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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Les r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales en &#233;ducation et en sant&#233; au Qu&#233;bec : abuser des femmes au profit du priv&#233;</title>
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		<dc:date>2011-11-28T19:02:35Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bouchard</dc:creator>


		<dc:subject>Situation des femmes</dc:subject>
		<dc:subject>Politiques n&#233;olib&#233;rales</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement des femmes</dc:subject>

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&lt;p&gt;Parmi les principaux enjeux politiques qui ont anim&#233; l'espace public qu&#233;b&#233;cois depuis la fin des ann&#233;es 1990, les r&#233;formes en &#233;ducation et en sant&#233; ont une place de choix. Indissociables des coupes budg&#233;taires et des privatisations qui les accompagnent, ces r&#233;formes ont boulevers&#233; les fa&#231;ons de faire de centaines de milliers de travailleurs et surtout de travailleuses ainsi que celles de l'ensemble de la population. Ce texte vise &#224; mettre en relief l'effet de ces r&#233;formes sur les femmes en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-des-femmes-348-+" rel="tag"&gt;Mouvement des femmes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parmi les principaux enjeux politiques qui ont anim&#233; l'espace public qu&#233;b&#233;cois depuis la fin des ann&#233;es 1990, les r&#233;formes en &#233;ducation et en sant&#233; ont une place de choix. Indissociables des coupes budg&#233;taires et des privatisations qui les accompagnent, ces r&#233;formes ont boulevers&#233; les fa&#231;ons de faire de centaines de milliers de travailleurs et surtout de travailleuses ainsi que celles de l'ensemble de la population. Ce texte vise &#224; mettre en relief l'effet de ces r&#233;formes sur les femmes en s'appuyant sur le corpus th&#233;orique fourni par l'analyse f&#233;ministe-marxiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les femmes socialement responsables des personnes d&#233;pendantes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les f&#233;ministes marxistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir, entre autres, Elsa Dorlin (dir), Sexe, race, classe, pour une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; placent au c&#339;ur de leur analyse la division sociale et sexuelle du travail. Cette division fait reposer sur le dos des femmes la responsabilit&#233; de la &#171; reproduction sociale &#187;. Ce concept d&#233;signe l'ensemble du travail aupr&#232;s des personnes permettant la production &#171; de la vie &#187;, &#171; des gens eux-m&#234;mes &#187;, &#171; la reproduction de la force de travail &#187; en opposition &#224; la production &#171; des choses &#187;. Bien qu'elles aient aussi toujours particip&#233; &#224; la production mat&#233;rielle, ce sont principalement les femmes qui ont la responsabilit&#233; de &#171; restaurer &#187; les travailleurs et de s'occuper des personnes dites d&#233;pendantes (malades, enfants, personnes &#226;g&#233;es, etc.). De fa&#231;on b&#233;n&#233;vole ou salari&#233;e, &#224; la maison, au priv&#233; ou au public, les femmes effectuent la majorit&#233; du travail m&#233;nager, des soins dans leur d&#233;finition large, de l'&#233;ducation de base des enfants et du &#171; travail sexuel &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ajoutons que les rapports in&#233;gaux de genre et de classe se combinent &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; l'oppos&#233;, les hommes sont les principaux responsables de la production mat&#233;rielle et intellectuelle, g&#233;n&#233;ralement plus valoris&#233;es et reconnues financi&#232;rement. En plus de b&#233;n&#233;ficier de cette iniquit&#233; salariale, les hommes sont aussi les b&#233;n&#233;ficiaires du travail domestique gratuit des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de l'industrialisation, le travail de reproduction sociale a &#233;t&#233; principalement maintenu sous une forme gratuite dans le cadre de la famille, alors que la production mat&#233;rielle &#233;tait effectu&#233;e de plus en plus &#224; l'ext&#233;rieur de la maison, par un travail salari&#233;. Par la suite, au Qu&#233;bec, l'&#201;glise a socialis&#233; une partie de ces t&#226;ches qui n'&#233;tait pas rentable, toujours en s'appuyant principalement sur le travail b&#233;n&#233;vole charitable des femmes, tandis que l'entreprise priv&#233;e a socialis&#233; la partie rentable de ce travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;calage avec le reste de l'Occident, c'est seulement durant la R&#233;volution tranquille que l'on assiste &#224; la construction d'un r&#233;seau public fort de l'&#233;ducation, de la sant&#233; et des services sociaux. C'est gr&#226;ce aux luttes syndicales et f&#233;ministes que l'&#201;tat keyn&#233;sien qu&#233;b&#233;cois concentre une partie de ce travail aupr&#232;s des enfants et des personnes malades. On assiste alors simultan&#233;ment &#224; la reconnaissance juridique du statut de personne pour les femmes mari&#233;es, &#224; l'all&#232;gement des t&#226;ches domestiques par le d&#233;veloppement des services publics, &#224; l'augmentation des perspectives d'emplois f&#233;minins de qualit&#233; (surtout dans le secteur public) et &#224; la remise en question du mod&#232;le de l'&#233;pouse-m&#232;re-m&#233;nag&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Diane Lamoureux, &#171; Un &#201;tat capitaliste certes, mais &#233;galement sexiste (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces avanc&#233;es, une partie importante des services non-rentables de reproduction de la force de travail reste effectu&#233;e dans le cadre du travail domestique, un travail qui est invisible et gratuit. Ce travail gigantesque, malgr&#233; certaines am&#233;liorations, est toujours effectu&#233; majoritairement par les femmes. En 2005, elles y consacrent quotidiennement 4 heures contre 2,6 heures pour les hommes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Institut de la statistique du Qu&#233;bec, Donn&#233;es sociales du Qu&#233;bec, &#233;dition (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'iniquit&#233; salariale entre les emplois majoritairement f&#233;minins et ceux majoritairement masculins fait des femmes les personnes toute d&#233;sign&#233;es pour limiter leur carri&#232;re afin d'effectuer ce travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette logique patriarcale est soutenue id&#233;ologiquement par des st&#233;r&#233;otypes sexistes suppos&#233;s &lt;i&gt;naturels&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;biologiques&lt;/i&gt;. On prescrit aux femmes l'&#233;thique de la sollicitude et du &#171; &lt;i&gt;care&lt;/i&gt; &#187; associ&#233;e aux soins des enfants et de la famille, le souci pour les souffrances des autres, le maintien du lien &#233;motionnel et la responsabilit&#233; &#224; l'&#233;gard des proches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les politiques n&#233;olib&#233;rales au Qu&#233;bec et les services publiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la crise du mod&#232;le keyn&#233;sien, les d&#233;faites du mouvement syndical et la conversion de la social-d&#233;mocratie en social-lib&#233;ralisme, on assiste &#224; un renversement du rapport de forces en faveur du capital et contre les travailleurs et les travailleuses durant les ann&#233;es 1980 et 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation capitaliste, acc&#233;l&#233;r&#233;e par les politiques de libre-&#233;change, sera particuli&#232;rement p&#233;nible pour les travailleuses et les travailleurs syndiqu&#233;-es des grandes entreprises. Elle sera tout de m&#234;me favorable aux secteurs d'emploi masculins que sont la finance, les sciences et g&#233;nie et les nouvelles technologies de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'application des politiques n&#233;olib&#233;rales aux services publics aura des effets particuli&#232;rement n&#233;gatifs sur les femmes. Ces politiques seront justifi&#233;es par un discours alarmiste bas&#233; d'abord sur la lutte contre l'inflation, puis sur une phobie des dettes publiques, une &#171; peur &#187; du vieillissement de la population et une soumission aux puissances financi&#232;res qui dirigent le processus de mondialisation. On proposera comme rem&#232;de aux crises leurs causes : d&#233;r&#233;glementation, coupes budg&#233;taires et privatisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous explorerons plus en d&#233;tail comment ces orientations ont &#233;t&#233; appliqu&#233;es en sant&#233; et en &#233;ducation parall&#232;lement aux r&#233;formes qui ont &#233;t&#233; implant&#233;es &#224; partir des ann&#233;es 1980 et 1990.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;forme en sant&#233; au Qu&#233;bec et les femmes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une des grandes transformations de la R&#233;volution tranquille a &#233;t&#233; la constitution d'un syst&#232;me de sant&#233; et de services sociaux public et universel accessible et de qualit&#233;. Ce syst&#232;me, qui atteint une situation enviable &#224; l'&#233;chelle internationale, est remis en question &#224; partir des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aliment&#233;s par la commission Rochon, qui d&#233;pose son rapport en 1987, les gouvernements mettront en place successivement les r&#233;formes du syst&#232;me de sant&#233; &#8211; C&#244;t&#233; &#224; partir de 1991 et Rochon &#224; partir de 1995. Visant &#224; rapprocher les services des citoyens, les r&#233;formes seront le prolongement des politiques &#233;conomiques n&#233;olib&#233;rales. Elles accompagneront la baisse de la proportion publique des d&#233;penses en sant&#233;, le transfert progressif des services rentables &#233;conomiquement vers les entreprises priv&#233;es et le transfert des services non-rentables vers la &#171; communaut&#233; &#187; et la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur des changements tr&#244;ne le concept de &#171; virage ambulatoire &#187;, c'est-&#224;-dire le d&#233;placement de toute une s&#233;rie de services en dehors des h&#244;pitaux. Ce virage sera appuy&#233; par le d&#233;veloppement technologique des &#171; chirurgies d'un jour &#187;, qui &#233;limine en partie les convalescences de l'h&#244;pital. On parlera aussi de &#171; d&#233;sinstitutionnalisation &#187; en sant&#233; mentale, de &#171; r&#233;insertion sociale &#187; des personnes handicap&#233;es et de &#171; maintien &#224; domicile &#187; des personnes &#226;g&#233;es en perte d'autonomie. L'id&#233;e ma&#238;tresse reste le transfert de la prise en charge des personnes momentan&#233;ment ou durablement d&#233;pendantes des &#233;tablissements vers leur milieu de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;p&#233;rissement du secteur public de sant&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; une croissance importante des besoins, les d&#233;penses publiques en sant&#233; se sont maintenues depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1980 entre 6,4% &#224; 7,4% du PIB. La croissance de la part de la sant&#233; dans le budget de l'&#201;tat n'est attribuable qu'&#224; la diminution des autres d&#233;penses publiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les