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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Heilligendamm : le G8 est ill&#233;gitime !</title>
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&lt;p&gt;6 juin 2007 &lt;br class='autobr' /&gt; Le sommet des huit Etats les plus riches et les plus puissants du monde (France, Etats-Unis, Allemagne, Japon, Italie, Russie, Canada, Royaume-Uni) se tient cette ann&#233;e du 6 au 8 juin &#224; Heiligendamm, pr&#232;s de Rostock en Allemagne. Ces sommets, initi&#233;s par Val&#233;rie Giscard d'Estaing en 1975, sont le cadre informel dont se sont dot&#233;s les grandes puissances pour affirmer leur volont&#233; de d&#233;cider ensemble des orientations pour l'ensemble de la plan&#232;te. Les d&#233;clarations issues des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Contre-la-mondialisation-capitaliste-" rel="directory"&gt;Contre la mondialisation capitaliste &lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;6 juin 2007&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le sommet des huit Etats les plus riches et les plus puissants du monde (France, Etats-Unis, Allemagne, Japon, Italie, Russie, Canada, Royaume-Uni) se tient cette ann&#233;e du 6 au 8 juin &#224; Heiligendamm, pr&#232;s de Rostock en Allemagne. Ces sommets, initi&#233;s par Val&#233;rie Giscard d'Estaing en 1975, sont le cadre informel dont se sont dot&#233;s les grandes puissances pour affirmer leur volont&#233; de d&#233;cider ensemble des orientations pour l'ensemble de la plan&#232;te. Les d&#233;clarations issues des sommets des G8 sont m&#233;thodiquement reprises par les institutions internationales comme le FMI (Fond mon&#233;taire international), la Banque mondiale ou l'OMC (Organisation mondiale du commerce). Le G8 veut s'imposer comme &#171; un gouvernement mondial &#187; qui pr&#233;tend dicter ses politiques n&#233;olib&#233;rales &#224; l'ensemble des peuples de la plan&#232;te. Ces politiques accroissent les in&#233;galit&#233;s, concentrent les richesses entre les mains d'une minorit&#233;, favorisent les multinationales, pr&#233;carisent les droits et l'emploi, favorisent les logiques guerri&#232;res et les destructions environnementales. Les r&#233;ponses qu'ils pr&#233;conisent aux probl&#232;mes mondiaux n'offrent pas de solution mais sont, au contraire, une grande partie de ces probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le G8 est ill&#233;gitime : il s'est autoproclam&#233;, il ne dispose d'aucun mandat international pour g&#233;rer la plan&#232;te au nom des peuples du monde ! Face &#224; cela, depuis 10 ans, le mouvement altermondialiste se mobilise pour remettre en cause le G8 et ses logiques n&#233;olib&#233;rales. Les sommets se tiennent &#224; l'abri des populations, dans des luxueux h&#244;tels prot&#233;g&#233;s par d'importants dispositifs policiers et s&#233;curitaires. De multiples forces syndicales, associatives et politiques se mobilisent chaque ann&#233;e pour remettre en cause ces sommets, d&#233;noncer leur ill&#233;gitimit&#233;, avancer des mots d'ordre et des revendications pour montrer q'un autre monde est possible. Une d&#233;l&#233;gation de l'Union syndicale Solidaires a particip&#233; en ce sens &#224; la manifestation de Rostock le samedi 2 juin qui a rassembl&#233; 80 000 manifestants venus de toute l'Allemagne et de nombreuses d&#233;l&#233;gations internationales : syndicalistes, organisations de jeunes, r&#233;seaux de solidarit&#233; avec les migrants, f&#233;ministes, &#233;cologistes, mouvements de paysans&#352; Malgr&#233; un d&#233;ploiement policier impressionnant et d&#233;mesur&#233; (17 000 policiers), cette manifestation a &#233;t&#233; un tr&#232;s grand succ&#232;s.La plupart des m&#233;dias en Allemagne, comme en France, n'ont voulu en retenir que quelques &#233;chauffour&#233;es entre la police, &#224; l'attitudes tr&#232;s provocatrice, et quelques groupes de jeunes&#352; Mais l'essentiel n'&#233;tait pas l&#224; : il &#233;tait dans le nombre des manifestants, la convergences des mouvements sociaux et des g&#233;n&#233;rations, la diversit&#233; des mouvements ! Des marches europ&#233;ennes contre la pr&#233;carisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e avaient rassembl&#233; plusieurs centaines de personnes sur les routes de France, de Belgique, de Suisse, de Hollande, de Pologne et d'Allemagne dans les semaines qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; la manifestation de Rostock. Un contre-sommet se d&#233;roule toute la semaine pour promouvoir des alternatives aux politiques promues par le G8.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union syndicale Solidaires, en participant &#224; ces mobilisations, confirme son engagement dans le mouvement altermondialiste et fait ainsi le lien entre les cons&#233;quences concr&#232;tes des politiques lib&#233;rales v&#233;cues au quotidien dans les entreprises et les services publics et la n&#233;cessit&#233; de se mobiliser l&#224; o&#249; les d&#233;cisions de fond risquent d'&#234;tre prises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Union syndicale Solidaires&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Olivier Besancenot, en direct du FSM de Nairobi</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Olivier-Besancenot-en-direct-du-FSM-de-Nairobi</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Olivier-Besancenot-en-direct-du-FSM-de-Nairobi</guid>
		<dc:date>2007-01-25T01:49:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;23 janvier 2007 Le 7e Forum social mondial (FSM) s'est ouvert le 20 janvier &#224; Nairobi au Kenya. Pr&#232;s de 10 000 personnes ont d&#233;fil&#233; contre la mondialisation lib&#233;rale en partant de l'immense bidonville de Kibera qui abrite au moins 700.000 personnes, soit un tiers de la population de Nairobi, sans acc&#232;s &#224; l'eau courante et aux services de base. Parmi eux, un seul candidat &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle fran&#231;aise, Olivier Besancenot. Ils &#233;taient pourtant nombreux &#224; avoir fait le d&#233;placement en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Forum-social-mondial-17-" rel="directory"&gt;Forum social mondial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;23 janvier 2007&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 7e Forum social mondial (FSM) s'est ouvert le 20 janvier &#224; Nairobi au Kenya. Pr&#232;s de 10 000 personnes ont d&#233;fil&#233; contre la mondialisation lib&#233;rale en partant de l'immense bidonville de Kibera qui abrite au moins 700.000 personnes, soit un tiers de la population de Nairobi, sans acc&#232;s &#224; l'eau courante et aux services de base. Parmi eux, un seul candidat &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle fran&#231;aise, Olivier Besancenot. Ils &#233;taient pourtant nombreux &#224; avoir fait le d&#233;placement en 2002 &#224; Porto Alegre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la premi&#232;re fois que le FSM, miroir pour les pauvres du sommet annuel des riches de Davos en Suisse, se tient en Afrique. Tout un symbole pour le continent le plus durement frapp&#233; par la pauvret&#233; et les maladies. Les organisateurs soulignent aussi &#224; juste titre que c'est l'occasion de mettre en lumi&#232;re &#171; l'Afrique et son histoire ininterrompue de lutte contre la domination &#233;trang&#232;re, le colonialisme et le n&#233;ocolonialisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Du samedi 20 au mardi 23 : Forum social mondial &#224; Nairobi au Kenya&lt;br class='autobr' /&gt;
Par Olivir Besancenot, mardi 23 janvier 2007 &#224; 10:53&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le septi&#232;me Forum social mondial est une &#233;tape importante dans la construction du mouvement altermondialiste. L'Afrique est un enjeu politique &#224; la fois pour ce mouvement auquel nous participons depuis le d&#233;but, et &#224; la fois pour la LCR, en tant qu'organisation qui lutte en France contre son propre imp&#233;rialisme, contre le pillage des pays africains orchestr&#233; par des multinationales bien fran&#231;aises, contre la politique d'immigration des diff&#233;rents gouvernements qui se sont succ&#233;d&#233;s &#224; Matignon depuis plus de trente ans, et contre l'amplification des in&#233;galit&#233;s dans les rapports entre les pays du nord et les pays du sud. Voila pourquoi la LCR ne pouvait pas louper ce rendez-vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin d'apr&#232;s-midi, je pose donc pour la premi&#232;re fois un pied en Afrique et le p&#233;riple de trois jours commence, court mais dense. C'est de l'enthousiasme que je trouve sur place, un enthousiasme bien pr&#233;cieux pour notre combat pour changer le monde, quand on sait que le militantisme c'est aussi des moments de solitude, o&#249; il s'agit d'aller &#224; contre-courant de la pens&#233;e unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'enthousiasme d'abord, parce que l'internationalisme, qui permet de cotoyer et d'&#233;changer avec des militants de dizaine de pays diff&#233;rents, reste un luxe appr&#233;ciable. C'est un acquis majeur du mouvement altermondialiste et &#231;a le reste. Je me souviens qu'au d&#233;but des ann&#233;es 90, nous courrions apr&#232;s ce type de rendez-vous trop rare &#224; l'&#233;poque, o&#249; le capitalisme se d&#233;ployait universellement apr&#232;s la chute du mur de Berlin, en se pr&#233;sentant comme l'horizon ultime de l'histoire de l'humanit&#233;. Participer au FSM, &#231;a reste l'occasion de crier haut et fort &#224; toute la gauche et &#224; tout le mouvement ouvrier que pour nous les solutions alternatives au capitalisme ne peuvent s'envisager qu'en d&#233;passant les fronti&#232;res et s&#251;rement pas en recyclant les discours souverainistes, chauvins et nationalistes qui ont toujours &#233;t&#233; naus&#233;abonds, y compris &#224; gauche. C'est peut-&#234;tre pour &#231;a que j'ai crois&#233;, &#224; ce FSM, beaucoup moins de candidat &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle fran&#231;aise qu'en 2002 &#224; Porto-Alegre. A l'&#233;poque le mouvement altermondialiste &#233;tait &#224; la mode. Aujourd'hui, il l'est un peut-&#234;tre moins, et surtout, il est de bon ton en France de s'int&#233;grer &#224; l'air du temps franco-fran&#231;ais, franchouillard, voir carr&#233;ment x&#233;nophobe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enthousiasmant ensuite, parce que j'ai pu rencontrer de nombreuses d&#233;l&#233;gations d'organisations africaines : Mali, S&#233;n&#233;gal, C&#244;te-d'Ivoire, Maghreb... Je me souviens notamment d'une discussion avec un militant du Niger. Il m'a d&#233;crit minutieusement le monopole exerc&#233; par Areva, soci&#233;t&#233; fran&#231;aise, sur l'extraction de l'uranium. Ce qui prouve, au passage, que les grands discours sur le th&#232;me : &#171; le nucl&#233;aire, c'est l'ind&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique &#187; sont du grand pipeau, puisque la France d&#233;pend donc du Niger, par exemple pour obtenir la fabrication du nucl&#233;aire civil comme militaire. Sauf &#224; penser que l'uranium du Niger, c'est &#224; la France. C'est tr&#232;s exactement ce que pense Areva. Les d&#233;g&#226;ts sur l'environnement sont catastrophiques sans parler de la sant&#233; de population locale irradi&#233;e. Les maladies professionnelles ne sont l&#224;-bas pas reconnues et les h&#244;pitaux &#224; proximit&#233; des sites d'extraction sont administr&#233;s sous l'influence de la soci&#233;t&#233; nucl&#233;aire fran&#231;aise. Comme &#231;a la boucle est boucl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis donc marqu&#233;, dans tous mes discussions avec les associations africaines, par l'importance de la question de la dette du tiers-monde et par l'omnipr&#233;sence du dossier environnemental. L'Afrique sert actuellement de poubelle g&#233;ante pour les pays riches et industrialis&#233;s comme les n&#244;tres. De l'enthousiasme enfin parce que le souffle de la contestation des effets sociaux, d&#233;mocratique, &#233;cologique, militaire de la mondialisation actuelle s'amplifie toujours. Ce souffle se structure dans des campagnes internationales concr&#232;tes sur l'annulation de la dette du tiers monde, la reconnaissance de l'eau et de l'&#233;nergie comme patrimoine public de l'humanit&#233;, d&#233;fense des services publics, de la souverainet&#233; alimentaire contre les OGM, la marche mondiale des femmes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement altermondialiste, ce n'est pas que des grands rassemblements, c'est d'abord l'activit&#233; quotidienne de millions d'anonymes contre le rouleau compresseur lib&#233;ral qui n'&#233;pargne aucun peuple. Bien sur, il s'agit d'&#234;tre vigilant sur l'&#233;volution du mouvement alter mondialiste qui s'institutionnalise, qui se commercialise (le FSM non plus ne doit pas &#234;tre une marchandise). C'est d'ailleurs pour &#231;a que des actions ont &#233;t&#233; organis&#233;es pour faire rentrer et faire participer, sans payer le ticket d'entr&#233;e inaccessible pour les revenus moyens des kenyans. Mais tout &#231;a ne g&#226;chant rien, le plaisir et la motivation que j'ai ressenti et avec lequel je me suis &#171; dop&#233; &#187;. Bilan du s&#233;jour : un gros coup de soleil et un petit film qui sera bient&#244;t en ligne [sur le site d'Olivier...].&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;En bref, dans Rouge du 24 janvier 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Septi&#232;me Forum Social Mondial &#224; Nairobi au Kenya&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouverture du FSM a commenc&#233; par une manifestation dans les rues de Nairobi partant des quartiers populaires. Cette ann&#233;e, la pr&#233;sence d'organisations caritatives confessionnelles est tr&#232;s pr&#233;sente. Nombre d'associations souvent par le biais d'Organisations Non Gouvernementales catholiques ou protestantes jouent un r&#244;le important dans ce forum, au d&#233;triment des organisations syndicales ou politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forums se tiennent dans un stade et les droits d'entr&#233;e, prohibitifs pour les kenyans repr&#233;sentent une semaine de salaire. Plusieurs organisations sociales ont manifest&#233; contre la &#034;commercialisation&#034; du FSM et pour l'ouverture des grilles du stade, parfois filtr&#233;es par la police. Ce qui a fait dire &#224; l'une des portes paroles du mouvement social ind&#233;pendant kenyan que &#034;le FSM est le bienvenue au Kenya, mais les pauvres n'y sont pas les bienvenus&#034;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'emp&#234;che que malgr&#232;s les critiques que nous pouvons faire sur l'&#233;volution du FSM, celui ci repr&#233;sente un cadre riche et unique de discussion entre militants de mouvements sociaux du monde entier, et que peuvent s'y tisser des liens entre organisations syndicales. C''est pour cette raison que nous nous y rendons chaque ann&#233;e. Plusieurs organisations de la Quatri&#232;me Internationale sont &#233;galement pr&#233;sentes &#224; ce forum, et nous avons pu organiser une discussion entre camarades d'Afrique du Sud, de Tunisie, du Japon, de Belgique, de Suisse, d'Inde, du Pakistan, du Congo, du Sri Lanka et de Ta&#239;wan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier Besancenot s'est rendu pendant trois jours au FSM de Nairobi. Cela a &#233;t&#233; l'occasion de rencontrer entre autre des militants d'Afrique francophone et d'envisager des campagnes communes contre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais dans ces pays. Aussi bien du point de vue de la pr&#233;sence militaire fran&#231;aise que des entreprises qui participent au pillage quotidien du continent africain, comme au Niger ou le groupe AREVA a la main mise sur les mines d'uranium afin d'assurer l'approvisionnement des centrales nucl&#233;aires fran&#231;aises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BESANCENOT Olivier&lt;br class='autobr' /&gt;
* Paru sur le blog de campagne d'Olivier Besancenot.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mis en ligne le 23 janvier 2007&lt;br class='autobr' /&gt;
(TIR&#201; DU SITE EUROPE SOLIDAIRE SANS FRONTI&#200;RES)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fin janvier, le Forum social mondial de Nairobi marquera une nouvelle &#233;tape dans l'internationalisation du mouvement altermondialiste.</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Fin-janvier-le-Forum-social-mondial-de-Nairobi-marquera-une-nouvelle-etape-dans</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Fin-janvier-le-Forum-social-mondial-de-Nairobi-marquera-une-nouvelle-etape-dans</guid>
		<dc:date>2007-01-24T02:15:17Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Rousset</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le septi&#232;me Forum social mondial (FSM) se tiendra &#224; Nairobi, au Kenya, du 20 au 25 janvier 2007. L'an dernier, le FSM s'&#233;tait pour la premi&#232;re fois r&#233;uni sur le continent africain, &#224; Bamako au Mali. Apr&#232;s l'Afrique de l'Ouest, c'est donc au tour de l'Afrique de l'Est d'accueillir ce grand rassemblement des mouvements altermondialistes. &lt;br class='autobr' /&gt; L'&#233;v&#233;nement est d'importance, mais ses conditions d'organisation ne sont pas simples. Sur le plan national, le poids des mouvements syndicaux et sociaux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Forum-social-mondial-17-" rel="directory"&gt;Forum social mondial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le septi&#232;me Forum social mondial (FSM) se tiendra &#224; Nairobi, au Kenya, du 20 au 25 janvier 2007. L'an dernier, le FSM s'&#233;tait pour la premi&#232;re fois r&#233;uni sur le continent africain, &#224; Bamako au Mali. Apr&#232;s l'Afrique de l'Ouest, c'est donc au tour de l'Afrique de l'Est d'accueillir ce grand rassemblement des mouvements altermondialistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;v&#233;nement est d'importance, mais ses conditions d'organisation ne sont pas simples. Sur le plan national, le poids des mouvements syndicaux et sociaux est, dans le processus kenyan, faible par rapport &#224; celui des ONG et des r&#233;seaux ou agences li&#233;es aux &#201;glises chr&#233;tiennes, catholiques comme protestantes. Sur le plan africain, ce forum devrait, &#224; la suite de Celui de Bamako, aider &#224; la coop&#233;ration des organisations de tout le continent, par-del&#224; les fronti&#232;res h&#233;rit&#233;es des grandes zones de colonisation (fran&#231;aise, britannique, portugaise...). Dans cette perspective, il &#233;tait notamment pr&#233;vu de faire converger, sur Nairobi, des caravanes populaires provenant de diff&#233;rentes r&#233;gions. Mais ce projet s'est r&#233;v&#233;l&#233; difficile &#224; mettre en oeuvre : dans bien des cas, ces caravanes auraient d&#251; traverser plusieurs pays (ce qui d&#233;multipliait les probl&#232;mes de visas) et de dangereuses zones de guerre, ou de banditisme. La route qui conduit de l'Afrique du Sud au Kenya reste facile d'acc&#232;s, mais pour les autres pays, de nombreuses d&#233;l&#233;gations devront venir par avion, ce qui limite n&#233;cessairement la participation des mouvements qui ne peuvent compter sur d'importantes sources de financement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan international, les plus grosses d&#233;l&#233;gations devraient venir d'Asie, dont environ 500 participants d'Inde, avec une pr&#233;sence significative du Moyen-Orient et de l'Europe. La distance et le co&#251;t des voyages limitera la participation latino-am&#233;ricaine. Comme dans tout forum, le Septi&#232;me FSM sera le th&#233;&#226;tre de d&#233;bats et d'&#233;changes tr&#232;s vari&#233;s, dont celui sur le combat contre les politiques de guerre au Moyen-Orient (Palestine, Liban, Irak...), v&#233;ritable enjeu mondial, mais aussi celui concernant les guerres au sein de l'Afrique elle-m&#234;me. Pour les d&#233;l&#233;gations venues d'Europe - de France en particulier -, Nairobi offre l'occasion de poursuivre le travail engag&#233; &#224; Bamako pour &#233;largir les liens solidaires nou&#233;s avec les organisations syndicales et sociales africaines, pour s'attaquer au r&#244;le de l'Union europ&#233;enne en Afrique, et pour renforcer les campagnes en d&#233;fense des &#233;migr&#233;s, tout &#224; la fois surexploit&#233;s et suropprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quatri&#232;me jour du Forum de Nairobi sera consacr&#233; &#224; l'organisation des campagnes pour l'ann&#233;e &#224; venir. C'est une nouveaut&#233; militante bienvenue dans le programme du FSM, mais l'organisation de cette journ&#233;e fait d&#233;bat : elle risque en effet d'aboutir &#224; un &#233;ventail &#233;clat&#233; d'initiatives si aucune mesure n'est prise pour construire un calendrier commun d'actions qui favorise la capacit&#233; de mobilisations transversales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; Nairobi aussi que la discussion va reprendre sur la tenue, en janvier 2008, d'une journ&#233;e globale d'action. Lors de sa r&#233;union de Parme (Italie), le conseil international du FSM a en effet d&#233;cid&#233; de ne pas organiser de forum mondial avant 2009. C'est une d&#233;cision d'importance, faisant suite &#224; plusieurs ann&#233;es de d&#233;bats assez tendus au sein du Conseil international, la plupart des mouvements militants souhaitant un ralentissement des rythmes des forums pour tenir compte de leur multiplication (forums mondiaux, r&#233;gionaux, nationaux, locaux et th&#233;matiques) et de l'existence d'autres &#233;ch&#233;ances militantes (mobilisations sociales, contre-sommets, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nairobi marque une nouvelle &#233;tape dans l'internationalisation des forums sociaux. Cette ann&#233;e va se tenir aussi un important forum aux &#201;tats-Unis. Huit ans apr&#232;s les mobilisations de Seattle contre l'OMC, et sept ans apr&#232;s la premi&#232;re rencontre de Porto Alegre (Br&#233;sil), l'altermondialisme est aujourd'hui pr&#233;sent dans toutes les grandes r&#233;gions du monde. Il reste certes encore a int&#233;grer &#224; la dynamique internationale des pays aussi important que la Chine (un objectif pour 2008 !), mais l'expansion g&#233;ographique du mouvement a &#233;t&#233; remarquablement rapide et ample.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Rousset&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; de Rouge)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Karibu au Forum Social Mondial Nairobi 2007 !</title>
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		<dc:date>2007-01-24T02:02:48Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;La 7&#232;me &#233;dition du Forum Social Mondial ram&#232;ne le monde entier en Afrique entre autres des travailleurs, des mouvements sociaux, des r&#233;seaux, des coalitions et d'autres forces progressives d'Asie Pacifique, d'Am&#233;rique latine, des Cara&#239;bes, d'Am&#233;rique du Nord, de l'Europe et tous les coins du continent africain vont converger vers Nairobi, au Kenya pendant cinq jours de r&#233;sistance et de c&#233;l&#233;bration culturelles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Panels, ateliers, colloques, marches, nuits de projection de film et beaucoup de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Forum-social-mondial-17-" rel="directory"&gt;Forum social mondial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La 7&#232;me &#233;dition du Forum Social Mondial ram&#232;ne le monde entier en Afrique entre autres des travailleurs, des mouvements sociaux, des r&#233;seaux, des coalitions et d'autres forces progressives d'Asie Pacifique, d'Am&#233;rique latine, des Cara&#239;bes, d'Am&#233;rique du Nord, de l'Europe et tous les coins du continent africain vont converger vers Nairobi, au Kenya pendant cinq jours de r&#233;sistance et de c&#233;l&#233;bration culturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Panels, ateliers, colloques, marches, nuits de projection de film et beaucoup de plus encore. Ouvert le 20 janvier la cl&#244;ture est pr&#233;vue pour le 25 janvier 2007.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le CADTM se r&#233;jouit de la vitalit&#233; du processus &#171; Forum social mondial &#187; malgr&#233; certains choix tr&#232;s discutables des organisateurs &#224; Nairobi (PNG)</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Le-CADTM-se-rejouit-de-la-vitalite-du-processus-Forum-social-mondial-malgre</link>
