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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Un mouvement en difficult&#233; et une perspective de changement</title>
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		<dc:date>2011-01-20T19:34:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>David Camfield</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les syndicats dans l'&#201;tat canadien sont en difficult&#233;. Il n'y a aucun signe que les syndicats soient capables de construire un mouvement de masse pour s'opposer aux gouvernements canadien ou provinciaux qui font payer aux gens ordinaires les frais de la crise &#233;conomique mondiale. En automne 2010 des millions de travailleurs des secteurs priv&#233; et public en France ainsi que des &#233;tudiants sont sortis dans la rue, ont d&#233;bray&#233; et ont bloqu&#233; des routes et l'entr&#233;e &#224; des raffineries de p&#233;trole. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Luttes-syndicales-51-" rel="directory"&gt;Luttes syndicales&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Canada-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-ouvrier-+" rel="tag"&gt;Mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Syndicalisme-+" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH137/arton3103-24ad9.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='137' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les syndicats dans l'&#201;tat canadien sont en difficult&#233;. Il n'y a aucun signe que les syndicats soient capables de construire un mouvement de masse pour s'opposer aux gouvernements canadien ou provinciaux qui font payer aux gens ordinaires les frais de la crise &#233;conomique mondiale. En automne 2010 des millions de travailleurs des secteurs priv&#233; et public en France ainsi que des &#233;tudiants sont sortis dans la rue, ont d&#233;bray&#233; et ont bloqu&#233; des routes et l'entr&#233;e &#224; des raffineries de p&#233;trole.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'enjeu central de ce mouvement populaire, qui a dur&#233; plusieurs semaines, &#233;tait l'attaque du gouvernement du pr&#233;sident Nicolas Sarkozy contre le syst&#232;me public de pensions de retraite. En m&#234;me temps, c'&#233;tait aussi une protestation contre les politiques injustes d'un gouvernement dirig&#233; par le &#171; pr&#233;sident des riches. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant des semaines, les directions des diverses centrales syndicales sont rest&#233;es unies en appui des protestations de masse. De nombreux militants de la base et les &#233;lus syndicaux les plus militants ont tent&#233; d'&#233;tendre et d'intensifier l'action directe. Les manifestations et les gr&#232;ves n'ont pas r&#233;ussi &#224; arr&#234;ter l'attaque contre les retraites. Mais le r&#233;sultat n'&#233;tait pas non plus une d&#233;faite, parce que le mouvement a beaucoup nui au gouvernement, tout en renfor&#231;ant le mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contraste avec le mouvement ouvrier au Canada et le Qu&#233;bec est frappant. Les syndicats ici sont en difficult&#233;. Il n'y a aucun signe que les syndicats soient capables de construire un mouvement de masse pour s'opposer aux gouvernements qui font payer aux gens ordinaires les frais de la crise &#233;conomique mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que le nombre de travailleurs syndiqu&#233;s ne diminue pas et que la baisse du taux de syndicalisation a &#233;t&#233; lente ces derni&#232;res ann&#233;es. La situation n'est pas aussi grave qu'aux &#201;tats-Unis, o&#249; le nombre de syndiqu&#233;s et la densit&#233; syndicale sont en baisse depuis des ann&#233;es. Au Canada, les institutions syndicales sont rest&#233;es g&#233;n&#233;ralement stables, m&#234;me si certains syndicats ont perdu un nombre important de membres et donc du revenu. (Par exemple, entre 2005 et 2009, les mises &#224; pieds ont fait perdre aux TCA 40,000 de leurs 265,000 membres.) Cette stabilit&#233; relative a contribu&#233; &#224; aveugler certains secteurs du mouvement quant &#224; la situation r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des signes de d&#233;gradation &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le nombre de membres et la densit&#233; ne se traduisent pas n&#233;cessairement en dynamisme et en puissance. Plus inqui&#233;tants que la lente &#233;rosion du taux de syndicalisation sont les signes qui les travailleurs ont de plus en plus de difficult&#233; &#224; se servir des syndicats comme organisations pour la promotion de leurs int&#233;r&#234;ts collectifs. (J'&#233;cris qu'ils ont &#171; plus de difficult&#233; &#187; parce qu'ils ont d&#251; affronter des difficult&#233;s importantes sur ce front depuis les ann&#233;es 1940, quand les luttes ouvri&#232;res ont gagn&#233; de nouveaux droits pour les syndicats, mais accompagn&#233;s de nouvelles restrictions sur l'activit&#233; syndicale.