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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Quand les banques font main basse sur les politiques publiques</title>
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		<dc:date>2011-06-21T16:50:42Z</dc:date>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Chesnais</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
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&lt;p&gt;Fran&#231;ois Chesnais, r&#233;dacteur de la revue Carr&#233; rouge, vient de publier un livre important, intitul&#233; Les dettes ill&#233;gitimes. Quand les banques font main basse sur les politiques publiques (&#201;ditions Raisons d'agir, 2011). Un livre p&#233;dagogique d&#233;gageant les m&#233;canismes financiers et bancaires &#224; l'origine de la dette dite souveraine. Il indique aussi l'actualit&#233; d'une bataille europ&#233;enne pour l'annulation des dettes ill&#233;gitimes. &lt;br class='autobr' /&gt;
A l'heure o&#249; l'affrontement socio-politique en Gr&#232;ce a atteint un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L95xH150/arton3194-ff965.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='95' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fran&#231;ois Chesnais, r&#233;dacteur de la revue Carr&#233; rouge, vient de publier un livre important, intitul&#233; &lt;i&gt;Les dettes ill&#233;gitimes. Quand les banques font main basse sur les politiques publiques&lt;/i&gt; (&#201;ditions Raisons d'agir, 2011). Un livre p&#233;dagogique d&#233;gageant les m&#233;canismes financiers et bancaires &#224; l'origine de la dette dite souveraine. Il indique aussi l'actualit&#233; d'une bataille europ&#233;enne pour l'annulation des dettes ill&#233;gitimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'heure o&#249; l'affrontement socio-politique en Gr&#232;ce a atteint un nouveau stade, o&#249; la m&#234;me question se pose au Portugal dans l'imm&#233;diat et en perspective en Espagne, la lecture de ce livre de Fran&#231;ois Chesnais permet de saisir les multiples facettes de la dite &#171; crise de la dette souveraine &#187; et trace les voies d'un mouvement europ&#233;en et international contre une des machines capitalistes de destruction sociale et environnementale. Fran&#231;ois Chesnais, dans l'article ci-dessous, met en relief les traits saillants du th&#232;me qu'il traite dans son ouvrage. La lecture de cet article ne peut que susciter le besoin de lire son livre. (R&#233;daction, &lt;i&gt;&#192; l'encontre&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au printemps de 2010, les grandes banques europ&#233;ennes, au premier chef les banques fran&#231;aises et allemandes ont convaincu l'Union europ&#233;enne et la BCE, que le risque de d&#233;faut de paiement de la dette publique de la Gr&#232;ce mettait leur bilan en danger. Elles ont demand&#233; d'&#234;tre mises &#224; l'abri des cons&#233;quences de leur gestion. Les grandes banques europ&#233;ennes ont &#233;t&#233; fortement aid&#233;es &#224; l'automne 2008 au moment o&#249; la faillite de la banque Lehman Brothers &#224; New York a port&#233; la crise financi&#232;re &#224; son paroxysme. Depuis leur sauvetage, elles n'ont pas &#233;pur&#233; tous les actifs toxiques de leurs comptes. Elles ont pourtant continu&#233; &#224; faire des placements &#224; haut risque. Chez certaines le moindre d&#233;faut de paiement signifierait la faillite. En mai 2010, un plan de sauvetage a &#233;t&#233; mont&#233;, avec un volet financier et un volet d'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire drastique et de privatisation acc&#233;l&#233;r&#233;e : fortes baisses des d&#233;penses sociales ; diminution de traitements des fonctionnaires et r&#233;duction de leur nombre ; nouvelles atteintes aux syst&#232;mes des retraites, que ceux-ci soient par capitalisation ou par r&#233;partition. Les premiers pays, tels la Gr&#232;ce et le Portugal, &#224; les avoir appliqu&#233;es ont &#233;t&#233; pris dans une spirale infernale dont les couches populaires et les jeunes sont les victimes imm&#233;diates. Elle concerne de mois en mois un nombre plus important de pays en Europe occidentale et m&#233;diterran&#233;enne, apr&#232;s avoir ravag&#233; les pays baltiques et balkaniques. C'est aux travailleurs, &#224; la jeunesse et aux couches populaires les plus vuln&#233;rables qu'on impose le co&#251;t du sauvetage du syst&#232;me financier europ&#233;en et partant du syst&#232;me mondial.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;A-t-on besoin des banques dans leur forme actuelle ? Faut-il continuer &#224; les sauver ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Deux s&#233;ries d'id&#233;es &#233;troitement entrem&#234;l&#233;es nous sont ass&#233;n&#233;es, &#224; quelques nuances pr&#232;s, par le gouvernement comme par les dirigeants de l'UMP, du Parti socialiste et des partis dits centristes. Les premi&#232;res concernent la dette publique, les secondes les banques. Les &#171; sacrifices &#187; demand&#233;s sur le plan des retraites, du gel du point d'indice dans la fonction publique, les nouvelles coupures drastiques dans le budget de l'enseignement, etc., etc., sont n&#233;cessaires, nous dit-on, afin que &#171; la dette de la France soit honor&#233;e &#187;. Il faut &#233;viter aussi que la France ne perde pas la note AAA que lui accordent les agences de notation, et qu'elle ne soit pas oblig&#233;e de payer des int&#233;r&#234;ts sur la dette publique plus &#233;lev&#233;s que ceux qu'elle paie actuellement. Pour ce qui est des banques, elles ont des fonctions indispensables qu'elles rempliraient bien, ou en tous les cas suffisamment bien, pour qu'il soit n&#233;cessaire et l&#233;gitime de leur venir au secours chaque fois qu'elles ne le demandent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'injonction &#171; d'honorer la dette &#187; comme celle d'aider les banques repose sur l'id&#233;e que des sommes repr&#233;sentant le fruit d'une &#233;pargne patiemment amass&#233;e par un dur labeur, auraient &#233;t&#233; pr&#234;t&#233;es. &lt;i&gt;&#171; La plupart des &#233;conomistes&lt;/i&gt;, &#233;crit un sp&#233;cialiste du cr&#233;dit travaillant aux Etats-Unis, &lt;i&gt;pensent que les banques sont de simples interm&#233;diaires entre les d&#233;posants et les emprunteurs. Une autre fa&#231;on d'exprimer cette croyance largement partag&#233;e est de dire que les banques collectent l'&#233;pargne et financent l'investissement. De l&#224;, il n'y a qu'un petit pas pour conclure qu'un montant donn&#233; d'&#233;pargne doit s'&#234;tre constitu&#233; avant qu'un investissement puisse se faire &#187;&lt;/i&gt;[1]. La r&#233;alit&#233; est toute autre. Les banques pr&#234;tent sans commune mesure avec le montant des d&#233;p&#244;ts et de la petite &#233;pargne qui leur est confi&#233;e. Elles n'ont jamais &#233;t&#233; de simples interm&#233;diaires. Depuis leur transformation en groupes financiers diversifi&#233;s aux op&#233;rations transnationales, elles le sont moins que jamais. Les profits bancaires proviennent de leurs op&#233;rations de cr&#233;ation de cr&#233;dit. Leur source se trouve dans le flux de richesse (valeur et plus value) venant des activit&#233;s de production. Le chemin emprunt&#233; diff&#233;rera selon l'emprunteur. Dans le cas d'un Etat, il passe par l'imp&#244;t et le service des int&#233;r&#234;ts de la dette publique. Dans celui d'une entreprise, il s'agit d'une fraction du profit. Dans le cas de particuliers et de m&#233;nages, c'est une partie de leur salaire ou de leur retraite qui est absorb&#233;e par les int&#233;r&#234;ts qu'ils paient sur leurs cr&#233;dits hypoth&#233;caires ou leurs cartes de cr&#233;dit. Plus une banque pr&#234;te, plus ses profits sont &#233;lev&#233;s. Au cours des deux derni&#232;res d&#233;cennies, elles ont con&#231;u les moyens qui ont sembl&#233; leur permettre de le faire. Les &#171; innovations financi&#232;res &#187; ont donn&#233; naissance &#224; un r&#233;seau tr&#232;s dense de transactions interbancaires. C'est &#224; partir de ces &#171; innovations &#187; que les banques ont pu actionner ce qui est nomm&#233; &#171; &lt;i&gt;l'effet de levier&lt;/i&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire un ratio de pr&#234;ts &#224; leurs capitaux propres et encaisses disponibles, dont la hauteur (jusqu'&#224; plus de 30%) les met en permanence en situation de grande fragilit&#233;. Elles le savent, mais elles comptent sur les gouvernements pour leur assurer en toutes circonstances et quel qu'en soit le co&#251;t social un filet de s&#233;curit&#233; et en cas extr&#234;me la socialisation de leurs pertes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FMI publie tous les six mois &#224; peu pr&#232;s simultan&#233;ment deux grands rapports, l'un sur les perspectives de l'&#233;conomie mondiale et l'autre sur l'&#233;tat du syst&#232;me financier mondial. Le premier attire l'attention de tous les &#233;conomistes. Le FMI y pr&#233;sente ses projections macro&#233;conomiques. Ils sont donc en terrain familier. Le second n'est lu que par ceux qui accordent, dans le cadre de la mondialisation commerciale et financi&#232;re, une importance &#224; la finance et aux crises financi&#232;res. En janvier 2011, FMI estimait d&#233;j&#224; que l'une des grandes incertitudes de la situation &#233;conomique mondiale tenait &#224; ce qu'en Europe &lt;i&gt;&#171; l'interaction entre les risques souverain et bancaire s'intensifie &#187;&lt;/i&gt;[2]. Le premier chapitre du nouveau rapport sur la situation du syst&#232;me financier mondial confirme cette appr&#233;ciation. Il met l'accent sur la vuln&#233;rabilit&#233; des banques, en particulier des banques europ&#233;ennes[3]. L'appr&#233;ciation du directeur du d&#233;partement des march&#233;s financiers et mon&#233;taires du FMI est la suivante : &lt;i&gt;&#171; Pr&#232;s de quatre ans apr&#232;s le d&#233;but de la crise financi&#232;re, la confiance dans la stabilit&#233; du syst&#232;me bancaire global doit toujours &#234;tre enti&#232;rement restaur&#233;e &#187;&lt;/i&gt;. Et de souligner pour ce qui est des banques europ&#233;ennes : &lt;i&gt;&#171; Certaines banques ont toujours un ratio d'effet de levier trop important, ont des capitaux propres insuffisants, compte tenu de l'incertitude sur la qualit&#233; de leurs actifs. Ces faibles niveaux de fonds propres rendent certaines banques allemandes, ainsi que les caisses d'&#233;pargne italiennes, portugaises et espagnoles en difficult&#233;, vuln&#233;rables &#224; de nouveaux chocs. &#187;&lt;/i&gt; [4]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le des banques est de fournir du cr&#233;dit commercial (l'escompte des effets commerciaux &#224; tr&#232;s court terme) et des pr&#234;ts &#224; plus long terme aux entreprises pour leurs investissements. Ce r&#244;le est indispensable au fonctionnement du capitalisme. Il le serait aussi pour toute forme d'organisation &#233;conomique fond&#233;e sur des modalit&#233;s d&#233;centralis&#233;es de propri&#233;t&#233; sociale des moyens de production supposant le recours &#224; l'&#233;change. Le bilan de trois d&#233;cennies de lib&#233;ralisation financi&#232;re et de quatre ann&#233;es de crise pose, en tout &#233;tat de cause, la question de l'utilit&#233; &#233;conomique et sociale des banques dans leur forme actuelle. Devenues des conglom&#233;rats financiers, les banques ont-elles droit au soutien des gouvernements et des contribuables chaque fois que leurs bilans sont menac&#233;s du fait de leurs propres d&#233;cisions de gestion ? Beaucoup de gens commencent &#224; en douter. Ils l'expriment parfois, comme l'a fait Eric Cantona [footballeur fran&#231;ais qui a eu son heure de gloire en France et en Angleterre, et qui avait appel&#233; &#224; un retrait des d&#233;p&#244;ts bancaires en d&#233;cembre 2010], dans des formes que les m&#233;dias ne peuvent pas ignorer. Non pas d&#233;truire les banques, mais les saisir afin qu'elles puissent remplir les fonctions essentielles qui sont en principe les leurs, est la r&#233;ponse que je donne avec d'autres dont Fr&#233;d&#233;ric Lordon[5].