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		<title>Nicolas Hulot face au d&#233;fi climatique : un objectif biais&#233;, une proposition tronqu&#233;e </title>
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&lt;p&gt;En usant de sa popularit&#233; pour pr&#233;senter un &#171; Pacte &#233;cologique &#187;, Nicolas Hulot a projet&#233; la question environnementale au premier plan de l'attention. On ne peut que s'en f&#233;liciter, car les clignotants sont vraiment au rouge dans quantit&#233; de domaines. Face aux dangers qui s'accumulent, il est positif que l'animateur d'Ushua&#239;a sorte de son r&#244;le m&#233;diatique d'ami de la nature et s'appuie sur son exp&#233;rience pour poser les probl&#232;mes en termes politiques. Quand Nicolas Hulot appelle &#224; &#171; une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Europe-110-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En usant de sa popularit&#233; pour pr&#233;senter un &#171; Pacte &#233;cologique &#187;, Nicolas Hulot a projet&#233; la question environnementale au premier plan de l'attention. On ne peut que s'en f&#233;liciter, car les clignotants sont vraiment au rouge dans quantit&#233; de domaines. Face aux dangers qui s'accumulent, il est positif que l'animateur d'Ushua&#239;a sorte de son r&#244;le m&#233;diatique d'ami de la nature et s'appuie sur son exp&#233;rience pour poser les probl&#232;mes en termes politiques. Quand Nicolas Hulot appelle &#224; &#171; une &#233;volution en profondeur vers d'autres fa&#231;ons de produire, de consommer, de se nourrir, de se loger, de se d&#233;placer, de se chauffer &#187;, il lance un message fort qui conduit chacun &#224; interroger son programme, son discours, ses pratiques... Les partis traditionnels en sont bien incapables en profondeur, tant leur agenda est b&#233;tonn&#233; par les dogmes n&#233;olib&#233;raux. Et la gauche anticapitaliste ? Elle ne peut &#233;videmment pas endosser la d&#233;marche consensuelle de Hulot : comme l'a fait remarquer Fran&#231;ois Duval, &#171; l'&#233;cologie ne peut &#234;tre d&#233;tach&#233;e des enjeux politiques, des conflits sociaux, des luttes contre les in&#233;galit&#233;s &#187; (1). Pourtant, en parall&#232;le &#224; cette d&#233;marcation globale, les marxistes ont tout int&#233;r&#234;t &#224; approfondir le d&#233;bat sur le terrain que Nicolas Hulot a lui-m&#234;me d&#233;limit&#233;, comme Olivier Besancenot et la LCR l'ont fait &#224; travers leur r&#233;ponse (2). Ce faisant, la gauche se familiarisera davantage avec des &#171; dossiers environnementaux &#187; qu'elle a sous-estim&#233;s, touchera du doigt les articulations concr&#232;tes entre le social et l'environnemental et am&#233;liorera la pertinence de ses propres propositions. C'est dans cet esprit que je voudrais faire quelques br&#232;ves remarques sur la mani&#232;re dont le Pacte aborde la lutte contre les changements climatiques et les alternatives &#233;nerg&#233;tiques. L'actualit&#233; apporte chaque jour de nouveaux indices inqui&#233;tants du r&#233;chauffement global. En cette mati&#232;re, la phrase de Nicolas Hulot - &#171; Nous n'avons pas d'autre choix que d'op&#233;rer rapidement la mutation &#233;cologique &#187; - est donc plus que correcte : elle doit &#234;tre prise au pied de la lettre. Par contre l'affirmation suivante est discutable : &#171; Aucune offre nouvelle d'&#233;nergie, &#233;crit Hulot, n'est susceptible de r&#233;pondre quantitativement &#224; la demande de consommation si celle-ci reste en l'&#233;tat, quels que soient les progr&#232;s en mati&#232;re d'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique &#187; (Objectif 2). Or, l'&#233;nergie solaire qui atteint la surface de la Terre &#233;quivaut 8000 fois la consommation mondiale d'&#233;nergie, et le potentiel technique actuel permet d'en capter environ 1% sous ses diff&#233;rentes formes (3), soit 8 fois la consommation mondiale (6 fois selon certaines &#233;tudes, 10 fois selon d'autres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, ce potentiel pourrait augmenter tr&#232;s vite si on s'en donnait les moyens, ce qui implique que la recherche en mati&#232;re d'&#233;nergie soit r&#233;orient&#233;e radicalement vers les renouvelables (4). Le pacte, sur ce point, est donc &#171; scientifiquement &#187; contestable. &#171; Quantitativement &#187;, &#171; la demande de consommation &#187; peut &#234;tre rencontr&#233;e par une autre source que les &#233;nergies fossiles. Non seulement en France, mais aussi au niveau mondial. Non seulement &#171; en l'&#233;tat &#187;, mais aussi en incluant le droit au d&#233;veloppement des pays du Sud. A fortiori si l'on prend en compte une estimation raisonnable des futurs &#171; progr&#232;s en mati&#232;re d'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique &#187;. Il n'est pas surprenant qu'un point de d&#233;part biais&#233; concernant &#171; l'offre d'&#233;nergie nouvelle &#187; d&#233;bouche sur une conclusion tronqu&#233;e. C'est ce qui se passe lorsque Nicolas Hulot &#233;crit : &#171; Si nous voulons &#233;viter la catastrophe climatique il n'y a pas d'autre solution que de r&#233;duire massivement la consommation &#233;nerg&#233;tique globale &#187; (Objectif 2). Cette conclusion est reprise au niveau du titre de l'Objectif 2 - &#171; Organiser la baisse de la consommation &#233;nerg&#233;tique &#187;. Or, elle n'est que tr&#232;s partiellement correcte. Face aux changements climatiques, il serait beaucoup plus juste d'affirmer que l'objectif doit &#234;tre &#171; Sortir des &#233;nergies fossiles &#187;, ou &#171; Engager la transition vers les &#233;nergies renouvelables &#187;. Ou encore : &#171; R&#233;duire la consommation d'&#233;nergie pour r&#233;ussir la transition vers les renouvelables &#187; - car ces deux dimensions sont ins&#233;parables (on verra plus loin pourquoi). Il est vrai que la n&#233;cessit&#233; d'un &#171; plan ambitieux d'&#233;conomie d'&#233;nergie et de d&#233;veloppement des renouvelables &#187; est mentionn&#233;e plus loin dans le texte de l'Objectif. Mais le passage aux renouvelables n'est pas repris au niveau des cinq Propositions (en outre celles-ci sont muettes sur l'arr&#234;t du r&#233;acteur EPR, comme Vincent Gay l'a fait remarquer (5). De plus, la priorit&#233; aux renouvelables n'est pas mentionn&#233;e explicitement au niveau de l'Objectif 9, concernant la recherche scientifique (6). En fait, les renouvelables occupent une place assez secondaire dans le Pacte. C'est &#233;tonnant et regrettable, car ce sont eux qui indiquent le changement de cap fondamental &#224; op&#233;rer pour sauver le climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impression qui se d&#233;gage du Pacte est que la lutte contre les changements climatiques se ram&#232;ne essentiellement &#224; une r&#233;duction massive de la consommation d'&#233;nergie. Cette r&#233;duction est certainement indispensable, mais pourquoi ? Parce qu'aucune offre nouvelle d'&#233;nergie ne permettrait de satisfaire la demande ? On vient de voir que ce n'est pas la r&#233;ponse. Pourquoi alors ? Parce la masse gigantesque de gaz carbonique accumul&#233;e dans l'atmosph&#232;re depuis deux si&#232;cles et demi fait que sauver le climat - dans la mesure du possible... - implique de se passer quasi-compl&#232;tement des sources fossiles dans les quarante ans &#224; soixante ans &#224; venir, &#224; l'&#233;chelle mondiale. Des d&#233;lais aussi brefs posent d'&#233;normes probl&#232;mes sociaux, structurels, techniques, d'organisation, de relations internationales. Ils posent surtout d'&#233;normes probl&#232;mes de profitabilit&#233;, car le solaire photovolta&#239;que, &#233;l&#233;ment fondamental du futur syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique, ne sera pas rentable d'un point de vue capitaliste avant une trentaine d'ann&#233;es (sauf pour alimenter en courant &#233;lectrique des points non raccord&#233;s au r&#233;seau). La lutte contre le gaspillage &#233;nerg&#233;tique et la hausse de l'efficience &#233;nerg&#233;tique sont indispensables dans ce contexte-l&#224;. Ce sont des mesures de transition. Elles sont indispensables parce que l'accumulation capitaliste bas&#233;e sur les fossiles (g&#233;n&#233;rateurs de rente, c'est-&#224;-dire de surprofit) a amen&#233;s l'humanit&#233; dans un v&#233;ritable cul-de-sac &#233;nerg&#233;tique, que nous sommes pris en otages, et que le changement climatique serre maintenant le sac au niveau du goulot. Dans la perspective de d&#233;veloppement durable &#224; laquelle adh&#232;re Nicolas Hulot, il