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&lt;p&gt;Le CADTM se r&#233;jouit de la vitalit&#233; du processus &#171; Forum social mondial &#187; malgr&#233; certains choix tr&#232;s discutables des organisateurs &#224; Nairobi (PNG) &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce mardi 23 janvier, 3e jour du FSM, de 15 &#224; 20 000 participants ont pris part aux activit&#233;s du FSM. Les th&#232;mes principalement abord&#233;s sont la paix, les accords de partenariat &#233;conomique, la dette, les droits humains, le changement climatique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce matin, une nouvelle manifestation des mouvements sociaux a eu lieu devant les portes du Stade o&#249; le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Forum-social-mondial-17-" rel="directory"&gt;Forum social mondial&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le CADTM se r&#233;jouit de la vitalit&#233; du processus &#171; Forum social mondial &#187; malgr&#233; certains choix tr&#232;s discutables des organisateurs &#224; Nairobi (PNG)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mardi 23 janvier, 3e jour du FSM, de 15 &#224; 20 000 participants ont pris part aux activit&#233;s du FSM. Les th&#232;mes principalement abord&#233;s sont la paix, les accords de partenariat &#233;conomique, la dette, les droits humains, le changement climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce matin, une nouvelle manifestation des mouvements sociaux a eu lieu devant les portes du Stade o&#249; le Forum se tient de mani&#232;re &#224; ce que le FSM soit ouvert sans frais aux Kenyans. La manifestation &#233;tait cette fois-ci principalement prise en charge par le mouvement sud-africain INDABA, ATTAC Japon et des membres de &#171; Parlement du Peuple &#187;, un mouvement social kenyan. Les Kenyans ont donc pu entrer &#224; nouveau sans payer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me ordre d'id&#233;es, hier, lundi 22 janvier, une manifestation a eu lieu avec la participation d'environ 200 Kenyans dans l'enceinte du FSM pour protester contre le prix trop &#233;lev&#233; de la nourriture au FSM. En effet, un plat co&#251;te environ 3 &#224; 4 fois le prix habituellement pratiqu&#233; en ville. Une autre manifestation a encore &#233;t&#233; organis&#233;e parce que le comit&#233; organisateur du FSM a refus&#233; la gratuit&#233; pour les Kenyans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement Parlement du Peuple a annonc&#233; que si la gratuit&#233; n'&#233;tait pas garantie pour le 4e jour, ils bloqueraient les portes et emp&#234;cheraient la tenue de la derni&#232;re journ&#233;e qui doit d&#233;boucher sur des actions. Ils affirment en effet qu'il est inacceptable que ces actions soient adopt&#233;es en l'absence des Kenyans qui devraient rester aux portes du stade. La coordination des mouvements sociaux, en contact avec le &#171; Parlement du Peuple &#187;, esp&#232;re qu'on n'en arrivera pas &#224; cette extr&#233;mit&#233; et que la journ&#233;e pourra se d&#233;rouler dans les meilleures conditions et dans le renforcement des &#233;nergies positives aliment&#233;es par les r&#233;sistances sociales africaines &#224; la mondialisation n&#233;o-lib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mardi 23 janvier, a &#233;galement eu lieu une manifestation de solidarit&#233; avec les peuples de Guin&#233;e Conakry, victimes d'une r&#233;pression criminelle de la part du gouvernement. On compte en effet plusieurs dizaines de morts parmi les participants &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui paralyse le pays depuis une dizaine de jours. Cette lutte, soutenue par de nombreux syndicats guin&#233;ens, s'oppose aux mesures de privatisation, aux augmentations de taxes..., toutes recettes bien connues de l'ajustement structurel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau de la coordination des mouvements sociaux, une grande assembl&#233;e est organis&#233;e demain 24 janvier &#224; 16h : ce sera la derni&#232;re activit&#233; du Forum. On a d&#233;cid&#233; d'y mettre en valeur toutes les luttes des mouvements sociaux africains : les femmes, les activit&#233;s de la dette, du commerce, de la paix, etc. On essayera de donner toute l'importance aux r&#233;sistances africaines qui n'ont pas &#233;t&#233; suffisamment mises en valeur au cours de ce FSM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par rapport &#224; ceux qui affirment &#224; tort que le FSM est en train de mourir, ce Forum-ci d&#233;montre qu'il est un processus vivant au cours duquel les fautes des organisateurs ont suscit&#233; de tr&#232;s vives critiques. Ceci indique une grande vitalit&#233; qui permettra de rectifier le tir en profitant des mois qui viennent pour d&#233;finir la forme que prendront les journ&#233;es d'action globale &#224; organiser en janvier 2008 ainsi que le 8e FSM qui aura lieu en 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce FSM est mis &#224; profit par les nombreux mouvements sociaux pr&#233;sents, par un certain nombre d'ONG et de r&#233;seaux internationaux, pour renforcer leur combativit&#233;, leurs convergences, pr&#233;parer les prochains grands rendez-vous comme celui du contre-G8 &#224; Rostock, d&#233;but juin 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CADTM a r&#233;alis&#233; plusieurs conf&#233;rences g&#233;n&#233;ralement en co-organisation avec les autres campagnes &#171; dette &#187; : l'accent y a &#233;t&#233; mis sur les alternatives telles que l'audit de la dette et la cr&#233;ation d'une Banque du Sud. Le stand commun du CADTM et de Jubil&#233; Sud est fortement visit&#233; et la vente des publications CADTM en plusieurs langues bat son plein.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Reproduit du site du CADTM ; source :&lt;br class='autobr' /&gt;
URL : &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'irrationalit&#233; du capitalisme au c&#339;ur de la crise de civilisation plan&#233;taire</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/L-irrationalite-du-capitalisme-au-coeur-de-la-crise-de-civilisation-planetaire</link>
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		<dc:date>2007-01-10T02:06:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Chesnais</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un mot d'avertissement liminaire car le titre peut tromper. Le lecteur ne trouvera pas ici de pr&#233;sentation ou d'analyse de donn&#233;es relatives &#224; ces trois champs, tout au plus une tentative provisoire de classification des formes contemporaines de la guerre. Le but poursuivi est de proposer un cadre analytique susceptible d'&#234;tre nourri de donn&#233;es par d'autres comme par moi-m&#234;me, et ce faisant d'en faire &#233;voluer la configuration. &lt;br class='autobr' /&gt; Partons d'une id&#233;e qui gagne du terrain. Elle est un soup&#231;on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Contre-la-mondialisation-capitaliste-" rel="directory"&gt;Contre la mondialisation capitaliste &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Economie-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un mot d'avertissement liminaire car le titre peut tromper. Le lecteur ne trouvera pas ici de pr&#233;sentation ou d'analyse de donn&#233;es relatives &#224; ces trois champs, tout au plus une tentative provisoire de classification des formes contemporaines de la guerre. Le but poursuivi est de proposer un cadre analytique susceptible d'&#234;tre nourri de donn&#233;es par d'autres comme par moi-m&#234;me, et ce faisant d'en faire &#233;voluer la configuration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Partons d'une id&#233;e qui gagne du terrain. Elle est un soup&#231;on lancinant chez les uns, une hypoth&#232;se de travail angoissante mais scientifique chez les autres. Loin d'&#234;tre le syst&#232;me rationnel que ses apologistes d&#233;crivent, la soci&#233;t&#233; fond&#233;e sur &#171; le march&#233; &#187; serait marqu&#233;e par une irrationalit&#233; profonde, si profonde m&#234;me qu'elle porterait en soi son autodestruction. &#171; Il peut sembler impossible qu'une soci&#233;t&#233; technologiquement avanc&#233;e puisse choisir de s'autod&#233;truire. C'est pourtant ce que nous sommes en train de faire &#187;. C'est par ces mots par exemple que Elizabeth Kolbert, l'une des principaux journalistes &#233;tats-uniens en mati&#232;re d'environnement, conclut un livre sur les changements climatiques[1]. Beaucoup diront que le type d'autodestruction &#233;voqu&#233;e par l'auteur m&#233;rite discussion, que rien ne prouve qu'on marche aussi loin, ni aussi clairement dans la direction des &#171; &#233;colo-pessimistes &#187;. Tout d&#233;pend de quoi on parle. Une soci&#233;t&#233; peut avoir d&#233;truit sa &#171; civilisation &#187;, entendue les fondements de son &#171; vivre-ensemble &#187;, longtemps avant que le processus d'autodestruction ait touch&#233; les conditions de reproduction de la vie au sommet de la soci&#233;t&#233; structur&#233;e en classes, notamment &#224; un moment o&#249; les &#233;carts entre l'oligarchie et les exploit&#233;s se creusent de plus en plus. Or c'est bien la voie dans laquelle &#171; nous &#187;, la soci&#233;t&#233; capitaliste mondiale contemporaine, sommes engag&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ghetto&#239;sation des cit&#233;s des villes de la banlieue parisienne et des couronnes des villes de province en voie de d&#233;sindustrialisation, l'avenir qu'on ferme radicalement &#224; la majorit&#233; de celles et de ceux qui y naissent et les r&#233;flexes de peur face &#224; leurs r&#233;actions effectivement parfois violentes de la part de jeunes qui nous sont devenus &#171; &#233;trangers &#187; sont les expressions &#171; locales &#187; de processus mondiaux. Le mot anglais le plus usit&#233; pour d&#233;signer le motif pour lequel une entreprise est habilit&#233;e &#224; des salari&#233;&#183;e&#183;s au ch&#244;mage, est le fait qu'ils sont &#171; redundant &#187;, dont la traduction exacte est superflue. Ce mot dit bien la r&#233;alit&#233; du capitalisme contemporain. Il n'y a plus aucune partie du monde o&#249; les salari&#233;&#183;e&#183;s peuvent se consid&#233;rer &#224; l'abri des processus qui les rendent superflues. Dans certaines parties du monde, les choses sont infiniment plus graves. Ce sont celles o&#249; les domin&#233;&#183;e&#183;s sont confront&#233;s &#224; la combinaison de m&#233;canismes caract&#233;ris&#233;s comme &#171; &#233;conomiques &#187; et de ph&#233;nom&#232;nes dits &#171; &#233;cologiques &#187; relevant notamment des changements climatiques. Leur jeu combin&#233; a pour effet d'interdire, chaque jour un peu plus, l'acc&#232;s aux conditions &#233;l&#233;mentaires de vie &#224; des millions d'enfants, de femmes et d'hommes, de les exproprier du peu qui leur reste dans certaines parties du globe et ailleurs de d&#233;truire le milieu physique dans lequel leur processus de reproduction sociale collective se faisait. C'est ici qu'on rejoint la question des rapports entre le capitalisme contemporain et les guerres contemporaines. Les processus combin&#233;s de rapine imp&#233;rialiste et d'attrition des conditions &#233;l&#233;mentaires de la survie (dans le cas d'un continent comme l'Afrique, elles sont m&#234;me &#233;troitement enchev&#234;tr&#233;s, sont le terreau de certaines des formes de ces &#233;tats de &#171; guerre permanente &#187;, de guerres men&#233;es &#171; sans retenue &#187; avant tout contre les populations civiles. Face &#224; la crise &#233;cologique mondiale et &#224; ses impacts sociaux, donc politiques, des strat&#233;gies de d&#233;fense de &#171; l'ordre mondial &#187; ont &#233;t&#233; d'ores et d&#233;j&#224; mises au point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'incapacit&#233; du capitalisme &#224; &#171; s'autolimiter &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;apparition de l'hypoth&#232;se que l'humanit&#233; serait engag&#233;e dans une course &#224; l'ab&#238;me sous l'effet d'un processus d'autodestruction a resurgi dans la pens&#233;e depuis quelque temps d&#233;j&#224; Elle repr&#233;sente un th&#232;me central des philosophes - peu nombreux - qui se situent toujours (ou faut-il dire encore) sur le terrain d'une critique de la soci&#233;t&#233; capitaliste et qui cherchent &#224; en d&#233;gager les fondements. Ainsi dans l'un de ses derniers entretiens, Castoriadis caract&#233;risait &#171; la soci&#233;t&#233; capitaliste (comme) une soci&#233;t&#233; qui court &#224; l'ab&#238;me, &#224; tout point de vue, car elle ne sait pas s'autolimiter &#187;. Et d'encha&#238;ner, &#171; Or une soci&#233;t&#233; vraiment libre, une soci&#233;t&#233; autonome doit savoir s'autolimiter, savoir qu'il y a des choses qu'on ne peut pas faire ou qu'on ne doit pas faire ou qu'il ne faut m&#234;me pas essayer de faire ou qu'il ne faut pas d&#233;sirer &#187;[2]. Laissons de c&#244;t&#233; la question du &#171; d&#233;sir &#187; qu'on retrouvera dans un article ult&#233;rieur o&#249; l'on abordera le r&#244;le central que joue le f&#233;tichisme de la marchandise et de l'argent tant comme soutien boiteux de la valorisation du capital que comme moyen de domination id&#233;ologique et politique. Retenons en revanche cette id&#233;e du refus de la &#171; soci&#233;t&#233; capitaliste &#187;, (synonyme du capitalisme) de se donner des limites, m&#234;me lorsque la n&#233;cessit&#233; en devient criante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#232;me du mouvement d'autodestruction d'un syst&#232;me qui, pour des raisons tenant &#224; ses fondements m&#234;mes, ne peut pas se donner de limites, est &#233;galement central au travail des philosophes allemands du groupe Krisis, Robert Kurtz et Anselm Jappe. Ce travail est important. Tr&#232;s contestable sur certains points, sur d'autres il renouvelle profond&#233;ment la lecture de Marx, notamment par la place que ces auteurs donnent &#224; la th&#233;orie du f&#233;tichisme. Leur plus grande faiblesse tient &#224; leur choix th&#233;orique et politique d'aborder la cat&#233;gorie du capital sous le seul angle de la marchandise et de l'argent, sans le comprendre aussi comme un rapport de production antagonique qui met le capital aux prises avec les prol&#233;taires (ceux qui sont contraints de vendre leur force de travail). L'argent devient capital uniquement en s'emparant du travail vivant. M&#233;conna&#238;tre ce fait fondamental les conduit &#224; lier le mouvement d'autodestruction de la production capitaliste aux seules d&#233;terminations contradictoires de la marchandise. D'o&#249; par exemple le titre du livre de Jappe, Les aventures de la marchandise (Ed. Deno&#235;l 2003) et une th&#233;orisation o&#249; le terme capital est exclu. Il en est ainsi du passage o&#249; Jappe dit que &#171; la soci&#233;t&#233; bas&#233;e sur la production de marchandises avec son universalit&#233; ext&#233;rioris&#233;e et abstraite est n&#233;cessairement sans limites, destructrice et autodestructrice &#187;[3]. L'absence consubstantielle de capacit&#233; &#224; l'autolimitation est juste. Cependant la soci&#233;t&#233; capitaliste n'est pas fond&#233;e simplement sur la production de marchandises. Elle est fond&#233;e au moins autant sur un antagonisme essentiel, un antagonisme fondateur. Il est celui du capital, des propri&#233;taires des moyens de production et des possesseurs de richesses accumul&#233;es sous forme financi&#232;re, &#224; l'&#233;gard du &#171; travail &#187;, terme d&#233;signant l'ensemble de celles et de ceux dont le capital et l'Etat ont bris&#233; &#224; un moment donn&#233; le lien direct avec les conditions de production, et qui se trouvent donc plac&#233;s dans le statut d'individus dont le capital commande le sort. On verra dans un instant la port&#233;e de la contradiction antagonique centrale qui voit notamment les entreprises consid&#233;rer les salari&#233;(e)s qu'elles emploient et dont elles approprient un surtravail et dans elles d&#233;pendent comme acheteurs des marchandises produites, surtout comme une source de &#171; co&#251;ts &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cat&#233;gorie fondamentale dont il faut partir, est le capital comme tel. Son mouvement d'auto-valorisation qui ne peut effectivement pas avoir de fin, exige en effet un passage par la transformation en marchandise. Mais c'est lui dont il faut saisir la nature. Pour cela, il faut commencer par faire abstraction de ses configurations concr&#232;tes du moment, celle des groupes industriels[4] et des groupes de la grande distribution transnationaux (les soci&#233;t&#233;s transnationales ou STN) ainsi que celle de plus en plus d&#233;cisive aujourd'hui des investisseurs institutionnels (les grandes banques, les soci&#233;t&#233;s d'assurance et les fonds de placement financier). Il faut faire l'effort de saisir le capital sous la forme de ce qu'on nomme en philosophie une &#171; abstraction concr&#232;te &#187;[5]. Au niveau le plus &#233;l&#233;mentaire, mais aussi le plus fondamental, le capital est constitu&#233; de sommes de valeurs dont l'objectif exclusif est l'auto-valorisation, la reproduction avec une augmentation, un profit, un surplus, une plus-value. Ces sommes de valeurs se pr&#233;sentent sous forme d'argent, de monnaie dans l'une des variantes de celle-ci. D'o&#249; ces passages clefs o&#249; Marx explique que c'est du capital en tant qu'argent cherchant &#224; cro&#238;tre sans fin que na&#238;t l'absence de limites. Ainsi, &#171; le capital, en tant qu'il repr&#233;sente la forme g&#233;n&#233;rale de la richesse - l'argent -, a la tendance, effr&#233;n&#233;e et illimit&#233;e de d&#233;passer ses propres bornes. Sinon il cesserait d'&#234;tre du capital, c'est-&#224;-dire de l'argent qui se produit lui-m&#234;me &#187;[6]. Derri&#232;re le &#171; d&#233;veloppement des forces productives &#187;, il y a toujours eu coexistence entre les dimensions &#171; h&#233;ro&#239;ques &#187; de la compr&#233;hension et de la domination du monde en tant que &#171; Nature &#187;, comme de celles plus troubles de conqu&#234;te et de soumission des soci&#233;t&#233;s non-capitalistes, avec le fait que le &#171; principal moteur de la production capitaliste &#187; est &#171; faire de l'argent &#187; et d'en faire sans limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux yeux de ceux qui poss&#232;dent ou qui centralisent l'argent &#171; oisif &#187; et qui cherchent &#224; le mettre en valeur, &#171; le proc&#232;s de production capitaliste appara&#238;t seulement comme un interm&#233;diaire in&#233;vitable, un mal n&#233;cessaire pour faire de l'argent &#187;[7]. La compr&#233;hension de ceci est capitale. Le d&#233;veloppement des forces productives, et en particulier celui de la technologie, n'a jamais &#233;t&#233; ni le ressort, ni la finalit&#233; de la production capitaliste. Il en a &#233;t&#233; un sous-produit, enfant&#233; par la concurrence capitaliste et par la lutte contre la tendance &#224; la baisse du taux de profit. Il en est de m&#234;me pour ce qui est de ce qu'on d&#233;signe aujourd'hui en parlant de &#171; l'emploi &#187;. S'engager dans le processus compliqu&#233; consistant &#224; mettre des gens au travail pour les faire produire un surtravail appropri&#233; sous forme de marchandises qu'il faut ensuite vendre, n'a jamais &#233;t&#233; pour les possesseurs d'argent &#224; valoriser que ce &#171; mal n&#233;cessaire pour faire de l'argent &#187;, d'autres fractions de la bourgeoisie voyant dans la construction de l'industrie un imp&#233;ratif politique, l'un des fondements du pouvoir de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui en raison du processus engag&#233; depuis trente ans, de centralisation d'une masse immense d'argent &#171; oisif &#187; &#224; la recherche de fa&#231;ons de se reproduire en grossissant de p&#233;riode en p&#233;riode, dans les vieux pays industriels, &#224; commencer par les Etats-Unis, le pouvoir capitaliste d&#233;cisif est pass&#233; aux mains de la nouvelle forme de propri&#233;t&#233; concentr&#233;e dans les fonds de pension et de placement financier (les Mutual Funds). La forme de capital &#224; laquelle la lib&#233;ralisation et la d&#233;r&#233;glementation ont ouvert l'espace plan&#233;taire de la mondialisation contemporaine, porte ainsi plus que tout autre avant elle, des attributs associ&#233;s &#224; la &#171; valeur en proc&#232;s &#187;, &#224; cette force impersonnelle tourn&#233;e exclusivement vers son auto-valorisation et son auto-reproduction que Marx a tent&#233; de saisir dans les Grundrisse. Aujourd'hui, ces attributs incluent l'extr&#234;me mobilit&#233; des flux de capitaux de placement et la tr&#232;s grande flexibilit&#233; dans les op&#233;rations de valorisation du capital industriel, enfin une indiff&#233;rence radicale quant &#224; la destination sociale des placements ou &#224; leurs cons&#233;quences sociales ou &#233;cologiques. Cette indiff&#233;rence ne date pas du capitalisme sous domination actionnariale. A partir du moment o&#249; la production exige des mati&#232;res premi&#232;res et que la concurrence entre capitalistes est un m&#233;canisme central de r&#233;partition des profits entre capitalistes, ces mati&#232;res premi&#232;res seront exploit&#233;es jusqu'&#224; &#233;puisement. De m&#234;me, puisque le bouclage r&#233;ussi du cycle emprunt&#233; par tout capital qui suit le chemin de la valorisation par la production exige la vente des marchandises produites, toute marchandise qui a trouv&#233; des acheteurs, un &#171; march&#233;, continuera &#224; l'&#234;tre, quelques en soient le co&#251;t &#233;cologique et les effets sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les effets de la domination de la valeur d'&#233;change et du travail abstrait &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois pos&#233;e la nature essentielle du capital, il faut effectivement en venir &#224; la question de la marchandise dont les th&#233;oriciens du groupe Krisis font la principale cause de l'irrationalit&#233; du capitalisme. Le capitalisme a surgi comme moment de d&#233;veloppement et de mutation qualitative d'une soci&#233;t&#233; marchande, qui a pris elle-m&#234;me des si&#232;cles pour &#233;merger de la soci&#233;t&#233; f&#233;odale avant d'en pr&#233;parer la mort. L'une des deux formes prise initialement par le capital a &#233;t&#233; celle du capital marchand dont les m&#233;canismes de valorisation ont consist&#233; en particulier &#224; acheter le r&#233;sultat du travail de soci&#233;t&#233;s non-marchandes (par exemple celui des nations indiennes d'Am&#233;rique du Nord avant que l'expansion du capital ne requi&#232;re leur extermination) pour les vendre avec un profit &#233;lev&#233; en Europe. Dans le cadre europ&#233;en, on a assist&#233; parall&#232;lement &#224; l'expansion, lente au d&#233;part mais tr&#232;s rapide plus tard, de r&#233;seaux commerciaux comportant l'&#233;change, entre des producteurs qui &#233;taient encore des artisans et des paysans, de produits dont la &#171; valeur &#187; ne r&#233;sultait plus de l'usage propre qu'ils en faisaient, mais de leur vente r&#233;ussie. Celle-ci exigeait le recours &#224; l'argent comme instrument d'&#233;change et comme mesure de valeur. Argent et marchandise ont donc cru ensemble, &#224; la fin pratiquement dans un seul et m&#234;me mouvement. Au moment o&#249; le capitalisme s'est empar&#233; de la production urbaine et agricole, l'expansion des rapports d'&#233;change &#233;tait d&#233;j&#224; si grande qu'il &#233;tait devenu possible, comme Marx l'a not&#233; tr&#232;s t&#244;t, pour &#171; l'&#233;conomie politique (de concevoir) la communaut&#233; des hommes sous la forme de l'&#233;change et du commerce (...). La soci&#233;t&#233;, dit Adam Smith, est une soci&#233;t&#233; commer&#231;ante. Chacun de ses membres est un commer&#231;ant &#187;[8].