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	<title>La Gauche</title>
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		<title>R&#233;solution sur l'offensive imp&#233;rialiste mondiale </title>
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		<dc:subject>Irak</dc:subject>
		<dc:subject>La guerre imp&#233;rialiste</dc:subject>

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&lt;p&gt;Document* &lt;br class='autobr' /&gt;
1. L'offensive men&#233;e &#224; l'&#233;chelle mondiale par l'imp&#233;rialisme &#233;tats-unien et ses alli&#233;s, depuis le 11 septembre 2001, est dans la continuit&#233; des choix strat&#233;giques adopt&#233;s par le syst&#232;me imp&#233;rialiste mondial depuis la fin de l'URSS. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces choix s'inscrivent pleinement, &#224; leur tour, dans la logique pr&#233;dominante de cette phase de l'histoire du capitalisme. Le n&#233;olib&#233;ralisme est fondamentalement une entreprise de d&#233;mant&#232;lement des protections sociales consenties par le capitalisme : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-La-guerre-imperialiste-+" rel="tag"&gt;La guerre imp&#233;rialiste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Document*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'offensive men&#233;e &#224; l'&#233;chelle mondiale par l'imp&#233;rialisme &#233;tats-unien et ses alli&#233;s, depuis le 11 septembre 2001, est dans la continuit&#233; des choix strat&#233;giques adopt&#233;s par le syst&#232;me imp&#233;rialiste mondial depuis la fin de l'URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces choix s'inscrivent pleinement, &#224; leur tour, dans la logique pr&#233;dominante de cette phase de l'histoire du capitalisme. Le n&#233;olib&#233;ralisme est fondamentalement une entreprise de d&#233;mant&#232;lement des protections sociales consenties par le capitalisme : la rupture du &#171; consensus social &#187;, qui avait aliment&#233; le r&#233;formisme dans le mouvement ouvrier, s'accompagne in&#233;vitablement d'un d&#233;clin de ce dernier et d'un renforcement des fonctions r&#233;pressives de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quivalent de cette option &#224; l'&#233;chelle mondiale est, d'une part, une r&#233;duction forte des aides au d&#233;veloppement, s'inscrivant elle-m&#234;me dans l'instrumentalisation de la dette par les puissances imp&#233;rialistes pour imposer les recettes n&#233;olib&#233;rales au reste du monde. C'est, d'autre part, le choix de maintenir les gigantesques dispositifs militaires du temps de la &#171; guerre froide &#187; malgr&#233; la fin de l'URSS. Les choix budg&#233;taires des &#201;tats-Unis sont &#233;loquents &#224; cet &#233;gard : alors que les d&#233;penses militaires de Washington atteignent, avec plus de 500 milliards de dollars, pr&#232;s de 5 % du PIB, et &#233;quivalent &#224; elles seules &#224; la moiti&#233; des d&#233;penses militaires mondiales, l'aide publique &#233;tats-unienne au &#171; d&#233;veloppement &#187; atteint &#224; peine 0,15 % du PIB (contre un objectif minimal scandaleusement bas, fix&#233; &#224; 0,7 % par l'ONU !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre du Golfe de 1991 a soulign&#233; l'importance cruciale du contr&#244;le imp&#233;rialiste sur les ressources p&#233;troli&#232;res mondiales, amplifi&#233;e par le tarissement de ces ressources pr&#233;vu &#224; l'horizon des prochaines d&#233;cennies. En d&#233;montrant le r&#244;le &#171; indispensable &#187; des &#201;tats-Unis dans la garantie du contr&#244;le imp&#233;rialiste sur ces ressources, elle a jou&#233; un r&#244;le d&#233;cisif dans l'incitation des imp&#233;rialismes europ&#233;en et japonais &#224; renouveler leur d&#233;pendance militaire - combin&#233;e avec des rapports complexes de partenariat/concurrence sur le plan &#233;conomique - envers Washington : maintien de l'OTAN, red&#233;finition de ses t&#226;ches vers un interventionnisme &#171; s&#233;curitaire &#187;, expansion de l'organisation vers l'Est europ&#233;en ; renouvellement et revalorisation du trait&#233; de s&#233;curit&#233; nippo-&#233;tats-unien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme &#233;tats-unien, apr&#232;s avoir v&#233;rifi&#233; &#224; quel point sa supr&#233;matie militaire &#233;tait un atout essentiel dans son h&#233;g&#233;monie mondiale (le renforcement de cette supr&#233;matie, sous Reagan, a &#233;t&#233; le facteur d&#233;cisif dans le redressement de l'h&#233;g&#233;monie apr&#232;s des ann&#233;es de d&#233;clin), a saisi l'occasion offerte par l'&#233;croulement de l'URSS afin de compl&#233;ter son r&#233;seau militaire plan&#233;taire. Le retour massif des troupes am&#233;ricaines dans la zone du Golfe arabo-persique d&#232;s 1990 a &#233;t&#233; suivi de l'expansion de l'OTAN &#224; la Pologne, la Hongrie et la R&#233;publique tch&#232;que (1999), puis aux trois R&#233;publiques baltes de l'ex-URSS, ainsi qu'&#224; la Bulgarie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slov&#233;nie (2004). Cette expansion est destin&#233;e &#224; se poursuivre et s'accompagne d&#233;j&#224; de liens multiples avec d'autres pays de ces r&#233;gions, dont l'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intervention de l'OTAN dans les conflits de l'ex-Yougoslavie &#224; partir de 1994, culminant dans la guerre du Kosovo en 1999, a &#233;t&#233; une premi&#232;re occasion d'engager l'OTAN dans des interventions militaires, suivie d'un contr&#244;le de territoire. Elle a contribu&#233; &#224; consacrer la