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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Le diktat de l'UE accept&#233; par le gouvernement grec est une d&#233;faite pour tous les travailleur.e.s d'Europe. Construisons la contre offensive !</title>
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		<dc:creator>Quatri&#232;me Internationale</dc:creator>


		<dc:subject>LaUne01</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;AVEC LE DIKTAT DE L'UE ACCEPTE PAR LE GOUVERNEMENT GREC, CE SONT TOUS LES TRAVAILLEUR-SE-S D'EUROPE QUI VIENNENT DE SUBIR UNE DEFAITE - EN GR&#200;CE ET DANS TOUTE L'EUROPE CONSTRUISONS LA CONTRE OFFENSIVE &lt;br class='autobr' /&gt; La signature par le gouvernement Tsipras de l'accord exig&#233; par la Tro&#239;ka et la mise en place d'un troisi&#232;me m&#233;morandum en Gr&#232;ce repr&#233;sentent une ind&#233;niable victoire pour les forces capitalistes en Europe. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette signature est le reniement du mandat donn&#233; par le peuple grec avec le NON (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH99/arton3314-e8a36.png?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='99' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;AVEC LE DIKTAT DE L'UE ACCEPTE PAR LE GOUVERNEMENT GREC, CE SONT TOUS LES TRAVAILLEUR-SE-S D'EUROPE QUI VIENNENT DE SUBIR UNE DEFAITE - EN GR&#200;CE ET DANS TOUTE L'EUROPE CONSTRUISONS LA CONTRE OFFENSIVE&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La signature par le gouvernement Tsipras de l'accord exig&#233; par la Tro&#239;ka et la mise en place d'un troisi&#232;me m&#233;morandum en Gr&#232;ce repr&#233;sentent une ind&#233;niable victoire pour les forces capitalistes en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette signature est le reniement du mandat donn&#233; par le peuple grec avec le NON massif recueilli lors du r&#233;f&#233;rendum du 5 juillet dernier. Lors de celui-ci, un vote de classe a, sans aucune ambigu&#239;t&#233; possible, rejet&#233; le projet d'accord exig&#233; par la Tro&#239;ka. A travers ce vote &#233;tait r&#233;affirm&#233; avec force le refus des politiques d'aust&#233;rit&#233; et de mis&#232;re qui avaient &#233;t&#233; celles des deux premiers m&#233;morandums mis en &#339;uvre par les partis conservateur et social-d&#233;mocrate, refus qui avait d&#233;j&#224; conduit &#224; la victoire de Syriza en janvier dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette volte-face a &#233;t&#233; manifeste d&#232;s le lendemain du r&#233;f&#233;rendum. Tsipras, pour suivre les exigences des n&#233;gociateurs de l'Eurogroupe, r&#233;digeait une d&#233;claration d'Union nationale avec les partis soumis &#224; la Tro&#239;ka (Nea Democratia, PASOK et To Potami) qui venaient d'&#234;tre d&#233;savou&#233;s dans les urnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accord accept&#233; quelques jours plus tard &#233;tait encore plus d&#233;vastateur pour la population grecque que celui qui avait &#233;t&#233; rejet&#233; le 5 juillet. L'Union europ&#233;enne, la BCE et les gouvernements conservateurs et sociaux-d&#233;mocrates europ&#233;ens ont impos&#233; un accord mettant en pi&#232;ce le reste de droits sociaux et instituant une r&#233;elle tutelle coloniale en enlevant toute souverainet&#233; de d&#233;cision aux institutions nationales grecques. La cr&#233;ation d'une agence de privatisation des biens publics grecs sous contr&#244;le direct des cr&#233;anciers amplifie vente &#224; la d&#233;coupe du patrimoine national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;sistance &#224; une telle capitulation s'est exprim&#233;e d&#232;s l'annonce du projet d'accord de la part de la Plate-forme de gauche de Syriza, d'une majorit&#233; de membres du CC, des autres forces de gauche engag&#233;es dans la bataille du NON -notamment les militants d'Antarsya, et avec de nombreuses r&#233;actions syndicales. La protestation s'est aussi &#233;lev&#233;e dans la rue, avec des manifestations violemment r&#233;prim&#233;es par le gouvernement, plusieurs militants se retrouvant frapp&#233;s, attaqu&#233;s par la police anti-&#233;meute, poursuivis et condamn&#233;s en justice simplement pour avoir exig&#233; le respect des d&#233;cisions populaires. Ces exactions polici&#232;res dignes de l'&#233;poque de Samaras ont re&#231;u le soutien de Tsipras et de son nouveau gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence de l'offensive men&#233;e par les dirigeants de l'Union europ&#233;enne est &#224; la mesure de l'enjeu : prouver, malgr&#233; les choix d&#233;mocratiques du peuple grec, qu'il n'existe au sein de l'Europe aucune alternative aux plans d'aust&#233;rit&#233; fix&#233;s par la classe dirigeante europ&#233;enne. Une chose est particuli&#232;rement claire d&#233;sormais, si elle ne l'&#233;tait pas d&#233;j&#224; auparavant : il est impossible aujourd'hui pour un gouvernement de la gauche radicale de s'opposer &#224; l'aust&#233;rit&#233; au sein de l'eurozone sans se pr&#233;parer &#224; sortir ou &#224; &#234;tre expuls&#233; de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En liant l'appartenance de la Gr&#232;ce &#224; l'espace de l'Union europ&#233;enne au respect de ces diktats, est remise en lumi&#232;re la vraie nature de cette Union : une construction antid&#233;mocratique, &#233;chappant au contr&#244;le populaire et n'ayant en aucun cas comme objectif une convergence vers le haut de la situation &#233;conomique et sociale des populations europ&#233;ennes. Son seul but, confirm&#233; par l'&#233;volution des &#233;conomies depuis 2002, est la mise sur pied d'un march&#233; et d'un support mon&#233;taire favorables aux &#233;conomies exportatrices des pays du Nord, se solidifiant par la d&#233;construction des droits sociaux acquis dans chaque espace national et par une aust&#233;rit&#233; sans fin. La stabilit&#233; mon&#233;taire a eu comme corollaire la d&#233;valuation salariale. La construction europ&#233;enne, corset&#233;e par les trait&#233;s de Maastricht et de Lisbonne, &#171; grav&#233;s dans le marbre &#187;, appara&#238;t comme un cadre ne pouvant &#234;tre contest&#233; par aucun choix populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perspective ouverte depuis janvier 2015 n'&#233;tait donc pas que le peuple grec d&#233;cide de s'isoler du reste des peuples d'Europe, mais bien que la remise en cause et la rupture avec les r&#232;gles de l'Union par le peuple grec soient le premier puissant coup de boutoir dans un &#233;difice qui ne pourra &#234;tre mis &#224; bas que par la mobilisation de l'ensemble des populations europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants capitalistes europ&#233;ens, conservateurs et sociaux-d&#233;mocrates n'ont jamais accept&#233; la mise en place d'un gouvernement ayant pour programme l'arr&#234;t des politiques d'aust&#233;rit&#233; et des m&#233;morandums. Syriza repr&#233;sentait une claire alternative aux politiques men&#233;es par la ND de Samaras et auparavant par le PASOK. Son programme &#233;lectoral exprimait clairement la volont&#233; de s'affronter aux diktats de la Tro&#239;ka. En cela, cette exp&#233;rience politique a repr&#233;sent&#233; une chance pour les travailleuses et les travailleurs, en Gr&#232;ce et dans toute l'Europe, de manifester la possibilit&#233; qu'un parti politique fond&#233; sur un programme anti-aust&#233;rit&#233; s'affirme avec force, s'impose face aux forces r&#233;actionnaires et engage une orientation rompant avec les exigences des capitalistes europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les mois qui viennent de se d&#233;rouler ont montr&#233; que pour r&#233;pondre &#224; un tel enjeu, il faut assumer un affrontement de classe au sein de la Gr&#232;ce et aussi avec la classe dirigeante europ&#233;enne, son proto-Etat et ses banques, en remettant en cause la dette ill&#233;gitime, les institutions et les Trait&#233;s de l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction Tsipras a voulu r&#233;aliser un pari impossible : mettre un terme aux politiques d'aust&#233;rit&#233; en Gr&#232;ce tout en se conformant aux r&#232;gles de l'Union europ&#233;enne et aux &#233;ch&#233;ances de remboursement de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En assumant les dettes contract&#233;es par les gouvernements pr&#233;c&#233;dents et en continuant les six derniers mois &#224; verser plus de 7 milliards d'euros &#224; la BCE et au FMI, en acceptant la perfusion du fonds d'assistance d'urgence (ELA), le gouvernement grec ne s'est pas d&#233;gag&#233; du n&#339;ud coulant nou&#233; autour du cou du peuple grec par la Tro&#239;ka. Pourtant l'audit demand&#233; par la Vouli a d&#233;montr&#233; le caract&#232;re odieux et ill&#233;gitime de cette dette et avait amen&#233; l'exigence par de nombreux d&#233;put&#233;s grecs de l'arr&#234;t imm&#233;diat du paiement de celle-ci. Tsipras refusait l'arr&#234;t du paiement de la dette, et refusait aussi de bloquer la fuite des capitaux et de nationaliser les banques et la banque centrale grecques, seuls moyens de prendre r&#233;ellement le contr&#244;le du syst&#232;me bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument avanc&#233; pour mener cette politique et accepter finalement une telle capitulation est que cette voie &#233;tait la seule permettant d'&#233;viter l'asphyxie des banques grecques et la banqueroute du pays, d'&#233;viter le Grexit. Tsipras affirmait qu'il n'existait aucune alternative &#224; un tel choix. Il a mis en avant en permanence ces derni&#232;res semaines, contre ses opposants de gauche, l'argument de la monnaie : refuser les diktats et la capitulation aurait, selon lui, pouss&#233; la Gr&#232;ce hors de la zone euro, voire de l'Union europ&#233;enne. Lors de la campagne l&#233;gislative, Syriza avait pourtant comme mot d'ordre &#171; aucun sacrifice