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le mouvement est de plus en plus repli&#233; sur lui-m&#234;me, de sorte que l'action se r&#233;duit &#224; du lobbying, &#187; dit un initi&#233; du monde syndical. La bureaucratie syndicale (les &#233;lus et les fonctionnaires) est souvent pr&#233;occup&#233;e de la d&#233;fense des syndicats comme institutions. Un fonctionnaire du Syndicat des employ&#233;s d'h&#244;pital s'est exprim&#233; de la mani&#232;re suivante : &#171; Il me semble qu'il y a vraiment un manque de solidarit&#233; et de tout int&#233;r&#234;t &#224; repr&#233;senter les travailleurs et la classe ouvri&#232;re par opposition &#224; la lutte pour la survie de l'organisation. Ainsi, je vois souvent que la priorit&#233; est la survie du syndicat comme organisation au lieu du renforcement des droits des travailleurs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a de nombreuses r&#233;percussions n&#233;gatives. Ainsi, les syndicats font encore moins d'attention &#224; ce que vivent la plupart non-syndiqu&#233;s salari&#233;s. Environ 20 % des hommes et 32 % des femmes, classifi&#233;s comme employ&#233;s par Statistiques Canada, n'ont pas d'emplois permanents et &#224; temps plein. Mais ces chiffres sous-estiment le probl&#232;me parce que certains des classifi&#233;s comme &#171; autonomes &#187; sont en r&#233;alit&#233; des travailleurs. Certains dirigeants syndicaux expriment du bout des l&#232;vres une inqui&#233;tude au sujet des travailleurs pr&#233;caires, mais l'action suit rarement. Seulement 23% des travailleurs &#224; temps partiel sont syndiqu&#233;s, comparativement &#224; 31 % des salari&#233;s &#224; temps plein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs de couleur sont nettement sous-repr&#233;sent&#233;s dans les syndiqu&#233;s, cela &#224; un moment o&#249; la part des salari&#233;s qui subissent le racisme est plus grande que jamais. Cela a &#233;largi l'&#233;cart entre les parties syndiqu&#233;es et non syndiqu&#233;es de la classe ouvri&#232;re. Il en va de m&#234;me pour le d&#233;clin &#224; 16% de la densit&#233; syndicale du secteur priv&#233; qui emploie la plupart des travailleurs. La pr&#233;dominance de travailleurs plus &#226;g&#233;s dans les syndicats a &#233;galement &#233;largi la distance entre de nombreux travailleurs et leurs syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; un patronat de plus en plus coriace, la plupart des dirigeants syndicaux ont fini par accepter les concessions comme in&#233;vitables, au lieu des les voir comme r&#233;pugnantes et &#224; r&#233;sister tant que possible. Cela a un impact important. Comme l'a dit Bruce Allen, vice-pr&#233;sident de la section locale 199 des TCA, &#171; les travailleurs n'ont pas cr&#233;&#233; les syndicats pour reculer &#187;, mais &#171; pour d&#233;fendre leur dignit&#233;, leurs gains et pour avancer quand c'est possible. &#187; L'attrait des syndicats baisse lorsqu'ils font des concessions sans r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un probl&#232;me connexe est que les dirigeants syndicaux, soucieux &#224; faire accepter les concessions par leurs membres, sont tent&#233;s &#224; miner la d&#233;mocratie syndicale pour que les travailleurs ent&#233;rinent la &#171; bonne &#187; d&#233;cision. La d&#233;mocratie syndicale a, par cons&#233;quent, souffert ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre signe inqui&#233;tant est la tendance des syndicats &#224; appuyer n'importe quelle force politique qui semble repr&#233;senter un &#171; moindre mal &#187;. Il en r&#233;sulte souvent un appui acritique aux partis (comme les Lib&#233;raux, le NPD dans certaines provinces, le PQ et le BQ au Qu&#233;bec) et &#224; des candidats (comme l'ancien maire de Toronto David Miller) qui jouissent de l'appui du patronat. L'action politique des syndicats cherche rarement &#224; renforcer la classe ouvri&#232;re comme force ind&#233;pendante pour la transformation de la soci&#233;t&#233;. Cette norme minimale de soutien au &#171; moindre mal &#187; a sa contrepartie dans la faible confiance des travailleurs en la capacit&#233; des syndicats de n&#233;gocier des gains. Les deux ph&#233;nom&#232;nes montrent jusqu'&#224; quel point les expectations des travailleurs ont &#233;t&#233; r&#233;duites par trois d&#233;cennies d'offensive patronale et gouvernementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; mesure o&#249; la bureaucratie syndicale s'est repli&#233;e, sur elle-m&#234;me, les divisions entre elle et les militants des mouvements de justice sociale se sont approfondis. C'&#233;tait &#233;vident lors de la mobilisation contre le sommet du G-20 &#224; Toronto en juin 2010, notamment quand Ken Georgetti, pr&#233;sident de CTC, s'est empress&#233; &#224; condamner les attaques contre la propri&#233;t&#233; de la part de certains manifestants, tandis que le CTC a temp&#233;r&#233; sa critique de l'arrestation de quelques 1100 personnes et n'a pas contest&#233; les efforts de l'&#201;tat de criminaliser la dissidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prises dans leur ensemble, ces tendances font preuve d'un processus de d&#233;gradation des syndicats comme organisations du mouvement ouvrier. Ce processus est in&#233;gal, mais quand m&#234;me r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela est important pour deux simples raisons. D'abord, les