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		<title>La Gauche</title>
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		<title>BR&#201;SIL : Concilier l'irr&#233;conciliable : un autre bilan du gouvernement Lula</title>
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		<dc:creator>Tania Faustino da Costa</dc:creator>


		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#192; quelques jours du second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle au Br&#233;sil, les enqu&#234;tes d'opinion annoncent une victoire de la dauphine du pr&#233;sident sortant Lula, Dilma Roussef. Apr&#232;s avoir recueilli 46,9 % des votes au premier tour, contre les 32,6 % du candidat du PSDB Jos&#233; Serra et les inattendus 19,3 % (19,6 millions de votes) obtenus par la candidate du Parti vert (PV) Marina Silva, Dilma a d&#251; faire face depuis la fin septembre &#224; un tout aussi surprenant tournant religieux dans la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH105/arton3090-09237.jpg?1629994304' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='105' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; quelques jours du second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle au Br&#233;sil, les enqu&#234;tes d'opinion annoncent une victoire de la dauphine du pr&#233;sident sortant Lula, Dilma Roussef. Apr&#232;s avoir recueilli 46,9 % des votes au premier tour, contre les 32,6 % du candidat du PSDB Jos&#233; Serra et les inattendus 19,3 % (19,6 millions de votes) obtenus par la candidate du Parti vert (PV) Marina Silva, Dilma a d&#251; faire face depuis la fin septembre &#224; un tout aussi surprenant tournant religieux dans la campagne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec l'appui de l'Assembl&#233;e de Dieu et un slogan qui affirme que &#171; Serra est du bien &#187;, le candidat du PSDB a entre autres &#171; accus&#233; &#187; Dilma d'appuyer la l&#233;galisation de l'IVG&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;IVG = Interruption volontaire de grossesse.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (proc&#233;dure aujourd'hui accept&#233;e au Br&#233;sil seulement &#224; la suite d'un viol ou en cas de risque de vie de la femme enceinte), essayant de susciter la peur parmi la population de ce qui est consid&#233;r&#233; comme le plus grand pays catholique au monde. Les professions de foi se sont d&#232;s lors multipli&#233;es de la part des deux candidats. Encore avant le scrutin du premier tour, en ao&#251;t dernier, Dilma avait divulgu&#233; une &#171; lettre ouverte au peuple de Dieu &#187; o&#249; elle mettait en &#233;vidence ses valeurs chr&#233;tiennes &#8211; tout en rappelant que c'est au Congr&#232;s br&#233;silien de d&#233;cider de la d&#233;criminalisation de l'avortement ou de l'union de personnes du m&#234;me sexe. En principe, ces d&#233;bats d'intonation eccl&#233;siastique viseraient &#224; recueillir des voix des &#233;vang&#233;liques br&#233;siliens &#8211; Marina Silva &#233;tant elle-m&#234;me membre de l'Assembl&#233;e de Dieu. Notons toutefois qu'on passe ainsi &#224; c&#244;t&#233; des discussions sur l'environnement qui pourraient attirer des &#233;lecteurs du PV, ce qui est d'autant plus &#233;tonnant quand nous consid&#233;rons que les r&#233;sultats du premier tour indiquent que la majorit&#233; des &#233;lecteurs de Marina n'&#233;tait PAS constitu&#233;e par des &#233;vang&#233;liques. Notons encore que le slogan de Serra a &#233;t&#233;, quant &#224; lui, d&#233;fini au d&#233;but de l'ann&#233;e, bien avant que cette pol&#233;mique religieuse ne fasse la une des m&#233;dias br&#233;siliens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'a pas tard&#233; &#224; faire le lien entre la strat&#233;gie utilis&#233;e par le PSDB dans ces &#233;lections et celle employ&#233;e en 2002, ann&#233;e o&#249; Lula remportait la pr&#233;sidence pour la premi&#232;re fois. Jadis, c'&#233;tait la menace rouge qui planait, et la vision qu'une &#233;ventuelle victoire du Parti des Travailleurs (PT) chasserait les investisseurs du Br&#233;sil &#233;tait tr&#232;s r&#233;pandue. Vision que Lula avait r&#233;fut&#233;e aussi par l'entremise d'une lettre, sa fameuse &#171; lettre ouverte au peuple br&#233;silien &#187;, s'engageant &#224; maintenir la politique &#233;conomique du gouvernement n&#233;olib&#233;ral de Fernando Henrique Cardoso &#8211; promesse qu'il n'a pas seulement tenue, mais surpass&#233;e, appliquant des politiques &#233;conomiques plus orthodoxes que celles des gouvernements qui lui ont pr&#233;c&#233;d&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les choses ont chang&#233; depuis. De nos jours, la plupart des bilans dress&#233;s des huit ans de gouvernement Lula rendent compte de ses succ&#232;s, et m&#234;me son principal opposant, Jos&#233; Serra, n'ose plus brandir la menace rouge. Toutefois, il reste que Lula continue &#224; puiser constamment dans son image de repr&#233;sentant de la &#171; gauche &#187;, non seulement latino-am&#233;ricaine, mais aussi mondiale, certains allant jusqu'&#224; l'appeler &#171; socialiste &#187;. En concordance avec cette position, Lula met la &#171; justice sociale &#187; comme point central de son programme de gouvernement et se vante d'avoir r&#233;ussi une redistribution des revenus inou&#239;e dans l'histoire br&#233;silienne, &#224; travers la cr&#233;ation de 14,7 millions d'emplois, la r&#233;duction du ch&#244;mage &#224; 6 % et la plus grande augmentation du salaire minimum jamais conc&#233;d&#233;e au Br&#233;sil, tout &#231;a gr&#226;ce surtout &#224; la reprise de l'&#233;lan de croissance &#233;conomique &#8212; le taux pr&#233;vu pour 2010 est de 7,5 % &#8212; sans oublier certainement son programme phare, la &lt;i&gt;Bourse-famille&lt;/i&gt;. Le gouvernement Lula appara&#238;t ainsi comme l'exemple premier d'une gauche qui a r&#233;ussi, une gauche pragmatique et r&#233;aliste. Cependant, ces &#171; r&#233;alisations &#187; peuvent et sont effectivement questionn&#233;es, et nous ne faisons pas r&#233;f&#233;rence ici aux questionnements de la part des partis qui appuient Serra (notamment PSDB et DEM), qui d'ailleurs font de leur mieux pour rendre cr&#233;dible l'affirmation que leur gouvernement donnerait suite aux programmes de Lula. Regardons donc cela de plus pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renfor&#231;ant les allures gauchistes de son gouvernement, Lula d&#233;clare avoir &#233;lev&#233; plus de 36 millions de personnes &#224; la classe moyenne, ainsi que d'avoir sorti 28 millions de personnes de la pauvret&#233;, ce qui a amen&#233; plusieurs personnes &#224; parler d'une &#171; nouvelle classe moyenne &#187; qui repr&#233;senterait plus de la moiti&#233; de la population br&#233;silienne. Or, il est important de rappeler que pour &#234;tre rang&#233; dans cette &#171; classe moyenne &#187;, il suffit d'avoir des revenus annuels d'au moins 9000 $ CA ! Seulement ceux et celles qui sont au-dessous de ce seuil sont effectivement consid&#233;r&#233;s comme &#171; pauvres &#187; au Br&#233;sil, et ceux-ci constituent d'ailleurs aujourd'hui un tiers de la population br&#233;silienne !&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plus pr&#233;cis&#233;ment, la &#171; classe moyenne &#187; repr&#233;senterait 56,3% de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Une cat&#233;gorie qui englobe ceux et celles qui re&#231;oivent le salaire minimum au Br&#233;sil, puisque celui-ci, en d&#233;pit de son augmentation annonc&#233;e &#224; grand fracas, est maintenant d'environ 4000 $ CA par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute &#233;vidence, les pr&#233;tendues avanc&#233;es du gouvernement Lula sont minimes lorsqu'elles sont compar&#233;es aux gains des grands entrepreneurs, de grands propri&#233;taires terriens et des compagnies multinationales. S'il est vrai qu'actuellement le PIB pr&#233;sente un taux de croissance consid&#233;rable, il faut toutefois se demander qui grandit exactement. Nous avons assist&#233; ces huit derni&#232;res ann&#233;es &#224; une intensification de la concentration du capital au Br&#233;sil, et le r&#244;le BNDES (Banque nationale de d&#233;veloppement &#233;conomique, financ&#233;e par le Tr&#233;sor public) y est pour beaucoup. Pensons &#224; titre d'exemple aux fusions et acquisitions impliquant Aracruz et Votorantim, JBS, Vale do Rio Doce et Inco, Brasil Foods (Saida et Perdigao) ou Oi et Brasil Telecom, toutes compagnies ayant b&#233;n&#233;fici&#233; des ressources de cette institution. D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, on peut mesurer la concentration des transferts conc&#233;d&#233;s par le BNDS par le constat que, depuis 2008, seulement 12 grandes compagnies ont dispos&#233; de 57 % des valeurs offertes par cette banque. Et cela, &#224; un taux d'int&#233;r&#234;t, nous le savons, inf&#233;rieur &#224; celui que ces compagnies pourraient obtenir ailleurs, et &#233;videmment &#224; un taux tr&#232;s inf&#233;rieur &#224; celui offert &#224; l'&#233;crasante majorit&#233; de la population br&#233;silienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, on ne rappellera jamais assez le profit record des banques install&#233;es au Br&#233;sil. Lula lui-m&#234;me semble en &#234;tre fier et nous rappelle souvent : sous son gouvernement les profits des banques ont enregistr&#233; une hausse de 420 % &#224; comparer aux profits r&#233;alis&#233;s pendant les deux mandats pr&#233;c&#233;dents du PSDB. En outre, Lula pr&#233;tend avoir mis fin &#224; la d&#233;pendance historique du Br&#233;sil envers le Fonds Mon&#233;taire International, le FMI, &#224; travers le paiement de la dette externe br&#233;silienne, ce qui aurait permis au Br&#233;sil d'en devenir cr&#233;ancier. Or, le Br&#233;sil pr&#233;sente toujours une dette externe de plus de 240 milliards de dollars, et si le paiement d'une partie de cette dette a &#233;t&#233; possible, cela est d&#251; en partie &#224; sa conversion en dette &#171; interne &#187; &#224; travers l'&#233;mission des titres de dette publique. D'ailleurs, le paiement des int&#233;r&#234;ts de la dette publique correspond &#224; 36 % du budget f&#233;d&#233;ral br&#233;silien, un montant que le candidat &#224; la pr&#233;sidence du PSOL (et un des fondateurs du PT) Plinio de Arruda Sampaio appelle plaisamment &#171; Bourse-banquier &#187;, et qui a fait l'objet d'une Commission d'enqu&#234;te parlementaire conclue l'ann&#233;e pass&#233;e. Les d&#233;put&#233;s participants &#224; cette enqu&#234;te ont fr&#233;quemment compar&#233; ce montant astronomique aux d&#233;penses avec la Bourse-famille, programme dont b&#233;n&#233;ficient 40 millions de Br&#233;siliens et qui repr&#233;sente seulement 1 % du budget f&#233;d&#233;ral. En ce qui concerne la sant&#233;, ce secteur a re&#231;u 5 % du budget f&#233;d&#233;ral, tandis que seulement 3 % ont &#233;t&#233; destin&#233;s aux services d'&#233;ducation. Rappelons encore qu'une des critiques les plus fr&#233;quentes r&#233;alis&#233;es &#224; l'endroit du gouvernement Lula est que celui-ci n'applique pas une politique d'universalisation de services, mais une politique sociale &#171; cibl&#233;e &#187; - avec une cible, nous le voyons, dont le seuil est tr&#232;s, tr&#232;s bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lula revendique aussi avoir construit plus d'&#233;coles techniques et d'universit&#233;s que la totalit&#233; des pr&#233;sidents qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;. Pourtant, ce qu'il faut surtout voir, c'est la vision de l'enseignement qui est en question, une vision selon laquelle l'&#233;ducation doit r&#233;pondre aux besoins du march&#233; et viser surtout la professionnalisation des jeunes, &#224; la place d'une &#233;ducation globale qui viserait le d&#233;veloppement d'un esprit critique. Lula se prend d'ailleurs en tant qu'exemple, attribuant la possibilit&#233; de son arriv&#233;e au &#171; poste num&#233;ro un du pays &#187; au dipl&#244;me technicien obtenu &#224; l'&#226;ge de 18 ans sans qu'il ait compl&#233;t&#233; l'&#233;cole primaire. Il est important de pr&#233;ciser &#233;galement que quand Lula d&#233;fend que les jeunes aient un acc&#232;s plus ample &#224; l'universit&#233;, il fait allusion &#224; des programmes comme le &#171; ProUni &#187;, un programme de pr&#234;ts et bourses qui vise le financement des &#233;tudes universitaires dans les &#233;tablissements priv&#233;s, qui ont ainsi l'avantage d'&#234;tre dispens&#233;s du paiement de certains imp&#244;ts et la certitude de recevoir les frais de scolarit&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rappelons que le syst&#232;me d'&#233;ducation postsecondaire au Br&#233;sil est constitu&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; L'argument qui justifie un tel programme est que les universit&#233;s publiques ne sont pas dot&#233;es d'assez de places pour satisfaire la demande. N&#233;anmoins, y aura-t-il de nouvelles places dans les universit&#233;s publiques si l'on investit dans les priv&#233;es ? On peut en douter. Le Prouni a aussi &#233;t&#233; critiqu&#233; par des sp&#233;cialistes en &#233;ducation en raison de la faible proportion des bourses int&#233;grales par rapport aux pr&#234;ts, ce qui provoque l'endettement des &#233;tudiants, les for&#231;ant &#233;ventuellement &#224; abandonner leurs &#233;tudes. Sans compter la mauvaise qualit&#233; de l'enseignement offert en g&#233;n&#233;ral, et, quoique ces chiffres soient en chute depuis 2004, le fait que le Br&#233;sil compte encore 14 millions d'analphab&#232;tes, ou, m&#234;me le double si l'on compte les &#171; analphab&#232;tes fonctionnels &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;http://www.ibge.gov.br/home/presidencia/noticias/noticia_visualiza.php?id_notici&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Le gouvernement Lula aura aussi &#233;t&#233; marqu&#233; par l'absence d'une r&#233;forme fiscale qui enl&#232;verait les imp&#244;ts sur la consommation et taxerait davantage les plus riches, ainsi que par une grande concentration de terre toujours scandaleuse. L'encouragement de l'agron&#233;goce aura de sa part conduit &#224; la d&#233;forestation et de l'Amazonie et du cerrado, la savane br&#233;silienne propre au Centre-ouest du Br&#233;sil, r&#233;gion qui a fait de ce pays, il est vrai, le deuxi&#232;me producteur mondial de soya, mais aussi le deuxi&#232;me dans l'utilisation des OGM et le premier consommateur d'agrotoxiques au monde en termes absolus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pressions des compagnies agricoles install&#233;es au Br&#233;sil sont en effet tenues comme les principales responsables de la r&#233;vision du Code forestier br&#233;silien en discussion actuellement. On propose entre autres de flexibiliser l'exigence de protection des v&#233;g&#233;tations riveraines et d'att&#233;nuer la punition des coupables de d&#233;forestation. Chose certaine, ce gouvernement n'a pas brill&#233; par la protection de la nature br&#233;silienne, mais par de grands travaux controvers&#233;s qui y font atteinte. C'est sous ce gouvernement que les travaux fortement d&#233;battus de d&#233;viation de la rivi&#232;re S. Francisco ont commenc&#233;. C'est aussi sous ce gouvernement que la construction en pleine Amazonie du troisi&#232;me plus gros barrage au monde, Belo Monte, a &#233;t&#233; approuv&#233;e. Outre les pr&#233;occupations quant &#224; l'&#233;cosyst&#232;me de la r&#233;gion et aux populations locales, on doit se demander qui jouira de ces constructions pharaoniques. Poser la question c'est un peu y r&#233;pondre, mais il est aussi pertinent de faire le lien entre ces investissements et le besoin criant de la moiti&#233; des foyers br&#233;siliens qui ne disposent pas d'un syst&#232;me d'&#233;gout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, l'image de &#171; gauche &#187; de l'actuel gouvernement doit beaucoup &#224; sa position pr&#233;tendument contraire aux privatisations. Une question qui rev&#234;t importance sp&#233;ciale &#224; l'heure actuelle, compte tenu de nouveaux gisements de p&#233;trole et de gaz d&#233;couverts au Br&#233;sil &#224; partir de 2005. Pour &#234;tre situ&#233;s en eau maritime profonde, jusqu'&#224; 8000 m&#232;tres de la surface et en dessous d'une &#233;paisse couche de sel, ces gisements re&#231;oivent le nom de &#171; pr&#233;sel &#187;. Si leur taille exacte n'est pas connue, on l'estime &#224; des dizaines de milliards de barils, et il n'est pas rare de constater l'affirmation que le Br&#233;sil pourrait d&#233;passer l'Arabie Saudite en termes de r&#233;serves d'hydrocarbures. Cela n'a pas &#233;chapp&#233; aux discussions de ce second tour de l'&#233;lection, o&#249; les deux candidats s'accusent mutuellement de vouloir privatiser celle qui est l'ic&#244;ne de la participation de l'&#201;tat dans l'&#233;conomie br&#233;silienne, Petrobras. Apr&#232;s le d&#233;sastre provoqu&#233; par BP au golfe du Mexique oblige, il est l&#233;gitime de s'inqui&#233;ter des risques d'une exploitation dans des conditions si risqu&#233;es. Quant au r&#233;chauffement de la plan&#232;te, le lecteur en tirera ses propres conclusions. Mais l'aspect qui nous para&#238;t indispensable d'aborder ici est que l'&#201;tat br&#233;silien ne d&#233;tient plus le monopole de l'exploitation de gaz et du p&#233;trole dans son territoire depuis 1997, date o&#249; le gouvernement FHC a jet&#233; les bases d'un mod&#232;le de concessions de licences de forage. Un monopole que la r&#233;cente capitalisation boursi&#232;re de Petrobras n'a pas restitu&#233; &#224; l'&#201;tat br&#233;silien, le mod&#232;le du gouvernement Lula &#233;tant celui de &#171; partage &#187; : pour g&#233;rer l'exploitation du gaz et du p&#233;trole du pr&#233;sel, le gouvernement br&#233;silien propose la cr&#233;ation d'une deuxi&#232;me compagnie, la Petro-sal, qui, sans s'occuper directement de l'exploitation ou de la commercialisation des produits du pr&#233;sel, aurait la responsabilit&#233; de contr&#244;ler les compagnies qui le feront. Essayons d'&#234;tre plus clairs : BP, Shell, Exxon, Devon, Total et d'autres compagnies p&#233;troli&#232;res sont d&#233;j&#224; en train de participer aux forages des puits dans le pr&#233;sel br&#233;silien &#8211; et, &#233;videmment, d'en profiter &#8211; au moment m&#234;me o&#249; vous lisez ce texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pourrions encore &#233;voquer la r&#233;forme du syst&#232;me de retraites, le surpeuplement des prisons o&#249; sont &#224; ce moment environ un demi-million de Br&#233;siliens ou le fait que la moiti&#233; de la population br&#233;silienne n'a pas droit &#224; des avantages sociaux, puisqu'ils sont dans ce qu'on appelle le secteur &#171; informel &#187; (ce qui invite &#233;galement &#224; reconsid&#233;rer ce que signifie le taux de ch&#244;mage officiel). Mais nous esp&#233;rons que les exemples fournis auront suffi &#224; faire pr&#233;valoir notre point de vue. Sous un masque de progressisme se trouvent des politiques qui en fait favorisent largement les classes plus ais&#233;es au Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant qu'ancien dirigeant syndical, Lula se vante de sa capacit&#233; de r&#233;gler les conflits par des ententes. En effet, avec plus de 80 % d'approbation, le gouvernement Lula semble plaire &#224; la fois &#224; des banquiers et aux b&#233;n&#233;ficiaires de la Bourse-famille. Certains cr&#233;ditent ce fait remarquable au charisme et &#224; l'exp&#233;rience de vie du pr&#233;sident, &#224; son origine d'ouvrier migrant pauvre qui facilite sa connexion avec toute sorte de gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, il y a des int&#233;r&#234;ts qui sont cat&#233;goriquement irr&#233;conciliables, et rien ne garantit d'avance que le gouvernement qui lui succ&#233;dera sera en mesure de r&#233;p&#233;ter une telle prouesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Montr&#233;al, le 27 octobre 2010&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;IVG = Interruption volontaire de grossesse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Plus pr&#233;cis&#233;ment, la &#171; classe moyenne &#187; repr&#233;senterait 56,3% de la population &#233;conomiquement active, tandis que les &#171; pauvres &#187; repr&#233;senteraient 30,8 % en 2009. Voir, entre autres, les &#233;tudes du Centro de Pol&#237;ticas Sociais da Funda&#231;&#227;o Get&#250;lio Vargas &#224; Rio de Janeiro. Marcelo Cortes Neri (dir), A Pequena Grande D&#233;cada : Crise, Cen&#225;rios e a Nova Classe M&#233;dia : Sum&#225;rio Executivo, Rio de Janeiro, FGV, CPS, 2010, 32 p. [En ligne] &lt;a href=&#034;http://www.fgv.br/cps/c2010/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.fgv.br/cps/c2010/&lt;/a&gt;. &#201;videmment, toutes les valeurs mentionn&#233;es dans ce texte d&#233;pendent de la cotation des monnaies br&#233;silienne et canadienne. Nous les avons toutefois arrondies en les majorant &#224; l'unit&#233; sup&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rappelons que le syst&#232;me d'&#233;ducation postsecondaire au Br&#233;sil est constitu&#233; par des &#233;tablissements d'enseignement publics f&#233;d&#233;raux, provinciaux ou municipaux financ&#233;s par l'&#201;tat et qui offrent une &#233;ducation gratuite aux &#233;tudiants, et des &#233;tablissements priv&#233;s o&#249; les &#233;tudiants doivent payer des frais de scolarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ibge.gov.br/home/presidencia/noticias/noticia_visualiza.php?id_noticia=1708&amp;id_pagina=1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.ibge.gov.br/home/presidencia/noticias/noticia_visualiza.php?id_noticia=1708&amp;id_pagina=1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source : GRIPAL - Groupe de recherche sur les imaginaires politique en Am&#233;rique latine, UQAM. &lt;a href=&#034;http://www.gripal.ca/?q=node/209&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lien vers l'article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Position du PSOL sur le second tour des &#233;lections pr&#233;sidentielles</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Position-du-PSOL-sur-le-second-tour-des-elections-presidentielles</link>
