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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La crise argentine</title>
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		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>ZLEA</dc:subject>
		<dc:subject>Argentine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Carlos Ares* &lt;br class='autobr' /&gt; Cet article met en relief deux facettes de la crise argentine comme de toutes les crises brutales du capitalisme : l'une, l'enrichissement d'une couche tr&#232;s limit&#233;e de la soci&#233;t&#233;, sa volont&#233; effr&#233;n&#233;e de s&#233;curiser ses gains en les pla&#231;ant dans des pays imp&#233;rialistes du centre ; l'autre, l'emballement de la paup&#233;risation, avec son expression la plus brutale : la faim. - R&#233;d. &lt;br class='autobr' /&gt; Il y a plus d'une vache et d'un mouton par habitant. Et la r&#233;colte de c&#233;r&#233;ales atteint des niveaux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-ZLEA-+" rel="tag"&gt;ZLEA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Argentine-16-+" rel="tag"&gt;Argentine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Carlos Ares* &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article met en relief deux facettes de la crise argentine comme de toutes les crises brutales du capitalisme : l'une, l'enrichissement d'une couche tr&#232;s limit&#233;e de la soci&#233;t&#233;, sa volont&#233; effr&#233;n&#233;e de s&#233;curiser ses gains en les pla&#231;ant dans des pays imp&#233;rialistes du centre ; l'autre, l'emballement de la paup&#233;risation, avec son expression la plus brutale : la faim. - R&#233;d. &lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a plus d'une vache et d'un mouton par habitant. Et la r&#233;colte de c&#233;r&#233;ales atteint des niveaux historiques et d&#233;pass&#233; celle du soja. L'Argentine est toujours un pays o&#249; la l&#233;gende dit : &#171; Tu lances une pierre et le sol te donne un fruit savoureux. &#187; Toutefois, selon une blague populaire corrosive, pour compenser de telles faveurs de la nature, au dernier moment Dieu a &#233;parpill&#233; dans chaque endroit du territoire quelques Argentins. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'interrogation est la suivante : comment se fait-il que dans un tel pays des enfants meurent de faim, une grande partie de la r&#233;ponse peut &#234;tre trouv&#233;e dans un rapport publi&#233; cette semaine par la revue Veintitr&#232;s (Vingt-trois) qui est &#233;dit&#233; &#224; Buenos Aires. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lesdits propri&#233;taires de l'Argentine, un ensemble de 1500 entrepreneurs et personnages socialement de premier relief pour leur activit&#233;, ont d&#233;pos&#233; en dehors du pays 3 milliards de dollars entre mai et d&#233;cembre 2001, soit quelques mois avant que l'ex-ministre des Finances Domingo Cavallo d&#233;cida de mettre en place le &lt;i&gt;corralito&lt;/i&gt;[le blocage de l'&#233;pargne en dollars et sa d&#233;valuation] sur les fonds d'&#233;pargne [que l'on peut retirer par tranches maximales] et sur les placements &#224; terme de 10 ans. Les inspecteurs du fisc ont pu prouver que 200 parmi ses 1500 n'avaient en aucune mesure enregistr&#233; leurs transferts bancaires ni leurs revenus dans leurs d&#233;clarations fiscales. Dans le &lt;i&gt;corralito&lt;/i&gt;sont rest&#233;s coinc&#233;s les petits &#233;pargnants : 93% d'entre eux disposant de petits d&#233;p&#244;ts &#224; hauteur de 50'000 dollars ou moins. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liste &#233;labor&#233;e par la revue &lt;i&gt;Veintitres&lt;/i&gt;inclut les plus hauts responsables des banques qui ont confisqu&#233; les d&#233;p&#244;ts des &#233;pargnants ; des journalistes qui consid&#232;rent &#171; &#233;thiquement inacceptable la fuite de capitaux &#187; ; l'ex-ministre de l'Economie de la dictature militaire, Jos&#233; Alfredo Martinez de Hoz ; Jos&#233; Luis Machinea, un ancien dirigeant de l'Alliance au pouvoir, &#224; la t&#234;te de laquelle se trouvait Fernando de La Rua ; le n&#233;gociateur de la dette ext&#233;rieure du gouvernement De La Rua, Daniel Marx ; des vedettes de la t&#233;l&#233;vision et des grands entrepreneurs qui ont r&#233;clam&#233; la pesification de leur dette [la conversion de leur dette en dollars en pesos d&#233;valu&#233;s] apr&#232;s que, en janvier 2001, a &#233;t&#233; supprim&#233; la Loi de convertibilit&#233; qui imposait la parit&#233; dollar-peso [1 peso = 1 dollar], cela depuis 1991 ; suite &#224; l'&#233;limination de cette loi, le peso a &#233;t&#233; d&#233;valu&#233; : il faut plus de 3 pesos pour obtenir 1 dollar. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jos&#233; Maria Candioti, actuel ministre de l'Economie de Sante Fe, province o&#249; le ch&#244;mage est tr&#232;s &#233;lev&#233; et le taux de mortalit&#233; infantile aussi, a admis avoir transf&#233;r&#233; quelques &#171; montants &#233;pargn&#233;s &#187; en direction des Etats-Unis, au cours de 2001. Mais il a d&#233;clar&#233; qu'il ne s'agissait pas d'une somme avoisinant le million. Or, la documentation r&#233;unie par la Commission d'enqu&#234;te sur les fuites de capitaux de la Chambre des d&#233;put&#233;s a d&#233;montr&#233; que Candioti a transf&#233;r&#233; aux Etats-Unis 1,083327 million de dollars. Les analystes &#233;conomiques calculent qu'une minorit&#233; d'Argentins poss&#232;de quelque 160 milliards de dollars d&#233;pos&#233;s &#224; l'ext&#233;rieur. La dette publique du pays s'&#233;l&#232;ve &#224; 135 milliards et le PIB &#224; quelque 120 milliards. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journaliste qui a conduit l'enqu&#234;te a rompu son contrat de collaboration, il y a deux semaines, avec le quotidien &lt;i&gt;Pagina 12&lt;/i&gt;[quotidien consid&#233;r&#233; de gauche ou centre gauche], lorsque, au dernier moment, la direction du journal a d&#233;cid&#233; de ne pas publier la s&#233;rie d'articles [qui seront publi&#233;s dans l'hebdomadaire &lt;i&gt;Veintitres&lt;/i&gt;], qui &#233;tait planifi&#233;e, et cela pour des raisons qui ne furent jamais donn&#233;es et clarifi&#233;es pour le journaliste. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;put&#233;e de l'ARI (Alternative pour une r&#233;publique des &#233;gaux) Graciela Ocana, membre de la commission parlementaire cr&#233;&#233;e sp&#233;cifiquement pour &#233;tudier la fuite des capitaux, a confirm&#233; &#224; &lt;i&gt;El Pais&lt;/i&gt;[quotidien de l'Etat espagnol] la v&#233;racit&#233; des informations diffus&#233;es. Elle a affirm&#233; : &#171; Les banques refusent toujours de donner plus d'indications et il n'a pas &#233;t&#233; possible de compl&#233;ter les recoupements avec les d&#233;clarations fiscales li&#233;es aux comptes bancaires. Mais on peut assurer que, m&#234;me si quelques transferts ont eu un aspect l&#233;gal, ils &#233;taient clairement immoraux. &#187; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Tucuman, 59 enfants continuent &#224; &#234;tre, maintenant, sur la liste d'attente de la mort. Or, Tucuman est &#171; le jardin de la r&#233;publique &#187;. C'est la province la plus petite du pays avec 22'524 km2 et 1,3 million d'habitants. Elle est situ&#233;e &#224; 1250 km au nord de Buenos Aires. Le taux de ch&#244;mage est de 20% et la mortalit&#233; infantile de 21,2 pour mille. La ville de Tucuman se profile comme une ville ayant une haute qualit&#233; d'enseignement dans son universit&#233; publique ; les ing&#233;nieurs sp&#233;cialis&#233;s dans l'industrie sucri&#232;re sont de premier niveau ; et c'est une r&#233;gion qui est parmi les premi&#232;res productrices de citrons du monde. &lt;br /&gt;
Quand l'ann&#233;e 2002 prend fin, &#224; une moyenne de 3 par jour - si l'on tient compte de toutes les pathologies li&#233;es &#224; la d&#233;nutrition -, plus de 1000 enfants n'auront plus que la peau sur les os, sans que les m&#233;decins et les infirmi&#232;res qui se trouvent au pied des lits des h&#244;pitaux, 12 &#224; 15 heures par jour, pour des salaires se situant entre 100 et 300 euros par mois [de 150 &#224; 450 francs], puissent faire plus qu'ils ne le font pour chercher &#224; &#233;viter le drame. Le Front contre la pauvret&#233; (Frenapo), qui int&#232;gre la CTA [Centrale des travailleurs argentins - organisation syndicale de gauche, mais ayant maintenu des liens avec le p&#233;ronisme], les Grands-M&#232;res de la place de Mai et d'autres organisations sociales, estime que plus de 50 enfants meurent quotidiennement dans tout le pays &#224; cause de la faim. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le professeur Nicolas Shumway, directeur des &#233;tudes latino-am&#233;ricaines &#224; l'Universit&#233; de Tejas (Austin, Etats-Unis), observe, dans son &#233;tude intitul&#233;e &#171; L'invention de l'Argentine &#187;, que d&#232;s les premiers jours de son ind&#233;pendance, d&#233;clar&#233;e le 9 juillet 1816 &#224; Tucuman pr&#233;cis&#233;ement, la soci&#233;t&#233; argentine &#171; paraissait avoir &#233;t&#233; construite sur une faille sismique &#187;. D'un c&#244;t&#233; de la faille se situe l'&#233;lite cosmopolite bas&#233;e &#224; Buenos Aires, &#171; partisane du terme d&#233;mocratie &#187;, mais dispos&#233;e &#224; appuyer l'autoritarisme pour contenir les classes