travailleurs salari&#233;s et &#171; autonomes &#187; font face aujourd'hui par &#224; patronat et &#224; des gouvernements qui sont plus d&#233;cid&#233;s que jamais &#224; renforcer les profits et le pouvoir des entreprises. Tout ce que les travailleurs ont pr&#233;sentement pour se d&#233;fendre contre cette menace ce sont les syndicats et de beaucoup plus petites organisations communautaires. Deuxi&#232;mement, ce sont les seules organisations existantes qui offrent aux travailleurs une possibilit&#233; quelconque de changer la soci&#233;t&#233; dans le sens de leurs besoins et de leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel type de changement ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment, alors, le mouvement ouvrier doit-il changer ? Ceux qui aimeraient que nos organisations ouvri&#232;res mobilisent comme ont fait ceux de la France en automne 2010 doivent viser des changements du genre suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; Plus de d&#233;mocratie&lt;/i&gt;. Si les membres ne contr&#244;lent pas leurs propres syndicats et leurs autres organisations, celles-ci vont tomber sous l'influence d'autrui &#8211; des fonctionnaires syndicaux, ou pire encore, des patrons. La puissance des organisations ouvri&#232;res, ont fait valoir Mike Parker et Martha Gruelle, &#034;r&#233;side dans la participation des membres, et cela prend la d&#233;mocratie pour que les membres d&#233;sirent s'engager.&#034; Dans une organisation d&#233;mocratique les travailleurs acqui&#232;rent de nouvelles comp&#233;tences et renforcent leur la confiance en eux-m&#234;mes. Cela les encourage &#224; se servir de leur pouvoir collectif. Une culture organisationnelle qui incite les membres &#224; s'exprimer, &#224; poser des questions difficiles et &#224; d&#233;battre de mani&#232;re respectueuse est essentielle pour le mouvement. Les erreurs sont in&#233;vitables, mais dans une organisation d&#233;mocratique les membres peuvent apprendre de leurs erreurs et apporter des modifications. Le titre du livre de Gruelle et Parker sur le renouveau des syndicats fait mouche : la d&#233;mocratie est le pouvoir .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Plus de militants&lt;/i&gt;. Pour que le mouvement se renforce, il faut impliquer plus de monde. Fernando Gapasin, qui milite dans les mouvements populaires aux &#201;tats-Unis depuis de nombreuses ann&#233;es, soutient qu'il y a deux cl&#233;s &#224; la mobilisation : les gens doivent &#234;tre convaincus de la n&#233;cessit&#233; de changer les choses ; et ils doivent croire que leur action contribuera au r&#233;sultat souhait&#233;. Des militants efficaces sont des organisateurs qui peuvent apprendre &#224; organiser des autres. Ils &#171; comprennent que la mobilisation se fait une personne &#224; la fois. Il s'agit d'organiser les gens pour qu'ils organisent d'autres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;De meilleurs militants&lt;/i&gt;. Le plus souvent la formation syndicale est consacr&#233;e au traitement des griefs, aux cas d'arbitrage, &#224; la n&#233;gociation. Mais les activistes, qu'ils militent dans les syndicats ou dans d'autres organisations populaires, ont besoin de plus que cela. Les militants de la base doivent &#234;tre capables de penser et d'agir de mani&#232;re ind&#233;pendante. Ce dont les militants ont besoin pour mobiliser d&#233;mocratiquement les gens ne peut s'apprendre en tr&#232;s grande partie que par l'exp&#233;rience concr&#232;te, par essais et erreurs. Les le&#231;ons apprises dans les luttes doivent &#234;tre partag&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a aussi beaucoup de choses qui ne s'apprennent pas seulement par l'exp&#233;rience personnelle (ou qui s'apprennent avec beaucoup de difficult&#233;), y compris les rouages du syst&#232;me capitaliste, les desseins des employeurs et des gouvernements, les diverses formes d'oppression et l'histoire du mouvement. Tout cela demande une formation diff&#233;rente de ce qu'offrent la plupart de programmes de formation syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Du leadership qui &#233;mane de la base et qui refl&#232;te la classe ouvri&#232;re&lt;/i&gt;. La couche militante dans les lieux de travail et dans les communaut&#233;s devrait &#234;tre aussi vari&#233;e en termes de genre, d'identit&#233; ethnoraciale, de sexualit&#233; et de profession que la classe ouvri&#232;re elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Plus d'action&lt;/i&gt;. Les m&#233;thodes militantes sont actives et offensives, comme les gr&#232;ves tenaces, les occupations et les autres formes d'action directe. Le militantisme ne veut pas dire la violence - contrairement &#224; ce que nous disent les m&#233;dias propatronaux. Il s'agit de l'emploi de moyens qui permettent d'atteindre les buts. Le radicalisme, par contre, porte sur les fins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Plus radicalisme&lt;/i&gt;. Sam Gindin a dit : &#034;L'adversaire s'est rendu compte que &#8230; les choix sont polaris&#233;s : pour d&#233;fendre leurs privil&#232;ges, ils ont conclu qu'il faut &#234;tre plus radical. Nous devons apprendre la m&#234;me le&#231;on radicale, mais, &#233;videmment, de notre propre perspective.