nouvelle h&#233;g&#233;monie des &#201;tats-Unis en Europe centrale et orientale. Cette premi&#232;re intervention fut suivie de l'intervention de l'OTAN en Afghanistan. Au Kosovo et en Afghanistan, les &#201;tats-Unis ont d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; l'OTAN, organisation suppl&#233;tive, des missions de contr&#244;le qui ne sont pas vitales pour leurs propres int&#233;r&#234;ts, tout en se r&#233;servant le contr&#244;le direct unilat&#233;ral de celles qu'ils jugent vitales, comme c'est le cas pour les op&#233;rations dans la r&#233;gion du Golfe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Les attentats du 11 septembre 2001 ont fourni l'occasion et le pr&#233;texte id&#233;ologique - la &#171; guerre contre le terrorisme &#187; - pour une &#233;tape majeure dans l'extension du r&#233;seau militaire imp&#233;rialiste aux r&#233;gions strat&#233;giques dont il &#233;tait jusque-l&#224; absent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intervention militaire en Afghanistan ne visait pas seulement &#224; renverser le r&#233;gime des talibans et d&#233;truire le r&#233;seau Al-Qaida. Elle visait surtout &#224; &#233;tablir une pr&#233;sence militaire &#233;tats-unienne directe permanente, allant des &#171; conseillers &#187; aux bases et facilit&#233;s, dans la r&#233;gion hautement strat&#233;gique qui va du Caucase aux confins de la Chine : en Afghanistan m&#234;me, mais aussi en G&#233;orgie et en Azerba&#239;djan, ainsi que dans plusieurs r&#233;publiques ex-sovi&#233;tiques d'Asie centrale (Ouzb&#233;kistan et Kirghizstan, notamment). La zone du bassin de la Caspienne et de l'Asie centrale n'est pas seulement riche en hydrocarbures (gaz et p&#233;trole) ; elle est surtout d'un int&#233;r&#234;t strat&#233;gique majeur, situ&#233;e au c&#339;ur de la masse continentale qui relie la Russie d'Europe &#224; la Chine. Ces deux derniers &#201;tats sont consid&#233;r&#233;s &#224; Washington comme les principaux rivaux potentiels de l'h&#233;g&#233;monie mondiale &#233;tats-unienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'occupation de l'Irak a &#233;t&#233;, depuis 1990, un projet majeur de l'expansion imp&#233;rialiste am&#233;ricaine. Combin&#233;e avec la tutelle &#233;tats-unienne sur le Royaume saoudien, ainsi que sur les autres autocraties p&#233;troli&#232;res du Golfe, elle place Washington en position de contr&#244;le direct de pr&#232;s de la moiti&#233; des r&#233;serves mondiales de p&#233;trole. Ce projet avait &#233;t&#233; diff&#233;r&#233; pour des raisons politiques, celles-l&#224; m&#234;mes qui avaient emp&#234;ch&#233; Bush I de poursuivre l'invasion du pays jusqu'&#224; Bagdad. L'administration Bush II dut recourir &#224; des mensonges, aujourd'hui publiquement av&#233;r&#233;s, afin de justifier politiquement son invasion au nom de la &#171; guerre contre le terrorisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Les guerres d'Afghanistan et d'Irak illustrent &#224; la fois la force de l'imp&#233;rialisme &#233;tats-unien - et donc de l'ensemble du syst&#232;me imp&#233;rialiste mondial, dont il est de tr&#232;s loin le principal bras arm&#233; - et ses limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la fin de la guerre du Vietnam, le Pentagone a r&#233;orient&#233; sa strat&#233;gie vers une guerre &#224; plus grande &#171; intensit&#233; en capital &#187;, en misant sur la technologie militaire, domaine de sup&#233;riorit&#233; &#233;crasante des &#201;tats-Unis, au d&#233;triment des ressources humaines. Le Vietnam a convaincu Washington - tant par la d&#233;moralisation des troupes, en partie enr&#244;l&#233;es par conscription, qui refl&#233;tait l'ampleur croissante du mouvement antiguerre aux &#201;tats-Unis, que par l'impact des pertes en soldats am&#233;ricains sur cette m&#234;me d&#233;moralisation et sur le mouvement - de minimiser le recours aux troupes. Il s'en est suivi une professionnalisation des arm&#233;es qui s'est &#233;tendue &#224; plusieurs pays imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun &#201;tat au monde n'est capable de faire face &#224; la puissance de feu &#233;tats-unienne en se limitant aux armes et moyens dits conventionnels. La facilit&#233; dont les &#201;tats-Unis sont venus &#224; bout de leurs cibles depuis 1991 l'a amplement d&#233;montr&#233;. En outre, l'&#233;cart entre leurs moyens militaires et ceux du reste du monde ne cesse de se creuser en raison de leur budget militaire in&#233;galable. Toutefois, le nombre relativement r&#233;duit des effectifs des forces arm&#233;es &#233;tats-uniennes pose une premi&#232;re limite majeure &#224; leur puissance : le fait que le Pentagone soit oblig&#233; de concentrer pr&#232;s de 150 000 soldats en Iraq et d'immobiliser &#224; cet effet des effectifs bien plus consid&#233;rables &#173;- notamment des forces r&#233;servistes de plus en plus r&#233;calcitrantes - en plus de ceux qui sont d&#233;j&#224; d&#233;ploy&#233;s ailleurs &#224; l'&#233;tranger, se traduit par une situation o&#249; Washington est dangereusement proche de la &#171; surextension &#187; et o&#249; sa facult&#233; de dissuader d'autres &#201;tats, comme l'Iran, s'en trouve fortement r&#233;duite. &#192; cette limite humaine, s'ajoute une limite &#233;conomique repr&#233;sent&#233;e par la tension de plus en plus forte que suscite un d&#233;ficit f&#233;d&#233;ral croissant vertigineusement, m&#234;me si Washington dispose encore &#224; cet &#233;gard d'une marge importante de man&#339;uvre (notamment parce que le d&#233;ficit est d&#251; en grande partie &#224; la r&#233;duction des imp&#244;ts).