d&#233;penses de sant&#233; au Qu&#233;bec : La bataille des chiffres, M&#233;moire d&#233;pos&#233; &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un coup de barre est donn&#233; par le gouvernement p&#233;quiste avec sa politique du d&#233;ficit z&#233;ro adopt&#233;e en 1996. La r&#233;forme Rochon est alors accompagn&#233;e de coupes de plus de 1.6 milliards ce qui entra&#238;nent la fermeture de 40 % des &#233;tablissements de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des milliers de postes sont abolis. Les d&#233;parts massifs &#224; la retraite alors encourag&#233;s privent le r&#233;seau d'une pr&#233;cieuse expertise et cr&#233;e une p&#233;nurie durable. On alourdit dangereusement la t&#226;che de travail et on en vient m&#234;me &#224; des situations o&#249; les &#233;tablissements offrent des services en de&#231;&#224; des &#171; services essentiels &#187;. Les employ&#233;s, hommes et femmes, doivent composer avec une forte augmentation de la cadence qui limite le temps disponible pour s'occuper de chaque patient-e et qui affecte la qualit&#233; des soins offerts. Les coupes dans les services d'entretien se combinent avec une croissance des maladies nosocomiales. Les listes d'attente s'allongent pour ne plus diminuer. Les ressources affect&#233;es au service &#224; domicile sont sans commune mesure avec la croissance des besoins caus&#233;s par les r&#233;formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La privatisation de la sant&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce que l'on observe dans le secteur public, la part des d&#233;penses priv&#233;es en sant&#233; au Qu&#233;bec, en particulier les d&#233;penses en assurances priv&#233;es, sont en croissance depuis 30 ans. Dans un contexte de p&#233;nurie de personnel, la privatisation m&#232;ne n&#233;cessairement &#224; la d&#233;gradation du syst&#232;me public universel en drainant les ressources pour celles et ceux qui peuvent se le permettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette privatisation, avec ses milliards en jeu, est une priorit&#233; pour la bourgeoisie qu&#233;b&#233;coise et canadienne. Les m&#233;dias, les &#233;conomistes-mercenaires et les vendeurs d'assurances tels Claude Castonguay et Power corp. d&#233;fendent des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s repris lors de la commission Clair de 2001, le rapport Castonguay de 2008 et dans les &#171; fascicules &#187; du Comit&#233; consultatif sur l'&#233;conomie et les finances publiques de 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La privatisation prend plusieurs formes. On sort les soins du public par la d&#233;sassurance de certains services m&#233;dicaux, le d&#233;veloppement de centres priv&#233;s d'h&#233;bergement, les coop&#233;ratives de sant&#233;, l'instauration de centres m&#233;dicaux sp&#233;cialis&#233;s (CMS) de chirurgie priv&#233;s et la croissance de l'assurance priv&#233;e duplicative. On privatise aussi de l'int&#233;rieur par la sous-traitance des services de soutien (buanderie, services alimentaires, etc.), les agences de placement de personnel, les partenariats public-priv&#233; (PPP) pour la construction et la gestion, le r&#244;le croissant des fondations et l'explosion des co&#251;ts des m&#233;dicaments, au profit des multinationales pharmaceutiques. Ajoutons que le co&#251;t des m&#233;dicaments et le mat&#233;riel de soins, couverts dans les h&#244;pitaux, revient &#224; la charge des malades lorsqu'ils et elles retournent &#224; la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette privatisation est compl&#233;t&#233;e par la sous-traitance communautaire de la sant&#233;, amorc&#233;e dans les ann&#233;es 1980, qui prendra de l'ampleur &#224; partir du Sommet du d&#233;ficit z&#233;ro du Parti Qu&#233;b&#233;cois (PQ) de 1996. On cr&#233;e alors un Chantier de l'&#233;conomie sociale en pervertissant la revendication de la Marche du pain et des roses, qui r&#233;clamait un investissement dans les &#171; infrastructures sociales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nancy Neantam justifie la d&#233;cision de ne pas tenir compte du rapport Entre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. On r&#233;alloue alors des budgets pour permettre le d&#233;veloppement de services comme les entreprises d'&#233;conomie sociale en aide domestique (EESAD).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quinze ans plus tard, on doit constater que, comme l'indique Yves Vaillancourt, &#171; il y a entre 20 % et 25 % des EESAD qui ont &#233;largi leurs services pour inclure les services d'assistance &#224; la personne &#187; et qui se substituent ainsi &#224; des emplois du secteur public. De plus, les 6 000 emplois cr&#233;&#233;s, essentiellement f&#233;minins et souvent &#224; temps partiel, sont toujours l&#224;, &#171; mais est-ce des emplois de qualit&#233; ? Non, selon nos observations [&#8230;] Les EESAD ont de la difficult&#233; &#224; fid&#233;liser leur main-d'&#339;uvre. Cela a &#233;videmment des impacts sur la qualit&#233; des services&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les entreprises d'&#233;conomie sociale en aide domestique : un diagnostic. Une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. &#192; ces emplois sous-pay&#233;s s'ajoute le travail b&#233;n&#233;vole d'un grand nombre de personnes, principalement des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le travail domestique des femmes en sant&#233; et les r&#233;formes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans un contexte de red&#233;finition majeure de l'unit&#233; familiale (divorces, baisse du nombre d'enfants, femmes salari&#233;es) que l'on tente de transf&#233;rer une partie du travail effectu&#233; en institution de sant&#233; vers les &#171; familles &#187; et les &#171; proches aidants &#187;. Ces derniers sont la cible majeure de la Politique de soutien &#224; domicile du Minist&#232;re de la Sant&#233; et des Services sociaux (MSSS), nomm&#233; &lt;i&gt;Chez soi : le premier choix&lt;/i&gt;. On y indique qu'ils et elles &#034;fournissent les trois quarts de l'aide aux personnes ayant une incapacit&#233;. (&#8230;) La grande majorit&#233; des proches-aidants sont des femmes&#034;. En 2006, 64,6 % des heures consacr&#233;es b&#233;n&#233;volement aux soins ou &#224; l'aide aux personnes &#226;g&#233;es, par des personnes y passant plus de 5 heures par semaine, le sont par des femmes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Statistique Canada, Travail non r&#233;mun&#233;r&#233;, groupes d'&#226;ge et sexe pour la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le salaire moyen moins &#233;lev&#233; des femmes, les st&#233;r&#233;otypes f&#233;minins (les aidantes &#171; naturelles &#187; disait-on) et le partage in&#233;quitable des t&#226;ches domestiques expliquent en partie que ce soit les femmes qui sont majoritairement responsables de ce travail b&#233;n&#233;vole et peu reconnu socialement. Parmi les cons&#233;quences de cette t&#226;che plus ou moins impos&#233;e, notons l'accaparement constant, le travail routinier d'entretien du malade, l'isolement, la r&#233;duction des activit&#233;s sociales et la r&#233;duction ou la perte d'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour soutenir ce travail, les moyens sont insuffisants. De l'aide &#224; domicile peut &#234;tre offerte &#224; partir des Centres locaux de services communautaires (CLSC) et des EESAD. Lorsque la perte d'autonomie devient plus importante, les personnes sont dirig&#233;es selon leur probl&#232;me vers les Centre d'h&#233;bergement de soins de longue dur&#233;e (CHSLD) publics, les r&#233;sidences priv&#233;es, dont la qualit&#233; et les co&#251;ts sont variables ou les ressources de type familial (RTF) et les ressources interm&#233;diaires (RI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une perversion des aspirations progressistes et humanistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;formes en sant&#233; ont une origine contradictoire. Du c&#244;t&#233; gauche, on a remis en question le contr&#244;le des m&#233;decins, la surm&#233;dicamentation et l'institutionnalisation massive et &#224; long terme des personnes en perte d'autonomie tout en d&#233;fendant l'id&#233;e de r&#233;insertion sociale et d'humanisation des soins. Les groupes de femmes et les groupes de d&#233;fense des personnes handicap&#233;es ont jou&#233; &#224; cet &#233;gard un r&#244;le important. Du c&#244;t&#233; droit, on a cherch&#233; &#224; appliquer les politiques n&#233;olib&#233;rales de r&#233;duction de l'&#201;tat social par la privatisation des services publics, entre autres, en s'appuyant sur le b&#233;n&#233;volat principalement f&#233;minin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sous-financement li&#233; &#224; ces r&#233;formes a men&#233; &#224; une d&#233;gradation de la condition des femmes comme travailleuses du secteur public et communautaire ainsi que comme proches aidantes. En tant que principales responsables de l'utilisation des services de sant&#233; pour les enfants, elles doivent composer avec un allongement des listes d'attente et une croissance des co&#251;ts, qui seront dangereusement augment&#233;s par la tarification pr&#233;vue au budget de 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, les plus riches, qui jouissent des baisses d'imp&#244;t &#8211; ce qui est &#224; la base du probl&#232;me &#8211;, peuvent se b&#226;tir un syst&#232;me de sant&#233; priv&#233; parall&#232;le tout en profitant des nouvelles opportunit&#233;s d'investissement offertes par le march&#233; de la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;forme de l'&#233;ducation, int&#233;gration des &#233;l&#232;ves en difficult&#233;s et les femmes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite du rapport Parent, le Qu&#233;bec s'est dot&#233; d'un syst&#232;me public d'&#233;ducation qui a permis de combler une bonne partie du retard dans lequel l'&#233;ducation priv&#233;e et cl&#233;ricale l'avait enferm&#233;. Ce nouveau mod&#232;le de formation g&#233;n&#233;rale des jeunes sera remis en question durant les ann&#233;es 1980 et 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, les groupes de parents remettent en question les classes sp&#233;ciales pour les &#233;l&#232;ves handicap&#233;s ou en difficult&#233; d'adaptation ou d'apprentissage (HDAA). L'int&#233;gration de ces &#233;l&#232;ves en classe r&#233;guli&#232;re augmente au long les ann&#233;es 1980 et 1990. La politique d'adaptation scolaire, adopt&#233;e en 1999, confirme la priorit&#233; donn&#233;e &#224; l'int&#233;gration des &#233;l&#232;ves en difficult&#233; en classe r&#233;guli&#232;re sauf &#171; si cette int&#233;gration constitue une contrainte excessive pour la commission scolaire ou qu'elle porte atteinte de fa&#231;on importante aux droits des autres &#233;l&#232;ves&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jocelyn Berthelot (CSQ), Une &#233;cole pour le monde, une &#233;cole pour tout le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, le rapport final des &#201;tats g&#233;n&#233;raux de l'&#233;ducation de 1995 synth&#233;tise les critiques de plusieurs acteurs progressistes en r&#233;clamant de &#171; remettre l'&#233;cole sur ses rails en mati&#232;re d'&#233;galit&#233; des chances &#187;. On y d&#233;non&#231;ait que :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;la stratification des lieux scolaires s'est install&#233;e, avec ses pratiques de s&#233;lection, cr&#233;ant sa minorit&#233; d'&#233;lus et son contingent d'exclus [&#8230;] En r&#233;action contre ce qu'il percevait comme la fuite de nombre de ses meilleurs &#233;l&#233;ments, le r&#233;seau public a mis sur pied ses propres fili&#232;res d'&#233;lites [&#8230;] Le r&#233;sultat est alarmant : la classe ordinaire de l'&#233;cole publique croule sous le fardeau p&#233;dagogique que lui imposent nos choix sociaux en mati&#232;re d'&#233;ducation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Berthelot, op.cit., p. 9.