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		<title>Etre sans terre</title>
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		<dc:subject>Mouvement paysan</dc:subject>

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&lt;p&gt;Jo&#227;o Pedro Stedile est le coordinateur national du Mouvement des sans-terre br&#233;silien. &lt;br class='autobr' /&gt; O&#249; en est la lutte pour la terre et dans quelle situation se trouve le Mouvement des sans-terre (MST) ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Jo&#227;o Pedro Stedile - Jusqu'&#224; pr&#233;sent, le gouvernement n'a pas tenu ses promesses en ce qui concerne la r&#233;forme agraire. Le nombre de paysans ayant obtenu de la terre en deux ans de gouvernement Lula est vraiment trop faible, notamment par rapport &#224; ce qu'avait pu faire le pr&#233;sident pr&#233;c&#233;dent, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jo&#227;o Pedro Stedile est le coordinateur national du Mouvement des sans-terre br&#233;silien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O&#249; en est la lutte pour la terre et dans quelle situation se trouve le Mouvement des sans-terre (MST) ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jo&#227;o Pedro Stedile - Jusqu'&#224; pr&#233;sent, le gouvernement n'a pas tenu ses promesses en ce qui concerne la r&#233;forme agraire. Le nombre de paysans ayant obtenu de la terre en deux ans de gouvernement Lula est vraiment trop faible, notamment par rapport &#224; ce qu'avait pu faire le pr&#233;sident pr&#233;c&#233;dent, Fernando Henrique Cardoso, dans ses deux premi&#232;res ann&#233;es. L'explication tient au fait que le gouvernement a besoin de la plus-value gigantesque de l'agrobusiness pour &#233;quilibrer les comptes du pays. La politique agricole est donc tourn&#233;e vers les exportations, j'en veux pour preuve que les OGM ont &#233;t&#233; l&#233;galis&#233;s. Nous avons obtenu la cr&#233;ation d'un second plan national de r&#233;forme agraire avec le ministre du D&#233;veloppement agraire, Miguel Rossetto, et un grand nombre de personnalit&#233;s des institutions et de la soci&#233;t&#233; civile. Ce plan pr&#233;voit l'acc&#232;s &#224; la terre ou &#224; des ressources plus importantes pour un million de familles paysannes au Br&#233;sil. Nous disons : &#034; Chiche ! &#034; Cela va de soi. Mais nous estimons que les enjeux de la politique du gouvernement Lula ne sont pas aujourd'hui compatibles avec la r&#233;alisation de ce plan &#233;tal&#233; jusqu'&#224; 2006. En tant que mouvement social, notre responsabilit&#233; est de le faire appliquer tout de m&#234;me. Pour nous, les avanc&#233;es sociales n'ont pas lieu sans mobilisations. Nous avons donc pr&#233;vu un agenda, qui rythmera cette ann&#233;e que nous voulons tr&#232;s riche en luttes pour la terre. Nous allons multiplier les occupations, reprendre une action commune avec la coordination des mouvements sociaux et surtout tenter de marquer un moment politique tr&#232;s fort lors de l'arriv&#233;e de la marche nationale pour la r&#233;forme agraire, qui partira de Goiania le 17 avril et arrivera &#224; Brasilia en mai. Nous attendrons la r&#233;action du gouvernement avec beaucoup d'int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que pensez-vous de l'action propre du minist&#232;re de Rossetto ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J. P. Stedile - Je veux d'abord pr&#233;ciser que Rossetto n'est pas un ennemi. Nous divergeons sur la tactique, m&#234;me s'il est anim&#233; par les meilleurs sentiments. Il me vient une r&#233;flexion que je tiens du pr&#233;sident Ch&#225;vez : &#034; Pour r&#233;gler le probl&#232;me de la pauvret&#233;, il faut donner du pouvoir aux pauvres. &#034; Il ne suffit donc pas d'&#234;tre ministre, c'est le peuple organis&#233; qui fera les changements n&#233;cessaires au Br&#233;sil. Pour nous, la conjoncture est favorable au renforcement de notre organisation, mais nous n'avons aucune illusion sur le gouvernement Lula, qui ne remet pas en cause l'&#201;tat br&#233;silien, tourn&#233; vers le maintien de l'ordre de l'&#233;lite et des multinationales. Nous avons un espace et un interlocuteur, c'est mieux qu'avant. Mais le moment historique que nous ????????? apr&#232;s l'&#233;lection de Lula a tourn&#233; court.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que signifie &#034; renforcement de l'organisation &#034; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J. P. Stedile - Nous avons deux grandes difficult&#233;s. La premi&#232;re est de remplir notre r&#244;le de formation aupr&#232;s des militants du MST, auxquels nous devons beaucoup. Un de nos grands d&#233;fis est de proposer une formation de qualit&#233; &#224; ces cadres qui, au long de ces vingt ans de lutte du MST, ont &#233;man&#233; du peuple sans terre. Il y a six ans, nous avons &#233;mis l'id&#233;e de cr&#233;er une facult&#233; populaire d&#233;di&#233;e au MST et aux mouvements sociaux br&#233;siliens. Aujourd'hui, cette &#233;cole, l'&#201;cole nationale Florestan-Fernandez (ENFF), est termin&#233;e et fonctionnelle pour 250 &#233;l&#232;ves. Elle a &#233;t&#233; une &#233;cole d&#232;s la pose de sa premi&#232;re pierre, et la main-d'&#339;uvre est venue des assentamentos et accampamentos du MST [respectivement &#034; terres conquises &#034; et &#034; occupations de terre &#034;, ndlr] de tous les &#201;tats du Br&#233;sil, pour se former &#224; son mode de construction &#233;cologique et pour suivre des cours th&#233;oriques apr&#232;s le travail physique. Nous en avons fait une exp&#233;rience de formation humaine gr&#226;ce au travail volontaire, qui, nous le pensons, est la forme la plus aboutie de travail militant, de la pratique r&#233;volutionnaire. Nous nous sommes beaucoup inspir&#233;s des &#233;crits du Che sur le travail volontaire. L'ENFF sera ouverte &#224; tous les mouvements sociaux du Br&#233;sil et d'Am&#233;rique latine. Nous avons choisi Florestan Fernandez pour sa contribution &#224; l'analyse de la soci&#233;t&#233; br&#233;silienne, qui a inspir&#233; plusieurs g&#233;n&#233;rations de lutteurs, et pour sa pens&#233;e toujours coh&#233;rente avec ses origines populaires : &#034; Faites la R&#233;volution &#224; l'&#233;cole, le peuple la fera dans la rue. &#034; La deuxi&#232;me difficult&#233; est la gestion des coop&#233;ratives de production que nous mettons en place lorsque la terre est conquise. Cet aspect est tr&#232;s important, il en va de la cr&#233;dibilit&#233; de notre projet. Les coop&#233;ratives fonctionnent d&#233;j&#224; bien mais des cours d'agronomie seront donn&#233;s &#224; l'ENFF. Il y aura aussi des places pour des sans-terre dans les &#233;coles d'agronomie, notamment au Paran&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'&#233;tait la raison de la visite de Ch&#225;vez au MST pendant le Forum social mondial ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J. P. Stedile - Effectivement, nous avons sign&#233; un protocole entre l'&#201;tat v&#233;n&#233;zu&#233;lien, l'&#201;tat du Paran&#224; et l'universit&#233; du Paran&#224;, pour ouvrir l'&#233;cole latino-am&#233;ricaine d'agro&#233;cologie. Nous sommes fiers d'avoir re&#231;u Ch&#225;vez. La solidarit&#233; latine fonctionne d&#233;j&#224; bien : cette ann&#233;e, les 27 premiers m&#233;decins sans terre vont sortir de l'&#233;cole Martin Luther King de Cuba. Pour nous, renforcer l'organisation, c'est former des militants issus du peuple avec une haute capacit&#233; &#224; transformer le quotidien : des m&#233;decins, des journalistes, des agronomes... La presse s'est moqu&#233;e de nous : &#034; Les sans-terre veulent maintenant devenir agronomes ! &#034; Eh bien oui, mais on ne peut le faire qu'en cherchant des appuis en dehors du Br&#233;sil. Je crois qu'il y a aujourd'hui plus de Br&#233;siliens pauvres dans les universit&#233;s cubaines que dans les universit&#233;s br&#233;siliennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les enjeux &#224; long terme pour les mouvements sociaux br&#233;siliens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J. P. Stedile - Continuer &#224; organiser le peuple. Souvent, les forces de gauche laissent cet aspect de la lutte, vont de grand sommet en grand sommet, et elles se satisfont d'analyses de conjoncture, mais un exercice rh&#233;torique, m&#234;me combatif, ne suffit pas. Nous pensons que l'essentiel du travail militant doit se faire o&#249; les pauvres vivent, sous forme de travail de base. Nous organisons les sans-terre en noyaux de familles autog&#233;r&#233;s, par exemple, ayant acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation, &#224; la formation, &#224; la culture, &#224; l'information ind&#233;pendante et surtout au travail lib&#233;r&#233;, dans nos coop&#233;ratives. Nous devons toujours augmenter notre capacit&#233; organisatrice pour &#034; faire soci&#233;t&#233; &#034;, c'est-&#224;-dire disputer l'h&#233;g&#233;monie culturelle, &#233;conomique, politique au capitalisme, c'est ce que nous a enseign&#233; Gramsci. Il n'y a que de cette fa&#231;on que nous avons r&#233;ussi &#224; gagner du terrain sur les latifundia et le capitalisme br&#233;silien. Il reste encore beaucoup de chemin, mais la situation, notamment en Am&#233;rique latine, est pleine d'espoir.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Oziel Alvez&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Une r&#233;forme agraire &#224; pas de tortue</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Une-reforme-agraire-a-pas-de-tortue</link>
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		<dc:date>2004-04-12T00:49:15Z</dc:date>
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		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement paysan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Mouvement des sans-terre, d&#232;s fin mars 2004, a relanc&#233; des actions d'occupation des terres. Au cours de la derni&#232;re semaine du mois de mars et de la premi&#232;re du mois d'avril, quelque 750'000 familles ont occup&#233; des terres dans diff&#233;rents Etats, allant de celui de Sao Paulo au Minas Gerais, en passant par ceux d'Alagoas et le Piaui (nord-est). &lt;br class='autobr' /&gt;
Le mois d'avril est un mois symbolique pour le MST. En effet, le 17 avril 1996, 19 paysans sans terre ont &#233;t&#233; assassin&#233;s par la police militaire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-paysan-+" rel="tag"&gt;Mouvement paysan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Mouvement des sans-terre, d&#232;s fin mars 2004, a relanc&#233; des actions d'occupation des terres. Au cours de la derni&#232;re semaine du mois de mars et de la premi&#232;re du mois d'avril, quelque 750'000 familles ont occup&#233; des terres dans diff&#233;rents Etats, allant de celui de Sao Paulo au Minas Gerais, en passant par ceux d'Alagoas et le Piaui (nord-est).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mois d'avril est un mois symbolique pour le MST. En effet, le 17 avril 1996, 19 paysans sans terre ont &#233;t&#233; assassin&#233;s par la police militaire dans la municipalit&#233; Eldorado do Carajas, situ&#233;e dans l'Etat du Para. Cette date est d'ailleurs devenue pour l'ensemble du mouvement paysan latino-am&#233;ricain le Jour international de la lutte pour la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'annonce par le MST d'un &#034;avril rouge&#034;, le gouvernement, par la voix du ministre du D&#233;veloppement agraire, Miguel Rossetto, membre du PT et de son courant dit de gauche D&#233;mocratie socialiste, a indiqu&#233; qu'il accro&#238;trait le budget permettant d'attribuer des terres &#224; un plus grand nombre de familles. L'objectif jusqu'&#224; la fin de 2006 s'&#233;l&#232;ve &#224; 400'000. Alors que le plan initial pr&#233;voyait l'installation d'un million de familles. Le ministre a indiqu&#233; que 47'000 familles devraient &#234;tre install&#233;es jusqu'&#224; fin juin 2004 et qu'il resterait 68'000 familles auxquelles des terres devraient &#234;tre attribu&#233;es au cours de second semestre 2004 (O Estado de Sao Paulo, 1er avril 2004). Face &#224; ces promesses, la direction du MST a refus&#233; de suspendre sa mobilisation en indiquant que c'&#233;tait le seul moyen pour assurer leur concr&#233;tisation. Il faut souligner que le type de r&#233;forme agraire en cours peut parfaitement s'inscrire dans le cadre de la Constitution actuelle du Br&#233;sil, comme l'explicite le titre m&#234;me de l'&#233;ditorial du Correio da Cidadania du 3-10 avril 2004, dont le directeur, Plinio Arruda Sampaio, a &#233;t&#233; celui qui a con&#231;u initialement le projet de r&#233;forme agraire qu'&#233;tait cens&#233; mettre en oeuvre le gouvernement Lula.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quotidien Folha de Sao Paulo, en date du 5 avril 2004, indique que, selon des documents officiels du Minist&#232;re du d&#233;veloppement agraire, 75% des 36'800 familles qui ont &#233;t&#233; install&#233;es sur des terres &#034;d&#233;sappropri&#233;es&#034; - rachet&#233;es par l'Eat - au cours de la premi&#232;re ann&#233;e de gestion du gouvernement Lula &#233;taient d&#233;j&#224; incluses dans des projets anciens, pour l'essentiel mis en place par Fernando Henrique Cardoso en 2002. Ces documents concluent que seulement 9217 familles ont re&#231;u des terres au cours de la premi&#232;re ann&#233;e du mandat de Lula et de son ministre de la R&#233;forme agraire Miguel Rossetto. En outre, les lotissements mis &#224; disposition des familles de sans-terre se situent dans des zones o&#249; il est tr&#232;s difficile de mettre en place les infrastructures n&#233;cessaires pour rendre viables les terres attribu&#233;es aux familles paysannes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, on comprend que la mobilisation du MST et des autres organisations paysannes devienne l'&#233;l&#233;ment d&#233;cisif pour faire avancer une r&#233;forme agraire promise, mais qui appara&#238;t fort lointaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;clairer cette situation, nous publions ci-dessous un entretien avec Joao Pedro Stedile, dirigeant du Mouvement des sans-terre (MST) publi&#233; dans l'hedomadaire O Pasquim 21*. -cau&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Durant la campagne &#233;lectorale, le pr&#233;sident Lula a affirm&#233; que s'il pouvait accomplir une seule r&#233;forme sous l'&#233;gide de son gouvernement, ce serait la r&#233;forme agraire. Pourtant, au cours de la seconde ann&#233;e de son mandat, la r&#233;forme agraire avance &#224; pas de tortue. Par contre, les r&#233;formes de la pr&#233;voyance sociale et les r&#233;formes fiscales avancent &#224; toute vapeur. Comment analysez-vous cette nouvelle conjoncture ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Joao Pedro Stedile&lt;/strong&gt; : La victoire du gouvernement Lula lors des &#233;lections [de 2002] a modifi&#233; les rapports de force politiques pour la lutte en faveur de la r&#233;forme agraire. En fin de compte, le PT et Lula &#233;taient historiquement engag&#233;s avec le besoin d'une d&#233;mocratisation de la propri&#233;t&#233; agraire. Mais la classe dominante br&#233;silienne continue &#224; disposer du pouvoir &#233;conomique comme des terres et avant tout elle a en mains les moyens de communication. L'Etat br&#233;silien est un appareil juridique qui ne sert qu'une toute petite minorit&#233;. D&#232;s lors, les difficult&#233;s pour r&#233;aliser une vraie r&#233;forme agraire continuent &#224; &#234;tre &#233;normes. Ce que nous disons, c'est que, dans cette conjoncture, les mouvements sociaux dans la campagne doivent r&#233;aliser un ensemble d'efforts afin d'accumuler des forces. Il s'agit d'organiser plus de personnes, d'&#233;lever le niveau de conscience des travailleurs ruraux et de les structurer dans une perspective de lutte. Puis seulement avec une tr&#232;s forte mobilisation, une lutte, nous pourrons faire que la r&#233;forme agraire avance. Ainsi, elle d&#233;pend plus de la capacit&#233; d'organisation des travailleurs ruraux que de la &#034;volont&#233;&#034; du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme est indiqu&#233;e par l'ONU comme un &#233;l&#233;ment fondamental pour &#233;radiquer la faim au Br&#233;sil. Si elle apporte de tels avantages pour la population, pourquoi ne s'effectue-t-elle pas ? Quels sont les int&#233;r&#234;ts qui se camouflent pour y faire obstacle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J.P. Stedile&lt;/strong&gt; : Les difficult&#233;s pour que r&#233;ellement se mette en marche un processus ample de r&#233;forme agraire sont nombreuses. Du c&#244;t&#233; du gouvernement, il serait n&#233;cessaire, en premier lieu, qu'il se d&#233;cide clairement en faveur d'un nouveau projet de d&#233;veloppement du pays. La r&#233;forme agraire n'est pas une fin en soi, mais un moyen pour d&#233;mocratiser la propri&#233;t&#233; de la terre et, avant tout, pour &#234;tre partie prenante d'un nouveau projet de d&#233;veloppement qui aurait comme centre de gravit&#233; la redistribution de la richesse, le d&#233;veloppement d'un march&#233; int&#233;rieur [en augmentant le pouvoir d'achat des couches populaires], la lutte contre les in&#233;galit&#233;s sociales et la cr&#233;ation d'emplois. Nous esp&#233;rons que, dans les mois qui viennent, se d&#233;veloppe au sein de la soci&#233;t&#233; br&#233;silienne un grand d&#233;bat sur les voies que devrait emprunter le Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement a assur&#233; que, en 2004, le projet national de r&#233;forme agraire (PNRA) deviendra une priorit&#233;, dans la mesure o&#249; il est un des principaux instruments de d&#233;veloppement &#233;conomique et social du gouvernement. Ce qu'a fait le gouvernement jusqu'&#224; maintenant est-il satisfaisant ? Quelles sont les initiatives que le MST planifie pour faire pression sur le gouvernement afin qu'il mette en pratique ses promesses ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J.P. Stedile&lt;/strong&gt; : Nous sommes tr&#232;s critiques face au comportement du gouvernement, non seulement pour ce qui a trait &#224; la r&#233;forme agraire, mais aussi pour ce qui concerne la politique &#233;conomique et le manque de tout projet clair pour le d&#233;veloppement de notre pays. Jusqu'&#224; maintenant, le gouvernement r&#233;p&#232;te sur le plan de la r&#233;forme agraire les m&#233;thodes et la politique de Fernando Henrique Cardoso en prenant quelques mesures d'indemnit&#233; sociale, de lente d&#233;sappropriation d'une partie de la terre de quelques tr&#232;s grandes fermes [la terre &#034;expropri&#233;e&#034; est pay&#233;e aux propri&#233;taires], sans avoir un plan concret. Notre r&#244;le comme mouvement social ne consiste pas seulement &#224; critiquer le gouvernement, ce qui est tr&#232;s facile. Mais &#224; organiser le peuple pour qu'il se mobilise et lutte. Sans mobilisation populaire, il n'y aura pas de changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande presse donne une grande importance &#224; l'agro-exportation et consid&#232;re la r&#233;forme agraire comme un &#233;l&#233;ment attard&#233; et pas v&#233;ritablement n&#233;cessaire. Comment rompre avec cela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J.P. Stedile&lt;/strong&gt; : Ladite grande presse repr&#233;sente des int&#233;r&#234;ts de classe &#233;conomiques et id&#233;ologiques clairement li&#233;s &#224; ceux des classes dominantes qui contr&#244;lent, elles, ladite agriculture moderne, celle d'exportation. D&#232;s lors, la Rede Globo [puissant r&#233;seau priv&#233; de t&#233;l&#233;vision &#224; l'&#233;chelle nationale], Veja [hebdomadaire] et d'autres grands m&#233;dias ne cessent de d&#233;velopper une propagande en faveur des exportations agricoles du secteur agro-exportateur, des machines agricoles, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela est une tromperie. L'agriculture d'exportation n'enrichit qu'une minorit&#233; de 10% des propri&#233;taires terriens, ceux qui disposent de plus de 500 hectares et qui se consacrent &#224; des cultures d'exportation. Ce mod&#232;le ne contribue pas &#224; redistribuer la richesse, &#224; cr&#233;er des emplois, &#224; combattre la pauvret&#233;. Il ne permet pas le d&#233;veloppement du pays, ni m&#234;me celui de l'industrie nationale. Pour vous faire une id&#233;e, au cours des ann&#233;es 1980, lorsqu'un petit ou moyen propri&#233;taire pouvait acheter un tracteur, la vente totale des tracteurs s'&#233;levait &#224; 70'000 par an. Actuellement, avec tout ce &#034;d&#233;veloppement&#034; de l'agro-exportation, l'industrie des machines agricoles ne vend que 45'000 tracteurs chaque ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes ces raisons, le Br&#233;sil a besoin d'un mod&#232;le d'agriculture qui produise des aliments pour le peuple br&#233;silien et qui utilise la terre et l'agriculture comme des facteurs de cr&#233;ation d'emplois et de mise en place d'une justice sociale.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;* Cet entretien a &#233;t&#233; publi&#233; dans l'hebdomadaire O Pasquim21 [le canard en fran&#231;ais] du 27 mars 2004. L' entretien a &#233;t&#233; effectu&#233; par Cristina Gomes. O Pasquim 21est un hebdomadaire satirique qui se positionne, en g&#233;n&#233;ral, en faveur du gouvernement du PT (Parti des travailleurs).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Et maintenant que faire ?</title>
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		<dc:date>2003-11-05T04:05:23Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement paysan</dc:subject>
		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Elu d&#233;put&#233; avec 7 % des voix aux &#233;lections de 2002 pour le Mouvement indig&#232;ne Pachacuti (MIP), Felipe Quispe, 61 ans, est pr&#233;sident de la Conf&#233;d&#233;ration syndicale unique des travailleurs paysans de Bolivie (CSUTCB). Fondateur de la gu&#233;rilla TupacKatari dans l'Altiplano (d&#233;mantel&#233;e en 1992), il a &#233;t&#233; emprisonn&#233; avec les principaux dirigeants, avant d'en ressortir cinq ans plus tard et de cr&#233;er le MIP en 2001 (Extraits d'une interview accord&#233;e au journal br&#233;silien Folha au lendemain de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Elu d&#233;put&#233; avec 7 % des voix aux &#233;lections de 2002 pour le Mouvement indig&#232;ne Pachacuti (MIP), Felipe Quispe, 61 ans, est pr&#233;sident de la Conf&#233;d&#233;ration syndicale unique des travailleurs paysans de Bolivie (CSUTCB). Fondateur de la gu&#233;rilla TupacKatari dans l'Altiplano (d&#233;mantel&#233;e en 1992), il a &#233;t&#233; emprisonn&#233; avec les principaux dirigeants, avant d'en ressortir cinq ans plus tard et de cr&#233;er le MIP en 2001 (Extraits d'une interview accord&#233;e au journal br&#233;silien Folha au lendemain de la d&#233;mission du pr&#233;sident Sanchez de Lozada).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Folha - Qu'allez-vous faire maintenant avec le changement de pr&#233;sident ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Felipe Quispe - La premi&#232;re &#233;tape a &#233;t&#233; la d&#233;mission de l'assassin. Tr&#232;s bien. Nous allons voir &#224; pr&#233;sent ce qui va se passer au Parlement. Maintenant que Mesa est pr&#233;sident, nous allons essayer de n&#233;gocier. S'il ne satisfait pas &#224; nos 72 exigences, nous continuerons nos manifestations et nos mobilisations. Si nos exigences ne sont pas accept&#233;es, alors nous essayerions de prendre le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Folha - Donc, dans le cas o&#249; il n'y aurait pas d'entente, l'objectif serait de prendre le gouvernement par la force ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Quispe - Pour arriver au pouvoir, le moyen est une r&#233;volution. Il ne nous suffit pas de contr&#244;ler le gouvernement pour &#234;tre ma&#238;tres de nos destins. Par les voies institutionnelles, nous n'auront pas atteint le pouvoir, tout juste aurons-nous atteint le gouvernement. Pour contr&#244;ler ce qui nous appartient, il faudra tout d&#233;boulonner : les forces arm&#233;es qui servent les int&#233;r&#234;ts des Etats-Unis, la police et le pouvoir &#233;conomique. La r&#233;volution arrivera un jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Folha - Pourquoi n'y a-t-il pas d'Indiens au gouvernement ? Y a-t-il du racisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Quispe - Il y a du racisme, oui, au sein de l'&#233;lite. Nous repr&#233;sentons 90 % de la population [Indiens et m&#233;tis, NDLR] et nous n'avons pas le pouvoir. Comment ceci est-il possible ? Tout est fait pour que l'on ne puisse pas y parvenir. La porte de sortie &#224; cette situation, c'est la r&#233;volution, pour nous et pour les indig&#232;nes du Guatemala, d'Equateur, du Mexique et du P&#233;rou. Pacifiquement, les Indiens ne parviendrons pas au pouvoir. Il est temps pour nous de prendre notre destin en main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Trad. Pauline Termini&#232;re)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement indig&#232;ne face &#224; l'Alca&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'insurrection bolivienne est un important point d'appui pour les luttes contre l'Accord de libre-&#233;change des Am&#233;riques (Alca). Pr&#233;vu pour entrer en vigueur en 2005, cet accord multilat&#233;ral engloberait toutes les Am&#233;riques, de l'Alaska &#224; la Terre de Feu. Elargissant l'Accord de libre-&#233;change nord-am&#233;ricain (Alena, comprenant le Canada, les Etats-Unis et le Mexique depuis 1994), il se veut plus global. Ouverture des fronti&#232;res aux flux financiers, privatisation des services publics, brevabilit&#233; totale du vivant, pr&#233;dominance du droit des multinationales sur celui des Etats en sont les fondements. L'Alca exige de plus le respect pointilleux des plans d'ajustement structurels impos&#233;s par le FMI et la Banque mondiale... Une v&#233;ritable condamnation &#224; mort pour les &#233;conomies nationales des pays pauvres. L'exp&#233;rience de l'Alena montre le danger de son &#233;largissement &#224; l'ensemble du continent. Depuis son entr&#233;e en vigueur, le Mexique a perdu 200 000 emplois, tandis que le salaire minimum diminuait de 25 %.&lt;br class='autobr' /&gt;
Prioritaire pour les mouvements sociaux latino-am&#233;ricains, la lutte contre l'Alca est donc li&#233;e &#224; toutes les mobilisations antilib&#233;rales. En Bolivie, ce sont les nations indig&#232;nes, quechua et aymara, qui la m&#232;nent de la fa&#231;on la plus d&#233;termin&#233;e. La place centrale des nations indig&#232;nes dans cette lutte se retrouve en Equateur ou encore au Chiapas avec l'insurrection zapatiste le 1er janvier 1994, jour de l'entr&#233;e en vigueur de l'Alena. Pour les peuples indig&#232;nes, la notion de propri&#233;t&#233; collective du territoire est essentielle. Souvent g&#233;r&#233;e en commun, consid&#233;r&#233;e comme un milieu vivant dont la coh&#233;rence biologique doit &#234;tre respect&#233;e, la terre ne peut &#234;tre &#224; vendre. Vivant souvent d'une agriculture peu productive, les indig&#232;nes sont parmi les premi&#232;res victimes de la lib&#233;ralisation des &#233;changes agricoles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette conscience aigu&#235; explique la mobilisation massive des paysans aymaras des Haut Plateaux contre les exportations du gaz naturel bolivien. Elle repr&#233;sente aussi un espoir : celui de construire des convergences entre les mouvements sociaux des pays d&#233;pendants et les luttes altermondialistes, encore trop limit&#233;es aux pays les plus riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J. R.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rouge 2036 23/10/2003&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Bolivie sur pied de lutte. Le pays qui veut exister !</title>
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		<dc:subject>Mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement paysan</dc:subject>
		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une immense explosion de gaz : voil&#224; comment s'est d&#233;roul&#233; le soul&#232;vement populaire qui a &#233;branl&#233; toute la Bolivie et qui a atteint son apog&#233;e avec la d&#233;mission du pr&#233;sident Sanchez de Lozada, qui a fui en laissant derri&#232;re lui un monceau de morts. Il &#233;tait pr&#233;vu de conduire le gaz en Californie [entre autres sous le contr&#244;le de la multinationale espagnole Repsol et d'une soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine], &#224; bas prix, en &#233;change de mesquins privil&#232;ges, en passant par des terres chiliennes, qui &#233;taient (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une immense explosion de gaz : voil&#224; comment s'est d&#233;roul&#233; le soul&#232;vement populaire qui a &#233;branl&#233; toute la Bolivie et qui a atteint son apog&#233;e avec la d&#233;mission du pr&#233;sident Sanchez de Lozada, qui a fui en laissant derri&#232;re lui un monceau de morts. Il &#233;tait pr&#233;vu de conduire le gaz en Californie [entre autres sous le contr&#244;le de la multinationale espagnole Repsol et d'une soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine], &#224; bas prix, en &#233;change de mesquins privil&#232;ges, en passant par des terres chiliennes, qui &#233;taient jadis boliviennes. Le fait que le gaz devait transiter par un port chilien a encore mis du sel sur la plaie, dans un pays qui depuis plus d'un si&#232;cle revendique en vain de r&#233;cup&#233;rer le passage &#224; la mer qu'il a perdu en 1883, dans la guerre gagn&#233;e par le Chili.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas la route du gaz qui a &#233;t&#233; le principal motif de la col&#232;re qui s'est r&#233;pandue partout. Il y a une autre raison qui a d&#233;clench&#233; l'indignation populaire, &#224; laquelle le gouvernement a r&#233;pondu, comme d'habitude, avec des coups de feu, en parsemant de morts les routes et les chemins. Les gens se sont soulev&#233;s parce qu'ils refusent qu'il se produise avec le gaz ce qui s'est d&#233;j&#224; pass&#233; avec l'argent, le salp&#234;tre, l'&#233;tain et tout le reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le souvenir est douloureux et apprend que les ressources naturelles non renouvelables s'en vont sans faire leurs adieux, et ne reviennent plus jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 1870, un diplomate anglais a v&#233;cu en Bolivie un incident d&#233;sagr&#233;able. Le dictateur Mariano Melgarejo lui a offert un verre de chicha, la boisson nationale faite de ma&#239;s ferment&#233;. Le diplomate a d&#233;clin&#233; avec des remerciements en disant qu'il pr&#233;f&#233;rait du chocolat. Melgareja, avec sa d&#233;licatesse habituelle, l'a oblig&#233; &#224; boire une &#233;norme jarre pleine de chocolat, et l'a ensuite promen&#233; juch&#233; &#224; l'envers sur un &#226;ne, sur les routes de La Paz. Lorsque la reine Victoria, &#224; Londres, a appris cela, elle a fait apporter une carte et elle a trac&#233; le pays avec une craie en d&#233;clarant : &#034;La Bolivie n'existe pas&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai entendu &#224; plusieurs reprises cette anecdote. Les choses se sont-elles r&#233;ellement pass&#233;es ainsi ? Peut-&#234;tre que oui, peut-&#234;tre que non. Mais cette phrase, attribu&#233;e &#224; l'arrogance imp&#233;riale, peut &#233;galement &#234;tre comprise comme une synth&#232;se involontaire de l'histoire tourment&#233;e du peuple bolivien. La trag&#233;die se r&#233;p&#232;te, tournant comme un carrousel : depuis cinq si&#232;cles, la fabuleuse richesse de la Bolivie est une mal&#233;diction pour les Boliviens, qui sont les plus pauvres parmi les pauvres de l'Am&#233;rique du Sud. &#034;La Bolivie n'existe pas&#034;. Non, elle n'existe pas pour ses enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque coloniale, l'argent de Potosi a aliment&#233;, durant plus de deux si&#232;cles, le d&#233;veloppement capitaliste de l'Europe. &#034;Cela vaut un Potosi&#034;, disait-on, pour d&#233;signer ce qui n'avait pas de prix. Au milieu du XVIe si&#232;cle, la ville la plus peupl&#233;e, la plus ch&#232;re et la plus prodigue du monde a bourgeonn&#233; et pouss&#233; au pied de la montagne d'o&#249; coulait l'argent. Cette montagne, que l'on appelle Cerro Rico (la colline riche), avalait des Indiens. &#034;Les chemins en &#233;taient pleins, on aurait dit que le royaume d&#233;m&#233;nageait&#034;, &#233;crivait un riche mineur de Potosi : les communaut&#233;s se vidaient d'hommes, ces derniers marchaient, prisonniers, vers la bouche d'entr&#233;e qui conduisait aux galeries de la mine. Au-dehors les temp&#233;ratures &#233;taient glaciales. Dedans, c'&#233;tait l'enfer. Sur dix qui entraient, seuls trois sortaient vivants. Mais les condamn&#233;s &#224; la mine, m&#234;me s'ils survivaient peu de temps, g&#233;n&#233;raient la fortune des banquiers flamands, g&#233;nois et allemands, cr&#233;anciers de la couronne espagnole. Et ce sont ces Indiens qui ont rendu possible l'accumulation de capitaux qui a transform&#233; l'Europe en ce qu'elle est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est ce que la Bolivie a conserv&#233; de tout cela ? Une montagne creuse, un nombre incalculable d'Indiens assassin&#233;s par &#233;puisement et quelques palais habit&#233;s par des fant&#244;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XIX&#232;me si&#232;cle, la Bolivie a &#233;t&#233; le principal fournisseur d'&#233;tain sur le march&#233; international. Les emballages en fer-blanc qui ont rendu c&#233;l&#232;bres Andy Warhol [artiste moderne] provenaient des mines qui produisaient de l'&#233;tain, et des veuves. Dans la profondeur des galeries, l'implacable poussi&#232;re de silice tuait par asphyxie. Les ouvriers pourrissaient leurs poumons pour que le monde puisse consommer de l'&#233;tain bon march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, la Bolivie a contribu&#233; &#224; la cause alli&#233;e en vendant son minerai &#224; un prix encore dix fois plus bas que le prix le plus bas d'auparavant. Les salaires des ouvriers ont &#233;t&#233; r&#233;duits &#224; n&#233;ant. Il y a eu une gr&#232;ve, et les mitraillettes ont crach&#233; du feu. Simon Pati&#241;o [la famille Pati&#241;o a cr&#233;&#233; &#224; Gen&#232;ve la c&#233;l&#232;bre Fondation culturelle Pati&#241;o, qui doit son existence &#224; l'exploitation des Indiens],le patron du commerce et le ma&#238;tre du pays, n'a pas eu &#224; payer des indemnit&#233;s, puisque la tuerie par balles n'est pas un accident de travail. &#192; ce moment, don Simon Pati&#241;o payait cinquante dollars annuels d'imp&#244;ts, mais il versait bien plus au pr&#233;sident de la nation et aux membres de son cabinet. Ce personnage, qui a commenc&#233; comme un affam&#233; de plus, a &#233;t&#233; comme touch&#233; par la baguette magique de la d&#233;esse Fortune. [S. Pati&#241;o, qui a v&#233;cu de 1860 &#224; 1947, est le fils d'un savetier. Il devint par hasard propri&#233;taire d'une mine d'&#233;tain. Proclam&#233; &#034;roi de l'&#233;tain&#034;, vers 1930, il s'est hiss&#233; aux premiers rangs des hommes les plus riches du monde.] Ses petits-enfants ont c&#244;toy&#233; la noblesse europ&#233;enne. Ils ont &#233;pous&#233; des contes, des marquis et des membres de familles royales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la r&#233;volution de 1952 [sous la direction du Mouvement nationaliste r&#233;volutionnaire, MNR, parti de l'ex-pr&#233;sident Sanchez