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		<title>La barbarie climatique est en marche</title>
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		<dc:date>2006-05-11T01:54:58Z</dc:date>
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&lt;p&gt;D&#233;but d&#233;cembre 2005, la population de Lateu, un petit village d'une centaine d'habitant situ&#233; sur l'&#238;le Tegua, dans l'Etat polyn&#233;sien de Vanuatu, a &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;e pour &#233;chapper aux inondations de plus en plus fr&#233;quentes [1] . La barri&#232;re de corail ne les prot&#233;geait plus des cyclones de plus en plus violents, et l'&#233;rosion fait reculer la c&#244;te de 2 &#224; 3 m&#232;tres par an. &lt;br class='autobr' /&gt; Ces cent personnes ont le triste privil&#232;ge de vivre le premier cas de d&#233;m&#233;nagement collectif par suite de la hausse du niveau (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#233;but d&#233;cembre 2005, la population de Lateu, un petit village d'une centaine d'habitant situ&#233; sur l'&#238;le Tegua, dans l'Etat polyn&#233;sien de Vanuatu, a &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;e pour &#233;chapper aux inondations de plus en plus fr&#233;quentes [1] . La barri&#232;re de corail ne les prot&#233;geait plus des cyclones de plus en plus violents, et l'&#233;rosion fait reculer la c&#244;te de 2 &#224; 3 m&#232;tres par an.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces cent personnes ont le triste privil&#232;ge de vivre le premier cas de d&#233;m&#233;nagement collectif par suite de la hausse du niveau des oc&#233;ans due au changement climatique. Mais le nombre de r&#233;fugi&#233;s climatiques est d&#233;j&#224; beaucoup plus &#233;lev&#233;, surtout dans les &#238;les du Pacifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Tuvalu, un autre Etat polyn&#233;sien, compte trois mille r&#233;fugi&#233;s climatiques. Situ&#233; &#224; 3.400 km au Nord-Est de l'Australie, et proche du Vanuatu, ce pays (26 km2) est constitu&#233; de huit merveilleux atolls dont le point culminant est situ&#233; &#224;... 4,5 m&#232;tres au-dessus du niveau des flots. La moiti&#233; des 11.636 citoyens vit au-dessous de trois m&#232;tre d'altitude. Or, le changement climatique rend les mar&#233;es de hautes eaux (jusqu'&#224; 3m au-dessus du niveau normal) de plus en plus fr&#233;quentes... Le Tuvalu est le premier pays o&#249; des gens ont d&#251; abandonner leur terre pour &#233;chapper aux inondations. Si des mesures drastiques ne sont pas prises, il risque de devenir aussi le premier Etat &#224; &#234;tre ray&#233; de la carte parce que sa population aura &#233;t&#233; compl&#232;tement &#233;vacu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2000, le gouvernement de Tuvalu a demand&#233; &#224; l'Australie et &#224; la Nouvelle Z&#233;lande de s'engager &#224; accueillir ses 11.636 ressortissants, au cas o&#249; la hausse des oc&#233;ans rendrait l'&#233;vacuation indispensable. Le gouvernement de Canberra a refus&#233;. Le ministre de l'immigration, Philip Ruddock a &#233;t&#233; jusqu'&#224; d&#233;clarer qu'accueillir les naufrag&#233;s du Tuvalu serait &#034;discriminatoire&#034; par rapport &#224; d'autres candidats r&#233;fugi&#233;s. En r&#233;alit&#233;, &#034;l'Australie nous a claqu&#233; la porte au nez&#034;, selon l'expression d'un responsable de Tuvalu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse de la Nouvelle-Z&#233;lande est &#224; peine moins brutale. Elle s'inscrit dans le cadre du Pacific Access Category (PAC) - un accord sur l'immigration entre le gouvernement d'Auckland, d'une part, et les autorit&#233;s de Fidji, Tuvalu, Kiribati, Tonga, d'autre part. Selon ce PAC, la Nouvelle Z&#233;lande accepte d'accueillir, par an, 74 personnes de Tuvalu et Kiribati, et 250 des Fidji et de Tonga. A condition toutefois que les candidats soient &#226;g&#233;s de 18 &#224; 45 ans, disposent d'une offre d'emploi &#034;acceptable&#034; en Nouvelle Z&#233;lande (emploi salari&#233;, plein temps, &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e), prouvent leur connaissance de l'anglais, satisfassent &#224; certaines conditions en mati&#232;re de sant&#233; et prouvent un revenu suffisant s'ils ont une personne &#224; charge, notamment [2] . Vieux, malades et indigents : &#224; la mer !