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		<dc:date>2006-10-15T15:33:19Z</dc:date>
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		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>

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&lt;p&gt;R&#233;sultat du 1er tour des &#233;lections pr&#233;sidentielles au Br&#233;sil de ce dimanche : Lula n'a pas &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu au premier tour, avec 48,91% des voix, soit 45 millions de voix. Son principal opposant, Geraldo Alckmin (PSDB-PFL, coalition &#034;social d&#233;mocrate&#034; de droite et lib&#233;rale) a obtenu 41,30%, soit 38,2 millions de voix. Notre camarade Heloisa Helena, candidate du Front de Gauche (PSOL-PSTU-PCB) a obtenue pr&#232;s de 6,85% des voix, soit 6.575.393 de votes. &lt;br class='autobr' /&gt; Nous tenons &#224; remercier les &#233;lecteurs qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;sultat du 1er tour des &#233;lections pr&#233;sidentielles au Br&#233;sil de ce dimanche : Lula n'a pas &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu au premier tour, avec 48,91% des voix, soit 45 millions de voix. Son principal opposant, Geraldo Alckmin (PSDB-PFL, coalition &#034;social d&#233;mocrate&#034; de droite et lib&#233;rale) a obtenu 41,30%, soit 38,2 millions de voix. Notre camarade Heloisa Helena, candidate du Front de Gauche (PSOL-PSTU-PCB) a obtenue pr&#232;s de 6,85% des voix, soit 6.575.393 de votes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous tenons &#224; remercier les &#233;lecteurs qui ont soutenu notre candidate pr&#233;sidentielle, Heloisa Helena. Nos 6.575.393 voix viennent de personnes qui ne sont pas tomb&#233; dans le pi&#232;ge de la fausse polarisation pr&#233;sent&#233;e par les m&#233;dias, ni dans le pi&#232;ge du vote utile. Ce sont des votes de rejet vis &#224; vis des partis qui d&#233;fendent le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral, avec sa corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Des votes qui marquent la possibilit&#233; de construire une alternative de gauche et coh&#233;rente pour le Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous remercions tous ceux et celles qui ont vot&#233; pour nos candidats aux postes de gouverneurs, s&#233;nateurs et d&#233;put&#233;s f&#233;d&#233;raux et d'Etats. Aux votes qui ont permis la r&#233;&#233;lection de Luciana Genro, Chico Alencar et Ivan Valente. A nos nouveaux d&#233;put&#233;s d'Etats de Sao Paolo et au d&#233;put&#233; d'Etat &#224; Rio de Janeiro. Nous regrettons la non r&#233;&#233;lection de Jo&#227;o Alfredo, de la Maninha, de Fantazzini et de Bab&#225;, quatre lutteurs socialistes qui ont honor&#233; notre parti et continuent encore &#224; l'honorer. Certains de nos d&#233;put&#233;s d'Etat n'ont pas &#233;t&#233; r&#233;&#233;lus, mais ils poursuivent fermement la lutte pour la construction d'une alternative socialiste et d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En faisant nos remerciements aux &#233;lecteurs de tous les candidats du PSOL, du PSTU, du PCB, de notre Front de Gauche dans tout le Br&#233;sil, nous voulons &#233;galement chaleureusement saluer notre candidate pr&#233;sidentielle, dont les efforts et l'abn&#233;gation dans la campagne &#233;lectorale ont &#233;t&#233; un exemple militant pour tout notre parti. Les fleurs, les acclamations, la tendresse, les accolades re&#231;ues partout o&#249; elle est pass&#233; d&#233;montrent une immense identit&#233; d'une partie importante de notre peuple avec notre expression politique. Beaucoup de personnes disaient &#171; Helena est notre dernier espoir &#187;, d'autres, plus nombreuses encore, disaient &#171; Ne te d&#233;siste pas, sois forte. Aie la force parce que si ce n'est pas pour cette fois-ci, ce sera pour la prochaine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que les 6.575.393 de voix repr&#233;sentent un triomphe politique important. Ce triomphe est encore plus &#233;vident au regard du fait que nos &#233;lecteurs ont d&#251; ramer &#224; contre-courant, ils ont du nager contre la mar&#233;e du vote utile, de la fausse polarisation entre le PT et le PSDB, et ont vot&#233; pour notre candidate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le second tour des &#233;lections, l'Ex&#233;cutif National du PSOL a d&#233;cid&#233;, apr&#232;s d&#233;lib&#233;ration, de ne pas donner de consigne de vote, ni en faveur de Lula, ni en faveur d'Alckmin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La responsabilit&#233; du vote est &#233;norme. Cependant, le PSOL comprend que les deux candidatures qui s'affrontent au second tour d&#233;fendent toutes deux des politiques &#233;conomiques n&#233;olib&#233;rales et des r&#233;formes qui vont continuer &#224; saper les droits des travailleurs, des secteurs publics et des retrait&#233;s br&#233;siliens et qui, sur le terrain de l'&#233;thique, comptent tous deux dans leurs partis des dirigeants et des parlementaires impliqu&#233;s dans des pratiques de corruption, de vol, de trafics d'influence dans les gouvernements et autres d&#233;lits contre le patrimoine et l'administration publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PSOL a fait une campagne avec Heloisa Helena afin de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts du peuple br&#233;silien, en faveur d'un gouvernement honn&#234;te et &#233;thique et pour un programme de profonds changements dans le mod&#232;le &#233;conomique, politique et social du pays. Nous avons obtenu plus de 6 millions de votes de Br&#233;siliens qui croient en nos propositions et notre programme de gouvernement afin de satisfaire les revendications de la classe ouvri&#232;re et du peuple pauvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nom de ce secteur de la population, nous ne pouvons pas avoir d'autre position que de d&#233;noncer les candidatures d'Alckmin et de Lula comme &#233;tant toutes deux des supports &#224; un mod&#232;le politique, &#233;conomique et social injuste qui se refl&#232;te notamment dans la corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Un mod&#232;le qui maintiendra des millions de Br&#233;siliens dans la mis&#232;re et dans la d&#233;pendance des miettes sociales gouvernementales, sans dignit&#233; ni perspectives d'emploi et de meilleurs salaires. De plus, quiconque sera &#233;lu, le cadre politique national est d'ores et d&#233;j&#224; d&#233;fini en faveur d'une alliance conservatrice avec le centre-droit, que ce soit avec le PT ou avec le PSDB, sans changements dans l'&#233;conomie et dans le monde du travail, autrement dit en continuit&#233; avec la soumission face au capital financier. Il n'y aura pas de r&#233;forme agraire, ni de politique de r&#233;cup&#233;ration d'emploi et de la rente en faveur des travailleurs et de la classe moyenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons lutt&#233; pendant 8 ans contre le gouvernement de FHC (Fernando Henrique Collor) et quatre ann&#233;es suppl&#233;mentaires &#224; d&#233;noncer et &#224; combattre le gouvernement Lula &#224; cause de ses politiques en continuit&#233; avec le n&#233;olib&#233;ralisme. Aujourd'hui, en quelques jours, nous ne pouvons pas renier ce que nous avons fait pendant ces douze ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position du PSOL concerne les affili&#233;s du PSOL. Nos membres, dans les urnes, ont bien entendu le droit de faire ce qu'ils voudront. Mais pas publiquement. Le d&#233;put&#233;, le s&#233;nateur, le conseiller municipal ou le dirigeant syndical &#233;galement. Pour ces figures publiques, cette r&#232;gle est encore plus importante, parce que les d&#233;clarations &#224; la presse seront caract&#233;ris&#233;es comme une campagne et cela est prohib&#233; par notre r&#233;solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe des personnes de bien et de paix, hommes et femmes de lutte partout, et qui votent pour d'autres candidats. Nos &#233;lecteurs et &#233;lectrices sont des femmes et des hommes libres, et ils ont le droit de choisir comment voter au second tour. Mais le PSOL a, lui, une position claire : ne donner aucune consigne de vote en faveur de l'un ou l'autre des deux candidats. Ceci &#233;tant clarifi&#233;, ni le PT ni le PSDB n'ont &#224; nous solliciter, nous avons d&#233;fini notre position politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous appelons le peuple br&#233;silien &#224; ne faire confiance &#224; aucun de ces candidats et &#224; se pr&#233;parer &#224; r&#233;sister et &#224; lutter contre les politiques du futur vainqueur. Nous serons au c&#244;t&#233; des travailleurs et du peuple dans le combat pour la d&#233;fense des droits des travailleurs, nous serons pr&#233;sents sur le champ de bataille afin de faire ce que nous avons le devoir de faire car les deux candidatures repr&#233;sentent le m&#234;me projet n&#233;olib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ex&#233;cutif National du PSOL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brasilia, 03/10/2006&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction : Ataulfo Riera&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Elections br&#233;siliennes : mise en perspective (I)</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Elections-bresiliennes-mise-en-perspective-I</link>
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		<dc:date>2006-10-15T15:17:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles-Andr&#233; Udry</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 1er octobre 2006, premier tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Luiz Inacio Lula da Silva, pr&#233;sident de la R&#233;publique f&#233;d&#233;rale du Br&#233;sil et membre du Parti des travailleurs (PT), obtient 48,6% des voix, 46'661'741 citoyens et citoyennes ont vot&#233; pour lui (le vote est obligatoire, avec quelques exceptions). Son rival, Geraldo Alckmin, du Parti de la social-d&#233;mocratie br&#233;silienne (PSDB), r&#233;unit 41,6% des voix, soit 39'961'167 votants. Heloisa Helena, candidate du Front de gauche (alliance (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 1er octobre 2006, premier tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Luiz Inacio Lula da Silva, pr&#233;sident de la R&#233;publique f&#233;d&#233;rale du Br&#233;sil et membre du Parti des travailleurs (PT), obtient 48,6% des voix, 46'661'741 citoyens et citoyennes ont vot&#233; pour lui (le vote est obligatoire, avec quelques exceptions). Son rival, Geraldo Alckmin, du Parti de la social-d&#233;mocratie br&#233;silienne (PSDB), r&#233;unit 41,6% des voix, soit 39'961'167 votants. Heloisa Helena, candidate du Front de gauche (alliance entre le Parti du socialisme et de la Libert&#233; - PSOL, le Parti socialiste des travailleurs unifi&#233; - PSTU et le Parti communiste br&#233;silien), rassemble 6,85% des voix, ce qui repr&#233;sente un &#233;lectorat de 6'575'393 personnes. Lula n'obtient pas la majorit&#233; des voix n&#233;cessaire pour &#234;tre &#233;lu au premier tour. Le second tour se d&#233;roulera le 29 octobre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le r&#233;sultat du premier tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle - ainsi que celles &#224; la Chambre des d&#233;put&#233;s, au S&#233;nat (renouvellement d'un tiers des membres), au poste de gouverneur des Etats de la R&#233;publique f&#233;d&#233;rale du Br&#233;sil et du l&#233;gislatif de chaque Etat - a donc d&#233;bouch&#233; sur une situation encore impr&#233;vue 10 jours avant le scrutin. Luiz Inacio Lula da Silva devra donc affronter Geraldo Alckmin, lors d'un second tour fix&#233; au 29 octobre 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mis en perspective, ce r&#233;sultat &#233;lectoral, en tant que tel, n'est peut-&#234;tre pas l'&#233;l&#233;ment qui m&#233;rite le plus d'attention. En effet, ceux et celles qui, en 2002, voyaient dans l'&#233;lection de Lula et d'un &#171; gouvernement du Parti des travailleurs &#187; une victoire &#233;lectorale qui conduirait &#224; une &#171; transformation &#187; du plus grand pays d'Am&#233;rique latine doivent (ou devraient) se poser quelques s&#233;rieuses questions. D'autant plus s'ils ont particip&#233; &#224; la diffusion de la plus en plus mythique &#171; d&#233;mocratie participative &#187; ou du pr&#233;tendu &#171; nouveau mod&#232;le de parti anticapitaliste &#187; qu'aurait encore &#233;t&#233; le PT des ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout pour la &#171; gouvernabilit&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des derni&#232;res ann&#233;es nous avons publi&#233; - sur ce site - un mat&#233;riel abondant qui permettait de saisir la continuit&#233; substantielle entre la politique mise en pratique par le gouvernement bourgeois de coalition plac&#233; sous la houlette de Lula et celle de son pr&#233;d&#233;cesseur : Fernando Henrique Cardoso (FHC). Ce dernier pr&#233;sida aux destin&#233;es du Br&#233;sil de 1995 &#224; 2002. Il d&#233;roula un programme de contre-r&#233;formes n&#233;oconservatrices aboutissant &#224; un profond changement du maillage social et &#233;conomique br&#233;silien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La continuit&#233; entre FHC et Lula pouvait se rep&#233;rer, avant m&#234;me la date des &#233;lections de 2002, dans les alliances pass&#233;es avec des repr&#233;sentants significatifs du grand capital. Le choix du vice-pr&#233;sident Jos&#233; Alencar, un des leaders de l'industrie du textile, donnait le ton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus importante a &#233;t&#233; la nomination &#224; la t&#234;te de la Banque centrale du Br&#233;sil d'Henrique de Campos Meirelles. La carri&#232;re de ce banquier ne se limitait pas &#224; la direction de la BankBoston au Br&#233;sil entre 1984-1986 et &#224; son r&#244;le de directeur de la Febraban (F&#233;d&#233;ration des banques br&#233;siliennes) ou de l'Association br&#233;silienne des banques internationales. De 1999 &#224; 2002 il fut le pr&#233;sident de la Global Bank of FleetBoston Financial (Massachusetts). Il fut aussi tr&#232;s actif dans divers organismes de pr&#234;ts (leasing) et dans la Bourse (secteur des op&#233;rations sur instruments financiers) de S&#227;o Paulo. Meilleres illustrait &#224; lui seul l'option &#233;conomique strat&#233;gique que le gouvernement Lula allait choisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien d'&#233;tonnant d&#232;s lors - si ce n'est pour ceux qui r&#233;duisent la politique au &#171; jeu des partis &#187; - de constater que les banques br&#233;siliennes ont doubl&#233; leurs gains d&#233;j&#224; en 2004 par rapport &#224; 2001. Or, 36% de leurs b&#233;n&#233;fices proviennent des op&#233;rations sur les obligations de l'Etat br&#233;silien ; c'est-&#224;-dire du service de la dette interne assur&#233; gr&#226;ce au budget &#233;tatique. Ce dernier est financ&#233; par une fiscalit&#233; on ne peut plus favorable aux riches. Simultan&#233;ment, l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire s&#233;vit dans le domaine social, dans celui de la r&#233;forme agraire, etc. Enfin, la politique des taux d'int&#233;r&#234;t r&#233;els &#233;lev&#233;s, dont Meirelles a &#233;t&#233; le chef d'orchestre, va gonfler les poches des rentiers parasites, d&#233;tenteurs de la dette interne (obligations) : des gains r&#233;els annuels de 15%, garantis ! Le real s'est appr&#233;ci&#233; fortement (quelque 35%) face au dollar, ce qui arrange ceux endett&#233;s en dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, le gouvernement Lula a plac&#233; de suite sa politique sous le slogan : &#171; Il n'y a pas d'alternative &#187;. Cette devise thatch&#233;rienne est &#171; conceptuellement &#187; r&#233;nov&#233;e en Am&#233;rique latine. Le terme de gouvernabilit&#233; a pris sa place. Cela implique que la &#171; gauche &#187; fasse montre de son aptitude &#224; passer des alliances sociales avec des fractions effectives de la bourgeoisie et des accords politiques avec des partis bourgeois. Le tout dans un double but : 1&#176; assurer la stabilit&#233; politique et sociale tout en menant des contre-r&#233;formes ; 2&#176; coopter les repr&#233;sentants des partis et organisations sociales ; les d&#233;sarmer et d&#233;politiser au maximum les couches populaires qui pourraient s'engager dans une action directe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la sorte sont satisfaites les exigences essentielles du Capital national et international. Cette orientation fut d'ailleurs mise en &#339;uvre, d&#232;s 2001, dans la m&#233;galopole phare du Br&#233;sil, S&#227;o Paulo, par la maire Marta Suplicy, &#233;g&#233;rie du new-PT. Elle n'h&#233;sita pas &#224; passer des accords avec des repr&#233;sentants de la droite la plus traditionnelle et r&#233;actionnaire. Aujourd'hui, elle dirige dans cette ville la campagne de Lula pour le second tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'affirmation d'une n&#233;o-bureaucratie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule la candeur - ou l'ignorance - pouvait laisser croire que l'accession de Lula &#224; la pr&#233;sidence, en 2003, allait marquer un &#171; tournant &#187;. D'autant plus que sa victoire &#233;lectorale a eu lieu dans un contexte o&#249; les mobilisations sociales &#233;taient fragment&#233;es et en recul. A l'exception de celles conduites, entre autres, par le Mouvement des Sans Terre (MST) ; toutefois, il faut replacer ces luttes, importantes, dans le cadre d'un pays largement urbanis&#233; : plus de 83% de la population vit ou survit dans des conurbations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1994, la mutation du PT s'est acc&#233;l&#233;r&#233;e en r&#233;ponse, partiellement, &#224; l'&#233;chec de la campagne &#233;lectorale de Lula contre FHC et comme r&#233;sultat, aussi, de son insertion croissante dans les institutions locales ; cela au moment m&#234;me d'une d&#233;crue des mobilisations socio-politiques et d'une transformation du tissu social. Le poids des salari&#233;&#183;e&#183;s de l'industrie - qui avaient port&#233; le PT sur les fonts baptismaux &#224; la toute fin des ann&#233;es 1970 - d&#233;cro&#238;t. Le recul de l'emploi industriel des ann&#233;es 1960-1980, dans des r&#233;gions politiquement de r&#233;f&#233;rence, s'accompagne de l'&#233;largissement d'un salariat de plus en plus pr&#233;caris&#233;, avec des d&#233;grad&#233;s allant jusqu'aux extr&#234;mes du &#171; secteur informel &#187;. Conjointement, le courant de la th&#233;ologie de la lib&#233;ration - pr&#233;sent aussi bien dans le PT, dans le MST que dans diverses organisations sociales - subissait les coups port&#233;s par Jean-Paul II et son appareil bureaucratique. Sa vitalit&#233; a &#233;t&#233; affaiblie. Or, ses adh&#233;rents intervenaient de mani&#232;re vive dans ce &#171; paup&#233;riatat &#187; en extension. Le climat socio-politique s'en est ressenti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte, Lula avec l'appui d'un secteur du PT a construit une machine politique qui prit ses distances avec le corps du PT (par exemple l'Institut de la Citoyennet&#233;), tout en contr&#244;lant l'appareil central du parti. Les rapports avec la base du PT changent. Cette derni&#232;re est consciemment d&#233;sorganis&#233;e. Une n&#233;o-bureaucratie se cr&#233;e. Son enracinement social s'effiloche compl&#232;tement, quelle que soit son histoire militante. Ce qui explique notamment la rapidit&#233; de sa conversion programmatique et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principaux acteurs de ce remodelage du PT - autour de Lula qui en est