de Losada] a d&#233;tr&#244;n&#233; Pati&#241;o et nationalis&#233; l'&#233;tain, il n'en restait plus beaucoup. Uniquement les d&#233;tritus d'un demi-si&#232;cle d'exploitation effr&#233;n&#233;e au service du march&#233; mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a plus de cent ans, l'historien Gabriel Ren&#233; Moreno a d&#233;couvert que le peuple bolivien &#233;tait &#034;g&#233;n&#233;tiquement inapte&#034;. Il avait pes&#233; la cervelle indig&#232;ne et la cervelle m&#233;tisse, et il a conclu qu'elles pesaient entre cinq, sept et dix onces de moins que la cervelle de race blanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps passe, et le pays qui n'existe pas continue de souffrir du racisme. Mais dans le pays qui veut vivre, la majorit&#233; indig&#232;ne n'a pas honte d'&#234;tre ce qu'elle est et elle ne crache pas contre le miroir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette Bolivie-l&#224;, celle qui en a assez de vivre pour faire progresser les autres, est le vrai pays. Son histoire, ignor&#233;e, est pleine de d&#233;routes et de tra&#238;trises, mais &#233;galement pleine de ces miracles que peuvent accomplir les m&#233;pris&#233;s lorsqu'ils cessent de se m&#233;priser, lorsqu'ils cessent de se battre entre eux. Il n'est pas besoin de chercher bien loin puisque des faits surprenants et vigoureux sont en train de se produire aujourd'hui m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2000, et c'est un cas unique au monde, un soul&#232;vement populaire a d&#233;privatis&#233; l'eau. Ce qu'on a appel&#233; la &#034;guerre de l'eau&#034; a eu lieu &#224; Cochabamba. Les paysans ont march&#233; depuis les vall&#233;es et ont bloqu&#233; le sud de la ville, et la ville elle-m&#234;me s'est &#233;galement soulev&#233;e. On leur a r&#233;pondu avec des tirs et des gaz. Le gouvernement a d&#233;cr&#233;t&#233; l'&#233;tat de si&#232;ge. Mais la r&#233;bellion collective s'est poursuivie, sans qu'on puisse l'arr&#234;ter, jusqu'&#224; ce que dans un &#233;lan final, l'eau ait &#233;t&#233; arrach&#233;e des mains de l'entreprise Bechtel, permettant aux gens d'arroser &#224; nouveau leurs corps et leurs terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entreprise Bechtel, dont le si&#232;ge est en Californie, re&#231;oit actuellement en cadeau de la part du pr&#233;sident Bush, des contrats de dizaines de millions en Irak, sans doute en guise de consolation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques mois [en f&#233;vrier 2003], une autre explosion populaire, dans toute la Bolivie, a m&#234;me vaincu le Fonds mon&#233;taire international. Le Fonds a vendu cher sa d&#233;faite, qui a co&#251;t&#233; la vie &#224; trente personnes, assassin&#233;es par lesdites forces de l'ordre, mais le peuple a r&#233;ussi son exploit. Le gouvernement n'a eu d'autre rem&#232;de que d'annuler l'imp&#244;t sur les salaires que le FMI avait ordonn&#233; de pr&#233;lever.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant, c'est la guerre du gaz. La Bolivie d&#233;tient d'&#233;normes r&#233;serves de gaz naturel. Sanchez de Lozada avait, sous couvert de recapitalisation, entam&#233; sa privatisation. Mais le pays qui veut exister vient de d&#233;montrer que sa m&#233;moire n'est pas d&#233;faillante. Encore une fois la vieille rengaine de la richesse qui dispara&#238;t entre les mains &#233;trang&#232;res ? &#034;Nous avons le droit au gaz&#034;, proclamaient les pancartes lors des manifestations. Les gens exigeaient et continueront &#224; exiger que le gaz soit mis au service de la Bolivie, au lieu que la Bolivie doive subir une fois de plus une dictature &#233;trang&#232;re appliqu&#233;e &#224; son sous-sol. Le droit &#224; l'autod&#233;termination, que l'on invoque si souvent et qui est si rarement respect&#233;, commence par l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;sob&#233;issance populaire a fait perdre un juteux n&#233;goce &#224; la Corporation Pacific LNG, dont font partie Repsol, British Gas et Panamerican Gas, qui a su s'associer &#224; Enron, c&#233;l&#232;bre pour ses pratiques vertueuses. Tout indique que cette firme, &#224; participations diverses comme susmentionn&#233;e, continuera &#224; vouloir gagner, comme elle l'esp&#233;rait, dix dollars pour chaque dollar investi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, le fuyard Sanchez de Lozada a perdu la pr&#233;sidence. Mais il n'a s&#251;rement pas perdu le sommeil. Sur sa conscience p&#232;se un crime : plus de huitante manifestants abattus. Mais il n'en est pas &#224; sa premi&#232;re boucherie. Et ce crois&#233; de la modernisation n'est pas tourment&#233; par ce qui n'est pas rentable. En fin de compte, il r&#233;fl&#233;chit et il parle en anglais, mais ce n'est pas l'anglais de Shakespeare, c'est celui de Bush.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Eduardo Galeano, &#233;crivain uruguayen, auteur du c&#233;l&#232;bre ouvrage Les veines ouvertes de l'Am&#233;rique latine, Plon, Coll. &#171; Terre humaine &#187;. Cet article est paru dans le quotidien argentin Pagina 12, 19.10.03.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; du site &#192; l'encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> L'AVENIR DE L'ALCA SE JOUE DANS LES RUES DE LA PAZ</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/L-AVENIR-DE-L-ALCA-SE-JOUE-DANS-LES-RUES-DE-LA-PAZ</link>
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		<dc:date>2003-10-23T14:45:41Z</dc:date>
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		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement paysan</dc:subject>
		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans le remarquable article ci-dessous, le journaliste uruguayen Ra&#250;l Zibechi retrace le cheminement des mouvements paysans et ouvriers boliviens ces derni&#232;res ann&#233;es pour arriver, la semaine derni&#232;re, &#224; imposer un rapport de force tel que le pr&#233;sident ait d&#251; prendre la poudre d'escampette pour se r&#233;fugier &#224; Miami, Floride, E-U. Cet article a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; avant la d&#233;mission du pr&#233;sident 'Goni'. &lt;br class='autobr' /&gt; L'impressionnante insurrection du peuple bolivien aurait abattu bien plus t&#244;t le faible (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le remarquable article ci-dessous, le journaliste uruguayen Ra&#250;l Zibechi retrace le cheminement des mouvements paysans et ouvriers boliviens ces derni&#232;res ann&#233;es pour arriver, la semaine derni&#232;re, &#224; imposer un rapport de force tel que le pr&#233;sident ait d&#251; prendre la poudre d'escampette pour se r&#233;fugier &#224; Miami, Floride, E-U. Cet article a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; avant la d&#233;mission du pr&#233;sident 'Goni'.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'impressionnante insurrection du peuple bolivien aurait abattu bien plus t&#244;t le faible gouvernement de Gonzalo Sanchez de Lozada si ce dernier n'avait compt&#233; avec l'appui politique et militaire de Washington qui per&#231;oit parfaitement qu'une chute de son alli&#233; renforcerait le bloc Venezuela-Br&#233;sil-Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A La Paz, les pauvres sont en haut et les riches sont en bas. Ce n'est pas une m&#233;taphore mais bien une r&#233;alit&#233; g&#233;ographique qui a donn&#233; son empreinte au pays le plus pauvre, et probablement le plus rebelle, d'Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 4.000 m&#232;tres, au coeur de l'Altiplano, la ville de El Alto domine l'&#233;norme vall&#233;e, la &#171; Hoyada &#187; o&#249; se trouve La Paz. Un million de pauvres et de tr&#232;s pauvres vivent sur ces hauteurs, plusieurs centaines de milliers sur les contre-pentes tandis qu'en bas, &#224; moins de 3.500 m&#232;tres, les classes moyennes et les quartiers riches occupent les meilleurs espaces. Dans le centre de La Paz se trouve l'historique Place Murillo (si&#232;ge du gouvernement et du parlement), t&#233;moin muet de plus de 180 coups d'Etat qui se situe pratiquement au milieu des extr&#234;mes physiques et sociaux qui divisent la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A midi, le jeudi 16 octobre, des dizaines de milliers d'habitants de La Paz ont commenc&#233;, pour la seconde fois en une semaine, &#224; descendre des hauteurs pour atteindre le centre, &#224; partir de leurs quartiers retranch&#233;s dans lesquels ils ont creus&#233; des foss&#233;s afin d'en interdire l'acc&#232;s aux chars et aux camions de l'arm&#233;e. &#171; Il va tomber, Il va tomber &#187; ; telle est la consigne scand&#233;e par la multitude que Radio Erbol a qualifi&#233;e comme la plus nombreuse qu'ait connu l'histoire du pays. En bas, la soldatesque qui a abandonn&#233; les quartiers pauvres organisa la d&#233;fense des b&#226;timents gouvernementaux. Le commandement de l'arm&#233;e a d&#233;cid&#233; de remplacer les soldats aymaras par des rangers issus de la r&#233;gion de Santa Cruz de la Sierra devant le refus de nombreux soldats de tirer contre leurs fr&#232;res. L'un de ces soldats a m&#234;me &#233;t&#233; abattu par un officier lors de la bataille de El Alto le week-end dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'insurrection bolivienne ; un mois de barrages routiers qui ont rendu impossible la circulation sur les principales routes du pays, plus d'une semaine de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ind&#233;finie avec des manifestations massives, s'est &#233;tendue &#224; partir de son &#233;picentre de El Alto sur tout le pays. Cochabamba, Potosi, et jusqu'&#224; la tr&#232;s m&#233;ridionale et m&#233;tiss&#233;e Santa Cruz de la Sierra, se sont jointes &#224; la r&#233;voltes en exigeant la fin d'un gouvernement qui a assassin&#233; en une semaine plus de 70 Boliviens. La r&#233;volte est parvenue &#224; amalgamer, dans la revendication de d&#233;mission du pr&#233;sident, des paysans jusqu'aux vendeurs ambulants des villes. Des dizaines d'&#233;missions radios en basse fr&#233;quence, dans la tradition des l&#233;gendaires radios des mineurs, ont assur&#233; l'information de la population et s'int&#232;grent pleinement dans le mouvement, malgr&#233; les fermetures et les attentats soufferts. Sanchez de Lozada ne compte qu'avec le soutien de l'ambassade des Etats-Unis et d'une partie des forces arm&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout a commenc&#233; &#224; Cochabamba&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#232;che s'&#233;tait allum&#233;e d&#232;s le mois d'avril 2000. C'est &#224; cette date que s'&#233;tait soulev&#233; le peuple de Cochabamba qui a lutt&#233; et gagn&#233; la d&#233;nomm&#233;e &#171; Guerre de l'eau &#187;. Toute la population &#233;tait descendue dans la rue, dressant des centaines de barricades, occupant pendant plusieurs jours la Place principale et obligeant finalement le gouvernement de Hugo Banzer &#224; faire marche arri&#232;re, reprenant ainsi le contr&#244;le publique des ressources hydrauliques qui avaient &#233;t&#233; privatis&#233;es et vendues &#224; une entreprise multinationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;volte a signifi&#233; un profond tournant dans les luttes sociales boliviennes. Elle fut &#233;galement le point de d&#233;part d'une vaste alliance sociale incluant les paysans, les travailleurs du secteur informel des villes, les petits commer&#231;ants, professeurs, routiers, etc. Entre septembre et octobre de cette ann&#233;e 2000, s'est d&#233;roul&#233; le second &#233;pisode de la lutte, mais cette fois-ci &#224; l'&#233;chelle nationale. La &#171; R&#233;p&#233;tition d'avril &#187; selon les termes du dirigeant paysan Felipe Quispe en parlant de Cochabamba, s'est r&#233;&#233;dit&#233;e au travers d'un sc&#233;nario bien plus ample en englobant toute la r&#233;gion de l'Altiplano, la r&#233;gion la plus pauvre du pays et l'une des plus pauvres du monde. La m&#233;thode employ&#233;e fut celle des blocages massifs des routes, dans lesquels les communaut&#233;s dressaient des barrages permanents dans ce qui pouvait d&#233;j&#224; s'interpr&#233;ter comme une v&#233;ritable r&#233;bellion de la communaut&#233; aymara, essentiellement rurale, mais avec des appuis urbains importants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte nationale de septembre - octobre &#233;tait parvenue &#224; diviser la police de La Paz ; un groupe de policiers s'&#233;tait mutin&#233; dans la principale ville du pays et s'&#233;tait adress&#233; &#224; ses coll&#232;gues afin qu'ils ne r&#233;priment pas la r&#233;volte. La d&#233;mobilisation s'est produite suite &#224; la signature de la part du gouvernement d'un accord en 50 points qui devait &#234;tre discut&#233; dans des commissions techniques sous la supervision de l'Eglise, de l'Assembl&#233;e des droits de l'Homme et de la &#171; Defensoria del Pueblo &#187;. Comme il fallait s'y attendre, la dialogue s'est embourb&#233; et n'a produit aucun r&#233;sultat concret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les explosions sociales de l'ann&#233;e 2000 ont profond&#233;ment modifi&#233; la carte politico-sociale du pays. Le mouvement paysan est apparu comme la principale force sociale, organis&#233;e autour de la F&#233;d&#233;ration des cultivateurs de coca du Chapare (dirig&#233;e par Evo Morales, d&#233;put&#233;) et la Conf&#233;d&#233;ration syndicale unitaire des travailleurs paysans de Bolivie (CSUTCB), dirig&#233;e par Felipe Quispe. Les organisations paysannes avaient elles-m&#234;mes travers&#233; de profonds changements. La CSUTCB fut fond&#233;e en 1979 &#224; l'image et avec l'appui de la Centrale ouvri&#232;re bolivienne (COB) et s'est d&#233;finie comme une organisation paysanne. Apr&#232;s deux d&#233;cennies, en tirant les conclusions des changements subjectifs v&#233;cus par la majorit&#233; sociale du pays, elle se d&#233;finit alors en tant qu' &#171; organisation indig&#232;ne qui rassemble tous les peuples et nations indig&#232;nes et originaires de Bolivie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du discours de classe, qu'elle n'a jamais abandonn&#233;, elle est pass&#233; &#224; un discours historique et ethnique, qui insiste sur les demandes de terres et de territoires, ce qui implique une gestion participative dans les ressources naturelles. Cette &#233;volution est le reflet de la perte de centralit&#233; de la classe ouvri&#232;re du fait de l'instauration des politiques n&#233;o-lib&#233;rales &#224; partir de la moiti&#233; des ann&#233;es '80. Ce mouvement, cependant, est parvenu &#224; articuler d'amples secteurs de la population bolivienne, en particulier dans l'Altiplano. C'est ainsi qu'a surgit un nouveau sujet social, h&#233;t&#233;rog&#232;ne, diversifi&#233;, mais articul&#233; autour de l'identit&#233; aymara (synth&#232;se de la nouvelle identit&#233; nationale, qui se manifeste dans l'utilisation du drapeau arc-en-ciel appel&#233; Wiphala en langue aymara) et ancr&#233; dans plusieurs zones, comme El Alto et les communaut&#233;s indig&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections de juin 2002 ont amen&#233; ce nouveau sujet &#224; conqu&#233;rir une repr&#233;sentation importante dans les institutions &#233;tatiques. Les deux fronts &#233;lectoraux qui se sont pr&#233;sent&#233;s (le Mouvement au socialisme de Morales et Pachakutik de Quispe) ont r&#233;colt&#233; un quart des votes et ont failli disputer la pr&#233;sidence face au candidat de l'ambassade des Etats-Unis, Sanchez de Lozada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une ascension constante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pas suivant du mouvement social s'est effectu&#233; en f&#233;vrier dernier. Un meeting de policiers &#224; La Paz, contre la r&#233;duction de 12,5% de leurs salaires, s'est converti en mutinerie et en massacre. Six policiers, sept civils et deux militaires ont trouv&#233; la mort le 12 f&#233;vrier lors de l'affrontement entre le Groupe sp&#233;cial de la police et des effectifs du R&#233;giment de la garde sur la Place Murillo. Le jour suivant, une &#233;norme manifestation ouvri&#232;re qui se terminait sur la Place San Francisco fut mitraill&#233;e depuis les hauteurs, alourdissant le bilan de ces journ&#233;es &#224; 33 victimes, un massacre qui provoqua la d&#233;mission du tout r&#233;cent cabinet minist&#233;riel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier &#233;pisode de cet impressionnant cycle de luttes est la guerre actuelle du gaz. Son &#233;picentre se trouve &#224; El Alto, la ville la plus pauvre du continent, un monument &#224; l'abandon, o&#249; 6 personnes sur 10 vivent avec un dollars par jour. El Alto, qui est pass&#233; de 10.000 habitants en 1950 &#224; 800.000 aujourd'hui, est une poudri&#232;re sociale et politique. Il suffit de parcourir ses rues en terre battue par le vent glac&#233; de l'Altiplano, de voir ses pr&#233;caires logements fait de boue s&#233;ch&#233;e sans &#233;gouts ni eau potable, habit&#233;s par de jeunes aymaras aux visages sombres, pour comprendre les raisons profondes d'un soul&#232;vement qui surgit des plus profondes entrailles de l'histoire et du pays. Pour les Boliviens, le gaz est la derni&#232;re chance de vivre dans un pays qui puisse avoir quelque chose qui ressemble &#224; un futur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant trois ans, la lutte a parcouru un vaste chemin ; de la r&#233;bellion limit&#233;e &#224; une ville d'un demi million d'habitants et pour une demande sp&#233;cifique, &#224; une guerre civile qui commen&#231;a par la d&#233;fense du patrimoine mais qui a d&#233;bouch&#233; sur l'exigence de d&#233;mission du pr&#233;sident et, surtout, d'un tournant politico-&#233;conomique radical. De la sc&#232;ne locale on est pass&#233; &#224; la sc&#232;ne nationale ; de demandes ponctuelles, on est pass&#233; &#224; des demandes politiques g&#233;n&#233;rales ; d'acteurs municipaux et r&#233;gionaux on est pass&#233; &#224; d'amples alliances sociales qui, au-del&#224; des positions de ses dirigeants, rassemblent aujourd'hui des paysans, des ouvriers, des travailleurs informels, et aujourd'hui jusqu'&#224; la conf&#233;d&#233;ration patronale qui exige la d&#233;mission du pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chiffres des victimes de la r&#233;pression ont donn&#233; un coup de fouet &#224; la l'intensification de la lutte : des 6 morts de Cochabamba en f&#233;vrier 2000 on est pass&#233; &#224; plus d'une dizaine en septembre et octobre, pour atteindre 33 en f&#233;vrier de cette ann&#233;e et plus de 70 morts depuis samedi dernier au moment o&#249; les habitants de El Alto ont tent&#233; de bloquer le passage des camions citernes d'essence pour La Paz assi&#233;g&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;paration du massacre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'empire, la succession de Sanchez de Lozada constitue un gros probl&#232;me. Il doit compter avec un front r&#233;gional emmen&#233; par le Br&#233;sil et l'Argentine, qui comprend le Venezuela et qui pourrait s'&#233;tendre &#224; la Bolivie. Depuis l'&#233;chec de la Conf&#233;rence de l'OMC &#224; Cancun, il tente d&#233;sesp&#233;r&#233;ment de stabiliser une alliance afin de freiner les grands pays d'Am&#233;rique du Sud. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, il est parvenu &#224; constituer un axe qui comprend la Colombie, l'Equateur et le P&#233;rou. Il ne peut donc pas se permettre de perdre un alli&#233; aussi important que la Bolivie, un pays qui ne poss&#232;de pas seulement les deuxi&#232;mes gisements de gaz du continent, mais qui peut &#233;galement &#234;tre le poids d&#233;cisif dans la balance entre les diff&#233;rentes alliances r&#233;gionales. C'est l&#224; l'unique raison pour laquelle, jusqu'&#224; pr&#233;sent, Sanchez de Lozada n'est pas tomb&#233;. Plus encore, il semble que 4 conseillers de l'ambassade des Etats-Unis sont en train de diriger les op&#233;rations militaires r&#233;pressives, ce qui repr&#233;sente un pas en avant dans l'intervention militaire et un avertissement qu'un massacre est en pr&#233;paration afin d'&#233;craser cet extraordinaire cycle des luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cela que l'avenir de l'ALCA et des plans imp&#233;riaux sont en train de se jouer dans les rues de La Paz et dans chacun de ses quartiers pauvres. Seul l'incroyable courage des Aymaras, et plus particuli&#232;rement des femmes indig&#232;nes qui r&#233;unissent en elles tous les courage et la volont&#233; de leur peuple, a rendu possible que la mitraille n'ait pas &#233;touff&#233; la r&#233;bellion.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Traduction de l'espagnol : Ataulfo Riera, pour RISAL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article original : &#034;Bolivia en la encrucijada&#034;, ALAI, Am&#233;rica Latina en Movimiento, 16-10-03.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Message aux Boliviens : &#034;La d&#233;mocratie est en danger&#034;</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Message-aux-Boliviens-La-democratie-est-en-danger</link>
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		<dc:date>2003-10-15T01:11:08Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement paysan</dc:subject>
		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Evo Morales Ayma* &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 13 octobre, la direction du MAS (Mouvement vers le socialisme), principale formation politique d'opposition, r&#233;unie &#224; Cochabamba, la troisi&#232;me ville du pays, a pris position en exigeant la d&#233;mission du pr&#233;sident Gonzal Sanschez de Lozada (voir ci-dessous la d&#233;claration de son dirigeant, Evo Morales Ayma). &lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'alors, le MAS participait &#224; la mobilisation, mais n'avan&#231;ait pas cette revendication. Cette derni&#232;re &#233;tait mise en avant par la Centrale ouvri&#232;re bolivienne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Evo Morales Ayma*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 octobre, la direction du MAS (Mouvement vers le socialisme), principale formation politique d'opposition, r&#233;unie &#224; Cochabamba, la troisi&#232;me ville du pays, a pris position en exigeant la d&#233;mission du pr&#233;sident Gonzal Sanschez de Lozada (voir ci-dessous la d&#233;claration de son dirigeant, Evo Morales Ayma).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'alors, le MAS participait &#224; la mobilisation, mais n'avan&#231;ait pas cette revendication. Cette derni&#232;re &#233;tait mise en avant par la Centrale ouvri&#232;re bolivienne (COB) depuis trois semaines, depuis que les militaires avaient durement r&#233;prim&#233; les paysans &#224; Warista (voir ce site l'article en date du 29 septembre 2003). &lt;br class='autobr' /&gt;
La direction r&#233;gionale de la COB de El Alto (la ville qui se trouve sur le haut plateau, surplombant La Paz) a fait de cette revendication un &#233;l&#233;ment central de son programme imm&#233;diat. Ce th&#232;me revient dans tous les reportages de la presse qui n'est pas aux ordres : &#034;Renverser ce millionnaire [Sanchez de Losada] qui gouverne le pays le plus pauvre de l'Am&#233;rique du Sud ; ce millionnaire qui parle parfaitement l'anglais, mal de castillan et pas du tout l'aymara et le quechua, les langues des autochtones et des pauvres&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Evo Morales d&#233;clare que, d&#232;s lundi 13 octobre, des barrages de routes seront organis&#233;s &#224; Cochabamba et dans la r&#233;gion du Chapare (au centre de la Bolivie). Il ajoute : &#034;On verra si les militaires arriveront &#224; r&#233;primer dans toutes les parties du pays&#034; (La Razon, 14 octobre 2003). Par cette initiative, Evo Morales r&#233;pond &#224; des remarques critiques des secteurs les plus engag&#233;s dans la mobilisation. D&#232;s la fin de l'apr&#232;s-midi du 13 octobre, des manifestations imposantes ont lieu &#224; Cochabamba. Dans le Chapare, des routes sont coup&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le matin du mardi 14 octobre, les villes de La Paz et de El Alto sont occup&#233;es par l'arm&#233;e. Tous les points strat&#233;giques sont sous surveillance de tanks. L'arm&#233;e est mobilis&#233;e et des contingents sont appel&#233;s, depuis les quatre coins du pays, dans la r&#233;gion de La Paz et de El Alto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une tr&#234;ve fragile r&#232;gne. &#034;C'est la tr&#234;ve avant la bataille finale&#034; affirme un observateur averti de la vie socio-politique bolivienne, Alvaro Garcia. Il indique que : soit Sanchez Lozada d&#233;missionne, soit ce sera le massacre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lundi 13 &#224; La Paz et dans les environs, les militaires ont tu&#233; 26 manifestants. Les bless&#233;s se comptent par centaines. Du 9 au 11 octobre, l'arm&#233;e a assassin&#233; 28 personnes dans la ville de El Alto. Comme le dit, avec une col&#232;re triste, un journaliste : &#034;A quatre mille m&#232;tres d'altitude, la vie ne vaut rien&#034;. D&#232;s le lundi soir, les radios populaires &#233;num&#232;rent les noms des tu&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis le vendredi 10 octobre &#034;un soul&#232;vement de la pierre et du b&#226;ton&#034; s'est empar&#233;, pas &#224; pas, de cet ensemble de 1,5 million d'habitants que forment El Alto et La Paz. Apr&#232;s 48 heures d'affrontements avec l'arm&#233;e et la police dans les divers quartiers de El Alto, le processus d'insurrection populaire s'est d&#233;velopp&#233; &#224; La Paz. Le &#034;pauperiatat&#034; de El Alto, le lundi 13 octobre, s'est organis&#233; pour descendre sur La Paz. L'autoroute de 12 kilom&#232;tres qui relie l'a&#233;roport, situ&#233; sur l'altiplano, pr&#232;s de El Alto, &#224; La Paz (un investissement de la Banque mondiale) est sous surveillance de l'arm&#233;e. Toutefois, les quartiers de La Paz, l'un apr&#232;s l'autre se soul&#232;vent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dirigeant de la Centrale ouvri&#232;re r&#233;gionale de El Alto, Roberto de la Cruz, d&#233;clare :&#034;Le pays se soul&#232;ve pour abattre cet assassin [Sanchez de Lozada] et r&#233;cup&#233;rer le gaz et le p&#233;trole pour les Boliviens&#034;. D&#232;s 11 heures, les manifestants de El Alto descendent sur La Paz. Vers midi, les quartiers du nord, de l'est et de l'ouest de La Paz sont aux mains de la population qui se rebellent. Le pr&#233;sident s'est refugi&#233; dans le sud de la capitale, la partie la plus basse qui est une zone r&#233;sidentielle. Le Palais du gouvernement qui domine la c&#233;l&#232;bre Place Murillo est vide. Il est entour&#233; par la troupe. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les dizaines de milliers de manifestants avancent vers le palais gouvernemental et exigent la d&#233;mission du pr&#233;sident massacreur. Un cri retentit souvent :&#034;Mourir au lieu de vivre esclave&#034;. Au sein de la police, qui a subi de violentes attaques contre les salaires en f&#233;vrier 2003, apparaissent des oscillations et des h&#233;sitations. Dans l'arm&#233;e la situation est diff&#233;rente et le gouvernement mise sur elle, selon la tradition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation est si forte que des failles apparaissent dans le gouvernement. Le vice-pr&#233;sident Carlos Mesa, propir&#233;taire d'un important groupe de communication, rompt avec le pr&#233;sident, pour marquer son d&#233;saccord avec les massacres de El Alto. Il tente surtout de se profiler au cas o&#249; le besoin d'une &#034;alternative&#034; au sein des classes dominantes se feraits sentir. Le ministre du D&#233;veloppement &#233;conomique, Jorge Torres, membre du MIR (Mouvement de la gauche r&#233;volutionnaire - voir notes), pr&#233;sente aussi sa d&#233;mission.&lt;br class='autobr' /&gt;
Gonzalo Sanchez Losada maintient une position ferme. Il d&#233;clare :&#034;Il n'est pas possible de remplacer la d&#233;mocratie par une dictature syndicale&#034;. Le dirigeant de la F&#233;d&#233;ration paysanne, Felipe Quispe, qui dispose d'un &#233;norme prestige parmi les paysans aymaras, r&#233;plique depuis El Alto :&#034;Au nom de la d&#233;mocratie, il [le pr&#233;sident] est en train d'assassiner et tuer les gens. Nous ne pouvons reculer. Il faut se soulever&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats-Unis font conna&#238;tre leur position. En fin de journ&#233;e, le D&#233;partement d'Etat am&#233;ricain publie un communiqu&#233; dans lequel on peut lire :&#034;La communaut&#233; internationale (sic) et les Etats-Unis ne vont tol&#233;rer aucune interruption (sic) de l'ordre constitutionnel et ne reconna&#238;tront aucun r&#233;gime qui soit le r&#233;sultat de processus antid&#233;mocratiques&#034;. Ce signal peut &#234;tre mis en relation avec l'adh&#233;sion r&#233;affirm&#233;e de Jaime Paz Zamora, le leader du MIR, social-d&#233;mocrate, &#224; Sanchez de Losada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la fin de la journ&#233;e du lundi 13 octobre la contre-offensive de l'arm&#233;e se d&#233;veloppe. Les morts et les bless&#233;s se font plus nombreux. Hommes, femmes, enfants se retirent, dans un certain ordre, dans leurs quartiers. Et l'arm&#233;e occupe les points n&#233;vralgiques de la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, le &#034;soul&#232;vement des pierres et des b&#226;tons&#034; confirme son caract&#232;re national. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale est suivie, le 13 et 14 octobre, dans les cinq plus grandes villes d&#233;partementales de la Bolivie : La Paz, El Alto, Cochabamba, Potosi et Oruro. Certes, les diff&#233;rences r&#233;gionales de la mobilisation restent une faiblesse. Comme l'explique Felipe Quispe, depuis la clandestinit&#233; :&#034;C'est une bataille de longue haleine&#034;. Ce soul&#232;vement populaire va marquer la conjoncture politique en Am&#233;rique du Sud. CAU, 14 octobre 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;claration de Evo Morales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est ce syst&#232;me politique o&#249; seules 7 personnes d&#233;cident tout ce qu'elles veulent, au nom de tous les Boliviens ? Gonzalo Sanchez de Lozada1, l'ambassadeur des Etats-Unis [David N. Greenlee2], Carlos Sanchez Berzain3, les fr&#232;res Reyes Villla4, Jaime Paz Zamora5, et Oscar Eid Franco6.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce cela la d&#233;mocratie pour laquelle nos p&#232;res et nos fr&#232;res ont donn&#233; leur vie ? Une d&#233;mocratie transform&#233;e et r&#233;duite gr&#226;ce &#224; la pesanteur d'une structure de pouvoir qui manipule et foule aux pieds nos droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'est-ce pas, peut-&#234;tre, ce que viennent de faire les serviteurs de cette structure : les parlementaires de l'officialisme qui se sont r&#233;partis cyniquement, entre partis qui nous gouvernent, les postes du syst&#232;me judiciaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; existent-elles encore les possibilit&#233;s d'un Rassemblement national, apr&#232;s avoir fait main basse, sans rougir, sur le Tribunal Constitutionnel et le D&#233;fenseur du Peuple ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle Constitution est garantie et quels Droits de l'homme sont prot&#233;g&#233;s si les institutions qui doivent viser ce but sont occup&#233;es par le pouvoir insolent des 7 personnes qui monopolisent les d&#233;cisions, et la direction du syst&#232;me politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Construisons la d&#233;mocratie ! &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre semaines de mobilisations, avec plus de 30 morts et de 100 bless&#233;s [c'est avant la r&#233;pression &#224; La Paz], se sont d&#233;velopp&#233;es dans la rue et dans le parlement, demandant, exigeant, r&#233;clamant, criant : construisons la d&#233;mocratie ! Edifions une communaut&#233; politique ! Ouvrons et rendons transparent le syst&#232;me de d&#233;cisions politiques ! Ecoutons la soci&#233;t&#233; civile et int&#233;grons-la &#224; la prise de d&#233;cisions pour donner une l&#233;gitimit&#233; &#224; notre Consititution ! Repensons nos projets et le pays ! Dotons-nous d'un projet national, d'un projet d'avenir pour nous et nos enfants ! R&#233;cup&#233;rons et d&#233;fendons le gaz ! etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement et la caste des puissants ont des oreilles qui n'entendent pas, des yeux qui ne voient pas et ainsi de suite. Racisme, discours manipulateur de la Constitution, coups de matraque et balles, mort de nos fr&#232;res : voil&#224; leur fa&#231;on de faire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne n&#233;gocierons pas avec des assassins. C'est clair. Dehors Goni [le pr&#233;sident]. Ce sont nos mots d'ordre et ceux de notre peuple.&lt;br class='autobr' /&gt;
La caste dirigeante mise sur notre fatigue, sur une perte de nos &#233;nergies. Nous ne nous &#233;puiserons pas ; et cela jusqu'&#224; ce qu'une d&#233;route soit inflig&#233;e &#224; l'Antipatrie. A cette caste, ni la population, ni le pays ne lui importent ; seules comptent les affaires ! Elle ne cherche pas des accords et a ferm&#233; toute possibilit&#233; d'y arriver. Elle ne gouverne pas ; et cela ne l'int&#233;resse pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle n'a d'attention et ne s'arrime qu'&#224; ce qui la soutient : la force des armes, la manipulation des lois et l'appui de l'ambassade des Etats-Unis. Il n'existe d&#233;j&#224; plus de gouvernement, la d&#233;mocratie est presque morte. Et nous sommes au bord de son enterrement d&#233;finitif..&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que les dominants veulent : battre la d&#233;mocratie, la tuer et l'enterrer pour toujours. Et cela gr&#226;ce &#224; la mise en place d'un r&#233;gime policier et r&#233;pressif avec un masque de l&#233;galit&#233;. Leurs options : l'&#233;tat de si&#232;ge, un autocoup, la r&#233;pression s&#233;lective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sauver la d&#233;mocratie et le pays&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compatriotes, n'acceptons pas que nos droits et nos libert&#233;s soient liquid&#233;s pour toujours. N'acceptons pas qu'on nous vole la d&#233;mocratie et le projet politique que nous sommes en train de construire dans la rue, sur les avenues et sur les routes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne permettons pas que les 7 d&#233;tenteurs du pouvoir politique s'imposent selon leur bon vouloir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Exigeons pour sortir de cette crise politique : une nouvelle pr&#233;sidence7et une assembl&#233;e constituante, de suite !&lt;br class='autobr' /&gt;
Seulement ainsi nous pourrons ouvrir une p&#233;riode de transition afin de retrouver, de d&#233;fendre et de reconstruire la d&#233;mocratie et le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dehors la clique des autocrates. Goni dehors, maintenant !&lt;br class='autobr' /&gt;
Vive la Bolivie.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
1. Pr&#233;sident de la R&#233;publique, qui a pris ses fonctions en ao&#251;t 2002 et homme d'affaires. Il occupa d&#233;j&#224; le poste de Pr&#233;sident entre 1993 et 1997. Il r&#233;prima d&#233;j&#224; d'importantes manifestations de paysans (entre autres en 1996).&lt;br class='autobr' /&gt;