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde limite &#224; la puissance militaire des &#201;tats-Unis, qui d&#233;coule de la haute &#171; intensit&#233; en capital &#187; de leurs forces arm&#233;es, est illustr&#233;e par les deux cas de l'Afghanistan et de l'Irak. La puissance technologique, qui peut &#233;craser toute autre arm&#233;e conventionnelle, ne suffit pas &#224; subjuguer une population. Pour cela, il faut des effectifs, et Washington, qui a pourtant choisi de concentrer prioritairement ses efforts en Iraq, ne parvient pas &#224; contr&#244;ler ce pays, tandis que l'Afghanistan est livr&#233; &#224; des seigneurs de guerre et narco-trafiquants incontr&#244;lables, le r&#233;gime fantoche de Hamid Karza&#239; n'exer&#231;ant qu'un pouvoir r&#233;el tr&#232;s limit&#233; au-del&#224; du p&#233;rim&#232;tre de la capitale Kaboul et de deux ou trois autres villes. Les &#201;tats-Unis sont encore moins en mesure aujourd'hui de contr&#244;ler une population hostile dans un pays de taille moyenne qu'ils ne l'&#233;taient au moment du Vietnam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Le &#171; syndrome vietnamien &#187;, qui a emp&#234;ch&#233; les &#201;tats-Unis d'intervenir militairement &#224; l'&#233;tranger de fa&#231;on un tant soit peu massive pendant plus de quinze ans, a pu &#234;tre d&#233;pass&#233; en partie par une combinaison de facteurs id&#233;ologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, l'effondrement du syst&#232;me stalinien &#224; l'Est de l'Europe et l'adh&#233;sion g&#233;n&#233;rale des &#201;tats &#171; post-communistes &#187; &#224; l'&#233;conomie de march&#233; d&#233;brid&#233;e, dont les &#201;tats-Unis &#233;taient et restent les champions, ont fourni un &#233;norme regain de pouvoir id&#233;ologique et de l&#233;gitimit&#233; au capitalisme mondial et &#224; son &#201;tat h&#233;g&#233;monique au d&#233;but des ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, ce m&#234;me effondrement du syst&#232;me stalinien a contribu&#233; &#224; la d&#233;b&#226;cle politique et/ou id&#233;ologique de pans entiers et majeurs de la gauche mondiale, lib&#233;rant dans plusieurs pays et r&#233;gions du monde un espace de contestation que des forces r&#233;actionnaires politiques ou religieuses ont pu occuper. Lorsque la contestation de l'h&#233;g&#233;monie imp&#233;rialiste est le fait de forces de cette nature, elle rencontre beaucoup moins de sympathie au sein des populations des pays imp&#233;rialistes, r&#233;duisant du m&#234;me coup la possibilit&#233; de b&#226;tir un puissant mouvement antiguerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, Washington, qui reste oblig&#233; de tenir compte de la persistance partielle du &#171; syndrome vietnamien &#187;, s'est attaqu&#233;, depuis 1989, &#224; des cibles d&#233;testables aux yeux des opinions publiques occidentales, accordant ainsi une dose de cr&#233;dibilit&#233; &#224; ses pr&#233;tentions &#171; humanitaires &#187; ou &#171; d&#233;mocratiques &#187;. De Noriega (Panama, 1989) aux talibans et Al-Qaida (2001), en passant par Saddam Hussein (1990-91), les forces serbes de Bosnie (1994-95) ou Milosevic (1999), les cibles des &#201;tats-Unis et de leurs alli&#233;s appartenaient toutes &#224; la cat&#233;gorie d&#233;finie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Cette situation a chang&#233; avec la guerre d'invasion de l'Irak. De toutes les guerres imp&#233;rialistes des quinze derni&#232;res ann&#233;es, cette derni&#232;re &#233;tait incontestablement la moins l&#233;gitime aux yeux de l'opinion publique mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cible &#233;tait encore une fois d&#233;testable, mais le r&#233;gime de Saddam Hussein avait d&#233;j&#224; fait l'objet d'une agression imp&#233;rialiste en 1991 et l'Irak &#233;tait soumis &#224; des bombardements r&#233;p&#233;t&#233;s et &#224; un embargo aux cons&#233;quences g&#233;nocidaires depuis cette date. Aucun &#233;l&#233;ment nouveau ne permettait &#224; Washington de justifier l'invasion du pays. Ces &#233;l&#233;ments, Washington dut les inventer, recourant &#224; des mensonges aussi gros que celui des &#171; armes de destruction massive &#187; d&#233;tenues par l'Irak (alors que Bagdad avait accept&#233; de laisser toute latitude aux inspections de l'ONU) ou celui de liens pr&#233;tendus entre Al-Qaida et le r&#233;gime baassiste. Ces arguments &#233;taient d'autant moins convaincants que l'enjeu r&#233;el, p&#233;trolier, de l'occupation de l'Irak pour Washington &#233;tait d'une &#233;vidence &#233;clatante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faiblesse de ces pr&#233;textes a &#233;t&#233; aggrav&#233;e par les dissensions entre les puissances imp&#233;rialistes elles-m&#234;mes. (L'opposition de la Russie et de la Chine seules n'aurait pas pes&#233; lourd du point de vue de la l&#233;gitimation id&#233;ologique, du fait du faible cr&#233;dit de Moscou et de P&#233;kin sous cet angle, comme le pr&#233;c&#233;dent de la guerre du Kosovo l'avait illustr&#233;.) L'opposition de la France et de l'Allemagne &#224; l'invasion de l'Irak a contribu&#233; &#224; saper la l&#233;gitimit&#233; de cette derni&#232;re guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Paris, partenaire et fournisseur privil&#233;gi&#233; du r&#233;gime de Saddam Hussein (comme Moscou, du reste), la perspective d'une mainmise &#233;tats-unienne sur l'Irak repr&#233;sentait une perte consid&#233;rable pour les int&#233;r&#234;ts