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour prendre toute la mesure de cette politique, pr&#233;cisons que l'Australie compte 20 millions d'habitants (3 habitants/km2), qu'elle occupe la troisi&#232;me place au classement des pays selon l'indice de d&#233;veloppement humain des Nations Unies et que son Produit Int&#233;rieur Brut par habitant (PIB/hab en PPA) est de 29.632 dollars/an [3] . La Nouvelle-Z&#233;lande n'est pas non plus un pays sans ressources... Ajoutons encore que le gouvernement australien, grand alli&#233; de G.W. Bush, refuse de ratifier le protocole de Kyoto... alors que l'&#233;conomie australienne est une des consommatrices de charbon les plus boulimiques de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a lieu de tirer la sonnette d'alarme quand on sait que ces prises de position n&#233;o-z&#233;landaise et australienne ne sont que la mise en pratique de sc&#233;narios malthusiens que le r&#233;chauffement global, dans certains milieux, fait pousser comme des champignons. Rappelons &#224; cet &#233;gard le rapport sur le changement climatique que deux &#034;experts&#034; ont &#233;crit, il y a quelques temps, pour le Pentagone. Pr&#233;voyant un afflux de r&#233;fugi&#233;s climatiques, ce document cynique pr&#233;voyait que l'Europe serait submerg&#233;e, tandis que les Etats-Unis et &#224; l'Australie &#034;construiront probablement des forteresses parce que ces pays ont les ressources et les r&#233;serves permettant de r&#233;aliser leur auto-suffisance&#034;. Les auteurs allaient jusqu'&#224; &#233;crire froidement que, autour de ces forteresses, &#034;les morts caus&#233;es par la guerre de m&#234;me que par la famine et les maladies diminueront la taille de la population qui, avec le temps, se r&#233;ajustera &#224; la capacit&#233; de charge&#034; [4] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l'IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change), le niveau des mers, si rien n'est fait pour endiguer le r&#233;chauffement, pourrait monter de 9 &#224; 88 cm d'ici 2100. Plusieurs &#233;tudes ind&#233;pendantes en d&#233;duisent des chiffres quant aux d&#233;placements forc&#233;s de population. Selon ces estimations, qui concordent, les r&#233;fugi&#233;s climatiques pourraient &#234;tre 150 millions en 2050 : 30 en Chine, 30 en Inde, 15 au Bangladesh, 14 en Egypte, 1 dans les Etats insulaires, 10 dans les autres deltas et r&#233;gions c&#244;ti&#232;res, 50 dans d'autres r&#233;gions. 150 millions, cela repr&#233;sente 1,5% de la population attendue d'ici 40 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'immense majorit&#233; de ces gens sont des pauvres vivant dans des pays du Sud qui n'ont pas les moyens de financer les gigantesques travaux d'infrastructure n&#233;cessaires pour se prot&#233;ger des flots... et qui ne p&#232;sent nullement dans les n&#233;gociations climatiques. Leur &#034;claquer la porte au nez&#034; serait non seulement abject mais aurait en plus pour r&#233;sultat d'aggraver la crise sociale et &#233;cologique globale... et de transformer un peu plus la plan&#232;te en baril de poudre. C'est pourtant dans cette direction que les h&#233;ritiers modernes de Malthus nous entra&#238;nent, &#224; bride abattue.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Source : POS Belgique &lt;a href=&#034;http://www.sap-pos.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.sap-pos.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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