2. David N. Greenlee est ambassadeur en Bolivie depuis janvier 2003. Il servit avant au Paraguay (juillet 2000 &#224; janvier 2003). Il a servi de coordinateur dans l'op&#233;ration des Etats-Unis &#224; Haiti (1997 &#224; 1999). Entre 1995-1996, il avait la fonction de conseiller politique aupr&#232;s du chef des arm&#233;es am&#233;ricaine. Il a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; chef de mission &#224; La Paz entre 1987 et 1989, alors que se mettait en place le mod&#232;le n&#233;o-lib&#233;ral tant vant&#233; par des socio-d&#233;mocrates helv&#233;tiques au d&#233;but des ann&#233;es 1990.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. Ministre de la D&#233;fense, responsable des massacres de f&#233;vrier 2003 qui firent 30 morts.&lt;br class='autobr' /&gt;
4. Manfred Reyes Villa, ancien militaire, dirige le parti de droite Nouvelle Force Republicaine (NFR). Il est le maire de Cochabamba, la troisi&#232;me ville de Bolivie. Il a commenc&#233; sa carri&#232;re dans la formation politique (ADN- Action d&#233;mocratique nationaliste) &#233;difi&#233;e par Hugo Banzer, dictateur militaire de 1971 &#224; 1978, puis pr&#233;sident, &#233;lu par le parlement, en 1998.&lt;br class='autobr' /&gt;
5. Jaime Paz Zamora, qui se revendique de la social-d&#233;mocratie internationale, dirige le MIR (Mouvement de la gauche r&#233;volutionnaire). En 1989, Jaime Paz Zamora passera &#034;un accord patriotique&#034; avec le parti de l'ex-dictateur Banzer, afin d'assurer son &#233;lection &#224; la Pr&#233;sidence. De mani&#232;re conjointe ils m&#232;neront une politique n&#233;o-lib&#233;rale brutale. Jaime Paz Zamora passera un accord (Accord pour la Bolivie) avec Gonzalo Sanchez de Lozada en fin juillet 2002. Ainsi &#233;tait b&#226;ti un bloc entre le MNR (Mouvement nationaliste r&#233;volutionnaire de Sanchez de Lozada) et le MIR de Paz Zamora. La tradition &#034;d'accords&#034; au sommet entre les dirigeants politiques (blancs et m&#233;tis) est forte et s'accompagne d'une extr&#234;me corruption. D&#232;s lors, la rupture de cette &#034;caste politique&#034; avec la tr&#232;s large majorit&#233; de la population indienne pauvre (aymara et quechua) n'a cess&#233; de s'approfondir. Cela s'exprime, &#224; sa fa&#231;on, aujourd'hui.&lt;br class='autobr' /&gt;
6. Oscar Eid Franco est le num&#233;ro deux du MIR. C'est un des man&#339;uvriers des &#034;sommets politiques&#034; boliviens. &lt;br class='autobr' /&gt;
7. Evo Morales, le 13 octobre, a propos&#233; que le pr&#233;sident de la Cour supr&#234;me prenne le poste pr&#233;sidentiel et convoque une assembl&#233;e constituante. &lt;br class='autobr' /&gt;
* Evo Morales est un dirigeant historique du mouvement des cocaleros (paysans qui cultivent la feuille de coca et qui ont &#233;t&#233; de vastes programmes d'&#233;limination de cette culture sans que les cultures de substitution leur assurent des revenus minimaux suffisant pour survivre). Il est &#224; la t&#234;te du MAS (Mouvement vers le socialisme). &lt;br class='autobr' /&gt;
(tir&#233; du site &#192; l'encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le soul&#232;vement paysan</title>
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		<dc:subject>Mouvement paysan</dc:subject>
		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le pr&#233;sident bolivien Gonzalo Sanchez de Losada, &#233;lu avec un peu plus de 21% des voix lors de la derni&#232;re &#233;lection pr&#233;sidentielle, a propos&#233; que le gaz bolivien soit export&#233; &#224; travers un port du Chili. Gonzalo Sanchez de Losada a fait ses &#233;tudes aux Etats-Unis (Chicago). Entre 1957 et 1962, il a &#233;t&#233; &#224; la direction d'une soci&#233;t&#233; de services p&#233;troliers et de g&#233;od&#233;sie (&#233;tablissement de cartes du sol, etc.). Il a aussi &#233;t&#233; de 1962 &#224; 1993 &#224; la t&#234;te d'une compagnie mini&#232;re, COMSUR. Les d&#233;cisions (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-paysan-+" rel="tag"&gt;Mouvement paysan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Bolivie-101-+" rel="tag"&gt;Bolivie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le pr&#233;sident bolivien Gonzalo Sanchez de Losada, &#233;lu avec un peu plus de 21% des voix lors de la derni&#232;re &#233;lection pr&#233;sidentielle, a propos&#233; que le gaz bolivien soit export&#233; &#224; travers un port du Chili. Gonzalo Sanchez de Losada a fait ses &#233;tudes aux Etats-Unis (Chicago). Entre 1957 et 1962, il a &#233;t&#233; &#224; la direction d'une soci&#233;t&#233; de services p&#233;troliers et de g&#233;od&#233;sie (&#233;tablissement de cartes du sol, etc.). Il a aussi &#233;t&#233; de 1962 &#224; 1993 &#224; la t&#234;te d'une compagnie mini&#232;re, COMSUR. Les d&#233;cisions de Goni, le petit nom du pr&#233;sident, ont suscit&#233;, d&#232;s le mois d'ao&#251;t 2003, une mobilisation massive de la population dans diverses r&#233;gions, entre autres au nord de La Paz (les Yungas). Cette lutte se concr&#233;tise par des blocages de routes, des gr&#232;ves et des affrontements avec les forces de l'ordre. Le 24 septembre 2003, on comptait d&#233;j&#224; 7 morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; Guerre du gaz &#187; porte sur des revendications qui se concentrent aussi bien sur les conditions de l'exploitation du gaz, l'utilisation des ressources naturelles du pays, la clart&#233; (ou son contraire) faite par le gouvernement sur le r&#244;le des investisseurs &#233;trangers, que sur les conditions m&#234;mes d'acc&#232;s &#224; la terre des paysans paup&#233;ris&#233;s, ou encore du droit de produire et de commercer la coca.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela s'ajoutent des revendications portant sur la lib&#233;ration des dirigeants politiques emprisonn&#233;s et sur la justice devant &#234;tre rendue suite au massacre de f&#233;vrier 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce climat d'extr&#234;me tension, l'ambassadeur am&#233;ricain, Greenlee, a justifi&#233; la r&#233;pression tr&#232;s dure contre les manifestants de la police et de l'arm&#233;e boliviennes le 19 septembre &#224; Warisata (une ville &#224; quelque 100 km de La Paz). Le m&#234;me ambassadeur a annonc&#233; une &#171; aide au d&#233;veloppement &#187; de 63 millions de dollars au gouvernement bolivien. Les r&#233;serves de gaz se trouvent dans les r&#233;gions du sud-est de la Bolivie (Santa Cruz, Tarija et Sucre). Toutefois, les paysans de l'altiplano (La Paz, etc.) ou de Cochabamba et d'autres r&#233;gions revendiquent le droit d'avoir leur mot &#224; dire sur la propri&#233;t&#233; et la r&#233;partition des revenus issus de l'exploitation de cette ressource naturelle. Depuis &#171; la Guerre de l'eau &#187; (contre la privatisation de l'eau &#224; Cochabamba, en avril 2000), la &#171; Guerre du gaz &#187; repr&#233;sente une des mobilisations les plus importantes. Elle pose les probl&#232;mes de : la &#171; souverainet&#233; &#187; nationale et du contr&#244;le populaire sur les richesses d'un pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actuelle crise &#233;crasante de la Bolivie, r&#233;sultat, entre autres, de la multiplication des plans d'ajustement structurel du FMI et de la politique n&#233;olib&#233;rale qui les accompagne, devrait faire r&#233;fl&#233;chir, a posteriori, quelques journalistes et &#171; experts &#187; helv&#233;tiques qui avaient &#233;t&#233; invit&#233;s par la DDC (&#171; aide au d&#233;veloppement &#187; suisse) &#224; s'envoler jusqu'en Bolivie pour tresser, dans les colonnes de la presse suisse, les louanges du FMI et du &#171; miracle bolivien &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela se passait en 1991-1992, &#224; l'occasion du r&#233;f&#233;rendum lanc&#233; contre l'adh&#233;sion de la Suisse au FMI (adh&#233;sion qui fut accept&#233;e en votation populaire en mai 1992). Parmi ces journalistes et professeurs de d&#233;ontologie journalistique, on trouvait Denis Barrelet (professeur associ&#233; de droit de la communication &#224; l'Universit&#233; de Fribourg), Mario Carera (qui &#224; d&#233;faut de carri&#232;re &#233;lectorale se fit conseiller personnel du conseiller f&#233;d&#233;ral social-d&#233;mocrate Moritz Leuenberger) et m&#234;me Ram Etwareea (qui apr&#232;s avoir &#233;marg&#233; &#224; l'ONG Infosud diffuse un point de vue &#171; mesur&#233; &#187; dans le quotidien Le Temps). On s'attend &#224; de nombreux articles de ces &#171; amis de la Bolivie &#187; afin d'indiquer la n&#233;cessit&#233; de d&#233;fendre les droits des paysans et paysannes indig&#232;nes de Bolivie qui n'ont pas profit&#233; du &#171; miracle &#187;, &#224; la diff&#233;rence de la &#171; camarilla blanche &#187; qui entoure Goni. - R&#233;d.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec une &#233;conomie en ruine, sans espoir face &#224; l'ouverture des march&#233;s et sans reconnaissance de la part des pouvoirs publics et d'une soci&#233;t&#233; urbaine qui les voit avec d&#233;dain et arrogance, les paysans et indig&#232;nes boliviens ont des raisons &#224; revendre pour se soulever.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous ne sommes pas des animaux, nous ne sommes pas des sauvages, nous sommes des &#234;tres humains. [...] Le gouvernement devrait nous respecter et ne pas nous tirer dessus &#187;, d&#233;clare un de ces paysans devant les cam&#233;ras d'une cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision, au milieu de la route qui traverse l'altiplano [haut plateau des Andes boliviennes et p&#233;ruviennes &#224; quelque 3600-4000 m d'altitude ; le point le plus bas est occup&#233; par le lac Titicaca ; en Bolivie, le haut de la ville de La Paz fait partie de l'altiplano et la ville mini&#232;re de Oruro est aussi partie prenante de l'altiplano], route que les paysans se disputent avec les militaires dans le combat pour la renationalisation du p&#233;trole et du gaz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela repr&#233;sente tout un r&#234;ve pour ces hommes et ces femmes des r&#233;gions rurales qui utilisent comme combustible des chaufferettes, du bois ou du guano. Des hommes et des femmes qui se soignent avec de la coca et des plantes m&#233;dicinales parce qu'ils ne disposent ni d'un dispensaire ni d'un m&#233;decin. Des hommes et des femmes qui ont beaucoup d'enfants parce que nombreux sont ceux qui meurent tr&#232;s jeunes de diarrh&#233;es, de d&#233;nutrition ou, simplement, suite &#224; un abandon. Ce sont des familles nombreuses comme celle de Juan Cosme Apaza, paysan de Warisata, &#226;g&#233; de 35 ans, cribl&#233; de balles le samedi 20 septembre 2003 par les militaires qui ont laiss&#233; une femme veuve et neuf orphelins, le plus &#226;g&#233; de 12 ans, et qui, comme le font des milliers d'autres, &#233;migreront tr&#232;s rapidement vers les quartiers urbains paup&#233;ris&#233;s, vers les plantations de canne &#224; sucre au nord de l'Argentine [fronti&#232;re avec la Bolivie et r&#233;gion de forte migration bolivienne] ou qui prendront les chemins de la r&#233;volte comme leur p&#232;re et leur grand-p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Economie en ruine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme de vie et l'&#233;conomie rurale sur l'altiplano bolivien et dans une grande partie des vall&#233;es sont bless&#233;es &#224; mort. La libre importation des produits &#233;trangers, le d&#233;sint&#233;r&#234;t total du gouvernement [pour ces r&#233;gions], le minifundio [l'extr&#234;me parcellisation des terres] et le manque de terre condamnent &#224; la ruine l'&#233;conomie rurale o&#249; pr&#233;domine une productivit&#233; extr&#234;mement basse, o&#249; r&#232;gne la pauvret&#233; et o&#249; augmente le m&#233;contentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les probl&#232;mes sont d'ordre majeur et ils se sont aggrav&#233;s fortement avec la politique n&#233;olib&#233;rale. Des &#233;tudes ind&#233;pendantes d&#233;montrent qu'au cours des derniers quinze ans le revenu moyen des familles paysannes a baiss&#233; de quelque 50%. Aujourd'hui, dans l'agriculture bolivienne, les paysans appauvris doivent produire le double pour essayer de &#171; mal vivre &#187; comme ils le faisaient avant ; ce qui est aussi tr&#232;s difficile parce que la terre n'est plus aussi fertile que par le pass&#233;, parce qu'il y a plus de bouches &#224; nourrir et moins de d&#233;bouch&#233;s pour la vente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e, en moyenne, 16'000 minifundios apparaissent dans l'altiplano. Ce processus acc&#233;l&#233;r&#233; de fragmentation de la propri&#233;t&#233; terrienne rend tr&#232;s difficile la production et, &#224; court terme, la rendra non viable. On a pass&#233; du minifundio au &#171; surcofundio &#187; [un champ d'un seul sillon].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette situation, il y a un million de paysans minifundistes qui, chaque jour, sont plus pauvres et mis&#233;rables ; et quelque 250'000 qui ne disposent m&#234;me plus d'un seul sillon. Ce n'est donc pas par hasard que sur 10 paysans [de l'altiplano et des vall&#233;es] 5 souffrent de la faim et 4 disposent &#224; peine d'une nourriture suffisante pour s'alimenter de fa&#231;on tr&#232;s modeste. Tout cela selon des donn&#233;es officielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abandon total&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, en moyenne, chaque paysan de l'altiplano et des vall&#233;es boliviennes dispose de beaucoup moins de terre qu'auparavant. Il en d&#233;coule un abandon de plus en plus rapide des r&#233;gions d'habitation traditionnelles et une forte migration des zones rurales vers les villes ainsi que de l'ouest vers l'est du pays. Le r&#233;sultat : un &#233;largissement des ceintures de pauvret&#233; et de marginalisation sociale qui entourent les principales villes de Bolivie et des conflits croissants pour l'appropriation des terres, sp&#233;cialement dans l'est du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est aggrav&#233;e, dans les zones rurales, &#233;tant donn&#233; l'absence totale d'appui gouvernemental : il n'y a pas de cr&#233;dit, il n'y a pas d'assistance technique pour les paysans, et les investissements dans les infrastructures productives sont rachitiques et d&#233;croissants. Mais ce qui fait le plus de mal r&#233;side dans la politique gouvernementale d'ouverture compl&#232;te des fronti&#232;res, de baisse des tarifs douaniers. Il en r&#233;sulte l'importation de produits &#224; bas prix, qui re&#231;oivent des subsides dans le pays d'origine ; cela contribue &#224; liquider les producteurs indig&#232;nes [boliviens].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une politique de liquidation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat ne peut &#234;tre plus clair. Gouvernement et classes dominantes &#233;tranglent l'&#233;conomie paysanne et d&#233;racinent des hommes et des femmes des zones rurales, qui repr&#233;sentent 40% de la population bolivienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si se maintient ce rythme de d&#233;t&#233;rioration productive et de d&#233;gradation des conditions de vie et de travail, dans un d&#233;lai de vingt ans au maximum l'&#233;conomie paysanne ne sera qu'un souvenir, pour reprendre ce que disent les organisations li&#233;es &#224; l'Eglise catholique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res signalent : &#171; Actuellement s'effectue un &#233;tranglement des activit&#233;s &#233;conomico-productives des paysans et des populations indig&#232;nes [Indiens Quechua et Aymara], particuli&#232;rement dans la production d'aliments et de leurs d&#233;riv&#233;s, car les paysans ne disposent pas des conditions mat&#233;rielles qui leur permettraient d'&#234;tre concurrentiels face aux produits d'importation subventionn&#233;s dans leur pays d'origine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela n'est d'aucun int&#233;r&#234;t pour les gouvernants boliviens qui, lors de la r&#233;union de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) &#224; Cancun [du 10 au 14 septembre 2003], propos&#232;rent par exemple d'&#233;liminer tous les tarifs douaniers et demand&#232;rent d'interdire les subsides aux producteurs agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Bolivie, cela d&#233;boucherait sur une accentuation encore accrue de l'importation de produits agricoles &#233;trangers et sur une aide r&#233;duite &#224; z&#233;ro pour les paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vis&#233;e gouvernementale est de placer le paysan bolivien dans une concurrence &#171; d'&#233;gal &#224; &#233;gal &#187; face aux transnationales de l'alimentaire et face aux entreprises moyennes et grandes des pays avoisinants. Cela revient &#224; un &#171; suicide &#187; collectif, disent les experts de la CIPCA [Centro de investigacion y promotion del campesinado - Centre de recherche et de promotion du paysannat, ONG de recherche et de promotion qui intervient dans six r&#233;gions de la Bolivie] qui d&#233;montrent que la productivit&#233; agricole des pays d&#233;velopp&#233;s est 500 fois plus &#233;lev&#233;e que celle des campagnes boliviennes. Il y a un si&#232;cle, la diff&#233;rence &#233;tait de 1 &#224; 20.