&#034; &#202;tre radical ne signifie pas recourir &#224; la violence ou tomber dans l'irrationnel. Il s'agit d'identifier les causes profondes des probl&#232;mes et d'oeuvrer pour des changements fondamentaux dans l'organisation de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Plus d'ind&#233;pendance&lt;/i&gt;. Il faut que les travailleurs comprennent que leurs int&#233;r&#234;ts et ceux de la classe dominante sont fondamentalement antagoniques. Il s'ensuit que les organisations ouvri&#232;res doivent essayer d'&#234;tre aussi ind&#233;pendantes que possible des patrons, du syst&#232;me juridique et des partis politiques existants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un engagement envers la mobilisation et l'organisation de l'ensemble de la classe ouvri&#232;re&lt;/i&gt;. Comme l'a dit Winnie Ng, &#171; nous ne pouvons pas permettre que la division artificielle entre syndiqu&#233;s et non-syndiqu&#233;s nous emp&#234;che de concevoir et de reconstruire une communaut&#233; o&#249; personne ne se d&#233;fendrait seul : [il faut] un mouvement d'espoir, de justice et de solidarit&#233; &#034;. On ne peut pas se concentrer &#233;troitement sur son propre syndicat, sur les travailleurs syndiqu&#233;s, sur les salari&#233;s &#224; faible revenu, ou sur toute section particuli&#232;re de la classe ouvri&#232;re. Cette classe est large, diverse et fragment&#233;e. Le but devrait &#234;tre la cr&#233;ation d'un mouvement de tous les travailleurs et pour tous les travailleurs. Cela ne peut se faire par les seuls syndicats. Il est essentiel que les syndicats soutiennent et collaborent avec les organisations communautaires, y compris les centres de travailleurs dont la priorit&#233; est les salari&#233;s au bas de l'&#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une solidarit&#233; plus profonde et plus englobante&lt;/i&gt;. Puisque la classe ouvri&#232;re est divis&#233;e de nombreuses mani&#232;res, la solidarit&#233; doit &#234;tre activement construite. La vieille devise syndicale &#171; un mal fait &#224; un est un mal fait &#224; tous &#187; doit cesser d'&#234;tre de la simple rh&#233;torique. Certaines des divisions proviennent principalement de la fa&#231;on dont l'emploi est structur&#233;. Un exemple est la division entre secteurs public et priv&#233;. D'autres divisions sont li&#233;es au racisme, au sexisme et aux autres formes d'oppression. Les travailleurs qui appartiennent &#224; des groupes de la soci&#233;t&#233; qui sont privil&#233;gi&#233;s ont une responsabilit&#233; particuli&#232;re &#224; tendre la main de la solidarit&#233; aux autres. Par exemple, les travailleurs blancs ne souffrent pas de racisme. Pour construire l'unit&#233; entre les travailleurs blancs et ceux qui sont directement touch&#233;s par le racisme, les premiers doivent se former au sujet du racisme et le combattre. Pour construire la solidarit&#233;, il faut aussi que les syndiqu&#233;s soutiennent les luttes pour la justice sociale des gens qui ne sont pas organis&#233;s consciemment en tant que travailleurs (m&#234;me si la plupart d'entre eux font probablement partie de la classe ouvri&#232;re). De tels exemples sont les campagnes pour r&#233;duire les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre, pour finir avec la violence faite aux femmes, pour gagner le statut de r&#233;sident permanent pour les immigrants sans statut. La solidarit&#233; doit aussi s'&#233;tendre aux luttes contre l'oppression par des gens qui ne font pas partie de la classe ouvri&#232;re - par exemple, les autochtones qui d&#233;fendent leurs terres ancestrales contre l'empi&#233;tement par les entreprises. Enfin, la solidarit&#233; doit aussi &#234;tre internationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ensemble de ces changements signifie plus que le renouveau du mouvement ouvrier. Il s'agit de r&#233;inventer le mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de gens, m&#234;me sur la gauche, endossent pr&#233;sentement un tel objectif. Mais ceux d'entre nous qui le font doivent se mettre &#224; discuter s&#233;rieusement de l'&#233;tat du mouvement et de comment contribuer, m&#234;me par des gestes modestes, &#224; sa r&#233;invention. Il est crucial que nos efforts partent de la fa&#231;on dont les travailleurs s'organisent et r&#233;sistent aujourd'hui, et non pas de la vision d'un autre de mouvement, tel qu'esquiss&#233; ci-dessus. De petits pas pris par des radicaux qui travaillent ensemble avec des autres qui veulent lutter de mani&#232;re plus efficace ont plus de potentiel que des initiatives radicales isol&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article est bas&#233; sur le livre de l'auteur de Canadian Labour in Crisis : Reinventing the Workers Movement, &#224; paraitre en 2011.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;(traduit par David Mandel)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le PM, le juge et le chef contre femmes et minorit&#233;s</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Le-PM-le-juge-et-le-chef-contre-femmes-et-minorites</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Le-PM-le-juge-et-le-chef-contre-femmes-et-minorites</guid>