le centre - tomberont sous les coups des scandales &#224; r&#233;p&#233;tition d&#232;s 2005 : de Jos&#233; Dirceu (le bras droit de Lula, ayant initialement la charge d'un vice-pr&#233;sident) &#224; Jos&#233; Genoino (pr&#233;sident du PT) en passant par le ministre de l'Economie Antonio Palocci, pour ne pas allonger la liste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'activit&#233; militante est sur la pente du d&#233;clin. Lors des &#233;lections, le PT paie des distributeurs de tracts et des porteurs de drapeaux et pancartes. Tout un symbole du ralliement &#224; la pratique des partis bourgeois traditionnels br&#233;siliens, avec leur client&#233;lisme bien ancr&#233;. Les campagnes &#233;lectorales de 2002 et 2006 furent exemplaires &#224; ce propos. Cela va de pair avec une politique de recrutement tr&#232;s &#171; ouverte &#187; qui est en syntonie avec la fonction possible du PT comme ascenseur social pour une client&#232;le fid&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le milieu des ann&#233;es 1990, Lula agence des rapports &#171; directs &#187; - ce qui n&#233;cessite la priorit&#233; donn&#233;e aux m&#233;dias - avec une partie importante d'une population &#233;loign&#233;e de toute organisation politique et sociale. Ce faisant, il va accro&#238;tre la tendance &#224; se voir d&#233;l&#233;guer un r&#244;le de thaumaturge, construit sur l'arri&#232;re-fond m&#233;diatis&#233; de sa trajectoire d'enfant du Nordeste et d'ouvrier de la m&#233;tallurgie. Toute la campagne &#233;lectorale de 2002 fut conduite par un sp&#233;cialiste de la communication, Duda Mendon&#231;a, qui avait servi les candidats de la droite. Mendon&#231;a devra reconna&#238;tre que le financement de la campagne relevait de fonds ayant transit&#233; par les paradis fiscaux des Bahamas. Les liens avec la Rede Globo, d&#233;cisive dans le monde m&#233;diatique br&#233;silien, exigeaient des promesses de soutien et des contreparties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2002, un candidat paradisiaque est donc mis en sc&#232;ne : &#171; Lula, paix et amour &#187;. Ce candidat &#233;crit directement au peuple br&#233;silien, tout en donnant, dans la m&#234;me lettre, toutes les assurances exig&#233;es par les puissants. Il signe, bien avant les &#233;lections, un engagement &#224; suivre les &#171; recommandations &#187; du FMI, sur injonction de FHC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#233;tait donc en place pour que la pr&#233;sidence de Lula soit celle d'une continuit&#233; pr&#233;servant (et renfor&#231;ant) les int&#233;r&#234;ts des dominants - dans un des pays les plus in&#233;galitaires au monde - et affaiblissant ou neutralisant les organisations aptes &#224; stimuler la d&#233;fense des besoins et exigences des classes populaires. Les &#233;lections de 2006 confirment cette tendance, si ce n'est qu'elles sont assombries par les cascades de scandales de corruption qui touchent le parti pr&#233;tendant avoir le monopole de &#171; l'&#233;thique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La difficile rupture et son contraire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces transformations du PT furent saisies par une partie des tendances dites de gauche du PT. Toutefois, ces courants et leurs membres seront soumis &#224; divers conditionnements et craintes, ou encore cultiv&#232;rent des illusions rassurantes, au point d'y succomber au prix... de r&#233;compenses sonnantes et tr&#233;buchantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; Les critiques faites &#224; l'orientation non seulement du &#171; camp majoritaire &#187; du PT, mais aussi &#224; la machine bureaucratique mise en place par Lula et ses affid&#233;s &#233;taient souvent contenues, de peur de &#171; donner des munitions &#224; la droite &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; Les congr&#232;s du PT fonctionnaient comme un th&#233;&#226;tre d'illusionnistes : des prises de position &#171; de la gauche &#187; du PT pouvaient obtenir un certain appui, mais elles ne se traduisaient en rien dans l'orientation g&#233;n&#233;rale pratique et dans celle divulgu&#233;e par Lula. Ces congr&#232;s devinrent de plus en plus des rassemblements o&#249; les &#233;lus et les permanents du PT disposaient de la tr&#232;s large majorit&#233; des mandats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176; La &#171; fid&#233;lit&#233; &#187; aux id&#233;es initiales du parti se transforma, pour beaucoup, sous l'attrait d'avantages en termes mat&#233;riels et de reconnaissance publique, en une &#171; fid&#233;lit&#233; &#187; &#224; l'appareil du parti. Le &#171; programme &#187; fut class&#233; aux archives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176; La cooptation des dirigeants syndicaux de la CUT (Centrale unitaire des travailleurs) alla de pair avec le &#171; tournant &#187; du PT-Lula. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si les dirigeants syndicaux ont &#233;t&#233; si nombreux dans les instances gouvernementales ou dans l'appareil de direction politico-gouvernementale lors du (premier) mandat pr&#233;sidentiel de Lula.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par leur pratique de n&#233;gociation dans les grandes entreprises, en particulier les filiales des multinationales, les syndicalistes avaient pris le pli du compromis que l'on apprend &#224; vendre aux salari&#233;&#183;e&#183;s. La &#171; concertation sociale &#187; servira d'apprentissage &#224; la &#171; concertation politique &#187;. Elle sera encourag&#233;e lors des cours donn&#233;s, sur invitation, par l'appareil syndical du DGB allemand et de fondations telles que la Friedrich Ebert Stiftung.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, l'int&#233;gration des dirigeants syndicaux dans la gestion de sommes tr&#232;s importantes des fonds de pension les mettra en relation avec le capital financier et en fera des partenaires consentants de la politique de Meirelles. La premi&#232;re contre-r&#233;forme de la pr&#233;sidence Lula portera, pr&#233;cis&#233;ment, sur l'&#233;largissement et la lib&#233;ralisation des fonds de pension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176; La crainte d'une rupture avec le PT aboutissant &#224; un certain isolement - apr&#232;s avoir agi dans le cadre rassurant d'un grand parti disposant de forts appuis institutionnels - a frein&#233; les vell&#233;it&#233;s d'oppositions claires, frontales, qui risquaient d'aboutir &#224; une cassure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette retenue a aussi r&#233;duit - m&#234;me si on peut en discuter l'ampleur - la capacit&#233; de r&#233;sistance &#224; la politique du gouvernement Lula. Les r&#233;serves dans la critique, justifi&#233;es parfois par des calculs de diplomatie politique sophistiqu&#233;s, ont contribu&#233; &#224; accro&#238;tre le scepticisme et le d&#233;couragement parmi une couche militante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, la rupture intervenue en 2003 &#233;tait d'autant plus importante. Elle s'est produite lorsque Heloisa Helena (candidate pr&#233;sidentielle aux &#233;lections de 2006), Luciana Genro (d&#233;put&#233;e de Rio Grande do Sul, r&#233;&#233;lue avec un tr&#232;s bon score) et Baba (Joao Batista Oliveira de l'Etat du Parana qui n'a pas &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu) furent suspendus puis exclus du PT. Plus d&#233;cisif, ces militant&#183;e&#183;s s'engag&#232;rent de suite - malgr&#233; les doutes savants d'intellectuels marxistes de divers continents - dans la cr&#233;ation de ce qui deviendra le P-SOL (Parti du socialisme et de la libert&#233;). D&#233;but des ann&#233;es 1990, des forces qui donn&#232;rent naissance en 1994 au PSTU (Parti socialiste des travailleurs unifi&#233;, l&#233;galis&#233; en 1995) s'&#233;taient d&#233;j&#224; engag&#233;es dans une orientation d'expulsion-rupture avec le PT. Ces deux formations se sont retrouv&#233;es dans le Front de gauche &#224; l'occasion de ces derni&#232;res &#233;lections (voir sur ce site la pr&#233;sentation de la plate-forme &#233;lectorale du Front de gauche, 8 septembre 2006).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La banalit&#233; de la corruption...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est courant d'entendre dans la &#171; gauche &#187; que le gouvernement du PT-Lula a fait des erreurs. Si l'on entend par l&#224; les faux pas commis par l'appareil luliste &#224; l'occasion de l'achat du vote de d&#233;put&#233;s &#224; la Chambre pour obtenir une majorit&#233;, il faut simplement parler de maladresses, mais pas d'erreurs. Certains d&#233;put&#233;s de &#171; l'opposition &#187; ont touch&#233; un versement mensuel pouvant aller jusqu'&#224; 10'710 euros pour vendre leur voix au gouvernement. Cette pratique est le propre du fonctionnement du parlement bourgeois et de ladite d&#233;mocratie br&#233;silienne. L'appareil du PT s'y est totalement adapt&#233;. En cela, il prolongeait ce que, &#224; une &#233;chelle inf&#233;rieure, il faisait souvent dans de grandes municipalit&#233;s et des Etats o&#249; ses membres dirigeants d&#233;tenaient des postes de gouverneur et de maire. Chantages et &#171; r&#233;v&#233;lations &#187; sont inh&#233;rents &#224; ces pratiques. Les scandales ne pouvaient qu'&#233;clater au grand jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi avoir &#224; l'esprit que Lula, une fois pr&#233;sident, pouvait nommer quelque 20'000 personnes &#224; divers postes. Une distribution toute particuli&#232;re de la reconnaissance pour services rendus ou &#224; rendre. Les privatisations dict&#233;es par FHC ont d'ailleurs r&#233;duit le nombre de ces postes-pr&#233;bendes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, l'emprise sur une partie de l'appareil d'Etat central - la police et l'arm&#233;e, entre autres, ont toujours manifest&#233; leur &#171; ind&#233;pendance &#187; et les g&#233;n&#233;raux ont continu&#233; leurs relations traditionnelles avec leurs confr&#232;res des Etats-Unis - a donn&#233; au PT des ressources financi&#232;res et un r&#233;seau d'influences accru. Il n'avait pu jusqu'alors les cultiver avec autant de dynamisme. Les &#171; scandales de corruption &#187; qui &#233;clabouss&#232;rent le PT et ses dirigeants ne sont que la traduction de son int&#233;gration pleine et compl&#232;te &#224; la structure politico-&#233;tatique bourgeoise du Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La repr&#233;sentation politique fragment&#233;e dans le l&#233;gislatif br&#233;silien stimule aussi les n&#233;gociations - avec un prix fix&#233; en dollars ou reais - et les distributions de &#171; d&#233;dommagement &#187;. C'est un v&#233;ritable commerce. A cela s'ajoutent les relations avec les gouverneurs des Etats. Elles ont le plus souvent la forme de transactions financi&#232;res, sous formes diverses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;... et le client&#233;lisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le foss&#233; entre le fonctionnement de ce syst&#232;me politique et la tr&#232;s large majorit&#233; de la population est abyssal. En effet, plus de 43 millions de Br&#233;siliennes et de Br&#233;siliens vivent dans l'extr&#234;me indigence, soit (selon un crit&#232;re d'ailleurs discutable) avec un dollar par jour. Les d&#233;penses d&#233;di&#233;es &#224; l'&#233;ducation d'un enfant des &#171; classes moyennes &#187; sont 78 fois plus &#233;lev&#233;es que celles pour un enfant des milieux populaires, pour autant que ce dernier soit scolaris&#233;. Les int&#233;r&#234;ts encaiss&#233;s par les d&#233;tenteurs d'obligations d'Etat &#233;quivalent au revenu de la moiti&#233; pauvre de toute la population !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; cette aune qu'il faut aussi mesurer le foss&#233; entre le &#171; monde politique &#187; et la majorit&#233; de la population. Certes, les &#233;lections peuvent repr&#233;senter un moment exceptionnel pour des &#171; citoyens &#187; peu concern&#233;s : ils ont l'occasion de gagner 8 &#224; 10 euros par jour en agitant des drapeaux et des pancartes durant 10 heures, sur les bords des carrefours d'une ville ou lors de &#171; meetings de masse &#187; des &#171; grands partis &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cet espace mur&#233; entre les salons des th&#233;&#226;tres institutionnels et la vie de la tr&#232;s large majorit&#233; de la population que le client&#233;lisme politique prosp&#232;re. Sur l'humus des in&#233;galit&#233;s sociales extr&#234;mes comme de la pauvret&#233; persistante et brutale les pratiques client&#233;laires fleurissent. Elles peuvent aussi prendre les formes de projets assistentialistes tels que le gouvernement Lula les a conduits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce plan &#233;galement, le gouvernement Lula n'a donc pas &#171; commis d'erreurs &#187;. Il a simplement continu&#233;, comme cela &#233;tait annonc&#233; d&#232;s 2002, l'essentiel de l'orientation impuls&#233;e par FHC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lula a r&#233;organis&#233; les initiatives d'aides cibl&#233;es aux plus pauvres. Nombre d'analystes ont insist&#233; sur l'importance de la bourse-famille (bolsa familia) pour comprendre l'appui &#233;lectoral que Lula a re&#231;u dans le Nordeste (Nord-Est) du pays en 2006. Le fait est peu contestable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, il ne faudrait pas oublier que ces aides cibl&#233;es - selon les crit&#232;res m&#234;me de la Banque mondiale - ont &#233;t&#233; mises en place par FHC et m&#234;me par son pr&#233;d&#233;cesseur Jos&#233; Sarney. Ainsi, les bons d'achat de bonbonne de gaz pour la cuisson des aliments (vale-gas), les coupons pour l'achat de lait (ticket-leite) ou l'aide pour &#234;tre scolaris&#233; (bolsa-escola) existaient d&#233;j&#224;. FHC g&#233;rait ces soutiens, pour ne pas dire aum&#244;nes, comme instrument de captation de votes. Sur le fond, Lula va r&#233;unir dans la bourse-famille les diverses mesures d'assistance. Cela a permis &#224; quelques millions de familles d'acqu&#233;rir, avec des sommes pouvant aller jusqu'&#224; 35 euros par mois, de la nourriture de base (riz, haricots rouges...). Ce n'est pas &#224; n&#233;gliger. Mais l'insertion structurelle de ces millions de travailleuses et travailleurs dans le tissu socio-&#233;conomique n'a pas chang&#233; d'un iota, et ce n'est m&#234;me pas un droit universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas touche &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au plan Faim z&#233;ro (fome zero), pr&#233;sent&#233; avec fracas en 2001 conjointement aux promesses d'une r&#233;forme agraire significative, il eut la consistance de son qualificatif. Fin 2005, le sociologue Chico de Oliveira le r&#233;suma ainsi : &#171; En quoi consiste faim z&#233;ro ? L'Eglise catholique l'aurait appel&#233; extr&#234;me onction. Il sauve l'&#226;me, mais pas le corps. C'est ce que fait Faim z&#233;ro. Comment ce programme change-t-il la fa&#231;on dont sont distribu&#233;s les revenus au Br&#233;sil ? En rien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la r&#233;forme agraire est une pi&#232;ce centrale de toute r&#233;ponse &#224; la &#171; faim &#187;, dans un pays o&#249;, selon l'Institut officiel (INCRA), les 32'264 plus grands propri&#233;taires terriens (poss&#233;dant chacun plus de 2000 hectares) d&#233;tiennent 31,6% des terres cultivables. La composition initiale du gouvernement laissait d&#233;j&#224; entrevoir que, malgr&#233; les espoirs et la mobilisation des organisations de sans-terre et de petits paysans, la r&#233;forme agraire serait plus que modeste. Et pour cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Minist&#232;re de l'agriculture fut confi&#233; &#224; un repr&#233;sentant connu de l'agribusiness exportateur : Roberto Rodriguez. Celui du &#171; d&#233;veloppement agraire &#187; (r&#233;forme agraire) &#224; un repr&#233;sentant de la gauche du PT (membre du courant D&#233;mocratie socialiste), Miguel Rossetto. La hi&#233;rarchie &#233;tait &#233;tablie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands propri&#233;taires l'ont imm&#233;diatement compris. En alliance &#233;troite avec les juges, ils ont utilis&#233; les &#171; moyens l&#233;gaux &#187; pour frapper les paysans pauvres. En 2003, selon la Commission Pastorale de la Terre (CPT), 35'297 familles (176'485 personnes) furent expuls&#233;es des terres qu'elles occupaient ou dont elles revendiquaient la propri&#233;t&#233;, apr&#232;s les avoir travaill&#233;es durant des ann&#233;es. Un nombre annuel d'expulsions sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire du Br&#233;sil. Ce qui ne freina pas les assassinats de paysans et de militants du MST durant tout le mandat de Lula.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la place ici d'&#233;tablir un bilan de la r&#233;forme agraire. N&#233;anmoins, entre les objectifs r&#233;alistes fix&#233;s en 2003 - sur demande du gouvernement Lula - par Plinio de Arruda Sampaio, une autorit&#233; en la mati&#232;re, et le r&#233;sultat final, la distance est analogue &#224; celle s&#233;parant les latifundistes des petits paysans. Le plan de Sampaio pr&#233;voyait l'installation sur des terres d'un million de familles jusqu'en fin 2006, un syst&#232;me de pr&#234;ts bancaires et d'achat anticip&#233; de la r&#233;colte afin d'approvisionner, &#224; terme, le plan &#171; faim z&#233;ro &#187; et les acquisitions &#233;tatiques de nourriture pour les &#233;coles, les h&#244;pitaux, l'arm&#233;e, etc. Ces propositions de Sampaio pouvaient &#234;tre mises en application par d&#233;cret pr&#233;sidentiel ; donc l'obstacle parlementaire ne peut &#234;tre invoqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, il ne s'agit pas seulement d'une diff&#233;rence quantitative entre engagement chiffr&#233; et r&#233;alisation - un rapport de 1 &#224; 5 - mais d'une question essentielle de choix politico-programmatique. Le gouvernement Lula ne voulait pas affronter la question de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e - celle des latifundistes - m&#234;me sous des formes mod&#233;r&#233;es, &#171; l'expropriation &#187; des terres s'effectuant contre un paiement int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tensions avec le MST et d'autres organisations n'ont cess&#233; de cro&#238;tre en 2005 et 2006. Cependant, des dizaines de milliers de familles v&#233;g&#232;tent sur le bord des chemins dans l'attente de pouvoir s'installer sur des terres et d&#233;pendent donc encore des aides financi&#232;res du gouvernement. Ce qui explique, en partie, l'attitude du MST face &#224; ce gouvernement. Nous y reviendrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand l'argent occupe tout l'espace politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absence de d&#233;bats programmatiques entre les deux candidats qui occup&#232;rent l'avant-sc&#232;ne m&#233;diatique, Lula et Alckmin, fut la caract&#233;ristique principale du premier tour de l'&#233;lection. Le marketing politique envahit tout l'espace. L'argent, les ressources financi&#232;res prenaient la place de la &#171; mobilisation citoyenne &#187;, &#224; un point rarement connu jusqu'ici. Cela s'inscrivait dans le droit fil des ann&#233;es Lula. Une sorte de complicit&#233; en ce domaine se manifesta entre les deux principaux acteurs de la pr&#233;sidentielle. Pedro Stedile, membre de la coordination du MST, dans un entretien avec l'Agence Carta Maior, le 5 octobre 2006, affirmait : &#171; Lors du premier tour il n'y eut pas de d&#233;bat et, pratiquement, les candidats ne d&#233;fendirent pas de projet... La caract&#233;ristique de ces &#233;lections, au moins lors du premier tour, fut un &#233;tat d'h&#233;b&#233;tude g&#233;n&#233;rale en fonction du manque de d&#233;bat sur des projets. &#187; Stedile souligne que Lula en aucune mesure &#171; ne stimula la participation du mouvement social &#187;. Ce fut en effet le grand absent des &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallut attendre les dix derniers jours pour enregistrer un changement. Il n'intervint pas dans la qualit&#233; du d&#233;bat politique, mais dans l'offensive - plus vigoureuse qu'attendu par la direction du PT - des m&#233;dias contre Lula et son gouvernement. T&#233;l&#233;vision et presse s'empar&#232;rent d'une affaire : la tentative d'achat, pour une somme de quelque 800'000 dollars, d'un &#171; dossier &#187; cens&#233; compromettre Jos&#233; Serra - candidat du PSDB au poste de gouverneur de l'Etat de S&#227;o Paulo, qui fut &#233;lu au premier tour - dans des affaires de corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des proches collaborateurs de Lula avaient mont&#233; cette op&#233;ration, au cours de laquelle ils furent arr&#234;t&#233;s le 15 septembre. Tous les m&#233;dias mirent en sc&#232;ne la montagne d'argent, au sens