&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers une d&#233;finition de l'ill&#233;gitimit&#233; des dettes publiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La notion de dette odieuse a &#233;t&#233; appliqu&#233;e depuis les ann&#233;es 1980 &#224; la dette des pays du Tiers-monde. Son application possible au cas de la dette de la Gr&#232;ce a &#233;t&#233; discut&#233;e. Il s'agit d'une notion qui remonte &#224; l'entre-deux-guerres. La premi&#232;re d&#233;finition appartient &#224; Alexander Sack, juriste russe et professeur de droit international &#224; Paris ; &lt;i&gt;&#171; dette contract&#233;e par un r&#233;gime despotique (nous dirions aujourd'hui &#171; dictature &#187; ou &#171; r&#233;gime autoritaire &#187;) pour des objectifs &#233;trangers aux int&#233;r&#234;ts de la Nation, aux int&#233;r&#234;ts des citoyens &#187;&lt;/i&gt;[6]. Le Center for International Sustainable Development de l'universit&#233; McGill de Montr&#233;al en a donn&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 2000, une d&#233;finition assez semblable, plus directement en phase avec la financiarisation contemporaine. Les dettes odieuses sont &lt;i&gt;&#171; celles qui ont &#233;t&#233; contract&#233;es contre les int&#233;r&#234;ts des populations d'un &#201;tat, sans leur consentement et en toute connaissance de cause du c&#244;t&#233; des cr&#233;anciers &#187;&lt;/i&gt;[7]. Cette d&#233;finition s'applique parfaitement &#224; la dette sp&#233;cifique qui p&#232;se en France m&#234;me sur des municipalit&#233;s, des conseils r&#233;gionaux et m&#234;me certains h&#244;pitaux, dont les &#233;lus ou les directeurs viennent de se constituer en association pour mener des actions judiciaires collectives contre les banques[8]. Ils ont &#233;t&#233; incit&#233;s par celles-ci &#224; acheter des &#171; produits structur&#233;s &#187;, cens&#233;s faciliter par leur rendement &#233;lev&#233; le financement de projets d'investissement lourds dans un contexte de transfert de d&#233;penses par l'Etat vers les r&#233;gions. Ces titres financiers opaques, devenus des &lt;i&gt;&#171; actifs toxiques &#187;&lt;/i&gt; avec la crise de l'automne 2008, gr&#232;vent les budgets. Le fait qu'ils aient &#233;t&#233; achet&#233;s, illustre bien entendu le fait que le f&#233;tichisme de l'argent n'est pas le propre des seuls traders, puisqu'il emporte le jugement des &#233;lus et des administrateurs locaux. Mais les banques savaient parfaitement les risques qu'elles leur faisaient prendre, le jeu de casino dans lequel elles les faisaient entrer. Le suppl&#233;ment d'endettement contract&#233; par les municipalit&#233;s du fait de l'achat de titres pourris, rel&#232;ve des &#171; dettes odieuses &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion plus large de dette ill&#233;gitime me para&#238;t correspondre de plus pr&#232;s &#224; la dette des pays capitalistes avanc&#233;s, notamment ceux d'Europe. C'est la position aussi des militants du Comit&#233; pour l'annulation de la dette du Tiers-monde (CADTM)[9]. Les facteurs qui sont mis en avant le plus fr&#233;quemment, concernent les conditions qui ont conduit un pays &#224; accumuler une dette &#233;lev&#233;e et &#224; se mettre dans les mains des march&#233;s financiers. Ici l'ill&#233;gitimit&#233; trouve sa source dans trois m&#233;canismes : des d&#233;penses &#233;lev&#233;es ayant le caract&#232;re de cadeaux faits au capital ; un niveau bas de la fiscalit&#233; directe (imp&#244;ts sur le revenu, le capital et le profit des entreprises) et sa tr&#232;s faible progressivit&#233; ; une &#233;vasion fiscale importante. On retrouve ces trois facteurs aussi bien dans le cas de la Gr&#232;ce que de la France, de m&#234;me bien entendu de tous les pays attaqu&#233;s aujourd'hui par les fonds sp&#233;culatifs et les banques. S'agissant de la France, la dette est n&#233;e, &#224; partir de 1982, du cadeau fait au capital financier lors des nationalisations du gouvernement d'Union de la gauche. Sa croissance a &#233;pous&#233; ensuite le mouvement de la lib&#233;ralisation financi&#232;re, dont la premi&#232;re phase des ann&#233;es 1980 a &#233;t&#233; marqu&#233;e par des taux d'int&#233;r&#234;ts r&#233;els tr&#232;s &#233;lev&#233;s. L'endettement de l'&#201;tat a sa source dans la faiblesse de la fiscalit&#233; directe (imp&#244;t sur le revenu et imp&#244;t sur les entreprises) et dans l'&#233;vasion fiscale. Plut&#244;t que d'affronter les groupes sociaux qui en b&#233;n&#233;ficient et qui y ont recours, les gouvernements du Parti socialiste comme ceux du RPR-UMP, ont &#171; contourn&#233; &#187; le probl&#232;me de la fa&#231;on la plus favorable au capital et &#224; la fortune. Ils ont emprunt&#233; &#224; ceux qu'ils renon&#231;aient &#224; taxer. L'imposition du capital et des hauts revenus a &#233;t&#233; diminu&#233;e d'abord prudemment, puis sous les gouvernements Jospin (1997-2002), Raffarin (2002-2005) et de Villepin (2005-2007) de fa&#231;on plus forte avec la multiplication des niches fiscales, avant que Sarkozy ne mette en place, avec le bouclier fiscal [2007, Villepin avait fait un premier pas dans cette direction dans la loi de finance de 2006], des m&#233;canismes restituant aux plus riches une partie de l'imp&#244;t. L'analyse des origines de la dette de la France aidera &#224; cerner la notion de dette ill&#233;gitime et donc &#224; poser la question de son annulation, non seulement d'un point de vue &#233;conomique, mais comme question politique &#224; fondement &#233;thique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'ill&#233;gitimit&#233; repose aussi sur la nature des op&#233;rations des &#171; pr&#234;ts &#187; qu'il faut &#171; honorer &#187;, pour lesquels il faut payer des int&#233;r&#234;ts &#233;lev&#233;s et assurer le remboursement. L'injonction de payer la dette repose, il faut le r&#233;p&#233;ter, implicitement sur cette id&#233;e que des sommes, fruit d'une &#233;pargne patiemment amass&#233;e par un dur labeur, auraient &#233;t&#233; pr&#234;t&#233;es. Cela est peut-&#234;tre le cas de l'&#233;pargne des m&#233;nages ou des fonds des syst&#232;mes de retraite par capitalisation. Ce n'est pas celui des banques ou des &lt;i&gt;Hedge Funds&lt;/i&gt;. Lorsque ceux-ci &#171; pr&#234;tent aux Etats &#187; en achetant les bons du Tr&#233;sor mis en adjudication par les minist&#232;res des Finances, il s'agit de sommes fictives dont la mise &#224; disposition repose sur le r&#233;seau de relations et de transactions interbancaires. Le transfert de richesse, celle qui na&#238;t du travail, a lieu dans l'autre sens. La dette et le service des int&#233;r&#234;ts sont une composante de la &#171; &lt;i&gt;pompe &#224; phynance&lt;/i&gt; &#187;, joliment nomm&#233;e par Fr&#233;d&#233;ric Lordon en hommage &#224; Jarry et &#224; son P&#232;re Ubu. La nature &#233;conomique des sommes pr&#234;t&#233;es est un facteur de plus qui interroge la l&#233;gitimit&#233; de la dette publique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'audit de la dette publique et son annulation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le CADTM d&#233;fend depuis toujours la n&#233;cessit&#233; de l'audit de la dette comme &#233;tape vers son annulation. &lt;strong&gt;L'audit a pour but d'identifier les facteurs qui permettent de caract&#233;riser la dette comme ill&#233;gitime&lt;/strong&gt;, ainsi que ceux qui justifient ou m&#234;me qui exigent n&#233;anmoins le remboursement d'une fraction de la dette &#224; certains cr&#233;anciers. Je n'&#233;tais gu&#232;re convaincu jusqu'&#224; ce que des militants grecs en montrent la port&#233;e. Jusqu'ici le seul exemple d'audit est celui r&#233;alis&#233; en &#201;quateur en 2007. Il a r&#233;sult&#233; d'une d&#233;cision gouvernementale, le pr&#233;sident de l'&#201;quateur, Rafael Correa (2007-), voulant conna&#238;tre des conditions dans lesquelles la dette du pays &#233;tait n&#233;e. L'audit a permis au gouvernement de d&#233;cider de suspendre le remboursement de la dette, constitu&#233;e de titres de la dette venant &#224; &#233;ch&#233;ance les uns en 2012, les autres en 2030. Il a forc&#233; ainsi les banquiers, surtout nord-am&#233;ricains, d&#233;tenteurs des titres &#224; n&#233;gocier. L'&#201;quateur a pu racheter des titres estim&#233;s &#224; 3,2 milliards de dollars pour la somme d'un peu moins de 1 milliard de dollars. Un sc&#233;nario similaire &#224; celui de l'&#201;quateur n'est pas concevable en Europe. La revendication du moratoire imm&#233;diat et de l'audit pr&#233;paratoire &#224; l'annulation, doit &#233;videmment &#234;tre adress&#233;e aux partis politiques au moment de campagnes &#233;lectorales. Des militants, peut-&#234;tre m&#234;me quelques dirigeants, y seront sensibles. Cependant, il n'y a que des comit&#233;s du type de ceux qui sont n&#233;s lors de la campagne de 2005 contre le projet de Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en ou, plus r&#233;cemment, sur la question des retraites, qui puissent porter ces revendications. Il y a un seul pays o&#249; un comit&#233; national a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; permettant &#224; des comit&#233;s locaux de se former : il s'agit de la Gr&#232;ce o&#249; s'est mis en place le Comit&#233; grec contre la dette. Voici comment il d&#233;finit ses objectifs[10].&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;AUDIT DE LA DETTE ET EXERCICE DES DROITS D&#201;MOCRATIQUES&lt;/h2&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le premier objectif d'un audit est de clarifier le pass&#233; (&#8230;). Qu'est devenu l'argent de tel emprunt, &#224; quelles conditions cet emprunt a-t-il &#233;t&#233; conclu ? Combien d'int&#233;r&#234;ts ont &#233;t&#233; pay&#233;s, &#224; quel taux, quelle part du principal a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; rembours&#233;e ? Comment la dette a-t-elle enfl&#233; sans que cela profite au peuple ? Quels chemins ont suivi les capitaux ? A quoi ont-ils servi ? Quelle part a &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233;e, par qui et comment ? Et aussi : Qui a emprunt&#233; et au nom de qui ? Qui a pr&#234;t&#233; et quel a &#233;t&#233; son r&#244;le ? Comment l'Etat s'est-il trouv&#233; engag&#233;, par quelle d&#233;cision, prise &#224; quel titre ? Comment des dettes priv&#233;es sont-elles devenues &#171; publiques &#187; ? Qui a engag&#233; des projets inadapt&#233;s, qui a pouss&#233; en ce sens, qui en a profit&#233; ? Des d&#233;lits, voire des crimes, ont-ils &#233;t&#233; commis avec cet argent ? Pourquoi n'&#233;tablit-on pas les responsabilit&#233;s civiles, p&#233;nales et administratives ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) Un audit de la dette publique n'a rien &#224; voir avec sa caricature qui le r&#233;duit &#224; une simple v&#233;rification de chiffres faite par des comptables routiniers. Les partisans des audits invoquent toujours deux besoins fondamentaux de la soci&#233;t&#233; : la transparence et le contr&#244;le d&#233;mocratique de l'Etat et des gouvernants par les citoyens. Il s'agit l&#224; de besoins qui se r&#233;f&#232;rent &#224; des droits d&#233;mocratiques tout &#224; fait &#233;l&#233;mentaires, reconnus par le droit international, bien que viol&#233;s en permanence. Le droit de regard des citoyens sur les actes de ceux qui les gouvernent, de s'informer de tout ce qui concerne leur gestion, leurs objectifs et leurs motivations est intrins&#232;que &#224; la d&#233;mocratie elle-m&#234;me puisqu'il &#233;mane du droit fondamental des citoyens d'exercer leur contr&#244;le sur le pouvoir et de participer activement aux affaires communes. (&#8230;) Ce besoin permanent de transparence dans les affaires publiques acquiert &#224; l'&#233;poque du n&#233;olib&#233;ralisme le plus sauvage et de la corruption d&#233;brid&#233;e &#8211; sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire mondiale &#8211; une &#233;norme importance suppl&#233;mentaire. Il se transforme en un besoin social et politique tout &#224; fait vital. L'exercice des droits d&#233;mocratiques des citoyens consid&#233;r&#233;s jadis comme &#171; &#233;l&#233;mentaires &#187; est vu par les gouvernants presque comme une d&#233;claration de guerre &#224; leur syst&#232;me par &#171; ceux d'en bas &#187;. Et naturellement, elle est trait&#233;e en cons&#233;quence, de mani&#232;re tr&#232;s r&#233;pressive (&#8230;). L'audit de la dette publique acquiert une dynamique socialement salutaire et politiquement presque subversive. (Son) utilit&#233; d'un audit ne peut pas se r&#233;sumer uniquement &#224; la d&#233;fense de la transparence et de la d&#233;mocratisation de la soci&#233;t&#233;. Elle va beaucoup plus loin, puisqu'elle ouvre la voie &#224; des processus qui pourraient s'av&#233;rer extr&#234;mement dangereux pour le pouvoir &#233;tabli et potentiellement lib&#233;rateur pour l'&#233;crasante majorit&#233; des citoyens ! En effet, en exigeant d'ouvrir et d'auditer les livres de la dette publique, et encore mieux &lt;strong&gt;en ouvrant et en auditant ces livres, le mouvement de l'audit citoyen ose &#171; l'impensable &#187; : il p&#233;n&#232;tre dans la zone interdite, dans le saint des saints du syst&#232;me capitaliste, l&#224; o&#249;, par d&#233;finition, n'est tol&#233;r&#233; aucun intrus !