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En laissant cette tendance &#224; la privatisation et la stratification s'amplifier, la ministre Pauline Marois entreprend une vaste r&#233;forme mise en place dans un contexte de coupes budg&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;p&#233;rissement du secteur public et int&#233;gration&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les coupes du d&#233;ficit z&#233;ro ont diminu&#233; les d&#233;penses en &#233;ducation de 12,6 % en faisant passer la d&#233;pense globale en &#233;ducation par rapport au PIB de 8,7 % en 1995 &#224; 7,6 % en 1997. Dans les commissions scolaires, l'action syndicale permet de sauvegarder les 3000 postes enseignants qui devaient &#234;tre abolis en diminuant les conditions salariales et les avantages sociaux. On ne peut par contre &#233;viter une diminution des conditions de travail et une augmentation de la t&#226;che, qui prend entre autres la forme d'une diminution des services aux &#233;l&#232;ves en difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, des commissions scolaires se donneront des cibles quantitatives d'int&#233;gration des &#233;l&#232;ves en difficult&#233;s dans les classe r&#233;guli&#232;res, ind&#233;pendamment des capacit&#233;s et besoins des &#233;l&#232;ves et sans &#233;gard aux conditions d'apprentissage de la classe. On se retrouve alors &#224; int&#233;grer des cas toujours plus lourds d'&#233;l&#232;ves en difficult&#233; qui auraient &#233;t&#233; autrement dans des classes sp&#233;ciales, tout en r&#233;duisant les services professionnels et de soutien auxquels ils ont droit. Cette int&#233;gration continue d'augmenter, en passant de 58% &#224; 64% entre 2001-2002 et 2008-2009 alors que sur la m&#234;me p&#233;riode, le nombre d'&#233;l&#232;ve HDAA a subit une augmentation fulgurante de 59% au secondaire et de 20% au primaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daphn&#233;e Dion-Viens, &#171; &#201;l&#232;ves en difficult&#233; : hausse &#034;troublante&#034; du nombre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le taux d'obtention d'un premier dipl&#244;me au secondaire avant l'&#226;ge de 20 ans, qui &#233;tait en hausse spectaculaire depuis la R&#233;forme Parent. Cette tendance se retourne avec les coupes du d&#233;ficit z&#233;ro en passant de 72,3 % en 1998-99 &#224; 65,8 % en 2002-2003, alors que les &#201;tats g&#233;n&#233;raux visaient 85 % en 2010 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enseignants du primaire et du secondaire, qui sont principalement et de plus en plus des enseignantes, subissent ainsi un alourdissement de leur t&#226;che. Elles se retrouvent trop souvent seules &#224; porter le fardeau de l'int&#233;gration, avec les difficult&#233;s de gestion de classe et les batailles &#224; mener afin d'obtenir des services que cette situation implique. Pour se prot&#233;ger, de plus en plus diminue leur t&#226;che, et leur salaire, lorsque ce n'est pas le burn-out ou carr&#233;ment la d&#233;sertion de la profession, comme le font 20% d'entre elles dans les 5 premi&#232;res ann&#233;es dans les &#233;coles. Comme l'indique les recherches sur les emplois f&#233;minins, &#171; c'est seulement lorsqu'elles ont l'impression de ne plus &#234;tre capables de prendre soin ad&#233;quatement de ceux dont elles de sentent responsable qu'elles risquent l'&#233;puisement professionnel &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Karen Messing, La sant&#233; des travailleuses, la science est-elle aveugle ?, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces difficult&#233;s se r&#233;percutent sur les m&#232;res, qui sont dans la famille les premi&#232;res responsables du soutien &#224; l'apprentissage de leur enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Privatisation et stratification sociale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'Ontario subventionne seulement 1 % des co&#251;ts des &#233;coles priv&#233;es, le Qu&#233;bec en subventionne 60 %, soit pr&#232;s de 400 millions $. De l'ann&#233;e 1999-2000 &#224; 2007-2008, on note une croissance du nombre d'&#233;l&#232;ve au priv&#233; de 15 % au secondaire, le priv&#233; s'accaparant 18,3% des &#233;l&#232;ves, et une croissance de 100 % au primaire, avec 10.3 % des &#233;l&#232;ves au priv&#233; en 2007-2008. La majorit&#233; de ces &#233;coles s&#233;lectionne par les notes ou le portefeuille leurs &#233;l&#232;ves et expulsent ou refusent celles et ceux qui ont des difficult&#233;s, ce qui leur permet de rester en t&#234;te du &#171; palmar&#232;s &#187; annuel de l'Institut &#233;conomique de Montr&#233;al. Les parents qui y inscrivent leurs enfants ne b&#233;n&#233;ficierons pas de meilleurs enseignantes, mais &#233;viterons que leurs enfants c&#244;toient des &#233;l&#232;ves provenant des milieux d&#233;favoris&#233;s. Dans certains milieux, le repli sur des &#233;coles religieuses permet un enfermement communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;action, les &#233;coles publiques multiplient les projets particuliers s&#233;lectifs. Ces projets en art, sport, langue ou au Programme d'&#233;ducation internationale (PEI) sont rarement offerts &#224; tous. On retire plut&#244;t des classes r&#233;guli&#232;res les &#233;l&#232;ves les plus adapt&#233;s &#224; l'&#233;cole. Cet &#233;cr&#233;mage a un effet n&#233;gatif sur l'ensemble des &#233;l&#232;ves, qui ne b&#233;n&#233;ficie plus des avantage d'une h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; &#233;quilibr&#233;e (classe comportant des forts, des moyens et des faibles)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid, p.148-151.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette dynamique d&#233;t&#233;riore les classes r&#233;guli&#232;res, o&#249; l'on extrait les &#233;l&#232;ves les plus adapt&#233;es et l'on ajoute des &#233;l&#232;ves en difficult&#233;s, avec tous ce que &#231;a peut impliquer pour les enseignant-e-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;forme et perversion des aspirations progressistes et humanistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;gration des &#233;l&#232;ves en difficult&#233; en classe r&#233;guli&#232;re est justifi&#233;e par le principe d'&#233;galit&#233; des chances, par l'objectif de favoriser les apprentissages, par l'id&#233;al d'insertion sociale et par l'obligation de respecter les Chartes. Loin de ces objectifs et principes progressistes, les gouvernements n&#233;olib&#233;raux et les administrations scolaires ont favoris&#233; l'int&#233;gration pour faire balancer leur budget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'application de l'approche par comp&#233;tence (APC) aux commissions scolaires est inspir&#233;e &#224; la fois par le besoin de former de la main-d'&#339;uvre flexible et par la tentative de renouvellement des m&#233;thodes p&#233;dagogiques. L'application concr&#232;te de la r&#233;forme du curriculum, bas&#233;e sur l'APC et le rehaussement des programmes, camouflera par ses principes p&#233;dagogiques les effets n&#233;gatifs de l'int&#233;gration sans ressources. Le principe de &#171; diff&#233;renciation p&#233;dagogique &#187;, appliqu&#233; depuis longtemps par les enseignant-es, est repris par le discours de la R&#233;forme pour indiquer aux enseignantes qu'elles n'ont qu'&#224; adapter leur enseignement pour r&#233;pondre aux besoins particuliers des &#233;l&#232;ves en difficult&#233;, malgr&#233; le manque de temps et de ressources. On leur impute donc enti&#232;rement la responsabilit&#233; d'amener chaque &#233;l&#232;ve au meilleur de ses possibilit&#233;s, peu importe leur contexte d'enseignement et les &#233;carts existant entre les &#233;l&#232;ves du groupe. D'autres mesures associ&#233;es &#224; la R&#233;forme, telles le non-redoublement des &#233;l&#232;ves, permettront de cacher les difficult&#233;s provoqu&#233;es par l'int&#233;gration en masquant leur impact statistique. Les enseignantes se retrouvent alors coinc&#233;es entre une ouverture p&#233;dagogique alternative et une d&#233;gradation de leurs conditions d'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une contre-tendance : la petite enfance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines mesures progressistes serons instaur&#233;es avec la R&#233;forme de l'&#233;ducation, telle la maternelle &#224; temps plein &#224; cinq ans, le d&#233;veloppement des services de garde en milieu scolaire ainsi que le r&#233;seau des Centres de la petite enfance (CPE) &#224; cinq puis sept dollars. Les services de garde en milieu familiale, &#224; sept dollars ou non, compl&#232;tent le tableau en offrant des services de qualit&#233; variable par des &#233;ducatrices sous-pay&#233;es. Fruit de la lutte des femmes, ces avanc&#233;es sont aussi pour le gouvernement une politique nataliste, un moyen d'augment&#233; le taux d'activit&#233; des femmes et de ralentir le vieillissement de la population. La lutte pour la syndicalisation des &#233;ducatrices en CPE, puis celle des responsables d'un service de garde en milieu familial, am&#233;liore grandement leurs conditions de travail difficiles. Par contre le gouvernement lib&#233;ral favorise toujours le d&#233;veloppement des garderies priv&#233;es alors que des ministres profitent de la p&#233;nurie au public pour &#171; vendre des places &#187; afin de financer le parti lib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre mesure progressiste majeure des derni&#232;res ann&#233;es est l'adoption, en 2006, du r&#233;gime qu&#233;b&#233;cois d'assurance parentale (RAQP) public pour les salari&#233;s et travailleur-se-s autonome. Cette mesure permet de vivre une maternit&#233; dans de bonne condition et de stimuler l'implication des p&#232;res aupr&#232;s des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour un r&#233;investissement public massif dans les services publics&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les politiques n&#233;olib&#233;rales, appliqu&#233;es depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1980, ont provoqu&#233; une polarisation de la richesse et une stagnation des conditions de vie de la majorit&#233; de la population, malgr&#233; la croissance &#233;conomique. Ces politiques ont &#233;t&#233; appliqu&#233;es aux services publics scolaires et de sant&#233; principalement sous la forme de coupure et de privatisation. Ces mesures se sont combin&#233;es &#224; des r&#233;formes qui ont, directement ou indirectement, justifi&#233;es la r&#233;duction des services sp&#233;cialis&#233;s pour les personnes en difficult&#233;. En combinant l'exploitation capitaliste et l'oppression patriarcale, ces d&#233;cisions ont pes&#233;es principalement sur le dos des femmes, travailleuses ou proche aidantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les coupes des services