d'en bas. De l'autre c&#244;t&#233;, il place les leaders messianiques, &#171; comme Juan Domingo Peron et Evita Peron &#187;, h&#233;ritiers des propri&#233;taires terriens et des chefs au profil tr&#232;s personnalis&#233; des provinces. Selon Shumway, &#171; aucune institution argentine n'a d&#233;pass&#233; les mouvements violents et impr&#233;visibles de cette faille sismique et l'existence de cette derni&#232;re explique en grande partie l'instabilit&#233; permanente du pays &#187;. L'&#233;crivain argentin Luis Maggi consid&#232;re, lui, que la raison ultime de la crise argentine r&#233;side dans le fait que &#171; dans ce pays il y a la plus haute densit&#233; de fils de pute [formule caract&#233;ristique avec laquelle sont qualifi&#233;s les politiciens argentins] par km2 du monde &#187;. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;*&lt;/strong&gt; Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; dans &lt;i&gt;El Pais&lt;/i&gt;, 24 novembre 2002, &#233;dition de Buenos Aires. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(tir&#233; du site &#192; l'encontre) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Campagne international de l'Association des m&#232;res de la Place de Mai pour la libert&#233; de tous les prisonniers politiques et sociaux</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Campagne-international-de-l-Association-des-meres-de-la-Place-de-Mai-pour-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Campagne-international-de-l-Association-des-meres-de-la-Place-de-Mai-pour-la</guid>
		<dc:date>2002-09-05T02:00:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Argentine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Association des m&#232;res de la Place de Mai &lt;br class='autobr' /&gt;
Campagne international de l'Association des m&#232;res de la Place de Mai pour la libert&#233; de tous les prisonniers politiques et sociaux. &lt;br class='autobr' /&gt; Vous pouvez vous joindre &#224; cette campagne en envoyat une lettre ou un courriel au Pr&#233;sident de la Nation, le Dr Eduardo Duhalde, avec le texte suivant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par la pr&#233;sente je m'adresse &#224; vous pour vous demander en tant que Pr&#233;sident et en vertu des comp&#233;tences constitutionnels li&#233;s &#224; votre charge, de remettre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Argentine-" rel="directory"&gt;Argentine &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Argentine-16-+" rel="tag"&gt;Argentine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Association des m&#232;res de la Place de Mai &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Campagne international de l'Association des m&#232;res de la Place de Mai pour la libert&#233; de tous les prisonniers politiques et sociaux. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous pouvez vous joindre &#224; cette campagne en envoyat une lettre ou un courriel au Pr&#233;sident de la Nation, le Dr Eduardo Duhalde, avec le texte suivant. &lt;br /&gt;
Par la pr&#233;sente je m'adresse &#224; vous pour vous demander en tant que Pr&#233;sident et en vertu des comp&#233;tences constitutionnels li&#233;s &#224; votre charge, de remettre imm&#233;diatement en libert&#233; les prisonniers politiques et la fin des proc&#233;dures contre tous les personnes arr&#234;t&#233;es pour s'&#234;tre procurer des aliments dans les supermarch&#233;s. Que cela inclut les dirigeants sociaux condamn&#233;es par des faits similaires dans tout le pays. &lt;br /&gt;
Envoyer la lettre &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
Balcarce 50, (1064), Ciudad de Buenos Aires, Argentina &lt;br class='autobr' /&gt;
Correo-e : privada@presidencia.net.ar &lt;br /&gt;
Une copie &#224; Correo-e : madres@satlink.com &lt;br class='autobr' /&gt;
Prensa@madres.org &lt;br /&gt;
Texte en espagnol : &lt;br /&gt;
ASOCIACI&#211;N MADRES DE PLAZA DE MAYO&lt;br class='autobr' /&gt;
CAMPA&#209;A INTERNACIONAL DE LA ASOCIACION MADRES DE PLAZA DE MAYO &lt;br class='autobr' /&gt;
POR LA LIBERTAD DE TODOS LOS PRESOS POL&#205;TICOS Y SOCIALES &lt;br /&gt;
Adhiera a esta campa&#241;a enviando una carta o correo-e dirigidos al Sr. Presidente de la Naci&#243;n, Dr. Eduardo Duhalde, con el siguiente texto : Por la presente me dirijo a Ud. a fin de solicitarle que en su car&#225;cter de Presidente de la Naci&#243;n y en virtud de las facultades constitucionales de su cargo, disponga la inmediata libertad de los Presos Pol&#237;ticos y el desprocesamiento de todos aquellos detenidos por sacar alimentos de los supermercados. Que se incluya a los dirigentes sociales condenados por hechos similares en todo el pa&#237;s. &lt;br /&gt;