est absolument indispensable d'articuler lutte contre le gaspillage et efficience &#233;nerg&#233;tique accrue, d'une part, et d&#233;veloppement massif des renouvelables, d'autre part. En effet, la &#171; baisse massive de la consommation &#187;, &#224; elle seule, ne d&#233;finit pas une politique &#171; durable &#187;. Seule la transition vers les renouvelables le fait. Elle seule permet de prendre toute la mesure du bouleversement social qui s'imposera, et que Nicolas Hulot d&#233;crit bien en termes g&#233;n&#233;raux quand il parle d'&#233;volution vers d'autres modes de produire, de se loger, de bouger, etc. Et elle seule permet de relever le d&#233;fi climatique au niveau plan&#233;taire : car comment les populations pauvres des pays en d&#233;veloppement pourraient-elles sortir de l'extr&#234;me pr&#233;carit&#233; &#233;nerg&#233;tique, si ce n'est par un transfert de technologies climatiquement soutenables ? Cette articulation n&#233;cessite un plan. Il y a urgence, mais pas au point de se pr&#233;cipiter &#224; d&#233;cr&#233;ter la n&#233;cessit&#233; d'une taxe carbone socialement injuste et, probablement, fort douloureuse (7). Nous avons dix ans. Comme le disait r&#233;cemment le climatologue JP van Ypersele : &#171; Il y a urgence, mais il y a malentendu sur ce d&#233;lai de dix ans. De toute mani&#232;re, l'inertie du syst&#232;me climatique est telle que les &#233;missions du pass&#233; nous confrontent &#224; un r&#233;chauffement in&#233;vitable, quoiqu'on fasse. C'est le futur qu'il s'agit de pr&#233;parer. La d&#233;cennie qui vient est d&#233;cisive en ce sens que, au cours de cette p&#233;riode, devront &#234;tre prises des d&#233;cisions tr&#232;s radicales, qui permettront de sauver le climat dans les cinquante ann&#233;es ult&#233;rieures, et au-del&#224;. Mais ces mesures doivent faire partie d'un plan. Il est plus important de consacrer les dix prochaines ann&#233;es &#224; &#233;laborer un bon plan que de prendre dans la pr&#233;cipitation des mesures spectaculaires mais inefficaces &#224; long terme &#187; (8). Ceci ouvre &#233;videmment toute la question du projet de soci&#233;t&#233;, du mode de production. Il faut effectivement une &#171; &#233;conomie circulaire &#187;, comme l'&#233;crit Nicolas Hulot dans son pacte (Objectif 1) et il est certain que &#171; le but &#187; d'une telle soci&#233;t&#233; ne peut &#234;tre de &#171; produire pour produire &#187;. Mais il ne saurait &#234;tre non plus de &#171; r&#233;duire les flux de mati&#232;re et d'&#233;nergie &#187;. Cette r&#233;duction, en soi, ne peut &#234;tre qu'une &#233;tape transitoire, pas un but. Pour &#171; redonner un sens au progr&#232;s &#187;, comme le dit le promoteur du Pacte &#233;cologique, il faut un projet de soci&#233;t&#233; positif, ayant pour but la satisfaction des besoins d&#233;mocratiquement d&#233;termin&#233;s. C'est peu dire que la lutte contre le changement climatique rehausse l'importance de cette discussion.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;FONT size=2&gt;(1) Fran&#231;ois Duval, &#171; Pacte &#233;cologique : s'attaquer aux racines du mal &#187;, Rouge N&#176; 2187, 4/1/07. Sur le site d'ESSF : Pacte &#233;cologique : s'attaquer aux racines du mal (2) &#171; On peut &#234;tre &#233;colo sans &#234;tre d'accord avec Hulot &#187; &lt;a href=&#034;http://besancenot2007.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://besancenot2007.org&lt;/a&gt;. Sur le site d'ESSF : On peut &#234;tre &#233;colo sans &#234;tre d'accord avec Hulot (3) La biomasse, la force hydraulique, le solaire thermique, le solaire photovolta&#239;que, les courants marins et l'&#233;olien ne sont rien d'autre que des formes de l'&#233;nergie solaire. Il faut y ajouter la g&#233;othermie, dont le potentiel est moins important, et la contribution de la Lune aux mar&#233;es. (4) En d&#233;pit des deux chocs p&#233;troliers, la part des renouvelables dans les budgets de la recherche &#233;nerg&#233;tique des pays membres de l'Agence Internationale de l'Energie n'a &#233;t&#233; que de 8,1% en moyenne de 1974 &#224; 2002, et elle &#233;tait plus &#233;lev&#233;e au d&#233;but de cette p&#233;riode qu'&#224; la fin. La fission nucl&#233;aire a absorb&#233; 47,3% de ces budgets, suivie en seconde position par la recherche sur