&lt;/strong&gt; &#187; (soulign&#233; dans l'original).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ainsi comprise, la revendication de l'audit de la dette et surtout son d&#233;but de mise en &#339;uvre par la cr&#233;ation de comit&#233;s, en tant qu'instances populaires o&#249; les preuves de l'ill&#233;gitimit&#233; seraient r&#233;unies et d&#233;battues, constitueraient un formidable outil de &#171; re-d&#233;mocratisation &#187;[11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant des d&#233;tenteurs de la dette publique, la sauvegarde de la petite &#233;pargne est souvent soulev&#233;e, comme question importante quand ce n'est pas comme obstacle d&#233;terminant. Elle ne poserait aucun probl&#232;me. Lors des d&#233;clarations d'imp&#244;t direct, les banques calculent au centime pr&#232;s les montants aff&#233;rents &#224; diff&#233;rentes formes d'&#233;pargne des m&#233;nages. Elles leur seraient garanties, car elles ne repr&#233;sentent qu'une minuscule partie des &#171; cr&#233;ances &#187; r&#233;clam&#233;es. L'annulation des dettes publiques ne peut &#233;videmment pas &#234;tre une mesure isol&#233;e. Ici, on portera d'abord l'accent, tr&#232;s bri&#232;vement, sur deux aspects. Le premier est l'appropriation sociale des banques et leur reconfiguration de fa&#231;on &#224; restaurer leurs fonctions essentielles de cr&#233;ation des formes d&#233;termin&#233;es et limit&#233;es de cr&#233;dit et &#224; les mettre au seul service de l'&#233;conomie. Le second est la reconfiguration de la fiscalit&#233;, qui doit cesser de peser lourdement sur les salari&#233;s et les couches populaires. Les syndicats, SNUI (syndicat des imp&#244;ts) et Sud Tr&#233;sor, ont des propositions pr&#234;tes. Tout aussi important est l'utilisation qui est faite de l'imp&#244;t, qu'il soit per&#231;u nationalement ou localement. Le contr&#244;le d&#233;mocratique de l'usage de l'imp&#244;t est devenu purement formel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement l'enjeu est celui d&#233;fini dans ce document grec, &#224; savoir la cr&#233;ation d'une dynamique politique dans laquelle celles et ceux qui ont montr&#233;, de fa&#231;on r&#233;p&#233;t&#233;e, une forte capacit&#233; de mobilisation verraient la campagne pour l'annulation comme une question essentielle qui conditionne l'avenir. En France mais aussi dans toute l'Europe, les salari&#233;s sont confront&#233;s aux questions cruciales de l'emploi et de la pr&#233;carit&#233;. Leur solution passe par le contr&#244;le social de l'investissement. Il ne peut pas continuer &#224; d&#233;pendre des strat&#233;gies de maximisation des profits des grandes entreprises. La satisfaction de besoins sociaux pressants a pour contexte la crise &#233;cologique dans toutes ses dimensions. Il est indispensable qu'elle repose sur de profondes transformations dans les modes techniques de production dans l'industrie comme dans l'agriculture. Le financement en serait assur&#233; par l'imp&#244;t et le cr&#233;dit bancaire contr&#244;l&#233;. La &#171; sobri&#233;t&#233; &#233;nerg&#233;tique &#187; et la d&#233;-marchandisation en seraient les compl&#233;ments. La lib&#233;ralisation des &#233;changes, dont le co&#251;t &#233;cologique est immense, est un socle du capitalisme financiaris&#233;. Le contr&#244;le social de l'investissement permettrait la relocalisation de nombreuses activit&#233;s et un raccourcissement des cha&#238;nes de d'approvisionnement, de production et de commercialisation. L'annulation des dettes dans les pays o&#249; les peuples se mobiliseraient pour l'imposer, cr&#233;erait ainsi les conditions d'une vraie &#171; sortie de crise &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Saisir l'opportunit&#233; d'un combat dans un ensemble de pays &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La campagne contre la dette ne peut pas se mener &#171; par procuration &#187;. Le peuple grec ne peut le mener pour d'autres peuples europ&#233;ens. Les agences de notation ne s'acharnent pas encore sur la France ; celle-ci ne subit pas encore des &#233;carts de taux d'int&#233;r&#234;t significatifs. L'injonction de &#171; la dette &#224; honorer &#187; n'en p&#232;se pas moins lourdement sur la situation &#233;conomique et sociale comme sur la vie politique fran&#231;aise. Le gouvernement ainsi que les dirigeants de l'UMP et du Parti socialiste comme des partis dits centristes, r&#233;p&#232;tent jour apr&#232;s jour que la d&#233;cence exige des citoyens qu'ils &#171; acceptent des sacrifices &#187; afin que la France paie ses dettes. Ils ne diff&#232;rent que sur la fa&#231;on exacte de le faire, sur le meilleur &lt;i&gt;policy mix&lt;/i&gt;. La dette obstrue l'avenir, celui des classes populaires bien s&#251;r, mais celui de la soci&#233;t&#233; tout enti&#232;re. Mener campagne pour l'annulation n'est pas au-del&#224; de la capacit&#233; du mouvement social fran&#231;ais. La mobilisation que des centaines de milliers de gens ont eue &#224; l'automne dernier sur les retraites place les associations, les syndicats et les partis fran&#231;ais dans une situation responsabilit&#233; particuli&#232;re. Le refus des travailleurs fran&#231;ais de payer la dette serait aussi le soutien internationaliste le plus efficace qu'ils puissent apporter &#224; ceux de Gr&#232;ce, du Portugal, de l'Irlande. Une campagne populaire men&#233;e par des comit&#233;s pour le moratoire imm&#233;diat et l'audit de la dette, pr&#233;parerait le mouvement social aux nouveaux &#233;pisodes de crise financi&#232;re. Les publicistes et les responsables politiques qui pr&#233;conisent aujourd'hui la restructuration de la dette de la Gr&#232;ce et de l'Irlande reconnaissent que les risques que soulignent les adversaires de cette mesure sont r&#233;els. La vuln&#233;rabilit&#233; du syst&#232;me financier europ&#233;en, mais aussi mondial, rend une nouvelle crise possible. La faillite de pans du syst&#232;me bancaire n'est pas exclue. Dans des pays o&#249; le paiement de la dette aura &#233;t&#233; mis en cause par le mouvement social, les travailleurs et les jeunes tourn&#233;s de diverses mani&#232;res vers les questions &#171; politiques &#187; y seront pr&#233;par&#233;s, au moins un peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des grands arguments des partisans de la sortie de l'euro, est que ceux qui misent sur un mouvement social europ&#233;en poursuivent une chim&#232;re. L'enjeu est de saisir l'occasion pour le faire na&#238;tre. Plusieurs pays sont confront&#233;s tr&#232;s durement au probl&#232;me de la dette. D'autres le seront plus ou moins tard. Tous sont soumis aux politiques &#233;conomiques et mon&#233;taires pro-cycliques. M&#234;me la Conf&#233;d&#233;ration europ&#233;enne des syndicats a &#233;t&#233; oblig&#233;e de se d&#233;marquer de la Commission europ&#233;enne et de la BCE. L'opportunit&#233; est cr&#233;&#233;e de construire, entre les citoyens des pays d'Europe, une v&#233;ritable union. La solution progressiste n'est pas la sortie de l'euro. Elle est d'aider &#224; la convergence des luttes sociales et politiques men&#233;es aujourd'hui de fa&#231;on dispers&#233;e vers un objectif de contr&#244;le social d&#233;mocratique commun de leurs moyens de production et d'&#233;change, donc aussi de l'euro. &#171; Saisir les banques &#187; ! Oui, dans tous les pays o&#249; le mouvement social en aura la force ; oui en incluant la BCE dans leur nombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne pour l'annulation des dettes publiques europ&#233;ennes doit s'accompagner, bien entendu, de l'annulation de la dette de pays du Sud d&#233;tenue par les banques et les fonds de placement europ&#233;ens. Pour les peuples des pays europ&#233;ens cette campagne est un passage oblig&#233; et aussi un tremplin. Passage oblig&#233;, parce qu'aucune politique tant soit peu progressiste au plan social comme au plan &#233;cologique ne peut &#234;tre men&#233;e ni aucun grand investissement fait tant que la saign&#233;e du service des int&#233;r&#234;ts continue. Tremplin, parce que toute victoire arrach&#233;e sur ce terrain constituerait un v&#233;ritable s&#233;isme pour le capitalisme mondial. L'annulation des dettes modifierait profond&#233;ment les rapports de force politiques entre le travail et le capital. Elle lib&#233;rerait les esprits sur &#171; l'ampleur du possible &#187;. Lorsqu'une occasion comme celle-ci se pr&#233;sente, ne faut-il pas s'en saisir.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[i] Robert Guttmann, How Credit-Money Shapes the Economy, M.E. Sharpe, Armonk, New York, 1994, page 33.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[ii] FMI, Rapport sur la stabilit&#233; financi&#232;re dans le monde, Note int&#233;rimaire, Actualit&#233; des march&#233;s, janvier 2011. (&lt;a href=&#034;http://www.imf.org/external/french/index.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.imf.org/external/french/index.htm&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[iii] FMI, Global Financial Stability Report, avril 2011, chapitre 1, tableau 1.1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[iv] Propos de Jos&#233; Vinals cit&#233;s par Martine Orange, Mediapart, 15 avril 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[v] Fr&#233;d&#233;ric Lordon, &#171; Pas d&#233;truire les banques, les saisir ! &#187;, La pompe &#224; Phynance, blog.mondediplo.net/2010-12-02&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[vi] &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Dette-odieuse/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Dette-odieuse/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[vii] Voir Global Economic Growth Report, Toronto, July, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[viii] &#8220;Pr&#234;ts toxiques : les &#233;lus s'allient pour attaquer les banques&#8221;, Le Monde, 9 mars 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[ix] Voir Eric Toussaint, &#171; Face &#224; la dette du Nord, quelques pistes alternatives &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cadtm.org/&lt;/a&gt;, 19 janvier 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[x] Yorgos Mitralias, &#171; Face &#224; la dette : l'app&#233;tit vient en auditant !&#8230; &#187; 12 avril 2010 (&lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cadtm.org/&lt;/a&gt; ). L'auteur est le principal animateur du Comit&#233; grec contre la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[xi] Par opposition &#224; la d&#233;-d&#233;mocratisation n&#233;e du n&#233;olib&#233;ralisme, Voir Wendy Brown, Les Habits neufs de la politique mondiale, trad. de Christine Vivier, Les Prairies ordinaires, Paris, 2007, ainsi que Pierre Dardot et Christian Laval, La nouvelle raison du monde, Essai sur la soci&#233;t&#233; n&#233;olib&#233;rale, La D&#233;couverte, Paris, 2009, pages 457-468.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source : &lt;a href='https://www.lagauche.ca/Source : http:/alencontre.org/?p=3063'&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>La nouvelle phase de la crise</title>
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		<dc:creator>Michel Husson</dc:creator>


		<dc:subject>Conjoncture</dc:subject>