Enviar por carta a : &lt;br /&gt;
Balcarce 50, (1064), Ciudad de Buenos Aires, Argentina &lt;br class='autobr' /&gt;
Correo-e : privada@presidencia.net.ar &lt;br class='autobr' /&gt;
Hip&#243;lito Yrigoyen 1584 - (1489) Ciudad de Buenos Aires &lt;br class='autobr' /&gt;
Tel : 4383-0377 - 6430 &lt;br class='autobr' /&gt;
Fax : 4954-0381 &lt;br class='autobr' /&gt;
Correo-e : madres@satlink.com &lt;br class='autobr' /&gt;
prensa@madres.org &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.madres.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.madres.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Non au massacre, solidarit&#233; avec la lutte populaire !</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Non-au-massacre-solidarite-avec-la-lutte-populaire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Non-au-massacre-solidarite-avec-la-lutte-populaire</guid>
		<dc:date>2002-06-27T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Argentine</dc:subject>
		<dc:subject>Quatri&#232;me Internationale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;1. Une fois de plus le gouvernants qui servent les classes dominantes et l'imperialisme se sont livr&#233;s &#224; une massacre d&#233;mocratique , tuant pour s'en sortir. Un fois de plus les travailleurs, les ch&#244;meurs, les femmes et les enfants qui manifestaient dans la rue leur l&#233;gitime rejet de la famine et de la confiscation de leur futur, ont &#233;t&#233; sauvagement r&#233;prim&#233;s. Deux jeunes piqueteros (1), Dario Santillan (21 ans) et Maximiliano Costequi (25 ans), ont &#233;t&#233;e fusill&#233;s alors qu'ils tentaient de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quatrieme-Internationale-18-+" rel="tag"&gt;Quatri&#232;me Internationale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1. Une fois de plus le gouvernants qui servent les classes dominantes et l'imperialisme se sont livr&#233;s &#224; une massacre d&#233;mocratique , tuant pour s'en sortir. Un fois de plus les travailleurs, les ch&#244;meurs, les femmes et les enfants qui manifestaient dans la rue leur l&#233;gitime rejet de la famine et de la confiscation de leur futur, ont &#233;t&#233; sauvagement r&#233;prim&#233;s. Deux jeunes piqueteros (1), Dario Santillan (21 ans) et Maximiliano Costequi (25 ans), ont &#233;t&#233;e fusill&#233;s alors qu'ils tentaient de venir en aide &#224; d'autres camarades r&#233;prim&#233;s, 190 manifestants ont &#233;t&#233; bless&#233;s, 160 d&#233;tenus et tortur&#233;s dans les commissariats de la Province de Buenos Aires. Les policiers et les gendarmes de la pr&#233;fecture maritime - comme du temps de la dictature militaire - se sont livr&#233;s &#224; une chasse &#224; l'homme et ont donn&#233; l'assaut aux divers locaux des partis de la gauche, passant certains &#224; sac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2. Le gouvernement des gangsters du pr&#233;sident Duhalde, ses forces de s&#233;curit&#233; et les bandes &#224; sa solde sont les responsables de ce nouveau massacre. Mais en sont aussi responsables les gouvernements des Etats-Unis et de l'Union europ&#233;enne, le FMI et ses fonctionnaires, qui viennent d'exiger la r&#233;pression pour remettre de &#034;l'ordre&#034; dans le d&#233;sordre n&#233;oliberal et le d&#233;sastre social provoqu&#233; par leur propre politique &#233;conomique. L'Argentine est &#034;&#224; vendre&#034; et la mondialisation capitaliste -par les biais de ses entreprises et de ses banques transnationales - se dispute le partage du butin. Ne se satisfaisant pas des privatisations, de la flexibilit&#233; du travail, de la r&#233;tention de l'&#233;pargne, de la mis&#232;re de la moiti&#233; de la population, de la dette ext&#233;rieure frauduleuse, ils veulent plus encore. Ils veulent l'expropriation totale des richesses, des revenus et des droits populaires acquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Dans cette logique la criminalisation de toute forme de r&#233;sistance sociale joue un r&#244;le fondamental dans la domination du Capital. La r&#233;pression et la violence deviennent les composantes essentielles de la &#034;d&#233;mocratie de march&#233;&#034; et des instruments d&#233;cisifs pour d&#233;sarticuler le nouveau cycle de luttes populaires qui s'&#233;tend &#224; l'ensemble de l'Am&#233;rique latine. Comme on l'a vu r&#233;cemment au P&#233;rou, au Paraguay, en Bolivie, en &#201;quateur et au Chiapas, comme le prouve l'application du Plan Colombie, l'imp&#233;rialisme et les &#233;lites gouvernantes &#224; sa solde sont d&#233;cide&#233;s de r&#233;soudre dans le feux et dans le sang la crise de l&#233;gitimit&#233; du &#034;mod&#232;le