les technologies de conversion des &#233;nergies fossiles (Rick SELLERS, International Conference for Renewables Energies, 2004, IEA Side Event). (5) Vincent Gay, &#171; L'&#233;cologie n'est pas soluble dans TF1 &#187;, Rouge N&#176;2180 16/11/06. Sur le site d'ESSF : L'&#233;cologie n'est pas soluble dans TF1 (6) L'Objectif 9 - Recherche - parle d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale de &#171; redistribuer les moyens vers la connaissance et les innovations technologiques en mati&#232;re environnementale &#187;, mais ne pointe pas en particulier les renouvelables. (7) Le Bureau belge du Plan a r&#233;alis&#233; une simulation d'o&#249; il ressort que, pour diminuer les &#233;missions de 30% en 2020, la taxe carbone devrait imposer une hausse de la fiscalit&#233; indirecte &#233;quivalant &#224; 1,6% du PIB. La taxe serait compens&#233;e par une baisse des cotisations patronales &#224; la s&#233;curit&#233; sociale, repr&#233;sentant une baisse du co&#251;t salarial de 3,9%. La hausse du prix &#224; la consommation finale de l'&#233;nergie serait de 32% en moyenne. Atteindre une r&#233;duction par quatre des &#233;missions par le biais de la fiscalit&#233; sur le carbone serait donc tr&#232;s loin d'&#234;tre indolore socialement. D'autant plus que si la taxe est efficace, c'est-&#224;-dire si elle &#171; d&#233;carbonise &#187; l'&#233;conomie, ses rentr&#233;es risquent de ne plus &#234;tre suffisantes pour compenser la baisse des cotisations &#224; la s&#233;cu. (8) Entretien au Journal du Mardi, Bruxelles, 11/12/2006. &lt;/FONT&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; du site Europe solidaire - voir page de liens)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Face aux changements climatiques quelle strat&#233;gie ?</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Face-aux-changements-climatiques-quelle-strategie</link>
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		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Un consensus scientifique &#233;tablit aujourd'hui la responsabilit&#233; de l'activit&#233; humaine dans les changements climatiques ; en &#233;valuant entre 1,4 et 5,8 &#176;C l'augmentation du climat, le groupe d'experts intergouvernemental sur l'&#233;volution du climat (GIEC) tire la sonnette d'alarme. Pr&#233;cisons que cette &#171; activit&#233; humaine &#187; n'est pas neutre, elle est la cons&#233;quence de choix &#233;conomiques, sociaux et &#233;nerg&#233;tiques : le capitalisme, depuis ses origines, repose sur l'usage massif d'&#233;nergies fossiles, le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un consensus scientifique &#233;tablit aujourd'hui la responsabilit&#233; de l'activit&#233; humaine dans les changements climatiques ; en &#233;valuant entre 1,4 et 5,8 &#176;C l'augmentation du climat, le groupe d'experts intergouvernemental sur l'&#233;volution du climat (GIEC) tire la sonnette d'alarme. Pr&#233;cisons que cette &#171; activit&#233; humaine &#187; n'est pas neutre, elle est la cons&#233;quence de choix &#233;conomiques, sociaux et &#233;nerg&#233;tiques : le capitalisme, depuis ses origines, repose sur l'usage massif d'&#233;nergies fossiles, le charbon d'abord puis le p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remettre radicalement en cause cet usage des &#233;nergies fossiles, c'est remettre en cause le fonctionnement du capitalisme. La strat&#233;gie qu'on doit adopter pour contrecarrer la catastrophe annonc&#233;e doit partir de ce constat et s'appuyer sur certains principes : justice sociale, satisfaction des besoins, rapports nord-sud &#233;quitables, possibilit&#233; de d&#233;veloppement pour les pays non d&#233;velopp&#233;s... Or les n&#233;gociations qui ont abouti &#224; la mise en place du protocole de Kyoto, et ce sera aussi le cas pour celles de Nairobi en novembre, sont marqu&#233;es par certaines limites. D'une part si Kyoto est appliqu&#233; int&#233;gralement, l'augmentation de temp&#233;rature serait r&#233;duite d'environ 0,1 &#176;C. D'autre part, les m&#233;canismes flexibles de Kyoto diminuent la port&#233;e du protocole en autorisant l'&#233;mission de quantit&#233;s de gaz &#224; effet de serre par le jeu de la n&#233;gociation de quotas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait bien que