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&lt;p&gt;Michel Husson, ContreTemps n&#176;9, 2011 &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet article de Michel Husson, d&#233;crit non seulement la troisi&#232;me phase de la crise &#233;conomique actuelle mais aussi toute une strat&#233;gie d'alternative &#233;conomique radicale. C'est tr&#232;s europ&#233;en mais cela vaut d'&#234;tre m&#233;dit&#233; ici aussi. &lt;br class='autobr' /&gt;
La nouvelle feuille de route en Europe est au fond assez claire : il s'agit dor&#233;navant de faire payer aux salari&#233;s la facture de la crise. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour &#233;clairer cette nouvelle conjoncture, cet article cherche d'abord &#224;
&lt;br class='autobr' /&gt;
mettre en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Economie-50-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Conjoncture-+" rel="tag"&gt;Conjoncture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Michel Husson, ContreTemps n&#176;9, 2011&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Cet article de Michel Husson, d&#233;crit non seulement la troisi&#232;me phase de la crise &#233;conomique actuelle mais aussi toute une strat&#233;gie d'alternative &#233;conomique radicale. C'est tr&#232;s europ&#233;en mais cela vaut d'&#234;tre m&#233;dit&#233; ici aussi.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle feuille de route en Europe est au fond assez claire : il s'agit dor&#233;navant de faire payer aux salari&#233;s la facture de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;clairer cette nouvelle conjoncture, cet article cherche d'abord &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
mettre en perspective la trajectoire de la crise, puis &#224; caract&#233;riser les dilemmes de la phase actuelle, et enfin &#224; discuter des enjeux strat&#233;giques de cette nouvelle p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Suite dans le fichier joint]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Fatigue du capitalisme et r&#233;sistances sociales </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Fatigue-du-capitalisme-et-resistances-sociales</link>
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		<dc:creator>C&#233;dric Durand</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Conjoncture</dc:subject>

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&lt;p&gt;La crise qui a &#233;clat&#233; en 2007-2008 est l'&#233;l&#233;ment central de la conjoncture actuelle. La premi&#232;re &#233;tape en a &#233;t&#233; le krach financier et la crise bancaire. La seconde fut la plus grave r&#233;cession qu'ait connue le monde depuis les ann&#233;es 1930 ; elle a enclench&#233; une hausse brutale du ch&#244;mage ainsi que, dans de nombreux pays, une baisse des salaires r&#233;els. Nous sommes actuellement dans la troisi&#232;me phase, centr&#233;e sur le financement de la dette publique. &lt;br class='autobr' /&gt; ----------------------------- Tir&#233; du site (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La crise qui a &#233;clat&#233; en 2007-2008 est l'&#233;l&#233;ment central de la conjoncture actuelle. La premi&#232;re &#233;tape en a &#233;t&#233; le krach financier et la crise bancaire. La seconde fut la plus grave r&#233;cession qu'ait connue le monde depuis les ann&#233;es 1930 ; elle a enclench&#233; une hausse brutale du ch&#244;mage ainsi que, dans de nombreux pays, une baisse des salaires r&#233;els. Nous sommes actuellement dans la troisi&#232;me phase, centr&#233;e sur le financement de la dette publique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site Contretemps&lt;br&gt;
Par C&#233;dric Durand le Dimanche, 12 Septembre 2010&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La crise qui a &#233;clat&#233; en 2007-2008 est l'&#233;l&#233;ment central de la conjoncture actuelle. La premi&#232;re &#233;tape en a &#233;t&#233; le krach financier et la crise bancaire. La seconde fut la plus grave r&#233;cession qu'ait connue le monde depuis les ann&#233;es 1930 ; elle a enclench&#233; une hausse brutale du ch&#244;mage ainsi que, dans de nombreux pays, une baisse des salaires r&#233;els. Nous sommes actuellement dans la troisi&#232;me phase, centr&#233;e sur le financement de la dette publique. Celle-ci met &#224; rude &#233;preuve le carcan n&#233;olib&#233;ral de la zone euro. Il n'y a aucune perspective de reprise durable &#224; l'horizon : les capacit&#233;s de production exc&#233;dentaires persistent dans les entreprises ; la demande agr&#233;g&#233;e reste &#233;troitement d&#233;pendante des budgets publics ; le syst&#232;me financier n'a rebondi en 2009 que gr&#226;ce aux politiques extr&#234;mement accommodantes des autorit&#233;s mon&#233;taires. Mais ce dernier menace de nouveau de s'affaisser, alors que la g&#233;n&#233;ralisation des politiques d'aust&#233;rit&#233; en Europe contribue un peu plus &#224; nous installer dans &#171; la troisi&#232;me d&#233;pression &#187; (1) de l'histoire du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;riode qui s'ouvre est celle des ajustements politiques et institutionnels. Elle est marqu&#233;e par une grande ind&#233;termination, son issue d&#233;pendra des batailles sociales, id&#233;ologiques, politiques et g&#233;opolitiques qui s'engagent. Cette &#233;tape va conduire &#224; la cristallisation de nouveaux rapports de force qui, pour certains, s'esquissent d&#233;j&#224;, tandis que d'autres vont appara&#238;tre de mani&#232;re retard&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan politique international, la constitution du G20 refl&#232;te ainsi l'acc&#233;l&#233;ration de la red&#233;finition des &#233;quilibres mondiaux, refermant une longue parenth&#232;se de domination sans partage des puissances occidentales qui aura dur&#233; deux si&#232;cles. L'Union europ&#233;enne, qui sert pour l'instant de paravent aux fragilit&#233;s &#233;conomiques &#233;tasuniennes, n'en sortira pas indemne. Les discussions sur de nouveaux modes de gouvernance de la zone euro battent leur plein, mais elles sont min&#233;es par des oppositions id&#233;ologiques et des int&#233;r&#234;ts nationaux rivaux. L'incapacit&#233; des gouvernements &#224; opter pour des politiques coop&#233;ratives, permettant de faire converger les performances &#233;conomiques entre les pays de la zone, conduit &#224; moyen terme &#224; une probable dislocation partielle de l'Union mon&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La place de la finance devrait aussi &#234;tre amen&#233;e &#224; changer. Pour l'heure, domine l'intol&#233;rable impudence des grandes institutions financi&#232;res, qui ont tr&#232;s vite retrouv&#233; voire surpass&#233; leurs profits exorbitants d'avant crise. Non seulement elles n'ont jamais cess&#233; leurs activit&#233;s sp&#233;culatives, mais elles ont utilis&#233; &#224; cette fin les dispositifs de soutien mis en place par les Etats, mordant la main qui les nourrit lors des attaques contre les dettes publiques. Pourtant des indices de changement de r&#233;gime sont l&#224;. D'abord, les march&#233;s de cr&#233;dits titris&#233;s, embl&#233;matiques de la bulle, ne sont plus que l'ombre d'eux-m&#234;mes (2). Certains segments ont quasiment disparu tel celui des CDOs (collaterized debt obligations), sorte de mille-feuilles financiers de titres sans aucun rapport entre eux : il ne p&#232;se plus en 2009 que 4 milliards de dollars, contre 520 milliards en 2006. Plus g&#233;n&#233;ralement, les cr&#233;dits titris&#233;s n'existent que gr&#226;ce aux Banques centrales : en Europe, seulement 5 % des montants &#233;coul&#233;s le sont aupr&#232;s d'acqu&#233;reurs priv&#233;s (contre 95 % avant 2007), le reste &#233;tant acquis par la BCE ! D&#232;s lors le dilemme pour les gouvernants est le suivant : soit assumer que les institutions publiques se substituent ind&#233;finiment au march&#233; des produits titris&#233;s, afin d'assumer de mani&#232;re continue le risque li&#233; au cr&#233;dit bancaire priv&#233; ; soit risquer d'enclencher une nouvelle phase r&#233;cessive en d&#233;clenchant une nouvelle vague de rationnement et de rench&#233;rissement du cr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les pressions sur la finance s'accentuent, bien qu'elles tardent &#224; se concr&#233;tiser tant sont puissants les int&#233;r&#234;ts qui s'y opposent. Pour la premi&#232;re fois depuis trois d&#233;cennies, la taxation (des banques et des transactions) et la r&#233;-r&#233;glementation sont inscrites &#224; l'agenda politique et l'on ne peut exclure que les d&#233;bats ne finissent par d&#233;boucher sur des mesures qui soient plus que symboliques. En revanche, apr&#232;s avoir fait une fulgurante apparition au plus fort de la temp&#234;te financi&#232;re, la question de la nationalisation/socialisation int&#233;grale du secteur bancaire a une nouvelle fois disparu du d&#233;bat public. A coup s&#251;r, cette option &#8211; qui est la seule coh&#233;rente compte tenu du caract&#232;re de bien public de l'activit&#233; de cr&#233;dit et ce par le biais d'incitation d&#233;coulant du too big too fail (&#171; trop gros pour &#234;tre mis en faillite &#187;) &#8211; reviendra avec plus de vigueur lors de la prochaine temp&#234;te financi&#232;re. Elle &#233;tablit d'ores et d&#233;j&#224; une claire ligne de d&#233;marcation &#224; gauche, selon qu'on s'affirme, ou non, pr&#234;t &#224; s'affronter aux int&#233;r&#234;ts capitalistes financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les politiques de rigueur en mati&#232;re budg&#233;taire et de protection sociale d&#233;cid&#233;es en Europe vont affecter durablement les populations des pays concern&#233;s, &#224; la fois directement &#8211; du fait des coupes claires d&#233;cid&#233;es dans les d&#233;penses publiques &#8211; et indirectement en raison de leur effet r&#233;cessif sur l'activit&#233; &#233;conomique. Ces mesures vont se traduire par une intensification des conflits sociaux, et leur synchronisation au niveau europ&#233;en renforce la possibilit&#233; de crises politiques majeures. Cette &#233;ventualit&#233; s'inscrit dans un contexte de d&#233;gradation de la situation sociale, en raison notamment d'une forte augmentation du ch&#244;mage, les entreprises ayant profit&#233; de la crise pour accro&#238;tre leur productivit&#233; et intensifier leur recours &#224; la sous-traitance internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construire une intervention politique efficace dans un tel contexte n'a rien d'ais&#233;. D'abord, les forces anticapitalistes doivent trouver les moyens de peser sur ces batailles dont les cons&#233;quences sur les rapports de force entre les classes vont &#234;tre consid&#233;rables et durables. Mais il importe de le faire en articulant des positionnements imm&#233;diats et une vision globale du syst&#232;me, c'est-&#224;-dire un diagnostic de l'&#233;tat de ses contradictions et des &#233;l&#233;ments qui structurent les rapports de forces entre les classes. Ce sont ces deux derniers aspects que le pr&#233;sent texte vise &#224; discuter en tant qu'ils constituent une conjoncture socio&#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - Un syst&#232;me &#224; bout de souffle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La grande crise que traverse le capitalisme mondial n'est pas un orage dans un ciel d'azur. Elle est la manifestation de l'intensification depuis les ann&#233;es 1970 des contradictions du capitalisme. L'int&#233;gration aux circuits mondialis&#233;s du capital des pays d'Europe centrale et orientale et des grands pays asiatiques (Chine et Inde), d'une part, et, d'autre part, l'essor des technologies de l'information et des communications et des biotechnologies, ont offert de nouvelles possibilit&#233;s &#224; l'accumulation du capital. Pourtant, d&#233;cennie apr&#232;s d&#233;cennie, le rythme de la croissance s'est ralenti dans les pays du centre &#8211; et aussi, mais dans une moindre mesure gr&#226;ce au dynamisme du rattrapage chinois, au niveau mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le de la finance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux difficult&#233;s de l'accumulation, la finance a jou&#233; un r&#244;le de d&#233;rivatif. La lib&#233;ralisation a conduit &#224; la constitution de march&#233;s financiers permanents et compl&#232;tement