		<dc:date>2004-05-10T01:54:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Bonhomme</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement ouvrier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#034; Union leaders sold out &#034; (Les chefs syndicaux nous ont vendu) et &#034; Screwed by our Union leaders &#034; (Cross&#233;s par nos chefs syndicaux) pouvaient-on lire sur les pancartes de piqueteuses et piqueteurs en ce lundi matin, 3 mai. &#192; Victoria et &#224; Burnaby, banlieue de Vancouver, des groupes de gr&#233;vistes all&#232;rent jusqu'&#224; dresser des lignes de piquetage devant les bureaux du principal syndicat en gr&#232;ve, le Hospital Employees Union (HEU), affili&#233; au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Luttes-syndicales-51-" rel="directory"&gt;Luttes syndicales&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Canada-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-ouvrier-+" rel="tag"&gt;Mouvement ouvrier&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#034; Union leaders sold out &#034; (Les chefs syndicaux nous ont vendu) et &#034; Screwed by our Union leaders &#034; (Cross&#233;s par nos chefs syndicaux) pouvaient-on lire sur les pancartes de piqueteuses et piqueteurs en ce lundi matin, 3 mai. &#192; Victoria et &#224; Burnaby, banlieue de Vancouver, des groupes de gr&#233;vistes all&#232;rent jusqu'&#224; dresser des lignes de piquetage devant les bureaux du principal syndicat en gr&#232;ve, le Hospital Employees Union (HEU), affili&#233; au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), pourtant r&#233;put&#233; &#234;tre un des plus combatifs de la Colombie britannique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La veille au soir, les dirigeants du HEU avait sign&#233; avec le gouvernement Campbell une entente ent&#233;rinant une baisse salariale de 10%, un allongement de la semaine de travail de 90 minutes par semaine et une privatisation de 600 postes de travail sur les prochains deux ans, qui s'ajouteront aux plus de 2 000 postes d&#233;j&#224; privatis&#233;s. Confront&#233; &#224; la col&#232;re de sa base, le pr&#233;sident du HEU donna comme excuse qu'il avait &#233;vit&#233; le pire puisque l'employeur ne voulait aucune limite &#224; la privatisation en plus d'imposer les coupures salariales &#224; partir du d&#233;but avril et non du d&#233;but mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, le gouvernement Campbell avait jou&#233; tr&#232;s dur. &#192; peine quatre jours apr&#232;s le d&#233;but de la gr&#232;ve, le 22 avril, il fit voter sa loi sp&#233;ciale 37 imposant le recul salarial et ordonnant le retour imm&#233;diat au travail. En comparaison, le gouvernement terre-neuvien avait au moins attendu un mois avant de l&#233;gif&#233;rer et s'&#233;tait content&#233; d'imposer un gel salarial ! Pourtant le gouvernement britano-colombien est tr&#232;s peu endett&#233; et a un tr&#232;s faible d&#233;ficit en comparaison du celui de la plus pauvre province du Canada. Comme quoi l'&#233;tat des finances publiques est pur pr&#233;texte sans compter qu'il est aussi une pure fabrication politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant le refus d'obtemp&#233;rer du HEU, appuy&#233; par tout le mouvement syndical - y compris la plus importante et tr&#232;s affairiste f&#233;d&#233;ration du secteur priv&#233;, la IWA (for&#234;t et p&#226;tes et papier), dont le dirigeant sera candidat lib&#233;ral aux prochaines &#233;lections f&#233;d&#233;rales - et m&#234;me par certains d&#233;brayages dans le secteur public, un juge de la Cour supr&#234;me de la CB, &#224; trois jours d'avis, condamna le syndicat, ouvrant ainsi la porte &#224; des p&#233;nalit&#233;s mon&#233;taires consid&#233;rables. Finalement la Sainte Trinit&#233; du premier ministre, du juge et du chef syndical - d'un syndicat &#224; 85% f&#233;minin et comportant une forte minorit&#233; de travailleuses d'Asie du Sud et du Sud-Est - imposa sa volont&#233; sans que la base syndicale ne puisse nullement en d&#233;lib&#233;rer et encore moins se prononcer. D&#233;mocratie syndicale ? Connais pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un d&#233;but de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale tu&#233; dans l'&#339;uf &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant se dessinait un mouvement de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale d&#233;j&#224; amorc&#233; la veille de la capitulation syndicale par les syndicats du rail-traversiers et de l'hydro-&#233;lectricit&#233;, et qui promettait &#234;tre de grande ampleur d&#232;s le lendemain le 3 mai. Non seulement les syndicats de l'&#233;ducation, des municipalit&#233;s et du transport public allaient-ils d&#233;brayer mais allaient tout probablement suivre le lendemain ceux des fonctionnaires provinciaux et f&#233;d&#233;raux et d'au moins une usine de p&#226;te et papier, et puis le surlendemain d'autres syndicats de l'h&#244;tellerie, de navires de croisi&#232;re et du commerce de d&#233;tail. Il faut comprendre qu'apr&#232;s trois ans de