au nom de l'euro &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'euro et les r&#232;gles de la BCE issues du Trait&#233; de Maastricht ont, avec la dette, &#233;taient utilis&#233;s comme deuxi&#232;me n&#339;ud coulant pour &#233;trangler le peuple grec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eviter le Grexit, mis en avant comme menace contre la Gr&#232;ce par l'ensemble des gouvernements europ&#233;ens, est devenu pour le gouvernement Tsipras le pr&#233;alable absolu, amenant &#224; mettre sous le boisseau toute politique offensive sur la question de la dette et la r&#233;alisation du programme anti-aust&#233;rit&#233; de Syriza. Le refus de la sortie de la zone euro est devenu un imp&#233;ratif cat&#233;gorique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, depuis plusieurs mois, et particuli&#232;rement lors de la campagne pour le NON au r&#233;f&#233;rendum, la gauche grecque et notamment la Plateforme de gauche dans Syriza, ont avanc&#233; de claires propositions pour une autre politique, une ligne d'affrontement et de rupture avec les dirigeants et les r&#232;gles de l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces choix alternatifs mettent en avant la prise de contr&#244;le social par la nationalisation de l'ensemble du syst&#232;me bancaire, la suspension unilat&#233;rale du remboursement de la dette, le blocage de l'&#233;vasion des capitaux, l'arr&#234;t des privatisations, l'application imm&#233;diate des mesures sociales pr&#233;vues par le programme de Thessalonique. C'est dans le cadre de leur r&#233;alisation qui impose un combat contre l'oligarchie grecque et ses privil&#232;ges que devait et que doit se pr&#233;parer un processus de rupture avec les institutions europ&#233;ennes et, vu les diktats de la Tro&#239;ka, la pr&#233;paration d'une sortie de la zone euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle politique conduite consciemment pourrait s'appuyer sur une mobilisation et un soutien massif dans le pays rendus possibles par la r&#233;alisation imm&#233;diate de mesures sociales en faveur des classes populaires. Poser le maintien dans la zone euro comme une fronti&#232;re infranchissable sert surtout de pr&#233;texte &#224; l'absence de mise en &#339;uvre des mesures &#233;conomiques et sociales d'urgence. En conclusion, les choix de Tsipras am&#232;nent &#224; l'assujettissement durable du peuple grec et &#224; une situation sociale bien plus dramatique que celle &#224; laquelle devrait s'affronter la population grecque en cas de sortie de la zone euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La page des affrontements n'est pas tourn&#233;e en Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plateforme de Gauche de Syriza va se battre dans les prochaines semaines pour que la Tro&#239;ka ne recueille pas une nouvelle victoire en r&#233;ussissant &#224; faire voler en &#233;clat ce parti et son exp&#233;rience accumul&#233;e. Et l'ensemble des anticapitalistes grecs, dans et hors de Syriza vont devoir trouver les chemins de la contre-offensive en prenant appui sur l'exp&#233;rience unitaire des comit&#233;s pour le OXI. Cela concerne tout d'abord les forces de Syriza qui s'opposent au cours mis en &#339;uvre par Tsipras et celles d'Antarsya. Cela concerne aussi les forces du mouvement syndical et de l'ensemble du mouvement social qui ont agi dans le m&#234;me sens. Le KKE, d&#232;s la mise en place du gouvernement en janvier, a sabot&#233; frontalement toute action commune des forces anti-aust&#233;rit&#233;. Les autres forces de la gauche grecque ne se r&#233;signent pas &#224; cette situation qui, aujourd'hui comme hier, repr&#233;sente un obstacle &#224; la mise en &#339;uvre d'un front unique face &#224; l'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'&#233;volution de la situation grecque interpelle toutes celle et tous ceux qui en Europe, veulent s'opposer aux forces capitalistes. Le signal est clair : il ne peut y avoir de vell&#233;it&#233;s &#224; remettre en cause les politiques d'aust&#233;rit&#233; que subissent les travailleurs sans affrontement, sans processus de rupture avec les institutions de l'Union europ&#233;enne, et avec la perspective d'une Europe au service des travailleurs et des peuples .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le respect du cadre fix&#233; par les trait&#233;s, l'espoir de pouvoir n&#233;gocier un accord raisonnable avec les institutions sont synonymes de soumission aux exigences de la BCE et de la Commission. Il ne peut pas y avoir d'illusion sur des marges d'accords &#224; ce niveau s'appuyant sur un &#233;ventuel soutien des partis sociaux-d&#233;mocrates, ou du moins leur prise de distance avec les orientations les plus r&#233;actionnaires. Les derni&#232;res semaines ont montr&#233; que les dirigeants sociaux-d&#233;mocrates bafouaient tout autant que leurs coll&#232;gues conservateurs les choix du peuple grec. L'ensemble de ces forces politiques ont fait chorus. Pire, la direction officielle du mouvement syndical europ&#233;en, la CES s'est elle aussi rang&#233;e au c&#244;t&#233; des &#171; cr&#233;anciers &#187; de la Gr&#232;ce, sans &#234;tre d&#233;savou&#233;e par une voix alternative en son sein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience grecque interpelle en premier lieu la gauche dans l'Etat espagnol, o&#249; la mont&#233;e en puissance de Podemos a &#233;t&#233; parall&#232;le et stimul&#233;e par celle de Syriza. Mais elle interpelle aussi l'ensemble du mouvement ouvrier europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun comprend que l'agenda des capitalistes en Europe programme davantage d'aust&#233;rit&#233;, moins d'emplois, moins de salaire, moins de droits sociaux. Il est vital que l'&#233;chec de la phase qui vient de se conclure en Gr&#232;ce ne se traduise pas par l'abandon de toute perspective politique de remise en cause radicale des politiques d'aust&#233;rit&#233;, par un refus de pr&#244;ner la suspension de paiement et l'annulation de la dette ill&#233;gitime, par une &#171; real politik &#187; &#233;vitant l'obstacle. Cela ne laisserait comme seule alternative aux politiques conservatrices et sociale-d&#233;mocrates actuelles que les solutions nationalistes, chauvines d'extr&#234;me-droite tout autant d&#233;vastatrices pour les droits sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bafouer les choix d&#233;mocratiques du peuple grec, la BCE et l'Eurogroupe se sont eux-m&#234;mes &#233;rig&#233;s en gouvernement europ&#233;en en pr&#233;tendant agir sur mandat des peuples. Ils n'ont fait que manifester davantage l'absence totale de l&#233;gitimit&#233; et de d&#233;mocratie des institutions europ&#233;ennes. Devant ce coup de force patent, certains comme Jacques Delors ou Fran&#231;ois Hollande, voudraient cr&#233;er un gouvernement ou un Parlement de la zone euro, repl&#226;trage d'autant plus d&#233;risoire que les institutions existantes de l'Union sont, par les Trait&#233;s, d&#233;j&#224; celles li&#233;es &#224; cette monnaie. Les semaines qui viennent de s'&#233;couler ont confirm&#233; que cet &#233;difice antid&#233;mocratique et vou&#233; aux seuls int&#233;r&#234;ts des classes dirigeantes europ&#233;ennes devra &#234;tre mis &#224; bas pour imposer la souverainet&#233; populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y aura pas de programme anti-aust&#233;rit&#233; sans mise en &#339;uvre d'une orientation de mobilisation populaire, d'affrontement et de rupture avec ces institutions et les r&#232;gles de l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit le rapport de forces impos&#233; par les peuples permet l'application d'une telle politique en changeant totalement les r&#232;gles de l'euro, soit il faut pr&#233;parer une sortie de l'eurozone. Les derni&#232;res semaines viennent de montrer qu'un pan indispensable d'une telle politique dans les pays de l'Union europ&#233;enne est la mise sur pied d'une action conjugu&#233;e, internationale, se fixant des objectifs communs. Le peuple grec est rest&#233; tragiquement seul ces derniers mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il revient aux anticapitalistes europ&#233;ens de se hisser &#224; la hauteur des enjeux pour que les prochains affrontements sociaux construisent le rapport de force permettant de briser les obstacles et que le mouvement ouvrier europ&#233;en, politique, syndical et social, tisse les liens permettant la mise sur pied d'une offensive europ&#233;enne contre l'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Bureau de la Quatri&#232;me Internationale, 12 ao&#251;t 2015&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le 25 janvier, un tournant pour la Gr&#232;ce et l'Europe ! &#8211; &#171; Le peuple grec ne doit pas rester isol&#233; &#187;</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Le-25-janvier-un-tournant-pour-la-Grece-et-l-Europe-Le-peuple-grec-ne-doit-pas</link>
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		<dc:date>2015-01-11T17:03:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Secr&#233;tariat du Bureau ex&#233;cutif de la IVe Internationale</dc:creator>