professionnels aux personnes en difficult&#233; sont en partie pellet&#233;es sur le dos de femmes hors du syst&#232;me public de la sant&#233;, du c&#244;t&#233; de l'&#233;ducation, les cons&#233;quences restent principalement &#224; l'interne, sur les &#233;paules des enseignantes des classes r&#233;guli&#232;res. On note m&#234;me une contre-tendance par l'extension de la prise en charge publique de la petite enfance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une longue p&#233;riode de sous-financement, il est donc n&#233;cessaire d'augmenter massivement le financement public dans les services publics, en particulier en sant&#233;, en &#233;ducation et dans la petite enfance. Combin&#233;e &#224; la lutte contre la tarification et la privatisation et pour une fiscalit&#233; plus progressive, cette alternative au budget Bachand de 2010-2011 devrait s'inscrire dans le cadre d'une vaste campagne unissant les mouvements syndicaux, f&#233;ministes et populaires, les groupes de d&#233;fense des personnes avec une incapacit&#233; et la gauche politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;investissement permettrait d'am&#233;liorer les conditions de travail et de vie des travailleuses du secteur public (et communautaire en compl&#233;mentarit&#233;), l'accessibilit&#233; et la qualit&#233; des services offerts &#224; la population, y compris les services &#224; domicile en sant&#233; et l'int&#233;gration des &#233;l&#232;ves en difficult&#233; dans les classes r&#233;guli&#232;res pour ce qui est des &#233;coles. Ces revendications se doivent d'&#234;tre combin&#233;es avec l'instauration d'une plus forte imposition des entreprises et des particuliers plus riches. Il faudrait y ajouter la diminution de certaines d&#233;penses publiques, en reprenant l'exemple de l'Ontario qui a diminu&#233; les co&#251;ts des m&#233;dicaments et qui n'offre presque pas de financement public aux &#233;coles priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette campagne pourrait ouvrir la porte &#224; relancer certains d&#233;bats, telle l'instauration de m&#233;canismes de d&#233;mocratie participative dans la gestion de l'&#201;tat, la syndicalisation des travailleuses communautaires, le partage des t&#226;ches domestiques et la lutte contre les st&#233;r&#233;otypes sexuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concr&#232;tement, le Front commun syndical du secteur public, la Coalition contre la tarification et la privatisation et la Marche mondiale des femmes doivent converger dans leur lutte contre le gouvernement Charest tout en construisant une alternative politique de gauche, Qu&#233;bec solidaire (QS), qui puisse reprendre ses revendications et mettre fin &#224; l'alternance n&#233;olib&#233;rale du PLQ-PQ-ADQ&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme l'indique la F&#233;d&#233;rations des infirmi&#232;res du Qu&#233;bec dans son Sp&#233;cial (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;S&#233;bastien Bouchard, novembre 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Version actualis&#233;e d'un texte paru dans &lt;a href=&#034;http://www.cahiersdusocialisme.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nouveaux Cahiers du socialisme&lt;/a&gt;, no 4. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir, entre autres, Elsa Dorlin (dir), &lt;i&gt;Sexe, race, classe, pour une &#233;pist&#233;mologie de la domination&lt;/i&gt;, Paris, Coll Actuel Marx, PUF, 2009, 313p. &#192; la source de cette r&#233;flexion se trouve les travaux de Friedrich Engels, Auguste Bebel, Clara Zetkin, Alexandra Kollonta&#239;, et plus r&#233;cemment des f&#233;ministes mat&#233;rialistes telles Christine Delphy.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ajoutons que les rapports in&#233;gaux de genre et de classe se combinent &#224; l'oppression sp&#233;cifique des femmes racialis&#233;e, qui se retrouvent &#224; effectuer le travail de reproduction sociale le plus sale et invisible (femme de chambre, aide-m&#233;nag&#232;re, etc.), contrairement aux travailleuses blanches, qui se retrouve plut&#244;t dans les emplois avec un contact social.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Diane Lamoureux, &#171; Un &#201;tat capitaliste certes, mais &#233;galement sexiste et raciste &#187;, publi&#233; dans le num&#233;ro 4 des &lt;i&gt;Nouveaux Cahiers du socialisme&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Institut de la statistique du Qu&#233;bec, &lt;i&gt;Donn&#233;es sociales du Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, &#233;dition 2009, Chapitre IX. Cit&#233; dans &lt;i&gt;Portrait des femmes en 8 temps&lt;/i&gt;, produit par le Gouvernement du Qu&#233;bec, 3e &#233;dition, f&#233;vrier 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Les d&#233;penses de sant&#233; au Qu&#233;bec : La bataille des chiffres&lt;/i&gt;, M&#233;moire d&#233;pos&#233; &#224; la Commission des affaires sociales par Fran&#231;ois B&#233;land du D&#233;partement d'administration de la sant&#233; Universit&#233; de Montr&#233;al, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nancy Neantam justifie la d&#233;cision de ne pas tenir compte du rapport &lt;i&gt;Entre l'espoir et le doute&lt;/i&gt;, qui fait suite &#224; la Marche, en affirmant qu'il &#171; a mis de l'avant une s&#233;rie de crit&#232;res et de normes, ce qui &#224; mon avis est &#224; l'oppos&#233; de l'entrepreneurship &#187; Gis&#232;le Dussault, &#8220;L'&#233;conomie sociale en chantier, rencontre avec Nancy Neamtam&#8221; dans &lt;i&gt;&#201;conomie locale et territoire&lt;/i&gt;, Qu&#233;bec, Avril 1997, vol. 1, n&#176; 3, p. 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Les entreprises d'&#233;conomie sociale en aide domestique : un diagnostic. Une entrevue avec Yves Vaillancourt &#187;, &lt;i&gt;Bulletin d'information LAREPPS-ESSBE&lt;/i&gt;, , vol. 2, n&#176; 3, janvier-f&#233;vrier 2010, p.1- 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Statistique Canada, &lt;i&gt;Travail non r&#233;mun&#233;r&#233;, groupes d'&#226;ge et sexe pour la population de 15 ans et plus, pour le Canada, les provinces, les territoires, les divisions de recensement et les subdivisions de recensement&lt;/i&gt;, Recensement de 2006&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jocelyn Berthelot (CSQ), &lt;i&gt;Une &#233;cole pour le monde, une &#233;cole pour tout le monde&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, VLB &#233;diteur, 2006.p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Berthelot, &lt;i&gt;op.cit.&lt;/i&gt;, p. 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Daphn&#233;e Dion-Viens, &#171; &#201;l&#232;ves en difficult&#233; : hausse &#034;troublante&#034; du nombre de cas &#187;, &lt;i&gt;Le Soleil&lt;/i&gt;, 17 mai 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Karen Messing, &lt;i&gt;La sant&#233; des travailleuses, la science est-elle aveugle ?&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, &#201;ditions Remue-m&#233;nage, 2000 (1998), p.169.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;, p.148-151.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme l'indique la F&#233;d&#233;rations des infirmi&#232;res du Qu&#233;bec dans son &lt;i&gt;Sp&#233;cial &#233;lection Qu&#233;bec 2008&lt;/i&gt; : &#171; QS est le parti ayant exprim&#233; le mieux sa volont&#233; de pr&#233;server et de d&#233;velopper sans &#233;quivoque le syst&#232;me public de sant&#233;. &#192; l'analyse, il semble de plus en plus difficile de d&#233;partager les orientations du PLQ et du PQ. Tout au plus pouvons-nous affirmer que le PQ n'est pas pr&#234;t &#224; aller aussi rapidement que le PLQ, mais tous les deux vont bel et bien dans la m&#234;me direction : la privatisation du syst&#232;me de sant&#233; et de services sociaux du Qu&#233;bec est &#224; leur menu respectif &#187; (p.7).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La r&#233;volution f&#233;ministe silencieuse du monde arabe</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-revolution-feministe-silencieuse-du-monde-arabe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/La-revolution-feministe-silencieuse-du-monde-arabe</guid>
		<dc:date>2011-02-24T15:53:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gema Mart&#237;n-Mu&#241;os</dc:creator>


		<dc:subject>Situation des femmes</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Monde arabe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les soci&#233;t&#233;s arabes sont souvent per&#231;ues par les &#233;trangers comme rigides et r&#233;sistantes au changement, parce qu'ils ne les voient que par leurs r&#233;gimes dirigeants, lesquels r&#233;sistent effectivement au d&#233;veloppement et au changement. Mais cette image est loin d'&#234;tre conforme &#224; la r&#233;alit&#233; des pays arabes o&#249; un &#233;norme dynamisme g&#233;n&#232;re de nombreux types de changements, m&#234;me si &#224; des vitesses diff&#233;rentes et de mani&#232;re complexe et contradictoire - particuli&#232;rement lorsque le changement initi&#233; par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH104/arton3115-dd52f.jpg?1629994286' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les soci&#233;t&#233;s arabes sont souvent per&#231;ues par les &#233;trangers comme rigides et r&#233;sistantes au changement, parce qu'ils ne les voient que par leurs r&#233;gimes dirigeants, lesquels r&#233;sistent effectivement au d&#233;veloppement et au changement. Mais cette image est loin d'&#234;tre conforme &#224; la r&#233;alit&#233; des pays arabes o&#249; un &#233;norme dynamisme g&#233;n&#232;re de nombreux types de changements, m&#234;me si &#224; des vitesses diff&#233;rentes et de mani&#232;re complexe et contradictoire - particuli&#232;rement lorsque le changement initi&#233; par la base est brid&#233; par le haut de la pyramide.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Prenons le cas des femmes arabes. L'image pr&#233;dominante est celle d'une femme-victime, passive, exotique, voil&#233;e, qui r&#233;agit aux &#233;v&#232;nements plus qu'elle n'y participe activement. Elle est un objet impersonnel de st&#233;r&#233;otypes communautaires nourrissant des pr&#233;judices culturels.&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;alit&#233;, les soci&#233;t&#233;s arabes sont engag&#233;es dans un processus de bouleversement immense et irr&#233;versible dans lequel les femmes jouent un r&#244;le crucial. Au cours du demi-si&#232;cle &#233;coul&#233;, l'intense urbanisation et la f&#233;minisation de la main d'&#339;uvre dans l'ensemble des pays arabes ont massivement propuls&#233; les femmes au c&#339;ur de l'ar&#232;ne publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant cette p&#233;riode, les diff&#233;rences entre les niveaux de scolarisation des gar&#231;ons et des filles se sont partout r&#233;duites - bien qu'&#224; des rythmes diff&#233;rents. Dans de nombreux pays arabes, en effet, bien plus de filles que de gar&#231;ons poursuivent leurs &#233;tudes dans le secondaire et &#224; l'universit&#233;, ce qui montre que les parents consid&#232;rent l'&#233;ducation de leurs filles comme &#233;tant aussi importante que celle de leurs gar&#231;ons. Et toutes les enqu&#234;tes montrent que les jeunes hommes et femmes veulent &#233;tudier et trouver un travail avant de se marier. (Ils veulent en outre de plus en plus choisir eux-m&#234;mes leur partenaire.