litt&#233;ral du terme, qu'impliquait une telle d&#233;marche d'acquisition de documents compromettants. Ils pos&#232;rent une question : d'o&#249; viennent ces fonds ? Une interrogation &#224; laquelle les responsables du PT ne pouvaient r&#233;pondre. Une fois de plus, Lula n'&#233;tait &#171; pas au courant &#187; et renvoyait &#224; la maison les &#171; responsables &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une frange des &#233;lecteurs et des &#233;lectrices, cette exhibition d'argent &#233;clairait une fois de plus d'une lumi&#232;re crue non seulement les pratiques du PT, mais le mur s&#233;parant la vie de ces politiciens de la leur. Le passif du gouvernement Lula acquerrait &#224; nouveau les traits de la corruption, du gaspillage, de l'incomp&#233;tence. Que des actes de corruption puissent &#234;tre imput&#233;s - entre autres dans une affaire d'achat d'ambulances - au PSDB et &#224; son candidat passaient au second rang, d'autant plus que les r&#233;v&#233;lations en la mati&#232;re n'&#233;tonnent plus grand monde. Par contre, la convergence des pratiques entre les deux composantes politiques - repr&#233;sent&#233;es par les deux candidats Lula et Alckmin - se concr&#233;tisait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette ambiance naus&#233;abonde, Lula refusa de participer, le 28 septembre 2006, au seul d&#233;bat r&#233;unissant les divers candidats : Alckmin, Heloisa Helena, Cristovam Buarque. Une reculade qui traduisait la difficult&#233; pour Lula de d&#233;fendre les m&#233;thodes et le contenu de sa politique &#224; l'occasion d'un d&#233;bat t&#233;l&#233;vis&#233; non biais&#233;. Divers analystes, sp&#233;cialistes de l'&#233;volution des intentions de vote, ont attribu&#233; &#224; ces deux &#171; incidents &#187; le fait que Lula ne fut pas &#233;lu au premier tour, m&#234;me si son r&#233;sultat fut sup&#233;rieur &#224; celui de 2002 (48,6% contre 46,4%). Certes, il avait l'avantage de disposer de la machine &#233;tatique. De l'efficacit&#233; de cet atout, FHC en avait fait la d&#233;monstration son lors de l'&#233;lection pour son deuxi&#232;me mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un affrontement dans un cadre bien d&#233;limit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En arri&#232;re-fond de la campagne m&#233;diatique des jours pr&#233;c&#233;dant le 1er octobre s'est profil&#233;e la volont&#233; d'un secteur de la bourgeoisie de mettre en difficult&#233; Lula et de lui infliger un &#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas, lui imposer un second tour ne pouvait qu'aboutir &#224; s'assurer une soumission accrue, dans le futur, aux exigences du Capital. Dans un entretien avec le quotidien argentin Clarin (7.10.2006), le dirigeant de la F&#233;d&#233;ration des industriels de S&#227;o Paulo (FIESP), Paulo Skaf - tout en indiquant qu'une fraction de son organisation et lui-m&#234;me pr&#233;f&#233;raient Alckmin -, soulignait, en substance, que les deux candidats devraient introduire des changements dans la politique gouvernementale &#224; venir : r&#233;duire la &#171; dimension de l'Etat &#187;, modifier le syst&#232;me fiscal, red&#233;finir la politique des taux d'int&#233;r&#234;t, etc. La FIESP le ferait savoir, confiait-il, lors de conversations avec les deux candidats et &#233;tait certaine d'&#234;tre &#233;cout&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sociologue Chico Oliveira, cit&#233; dans des contributions publi&#233;es par Correio da Cidadania, observe &#171; qu'il s'agit, essentiellement, d'une &#233;lection entre deux options conservatrices ; il n'y a aucune nouveaut&#233; en l'esp&#232;ce. C'est une lutte pour le contr&#244;le des fonds publics entre deux grands regroupements d'une m&#234;me classe sociale, mais dont les sigles sont le PT et le PSDB. &#187; Lula lors d'un entretien avec la presse, suite au premier tour, a d'ailleurs esquiv&#233; la question de savoir &#171; s'il gouvernerait pour les pauvres ou pour les riches &#187;. Lorsque l'on gouverne, r&#233;pondit-il, &#171; on ne fait pas une s&#233;paration entre riches et pauvres &#187;. FHC, avec son sens de la formule, d&#233;clare dans la foul&#233;e : &#171; Lula est &#224; la fois le p&#232;re des pauvres et la m&#232;re des riches. Il n'a pas menac&#233; leurs int&#233;r&#234;ts, au contraire. &#187; (Le Temps, 11.10.2006)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'occasion du second tour, Oliveira insiste n&#233;anmoins sur la d&#233;termination du candidat du PSDB &#224; acc&#233;l&#233;rer le rythme des privatisations. Ce qui tend &#224; &#234;tre confirm&#233; au vu du bilan de la gestion de l'Etat de S&#227;o Paulo sous l'&#233;gide de ce parti. Les privatisations se sont multipli&#233;es dans les transports ferroviaires (Fepasa), dans l'&#233;nergie (Eletropaulo, Comgas et Companhias Paulista de For&#231;a e Luz), dans la voirie (Sabesp) ou encore dans le secteur bancaire (Banespa et Nossa Caixa). Les &#171; revenus &#187; de ces privatisations (sold&#233;es) n'ont pas emp&#234;ch&#233; l'explosion de la dette publique de cet Etat, dette qui nourrit une couche bourgeoise renti&#232;re tr&#232;s li&#233;e &#224; cette politique ultra-lib&#233;rale. Aujourd'hui, Lula met avant tout l'accent sur la volont&#233; d'Alckmin de s'engager dans une politique de privatisations tous azimuts. Ce qu'Alckmin et les m&#233;dias le soutenant d&#233;mentent, comme on pouvait s'y attendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, Lula ne prend pas l'engagement de ne pas relever l'&#226;ge donnant le droit &#224; la retraite &#224; 65 ans, de ne pas flexibiliser le droit du travail et les droits syndicaux, de refuser la confirmation d&#233;finitive de l'ind&#233;pendance de la Banque centrale, de revenir &#224; une r&#233;forme agraire qui aurait les traits de celle propos&#233;e par Sampaio, de bloquer les privatisations, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son programme reste celui de la continuit&#233; social-lib&#233;rale, qui aura des accents encore plus prononc&#233;s. Lula a d'ailleurs re&#231;u, le 10 octobre, l'appui d'Antonio Delfim Netto, qui occupa, entre autres, le poste de ministre de l'Economie sous la dictature militaire et repr&#233;senta le Br&#233;sil au FMI (O Estado de S.Paulo, 11.10 2006).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle fraction parlementaire du PT, qui a pass&#233; de 81 &#224; 83, est majoritairement compos&#233;e par sa &#171; droite &#187; officialiste. On y retrouve les personnages qui ont, conjointement, conduit la politique du gouvernement et &#233;t&#233; m&#234;l&#233;s &#224; toutes les crises et tous les scandales : Jos&#233; Genoino, Jos&#233; Mentor, Paulo Rocha, Antonio Palocci, ou encore Ricardo Berzoini, l'ex-coordinateur de la campagne de Lula au premier tour. Ce dernier dut quitter son poste suite au scandale de l'acquisition du &#171; dossier &#187; devant incriminer Jos&#233; Serra. Selon les enqu&#234;teurs, il pr&#233;parait cette initiative depuis trois mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cas de victoire, Lula et son gouvernement agiront dans le cadre d'ensemble fix&#233; par le grand capital. Dans le l&#233;gislatif, la recherche d'alliances au &#171; centre &#187; restera de mise. Le PMDB (Parti du mouvement d&#233;mocratique br&#233;silien) a d'ailleurs renforc&#233; sa position : 89 d&#233;put&#233;s contre 78 ant&#233;rieurement. Le PSDB en dispose de 65 contre 59 et le Parti du front lib&#233;ral (PFL) de 65 contre 64.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avec satisfaction ironique que le quotidien &#233;conomique historique, Gazeta Mercantil (11.10.2006), souligne, dans un reportage consacr&#233; &#224; la campagne conduite par Lula dans une r&#233;gion populaire du grand S&#227;o Paulo (Guarulhos), que le pr&#233;sident critique le manque de fermet&#233; du PSDB face &#224; la Bolivie, &#224; l'occasion des mesures prises par le gouvernement d'Evo Morales pour accro&#238;tre son contr&#244;le sur les ressources &#233;nerg&#233;tiques aux mains de la soci&#233;t&#233; &#233;tatique br&#233;silienne Petrobras !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des secteurs d&#233;terminants de la bourgeoisie et leurs repr&#233;sentants politiques ne pensent pas que l'issue la plus probable du second tour sera une d&#233;faite de Lula. Ils savent que le premier gouvernement de Lula leur a donn&#233;, pour l'essentiel, satisfaction. Il n'a en aucune mesure favoris&#233; la mobilisation sociale, tout au contraire. FHC peut d&#232;s lors, sans trop de risques, affirmer : &#171; S'il [Lula] perd, il n'y aura pas les tensions sociales que pr&#233;disent certains. Le PT n'a plus la capacit&#233; de mobilisation sociale qu'il avait auparavant. Et le PSDB est favorable &#224; la r&#233;forme agraire. Quant aux aides sociales aux pauvres, c'est moi qui les ai cr&#233;&#233;es. &#187; (Le Temps, 11.10.2006) Pour ce qui est de la r&#233;forme agraire et des aides sociales, FHC lance deux coups de pied de l'&#226;ne dont il est pass&#233; ma&#238;tre. La remarque la plus significative a trait &#224; la capacit&#233; pr&#233;sente de mobilisation sociale du PT. Cette atrophie accentu&#233;e du PT et de la CUT &#233;tait un des objectifs que visaient les fractions bourgeoises &#171; &#233;clair&#233;es &#187; qui, d&#232;s le d&#233;but, ont soutenu &#171; l'exp&#233;rience Lula &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenant un certain recul, Joao Pedro Stedile, dans son entretien &#224; Carta Maior (5.10.2006), observe que &#171; quinze ans de n&#233;olib&#233;ralisme ont repr&#233;sent&#233; une d&#233;faite tr&#232;s grande pour les int&#233;r&#234;ts du peuple [...]. Le mouvement de masse est en reflux. La gauche en g&#233;n&#233;ral conna&#238;t une crise id&#233;ologique, de valeurs et de pratique politique [...]. Comment d&#233;passer ce cadre historique d&#233;favorable ? Ce ne sera ni par une &#233;lection ni par une formule miraculeuse ; ce sera un long travail exigeant une patience historique qui permettra de regrouper des forces populaires autour d'un nouveau projet pour le pays et, dans ce but, nous avons besoin de reprendre le travail de base, de former des militants, de disposer de nos propres moyens de communication et de stimuler tout type de luttes sociales, en particulier avec la jeunesse urbaine. &#187; L'accent mis sur la &#171; jeunesse urbaine &#187; de la part du principal dirigeant du MST m&#233;rite l'attention ; elle traduit une discussion qui est men&#233;e depuis un certain temps dans des cercles dirigeants du MST.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut certes discuter du jugement sur la p&#233;riode sociale et politique de Stedile. Mais il serait peu r&#233;fl&#233;chi d'&#233;carter d'un revers de main ce point de vue au nom de certaines luttes, r&#233;elles, ou de l'&#233;mergence de nouvelles et estimables organisations sociales (Conlutas) ou politiques, comme le PSOL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la seconde partie de cet article, nous examinerons la campagne men&#233;e par le Front de gauche autour de la candidature d'Heloisa Helena et le d&#233;bat portant sur le mot d'ordre de vote &#224; l'occasion du second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Le MST, apr&#232;s s'&#234;tre abstenu de toute indication de vote lors du premier tour, s'engage actuellement pour Lula. La direction du PSOL a, le 3 octobre, pris position pour le vote blanc (ni pour Lula ni pour Alckmin). Cette position est d&#233;battue par certains de ses membres connus. Le PSTU s'est prononc&#233; pour le vote blanc. (11 octobre 2006)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#192; gauche de Lula</title>
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		<dc:date>2006-09-21T04:00:00Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Si Lula caracole en t&#234;te des sondages pr&#233;c&#233;dant l'&#233;lection pr&#233;sidentielle br&#233;silienne du 1er octobre, le Front de gauche et sa candidate, Helo&#237;sa Helena sont parvenus &#224; se faire entendre. 28 septembre 2006 &lt;br class='autobr' /&gt; Avant l'&#233;lection pr&#233;sidentielle br&#233;silienne, dimanche 1er octobre, les derniers sondages &#233;lectoraux indiquent que Helo&#237;sa Helena (Front de gauche) a gagn&#233; sa cr&#233;dibilit&#233; de candidate de gauche face &#224; Lula (Parti des travailleurs, PT) et Alkmin (Parti social-d&#233;mocrate br&#233;silien, PSDB), (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Bresil-" rel="directory"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si Lula caracole en t&#234;te des sondages pr&#233;c&#233;dant l'&#233;lection pr&#233;sidentielle br&#233;silienne du 1er octobre, le Front de gauche et sa candidate, Helo&#237;sa Helena sont parvenus &#224; se faire entendre.&lt;br class='autobr' /&gt;
28 septembre 2006&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avant l'&#233;lection pr&#233;sidentielle br&#233;silienne, dimanche 1er octobre, les derniers sondages &#233;lectoraux indiquent que Helo&#237;sa Helena (Front de gauche) a gagn&#233; sa cr&#233;dibilit&#233; de candidate de gauche face &#224; Lula (Parti des travailleurs, PT) et Alkmin (Parti social-d&#233;mocrate br&#233;silien, PSDB), candidat de droite. La victoire de Lula d&#232;s le premier tour reste le sc&#233;nario le plus probable, mais le pari de faire &#233;merger, m&#234;me de mani&#232;re limit&#233;e, une premi&#232;re alternative &#233;lectorale &#224; la direction du Parti des travailleurs de Lula semble gagn&#233;. Les sondages ont donn&#233; jusqu'&#224; 12 % d'intentions de vote &#224; Helo&#237;sa Helena.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but du mois de septembre, les sondages indiquent un recul - entre 8 et 9 % des &#171; votes valides &#187;. Nous savons que les sondages sont une chose et les r&#233;sultats &#233;lectoraux, une autre. Mais, pour une premi&#232;re campagne &#233;lectorale, ces sondages montrent que le Parti du socialisme et de la libert&#233; (Psol), partie prenante du Front de gauche, a d&#233;j&#224; eu un &#233;cho certain. Dans toutes les initiatives de campagne, visites de commune, r&#233;unions avec la population, Helo&#237;sa Helena est tr&#232;s bien re&#231;ue par le peuple. Ensuite, parce que les campagnes plus organis&#233;es du Front de gauche pour l'&#233;lection de d&#233;put&#233;s ou de gouverneurs connaissent aussi un grand succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les th&#232;mes choisis par Helo&#237;sa Helena, notamment la lutte contre la corruption et les banquiers, avec une dimension morale tr&#232;s forte de la candidate, explique la place importante de la campagne. Le d&#233;bat autour du manifeste du Front de gauche - dont des extraits ont &#233;t&#233; publi&#233;s dans le pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro de Rouge (n&#176; 2173) - a compl&#233;t&#233; la campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une s&#233;rie de questions sociales ont &#233;t&#233; mises au centre du d&#233;bat &#233;lectoral : la dette externe, l'exigence d'une augmentation massive des salaires et du pouvoir d'achat, la d&#233;fense des services publics, le soutien aux nouvelles occupations de terre. Helo&#237;sa et le Psol sont intervenus, &#224; contre-courant des m&#233;dias et des dirigeants politiques de droite et du PT, pour le soutien inconditionnel &#224; la Bolivie et &#224; son pr&#233;sident, Evo Morales, ainsi qu'en faveur de l'exercice de son droit &#224; la nationalisation de sa production d'hydrocarbures, y compris contre les int&#233;r&#234;ts des classes dominantes br&#233;siliennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re semaine de campagne pourrait &#234;tre plus favorable au Psol et au Front de gauche. Un nouveau scandale touche le PT et Lula - une tentative d'achat, pour pr&#232;s de 850 000 dollars, d'un dossier contre les campagnes du PSDB. Cette affaire semble avoir plus d'effets &#233;lectoraux que les autres : les &#233;lecteurs de gauche encore h&#233;sitants peuvent se tourner vers le Psol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette premi&#232;re campagne constitue le premier grand rendez-vous &#233;lectoral du Psol avec les &#233;lecteurs. C'est une premi&#232;re &#233;tape. Ainsi, l'alternative de gauche, qui a commenc&#233; &#224; &#234;tre construite apr&#232;s la conversion du PT au social-lib&#233;ralisme, est encore trop fragile pour &#234;tre per&#231;ue par la majorit&#233; des &#233;lecteurs comme une v&#233;ritable alternative. La pression du vote utile joue aussi sur la campagne pour la construction d'une alternative de gauche au PT. Il y a, aussi, une disproportion &#233;vidente entre la sympathie pour Helo&#237;sa Helena d'une part, et les bases sociales du Psol et du Front de gauche de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, il faut rappeler l'&#233;norme disproportion entre les ressources mat&#233;rielles et organisationnelles mobilis&#233;es par les deux principaux blocs politiques du pays - celui de Lula et celui de la droite - et le Front de gauche. Malgr&#233; cela, un pari aura &#233;t&#233; gagn&#233; : affirmer la possibilit&#233; de construire une alternative &#224; gauche de la direction sociale-lib&#233;rale du PT, une alternative radicale et populaire. Ce n'&#233;tait pas gagn&#233; d'avance, apr&#232;s l'expulsion des &#171; radicaux &#187; du PT par Lula, &#224; la fin 2003. La campagne de Helo&#237;sa Helena et un premier enracinement du Psol montrent que c'est possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru dans Rouge n&#176; 2174 du 28 septembre 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le Manifeste du Front de gauche pour les &#233;lections pr&#233;sidentielles d'octobre 2006</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Le-Manifeste-du-Front-de-gauche-pour-les-elections-presidentielles-d-octobre</link>