du capital et de l'&#201;tat fran&#231;ais. Pour le gouvernement Schr&#246;der-Fischer de Berlin, ce sont des int&#233;r&#234;ts &#233;lectoraux qui ont prim&#233; : le refus de l'invasion de l'Irak, particuli&#232;rement impopulaire en Allemagne, par le chancelier Schr&#246;der a contribu&#233; &#224; sa r&#233;&#233;lection, apr&#232;s qu'il ait &#233;t&#233; donn&#233; largement perdant en raison de l'impopularit&#233; de sa politique social-lib&#233;rale. Les deux &#201;tats ont cependant facilit&#233; l'agression contre l'Irak - l'Allemagne en permettant l'usage sans restriction des infrastructures &#233;tats-uniennes sur son territoire, la France en ouvrant son espace a&#233;rien - et ont souhait&#233; son succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces faits montrent la limite actuelle de l'autonomie militaire des imp&#233;rialismes subalternes vis-&#224;-vis de l'imp&#233;rialisme &#233;tats-unien, au moment o&#249; le trait&#233; constitutionnel europ&#233;en ach&#232;ve d'ancrer l'Union europ&#233;enne dans l'OTAN. La contestation de l'h&#233;g&#233;monie &#233;tats-unienne par les imp&#233;rialismes alli&#233;s ne va pas au-del&#224; d'une demande de prise en compte plus grande de leurs propres int&#233;r&#234;ts dans la gestion militaro-politique du syst&#232;me imp&#233;rialiste mondial, surtout face &#224; une administration Bush qui est all&#233;e tr&#232;s loin dans l'arrogance et l'unilat&#233;ralisme. Il ne s'agit nullement d'une remise en cause du partenariat avec Washington et de son r&#244;le de principal bras arm&#233; du capitalisme mondial, qu'aucun &#201;tat ne saurait pr&#233;tendre suppl&#233;er.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Les handicaps id&#233;ologiques et politiques de Washington, de Londres et de leurs alli&#233;s ont permis que se d&#233;ploie un mouvement antiguerre d'une ampleur consid&#233;rable, qui, &#224; son apog&#233;e le 15 f&#233;vrier 2003, a atteint un degr&#233; de mobilisation synchronis&#233;e &#224; l'&#233;chelle mondiale sans pr&#233;c&#233;dent historique. Mais ce mouvement n'a pas &#233;t&#233; assez puisant pour emp&#234;cher l'invasion de l'Irak, ni pour contraindre les forces d'occupation &#224; &#233;vacuer le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis m&#234;mes, le mouvement antiguerre a r&#233;ussi une perc&#233;e rendue tr&#232;s difficile par le climat id&#233;ologique cr&#233;&#233; par le 11 septembre 2001 et la quasi-unanimit&#233; de la classe dirigeante am&#233;ricaine. Dans ce contexte, l'ampleur des manifestations &#224; New York et dans d'autres villes &#233;tats-uniennes le 15 f&#233;vrier 2003 &#233;tait tout &#224; fait remarquable. Mais si le mouvement a &#233;t&#233;, et est encore bien plus important qu'il ne l'&#233;tait dans la premi&#232;re phase de la guerre du Vietnam, il n'est pas encore suffisamment fort pour contraindre le pouvoir au recul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, le mouvement antiguerre mondial, mobilis&#233; &#224; juste titre pour tenter d'emp&#234;cher l'agression (ce qui &#233;tait tr&#232;s difficile vu les d&#233;lais), ne s'est pas assez plac&#233; dans la perspective d'une opposition de longue haleine &#224; une occupation prolong&#233;e, qui &#233;tait, de toute &#233;vidence, l'objectif de Washington. Apr&#232;s le point culminant du 15 f&#233;vrier 2003, les mobilisations se sont poursuivies dans des cadres nationaux ou autour d'&#233;ch&#233;ances et de campagnes internationales. Mais le tout est rest&#233; tr&#232;s en-de&#231;&#224; du niveau atteint avant l'invasion. Cet affaiblissement a &#233;t&#233; aggrav&#233; aux &#201;tats-Unis par des illusions &#233;lectoralistes que rien pourtant ne justifiait au vu de l'accord fondamental entre les deux principaux candidats rest&#233;s en lice sur la question de l'occupation de l'Irak. Cette situation d'ensemble a grandement facilit&#233; la r&#233;&#233;lection de Georges W. Bush, une victoire interpr&#233;t&#233;e par celui-ci comme une approbation de sa politique imp&#233;rialiste agressive lui donnant les coud&#233;es plus franches pour la poursuite, voire l'aggravation de cette politique, comme l'indique le remaniement de son &#233;quipe ex&#233;cutive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se sentant disposer d'une marge de manoeuvre plus grande encore, l'administration Bush a amplifi&#233; sa politique agressive et ses menaces, non seulement au Moyen-Orient, mais aussi en Am&#233;rique latine o&#249; Cuba et le Venezuela sont dans sa ligne de mire, en sus de l'intervention militaire des &#201;tats-Unis en Colombie, ou en Asie orientale, notamment contre la Cor&#233;e du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Une cause majeure de l'affaiblissement du mouvement antiguerre a r&#233;sid&#233; dans la r&#233;cup&#233;ration d'un degr&#233; de cr&#233;dibilit&#233; id&#233;ologique par Washington et Londres dans la premi&#232;re phase de l'occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absence d'hostilit&#233; de la population irakienne envers les occupants, dans un premier temps, suite au renversement de la dictature baassiste - m&#234;me si elle fut tr&#232;s loin de l'accueil enthousiaste annonc&#233; par Washington et Londres - ne manqua pas de d&#233;sarmer id&#233;ologiquement le mouvement antiguerre. En outre, les forces d'occupation pouvaient encore faire croire qu'elles &#233;taient sur la piste des &#171; armes de destruction massive &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet avantage commen&#231;a &#224; se