		<dc:subject>LaUne01</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#8226; Les prochaines semaines seront d&#233;cisives en Gr&#232;ce et en Europe. En arri&#232;re-fond de la bataille &#233;lectorale du 25 janvier 2015 se joue un conflit entre les classes fondamentales de la soci&#233;t&#233; grecque, y compris avec une dimension europ&#233;enne. C'est un fait. Si se confirme une d&#233;faite d'ampleur des partis de droite et une victoire de Syriza, lors des prochaines &#233;lections l&#233;gislatives, la lutte contre les politiques d'aust&#233;rit&#233; pourrait basculer du c&#244;t&#233; des peuples. Cela d'autant plus qu'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#8226; Les prochaines semaines seront d&#233;cisives en Gr&#232;ce et en Europe. En arri&#232;re-fond de la bataille &#233;lectorale du 25 janvier 2015 se joue un conflit entre les classes fondamentales de la soci&#233;t&#233; grecque, y compris avec une dimension europ&#233;enne. C'est un fait. Si se confirme une d&#233;faite d'ampleur des partis de droite et une victoire de Syriza, lors des prochaines &#233;lections l&#233;gislatives, la lutte contre les politiques d'aust&#233;rit&#233; pourrait basculer du c&#244;t&#233; des peuples. Cela d'autant plus qu'est insistante la campagne des gouvernements de l'UE et des commissaires en faveur de Samaras. Les sondages donnent Syriza en t&#234;te avec 28 % des voix. Pour obtenir une majorit&#233; absolue, &#224; elle seule, un vote aux alentours de 35 % est n&#233;cessaire. Tout peut d&#233;pendre des r&#233;sultats des petites listes qui, si elles n'obtiennent pas 3% de votes, ne seront pas repr&#233;sent&#233;es au Parlement.. Bien s&#251;r, une victoire &#233;lectorale de la gauche grecque ne suffira pas, mais cela montrera qu'on peut commencer &#224; bloquer les politiques d'aust&#233;rit&#233; et &#224; inverser le cours des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 janvier 2015&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est un des maillons faibles de la cha&#238;ne des politiques d'aust&#233;rit&#233; qui peut craquer.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Gr&#232;ce a &#233;t&#233; un des pays o&#249; les attaques capitalistes n&#233;o-lib&#233;rales se sont appliqu&#233;es avec le plus de brutalit&#233; : le revenu moyen disponible a chut&#233; de 35% entre 2009 et 2013, le ch&#244;mage d&#233;passe les 28 % &#8211; et plus de 50% parmi les jeunes de 15 &#224; 24 ans &#8211;, les services publics sont d&#233;truits, les salari&#233;s mais aussi des secteurs de la petite bourgeoisie ont &#233;t&#233; terriblement appauvris. Voil&#224; les cons&#233;quences des &#171; m&#233;morendums &#187; impos&#233;s par la tro&#239;ka (FMI, BCE, UE) qui ont conduit &#224; une v&#233;ritable r&#233;gression des conditions de vie de millions de Grecs. Le pays a &#233;t&#233; saign&#233;, avec la complicit&#233; active des classes dominantes &#8211; et de leurs repr&#233;sentants politiques, de la Nouvelle D&#233;mocratie (ND) au PASOK &#8211; qui se sont appropri&#233;s non seulement la richesse produite par les masses laborieuses de Gr&#232;ce (autochtones et immigr&#233;.e.s), mais aussi les milliards d'euros recycl&#233;s durant des ann&#233;es par l'UE sous forme &#171; d'aide structurelle &#187; aux propri&#233;taires de cette Gr&#232;ce. Dans tout ce d&#233;cha&#238;nement r&#233;actionnaire, la place g&#233;ostrat&#233;gique de la Gr&#232;ce dans le dispositif de l'OTAN y est pour beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; C'est le rejet, par la soci&#233;t&#233; grecque, de cette politique barbare qui a d&#233;bouch&#233; sur la crise politique actuelle. C'est un des facteurs cl&#233;s qui a emp&#234;ch&#233; le gouvernement de Samaras de rallier une majorit&#233; de 180 membres au parlement pour &#233;lire un nouveau pr&#233;sident de la R&#233;publique, ex-commissaire de l'UE (Stavros Dimas). Mais la sp&#233;cificit&#233; de la crise grecque, c'est le r&#244;le central qu'occupe Syriza, face &#224; la droite, l'extr&#234;me droite et la social-d&#233;mocratie repr&#233;sent&#233;e par le vice-pr&#233;sident Evang&#233;los V&#233;niz&#233;los. Alors que dans une s&#233;rie de pays d'Europe, c'est la droite ultra et l'extr&#234;me droite qui profitent de la crise, ce n'est pas le cas, en Gr&#232;ce, avec Syriza et dans l'&#201;tat espagnol avec Podemos, o&#249; ces forces polarisent &#224; une &#233;chelle de masse la volont&#233; de r&#233;sister aux politiques d'aust&#233;rit&#233;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, on ne peut comprendre la &#171; dynamique &#187; Syriza sans prendre en compte, la profondeur destructrice de la crise &#233;conomique accompagn&#233;e de l'effondrement d'un des piliers du syst&#232;me politique grec traditionnel : le Pasok &#8211; mouvement socialiste grec &#8211;, la crise historique de la droite, le recul du KKE (PC) qui est pass&#233; de 13,1 % des voix en 1989 &#224; 4,5% en juin 2012. Un KKE ultra-sectaire, qui officiellement, n'h&#233;sita pas &#224; affirmer en juin 2014 : &#171; ces derni&#232;res ann&#233;es, Syriza a fait un effort syst&#233;matique pour sauver le capitalisme devant les yeux des travailleurs &#187;. Cette mutation de l'&#233;chiquier politique est surtout la r&#233;sultante de la r&#233;sistance sociale aux attaques des classes dominantes et de l'Union europ&#233;enne. Pr&#232;s de 30 journ&#233;es de gr&#232;ve nationale sans compter les luttes partielles dans un grand nombre de secteurs ont scand&#233; les rythmes de la situation sociale et politique du pays, ces derni&#232;res ann&#233;es et ces derniers mois. Les diff&#233;rentes composantes de Syriza, leurs membres dans les syndicats &#8211; en relation, souvent, avec des militants de la coalition Antarsya &#8211;, le mouvement &#233;tudiant, etc. sont les vecteurs de ces mobilisations. En outre, les initiatives contre les n&#233;onazis (Aube dor&#233;e qui s'est affirm&#233;e avec force) ainsi qu'en d&#233;fense des droits des immigr&#233;.e.s et r&#233;fugi&#233;.e.s ont sans cesse &#233;t&#233; li&#233;es &#224; la bataille contre les implacables mesures d'aust&#233;rit&#233; et la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La gauche radicale grecque est le produit de l'accumulation de toute cette exp&#233;rience sociale et politique. Sa victoire est possible, mais rien n'est jou&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; D'abord, parce que la droite n'a pas dit son dernier mot. La droite grecque reste forte avec une base sociale et politique. Nouvelle D&#233;mocratie est une formation ultra-r&#233;actionnaire. Elle int&#232;gre en son sein des &#233;l&#233;ments semi-fascistes provenant de Laos, force d'extr&#234;me droite. Elle a des liens coupables avec les n&#233;onazis d'Aube dor&#233;e et des secteurs de l'appareil d'&#201;tat militaire et policier. M&#234;me si ce n'est pas une menace imm&#233;diate, le spectre du coup d'&#201;tat militaire continue &#224; hanter les arri&#232;re-cours de la vie politique grecque. Il faut aussi compter avec une presse qui se d&#233;cha&#238;ne contre la gauche, les travailleurs, les immigr&#233;s. Enfin, n'oublions pas que cette droite peut b&#233;n&#233;ficier de l'appui total de l'essentiel du patronat grec, des bourgeoisies europ&#233;ennes et de la tro&#239;ka. Son choix c'est la confrontation directe contre Syriza et la gauche grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le danger pour les classes dominantes europ&#233;ennes est, aujourd'hui, surtout politique. Leur objectif : infliger une nouvelle d&#233;faite au peuple grec. La crise grecque peut avoir des cons&#233;quences &#233;conomiques sur la situation de l'Europe dans la tourmente financi&#232;re, mon&#233;taire et bancaire, mais le &#171; risque &#187; le plus important, c'est la contagion sociale et politique. La Gr&#232;ce a une place strat&#233;gique dans tout le dispositif militaire de l'OTAN, et une crise ouverte en Gr&#232;ce aura des cons&#233;quences sur le plan des rapports de forces internationaux. Une d&#233;faite des politiques d'aust&#233;rit&#233; peut redonner confiance aux millions de travailleurs qui ont &#233;t&#233; durement &#233;prouv&#233;s ces derni&#232;res ann&#233;es. Il est donc d&#233;cisif pour les dirigeants europ&#233;ens de tout faire pour que l'exp&#233;rience &#233;choue. Cette d&#233;termination populaire conduit certaines fractions bourgeoises et des &#233;lites europ&#233;ennes &#224; indiquer la possibilit&#233; de n&#233;gociation avec un nouveau gouvernement grec. C'est dans ce cadre que les dirigeants de l'UE pourront utiliser ce qui reste de la gauche traditionnelle lib&#233;rale ou sociale lib&#233;rale : les restes du Pasok, le mouvement des socialistes de Papandr&#233;ou, ou les restes de Dimar (gauche d&#233;mocratique), en particulier si la direction de Syriza s'engage dans la formation d'un gouvernement de coalition qui recherche un accord avec les dirigeants de l'UE. Les puissants d'Europe combineront confrontations et man&#339;uvres, affrontements et pressions pour imposer une politique, en continuit&#233; avec le gouvernement actuel, en esp&#233;rant faire capituler la direction de Syriza et donc conduire &#224; la catastrophe. Ce que certains appellent d&#233;j&#224; &#171; la parenth&#232;se de Syriza &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Beaucoup de choses se jouent aujourd'hui au sein d'une Syriza &#224; la crois&#233;e des chemins. Le &#171; bureau pr&#233;sidentiel &#187; et Alexis Tsipras &#8211; la direction de Syriza &#8211; multiplient les d&#233;clarations contradictoires : rejeter les &#171; m&#233;morendums &#187; de la tro&#239;ka, arr&#234;ter de payer les int&#233;r&#234;ts de la dette, et suppression d'une grande partie de cette dette, mais en m&#234;me temps rechercher un accord avec les dirigeants de l'Union europ&#233;enne qui, pour continuer leurs pr&#234;ts, exigent l'application des politiques budg&#233;taires, la baisse du niveau de vie du peuple grec et la destruction des services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; cette &#233;tape, ce qui domine la campagne de Syriza, ce sont les engagements du programme de Thessalonique&lt;/strong&gt; : ramener les salaires et les retraites &#224; leur niveau d'avant la crise ; retour aux conventions collectives d'avant crise ; retour &#224; un seuil minimum de revenu imposable &#224; 12 000 euros ; suppression des taxes sur le fioul de chauffage. Ces mesures, si elles sont appliqu&#233;es, auront une signification pour le peuple grec et au-del&#224; en Europe : l'aust&#233;rit&#233; peut &#234;tre bloqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi ce double discours va vite se heurter &#224; la politique des classes dominantes, en Gr&#232;ce et en Europe : soit on accepte les diktats de l'UE, et l'exp&#233;rience sera d&#233;faite, soit on reste fid&#232;le au cap de la lutte contre l'aust&#233;rit&#233;, en appelant &#224; la mobilisation, et il y a la possibilit&#233; d'un rebond social. Il sera difficile d'&#233;chapper &#224; cette alternative. &#171; Pas un seul pas en arri&#232;re &#187;, c'est le mot d'ordre des camarades de la &#171; plateforme de gauche &#187; de Syriza. Et c'est ce qui est ressenti fortement par les couches actives de l'&#233;lectorat de Syriza et des masses de jeunes, de ch&#244;meurs, de militants syndicaux d'Adedy (secteur public) ou du GSEE (secteur priv&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour obtenir que le mot d'ordre &#171; Pas un pas en arri&#232;re &#187; se concr&#233;tise avec plus de force, il doit prendre appui sur une politique unitaire, de l'ensemble de la gauche grecque, de Syriza mais aussi du KKE et d'Antarsya. Au sein m&#234;me du KKE, les doutes se multiplient sur l'orientation ultra-sectaire de la direction. Quant &#224; Antarsya, elle est divis&#233;e sur l'opportunit&#233; d'une alliance avec un courant &#171; national communiste &#187; &#8211; le plan B d'Alavanos. La gauche grecque, Syriza et Antarsya ont une responsabilit&#233; particuli&#232;re dans la construction d'un projet unitaire, qui d&#233;passe ces organisations, mais peut rassembler des syndicalistes, des associatifs, des &#233;cologistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces choix politiques seront d'autant plus d&#233;cisifs que la situation sociale est contradictoire. Le d&#233;clin des mobilisations sociales, depuis 2013, traduit une fatigue, le manque de r&#233;sultats concrets, les pr&#233;occupations propres aux n&#233;cessit&#233;s pour faire face &#224; une pr&#233;carit&#233; envahissante. Il en d&#233;coule, d&#232;s lors, non pas un recul de la politisation, mais un transfert des espoirs de changements, de blocage de l'avalanche quotidienne de contre-r&#233;formes, vers un changement de gouvernement qu'incarne Syriza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8226; L'enjeu est clair, d&#233;cisif : il faut battre la droite et l'extr&#234;me droite grecque&lt;/strong&gt; et tout faire pour que la gauche grecque, dont Syriza est la principale composante, gagne ces &#233;lections, afin de cr&#233;er une dynamique sociale et politique pour un gouvernement de gauche, qui doit s'efforcer de r&#233;unir toutes les forces pr&#234;tes &#224; rompre avec la politique d'aust&#233;rit&#233; et lutter contre les pi&#232;ges du nationalisme chauvin. Ce gouvernement doit &#234;tre un gouvernement des gauches et non un gouvernement d'union nationale qui pr&#233;pare la conciliation avec les classes dominantes et l'UE. Le rejet des m&#233;morendums, des diktats budg&#233;taires de l'UE, du non-remboursement de la plus grande partie de la dette, premi&#232;res mesures d'un gouvernement anti-aust&#233;rit&#233;, sont les questions o&#249; va se jouer la confrontation avec l'UE, mais elles ne pourront se consolider sans une politique qui d&#232;s le d&#233;part casse toutes les attaques antisociales impos&#233;es au peuple grec depuis quatre ans dans le domaine des salaires, de la sant&#233;, du droit au travail et au logement, qui commence &#224; prendre des mesures anticapitalistes, d'incursion dans la propri&#233;t&#233; capitaliste, nationalisation des banques, et de certains secteurs cl&#233;s de l'&#233;conomie, r&#233;organisation de l'&#233;conomie pour satisfaire les besoins sociaux &#233;l&#233;mentaires. Pour imposer ces solutions, la mobilisation sociale, le contr&#244;le des travailleurs sur leurs propres affaires, l'auto-organisation et l'autogestion sociale sont indispensables. Enfin la conqu&#234;te du gouvernement, dans un cadre parlementaire, dans des circonstances exceptionnelles peut &#234;tre un premier pas dans la voie d'une rupture anticapitaliste mais, l&#224; aussi, celle-ci ne peut se confirmer que si un gouvernement anti-aust&#233;rit&#233; cr&#233;e les conditions pour un nouveau pouvoir s'appuyant sur des assembl&#233;es populaires, dans les entreprises, les quartiers et les villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une bataille d&#233;cisive s'engage en Gr&#232;ce, mais tous les peuples d'Europe sont concern&#233;s. Le peuple grec ne doit pas rester isol&#233;. La lutte pour mettre fin &#224; l'aust&#233;rit&#233; peut commencer en Gr&#232;ce mais elle ne pourra se d&#233;velopper qu'avec les mobilisations de grandes forces du mouvement ouvrier dans toute l'Europe. Il faut emp&#234;cher les gouvernements de l'Union europ&#233;enne de continuer &#224; imposer leurs diktats, refuser toute ing&#233;rence, tout chantage. C'est au peuple de d&#233;cider de ses propres affaires. Il faut, avec les associations, le mouvement syndical et toutes les organisations, dresser, dans tous les pays europ&#233;ens, un mur de solidarit&#233; avec le peuple grec, contre les politiques de la droite et de la tro&#239;ka. C'est aussi la t&#226;che des r&#233;volutionnaires de renforcer leurs liens avec la gauche r&#233;volutionnaire grecque pour favoriser les convergences et les avanc&#233;es unitaires. C'est notre responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Secr&#233;tariat du Bureau ex&#233;cutif de la IVe Internationale&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Deux appels de solidarit&#233; contre la r&#233;pression politique en Russie</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Deux-appels-de-solidarite-contre-la-repression-politique-en-Russie</link>
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		<dc:date>2012-11-28T14:11:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Action autonome (Russie), Front de gauche (Russie), Mouvement socialiste de Russie</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;pression</dc:subject>
		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; internationale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis la manifestation du 6 mai 2012, o&#249; le nouveau mouvement de protestation a d&#233;montr&#233; toute sa puissance, une vague de r&#233;pression sans pr&#233;c&#233;dent s'abat sur les forces de gauche de Russie. Sans aucune preuves, des dizaines de militants sont menac&#233;s, arr&#234;t&#233;s et certains tortur&#233;s dans le cadre de la pr&#233;paration de nouveaux &#171; proc&#232;s de Moscou &#187;. Les organisations de gauche appellent &#224; la solidarit&#233; internationale. &lt;br class='autobr' /&gt; APPEL &#192; DES JOURN&#201;ES INTERNATIONALES DE SOLIDARIT&#201; CONTRE LA R&#201;PRESSION (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Repression-+" rel="tag"&gt;R&#233;pression&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Russie-107-+" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Solidarite-internationale-+" rel="tag"&gt;Solidarit&#233; internationale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L100xH150/arton3298-adec8.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis la manifestation du 6 mai 2012, o&#249; le nouveau mouvement de protestation a d&#233;montr&#233; toute sa puissance, une vague de r&#233;pression sans pr&#233;c&#233;dent s'abat sur les forces de gauche de Russie. Sans aucune preuves, des dizaines de militants sont menac&#233;s, arr&#234;t&#233;s et certains tortur&#233;s dans le cadre de la pr&#233;paration de nouveaux &#171; proc&#232;s de Moscou &#187;. Les organisations de gauche appellent &#224; la solidarit&#233; internationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;APPEL &#192; DES JOURN&#201;ES INTERNATIONALES DE SOLIDARIT&#201; CONTRE LA R&#201;PRESSION POLITIQUE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis la manifestation du 6 mai 2012, o&#249; le nouveau mouvement de protestation a d&#233;montr&#233; toute sa puissance, une vague de r&#233;pression sans pr&#233;c&#233;dent s'abat sur les forces de gauche de Russie. Sans aucune preuves, des dizaines de militants sont menac&#233;s, arr&#234;t&#233;s et certains tortur&#233;s dans le cadre de la pr&#233;paration de nouveaux &#171; proc&#232;s de Moscou &#187;. Les organisations de gauche appellent &#224; la solidarit&#233; internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, nous, repr&#233;sentants des organisations de gauche de Russie, adressons un appel &#224; la solidarit&#233; internationale &#224; nos compagnons de lutte du monde entier. Cette demande et votre r&#233;ponse sont tr&#232;s importantes &#224; nos yeux. Il ne s'agit pas d'un &#233;ni&#232;me cas de condamnation d'innocents par la &#171; justice &#187; punitive de la F&#233;d&#233;ration de Russie ou d'une nouvelle vie humaine bris&#233;e par l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui nous faisons face &#224; une campagne de r&#233;pression sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire r&#233;cente de la Russie, dont l'objectif est de saper la gauche russe en tant que force organis&#233;e. La strat&#233;gie du pouvoir allie arrestations, menaces, passages &#224; tabac, usage agressif des m&#233;dias ainsi que l'interdiction imminente de groupes politiques entiers. Cette strat&#233;gie est d&#233;sormais beaucoup plus ferme et beaucoup moins pr&#233;visible que tout ce que nous avons vu auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement de contestation de masse qui s'est lanc&#233; en d&#233;cembre 2011 a radicalement bouscul&#233; la tradition de passivit&#233; politique et sociale qui pr&#233;valait pendant les ann&#233;es Poutine. Des dizaines de milliers de jeunes et de moins jeunes, des employ&#233;s de bureau et des salari&#233;s de l'&#201;tat, ont commenc&#233; &#224; descendre dans les rues et &#224; exiger des