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		<dc:date>2006-09-11T01:45:51Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Octobre 2006 repr&#233;sente une &#233;ch&#233;ance &#233;lectorale importante au Br&#233;sil. En effet, se cumulent l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, les &#233;lections au S&#233;nat et &#224; la Chambre des d&#233;put&#233;s de l'Etat f&#233;d&#233;ral, les &#233;lections des gouverneurs et des l&#233;gislatifs des &#233;tats. &lt;br class='autobr' /&gt; L'actuel pr&#233;sident Lula, du Parti des travailleurs, se repr&#233;sente, avec &#224; ces c&#244;t&#233;s, comme vice-pr&#233;sident, l'industriel Jos&#233; Alencar. Olavo Egydio Setubal, patron de la Banco Ita&#249; - qui par le biais de son holding contr&#244;le un secteur important (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Bresil-" rel="directory"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Octobre 2006 repr&#233;sente une &#233;ch&#233;ance &#233;lectorale importante au Br&#233;sil. En effet, se cumulent l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, les &#233;lections au S&#233;nat et &#224; la Chambre des d&#233;put&#233;s de l'Etat f&#233;d&#233;ral, les &#233;lections des gouverneurs et des l&#233;gislatifs des &#233;tats.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'actuel pr&#233;sident Lula, du Parti des travailleurs, se repr&#233;sente, avec &#224; ces c&#244;t&#233;s, comme vice-pr&#233;sident, l'industriel Jos&#233; Alencar. Olavo Egydio Setubal, patron de la Banco Ita&#249; - qui par le biais de son holding contr&#244;le un secteur important de l'&#233;conomie br&#233;silienne - d&#233;clare de mani&#232;re lucide au quotidien Folha de Sao Paulo, le 13 ao&#251;t 2006 : &#171; Il n'existe aucune diff&#233;rence du point de vue du mod&#232;le &#233;conomique. Je trouve que l'&#233;lection de Lula ou de Alckmin [candidat de l'opposition de droite] est &#233;gale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette appr&#233;ciation n'&#233;tonne pas celles et ceux qui, d&#232;s le d&#233;but, avaient compris le contenu effectif et l'orientation socio-&#233;conomique du gouvernement Lula, un v&#233;ritable gouvernement bourgeois. Le banquier Setubal a de bonnes raisons de d&#233;clarer que, sur le fond, Alckmin ou Lula cela ne changera rien. En effet, les trois principaux b&#233;n&#233;ficiaires de la gestion du gouvernement Lula peuvent &#234;tre d&#233;sign&#233;es dans l'ordre suivant : 1&#176; les banquiers qui ont profit&#233; de la politique des taux d'int&#233;r&#234;ts r&#233;els &#233;lev&#233;s et du paiement, rubis sur ongle, du service de la dette interne ; 2&#176; les industriels de la sid&#233;rurgie, de la p&#233;trochimie, dont les b&#233;n&#233;fices n'ont jamais &#233;t&#233; aussi &#233;lev&#233;s ; 3&#176; la bureaucratie syndicale - de la CUT (Centrale unitaire des travailleurs) - dont une partie a rejoint les rangs gouvernementaux et dont un secteur important jouit des avantages de la &#171; concertation &#187; et de la gestion des fonds de pension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lula est en t&#234;te des sondages, et esp&#232;re passer au premier tour. Il a l'appui des m&#233;dias et de l'appareil politico-&#233;tatique. Il utilise le programme &#171; Bourse-famille &#187; (programme d'assistance distribu&#233;e &#224; des couches importantes de la population marginalis&#233;e) pour capter les votes d'un secteur populaire. On retrouve ici les traits classiques du client&#233;lisme. Ce sont quelque onze millions de familles qui sont ainsi assist&#233;es, selon les normes d&#233;velopp&#233;es, dans les ann&#233;es 1990, par la Banque Mondiale. Elles ont pour appellation : cr&#233;ation d'un filet de s&#233;curit&#233; pour les plus pauvres, les plus durement frapp&#233;s par les r&#233;formes n&#233;o-conservatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique &#171; assistancialiste &#187; est d&#233;velopp&#233;e avec pour effet la d&#233;politisation la plus grande possible de la classe des travailleurs au sens large, ce qu'a rapidement analys&#233; et expos&#233; le sociologue Chico de Oliveira.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait nouveau est suivant : sur la gauche de la PT s'est form&#233; un Front de gauche (voir plus bas) dont les deux figures de proue sont la s&#233;natrice Heloisa Helena, candidate &#224; la pr&#233;sidence, et l'&#233;conomiste Cesar Benjamin, candidat &#224; la vice-pr&#233;sidence. Comme le souligne le sociologue Ricardo Antunes un des d&#233;fis de cette candidature n'est autre que de faire surgir une politique alternative qui permette d'&#233;chapper non seulement &#224; l'&#233;lectoralisme mais aussi &#224; la perte de cr&#233;dibilit&#233; des partis institutionnalis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plate-forme &#233;lectorale que nous publions ci-dessous indique les lignes de force pr&#233;sent&#233;es par le Front de gauche. La campagne &#233;lectorale du Front de gauche et ses suites indiqueront si, pour reprendre une formule de Ricardo Antunes, la mobilisation sociale sera apte &#224; d&#233;coloniser une force politique de gauche radicale, se pr&#233;sentant sur la sc&#232;ne institutionnelle des influences cooptatives de l'appareil politico-gouvernemental. C'est dans la mesure o&#249; le Front de gauche et la campagne &#233;lectorale permettront d'entrer en syntonie organique avec divers mouvements sociaux de luttes que se dessineront les &#233;l&#233;ments d'une alternative. Une alternative non seulement &#224; la politique de Lula mais aussi aux effets d&#233;politisants et d&#233;mobilisateurs du type de politique men&#233;e par une formation telle le PT aujourd'hui (un aujourd'hui qui renvoie &#224; des mutations qui apparaissaient clairement au milieu des ann&#233;es 1990) ou d'une force syndicale comme la CUT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous informerons nos lecteurs et lectrices des d&#233;veloppements politiques au Br&#233;sil dans la phase &#224; venir (cau).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous lan&#231;ons ce manifeste depuis le Quilombo dos Palmares, nous qui sommes anim&#233;s par la lutte de Zumbi [1], afin de construire un Front de Gauche (PSOL [2] - PSTU [3] - PCB [4]) et proclamer la candidature d'Helo&#237;sa Helena &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme furent n&#233;cessaires la r&#233;sistance des esclaves et un fort mouvement abolitionniste pour en terminer, par le pass&#233;, avec l'esclavage, aujourd'hui les travailleurs et travailleuses, les paysans, les classes moyennes, les intellectuels et les artistes, la jeunesse br&#233;silienne, le peuple paup&#233;ris&#233; ont tous besoin de faire entendre leur voix et de se mobiliser afin d'abattre l'esclavage moderne et de conqu&#233;rir une patrie juste et souveraine. Le peuple br&#233;silien ne peut pas &#234;tre condamn&#233; &#224; choisir entre Lula [5] et Alckmin [6], deux candidats qui d&#233;fendent le m&#234;me programme &#233;lectoral, la m&#234;me pratique politique marqu&#233;e par la corruption qui domine au Congr&#232;s national et dans le gouvernement. La candidature d'Helo&#237;sa Helena est une alternative r&#233;elle pour le peuple br&#233;silien contre ces deux candidats appuy&#233;s par les banquiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Front de Gauche veut lib&#233;rer le pays des griffes du capital financier et de l'imp&#233;rialisme. Ont leur place dans ce front : les travailleurs, les ch&#244;meurs, les millions d'hommes et de femmes qui sont plong&#233;s dans l'&#233;conomie informelle et affrontent les dures peines de leur travail, les organisations politiques et sociales des travailleurs, les activistes ind&#233;pendants, enfin tous les Br&#233;siliens qui se r&#233;voltent face &#224; la corruption et &#224; la soumission aux grands capitaux financiers et bancaires. Nous allons nous r&#233;unir, ensemble, dans des actions de luttes directes dans les rues et au sein des organisations de masse ; nous allons nous battre pour obtenir l'appui &#233;lectoral des travailleurs, contre les deux blocs de la classe dominante, celui du PT [Parti des travailleurs] et celui du PSDB-PFL [Parti de la social-d&#233;mocratie br&#233;silienne et Parti du front lib&#233;ral].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PT et le PSDB gouvernent pour 20'000 familles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bataille &#233;lectorale s'int&#232;gre &#224; la lutte du peuple. Dans les &#233;lections nous allons montrer que les banquiers et les grands entrepreneurs, repr&#233;sent&#233;s par les politiciens et partis conservateurs, gouvernent d&#233;j&#224; [le pays] et ne repr&#233;sentent pas une alternative pour le Br&#233;sil. Nous allons pr&#233;senter une nouvelle alternative face au bloc de gouvernement du PT et de ladite opposition bourgeoise du PSDB-PFL. Ces derniers s'opposent et se disputent dans le seul but d'occuper plus d'espace politique, pour voir qui va d&#233;tenir la machine gouvernementale ; toutefois, ils sont d'accord sur l'essentiel, c'est-&#224;-dire pour une politique &#233;conomique n&#233;olib&#233;rale et pour la d&#233;fense de ces institutions marqu&#233;es par la corruption. C'est seulement une dispute pour savoir qui va retirer le plus d'avantages des privil&#232;ges que donne le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PSDB et le PFL ont d&#233;j&#224; fait la d&#233;monstration avec Fernando Henrique Cardoso (FHC) qu'ils gouvernent en faveur des banquiers et qu'ils font usage de la corruption dans la gestion quotidienne du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la droite n'existe pas seulement dans le PSDB et le PFL, elle se trouve aussi dans le gouvernement Lula. Les banques ont obtenu plus de profits avec le gouvernement du PT qu'ils n'en r&#233;alis&#233;s avec FHC, alors que ces profits &#233;taient d&#233;j&#224; sid&#233;rants. Ce n'est pas par hasard qu'ils ont donn&#233; 7,9 millions de reais au PT et 4,3 millions au PSDB pour les &#233;lections de 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement Lula versera aux banquiers quelque 520 milliards de reais sous forme d'int&#233;r&#234;ts pour le service de la dette publique. Plus de 70% de cette masse d'argent ira sur les comptes des 20'000 familles les plus riches du Br&#233;sil [qui d&#233;tiennent les obligations de l'Etat br&#233;silien et donc encaissent une grande partie du service de la dette interne]. Pendant ce temps, le gouvernement d&#233;pense seulement 5,5 milliards de reais par an pour la &#8220;Bourse famille&#8221;, un programme d'assistance qui est utilis&#233; comme son principal instrument &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour combattre la concentration des revenus, pour d&#233;fendre le peuple et changer le Br&#233;sil, le Front de Gauche pr&#233;sente une s&#233;rie de propositions. Il lance un appel &#224; la lutte et sollicite votre vote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conqu&#233;rir la vraie souverainet&#233; et l'ind&#233;pendance nationale,&lt;br class='autobr' /&gt;
en rompant avec l'imp&#233;rialisme et le capital financier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique &#233;conomique du gouvernement vise &#224; r&#233;pondre aux int&#233;r&#234;ts des march&#233;s [financiers] internationaux, avec des taux d'int&#233;r&#234;ts &#233;lev&#233;s, la libre circulation des capitaux sp&#233;culatifs, le libre transfert des profits aux entreprises &#233;trang&#232;res [vers le pays o&#249; se situe le si&#232;ge de leur holding] ; tout cela fait du Br&#233;sil un exportateur de capitaux en direction des pays riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dette ext&#233;rieure continue &#224; saigner les ressources nationales. Le service de la dette publique absorbe quelque 40% du budget de l'Etat f&#233;d&#233;ral, alors que moins de 5% sont consacr&#233;s aux investissements. Nous reprenons la proposition faite par le mouvement &#034;Jubil&#233;e 2000&#034; contre la dette : suspendre le paiement du service de la dette ext&#233;rieure et r&#233;aliser un audit. En rapport avec la dette interne nous exigeons un audit, conform&#233;ment &#224; ce qui est pr&#233;vu dans la Constitution de 1988 ; il s'agira de d&#233;terminer le profil des cr&#233;anciers afin d'identifier les sp&#233;culateurs et les grandes entreprises qui verront suspendus le paiement des int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les groupes &#233;trangers utilisent des secteurs strat&#233;giques pour transf&#233;rer d'importants profits en direction de leurs maisons m&#232;res. Les secteurs strat&#233;giques, tels que le p&#233;trole, les t&#233;l&#233;communications, l'&#233;nergie et la sid&#233;rurgie, doivent &#234;tre plac&#233;s sous le contr&#244;le du peuple br&#233;silien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proposition d'un nouveau projet alternatif &#233;conomique et social exige des changements structurels que le capitalisme br&#233;silien n'a jamais r&#233;alis&#233;s. Dans le contexte de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale, ces changements sont plus &#233;loign&#233;s, parce qu'ils ne pourront pas &#234;tre concr&#233;tis&#233;s sans effectuer une rupture avec la domination imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;limination de la tyrannie financi&#232;re, de la sp&#233;culation et du fardeau de la dette, le contr&#244;le des flux de capitaux, la r&#233;cup&#233;ration de la capacit&#233; d'intervention et de r&#233;gulation &#233;tatiques, l'expansion des services publics, ainsi que la redistribution et la garantie des revenus, comme la cr&#233;ation d'emplois, la r&#233;forme agraire et urbaine, la pr&#233;servation de l'environnement, tout cela constitue des mesures indispensables pour que nous puissions surmonter la mis&#232;re dans laquelle est plong&#233;e la majorit&#233; de la population br&#233;silienne et offrir une r&#233;ponse aux revendications historiques des travailleurs et travailleuses et du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les 520 milliards de reais du service de la dette pay&#233;s par Lula aux banquiers pendant son mandat [quatre ans], il aurait &#233;t&#233; possible d'&#233;tablir un plan collectif et national afin de r&#233;soudre des probl&#232;mes sociaux extr&#234;mement graves. [Avec cette somme,] nous pourrions construire, par exemple, six millions d'habitations populaires (ce qui correspond au manque d'habitats dans le pays) dont le co&#251;t unitaire serait de 12'000 reais et, de ce fait, employer pour cette &#339;uvre une partie des ch&#244;meurs du pays. Cet argent [du service de la dette] pourrait encore servir &#224; financer un plan effectif de r&#233;forme agraire, en installant 4,5 millions de familles de sans-terre, avec un investissement pour chacune d'entre elles &#224; hauteur de 17'500 reais. Nous pourrions encore doubler les d&#233;penses nationales de 2005 pour l'&#233;ducation (21 milliards) et pour la sant&#233; (40,5 milliards). Le total de ces projets, d&#233;cisifs pour r&#233;soudre les probl&#232;mes sociaux du pays, co&#251;terait 394,5 milliards de reais, c'est-&#224;-dire bien moins que les milliards offerts par Lula aux banquiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour de nouvelles institutions r&#233;ellement d&#233;mocratiques&lt;br class='autobr' /&gt;
qui impliquent un nouveau pouvoir sous le contr&#244;le direct des travailleurs et du peuple&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement Lula a offert le th&#233;&#226;tre d'une crise politique qui, &#224; nulle autre pareille, a offert au regard de l'opinion publique les m&#233;canismes internes d'un r&#233;gime de d&#233;mocratie biais&#233;e, sous l'emprise du pouvoir &#233;conomique et de la corruption.Cela a r&#233;v&#233;l&#233;, de mani&#232;re &#233;clatante, la pourriture des institutions de ce r&#233;gime. La pr&#233;sidence de la R&#233;publique, l'ex&#233;cutif, le pouvoir judiciaire, le Congr&#232;s national [Chambre des d&#233;put&#233;s et S&#233;nat], les partis politiques et les principales institutions de la R&#233;publique ont &#233;t&#233; per&#231;ues, de mani&#232;re &#233;vidente, comme des instruments des classes dominantes au service de la corruption et de l'exploitation du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lula et Alckmin sont les repr&#233;sentants de la corruption r&#233;gnante dans ce pays. Il n'est pas possible que l'id&#233;e que &#034;tous sont identiques&#034; se r&#233;pande, car la majorit&#233; absolue du peuple n'a rien &#224; voir avec cela. La corruption des politiciens et des &#233;lites est propre &#224; ce syst&#232;me capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sentation d'un projet de d&#233;mocratisation radicale du pouvoir et de l'action politique doit se faire en combinant, toujours et de mani&#232;re syst&#233;matique, la d&#233;nonciation de la d&#233;mocratie d&#233;cadente de l'argent et de la corruption avec, en contrepoint, la pr&#233;sentation d'une v&#233;ritable d&#233;mocratie participative et d'une action des travailleurs et du peuple, que nous devons construire. La n&#233;cessit&#233; de re-d&#233;mocratiser radicalement le pouvoir, en modifiant son contenu de classe, devra &#234;tre r&#233;p&#233;t&#233;e sans restriction comme la condition pr&#233;liminaire pour l'application d'un programme d'urgence capable de sortir le pays de la crise et de r&#233;soudre les probl&#232;mes de la majorit&#233; du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons que les &#233;lecteurs et les &#233;lectrices puissent r&#233;voquer le mandat de ceux et celles qui sont &#233;lus et qui ne tiennent pas leurs promesses. Nous demandons l'emprisonnement et la confiscation des biens des corrompus et des corrupteurs. Nous exigeons un changement radical des modalit&#233;s du syst&#232;me de repr&#233;sentation populaire et des mandats parlementaires, cela au moyen de la cr&#233;ation d'un financement public exclusif des campagnes &#233;lectorales, de la d&#233;mocratisation du temps allou&#233; pour la propagande &#233;lectorale dans les m&#233;dias, de l'introduction de la r&#233;vocabilit&#233; des mandats et de la fin de la clause barri&#232;re [r&#233;union de plus de 500'000 signatures l&#233;galis&#233;es pour obtenir la reconnaissance comme parti] qui rend difficile la repr&#233;sentation des partis ou des candidats sans pouvoir &#233;conomique. Ces mesures doivent attaquer radicalement la corruption en mettant fin aux syst&#232;mes de connivence entre privil&#233;gi&#233;s, en mettant fin aux secrets bancaire et fiscal, en instaurant un salaire pour les parlementaires et les gouverneurs [des Etats de la R&#233;publique f&#233;d&#233;rale] d&#233;finis suite &#224; un r&#233;f&#233;rendum, salaire index&#233; sur le salaire minimum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le but d'obtenir une vraie souverainet&#233; populaire au Br&#233;sil, le Front de gauche d&#233;clare qu'avec le gouvernement de la camarade Helo&#237;sa Helena le peuple br&#233;silien sera appel&#233; - suite &#224; une intense campagne de mobilisations - &#224; d&#233;cider, &#224; avoir le dernier mot pour ce qui a trait : aux relations avec l'imp&#233;rialisme (le FMI, ZLEA/ALCA, etc.) ; &#224; la dette externe et interne et &#224; la n&#233;cessit&#233; d'une v&#233;ritable ind&#233;pendance nationale ; &#224; la r&#233;forme agraire et urbaine et au nouveau statut concernant la propri&#233;t&#233; de la terre ; &#224; la d&#233;termination du niveau du salaire minimum et des priorit&#233;s budg&#233;taires ; aux crit&#232;res pour la pr&#233;servation de l'environnement, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle abolition est n&#233;cessaire, pour en finir avec l'esclavage moderne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie gigantesque du peuple br&#233;silien vit encore dans une situation de semi-esclavage ; &#224; commencer par l'esclavage du travail salari&#233; mal r&#233;mun&#233;r&#233; et sans reconnaissance des droits &#233;l&#233;mentaires du travail. Vingt-deux millions de Br&#233;siliens survivent avec le salaire minimum [quelque 200 francs par mois en juillet 2006, &#224; Rio], l'un des plus bas du monde. Une enqu&#234;te de l'IBGE [Institut br&#233;silien de g&#233;ographie et de statistiques] d&#233;montre que 46,7% des familles consid&#232;rent ne pas manger &#224; leur faim, un taux qui atteint quasi 70% dans la r&#233;gion du Nordeste. Alors que, les 5'000 familles les plus riches du pays, qui repr&#233;sentent 0,01% du total des familles, concentrent un patrimoine qui &#233;quivaut &#224; 46% du total de la richesse cr&#233;&#233;e sur un an au Br&#233;sil (Produit int&#233;rieur brut).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cas o&#249; Lula ou Alckmin serait &#233;lu, la situation irait de mal en pis. Lula s'est d&#233;j&#224; engag&#233; &#224; promulguer une r&#233;forme du droit du travail qui sera un coup tr&#232;s dur port&#233; contre les conqu&#234;tes historiques des travailleurs, en r&#233;duisant les jours f&#233;ri&#233;s et le treizi&#232;me salaire. Le projet &#034;Super-Simples&#034; [projet de loi du gouvernement Lula qui doit r&#233;duire les droits des travailleurs des petites et moyennes entreprises et qui a pour vocation d'&#234;tre g&#233;n&#233;ralis&#233;] du gouvernement, d&#233;battu au Congr&#232;s, anticipe d&#233;j&#224; cette r&#233;forme en diminuant les droits des travailleurs des petites entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une politique radicale d&#233;bouchant sur une mise en question de la surexploitation du travail au Br&#233;sil - qui accentue le ch&#244;mage chronique et la pr&#233;carisation du travail - constitue une des lignes de force du programme du Front de gauche. Nous revendiquons un plan d'investissement et de travaux publics afin de r&#233;duire le ch&#244;mage, conjointement &#224; une r&#233;duction du temps de travail journalier, sans r&#233;duction de salaire. Nous voulons doubler le salaire minimum, de suite. Nous nous pronon&#231;ons pour une ample r&#233;forme agraire, contr&#244;l&#233;e par les travailleurs et les travailleuses de la terre. Nous sommes partisans de r&#233;voquer les contre-r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales, &#224; commencer par celles des retraites [fonds de pension]. Nous disons NON &#224; la r&#233;forme du code du travail et de la r&#233;organisation des syndicats, voulue par le gouvernement et le FMI. De m&#234;me, nous disons non &#224; la r&#233;forme universitaire visant &#224; &#233;largir la privatisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous revendiquons la r&#233;vocation imm&#233;diate des privatisations des entreprises &#233;tatiques, &#224; commencer par celle de la Companhia Vale do Rio Doce [7]. Nous exigeons : l'annulation de la privatisation partielle de la Petrobr&#225;s et de la nouvelle l&#233;gislation concernant le contr&#244;le des r&#233;serves p&#233;troli&#232;res. Le gouvernement doit se retirer des n&#233;gociations sur la ZLEA-ALCA. Nous demandons le retrait imm&#233;diat des troupes br&#233;siliennes &#224; Ha&#239;ti. Nous donnons un appui total &#224; la nationalisation du gaz en Bolivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous revendiquons la cr&#233;ation de cr&#232;ches et de classes de maternelle pour les enfants de 0 &#224; 6 ans, afin de d&#233;fendre et d'appuyer les femmes travailleuses. Nous luttons contre toutes les formes de discrimination raciale et sexuelle. De plus, nous exigeons l'imposition s&#233;v&#232;re des grandes fortunes, des profits des banques et des grandes entreprises ; ainsi que le contr&#244;le public des travailleurs et des consommateurs sur la production des biens essentiels qui rel&#232;ve d'une n&#233;cessit&#233; pour toute redistribution des revenus qui puisse en finir avec les &#233;normes in&#233;galit&#233;s, qui sont une honte pour notre pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le Quilombo dos Palmares nous appelons les travailleurs et les travailleuses &#224; se rebeller de nouveau contre le nouvel esclavagisme. La dignit&#233; du travailleur commence par son droit au travail et &#224; un salaire digne. Il est n&#233;cessaire d'oser, il est n&#233;cessaire de cr&#233;er le nouveau. Le nouveau c'est le Front de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni Lula ni Alckmin ! Helo&#237;sa Helena Pr&#233;sidente !