n&#233;oliberal&#034; et d'&#233;craser toute tentative de r&#233;bellion et d'alternative populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Le Centrale des travailleurs argentins (CTA), le Bloc national Piquetero, les organisations de quartiers et de d&#233;fense des droits humains et les partis et mouvements de la gauche ont appel&#233; ce 27 juin &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et &#224; des mobilisations de protestation dans tout les pays. La lutte pour l'emploi, le salaire, les droits d&#233;mocratiques, contre la corruption, l'impunit&#233; du terrorisme d'Etat et pour que tous s'en aillent (2) se renforce en ce moment. La solidarit&#233; internationaliste de toutes les forces d&#233;mocratiques, r&#233;volutionnaires et socialistes, doit &#234;tre &#224; la hauteur : ample, militante et inconditionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le 27 juin 2002&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Secr&#233;tariat unifi&#233; de la IV&#232; Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Piqueteros est le nom que ses sont donne les militants du mouvement des ch&#244;meurs et pr&#233;caires, dont l'une des formes de lutte consiste &#224; barrer les routes en organisant des &#034;piquets&#034;. Cf. E. Lucita, Nouvelles et anciennes formes de luttes, Inprecor&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Que se vayan todos ! (qu'ils - les politiciens ill&#233;gitimes - s'en aillent tous) est devenu le cri de ralliement du processus r&#233;volutionnaire argentin. Cf. Inprecor n* 466/467 de janvier-f&#233;evrier 2002, n* 468/469 de mars-avril 2002 et n* 470/471 de mai-juin 2002)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Que l'Am&#233;rique se regarde dans notre miroir&#8230;1 &#187; </title>
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		<dc:date>2026-06-03T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mirka Gilbert</dc:creator>


		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Argentine</dc:subject>

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&lt;p&gt;Alors que dans les principaux quotidiens d'Am&#233;rique du nord on s'acharne, par l'entremise des dirigeants du FMI et autres d&#233;fenseurs int&#233;ress&#233;s du n&#233;olib&#233;ralisme &#224; tout prix, &#224; faire la morale aux argentinEs et &#224; critiquer la politique &#233;conomique du gouvernement (dans un style de d&#233;sinformation habituelle) ; dans les journaux mexicains, particuli&#232;rement dans La Jornada, quotidien de grande diffusion de centre-gauche, on s'affaire plut&#244;t &#224; tenter de comprendre cette crise, sans pr&#233;c&#233;dent, du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Economie-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Argentine-16-+" rel="tag"&gt;Argentine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que dans les principaux quotidiens d'Am&#233;rique du nord on s'acharne, par l'entremise des dirigeants du FMI et autres d&#233;fenseurs int&#233;ress&#233;s du n&#233;olib&#233;ralisme &#224; tout prix, &#224; faire la morale aux argentinEs et &#224; critiquer la politique &#233;conomique du gouvernement (dans un style de d&#233;sinformation habituelle) ; dans les journaux mexicains, particuli&#232;rement dans La Jornada, quotidien de grande diffusion de centre-gauche, on s'affaire plut&#244;t &#224; tenter de comprendre cette crise, sans pr&#233;c&#233;dent, du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il faut dire que tout ce qui se passe dans l'un ou l'autre des pays d'Am&#233;rique latine, aux &#233;conomies subordonn&#233;es, fini par influer d'une fa&#231;on ou d'une autre sur les pays voisins&#8230; Il faut aussi rappeler que le Mexique a v&#233;cu, en 1994 une crise mon&#233;taire importante ainsi qu'une d&#233;valuation tr&#232;s douloureuse du peso, dont la population de plus en plus appauvrie, ne s'est jamais remis. Enfin, il faut souligner le fait que le gouvernement paniste de Vicente Fox, qui dit repr&#233;senter &#171; le changement &#187; apr&#232;s plus de 70 ans de gouverne du PRI (Parti R&#233;volutionnaire Institutionnel) ne fait que renforcer les mesures n&#233;olib&#233;rales entam&#233;es au d&#233;but des ann&#233;es 1980. Pour toutes ces raisons, la compr&#233;hension de ce qui se passe en Argentine est vitale pour le Mexique. Elle est aussi vitale pour tous les pays du monde. Pour comprendre les enjeux, non seulement locaux mais aussi internationaux de la crise argentine, un retour sur ses ant&#233;c&#233;dents s'av&#232;re n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stella Calloni2 rapporte que selon l'historien argentin Leon Pomer ce qui se passe