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, l'&#233;volution d&#233;mographique ainsi que les facteurs sociaux et &#233;conomiques affectant l'&#233;ducation et le travail imposent de profonds changements au mod&#232;le traditionnel de la famille arabe. Les mariages plus tardifs et la baisse de la fertilit&#233; - r&#233;sultant d'une plus large utilisation de la contraception artificielle - r&#233;duisent la taille de la famille, la rapprochant du mod&#232;le occidental de la &#171; famille nucl&#233;aire &#187;. La r&#233;gion du Maghreb est peut-&#234;tre en t&#234;te de cette tendance, mais le ph&#233;nom&#232;ne est observable partout dans le monde arabe, m&#234;me dans les &#201;tats les plus conservateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce nouveau mod&#232;le familial a tant gagn&#233; en force qu'il s'impose m&#234;me en milieu rural o&#249; le d&#233;clin de l'&#233;conomie agraire s'accompagne d'une forte tendance vers des familles plus petites. Cette &#233;volution se fait &#224; des rythmes diff&#233;rents d'un pays &#224; l'autre du monde arabe mais se constate simultan&#233;ment dans les villes et dans les campagnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans surprise, ces changements ont conduit &#224; une redistribution du pouvoir entre les a&#238;n&#233;s et les jeunes - et entre les hommes et les femmes. Nous constatons aujourd'hui un affaiblissement progressif du patriarcat, renforc&#233; par le glissement de la famille traditionnelle vers une famille plus nucl&#233;aire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien s&#251;r, ces changements ne sont pas en totale rupture avec le pass&#233;. Tout changement est le reflet de compromis locaux avec la tradition et avec les lois patriarcales, et des diff&#233;rents degr&#233;s d'ajustements entre les modes de vie anciens et nouveaux. L'&#233;volution est cependant notablement plus faible et plus complexe dans des pays comme la Palestine et l'Irak, compte tenu des graves conflits qu'ils endurent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dynamiques du changement dans les soci&#233;t&#233;s arabes s'accompagnent rarement de changements dans le syst&#232;me politique. La plupart des &#201;tats r&#233;sistent &#224; l'id&#233;e de transf&#233;rer les processus de transformation sociale dans leur cadre juridique. Ils craignent, &#224; raison, qu'&#233;largir les libert&#233;s et d&#233;velopper l'autonomie individuelle &#224; l'int&#233;rieur de la famille - et donc affaiblir l'autorit&#233; patriarcale - pourrait entra&#238;ner une remise en question de la base id&#233;ologique du pouvoir de l'&#201;tat par l'opinion publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence, les gouvernements invoquent un peu partout les normes religieuses, et, dans une moindre mesure, les r&#233;f&#233;rences &#224; la tradition, de mani&#232;re &#224; l&#233;gitimer la perp&#233;tuation de la loi patriarcale. &#171; Le f&#233;minisme d'&#201;tat &#187; rel&#232;ve g&#233;n&#233;ralement plus d'une rh&#233;torique ou d'un symbolisme politique, visant principalement &#224; projeter une image progressive &#224; l'international, que d'un r&#233;el moteur de changement. Il ne fait aucun doute, cependant, que les autorit&#233;s politiques de la r&#233;gion, pas moins que les familles elles-m&#234;mes, seront oblig&#233;es d'admettre les inconsistances du mod&#232;le traditionnel lorsqu'il est question de l'&#233;volution de la condition de la femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce changement en affectera beaucoup d'autres, et devra &#234;tre analys&#233; tant d'une perspective arabe, que d'une perspective ext&#233;rieure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela est particuli&#232;rement n&#233;cessaire parce que la situation des femmes est l'un des principaux indices utilis&#233;s par le monde ext&#233;rieur, et particuli&#232;rement par l'Occident, pour &#233;valuer le monde arabe. Et, malheureusement, de telles analyses tendent &#224; se concentrer sur l'immobilisme suppos&#233; d&#233;rivant des normes islamiques et emp&#234;che de constater les r&#233;els changements qui se d&#233;roulent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la vision pr&#233;dominante que les &#233;trangers ont des soci&#233;t&#233;s arabes les emp&#234;che souvent de se lib&#233;rer de leur sentiment quant au fait que l'Islam confine toutes les femmes de la m&#234;me mani&#232;re, alors qu'en r&#233;alit&#233; elles vivent des conditions tr&#232;s diff&#233;rentes. Cela emp&#234;che beaucoup de gens de voir, et encore plus d'&#233;valuer, les profonds changements qui sont en cours dans les soci&#233;t&#233;s arabes - et jusqu'&#224; quel point les femmes sont les forces motrices de ces changements. L'Occident risque donc de se priver d'une importante cl&#233; pour comprendre le monde arabe d'aujourd'hui, et ce qu'il sera demain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;* Gema Mart&#237;n-Mu&#241;os, Directrice de la Casa &#193;rabe et professeure en sociologie du monde arabe et islamique &#224; l'Universit&#233; autonome de Madrid. Opinion publi&#233;e dans La Libre Belgique, 27 d&#233;cembre 2010.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Femmes de ma&#239;s</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Femmes-de-mais</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Femmes-de-mais</guid>
		<dc:date>2010-09-22T01:23:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Esther Vivas</dc:creator>


		<dc:subject>Situation des femmes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans les pays du Sud, les femmes sont les principales productrices de nourriture, elles sont charg&#233;es de travailler la terre, de maintenir les semences, de r&#233;colter les fruits, d'obtenir de l'eau, etc. Entre 60 et 80% de la production vivri&#232;re de ces pays est assur&#233;e par les femmes, pour 50% au niveau mondial. Celles-ci sont les principales productrices de cultures de base comme le riz, le bl&#233; et le ma&#239;s, qui alimentent les populations les plus pauvres du Sud mondialis&#233;. Mais en d&#233;pit de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L101xH150/arton3016-ca6d6.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='101' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans les pays du Sud, les femmes sont les principales productrices de nourriture, elles sont charg&#233;es de travailler la terre, de maintenir les semences, de r&#233;colter les fruits, d'obtenir de l'eau, etc. Entre 60 et 80% de la production vivri&#232;re de ces pays est assur&#233;e par les femmes, pour 50% au niveau mondial. Celles-ci sont les principales productrices de cultures de base comme le riz, le bl&#233; et le ma&#239;s, qui alimentent les populations les plus pauvres du Sud mondialis&#233;. Mais en d&#233;pit de leur r&#244;le cl&#233; dans l'agriculture et dans l'alimentation, elles sont, de m&#234;me que les enfants, les plus fr&#233;quents victimes de la faim.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les femmes paysannes ont assum&#233; depuis des si&#232;cles la responsabilit&#233; des t&#226;ches domestiques, des soins aux personnes, de l'alimentation de leurs familles, de la culture pour l'auto-consommation et la commercialisation de quelques exc&#233;dents de leurs vergers. Elles ont eu la charge du travail reproductif, productif et communautaire, occupant ainsi une sph&#232;re priv&#233;e et invisible. En revanche, les principales transactions &#233;conomiques agricoles ont &#233;t&#233;, traditionnellement, r&#233;alis&#233;es par les hommes dans les foires, avec la vente et l'achat d'animaux, la commercialisation de grandes quantit&#233;s de c&#233;r&#233;ales... occupant la sph&#232;re publique paysanne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette division des r&#244;les assigne aux femmes l'entretien de la maison, la sant&#233; et l'&#233;ducation de leurs familles, et conf&#232;re aux hommes la gestion de la terre et de l'outillage, donc en d&#233;finitive de la technique, et maintient intacts les r&#244;les respectivement assign&#233;s aux femmes et aux hommes qui depuis des si&#232;cles, et jusqu'&#224; aujourd'hui, perdurent dans nos soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, dans de nombreuses r&#233;gions du Sud mondialis&#233; en Am&#233;rique latine, en Afrique subsaharienne et dans le Sud de l'Asie, il existe une notable f&#233;minisation du travail agricole salari&#233;. Entre 1994 et 2000, les femmes ont occup&#233; 83% des nouveaux emplois dans le secteur de l'exportation agricole non traditionnelle. Mais cette dynamique s'est accompagn&#233;e d'une division marqu&#233;e de genre : dans les plantations les femmes r&#233;alisent les t&#226;ches non qualifi&#233;es, comme la r&#233;colte et l'emballage, pendant que les hommes dirigent la r&#233;colte et la plantation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette incorporation de la femme dans le milieu du travail r&#233;mun&#233;r&#233; implique une double charge de travail pour les femmes, qui continuent les soins &#224; leurs familles en m&#234;me temps qu'elles travaillent pour obtenir des revenus, majoritairement en emploi pr&#233;caire. Celles-ci doivent compter avec des conditions de travail pires encore que celles de leurs compagnons et une r&#233;mun&#233;ration &#233;conomique inf&#233;rieure pour les m&#234;mes t&#226;ches, ce qui les oblige &#224; travailler plus longtemps pour percevoir les m&#234;mes revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre difficult&#233; est l'acc&#232;s &#224; la terre. Dans diff&#233;rents pays du Sud, les lois leur interdisent ce droit. Et dans ceux o&#249; l&#233;galement elles l'ont, les traditions et les pratiques les emp&#234;chent d'en disposer. Mais ce probl&#232;me ne se pose pas seulement dans le Sud mondialis&#233;. En Europe, les droits de nombreuses paysannes ne sont pas reconnus, puisque la propri&#233;t&#233; de l'exploitation, le paiement de la S&#233;curit&#233; Sociale, etc. sont habituellement r&#233;serv&#233;s aux hommes, bien que les femmes travaillent dans les exploitations, &#224; l'&#233;gal de leurs compagnons. En cons&#233;quence, les femmes, venue l'heure de la retraite, ne peuvent compter sur aucune pension, n'ont pas droit aux aides, versements, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement &#233;conomique de la campagne dans les pays du Sud et l'intensification de la migration vers les villes a provoqu&#233; un processus de d&#233;sertification des campagnes. Les femmes sont une composante essentielle de ces flux migratoires, nationaux et internationaux, qui provoquent la d&#233;sarticulation et l'abandon des familles, de la terre et des processus de production, en m&#234;me temps qu'augmente la charge familiale et communautaire des femmes qui restent. En Europe, aux &#201;tats Unis, au Canada... les migrantes en viennent &#224; assumer des travaux autrefois accomplis par les femmes autochtones, reproduisant une spirale d'oppression, de charge et d'invisibilit&#233; des soins et externalisant leur co&#251;t social et &#233;conomique vers les communaut&#233;s d'origine des femmes migrantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'incapacit&#233; des pays occidentaux &#224; r&#233;soudre l'actuelle crise des soins , fruit de l'incorporation massive des femmes au march&#233; du travail, du vieillissement de la population et l'absence de a r&#233;ponse &#224; ces besoins