&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;1. Zumbi est le dernier dirigeant du Quilombo dos Palmares qui se trouvait dans l'actuel Etat d'Alagoas, dans le Nordeste du Br&#233;sil. Un quilombo est une sorte de refuge pour les esclaves ayant &#233;chapp&#233; &#224; leurs ma&#238;tres. Le Quilombo dos Palamares avait une superficie proche de celle du Portugal actuel. Face aux attaques des Portugais, cette &#171; r&#233;publique &#187; avait d&#233;velopp&#233; des capacit&#233;s de r&#233;sistance militaire. Zumbi est n&#233; en 1655 dans le Quilombo, donc libre. Il fut captur&#233; et &#233;duqu&#233; par un missionnaire. Il fut donc baptis&#233; et &#171; civilis&#233; &#187;. En 1670 il s'&#233;chappa et retourna &#224; Palmares. A l'occasion d'une tentative de conciliation entre le dirigeant du Quilombo, Ganga Zumba, et le gouverneur militaire de Pernambuco, Zumbi refusa que la &#171; libert&#233; soit octroy&#233;e &#187; aux habitants de Palmares en &#233;change d'une soumission de la r&#233;gion aux autorit&#233;s portugaise, cela alors que le r&#232;gne de l'esclavage continuait pour le reste de la population noire. Zumbi prit la direction du quilombo. En 1694, une offensive militaire d'envergure fut lanc&#233;e contre la principale colonie du quilombo. Bless&#233; Zumbi s'&#233;chappa, mais trahi, il fut captur&#233; et d&#233;capit&#233; le 20 novembre 1695 ; sa t&#234;te fut expos&#233;e sur la place centrale de Recife pour administrer la preuve qu'il n'&#233;tait ni invincible, ni immortel. Le 20 novembre est une date qui a aujourd'hui un sens important pour la population noire du Br&#233;sil. (NdR)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. PSOL, Parti du socialisme et de la libert&#233;, dont l'origine remonte &#224; l'expulsion du PT en 2003, suite &#224; l'opposition ouverte &#224; la politique n&#233;olib&#233;rale du gouvernement Lula, de la s&#233;natrice Heloisa Helena (de l'Etat d'Alagoas, et anciennement membre du courant D&#233;mocratie et socialisme du PT, dont l'une des figures les plus connues a &#233;t&#233; ministre de la r&#233;forme agraire), de la d&#233;put&#233;e Luciana Genro (de l'Etat de Rio Grande do Sul, membre du courant Mouvement de la gauche socialiste - MES) et du d&#233;put&#233; Joao Batista Oliveira (dit Baba, de l'Etat de Parana, membre du Courant socialiste des travailleurs - CST). Le PSOL r&#233;unit diverses tendances telles que le MSP, la CST, Enlace (compos&#233;e en grande partie de membres ayant rompu avec D&#233;mocratie et socialisme, courant qui reste, lui, dans le PT), etc. Le PSOL a obtenu sa l&#233;galisation en 2005 et la candidature &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique d'Heloisa Helena a &#233;t&#233; confirm&#233;e au plan l&#233;gal, en mai 2006, par le Tribunal sup&#233;rieur &#233;lectoral (TSE). Le candidat &#224; la vice-pr&#233;sidence est Cesar Benjamin, &#233;conomiste, animateur des campagnes contre l'ALCA ; il fut l'un des cr&#233;ateurs du PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Le PSTU, Parti socialiste des travailleurs unifi&#233;, a &#233;t&#233; fond&#233; en 1994. Il est issu d'une rupture avec le PT. La rupture de 1994 a &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;e par un long d&#233;bat qui dura quelque deux ans et permit d'unifier des tendances pour l'essentiel li&#233;es au marxisme r&#233;volutionnaire. Le PSTU a une activit&#233; militante notable et joue un r&#244;le de premier plan dans l'essor d'une &#171; force syndicale &#187; en rupture avec la Centrale unitaire des travailleurs (CUT) qui a comme nom Conlutas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Le PCB, Parti communiste br&#233;silien, dont l'origine remonte &#224; 1922.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Actuel pr&#233;sident du Br&#233;sil et qui se repr&#233;sente pour un nouveau mandat comme candidat du PT et des alli&#233;s gouvernementaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Geraldo Alckmin fut gouverneur de l'Etat de Sao Paulo de 2001 &#224; 2006. Il est candidat du PSDB (Parti de la social-d&#233;mocratie br&#233;silienne, cr&#233;&#233; en 1988 et dont faisait partie l'ancien pr&#233;sident Fernando Henrique Cardoso) &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. La Companhia Vale do Rio Doce est la principale firme op&#233;rant dans le secteur des minerais de fer et de mangan&#232;se de toute l'Am&#233;rique Latine, elle est implant&#233;e dans 14 Etats br&#233;siliens et pr&#233;sente sur les cinq continents ; elle domine aussi le secteur sid&#233;rurgique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; du site A l'encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des socialistes du monde entier soutiennent Heloisa Helena </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Des-socialistes-du-monde-entier-soutiennent-Heloisa-Helena</link>
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		<dc:date>2006-08-30T20:27:21Z</dc:date>
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		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Beaucoup d'entre nous ont sign&#233;, il y a deux ans, une lettre de protestation contre l'exclusion d'Heloisa Helena du PT, le Parti du travail du Br&#233;sil. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, Heloisa est candidate &#224; la pr&#233;sidence pour le nouveau parti, le Parti pour le socialisme et la libert&#233; (PSOL), qui a &#233;t&#233; fond&#233; par des militant-e-s exclus bureaucratiquement ou qui sont des membres dissidents du PT. Alors que le gouvernement Lula suit une orientation typiquement social-lib&#233;rale, d&#233;sappointant des millions de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Bresil-" rel="directory"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Bresil-24-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Beaucoup d'entre nous ont sign&#233;, il y a deux ans, une lettre de protestation contre l'exclusion d'Heloisa Helena du PT, le Parti du travail du Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, Heloisa est candidate &#224; la pr&#233;sidence pour le nouveau parti, le Parti pour le socialisme et la libert&#233; (PSOL), qui a &#233;t&#233; fond&#233; par des militant-e-s exclus bureaucratiquement ou qui sont des membres dissidents du PT. &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que le gouvernement Lula suit une orientation typiquement social-lib&#233;rale, d&#233;sappointant des millions de personnes qui avaient vot&#233; pour lui dans l'espoir d'un changement radical au niveau social et politique et des personnes du monde entier qui esp&#233;raient que le Br&#233;sil donne une nouvelle impulsion &#224; la lutte antiimp&#233;rialiste, Heloisa Helena et ses camarades restent fid&#232;les au programme socialiste et anti-imp&#233;rialiste &#224; l'origine du PT. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle est aujourd'hui la seule candidate dans les &#233;lections br&#233;siliennes qui reprend le drapeau historique du mouvement ouvrier br&#233;silien, des paysans, des pauvres et des opprim&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; une r&#233;forme agraire radicale,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; annulation du paiement de la dette &#233;trang&#232;re,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; le rejet de la Zone de Libre-&#201;change des Am&#233;riques (ZL&#201;A),&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la r&#233;duction substantielle des heures de travail sans perte de salaire,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; un moratoire sur l'utilisation des OGM (telles les semences Terminator de Monsanto),&lt;/li&gt;&lt;li&gt; le soutien &#224; l'ALBA, l'Alliance bolivarienne des Am&#233;riques (Venezuela, Bolivie, Cuba).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections au Br&#233;sil concernent les socialistes partout dans le monde. En solidarit&#233; avec les pauvres et les masses br&#233;siliennes exploit&#233;es, nous soutenons la seule candidature socialiste dans les prochaines &#233;lections pr&#233;sidentielles au Br&#233;sil, Heloisa Helena.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principales signatures (faites en leur nom personnel &#224; moins que cela soit explicitement mentionn&#233;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilbert Achcar, university professor and author&lt;br class='autobr' /&gt;
Michael Albert, Author&lt;br class='autobr' /&gt;
Antony Arnove, International Socialist Organisation, US&lt;br class='autobr' /&gt;
Chris Bambery, editor, Socialist Worker, Britain&lt;br class='autobr' /&gt;
Jose Barreto, Coordinator, Carabobo Region of the National Union of Workers (UNT), Venezuela&lt;br class='autobr' /&gt;
Emilio Bastidas, Coordinator, Aragua Region of the National Union of Workers (UNT), Venezuela&lt;br class='autobr' /&gt;
Daniel Bensaid, LCR, France&lt;br class='autobr' /&gt;
Olivier Besancenot, presidential candidate, LCR, France&lt;br class='autobr' /&gt;
Alister Black, International Committee, Scottish Socialist Party&lt;br class='autobr' /&gt;
Jose Boda, Executive member, Oilworkers' Union, Fedepetrol, Puerto La Cruz, Venezuela&lt;br class='autobr' /&gt;
Patrick Bond, political economist, University of KwaZulu-Natal, South Africa&lt;br class='autobr' /&gt;
Peter Boyle, national secretary, Democratic Socialist Perspective, Australia&lt;br class='autobr' /&gt;
Sue Branford, writer on Latin America&lt;br class='autobr' /&gt;
Robert Brenner, economist, US&lt;br class='autobr' /&gt;
Andrew Burgin, Press Secretary, Stop the War Coalition, England and Wales&lt;br class='autobr' /&gt;
Alex Callinicos, Socialist Workers Party, Britain&lt;br class='autobr' /&gt;
Joan Collins, Dublin City Councillor, Campaign for an Independent Left, Ireland&lt;br class='autobr' /&gt;
Orlando Chirino, National Coordinator of the National Union of Workers (UNT) Venezuela&lt;br class='autobr' /&gt;
Noam Chomsky, Professor MIT&lt;br class='autobr' /&gt;
Frances Curran MSP, Scottish Socialist Party&lt;br class='autobr' /&gt;
Mike Davis, University of San Diego, California&lt;br class='autobr' /&gt;
Roland Denis, on behalf of Proyecto Nuestra America/M-13 de Abril, Venezuela&lt;br class='autobr' /&gt;
Ana Gabarra, member of the National Council of the Catalan United Left, Spanish state&lt;br class='autobr' /&gt;
Richard Gallardo, National Coordinator of the National Union of Workers (UNT) Venezuela&lt;br class='autobr' /&gt;
Marcos Garcia, National Coordinator of the Public Employees Union (FENTRASEP), Venezuela&lt;br class='autobr' /&gt;
Lindsey German, convenor, Stop the War Coalition (pc)&lt;br class='autobr' /&gt;
Mike Gonzalez, Professor of Latin American Studies, Glasgow University&lt;br class='autobr' /&gt;
Tony Gregory, Independent TD, Dublin Central, Ireland&lt;br class='autobr' /&gt;
George Grollios, university professor, Thessaloniki, Greece&lt;br class='autobr' /&gt;
Joe Harrington, Former Mayor of Limerick City, Ireland&lt;br class='autobr' /&gt;
Richard Hatcher, Director of Research, Faculty of Education, University of Central England, Birmingham&lt;br class='autobr' /&gt;
Ismael Hernandez, Coordinator, Carabobo Region of the National Union of Workers (UNT), Venezuela&lt;br class='autobr' /&gt;
Dave Hill, Professor of Educational Policy at the University of Northampton, England&lt;br class='autobr' /&gt;
Espacio Alternativo, Spanish State&lt;br class='autobr' /&gt;
Linus Jayatilake, President, United Federation of Labour, Sri Lanka&lt;br class='autobr' /&gt;
John Percy, Democratic Socialist Perspective, Australia&lt;br class='autobr' /&gt;
Dr Vickramabahu Karunarathna, President, Left Front, Sri Lanka&lt;br class='autobr' /&gt;
Claudio Katz, economist, Argentina&lt;br class='autobr' /&gt;
Alain Krivine, LCR, France&lt;br class='autobr' /&gt;
Dharmasiri Lankapeli, General Secretary, Media Employees Federation, Sri Lanka&lt;br class='autobr' /&gt;
Paul Laverty, screenwriter&lt;br class='autobr' /&gt;
John Lister, London Health Emergency&lt;br class='autobr' /&gt;
Ken Loach, filmmaker&lt;br class='autobr' /&gt;
Michael Lowy, Brazilian author&lt;br class='autobr' /&gt;
Finian McGrath, Independent TD, Dublin North-Central, Ireland&lt;br class='autobr' /&gt;
Patricia McKenna, former Member of the European Parliament, Irish Green Party&lt;br class='autobr' /&gt;
Jose Melendez, Finance Secretary, Steelworkers Union (SUTISS), Venezuela&lt;br class='autobr' /&gt;
John Moloney Public and Civil Service Union NEC member, Britain&lt;br class='autobr' /&gt;
People's Democratic Party (KPP-PRD), Indonesia (Dita Indah Sari, Chairperson ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Zely Ariane, Department of International Relations)&lt;br class='autobr' /&gt;
Pedro Montes, economist, member of the Federal Presidency of Izquierda Unida/United Left, Spanish state&lt;br class='autobr' /&gt;
Jaime Pastor, member of the Federal Political Council of Izquierda Unida/United Left, Spanish state&lt;br class='autobr' /&gt;
Stalin Perez Borges, National Coordinator of the National Union of Workers (UNT) Venezuela&lt;br class='autobr' /&gt;
James Petras, Professor Emeritus, adviser, MST in Brazil&lt;br class='autobr' /&gt;
Lluis Rabell, member of the National Council of the Catalan United Left, Spanish state&lt;br class='autobr' /&gt;
Mick Rafferty, Dublin City Councillor (Independent), Ireland&lt;br class='autobr' /&gt;
John Rees, national secretary, Respect&lt;br class='autobr' /&gt;
Andy Reid, Public and Civil Service Union NEC member, Britain&lt;br class='autobr' /&gt;
Revolta Global, Catalunya&lt;br class='autobr' /&gt;
Teresa Rodriguez, member of the Federal Presidency of Izquierda Unida/United Left, Spanish state&lt;br class='autobr' /&gt;
Edgard Sanchez, on behalf of the Revolutionary Workers' Party (PRT), Mexico&lt;br class='autobr' /&gt;
Alfredo Saad Filho, university professor, London&lt;br class='autobr' /&gt;
Ahmed Shawki, editor, International Socialist Review, US&lt;br class='autobr' /&gt;
Oscar Sogliano, Bolivia&lt;br class='autobr' /&gt;
Alan Thornett, Respect National Executive, Britain&lt;br class='autobr' /&gt;
Diosdado Toledano Gonzalez, member of the Presidency of Izquierda Unida/United Left and member of the Permanent Council of the Catalan United Left, Spanish state&lt;br class='autobr' /&gt;
Greg Tucker, National Train Crew Secretary, Rail, Maritime and Transport Union, Britain&lt;br class='autobr' /&gt;
Marcos Tulio Diaz, General Secretary, Construction Union (UBT), Venezuela&lt;br class='autobr' /&gt;
Jesus Vargas, Coordinator, Carabobo Region of the National Union of Workers (UNT), Venezuela&lt;br class='autobr' /&gt;
Vilma Vivas, Coordinator, Tichira Region of the National Union of Workers (UNT), Venezuela&lt;br class='autobr' /&gt;
Hector Wesley, Public and Civil Service Union NEC member, Britain&lt;br class='autobr' /&gt;
Niel Wijethilake, General Secretary, Corporation Co-op Mercantile Union, Sri Lanka&lt;br class='autobr' /&gt;
Howard Zinn, writer, US&lt;br class='autobr' /&gt;
Slavoj Zizek, Slovenian philosopher&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SVP, faites parvenir par courriel votre nom (si vous &#234;tes membre d'une organisation, indiquez si vous signez en votre nom personnel ou au nom de votre organisation) socialistssupportheloisa@googlemail.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ou signer cette p&#233;tition en ligne :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.petitiononline.com/heloisa1/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.petitiononline.com/heloisa1/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour de plus amples informations sur la campagnes de Heloisa , visitez son site web :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.heloisahelena.com.br&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.heloisahelena.com.br&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Crise et renaissance de la gauche</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Crise-et-renaissance-de-la-gauche</link>
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		<dc:date>2005-11-21T02:28:20Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En s'identifiant durant plus de deux ans et demi au gouvernement Lula, qui poursuit la politique n&#233;olib&#233;rale engag&#233;e par son pr&#233;d&#233;cesseur, Fernando Henrique Cardoso (FHC), le Parti des travailleurs est entr&#233; dans une crise profonde (1). Si elle a &#233;t&#233; acc&#233;l&#233;r&#233;e par le scandale d'achat des votes parlementaires par ses dirigeants, ayant &#233;clat&#233; en juin dernier, les racines de cette crise plongent dans la rapide modification de l'identit&#233; du PT. &lt;br class='autobr' /&gt;
Construit lors de la vague de luttes qui finirent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En s'identifiant durant plus de deux ans et demi au gouvernement Lula, qui poursuit la politique n&#233;olib&#233;rale engag&#233;e par son pr&#233;d&#233;cesseur, Fernando Henrique Cardoso (FHC), le Parti des travailleurs est entr&#233; dans une crise profonde (1). Si elle a &#233;t&#233; acc&#233;l&#233;r&#233;e par le scandale d'achat des votes parlementaires par ses dirigeants, ayant &#233;clat&#233; en juin dernier, les racines de cette crise plongent dans la rapide modification de l'identit&#233; du PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construit lors de la vague de luttes qui finirent par mettre fin &#224; une dictature militaire f&#233;roce &#224; la fin des ann&#233;es 1970, le Parti des travailleurs a rassembl&#233; en son sein les syndicalistes combatifs &#224; la recherche d'un instrument politique, les militants des communaut&#233;s chr&#233;tiennes de base influenc&#233;s par la th&#233;ologie de la lib&#233;ration et ceux de la gauche r&#233;volutionnaire. Pour la premi&#232;re fois dans l'histoire du Br&#233;sil, les travailleurs se sont ainsi dot&#233;s d'un parti politique de classe, ind&#233;pendant de la bourgeoisie, capable de formuler sur la sc&#232;ne politique et &#233;lectorale leurs aspirations et leurs revendications. C'est naturellement que ce parti s'est r&#233;clam&#233; du socialisme d&#233;mocratique, m&#234;me si le projet socialiste qu'il a &#233;labor&#233; restait vague. De m&#234;me, c'est naturellement qu'il a emprunt&#233; ses m&#233;canismes internes aux meilleures traditions d&#233;mocratiques des luttes ouvri&#232;res dont nombre de ses dirigeants &#233;taient issus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les succ&#232;s &#233;lectoraux du PT l'ont assez rapidement dot&#233; de nombreux &#233;lus - une position sociale tr&#232;s privil&#233;gi&#233;e au Br&#233;sil - la tradition d&#233;mocratique et pluraliste du PT avait permis de freiner durant des ann&#233;es les processus de distanciation entre sa direction et ses membres, bref la bureaucratisation du parti. Ce n'est qu'au cours des ann&#233;es 1990, en particulier apr&#232;s le tournant n&#233;olib&#233;ral de la politique gouvernementale et les &#233;checs successifs des luttes de r&#233;sistance ouvri&#232;re, que la bureaucratisation du parti a fait des progr&#232;s alors que l'activisme des militants de base connaissait une r&#233;gression. D&#232;s son arriv&#233;e au pouvoir, en janvier 2003, le gouvernement Lula confirmait une orientation &#171; continuiste &#187; avec la politique de FHC. Il respectera tous les engagements de l'&#201;tat br&#233;silien vis-&#224;-vis des march&#233;s financiers et des institutions capitalistes internationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e du PT au gouvernement a eu imm&#233;diatement pour cons&#233;quence un nouvel afflux de membres en son sein. Si pour certains d'entre eux il s'agissait d'une avanc&#233;e politique et d'une prise de conscience, nombre de ces nouveaux membres aspiraient &#224; profiter de cette voie d'acc&#232;s aux postes para-administratifs, que les &#233;lus du PT et ses ministres contr&#244;laient. Simultan&#233;ment l'activit&#233; ind&#233;pendante du parti a largement r&#233;gress&#233;, au profit de l'engagement institutionnel de ses membres ou d'une attitude attentiste. Les mouvements sociaux, largement dirig&#233;s par les militants du PT, ont &#233;galement adopt&#233; une attitude d'attente envers le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'a pas fallu attendre longtemps pour que les choix budg&#233;taires et les &#171; r&#233;formes &#187; entreprises par ce dernier s'av&#232;rent &#234;tre en