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;sistance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, cette politique gouvernementale antipaysanne fait face &#224; une r&#233;sistance. Elle est combattue par le paysannat de l'altiplano et des vall&#233;es, qui ne veut pas mourir et, au contraire, d&#233;ploie ses anciennes banni&#232;res, avec des couleurs nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il n'y a qu'&#224; faire une nouvelle r&#233;forme agraire [nouveau fait r&#233;f&#233;rence &#224; l'ancienne r&#233;forme agraire des ann&#233;es 1950], qui mettrait fin &#224; l'extr&#234;me concentration des terres qui sont aux mains des grands propri&#233;taires ; ce qui permettrait de donner des terres suffisantes &#224; des millions de paysans. &#187; C'est ce que dit le dirigeant r&#233;cent des cocaleros[paysans qui cultivent la feuille de coca] et principal leader du Mouvement vers le socialisme (MAS), Evo Morales, lors de la comm&#233;moration du 50e anniversaire de la r&#233;forme agraire, qui s'est faite au d&#233;but du mois d'ao&#251;t 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les dirigeants paysans et indig&#232;nes de Bolivie ont &#224; l'esprit une nouvelle r&#233;volution agraire pour liquider d&#233;finitivement la grande propri&#233;t&#233; dans l'est du pays et pour d&#233;passer le minifundio dans l'ouest. Et de cette fa&#231;on ouvrir la route du progr&#232;s et du d&#233;veloppement pour les zones rurales. Les donn&#233;es officielles d&#233;montrent que le 87% de la terre est aux mains de grands propri&#233;taires et de n&#233;olatifundistes [capitalistes ayant acquis r&#233;cemment des terres] improductifs [qui laissent une part importante de leur propri&#233;t&#233; non cultiv&#233;e]. Et cela alors que les paysans pauvres ne d&#233;tiennent que 13% du total de la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous voulons non seulement la terre mais aussi le territoire. Nous voulons non seulement le sol sur lequel nous marchons mais aussi le sous-sol avec ses richesses naturelles telles que le gaz, l'eau et le p&#233;trole &#187;, ajoute le &#171; mallku &#187; Felipe Quispe [dirigeant de la F&#233;d&#233;ration paysanne bolivienne] qui dirige la r&#233;volte des paysans andins pour la reconqu&#234;te du gaz en faveur des Boliviens et des populations autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le mouvement paysan et indig&#232;ne, la certitude existe que r&#233;cup&#233;rer la propri&#233;t&#233; du gaz naturel en Bolivie permettra de d&#233;velopper l'&#233;lectrification dans les zones rurales et de stimuler une certaine m&#233;canisation de l'agriculture, tout en la dotant d'un appui &#233;conomique, technique et financier. Cela est impensable si cette ressource &#233;nerg&#233;tique, qui est peu polluante, reste aux mains des transnationales qui s'approprient des millions et des millions de dollars et laissent peu ou rien au pays [la Bolivie].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet d'exportation de gaz bolivien vers les Etats-Unis, &#224; partir d'un port chilien, permettra aux compagnies p&#233;troli&#232;res et gazi&#232;res &#233;trang&#232;res d'obtenir des gains &#224; hauteur de 1,3 milliard de dollars, laissant &#224; la Bolivie entre 40 et 70 millions de dollars sous forme d'imp&#244;ts et de droits d'exploitation. Ce qui est en jeu aujourd'hui - au milieu des barrages de routes, au milieu des jets de pierres et des balles tir&#233;es par les militaires - c'est l'appropriation par les paysans des richesses du sol et du sous-sol. Un monde de paysans et d'indig&#232;nes appuy&#233; par des ouvriers, des &#233;tudiants, des classes moyennes appauvries - qui partagent les m&#234;mes r&#234;ves et la m&#234;me couleur de la terre - se bat contre le gouvernement d'une tr&#232;s petite minorit&#233; blanche de millionnaires li&#233;s aux grandes entreprises et au capital financier. C'est une lutte pour le droit &#224; une vie digne. Les paysans affirment : &#171; Nous ne sommes pas des animaux, nous ne sommes pas des sauvages, nous sommes des &#234;tres humains [...] et le gouvernement devra nous respecter et ne pas nous cribler de balles. &#187; - 29 septembre 2003&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Gabriel Tabera, journaliste aupr&#232;s de l'Agencia independiente de prensa econoticias (La Paz).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>St&#233;dile : les pauvres s'organisent</title>
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		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement paysan</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le lundi 29 septembre 2003 &lt;br class='autobr' /&gt;
Br&#233;sil, l'un des dirigeants du Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre - MST, participe de l'Articulation des mouvements populaires, une nouvelle institution, et avertit : &#034;Plus personne ne veut de panier-repas&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les mouvements sociaux du Br&#233;sil se sont unis - comme ils ne l'ont jamais &#233;t&#233; dans l'histoire br&#233;silienne - pour cr&#233;er un parcours, entre les 8 et 13 septembre, vers une alliance populaire : une Articulation des Mouvements Sociaux, qui, d'ores et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le lundi 29 septembre 2003&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Br&#233;sil, l'un des dirigeants du Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre - MST, participe de l'Articulation des mouvements populaires, une nouvelle institution, et avertit : &#034;Plus personne ne veut de panier-repas&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements sociaux du Br&#233;sil se sont unis - comme ils ne l'ont jamais &#233;t&#233; dans l'histoire br&#233;silienne - pour cr&#233;er un parcours, entre les 8 et 13 septembre, vers une alliance populaire : une Articulation des Mouvements Sociaux, qui, d'ores et d&#233;j&#224;, unit la Centrale Unique des Travailleurs - la CUT, l'Union Nationale des Etudiants - l'UNE, le Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre - le MST, les mouvements populaires suburbains, les pastorales sociales et les &#233;glises. L'un des organisateurs, tout comme d'autres mouvements, Jo&#227;o Pedro St&#233;dile - qui vient d'agiter les parlementaires, les ministres, les gouverneurs des Etats, ainsi que d'autres secteurs de la soci&#233;t&#233; br&#233;silienne, la semaine derni&#232;re - ; annonce que les pauvres br&#233;siliens sont mobilis&#233;s. Il affirme, m&#234;me, qu'ils ne demandent plus de panier-repas ou un quelconque palliatif &#224; leur faim end&#233;mique, &#034;mais travail et dignit&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une entrevue exclusive au Journal du Br&#233;sil, l'&#233;conomiste et figure centrale du Mouvement des Sans Terre en profite pour envoyer un message au ministre de l'Agriculture, Roberto Rodrigues. St&#233;dile l'avertit qu'il n'est pas l'ennemi des &#034;fazendeiros&#034;, qui se modernisent et rendent leurs terres productives. Ceux-ci, affirme-t-il, n'occupent que des fazendas d'au maximum 1.000 hectares. Ceux qui se trouvent &#234;tre en point de mire du MST, d'apr&#232;s le dirigeant sans-terre, ce sont les &#034;latifundiaires qui, &#224; eux seuls, occupent pr&#232;s de 178 millions d'hectares&#034;. Il n'admet pas, non plus, qu'une seule entreprise soit propri&#233;taire d'une &#034;ferme&#034; de plus de 2 millions d'hectares.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;St&#233;dile accuse les secteurs de la presse ga&#250;cha [du 1er Etat exportateur de c&#233;r&#233;ales, Rio Grande du Sud] de manipuler les informations de mani&#232;re &#224; cr&#233;er un &#233;tat d'instabilit&#233; politique dans tout le pays. Il croit, &#233;galement, qu'il est encore trop t&#244;t pour &#233;valuer le gouvernement Lula car il attend, au 2&#232;me semestre, le d&#233;marrage de la r&#233;forme agraire. Ni le pr&#233;sident de la r&#233;publique br&#233;silienne, ni le Parti des Travailleurs, ni une quelconque autre force politique du pays, d'apr&#232;s St&#233;dile ; n'est capable d'emp&#234;cher que la d&#233;termination des mouvements sociaux ne conquiert ce qu'ils consid&#232;rent de droit, aussi bien dans les campagnes que dans les villes br&#233;siliennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Qu'est-ce qui a &#233;t&#233;, exactement, dit dans cette r&#233;union avec les gens du MST et que vous avez consid&#233;r&#233; avoir &#233;t&#233; distordu par la presse ga&#250;cha ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'ai fait un long expos&#233;, de 40 minutes, dans lequel j'ai expliqu&#233; l'origine du latifundium au Br&#233;sil. J'y ai expos&#233; les occasions historiques o&#249; la soci&#233;t&#233; br&#233;silienne a laiss&#233; passer l'occasion de faire la r&#233;forme agraire. Comme, par exemple, lors de la lib&#233;ration des esclaves, en 1888 ou en 1930 et en 1964. Toutes les soci&#233;t&#233;s modernes et industrialis&#233;es sont parvenues &#224; ce stade parce qu'elles ont, auparavant, d&#233;mocratis&#233; la propri&#233;t&#233; de la terre. J'ai ajout&#233; que, malheureusement, c'est ce pervers h&#233;ritage, de plus de 500 ans, qui a produit une soci&#233;t&#233; in&#233;gale et contradictoire. Maintenant, d'un c&#244;t&#233;, nous avons 1% de grands propri&#233;taires, ce qui fait pr&#232;s de 26 mille latifundiaires qui poss&#232;dent, &#224; eux seuls, 178 millions d'hectares. D'un autre c&#244;t&#233;, nous avons 23 millions de pauvres qui vivent dans les campagnes. L'in&#233;galit&#233; sociale, qui a &#233;t&#233; produite, est si grande et si injuste qu'elle a fini par produire une nouvelle conjoncture favorable. Il y a, aujourd'hui, un tel rapport de forces qu'il expose, au grand jour, cette incroyable diff&#233;rence sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Comment un tel malentendu est-il arriv&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'ai, &#233;galement, ajout&#233; que c'est tr&#232;s facile de faire la r&#233;forme agraire car dans chaque latifundia nous pouvons, tr&#232;s facilement, y installer plus de mille personnes. Qui, elles, sont bien plus fortes et bien plus importantes qu'un seul latifundiaire. En plus, nous avons un gouvernement populaire, qui est engag&#233; avec la r&#233;forme agraire. Ce petit phoque [diminutif pour reporter d&#233;butant] mal intentionn&#233; a enregistr&#233; l'expos&#233; et l'a envoy&#233; &#224; ses chefs, qui &#034;y ont d&#233;couvert&#034; une d&#233;claration de guerre. Du point de vue, purement, journalistique, nous avons, ici, la situation, exemplaire, d'un absolu manque d'&#233;thique professionnelle ; au-del&#224; d'avoir &#233;t&#233; une honteuse et coutumi&#232;re manipulation des faits, de la part de la presse de l'Etat du Rio Grande du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Est-ce qu'il y a eu, &#224; votre opinion, une man&#339;uvre d&#233;lib&#233;r&#233;e de la part des secteurs de la presse, pour causer une instabilit&#233; sociale dans le pays ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans le cas sp&#233;cifique du Rio Grande du Sud, nous avons affaire &#224; un v&#233;ritable monopole des moyens de communication et &#224; la pratique a-&#233;thique d'une presse qui attaque, constamment, les travailleurs et la gauche. Ils sont devenus un vrai parti au service de la droite ga&#250;cha. Ils ont rendu la vie du gouverneur Ol&#237;vio Dutra, infernale, et ils ont, y compris, manipul&#233; les sondages &#233;lectoraux des derni&#232;res &#233;lections. Dans le cas de ce qu'on appelle la grande presse br&#233;silienne, il est &#233;vident qu'il s'agit d'une presse bourgeoise qui d&#233;fend, uniquement, les int&#233;r&#234;ts de la classe dominante. Ils font semblant de se faire concurrence, entre eux, mais, en v&#233;rit&#233;, c'est un vrai monopole. Il y a aussi des &#034;latifundia&#034; dans les moyens de communication br&#233;siliens. Maintenant, avec le gouvernement Lula, cette presse a un projet tr&#232;s clair. Elle essaie, sans cesse, de cr&#233;er de faux climats de tension sociale afin de maintenir le gouvernement Lula sur la d&#233;fensive pour qu'il ait peur des changements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De quelle forme cela arrive-t-il, selon vous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Syst&#233;matiquement, ils criminalisent tous les mouvements sociaux qui luttent pour leurs droits. Ils cachent la gravit&#233; de la crise sociale, cons&#233;quence du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral qu'ils ont d&#233;fendu, avec enthousiasme, pendant les huit ann&#233;es de pens&#233;e unique que nous avons eues. Ils font du sensationnalisme avec les d&#233;clarations. Les lecteurs doivent, certainement, se rappeler le climat qu'ils ont cr&#233;&#233; pendant le dernier carnaval de Rio, en y exigeant l'intervention de l'arm&#233;e. Cela n'a, en rien, r&#233;solu la violence dans le Rio de Janeiro qui est rest&#233;e la m&#234;me. Ensuite, un seul mot de Lula sur le Judiciaire s'est, presque, transform&#233; en crise institutionnelle. Derni&#232;rement, on a vu ce qu'ils ont fait avec les sans-logis, &#224; qui ils ont fait porter le chapeau de l'assassinat, lamentable, d'un photographe &#224; S&#227;o Paulo. C'est dans ce contexte-l&#224; qu'a eu lieu la manipulation de mon expos&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Comment voyez-vous la position du MST dans le contexte politique national ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous avons h&#233;rit&#233; de 12 ann&#233;es de gouvernements qui ont appliqu&#233; un mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral. Ce qui n'a fait que faire, encore, augmenter la pauvret&#233;, les in&#233;galit&#233;s sociales et le ch&#244;mage. La crise est si profonde, au Br&#233;sil, qu'il y a eu une baisse du mouvement de masse. Dans le fond, l'&#233;chec politique de la classe travailleuse est devenu si grand que les gens, pour survivre, sont partis en qu&#234;te de solutions individuelles. Pire : ils n'ont rien trouv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Et maintenant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous, nous trouvons dans une situation tr&#232;s difficile. La classe dominante, qui a accumul&#233; beaucoup d'argent pendant toutes ces ann&#233;es, sait tr&#232;s bien que les diff&#233;rences sociales aient augment&#233;. C'est pour cela qu'elle a tellement peur qu'il y ait une nouvelle ascension du mouvement de masse. Elle sait que, s'il y a ce mouvement de masse, le gouvernement Lula va virer plus &#224; gauche, qu'il changera de mod&#232;le. C'est pour cela qu'ils tentent de criminaliser ces mouvements, y compris dans la presse, et qu'ils usent de tout leur pouvoir id&#233;ologique pour &#233;viter qu'il y ait des mobilisations sociales. Ce n'est seulement que de cette mani&#232;re-l&#224; qu'ils pourront continuer &#224; maintenir leurs privil&#232;ges ; en recyclant, &#224; peine, le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Comment s'ins&#232;rent, alors, les mouvements sociaux dans ce contexte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De notre c&#244;t&#233;, dans les mouvements et dans les milieux intellectuels, nous savons que les mouvements sociaux jouent un r&#244;le civilisateur. Parce qu'ils organisent le peuple. Parce qu'ils donnent une conscience &#224; la lutte sociale. L&#224;, o&#249; le peuple ne parvient pas &#224; organiser de mouvement social, c'est la barbarie. C'est ce qui fait pr&#233;valoir la violence individuelle ou la qu&#234;te de solutions, religieuses et miraculeuses, qui n'existent pas. Ce qui fait d&#233;faut, dans notre pays, c'est la d&#233;mocratisation des moyens de communication de masse et, tout en m&#234;me temps, un grand d&#233;bat dans la soci&#233;t&#233; br&#233;silienne : quel projet voulons-nous pour sortir de cette crise qui nous est impos&#233;e par le mod&#232;le &#233;conomique ? C'est cette crise sociale-l&#224; qui s'approfondit de plus en plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Craignez-vous l'affrontement entre le gouvernement et le MST &#224; cause des occupations qui sont r&#233;alis&#233;es dans le pays ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Au contraire, nous sommes optimistes en ce qui concerne la r&#233;forme agraire, pour diff&#233;rentes raisons. D'abord, le gouvernement sait que l'agriculture et la r&#233;forme agraire sont les seules issues qui nous restent. Avec les grands travaux publics. Pour g&#233;rer des emplois pour les gens pauvres, en peu de temps, &#224; bas prix, et par millions. Par exemple, lorsque nous installons un million de familles, nous cr&#233;ons pr&#232;s de 3,5 millions d'emplois directs et, sans doute, pr&#232;s de 2 millions d'emplois indirects, dans le commerce et dans l'industrie. Ensuite, il y a un compromis historique des gauches, du gouvernement et du propre Lula sur la n&#233;cessit&#233; de la r&#233;forme agraire, dans le pays. Il y a l'appui d&#233;cisif, de toute la soci&#233;t&#233; br&#233;silienne, pour que les latifundia soient d&#233;sappropri&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Quel r&#244;le le MST joue-t-il dans ce contexte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le r&#244;le du Mouvement des Sans Terre c'est, justement, d'organiser les pauvres ; de donner une conscience aux pauvres, pour que leur sortie de la pauvret&#233; se fasse de mani&#232;re organis&#233;e, civilis&#233;e. Sans le MST, ils iront tous dans les villes, dans les favelas [bidonvilles], par milliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'aimerais que vous d&#233;finissiez, le plus clairement possible, qu'est-ce que c'est qu'un latifundium et, principalement, qu'est-ce qu'un latifundium improductif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le mot latifundium vient du latin. C'est une grande extension de terre dont la propri&#233;t&#233; appartient &#224; une seule personne. Depuis le Statut de la Terre, nous avons la d&#233;finition juridique de ce qu'est un latifundium, par exploitation ; ce sont toutes les propri&#233;t&#233;s qui produisent, en dessous de leurs potentialit&#233;s, et qui ne g&#232;rent aucun progr&#232;s pour la soci&#233;t&#233;. Le concept de grande propri&#233;t&#233; improductive a &#233;t&#233; introduit dans la nouvelle