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les Grundrisse, Marx commence par l'analyse du capital. Dans Le Capital il suit un ordre inverse. Cette inversion a &#233;t&#233; et restera l'objet de d&#233;bats th&#233;oriques intenses. Disons ici que Marx semble avoir voulu anticiper sur des &#233;volutions &#224; venir. Le soin qu'il prend &#224; explique les diff&#233;rences entre la valeur d'usage et la valeur d'&#233;change traduit une volont&#233; de jeter les jalons permettant &#224; des discussions futures sur les caract&#233;ristiques dominantes des marchandises produites et vendues (les &#171; biens et services &#187;) de s'engager sur des bases m&#233;thodologiques solides. De m&#234;me, les pistes ouvertes sur le &#171; f&#233;tichisme &#187; associ&#233; &#224; la marchandise et &#224; l'argent facilitent, pour peu qu'on les emprunte, la compr&#233;hension de l'ethos d'une soci&#233;t&#233; marqu&#233;e par l'omnipr&#233;sence des marchandises. La question du f&#233;tichisme est l'une de celles o&#249; la lecture de Jappe est d'une grande port&#233;e, mais les limites de cet article exigent de renvoyer la pr&#233;sentation de son analyse &#224; une prochaine occasion. Avec le passage de l'&#233;conomie marchande au capitalisme, la valeur d'usage se trouve d&#233;finitivement subordonn&#233;e &#224; la valeur d'&#233;change, m&#234;me si toutes les cons&#233;quences n'en sont pas apparentes tout de suite. Ce n'est pas seulement de la marchandise que le capital s'empare, mais aussi et m&#234;me surtout du travail dont il organise la mise en action ou en mouvement, autrement dit l'exploitation, dans les nouvelles entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;change des marchandises est effectu&#233; &#224; l'aide de l'argent, mais d&#233;sormais il est d&#233;termin&#233; par les quantit&#233;s relatives de force de travail utilis&#233;es pour les produire. Sur ce plan le travail est indiff&#233;renci&#233;. Pour le capital, c'est un &#171; travail abstrait &#187; producteur de valeurs d'&#233;change, dont seuls compte le prix (d'o&#249; l'importance du co&#251;t de la force de travail et l'intensit&#233; de sa mise &#339;uvre) et l'aptitude de ces valeurs &#224; trouver un march&#233;. Ce seront alors les caract&#233;ristiques d'une soci&#233;t&#233; divis&#233;e en classes et marqu&#233;es par des contradictions et des impasses n&#233;es de cette division qui commanderont les caract&#233;ristiques des marchandises produites. Ici la lecture de Jappe est tout &#224; fait utile. Par exemple quand il explique les cons&#233;quences du fait que &#171; le travail abstrait (r&#233;duise) tout &#224; l'unit&#233;, &#224; une d&#233;pense, simple ou multipli&#233;e, de cette facult&#233; de travailler que tous les homes ont en commun, de mani&#232;re que le travail est social seulement en tant qu'il est vid&#233; de toute d&#233;termination sociale. Si l'aspect social d'une chose ou d'un travail ne r&#233;side pas dans son utilit&#233;, mais seulement dans sa capacit&#233; &#224; se transformer en argent, les d&#233;cisions en soci&#233;t&#233; ne sont pas prises sur la base de l'utilit&#233; individuelle ou collective. Le contenu des travaux concrets, leurs pr&#233;suppos&#233;s, leurs cons&#233;quences sociales, les effets qu'ils ont sur les producteurs et sur les consommateurs, leur impact sur l'environnement : tout cela ne fait plus partie de leur caract&#232;re social. N'est social que le seul proc&#232;s automatique et incontr&#244;lable de la transformation du travail en argent &#187;. Et Jappe conclure &#224; juste titre que &#171; la subordination de l'utilit&#233; des produits, qui devient une dimension purement priv&#233;e, &#224; leur &#233;changeabilit&#233;, leur seule dimension sociale, ne peut que conduire &#224; des r&#233;sultats catastrophiques &#187;[9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un antagonisme &#171; objectif &#187;, consubstantiel au capitalisme &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que l'argent devienne capital et puisse s'auto-valoriser, se reproduire avec un surplus, une plus-value, il faut imp&#233;rativement qu'il &#233;tablisse, en s'appuyant presque n&#233;cessairement sur des institutions politiques, en premier lieu l'Etat, une relation, directe ou indirecte, avec le travail humain lui permettant d'en approprier une partie des r&#233;sultats. Le capital de pr&#234;t usuraire du Moyen Age, et plus tard le capital commercial du d&#233;but des Temps modernes y sont parvenus chacun &#224; sa mani&#232;re selon des m&#233;thodes indirectes. Dans le cadre du capitalisme, le capital organise cette appropriation directement. Le march&#233; du travail (plus exactement de la force de travail) et la mise au travail des salari&#233;s au sein de l'entreprise assurent l'alchimie tr&#232;s particuli&#232;re qui voit, pour utiliser l'expression de Marx, &#171; la conversion du travail (activit&#233; vivante et efficiente) en capital &#187;[10]. Cette alchimie exige la destruction pr&#233;alable du rapport imm&#233;diat des travailleurs paysans et artisans avec leurs moyens de production, donc un acte spoliateur initial majeur. Cette spoliation peut &#234;tre le r&#233;sultat d'une utilisation directe de la force ou celui du jeu des &#171; forces du march&#233; &#187;. Elle n'a pas de fin. Elle a commenc&#233; lors de la phase dite de &#171; l'accumulation primitive &#187;[11]. Elle s'est poursuivie de fa&#231;on inexorable depuis et elle s'est encore aggrav&#233;e au cours des trente derni&#232;res ann&#233;es[12] , sous l'effet des contradictions qui seront pr&#233;sent&#233;es plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antagonisme du capital &#224; l'&#233;gard du travail (il serait plus pr&#233;cis de dire &#224; l'&#233;gard des &#171; prol&#233;taires &#187;, de toutes celles et de tous ceux qui doivent vendre leur force de travail) ne cesse pas une fois cette expropriation pass&#233;e. Il est consubstantiel au capitalisme (c'est la raison pour laquelle Marx r&#233;p&#232;te qu'il ne vise pas les capitalistes comme individus, mais comme incarnations du capital). D'un c&#244;t&#233; il r&#233;sulte de la forme propre au capitalisme d'appropriation du &#171; surplus &#187;, qui se fait par le biais des processus qui maximisent la &#171; productivit&#233; du travail &#187; au sens non seulement d'&#234;tre conflictuel. De l'autre il est impos&#233; aux capitaux individuels (les entreprises) par la concurrence. Le capitalisme a besoin de salari&#233;(e)s. Il ne peut pas fonctionner sans eux Il a besoin de leur force de travail, puisque c'est de la valeur d'usage de cette force de travail que na&#238;t le surplus qui est &#224; la base du profit. Les salaires qu'ils per&#231;oivent en font aussi des consommateurs. Leurs achats permettent &#224; de nombreuses entreprises de vendre les marchandises et boucler le cycle de mise en valeur du capital. Les entreprises ne voient pourtant dans les salari&#233;(e)s qu'un co&#251;t qu'il faut r&#233;duire. Confront&#233;es &#224; un mouvement tendanciel de baisse du taux de profit dont elles ne comprennent pas les causes, ainsi qu'&#224; la concurrence de leurs rivales (il n'y a pas besoin d'introduire les exigences des actionnaires propri&#233;taires en mati&#232;re de dividendes), les entreprises croient trouver leur salut dans deux directions, la &#171; r&#233;duction des effectifs &#187; et le recours aux march&#233;s ext&#233;rieurs. La premi&#232;re voie enclenche de fa&#231;on imm&#233;diate un processus cumulatif dans lequel le r&#233;tr&#233;cissement de la demande, la d&#233;gradation des anticipations de profit et les nouveaux licenciements qui sont alors d&#233;cid&#233;s se nourrissent et se renforcent. Pass&#233; un certain seuil, la seconde d&#233;bouche sur des processus similaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aux racines du basculement contemporain de p&#233;riode historique &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lib&#233;ralisation, la d&#233;r&#233;glementation et le saut dans l'internationalisation du capital qu'elles ont provoqu&#233;, (saut qualitatif autant que quantitatif) ont eu pour effet de d&#233;placer cet ensemble de m&#233;canismes antagoniques et contradictoires du plan des &#233;conomies des Etats-nation &#224; celui de l'&#233;conomie mondiale prise comme un tout diff&#233;renci&#233; et hi&#233;rarchis&#233;. Ce d&#233;placement marque un changement radical de p&#233;riode historique. On bascule d'un r&#233;gime &#233;conomique et politique international, celui de l'apr&#232;s Seconde guerre mondiale, caract&#233;ris&#233; par la pr&#233;sence de certains m&#233;canismes de &#171; r&#233;gulation &#187;[13], &#224; une situation o&#249; l'anarchie de la concurrence ainsi que les nombreux effets de la destruction presque compl&#232;te des rapports politiques et des institutions qui &#171; contenaient &#187; l'antagonisme d&#233;fini plus haut (au sens d'en limiter le jeu et d'en contrecarrer les effets un peu), prennent progressivement le dessus. Opposons, quitte &#224; forcer les traits les deux p&#233;riodes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on tr&#232;s, tr&#232;s sch&#233;matique, le r&#233;gime &#233;conomique et politique de l'apr&#232;s guerre comportait dans les pays industriels, le bouclage du cycle du capital de la grande partie des capitaux individuels sur une base nationale. Le capital, bien moins centralis&#233; et concentr&#233; qu'il ne l'est devenu &#233;tait ins&#233;r&#233; dans des rapports politiques o&#249; il &#233;tait forc&#233; de n&#233;gocier, de fa&#231;on plus ou moins institutionnalis&#233;e selon les pays, avec les syndicats les salaires, la protection sociale et m&#234;me des &#233;l&#233;ments touchant &#224; l'intensit&#233; du taux d'exploitation. Dans la majorit&#233; des pays, le but principal des exportations &#233;tait le financement d'importations indispensables. Du c&#244;t&#233; des pays de &#171; socialisme r&#233;el &#187; &#224; propri&#233;t&#233; &#233;tatique, la situation &#233;tait marqu&#233;e par une int&#233;gration encore plus faible dans les &#233;changes internationaux, mais aussi une peur suffisamment forte de la classe ouvri&#232;re pour qu'un emploi stable et un minimum de protection sociale soient assur&#233;s aux ouvriers. Lorsque vers 1955 les transnationales am&#233;ricaines se sont trouv&#233;es contraintes du fait de la chute du taux de profit de se tourner de nouveau vers le march&#233; mondial, elles ont &#233;t&#233; forc&#233;es durant tout un temps de soumettre leurs investissements &#233;trangers &#224; ce r&#233;gime d'&#233;conomies encore autonomes et &#224; leurs exigences en mati&#232;re d'accumulation autocentr&#233;e. Si on prend les pays dits du &#171; tiers-monde &#187; comme un bloc, alors une fois encore &#224; tr&#232;s grands traits, on peut dire qu'ils b&#233;n&#233;ficiaient d'une demande stable et croissante de mati&#232;res premi&#232;res et subissaient les impacts du capitalisme mondial dans des conditions o&#249; les rapports de subordination semi-coloniaux ne comportaient pas encore la pulv&#233;risation de l'ensemble des relations sociales issues d'une histoire non-capitaliste ou seulement partiellement capitaliste. Ajoutons pour terminer que jusque vers 1975-78, l'accumulation financi&#232;re &#171; autonome &#187;, bien qu'en augmentation r&#233;guli&#232;re depuis 1965, restait suffisamment limit&#233;e pour se voir encore brid&#233;e par de nombreux r&#232;glements nationaux. Pendant toute cette p&#233;riode le capital argent dans sa figure de capital de placement n'&#233;tait pas encore devenu un protagoniste central du processus d'accumulation et de ses contradictions[14].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la lib&#233;ralisation et la d&#233;r&#233;glementation, c'est &#224; l'&#233;chelle mondiale que le bouclage du cycle du capital se fait d&#233;sormais dans le cadre d'une centralisation et d'une concentration tr&#232;s forte du capital (voir l'encadr&#233;). Ce changement a eu pour cons&#233;quence un affaiblissement tr&#232;s fort, lorsque ce n'est pas par leur disparition totale, des institutions et des rapports politiques qui avaient &#233;t&#233; capables de bloquer partiellement les m&#233;canismes cumulatifs &#171; pervers &#187; inh&#233;rents &#224; la production capitaliste. Cela au plan national comme au niveau international. Du fait de la lib&#233;ralisation, de la d&#233;r&#233;glementation et de la mondialisation, les m&#233;canismes &#171; pervers &#187; se d&#233;veloppent d&#233;sormais en tant que processus proprement mondiaux et en rencontrant de moins en moins de freins. C'est donc aussi au niveau plan&#233;taire, comme autant de cons&#233;quences d'un mouvement unique, que s'accentuent les manifestations majeures de ce qu'on peut et doit appeler une crise de civilisation plan&#233;taire. Le moteur imm&#233;diat en est la mondialisation du processus d'interaction et de renforcement r&#233;ciproque entre le r&#233;tr&#233;cissement de la demande, la d&#233;gradation des anticipations de profit, les baisses des salaires et les licenciements et, enfin, la fuite en avant des entreprises dans la d&#233;localisation vers les rares parties du march&#233; mondial qui offrent &#224; la fois un march&#233; en expansion et la libert&#233; dans l'ordonnancement des rapports capital-travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les contradictions fondamentales ont pour champ une &#233;conomie hi&#233;rarchis&#233;e unique &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les architectes de la lib&#233;ralisation et de la d&#233;r&#233;glementation, la constitution d'un espace mondialis&#233; de valorisation du capital avec la possibilit&#233; offerte aux entreprises de boucler le cycle du capital sur un march&#233; vraiment mondialis&#233; et non plus sur des march&#233;s nationaux exigus, devait ouvrir au capitalisme mondial une nouvelle phase d'expansion longue. Celle-ci aurait des retomb&#233;es positives pour les populations, permettant de leur promettre &#224; l'ombre du n&#233;olib&#233;ralisme un avenir radieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est du premier point, on assiste, &#224; partir des crises asiatiques de 1997-98, &#224; autant d'&#233;v&#232;nements &#233;conomiques qui indiquent que le r&#233;pit attendu du d&#233;placement des contradictions fondamentales du plan domestique au niveau mondial a &#233;t&#233; de courte dur&#233;e. A l'exception de ceux qui sont acquis de fa&#231;on aveugle aux th&#232;ses fondatrices du n&#233;olib&#233;ralisme, tous les &#233;conomistes constatent que le &#171; mod&#232;le &#187; comme ils le nomment est un &#233;chec. Il a fallu le ralliement des dirigeants du Parti communiste chinois au capitalisme, selon une voie toute nationale et tr&#232;s contr&#244;l&#233;e, pour que le moment auquel ces contradictions &#233;clatent soit repouss&#233; dans le temps. Il se peut que ce soit pour toute une d&#233;cennie, ou peut-&#234;tre pour moins longtemps, la seule certitude &#233;tant que l'ampleur des contradictions et de leurs effets aura &#233;t&#233; d&#233;multipli&#233;e par l'ach&#232;vement de la transformation des bases sociales de la Chine et par sa pleine int&#233;gration dans l'&#233;conomie capitaliste mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de l'avenir radieux, cet article ne peut pas aller au-del&#224; du constat suivant, qui devra faire l'objet d'analyses plus d&#233;taill&#233;es. Au nombre des effets lisibles dans les statistiques du capitalisme lib&#233;ralis&#233;, d&#233;r&#233;glement&#233; et mondialis&#233;, il y a l'extension continue du ch&#244;mage dans les pays industrialis&#233;s comme dans ceux venant de l'aire des &#233;conomies bureaucratis&#233;es, accompagn&#233; dans ces pays d'un accroissement qualitatif dans la pr&#233;carisation des salari&#233;(e)s vendeurs de leur force de travail ou postulant &#224; la vendre. Dans le m&#234;me temps, il y a eu de l'aveu m&#234;me des architectes du &#171; n&#233;olib&#233;ralisme &#187;, un accroissement tr&#232;s important in&#233;galit&#233;s au sein de chaque pays et entre les pays. Sur deux d&#233;cennies, les cr&#233;ations d'emploi et les &#171; sorties &#187; de la pauvret&#233; ou de l'extr&#234;me pauvret&#233; ont &#233;t&#233; circonscrits &#224; un petit nombre de pays. Dans ces pays comme la Chine et l'Inde, ils se sont accompagn&#233;s d'un accroissement tr&#232;s fort des in&#233;galit&#233;s, d'une polarisation sociale accrue. Ailleurs la pauvret&#233; ou l'extr&#234;me pauvret&#233; se sont accrues, notamment en Afrique. La cr&#233;ation d'emplois dans certaines parties de l'&#233;conomie mondiale est all&#233;e de pair avec des destructions d'emploi ailleurs, comme si le capitalisme ne pouvait pas englober, m&#234;me comme membres des sections les plus vuln&#233;rables de l'arm&#233;e industrielle de r&#233;serve plus qu'une fraction de celles et ceux qui y postulent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue de la th&#233;orie de l'accumulation, cela veut dire que le cycle de valorisation du capital &#171; mondial &#187; (en fait, ici, il est compos&#233;, encore d'une multiplicit&#233; de cycles particuliers et concurrents), se boucle dans des conditions o&#249; il incorpore comme salari&#233;(e)s dont il ach&#232;te et met en mouvement la force de travail, une fraction seulement, et m&#234;me une assez petite fraction, de celles et ceux qu'il pourrait incorporer potentiellement. Du point de vue de la th&#233;orie de l'accumulation toujours, cela veut dire que nous avons affaire &#224; un syst&#232;me qui repose sur la production et de l'appropriation de la plus value et qui n'en produit pourtant qu'un montant limit&#233;. Cela n'est pas le r&#233;sultat d'obstacles externes : le capitalisme a eu raison du &#171; socialisme r&#233;el &#187; et a incorpor&#233; ou r&#233;incorpor&#233; l'ensemble des pays de la plan&#232;te dans son fonctionnement (il n'y a que la Cor&#233;e du Nord qui pourrait &#234;tre une exception) et il soumet les ressources de la plan&#232;te &#224; un pillage effr&#233;n&#233;. Cela exprime les limites internes d'un syst&#232;me qui ajuste la production, et donc l'emploi, aux perspectives de profit et &#224; la dimension du march&#233;, dont il commande en m&#234;me temps le niveau par les m&#233;canismes qui lui sont propres. D'un c&#244;t&#233;, la baisse du taux de profit sous l'effet des mesures prises pour accro&#238;tre la productivit&#233; de la force de travail et de l'autre, pour la majorit&#233; de la population, la subordination de la possibilit&#233; d'acheter des marchandises au fait d'avoir d'abord r&#233;ussi &#224; vendre sa force de travail ... dont le capital de plus en plus souvent ne veut pas ou ne veut plus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un syst&#232;me assoiff&#233; de plus value et qui, de son propre fait, n'en produit pas assez&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;capitulons les r&#233;sultats du cheminement que nous avons suivi. Nous sommes partis de l'&#233;nonc&#233; de la caract&#233;ristique fondamentale du capital de se pr&#233;senter comme la cat&#233;gorie centrale de la vie sociale moderne et d'&#234;tre une entit&#233; pour qui tout limite est insupportable, &#171; sinon, il cesserait d'&#234;tre capital : c'est-&#224;-dire de l'argent qui se produit lui-m&#234;me &#187;[15]. Or ce que nous commen&#231;ons &#224; cerner dans les conditions historiques du d&#233;but du 21&#176; si&#232;cle, c'est de nouveau ce &#224; quoi Marx s'est trouv&#233; confront&#233; au moment d'&#233;crire le livre III du Capital, qu'il am&#232;ne &#224; conclure que &#171; la v&#233;ritable barri&#232;re de la production capitaliste, c'est le capital lui-m&#234;me &#187;[16]. Quand une force aussi puissante que le capital dont la sp&#233;cificit&#233; est de ne pas pouvoir supporter de limites, s'en cr&#233;e &#224; lui-m&#234;me et contre lui-m&#234;me par son propre fonctionnement, et qu'il est incarn&#233; en m&#234;me temps dans des formes tr&#232;s concentr&#233;es d'organisation capitalistes - et les soci&#233;t&#233;s transnationales, les grands fonds de pension et de placement collectif et les appareils politiques et militaires d'Etat qui en d&#233;fendent les int&#233;r&#234;ts - le r&#233;sultat pour ceux qui vivent dans la soci&#233;t&#233; plan&#233;taire fa&#231;onn&#233;e par le capital, a de grandes chances d'&#234;tre la barbarie sous de multiples formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La principale sp&#233;cificit&#233; des conditions historiques du d&#233;but du 21&#176; si&#232;cle sur laquelle nous nous attarderons un peu plus longuement, a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;e en passant. Elle a trait au r&#244;le occuper d&#233;sormais par les institutions et les m&#233;canismes d&#233;sign&#233;s &#224; l'aide du terme &#171; la finance &#187;. Elle concerne le fait notamment que la propri&#233;t&#233; du capital est repass&#233;e, &#224; peu pr&#232;s enti&#232;rement, entre les mains des institutions financi&#232;res, bancaires et surtout non-bancaires, et que ce sont les intervenants sur les march&#233;s boursiers qui concentrent entre leurs mains les d&#233;cisions industrielles strat&#233;giques. Le caract&#232;re du capital de force impersonnelle tourn&#233;e exclusivement vers son auto-valorisation et son auto-reproduction, dans une indiff&#233;rence absolue quant &#224; la destination sociale des investissements ou &#224; leurs cons&#233;quences, est singuli&#232;rement aggrav&#233; lorsque c'est la forme d&#233;termin&#233;e de capital qui se valorise selon le cycle A-A' qui domine, au moins dans les pays capitalistes plus anciens, les autres formes de capital[17]. Les traits de la forme qui pense en termes d'un cycle raccourci A-A', inclut ce qu'on nomme &#171; la distance &#224; l'&#233;gard de la production &#187;, la focalisation exclusive sur le rendement imm&#233;diat, son &#171; insatiabilit&#233; &#187;[18]. Le d&#233;roulement des op&#233;rations de cette forme de capital sur des march&#233;s de titres introduit la profonde instabilit&#233; financi&#232;re qui est une marque de la p&#233;riode. Le propre de ces march&#233;s et de leurs op&#233;rateurs est de manier des titres qui sont des expressions d'un capital fictif, &#171; l'ombre d'un capital productif &#187; dans le meilleur des cas, mais qui repr&#233;sentent des &#171; bons &#224; tirer &#187; sur une production en cours et &#224; venir hasardeuse. Car celle-ci ne &#171; rendra &#187; jamais tout ce que les gestionnaires financiers en attendent, aussi bien pour des raisons conjoncturelles que pour les raisons &#171; structurelles &#187; auxquelles il faut revenir maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les barri&#232;res que le capitalisme contemporain se dresse &#224; lui-m&#234;me les principales hypoth&#232;ses sur lesquelles cet article d&#233;bouche, sont les suivantes. Nous serions en pr&#233;sence d'un syst&#232;me qui aurait, &#224; un degr&#233; particuli&#232;rement fort dans la mondialisation et du fait de celle-ci, les caract&#233;ristiques de se clore, du point de vue de ses relations syst&#233;miques fondamentales, en incorporant dans son fonctionnement une fraction seulement de la population mondiale. Ceci a des implications d'une tr&#232;s grande port&#233;e, toutes g&#233;n&#233;ratrices de barbarie. Pour la fraction de la population qui est totalement marginalis&#233;e, mais aussi pour celles qui forment partie de la p&#233;riph&#233;rie de l'arm&#233;e industrielle de r&#233;serve mondiale, ce trait du capitalisme mondialis&#233; a valeur de condamnation &#224; la faim, &#224; la privation de l'acc&#232;s &#224; l'eau, aux effets de pand&#233;mies[19]. Mais il faut mesurer ce signifie pour le capitalisme de souffrir par incapacit&#233; d'employer plus qu'une fraction de celles et ceux qui demandent, par obligation, de devenir salari&#233;(e)s d'une p&#233;nurie de surproduit, dans la forme propre au capitalisme, c'est-&#224;-dire de plus value cr&#233;&#233;e et appropri&#233;e sur la base des institutions sp&#233;cifiques au capitalisme : propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production, march&#233; du travail, organisation du travail dans l'entreprise sous l'autorit&#233; de l'encadrement. Talonn&#233; par la fraction qui le domine, celle qui ne comprend que le mouvement A-A', le capital se d&#233;cha&#238;nerait dans un double mouvement de pressurisation &#224; outrance de celles et ceux qu'il emploie et de recherche syst&#233;matique de tout ce qui reste dans le monde &#224; &#234;tre appropri&#233;, privatis&#233;, soumis au r&#232;gne de la marchandise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on se r&#233;f&#232;re au cadre analytique de l'accumulation du capital et de ses contradictions, nous serions pass&#233;s des configurations analys&#233;es en d&#233;tail par Marx de &#171; surpopulation relative &#187; &#224; des situations dont il pressent la possibilit&#233; de &#171; surpopulation absolue &#187;. En ce qui concerne la p&#233;nurie de plus value, pour qu'elle apparaisse il est n&#233;cessaire que la baisse du taux de plus value cesse d'&#234;tre compens&#233;e par le montant total de plus-value produit et appropri&#233;. L'hypoth&#232;se est incluse dans les situations de crise p&#233;riodique esquiss&#233;es par Marx. Ce sont des p&#233;riodes lesquelles la baisse du taux de profit cesse d'&#234;tre simplement une tendance pour devenir momentan&#233;ment une r&#233;alit&#233; reconnaissable et o&#249; la question de la masse de plus value produite peut donc se poser. Au 19&#176; si&#232;cle ces situations &#233;taient encore hypoth&#233;tiques puisque les facteurs rang&#233;s par Marx sous l'appellation de &#171; causes qui contrecarrent la loi &#187; (de la baisse tendancielle du taux de profit) entraient encore vite en jeu. En va-t-il de m&#234;me &#224; notre &#233;poque ? Ce n'est pas du tout certain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La probl&#233;matique des &#171; causes contrecarrant la baisse tendancielle du taux de profit &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une remarque de m&#233;thode. La baisse tendancielle du taux de profit repr&#233;sente une tendance de fond qui est sous-jacente &#224; l'accumulation de fa&#231;on permanente au point de devenir apparente dans les statistiques produites par les historiens &#233;conomiques. Il en r&#233;sulte que les &#171; causes qui contrecarrent la loi &#187; et donc leur identification aussi pr&#233;cise que possible, sont aussi importantes que la tendance elle-m&#234;me (qui n'est pas une &#171; loi &#187;)[20]. Regardons le chapitre XIV du livre III du Capital qui en traite. Trois des