continuit&#233; avec la politique n&#233;olib&#233;rale de la d&#233;cennie pr&#233;c&#233;dente, aggravant les attaques contre les acquis des travailleurs. La r&#233;forme des retraites de 2003 s'int&#233;grant en particulier dans l'orientation internationale du capital visant &#224; r&#233;duire les salaires sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour avoir refus&#233; de voter cette r&#233;forme que la s&#233;natrice Helo&#237;sa Helena, militante de la Tendance d&#233;mocratie socialiste (DS) et les d&#233;put&#233;s Luciana Genro du Mouvement de la gauche socialiste (MES) et Jo&#227;o Batista Oliveira de Araujo, dit Bab&#225;, du Courant socialiste des travailleurs (CST), ont &#233;t&#233; exclus du PT en d&#233;cembre 2003. Leur exclusion signalait la volont&#233; de la bureaucratie du PT de rompre aussi avec sa tradition pluraliste et d&#233;mocratique. Les exclus, rejoints par d'autres - dont un des fondateurs du PT et de la DS, Jo&#227;o Machado - ont alors entam&#233; la construction d'un nouveau parti de gauche, le Parti du socialisme et de la libert&#233; (PSOL), tentant de pr&#233;server ce qui pouvait l'&#234;tre des acquis de l'ind&#233;pendance politique de classe, que le PT avait mat&#233;rialis&#233;s et qu'il a abandonn&#233;s. La gauche br&#233;silienne, jusque-l&#224; regroup&#233;e pour l'essentiel au sein du PT (2), se voyait ainsi divis&#233;e entre constructeurs du PSOL et partisans du redressement du PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la grande majorit&#233; de la gauche du PT a poursuivi en son sein le combat pour une illusoire r&#233;orientation en se d&#233;marquant l'aile la plus ultra-n&#233;olib&#233;rale, qui dirige le gouvernement, identifi&#233;e au ministre des finances Ant&#244;nio Palocci, tout en se situant sur une orientation de soutien au gouvernement. La gauche &#171; gouverniste &#187; a fait croire qu'elle pouvait changer le cours de la politique du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais confront&#233;s aux d&#233;nonciations d'un de ses clients pris la main dans le sac, la majorit&#233; du PT, et le pr&#233;sident Lula lui-m&#234;me, n'ont nullement fait preuve d'un sursaut salutaire. Au contraire, apr&#232;s avoir tent&#233; d'&#233;touffer le scandale en s'opposant &#224; une enqu&#234;te parlementaire, ces derniers ont tent&#233; de faire porter le chapeau aux dirigeants du parti les plus compromis en &#233;touffant encore le d&#233;bat sur les raisons d'une telle d&#233;g&#233;n&#233;rescence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections de la direction et du pr&#233;sident du parti (PED) n'ont pas contenu cette crise. Certes l'&#233;quipe luliste reste majoritaire, surtout &#224; la direction nationale, o&#249; elle a obtenu pr&#232;s de 60 % des si&#232;ges. Elle remporte aussi la pr&#233;sidence du parti, mais de justesse. Ricardo Berzoini - candidat du camp majoritaire - n'a pu emporter la pr&#233;sidence au premier tour du PED. Si plus de 300 000 adh&#233;rents du PT y ont pris part, au second tour ils ne furent plus que 230 000. Et comme on pouvait s'y attendre dans un parti repris en main par son appareil bureaucratique, c'est Ricardo Berzoini qui l'a emport&#233; (3).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au second tour, plus de 48 % de ceux qui ont vot&#233; se sont rassembl&#233;s sur la candidature de Raul Pont, fondateur du PT et de la DS, ancien maire de Porto Alegre, marquant ainsi la volont&#233; de dizaines de milliers d'adh&#233;rents de s'opposer au cours actuel de la direction du PT. Raul Pont a obtenu le soutien de l'ensemble des autres minorit&#233;s du parti, menant une campagne en faveur de la r&#233;novation du PT et de la r&#233;orientation de la politique gouvernementale, tout en affirmant son soutien &#224; Lula et &#224; son gouvernement (4). Au-del&#224; des positions politiques de Raul Pont, des dizaines de milliers de p&#233;tistes se sont empar&#233;s de sa candidature pour s'opposer au cours de la directions de Lula. L'histoire politique de Raul Pont, ses positions &#224; la gauche du parti, son courage, sa droiture ont permis &#224; ces milliers de p&#233;tistes, en votant pour lui, de manifester leur m&#233;contentement. Mais le soutien de la direction de la DS et de Raul Pont au gouvernement Lula a aussi contribu&#233; &#224; faire appara&#238;tre sa candidature comme celle d'une opposition mod&#233;r&#233;e, donnant ainsi des gages &#224; une partie importante de l'appareil du PT...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les secteurs de la gauche qui demeurent au sein du PT consid&#232;rent n&#233;anmoins que le PED a d&#233;montr&#233; une certaine vitalit&#233; du parti, en mobilisant pour le scrutin interne plus de 30 % de ses membres. &#171; Ce r&#233;sultat de participation r&#233;affirme le PT comme le principal parti de gauche du pays et nous convainc que la sortie de la crise est &#224; la port&#233;e des forces de nos militants &#187;, d&#233;clarait Raul Pont le 11 octobre. Ces secteurs tentent de mobiliser leurs bases en vue du prochain congr&#232;s du parti en d&#233;cembre et comptent prendre activement part &#224; la campagne &#233;lectorale du PT en 2006. Mais le prix &#224; payer pour rester au PT dans ces conditions est lourd : soutenir le gouvernement, appartenir au m&#234;me parti que des dirigeants accus&#233;s de corruption, &#234;tre solidaire d'une des politiques n&#233;olib&#233;rales les plus cons&#233;quentes d'Am&#233;rique latine. Et cela ne peut que se payer lors des prochaines &#233;ch&#233;ances politiques et sociales. Si l'opposition &#171; gouverniste &#187; suit sa logique actuelle, elle appellera &#224; voter aux prochaines &#233;lections pour Lula ou un homme de son &#233;quipe. Comment, alors, se revendiquer de positions anticapitalistes et soutenir Lula... alors qu'il y aura une candidate Helo&#237;sa Helena qui d&#233;fendra une s&#233;rie de positions radicales contre le capitalisme lib&#233;ral ? Comment appuyer Lula contre Helo&#237;sa pour des centaines de militants de la DS ? Il y a l&#224; un choix crucial pour les mois et ann&#233;es &#224; venir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le &#224; l'aggravation de la crise du PT, ceux qui avaient fait le choix de construire le PSOL marquaient des points. La l&#233;gislation br&#233;silienne exigeant qu'un parti, pour &#234;tre l&#233;galement reconnu et pouvoir pr&#233;senter des candidats aux &#233;lections, r&#233;unisse pr&#232;s de 450 000 signatures, le PSOL a men&#233; une campagne de masse tout en s'engageant dans tous les d&#233;bats et en critiquant sans cesse l'orientation du gouvernement, dont le bilan du point de vue des travailleurs s'alourdissait. Le PSOL a ainsi r&#233;ussi &#224; d&#233;poser les signatures, &#224; les faire valider &#224; l'&#233;chelle des &#201;tats et, finalement, le 16 septembre, &#224; se faire reconna&#238;tre en tant que parti l&#233;gal par le Tribunal sup&#233;rieur &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PSOL apparaissait ainsi comme pouvant pr&#233;tendre regrouper une gauche &#224; la recherche d'un outil politique de transformation sociale. Fin septembre la recomposition de la gauche s'est donc pr&#233;cipit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24, au cours d'un meeting public &#224; Fortaleza, capitale de l'&#201;tat de Ceara, Jo&#227;o Alfredo, d&#233;put&#233; f&#233;d&#233;ral de la DS, annon&#231;ait son passage au PSOL avec deux tiers de militants locaux de ce courant. L'&#201;tat de Ceara &#233;tait le plus fort bastion de la DS apr&#232;s celui de Rio Grande do Sul. La maire de Fortaleza, Luisianne Lins, ainsi que plusieurs autres cadres de la DS locale restent cependant au sein du PT et les militants pass&#233;s au PSOL ont annonc&#233; qu'ils soutiendront l'administration locale de Luisianne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 26, 27 et 28 septembre la presse annon&#231;ait d'autres ralliements au PSOL de dirigeants et militants de la gauche du PT &#224; S&#227;o Paulo, Rio de Janeiro, Campinas, etc. A S&#227;o Paulo le d&#233;put&#233; f&#233;d&#233;ral de la DS, Orlando Fantazzini, annon&#231;ait son passage au PSOL avec plusieurs centaines de militants. A Rio, c'&#233;tait le cas du d&#233;put&#233; f&#233;d&#233;ral Chico Alencar, une personnalit&#233; historique de la gauche du PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, Ivan Valente et Maninha, deux autres d&#233;put&#233;s f&#233;d&#233;raux, militants d'APS (Action pour le socialisme, connue auparavant en tant que Force socialiste, troisi&#232;me grand courant de la gauche du PT) annon&#231;aient leur passage au PSOL. Il semble que le courant APS dans son ensemble a d&#233;cid&#233; de faire de m&#234;me. Ce courant avait soutenu la candidature de Plinio de Arruda Sampaio - une figure historique du PT, identifi&#233;e avec l'important courant de la gauche chr&#233;tienne - au poste de pr&#233;sident du PT. Plinio, qui &#233;tait per&#231;u comme le candidat le plus &#224; gauche lors de ce PED et avait obtenu 13,4 % des voix le 18 septembre, a &#233;galement annonc&#233; qu'il rejoignait le PSOL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombre d'autres dirigeants nationaux, r&#233;gionaux et locaux de la gauche du PT ainsi que d'autres petits courants de gauche annon&#231;aient &#233;galement leur d&#233;part du PT pour le PSOL. Notons en particulier parmi eux le Mouvement d'unit&#233; socialiste - un courant qui s'&#233;tait s&#233;par&#233; du MUS de Luciana Genro en 2004, consid&#233;rant qu'il fallait poursuivre le combat au sein du PT - et des dirigeants connus de la gauche de la Centrale unique des travailleurs (CUT), tel Jordinho.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PSOL a connu ainsi un afflux important de nouveaux membres en m&#234;me temps qu'il obtenait sa reconnaissance l&#233;gale, ce qui lui permettra d'&#234;tre pr&#233;sent dans la campagne &#233;lectorale de 2006. Il dispose aujourd'hui d'un groupe parlementaire f&#233;d&#233;ral fort de sept d&#233;put&#233;(e)s et de deux s&#233;nateurs (5), ce qui lui garantit une pr&#233;sence m&#233;diatique. Les sondages cr&#233;ditent la candidature &#224; la Pr&#233;sidence de la R&#233;publique en 2006 de sa dirigeante la plus connue, Helo&#237;sa Helena, d'un score significatif. Ainsi le PSOL appara&#238;t comme un outil politique capable de pr&#233;server les meilleurs acquis du PT et un secteur non n&#233;gligeable de son capital militant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la crise de la premi&#232;re tentative de la classe ouvri&#232;re br&#233;silienne de s'&#233;lever au niveau de l'ind&#233;pendance politique s'annonce durable. Et la division de la gauche br&#233;silienne entre ceux qui, malgr&#233; leur position subalterne, continuent &#224; esp&#233;rer une refondation du PT de l'int&#233;rieur et ceux qui ont entrepris la construction d'un nouveau parti de classe, ind&#233;pendant et tirant les enseignements de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence de leur parti d'origine, sera encore longue. Si l'ouverture prochaine de la campagne &#233;lectorale ne facilitera pas la recherche de terrains d'unit&#233; d'action entre les deux composantes de la gauche br&#233;silienne, les militants du PSOL, engag&#233;s dans les mouvements sociaux, ont d&#233;j&#224; pris les initiatives visant &#224; pr&#233;server ce cadre de l'unit&#233; d'action et &#224; constituer des forums de d&#233;bats qui puissent faciliter le rassemblement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 12 octobre 2005&lt;br class='autobr' /&gt;
(tir&#233; du site de Rouge, LCR)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;* Fran&#231;ois Sabado, dirigeant de la Ligue communiste r&#233;volutionnaire (LCR, section fran&#231;aise de la IVe Internationale), est membre du Bureau ex&#233;cutif de la IVe Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Cf. l'article de Jos&#233; Corr&#234;a Leite dans Inprecor n&#176; 507/508 de juillet-ao&#251;t 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Bien que la majorit&#233; du courant trotskiste &#171; moreniste &#187; ait quitt&#233; le PT d&#232;s 1992 et que les ex-mao&#239;stes du PCdoB ne l'aient jamais rejoint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Au moment o&#249; nous mettons sous presse, nous ne disposons que des r&#233;sultats partiels annonc&#233;s le 11 octobre, et qui se fondent sur le d&#233;pouillement de 95,6 % des bulletins de vote. Berzoini totalisait alors 51,6 % contre 48,4 % &#224; Raul Pont. La commission &#233;lectorale n'a cependant m&#234;me pas jug&#233; utile d'attendre la fin du d&#233;pouillement pour annoncer la victoire de Berzoini, imm&#233;diatement intronis&#233; &#171; pr&#233;sident du PT &#187; sur le site web du parti...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. On se reportera &#224; l'interview de Raul Pont reproduite ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Les deux s&#233;nateurs sont H&#233;lo&#237;sa Helena et Geraldo Mesquita ; les sept d&#233;put&#233;s f&#233;d&#233;raux sont Bab&#225;, Luciana Genro, Ivan Valente, Chico Alencar, Orlando Fantazzini, Maninha et Jo&#227;o Alfredo. Au moins 2500 militantes et militants du PT ont rejoint le PSOL au cours de la derni&#232;re semaine de septembre, dont les cinq d&#233;put&#233;s f&#233;d&#233;raux mentionn&#233;s, quatre d&#233;put&#233;s &#233;tatiques, des dizianes de conseillers municipaux et quatre membres de l'Ex&#233;cutif national de la Centrale Unique des Travailleurs (CUT).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Alternative en cr&#233;ation</title>
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		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>

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&lt;p&gt;Au Br&#233;sil, les &#233;lections de la direction et du pr&#233;sident du Parti des travailleurs (PT) - le parti du pr&#233;sident Lula - n'ont pas contenu la crise que conna&#238;t actuellement le pays. &lt;br class='autobr' /&gt;
Certes, l'&#233;quipe &#171; luliste &#187; reste majoritaire, obtenant pr&#232;s de 60 % des si&#232;ges &#224; la direction nationale du Parti des travailleurs (PT). Elle remporte aussi la pr&#233;sidence du parti, mais de justesse. Le candidat du camp majoritaire, Ricardo Berzoini, n'a pu emporter l'&#233;lection d&#232;s le premier tour. Si plus de 300 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Bresil-" rel="directory"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Bresil-24-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au Br&#233;sil, les &#233;lections de la direction et du pr&#233;sident du Parti des travailleurs (PT) - le parti du pr&#233;sident Lula - n'ont pas contenu la crise que conna&#238;t actuellement le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, l'&#233;quipe &#171; luliste &#187; reste majoritaire, obtenant pr&#232;s de 60 % des si&#232;ges &#224; la direction nationale du Parti des travailleurs (PT). Elle remporte aussi la pr&#233;sidence du parti, mais de justesse. Le candidat du camp majoritaire, Ricardo Berzoini, n'a pu emporter l'&#233;lection d&#232;s le premier tour. Si plus de 300 000 adh&#233;rents du PT y ont pris part, ils ne furent plus que 230 000 au second tour. Et comme on pouvait s'y attendre, dans un parti repris en main par son appareil bureaucratique, c'est Ricardo Berzoini qui a gagn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au second tour, plus de 48 % de ceux qui ont vot&#233; se sont rassembl&#233;s sur la candidature de Raul Pont, fondateur du PT et de D&#233;mocratie socialiste1 (DS), ancien maire de Porto Alegre, marquant ainsi la volont&#233; de dizaines de milliers d'adh&#233;rents de s'opposer au cours actuel de la direction. Raul Pont a obtenu le soutien de l'ensemble des autres minorit&#233;s du parti, menant une campagne en faveur de la r&#233;novation du PT et de la r&#233;orientation de la politique gouvernementale, tout en affirmant son soutien &#224; Lula et &#224; son gouvernement. Au-del&#224; des positions politiques de Raul Pont, des dizaines de milliers de militants se sont empar&#233;s de sa candidature pour s'opposer au cours de la direction de Lula. L'histoire politique de Raul Pont et sa droiture ont permis &#224; ces milliers de militants, en votant pour lui, de manifester leur m&#233;contentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le prix &#224; payer pour rester au PT dans ces conditions est lourd : soutenir le gouvernement, appartenir au m&#234;me parti que des dirigeants accus&#233;s de corruption, et &#234;tre solidaire d'une des politiques n&#233;olib&#233;rales les plus dures d'Am&#233;rique latine. Et cela ne peut que co&#251;ter cher lors des prochaines &#233;ch&#233;ances politiques et sociales. Si l'opposition &#171; gouverniste &#187; suit sa logique actuelle, elle appellera, &#224; la prochaine &#233;lection pr&#233;sidentielle, &#224; voter pour Lula ou un homme de son &#233;quipe. Comment se revendiquer de positions anticapitalistes et soutenir Lula, alors qu'il y aura une candidate du Parti du socialisme et de la libert&#233; (Psol), Heloisa Helena, qui d&#233;fendra une s&#233;rie de positions radicales contre le capitalisme lib&#233;ral ? Comment appuyer Lula contre Heloisa pour des centaines de militants de DS ? Il y a l&#224; un choix crucial pour les mois &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Psol constitue aujourd'hui un d&#233;but d'alternative &#224; gauche de la direction du PT. Il a r&#233;uni 450 000 signatures pour &#234;tre reconnu l&#233;galement et pouvoir se pr&#233;senter aux &#233;lections en 2006. Le Psol a men&#233; une campagne de masse, tout en s'engageant dans tous les d&#233;bats et en critiquant sans cesse l'orientation du gouvernement, dont le bilan, du point de vue des travailleurs, s'alourdissait. L'acc&#233;l&#233;ration de la crise du PT, ces derni&#232;res semaines, a provoqu&#233; un mouvement de la gauche du PT vers le Psol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Psol dispose aujourd'hui d'un groupe parlementaire f&#233;d&#233;ral de sept d&#233;put&#233;s, de deux s&#233;nateurs, dont Heloisa Helena, de dizaines de d&#233;put&#233;s d'&#201;tats et de conseillers municipaux. Des dirigeants historiques de la gauche chr&#233;tienne du PT, comme Plinio de Arruda Sampaio, et de la CUT, comme Jorginho, renforcent ce mouvement. Les sondages cr&#233;ditent d'un score significatif la candidature d'Heloisa Helena &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique, en 2006. Ainsi, le Psol appara&#238;t-il comme un outil politique capable de pr&#233;server les meilleurs acquis du PT et une partie non n&#233;gligeable de ses militants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise du PT va se poursuivre. Des milliers de militants n'accepteront pas la ligne de leur parti, mais s'ils y restent, ils devront soutenir une nouvelle candidature de Lula. L'un des principaux enjeux, pour le Psol, est de dialoguer avec ces militants, de stimuler l'unit&#233; d'action contre la politique du gouvernement, et de les gagner au projet enthousiasmant de la candidature d'Heloisa Helena.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Sabado&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Fraction du PT li&#233;e &#224; la IVe Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; de Rouge, journal de la LCR)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Travail collectif * pour un nouveau Br&#233;sil</title>
