233;mocratiques et militaristes - et l'expression offensive d'alternatives port&#233;es par de nouvelles g&#233;n&#233;rations militantes. Elle r&#233;pond &#224; une question essentielle : comment nouer les solidarit&#233;s et assurer les convergences militantes entre des secteurs sociaux tr&#232;s vari&#233;s (frapp&#233;s par la &#034; marchandisation &#034; ultime du monde), alors que dans les pays industrialis&#233;s le mouvement ouvrier organis&#233; ne joue plus le r&#244;le de p&#244;le centralisateur qui fut le sien (il reste des exceptions, comme en Cor&#233;e du Sud avec la KCTU) ? Et alors que dans les pays du tiers monde, les luttes arm&#233;es (effectives ou potentielles) ne sont g&#233;n&#233;ralement plus la colonne vert&#233;brale des r&#233;sistances sociales. Les forums sont aussi l'occasion d'entrer en politique quand l'autorit&#233; des partis politiques est mise en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attraction des forums sociaux tient pour une bonne part &#224; cela : ils offrent un indispensable espace de convergences, &#224; la fois libre et militant. Porto Alegre montre aujourd'hui que cette fonction reste essentielle en Am&#233;rique latine. Le retentissant impact de Mumbai, l'an dernier, a permis au processus de s'inscrire dans les r&#233;alit&#233;s asiatiques. En Europe, le FSE aide &#224; d&#233;finir un programme d'action commun au niveau proprement europ&#233;en ; ce que les syndicats, seuls, n'ont pas su faire ces quarante derni&#232;res ann&#233;es. La t&#226;che n'est pas simple, le succ&#232;s n'est pas garanti, mais il est tr&#232;s significatif que la question se pose aujourd'hui dans le cadre offert par les forums.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'est &#233;ternel, pas m&#234;me les forums sociaux ; mais tout indique que leur utilit&#233; reste enti&#232;re. En ce sens, ils affichent depuis cinq ans une grande continuit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;volutions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Continuit&#233; ne veut pas dire immobilisme. Mumbai avait repr&#233;sent&#233; un tournant dans l'histoire du Forum social mondial. Le retour sur Porto Alegre s'en est, positivement, ressenti. Le Forum s'est ouvert sur de nombreux plans. Physique : en quittant le campus de l'universit&#233; catholique, en s'&#233;tablissant sous les tentes en bord de lagune, en se rapprochant du centre-ville et de la population locale. G&#233;n&#233;rationnel : en implantant le camp jeunes au c&#339;ur m&#234;me du dispositif et non plus &#224; ses marges lointaines (il a accueilli 35 000 personnes, avant tout des Br&#233;siliens, puis des Argentins). En mati&#232;re de pratiques : int&#233;gration des questions environnementales dans la conception du lieu, recours aux petits producteurs pour l'alimentation, utilisation des logiciels libres, r&#244;le du r&#233;seau Babels d'interpr&#232;tes volontaires... Organisationnel : la priorit&#233; a &#233;t&#233; donn&#233;e &#224; l'auto-organisation des initiatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle &#034; m&#233;thodologie &#034; (dans le vocabulaire du Forum) a &#233;t&#233; mise en &#339;uvre. Le programme a &#233;t&#233; &#233;labor&#233; apr&#232;s une vaste consultation des organisations de base. Onze &#034; axes &#034;, ou &#034; terrains &#034;, ont &#233;t&#233; d&#233;finis, de fa&#231;on &#224; assurer la visibilit&#233; des grands th&#232;mes abord&#233;s. Tous les mouvements ont &#233;t&#233; invit&#233;s &#224; v&#233;rifier si leurs initiatives ne pouvaient pas &#234;tre regroup&#233;es, pour renforcer dialogues et collaborations (c'est le processus dit &#034; d'agglutination &#034;). Chaque fili&#232;re devait tenter de lier la r&#233;flexion &#224; des propositions d'actions et de campagnes, pour mieux nouer d&#233;bats et mobilisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle m&#233;thodologie, complexe, a &#233;t&#233; mise en application dans des d&#233;lais tr&#232;s courts. Il