mondialis&#233;s. C'est une arme majeure au service du capital qui permet une mise en concurrence des travailleurs et, plus largement, des syst&#232;mes socioproductifs en temps r&#233;el et &#224; l'&#233;chelle mondiale. C'est aussi un des vecteurs essentiels de l'accroissement inou&#239; des in&#233;galit&#233;s et d'une relocalisation d'une part importante de la classe capitaliste dans la finance au d&#233;triment de la production. Foster et Holleman (3), analysant le pouvoir de l'&#233;lite financi&#232;re, montrent qu'aux Etats-Unis la part des profits financiers dans les profits totaux a explos&#233;. De plus, la finance est devenue la principale source de richesse pour 27 % des plus grandes fortunes en 2007, contre 9 % en 1982 ; dans le m&#234;me temps, les r&#233;mun&#233;rations des dirigeants des firmes financi&#232;res se sont envol&#233;es par rapport &#224; celles des autres secteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'accumulation financi&#232;re a un caract&#232;re tr&#232;s largement fictif, au sens o&#249; la valeur adoss&#233;e aux titres financiers correspond &#224; des reconnaissances de dettes qui ne pourront jamais &#234;tre honor&#233;es (4). C'est ce que r&#233;v&#232;le la d&#233;connexion entre le rythme auquel la sph&#232;re financi&#232;re a cr&#251; dans la p&#233;riode r&#233;cente et celui auquel a progress&#233; la production de richesses. Et l&#224; encore les salari&#233;s sont tr&#232;s durement affect&#233;s. L'effondrement de la valeur des fonds de pensions pendant la crise et l'annonce &#8211; par exemple en Irlande et dans divers Etats des Etats-Unis &#8211; de la r&#233;duction des montants des retraites qui en d&#233;coule sont un avant-go&#251;t du douloureux effet de rappel de la production vis-&#224;-vis de la finance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La restauration des profits&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit d'une tendance de fond &#224; l'essoufflement, plusieurs raisons permettent d'expliquer que la rentabilit&#233; des firmes des pays riches s&#1077; soit r&#233;tablie par rapport &#224; la crise de profitabilit&#233; des ann&#233;es 1970, puis stabilis&#233;e &#224; un niveau &#233;lev&#233;. La d&#233;t&#233;rioration de la position de la majorit&#233; des salari&#233;s &#8211; sur laquelle on va revenir &#8211; a eu pour cons&#233;quence une mod&#233;ration salariale et, dans un certain nombre de pays, tel l'Allemagne apr&#232;s la r&#233;unification, la compl&#232;te atonie des salaires. L'emballement financier des derni&#232;res d&#233;cennies a parfois &#233;t&#233; une source de revenus directs pour les firmes. La dimension productive de la mondialisation a permis aux firmes transnationales de concentrer les profits r&#233;alis&#233;s, tout au long des cha&#238;nes de valeur, du fait de l'activit&#233; de leurs filiales et de leurs sous-traitants. Enfin, le capital dans son ensemble a b&#233;n&#233;fici&#233; d'une forme contemporaine d'accumulation primitive, appel&#233;e par David Harvey &#171; l'accumulation par d&#233;possession &#187; (5), qui lui permet de valoriser des actifs obtenus &#224; vil prix : il s'agit notamment de l'acc&#232;s &#224; de nouveaux march&#233;s, de nouvelles r&#233;serves de main-d'&#339;uvre et de mati&#232;res premi&#232;res ; mais aussi une nouvelle logique de l'Etat pr&#233;dateur qui par son intervention subventionne de multiples mani&#232;res le capital : diminution de la fiscalit&#233; sur les entreprises et les riches, acc&#232;s aux paradis fiscaux, sauvetages financiers, aides multiples (comme en France le &#171; cr&#233;dit imp&#244;t recherche &#187;), privatisations, lib&#233;ralisation du march&#233; du travail, &#233;rosion des prestations sociales ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les entraves &#224; l'accumulation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ces diff&#233;rents facteurs ont soutenu la rentabilit&#233; des firmes, cette derni&#232;re ne refl&#232;te pas une dynamique interne du syst&#232;me. Une situation de suraccumulation latente &#224; l'&#233;chelle mondiale depuis la fin des ann&#233;es 1960 et l'intensification de la concurrence qui en d&#233;coule n'ont fait que s'aggraver et constituent les tendances de fond &#224; l'arri&#232;re plan de la crise actuelle. Il faut ajouter que, dans certains domaines li&#233;s &#224; l'&#233;conomie de la connaissance, la contradiction entre rapports de production et forces productives est criante : les barri&#232;res mises &#224; la circulation des biens immat&#233;riels (brevets, lutte contre le piratage...) sont des facteurs qui entravent la circulation de l'information et donc constituent des freins &#224; la cr&#233;ation et &#224; l'innovation (6). Enfin, la question de l'augmentation des co&#251;ts constitue un frein au dynamisme du syst&#232;me : on pense ici au vieillissement, &#224; l'accroissement des d&#233;penses de sant&#233; li&#233; notamment aux progr&#232;s m&#233;dicaux, aux tensions sur les mati&#232;res premi&#232;res, &#224; l'extension des normes environnementales, aux co&#251;ts des sauvetages financiers &#224; r&#233;p&#233;tition ou, de mani&#232;re plus prospective, &#224; l'ass&#232;chement progressif des r&#233;servoirs de main-d'&#339;uvre non-salari&#233;e dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;connexion entre production capitaliste et besoins sociaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces contradictions, d'autres facteurs rendent manifeste l'&#233;puisement de la dynamique du capitalisme. Un point crucial est le divorce de la production capitaliste par rapport aux besoins sociaux (7) : la sophistication des techniques marketing, visant &#224; permettre l'&#233;coulement de marchandises surabondantes, contraste vivement avec le fait que les besoins sociaux se concentrent de plus en plus dans des services tels que la sant&#233;, l'&#233;ducation/formation, les loisirs, la prise en charge du vieillissement, c'est-&#224;-dire des secteurs assurant la reproduction de &#171; l'&#234;tre humain par lui-m&#234;me &#187; et qui ont pour point commun de g&#233;n&#233;rer peu de gains de productivit&#233; (8). La prise de conscience de l'ampleur des destructions environnementales li&#233;es aux activit&#233;s productives repr&#233;sente une autre manifestation de ce divorce. Sur le fond, le d&#233;bat sur la mise en place de nouveaux indicateurs de richesse renvoie &#224; une tentative de traiter cette d&#233;connexion entre croissance &#8211; fruit de l'accumulation capitaliste &#8211; et satisfaction des besoins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les difficult&#233;s rencontr&#233;es par la poursuite du processus d'accumulation et le divorce entre production capitaliste et besoins sociaux &#8211; il faudrait ajouter d'autres &#233;l&#233;ments tels la crise du travail, la crise &#233;cologique... &#8211; s'additionnent pour saper la l&#233;gitimit&#233; du syst&#232;me. L'id&#233;ologie contemporaine du capital &#8211; le n&#233;olib&#233;ralisme &#8211; est en miettes. Les r&#233;formes &#233;taient cens&#233;es apporter davantage de croissance, et donc des retomb&#233;es positives pour tout un chacun. Il n'en a rien &#233;t&#233;. A ces promesses non tenues s'ajoute le fait que les soubresauts de plus en plus violents qu'a connus le syst&#232;me sont incompr&#233;hensibles dans le cadre conceptuel n&#233;olib&#233;ral. Les classes dominantes sont donc d&#233;boussol&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette grande fatigue du capitalisme n'exclut cependant pas la possibilit&#233; d'un rebond syst&#233;mique. Trois options principales, isol&#233;ment ou de mani&#232;re combin&#233;e, pourraient conduire &#224; une nouvelle phase d'expansion. La premi&#232;re est l'&#233;mergence d'un nouveau centre d'accumulation &#224; l'&#233;chelle mondiale. La Chine est candidate au poste, mais rien ne garantit qu'elle puisse jouer ce r&#244;le : d'une part, son poids relatif dans l'&#233;conomie mondiale reste encore limit&#233; par rapport &#224; celui de l'Europe et des Etats-Unis ; de plus, extrapoler la trajectoire future du pays &#224; partir des trois d&#233;cennies de croissance extr&#234;mement rapide qu'elle vient de conna&#238;tre rel&#232;ve d'un raisonnement largement abusif. La seconde option est celle de l'&#233;mergence d'un nouveau paradigme socio-&#233;conomique autour d'une vague d'innovation (les technologies de l'information ? les biotechnologies ? les technologies vertes ?) dont la diffusion soit compatible avec l'accumulation intensive du capital. Si des possibilit&#233;s technologiques sont l&#224;, leur int&#233;gration &#224; une nouvelle phase d'accumulation n'a absolument rien d'automatique. Troisi&#232;me option : celle d'une destruction massive de capitaux, par exemple dans le cadre d'une guerre impliquant directement les grands pays. L'interp&#233;n&#233;tration des int&#233;r&#234;ts industriels, commerciaux et financiers des bourgeoisies nationales est un frein &#224; tout affrontement direct. D'autant plus que les arsenaux nucl&#233;aires rivaux tendent &#224; figer par la terreur les rapports de forces. Hors de ces options, et d'une rupture politique syst&#233;mique, l'avenir est celui d'une poursuite ralentie d'une accumulation toujours plus pr&#233;datrice.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - La puissance des faibles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sarroi id&#233;ologique des classes dominantes et l'affaiblissement de la l&#233;gitimit&#233; substantielle du syst&#232;me &#8211; sa capacit&#233; &#224; d&#233;livrer ce qui est promis &#8211; constituent des &#233;l&#233;ments favorables pour les gauches anticapitalistes. En revanche, la configuration des relations sociales de production dans lesquelles se d&#233;roule l'affrontement de classe sur le lieu de travail sont tr&#232;s d&#233;favorables. Les statistiques internationales du BIT sur le nombre de journ&#233;es non travaill&#233;es pour cause de conflits sociaux indiquent une chute brutale, de l'ordre d'une division par un facteur dix entre les ann&#233;es 1970 et les ann&#233;es 2000 pour les pays du G7.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet indicateur est tr&#232;s imparfait du fait de probl&#232;mes de fiabilit&#233; des donn&#233;es recueillies, des difficult&#233;s des comparaisons internationales et de son caract&#232;re r&#233;ducteur. Pour en rester seulement &#224; la France, ces probl&#232;mes sont bien document&#233;s et sugg&#232;rent de relativiser le recul enregistr&#233; (9). Il y aurait m&#234;me une amorce de retour de la conflictualit&#233; dans les ann&#233;es 2000 au sein du secteur priv&#233;, qui prendrait davantage la forme de gr&#232;ves courtes (d&#233;brayages ou gr&#232;ves limit&#233;es &#224; une journ&#233;e) ou de formes d'actions &#171; sans arr&#234;t de travail &#187; (gr&#232;ve perl&#233;e, consistant &#224; effectuer le travail au ralenti, manifestation, p&#233;tition, refus d'heures suppl&#233;mentaires), tandis que les gr&#232;ves renouvelables poursuivent leur recul. L'augmentation des sanctions et de l'absent&#233;isme est un autre indicateur de l'absence de pacification des relations au travail. Enfin, les grands mouvements nationaux comme en 1995 (retraites et S&#233;curit&#233; sociale), 2003 (retraites), 2006 (CPE), ou 2010 (de nouveau sur les retraites) attestent &#233;galement de capacit&#233;s de r&#233;sistance persistantes au sein du salariat. Nous sommes cependant tr&#232;s loin de la puissante vague internationale de gr&#232;ves des ann&#233;es 1960 et 1970 (10). Apr&#232;s l'effondrement de l'activit&#233; contestataire au d&#233;but des ann&#233;es 1980, la situation n'a pas &#233;t&#233; invers&#233;e, et ce en raison d'un affaiblissement structurel du pouvoir de n&#233;gociation du travail par rapport au capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;gradation du rapport de forces sur le lieu de travail&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;canisme de l'arm&#233;e de r&#233;serve et la ma&#238;trise de l'&#233;volution technico-organisationnelle du travail constituent, avec le principe &#171; diviser pour mieux r&#233;gner &#187;, les trois piliers de