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		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le texte que nous publions ci-dessous est le produit d'une r&#233;union qui s'est tenue &#224; Brasilia, capitale du B&#233;rsil, fin octobre 2005. Sous le nom d'Assembl&#233;e populaire, elle a r&#233;uni des d&#233;l&#233;gu&#233;&#183;e&#183;s de nombreuses organisations sociales dont les directions ne sont pas oppos&#233;es directement au gouvernement Lula. Le ton de cette lettre-charte - au-del&#224; du &#171; bilan &#187; qu'il trace de la situation sociale du pays - indique le profond malaise existant dans de mouvement social face &#224; la politique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le texte que nous publions ci-dessous est le produit d'une r&#233;union qui s'est tenue &#224; Brasilia, capitale du B&#233;rsil, fin octobre 2005. Sous le nom d'Assembl&#233;e populaire, elle a r&#233;uni des d&#233;l&#233;gu&#233;&#183;e&#183;s de nombreuses organisations sociales dont les directions ne sont pas oppos&#233;es directement au gouvernement Lula. Le ton de cette lettre-charte - au-del&#224; du &#171; bilan &#187; qu'il trace de la situation sociale du pays - indique le profond malaise existant dans de mouvement social face &#224; la politique social-lib&#233;rale du gouvernement Lula, une politique en faveur des secteurs dominants du pays. R&#233;d.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;mancipation des opprim&#233;s sera l'&#339;uvre des opprim&#233;s eux-m&#234;mes. &#187; (Karl Marx)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades, Fr&#232;res et S&#339;urs du Br&#233;sil,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que citoyennes et citoyens, nous sommes des sujets de droits &#233;gaux qui habitent dans l'un des territoires les plus riches du monde, autant par sa diversit&#233; ethnique, que par ses particularit&#233;s r&#233;gionales, son climat, sa v&#233;g&#233;tation, sa faune, ses sols, ses fleuves ou ses littoraux. Tous ces territoires sont riches en histoire, en cultures, en traditions, en costumes, en valeurs et en spiritualit&#233;s. Nous venons de diff&#233;rents biomes (r&#233;gions socioculturelles et socio-environnementales) et nous aimerions que gr&#226;ce &#224; la richesse de toute cette diversit&#233;, le Br&#233;sil puisse former une unit&#233; capable d'offrir une vie digne &#224; toutes les personnes et &#224; tous les &#234;tre vivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est inacceptable que nos r&#233;gions soient menac&#233;es de destruction au nom du &#171; progr&#232;s &#187; capitaliste et du dit march&#233; de la consommation, qui ne vise que le gain imm&#233;diat et l'accumulation des richesses, en exploitant le travail humain et en ignorant l'&#233;quilibre de la vie et de la nature. Les peuples de toutes les r&#233;gions du Br&#233;sil se sentent menac&#233;s par l'avanc&#233;e de l'agrobusiness et des projets qui ne prennent pas en compte les potentialit&#233;s et les limites de chaque biome et ne s'int&#233;ressent pas au destin des populations qui y vivent. Un exemple de cela est le projet de d&#233;tournement du fleuve Sao Francisco. [1] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; quoi ce type de &#171; progr&#232;s &#187; irresponsable sert-il, dans notre pays et dans le monde ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sc&#232;ne mondiale r&#233;v&#232;le qu'en d&#233;pit des avanc&#233;es technologiques, les in&#233;galit&#233;s sociales s'approfondissent. Le &#171; progr&#232;s &#187; ne sert pas la majorit&#233; de la population. Celle-ci s'accro&#238;t en nombre et la situation des pauvres ne fait que s'aggraver. Ceux-ci sont priv&#233;s de toute chance (possibilit&#233;), alors qu'une minorit&#233; de banquiers, sp&#233;culateurs et grands entrepreneurs accumule des privil&#232;ges, concentre des fortunes et commande au march&#233; financier, qui est lui le premier responsable des politiques n&#233;olib&#233;rales n&#233;fastes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation br&#233;silienne n'est pas diff&#233;rente. Un pour cent de la population contr&#244;le et dispose de 13% du revenu national, ce qui constitue la m&#234;me part que celle avec laquelle survit la moiti&#233; de toute la population ! Un pour cent des propri&#233;taires concentre plus de 46% des terres cultivables. Dans les villes, 1% des propri&#233;taires contr&#244;le plus de la moiti&#233; des terres alors que des millions de personnes sont poursuivis parce qu'elles luttent pour avoir un espace dans lequel elles puissent vivre. En mati&#232;re d'&#233;ducation, il existe encore une quantit&#233; consid&#233;rable d'analphab&#232;tes au Br&#233;sil et moins de 8% des &#233;tudiants arrivent &#224; l'Universit&#233;, parmi lesquels la majorit&#233; est issue d'&#233;coles priv&#233;es. La Faim est une r&#233;alit&#233; honteuse dans notre pays et le ch&#244;mage, le sous-emploi et le travail informel sont alarmants. Des millions de personnes, surtout des jeunes et des gens de plus de quarante ans, vivent sans garanties, sans protection aucune de l'Etat et sont abandonn&#233;s &#224; leur propre sort. Par manque d'investissements publics, l'acc&#232;s &#224; la sant&#233; est restreint au minimum, alors que nous assistons &#224; l'&#233;mergence de fortunes colossales construites gr&#226;ce aux int&#233;r&#234;ts de la dette et &#224; la corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d&#233;cisif que toute la soci&#233;t&#233; connaisse les causes de ce tableau d'in&#233;galit&#233; et d'oppression :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La r&#233;mun&#233;ration &#233;lev&#233;e du capital, au moyen de la pratique des taux d'int&#233;r&#234;ts les plus hauts du monde, fait passer une grande partie de la richesse nationale vers le secteur financier, secteur qui a accumul&#233; r&#233;cemment les b&#233;n&#233;fices les plus importants de tous les temps. En plus de cela, la Banque Centrale a promu la lib&#233;ralisation dans le domaine des taux de change, ce qui, outre le fait de faciliter le blanchiment d'argent, laisse le pays &#224; la merci de la sp&#233;culation financi&#232;re et porte atteinte &#224; la souverainet&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Le recours au travail des enfants, &#224; celui de quasi esclaves et l'exploitation de la classe laborieuse en g&#233;n&#233;ral par des salaires de mis&#232;re et un salaire minimum indigne, est en rupture avec la disposition de l'article 70, alin&#233;a IV de la Constitution F&#233;d&#233;rale, qui dit que &#171; les travailleurs urbains et ruraux ont droit &#224; un salaire minimum fix&#233; par la loi, unifi&#233; sur tout le territoire national, permettant &#224; eux et &#224; leur famille de satisfaire leurs besoins vitaux, &#224; savoir logement, alimentation, &#233;ducation, loisir, v&#234;tements, hygi&#232;ne, transport et pr&#233;voyance sociale, cela avec des r&#233;ajustements p&#233;riodiques qui pr&#233;servent le pouvoir d'achat &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Des distorsions du syst&#232;me fiscal privil&#233;gient les riches et p&#233;nalisent les travailleurs, principalement ceux &#224; faible salaire. Le syst&#232;me fiscal devrait &#234;tre le principal vecteur de la redistribution des richesses. Il devrait taxer les grands capitaux, les b&#233;n&#233;fices, les fortunes, les h&#233;ritages et les latifundia, et destiner ces ressources &#224; la garantie de politiques dans les services publics, la sant&#233;, l'&#233;ducation, le sport, la s&#233;curit&#233; sociale, l'assainissement [des zones urbaines paup&#233;ris&#233;es], l'assistance, la pr&#233;vention, la culture, les loisirs, etc. Le mod&#232;le &#233;conomique actuel, au contraire, tire ses ressources des pauvres et les offre aux riches, conduisant ainsi &#224; une concentration du revenu toujours plus grande. De plus, notre pays a mis en place une l&#233;gislation qui favorise le grand capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. La concentration de la propri&#233;t&#233; de la terre et des moyens de production ainsi que l'absence d'une v&#233;ritable politique agricole emp&#234;chent qu'une v&#233;ritable d&#233;mocratisation (allant bien au-del&#224; de la simple d&#233;marcation des terres indig&#232;nes [indiens] et des &#171; quilombolas &#187; [terres occup&#233;es historiquement par des esclaves qui avaient &#233;chapp&#233;s &#224; la servitude] nepuisse se faire &#224; travers la R&#233;forme Agraire. Le mod&#232;le agricole n&#233;olib&#233;ral et l'absence d'une politique agricole en faveur des paysannes et des paysans maintiennent et augmentent la concentration de la richesse et du pouvoir, et ces mod&#232;les sont directement tourn&#233;s vers la production de dollars pour payer les int&#233;r&#234;ts de la dette ext&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Il existe &#233;galement une absence totale d'investissements publics en faveur d'initiatives communautaires et coop&#233;ratives de l'&#233;conomie populaire solidaire, ainsi qu'en faveur de petites et moyennes entreprises, autog&#233;r&#233;es notamment. Absence &#233;galement d'infrastructure pour am&#233;liorer la vie du peuple, ce qui pourrait g&#233;n&#233;rer de tr&#232;s nombreux emplois et stimuler l'&#233;conomie du pays, puisque les politiques compensatoires, tel le projet &#171; Faim Z&#233;ro &#187; par exemple, sont insuffisantes. La politique gouvernementale actuelle exige des coupes drastiques dans les investissements et les d&#233;penses sociales, afin d'offrir des garanties aux cr&#233;anciers des dettes interne et externe &#224; travers le solde positif primaire du budget [solde positif du budget qui doit permettre de payer les int&#233;r&#234;ts de la dette]. En plus du fait de ne pas faire d'investissements, le processus inverse s'est produit, au travers de la privatisation d'entreprises nationales prestataires de services essentiels, et, r&#233;cemment, de la vente de biens naturels essentiels tels que l'eau. Il existe &#233;galement le danger de la contamination de semences natives, caus&#233;e par la diss&#233;mination de semences transg&#233;niques, sans parler de la valorisation de l'agrobusiness d&#233;vastateur et de la d&#233;nationalisation de gisements de p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Les privil&#232;ges octroy&#233;s dans le paiement des int&#233;r&#234;ts des dettes, tant interne qu'externe, consomment une grande partie du budget public et des revenus [en devises] des exportations. La dette publique constitue la toile de fond des grands probl&#232;mes nationaux. Le processus de l'endettement est directement li&#233; &#224; la perte de droits, &#224; la perte de souverainet&#233; face aux impositions de politiques d'ajustement budg&#233;taire et structurel, ainsi qu'aux difficult&#233;s d&#233;coulant du commerce injuste, qui nous oblige &#224; produire toujours plus pour exporter sans respect &#224; l'&#233;gard de nos biomes et des peuples qui y vivent. Pour cela, nous exigeons la r&#233;alisation d'une expertise, pr&#233;vue d'ailleurs dans la Constitution F&#233;d&#233;rale, de ces dettes discutables qui ont caus&#233; tant de tort &#224; la nation br&#233;silienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. L'on assiste &#224; une impunit&#233; &#224; l'&#233;gard de ceux qui violent les droits humains et &#224; la criminalisation croissante des pauvres et des mouvements sociaux. Un autre probl&#232;me grave est l'absence de justice sociale et de tout syst&#232;me s&#233;curit&#233; publique dans les grands centres urbains comme dans le monde rural.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Et pour finir, l'on note une concentration des moyens de communication dans les mains d'un petit nombre de familles, avec comme objectif celui de former id&#233;ologiquement la population &#224; partir de la vision des &#233;lites. Un autre probl&#232;me r&#233;side dans la chasse syst&#233;matique aux radios communautaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce tableau qui d&#233;peint des injustices immenses et &#224; cet ensemble de politiques contraires aux besoins du peuple, il est urgent de r&#233;aliser de mani&#232;re consciente une ample mobilisation sociale contre tout ce qui emp&#234;che que les &#233;normes potentialit&#233;s de chaque r&#233;gion, de chaque biome, et du pays dans son ensemble ne puissent r&#233;pondre pleinement aux besoins et droits de ses citoyennes et de ses citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est n&#233;cessaire que le peuple entier connaisse la force de son pouvoir ! La mobilisation que nous sommes en train d'organiser exige l'engagement de toutes les organisations de la soci&#233;t&#233; civile - groupes de base, associations, syndicats, mouvements sociaux, &#233;glises et citoyens en g&#233;n&#233;ral - afin de faire pression sur les pouvoirs L&#233;gislatif, Ex&#233;cutif et Judiciaire pour exiger l'infl&#233;chissement des politiques nationales en faveur des int&#233;r&#234;ts populaires et non de ceux du march&#233; financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous exigeons un comportement transparent et &#233;thique de la part de toutes les personnes responsable de services publics, de m&#234;me que l'&#233;lucidation compl&#232;te de tous les cas de corruption d&#233;nonc&#233;s et la restitution aux &#171; coffres &#187; publics des sommes d&#233;tourn&#233;es. Il est n&#233;cessaire de rendre op&#233;rationnels des instruments de contr&#244;le populaire de l'utilisation des ressources publiques et d'en finir avec l'immunit&#233; parlementaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La participation des citoyennes et des citoyens aux Assembl&#233;es Populaire contribuera &#224; instituer une souverainet&#233; populaire effective, et non seulement symbolique. Les Assembl&#233;es seront notre force pour emp&#234;cher la subordination du bien commun du peuple &#224; l'int&#233;r&#234;t particulier, ainsi qu'&#224; l'asservissement de la nation aux int&#233;r&#234;ts &#233;trangers. Les Assembl&#233;es seront notre force pour rendre effectif le pouvoir populaire, pour construire un Br&#233;sil libre, souverain et socialiste, que nous d&#233;sirons pour nous et pour les g&#233;n&#233;rations futures, cohabitant avec tous les peuples de la Terre dans un esprit de coop&#233;ration et de solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brasilia, le 28 octobre 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*Pour exprimer l'id&#233;e de &#171; travail collectif &#187; le texte portugais (br&#233;silien) utilise le mot &#171; Mutirao &#187; qui est un terme d'origine indienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Les mouvements sociaux et &#233;cologiques exercent une pression pour que le gouvernement Lula renonce au projet de d&#233;rivation des eaux du fleuve S&#227;o Francisco. Ce projet consiste &#224; d&#233;tourner, via la construction de deux canaux, une partie des eaux de ce fleuve de 2700 kilom&#232;tres, pour irriguer le sert&#227;o (l'arri&#232;re-pays semi-aride) de quatre des neuf Etats du Nordeste, r&#233;gion frapp&#233;e par la s&#233;cheresse, de mani&#232;re cyclique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le gouvernement affirme que ce projet vise &#224; assurer de l'eau potable &#224; 12 millions d'habitants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Selon le mouvement social, les &#233;cologistes et divers experts, les principaux b&#233;n&#233;ficiaires de cet apport d'eau suppl&#233;mentaire ne seront pas les pauvres, mais les groupes d'entrepreneurs qui convoitent cet important march&#233; public et la grande agriculture irrigu&#233;e et exportatrice de la r&#233;gion. Y compris la Banque mondiale avait critiqu&#233; un projet similaire envisag&#233; par le gouvernement de Cardoso. Dans diverses r&#233;gions du Nordeste, la priorit&#233; serait &#224; la construction de citernes et de meilleures infrastructures pour une gestion ad&#233;quate des ressources en eau, en faveur des populations les plus d&#233;sh&#233;rit&#233;es. Le gouvernement pour justifier la lenteur des mesures prises dans ce domaine invoque les &#171; faiblesses budg&#233;taires &#187;. (r&#233;d).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; (tir&#233; du site &#192; l'encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Recomposition &#224; gauche</title>
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		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>

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&lt;p&gt;La crise politique br&#233;silienne a connu, ces derniers jours, de nouveaux d&#233;veloppements. Au Parti des travailleurs (PT), formation du pr&#233;sident Lula, les &#233;lections en deux tours d'un nouveau dirigeant sont en cours. Non sans mal. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au Br&#233;sil, la crise politique s'accentue. Mercredi 21 septembre, le pr&#233;sident de la Chambre de d&#233;put&#233;s, Severino Cavalcanti, a renonc&#233; &#224; son mandat, pour &#233;viter de perdre tous ses droits politiques. C'est le quatri&#232;me d&#233;put&#233; f&#233;d&#233;ral &#224; renoncer &#224; son mandat dans les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La crise politique br&#233;silienne a connu, ces derniers jours, de nouveaux d&#233;veloppements. Au Parti des travailleurs (PT), formation du pr&#233;sident Lula, les &#233;lections en deux tours d'un nouveau dirigeant sont en cours. Non sans mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Br&#233;sil, la crise politique s'accentue. Mercredi 21 septembre, le pr&#233;sident de la Chambre de d&#233;put&#233;s, Severino Cavalcanti, a renonc&#233; &#224; son mandat, pour &#233;viter de perdre tous ses droits politiques. C'est le quatri&#232;me d&#233;put&#233; f&#233;d&#233;ral &#224; renoncer &#224; son mandat dans les derni&#232;res semaines. Par ailleurs, dix-sept d&#233;put&#233;s sont sous le coup d'une proc&#233;dure qui peut conduire &#224; de nouvelles d&#233;missions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti des travailleurs (PT) de Lula, parti de gouvernement, est le plus atteint par les scandales de corruption. C'est dans ce cadre que s'est d&#233;roul&#233;, le 18 septembre, le premier tour du &#171; processus de vote direct &#187; (PED) au PT, c'est-&#224;-dire le vote pour la pr&#233;sidence du parti. L'usure est telle, que m&#234;me le candidat du &#171; camp majoritaire &#187; parle de la n&#233;cessit&#233; de &#171; refonder &#187; le PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats du premier tour du PED montrent l'affaiblissement du &#171; camp majoritaire &#187;, mais aussi l'impossibilit&#233; de toute &#171; refondation &#187;. De tous les candidats, seul Plinio Sampaio (li&#233; &#224; la Gauche chr&#233;tienne) a d&#233;fendu la rupture avec le gouvernement Lula. Valter Pomar (Articulation de gauche) et Raul Pont (D&#233;mocratie socialiste1), bien que critiques de la politique &#233;conomique n&#233;olib&#233;rale appliqu&#233;e par le gouvernement, ont d&#233;fendu le gouvernement. En outre, le vote pour le directoire national de PT a fait appara&#238;tre une large majorit&#233; pour la direction sortante : 42 % pour le &#171; camp majoritaire &#187;, 5,8 % pour une dissidence &#171; gouverniste &#187;, et 11,5 % pour le Mouvement PT, ce qui fait pr&#232;s de 60 % pour les pro-Lula. L'ensemble de la gauche du PT, la partie &#171; gouvernementaliste &#187; de D&#233;mocratie socialiste (DS), l'Articulation de gauche, la Gauche chr&#233;tienne ont fait, avec d'autres petits courants, moins de 40 %. L'hypoth&#232;se d'une &#233;lection de Raul Pont est donc improbable, les pro-Lula conserveront la majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le fait le plus significatif est la sortie de plusieurs milliers de militants du PT pour aller au Parti du socialisme et de la libert&#233; (PSOL). La rupture de Plinio Sampaio avec le PT et son adh&#233;sion au PSOL sont remarquables. Sampaio est accompagn&#233; par plusieurs d&#233;put&#233;s du bloc des parlementaires de gauche, en particulier ceux de la DS. D'autres sorties de d&#233;put&#233;s sont pr&#233;vues dans la semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 24 septembre, environ deux tiers de la DS de l'&#201;tat du Cear&#225;, avec le d&#233;put&#233; f&#233;d&#233;ral Jo&#227;o Alfredo, ainsi que d'autres militants du PT, ont annonc&#233; leur adh&#233;sion au PSOL, &#224; l'occasion d'un meeting qui a r&#233;uni plus de mille personnes. Le lendemain, dans une r&#233;union &#224; S&#227;o Paulo, plusieurs secteurs qui ont soutenu la candidature de Plinio Sampaio ont annonc&#233; leur adh&#233;sion au PSOL : un secteur de la gauche de la DS (de S&#227;o Paulo et d'autres &#201;tats), un secteur de la dissidence de l'Articulation de gauche, le Mouvement d'unit&#233; socialiste et divers militants du mouvement syndical. Le 28 septembre, un acte important de d&#233;safiliation du PT est annonc&#233; &#224; Porto Alegre, &#224; Rio Grande do Sul, impuls&#233; principalement par des militants de la DS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nouvelles ruptures sont pr&#233;vues apr&#232;s le deuxi&#232;me tour de l'&#233;lection pour la pr&#233;sidence du PT, le 9 octobre. Parce que beaucoup de militants, bien que d&#233;j&#224; convaincus que le PT est un parti irr&#233;formable, veulent encore marquer leur solidarit&#233; &#224; Raul Pont, en votant pour sa candidature. Ce mouvement est tout &#224; fait compr&#233;hensible, car bien qu'il d&#233;fende le gouvernement Lula, Raul Pont a une longue trajectoire de militant de gauche anticapitaliste. N&#233;anmoins, apr&#232;s le vote pour Raul Pont, une partie de ces militants ne restera pas dans le PT, m&#234;me si une large majorit&#233; de la gauche actuelle reste encore dans le parti... La r&#233;organisation de la gauche br&#233;silienne - PSOL compris - entre maintenant dans une nouvelle phase politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De S&#227;o Paulo, Joao Machado&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;1. Fraction du PT li&#233;e &#224; la IVe Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; de Rouge)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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