causes, examin&#233;es par Marx vers 1870, pourraient &#234;tre devenues inop&#233;rantes &#224; des degr&#233;s divers, mais chaque fois assez forts :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; avec l'ach&#232;vement du &#171; march&#233; mondial &#187; sous la forme d'une implantation profonde du capitalisme dans des parties du monde contr&#244;l&#233;es pr&#233;c&#233;demment par l'imp&#233;rialisme mais devenus des concurrents des pays capitalistes centraux (la Chine et l'Inde), les effets de contre-tendance analys&#233;s sous le sous-titre &#171; commerce ext&#233;rieur &#187; pourraient avoir largement disparus ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; la hausse des prix du p&#233;trole et de nombreuses mati&#232;res premi&#232;res sous l'effet de leur rar&#233;faction pourraient avoir mis fin &#224; toute attente d'effets b&#233;n&#233;fiques venant de la &#171; baisse de prix des &#233;l&#233;ments du capital constant &#187; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176; &#171; l'augmentation du capital par actions &#187; s'est transform&#233;e de facteur positif pour le redressement du taux de profit par l'aide qu'elle apporte &#224; la centralisation et &#224; la concentration, en une source sp&#233;cifique de contradictions capitalistes. Restent alors au capital comme seule possibilit&#233;, l'activation accrue les trois m&#233;canismes de contre tendance reposant tous sur l'aggravation des conditions des salari&#233;&#183;e&#183;s et des exploit&#233;&#183;e&#183;s : &#171; augmentation du degr&#233; d'exploitation du travail &#187; ; &#171; r&#233;duction du salaire au-dessous de sa valeur &#187; (au-dessous du niveau n&#233;cessaire &#224; la reproduction de la force de travail et des salari&#233;&#183;e&#183;s comme classe) ; &#171; &#171; surpopulation relative &#187; (augmentation du ch&#244;mage). L'hypoth&#232;se &#224; laquelle on aboutit est donc celle que notre &#233;poque voit le capital s'acharner contre le travail &#224; ces trois niveaux en utilisant pour ce faire les possibilit&#233;s nouvelles que la mondialisation lui offre : la mondialisation de l'arm&#233;e industrielle de r&#233;serve et l'aiguisement de la concurrence que le capital oblige les salari&#233;(e)s &#224; se livrer entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liste des &#171; causes qui contrecarrent la loi &#187;, c'est-&#224;-dire des moyens avec lesquels le capital cherche &#224; freiner la baisse du taux de profit ou en combattre les effets, n'est pas limitative. Il faut en allonger la liste aujourd'hui. Il faut surtout inclure dans l'analyse deux choses. La premi&#232;re concerne la mani&#232;re dont les &#171; capitaux particuliers &#187;, aujourd'hui des groupes industriels tr&#232;s concentr&#233;s cot&#233;s en Bourse, cherchent &#224; faire retomber sur leurs concurrents directs, sur leurs sous-traitants et partant sur les parties de la soci&#233;t&#233; qui en d&#233;pendent ou qui subissent l'effet de leurs d&#233;cisions, la charge de supporter les effets de la baisse du taux de profit et l'insuffisance permanente de la demande finale. La seconde, qui est &#224; la fois le produit direct de cette concurrence et le r&#233;sultat du mouvement du syst&#232;me conform&#233;ment &#224; ses fondements (propri&#233;t&#233; priv&#233;e, salariat et marchandise), a trait aux fa&#231;ons dont le capital cherche &#224; activer les &#171; causes contrecarrant la loi &#187;, en d&#233;pit du fait qu'elles sont devenues moins op&#233;rantes ou plus op&#233;rantes du tout, s'engageant ainsi dans des tentatives pour forcer la r&#233;alit&#233;, la plier aux exigences de rentabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Expliquons d'abord la port&#233;e de la tr&#232;s forte accentuation de la concurrence et partant de l'anarchie particuli&#232;re qui est inh&#233;rente &#224; celle-ci. Pour les thurif&#233;raires du n&#233;olib&#233;ralisme, le processus politique de lib&#233;ralisation et de d&#233;r&#233;glementation de l'investissement direct &#224; l'&#233;tranger, des transactions commerciales et des flux financiers, impos&#233; sur une &#233;chelle sans pr&#233;c&#233;dent, reste inachev&#233;. Il n'en est pas moins d&#233;j&#224; tr&#232;s avanc&#233;, de sorte que le march&#233; mondial se pr&#233;sente vraiment, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire du capitalisme, comme n'&#233;tant &#171; pas seulement la connexion entre le march&#233; int&#233;rieur et tous les autres qui seraient des march&#233;s ext&#233;rieurs, mais encore le march&#233; int&#233;rieur de tous les pays &#187;.[21] A mesure que les protections nationales tombent, les tarifs douaniers comme les aides &#233;tatiques, les groupes capitalistes se trouvent pris dans la nasse de la concurrence. Dans un cadre mondialis&#233; et lib&#233;ralis&#233;, le jeu des &#171; lois coercitives de la concurrence &#187; est par lui-m&#234;me un aiguillon aux tendances destructrices que le capitalisme porte en lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La crise &#233;cologique, facteur aggravant qualitatif du basculement de p&#233;riode historique &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de la d&#233;claration d'une sp&#233;cialiste am&#233;ricaine du r&#233;chauffement climatique sur le &#171; cours autodestructeur &#187; de la soci&#233;t&#233; contemporaine que nous sommes partis. Il faut donc situer la crise &#233;cologique dans l'interpr&#233;tation d'ensemble esquiss&#233;e ici. Les prol&#233;gom&#232;nes de la crise climatique sont ant&#233;rieurs &#224; la transition &#224; la p&#233;riode de la mondialisation. Mais le fait que cette crise vienne &#224; maturit&#233; et s'acc&#233;l&#232;re avec celle-ci (ne f&#251;t-ce qu'en raison de l'adoption par la Chine non seulement du capitalisme, mais aussi pour la fraction de la population susceptible d'&#234;tre incorpor&#233;e dans un bouclage interne du cycle de valorisation du capital, du &#171; mode de vie am&#233;ricain &#187;), vient aggraver qualitativement l'ensemble des processus et des probl&#232;mes qui marquent le basculement de p&#233;riode historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise climatique n'est pas une vue de l'esprit. Elle a d&#233;j&#224; progress&#233; si vite en vingt ans que non seulement elle menace la p&#233;rennit&#233; des conditions de reproduction sociale de certaines classes, de certains peuples, voire de certains pays, mais que dans certaines parties du monde elle les a d&#233;j&#224; d&#233;truites. D'autre part, les projections scientifiques de plus en plus pr&#233;cises sur les rythmes de fonte de la banquise dans l'Arctique et dans l'Antarctique et ses effets, montrent que c'est en peu de temps que les pays capitalistes industriels, anciens comme nouveaux, en subiront les effets. Au nombre des sources d'&#233;mission de gaz &#224; effet de serre, les transports par automobile, camion et avion viennent au premier rang. Mais c'est sur ces moyens et les industries qui les produisent que les plans et les projections de la &#171; croissance &#187; mondiale sont fond&#233;s. Les &#233;conomies d'&#233;nergie sont pens&#233;es &#224; de nombreux niveaux, mais jamais en rapport avec les gaspillages immenses associ&#233;s &#224; la faiblesse de la population qui peut exprimer une demande mon&#233;taire et &#224; laquelle il faut donc imposer des marchandises que les gens en question poss&#232;dent d&#233;j&#224;. Telles sont certaines des voies prises par &#171; l'aveuglement &#187;, le &#171; cours autodestructeur &#187;. Comment l'expliquer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'explication la plus imm&#233;diate, et dans une large mesure la plus facile, est &#233;videmment le r&#244;le jou&#233; par le tr&#232;s puissant &#171; bloc d'int&#233;r&#234;ts &#187;, de groupes industriels &#224; forte intensit&#233; destructive de l'&#233;cosph&#232;re en particulier et de l'environnement en g&#233;n&#233;ral, ceux du complexe du p&#233;trole-automobile et de la p&#233;trochimie, et du complexe militaro-industriel avec qui ils ont partie li&#233;e, mais aussi les grands groupes de fili&#232;res comme les minerais, l'agro-industrie et le papier. Les profits de ces oligopoles d&#233;pendent de la p&#233;rennit&#233; des modes de vie (l'usage de l'automobile et les choix urbains aff&#233;rents, etc.) poss&#233;dant les effets les plus forts en terme d'&#233;mission de gaz &#224; effet de serre, en particulier de CO2. Substituer l'automobile aux transports publics et au v&#233;lo pour une fraction m&#234;me petite (dix pour cent) du milliard cent millions d'habitants de la Chine, est l'objectif que ces groupes industriels se sont donn&#233; avec la coop&#233;ration active du Parti communiste chinois (PCC) et des nouveaux capitalistes locaux. Peu importe les effets &#233;cologiques, puisque le march&#233; chinois garantit au capitalisme mondial une d&#233;cennie de &#171; croissance &#187; permettant aux march&#233;s boursiers, &#224; Wall Street, &#224; Tokyo et en Europe, de repousser le moment o&#249; la dimension m&#234;me de l'accumulation de capital fictif (de titres repr&#233;sentant une &#171; promesse &#187;, une pr&#233;tention &#224; venir en partage des richesses cr&#233;&#233;es), d&#233;bouchera sur un krach financier mondial. Le r&#244;le de ce bloc d'int&#233;r&#234;ts est r&#233;el. Il est document&#233; sur certains points, comme celui des strat&#233;gies mises en &#339;uvre pour discr&#233;diter les scientifiques et introduire le doute l&#224; o&#249; il ne devrait plus y en avoir[22]. Leur port&#233;e ne saurait &#234;tre sous-estim&#233;e, mais l'explication ne suffit pas. Comment expliquer l'&#233;coute dont cette propagande b&#233;n&#233;ficie encore au regard de l'ampleur et la proximit&#233; de la menace ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un premier facteur d'explication est le degr&#233; auquel la conception des rapports des hommes &#224; la &#171; nature &#187; forg&#233;e au long de quatre si&#232;cles impr&#232;gne notre pens&#233;e. Le mot c&#233;l&#232;bre de l'un des premiers th&#233;oriciens du capitalisme naissant Fran&#231;ois Bacon, comme quoi &#171; la nature &#233;tait l&#224; pour &#234;tre prise comme une fille publique &#187;, c'est-&#224;-dire soumise sans frein aux exigences de la production pour le march&#233;, date du milieu du 17&#176; si&#232;cle. Depuis, pratiquement toute l'activit&#233; scientifique et technologique a &#233;t&#233; impr&#233;gn&#233;e de cette approche, lorsqu'elle n'a pas &#233;t&#233; directement soumise aux exigences du cycle de valorisation industriel. Le capitalisme aura le plus grand mal &#224; se d&#233;partir de cette position quelle que soit la gravit&#233; des effets du changement climatique[23] ou la rar&#233;faction des ressources. Mais elle a eu, et conserve encore en partie, son pendant &#171; socialiste &#187;, sous la forme de l'interpr&#233;tation du r&#244;le progressiste du capital sous l'angle du &#171; d&#233;veloppement des forces productives &#187;[24]. Un autre facteur qui explique la relative surdit&#233; de la majorit&#233; encore des salari&#233;&#183;e&#183;s dans les pays industriels a certainement &#224; voir &#224; la fois avec la polarisation sociale mondiale et le fait que la d&#233;t&#233;rioration des conditions quotidiennes des salari&#233;&#183;e&#183;s, de l'emploi, du pouvoir d'achat, etc. leur para&#238;t le probl&#232;me prioritaire. Comme les gens qui subissent les premiers l'impact direct de la crise &#233;cologique sont situ&#233;s le plus souvent, soit dans ce qu'on nomme aujourd'hui &#171; le Sud &#187;, soit dans l'ancien &#171; Est &#187;, et comme les autres processus restent compliquer &#224; expliquer et &#224; comprendre, pour la majorit&#233; des salari&#233;&#183;e&#183;s pays industriels la menace demeure lointaine et donc abstraite. Le temps de gestation tr&#232;s long des pleins effets de m&#233;canismes pr&#233;sents dans le capitalisme d&#232;s ses origines, a &#233;t&#233; et reste plus que jamais un puissant facteur d'inertie sociale dans les pays capitalistes avanc&#233;s[25]. Les groupes industriels et les gouvernements des pays de l'OCDE tirent largement parti de ce fait pour diffuser l'id&#233;e que la d&#233;gradation des conditions physiques de la vie sociale ferait partie des maux &#171; naturels &#187; que certains peuples seraient appel&#233;s &#224; subir. Ce serait pour eux un &#171; malheur &#187; de plus. Et en ce qui &#171; nous &#187; concerne, les habitants des pays industriels, nous avons le temps de voir venir. D'autant plus que le d&#233;fi est absolument immense, puisque ce dont il s'agit, n'est en fait rien moins que de sortir la &#171; nature &#187; de la probl&#233;matique de la valeur d'&#233;change, donc du r&#232;gne du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s que quelqu'un commence &#224; s'int&#233;resser aux questions du changement climatique et de la destruction des ressources de la plan&#232;te, elle ou il comprend assez vite que ne sont pas des changements marginaux qui sont exig&#233;s des pays avanc&#233;s, dans leur mode de vie quotidienne et dans leur organisation sociale, mais un bouleversement copernicien. Toute l'organisation de la vie sociale aura &#224; &#234;tre repens&#233;e apr&#232;s avoir &#233;t&#233; soustraite au march&#233; et l'exercice des droits de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e s&#233;rieusement encadr&#233;. C'est de l'incapacit&#233; ou du refus des partis Verts d'affronter cette &#233;vidence que d&#233;coule leur bilan si limit&#233;, leurs crises et le discr&#233;dit dont ils sont l'objet. L'origine ultime des probl&#232;mes &#233;cologiques r&#233;side en ce que, dans le cadre du capitalisme, le travail humain interagit avec la &#171; nature &#187;, non comme travail concret producteur de valeurs d'usage, mais comme travail abstrait producteur de valeur d'&#233;change au sein du mouvement sans fin de valorisation du capital[26]. Lorsque la n&#233;cessit&#233; en &#233;tait d&#233;montr&#233;e, ou plut&#244;t per&#231;ue de fa&#231;on empirique comme elle l'&#233;tait par certaines communaut&#233;s paysannes, le travail producteur de valeurs d'usage a pu &#233;tablir avec la &#171; nature &#187; une relation de &#171; gestion prudente &#187;, fond&#233;e sur la reconnaissance du montant limit&#233; de ressources donn&#233;es, comme sur le respect des exigences de reproduction des esp&#232;ces vivantes terrestres et aquatiques. La production de valeur d'&#233;change en vue du profit ne le peut pas, surtout lorsque les firmes connaissent une concurrence internationale f&#233;roce et subissent le dictat des actionnaires. La diminution des co&#251;ts et la maximisation des rendements, command&#233;e par la production en vue du profit, conduisent obligatoirement &#224; l'extension d'approches relevant de l'exploitation &#171; mini&#232;re &#187;. Celle-ci consiste &#224; tirer de la &#171; mine &#187;, qui peut aussi &#234;tre un champ de p&#234;che dans l'oc&#233;an, une for&#234;t, des terres vivri&#232;res, toute la mati&#232;re premi&#232;re dont la production capitaliste est capable, aussi longtemps que c'est rentable, sans s'inqui&#233;ter des d&#233;g&#226;ts sociaux ou &#233;cologiques (trait&#233;s au mieux &#224; l'instar des guerres comme des &#171; d&#233;g&#226;ts collat&#233;raux &#187;), puis &#224; partir et recommencer la m&#234;me op&#233;ration ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le 17&#176; si&#232;cle, lorsque la production capitaliste avait &#233;puis&#233; l'exploitation d'une mati&#232;re premi&#232;re, soit elle se d&#233;pla&#231;ait pour recommencer l'op&#233;ration ailleurs, soit elle lui trouvait un substitut dans la nature, soit elle demandait aux scientifiques de cr&#233;er celui-ci de toutes pi&#232;ces avec l'aide d'activit&#233;s de recherche scientifiques et technologiques guid&#233;es par les besoins du capital. L'humanit&#233;, la soci&#233;t&#233; humaine plan&#233;taire, a atteint un point o&#249; cette fa&#231;on de proc&#233;der d&#233;bouche sur de terribles crises. Faute de sombrer dans le chaos, dont l'une des faces est la guerre, l'avenir de la soci&#233;t&#233; plan&#233;taire exige, ou exigerait, que soit substitu&#233;e &#224; la concurrence f&#233;roce autour de mati&#232;res premi&#232;res rares ou en voie de rar&#233;faction rapide, leur socialisation, la planification n&#233;goci&#233;e de leur utilisation la plus rationnelle par rapport aux besoins sociaux mondiaux et leur partage. Existe-il d'autres issues au cours autodestructeur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les guerres multiformes de l'&#233;poque de la mondialisation &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'ensemble des relations antagoniques, des processus contradictoires et des tendances aveugles qui viennent d'&#234;tre esquiss&#233;s, qui forme le terreau des guerres du d&#233;but du 21&#176; si&#232;cle. C'est de l&#224; que vient le caract&#232;re multiforme de la guerre aujourd'hui. Il est l'une des expressions de ce basculement de p&#233;riode dont l'article a cherch&#233; &#224; montrer la nature et les causes, avec la place prise par une concurrence de plus en plus aveugle, la multiplication des &#171; d&#233;r&#232;glements de la nature &#187;, l'extension de la sph&#232;re de la privatisation par des Etats qui veulent &#171; all&#233;ger &#187; leurs d&#233;penses, le tout dans le cadre de ce syst&#232;me qui ne produit plus toute la plus value dont il a besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un de ses traits &#224; l'&#233;chelle mondiale, est la multiplication, depuis les ann&#233;es 1990, des guerres qui d&#233;chirent les pays dits du &#171; Sud &#187; (l'expression tiers-monde a disparu). Un tiers des pays class&#233;s comme &#171; pays moins avanc&#233;s &#187; par la Banque mondiale ont &#233;t&#233; au moins pendant une ann&#233;e engag&#233;s dans une guerre. Ces guerres, guerres civiles autant que guerres aux fronti&#232;res, dont les populations civiles sont les victimes &#224; peu pr&#232;s exclusives, touchent tout particuli&#232;rement le continent Africain. Les tenants de la mondialisation les pr&#233;sentent comme le produit d'une &#171; mauvaise gouvernance &#187; (corruption, droits de propri&#233;t&#233; mal d&#233;finis, faiblesse de la d&#233;mocratie, rivalit&#233;s ethniques, etc.) et d'un retard pris dans l'adh&#233;sion des gouvernements et des populations au processus de mondialisation[27]. Elles sont qualifi&#233;es tant&#244;t de &#171; guerres pour les ressources &#187;, tant&#244;t de &#171; guerres locales &#187;. De fait elles en combinent les traits. Ce sont des &#171; guerres imp&#233;rialistes pour des mati&#232;res premi&#232;res clefs &#187;, tr&#232;s souvent men&#233;es par personnes interpos&#233;es dans le contexte de la concurrence pour les mati&#232;res premi&#232;res que m&#232;nent entre eux des pays capitalistes centraux qui ne veulent ni ne peuvent r&#233;tablir des formes de domination politique directe de l'&#233;poque coloniale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays qui connaissent ce type de guerre sont dot&#233;s d'importantes ressources naturelles dont la production, le transport et le n&#233;goce sont aux mains de soci&#233;t&#233;s transnationales (STN). Ces ressources sont destin&#233;es presque exclusivement aux march&#233;s des pays industrialis&#233;s, Chine comprise. Plus leur prix sera bas, plus il y aura &#233;conomie de capital constant (voir plus haut). Les ressources min&#233;rales indispensables &#224; la production de certains biens manufactur&#233;s critiques sont appropri&#233;es et export&#233;es vers les pays d&#233;velopp&#233;s dans le contexte de guerres provoqu&#233;es d&#233;lib&#233;r&#233;ment. A titre d'exemple, le cas des &#171; guerres du Colta &#187;, un m&#233;tal n&#233;cessaire &#224; la fabrication des condensateurs &#233;lectroniques, a &#233;t&#233; document&#233; par des rapports de l'ONU et des ONG qui ont mis en cause la responsabilit&#233; des compagnies occidentales dans les guerres meurtri&#232;res en R&#233;publique D&#233;mocratique du Congo. Les connexions sont &#233;galement &#233;troites entre les ressources naturelles destin&#233;es &#224; la consommation des m&#233;nages des pays riches (bois d'&#339;uvre et diamants) dans les guerres au Lib&#233;ria et Sierra Leone. L'autre dimension imp&#233;rialiste a trait au r&#244;le des op&#233;rateurs et des march&#233;s financiers dans la cha&#238;ne qui va de l'extraction/pr&#233;dation des ressources jusqu'&#224; la vente sur les march&#233;s solvables. La d&#233;r&#233;glementation des march&#233;s financiers a renforc&#233; l'opacit&#233; des transactions financi&#232;res et multipli&#233; les paradis fiscaux, deux &#233;l&#233;ments qui facilitent la circulation de l'&#8216;argent sale'. D'immenses fortunes sont ainsi plac&#233;es en lieu s&#251;r par les groupes industriels, les &#233;lites locales, les interm&#233;diaires r&#233;mun&#233;r&#233;s pour &#233;tablir ces passerelles entre les lieux de production des ressources (le sud) et leur utilisation (le Nord), certains hommes politiques au Nord qui b&#233;n&#233;ficient de r&#233;trocommissions (par exemple sur les ventes d'armes qui alimentent ces guerres du Sud).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; guerres pour les ressources &#187; ont tr&#232;s souvent pour terrain les Etats ou les r&#233;gions o&#249; vivent, ou plut&#244;t survivent, ceux qu'on peut nommer les &#171; gueux de la mondialisation &#187;. Les victimes en sont invariablement les populations civiles. D'autant plus que ces guerres peuvent ouvrir la voie &#224;, ou servir de paravent &#224;, d'autres guerres, dont le but identifiable rel&#232;ve d'une volont&#233; de type g&#233;nocidaire d'an&#233;antissement de dizaines ou de centaines de milliers de femmes et d'hommes avec lesquels la coexistence sur un m&#234;me territoire avait pr&#233;c&#233;demment pr&#233;valu. Men&#233;es au nom de la religion ou de l'appartenance ethnique, ce sont des guerres attis&#233;es par une forme de concurrence que les gens les plus mis&#233;rables m&#232;nent pour les moyens de la survie. Le &#171; t&#233;lescopage &#187; des expressions de la barbarie montante propre &#224; la p&#233;riode dans laquelle nous sommes entr&#233;s veut que ces Etats ou ces r&#233;gions soient aussi souvent ceux o&#249; le changement climatique s'est d&#233;j&#224; traduit par une destruction des moyens traditionnels de reproduction sociale et o&#249; il a commenc&#233; &#224; provoquer les mouvements migratoires propres &#224; de telles situations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rapprochement au moins partiel peut &#234;tre fait entre les &#171; guerres locales &#187; d'Afrique et les guerres du type de celles auxquelles l'&#233;clatement de la Yougoslavie a donn&#233; lieu, &#224; savoir des guerres li&#233;es au processus de &#171; balkanisation &#187; que la mondialisation a mis en branle. De la m&#234;me fa&#231;on que dans une phase historique ant&#233;rieure, la constitution d'Etats unitaires a correspondu aux tendances de fond du d&#233;veloppement du capitalisme, leur dislocation traduit les tendances &#224; l'&#339;uvre lorsque c'est la lib&#233;ralisation et la privatisation qui dominent. Pour le capital les fronti&#232;res sont une g&#234;ne et il ne voit dans l'Etat qu'une institution de maintien de l'ordre. Les STN et les gouvernements des pays dont elles &#233;manent ne voient donc pas d'inconv&#233;nients &#224; l'&#233;clatement d'Etats unitaires et ils (ou certains d'entre eux) peuvent m&#234;me les fomenter comme l'Allemagne dans l'ex-Yougoslavie. La mondialisation du capital conduit &#224; ce que les g&#233;ographes nomment &#171; l'&#233;conomie d'archipel &#187;[28], celle qui voit des &#238;lots de prosp&#233;rit&#233; se former dans une mer de stagnation et de mis&#232;re. Ce processus inclut dans les pays capitalistes centraux la polarisation des activit&#233;s autour des m&#233;tropoles et des r&#233;gions n&#233;vralgiques aux d&#233;pens des r&#233;gions en voie de &#171; d&#233;sertification &#187;. Dans les pays domin&#233;s, elle fait des pays une simple juxtaposition de territoires plac&#233;s dans la d&#233;pendance de relations extraverties command&#233;es par l'investissement de telle ou telle STN, accompagn&#233;s de ces immenses concentrations de gens chass&#233;s de leurs terres ou priv&#233;s de travail par les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; d'autres approches &#224; l'analyse de la guerre contemporaine qui mettent la politique des Etats, et surtout des Etats-Unis, d'embl&#233;e au c&#339;ur de l'analyse, nous ne sommes donn&#233;s comme point de d&#233;part la compr&#233;hension du capitalisme contemporain. Ici il n'en a pas encore &#233;t&#233; question. Le r&#244;le des grands Etats qui ont construit et pr&#233;serv&#233; des relations mondiales d'&#233;change in&#233;gal de pr&#233;dation et de domination, doit &#234;tre introduit maintenant. La voie d'entr&#233;e a &#233;t&#233; sugg&#233;r&#233;e