la domination du capital (11). La d&#233;gradation du rapport de forces au cours des derni&#232;res d&#233;cennies r&#233;sulte d'effets cumulatifs dans ces trois dimensions. Le ch&#244;mage et la pr&#233;carit&#233; disciplinent les travailleurs et mod&#232;rent les revendications salariales. Ils les conduisent &#224; tol&#233;rer de nouveaux m&#233;canismes de contr&#244;le et de mesure de la performance, notamment par le biais de l'informatisation des processus de production. Enfin, la d&#233;concentration productive, notamment avec le d&#233;veloppement de la sous-traitance internationale, affaiblit l'unit&#233; des travailleurs et permet leur mise en concurrence, sans pour autant diluer les profits ou le pouvoir de d&#233;cision. Par ailleurs, les transformations sectorielles des &#233;conomies d&#233;velopp&#233;es conduisent &#224; un d&#233;clin de la part des emplois industriels et, en particulier, des emplois dans les industries m&#233;caniques dans lesquelles le dispositif technique &#233;tait tr&#232;s favorable aux salari&#233;s puisque, &#224; l'instar de l'automobile, d'une part, l'outil de production est tr&#232;s co&#251;teux &#8211; donc difficile &#224; d&#233;placer ou &#224; abandonner - et, d'autre part, peut &#234;tre totalement bloqu&#233; par une gr&#232;ve minoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;gradation de la position des travailleurs n'est cependant pas unilat&#233;rale. D'abord, parce qu'au niveau international, au contraire, l'&#233;mergence de nouvelles grandes concentrations ouvri&#232;res, notamment en Inde et en Chine, cr&#233;e les conditions d'un renouveau du mouvement ouvrier, dont la s&#233;rie de gr&#232;ves observ&#233;e au printemps 2010 est peut &#234;tre un signe avant-coureur (12). Si une telle &#233;volution se confirmait elle ne manquerait pas d'am&#233;liorer le pouvoir de n&#233;gociation global des salari&#233;s. Ensuite, parce que si les dispositifs de travail contemporains conduisent &#224; un &#233;clatement des collectifs de travail, ils cr&#233;ent &#233;galement de nouvelles vuln&#233;rabilit&#233;s des firmes &#224; l'action collective, en particulier du fait de la g&#233;n&#233;ralisation du principe de &#171; juste &#224; temps &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne principal reste que la capacit&#233; des travailleurs des pays riches &#224; mener des luttes de classe sur le lieu de travail est consid&#233;rablement et structurellement diminu&#233;e. Cela n'implique pas une incapacit&#233; &#224; mener des luttes victorieuses, mais en revanche sugg&#232;re un d&#233;placement du site central depuis les luttes au niveau de l'atelier (&#171; &#224; la Marx &#187;) vers des luttes ayant d'embl&#233;e une dimension sociale plus diffuse (&#171; &#224; la Polanyi &#187;) (13). Ainsi, davantage que lors des d&#233;cennies de l'apr&#232;s-guerre, les mobilisations se jouent aussi &#224; l'ext&#233;rieur des entreprises &#8211; importance des manifestations, des actions, des batailles m&#233;diatiques/id&#233;ologiques&#8230; &#8211; ou &#224; travers des alliances de divers acteurs : collectifs d'habitants et soutien des &#233;lus pour d&#233;fendre l'emploi ; campagnes coordonn&#233;es par des mouvements sociaux et des ONG, articulation &#171; diagonale &#187; entre mouvements et gouvernements lors du sommet de Cochabamba contre le changement climatique.... Ce d&#233;placement du site central de l'affrontement social renvoie &#233;galement &#224; l'importance prise par la figure des luttes d&#233;fensives contre le d&#233;mant&#232;lement des acquis sociaux (retraites, CPE, &#233;ducation..) ainsi qu'au d&#233;veloppement proportionnellement important des mobilisations sur des questions non directement connect&#233;es au travail (contre le libre-&#233;change, la finance, pour le logement, le climat, l'environnement..). En bref, si les luttes semblent moins &#224; m&#234;me de se r&#233;soudre dans le face-&#224;-face local entre capital et travail, elles tendent &#224; avoir d'embl&#233;e une port&#233;e politique g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les luttes dans la respiration longue du capital&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appr&#233;ciation en dynamique de l'&#233;volution du rapport de forces capital/travail est ainsi difficile &#224; &#233;tablir. Si, en statique, dans les pays riches la situation est mauvaise, une interpr&#233;tation de la situation liant luttes de classes et ondes longues sugg&#232;re une lecture plus contrast&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des diff&#233;rentes phases de l'onde longue, la lutte des classes conna&#238;t des variations d'intensit&#233; qui contribuent &#224; dessiner la trajectoire du syst&#232;me (14). Les luttes de r&#233;sistance sont particuli&#232;rement aigu&#235;s &#224; la fin de la phase descendante, lorsque le processus de r&#233;organisation bat son plein. Il y a alors une forte inad&#233;quation entre les comp&#233;tences des travailleurs et les besoins des industries en gestation : les travailleurs des anciennes industries sont en surnombre tandis que les nouvelles comp&#233;tences ne sont le plus souvent acquises que par les nouveaux entrants, et le m&#233;canisme de l'arm&#233;e de r&#233;serve joue alors &#224; plein. C'est par exemple le cas lors de la vague r&#233;volutionnaire de 1848 qui se d&#233;roule sur fond de ch&#244;mage de masse et de mis&#232;re ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre moment de forte conflictualit&#233;, offensif cette fois, correspond au sommet de l'onde, lorsque le paradigme techno-&#233;conomique est h&#233;g&#233;monique mais arrive &#224; &#233;puisement. Un quasi plein emploi et des modes d'organisation des luttes de travailleurs adapt&#233;s au paradigme permettent d'obtenir des concessions importantes de la part du capital, qui acc&#233;l&#232;rent la diminution du taux de profit. La vague de luttes autour de 1968 s'inscrit dans un tel cadre. Ces deux moments paroxystiques des luttes r&#233;pondent &#224; des logiques distinctes en terme de r&#233;sistance ou d'offensive et l'on peut s'interroger sur leur potentiel transformateur respectif. En haut de l'onde longue, les mobilisations visent &#224; prolonger le paradigme dominant dans une version &#233;mancipatrice &#224; partir des positions conquises au cours de la phase ascendante. Tandis que la dimension la plus innovatrice des luttes va buter sur la r&#233;sistance d'un paradigme dont le processus de dislocation s'amorce tout juste. Ce potentiel innovateur se diffuse alors de mani&#232;re progressive tout au long de la phase descendante. En bas de l'onde longue, les confrontations se d&#233;roulent dans une situation a priori plus d&#233;favorable pour les mouvements sociaux. Cependant, leur potentiel innovateur peut davantage contribuer &#224; la transformation sociale effective. En effet, en l'absence de paradigme stabilis&#233;, la situation socio-institutionnelle est plus fluide et les innovations radicales ont davantage l'opportunit&#233; de s'imposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le renouveau des mouvements sociaux depuis le milieu des ann&#233;es 1990, l'essor du mouvement altermondialiste et &#224; pr&#233;sent du mouvement pour la justice climatique, ou encore la vague actuelle de mobilisations contre les mesures d'aust&#233;rit&#233; qui touchent l'Europe, peuvent ainsi &#234;tre interpr&#233;t&#233;s autour du triptyque : d&#233;localisation, durcissement et inventivit&#233;. D'abord, une tendance de la contestation &#224; s'&#233;chapper du face-&#224;-face localis&#233; avec le capital duquel le travail sort le plus souvent d&#233;fait. L'&#226;pret&#233; des luttes salariales pour l'obtention de primes de licenciements observ&#233;e en France ces derni&#232;res ann&#233;es peut &#224; cet &#233;gard &#234;tre interpr&#233;t&#233;e comme une expression de d&#233;fiance radicale vis-&#224;-vis du capital local auxquelles elles se confrontent. Tandis que l'attention port&#233;e aux questions syst&#233;miques (services publics, r&#233;gulation internationale, environnement, droits sociaux...) renvoie &#224; une confrontation &#224; la fois globale et concr&#232;te avec le capitalisme en tant que logique sociale. En second lieu, cette confrontation tend &#224; se durcir puisque le conflit distributif s'aiguise d'autant plus que la dynamique d'accumulation s'&#233;puise. Enfin, la configuration originale du d&#233;ploiement de r&#233;pertoires d'action et de th&#232;mes d'intervention, renvoie &#224; la fois au peu d'emprise imm&#233;diate des mouvements sur la conjoncture, mais aussi &#224; une mobilit&#233; et une vivacit&#233; qui constituent un avantage dynamique certain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conjoncture socio-&#233;conomique se caract&#233;rise par un essoufflement de la dynamique d'accumulation capitaliste, un affaiblissement de la l&#233;gitimit&#233; de ce syst&#232;me et un rapport de forces d&#233;grad&#233; pour les salari&#233;s sur le lieu de travail. Cependant, la vivacit&#233; de luttes polymorphes, et qui tendent &#224; s'attaquer &#224; des objectifs surtout d&#233;fensifs mais directement politiques, atteste d'une situation riche en potentialit&#233;s. Pour lib&#233;rer la puissance transformationnelle des mobilisations, la gauche radicale doit se mettre en position de d&#233;fendre un sc&#233;nario anticapitaliste qui dessine la possibilit&#233; d'une trajectoire alternative &#224; l'avenir de r&#233;gression sociale g&#233;n&#233;ralis&#233;e d&#233;sormais explicitement assum&#233; par la droite et les renoncements de la gauche de droite. Elle peut s'appuyer pour cela sur un renouveau des pens&#233;es critiques (15) qui participe d'un climat id&#233;ologique en partie favorable. En revanche, la faiblesse et l'&#233;clatement organisationnels des forces anticapitalistes ainsi que la pauvret&#233; de la r&#233;flexion strat&#233;gique plombent leur capacit&#233; &#224; peser sur la situation. Les d&#233;veloppements socio-&#233;conomiques acc&#233;l&#233;r&#233;s contemporains peuvent cependant faciliter un r&#233;agencement programmatique, une r&#233;flexion renouvel&#233;e sur le rapport aux institutions et, finalement, une recomposition politique et sociale. De telles avanc&#233;es permettraient d'esquisser les contours d'une transition anticapitaliste, c'est-&#224;-dire &#233;tablir quelle forme pourrait prendre une crise de pouvoir et ce que pourrait &#234;tre un gouvernement anticapitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article paru dans le n&#176;7 (nouvelle s&#233;rie) de la revue ContreTemps, 3&#232; trimestre 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.contretemps.eu&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.contretemps.eu&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Selon l'expression de Paul Krugman, en r&#233;f&#233;rence &#224; la longue d&#233;pression du dernier quart du XIXe si&#232;cle et de la grande d&#233;pression des ann&#233;es 1930 : &#171; The third depression &#187;, The New York Times, 27 juin 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 Gillian Tellet, &#171; Collapsed debt market poses dilemma for G20 leaders &#187;, Financial Times, 24 juin 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 John Bellamy Foster, Hannah Holleman, &#171; The financial power elite &#187;, Monthly Review, May 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 Fran&#231;ois Chesnais, &#171; Crise de suraccumulation mondiale ouvrant sur une crise de civilisation &#187;, Inprecor, n&#176; 556-557, janvier 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 David Harvey, The New Imperialism, Oxford University Press, 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 Entretien avec Benjamin Coriat, &#171; La crise de l'id&#233;ologie propri&#233;taire et le retour des Communs &#187;, juin 2010, (&lt;a href=&#034;http://www.contretemps.eu/interviews&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.contretemps.eu/interviews&lt;/a&gt; )&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 Michel Husson souligne que ce divorce entre production et besoins s'accentue consid&#233;rablement dans la p&#233;riode n&#233;olib&#233;rale par rapport