changements. Le 10 et le 24 d&#233;cembre 2011, puis le 4 f&#233;vrier 2012, Moscou, Petersburg et d'autres grandes villes sont devenus des lieux de rassemblements massifs, d&#233;montrant un nouveau niveau de politisation d'une importante partie de la soci&#233;t&#233;. Le mod&#232;le de &#171; d&#233;mocratie dirig&#233;e &#187; con&#231;u par l'&#233;lite dirigeant le pays depuis de nombreuses ann&#233;es a fait faillite en quelques jours. Les manipulations politiques ont cess&#233; de fonctionner face &#224; la politique r&#233;elle, n&#233;e d'en bas. Le mouvement, dont les premi&#232;res demandes &#233;taient limit&#233;es &#224; l'exigence &#171; d'&#233;lections honn&#234;tes &#187; est rapidement devenu une protestation contre le syst&#232;me politique dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'&#233;lection pr&#233;sidentielle du 4 mars 2012 lor de laquelle Vladimir Poutine &#8212; utilisant une combinaison de pression administrative massive sur les &#233;lecteurs, de falsification de votes et de rh&#233;torique populiste mensong&#232;re &#8212; s'est assur&#233; un nouveau mandat, nombreux &#233;taient ceux qui pensaient que le potentiel des mobilisations &#233;tait &#233;puis&#233;. Les espoirs na&#239;fs de milliers d'opposants, observateurs volontaires du scrutin voulant ainsi emp&#234;cher la fraude &#233;lectorale, ont &#233;t&#233; pi&#233;tin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La manifestation suivante, dans le succ&#232;s de laquelle peu croyaient, &#233;tait pr&#233;vue dans le centre de Moscou le 6 mai, &#224; la veille de l'inauguration du troisi&#232;me mandat pr&#233;sidentiel de Poutine. Malgr&#233; les pr&#233;dictions des sceptiques, plus de 60.000 personnes y ont pris part. Lorsque la marche approchait de la place o&#249; le rassemblement devait avoir lieu, la police a organis&#233; une provocation, bloquant l'acc&#232;s. Tous ceux qui avaient tent&#233; de contourner le cordon policier ont &#233;t&#233; frapp&#233;s et arr&#234;t&#233;s. La violence polici&#232;re sans pr&#233;c&#233;dent a provoqu&#233; la r&#233;sistance de certains manifestants, qui ont refus&#233; de quitter la place avant la lib&#233;ration des emprisonn&#233;s. La confrontation du 6 mai a dur&#233; quelques heures. 650 personnes furent arr&#234;t&#233;es, dont certaines ont pass&#233; la nuit en prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, le d&#233;fil&#233; inaugural motoris&#233; de Poutine a parcouru une ville vide. La police avait nettoy&#233; Moscou des manifestants et de tous les pi&#233;tons. Le nouveau mouvement de protestation avait d&#233;montr&#233; sa puissance et un nouveau degr&#233; de radicalisation. Les &#233;v&#233;nements du 6 mai ont impuls&#233; le mouvement &#171; Occupy &#187; &#224; Moscou. Celui-ci a occup&#233; le centre-ville pendant tout le mois de mai et des milliers de jeunes gens y ont pris part. A ce moment, les organisations de gauche, qui se trouvaient plut&#244;t en p&#233;riph&#233;rie des intervenants lib&#233;raux reconnus jusqu'alors, ont commenc&#233; &#224; jouer un r&#244;le de plus en plus central dans le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements de mai ont donn&#233; un signal fort aux autorit&#233;s : le mouvement a d&#233;finitivement d&#233;pass&#233; les limites de l'acceptable, les &#233;lections sont derri&#232;re nous et le moment est venu de montrer les dents. Presqu'instantan&#233;ment l'affaire des &#171; troubles massifs de l'ordre public &#187; a &#233;t&#233; lanc&#233;e et la premi&#232;re arrestation a eu lieu le 27 mai. &lt;strong&gt;Aleksandra Doukhanina&lt;/strong&gt;, une anarchiste de 18 ans, a &#233;t&#233; accus&#233;e d'avoir particip&#233; aux d&#233;sordres et d'avoir recouru &#224; la force contre des policiers. Les jours suivants les arrestations se sont succ&#233;d&#233;es. Cette fois les personnes arr&#234;t&#233;es &#233;taient aussi bien des militants politiques (principalement de gauche) que des citoyens ordinaires pour lesquels la manifestation du 6 mai &#233;tait la premi&#232;re exp&#233;rience politique de leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure actuelle, 19 personnes sont inculp&#233;es, 12 parmi elles sont en d&#233;tention pr&#233;ventive. Voici les histoires de certaines d'entre elles :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Vladimir Akimenkov&lt;/strong&gt;, 25 ans, communiste, activiste du Front de gauche, a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; le 10 juin et restera en prison jusqu'au 6 mars de l'ann&#233;e prochaine, quand la cour d&#233;cidera de son sort. Vladimir a une mauvaise vue depuis sa naissance et cette situation a drastiquement empir&#233; depuis qu'il est en prison. &#192; l'heure actuelle, l'un de ses yeux ne voit plus qu'&#224; 10 % et l'autre &#224; 20 %. Cependant, pour la cour cela ne constitue pas une base suffisante pour changer sa peine de prison contre un engagement &#224; ne pas quitter le territoire de la ville. Lors de leur derni&#232;re s&#233;ance, les juges ont cyniquement estim&#233; qu'une telle condescendance n'aurait &#233;t&#233; imaginable qu'en cas de c&#233;cit&#233; totale. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Mikhail Kosenko&lt;/strong&gt;, 36 ans, non membre d'un parti, a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; le 8 juin. Souffrant de d&#233;sordres psychiques, il a demand&#233; &#224; changer sa peine de prison contre une assignation &#224; r&#233;sidence. Cependant, l'enqu&#234;te l'a reconnu comme &#171; dangereux pour la soci&#233;t&#233; &#187; et s'appr&#234;te &#224; l'envoyer en traitement forc&#233;. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Stepan Zimin&lt;/strong&gt;, 20 ans, anarchiste et antifasciste, a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; le 8 juin et restera en prison jusqu'au 6 mars, apr&#232;s quoi sa d&#233;tention peut &#234;tre reconduite. Stepan subvient aux besoins de sa m&#232;re c&#233;libataire mais cela n'a pas constitu&#233; une raison suffisante pour le lib&#233;rer sous ordre de ne pas quitter le territoire de la ville. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Nikola&#239; Kavkazskii&lt;/strong&gt;, 26 ans, socialiste, d&#233;fenseur des droits de l'homme et activiste LGBT, a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; le 25 juillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enqu&#234;teurs ne disposent d'aucune preuve cr&#233;dible pour &#233;tablir la culpabilit&#233; des accus&#233;s. Cependant ils restent en prison et le nombre de nouveaux suspects ne cesse de cro&#238;tre. Le dernier figurant dans les &#171; &#233;v&#233;nements du 6 mai &#187; est le chercheur et activiste lib&#233;ral Sergue&#239; Krivov, 51 ans, arr&#234;t&#233; le 18 octobre. Et il y a des raisons de penser qu'il ne sera pas le dernier&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arrestation de pr&#232;s d'une vingtaine de participants aux manifestations devait semer la peur dans le mouvement. L'enqu&#234;te dirig&#233;e contre &#171; les organisateurs des troubles massifs de l'ordre public &#187;, elle, vise &#224; frapper un grand coup dans ses leaders reconnus. Selon les termes de l'enqu&#234;te, ces &#171; troubles &#187; sont le r&#233;sultat d'un &#171; complot &#187; et toutes les personnes arr&#234;t&#233;es avaient re&#231;u des t&#226;ches bien pr&#233;cises. Ainsi, ce n'est pas seulement d'arrestations en s&#233;rie dont il s'agit, mais bien de la pr&#233;paration d'un proc&#232;s politique de grande ampleur contre l'opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 octobre, NTV &#8212; l'une des principales cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision russe &#8212; a diffus&#233; un film du genre &#171; documentaire d'investigation &#187; qui r&#233;v&#233;lait des fantastiques charges contre l'opposition et, en particulier, contre le plus c&#233;l&#232;bre repr&#233;sentant de la gauche, &lt;strong&gt;Serguei Oudaltsov&lt;/strong&gt;. Ce montage, dans la tradition de la propagande de Goebbels, informe des liens d'Oudaltsov avec les services de renseignement &#233;trangers et les activit&#233;s du Front de gauche qu'il dirige y sont pr&#233;sent&#233;es comme un complot organis&#233; par les ennemis &#233;trangers de l'&#201;tat. En guise de preuve d&#233;cisive le film mettait en sc&#232;ne dans un montage vulgaire les activistes de gauche Sergue&#239; Oudaltsov, le militant du Front de gauche L&#233;onid Razvojaev, Konstantin Lebedev, membre du Mouvement socialiste de Russie, et un des principaux conseillers du pr&#233;sident de G&#233;orgie, Givi Targamadze. En particulier ils parlent d'argent fourni par les G&#233;orgiens pour &#171; d&#233;stabiliser &#187; la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le fait que les visages sur l'enregistrement vid&#233;o soient pratiquement indiscernables et que le son a &#233;t&#233; &#224; l'&#233;vidence &#233;dit&#233; s&#233;par&#233;ment et rajout&#233; &#224; la vid&#233;o, il a suffit de deux jours pour le Comit&#233; d'investigation du Procureur g&#233;n&#233;ral (l'agence qui joue actuellement un r&#244;le de premier plan dans la r&#233;pression) pour entamer une proc&#233;dure p&#233;nale. Le 17 octobre &lt;strong&gt;Konstantin Lebedev&lt;/strong&gt; a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; et Serguei Oudaltsov lib&#233;r&#233; apr&#232;s avoir &#233;t&#233; interrog&#233; et apr&#232;s s'&#234;tre engag&#233; &#224; ne pas quitter Moscou. Le 19 octobre, un troisi&#232;me participant &#224; cette nouvelle &#171; affaire &#187;, le militant du Front de gauche Leonid Razvojaev, a tent&#233; de demander le statut de r&#233;fugi&#233; politique &#224; la d&#233;l&#233;gation ukrainienne de l'ONU. D&#232;s qu'il est sorti de l'immeuble de la d&#233;l&#233;gation, des inconnus l'ont violemment jet&#233; dans une voiture et l'ont