de la part de l'Etat implique l'importation massive de main d'oeuvre f&#233;minine des pays du Sud mondialis&#233;, destin&#233;e au travail domestique et de soins r&#233;mun&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce mod&#232;le agricole n&#233;olib&#233;ral, intensif et insoutenable, qui a d&#233;montr&#233; sa totale incapacit&#233; &#224; satisfaire les besoins alimentaires des personnes et le respect de la nature, et qui est sp&#233;cialement virulent pour les femmes, se pose le paradigme alternatif de la souverainet&#233; alimentaire. Il s'agit de r&#233;cup&#233;rer notre droit &#224; d&#233;cider ce que nous voulons produire pour notre nourriture et comment ; de remettre la terre, l'eau et les semences entre les mains des paysannes et paysans ; de combattre le monopole tout au long de la cha&#238;ne agro-alimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il est n&#233;cessaire que cette souverainet&#233; alimentaire soit profond&#233;ment f&#233;ministe et internationaliste, puisque sa r&#233;ussite sera seulement possible &#224; partir de la pleine &#233;galit&#233; entre hommes et femmes et du libre acc&#232;s aux moyens de production, distribution et consommation d'aliments, ainsi qu'&#224; partir de la solidarit&#233; entre les peuples, loin des proclamations chauvines de &#8220;priorit&#233; &#224; nous&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut revendiquer le r&#244;le des paysannes dans la production agricole et alimentaire et reconna&#238;tre le r&#244;le des &#034;femmes de ma&#239;s&#034;, elles qui travaillent la terre. Rendre visible l'invisible. Et promouvoir des alliances entre femmes rurales et urbaines, du Nord et du Sud. Globaliser les r&#233;sistances... au f&#233;minin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Esther Vivas a publi&#233; en fran&#231;ais &#171; En campagne contre la dette &#187; (Syllepse, 2008). Elle est coordinatrice des livres en espagnol &#171; Supermarch&#233;s, non merci &#187; et &#171; O&#249; va le commerce &#233;quitable ? &#187;. Elle est membre de la r&#233;daction de la revue Viento Sur.&lt;br class='autobr' /&gt;
** Article publi&#233; dans P&#250;blico, 24/08/2010.&lt;br class='autobr' /&gt;
*** Tradu&#239;t per G&#233;rard Jugant de editat per Mich&#232;le Mialane de Tlaxcala.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;+ info : &lt;a href=&#034;http://esthervivas.wordpress.com/francais&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://esthervivas.wordpress.com/francais&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>A propos du dernier rapport du BIT : r&#233;flexions critiques</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/A-propos-du-dernier-rapport-du-BIT-reflexions-critiques</link>
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		<dc:date>2007-03-09T21:58:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles-Andr&#233; Udry</dc:creator>


		<dc:subject>Situation des femmes</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le 7 mars, le BIT (Bureau international du Travail) publiait son nouveau rapport sur &#171; Les tendances mondiales de l'emploi des femmes &#187;, &#224; l'occasion du 8 mars 2007. [1]. &lt;br class='autobr' /&gt; Il constate que les femmes qui travaillent sont plus nombreuses que jamais, mais que des disparit&#233;s de statut, de s&#233;curit&#233; de l'emploi, de salaires et d'&#233;ducation entre hommes et femmes contribuent &#224; la &#171; f&#233;minisation des travailleurs pauvres &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Selon l'&#233;tude publi&#233;e, le nombre de femmes pr&#233;sentes sur le march&#233; du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 7 mars, le BIT (Bureau international du Travail) publiait son nouveau rapport sur &#171; Les tendances mondiales de l'emploi des femmes &#187;, &#224; l'occasion du 8 mars 2007. [1].&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il constate que les femmes qui travaillent sont plus nombreuses que jamais, mais que des disparit&#233;s de statut, de s&#233;curit&#233; de l'emploi, de salaires et d'&#233;ducation entre hommes et femmes contribuent &#224; la &#171; f&#233;minisation des travailleurs pauvres &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l'&#233;tude publi&#233;e, le nombre de femmes pr&#233;sentes sur le march&#233; du travail - titulaires d'un emploi ou en recherche active - atteint des sommets. En 2006, le BIT a estim&#233; que les femmes repr&#233;sentaient &#171; 1,2 milliard sur 2,9 milliards de travailleurs dans le monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, de plus en plus de femmes sont au ch&#244;mage (81,8 millions), selon la m&#234;me &#233;tude. Qui ajoute : &#171; De plus en plus [de femmes] sont confin&#233;es dans des emplois peu productifs du secteur de l'agriculture et des services, ou encore sont moins r&#233;mun&#233;r&#233;es que les hommes pour des postes comparables. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le BIT ajoute que la proportion des femmes en &#226;ge de travailler qui disposent d'un emploi, ou qui en cherchent un, a cess&#233; d'augmenter et d&#233;cline m&#234;me dans certaines r&#233;gions, en partie &#171; du fait d'un plus grand nombre de jeunes femmes qui &#233;tudient plut&#244;t que de travailler &#187;. Et apr&#232;s les &#171; &#233;tudes &#187; ? Et quels types d'&#233;tudes ? Quant aux chiffres sur le ch&#244;mage, ils semblent plus que discutables...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le directeur du BIT Juan Somavia - de nationalit&#233; chilienne, il a pris ses fonctions en 1999 et son mandat a &#233;t&#233; renouvel&#233; en mars 2003 pour une dur&#233;e de cinq ans - d&#233;clare lors de la pr&#233;sentation de ce rapport : &#171; En d&#233;pit de quelques progr&#232;s, beaucoup trop de femmes sont encore bloqu&#233;es dans des travaux peu r&#233;mun&#233;r&#233;s, souvent dans l'&#233;conomie informelle, sans quasiment de protection juridique, peu ou pas de protection sociale et une tr&#232;s forte pr&#233;carit&#233;. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ajoute : &#171; Promouvoir le travail d&#233;cent comme instrument fondamental du combat mondial pour l'&#233;galit&#233; entre hommes et femmes est un travail de longue haleine qui permettra d'augmenter les r&#233;mun&#233;rations et d&#233;velopper les opportunit&#233;s d'emploi pour les femmes et sortir les familles de la pauvret&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport indique ses bonnes intentions et celles du BIT : &#171; On [qui est-ce ?] doit donner aux femmes la possibilit&#233; de travailler pour se sortir, elles et leur famille, de la pauvret&#233; en cr&#233;ant des opportunit&#233;s d'emplois d&#233;cents qui leur permettront d'exercer une activit&#233; productive et r&#233;mun&#233;ratrice dans des conditions de libert&#233;, de s&#233;curit&#233; et de dignit&#233; humaine. Sinon, le processus de f&#233;minisation des travailleurs pauvres se poursuivra et se transmettra &#224; la prochaine g&#233;n&#233;ration. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport note aussi, qu'aujourd'hui, davantage de femmes en &#226;ge de travailler occupent un emploi salari&#233; (47,9 pour cent) qu'il y a dix ans (42,9 pour cent).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec une sophistication socio-&#233;conomique toute particuli&#232;re, le rapport met en relief que &#171; plus une r&#233;gion est pauvre, plus les femmes risquent, davantage que les hommes, d'occuper des emplois familiaux non r&#233;mun&#233;r&#233;s ou de travailler &#224; leur compte pour de faibles revenus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, faisant coexister un v&#339;u et un constat, le BIT r&#233;v&#232;le toute l'ambigu&#239;t&#233; de ce genre de rapport et, plus g&#233;n&#233;ralement, de ses &#233;tudes : &#171; Acc&#233;der &#224; un emploi salari&#233; et r&#233;mun&#233;r&#233; est une &#233;tape essentielle vers la libert&#233; et l'autod&#233;termination pour de nombreuses femmes. Cependant, dans les r&#233;gions les plus pauvres du monde, la proportion de femmes travailleuses familiales auxiliaires dans l'emploi total est toujours de loin sup&#233;rieure &#224; celle des hommes, avec une tr&#232;s faible probabilit&#233; que les femmes soient dans l'emploi salari&#233; ou r&#233;mun&#233;r&#233;. En Afrique subsaharienne et en Asie du Sud-Est, quatre femmes sur dix ayant un emploi sont class&#233;es comme travailleuses familiales auxiliaires, contre deux hommes sur dix. Six femmes sur dix ayant un emploi sont class&#233;es comme travailleuses familiales auxiliaires mais, une fois de plus, seulement deux hommes sur dix sont dans cette situation. Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, les proportions sont de 3 sur 10 pour les femmes contre 1 sur 10 pour les hommes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sum&#233; du rapport souligne que : &#171; Dans les derni&#232;res Tendances mondiales de l'emploi des femmes (2004) &#187;, on estimait qu'au moins 60 pour cent des travailleurs pauvres dans le monde qui, tout en travaillant, ne gagnent pas suffisamment pour se hisser, elles et leur famille, au-dessus du seuil de 1 dollar par personne et par jour, &#233;taient des femmes. &#187; Selon l'&#233;tude actuelle du BIT : &#171; Il n'y a pas de raison de croire que cette situation a &#233;volu&#233; consid&#233;rablement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re l'appauvrissement, la surexploitation et les rapports sociaux de sexes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces constats de l'&#233;tude du BIT sont soigneusement d&#233;tach&#233;s de deux processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le premier : la d&#233;stabilisation du statut de l'essentiel des salari&#233;&#183;e&#183;s &#224; l'&#233;chelle mondiale. Cela sous les coups de la mise en concurrence des travailleurs et travailleuses, quasi en temps r&#233;el et sur un march&#233; mondial du travail de plus en plus effectif et sur lequel p&#232;se de tout son poids une arm&#233;e de r&#233;serve mondialis&#233;e (le ch&#244;mage dans tous ses d&#233;grad&#233;s), dont les composantes sont taillables, corv&#233;ables (et tuables) &#224; merci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mise en concurrence s'op&#232;re par des proc&#233;d&#233;s (souvent compl&#233;mentaires) tels que : les d&#233;localisations ; la mise en concurrence organis&#233;e &#224; l'interne par les soci&#233;t&#233;s transnationales ; l'emploi massif d'une main-d'&#339;uvre sans droits - 3 millions en Italie selon la derni&#232;re &#233;tude de la CGIL (Il Manifesto, 6 mars 2007), dont 500'000 immigr&#233;&#183;e&#183;s ; la sous-traitance en cascade ; les reculs de la &#171; protection l&#233;gale &#187;, autrement dit l'alignement vers le bas du &#171; droit du travail &#187; qui, en substance, est issu des conqu&#234;tes directes ou indirectes des luttes des salari&#233;&#183;e&#183;s ; par la multiplication des statuts, qui va jusqu'au retour du travail journalier, m&#234;me dans les pays europ&#233;ens ; la place acquise par les firmes de travail temporaire dans le march&#233; du travail (d'Adecco, Manpower jusqu'aux officines c&#244;toyant sans cesse l'ill&#233;galit&#233; la plus crasse) ; la crise du &#171; monde agricole &#187; aboutissant &#224; l'expulsion de centaines de milliers de personnes de leur lopin de terre ou de leur emploi (&#224; ce propos, l'envol&#233;e du bio&#233;thanol - sous l'impulsion des firmes occidentales et de l'agribusiness - illustre un des m&#233;canismes frappant les familles paysannes des pays de la p&#233;riph&#233;rie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les figures sociales de ces travailleurs et travailleuses peuvent se d&#233;cliner sans fin et tragiquement : celle de l'ouvrier de la construction Chinois - concurrent du Bengali - construisant un palais dans les Emirats Unis ou en Arabie Saoudite ; celle de la femme provenant des Philippines servant de main-d'&#339;uvre semi-esclave dans une famille de Beyrouth ; celle de la &#171; serveuse &#187; d'un bar sp&#233;cialis&#233; &#224; Zurich, venant de Moldavie ; sans m&#234;me nommer celle des &#171; nettoyeuses portugaises &#187; assurant dans les bureaux et les familles respectables que la &#171; propret&#233; helv&#233;tique &#187; soit p&#233;renne et effectuant cette t&#226;che apr&#232;s avoir travaill&#233; d&#233;j&#224; toute la journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le second : dans une &#233;conomie mondiale fortement hi&#233;rarchis&#233;e - c'est-&#224;-dire o&#249; les pays imp&#233;rialistes et en transition vers des &#233;conomies dominantes (comme la Cor&#233;e du Sud) dictent les &#171; r&#232;gles du jeu &#187; et extraient directement ou indirectement des ressources importantes des pays de la &#171; p&#233;riph&#233;rie &#187; - la situation des femmes travailleuses (car toutes le sont, m&#234;me si elles ne sont pas salari&#233;&#183;e&#183;s) acquiert des configurations qui mettent plus visiblement en relief leur pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En derni&#232;re instance, cette paup&#233;risation n'est que l'expression ph&#233;nom&#233;nologique (et trompeuse) de leur surexploitation et de leur oppression. Une surexploitation qui est, de fait, camoufl&#233;e par le terme d' &#171; appauvrissement plus grand des femmes, entre autres monoparentales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux exemples. Une femme qui vend des beignets sur le bord de la route en Bolivie, au Mexique ou ailleurs participe d'un processus de reproduction de la force de travail dont le prix a atteint le minimum physique . Ce minimum physiologique, de mani&#232;re artificieuse et r&#233;ifi&#233;e, est repr&#233;sent&#233; par la r&#233;f&#233;rence de la Banque mondiale au un dollar par jour pour fixer la &#171; limite &#187; de l'indigence et au deux dollars pour celle de la pauvret&#233;..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Explicitons. Le travailleur (masculin) qui va acheter ce beignet, au prix le plus bas, va pouvoir se &#171; nourrir &#187; (survivre) et d&#232;s lors chercher un travail journalier ou pr&#233;caire, mais plus &#171; r&#233;gulier &#187;, qui lui permettra de subsister et de faire v&#233;g&#233;ter sa &#171; famille &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme qui a produit ce beignet a souvent mobilis&#233; sa fille pour l'aider, d'o&#249; une d&#233;scolarisation h&#226;tive ou partielle d'une partie des filles. Cette mobilisation de la fille s'inscrit dans la place du &#171; travail domestique &#187; qui suppose une sorte de disponibilit&#233; du temps des femmes au service de la famille (avec mari ou monoparentale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fille ou la s&#339;ur peut aussi fabriquer et vendre des beignets, en abaissant leur prix de vente au maximum (donc la valeur de leur force de travail) afin de trouver un acheteur ou une acheteuse, sur un march&#233; tendu. L'acheteur est un ou une salari&#233;&#183;e pr&#233;caris&#233;&#183;e. Ces femmes (adultes, adolescentes ou enfants) effectuent ce travail pour &#171; compl&#233;ter &#187; un revenu tr&#232;s faible d'une s&#339;ur ou d'une m&#232;re qui, elle, est &#171; confin&#233;e &#187; (selon le terme du BIT) dans un travail sous-pay&#233;, donc qui subit une surexploitation &#233;vidente, puisque ne lui permettant pas de reproduire sa force de travail pour elle et sa prog&#233;niture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que ces rapports sociaux d'exploitation qui s'articulent avec les rapports sociaux de sexe (l'assignation &#224; toute la gamme des travaux domestiques, dans et hors du m&#233;nage), le substrat de la surexploitation des femmes ne sera pas mis en relief. D&#232;s lors, la double lutte contre l'exploitation, l'oppression et pour l'&#233;mancipation ne sera pas mise &#224; l'ordre du jour, politiquement et pratiquement. Ce qui fera le &#171; bonheur &#187;, ou du moins le revenu, des bonnes &#226;mes salari&#233;es par les ONG (Organisations Non Gouvernementales) qui sont, de plus en plus, des QGO (Quasi Governmental Organization).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels emplois &#171; d&#233;cents &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la &#171; cr&#233;ation des emplois d&#233;cents &#187; pour les femmes, grand th&#232;me conclusif du Rapport du BIT, il faudrait d'abord poser une question : les emplois cr&#233;&#233;s dans le monde, entre autres dans les dits services ou l'industrie, n'impliquent-ils pas, toujours plus, de flexibilit&#233;, au sens le plus large du terme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela dans les pays du &#171; centre &#187; comme dans ceux de la &#171; p&#233;riph&#233;rie &#187;, m&#234;me si existent des diff&#233;rences quantitatives et qualitatives dans les modalit&#233;s d'exploitation du travail salari&#233; entre ces deux espaces (&#171; centre &#187; et &#171; p&#233;riph&#233;rie &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, des convergences s'expriment &#224; l'&#233;chelle mondiale sous les coups de la restauration conservatrice. Laa flexibilisation est au centre de la r&#233;organisation des &#171; rapports de travail &#187;. Or, la flexibilit&#233; est en relation &#233;troite avec les rapports sociaux de sexes. En effet, le &#171; statut des femmes &#187; facilite l'expansion du travail &#224; temps partiel contraint (non choisi), avec un salaire de mis&#232;re et, conjointement, les formes de travail flexible des hommes, car &#171; l'intendance suit &#187;, c'est-&#224;-dire la charge du travail domestique (dans ses diverses facettes) assum&#233;, sous forme contrainte aussi (m&#234;me s'il y a d&#233;ni par l'int&#233;ress&#233;e de la contrainte) par les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, il est un peu cynique de parler de &#171; cr&#233;ation d'emplois d&#233;cents &#187; quand des enqu&#234;tes sociologiques multiples d&#233;montrent que, par exemple, dans l'industrie &#233;lectronique - o&#249; les femmes ont un emploi &#171; stable &#187; et salari&#233; - les conditions de travail et de salaire sont ex&#233;crables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qu'expliquaient, le 27 f&#233;vrier 2007, les mod&#233;r&#233;es &#339;uvres d'entraide helv&#233;tiques, Pain pour le prochain et Action de Car&#234;me :&#171; Derri&#232;re l'&#233;cran de nos ordinateurs se cache une r&#233;alit&#233; d'un autre &#226;ge &#187;, a d&#233;clar&#233; Chantal Peyer, responsable de la politique de d&#233;veloppement &#224; Pain pour le prochain. Pour les employ&#233;s de ce secteur, essentiellement des femmes, ce sont &#171; des horaires d&#233;ments, des salaires bas et une exposition aux produits toxiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jenny Chan, membre du SACOM (Etudiants et universitaires contre la mauvaise conduite des entreprises), a cit&#233;, lors de la conf&#233;rence de presse du 27 f&#233;vrier 2007, quelques cas &#171; d'abus &#187; recens&#233;s par son organisation : travail des enfants de moins de 16 ans, heures suppl&#233;mentaires obligatoires, salaire minimum pas respect&#233; et absence d'assurance sociale. En p&#233;riode de haute production, les ouvri&#232;res travaillent 12 heures par jour, sept jours sur sept, avec des heures suppl&#233;mentaires obligatoires. Les employ&#233;es ne sont pay&#233;es que 50 centimes suisses de l'heure et inhalent des substances toxiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie &#233;lectronique est&#171; l'une des plus toxiques au monde &#187;, selon le SACOM. Elle utilise le plomb, le baryum, le chrome ou l'acide nitrique. L'inhalation et la manipulation de ces produits provoquent des probl&#232;mes respiratoires et &#171; un taux anormalement &#233;lev&#233; de cancers et de fausses couches chez les ouvri&#232;res. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;pondre aux besoins d'emplois &#171; d&#233;cents &#187; et, conjointement, &#224; la dignit&#233; des femmes dans toutes ses dimensions - cette dignit&#233; invoqu&#233;e dans le pr&#233;ambule de la D&#233;claration universelle des droits de l'homme de 1948 [2] - implique une rupture avec ces rapports sociaux d'exploitation et les rapports sociaux de sexes. Poser cette exigence - et ne pas tomber dans le pi&#232;ge, de fait, semi-caritatif du rapport BIT - implique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; de faire &#233;merger le contenu r&#233;el des exigences (explicites ou implicites) des femmes travailleuses et &#224; quoi ces besoins/exigences se heurtent effectivement, donc quels formes et types de domination r&#232;gnent dans la soci&#233;t&#233;, aux plans des multiples rapports sociaux et de propri&#233;t&#233; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; de d&#233;passer l'anti-capitalisme. C'est-&#224;-dire, cette pens&#233;e primitive qui reste au niveau d'une n&#233;gation n&#233;gative. Autrement dit qui ne part pas des besoins et revendications ainsi que des potentialit&#233;s (d&#233;ni&#233;es, bris&#233;es, parfois) existant aujourd'hui dans les soci&#233;t&#233;s qui permettraient de briser et d&#233;passer le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela afin de faire &#233;merger une conception de n&#233;gation positive, soit une revalorisation du socialisme comme une modalit&#233; d'organisation et de gestion de la soci&#233;t&#233;, dans laquelle les droits sociaux et d&#233;mocratiques ainsi qu'une dignit&#233; amplifi&#233;e deviennent les &#233;l&#233;ments d'une &#233;mancipation faisant des &#234;tres humains les acteurs communs de m&#234;me qu'interactifs d'une mondialisation construite par celles et ceux qui la produisent effectivement, alors qu'ils/elles n'en sont que des objets m&#233;pris&#233;s et donc sans emprise sur leur propre vie.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;1.Voir : www. ilo.org/public/french/bureau/inf/event/women/2007/index.htm&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.&#171; Consid&#233;rant que la reconnaissance de la dignit&#233; inh&#233;rente &#224; tous les membres de la famille humaine et de leurs droits &#233;gaux et inali&#233;nables constitue le fondement de la libert&#233;, de la justice et de la paix dans le monde. &#187; (1948)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(8 mars 2007)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>8 MARS, JOURN&#201;E INTERNATIONALE DES FEMMES</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/8-MARS-JOURNEE-INTERNATIONALE-DES-FEMMES</link>
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		<dc:date>2006-03-13T02:14:26Z</dc:date>