plus haut. Elle est celle de l'&#233;conomie mondiale comprise comme totalit&#233; diff&#233;renci&#233;e et hi&#233;rarchis&#233;e au plan &#233;conomique comme au plan politique. Jusqu'&#224; pr&#233;sent la majorit&#233; des STN ont &#233;t&#233; originaires de pays d&#233;velopp&#233;s ayant les moyens d'exercer hors de chez eux un pouvoir &#233;conomique pouvant se prolonger militairement. Le degr&#233; d'ing&#233;rence internationale de ces pays, soit pour aiguiller des conflits arm&#233;s, soit pour y participer directement, est variable, mais jamais nul. Le militarisme n'a jamais disparu dans des pays, comme la France et le Royaume Uni, qui sont le si&#232;ge de groupes industriel actifs dans les domaines du p&#233;trole et du gaz et des ressources naturelles, sans parler de groupes dans les industries d'armement. Le militarisme a ressurgi au Japon et il rel&#232;ve la t&#234;te en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les Etats-Unis, puissance h&#233;g&#233;monique propagatrice du chaos &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein de ce groupe de pays et plus largement sur le plan mondial, les Etats-Unis occupent depuis 1945 une place &#224; part, qu'ils ont consolid&#233;e en 1989-92 et qu'ils gardent aujourd'hui m&#234;me si les rapports politiques mondiaux sont en train de changer, peut-&#234;tre plus rapidement qu'on le cro&#238;t en g&#233;n&#233;ral. L'une des principales cons&#233;quences de la lib&#233;ralisation et de la d&#233;r&#233;glementation a &#233;t&#233; d'avoir cr&#233;&#233; les conditions qui ont vu les Etats-Unis accomplir deux tours de force. D'abord d'avoir apport&#233;, en apparence au moins, un d&#233;menti &#224; la th&#233;orie du &#171; d&#233;clin am&#233;ricain &#187;, puisqu'on est pass&#233; en une d&#233;cennie d'une situation marqu&#233;e par leur recul industriel face &#224; des rivaux comme le Japon et l'Allemagne &#224; la position qu'ils ont occup&#233; apr&#232;s 1992 de puissance h&#233;g&#233;monique sans rivaux sur le double plan de la finance et celui de la force militaire. Ensuite d'avoir assis, dans le m&#234;me lapse de temps, le fonctionnement de leur &#233;conomie au jour le jour sur une immense accumulation de capital fictif sur des relations de d&#233;pendance profonde, quand ce n'est pas de pr&#233;dation, l'&#233;gard du reste du monde. Les contraintes aff&#233;rentes &#224; ces relations dont les d&#233;ficits ext&#233;rieurs am&#233;ricains multiples sont les indicateurs &#233;conomiques, et dans leur sillage le sentiment d'ins&#233;curit&#233; g&#233;n&#233;r&#233; par cette d&#233;pendance, sont un &#233;l&#233;ment constitutif d&#233;cisif des diff&#233;rentes guerres dont les Etats-Unis ont &#233;t&#233; les protagonistes dans ce d&#233;but de si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains d&#233;fendent l'id&#233;e qu'une partie au moins des guerres men&#233;es par les Etats-Unis serait des &#171; guerres id&#233;ologiques &#187;. Ceux-ci seraient &#224; l'offensive pour &#233;tendre &#171; la d&#233;mocratie et le march&#233; &#187;. Rien ne me para&#238;t moins certain. La responsabilit&#233; particuli&#232;re que les Etats-Unis portent dans l'aggravation du militarisme exprime autant leur vuln&#233;rabilit&#233; que leur force. Un rapport tr&#232;s important de 2000 place la d&#233;fense de la &#171; viabilit&#233; et de la stabilit&#233; de la globalisation &#187; (entendue comme &#171; l'ensemble des syst&#232;mes globaux majeurs que sont les r&#233;seaux commerciaux, financiers, de transport et d'&#233;nergie &#187;) au premier rang des &#171; int&#233;r&#234;ts vitaux &#187; dont la menace justifie des actions militaires[29]. Celles-ci incluent bien s&#251;r celles dont l'objectif est la cr&#233;ation de conditions politiques qui assurent aux Etats-Unis la s&#233;curit&#233; maximum d'apprivoisement de p&#233;trole et de gaz. Les deux guerres contre l'Irak entrent en partie dans ce sch&#233;ma de &#171; guerres du p&#233;trole &#187;, men&#233;es pour le contr&#244;le d'une ressource strat&#233;gique et poss&#233;dant une dimension de rivalit&#233; &#233;conomique interimp&#233;rialiste. Mais la vis&#233;e de guerres comme celle en Afghanistan, ainsi que l'affirmation du &#171; droit &#187; d'agir pr&#233;ventivement, en dehors de toute agression, ou de bafouer des trait&#233;s comme les Conventions de Gen&#232;ve, est surtout de rappeler la volont&#233; et la capacit&#233; des Etats-Unis de faire perdurer, quoiqu'il en co&#251;te, les relations ext&#233;rieures n&#233;cessaires &#224; la p&#233;rennit&#233; du &#171; mode de vie am&#233;ricain &#187;. Cette probl&#233;matique est ant&#233;rieure aux attaques du 11 septembre. Celles-ci ont r&#233;v&#233;l&#233; &#224; une large partie de la population, l'instabilit&#233; de leurs relations avec le reste du monde et ont &#233;veill&#233; sa peur. La &#171; guerre sans limites &#187; d&#233;clar&#233;e par &#224; un ennemi terroriste qui est partout et nulle part et dont l'identit&#233; est par d&#233;finition variable a les traits paradoxaux et paroxystiques d'une guerre men&#233;e autant pour conjurer un sentiment d'ins&#233;curit&#233; que pour faire face &#224; des ennemis identifiables. Son pendant domestique comporte la mise en place d'un syst&#232;me juridique et policier liberticide (le Patriot Act et les ajouts qui lui ont &#233;t&#233; faits ou qui sont en pr&#233;paration[30]) potentiellement pr&#233;paratoire &#224; un vrai &#171; totalitarisme d'&#233;conomie de march&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique et m&#234;me l'action militaire de pays, qui font la guerre au moins en partie pour conjurer l'ins&#233;curit&#233; et la peur, ne peuvent que rev&#234;tir des aspects de fuite en avant[31]. On se trouve &#234;tre confront&#233; aujourd'hui &#224; une combinaison contradictoire entre une tr&#232;s capacit&#233; &#224; atteindre des objectifs circonscrits fond&#233;e sur une tr&#232;s grande ma&#238;trise des technologies aussi bien &#171; dures &#187; que &#171; douces &#187; (le management scientifique aid&#233; par les logiciels), l'inconsistance des objectifs strat&#233;giques et la perte de contr&#244;le sur le terrain (les Etats-Unis en Irak, Isra&#235;l au Liban), par m&#233;connaissance non seulement des r&#233;alit&#233;s politiques et sociales locales mais aussi des traits profonds d'une p&#233;riode historique o&#249; les forces du chaos ont &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;es. Ce chaos est encore accentu&#233; par le recours de plus en plus important qui est fait aux entreprises sp&#233;cialis&#233;es dans la fourniture de mercenaires d&#233;sign&#233;es sous le nom de soci&#233;t&#233;s militaires priv&#233;es (SMP) dont le r&#244;le est devenu chaque plus apparent depuis la place que les Etats-Unis et le Royaume Uni leur font jouer en Irak. Claude Serfati rapporte[32] qu'il y a environ 20'000 &#171; salari&#233;s &#187; des soci&#233;t&#233;s am&#233;ricaines de mercenariat pr&#233;sents aujourd'hui en Irak, de sorte qu'elles repr&#233;sentent la &#171; deuxi&#232;me arm&#233;e d'occupation &#187;. L'essor des SMP, dont le chiffre d'affaire n'est pas connu (les estimations varient de 20 &#224; 100 milliards de dollars pour 2005) traduit un processus de privatisation des fonctions r&#233;galiennes. Comme l'&#233;crit Serfati, celle-ci entre dans &#171; l'agenda n&#233;olib&#233;ral &#187;. Pour le n&#233;olib&#233;ralisme, le d&#233;placement des fronti&#232;res de l'&#233;conomique et du politique, qui va au-del&#224; des changements de relations entre le &#171; march&#233; &#187; et l'Etat se retrouve jusqu'aux fonctions r&#233;galiennes des Etats. Les fonctions de d&#233;fense, et plus seulement la production d'armes, ont vocation &#224; &#234;tre privatis&#233;es, tout comme les sont le syst&#232;me carc&#233;ral et une partie de l'appareil judiciaire. La privatisation des &#171; taches de s&#233;curit&#233; &#187; fait partie des processus d'externalisation et de sous-traitance mis en &#339;uvre par les grands groupes industriels. C'est pourquoi depuis deux d&#233;cennies, les STN ont eu recours, avec l'autorisation tacite sinon l'aide de leurs Etats, aux services des soci&#233;t&#233;s militaires priv&#233;es, en Afrique notamment. Pour les grands groupes multinationaux qui ont investi dans des r&#233;gions d&#233;chir&#233;es par les guerres, et pour lesquels les &#171; affaires doivent continuer &#187; pendant des massacres dont ils souvent co-responsables, les mercenaires sont des &#171; collaborateurs &#187; indispensables. En Angola, la complicit&#233; des groupes p&#233;troliers (Am&#233;ricains, Britanniques, Fran&#231;ais, etc.), de l'arm&#233;e gouvernementale et des SMP est d&#233;nonc&#233;e depuis de tr&#232;s longues ann&#233;es par les ONG. Les &#233;tudes s&#233;rieuses estiment que les groupes multinationaux consacrent entre 3 et 5% de leur chiffre d'affaires &#224; l'entretien de forces de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Limites dans l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine et menaces de guerre accrues &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait pouvoir parler de la Russie o&#249; l'ensemble des processus esquiss&#233;s para&#238;t &#234;tre &#224; l'&#339;uvre. Mais n'en ayant pas la capacit&#233;, je laisse ce travail &#224; d'autres. Pour terminer je voudrais dire un mot du d&#233;veloppement le plus r&#233;cent. Il concerne la multiplication d'expressions des limites politiques de l'h&#233;g&#233;monie militaire des Etats-Unis, de d&#233;monstration du fait que l'h&#233;g&#233;monie militaire ne garantit pas l'h&#233;g&#233;monie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les expressions de changements en cours qui montrent les limites de l'h&#233;g&#233;monie politique am&#233;ricaine, sinon qui la mettent partiellement en cause, ne viennent pas d'Europe. Le d&#233;saccord exprim&#233; par Jacques Chirac et Gerhard Schr&#246;der sur l'invasion de l'Irak et leur refus de se joindre &#224; la coalition repr&#233;sentent le maximum d'opposition dont des Etats europ&#233;ens soient capables face aux Etats-Unis et il est possible que ce soit la derni&#232;re fois que cela se produise. La France et l'Allemagne sont parmi les pays qui ont pris le relais des Etats-Unis en Afghanistan et forment l'&#233;pine dorsale de la combinaison politique et militaire qui agit au Liban pour sauver la mise &#224; Isra&#235;l donc aussi aux Etats-Unis. La &#171; politique ext&#233;rieure commune &#187; a pour mission non de se poser en &#171; alternative &#187; de celle des Etats-Unis, mais de couvrir les terrains et de relayer les actions l&#224; o&#249; les leurs &#233;chouent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en Asie que les rapports se modifient rapidement. L'analyse des modalit&#233;s et les cons&#233;quences du d&#233;placement g&#233;opolitique du c&#339;ur de l'accumulation effective et de l'entr&#233;e en sc&#232;ne de la Chine comme puissance capitaliste, occupera une place toujours plus centrale dans l'analyse de la nouvelle p&#233;riode. La transformation de la Chine en &#171; atelier du monde &#187;, sous l'impulsion de m&#233;canismes endog&#232;nes mais aussi de l'aide priv&#233;e &#233;trang&#232;re massive constitu&#233;e par l'arriv&#233;e des STN am&#233;ricaines, japonaises et maintenant europ&#233;ennes, sera au c&#339;ur des processus dans lequel le capital qui verra se dresser devant lui les barri&#232;res qu'il a d&#233;j&#224; connues &#224; des moments ant&#233;rieurs et qu'il conna&#238;tra maintenant sous des formes aggrav&#233;es, plus de nouvelles barri&#232;res qu'il n'a pas connues pr&#233;c&#233;demment. Mais il y a autre chose encore. Nous assistons au &#171; d&#233;couplage &#187;, pour ainsi dire, des pays o&#249; sont situ&#233;s les centres financiers qui sont les bastions du capital de placement aux traits rentiers et les pays d'Asie, o&#249; s'effectue l'accumulation effective, celle qui voit l'incorporation dans l'arm&#233;e des prol&#233;taires exploit&#233;s par le capital de centaines de millions de nouvelles recrues, ensemble avec l'accumulation des nouveaux moyens de production et de communication que cette exploitation exige. Lorsque les pays concern&#233;s ont la taille, la civilisation multis&#233;culaire et les ambitions de la Chine ou encore de l'Inde, ce &#171; d&#233;couplage &#187; doit s'accompagner n&#233;cessairement de changements majeurs dans la configuration des rapports politiques et militaires. Les Etats-Unis ont permis &#224; l'Inde, qui tout comme Isra&#235;l n'a jamais adh&#233;r&#233; au trait&#233; sur la prolif&#233;ration nucl&#233;aire, de se doter de l'arme atomique. Le but est d'en faire un alli&#233; dans des confrontations &#224; venir avec le Pakistan et surtout la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats-Unis sont l'unique puissance h&#233;g&#233;monique qui a aid&#233; un Etat ayant la propri&#233;t&#233; d'&#234;tre le seul susceptible de devenir son rival direct, &#224; franchir de fa&#231;on acc&#233;l&#233;r&#233;e des &#233;tapes d&#233;cisives du parcours menant vers ce r&#233;sultat. Ce sont les grands groupes de l'industrie manufacturi&#232;re et de la grande distribution qui en ont &#233;t&#233; les instruments, moyennant la mise en &#339;uvre de strat&#233;gies industrielles con&#231;ues sous la contrainte de la baisse des profits et des exigences de leur actionnariat et des march&#233;s boursiers. Comme expression d'une fuite en avant faite sous l'empire des lois aveugles de la concurrence, il est difficile de faire mieux. Moins que dans toute partie du monde, les Etats-Unis n'ont les mains libres en Asie. Ainsi que la crise nucl&#233;aire nord-cor&#233;enne le d&#233;montre, ce sont les grands pays asiatiques, la Chine et le Japon, qui d&#233;cident des r&#233;ponses &#224; donner. Ils le font dans des conditions de rivalit&#233; croissante et de r&#233;armement du Japon. Dans la P&#233;ninsule indienne les Etats-Unis sont en situation de qu&#233;mandeur face au Pakistan, seul capable de les aider &#224; sortir du bourbier afghan. Qui imprime sa marque au mouvement de g&#233;n&#233;ralisation des situations de guerre au Moyen Orient ? A la suite de l'enlisement des Etats-Unis en Irak, dont ils ont pr&#233;cipit&#233; l'&#233;clatement, n'est-ce pas Isra&#235;l, l'Iran et l'Arabie Saoudite autant qu'eux ?[33]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut s'en r&#233;jouir, mais on peut aussi mesurer &#224; quel point cet affaiblissement s'est accompagn&#233; du processus de diss&#233;mination de l'arme nucl&#233;aire et a suscit&#233; chez les Etats-Unis la relance des &#233;tudes sur l'usage &#171; tactique &#187; de bombes atomiques miniaturis&#233;es. Enfin, le chaos dont le capital &#171; lib&#233;r&#233; &#187; a provoqu&#233; sinon le d&#233;clenchement au moins l'acc&#233;l&#233;ration l'&#233;mergence d'autres acteurs priv&#233;s encore dans le champ militaire et de la s&#233;curit&#233; internationale. Avec d'autres, Claude Serfati les nomme r&#233;seaux transnationaux (RTN) violents, terme qui lui &#171; semble &#224; la fois plus englobant que celui d'organisations criminelles transnationales (mafias, etc.) et plus neutre que celui de r&#233;seaux terroristes g&#233;n&#233;ralement mentionn&#233;s dans les documents strat&#233;giques des pays d&#233;velopp&#233;s, puisqu'on sait qu'aucune d&#233;finition consensuelle des &#8216;terroristes' n'est donn&#233;e par les organisations internationales. Ces r&#233;seaux disposent de moyens technologiques parfois tr&#232;s performants. La diss&#233;mination d'armes de &#171; destruction massive &#187;, (nucl&#233;aire, bact&#233;riologique, chimique) par les RTN est sans aucun doute en bonne voie, que son point de d&#233;part se trouve dans les pays qui les produisent, ou dans la rusticit&#233; relative de certaines technologies utilis&#233;es pour fabriquer ces armes. A d&#233;faut de disposer de telles armes, ces groupes transforment des vecteurs civils (jets, v&#233;hicules pi&#233;g&#233;s, etc.) en instrument de destruction &#187;[34].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est le contexte de l'action politique aujourd'hui. Pourtant, dans la campagne &#233;lectorale qui commence, ces questions resteront des non-dits, situation dont malheureusement toutes les formations politiques sans exception seront responsables, sous le pr&#233;texte qu'il s'agit de &#171; questions trop difficiles pour les &#233;lecteurs &#187;. Mesur&#233; &#224; cette aune-l&#224;, en menant sa campagne sur le changement climatique comme il le fait, Al Gore, au-del&#224; des &#233;normes faiblesses de ses rem&#232;des, est un g&#233;ant. Mais sans doute faut-il d'abord avoir &#233;t&#233; &#171; ex-futur pr&#233;sident &#187; pour envisager d'expliquer aux gens, m&#234;me sur un seul dossier, o&#249; se dirige la soci&#233;t&#233; de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;* Fran&#231;ois Chesnais est &#233;conomiste, r&#233;dacteur de la revue Carr&#233; Rouge. Il a dirig&#233; ou particip&#233; r&#233;cemment &#224; la publication des ouvrages suivant : La finance mondialis&#233;e (La D&#233;couverte, 2004) ; La finance capitaliste (PUF, Actuel Marx, 2006) ; Fin du n&#233;olib&#233;ralisme ?(Actuel Marx N&#176; 40, PUF, 2006).&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;[1] Elizabeth Kolbert, Field Notes from a Catastrophe, Bloomsbury Press, New York, cit&#233; dans le suppl&#233;ment sp&#233;cial de Courrier International, Trop chaud, Octobre 2005, page 13.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Corn&#233;lius Castoriadis, Le Monde Diplomatique, a&#244;ut 1998. Je dois cette citation &#224; un texte, Entre croissance et d&#233;croissance, r&#233;inventer le politique, que Genevi&#232;ve Azam a envoy&#233; au Groupe de travail d'Attac sur Ecologie et soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Anselm Jappe, Les aventures de la marchandise : Pour une nouvelle critique de la valeur, Deno&#235;l, Paris, 2003, page 141.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Aujourd'hui le terme &#171; industrie &#187; incl&#251;t &#224; la fois les industries extractives, manufacturi&#232;res et de &#171; services &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Pour une d&#233;finition, voir par exemple Alain Bihr, La reproduction du capital. Prol&#233;gom&#232;nes &#224; une th&#233;orie g&#233;n&#233;rale du capitalisme, Editions Page deux, Lausanne, 2001, tome I, page 79.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Marx, Fondements de la critique de l'&#233;conomie politique (Grundrisse), Editions Anthropos, Paris, 1969, volume I, p. 283-84.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Marx, Le Capital, Editions Sociales, livre II, volume 1, page 54.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Karl Marx, 1844, &#201;conomie et philosophie, Manuscrits parisiens, pp.23-24, Volume II, La Pl&#233;iade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Jappe, Les aventures de la marchandise, op.cit., pages 64-65.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Marx, Fondements,op.cit., volume I, p. 256.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Alain Bihr, livre sous presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] C'est ce que David Harvey nomme &#171; l'accumulation par expropriation &#187;, mais dont il ne dit pas assez clairement qu'elle peut seulement suppl&#233;er et non remplacer la production et l'appropriation de plus value cr&#233;&#233;e dans l'entreprise capitaliste. Voir David Harvey, The New Imperialism, Oxford University Press, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Voir Robert Boyer, La th&#233;orie de la r&#233;gulation : une analyse critique, Editions La D&#233;couverte, Paris, 1987, dont la lecture vingt ans apr&#232;s montre &#224; quel point la notion &#233;tait li&#233;e &#224; l'existence de conditions politiques tout &#224; fait sp&#233;cifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Pour ce qui de cette &#171; autonomie &#187; est &#224; la fois relative et fondatrice du &#171; pouvoir de la finance &#187;, voir Fran&#231;ois Chesnais, &#171; La pr&#233;&#233;minence de la finance au sein du &#8216;capital en g&#233;n&#233;ral', le capital fictif et le mouvement contemporain de mondialisation du capital &#187;, in S&#233;minaire d'Etudes Marxistes, La finance capitaliste, Collection Actuel Marx Confrontations, Presses Universitaires de France, Paris, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Voir r&#233;f&#233;rence, note 6.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Marx, Le Capital, livre III, chapitre XV, fin du II.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Voir Fran&#231;ois Chesnais, &#171; La pr&#233;&#233;minence de la finance au sein du &#8216;capital en g&#233;n&#233;ral', etc. &#187;, cit&#233; plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] L'expression &#171; l'insatiabilit&#233; de la finance &#187; est emprunt&#233;e &#224; des praticiens de la finance, comme Pascal Blanqu&#233;, et utilis&#233;e par moi pour tenter de faire comprendre le processus de tentative de valorisation sans fin de l'argent. Voir mon propre chapitre dans Fran&#231;ois Chesnais (coord.), La finance mondialis&#233;e, racines sociales, configuration, cons&#233;quences, Editions La D&#233;couverte, Paris, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Voir Mike Davis, Planet of Slums, Verso, Londres, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] Voir inter alia, pour la p&#233;riode 1950-2000, Robert Brenner, The Economics of Global Turbulence, nouvelle &#233;dition amplifi&#233;e, Verso, 2006, figure 15.8, page 312, qui montre tr&#232;s bien pour les Etats-Unis le jeu de la loi, puis des causes mises en &#339;uvre pour en contrecarrer les effets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] Fondements de la critique, op.cit., tome 1, page 229.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[22] Voir le film La v&#233;rit&#233; qui d&#233;range de Al Gore et ...., ainsi que le n&#176; sp&#233;cial de Courrier International d&#233;j&#224; cit&#233;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[23] Voir toujours dans Courrier International en particulier les articles sur &#171; les apprentis sorciers du climat &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[24] Voir Fran&#231;ois Chesnais et Claude Serfati, &#171; Les conditions physiques de la reproduction sociale &#187;, in J-M. Harribey et Michael L&#246;wy (sous la direction de), Capital contre nature, Actuel Marx Confrontation, Presses Universitaires de France, Paris, 2003, o&#249; nous expliquons le cheminement que nous avons &#233;t&#233; forc&#233; de suivre pour nous d&#233;gager de ce que les adversaires &#233;cologistes du marxisme comme de la pens&#233;e marxienne pr&#233;sentent comme une tare constitutive. Nous montrons qu'elle ne l'est pas. Il suffit de lire Marx autrement que cela a &#233;t&#233; fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[25] Sur la question de la dur&#233;e et des temps longs propres &#224; l'&#233;cologie, voir Jean-Paul Del&#233;age, Une histoire de l'&#233;cologie, Editions de la D&#233;couverte, Paris, 1991, republi&#233;e chez Points Seuil, page 246 et suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[26] Voir Philippe Muhlstein, Le travail, son sens et son ali&#233;nation, note de travail pour le groupe Ecologie et soci&#233;t&#233; du Conseil scientifique d'Attac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[27] Sur ce point et ceux qui suivent imm&#233;diatement, je prends appui sur une note de travail de Claude Serfati, Guerre et militarisme dans la mondialisation, pr&#233;par&#233;e pour la r&#233;union du Conseil scientifique d'Attac du 21 octobre 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[28] Une version rassurante de cette caract&#233;risation est propos&#233;e par Pierre Veltz, Mondialisation, villes et territoires : l'&#233;conomie d'archipel, Paris, Presses Universitaires de France, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[29] Report of the Commission on America's National Interests, Washington D.C., 2000, dont Claude Serfati a fait l'analyse dans La mondialisation arm&#233;e, le d&#233;s&#233;quilibre de la terreur, Textuel, Paris, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[30] Voir l'&#233;ditorial du New York Herald Tribune, &#171; A tyrannical antiterror law &#187;, du 29 septembre 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[31] Je renvoie &#224; la discussion dans Carr&#233; Rouge au moment du d&#233;but de la guerre contre l'Irak. Voir Carr&#233; Rouge, n&#176; 25, avril 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[32] Voir la note de Claude Serfati pour le Conseil scientifique d'Attac cit&#233;e plus haut. Voir aussi un tout r&#233;cent livre, Xavier Renou, La privatisation de la violence, mercenaires et soci&#233;t%E&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Apr&#232;s 25 ans de n&#233;olib&#233;ralisme, comment remonter le courant ? </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Apres-25-ans-de-neoliberalisme-comment-remonter-le-courant</link>