ill&#233;galement transport&#233; au-del&#224; de la fronti&#232;re ukrainienne, en territoire russe. Une fois d&#233;tenu dans un lieu secret en Russie, il a &#233;t&#233; tortur&#233; et menac&#233; (y compris des menaces concernant la s&#233;curit&#233; de sa famille) et contraint de signer une &#171; demande volontaire d'aveux &#187; ainsi qu'une &#171; d&#233;claration des aveux &#187;. Dans ces &#171; d&#233;clarations &#187;, Razvojaev &#171; avoue &#187; avoir des liens avec l'espionnage &#233;tranger et pr&#233;parer l'insurrection arm&#233;e, avec la participation de Konstantin Lebedev et de Sergue&#239; Oudaltsov. A l'issue de cela, il a &#233;t&#233; ramen&#233; &#224; Moscou et emprisonn&#233; en tant que criminel. Depuis, Razvojaev, visit&#233; par des d&#233;fenseurs de droits de l'Homme, a affirm&#233; qu'il d&#233;savouait ce qu'il a &#233;t&#233; contraint de signer. Mais il ne peut en d&#233;savouer les cons&#233;quences : la &#171; liste Razvojaev &#187;, qui lui a &#233;t&#233; extorqu&#233;e par la torture, est devenue tristement c&#233;l&#232;bre. Elle contient des noms de personnes qui risquent d'&#234;tre &#233;galement pers&#233;cut&#233;es d'ici peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vague de r&#233;pression ne cesse de s'&#233;tendre. Il y a peu le Comit&#233; d'investigation a annonc&#233; une enqu&#234;te concernant l'organisation de Sergue&#239; Oudaltsov, le Front de gauche, apr&#232;s quoi il est fort probable qu'elle tombe sous le coup d'une interdiction pour &#171; extr&#233;misme &#187;. La pression sur le mouvement antifasciste augmente elle aussi. Sous des accusations mensong&#232;res, les militants bien connus, Alekse&#239; Soutouga, Alekse&#239; Olesinov, Igor Khartchenko, Irina Lipska&#239;a et Alen Volikov ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s sous des accusations invent&#233;es et se trouvent toujours en d&#233;tention pr&#233;ventive &#224; Moscou. &#192; plusieurs reprises, le militant socialiste et antifasciste Filipp Dolbounov a &#233;t&#233; interrog&#233; et menac&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que cette vague de r&#233;pression sans pr&#233;c&#233;dent touche les forces de gauche n'est pas un hasard. En pr&#233;parant des mesures d'aust&#233;rit&#233;, la remise en cause des droits des travailleurs et la r&#233;forme des retraites, qui seront bient&#244;t mises en &#339;uvre en Russie, le gouvernement Poutine-Medvedev craint plus que tout une alliance entre le mouvement d&#233;mocratique actuel et les forces de la contestation sociale. Cette vague de r&#233;pression est un test important pour le nouveau mouvement de protestation : soit nous pourrons y faire face, soit nous aurons &#224; traverser une nouvelle p&#233;riode d'apathie et de peur. C'est pourquoi, face &#224; cette pression polici&#232;re sans pr&#233;c&#233;dent, nous avons tant besoin de la solidarit&#233; de nos compagnons de lutte d'Europe et du monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vous demandons d'organiser des journ&#233;es de solidarit&#233; contre la r&#233;pression politique, entre le 29 novembre et le 2 d&#233;cembre 2012, devant les ambassades et toutes sortes de repr&#233;sentations de la F&#233;d&#233;ration de Russie dans vos pays. Il s'agit d'exiger la lib&#233;ration imm&#233;diate des personnes arr&#234;t&#233;es de fa&#231;on ill&#233;gale ainsi que l'arr&#234;t des pers&#233;cutions judiciaires honteuses et la pr&#233;paration de nouveaux &#171; proc&#232;s de Moscou &#187;, bas&#233;s sur la torture et l'usage de faux. Nous vous demandons &#233;galement de mettre en avant lors de vos actions les noms et les faits concrets que nous vous fournissons dans cet appel. Cela est important pour tous ceux qui sont aujourd'hui derri&#232;re les barreaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envoyez le compte-rendu de vos actions ainsi que toutes les informations et vos questions &#224; l'adresse : .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233; est notre seule arme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unis, nous ne serons jamais vaincus ! &lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;APPEL &#192; LA LIB&#201;RATION DES PRISONNIERS POLITIQUES RUSSES&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous, les soussign&#233;s, appelons &#224; la lib&#233;ration des prisonniers politiques russes, aussi bien ceux qui ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; condamn&#233;s, et envoy&#233;s au nouveau Goulag, comme les deux militantes f&#233;ministes du groupe Pussy Riot, que ceux qui sont en prison dans l'attente d'un proc&#232;s &#8211; quelque 20 militants, socialistes et anti-fascistes, en rapport avec les manifestations contre Poutine du 6 mai dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; de la section Blogues de Mediapart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous soutenons l'appel des organisations de la gauche russe &#8211; le Mouvement socialiste russe, l'Action autonome, le Front de gauche &#8211; &#224; l'organisation de Journ&#233;es de solidarit&#233; contre la r&#233;pression politique en Russie, entre le 29 novembre et le 2 d&#233;cembre, devant l'Ambassade de Russie ou toute autre institution repr&#233;sentative du gouvernement russe dans chaque pays, en exigeant la lib&#233;ration imm&#233;diate tous ceux qui ont &#233;t&#233; ill&#233;galement arr&#234;t&#233;s ou condamn&#233;s, et l'arr&#234;t imm&#233;diat des proc&#233;dures fond&#233;es sur la torture et des falsifications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signataires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilbert Achcar, politologue ; Athena Athanassiou, philosophe ; Jean Batou, historien ; Etienne Balibar, philosophe ; Olivier Besancenot, ancien candidat pr&#233;sidentiel ; Alex Callinicos, politologue ; Noam Chomsky, linguiste ; Samuel Farber, historien ; Nancy Holmstrom, philosophe ; Rada Ivekovic, philosophe ; Isabelle Garo, philosophe ; Joanne Landy, historienne ; Michael L&#246;wy, sociologue ; St&#233;phanie Prezioso, historienne ; Catherine Samary, &#233;conomiste ; Jeanne Singer, sociologue ; Enzo Traverso, historien ; Eleni Varikas, politologue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Le Mouvement socialiste de Russie (RSD) a &#233;t&#233; form&#233; en mars 2011 par la fusion du Mouvement socialiste Vperiod (section russe de la IVe Internationale) et de l'organisation R&#233;sistance socialiste. Le RSD publie le journal Le Socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Action Autonome (AD) est la f&#233;d&#233;ration anarchiste de Russie, Bi&#233;lorussie et Ukraine, fond&#233;e en janvier 2002. L'AD, publie le magazine L'Autonome et le journal Situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Front de gauche (LF) a commenc&#233; &#224; se structurer &#224; l'initiative des militants qui pr&#233;paraient le premier Forum social de Russie en 2005, en tant que front de diverses organisations de la gauche anticapitaliste. A la suite de divergences apparues lors des mobilisations en 2005, le Front s'est r&#233;duit. A son premier congr&#232;s, en octobre 2008, y ont pris part l'Avant-garde de la jeunesse rouge (AKM, de loin la plus grande organisation, dirig&#233;e par Sergue&#239; Oudaltsov), la Ligue de la jeunesse communiste russe, l'Association des organisations marxistes et le Comit&#233; islamique de la jeunesse communiste. Le Front de gauche et le RSD ont d&#233;cid&#233; que leurs repr&#233;sentants r&#233;ciproques vont participer en tant qu'observateurs &#224; leurs r&#233;unions de direction respectives.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>25N : Elections en Catalogne. Les coupeurs coup&#233;s... et un cheval de Troie dans le parlement ! </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/25N-Elections-en-Catalogne-Les-coupeurs-coupes-et-un-cheval-de-Troie-dans-le</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/25N-Elections-en-Catalogne-Les-coupeurs-coupes-et-un-cheval-de-Troie-dans-le</guid>
		<dc:date>2012-11-28T14:06:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Revolta Global</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Catalogne</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les r&#233;sultats du 25N montrent clairement que Artur Mas (le pr&#233;sident de Catalogne) a rat&#233; sa tentative d'obtenir une &#034;majorit&#233; exceptionnel&#034;. La CiU (Convergencia i Unio, le parti au pouvoir) a perdu 12 &#233;lus, m&#234;me si elle a essay&#233; de prendre la t&#234;te du mouvement du 11 septembre (l'une des plus grandes manifestations pour l'ind&#233;pendance jamais vue &#224; Barcelone) et de pr&#233;senter les &#233;lections comment un pl&#233;biscite pour faire oublier sa politique d'aust&#233;rit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Une grande partie des &#233;lecteurs ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Europe-278-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Catalogne-+" rel="tag"&gt;Catalogne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les r&#233;sultats du 25N montrent clairement que Artur Mas (le pr&#233;sident de Catalogne) a rat&#233; sa tentative d'obtenir une &#034;majorit&#233; exceptionnel&#034;. La CiU (Convergencia i Unio, le parti au pouvoir) a perdu 12 &#233;lus, m&#234;me si elle a essay&#233; de prendre la t&#234;te du mouvement du 11 septembre (l'une des plus grandes manifestations pour l'ind&#233;pendance jamais vue &#224; Barcelone) et de pr&#233;senter les &#233;lections comment un pl&#233;biscite pour faire oublier sa politique d'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une grande partie des &#233;lecteurs ne sont pas laiss&#233; manipuler par cette op&#233;ration, et ont bien identifi&#233; la CiU comme le parti de l'aust&#233;rit&#233;, fid&#232;le au monde des affaires, et comme une force qui