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		<dc:subject>Mouvement des femmes</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Situation des femmes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est pas beaucoup, une journ&#233;e dans l'ann&#233;e pour les femmes, les hommes en ont 364 (moins la f&#234;te des m&#232;res), pourtant il y en a qui trouve encore les mots pour questionner la pertinence de cette journ&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi cette journ&#233;e est importante pour les femmes ? Pour qu'elles puissent mettre &#224; l'avant sc&#232;ne ce qu'elles vivent : que ce soit, comme cette ann&#233;e, les femmes br&#251;l&#233;es &#224; l'acide au Pakistan et en Inde ou encore la situation des travailleuses de la fonction publique, ici au Qu&#233;bec, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est pas beaucoup, une journ&#233;e dans l'ann&#233;e pour les femmes, les hommes en ont 364 (moins la f&#234;te des m&#232;res), pourtant il y en a qui trouve encore les mots pour questionner la pertinence de cette journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi cette journ&#233;e est importante pour les femmes ? Pour qu'elles puissent mettre &#224; l'avant sc&#232;ne ce qu'elles vivent : que ce soit, comme cette ann&#233;e, les femmes br&#251;l&#233;es &#224; l'acide au Pakistan et en Inde ou encore la situation des travailleuses de la fonction publique, ici au Qu&#233;bec, au prise avec d&#233;cret et une loi baillon sur leurs conditions de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore aujourd'hui en 2006, les femmes gagnent 72 % du salaire hebdomadaire des hommes. Elles forment 71 % de la main d'&#339;uvre au salaire minimum. Elles constituaient (en 2003 encore) 67 % des personnes travaillant &#224; temps partiel. En 2000, le revenu annuel des femmes &#226;g&#233;es &#233;taient de 15,59 $ contre 26,67 pour les hommes. Les femmes travaillant dans le secteur public sont r&#233;mun&#233;r&#233;es 20 % moins pour un emploi comparable dans le secteur priv&#233; syndiqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;UN GOUVERNEMENT CONTRE LES FEMMES &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le voit, les femmes sont pauvres et ni la loi sur l'&#233;quit&#233; salariale, ni la loi-cadre contre la pauvret&#233; adopt&#233;e sans plan d'action ne changent leur situation. Ce qui change r&#233;ellement la situation des femmes, ce sont les mesures n&#233;olib&#233;rales que les deux derniers gouvernements ont appliqu&#233;es et plus particuli&#232;rement le gouvernement Charest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier refuse l'indexation accord&#233;e automatiquement et attribue la moiti&#233; pr&#233;vue seulement. Il coupe les jeunes sur l'aide sociale qui vivent chez leurs parents. Ils refusent de reconna&#238;tre le droit &#224; la syndicalisation des travailleuses de la petite enfance sous pr&#233;texte que ce sont des travailleuses autonomes alors qu'elles travaillent pour un seul employeur : les CPE. Il d&#233;mant&#232;le le r&#233;seau de services de garde, que les parents et les travailleuses avaient cr&#233;&#233; de chaudes luttes, pour ouvrir la porte &#224; la privatisation dans les services de la petite enfance. Il d&#233;structure l'ensemble du r&#233;seau de la sant&#233; o&#249; les femmes sont majoritaires comme travailleuses en cr&#233;ant des centres supersp&#233;cialis&#233;s et de grosses unit&#233;s : les CSS couvrant les services de premi&#232;re et deuxi&#232;me ligne (soins de longue dur&#233;e, service &#224; domicile, soins &#224; la petite enfance, soins en sant&#233; mentale, etc) aux d&#233;pens des missions des CLSC de pr&#233;vention et d'intervention communautaire. Il renie le libre droit &#224; la syndicalisation en obligeant les travailleuses &#224; se syndiquer &#224; l'une des quatre strates d'emplois et il impose les conditions de travail jusqu'en 2009 par une loi d&#233;cret qui impose des amendes exorbitantes en cas de d&#233;sob&#233;issance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en m&#234;me temps, ce gouvernement vend le Mont Orfond au plus offrant. Il hausse les tarifs d'&#233;lectricit&#233; et les prix des permis de conduire. Il voit la SAQ et surtout ses amis nomm&#233;s au conseil d'administration assurer son r&#244;le de monopole de l'industrie des spiritueux aux d&#233;pens des consommateurs et des consommatrices. Il subventionne les &#233;coles priv&#233;es alors que le r&#233;seau de l'&#233;ducation est &#224; bout de souffle. Les gr&#232;ves &#233;tudiantes du printemps dernier l'ont bien d&#233;montr&#233;es. Il vend les rivi&#232;res et bient&#244;t le vent aux compagnies priv&#233;es ax&#233;es sur le profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela change la situation des femmes. Ces politiques n&#233;olib&#233;rales appliqu&#233;es avec cynisme approfondissent l'appauvrissement des femmes et d&#233;t&#233;riorent leurs conditions de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA RIPOSTE &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes partout dans le monde et surtout depuis la marche de l'an 2000 et la Charte mondiale des femmes en 2005 prennent de plus en plus leur place sur la sc&#232;ne publique. Ainsi &#224; Qu&#233;bec, la Coalition des femmes contre la pauvret&#233; a organis&#233;, t&#244;t le matin, une ligne de piquetage devant Radio Canada, sur le boulevard Dufferin, pour sensibiliser les automobilistes et les personnes y passant &#224; la Journ&#233;e internationale des femmes dont le th&#232;me &#233;tait : Pour une r&#233;elle &#233;galit&#233;... toujours engag&#233;es. Les femmes se sont ensuite dirig&#233;es vers le bureau de la ministre Carole Th&#233;berge pour souligner que les femmes demeurent mobilis&#233;es malgr&#233; les attaques que la ministre fait porter au r&#233;seau des garderies et dans les autres dossiers des femmes. Ensuite, elles ont rendu visite &#224; la statue de Duplessis car les militantes jugeaient les attaques comme un retour &#224; la grande noirceur et au r&#232;gne de Duplessis. La statue a eu droit &#224; tous les honneurs des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En soir&#233;e, il y eu une manifestation pour souligner que les femmes se mobilisent contre ce gouvernement machiste. Cela fut suivi par un tribunal des femmes jugeant les actions du gouvernement &#224; travers six t&#233;moignages de femmes entrecoup&#233;s d'incursions impertinentes des diff&#233;rents ministres du gouvernement Charest montrant leur c&#244;t&#233; loufoque. Le jugement rendu par l'ensemble des femmes c'est de consid&#233;rer le gouvernement Charest coupable de m&#233;pris envers les femmes et envers leurs droits. Ensuite, les femmes autochtones ont lu un po&#232;me &#224; la vie et aux femmes et ont termin&#233; la soir&#233;e par des danses de leurs cultures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un beau 8 mars pour dire que les femmes demeurent toujours engag&#233;es malgr&#233; les attaques de ce gouvernement n&#233;olib&#233;ral.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quand les hommes (lire les m&#226;les) vivront-ils d'amour ?</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Quand-les-hommes-lire-les-males-vivront-ils-d-amour</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Quand-les-hommes-lire-les-males-vivront-ils-d-amour</guid>
		<dc:date>2003-07-28T15:19:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ginette Lewis</dc:creator>


		<dc:subject>Mouvement des femmes</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Situation des femmes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Des refrains pleins la t&#234;te, de l'insouciance dans les yeux, le soleil sur la peau, le vent dans les cheveux&#8230;mais c'est l'&#233;t&#233;, il faut en profiter. Sortir, bouger, marcher, rencontrer, placoter, c'est l'&#233;t&#233;, voyons donc&#8230; ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Deux meurtres, une disparition, une s&#233;questration&#8230;Encore des femmes victimes de violence : une tu&#233;e par son mari pour avoir voulu divorcer, une autre d&#233;coup&#233;e en morceaux pour mieux rentrer dans le sac de hockey apr&#232;s avoir surpris un voleur, une autre disparue sans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Des refrains pleins la t&#234;te, de l'insouciance dans les yeux, le soleil sur la peau, le vent dans les cheveux&#8230;mais c'est l'&#233;t&#233;, il faut en profiter. Sortir, bouger, marcher, rencontrer, placoter, c'est l'&#233;t&#233;, voyons donc&#8230; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux meurtres, une disparition, une s&#233;questration&#8230;Encore des femmes victimes de violence : une tu&#233;e par son mari pour avoir voulu divorcer, une autre d&#233;coup&#233;e en morceaux pour mieux rentrer dans le sac de hockey apr&#232;s avoir surpris un voleur, une autre disparue sans laisser de traces et une derni&#232;re s&#233;questr&#233;e par un voleur dans sa propre maison. Elles ont vingt ans, quarante ans, soixante ans. Elles sont belles et avaient toute la vie devant elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la faute au clavardage sur internet&#8230;elles ont &#233;t&#233; imprudentes&#8230;elles ont trop fait confiance&#8230;Non, elles sont disparues sans qu'on sache encore les raisons ou ont &#233;t&#233; agress&#233;es par des hommes qui ne respectent pas la vie des femmes. Tout les incitent &#224; cela : la pornographie sur internet qui transforme les femmes en chair fra&#238;che ; la publicit&#233; qui pour vendre un produit transforme les femmes en marchandises, les lois qui discriminent les droits des femmes, l'in&#233;galit&#233; dans l'emploi et sur le march&#233; du travail. Tout rabaisse les femmes &#224; un &#234;tre de second ordre, de deuxi&#232;me zone. Alors les tuer, les s&#233;questrer, les violer, ce n'est que la pointe de l'iceberg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi la lutte contre la violence faite aux femmes est une lutte intrins&#232;que au mouvement des femmes. Elle est le fer de lance contre le patriarcat. Et dans le contexte de la mondialisation o&#249; tout devient une marchandise, les femmes vont encore plus subir violence et discrimination : les femmes en Bosnie, en Afghanistan, en Irak, au Lib&#233;ria la porte sur leurs dos en ce moment, comme bien de leurs consoeurs partout dans le monde, et le porte en silence ce qui est encore plus suffocant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, il nous faut dire ici et maintenant la situation faite aux femmes : trois &#224; la une des journaux en une semaine c'est &#233;norme&#8230;trop&#8230;beaucoup trop. La campagne entam&#233;e par la FFQ et la Coalition des femmes contre la pauvret&#233; et la violence faite aux femmes et qui visaient &#224; d&#233;noncer tous les actes de violence faits aux femmes devra continuer, les efforts redoubl&#233;s car les objectifs de sensibilisation e de d&#233;nonciation n'ont pas encore eu l'impact souhait&#233;. Il faut sortir ces crimes contre les femmes du silence. C'est pourquoi il faut prendre la parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'&#233;t&#233; &#8230;voyons-donc ! Des refrains pleins la t&#234;te, de l'insouciance dans les yeux, le soleil sur la peau, le vent dans les cheveux&#8230;mais c'est l'&#233;t&#233;, il faut en profiter. Sortir, bouger, marcher, rencontrer, placoter, c'est l'&#233;t&#233;, voyons donc&#8230; ! Pas de danger&#8230;voyons donc&#8230; !!!&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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