Constitution et dans la Loi Agraire de 1993. Depuis, des modules moyens de mesure des propri&#233;t&#233;s ont &#233;t&#233; &#233;tablis. En g&#233;n&#233;ral, les grandes propri&#233;t&#233;s, au Br&#233;sil, ce sont celles qui ont plus de mille hectares. Les improductives, ce sont celles qui n'accomplissent pas leur fonction sociale, ce qui est parfaitement mesurable par leur basse productivit&#233;, elles ne respectent pas les lois travaillistes ni l'environnement. Ce sont celles, aussi, qui sont utilis&#233;es &#224; des fins illicites, comme le travail esclave, la plantation de drogues, la contrebande etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est cela que d&#233;fend le MST ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Comme je l'ai d&#233;clar&#233; &#224; Cangu&#231;u, c'est cela la politique du MST. Nous d&#233;fendons que le gouvernement d&#233;sapproprie les plus grands latifundia ; toutes les fazendas au-dessus de 2 mille hectares, qui poss&#232;dent des terres fertiles et qui sont proches des march&#233;s, pour y int&#233;grer les travailleurs dans la soci&#233;t&#233;. Personne, en toute conscience, ne peut accepter qu'une seule personne soit propri&#233;taire de 5, 10, 50 mille hectares. Personne, en toute conscience, ne peut admettre que les entreprises &#233;trang&#232;res soient propri&#233;taires de plus de 30 millions d'hectares. Alors qu'il y a autant de br&#233;siliens sans un seul lopin de terre. Personne, en toute conscience, ne peut admettre qu'une entreprise canadienne d'aluminium poss&#232;de 25 mille hectares des meilleures terres paulistes. Encore moins, accepter que l'entreprise de construction CR Almeida poss&#232;de plus de 2 millions d'hectares de propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, officiellement enregistr&#233;s au cadastre immobilier, et tout, et tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Question pos&#233;e par l'&#233;ditrice ex&#233;cutive du Journal du Br&#233;sil, S&#244;nia Araripe : &#034;Frei Betto a d&#233;clar&#233; au JB que nous devons garder le pessimisme pour les beaux jours. Mais, comme il voit le cadre de tension sociale augment&#233;, les invasions des sans-logis, l'aggravation du ch&#244;mage... Le MST ne serait-il pas en train de pousser le Parti des Travailleurs, le gouvernement, vers un dangereux ab&#238;me sans retour ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les mobilisations sociales sont le fruit de la contradiction qui existe dans notre soci&#233;t&#233;. D'une part, nous avons une soci&#233;t&#233; riche et, d'autre part, nous avons des millions de pauvres. Comment les pauvres peuvent-ils r&#233;soudre l'acc&#232;s aux services publics et &#224; leurs droits fondamentaux ? En s'organisant et en luttant. Au Br&#233;sil, des millions de pauvres luttent pour leurs droits r&#233;publicains : avoir du travail, de la terre pour y travailler, un logement, une &#233;ducation. Seulement &#231;a. Le pauvre ne veut plus de panier-repas. Il veut du travail. Les &#233;lites br&#233;siliennes ne le laissent pas travailler. Alors, de plus en plus, les pauvres s'organisent et luttent pour leurs droits. C'est un geste civilisateur, r&#233;publicain, si vous voulez. Seul le commentateur Arnaldo Jabor entrevoit du socialisme et du gauchisme l&#224;-dedans. C'est parce qu'il est sp&#233;cialiste en cin&#233;ma, pas en peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Quel est le r&#244;le du gouvernement dans toute cette histoire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Un gouvernement populaire, comme celui du gouvernement Lula, a besoin que le peuple s'organise, sinon, il deviendra l'otage des pressions des banquiers, des grandes entreprises de construction, du capital &#233;tranger, des propri&#233;taires des moyens de communication. Pire encore : des parlementaires conservateurs qui ne repr&#233;sentent que l'&#233;lite br&#233;silienne. L'aller sans retour que nous d&#233;sirons construire, pour accepter la provocation, c'est le parcours du changement de mod&#232;le &#233;conomique. Maintenir l'actuelle politique &#233;conomique et le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral que nous avons h&#233;rit&#233; des tucanos [oiseau tropical symbole du Parti de la Sociale D&#233;mocratie br&#233;silienne - PSDB, cr&#233;&#233;e par l'ex pr&#233;sident Fernando Henrique Cardoso - FHC], celle-l&#224;, oui, c'est l'autoroute de l'ab&#238;me. Pourquoi apporter la trag&#233;die, une Argentine, jusqu'ici ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La lutte des sans-terre, des sans-logis, est ant&#233;rieure au gouvernement du Parti des Travailleurs. Beaucoup de p&#233;tistes se sont form&#233;s dans ce milieu. Croyez-vous que le Parti des Travailleurs puisse abdiquer de ces mouvements par pression financi&#232;re et politique, nationale et internationale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cela ne d&#233;pend pas des dirigeants, ni du Parti, dans son ensemble... Les changements, &#224; la rigueur, ne d&#233;pendent m&#234;me pas du pr&#233;sident Lula. Les changements sociaux, dans ce pays, d&#233;pendent de la capacit&#233; du peuple &#224; s'organiser. Si le peuple s'organise et se mobilise pour ses droits. Lesquels, comme je l'ai, d&#233;j&#224;, souvent dit et r&#233;p&#233;t&#233;, datent de la r&#233;volution fran&#231;aise -, nous aurons, alors, un gouvernement progressiste et un Parti des Travailleurs au c&#244;t&#233; du peuple. Par contre, si le peuple ne se mobilise pas au cours de ces 4 prochaines ann&#233;es, alors l&#224;, oui, nous aurons un cadre tr&#232;s pessimiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Vous croyez que le pr&#233;sident Lula est suffisamment fort pour pouvoir affronter tous ces obstacles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment pour cela qu'il a besoin que le peuple ait conscience des probl&#232;mes et des vraies issues. Le gouvernement a besoin que le peuple se mobilise et qu'il lutte. C'est de ce processus d'ample mobilisation sociale que viendra la force n&#233;cessaire pour que le gouvernement affronte les int&#233;r&#234;ts des puissants, ceux de ceux qui ne veulent pas perdre leurs privil&#232;ges. Seule la force de millions de br&#233;siliens, mobilis&#233;s et avec une conscience politique, pourra aider le gouvernement &#224; affronter ces int&#233;r&#234;ts et &#224; changer l'actuel mod&#232;le &#233;conomique. Nous gardons l'espoir. Le peuple br&#233;silien est &#233;nergique, il a une tr&#232;s grande exp&#233;rience organisatrice. Sauf que nous sommes en r&#233;gression en ce qui concerne le mouvement de masse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pourtant ces mouvements de masse sont organis&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous sommes en train de construire une &#233;norme alliance populaire, l'Articulation des Mouvements Sociaux, qui unie la Centrale Unique des Travailleurs - la CUT, l'Union Nationale des Etudiants - l'UNE, le Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre - le MST, les mouvements populaires suburbains, les pastorales sociales, les &#233;glises&#8230; Nous allons r&#233;aliser, lors de la semaine du 8 au 13 septembre, un grand parcours national, en d&#233;fense de notre souverainet&#233; nationale, pour un nouveau projet de d&#233;veloppement, o&#249; il y ait du travail et une distribution de revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Qui ou quels sont les principaux ennemis du MST ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les ennemis du MST, ce sont les m&#234;mes ennemis du peuple br&#233;silien et des pauvres. Notre ennemi, c'est le capital sp&#233;culatif &#233;tranger qui vient, jusqu'ici, seulement pour nous exploiter. Nos ennemis, ce sont les banquiers, qui n'ont jamais gagn&#233; autant d'argent comme pendant les 8 derni&#232;res ann&#233;es de l'&#232;re FHC. Notre ennemi, c'est le plan strat&#233;gique que les multinationales am&#233;ricaines ont cr&#233;&#233; pour contr&#244;ler notre &#233;conomie et notre Amazonie, nos richesses, avec la Zone de Libre Echange des Am&#233;riques - la ZLEA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il y a encore quelqu'un sur cette liste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les grands latifundiaires improductifs, qui poss&#232;dent des fazendas au-dessus de 2 mille hectares et qui, en gros, se d&#233;dient &#224; l'&#233;levage extensif. Tous ceux pour qui la terre n'est devenue qu'une r&#233;serve de valeur. Je profite de l'occasion pour envoyer un message &#224; notre illustre ministre de l'agriculture, Roberto Rodrigues, un bon agronome mais qui n'y comprend, absolument rien, en classes sociales : ne vous inqui&#233;tez pas, Monsieur le Ministre, vous n'&#234;tes pas notre ennemi. Nous savons que vous ne repr&#233;sentez que la fraction de bourgeoisie agraire qui a modernis&#233; ses fazendas pour qu'elles soient productives. Elle ne poss&#232;de que des propri&#233;t&#233;s qui ont, en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, entre 100 et 1.000 hectares. Ce dont vous avez besoin, Monsieur le Ministre, c'est de convaincre votre base sociale que l'issue de l'agriculture br&#233;silienne ce n'est pas l'exportation, mais le march&#233; interne. Le plus grand march&#233; en puissance du monde, ce sont les 110 millions de br&#233;siliens qui s'alimentent mal. Arr&#234;tez de vous faire des illusions et d'exporter du soja et du sucre : les deux seules cultures qui ont augment&#233; leur surface cultivable ces dix derni&#232;res ann&#233;es. Toutes les autres cultures, au Br&#233;sil, n'ont fait que diminuer. Aidez-nous &#224; d&#233;velopper notre souverainet&#233; en aliments, en march&#233; interne et en agriculture familiale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles sont les autres actions que le MST a pr&#233;vues pour le 2&#232;me semestre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Aucun mouvement social ne peut pr&#233;voir ses actions. Le Mouvement des Sans Terre, comme n'importe quel autre mouvement social, r&#233;alise un travail permanent, infatigable, par ses militants sociaux : organiser les pauvres, &#233;lever le niveau de conscience. Dans chaque r&#233;gion, les travailleurs d&#233;cident quoi faire pour r&#233;soudre leurs probl&#232;mes. Dans le fond, la propre r&#233;forme agraire, elle-m&#234;me, n'est qu'un moyen de garantir du travail, dans la terre, aux pauvres des campagnes. Et aussi, nous contribuons &#224; la campagne nationale contre la Zone de Libre Echange des Am&#233;riques - ZLEA ; pour r&#233;unir des signatures et les envoyer au Congr&#232;s National, pour que le droit du peuple br&#233;silien de d&#233;cider, lui-m&#234;me, de l'entr&#233;e, ou pas, dans cette zone-l&#224;, soit garanti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les sans-terre veulent de la terre ou la r&#233;volution socialiste au Br&#233;sil ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il y a une tr&#232;s grande confusion parmi les analystes et les sociologues sur la nature actuelle des mouvements sociaux au Br&#233;sil. Qu'est-ce qui se passe, en fait ? Il se passe que la tradition de la gauche mondiale, et m&#234;me la forme comme la sociologie classique interpr&#233;tait les mouvements sociaux, c'&#233;tait d'apr&#232;s des manuels. Il y avait des regroupements par, justement, groupes sociaux, par secteurs. Et, en g&#233;n&#233;ral, ces groupes sociaux n'avaient que des int&#233;r&#234;ts purement corporatifs. Seulement ceux de leur propre groupe. Ils &#233;taient, id&#233;ologiquement, dirig&#233;s par les partis, soit de gauche, soit de droite, soit par l'Eglise. Avec l'av&#232;nement de l'&#233;tape actuelle, le capitalisme contr&#244;l&#233; par le capital financier et sans plus aucun investissement dans l'industrie, les classes et les groupes sociaux subalternes se sont m&#233;lang&#233;s. Ils ont perdu leur nette configuration d'int&#233;r&#234;ts particuliers. Sous une autre optique, le propre capitalisme a, &#233;galement, beaucoup aid&#233; &#224; politiser la situation. Regardez, les sans-logis &#224; S&#227;o Bernardo, ils ont eu besoin d'occuper un terrain inoccup&#233; appartenant &#224; une multinationale allemande. D'autre part, la forme classique selon laquelle les partis et l'&#233;glise ont, id&#233;ologiquement, contr&#244;l&#233; les mouvements est, elle-m&#234;me, &#233;galement, entr&#233;e en crise. Alors, un nouveau type de mouvement social s'est cr&#233;&#233;, comme le Mouvement des Sans Terre et tant d'autres, au Br&#233;sil et dans le monde entier. Partout o&#249; les mouvements sociaux ne sont plus, seulement, corporatifs, mais o&#249; ils ont une plus grande conscience sociale. Ils ont des formes bien plus amples de s'organiser. Ils incorporent un projet de soci&#233;t&#233; au d&#233;bat. C'est ce mod&#232;le &#233;conomique qui g&#232;re la pauvret&#233;, la mis&#232;re et l'exclusion. C'est cela qui politise. De cette mani&#232;re-l&#224;, id&#233;ologiquement, ils ont cess&#233; d'&#234;tre les courroies de transmission des partis ou des &#233;glises. Maintenant, ils ont acquis une autonomie. C'est cela qui d&#233;range, tellement, parce que ce n'&#233;tait &#233;crit, nulle part, dans aucun manuel d'instruction, que les pauvres pourraient, un jour, avoir une autonomie id&#233;ologique. Alias, dans le cas br&#233;silien, les &#233;lites acceptent que le pauvre lutte pour son panier-repas, mais elles n'acceptent pas qu'il ait des id&#233;es. Le peuple a tr&#232;s bien compris comment fonctionnent les mouvements sociaux. C'est lui qui les a cr&#233;&#233;s, par sa pratique. Ceux qui ne les comprennent pas, ce sont les intellectuels acad&#233;miques, ceux qui se trouvent &#234;tre loin du peuple et se contentent de lire Habermas. Quant &#224; la presse bourgeoise, pour pouvoir manipuler ses petits phoques, elles les transforme en idiots, sans aucun droit &#224; la recherche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Et le socialisme, dans tout &#231;a ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; N'importe quel dirigeant politique, n'importe quel studieux, n'importe quelle personne du peuple, tout le monde sait qu'au Br&#233;sil, la question du socialisme ne se pose pas. Cela ne d&#233;pend pas de la volont&#233; des gens. Ce que tous les mouvements sociaux souhaitent, c'est un nouveau projet, &#233;conomique et social, qui garantisse les droits fondamentaux de la terre, du travail, du logement, de l'&#233;ducation et de la culture. Ce que nous voulons, c'est construire une soci&#233;t&#233; bas&#233;e sur les valeurs de la tradition humanitaire, de l'&#233;galit&#233;, de la solidarit&#233; et de la justice. Voil&#224; notre projet. Un projet populaire pour le Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le gouvernement Lula vient de compl&#233;ter six mois. Quelle est votre &#233;valuation de ce tout 1er semestre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est difficile de faire un bilan en &#224; peine 6 mois. Nous ne pouvons pas encore juger le gouvernement. Nous ne pouvons, &#224; peine, qu'analyser 6 mois. Il y a, &#224; l'int&#233;rieur du Parti des Travailleurs, au moins 5 &#233;valuations diff&#233;renci&#233;es sur le gouvernement. En ce qui concerne la r&#233;forme agraire, il n'a encore rien fait. Par contre, il a d&#233;j&#224; fait quelque chose en ce qui concerne le cr&#233;dit. Il est encore en train de ranger la maison. J'esp&#232;re qu'au 2&#232;me semestre, nous aurons, de fait, d&#233;j&#224; conclu le Plan national de r&#233;forme agraire afin de pouvoir installer 1 million de familles ou plus, au long de ces 4 prochaines ann&#233;es. J'esp&#232;re que l'Institut National de la Colonisation et de la R&#233;forme Agraire - l'INCRA - sera renforc&#233; et sera pr&#233;par&#233; comme doit l'&#234;tre un grand organisme public de r&#233;forme agraire. Du point de vue g&#233;n&#233;ral, le gouvernement a besoin de changer le mod&#232;le &#233;conomique. Si le gouvernement, Lula et la gauche, ne changent pas de politique &#233;conomique, ils vont se retrouver dans le ruisseau. Les pauvres, quant &#224; eux, ils vont se retrouver dans la trag&#233;die sociale. Notre effort, en tant que mouvement pr&#233;sent dans l'articulation des mouvements sociaux, c'est justement, d'organiser le peuple, de mobiliser le peuple pour aider le gouvernement &#224; changer le mod&#232;le &#233;conomique. C'est pour cela que nous disputons le gouvernement, pour qu'il adopte des politiques, &#233;conomiques et sociales, qui aident vraiment &#224; am&#233;liorer les conditions de vie de notre peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; du site de D&#233;mocratie et socialisme)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> En finir avec le pouvoir de l'OMC !</title>
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		<dc:date>2003-09-08T03:04:24Z</dc:date>
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		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement altermondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement paysan</dc:subject>