n'a jamais voulu une rupture r&#233;elle avec le cadre constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des faits politiques plus importants du 25N, c'est l'approfondissement de la crise du PSC (Parti socialiste catalan) qui, avec ses 523.333 voix (14,6%), chute &#224; son minimum historique. Sans projet cr&#233;dible tant sur le terrain social que national, le PSC est l'exemple vivant de la crise historique de la social-d&#233;mocratie due &#224; sa subordination extr&#234;me ou pouvoir financier et &#224; ses diktats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation du vote espagnoliste, avec un mont&#233;e des voix du PP, malgr&#233; les politiques d'aust&#233;rit&#233; de Rajoy, et la mont&#233;e de C's (Citoyennes, parti de centre droit espagnoliste) montre comme le d&#233;veloppement d'un mouvement ind&#233;pendantiste sans contenu social ouvre les portes &#224; la d&#233;magogie espagnole. Il y a un danger potentiel de polarisation sociale sur la question nationale dans un contexte o&#249; les syndicats et les partis de gauche traditionnels ont perdu beaucoup de leurs liens avec les classes travailleuses fragment&#233;es et d&#233;structur&#233;es. Une fois de plus, le besoin de mener une lutte contre les droites nationales et catalanes et pour l'am&#233;lioration des conditions de vie de la majorit&#233; de la population devient une question strat&#233;gique cl&#233; pour stopper la d&#233;magogie de C's et du PP. La question sociale et la question nationale doivent &#234;tre absolument li&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ICV-EUiA (la coalition du parti &#233;cologiste et du parti communiste) a gagn&#233; pas mal des voix, mais sa mont&#233;e ne repr&#233;sente pas un saut qualitatif. M&#234;me avec le soutien d'Alexis Tsipras de la coalition grecque Syriza, gr&#226;ce aux relations internationales d'EUiA, le message de la campagne d'ICV-EUiA &#233;tait faible, se limitant &#224; une critique de l'aust&#233;rit&#233; et apparaissant comme un parti conventionnel ins&#233;r&#233; dans le syst&#232;me traditionnel des partis. On se rappel d'ailleurs de son pass&#233; gestionnaire dans le gouvernement de gauche plurielle avec le PSC et l'ERC (la gauche r&#233;publicaine catalane). La proposition d'une Syriza catalane port&#233;e par EUiA il y a quelques mois, qu'il faut continuer &#224; discuter s&#233;rieusement, a perdu en visibilit&#233; dans la campagne &#233;lectorale. Esp&#233;rons que, dans cette nouvelle &#233;tape, son lien avec les luttes sociales s'intensifie au moment o&#249; nous avons besoin d'unir les forces contre les politiques d'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ERC (gauche r&#233;publicaine catalane) fait partie des gagnants de la journ&#233;e en r&#233;cup&#233;rant des voix de la CiU et du PSC. Elle devra d&#233;cider comment g&#233;rer son capital, si elle continue &#224; &#234;tre une force subordonn&#233;e &#224; la CiU ou pas et si, avec l'excuse de pr&#233;parer l'agenda national de la CiU, elle fait le choix de la soutenir dans ses politiques d'aust&#233;rit&#233;, ce qui serait une grave erreur politique et strat&#233;gique contraire aux int&#233;r&#234;ts de la majorit&#233; de la population de la Catalogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'irruption de CUP-Alternative d'Esquerres (gauche ind&#233;pendantiste et gauche radicale), dont les anticapitalistes doivent se r&#233;jouir, est la grande nouveaut&#233; dans le panorama de la gauche. Jamais jusqu'&#224; pr&#233;sent une force de gauche en marge des partis traditionnels et avec un programme de rupture n'avait obtenu un succ&#232;s comparable. La CUP-AE est arriv&#233;e au Parlement gr&#226;ce &#224; une campagne claire de rupture anticapitaliste et d&#233;mocratique radicale et avec beaucoup de soutiens qui d&#233;passent la gauche ind&#233;pendantiste, incluant la gauche anticapitaliste organis&#233;e, des listes municipales alternatives et beaucoup secteurs de la gauche sociale. Le grand d&#233;fi maintenant est de g&#233;rer collectivement ce succ&#232;s. Pour la premi&#232;re fois, beaucoup d'activistes sociaux se sont engag&#233;s dans une alternative politique. Cela ne devrait pas &#234;tre un compromis ponctuel mais le d&#233;but d'un large processus de re-politisation sociale et d'organisation. La volont&#233; exprim&#233;e d'&#234;tre le &#034;cheval de Troie&#034; des classes populaires au Parlement doit &#234;tre le mot d'ordre du travail parlementaire de la CUP-AE et doit permettre de rendre visible la possibilit&#233; de faire la politique d'une autre fa&#231;on, sans permanents professionnels, et dans la m&#234;me longueur d'ondes que les mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand d&#233;fi de la gauche catalane est de construire une force politique qui puisse &#234;tre majoritaire et vaincre les forces de l'aust&#233;rit&#233; qui nous noient jour apr&#232;s jour. Cette alternative sera seulement possible si beaucoup d'organisations et de volont&#233;s se mettent ensemble, dans un processus qui ne fait que commencer. La crise implique une perte constante de l&#233;gitimit&#233; du syst&#232;me politique et des grands partis politiques. Il faut approfondir cette dynamique et faire &#233;clater l'actuel syst&#232;me de partis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux forces principales de la politique catalane, la CiU et le PSC, ne font ensemble que 45% des voix, moins de la moiti&#233;. Si on y additionne le PP, le pourcentage n'arrive qu'&#224; 58%. Il est de plus en plus clair qu'il y a un rejet croissant des partis majoritaires qui sont les piliers de l'actuel r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prochaine l&#233;gislature sera celle de l'instabilit&#233;, avec une augmentation des attaques de l'appareil d'&#201;tat et politico-m&#233;diatique espagnol contre la tenue d'une consultation souverainiste, avec un approfondissement de la crise &#233;conomique et presque certainement un abandon total &#224; l'&#201;tat espagnol. L'opposition &#224; l'aust&#233;rit&#233; que Mas et Rajoy pr&#233;parent pour l'avenir doit commencer d&#232;s maintenant. Tout comme la consultation souverainiste, en tant qu'acte d&#233;mocratique, doit &#234;tre convoqu&#233;e le plus t&#244;t possible pour &#233;viter les man&#339;uvres de Mas pour la dilater dans le temps. Relancer la mobilisation sociale et ne pas donner de tr&#234;ve au nouveau gouvernement de la CiU, ce sont les d&#233;fis qui sont devant nous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Traduction pour LCR-Lagauche : Marc Lancharro Rodriguez&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://www.revoltaglobal.cat/article5019.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.revoltaglobal.cat/articl...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Artur Mas, le &#171; Messie sans peuple &#187;</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Artur-Mas-le-Messie-sans-peuple</link>
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		<dc:date>2012-11-28T14:06:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Esther Vivas</dc:creator>


		<dc:subject>Catalogne</dc:subject>
		<dc:subject>Ind&#233;pendance</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Artur Mas se pr&#233;sentait &#224; ces &#233;lections comme le &#171; Messie &#187;, le &#171; Sauveur &#187; du peuple catalan. Son slogan de campagne sur sa photo &#233;tait on ne peut plus clair : &#171; La volont&#233; d'un peuple &#187;. Mais il semble qu'il n'ait pas bien &#233;cout&#233; le peuple. Le peuple ne veut pas de coupes, ni d'expulsions de logement, ni manipulation m&#233;diatique, ni politiciens corrompus&#8230; La boussole d'Artur Mas, le grand &#171; chef d'&#201;tat &#187;, est tomb&#233;e en panne. Il a n'a eu que 30,61% des votes et 50 si&#232;ges. Tr&#232;s loin des 68 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH130/arton3293-8c6f4.png?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='130' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Artur Mas se pr&#233;sentait &#224; ces &#233;lections comme le &#171; Messie &#187;, le &#171; Sauveur &#187; du peuple catalan. Son slogan de campagne sur sa photo &#233;tait on ne peut plus clair : &#171; La volont&#233; d'un peuple &#187;. Mais il semble qu'il n'ait pas bien &#233;cout&#233; le peuple. Le peuple ne veut pas de coupes, ni d'expulsions de logement, ni manipulation m&#233;diatique, ni politiciens corrompus&#8230; La boussole d'Artur Mas, le grand &#171; chef d'&#201;tat &#187;, est tomb&#233;e en panne. Il a n'a eu que 30,61% des votes et 50 si&#232;ges. Tr&#232;s loin des 68 d&#233;put&#233;s n&#233;cessaires pour obtenir la tant d&#233;sir&#233;e majorit&#233; absolue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le masque de son d&#233;guisement d'ind&#233;pendantiste est tomb&#233;. Il appara&#238;t ainsi aux yeux de beaucoup pour ce qu'il est : la figure d'un parti conservateur, fid&#232;le au patronat et qui a toujours d&#233;fendu le cadre constitutionnel actuel. Bien peu croient encore en ses mensonges. Le r&#233;sultat de ces &#233;lections ne laisse aucun doute, le maigre r&#233;sultat de la CiU, malgr&#233; la mise en route de toute la machinerie politico-m&#233;diatique &#224; son service, et le bon r&#233;sultat de forces comme ERC, ICV-EUiA et la CUP-AE, le mettent en &#233;vidence. Une partie tr&#232;s significative du peuple catalan veut d&#233;cider de son avenir, mais il veut aussi un avenir sans coupes, sans expulsions de logement, sans licenciements et sans corruption. Il reste &#224; voir si l'ERC sera &#224; la hauteur des circonstances et placera au m&#234;me niveau la d&#233;fense des droits nationaux et celle des droits sociaux ou s'il poursuivra le chemin de la subordination &#224; la CiU, qu'il a docilement suivi &#224; la fin de cette derni&#232;re