faudra un peu de recul pour juger de ses r&#233;sultats. Mais elle semble avoir effectivement permis &#224; des r&#233;seaux militants de discuter d'approches diff&#233;rentes et de d&#233;finir, par-del&#224; des divergences politiques, des terrains communs de campagnes. Elle cr&#233;e aussi un &#233;quilibre nouveau, entre les fili&#232;res de d&#233;bat au sein du Forum et l'Assembl&#233;e des mouvements sociaux qui est rest&#233;e le lieu, &#224; Porto Alegre, o&#249; s'est &#233;labor&#233; un calendrier commun d'action &#224; l'&#233;chelle internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Expansion et articulation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais dans le pass&#233;, les m&#234;mes politiques (n&#233;olib&#233;rales et antid&#233;mocratiques) n'avaient &#233;t&#233; appliqu&#233;es par les m&#234;mes institutions de fa&#231;on aussi universelle : d'Est en Ouest et du Sud au Nord, nous sommes toutes et tous confront&#233;s aux m&#234;mes d&#233;r&#233;gulations, privatisations et ouvertures de march&#233;s, lois liberticides. La guerre &#034; pr&#233;ventive &#034; et l'id&#233;ologie &#034; antiterroriste &#034; apparaissent comme le pendant de la mondialisation capitaliste. Nous avons en cons&#233;quence v&#233;ritablement besoin de construire un front commun international de r&#233;sistances, d'alternatives. Or, il y a un risque r&#233;el de d&#233;sarticulation du processus des forums et des mobilisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les campagnes sp&#233;cifiques, th&#233;matiques, prennent aujourd'hui une place plus importante, apr&#232;s les grandes mobilisations &#034; g&#233;n&#233;ralistes &#034; des ann&#233;es pass&#233;es : pour l'annulation de la dette du tiers monde, contre les discriminations (voir la publication par la Marche mondiale des femmes d'une Charte en 31 affirmations2), contre la guerre en Irak... C'est, en soi, une bonne chose. Mais cela renforce aussi la n&#233;cessit&#233; de rendez-vous communs o&#249; convergent tous les fronts de luttes. Dans les deux ann&#233;es &#224; venir, le r&#244;le des forums r&#233;gionaux sera probablement renforc&#233;, par rapport au forum mondial. Les luttes ont tendance &#224; s'enraciner au niveau national ou sous-continental (la question du Venezuela en Am&#233;rique latine, la question de la Constitution et des services en Europe...). En 2006, le Forum social mondial sera &#034; d&#233;centralis&#233; &#034;, prenant in&#233;vitablement un contenu plus r&#233;gional que pr&#233;c&#233;demment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;volutions r&#233;pondent &#224; des donn&#233;es r&#233;elles et n'ont en soi rien de n&#233;gatif ; elles sont n&#233;cessaires. Le probl&#232;me, c'est que les lieux de collectivisation internationale de l'information, de la r&#233;flexion, d'articulation des processus r&#233;gionaux et th&#233;matiques s'affaiblissent au moment m&#234;me o&#249; le mouvement dans son ensemble se diversifie davantage. Dans sa composition et son fonctionnement, le conseil international du FSM ne r&#233;pond pas &#224; ce besoin (il n'a pas &#233;t&#233; capable de conclure la tr&#232;s importante discussion sur les rythmes des forums), m&#234;me si ses commissions peuvent &#234;tre plus efficaces. Le p&#244;le animateur du r&#233;seau des mouvements sociaux doit &#234;tre renouvel&#233;, mais cela n'a rien d'&#233;vident. Les diverses fili&#232;res dites &#034; intellectuelles &#034; qui veulent lier analyses de fond et r&#233;ponses aux besoins militants doivent coop&#233;rer plus &#233;troitement, mais cela n'est pas encore fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on veut &#233;viter que la d&#233;centralisation du mouvement ne se solde par sa d&#233;sarticulation (et par un affaiblissement de la capacit&#233; de r&#233;sistance collective &#224; la mondialisation militaire et lib&#233;rale), des r&#233;ponses concr&#232;tes et nouvelles doivent &#234;tre aussi apport&#233;es sur ce plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Rousset&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Voir Fran&#231;ois Sabado, &#034; Forum social mondial. Fort en perspectives &#034;, in Rouge du 3 f&#233;vrier 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &#034; Charte mondiale des femmes pour l'humanit&#233; &#034;, adopt&#233;e &#224; la cinqui&#232;me rencontre internationale de la Marche mondiale des femmes au Rwanda, le 10 d&#233;cembre 2004.