dissiper, avec une mont&#233;e irr&#233;sistible de l'hostilit&#233; aux occupants, consid&#233;rablement aggrav&#233;e par leur comportement et les erreurs majeures commises par l'administration Bush et son proconsul dans la gestion du pays, tandis que le pr&#233;texte des &#171; armes de destruction massives &#187; se r&#233;v&#233;lait au grand jour &#234;tre purement mensonger. L'administration Bush put alors, cependant, exploiter le caract&#232;re d&#233;testable d'une partie - la plus spectaculaire, et la plus m&#233;diatis&#233;e, d&#233;lib&#233;r&#233;ment - de la &#171; r&#233;sistance &#187; &#224; l'occupation, renouant avec une raison majeure de la faiblesse du mouvement antiguerre face aux exp&#233;ditions pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance continue des op&#233;rations arm&#233;es contre les forces occupantes, quelques mois apr&#232;s le d&#233;but de l'occupation, &#233;tait le fait de deux tendances qu'il est important de distinguer. D'une part, des actions, majoritairement locales et souvent m&#234;me individuelles, contre les troupes d'occupation en r&#233;ponse &#224; leur arrogance et &#224; leur brutalit&#233; qui a atteint un sommet avec les deux vagues d'agression contre la ville martyre de Falloujah en 2004. D'autre part, l'action de r&#233;seaux organis&#233;s, dont les mieux dot&#233;s appartiennent &#224; deux cat&#233;gories : des restes des services baassistes, r&#233;organis&#233;s apr&#232;s la d&#233;b&#226;cle du r&#233;gime, et disposant de ressources financi&#232;res et militaires consid&#233;rables, et des r&#233;seaux int&#233;gristes sunnites du type le plus fanatique, &#224; la mani&#232;re d'Al-Qaida, dont une partie est d'origine extra-irakienne et qui pr&#233;existaient &#224; la chute du r&#233;gime baassiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant les actions arm&#233;es contre les occupants sont des actes de r&#233;sistance nationale tout &#224; fait l&#233;gitimes, autant les r&#233;seaux des deux cat&#233;gories mentionn&#233;es m&#234;lent &#224; des actes l&#233;gitimes contre les occupants des actes de nature profond&#233;ment r&#233;actionnaire orient&#233;s contre d'autres fractions de la population irakienne sur une base quasi-raciste - confessionnelle anti-chi'ite, ethnique anti-kurde - ou x&#233;nophobe se traduisant par le massacre atroce d'&#233;trangers sans responsabilit&#233; aucune dans l'occupation, y compris des travailleurs immigr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La distinction entre ces deux types d'action, et la condamnation claire des actions du second type, sont une condition indispensable &#224; une relance massive du mouvement antiguerre. Celui-ci a clairement expliqu&#233; sa condamnation de Saddam Hussein en 1991 comme en 2003, de Milosevic en 1999, des talibans et d'Ossama ben Laden en 2001, tout en expliquant que le caract&#232;re d&#233;testable de ces forces ne justifiait en aucune fa&#231;on les exp&#233;ditions imp&#233;rialistes, bien plus meurtri&#232;res encore. Il est tout aussi indispensable en Irak de se d&#233;marquer clairement des actes r&#233;actionnaires, tout en expliquant que la barbarie des forces r&#233;actionnaires est mineure en comparaison de la barbarie majeure de l'imp&#233;rialisme &#233;tats-unien, tragiquement illustr&#233;e par Guantanamo, Abou-Ghraib et Falloujah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, la position des anti-imp&#233;rialistes radicaux de d&#233;fense du droit du peuple irakien &#224; r&#233;sister &#224; l'occupation par tous les moyens l&#233;gitimes, y compris la lutte arm&#233;e, doit &#234;tre distingu&#233;e de la plate-forme autour de laquelle le mouvement antiguerre le plus large doit &#234;tre organis&#233; dans les pays imp&#233;rialistes. Celle-ci doit se concentrer sur le retrait d'Irak des troupes &#233;tats-uniennes et alli&#233;es, et ne saurait inclure un soutien &#224; la r&#233;sistance irakienne, m&#234;me avec les distinctions n&#233;cessaires, qui ne peut que restreindre les possibilit&#233;s de mobilisation. Elle peut inclure, par contre, selon les circonstances propres &#224; chaque pays et &#224; chaque &#233;tape de la mobilisation, l'opposition &#224; l'occupation isra&#233;lienne en Palestine, tant les deux occupations appartiennent &#224; un m&#234;me champ politique. Cette derni&#232;re opposition a m&#234;me &#233;t&#233; jusqu'ici un levier important de la mobilisation contre l'occupation de l'Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Les actions arm&#233;es ne sont qu'une des voies choisies par le peuple irakien dans sa r&#233;sistance contre l'occupation de l'Irak. La lutte politique en est une autre, majoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;sistance arm&#233;e &#224; l'occupation est surtout le fait de membres de la minorit&#233; arabe sunnite, dont une partie se consid&#233;rait comme privil&#233;gi&#233;e sous le r&#233;gime de Saddam Hussein. Toutefois, m&#234;me dans la communaut&#233; arabe sunnite, l'opinion majoritaire - repr&#233;sent&#233;e par des groupements comme l'Association des ul&#233;mas musulmans - fait une distinction claire entre actions l&#233;gitimes de r&#233;sistance et ce qu'elle appelle &#171; terrorisme &#187;. Le soutien largement majoritaire &#224; la r&#233;sistance arm&#233;e l&#233;gitime se combine avec le choix tout aussi majoritaire de la lutte politique contre l'occupation, les deux formes de lutte &#233;tant con&#231;ues comme compl&#233;mentaires. Pour des raisons &#233;videntes, l'autre minorit&#233; importante