aux d&#233;cennies d'apr&#232;s-guerre. &#171; Socialisation interrompue et r&#233;sistance des besoins &#187;, communication au Congr&#232;s Marx international, septembre 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 Entretien avec Robert Boyer, &#171; Capitalisme, crise et d&#233;veloppement &#187;, Contretemps, num&#233;ro 21, f&#233;vrier 2008 (&lt;a href=&#034;http://www.contretemps.eu/archives&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.contretemps.eu/archives&lt;/a&gt; [3])&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 Sophie B&#233;roud, Jean-Michel Denis, Guillaume Desage, Baptiste Giraud, J&#233;rome P&#233;lisse, &#171; Ce que r&#233;v&#232;lent les donn&#233;es officielles sur les conflits sociaux &#187;, Le Monde Diplomatique, octobre 2008. Baptiste Giraud, J&#233;r&#244;me P&#233;lisse, &#171; Le retour des conflits sociaux ? &#187;, La Vie des Id&#233;es, 6 janvier 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 Il faut cependant se garder d'exag&#233;rer la rupture. Lilian Mathieu montre ainsi comment une s&#233;rie de mouvements sociaux contemporains s'inscrivent dans la continuit&#233; des luttes des ann&#233;es 1970 in Les ann&#233;es 1970, un &#226;ge d'or des luttes ?, Textuel, 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 Pour une discussion de ces diff&#233;rentes dimensions de la d&#233;gradation de la position des travailleurs, voir C&#233;dric Durand, Le capitalisme est-il ind&#233;passable ?, Textuel, 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 &#171; Signs of widespread worker action in China &#187;, Financial Times, 10 juin 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 Sur la distinction &#171; lutte &#224; la Marx &#187; , &#171; lutte &#224; la Polanyi &#187;, voir Beverly J. Silver, Forces of Labor, Cambridge University Press, 2003&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14 Voir Ernest Mandel [1980] Long Waves of Capitalist Development : a Marxist Interpretation, London, Verso, 1995 ; Pierre Dock&#232;s, Bernard Rosier, Rythmes &#233;conomiques, crise et changement social. Une perspective historique, Paris, La D&#233;couverte, 1983 ; Christopher Freeman, Francisco Lou&#231;a, As Time Goes By : From the Industrial Revolutions to the Information Revolution, Oxford, Oxford University Press, 2001&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 Pour un panorama voir Razmig Keucheyan, H&#233;misph&#232;re gauche, Paris, Zones, 2010.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le d&#233;bat sur le taux de profit</title>
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		<dc:creator>Michel Husson</dc:creator>



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&lt;p&gt;Une pol&#233;mique sur le taux de profit se d&#233;veloppe depuis plusieurs mois. Cet article cherche &#224; faire le point sur ce d&#233;bat[2], qui porte sur quatre questions essentielles : &lt;br class='autobr' /&gt;
[Suite dans le fichier joint]&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Economie-50-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une pol&#233;mique sur le taux de profit se d&#233;veloppe depuis plusieurs mois. Cet article cherche &#224; faire le point sur ce d&#233;bat[2], qui porte sur quatre questions essentielles :&lt;/p&gt;
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		<title>{{NOTES DE LECTURE au sujet du livre de C&#233;dric Durand, le capitalisme est-il ind&#233;passable ?}}</title>
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&lt;p&gt;Tir&#233; de la revue Inprecor N&#176; 558-559, f&#233;vrier-mars 2010, ____________________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
NOTES DE LECTURE au sujet du livre de C&#233;dric Durand, le capitalisme est-il ind&#233;passable ? &lt;br class='autobr' /&gt;
C&#233;dric Durand &#233;tait au Qu&#233;bec en juin dernier. Il a donn&#233; plusieurs conf&#233;rences. Cette note de lecture de Didier Epsztajn a pour titre ''Contre la r&#233;duction du monde &#224; la mis&#233;rable mesure marchande''. &lt;br class='autobr' /&gt;
C&#233;dric Durand, Le capitalisme est-il ind&#233;passable ?, Textuel, Paris 2010, 142 pages, 9,90 euros (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Economie-50-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;


		</description>


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&lt;p&gt;Tir&#233; de la revue Inprecor N&#176; 558-559, &lt;br class='autobr' /&gt;
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NOTES DE LECTURE au sujet du livre de C&#233;dric Durand, le capitalisme est-il ind&#233;passable ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;C&#233;dric Durand &#233;tait au Qu&#233;bec en juin dernier. Il a donn&#233; plusieurs conf&#233;rences. Cette note de lecture de Didier Epsztajn a pour titre ''Contre la r&#233;duction du monde &#224; la mis&#233;rable mesure marchande''.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.la-breche.com/catalog/product_info.php?products_id=2221&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;dric Durand, Le capitalisme est-il ind&#233;passable ?, Textuel, Paris 2010, 142 pages, 9,90 euros&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; http://www.la-breche.com/catalog/product_info.php?products_id=2221&lt;/p&gt;
&lt;/a&gt;
&lt;p&gt;C&#233;dric Durand r&#233;sume les &#233;volutions du capitalisme &#171; syst&#232;me socio-&#233;conomique historique &#187; en une quarantaine de pages. C'est une introduction &#233;rudite et tr&#232;s lisible, qui commence avec l'affranchissement du carcan f&#233;odal. Cette lecture au fil de l'histoire ne permet cependant pas d'analyser les m&#233;canismes objectifs du fonctionnement du syst&#232;me (f&#233;tichisme de la marchandise, valeur d'usage et valeur, travail abstrait, despotisme d'entreprise, etc.). La logique du capital ne pouvant &#234;tre expos&#233;e, &#224; mes yeux, par ses &#233;volutions dans le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les pr&#233;cautions de l'auteur sur le &#171; ph&#233;nom&#232;ne contingent, sp&#233;cifique et localis&#233; &#187;, le r&#233;cit engendre une naturalisation de certaines caract&#233;ristiques du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la seconde partie &#171; Crise et domination au c&#339;ur de la dynamique du capital &#187;, C&#233;dric Durand analyse, entre autres, l'instabilit&#233; des processus d'accumulation et la respiration longue du capitalisme, avant d'aborder la grande crise contemporaine. Il pr&#233;sente succinctement, mais sans sch&#233;matisme, les r&#233;flexions et approfondissements de nombreux auteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des explications, je reste dubitatif sur la pertinence de la notion de production immat&#233;rielle ou d'&#233;conomie de la connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'il en soit, en int&#233;grant de multiples dimensions, dont la crise &#233;cologique, l'auteur souligne la probabilit&#233; d'un sc&#233;nario futur autour d'une longue stagnation. &#192; cette fin de partie temporaire, C&#233;dric Durand oppose &#171; cr&#233;er et gagner une issue &#233;mancipatrice &#187;, en d&#233;clinant quelques options bien argument&#233;es tant sur la n&#233;cessaire analyse des &#233;checs pass&#233;s que sur la r&#233;duction du temps de travail, l'autogestion, la planification &#233;cologique d&#233;centralis&#233;e ou sur l'extension des biens communs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec juste raison, l'auteur conclut &#171; La bataille des id&#233;es et l'&#233;largissement des exp&#233;rimentations pour cr&#233;dibiliser ces options sont donc des enjeux cruciaux. Il n'emp&#234;che, une douloureuse confrontation avec les int&#233;r&#234;ts dominants est in&#233;vitable &#187;. &#9632;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Europe : Quelles r&#233;ponses progressistes &#224; la crise ?</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Europe-Quelles-reponses-progressistes-a-la-crise</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Europe-Quelles-reponses-progressistes-a-la-crise</guid>
		<dc:date>2010-08-25T04:11:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Husson</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tir&#233; du site de Michel Husson Article de la revue '' Les temps nouveaux Num&#233;ro 1 - 2010 &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise actuelle est une crise extr&#234;mement profonde. &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;action des gouvernements est finalement assez claire : ils parent au plus press&#233; pour &#233;viter les catastrophes, se soumettent au caprice des march&#233;s sans jamais chercher &#224; les contr&#244;ler et pr&#233;parent les ajustements n&#233;cessaires pour revenir d&#232;s que possible au business as usual. La profondeur de la crise est telle qu'ils ne disposent pas de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Economie-50-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Economie-225-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L104xH116/arton2982-549cd.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='104' height='116' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site de Michel Husson&lt;br class='autobr' /&gt;
Article de la revue '' Les temps nouveaux&lt;br class='autobr' /&gt;
Num&#233;ro 1 - 2010&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La crise actuelle est une crise extr&#234;mement profonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;action des gouvernements est finalement assez claire : ils parent au plus press&#233; pour &#233;viter les catastrophes, se soumettent au caprice des march&#233;s sans jamais chercher &#224; les contr&#244;ler et pr&#233;parent les ajustements n&#233;cessaires pour revenir d&#232;s que possible au &lt;i&gt;business as usual&lt;/i&gt;. La profondeur de la crise est telle qu'ils ne disposent pas de r&#233;elle alternative &#224; la version n&#233;o-lib&#233;rale du capitalisme qu'ils ont mise en place. Les plans d'aust&#233;rit&#233; qui s'annoncent, sont et seront d'une grande violence et ne pourront que durcir les traits r&#233;gressifs de ce syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; du mouvement social, la crise a des effets contradictoires.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'un c&#244;t&#233;, elle donne raison aux critiques d'un syst&#232;me dont les fondements m&#234;mes sont percut&#233;s par une crise dont l'ampleur d&#233;montre&lt;br class='autobr' /&gt;
l'instabilit&#233; chronique et l'irrationalit&#233; croissante. Mais, d'un autre c&#244;t&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
elle contraint les luttes &#224; une posture de d&#233;fense souvent &#233;clat&#233;e. Cette&lt;br class='autobr' /&gt;
tension a toujours exist&#233; mais elle est port&#233;e &#224; son paroxysme par la&lt;br class='autobr' /&gt;
crise : il faut &#224; la fois se battre pied &#224; pied contre les mesures de &#171; sortie&lt;br class='autobr' /&gt;
de crise &#187; et ouvrir une perspective alternative radicale. L'enjeu est&lt;br class='autobr' /&gt;
donc de mettre en avant des r&#233;ponses qui fassent le lien entre ces deux&lt;br class='autobr' /&gt;
exigences. Enfin, la difficult&#233; est d'autant plus grande que la crise est&lt;br class='autobr' /&gt;
mondiale et que ces r&#233;ponses doivent prendre en compte cette dimension et &#234;tre porteuses d'une autre conception de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lagauche.com/lagauche/IMG/pdf_ltnmh.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;SUITE, VOIR L'ARTICLE EN FICHIER JOINT&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bonjour la crise !</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Bonjour-la-crise</link>
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		<dc:date>2010-03-18T05:03:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Husson</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Gr&#232;ce est aujourd'hui un condens&#233; de ce qui nous attend en Europe. L'offensive sp&#233;culative des march&#233;s financiers, pr&#233;par&#233;e en petit comit&#233; sous l'&#233;gide de Georges Soros (par ailleurs grand philanthrope et critique
&lt;br class='autobr' /&gt;