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		<dc:date>2006-11-22T02:42:18Z</dc:date>
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		<dc:creator>Daniel Bensa&#239;d</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le 17 octobre dernier, la section fribourgeoise du Mouvement pour le socialisme (MPS) avait invit&#233; Daniel Bensaid, philosophe et militant de la Ligue communiste r&#233;volutionnaire, &#224; donner une conf&#233;rence dans cette ville. Nous en avons transcrit quelques extraits. (r&#233;d. de solidarit&#233;S) &lt;br class='autobr' /&gt; L'offensive n&#233;olib&#233;rale s'est enclench&#233;e au tournant des ann&#233;es 1980, sous Thatcher et Reagan. Ceci signifie que cette offensive dure maintenant depuis pr&#232;s d'un quart de si&#232;cle. Pendant 25 ans, une s&#233;rie de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Contre-la-mondialisation-capitaliste-" rel="directory"&gt;Contre la mondialisation capitaliste &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 17 octobre dernier, la section fribourgeoise du Mouvement pour le socialisme (MPS) avait invit&#233; Daniel Bensaid, philosophe et militant de la Ligue communiste r&#233;volutionnaire, &#224; donner une conf&#233;rence dans cette ville. Nous en avons transcrit quelques extraits. (r&#233;d. de solidarit&#233;S)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'offensive n&#233;olib&#233;rale s'est enclench&#233;e au tournant des ann&#233;es 1980, sous Thatcher et Reagan. Ceci signifie que cette offensive dure maintenant depuis pr&#232;s d'un quart de si&#232;cle. Pendant 25 ans, une s&#233;rie de d&#233;faites - sur les retraites, l'emploi, la protection sociale, etc. - s'est abattue sur le mouvement ouvrier, et ses effets se font sentir aussi sur la perspective d'une renaissance des mouvements sociaux de contestation de l'ordre social actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ampleur des d&#233;g&#226;ts&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soci&#233;t&#233;s europ&#233;ennes avaient &#233;t&#233; habitu&#233;es, dans l'apr&#232;s-guerre, &#224; un quasi plein emploi, ainsi qu'&#224; un ch&#244;mage relativement limit&#233;. Les premi&#232;res vagues de licenciements et de fermetures d'entreprises ont d&#233;sorient&#233; le mouvement ouvrier, notamment les directions syndicales et les partis de gauche. Pour celles et ceux qui les ont connues, les ann&#233;es 1980 ont &#233;t&#233; les plus sinistres sur le plan social et politique. A partir du milieu des 1990, on s'est d&#233;j&#224; senti un peu moins seul, avec l'apparition d'une certaine contestation sociale. Il n'en demeure pas moins que, m&#234;me depuis lors, bien qu'il y ait eu des luttes importantes, les victoires significatives ont &#233;t&#233; rares. Si l'abrogation du CPE au printemps dernier a fait tant de bruit, c'est parce qu'elle a &#233;t&#233; l'une d'entre elles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parall&#232;lement, l'offensive n&#233;olib&#233;rale n'a pas permis au capitalisme de relancer un cycle d'accumulation dynamique. Elle n'a pas non plus suffi &#224; modifier autant que les classes dominantes l'auraient voulu les rapports de force sociaux, si bien que la spirale des contre-r&#233;formes est loin d'&#234;tre parvenue &#224; son terme.&lt;br class='autobr' /&gt;
En France, outre le nombre de ch&#244;meurs-euses, il faut compter environ sept millions de travailleurs pauvres. Une partie d'entre elles et eux, malgr&#233; l'instauration de la couverture maladie universelle, n'a pas acc&#232;s aux soins les plus &#233;l&#233;mentaires. On a &#233;galement vu appara&#238;tre le ph&#233;nom&#232;ne des salari&#233;-e-s sans logis, qui disposent d'un travail mais n'ont pas de logement. On assiste aussi au retour de maladies, comme par exemple le saturnisme, qu'on avait cru disparues, et qui &#233;taient les maladies des taudis du 19e si&#232;cle.&lt;br class='autobr' /&gt;
En Allemagne, six millions de personnes se trouvent en-dessous du seuil de pauvret&#233;. Quarante-sept millions de citoyen-ne-s am&#233;ricains n'ont pas de couverture m&#233;dicale. Bref, contrairement aux promesses du discours n&#233;olib&#233;ral, on constate un creusement profond des in&#233;galit&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guerre sociale et guerre globale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci n'est &#233;videmment pas sans effets sur la nature des rapports sociaux dans les soci&#233;t&#233;s contemporaines. Les d&#233;g&#226;ts induits par les politiques n&#233;olib&#233;rales sont consid&#233;rables. La concurrence de tous contre tous, la mise en opposition des exploit&#233;-e-s avec celles et ceux qui sont encore plus exploit&#233;-e-s, la destruction des anciennes solidarit&#233;s, tout ceci t&#233;moigne du degr&#233; de p&#233;n&#233;tration du n&#233;olib&#233;ralisme au sein de la soci&#233;t&#233;. C'est ce qui explique que les r&#233;voltes prennent souvent la forme d'explosions spontan&#233;es, d&#233;structur&#233;es, comme ce fut le cas dans les banlieues fran&#231;aises l'an pass&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre sociale n'est en r&#233;alit&#233; que l'un des versants d'un &#233;tat de guerre global d&#233;clar&#233; d&#232;s le lendemain des attentats du 11 septembre 2001 - m&#234;me si la rh&#233;torique &#171; anti-terroriste &#187; avait &#233;t&#233; &#233;labor&#233;e dans les cabinets de l'administration am&#233;ricaine bien avant cette date. La guerre globale contre le &#171; terrorisme &#187; se caract&#233;rise d'abord par son caract&#232;re illimit&#233; dans le temps et l'espace. Contrairement aux guerres classiques, cette guerre est pr&#233;sent&#233;e comme une guerre non entre des Etats qui auraient des int&#233;r&#234;ts divergents, mais entre le Bien et le Mal. Des ph&#233;nom&#232;nes comme Guantanamo, Abu Ghraib, ainsi que la re-l&#233;galisation de la torture par l'administration am&#233;ricaine r&#233;cemment, sont inscrits dans la logique de ce type de conflits. Celui-ci implique par ailleurs une suspension du droit international. La plupart des exp&#233;ditions militaires r&#233;centes - y compris l'invasion isra&#233;lienne du Liban - se sont faites en dehors de toute juridiction internationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
En m&#234;me temps, le discours n&#233;olib&#233;ral a perdu une part importante de sa l&#233;gitimit&#233;. Certes, les contre-r&#233;formes se poursuivent, mais les id&#233;ologues satisfaits du n&#233;olib&#233;ralisme se font de plus en plus rares. Il y a une r&#233;elle prise de conscience, au sein de la population, et dans une fraction de la &#171; classe politique &#187;, des ravages de cette id&#233;ologie sur le tissu social. On voit d&#232;s lors appara&#238;tre ce que j'appellerais un discours lib&#233;ral &#171; temp&#233;r&#233; &#187;, qui cherche &#224; am&#233;nager des filets de s&#233;curit&#233;, tout en continuant &#224; pr&#233;coniser la soumission aux march&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Construire de nouvelles solidarit&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
Les mouvements d'opposition au n&#233;olib&#233;ralisme sont encore jeunes. Les trois dates habituellement retenues pour marquer leur naissance sont le soul&#232;vement zapatiste de 1994, les gr&#232;ves fran&#231;aises de l'hiver 1995, et les manifestations de Seattle de 1999. Or, dans les trois cas, l'&#233;mergence du mouvement altermondialiste ne date que de 10-12 ans, ce qui, &#224; l'&#233;chelle de l'histoire du mouvement ouvrier, est bien peu.&lt;br class='autobr' /&gt;
La question est de savoir sur quelle base on peut construire aujourd'hui de nouvelles solidarit&#233;s. A mon sens, l'une des principales t&#226;ches qui s'imposent &#224; la gauche radicale est de faire appara&#238;tre les solidarit&#233;s de classe l&#224; o&#249; elles ne sont pas forc&#233;ment per&#231;ues. Un exemple. Azouz Begag, l'actuel ministre fran&#231;ais de l'&#171; &#233;galit&#233; des chances &#187;, a publi&#233; pendant les luttes contre le CPE une tribune dans Lib&#233;ration. Il y affirme que les &#233;meutier-e-s qui ont pris part &#224; la r&#233;volte des banlieues au mois de novembre pr&#233;c&#233;dent, et qui ont &#233;t&#233; r&#233;prim&#233;s par la police et la justice, ne comprendraient pas que les &#233;tudiant-e-s, eux, puissent impun&#233;ment occuper les universit&#233;s. En somme, Begag cherchait &#224; jouer la banlieue contre les &#233;tudiant-e-s pour d&#233;l&#233;gitimer la lutte contre le CPE.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre objectif &#224; nous doit &#234;tre, d'abord, de d&#233;noncer ce type de man&#339;uvres, et surtout de chercher &#224; faire converger ces mouvements. Il faut insister inlassablement sur le fait que les probl&#232;mes de ces cat&#233;gories de la population sont &#233;troitement li&#233;s, et exiger des politiques sur la pr&#233;carit&#233;, l'habitat, les conditions de scolarisation et d'acc&#232;s &#224; l'emploi, qui soient globales...&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;* Paru dans le p&#233;riodique suisse solidarit&#233;S n&#176;96 (01/11/2006). &lt;br class='autobr' /&gt;
Mis en ligne le 8 novembre 2006&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une nouvelle internationale </title>
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		<dc:date>2006-11-07T02:40:15Z</dc:date>
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&lt;p&gt;La FTQ est la seule centrale syndicale qu&#233;b&#233;coise &#224; si&#233;ger &#224; l'ex&#233;cutif de la Conf&#233;d&#233;ration syndicale internationale fond&#233;e cette semaine &#224; Vienne. La F&#233;d&#233;ration des travailleurs et travailleuses du Qu&#233;bec (FTQ), qui si&#233;geait d&#233;j&#224; au comit&#233; ex&#233;cutif de la Conf&#233;d&#233;ration des syndicats libres (CISL maintenant dissoute), conserve donc son statut au sein du nouveau Conseil g&#233;n&#233;ral de la CSI (bureau de direction). &#171; La nouvelle organisation syndicale repr&#233;sente plus de 300 organisations (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Contre-la-mondialisation-capitaliste-" rel="directory"&gt;Contre la mondialisation capitaliste &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La FTQ est la seule centrale syndicale qu&#233;b&#233;coise &#224; si&#233;ger &#224; l'ex&#233;cutif de la Conf&#233;d&#233;ration syndicale internationale fond&#233;e cette semaine &#224; Vienne. La F&#233;d&#233;ration des travailleurs et travailleuses du Qu&#233;bec (FTQ), qui si&#233;geait d&#233;j&#224; au comit&#233; ex&#233;cutif de la Conf&#233;d&#233;ration des syndicats libres (CISL maintenant dissoute), conserve donc son statut au sein du nouveau Conseil g&#233;n&#233;ral de la CSI (bureau de direction). &#171; La nouvelle organisation syndicale repr&#233;sente plus de 300 organisations syndicales et 168 millions de travailleurs dans le monde r&#233;parties dans plus de 154 pays. La mondialisation, la pr&#233;carit&#233; de l'emploi, la d&#233;fense des droits syndicaux ne sont que quelques-uns des d&#233;fis auxquels devra faire face la CSI. &#187; Il est donc int&#233;ressant pour la gauche et les syndicalistes d'ici de voir quels sont les enjeux soulev&#233;s par la cr&#233;ation de cette nouvelle internationale syndicale. (R&#233;d. La Gauche)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce 1er novembre, d&#233;bute &#224; Vienne, en Autriche, le congr&#232;s constitutif d'une nouvelle internationale syndicale. La Conf&#233;d&#233;ration syndicale internationale (CSI) sera le produit de la r&#233;union des deux principaux regroupements syndicaux mondiaux et de plusieurs organisations nationales non affili&#233;es, comme la CGT fran&#231;aise. Nouveau pas vers l'adaptation au capitalisme ou nouvel outil pour les luttes, telle est l'alternative pour le syndicalisme mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les balbutiements de ce projet datent de 2000, lorsque le nouveau secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la Conf&#233;d&#233;ration internationale des syndicats libres (CISL), Guy Ryder, a engag&#233; les premi&#232;res discussions avec les dirigeants de la Conf&#233;d&#233;ration mondiale du travail (voir encadr&#233;) en vue de convergences dans l'activit&#233; des deux structures. Le processus de rapprochement s'est acc&#233;l&#233;r&#233; en 2003, lors de rencontres organis&#233;es &#224; Porto Alegre, &#224; l'occasion du Forum social mondial, pour finalement &#234;tre confirm&#233; en 2005. Fin octobre, les congr&#232;s des deux conf&#233;d&#233;rations devaient enregistrer l'accord de leurs organisations nationales, leur dissolution et l'engagement dans le processus final de rapprochement. Dans une d&#233;claration du 30 mars dernier, sept organisations ind&#233;pendantes (CTA d'Argentine, PIT-CNT d'Uruguay, CGT du P&#233;rou, CGT de France, OPPZZ de Pologne, CDTN du Niger, FISEMA de Madagascar) avaient fait part de leur volont&#233; d'&#234;tre partie prenante de ce regroupement d&#232;s son origine. Le 48e congr&#232;s de la CGT, fin avril, en avait adopt&#233; le principe, confirm&#233; par un comit&#233; conf&#233;d&#233;ral national (CCN) le 27 septembre, ouvrant ainsi la possibilit&#233;, pour la conf&#233;d&#233;ration, de devenir membre fondateur de la CSI. Restent &#224; l'&#233;cart de ce rassemblement les syndicats appartenant encore &#224; la F&#233;d&#233;ration syndicale mondiale (FSM) et des organisations nationales telles Solidaires ou les COBAS italiens qui n'ont pour le moment pas rejoint de structures r&#233;gionales ou internationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il se d&#233;roule probablement loin des pr&#233;occupations imm&#233;diates des syndiqu&#233;s, peu d'entre eux auront r&#233;ellement donn&#233; leur avis, ce congr&#232;s n'en constitue pas moins un &#233;v&#233;nement. Le mouvement syndical, dont la plupart des composantes se sont pourtant construites &#224; la fois sur la base d'une histoire nationale et d'une conception internationaliste de leur mission, a enregistr&#233; un retard consid&#233;rable face au d&#233;veloppement de la mondialisation capitaliste. Malgr&#233; la mise en place de p&#244;les r&#233;gionaux, les actions et les revendications internationales sont loin de r&#233;pondre aux enjeux et &#224; l'internationalisation croissante des lieux de d&#233;cision. L'&#233;laboration de revendications mondiales et surtout de propositions d'actions contre la mondialisation de l'exploitation serait ainsi de nature &#224; redonner confiance aux travailleurs et travailleuses du monde entier dans leurs capacit&#233;s de r&#233;sistance. Elle permettrait aussi de redorer le blason d'un syndicalisme qui ne r&#233;pond pas vraiment aux attentes des classes ouvri&#232;res qui per&#231;oivent souvent que les d&#233;cisions se prennent &#224; un autre niveau : dans les conseils d'administration des multinationales ou des organismes supranationaux, tels le FMI, la Banque mondiale, l'OMC ou la Commission europ&#233;enne, qui agissent pour le compte des gouvernements imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bouscul&#233; par la mondialisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement du mouvement altermondialiste et les formidables mobilisations qui ont fissur&#233; le consensus lib&#233;ral en remportant des succ&#232;s contre les organismes internationaux ont fait la d&#233;monstration qu'une action mondiale pouvait &#234;tre efficace. L'espace laiss&#233; vacant par le syndicalisme a &#233;t&#233; occup&#233; de mani&#232;re constructive. Ce n'est &#233;videmment pas pour rien dans la d&#233;cision d'avancer dans ce processus d'unification mondial. Les conf&#233;d&#233;rations internationales ont &#233;t&#233; percut&#233;es par la radicalisation antilib&#233;rale et par l'action du mouvement altermondialiste qui, de fait, a contest&#233; en acte l'utilit&#233; et l'efficacit&#233; du syndicalisme. Elles se sont trouv&#233;es contraintes de participer aux forums sociaux et aux actions contre le G7. D'autant que, parmi leurs membres, se trouvent des organisations tels la CUT br&#233;silienne ou le COSATU d'Afrique du Sud. Celles-ci repr&#233;sentent des populations qui subissent gravement les m&#233;faits de la mondialisation. Aussi se sont-elles investies dans les r&#233;unions internationales de r&#233;sistance &#224; l'ordre imp&#233;rialiste. Les actions (la gr&#232;ve europ&#233;enne des cheminots par exemple) d&#233;cid&#233;es par quelques f&#233;d&#233;rations professionnelles internationales ont aussi contribu&#233; au d&#233;bat sur l'investissement dans les mobilisations mondiales. Ces f&#233;d&#233;rations se sont d&#233;velopp&#233;es beaucoup plus rapidement que les regroupements interprofessionnels. Elles repr&#233;sentent d'ailleurs actuellement la v&#233;ritable force du syndicalisme international, son ancrage social. Cependant, les appareils dirigeants ont des difficult&#233;s &#224; se sentir &#224; l'aise avec un mouvement turbulent et incontr&#244;lable dont une partie des composantes ne cherche pas l'accommodement avec les institutions. L'exemple des mobilisations europ&#233;ennes contre la directive Bolkestein, o&#249; les syndicats de la CES avaient refus&#233; un cadre commun avec les associations et partis, l'illustre bien. Dans l'unification et la participation aux actions internationales, les conf&#233;d&#233;rations recherchent donc un nouveau souffle, une nouvelle l&#233;gitimit&#233;, et aussi un moyen de reprendre le contr&#244;le de luttes qui leur &#233;chappent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des objectifs de lutte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les internationalistes que nous sommes ne peuvent que se r&#233;jouir de ce mouvement. Travailler &#224; l'unit&#233; de la classe ouvri&#232;re mondiale est bien la r&#233;ponse appropri&#233;e &#224; la phase actuelle du d&#233;veloppement capitaliste. Initier des campagnes internationales pour la r&#233;duction du temps de travail, contre le travail des enfants, contre la famine, la dette et la guerre, pour la construction de coordinations syndicales dans les multinationales, contre les licenciements et les d&#233;localisations, pour la cr&#233;ation d'emplois, la d&#233;fense et l'extension des services publics au niveau mondial serait effectivement le r&#244;le d'un syndicalisme se fixant une perspective de transformation sociale. Mais les objectifs actuels de la nouvelle internationale syndicale sont loin de correspondre &#224; cette ambition. Si on trouve, dans la d&#233;claration de principes et les objectifs propos&#233;s au vote des organisations, de nombreux axes revendicatifs comme la lutte contre les discriminations, l'annulation de la dette des pays pauvres, la condamnation de la guerre ou un genre de taxe Tobin, les perspectives g&#233;n&#233;rales restent dans le cadre d'un syst&#232;me que la future CSI, comme la plupart de ses organisations constituantes, ne contestent pas ou plus. Ainsi entend-elle lutter pour une &#171; gouvernance d&#233;mocratique &#187; d'une &#233;conomie dont le d&#233;veloppement doit &#234;tre &#171; &#233;quitable &#187; pour les travailleuses et les travailleurs. Elle &#171; exprime son soutien ind&#233;fectible aux principes et au r&#244;le des Nations unies &#187;, dont la l&#233;gitimit&#233; et l'autorit&#233; constitueraient &#171; une garantie r&#233;elle de paix, de s&#233;curit&#233; et de d&#233;veloppement &#187;. Avec de tels postulats, la CSI ne peut envisager son action autrement qu'en faisant du lobbying envers les institutions internationales. Les bureaucraties syndicales y trouveront certainement de nouvelles sources de financement et de nombreuses sin&#233;cures, mais pas une orientation de lutte de classe. D'ailleurs, l'exp&#233;rience de la CES confirme qu'&#224; vouloir &#234;tre l'interlocuteur privil&#233;gi&#233; du patronat et des &#201;tats, le syndicalisme en vient &#224; oublier sa vocation premi&#232;re, c'est-&#224;-dire la d&#233;fense intransigeante, en toute ind&#233;pendance, des int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s et salari&#233;es. L'exemple du soutien de la CES au projet de constitution europ&#233;enne est r&#233;v&#233;lateur du niveau d'int&#233;gration du syndicalisme et de son &#233;loignement vis-&#224;-vis de ses mandants. La CGT n'a d&#251; qu'&#224; la r&#233;volte interne de ses cadres interm&#233;diaires et &#224; la pression du mouvement antilib&#233;ral en France d'&#233;chapper &#224; la force d'attraction de l'adaptation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, si ce processus est le bienvenu, et pourquoi ne pas l'&#233;tendre &#224; la FSM, il reste &#224; d&#233;finir sa v&#233;ritable utilit&#233;. Un syndicalisme unifi&#233; &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te, qui se fixerait comme objectif de combattre la domination capitaliste par des campagnes internationales et des luttes coordonn&#233;es en relation &#233;troite avec le mouvement altermondialiste, serait incontestablement un progr&#232;s. Cela suppose d'en porter la proposition &#224; tous les niveaux o&#249; cette perspective peut se discuter. &#192; l'inverse d'un repli nostalgique sur une FSM id&#233;alis&#233;e, ou d'un syndicalisme national coup&#233; des mouvements de radicalisation internationaux, les unitaires doivent travailler &#224; de v&#233;ritables convergences d'action, dans les structures mondiales ou avec toutes les organisations syndicales qui le veulent, affili&#233;es ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ric Perreux&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rep&#232;res Quelques rep&#232;res sur le syndicalisme mondial&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Conf&#233;d&#233;ration internationale des syndicats libres (CISL) est n&#233;e en 1949 d'une scission de la FSM, organis&#233;e, avec l'appui financier de la CIA, afin de lutter contre le communisme. Elle revendique 241 organisations affili&#233;es dans 156 pays et 155 millions d'adh&#233;rents dont 40 % de femmes. Compos&#233;e de trois p&#244;les r&#233;gionaux (Asie et Pacifique, Afrique, continent am&#233;ricain), elle maintient &#233;galement des liens avec la Conf&#233;d&#233;ration europ&#233;enne des syndicats (CES, qui englobe tous les affili&#233;s europ&#233;ens de la CISL) et avec les f&#233;d&#233;rations professionnelles internationales qui rassemblent les syndicats nationaux d'une branche ou d'une industrie au niveau international. En France, FO en est membre depuis l'origine et la CFDT depuis 1989 apr&#232;s avoir quitt&#233; la CMT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Conf&#233;d&#233;ration mondiale du Travail (CMT) regroupe 144 organisations dans 116 pays. Elle compte environ 26 millions de membres. Port&#233;e sur les fonts baptismaux en 1920, la Conf&#233;d&#233;ration internationale des syndicats chr&#233;tiens (CISC) s'est d&#233;confessionnalis&#233;e et a chang&#233; de nom en 1968. La CFTC en est rest&#233;e membre. Enfin la F&#233;d&#233;ration syndicale mondiale (FSM) a vu le jour en 1945 comme prolongement de la F&#233;d&#233;ration syndicale internationale (FSI) fond&#233;e en 1913. La CISc a refus&#233; ce rapprochement et, rapidement, les syndicats qui ont donn&#233; naissance &#224; la CISL ont organis&#233; la rupture laissant seuls les syndicats des pays de l'Est ou dirig&#233;s par les staliniens. Apr&#232;s la chute du mur de Berlin et l'effondrement de l'URSS, de nombreux syndicats l'ont quitt&#233;e (la CGT fran&#231;aise en 1995). Lors de son dernier congr&#232;s en d&#233;cembre 2005, les d&#233;l&#233;gu&#233;s repr&#233;sentaient environ 100 organisations de 46 pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curieuse cohabitation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa d&#233;claration de principe, la CSI affirme promouvoir la d&#233;mocratie et le droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes. Elle &#171; existe pour unir et mobiliser les forces d&#233;mocratiques et ind&#233;pendantes du syndicalisme mondial... &#187; Sa mission : &#171; s'&#233;lever contre les strat&#233;gies globales du capital financier en leur opposant des strat&#233;gies globales du capital humain. &#187; Les syndicalistes qui prendront au mot ces pr&#233;ceptes seront certainement &#233;tonn&#233;s d'apprendre que la CISL compte, parmi ses adh&#233;rents (et donc parmi les futurs adh&#233;rents de la CSI), la CTV (Conf&#233;d&#233;ration des travailleurs du Venezuela). Celle-ci, connue pour sa corruption, a &#233;t&#233; propri&#233;taire d'une banque et &#233;tait devenue, dans les ann&#233;es 1980, le quatri&#232;me groupe &#233;conomique du pays. Elle a cog&#233;r&#233; l'&#233;conomie v&#233;n&#233;zu&#233;lienne et fut l'alli&#233;e du gouvernement pendant 40 ans. Depuis l'&#233;lection de Chavez, la CTV a ouvertement particip&#233; au coup d'&#233;tat de 2002 et lors de la gr&#232;ve lock-out de d&#233;cembre 2002 et janvier 2003, son secr&#233;taire, Carlos Ortega, appelait au renversement de Chavez &#171; par tous les moyens &#187;, apparaissant chaque soir &#224; la t&#233;levision, bras-dessus-bras-dessous avec le patron des patrons v&#233;n&#233;zu&#233;liens... On retrouvera donc dans la CSI des organisations qui m&#232;nent la lutte des classes... mais pas toutes du m&#234;me c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Appel &#224; des actions internationales de protestation contre les IFI</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Appel-a-des-actions-internationales-de-protestation-contre-les-IFI</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Appel-a-des-actions-internationales-de-protestation-contre-les-IFI</guid>