du pays - les Kurdes (majoritairement sunnites) qui ont &#233;t&#233; historiquement opprim&#233;s par les gouvernements irakiens successifs avant de pouvoir jouir d'une autonomie de facto sous protection &#233;tats-unienne depuis 1991 - ne s'est pas jointe &#224; la lutte contre l'occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la majorit&#233; arabe chi'ite du pays, le choix dominant est celui d'une lutte politique contre l'occupation. Ce choix est m&#234;me partag&#233; par la frange la plus radicale du mouvement religieux musulman chi'ite dans son opposition &#224; l'occupation, le courant int&#233;griste dirig&#233; par Muqtada al-Sadr, qui s'est limit&#233; &#224; une combinaison de lutte politique et d'autod&#233;fense arm&#233;e sans recourir aux attentats. Le courant majoritaire du chi'isme irakien dirig&#233; par l'ayatollah Sistani - chef religieux traditionaliste, repr&#233;sentant du courant majoritaire du clerg&#233; chi'ite irakien d&#233;sireux d'exercer sa tutelle sur le pouvoir politique sans s'en emparer directement - a privil&#233;gi&#233; depuis le d&#233;but de l'occupation la lutte politique comme voie vers l'instauration de la r&#232;gle majoritaire dans le pays - et, par cons&#233;quent, l'acc&#232;s des chi'ites, pour la premi&#232;re fois de leur histoire, &#224; un r&#244;le d&#233;cisif dans la d&#233;termination du sort de l'Irak - comme &#233;tape vers l'&#233;vacuation des troupes &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re phase de cette lutte politique s'est traduite par un bras de fer entre l'ayatollah et le proconsul &#233;tats-unien, Paul Bremer, sur la question de la proc&#233;dure constitutionnelle. Cet affrontement, dans lequel Bremer voulait imposer une proc&#233;dure fond&#233;e sur la d&#233;signation par l'occupant des constituants tandis que l'ayatollah exigeait qu'ils soient &#233;lus d&#233;mocratiquement, constitue la meilleure r&#233;futation des pr&#233;tentions hypocrites de Washington selon lesquelles les &#201;tats-Unis sont engag&#233;s dans une mission de &#171; d&#233;mocratisation &#187; de la r&#233;gion. L'affrontement s'est sold&#233; par une victoire de l'ayatollah et la fixation, apr&#232;s m&#233;diation onusienne, de la date du 30 janvier 2005 pour des &#233;lections g&#233;n&#233;rales. Devant l'escalade de la menace terroriste contre la participation aux &#233;lections dans les r&#233;gions sunnites et la perspective d'une tr&#232;s faible participation dans ces r&#233;gions en cons&#233;quence, les forces politiques majeures de la communaut&#233; sunnite ont appel&#233; au boycott des &#233;lections, de fa&#231;on &#224; ne pas ent&#233;riner une sous-repr&#233;sentation in&#233;luctable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de 60 % des Irakiens en droit de voter (les listes retenues &#233;tant celles du rationnement sous l'embargo, donc la totalit&#233; de la population) sont all&#233;s aux urnes dans des conditions extr&#234;mement difficiles dans les parties arabes de l'Irak. La liste du fantoche Allaoui, fortement soutenue par Washington, a subi un &#233;chec cuisant n'atteignant m&#234;me pas 15 % des voix exprim&#233;es. La majorit&#233; des si&#232;ges de l'Assembl&#233;e constituante a &#233;chu &#224; la coalition &#233;lectorale parrain&#233;e par l'ayatollah Sistani et dont les principales forces organis&#233;es sont des courants int&#233;gristes alli&#233;s &#224; l'Iran. Toutefois, le gouvernement du pays repose sur une r&#232;gle des deux tiers &#224; l'Assembl&#233;e qui impose des compromis entre fractions. En outre, il y a unanimit&#233; des fractions &#233;lues sur la n&#233;cessit&#233; d'associer des dirigeants de la communaut&#233; sunnite largement sous-repr&#233;sent&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tr&#232;s grande majorit&#233; des listes arabes aux &#233;lections, y compris la coalition majoritaire, avaient inclus dans leur programme le retrait des troupes d'occupation. Toutefois, les courants dominants tablent sur un retrait &#224; moyen terme qui leur permettrait de b&#226;tir et consolider un appareil d'&#201;tat sous leur contr&#244;le, de mani&#232;re &#224; &#233;viter le chaos apr&#232;s le retrait des occupants. Ce calcul est d'une grande myopie, lorsqu'il est sinc&#232;re (ce qui n'est pas toujours le cas : ainsi, lorsque la liste du Premier ministre fantoche Allaoui parle de retrait des troupes, son hypocrisie est &#233;vidente).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de l'occupation depuis le printemps 2003 montre que sa pr&#233;sence m&#234;me alimente le chaos dans le pays, et la mont&#233;e aux extr&#234;mes des groupes terroristes les plus fanatiques. En outre, l'occupation pratique d&#233;j&#224; aujourd'hui, et peut pratiquer encore plus demain, une strat&#233;gie de la tension, ax&#233;e notamment sur les clivages confessionnels ou ethniques, afin de &#171; diviser pour r&#233;gner &#187;. Par ailleurs, les d&#233;clarations se sont multipli&#233;es &#224; Washington, depuis le d&#233;but de l'occupation, sur le refus par Washington de voir s'instaurer en Irak un r&#233;gime &#171; &#224; l'iranienne &#187; - d&#233;clarations d'une arrogance toute coloniale. Elles sont &#224; mettre en rapport avec l'escalade des menaces belliqueuses de Washington contre T&#233;h&#233;ran et contre &#171; l'axe du mal &#187; r&#233;gional qui irait du Hezbollah libanais &#224; l'Iran, en passant par le r&#233;gime syrien. L'av&#232;nement en Irak d'un pouvoir alli&#233; &#224; l'Iran serait &#224; cet &#233;gard une v&#233;ritable