pouvoir, l'impopularit&#233; du gouvernement Campbell est &#224; son comble. En mars, presque les deux tiers des gens sond&#233;s le d&#233;sapprouvaient et ce fortement pour presque la moiti&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, rien n'&#233;tait gagn&#233; d'avance. Les syndicats du secteur public auraient-il &#233;t&#233; pr&#234;ts &#224; prolonger une gr&#232;ve ill&#233;gale de solidarit&#233; ? Il faut dire qu'ils y avaient quelque peu int&#233;r&#234;t puisque leur tour de ren&#233;gocier leurs conventions viendra d'ici peu. Il est facile de comprendre qu'il ne sert &#224; rien d'aller &#224; l'abattoir l'un derri&#232;re l'autre. Les syndicats du priv&#233; auraient-ils d&#233;bray&#233;s en grand nombre ? Eux et elles aussi y avaient int&#233;r&#234;t puisque les coupures drastiques dans les services publics frappent toute la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi compter sur une tradition de solidarit&#233; dans cette province historiquement polaris&#233;e entre droite et gauche. Il y a 20 ans, le mouvement &#034; Solidarity &#034; parvint &#224; regrouper l'ensemble des syndicats et groupes populaires contre le gouvernement cr&#233;ditiste d'alors... avant que les hautes directions syndicales ne le bousillent en consentant une entente &#224; rabais et &#224; la h&#226;te. Comme disait Karl Marx, &#034; l'histoire se r&#233;p&#232;te, la premi&#232;re fois comme une trag&#233;die, ensuite comme une farce. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La farce actuelle &#233;tait d'autant plus mauvaise que la direction du HEU avait d&#233;j&#224; accept&#233; la baisse salariale il y un an, ce que la base avait refus&#233; de ratifier, que l'IWA maraude le HEU en syndiquant ses membres privatis&#233;s tout en acceptant la baisse de 50% de leurs salaires et que le SCFP n'avait comme seul plan de riposte qu'une journ&#233;e de gr&#232;ve &#224; un temps ind&#233;termin&#233;. Malgr&#233; l'attitude capitularde et la totale incurie des directions syndicales, le lundi 3 mai allait &#234;tre une journ&#233;e de gr&#232;ve quasi g&#233;n&#233;rale qui aurait pu &#234;tre reconductible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel plan de lutte, quelle alternative ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle peut bien &#234;tre alors la strat&#233;gie des hautes directions syndicales ? Comme perspective, le pr&#233;sident du HEU invite ses membres &#224; la bataille &#233;lectorale de l'an prochain. Pourtant, l'&#233;lectorat avait &#233;t&#233; tellement d&#233;&#231;u du dernier gouvernement NPD que le parti Lib&#233;ral de Campbell avait gagn&#233; tous le si&#232;ges parlementaires sauf quatre. On devine la nature des politiques du NPD britano-colombien quand on sait que son dernier chef est maintenant candidat lib&#233;ral, que l'avant-dernier est conseiller lib&#233;ral et que son pr&#233;d&#233;cesseur, un ancien dirigeant syndical, avait d&#251; d&#233;missionner pour cause de trafic d'influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de plan de bataille, pas de revendications unificatrices, par d'organisation &#224; la base, par d'alternative politique alors qu'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en pose toujours la possibilit&#233;. Voil&#224; la recette infaillible de la d&#233;faite quelque soit la spontan&#233;it&#233; combative de la base que les chefs syndicaux, en habiles politiciens, se contentent de surfer avant de trahir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marc Bonhomme, 8 mai 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une grande d&#233;termination en bas, une erreur strat&#233;gique en haut</title>
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		<dc:date>2004-05-05T03:11:16Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Bonhomme</dc:creator>


		<dc:subject>Mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>

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&lt;p&gt;Apr&#232;s presque un mois de gr&#232;ve militante, les gr&#233;vistes du secteur public terre-neuviens subissent un cuisant revers. Pourtant la majorit&#233; de la population de l'&#238;le (52%), selon un sondage de 1300 personnes, est contre la loi du retour forc&#233; au travail. Apr&#232;s un mois de gr&#232;ve, presque la moiti&#233; de la population (46%) continuait d'appuyer les syndicats en gr&#232;ve, soit l'Association des employ&#233;-e-s publics et priv&#233;s de Terre-Neuve et du Labrador - NAPE - (16 000 gr&#233;vistes) et le Syndicat (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Luttes-syndicales-51-" rel="directory"&gt;Luttes syndicales&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s presque un mois de gr&#232;ve militante, les gr&#233;vistes du secteur public terre-neuviens subissent un cuisant revers. Pourtant la majorit&#233; de la population de l'&#238;le (52%), selon un sondage de 1300 personnes, est contre la loi du retour forc&#233; au travail. Apr&#232;s un mois de gr&#232;ve, presque la moiti&#233; de la population (46%) continuait d'appuyer les syndicats en gr&#232;ve, soit l'Association des employ&#233;-e-s publics et priv&#233;s de Terre-Neuve et du Labrador - NAPE - (16 000 gr&#233;vistes) et le Syndicat canadien de la fonction publique - SCFP - (4 000) contre moins du tiers (32%) qui s'y opposait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite est cuisante puisque qu'il y aura gel des salaires pour les deux prochaines ann&#233;es pour un long contrat de quatre ans, une r&#233;duction des cong&#233;s de maladie de 24 &#224; 12 jours par ann&#233;e pour les nouveaux employ&#233;-e-s et une r&#233;duction &#224; terme des effectifs de 4 000 personnes. Le nouveau gouvernement conservateur &#233;lu &#224; une forte majorit&#233; l'automne dernier et dirig&#233; par un millionnaire a &#233;t&#233; totalement intransigeant en donnant comme raison l'ampleur du d&#233;ficit budg&#233;taire, 864 millions $, ce qui &#233;quivaut &#224; plusieurs dizaines de milliards &#224; l'&#233;chelle du Canada. Il n'a m&#234;me pas voulu recourir &#224; l'arbitrage pourtant pr&#233;vu par la loi terre-neuvienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il ajouter que malgr&#233; un taux de ch&#244;mage de loin le plus &#233;lev&#233; des provinces canadiennes, plus que deux fois plus &#233;lev&#233; que la moyenne canadienne, la r&#233;mun&#233;ration hebdomadaire moyenne &#233;tait, en 2002, la plus &#233;lev&#233;e des provinces de l'Est, surpass&#233;e seulement par les quatre grandes provinces (dans l'ordre, Ontario, Alberta, Colombie-britannique, Qu&#233;bec). Rien de surprenant quand on sait que le taux de syndicalisation de Terre-Neuve est le plus &#233;lev&#233; au Canada apr&#232;s celui du Qu&#233;bec. C'est donc dire la volont&#233; acharn&#233;e du gouvernement Williams de ramener ce salaire aussi bas que le taux de ch&#244;mage est &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une nation refoul&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer cette caract&#233;ristique &#034; qu&#233;b&#233;coise &#034; de Terre-Neuve ? C'est que cette possession britannique jusqu'en 1949, qui se construisait en nation avec une histoire, une culture bien &#224; elle et m&#234;me un patois anglais tout &#224; fait caract&#233;ristique, fut pratiquement int&#233;gr&#233;e de force au Canada. Il fallut en effet un sc&#233;nario de deux r&#233;f&#233;rendum, dont le deuxi&#232;me fut gagn&#233; par la peau des dents, pour faire de Terre-Neuve, dirig&#233;e comme une colonie depuis la banqueroute gouvernementale des ann&#233;es trente, la dixi&#232;me province canadienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Terre-Neuve est la seule autre province canadienne qui soit comme le Qu&#233;bec une &#034; province-nation &#034;. Si c'est un secret bien gard&#233; - mais donnez-vous la peine de parler au peuple de Terre-Neuve et il vous en fera la confidence - c'est que le f&#233;d&#233;ralisme canadien la maintient dans la d&#233;pendance de sa p&#233;r&#233;quation et autres paiements de transferts. La ran&#231;on de cette d&#233;pendance sont les m&#233;prisables farces de &#034; Newfy &#034; dont la fonction id&#233;ologique est l'humiliation d'un peuple afin d'emp&#234;cher l'expression du sentiment national terre-neuvien. Avant l'&#233;veil du peuple qu&#233;b&#233;cois dans les ann&#233;es 60, il n'&#233;tait pas clair non plus, subjectivement parlant, que le Qu&#233;bec formait une nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, le nationalisme qu&#233;b&#233;cois entretient un irr&#233;dentisme labradorien qui serait parfaitement r&#233;soluble dans le cadre d'une entente de nation &#224; nation - ce qui suppose la reconnaissance de leurs ind&#233;pendances r&#233;ciproques - qui reconna&#238;trait le Labrador, tout comme la C&#244;te-Nord et le Nord qu&#233;b&#233;cois, comme un territoire appartenant aux nations innu et inuit &#224; qui les nations blanches devraient reconnaissance territoriale et r&#233;parations, en retour de quoi elles seraient tout probablement invit&#233;es &#224; participer &#233;quitablement &#224; leur d&#233;veloppement &#233;conomique. Au lieu de cela existe un fort et l&#233;gitime ressentiment terre-neuvien en r&#233;action &#224; l'imp&#233;rialisme (hydro-)qu&#233;b&#233;cois qui pille Churchill Falls pour moins d'un cent le kilowatt-heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s le 11 septembre, plus que la combativit&#233; habituelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la d&#233;termination prol&#233;tarienne et nationale de la classe ouvri&#232;re de Terre-Neuve n'a pas suffi. La contre-offensive n&#233;olib&#233;rale de l'apr&#232;s 11 septembre n&#233;cessite plus que la combativit&#233; habituelle. Elle requiert l'unit&#233; publique-priv&#233;e du &#034; tous et toutes ensemble &#034; autour d'un noyau de revendications nettement antin&#233;olib&#233;rales. M&#234;me le secteur public terre-neuvien n'&#233;tait pas en entier au rendez-vous. Manquaient &#224; l'appel les infirmi&#232;res et infirmiers, qui avaient pourtant fait une gr&#232;ve exemplaire en 1999 tout comme au Qu&#233;bec, et les enseignantes et enseignants. Pourquoi respecter les &#233;ch&#233;ances l&#233;gales des conventions collectives pour aller &#224; l'abattoir l'un derri&#232;re l'autre ? Au moins au