actuellement en Argentine est l'expression ultime d'un processus qui a commenc&#233; &#224; partir de la dictature militaire (1976-1983). Comme le signalent ceux et celles qui ont &#233;crit sur la dictature, les assassinats ainsi que les disparitions ont eu, entre autres finalit&#233;s, celle d'ouvrir la porte au mod&#232;le &#233;conomique en processus d'implantation &#224; cette &#233;poque. Ce mod&#232;le prit d&#233;finitivement plus d'ampleur au cours des ann&#233;es 1990, avant de s'effondrer en 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isamel Bermudez, journaliste argentin sp&#233;cialiste en &#233;conomie, explique ce qui a men&#233; l'Argentine &#224; sombrer si profond&#233;ment. Il d&#233;bute dans les ann&#233;es 1990, avec la question de la convertibilit&#233;. La convertibilit&#233; mise en place par le pr&#233;sident Carlos Menem en 1991, fixant la parit&#233; entre le peso et le dollars, permettant ainsi leur utilisation indistincte par les ArgentinEs, avait comme pr&#233;tendu objectif de mettre fin &#224; la crise d'hyperinflation de 1989-1990 (on parle de plus de 4000% d'inflation annuel). &#192; ce moment, la circulation mon&#233;taire &#233;tait &#233;quivalente &#224; la r&#233;serve en dollar de la Banque Centrale et &#224; partir de la convertibilit&#233;, le gouvernement s'est compromis &#224; n'&#233;mettre des peso qu'avec l'entr&#233;e de dollars. De cette fa&#231;on, chaque peso en circulation avait un dollar d'appui. Avec cette mesure, un important champs sp&#233;culatif s'est mis en place. En effet, la convertibilit&#233; de un &#224; un repr&#233;sentait une s&#233;curit&#233; de change gratuit pour les capitaux &#233;trangers qui pouvaient profiter des plus grands taux d'int&#233;r&#234;t internes avec la s&#233;curit&#233; qu'ensuite, ils pourraient retirer leurs capitaux sans avoir subi aucune d&#233;valuation. Les dollars affluant de l'&#233;tranger se sont investis majoritairement dans la bourse et sous forme de d&#233;p&#244;ts bancaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les ann&#233;es 1990, le gouvernement a commenc&#233; la vente ou la mise en concession des entreprises publiques : le p&#233;trole, le t&#233;l&#233;phone, la sid&#233;rurgie, la p&#233;trochimie, le gaz, l'&#233;nergie &#233;lectrique, les chemins de fer, les postes de paieages routiers, le courrier, le m&#233;tro, le syst&#232;me de pr&#233;vention et des accidents de travail. Ces privatisations ont attir&#233; les grandes compagnies internationales qui ont acquis ces entreprises avec les titres d&#233;valu&#233;s de la dette et en dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grande ouverture commerciale a aussi &#233;t&#233; mise en place, avec baisse des tarifs douaniers &#224; l'importation, permettant ainsi aux entreprises d'importer de la marchandise &#224; moindre co&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; du travail ainsi que les conventions collectives ont &#233;t&#233; flexibilis&#233;s. Les entreprises ont ainsi pu, entre autres choses, embaucher des travailleuses et des travailleurs sous contrats temporaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement est revenu sur le march&#233; des capitaux, en pla&#231;ant des obligations de la dette, qui, avec les revenus des privatisations, finan&#231;aient le budget de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entr&#233;e de dollar a provoqu&#233; un boom de consommation parce que les banques se sont mise &#224; pr&#234;ter aux entreprises et aux individus. Ainsi, dans les ann&#233;es 1992-1993, l'Argentine paru entrer dans une p&#233;riode de croissance imparable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, au d&#233;but de 1994, ce processus s'est &#233;puis&#233;. L'industrie nationale a commenc&#233; &#224; sentir les effets des importations et, en m&#234;me temps, les prix en dollar des tarifs et des services publiques repr&#233;sent&#232;rent un prix trop &#233;lev&#233; pour la production domestique. Cela se refl&#233;ta par une balance commerciale de plus en plus d&#233;ficitaire. En m&#234;me temps, une nouvelle augmentation du taux d'int&#233;r&#234;t repr&#233;senta un surco&#251;t financier qui affecta la comp&#233;titivit&#233; de l'industrie nationale et augmenta les services des int&#233;r&#234;ts de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'Argentine est entr&#233;e dans une r&#233;cession qui c'est accentu&#233;e avec la d&#233;valuation du peso mexicain en 1994. &#201;tant donn&#233; les similitudes entre les deux pays, les investisseurs ont craint un effet d'entra&#238;nement et en quelques semaines, plus de 8 milliards de dollars ont fui le syst&#232;me