catastrophe pour Washington qui fera tout pour emp&#234;cher ce sc&#233;nario : d'abord, tenter de briser la coalition majoritaire, puis emp&#234;cher l'acc&#232;s aux minist&#232;res &#8220;sensibles&#8221; (int&#233;rieur, d&#233;fense, p&#233;trole) des courants alli&#233;s &#224; l'Iran, et enfin l'attisement des tensions confessionnelles et ethniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces consid&#233;rations font que, quelle que soit l'attitude qu'adoptera le gouvernement irakien issu des &#233;lections, le mouvement antiguerre mondial doit continuer &#224; exiger, plus &#233;nergiquement encore, le retrait imm&#233;diat des troupes d'occupation d'Irak. L'argument selon lequel l'alternative &#224; l'occupation serait le chaos est encore plus faible aujourd'hui qu'hier du fait de l'&#233;mergence d'une Assembl&#233;e &#233;lue dans le pays. La reconstruction d'un &#201;tat irakien sera d'autant plus facile qu'il sera pleinement souverain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Les mots d'ordre &#224; d&#233;fendre au sein du mouvement antiguerre au sujet de l'Irak doivent &#234;tre les suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Retrait imm&#233;diat, total et inconditionnel des troupes d'occupation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Droit du peuple irakien &#224; d&#233;terminer librement et souverainement son avenir politique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Droit du peuple kurde &#224; l'autod&#233;termination !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les perspectives objectives ne cessent de s'am&#233;liorer pour le mouvement antiguerre comme en t&#233;moigne l'effritement de la &#8220;coalition volontaire&#8221; des forces d'occupation de l'Irak, dont de plus en plus de membres retirent leurs troupes, et la mont&#233;e continue des partisans du retrait dans les sondages d'opinion, y compris aux &#201;tats-Unis m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sections de la IVe Internationale s'investiront r&#233;solument dans la mobilisation pour la journ&#233;e internationale de manifestations contre l'occupation de l'Irak du 19 mars 2005. Elles plaideront pour la fixation d'un calendrier pour la mobilisation mondiale antiguerre, de fa&#231;on &#224; placer celle-ci dans une perspective de longue haleine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 f&#233;vrier 2005&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;* R&#233;solution adopt&#233;e &#224; l'unanimit&#233; par Comit&#233; International de la IVe Internationale lors de sa session de f&#233;vrier-mars 2005, apr&#232;s d&#233;bat et int&#233;gration d'amendements.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>R&#233;solution sur la situation br&#233;silienne</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Resolution-sur-la-situation-bresilienne</link>
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		<dc:date>2005-04-11T00:37:08Z</dc:date>
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		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Quatri&#232;me Internationale</dc:subject>

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&lt;p&gt;Document* &lt;br class='autobr' /&gt;
1. L'exp&#233;rience des deux ann&#233;es du gouvernement Lula confirme clairement la nature, l'orientation et la politique men&#233;e par ce gouvernement. Il s'agit d'un gouvernement de coalition avec des repr&#233;sentants du capital, d&#233;pendant de la droite parlementaire. Il s'agit d'un gouvernement menant une politique &#233;conomique et financi&#232;re n&#233;olib&#233;rale et donc incapable de r&#233;pondre aux probl&#232;mes essentiels de la pauvret&#233; et de l'exclusion sociale au Br&#233;sil et de confrontation avec (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-comite-international-2005-" rel="directory"&gt;comit&#233; international 2005&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Bresil-24-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quatrieme-Internationale-149-+" rel="tag"&gt;Quatri&#232;me Internationale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Document*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'exp&#233;rience des deux ann&#233;es du gouvernement Lula confirme clairement la nature, l'orientation et la politique men&#233;e par ce gouvernement. Il s'agit d'un gouvernement de coalition avec des repr&#233;sentants du capital, d&#233;pendant de la droite parlementaire. Il s'agit d'un gouvernement menant une politique &#233;conomique et financi&#232;re n&#233;olib&#233;rale et donc incapable de r&#233;pondre aux probl&#232;mes essentiels de la pauvret&#233; et de l'exclusion sociale au Br&#233;sil et de confrontation avec l'imp&#233;rialisme. Ces deux ann&#233;es montrent aussi que la dynamique interne de sa politique ne peut &#234;tre modifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Les principales mesures &#233;conomiques et sociales du gouvernement s'inscrivent dans le cadre fix&#233; par les march&#233;s financiers et les institutions internationales, ainsi que leurs alli&#233;s du capital financier br&#233;silien : augmentation de l'exc&#233;dent budg&#233;taire pour rembourser la dette publique et augmentation des taux d'int&#233;r&#234;t, limites des programmes sociaux, objectifs non r&#233;alis&#233;s de la r&#233;forme agraire, refus d'augmentation du salaire minimum &#224; un niveau d&#233;cent, remise en cause des retraites des fonctionnaires publics, contre-r&#233;forme universitaire pr&#233;parant une privatisation, contre-r&#233;forme de l'organisation syndicale qui renforce la bureaucratie syndicale et ouvre la voie &#224; des r&#233;ductions des droits des travailleurs, perspective d'une contre-r&#233;forme du droit du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Dans ces conditions, une politique de satisfaction des revendications et des exigences des classes populaires : augmentation des salaires, cr&#233;ation de millions d'emplois, d&#233;fense des services publics, ample r&#233;forme agraire, politique budg&#233;taire et fiscale tourn&#233;e vers les priorit&#233;s sociales et non les march&#233;s financiers, s'oppose &#224; la politique du gouvernement Lula.