		<dc:date>2006-10-04T00:14:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Lors de la seconde r&#233;union internationale sur la r&#233;sistance et les alternatives &#224; la domination de la dette r&#233;unie fin septembre 2005 , des repr&#233;sentants de mouvements et d'organisations provenant de 53 pays se sont mis d'accord sur des initiatives conjointes pour les prochaines ann&#233;es. L'une d'elles est l'appel &#224; des actions internationales contre les IFI en 2006. Ce qui suit est une d&#233;claration qui exprime une critique du r&#244;le et des actions des institutions financi&#232;res internationales. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Contre-la-mondialisation-capitaliste-" rel="directory"&gt;Contre la mondialisation capitaliste &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lors de la seconde r&#233;union internationale sur la r&#233;sistance et les alternatives &#224; la domination de la dette r&#233;unie fin septembre 2005 , des repr&#233;sentants de mouvements et d'organisations provenant de 53 pays se sont mis d'accord sur des initiatives conjointes pour les prochaines ann&#233;es. L'une d'elles est l'appel &#224; des actions internationales contre les IFI en 2006. Ce qui suit est une d&#233;claration qui exprime une critique du r&#244;le et des actions des institutions financi&#232;res internationales. C'est aussi un appel &#224; signatures adress&#233; aux mouvements sociaux, aux organisations populaires, aux ONG, aux groupements citoyens, aux organisations communautaires, aux syndicats, aux organisations de la classe ouvri&#232;re et aux mouvements politiques afin de mener une campagne commune contre les IFI sur la base d'une plateforme commune. Il s'agit d'organiser des mobilisations coordonn&#233;es dans diff&#233;rents pays du 14 au 20 septembre 2006, culminant pendant l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale d'automne de la Banque mondiale et du FMI qui se tiendra les 19 et 20 septembre 2006 &#224; Singapour. Nous invitons votre mouvement :&lt;br class='autobr' /&gt;
. &#224; signer la d&#233;claration,&lt;br class='autobr' /&gt;
. &#224; la faire circuler dans tous les r&#233;seaux et organisations avec lesquels vous &#234;tes en contact,&lt;br class='autobr' /&gt;
. &#224; participer activement &#224; la mise en &#339;uvre de cet appel et des actions qu'il implique.&lt;br class='autobr' /&gt;
14 septembre 2006&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;APPEL&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis plus de soixante ans, le Fonds mon&#233;taire international et la Banque mondiale, ainsi que leurs partenaires, les banques r&#233;gionales de d&#233;veloppement et les agences de cr&#233;dit &#224; l'exportation, ont utilis&#233; le capital financier international pour exercer leur contr&#244;le et restructurer les soci&#233;t&#233;s du Sud. Cela s'est fait dans l'int&#233;r&#234;t des multinationales et de l'agenda &#233;conomique ainsi que g&#233;opolitique d'une poign&#233;e de pays riches qui contr&#244;lent ces institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dommages caus&#233;s &#224; la vie des populations, aux communaut&#233;s, &#224; l'environnement, &#224; l'&#233;conomie ainsi qu'aux structures politiques dans le Sud ont &#233;t&#233; profonds et ont g&#233;n&#233;r&#233; de nombreuses r&#233;sistances &#224; l'encontre de ces institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit de preuves av&#233;r&#233;es et d'innombrables t&#233;moignages sur la destruction, le d&#233;placement et la d&#233;possession caus&#233;es par leurs politiques et leurs op&#233;rations, ces institutions ont persist&#233; &#224; l&#233;gitimer leur r&#244;le et se sont pr&#233;sent&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es comme championnes de la &#171; r&#233;duction de la pauvret&#233; &#187; et de la &#171; bonne gouvernance &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e 2006, nous intensifierons notre lutte contre ces organisations avec pour objectif d'augmenter le niveau de coordination internationale et d'action en commun. Nous nous engageons en particulier &#224; organiser diff&#233;rentes formes de mobilisation dans de nombreux pays de la plan&#232;te &#224; l'occasion de l'Assembl&#233;e annuelle de septembre de la Banque mondiale et du FMI. Cela devrait englober de nombreuses activit&#233;s et actions &#224; proximit&#233; de la tenue de la r&#233;union &#224; Singapour entre le 14 et le 20 septembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous en appelons &#224; toutes les organisations populaires, les mouvements sociaux, les organisations de travailleurs, les mouvements de femmes, les groupes paysans, les organisations communautaires, les ONG, les forces politiques et tous les citoyens qui se sentent concern&#233;s partout dans le monde &#224; se joindre &#224; nous pour &#233;laborer des actions vigoureuses dans le but d'attirer l'attention du monde sur les ravages caus&#233;s par le FMI, la Banque mondiale, les banques r&#233;gionales de d&#233;veloppement, les agences de cr&#233;dit &#224; l'exportation et le syst&#232;me n&#233;olib&#233;ral global dont ils sont les instruments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos actions devront mettre en avant des probl&#233;matiques et des appels qui expriment les impacts particuliers de ces institutions dans chacun de nos pays mais qui devront &#233;galement &#234;tre unitaires sur les demandes globales suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Annulation imm&#233;diate &#224; 100% des dettes multilat&#233;rales comme partie de l'annulation totale des dettes r&#233;clam&#233;es au Sud sans conditionnalit&#233;s impos&#233;es par l'ext&#233;rieur.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences inhumaines et destructrices de la domination de la dette que les institutions financi&#232;res internationales contribuent largement &#224; perp&#233;tuer sont une preuve du mensonge propag&#233; par ces institutions quand elles affirment qu'elles travaillent &#224; la &#171; r&#233;duction de la pauvret&#233; &#187; et au &#171; financement du d&#233;veloppement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les initiatives d'annulation de dette par les institutions financi&#232;res internationales ne concernent qu'une toute petite partie de la dette r&#233;clam&#233;e au Sud. Pire encore, ces initiatives vont de pair avec des conditionnalit&#233;s qui minent la souverainet&#233; des peuples dans la d&#233;finition de leur propre voie vers le d&#233;veloppement. Ces conditionnalit&#233;s ont prouv&#233; leurs effets nuisibles et maintiennent les &#233;conomies du Sud sous le joug du profit priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annulation d'une petite partie de la dette peut lib&#233;rer des fonds qui peuvent certes &#234;tre utilis&#233;s ponctuellement pour des services fondamentaux mais elle ne lib&#232;re pas le Sud de la cha&#238;ne de l'endettement. L'annulation doit &#234;tre de 100%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans une perspective imm&#233;diate, nous soulignons les cas les plus urgents - la plupart des pays africains, Ha&#239;ti, le N&#233;pal, les pays touch&#233;s par le Tsunami et d'autres r&#233;cemment d&#233;vast&#233;s par les catastrophes naturelles, les pays ravag&#233;s par la guerre et d'autres qui passent par des crises &#233;conomiques et sociales s&#233;v&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous rejetons le cadre de &#171; soutenabilit&#233; de la dette &#187; mis en avant par les institutions financi&#232;res internationales. Il n'y a pas de niveau de dette soutenable dans un syst&#232;me &#233;conomique global fond&#233; sur la domination et l'exploitation des &#233;conomies et des ressources du Sud. Ce cadre est un moyen par lequel les institutions justifient le maintien de &#171; l'endettement &#187; des pays du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La persistance du &#171; cadre de soutenabilit&#233; de la dette &#187; marque &#233;galement un refus de r&#233;pondre &#224; la question plus fondamentale du caract&#232;re ill&#233;gitime des dettes. Cette ill&#233;gitimit&#233; est d&#233;nonc&#233;e par le Sud. Les peuples du Sud ne doivent pas avoir &#224; payer pour des dettes ill&#233;gitimes : des dettes dont ils n'ont pas profit&#233;, des dettes qui ont financ&#233; des projets ayant caus&#233; le d&#233;placement de communaut&#233;s et des dommages &#224; l'environnement, des dettes qui ont servi &#224; la corruption ou &#224; des projets ayant &#233;chou&#233;, des dettes contract&#233;es par des moyens non d&#233;mocratiques et frauduleux, des dettes aux termes l&#233;onins et aux conditions nuisibles, des dettes qui ont soutenu la militarisation et les dictatures, des dettes contract&#233;es dans le contexte de relations internationales d'exploitation, des dettes que les pays du Sud ont rembours&#233;es maintes et maintes fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les dettes financi&#232;res r&#233;clam&#233;es aux pays du Sud repr&#233;sentent le montant incroyable de 2.600 milliards de dollars, le Nord doit en fait aux peuples du Sud une dette beaucoup plus importante. C'est la dette historique, &#233;conomique, sociale et &#233;cologique accumul&#233;e, avec la complicit&#233; des &#233;lites locales du Sud, au cours de si&#232;cles de pillage et d'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FMI et la Banque mondiale doivent endosser le co&#251;t de l'effacement des dettes qui leur sont dues en utilisant le fonds de la Banque destin&#233; &#224; pallier les pertes (et &#233;valu&#233; en date du 30 juin 2005 &#224; 3 milliards de dollars) ainsi que les gains accumul&#233;s (&#233;valu&#233;s au 30 juin 2005 &#224; 27 milliards de dollars) et les stocks d'or du FMI. Alors que l'once d'or d&#233;passe actuellement au taux du march&#233; 600 dollars, les 103,4 millions d'once d'or du FMI ont une valeur de plus de 60 milliards de dollars au lieu des 9 milliards inscrits dans les livres de comptes du FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. R&#233;alisation d'un audit externe ouvert, transparent et participatif des op&#233;rations d'emprunts et des politiques relatives aux pr&#234;ts des institutions financi&#232;res internationales, &#224; commencer par la Banque mondiale et le FMI.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les campagnes dette, les mouvements sociaux, les organisations populaires et les ONG sont maintenant impliqu&#233;s dans la pr&#233;paration et la mise en &#339;uvre d'audits citoyens sur la dette, audits revendiqu&#233;s depuis les pays du Sud. Parall&#232;lement, ils en appellent aux gouvernements du Sud pour qu'ils organisent des audits gouvernementaux, ouverts et participatifs (par exemple au sein des parlements) de ces dettes. Ces audits visent &#224; examiner les origines et les causes du probl&#232;me de la dette, prenant en compte leurs effets et impacts, mettant en lumi&#232;re le caract&#232;re douteux et ill&#233;gitime des dettes, identifiant les responsabilit&#233;s, &#233;tablissant et renfor&#231;ant des changements urgents dans les politiques nationales sur la dette et les questions connexes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous demandons aux institutions financi&#232;res internationales qu'elles se soumettent &#224; des audits ind&#233;pendants sur les pr&#234;ts qu'elles ont effectu&#233;s, leurs politiques de pr&#234;ts, leurs processus et op&#233;rations de pr&#234;t ainsi que les termes et conditionnalit&#233;s des pr&#234;ts et qu'elles prennent actes des effets et impacts. Ces audits doivent rechercher la culpabilit&#233; et la responsabilit&#233; de ces institutions financi&#232;res internationales et la restitution et les r&#233;parations dont elles sont redevables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les institutions financi&#232;res internationales ont r&#233;cemment accru leurs efforts pour se pr&#233;senter comme les champions de la bonne gouvernance et ont annonc&#233; un renouveau d'efforts et de strat&#233;gies pour lutter contre la corruption. Nous d&#233;fions ces organisations de commencer par elles-m&#234;mes et d'examiner comment elles ont &#233;t&#233; impliqu&#233;es dans la cr&#233;ation et dans l'exacerbation de ce probl&#232;me de corruption. Des audits externes ind&#233;pendants concernant ces pr&#234;ts devront inclure cette question. De plus la corruption doit &#234;tre vue comme un probl&#232;me syst&#233;mique qui concerne &#233;galement le secteur priv&#233; et en particulier les transnationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Arr&#234;ter l'imposition de conditionnalit&#233;s et la promotion de politiques et de projets n&#233;olib&#233;raux.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Via les conditionnalit&#233;s attach&#233;es &#224; leurs pr&#234;ts et leurs programmes, le FMI et la Banque mondiale ont r&#233;ussi &#224; restructurer l'&#233;conomie globale. L'utilisation des &#171; programmes d'ajustement structurel &#187; &#224; partir du d&#233;but des ann&#233;es 1980 dans des pays surendett&#233;s ont oblig&#233; la plupart des pays du Sud &#224; mettre sur pied des politiques &#233;conomiques imitant celles des pays industrialis&#233;s, en d&#233;pit de leur caract&#232;re totalement inadapt&#233;. L'imposition de politiques n&#233;olib&#233;rales a eu de multiples cons&#233;quences n&#233;gatives pour les peuples du Sud : les &#233;conomies ont privil&#233;gi&#233; les exportations au lieu de chercher &#224; satisfaire le march&#233; int&#233;rieur, leurs industries de transformation ont &#233;t&#233; &#233;limin&#233;es, un pourcentage &#233;lev&#233; d'entreprises nationales a &#233;t&#233; rachet&#233; par le capital &#233;tranger, des entreprises publiques renomm&#233;es ont &#233;t&#233; privatis&#233;es, la sant&#233; publique et d'autres secteurs sociaux ont &#233;t&#233; lamin&#233;s par des d&#233;cennies d'absence de financement, les ressources naturelles sont surexploit&#233;es, de nombreux petits producteurs et petits commer&#231;ants conduits &#224; la faillite par l'absence de cr&#233;dit et de subsides et un ch&#244;mage massif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre lutte contre la domination de la dette est men&#233;e en grande partie pour obtenir la fin des conditionnalit&#233;s que les gouvernements endett&#233;s sont forc&#233;s d'accepter. Pour les actions de septembre 2006, nous exigeons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) Pour marquer le 50eme anniversaire de la Soci&#233;t&#233; financi&#232;re internationale (SFI) du groupe Banque mondiale - arr&#234;ter le soutien des IFI &#224; la privatisation des services publics et l'utilisation de ressources publiques &#224; des fins de cr&#233;ation de profits pour le priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FMI et plus encore la Banque mondiale ont &#233;t&#233; les principaux initiateurs du mouvement global en faveur de la privatisation des services fondamentaux. Ils ont &#233;t&#233; rejoints l&#224;-dessus par d'autres institutions financi&#232;res comme les banques r&#233;gionales de d&#233;veloppement et les agences de cr&#233;dit &#224; l'exportation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les institutions financi&#232;res internationales soutiennent la privatisation des services publics &#224; travers des conditionnalit&#233;s politiques, le financement de projets qui pr&#233;parent la voie &#224; la privatisation. Elles fournissent de l'assistance technique &#224; la pr&#233;paration des &#233;tudes de faisabilit&#233; ainsi qu'aux processus de mise en &#339;uvre, et m&#234;me un soutien direct aux entreprises priv&#233;es qui remplacent les entreprises publiques. La Soci&#233;t&#233; financi&#232;re internationale joue un r&#244;le fondamental en fournissant des assurances contre le risque ainsi qu'une assistance en capitaux pour ces entreprises priv&#233;es. Elle facilite m&#234;me le travail du gouvernement pour le renflouement de ces entreprises lorsqu'elles traversent des difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accent continu est mis sur la privatisation des services fondamentaux tels que l'approvisionnement en eau - ou lorsqu'aucune soci&#233;t&#233; n'est int&#233;ress&#233;e par l'achat de ce service, la mise en place de contrats de leasing ou de service - et la &#171; commercialisation &#187; m&#234;me de services vitaux comme ceux li&#233;s &#224; la fourniture d'aliments. Ces services sont maintenant bas&#233;s sur les lois du march&#233; en tant que seul principe organisateur pour l'efficacit&#233; des &#233;conomies en d&#233;pit des preuves innombrables contredisant ce principe. Les privatisations de l'eau dans le Sud qui se sont sold&#233;es l'une apr&#232;s l'autre par des &#233;checs n'ont pas fait d&#233;vier les IFI de leur objectif d'arracher les avoirs du secteur public pour les offrir au priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre message &#224; la Soci&#233;t&#233; financi&#232;re internationale est claire : nous refusons que davantage de ressources publiques aillent alimenter le profit priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) Arr&#234;ter le financement et l'implication des IFI dans des projets dommageables pour l'environnement &#224; commencer par les grands barrages et les industries extractives (p&#233;trole, gaz et mines).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les institutions financi&#232;res internationales se pr&#233;tendent &#224; la pointe du combat contre le changement climatique et la destruction de l'environnement. L'utilisation d'une rh&#233;torique habile ainsi que des engagements plus fermes et de nouvelles strat&#233;gies, ne peuvent masquer le fait que bien des projets con&#231;us, mis en &#339;uvre et soutenus par les institutions financi&#232;res internationales violent les normes ainsi que les proc&#233;dures de s&#233;curit&#233; bien modestes reconnus par ces institutions et provoquent des probl&#232;mes environnementaux massifs en plus des probl&#232;mes sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Banque mondiale elle-m&#234;me a une dette consid&#233;rable envers les peuples du Sud, pour son financement de m&#233;gaprojets comme des barrages hydro-&#233;lectriques, des mines, des pipelines et des projets d'exploration et de d&#233;veloppement p&#233;trolier qui ont d&#233;plac&#233; des populations et entra&#238;n&#233; des dommages environnementaux consid&#233;rables. La Banque mondiale a refus&#233; de mettre en place les principales recommandations de sa propre &#233;valuation des industries extractives (Extractive Industries Review) dont :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) le principe que les communaut&#233;s confront&#233;es &#224; des projets d'extraction doivent donner leur consentement libre, en &#233;tant pr&#233;alablement inform&#233;es de toutes les cons&#233;quences sur leur environnement ;&lt;br class='autobr' /&gt;
2) l'&#233;limination progressive de tout investissement dans les projets d'extraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Banque mondiale se pr&#233;tend &#224; la pointe dans la question du changement climatique avec le d&#233;veloppement du march&#233; des &#233;missions de gaz carbonique qui repr&#233;sente un autre exemple tragique du fondamentalisme du march&#233;. Le fait de confier cette question aux solutions de march&#233; de la Banque mondiale permet de d&#233;tourner l'attention des principaux pollueurs que sont les pays du Nord, o&#249; une consommation excessive menace la survie de la plan&#232;te et des esp&#232;ces qui y vivent. Alors que la Banque mondiale revendique le leadership dans le d&#233;veloppement de sources d'&#233;nergie alternatives, elle d&#233;die en fait des ressources beaucoup plus importantes au d&#233;veloppement de sources d'&#233;nergie conventionnelles. Elle est en effet le principal bailleur de fonds de projets produisant du gaz &#224; effet de serre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) Arr&#234;ter imm&#233;diatement l'imposition de conditions qui exacerbent les crises sanitaires comme la pand&#233;mie du SIDA et verser des dommages et int&#233;r&#234;ts pour avoir rendu payants l'&#233;ducation publique et les soins de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques des IFI ont aggrav&#233; les crises sanitaires comme la pand&#233;mie du SIDA de plusieurs mani&#232;res. Les mesures d'aust&#233;rit&#233; ont r&#233;duit les budgets de sant&#233; et emp&#234;ch&#233; l'engagement d'enseignants et de travailleurs de sant&#233; dont les pays du Sud ont un besoin critique. Ils ont &#233;galement emp&#234;ch&#233; l'acc&#232;s aux h&#244;pitaux et &#224; l'&#233;cole en imposant des politiques de recouvrement des co&#251;ts. Les politiques macro&#233;conomiques que les IFI ont impos&#233;es les 25 derni&#232;res ann&#233;es - y compris l'aust&#233;rit&#233; fiscale, les taux d'int&#233;r&#234;t &#233;lev&#233;s, la lib&#233;ralisation commerciale unilat&#233;rale et la privatisation des services fondamentaux - ont conduit &#224; l'augmentation des tarifs et un recul des indicateurs sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les IFI ont une dette sociale &#233;norme vis-&#224;-vis des pays dont les services publics ont &#233;t&#233; d&#233;truits par leurs politiques. Leurs cr&#233;anciers sont les femmes des pays du Sud qui ont d&#251; d&#233;ployer des efforts colossaux pour tenter d'acc&#233;der aux soins de sant&#233;, &#224; la nourriture, &#224; l'&#233;ducation, &#224; l'eau et aux autres biens et services fondamentaux que les politiques des IFI ont mis hors de port&#233;e des populations. La Banque mondiale et le FMI devraient financer l'&#233;ducation primaire universelle gratuite et les soins de sant&#233; de base au titre de r&#233;paration ou de restitution pour les dommages occasionn&#233;s par leur action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous investirons les rues et les places pendant la semaine du 14 au 20 septembre &#224; Singapour et dans le monde entier. Nous sommes unis dans notre appel pour mettre fin &#224; la destruction des &#233;conomies du Sud par le FMI, la Banque mondiale, les Banques r&#233;gionales multilat&#233;rales et les pays qui les contr&#244;lent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous appelons les militants &#224; nous avertir des actions qu'ils ont planifi&#233;es ainsi que des r&#233;sultats de ces actions pour que nous puissions en faire la publicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous soussign&#233;s organiserons et soutiendrons des mobilisations coordonn&#233;es dans diff&#233;rents pays du 14 au 20 septembre 2006 culminant pendant l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale d'automne de la Banque mondiale et du FMI qui se tiendra les 19 et 20 septembre 2006 &#224; Singapour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations d&#233;sirant signer cet appel peuvent transmettre d&#232;s &#224; pr&#233;sent le nom de l'organisation, nom de la personne contact, (Email/ T&#233;l/Fax) ainsi que l'adresse postale aux contacts suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CADTM (secr&#233;tariat international), 345 Avenue de l'Observatoire, 4000 Li&#232;ge, Belgique Tel : (32) 4 226 62 85 &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cadtm.org&lt;/a&gt; email : virginie@cadtm.org&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jubilee South (secr&#233;tariat international), 49-B Mapagbigay Street, Central district, Quezon city, Philippines, Tel/fax : (63-2) 929-3134 &lt;a href=&#034;http://www.jubileesouth.