bancaire argentin. L'&#233;conomie s'est contract&#233;e et le taux de ch&#244;mage, qui &#233;tait auparavant autour de 6%, grimpa jusqu'&#224; 18,4%. Un pr&#234;t du FMI et d'autres organismes financiers fut octroy&#233;, sous la condition d'augmenter les imp&#244;ts pour couvrir le d&#233;ficit fiscal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1996, les banques &#233;trang&#232;res comme BBVA, Groupe Santander, Scotiabank et HSBC absorb&#232;rent les banques nationales. M&#234;me chose avec les compagnies d'assurance et de retraite priv&#233;es. Encore une fois, le capital &#233;tranger est venu huiler la convertibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1997, l'Argentine fut l'une des premi&#232;res victimes, avec la Russie et le Br&#233;sil, des effets n&#233;fastes de la crise du sud-est asiatique. L'&#233;conomie se d&#233;bilita plus encore avec la crise russe d'ao&#251;t 1998 et avec la r&#233;cession br&#233;silienne et la d&#233;valuation du real en janvier 1999. L'&#233;conomie entra alors en r&#233;cession pour tomber rapidement en d&#233;pression, avec ce que cela signifiera au niveau du ch&#244;mage, du travail informel, etc.. En 1999, l'Argentine vent ce qu'il reste du p&#233;trole d'&#201;tat &#224; la compagnie espagnol Repsol pour augmenter l'entr&#233;e de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui suit est de l'histoire r&#233;cente. En d&#233;cembre 1999, le pr&#233;sident Fernando de la Rua prend le pouvoir en se compromettant au respect des privatisations et de la convertibilit&#233;. Il applique aussi toute une s&#233;rie d'ajustements structurels : coupure dans les salaires, mises &#224; pied dans le secteur publique, augmentation des imp&#244;ts &#224; la classe moyenne. En janvier 2000, le FMI accorde un pr&#234;t sp&#233;cial pour d&#233;fendre la convertibilit&#233; et assurer le paiement de la dette ext&#233;rieure. Cependant, les faillites d'entreprises se sont multipli&#233;es, le ch&#244;mage recommence &#224; augmenter de m&#234;me que la pauvret&#233; (40 % de la population). Le paiement des int&#233;r&#234;ts de la dette publique, &#233;quivalente &#224; la moiti&#233; de l'&#233;conomie, absorbe pr&#232;s de 25 % du budget national. En mars 2001, le gouvernement met en place un plan pour sortir de fa&#231;on ordonn&#233;e de la convertibilit&#233;. C'est ainsi que commen&#231;a une fuite impressionnante d'argent, tol&#233;r&#233;e et admise par le gouvernement, qui a affect&#233; les coffres de la Banque Centrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 2001, tout ce pr&#233;cipita avec l'approbation par le gouvernement d'une loi de d&#233;ficit z&#233;ro pour garantir le paiement de la dette publique. Une s&#233;rie de coupure dans les salaires et dans le paiement des pensions accentu&#232;rent et la d&#233;pression et la r&#233;sistance populaire face au gouvernement. En d&#233;cembre 2001, sans r&#233;serve en dollars et face &#224; une fuite constante d'argent du pays, le gouvernement d&#233;cr&#233;ta que personne ne pourrait retirer leur d&#233;p&#244;t des banques et que toutes les transactions devraient se faire sous forme de ch&#232;que, carte de d&#233;bit ou transferts bancaires. Cette mesure a paralys&#233; le mouvement &#233;conomique et financier du pays et a accentu&#233; la cessation de paiement de millier de personnes et d'entreprises, laissant sans fonds &#224; une vaste couche de l'&#233;conomie informelle et des secteurs les plus pauvres. &#192; partir de ce moment, on assista &#224; une &#233;norme r&#233;volte populaire qui fini par faire tomber le gouvernement de De la Rua. Dans la spirale de la crise, le gouvernement argentin a mis fin &#224; la convertibilit&#233; du peso avec le dollar et ouvert la porte &#224; une d&#233;valuation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un &#233;ditorial, le Wall Street Jornal recommande &#224; l'Argentine la dollarisation de son &#233;conomie ainsi que l'abandon du Mercosur. Le journal bl&#226;me le Mercosur (march&#233; commun sud am&#233;ricain) d'&#234;tre le talon d'Achille de la loi de convertibilit&#233; qui &#233;taient en cours depuis 1991. Carlos Marichal, dans La Jornada, souligne que l'une des raisons pour laquelle le FMI a refus&#233; jusqu'&#224; maintenant toute aide &#224; l'Argentine, alors qu'il l'a fait r&#233;cemment pour la Turquie, est justement de favoriser l'&#233;croulement du Mercosur. La disparition de ce march&#233; commun local affaiblirait notablement la capacit&#233; du Br&#233;sil de n&#233;gocier face aux &#201;tats-Unis en ce qui a trait &#224; sa proposition de Zone de Libre &#201;change des Am&#233;riques (ZL&#201;A). Le Mercosur s'av&#232;re &#234;tre un obstacle r&#233;el &#224; la mise en place de la ZL&#201;A.