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. &#201;tant donn&#233; l'orientation g&#233;n&#233;rale du gouvernement, les ministres de gauche deviennent de simples cautions ou otages d'une politique g&#233;n&#233;rale qui n'est pas la leur. Ces deux ann&#233;es d'exp&#233;rience montrent bien que la construction d'un bloc socio-politique des travailleurs et travailleuses antilib&#233;ral et anticapitaliste est contradictoire au soutien et &#224; la participation au gouvernement actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Depuis la formation du gouvernement Lula il y a eu dans l'Internationale des r&#233;serves, des doutes ou d&#233;saccords par rapport &#224; la participation de la Tendance D&#233;mocratie socialiste (1) au gouvernement et aux modalit&#233;s de cette participation (r&#244;le dans les mouvements sociaux). N&#233;anmoins, une fois la d&#233;cision prise par la DS, et tenant compte des arguments avanc&#233;s par la majorit&#233; des camarades br&#233;siliens, l'Internationale avait d&#233;cid&#233;, au d&#233;but du processus, de ne pas voter de r&#233;solution et d'accompagner l'exp&#233;rience. Au dernier CI (f&#233;vrier 2004), elle a ouvert un processus de discussion (avec un Bulletin de discussion international) sur la situation politique br&#233;silienne. L'Internationale a, donc, &#233;vit&#233; de poser la question de la participation au gouvernement Lula en des termes dogmatiques, sans tenir compte des caract&#233;ristiques du pays, de l'histoire du Parti des travailleurs (PT), de ses liens aux mouvements sociaux et syndicaux. Apr&#232;s l'exp&#233;rience de ces deux derni&#232;res ann&#233;es et en prenant note de ce qui a &#233;t&#233; expos&#233; dans les points 1 &#224; 4, il ne fait plus de doute que l'occupation de postes au gouvernement Lula, soit au niveau minist&#233;riel, soit &#224; d'autres fonctions avec des responsabilit&#233;s politiques, est contradictoire avec la construction d'une alternative au Br&#233;sil en coh&#233;rence avec nos positions programmatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Les r&#233;organisations actuelles indiquent que s'est ouverte une p&#233;riode complexe de recomposition politique de la gauche br&#233;silienne. Ce processus peut se d&#233;velopper pendant une p&#233;riode plus ou moins longue, jusqu'au moment o&#249; une alternative politique socialiste de masse se consolidera. Au-del&#224; des rythmes et des formes de recomposition sp&#233;cifiques dans chaque secteur, il est aujourd'hui d&#233;cisif d'&#339;uvrer &#224; la convergence de toutes les composantes anticapitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Le CI prend acte des discussions et divergences dans la DS sur la strat&#233;gie, ainsi que de la participation d'un de ses courants dans la formation du PSoL (2). Dans une situation marqu&#233;e par cette division et des risques de nouvelles fragmentations, le CI se prononce pour le maintien de relations avec toutes les composantes de la IVe Internationale au Br&#233;sil - toutes les composantes restant membres de plein droit de l'Internationale - avec l'objectif de favoriser le dialogue, les relations et l'unit&#233; d'action de toutes ces composantes dans la perspective d'une alternative politique au gouvernement Lula.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 f&#233;vrier 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Cette r&#233;solution a &#233;t&#233; adopt&#233;e par une majorit&#233; de 90 % (contre 10 %) lors de la session de f&#233;vrier 2005 du Comit&#233; International (CI) de la IVe Internationale &#224; la suite d'un d&#233;bat interne ouvert par une d&#233;cision du CI de f&#233;vrier 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La Tendance D&#233;mocratie socialiste (DS) regroupe au sein du Parti des travailleurs (PT) du Br&#233;sil les militants s'identifiant &#224; la IVe Internationale. Un de ses animateurs, Miguel Rosetto, est ministre de la r&#233;forme agraire au sein du gouvernement Lula et plusieurs dizaines de ses militants ont accept&#233; des postes de responsabilit&#233; moins expos&#233;s dans divers minist&#232;res de ce gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Le Parti du socialisme et de la libert&#233; (PSoL) a &#233;t&#233; constitu&#233; &#224; l'initiative de la s&#233;natrice Helo&#237;sa Helena (militante de la DS) et des d&#233;put&#233;s f&#233;d&#233;raux Bab&#225; (militant du Courant socialiste des travailleurs, CST), Jo&#227;o Fontes et Luciana Genro (militants du Mouvements de la gauche socialiste, MES), exclus du Parti des travailleurs en d&#233;cembre 2002 pour avoir vot&#233; contre la r&#233;forme des retraites &#233;labor&#233;e par le gouvernement Lula et avoir soutenu les manifestations syndicales oppos&#233;es &#224; cette contre-r&#233;forme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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