dans les n&#233;gociations internationales, le jeu des lobbys industriels p&#232;se lourd sur les Etats, qui ont comme premier souci de satisfaire leurs entreprises plut&#244;t que de pr&#233;server les &#233;quilibres &#233;cologiques. Ce qui est &#224; privil&#233;gi&#233;, ce ne sont pas les solutions techniques (puits de carbone, enfouissement du CO2 ou voitures propres), mais bien la r&#233;duction drastique des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre, par la sobri&#233;t&#233; et l'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tiques et le remplacement des &#233;nergies fossiles par des &#233;nergies propres, dans le b&#226;timent, l'agriculture, le transport (priorit&#233; du rail et de l'eau, limitation drastique des camions, r&#233;duction de l'usage individuel de la voiture...) l'industrie (normes contraignantes, reconversion des industries polluantes...). Mais plus largement, des mesures &#224; hauteur des risques n&#233;cessitent une planification d&#233;mocratique &#224; diff&#233;rentes &#233;chelles (par pays, continents et &#224; l'&#233;chelle mondiale) afin de dessiner une d&#233;croissance &#233;nerg&#233;tique globale, mais pas forc&#233;ment homog&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle planification, qui n'abandonnerait donc les choix fondamentaux ni au march&#233; ni &#224; des r&#233;gimes autoritaires, se devrait de d&#233;finir :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quelles options &#233;nerg&#233;tiques doivent &#234;tre poursuivies ou abandonn&#233;es
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quelle organisation des transports et de l'industrie doit &#234;tre privil&#233;gi&#233;e
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quelles mesures prendre pour r&#233;parer les d&#233;g&#226;ts caus&#233;s par le capitalisme
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quels besoins de base doivent &#234;tre pris en charge collectivement par la soci&#233;t&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mobilisations du 4 novembre doivent &#234;tre le point de d&#233;part pour que de telles questions fassent l'objet de d&#233;bats et de choix de l'ensemble de la soci&#233;t&#233;, sans rester confin&#233;es dans les n&#233;gociations internationales. C'est ce &#224; quoi souhaite contribuer la LCR. Pour qu'un autre monde soit possible, d'autres modes &#233;nerg&#233;tiques et de production, d'autres modes de vie sont indispensables.&lt;br class='autobr' /&gt;
LCR (Commission nationale &#233;cologie)&lt;br class='autobr' /&gt;
* Publi&#233; dans &#034;La lettre de la Commission nationale &#233;cologie de la LCR&#034;, &#034;L'&#233;cologie 100% &#224; gauche&#034; n&#176; 16, novembre 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Interdire</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Interdire</link>
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		<dc:subject>OGM</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le r&#233;cent vote des d&#233;put&#233;s europ&#233;ens ouvrant la voie &#224; la suppression du moratoire sur la production et l'importation d'organismes g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;s (OGM) et la croisade de l'administration Bush visant &#224; &#233;radiquer toute contrainte pour les productions transg&#233;niques relancent le d&#233;bat sur les OGM. Leur interdiction est plus que jamais &#224; l'ordre du jour. &lt;br class='autobr' /&gt; L'adoption par les d&#233;put&#233;s europ&#233;ens, &#224; une tr&#232;s forte majorit&#233;, d'une l&#233;gislation sur l'&#233;tiquetage et la tra&#231;abilit&#233; des organismes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le r&#233;cent vote des d&#233;put&#233;s europ&#233;ens ouvrant la voie &#224; la suppression du moratoire sur la production et l'importation d'organismes g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;s (OGM) et la croisade de l'administration Bush visant &#224; &#233;radiquer toute contrainte pour les productions transg&#233;niques relancent le d&#233;bat sur les OGM. Leur interdiction est plus que jamais &#224; l'ordre du jour.