de la finance) d&#233;montre s'il en &#233;tait besoin que tout ce que l'on nous a racont&#233; sur la n&#233;cessaire &#171; r&#233;gulation &#187; des march&#233;s financiers &#233;tait du flan. &lt;br class='autobr' /&gt; _______________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; du site de Michel Husson
&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour la revue Regards, Avril 2010 &lt;br class='autobr' /&gt;
La suite est au format PDF (voirle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Economie-50-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH105/arton2855-00fb8.jpg?1629994671' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='105' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Gr&#232;ce est aujourd'hui un condens&#233; de ce qui nous attend en Europe. L'offensive sp&#233;culative des march&#233;s financiers, pr&#233;par&#233;e en petit comit&#233; sous l'&#233;gide de Georges Soros (par ailleurs grand philanthrope et critique&lt;br class='autobr' /&gt;
de la finance) d&#233;montre s'il en &#233;tait besoin que tout ce que l'on nous a racont&#233; sur la n&#233;cessaire &#171; r&#233;gulation &#187; des march&#233;s financiers &#233;tait du flan.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site de Michel Husson&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour la revue Regards, Avril 2010&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La suite est au format PDF (voirle fichier joint).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Crise : l'heure de v&#233;rit&#233; se rapproche</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Crise-l-heure-de-verite-se-rapproche</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Crise-l-heure-de-verite-se-rapproche</guid>
		<dc:date>2010-02-24T03:15:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Isaac Johsua</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du NPA 8 f&#233;vrier 2010 &lt;br class='autobr' /&gt; L'effondrement des Bourses les 4 et 5 f&#233;vrier derniers a montr&#233; que la crise entrait dans une nouvelle phase. L'automne 2008 avait vu le paroxysme de la crise financi&#232;re et, dans la foul&#233;e, sa transmission &#224; l'&#233;conomie r&#233;elle. Cependant, apr&#232;s une chute ph&#233;nom&#233;nale en 2009 du PIB am&#233;ricain de &#8211; 2,4% (sans v&#233;ritable pr&#233;c&#233;dent depuis la grande crise), on avait cru pouvoir noter un redressement, vite baptis&#233; &#171; sortie de crise &#187;. Illusion : l'&#233;conomie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Economie-50-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L79xH123/arton2790-92a3b.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='79' height='123' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du NPA&lt;br class='autobr' /&gt;
8 f&#233;vrier 2010&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement des Bourses les 4 et 5 f&#233;vrier derniers a montr&#233; que la crise entrait dans une nouvelle phase. L'automne 2008 avait vu le paroxysme de la crise financi&#232;re et, dans la foul&#233;e, sa transmission &#224; l'&#233;conomie r&#233;elle. Cependant, apr&#232;s une chute ph&#233;nom&#233;nale en 2009 du PIB am&#233;ricain de &#8211; 2,4% (sans v&#233;ritable pr&#233;c&#233;dent depuis la grande crise), on avait cru pouvoir noter un redressement, vite baptis&#233; &#171; sortie de crise &#187;. Illusion : l'&#233;conomie mondiale &#233;tait en &#233;tat de l&#233;vitation, touchant &#224; peine le sol, port&#233;e &#224; bouts de bras par un soutien public d'une extraordinaire ampleur. Laissant filer les d&#233;ficits, se portant au secours des banques, mettant en &#339;uvre des plans de soutien, les d&#233;ficits publics ont atteint d'incroyables niveaux : 10 % du PIB aux Etats-Unis, 8% en France, plus de 12% au Royaume-Uni. Du coup, l'endettement public a crev&#233; tous les plafonds, atteignant 85% du PIB aux Etats-Unis ou 76% en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dans un match de rugby on se refile un ballon qui br&#251;le les mains, ainsi a-t-on transform&#233; le surendettement des m&#233;nages am&#233;ricains en surendettement des Etats. Quand un d&#233;biteur s'av&#232;re incapable de faire face aux &#233;ch&#233;ances, il n'y a que deux fa&#231;ons de s'attaquer &#224; la dette en suspens : la transf&#233;rer ou l'annuler. Annuler les dettes aurait signifi&#233; entrer dans une crise financi&#232;re, puis &#233;conomique, de tr&#232;s grande ampleur ; on a pr&#233;f&#233;r&#233;, encore une fois, la fuite en avant, et la dette priv&#233;e a &#233;t&#233; transform&#233;e en dette publique. Ainsi, le probl&#232;me n'a pas &#233;t&#233; surmont&#233;, mais seulement d&#233;guis&#233;, et d&#233;plac&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le surendettement public est universel, mais il y a toujours des maillons faibles. Ceux-ci se nomment Gr&#232;ce, Espagne, Portugal, Irlande. La Gr&#232;ce (dont la dette publique devrait atteindre les 125% du PIB en 2010) a &#233;t&#233; plac&#233;e de fait sous tutelle de la Commission europ&#233;enne. Mais les autres pays ne sont pas en reste et les pourcentages correspondants pr&#233;vus pour 2010 s'&#233;l&#232;vent &#224; 85% pour le Portugal, 83% pour l'Irlande (44% en 2008), 66% pour l'Espagne (40% en 2008).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait &#233;vident d&#232;s le d&#233;part que cette situation ne pouvait pas durer. Le priv&#233; (consommation des m&#233;nages, investissement des entreprises) devait prendre la rel&#232;ve du public, permettant &#224; celui-ci de se retirer. Le grand probl&#232;me est que le priv&#233; n'a toujours pas embray&#233; sur le public, et le grand changement est que commence &#224; pr&#233;valoir dans l'establishment la crainte qu'il en soit encore ainsi pour de longs mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e qu'en somme la crise est loin d'&#234;tre termin&#233;e, et que nous ne sommes pas dans un sch&#233;ma en V, ni m&#234;me en W, mais sans doute plut&#244;t en L. Or, les plans de redressement des finances publiques qui ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;s jusqu'ici sont tous bas&#233;s sur l'hypoth&#232;se d'un redressement vigoureux de l'&#233;conomie, qui permettrait de r&#233;duire les d&#233;ficits plus par l'accroissement rapide des recettes fiscales que par la r&#233;duction drastique des d&#233;penses publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le redressement attendu n'est pas au rendez-vous, exit l'hypoth&#232;se d'une mont&#233;e rapide des recettes fiscales et les gouvernements des pays qui sont dans le collimateur des investisseurs sont plac&#233;s devant un dilemme redoutable. Soit ils poursuivent le soutien &#224; l'&#233;conomie, &#233;vitent son effondrement, mais entrent dans une spirale autoentretenue dont on ne voit pas la fin, car ils aggravent leurs d&#233;ficits de telle sorte que ceux-ci sont de plus en plus co&#251;teux &#224; couvrir. Soit ils abandonnent le soutien &#224; l'&#233;conomie, retirant l'&#233;chafaudage public, mais ils risquent alors de pr&#233;cipiter l'&#233;conomie dans les profondeurs, sans avoir pour autant la garantie d'une r&#233;duction du d&#233;ficit public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pays sont tous membres de l'Union europ&#233;enne, et on peut penser qu'ils auraient droit &#224; un soutien de l'Union en tant que telle ou de certaines de ses composantes. Mais si les principales puissances &#233;conomiques europ&#233;ennes d&#233;cident d'aider ceux qui se d&#233;battent avec de l'eau jusqu'au cou, elles risquent d'&#234;tre entra&#238;n&#233;es et de couler &#224; leur tour, et ce d'autant plus qu'elles sont elles-m&#234;mes tr&#232;s endett&#233;es. Si ces puissances ne le font pas et que les pays les plus directement menac&#233;s font d&#233;faut sur leur dette, elles savent que la crise sera relanc&#233;e de fa&#231;on spectaculaire et qu'elles sont les suivantes sur la liste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les march&#233;s &#187; ne pensent pas, ne parlent pas, ils envoient des signaux, mais ceux-ci sont, en l'occurrence, assez clairs. &#171; Les investisseurs &#187; sont manifestement de plus en plus convaincus que les pays menac&#233;s ne pourront plus soutenir leurs &#233;conomies tr&#232;s longtemps. Il faudra alors sortir de la situation &#171; par le bas &#187;, c'est-&#224;-dire rechercher le redressement des finances publiques surtout par la r&#233;duction des d&#233;penses. Inutile de se faire des illusions : apr&#232;s avoir vol&#233;, &#224; fonds perdus, au secours des capitalistes, c'est aux travailleurs que ces gouvernements demanderont de faire des sacrifices, par augmentation des imp&#244;ts ou destruction des services publics. L'effondrement des march&#233;s qui vient d'avoir lieu peut alors facilement &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme un s&#233;v&#232;re coup de semonce, un appel aux gouvernements sur la sellette de se mettre dans les plus brefs d&#233;lais &#224; l'ouvrage, de montrer qu'ils sont capables de s'attaquer &#224; la masse de la population pour sauver une infime minorit&#233;. Aux travailleurs d'organiser la r&#233;sistance, car cette crise est celle du capital, il n'est pas question d'en payer les pots cass&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isaac Johsua&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La hausse tendancielle du taux de profit</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-hausse-tendancielle-du-taux-de-profit</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/La-hausse-tendancielle-du-taux-de-profit</guid>
		<dc:date>2010-02-22T17:45:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Une pol&#233;mique sur l'&#233;volution du taux de profit oppose entre eux les &#233;conomistes marxistes :
&lt;br class='autobr' /&gt;
pour certains, le taux de profit s'est r&#233;tabli dans les grands pays capitalistes &#224; partir du d&#233;but
&lt;br class='autobr' /&gt;
des ann&#233;es 1980 ; pour d'autres, il ne pr&#233;sente pas une telle tendance.&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Economie-50-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L106xH150/arton2714-3f61b.jpg?1631540622' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une pol&#233;mique sur l'&#233;volution du taux de profit oppose entre eux les &#233;conomistes marxistes :&lt;br class='autobr' /&gt;
pour certains, le taux de profit s'est r&#233;tabli dans les grands pays capitalistes &#224; partir du d&#233;but&lt;br class='autobr' /&gt;
des ann&#233;es 1980 ; pour d'autres, il ne pr&#233;sente pas une telle tendance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La crise en perspective</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-crise-en-perspective</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/La-crise-en-perspective</guid>
		<dc:date>2010-02-22T17:44:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Husson</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'&#233;clatement de la crise actuelle est l'occasion de revenir sur l'histoire du capitalisme
&lt;br class='autobr' /&gt;
contemporain et sur la lecture propos&#233;e par la th&#233;orie des ondes longues, avant de proposer
&lt;br class='autobr' /&gt;
quelques &#233;l&#233;ments de prospective. &lt;br class='autobr' /&gt; _________________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Michel Husson, &lt;br class='autobr' /&gt;
Inprecor n&#176;556-557, d&#233;cembre 2009-janvier 2010&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Economie-50-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;clatement de la crise actuelle est l'occasion de revenir sur l'histoire du capitalisme&lt;br class='autobr' /&gt;
contemporain et sur la lecture propos&#233;e par la th&#233;orie des ondes longues, avant de proposer&lt;br class='autobr' /&gt;
quelques &#233;l&#233;ments de prospective.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Michel Husson, &lt;br class='autobr' /&gt;
Inprecor n&#176;556-557, d&#233;cembre 2009-janvier 2010&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
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	</item>



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