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'appel des mouvements sociaux (r&#233;sum&#233;)</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/L-appel-des-mouvements-sociaux-resume</link>
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		<dc:date>2005-02-17T03:36:24Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Mouvement altermondialisation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au sortir du Forum social mondial, l'Assembl&#233;e des mouvements sociaux a adopt&#233;, le 31 janvier 2005, un &#034; Appel &#224; la mobilisation contre la guerre, le n&#233;olib&#233;ralisme, l'exploitation et l'exclusion pour un autre monde possible &#034;. Cet appel commence par souligner les enjeux de l'heure : &#034; Nous sommes les mouvements sociaux r&#233;unis dans le cadre du cinqui&#232;me Forum social mondial. L'ampleur de la participation, plurielle et massive, au FSM nous donne la possibilit&#233; et la responsabilit&#233; de mener (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au sortir du Forum social mondial, l'Assembl&#233;e des mouvements sociaux a adopt&#233;, le 31 janvier 2005, un &#034; Appel &#224; la mobilisation contre la guerre, le n&#233;olib&#233;ralisme, l'exploitation et l'exclusion pour un autre monde possible &#034;. Cet appel commence par souligner les enjeux de l'heure : &#034; Nous sommes les mouvements sociaux r&#233;unis dans le cadre du cinqui&#232;me Forum social mondial. L'ampleur de la participation, plurielle et massive, au FSM nous donne la possibilit&#233; et la responsabilit&#233; de mener plus et mieux nos campagnes et mobilisations, pour &#233;tendre et renforcer nos luttes. &#034; Il pr&#233;sente un long &#034; agenda de lutte &#034;, dont, &#224; titre d'exemples :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la campagne pour l'annulation imm&#233;diate et sans condition de la dette externe et ill&#233;gitime des pays du Sud, &#224; commencer par ceux qui ont &#233;t&#233; frapp&#233;s par le tsunami ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'opposition globale &#224; la guerre et aux occupations (Irak, Moyen-Orient...), pour le d&#233;sarmement, notamment nucl&#233;aire - point fort : les journ&#233;es des 19 et 20 mars ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les mobilisations contre les zones de libre-&#233;change (l'Alca en Am&#233;rique latine) et les politiques n&#233;olib&#233;rales (la circulaire Bolkestein en Europe) - point fort : la r&#233;union, en d&#233;cembre, de l'Organisation mondiale du commerce &#224; Hongkong ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le combat f&#233;ministe et la Marche mondiale des femmes - point fort : le 17 octobre au Burkina Faso ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'appui &#224; toutes les organisations qui luttent pour la dignit&#233;, l'&#233;galit&#233; et les droits humains, telles que les dalits (&#034; intouchables &#034; en Inde), populations d'origine africaine, peuples indig&#232;nes, etc. ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; contre la r&#233;union du G8, en &#201;cosse, du 2 au 8 juillet 2005 ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; pour l'ind&#233;pendance et la souverainet&#233; alimentaires, la r&#233;forme agraire - point fort : une journ&#233;e de comm&#233;moration le 10 septembre, un an apr&#232;s la mort du paysan sud-cor&#233;en Lee, lors de la conf&#233;rence de l'OMC &#224; Canc&#250;n.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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