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adoption par les d&#233;put&#233;s europ&#233;ens, &#224; une tr&#232;s forte majorit&#233;, d'une l&#233;gislation sur l'&#233;tiquetage et la tra&#231;abilit&#233; des organismes transg&#233;niques n'est pas une victoire pour les opposants aux OGM, comme Cohn-Bendit et plusieurs d&#233;put&#233;s Verts le laissent croire, car elle constitue en fait le pr&#233;lude &#224; la lev&#233;e du moratoire d&#233;cid&#233; en juin 1999 par l'Union europ&#233;enne sur la production et l'importation de nouveaux OGM. La Conf&#233;d&#233;ration paysanne ne s'y est pas tromp&#233;e puisqu'elle parle de &#034;scandaleuse d&#233;cision des parlementaires europ&#233;ens&#034;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une br&#232;che&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;trange consensus, seuls quelques d&#233;put&#233;s ont vot&#233; contre, et parmi eux ceux de la LCR. Il intervient au moment o&#249; l'administration Bush m&#232;ne une offensive politique contre le moratoire, notamment &#224; travers une plainte d&#233;pos&#233;e le 13 mai devant l'organe de r&#232;glement des diff&#233;rents de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). La lev&#233;e du moratoire, qui interviendra en automne, constitue une premi&#232;re br&#232;che dans laquelle les producteurs d'OGM vont se pr&#233;cipiter. Il ne faut pas se laisser abuser par les protestations venues d'outre-Atlantique, et notamment de l'association des producteurs &#233;tasuniens de ma&#239;s pour qui ces nouvelles r&#232;gles &#034;vont conduire &#224; de nouvelles entraves au libre commerce et au commerce &#233;quitable entre les agriculteurs aux Etats-Unis et les consommateurs europ&#233;ens&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette volont&#233; de d&#233;manteler tout contr&#244;le de la production d'OGM n'a rien d'&#233;tonnant &#224; la lumi&#232;re de la r&#233;partition des surfaces des cultures transg&#233;niques mondiales en 2002 : 66 % pour les Etats-Unis, 23 % pour l'Argentine, 6 % pour le Canada, 4 % pour la Chine, 1 % pour le reste du monde. Les exc&#233;dents de la production de c&#233;r&#233;ales transg&#233;niques aux Etats-Unis sont consid&#233;rables. Il s'agit donc de les &#233;couler en Europe, mais aussi en Afrique o&#249; de nombreux pays essaient pourtant de r&#233;sister aux diktats des Etats-Unis, lesquels conditionnent toute forme d'aide alimentaire &#224; l'acceptation d'importation de produits transg&#233;niques et d'introduction des OGM dans la production agricole locale. Pire encore, le S&#233;nat &#233;tatsunien a rendu un avis selon lequel les quinze milliards de dollars du plan pour la lutte contre le sida ne devaient &#234;tre attribu&#233;s qu'&#224; des pays qui acceptent l'aide alimentaire de Washington, et par cons&#233;quent les OGM...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette volont&#233; de d&#233;velopper massivement la production d'OGM illustre une des tares fondamentales du capitalisme, &#224; savoir son incapacit&#233; &#224; prendre en compte les cons&#233;quences possibles sur le long terme de ce type de productions. On avait d&#233;j&#224; assist&#233; au m&#234;me probl&#232;me avec l'utilisation massive du nucl&#233;aire. Ce qui importe pour les capitalistes, c'est la possibilit&#233; de rentabiliser au maximum le capital investit dans le moins de temps possible. Aujourd'hui, personne ne ma&#238;trise les cons&#233;quences &#224; moyen et long terme de cette production. Et pourtant, sa g&#233;n&#233;ralisation avance tr&#232;s rapidement. Aux Etats-Unis, la production d'OGM repr&#233;sente, en 2002, 75 % du soja cultiv&#233;, 71 % du coton et 34 % du ma&#239;s. Au niveau de la plan&#232;te, c'est 45 % des r&#233;coltes de soja, 11 % des r&#233;coltes de ma&#239;s, 20 % du coton et 11 % du colza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous assistons donc &#224; la g&#233;n&#233;ralisation d'une technique, irr&#233;versible par ailleurs, sans que sa ma&#238;trise soit garantie sur le long terme. Cela n'int&#233;resse d'ailleurs pas les trusts de l'agroalimentaire. Ainsi, cyniquement, Phil Angell, le directeur de la communication de Monsanto, n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; d&#233;clarer dans le New York Times Sunday Magazine du 25 octobre 1998 que &#034;Monsanto ne devrait pas avoir &#224; assurer la s&#233;curit&#233; de la nourriture biotechnologique. Notre