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.jubileesouth.org&lt;/a&gt; email : secretariat@jubileesouth.org&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;SIGNATAIRES ACTUELS :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;seaux mondiaux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUBILE SUD ; COMITE POUR L'ABOLITION DE LA DETTE DU TIERS MONDE (CADTM) ; WORLD FORUM OF FISH HARVESTRES AND FIHWORKERS, WFF ; SOUTHERN PEOPLES ECOLOGICAL DEBT CREDITORS ALLIANCE (SPEDCA) ; SUSTAINABILITY WATCH NETWORK ; AFRIQUE Regionals ; ; AFRICA JUBILEE SOUTH ; SOUTHERN AFRICA PEOPLES SOLIDARITY NETWORK (SAPSN) ; ALBERTINE RIFT CONSERVATION SOCIETY (ARCOS) ; ; AMERIQUE Regionals ; JUBILEO SUR AMERICAS ; ; ASIE/PACIFIQUE Regionals ; JUBILEE SOUTH - ASIA/PACIFIC MOVEMENT ON DEBT AND DEVELOPMENT (JS-APMDD) ; ASIA-PACIFIC FORUM ON WOMEN, LAW AND DEVELOPMENT (APWLD) ; ; ASIE Regionals ; FOCUS ON THE GLOBAL SOUTH - INDIA, THAILAND AND PHILIPPINES ; ASIAN REGIONAL EXCHANGE FOR NEW ALTERNATIVES (ARENA) ; INTERNATIONAL GENDER AND TRADE NETWORK - ASIA ; MIGRANT FORUM IN ASIA (MFA) ; ASIAN MIGRANT CENTRE (AMC) ; NGO FORUM ON ADB ; PEOPLES FORUM AGAINST ADB ; ; EUROPE Regionals ; WOMEN IN DEVELOPMENT EUROPE ; CEE BANKWATCH NETWORK ; ; ASIE DU SUD Sous-Region ; SOUTH ASIA ALLIANCE FOR POVERTY ERADICATION (SAAPE) ; ANGOLA ; LIGA JUBILEU 2000 ANGOLA - LIJUA ; ; ARGENTINE ; DIALOGO 2000 ; ; AUSTRALIE ; FRIENDS OF THE EARTH ; ; AZERBAIDJAN ; CENTER FOR CIVIC INITIATIVES ; ; BANGLADESH ; COMMUNITY DEVELOPMENT LIBRARY (CDL) ; WARBE-Bangladesh ; BANGLADESH SRAMAJIBI KENDRA (BSK) ; UNNAYAN ONNESHAN-THE INNOVATORS (CENTRE FOR RESEARCH AND ACTION ON DEVELOPMENT) ; DEPARTMENT OF DEVELOPMENT STUDIES, UNIVERSITY OF DHAKA, BANGLADESH ; BANGLAPRAXIS ; UTTARAN ; PAANI COMMITTEE ; HAMKURA RIVER ACTION COMMITTEE ; AN ORGANIZATION FOR SOCIO-ECONOMIC DEVELOPMENT (AOSED) ; SAVE CHARA RIVER CAMPAIGN ; BANGLADESH RIVERS NETWORK ; LOKOJ INSTITUTE ; BANGLADESH KRISHOK FEDERATION ; KARMOJIBI NARI ; ; BELGIQUE ; CENTRE NATIONAL DE COOP&#201;RATION AU D&#201;VELOPPEMENT (CNCD-11.11.11.) ; ATTAC VLAANDEREN ; PEUPLES SOLIDAIRE BELGIQUE ; A CONTRE COURANT ; ; BENIN ; CADD ; ASSOCIATION DES JEUNES POUR L'AIDE ET LE DEVELOPPEMENT ; ; BRESIL ; JUBILEU BRAZIL ; BRAZIL NETWORK ON INTERNATIONAL FINANCIAL INSTITUTIONS ; ; CAMEROUN ; CENTRE FOR PROMOTION OF ECONOMIC AND SOCIAL ALTERNATIVES ; ; CAMBODGE ; PARTNERSHIP FOR DEVELOPMENT IN KAMPUCHEA (PADEK) ; WOMYNS AGENDA FOR CHANGE ; ; CANADA ; HALIFAX INITIATIVE COALITION ; BLUE PLANET PROJECT ; ; CHILIE ; OBSERVATORIO LATINOAMERICANO DE CONFLICTOS AMBIENTALES - OLCA ; ; COLOMBIE ; UNION NACIONAL DE EMPLEADOS BANCARIOS DE COLOMBIA ; FEDERACI&#211;N NACIONAL DE SINDICATOS BANCARIOS COLOMBIANOS ; CAMPA&#209;A COLOMBIANA CONTRA LA DEUDA &#034;EN DEUDA CON LOS DERECHOS ; ; CONGO ; FORUM SUR LA DETTE EXT&#201;RIEURE ET LE D&#201;VELOPPEMENT DU CONGO (FODEX) ; ; CONGO BRAZZAVILLE ; APASH ; ; CUBA ; CENTRO MEMORIAL DR. MARTIN LUTHER KING, JR. LA HABANA, CUBA ; ; REPUBLIQUE DOMINICAINE ; CONVERGENCIA DE MOVIMIENTOS DE LOS PUEBLOS DE LAS AM&#201;RICAS (COMPA) ; COLECTIVO DE ORGANIZACIONES POPULARES ; ; EQUATEUR ; ACCI&#211;N ECOL&#211;GICA ; FUNDACI&#211;N MAN&#193; ; ; FRANCE ; ATTAC ; ASSOCIATION INTERNATIONALE DE TECHNICIENS EXPERTS ET CHERCHEURS (AITEC) ; INITIATIVES POUR UN AUTRE MONDE ; LES AMIS DE LA TERRE ; ECHANGEONS LE MONDE ; ; ALLEMAGNE ; BLUE 21 ; BERLINER LANDESARBEITSGEMEINSCHAFT UMWELT UND ENTWICKLUNG ; BERLIN WORKING GROUP ON ENVIRONMENT AND DEVELOPMENT ATTAC Allemagne ; ; GUINEE CONAKRY ; CECIDE ; ; HAITI ; PLATAFORMA DE POL&#205;TICAS DE DESARROLLO ALTERNATIVAS (PAPDA) ; ; HONDURAS ; CONSEJO CIVICO DE ORGANIZACIONES POPUALRES E IND&#205;GENAS DE HONDURAS (COPINH) ; ; HONG KONG ; HONG KONG CONFEDERATION OF TRADE UNIONS (HKCTU) ; DOCUMENTATION FOR ACTION GROUPS IN ASIA (DAGA) ; HONG KONG CHRISTIAN INDUSTRIAL COMMITTEE ; ZI TENG ; ; INDE ; INDIA SOCIAL ACTION FORUM (INSAF) ; CENTRE FOR ORGANISATION, RESEARCH &amp; EDUCATION (CORE) ; RIVER BASIN FRIENDS ; NATIONAL CONFEDERATION OF OFFICERS ASSOCIATIONS (NCOA) ; NARMADA BACHAO ANDOLAN ; NIMAR MALWA KISAN MAZDOOR SANGTHAN ; PEOPLE'S DEVELOPMENT FOUNDATION INDIA ; CITIZEN'S CONCERN FOR DAMS AND DEVELOPMENT, MANIPUR (NE INDIA) ; BHARAT GYAN VIGYAN SAMITI (BGVS) ; URBAN RESEARCH CENTRE ; TAMILNADU AGRICULTURAL LABOURERS MOVEMENT (TALM) ; HUMAN RIGHTS- TAMILNADU INITIATIVE ; VAK INDIA ; ; INDONESIE ; INTERNATIONAL NGO FORUM ON INDONESIAN DEVELOPMENT (INFID) ; KOALISI ANTI UTANG (ANTI DEBT COALITION) ; WORKING GROUP ON POWER SECTOR RESTRUCTURING (WGPSR) ; JATAM - MINING ADVOCACY NETWORK ; MIGRANT CARE ; INSTITUTE FOR GLOBAL JUSTICE INDONESIA ; PERHIMPUNAN INDONESIA UNTUK BURUH MIGRAN BERDAULAT ; INDONESIAN ASSOCIATION FOR SOVEREIGN MIGRANT WORKERS ; SOLIDARITAS PEREMPUAN ; LEMBAGA BANTUAN HUKUM (LBH) SEMARANG ; INDONESIAN LEGAL AID FOUNDATION BRANCH OF SURABAYA ; KOALISI RAKYAT UNTUK HAK ASTAS AIR (KRUHA)/PEOPLE'S COALITION FOR THE RIGHTS TO WATER ; ; IRELANDE ; DEBT AND DEVELOPMENT COALITION ; ; ITALIE ; LILA CEDIUS (ITALIAN LEAGUE FOR THE FIGHT AGAINST AIDS - CENTER FOR HUMAN RIGHTS AND PUBLIC HEALTH ; ASSOCIAZIONE CULTURALE PUNTOROSSO ; EQUIVITA, SCIENTIFIC COMMITTEE ; CAMPAGNA DELLA RIFORMA DELLA BANCA MONDIALE (CRBM) ; ; COTE D'IVOIRE ; MARCHE MONDIALE DES FEMMES ; FORUM NATIONAL SUR LA DETTE ET LA PAUVRETE ; ; JAPON ; JUBILEE KYUSHU ON WORLD DEBT AND POVERTY ; ATTAC Japan ; ; KENYA ; SOLIDARITY AFRICA NETWORK ; KENYA DEBT RELIEF NETWORK (KENDREN) ; DAUGHTERS OF MUMBI GLOBAL RESOURCE CENTER ; ; MALI ; COALITION DES ALTERNATIVES AFRICAINES DETTE ET D&#201;VELOPPEMENT (CAD-MALI) ; ; MAURITANIE ; MOUVEMENT POUR LES DROITS DE LA PERSONNE HUMAINE ; ; ILE MAURICE ; MAURITIUS ACTION FOR DISAMAMENT AND PEACE ; ; MEXIQUE ; EDUCACI&#210;N PARA LA PAZ (CHIAPAS, M&#201;XICO) (MIEMBRO DE LA CAMPA&#209;A &#034;S&#204; A LA VIDA, NO A LAS IFIS&#034;) ; ; MAROC ; ATTAC ; REPORTERS SANS LIMITES ; ; MOZAMBIQUE ; ECONOMIC JUSTICE COALITION ; ; NEPAL ; RURAL RECONSTRUCTION NEPAL (RRN) ; WATER AND ENERGY USERS' FEDERATION ; COLLECTIVE INITIATIVE FOR RESEARCH AND ACTION ; ALL NEPAL WOMEN ASSOCIATION (ANWA) ; ; PAYS BAS ; TRANSNATIONAL INSTITUTE (TNI) ; ; NICARAGUA ; CENTRO DE ESTUDIOS INTERNACIONALES ; ; NIGER ; RESEAU NATIONAL DETTE ET DEVELOPPEMENT (RNDD) ; ONG ECO D&#201;VELOPPEMENT PARTICIPATIF (ONG-EDP) ; ; NORVEGE ; INSTITUTE FOR GLOBAL NETWORKING, INFORMATION AND STUDIES (IGNIS) ; ; PAKISTAN ; PAKISTAN FISHERFOLK FORUM (PFF) ; PAKISTAN INSTITUTE OF LABOUR EDUCATION &amp; RESEARCH (PILER) ; CREED ALLIANCE ; PAKISTAN KISSAN RABITA COMMITTEE ( PAKISTAN PEASANTS COORDINATION COMMITTEE) ; URBAN RESOURCE CENTRE ; PEOPLE'S RIGHTS MOVEMENT (PRM) ; VINCO DEVELOPMENT FOUNDATION ; PARTICIPATORY DEVELOPMENT INITIATIVES [PDI] ; LABOUR EDUCATION FOUNDATION ; ; PHILIPPINES ; FREEDOM FROM DEBT COALITION ; INTEGRATED RURAL DEVELOPMENT FOUNDATION ; FOUNDATION FOR MEDIA ALTERNATIVES ; ; PUERTO RICO ; FAITH, ECONOMY AND SOCIETY PROGRAMME, LATIN AMERICAN COUNCIL OF CHURCHES (CLAI) ; ; SENEGAL ; FORUM FOR AFRICA ALTERNATIVES ; ; AFRIQUE DU SUD ; JUBILEE SOUTH AFRICA ; ALTERNATIVE INFORMATION AND DEVELOPMENT CENTRE (AIDC) ; SOUTHERN AFRICAN CENTRE FOR ECONOMIC JUSTICE ; CENTRE FOR CIVIL SOCIETY ECONOMIC JUSTICE PROJECT, UNIVERSITY OF KWAZULU-NATAL, DURBAN, SOUTH AFRICA ; ; ESPAGNE ; ECOLOGISTAS EN ACCI&#211;N ; CAMPA&#209;A &#191;QUI&#201;N DEBE A QUI&#201;N ? (CAMPA&#209;A CONTRA LA DEUDA EXTERNA Y POR LA RESTITUCI&#211;N DE LA DEUDA ECOL&#211;GICA) ; PROYECTO PARA LA PARTICIPACION SOCIAL SOLIDARIDAD DIRECTA ; ; SRI LANKA ; MOVEMENT FOR NATIONAL LAND AND AGRICULTURAL REFORM (MONLAR) ; ; SUISSE ; INSTITUTE FOR AGRICULTUTRE AND TRADE POLICY ; CENTRE EUROPE TIERS MONDE (CETIM) ; ; THAILANDE ; PSI-THAI AFFILIATES COUNCIL (PTAC) ; ; UGANDA ; AFRICAN WOMEN'S ECONOMIC POLICY NETWORK (AWEPON) ; ; GRANDE BRETAGNE ; WORLD DEVELOPMENT MOVEMENT (WDM) ; CHRISTIAN AID (UK AND IRELAND) ; JUBILEE DEBT CAMPAIGN ; ; USA ; JUBILEE USA NETWORK ; 50 YEARS IS ENOUGH NETWORK ; TRANSNATIONAL INSTITUTE FOR GRASSROOTS RESEARCH AND ACTION (TIGRA) ; THE OAKLAND INSTITUTE ; AFRICA ACTION ; CONGREGATION JUSTICE COMMITTEE, SISTERS OF THE HOLY CROSS ; MOBILIZATION FOR GLOBAL JUSTICE ; SOUTHWEST WORKERS UNION (SWU), SAN ANTONIO, TEXAS ; THE DEVELOPMENT GAP ; GENDER ACTION ; NETWORK IN SOLIDARITY WITH THE PEOPLE OF GUATEMALA (NISGUA) ; SOCIOLOGISTS WITHOUT BORDERS ; ; ZIMBABWE ; AFRICAN FORUM AND NETWORK ON DEBT AND DEVELOPMENT AFRODAD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru sur le site du CADTM ; URL : &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;flexions sur les Alternatives par les luttes</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Reflexions-sur-les-Alternatives-par-les-luttes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Reflexions-sur-les-Alternatives-par-les-luttes</guid>
		<dc:date>2006-08-30T01:06:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric Toussaint</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Compte-rendu de l'expos&#233; d'Eric Toussaint fait &#224; Li&#232;ge, le 3 mai 2005. Ceci n'est pas un expos&#233; (comme dirait Magritte), ce n'est qu'une &#233;bauche. &lt;br class='autobr' /&gt; Quelle profondeur de l'alternative ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Faut-il chercher un am&#233;nagement du syst&#232;me actuel par un retour aux 30 glorieuses (1945-1975) qui se sont caract&#233;ris&#233;es par une am&#233;lioration tr&#232;s nette des conditions de vie au Nord et dans une certaine mesure &#233;galement au Sud. Cet am&#233;nagement se caract&#233;riserait par un retour &#224; un capitalisme pr&#234;t &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Contre-la-mondialisation-capitaliste-" rel="directory"&gt;Contre la mondialisation capitaliste &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Compte-rendu de l'expos&#233; d'Eric Toussaint fait &#224; Li&#232;ge, le 3 mai 2005. Ceci n'est pas un expos&#233; (comme dirait Magritte), ce n'est qu'une &#233;bauche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quelle profondeur de l'alternative ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il chercher un am&#233;nagement du syst&#232;me actuel par un retour aux 30 glorieuses (1945-1975) qui se sont caract&#233;ris&#233;es par une am&#233;lioration tr&#232;s nette des conditions de vie au Nord et dans une certaine mesure &#233;galement au Sud. Cet am&#233;nagement se caract&#233;riserait par un retour &#224; un capitalisme pr&#234;t &#224; rechercher un certain compromis. Dans l'apr&#232;s-seconde guerre mondiale, au si&#232;cle pass&#233;, il s'agissait du compromis fordiste qui visait &#224; donner du pouvoir d'achat aux travailleurs en &#233;change de la paix sociale. C'&#233;tait l'&#226;ge d'or du (n&#233;o)capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Jeanne, professeur &#224; l'Universit&#233; Libre de Bruxelles est un de ceux qui a l'&#233;poque affirmaient que l'on allait vers la soci&#233;t&#233; des loisirs. Cette question avait fait d&#233;bat. Certains disaient alors que la classe ouvri&#232;re allait dispara&#238;tre du fait de la robotisation et des loisirs. L'histoire a tranch&#233; et leur a donn&#233; tort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;OU bien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Veut-on aller plus loin par un bouleversement profond des rapports entre les &#234;tre humains et entre eux et la nature ? Veut-on aller vers la disparition des diff&#233;rentes formes d'oppression ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On va d&#233;battre de cette seconde forme d'alternative qui implique fondamentalement l'&#233;mancipation sociale, c'est-&#224;-dire de se lib&#233;rer de toutes les formes d'oppression que ce soit pour les victimes, celles qui &#171; subissent &#187; l'oppression ou pour le tr&#232;s grand nombre qui se trouve dans une situation ambivalente en &#233;tant &#224; la fois victime et en exer&#231;ant par ailleurs certaines formes d'oppression sur d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel type d'oppression ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; L'oppression sociale est celle qui appara&#238;t en premier lieu. C'est l'opposition classique capital/travail. Ce n'est pas un slogan comme certains veulent le faire penser mais bien une relation sociale qui est le creuset du syst&#232;me capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Une autre dimension de cette m&#234;me oppression, c'est la domination g&#233;n&#233;ralis&#233;e de la marchandise avec la bataille fondamentale men&#233;e par le capital pour transformer les biens communs en marchandise pour que les rapports marchands s'introduisent dans tous les pores de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; L'oppression patriarcale. M&#234;me avec les progr&#232;s r&#233;alis&#233;s par les luttes f&#233;ministes, la domination reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; L'oppression sexuelle avec la r&#233;pression de certains choix sexuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; L'oppression du Tiers Monde avec le remboursement de la dette et l'&#233;change in&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; L'oppression raciale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; L'oppression de caste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; L'oppression politique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; L'oppression au niveau de l'information&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; L'oppression au niveau de la culture&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; L'oppression/r&#233;pression militaire, polici&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; L'oppression religieuse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; L'oppression g&#233;n&#233;rationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels sont les objectifs qui peuvent guider ou symboliser l'alternative ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx parlait d'une soci&#233;t&#233; constitu&#233;e d'une association libre de producteurs libres. Ces producteurs pouvant exercer toutes sortes de professions diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait s'interroger sur le terme de producteurs et &#233;ventuellement proposer la formule de citoyennes et citoyens &#233;gaux (en r&#233;f&#233;rence &#224; la soci&#233;t&#233; des &#233;gaux qui existait pendant la r&#233;volution fran&#231;aise).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chant L'Internationale est profond&#233;ment libertaire, son texte est marqu&#233; par le rejet de diff&#233;rentes formes de structures qui symbolisent le guide, le sauveur (&#171; Ni Dieu, ni sauveur, ni tribun &#187; : toutes fonctions qui symbolisent la conduction, la direction. &#171; Sauvons nous nous-m&#234;mes. D&#233;cr&#233;tons le salut commun &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du patrimoine commun de l'humanit&#233; devient un th&#232;me central parce qu'on a tellement transform&#233; de choses en marchandises. Il est important d'interdire que certaines &#171; choses &#187; puissent &#234;tre transform&#233;es en marchandises. Dans la nouvelle constitution du Venezuela, toute loi qui viserait &#224; renoncer &#224; l'exercice de la souverainet&#233; sur les ressources naturelles est inconstitutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi poser la question de l'&#233;mancipation individuelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est-&#224;-dire adapter son comportement &#224; une &#233;thique d'&#233;mancipation et faisant tout son possible pour ne pas &#234;tre soi-m&#234;me un vecteur d'oppression en gardant toujours &#224; l'esprit que s'&#233;manciper individuellement est illusoire si la soci&#233;t&#233; continue &#224; &#234;tre bas&#233;e sur l'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'important est donc de combiner l'&#233;mancipation individuelle avec des tentatives collectives d'&#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'&#233;normes tentatives de lib&#233;ration ont eu lieu depuis le d&#233;but de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Spartacus
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Luttes &#233;mancipatrices dans les villes du capitalisme naissant (XIIIe, XIVe si&#232;cles)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tournant manifeste avec le XIXe si&#232;cle et la nouvelle classe sociale repr&#233;sent&#233;e par le prol&#233;tariat moderne dont Marx dit que c'est la seule classe qui n'a rien &#224; perdre que ses cha&#238;nes et qui peut donc avoir int&#233;r&#234;t &#224; dispara&#238;tre en tant que classe.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lors des ann&#233;es soixante, en plein trente glorieuses, ce n'est &#233;videmment plus la m&#234;me classe ouvri&#232;re qu'au XIXe.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Aujourd'hui avec la pr&#233;carisation croissante, on prend conscience de la superficialit&#233; de la s&#233;curit&#233; d'existence des ann&#233;es soixante. La situation des gens qui vivent d'un salaire ou d'une allocation est plus proche de celle des ann&#233;es 30. La classe ouvri&#232;re aujourd'hui n'est plus symbolis&#233;e par des grands rassemblements dans des usines de 1500-2000 travailleurs, mais cela n'emp&#234;che qu'il y un ph&#233;nom&#232;ne de vaste prol&#233;tarisation du salariat. L'ing&#233;nieur aujourd'hui n'a plus le statut d'il y a 40 ans. Son amour-propre tend &#224; s'amenuiser. Avec la massification du salariat, n'y a-il pas moyen de penser l&#224; &#224; un grand mouvement social ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des nouveaux acteurs de l'&#233;mancipation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; indig&#232;nes &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la r&#233;bellion zapatiste du Chiapas, l'acteur a &#233;t&#233; le mouvement indig&#232;ne qui va exprimer un discours universaliste sur l'&#233;mancipation. Selon Marcos, sont zapatistes toutes sortes de personnes opprim&#233;es quel que soit l'endroit o&#249; elles se trouvent. Elles forment un tout qui cherche &#224; s'&#233;manciper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Equateur, en 10 ans, les indiens se d&#233;barrassent de trois pr&#233;sidents. Il s'agit l&#224; v&#233;ritablement d'un renouveau car avant les ann&#233;es 1990, les organisations indig&#232;nes se pr&#233;sentaient comme organisations paysannes, Or, aujourd'hui elles se pr&#233;sentent pour ce qu'elles sont : des organisations indig&#232;nes. L'autoestime et la conscience collectives ont fortement progress&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paysans&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui aurait pu penser il y a 40 ans que les paysans pourraient en venir &#224; constituer un grand mouvement comme V&#237;a Campesina avec 60 &#224; 70 millions de membres ? Qui aurait imagin&#233; en Europe des ann&#233;es 1970 ou 1980 qu'un Jos&#233; Bov&#233; juch&#233; sur son tracteur allait constituer un des symboles de la lutte pour l'alternative au n&#233;olib&#233;ralisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre grand ensemble social est celui compos&#233; par le syndicalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CISL apr&#232;s sa fusion avec la CMT repr&#233;sentera 160 millions de travailleurs. Il est bien s&#251;r difficile de se sentir proche de l'orientation de la direction de la CISL. Si cet &#233;norme mouvement se mettait en route vers le changement et l'&#233;mancipation, cela pourrait ouvrir de nouvelles perspectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de l'&#233;norme mouvement social de la fin 95 en France, les m&#233;dias essayaient d'opposer les salari&#233;s aux autres, ce qui n'a pas march&#233; du tout car les non-salari&#233;s (qui n'ont pas la possibilit&#233; de faire gr&#232;ve) ont soutenu les revendications des salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi de puissants mouvements sociaux qui ne concernent pas que le salariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Marche blanche/Comit&#233;s blancs en Belgique dans les ann&#233;es 1990.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; En Allemagne, de grandes manifestations citoyennes ont lieu tous les lundis en 2004
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; En Italie, les ronda contre Berlusconi en 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut &#233;viter le d&#233;bat que certains pays qui se disaient socialistes voire communistes (Kroutchev) ont tr&#232;s mal tourn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En URSS, les choses ont commenc&#233; &#224; mal tourner avant Staline, m&#234;me si c'est lui et la bureaucratie qu'il dirigeait qui a tout syst&#233;matis&#233;. On peut se poser la question de savoir s'il &#233;tait in&#233;vitable que les caricatures du socialisme dominent en effet. Les grandes transformations prennent des si&#232;cles et ne sont pas seulement le r&#233;sultat d'une r&#233;volution (qui est indispensable).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce qu'il y aura encore de grandes transformations vers des soci&#233;t&#233;s non capitalistes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce qu'aujourd'hui certaines exp&#233;riences telles Cuba et le Venezuela vont d&#233;j&#224; dans cette direction, ou sont-elles des s&#233;quelles ou la r&#233;p&#233;tition des exp&#233;riences pass&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres id&#233;es sont aujourd'hui mises en avant comme celle de changer la soci&#233;t&#233; sans prendre le pouvoir (Holloway, Marcos) car le pouvoir pervertit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#232;me non d&#233;velopp&#233; dans l'expos&#233;, juste mentionn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que le Forum social mondial a &#224; voir l&#224; dedans ? Est-ce une nouvelle forme d'alternative ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non le FSM ne constitue pas pour l'instant une alternative radicale. Il s'agit d'un compromis entre radicaux et mod&#233;r&#233;s dans un cadre o&#249; des positions tr&#232;s diff&#233;rentes cohabitent et r&#233;ussissent &#224; convoquer des initiatives. Le processus lui-m&#234;me cr&#233;dibilise depuis 2001 l'id&#233;e qu'un autre monde est possible ce qui n'est pas rien car 10 ans auparavant dominait l'id&#233;e qu'il n'y avait plus d'alternative (le fameux TINA de Margaret Thatcher : There Is No Alternative et &#171; la fin de l'histoire &#187; de Fukuyama ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e de la transformation radicale est aujourd'hui un processus mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la diff&#233;rence du XIXe si&#232;cle o&#249; elle &#233;tait surtout le fait d'Europ&#233;ens (+ descendants d'Europ&#233;ens en Am&#233;rique du Nord et en Am&#233;rique latine) - avec des exceptions remarquables comme la r&#233;volte des esclaves &#224; Ha&#239;ti au d&#233;but du 19e s.-, elle a trouv&#233; des expressions tr&#232;s fortes et originales dans les pays semi-coloniaux et coloniaux au XXe si&#232;cle avec les r&#233;volutions mexicaine 1910-1917, chinoise, vietnamiennes, cubaines et autres. A partir de la fin des ann&#233;es 1990 et au d&#233;but de ce XXIe si&#232;cle, on vit une mondialisation r&#233;elle du mouvement avec un brassage et une convergence de mouvements de r&#233;forme ou de r&#233;volution qui se trouvent sur un pied d'&#233;galit&#233;. Dans le mouvement altermondialiste, il n'y a pas de structure de commandement, pas de politburo, pas d'ordre venant de Moscou, de Washington ou de P&#233;kin. Le fonctionnement en r&#233;seau tend &#224; s'&#233;tendre et &#224; remplacer un fonctionnement pyramidal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau de la lutte d'&#233;mancipation des femmes : au cours du XVIIIe s (r&#233;volution fran&#231;aise), du XIXe si&#232;cle (La Commune), du XXe s (r&#233;volution russe et espagnole), on a connu l'organisation autonome des femmes comme actrices r&#233;volutionnaires luttant pour l'&#233;mancipation. Mais c'&#233;tait fragment&#233;, il n'y avait pas de mouvement mondial des femmes. &#171; Aujourd'hui &#187;, &#224; partir de l'an 2000, les femmes assurent leur visibilit&#233; dans des grands &#233;v&#233;nements comme la Marche mondiale, qui est un mouvement v&#233;ritablement mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance des grands mouvements&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; des gens sont dans une situation qui ne leur permet pas de faire le lien logique et coh&#233;rent entre leur oppression et le syst&#232;me capitaliste. Tous les changements des deux ou trois derniers si&#232;cles sont le r&#233;sultat de grandes mobilisations au cours de laquelle la conscience fait des bonds qualitatifs. On peut rappeler qu'au Venezuela ce sont de grandes mobilisations qui ont permis de faire lib&#233;rer Ch&#225;vez lors du coup d'Etat du 11 avril 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question des relais politiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme &#171; relais politique &#187;, tr&#232;s souvent utilis&#233;, induit un comportement o&#249; le mouvement d&#233;l&#232;gue &#224; d'autres (les partis ou d'autres structures) la fonction de faire de la politique et d'exercer le pouvoir. Or le d&#233;fi fondamental c'est que l'ensemble des citoyens et citoyennes devienne acteur politique du changement r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
TOUSSAINT Eric&lt;br class='autobr' /&gt;
* CR r&#233;dig&#233; par Virginie de Romanet et revu par Eric Toussaint&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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