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&lt;p&gt;Entre le 8 et le 13 septembre, le Mouvement des sans terre (MST) sera pr&#233;sent &#224; Cancun, partie prenante des journ&#233;es de lutte contre l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) convoqu&#233;e par Via Campesina. Pour Joao Pedro Stedile, principal dirigeant sans terre, il s'agit &#171; de condamner l'OMC, de la d&#233;moraliser, de lui enlever toute pr&#233;tention de pouvoir &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Que pense le MST de la prochaine r&#233;union de l'OMC &#224; Cancun ? Qu'est-ce qui est en jeu ? Quels sont vos objectifs comme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Contre-la-mondialisation-capitaliste-" rel="directory"&gt;Contre la mondialisation capitaliste &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mondialisation-+" rel="tag"&gt;Mondialisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-altermondialisation-+" rel="tag"&gt;Mouvement altermondialisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-paysan-+" rel="tag"&gt;Mouvement paysan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entre le 8 et le 13 septembre, le Mouvement des sans terre (MST) sera pr&#233;sent &#224; Cancun, partie prenante des journ&#233;es de lutte contre l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) convoqu&#233;e par Via Campesina. Pour Joao Pedro Stedile, principal dirigeant sans terre, il s'agit &#171; de condamner l'OMC, de la d&#233;moraliser, de lui enlever toute pr&#233;tention de pouvoir &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8212; Que pense le MST de la prochaine r&#233;union de l'OMC &#224; Cancun ? Qu'est-ce qui est en jeu ? Quels sont vos objectifs comme organisation durant cette rencontre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;union de l'OMC est un affront pour les peuples de nos pays. L'OMC est devenue un terrain privil&#233;gi&#233; des grandes transnationales et des gouvernements des pays riches. Les peuples, les gouvernements du Sud n'y d&#233;tiennent aucun pouvoir ou influence. Il serait plus d&#233;mocratique d'&#233;tablir des n&#233;gociations sur le commerce international &#224; l'int&#233;rieur du syst&#232;me des Nations Unies et de lier le commerce et le d&#233;veloppement. L'OMC s'est convertie en un lieu qui ne sert que les int&#233;r&#234;ts du capital international qui veut obtenir des avantages aux moyens d'accords qui prot&#232;gent leurs investissements et leur taux de profit. Ces accords servent qu'&#224; s'attaquer &#224; notre souverainet&#233; nationale. Durant cette r&#233;union de Cancun, il y a beaucoup de contradictions entre les int&#233;r&#234;ts des entreprises transnationales et les gouvernements des pays riches. Nous ne croyons pas qu'ils parviennent &#224; des r&#233;sultats durant cette r&#233;union. La contradiction principale en jeu pour eux, &#224; l'&#233;tape actuelle de l'imp&#233;rialisme, c'est que la forme principale de l'accumulation ne provient plus des industries, de la production de marchandises mais du contr&#244;le du commerce des biens et, surtout, des services. Et en ce moment, il existe des conflits pour savoir qui obtiendra le plus d'avantages, o&#249; qui pourra obtenir le plus de profits en exploitant nos march&#233;s nationaux. Imaginez ! Ils veulent contr&#244;ler et transformer l'&#233;ducation sup&#233;rieure des universit&#233;s en un simple service, et pour cela ils veulent garantir &#171; le droit &#187; du capital international &#224; exploiter ce &#171; service &#187; pour en tirer des profits. Il ne nous reste plus qu'&#224; prier (ou &#224; nous mobiliser et &#224; protester ) pour qu'ils ne parviennent &#224; aucun r&#233;sultat lors de cette rencontre. Car tout accord entre eux serait un accord contre les peuples des pays pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8212;Une d&#233;l&#233;gation du MST ira au Mexique comme membre de Via Campesina. Quels actions pensez-vous faire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de ce qui se d&#233;roule au Mexique, au Br&#233;sil et dans toute l'Am&#233;rique latine, il y aura des mobilisations entre le 8 et le 13 septembre pour protester contre la ZL&#201;A et l'OMC. Et le 13, septembre, il y aura des mobilisations dans presque toutes les capitales du monde contre la r&#233;union de Cancun. Ici au Br&#233;sil, nous ferons des manifestations dans toutes les capitales des &#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8212;Vous avez d&#233;fendu que l'agriculture devrait &#224; &#234;tre retirer de l'OMC. Pour quelle raison ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agriculture est une activit&#233; productive tr&#232;s importante pour nos peuples et pour nos pays. On ne produit pas n'importe quelle sorte de marchandises. Nous produisons des aliments et des aliments doivent rester dans le cadre des droits des peuples, sous le contr&#244;le des politiques nationales qui garantissent la souverainet&#233; nationale sur ce derniers. Les aliments ne peuvent &#234;tre subordonn&#233;s &#224; des accords internationaux qui ne cherchent qu'&#224; assurer les profits des entreprises transnationales. Le commerce agricole doit se baser sur un &#233;change entre pays, sur la base de la compl&#233;mentarit&#233;. Non sur la base des profits. &#192; l'int&#233;rieur de l'OMC, les transnationales cherchent &#224; garantir le droit de propri&#233;t&#233; intellectuelle sur les semences transg&#233;niques, pour ensuite imposer leur utilisation aux pays pauvres et obtenir des profits pour le paiement de ces droits. Voyez le cas du soja transg&#233;nique Round-up. L'OMC a d&#233;clar&#233; lors des audiences de son tribunal, le 5 mai dernier, que tout soja transg&#233;nique rr appartient &#224; l'entreprise am&#233;ricaine Monsanto. Suite &#224; cela, tout agriculteur ou entreprise qui commercialise cette vari&#233;t&#233; devra payer des droits &#224; Monsanto. Ici au Br&#233;sil, maintenant, il est d&#233;fendu de cultiver des semences transg&#233;niques, mais si le gouvernement l&#233;galise sa culture, Monsanto pourra toucher environ 16 dollars pour chaque tonne de soja qui sera sem&#233;e. Ainsi, avec un simple accord international &#224; l'OMC, on pourra soutirer de notre soci&#233;t&#233; presque 800 millions de dollars par ann&#233;e, sans n'avoir rien fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8212; Vous parlez de lutter pour la souverainet&#233; alimentaire. Qu'est-ce que cela signifie ? Est-il possible de faire cela dans le cadre de la globalisation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souverainet&#233; alimentaire est un principe qui est pr&#233;sent dans tous les courants politiques ou philosophiques. Il d&#233;fend l'id&#233;e qu'un peuple a le droit de produire ses propres aliments, parce qu'un peuple qui ne parvient pas &#224; produire ses propres aliments est un peuple r&#233;duit en esclavage, un peuple d&#233;pendant. La base principale pour forger un peuple libre, souverain, c'est qu'il puisse produire ses propres aliments. Si un pays, une nation, un peuple se retrouve d&#233;pendant d'un autre pour alimenter son peuple, il deviendra une nation d&#233;pendante aux niveaux politique &#233;conomique et id&#233;ologique. C'est pourquoi nous d&#233;fendons dans Via Campesina que chaque gouvernement national doit d&#233;velopper des politiques pour garantir, en premier lieu, que tous les aliments n&#233;cessaires pour le peuple soit produit dans un environnement national. Et qu'on ne commercialise &#224; l'ext&#233;rieur que les surplus. Et ce sont les surplus qui pourront &#234;tre &#233;chang&#233;s avec d'autres pays ayant d'autres types d'aliments. Un pays qui ne prot&#232;ge pas son agriculture et ses aliments, pour garantir l'alimentation pour tout le peuple, est un pays condamn&#233; &#224; l'&#233;chec. Cela explique, par exemple, pourquoi au Japon le prix du riz est dix fois plus &#233;lev&#233; que sur le march&#233; international et pourquoi le gouvernement japonais emp&#234;che l'importation du riz. Il garantit ainsi que toute la production du riz n&#233;cessaire pour son peuple soit produit au Japon. Cela c'est de la souverainet&#233; alimentaire. D'autre part, les gouvernements qui n'ont pas assur&#233; la souverainet&#233; alimentaire seront &#224; la merci de la volont&#233; des transnationales et des gouvernements imp&#233;rialistes qui utilisent les aliments comme des moyens de pression politiques. Voyez ce qui se passe en Afrique, ce qu'ils ont fait au Vietnam et ce qui se fait maintenant avec le gouvernement n&#233;olib&#233;ral en Inde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8212; Quelques ONG d&#233;fendent qu'il est n&#233;cessaire de lutter pour l'acceptation d'une &#171; caisse de d&#233;veloppement &#187; pour l'agriculture. Pourquoi rejetez-vous cette id&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'il ne s'agit pas de lutter pour des am&#233;liorations &#224; l'int&#233;rieur de l'OMC . Ce que nous devons faire &#231;'est de condamner l'OMC, de la d&#233;moraliser et de lui enlever son pouvoir et d'amener nos gouvernements &#224; d&#233;fendre des politiques de souverainet&#233; alimentaire et de faire des n&#233;gociations agricoles au niveau bilat&#233;ral en accord avec les int&#233;r&#234;ts mutuels des peuples des pays. Et nous n'y parviendrons pas seulement en participant &#224; des r&#233;unions internationales dans laquelle ceux d'en haut nous donnent que 15 minutes pour dire ce que nous pensons, et qui, ensuite, continuent avec leur agenda et leurs int&#233;r&#234;ts. Nous ne changerons cela qu'en mobilisant les gens pour qu'ils descendent dans les rues et qu'en faisant pression sur les gouvernements locaux pour qu'ils changent leur politique internationale. &lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
(tir&#233; de Rebelion)&lt;br class='autobr' /&gt;
(Traduction La Gauche)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Appel de Via Campesina &#224; des actions de r&#233;sistance et &#224; la mobilisation populaire partout dans le monde contre l'OMC et le n&#233;olib&#233;ralisme </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Appel-de-Via-Campesina-a-des-actions-de-resistance-et-a-la-mobilisation</link>
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		<dc:date>2003-08-18T03:16:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>Mexique</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement altermondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement paysan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; toutes les organisations membres de la Via Campesina, alli&#233;es et amies : &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), organisation inqui&#233;tante et d&#233;test&#233;e, tiendra sa cinqui&#232;me r&#233;union minist&#233;rielle &#224; Cancun, du 10 au 14 Septembre 2003. Ils esp&#232;rent progresser, entre autres, dans les n&#233;gociations sur la lib&#233;ralisation des investissements, la privatisation des services publics et la lib&#233;ralisation totale de l'agriculture. Tout semble indiquer que les n&#233;gociations officielles sont dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Contre-la-mondialisation-capitaliste-" rel="directory"&gt;Contre la mondialisation capitaliste &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mondialisation-+" rel="tag"&gt;Mondialisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mexique-22-+" rel="tag"&gt;Mexique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-altermondialisation-+" rel="tag"&gt;Mouvement altermondialisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-paysan-+" rel="tag"&gt;Mouvement paysan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; toutes les organisations membres de la Via Campesina, alli&#233;es et amies :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), organisation inqui&#233;tante et d&#233;test&#233;e, tiendra sa cinqui&#232;me r&#233;union minist&#233;rielle &#224; Cancun, du 10 au 14 Septembre 2003. Ils esp&#232;rent progresser, entre autres, dans les n&#233;gociations sur la lib&#233;ralisation des investissements, la privatisation des services publics et la lib&#233;ralisation totale de l'agriculture. Tout semble indiquer que les n&#233;gociations officielles sont dans l'impasse la plus totale, ce qui nous offre une opportunit&#233; historique de pr&#233;cipiter la chute de cette institution (ce serait en effet la troisi&#232;me fois d'affil&#233;e que la r&#233;union minist&#233;rielle de l'OMC &#233;chouerait), qui, si les accords propos&#233;s &#233;taient sign&#233;s, signifie la condamnation &#224; mort des campagnes dans tous les pays du monde. Aujourd'hui au Mexique, des portes-parole officiels du gouvernement mexicain ont reconnu qu'il est difficile, du fait d'un manque de consensus entre les gouvernements, qu'un accord soit atteint &#224; Cancun. Via Campesina pense que des actions de r&#233;sistance populaire et des mobilisations partout dans le monde sont fondamentales, comme cela a &#233;t&#233; le cas &#224; Seattle, pour porter un nouveau coup puissant contre l'OMC et le n&#233;olib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Via Campesina appelle toutes ses organisations membres, amies et alli&#233;es &#224; redoubler d'efforts et &#224; organiser dans chaque pays des actions telles que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Des mobilisations, blocages d'autoroutes, barrages de fronti&#232;res, de ports, d'a&#233;roports pour entraver la circulation des marchandises, et notamment des produits des multinationales telles que Nestl&#233;, Coca Cola, Monsanto, Cargill, Archer, Daniels, Midlands, Bunge, ect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D'organiser des &#233;changes fraternels entre les peuples aux fronti&#232;res et des sit-ins et des manifestations dans des lieux symbolique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Des d&#233;clarations et des conf&#233;rences de presse, d'envoyer des messages et d'augmenter la pression sur les gouvernements pour qu'ils ne c&#232;dent pas et maintiennent des positions de n&#233;gociation ind&#233;pendantes en faveur de la souverainet&#233; des peuples&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Des veill&#233;es et des actes symboliques, des d&#233;bats et des actions &#233;ducatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Toute autre action ou activit&#233; que vous consid&#233;rez pertinentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Via Campesina, la principale journ&#233;e d'action sera le 10 Septembre, jour o&#249; auront probablement lieu les n&#233;gociations sur l'agriculture au sommet officiel de l'OMC &#224; Cancun. Cependant, des manifestations et des actions de protestation seront organis&#233;es tout au long de la semaine du 9 au 14 Septembre. Il est tr&#232;s important de r&#233;percuter internationalement les actions men&#233;es dans chaque pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Mexique, la Via Campesina organisera &#224; Cancun un espace ind&#233;pendant pour les paysans et les peuples indig&#232;nes, espace o&#249; les d&#233;l&#233;gations internationales, les organisations mexicaines de paysans et de peuples indig&#232;nes, ainsi que les organisations alli&#233;es et amies de toute la plan&#232;te seront unies, solidaires et mobilis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Forum Paysan International aura lieu les 8 et 9 Septembre, avec un programme ouvert d'ateliers, de tables rondes, de pr&#233;sentations, d'&#233;changes, ect., accompagn&#233; d'un Campement de Paysans et de Peuples Indig&#232;nes. Le 10 Septembre nous seront &#224; la t&#234;te d'une grande marche de protestation paysanne et indig&#232;ne, qui ira jusqu'&#224; l'entr&#233;e du Centre des Congr&#232;s o&#249; les n&#233;gociations officielles auront lieu. De plus, nous organiserons et/ou participerons &#224; d'autres actions, soit seuls, soit avec d'autres mouvements sociaux pr&#233;sents &#224; Cancun, sans compter notre participation &#224; la manifestation de tous les secteurs le 13 Septembre. Tout au long de la semaine il y aura des actions conjointes avec des organisations d'autres secteurs que l'agriculture. Nous esp&#233;rons pleinement c&#233;l&#233;brer une nouvelle victoire pour les mouvements sociaux qui se battent avec t&#233;nacit&#233; contre le n&#233;olib&#233;ralisme et les institutions financi&#232;res internationales et pour la souverainet&#233; alimentaire des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Globalisons la lutte, Globalisons l'espoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commission de Coordination Internationale Via Campesina&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contacts : Au Mexique : UNORCA ( Union Nationale des Organisations Paysannes R&#233;gionales Autonomes), pour des renseignements li&#233;s au Forum : forocampesino@laneta.apc.org&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour des renseignements pratiques et/ou pour contribuer financi&#232;rement au Forum Paysan : &lt;a href=&#034;http://www.unorca.org.mx&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.unorca.org.mx&lt;/a&gt; International : Secr&#233;tariat op&#233;rationnel international de la Via Campesina : viacam@gbm.hn et nico.verhagen@t-online.de&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Site internet : &lt;a href=&#034;http://www.viacampesina.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.viacampesina.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci de nous informer des actions et activit&#233;s men&#233;es dans votre pays pour que nous puissions partager et rendre public ces informations au niveau international. S'il vous pla&#238;t, envoyer ces informations &#224; nico.verhagen@t-online.de et une copie &#224; viacam@gbm.hn. Nous publierons ces informations r&#233;guli&#232;rement sur notre site internet &lt;a href=&#034;http://www.viacampesina.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.viacampesina.org&lt;/a&gt; et par le biais de nos listes de diffusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous souhaitez recevoir les communiqu&#233;s de presse, les d&#233;clarations et d'autres documents de la Via Campesina, vous pouvez vous inscrire sur notre liste de diffusion en envoyant un message vide &#224; ViaCampesina-info-francais-subscribe@yahoogroups.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mexico DF, 8 ao&#251;t 2003&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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