int&#233;r&#234;t est d'en vendre le plus possible. Assurer la s&#233;curit&#233; est le travail de la Food and Drug Administration [FDA]&#034;. Et pourtant on ne peut faire l'impasse sur les risques li&#233;s &#224; la production d'OGM. Ainsi la British Medical Association d&#233;clare que &#034;la recherche des effets n&#233;fastes potentiels des OGM alimentaires sur la sant&#233; n'existe toujours pas. Au nom du principe de pr&#233;caution, les essais d'OGM en plein champ ne devraient plus &#234;tre autoris&#233;s&#034;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cynisme&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Critiquant les rapports apolog&#233;tiques des OGM commis par l'Acad&#233;mie des sciences et par l'Acad&#233;mie de m&#233;decine, Jacques Testard, directeur de recherche &#224; l'Institut national de la sant&#233; et de la recherche m&#233;dicale pose quelques bonnes questions : &#034;Combien, parmi les acad&#233;miciens, savent qu'aucun assureur ne veut couvrir les risques de ces cultures ? Combien ont remarqu&#233; les entorses aux principes de l'exp&#233;rimentation quand celle-ci a lieu en milieu ouvert (le champ) ? Combien connaissent la distance de diss&#233;mination des pollens ? Combien savent qu'aucun contr&#244;le sanitaire cons&#233;quent n'a jamais &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; sur les consommateurs d'OGM, animaux ou humains ?&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Bush a l'outrecuidance de justifier le d&#233;veloppement plan&#233;taire des OGM pour permettre de r&#233;soudre les dramatiques probl&#232;mes d'alimentation, notamment en Afrique : &#034;Pour le bien du continent menac&#233; par la famine, j'exhorte les gouvernements europ&#233;ens &#224; cesser de s'opposer &#224; la biotechnologie. Nous devrions encourager la diffusion d'une biotechnologie s&#251;re et efficace pour gagner la bataille contre la famine &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire.&#034; Or ce d&#233;veloppement des biotechnologies v&#233;g&#233;tales et son compl&#233;ment juridique indissociable, le brevetage du vivant, ont pour but de concentrer dans quelques multinationales la ma&#238;trise des semences utilis&#233;es par l'ensemble des paysans de la plan&#232;te, au Nord comme au Sud, leur confisquant ainsi d&#233;finitivement le droit de reproduire librement et sans royalties les vari&#233;t&#233;s v&#233;g&#233;tales de leur choix. Aux Etats-Unis, cinq firmes (par ordre d'importance Monsanto, le leader absolu, Aventis, Syngenta, DuPont et Dow), contr&#244;lent pr&#232;s de 90 % des semences OGM, ainsi que les pesticides et herbicides qui leur sont associ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui peut croire que ces multinationales ont comme pr&#233;occupation de r&#233;soudre ce dramatique probl&#232;me de la faim dans le monde. Chacun sait que le sous-d&#233;veloppement, la mis&#232;re, la famine sont le fruit de si&#232;cles de pillage de ces pays par les puissances occidentales (esclavage, contr&#244;le de l'exploitation des mati&#232;res premi&#232;res, &#233;change in&#233;gal). Loin de r&#233;soudre le probl&#232;me, les OGM vont au contraire soumettre les paysans du Sud &#224; la dictature des multinationales c&#233;r&#233;ali&#232;res, avec &#224; la cl&#233; la destruction de la production agricole locale, d&#233;j&#224; bien entam&#233;e au travers d'une concurrence in&#233;gale entre les produits agricoles du Nord, subventionn&#233;s par les Etats, et ceux du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le refus des OGM, leur interdiction sont parties int&#233;grantes de la lutte pour une agriculture durable, respectueuse des Hommes et de la Terre. Si nous refusons les OGM, c'est parce qu'ils sont un instrument d&#233;cisif des partisans d'une agriculture productiviste domin&#233;e par quelques multinationales. Ce n'est pas une lutte obscurantiste contre le &#034;progr&#232;s&#034; mais au contraire la volont&#233; de tourner la recherche agronomique et la production agricole vers la satisfaction des besoins alimentaires du plus grand nombre &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Rouge 2026 17/07/2003&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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