Qu&#233;bec, cet obstacle a &#233;t&#233; r&#233;solu par l'acquis historique du Front commun malgr&#233; les divisions de centrales qui pourraient toujours le remettre en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble qu'en Colombie britannique nous assistions au m&#234;me sc&#233;nario. Les employ&#233;es et employ&#233;s g&#233;n&#233;raux des h&#244;pitaux, exasp&#233;r&#233;s par une baisse salariale de 15%, un allongement de la journ&#233;e de travail et surtout une recours agressif &#224; la sous-traitance qui a d&#233;j&#224; &#233;limin&#233; 4 000 postes, sortent seuls. Presque imm&#233;diatement, le gouvernement Campbell, pourtant aussi impopulaire que le gouvernement Charest peut l'&#234;tre, promulgue une loi de retour au travail avec convention collective r&#233;actionnaire &#224; l'avenant. Les infirmi&#232;res et infirmiers, qui respectaient les lignes, les franchissent. On voit mal comment le syndicat pourra d&#233;fier la loi &#224; moins d'un sursaut solidaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne suffit plus de soutiens d'appoint sous forme de grosses manifs occasionnelles comme l'ont fait les autres syndicats terre-neuviens durant la gr&#232;ve, ou m&#234;me de respect des lignes de piquetage. Il y a n&#233;cessit&#233; d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Cependant, comme l'a d&#233;montr&#233; par la n&#233;gative les &#034; Days of Action &#034; contre le gouvernement Harris, cette gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ne peut pas se limiter &#224; 24 heures m&#234;me ill&#233;gale et m&#234;me accompagn&#233;e de tr&#232;s grandes manifestations. Le gouvernement n'a qu'&#224; faire le dos rond. Il faut une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e, qui peut &#234;tre amorc&#233;e comme une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 24 heures reconductible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il la faut d'autant plus avec le priv&#233; que les n&#233;cessaires services essentiels, qui peuvent cependant &#234;tre d&#233;termin&#233;s syndicalement, limitent la port&#233;e d'une gr&#232;ve dans le secteur public, surtout dans la sant&#233;. Par contre, les gr&#232;ves dans le priv&#233; frappent directement les profits &#224; la racine. Un secteur n&#233;vralgique qui peut faire la jonction entre le public et le priv&#233;, quand l'opinion publique est au rendez-vous, est le transport public comme l'a montr&#233; l'exemple de la France au printemps 2003. Ce secteur, au Qu&#233;bec, est &#224; la fois tr&#232;s menac&#233; par les partenariats publics-priv&#233;s et tr&#232;s combatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la solidarit&#233; avec le priv&#233; se pose d&#232;s maintenant avec environ un millier de gr&#233;vistes dans ce secteur, particuli&#232;rement &#224; Montr&#233;al avec le conflit chez Urgel Bourgie qui se prolonge et celui du Ch&#226;teau Champlain. &#192; cause des caract&#233;ristiques de ces milieux de travail, ces conflits concernent sp&#233;cialement femmes, communaut&#233;s culturelles et groupes anti-pauvret&#233;. On voit tout le potentiel de jonction avec ces milieux. Organiser en priorit&#233; la solidarit&#233; pro-active pour obtenir une victoire ferait peut-&#234;tre davantage pour cheminer vers une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale que d'organiser de petites manifs de desperados contre les t&#233;nors du PLQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, on se demande pourquoi la direction de la FTQ a favoris&#233; un r&#232;glement rapide dans l'industrie de la construction et semble s'acheminer vers un r&#232;glement sans gr&#232;ve dans l'importante industrie des p&#226;tes et papiers ? Apr&#232;s la liquidation de l'occupation de l'ALCAN, on a l'impression d'une strat&#233;gie de concessions qui aura pour effet d'isoler le secteur public. Ce secteur, au contraire, s'enrichit du vote de gr&#232;ve &#224; 70% de L'Alliance de la fonction publique du Canada, un pourcentage &#233;lev&#233; pour ce syndicat. Peut-on esp&#233;rer au moins une coordination des mobilisations dans les secteurs publics qu&#233;b&#233;cois et f&#233;d&#233;ral (et ontarien ?) pour contrer l'effet n&#233;gatif Terre-Neuve et sans doute Colombie britannique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi pas ne pas combiner les points forts des mobilisations ontarienne, fran&#231;aise et terre-neuvienne, et les d&#233;passer, pour en faire une gr&#232;ve gagnante ? Par gagnant, entendons-le, il va de soi, au sens revendicatif. Osons avancer des revendications qui d&#233;bouchent sur une alternative comme par exemple un r&#233;investissement imm&#233;diat de 90 milliards $, dont 20 pour le Qu&#233;bec, dans les services publics et les programmes sociaux, soit le d&#233;ficit social annuel sacrifi&#233; au d&#233;ficit z&#233;ro et aux rabais d'imp&#244;t depuis 1993. Mais surtout comprenons le terme gagnant en termes strat&#233;giques, comme le renforcement du parti du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marc Bonhomme, 29 avril 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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