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La responsabilit&#233; du FMI et du gouvernement des &#201;tats-Unis dans la crise argentine est claire, surtout si l'on consid&#232;re leur manque d'int&#233;r&#234;t &#224; chercher une solution pr&#233;alable et plus ordonn&#233;e et si l'on consid&#232;re les int&#233;r&#234;ts des &#201;tats-Unis dans le contr&#244;le &#233;conomique de la r&#233;gion &#224; travers la ZL&#201;A.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argentine ne vit pas qu'une crise &#233;conomique. La crise politique est aussi, sinon encore plus importante. Un proportion croissante de la population rejette les membres du pouvoir ex&#233;cutif, l&#233;gislatif et judiciaires ainsi que tous les partis politiques. Adolfo Gilly souligne la lucide perception des foules de Buenos Aires et autres villes argentine : l'objet de leur haine et de leur furie ne furent pas les &#201;tats-Unis et leur drapeaux symbolique, mais plut&#244;t les banques et leurs succursales qu'elles soient &#233;trang&#232;res ou argentines. Ce fut une expression politique. L'objet de haine fut le capital financier dans sa repr&#233;sentation mat&#233;rielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, C&#233;sar Altamira, professeur &#224; l'universit&#233; de Buenos Aires, reconna&#238;t les ant&#233;c&#233;dents imm&#233;diats de la r&#233;bellion populaire dans les assembl&#233;es &#233;tudiantes d'universit&#233;s occup&#233;es, dans les blocages de routes des piqueteros, dans les expropriations pass&#233;es des supermarch&#233;s par les pauvres, dans la consolidation croissante de la capacit&#233; d'intervention des plus diverses communaut&#233;s ainsi que dans la r&#233;sistance et le renforcement de diff&#233;rents groupes autonomes de Buenos Aires et d'autres villes &#224; l'int&#233;rieur du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Altamira souligne la diversit&#233; des sujets en r&#233;volte : &#233;tudiantEs, ch&#244;meur-euse-s, &#171; pauvres &#187;, employ&#233;Es d'&#233;tat, petitEs commer&#231;antEs, femmes au foyer de la classe moyenne, travailleuses, etc. D'un c&#244;t&#233;, il regroupe les pauvres et marginaux qui habitent les banlieues pauvres de Buenos Aires et qui ont particip&#233; &#224; l'expropriation des supermarch&#233;s. D'un autre, la classe moyenne qui a r&#233;pondu au moyen du cacerolazo &#224; la nouvelle de la non disponibilit&#233; de leur salaire et &#233;pargnes. Enfin, le secteur &#233;tudiant, les militantEs de gauche et les jeunes et membre de diverses organisations de ch&#244;meur-euse-s. Ces groupes diff&#232;rent au niveau de leur degr&#233; de compromis et d'organisation politique ainsi qu'au niveau de leurs int&#233;r&#234;ts, qui sont multiples et peuvent &#234;tre contradictoires. Par cons&#233;quent, on ne peut pas demander &#224; cette r&#233;bellion populaire de donner des pistes pratiques pour r&#233;soudre les probl&#232;mes sociaux. Par contre, il faut reconna&#238;tre son potentiel de destruction de l'ordre politique et socio-&#233;conomique, qui ouvre, &#224; travers ses contradictions, de nouveaux espaces d'action et de changements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience de la r&#233;bellion ainsi que le remarquable fracas des politiciens du pr&#233;sent r&#233;gime, requiert et permet de penser une soci&#233;t&#233; et un monde en dehors des relations de capital. Marco Rascon &#233;crit que le soul&#232;vement des quartiers argentins et la massification de la mobilisation des classes moyennes avec les classes marginalis&#233;es des p&#233;riph&#233;ries reconstruit le tissus social &#224; partir d'une nouvelle vision du pays et de ses relations avec le monde, en m&#234;me temps qu'il permet une chute pr&#233;coce des mythes du n&#233;olib&#233;ralisme comme voie unique. La politisation acc&#233;l&#233;r&#233;e autour de la crise de la stabilit&#233; &#233;conomique permet la reconsid&#233;ration pour toute l'Am&#233;rique latine, non seulement du sch&#233;ma &#233;conomique, sinon aussi du sch&#233;ma politique ainsi que l'exigence de structures qui r&#233;pondent aux revendications populaires et pas seulement aux conditions macro-&#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;1 C'est ce qu'on lisait sur une banni&#232;re lors d'une manifestation &#224; Buenos Aires. &lt;br class='autobr' /&gt;
2 TouTEs les auteurEs mentionn&#233;Es ont &#233;crit dans La Jornada au cours des mois de janvier et f&#233;vrier 2002.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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