l&#233;gislature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, le PSC poursuit sa chute libre. Pas aussi vite qu'on l'attendait, mais la chute est brutale. Si en 1999 il obtenait encore 38,2% des voix, il n'en compte aujourd'hui que 14,46%, devenant la troisi&#232;me force parlementaire catalane. Bye bye PSC, comme on a dit adieu au PASOK en Gr&#232;ce et au PSOE dans l'Etat espagnol ; tel est l'autre message de la journ&#233;e &#233;lectorale. Cela fait plusieurs ann&#233;es que la social-d&#233;mocratie s'est convertie au social-lib&#233;ralisme et qu'elle applique sans sourciller la politique dict&#233;e par le pouvoir financier, laissant ses bases sociales d&#233;sempar&#233;es. Un Parti socialiste catalan qui coupe comme Mas et qui ne reconna&#238;t que du bout des l&#232;vres le droit &#224; d&#233;cider du peuple de Catalogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; un sc&#233;nario politico-&#233;lectoral centr&#233;, de mani&#232;re int&#233;ress&#233;e par la CiU, sur la question nationale et dans un contexte de mont&#233;e des forces souverainistes, l'autre plateau de la balance se voit &#233;galement renforc&#233;. De l&#224; d&#233;coule le succ&#232;s de &#171; Ciutadans &#187;, qui triple sa repr&#233;sentation parlementaire et qui tout en exaltant d'un c&#244;t&#233; la &#171; M&#232;re Patrie &#187; comme &#171; Une, grande et libre &#187;, d&#233;nonce de l'autre de mani&#232;re opportuniste et d&#233;magogique les mauvaises pratiques politiques, le r&#244;le des banques et les coupes &#233;conomiques et sociales, parvenant ainsi &#224; toucher de larges couches sociales orphelines d'une r&#233;f&#233;rence de gauche. Son succ&#232;s vient de l'&#233;chec &#224; lier la lutte pour le droit de d&#233;cider avec la lutte pour les droits sociaux, contre la crise et la pr&#233;carit&#233;. C'est l&#224; une t&#226;che strat&#233;gique pour la gauche catalane, hier, comme aujourd'hui et demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La participation massive aux urnes a &#233;t&#233; l'autre fait notable de la journ&#233;e &#233;lectorale. Pr&#232;s de 70% de participation, le taux le plus &#233;lev&#233; dans des &#233;lections parlementaires catalanes. Et qui d&#233;montre l'int&#233;r&#234;t social et citoyen renouvel&#233; pour intervenir dans les questions politiques. Au moment o&#249; les slogans du 15-M se polarisent, comme &#171; ceci n'est pas une crise, c'est une escroquerie &#187; et o&#249; le nombre de personnes qui souhaitent une autre sortie de crise s'accro&#238;t, l'indignation commence &#224; se traduire, d'une mani&#232;re ou d'une autre, dans les urnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CUP-AE a d&#233;montr&#233; que &#171; oui, on peut &#187;. Qu'&#224; partir d'un travail municipaliste consolid&#233;, avec un programme de rupture avec le syst&#232;me, des candidats li&#233;s aux luttes sociales et en faisant &#233;cho au malaise social indign&#233; qui occupe les places, les logements vides, les banques et les supermarch&#233;s, il est possible de rompre le mur parlementaire et de remplir un espace r&#233;el, mais rest&#233; vide jusqu'&#224; pr&#233;sent. L'entr&#233;e de la CUP-AE au Parlement est due au fait qu'elle a suscit&#233; des soutiens qui vont au-del&#224; de la gauche ind&#233;pendantiste et qui incluent la gauche anticapitaliste et de nombreux activistes sociaux. Son succ&#232;s met en &#233;vidence l'importance de construire des alternatives quotidiennes et de manifester dans les rues, mais aussi la n&#233;cessit&#233; de faire le pari de choix politiques qui disputent l'h&#233;g&#233;monie &#224; ceux de toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, nous qui nous rebellons, indignons et d&#233;sob&#233;issons, nous pouvons nous r&#233;jouir. Artur Mas n'ajoute pas, mais retranche. Mas, c'est moins (jeux de mots : &#171; mas &#187; en espagnol signifie &#171; plus &#187;, NdT). Son nouveau gouvernement ne durera pas longtemps. Et une nouvelle voix s'ouvre un espace dans le th&#233;&#226;tre de la realpolitik. Que le spectacle commence !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;*Source : &lt;a href=&#034;http://esthervivas.com/2012/11/27/artur-mas-el-mesias-sin-pueblo/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://esthervivas.com/2012/11/27/a...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**Traduction fran&#231;aise pour Avanti4.be : Ataulfo Riera&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus info : &lt;a href=&#034;http://esthervivas.com/francais&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://esthervivas.com/francais&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En Espagne et au Portugal, massives mobilisation contre l'aust&#233;rit&#233; &#224; l'initiative de &#171; groupes de citoyens &#187;</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/En-Espagne-et-au-Portugal-massives-mobilisation-contre-l-austerite-a-l</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/En-Espagne-et-au-Portugal-massives-mobilisation-contre-l-austerite-a-l</guid>
		<dc:date>2012-11-27T14:11:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jan Malewski</dc:creator>


		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>Portugal</dc:subject>
		<dc:subject>Crise financi&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte contre l'aust&#233;rit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au Portugal comme en Espagne, les grandes mobilisations populaires de septembre ont eu pour initiateurs les nouveaux mouvements sociaux et non les grands syndicats ou partis politiques de la gauche traditionnelle. Il s'agit l&#224; d'un changement d'&#233;poque important. &lt;br class='autobr' /&gt; Dans l'&#201;tat espagnol, des dizaines de milliers de personnes ont tent&#233; &#171; d'encercler &#187; le si&#232;ge du Congr&#232;s des d&#233;put&#233;s &#224; Madrid, le 25 septembre 2012. Aux cris de &#171; D&#233;mocratie s&#233;questr&#233;e ! &#187;, &#171; Gouvernement d&#233;mission ! &#187; ou encore (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Portugal-+" rel="tag"&gt;Portugal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Crise-financiere-+" rel="tag"&gt;Crise financi&#232;re&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au Portugal comme en Espagne, les grandes mobilisations populaires de septembre ont eu pour initiateurs les nouveaux mouvements sociaux et non les grands syndicats ou partis politiques de la gauche traditionnelle. Il s'agit l&#224; d'un changement d'&#233;poque important.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans l'&#201;tat espagnol, des dizaines de milliers de personnes ont tent&#233; &#171; d'encercler &#187; le si&#232;ge du Congr&#232;s des d&#233;put&#233;s &#224; Madrid, le 25 septembre 2012. Aux cris de &#171; D&#233;mocratie s&#233;questr&#233;e ! &#187;, &#171; Gouvernement d&#233;mission ! &#187; ou encore &#171; Ce n'est pas un sauvetage, c'est une arnaque ! &#187;. R&#233;clamant que &#171; Tous s'en aillent ! &#187;, les manifestants ont d'abord organis&#233; des assembl&#233;es populaires massives, avant de se diriger vers la place Neptune, devant le si&#232;ge du Parlement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement de Mariano Rajoy (Parti populaire, PP) a pris la d&#233;cision de l'affrontement. Les dirigeants du PP n'avaient pas h&#233;sit&#233; &#224; comparer les initiateurs de la manifestation &#8212; la Coordination du 25 septembre (Coordinadora 25S) et la Plateforme Levez-vous ! (Plataforma &#161;En Pie !) &#8212; aux fascistes responsables du coup d'&#201;tat &#233;chou&#233; du 23 f&#233;vrier 1981. Plus de 1.300 policiers des corps sp&#233;ciaux &#171; anti-&#233;meute &#187; de la police ont &#233;t&#233; mobilis&#233;s. Ils ont charg&#233;, tirant des balles en caoutchouc, provoquant des affrontements qui se sont poursuivis durant la nuit, faisant plus de 60 bless&#233;s et au moins 35 arrestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le lendemain, 26 septembre, &#224; nouveau des milliers se sont rassembl&#233;s devant le Parlement. &#171; &lt;i&gt;La peur a chang&#233; de camp. Et le gouvernement, conscient de son usure sociale croissante, commence &#224; voir que ni sa campagne et ni le d&#233;ploiement policier n'ont r&#233;ussi &#224; intimider les dizaines de milliers de personnes qui d&#233;noncent la s&#233;questration du pr&#233;sum&#233; &#8220;si&#232;ge de la souverainet&#233; populaire&#8221; par la dictature des march&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A lire absolument : Ernst Lohoff et Norbert Trenkle, &lt;&#171; Sur l'immense (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Portugal, le samedi 15 septembre, un million de personnes ont manifest&#233; contre l'aust&#233;rit&#233; impos&#233;e par la tro&#239;ka &#8212; le Fonds mon&#233;taire international, la Banque centrale europ&#233;enne et la Commission europ&#233;enne &#8212; et appliqu&#233;e avec z&#232;le par le gouvernement dirig&#233; par Pedro Passos Coelho. Une mobilisation que le pays n'a pas connue depuis le 1er mai 1974, contraignant le gouvernement &#224; man&#339;uvrer en annon&#231;ant le retrait des derni&#232;res mesures fiscales&#8230; pour en pr&#233;parer d'autres, non moins agressives contre les travailleurs, les retrait&#233;s et les ch&#244;meurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le d&#233;fi des nouveaux mouvements&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces deux &#233;v&#233;nements r&#233;cents ont en commun la mont&#233;e du rejet populaire des mesures d'aust&#233;rit&#233;. Car alors que la paup&#233;risation, le ch&#244;mage, le non respect de la dignit&#233; se d&#233;veloppent et se g&#233;n&#233;ralisent, les produits financiers d&#233;riv&#233;s auraient atteint en 2011, selon la Banque des R&#232;glements Internationaux, la somme totale de six cent mille milliards de dollars, c'est-&#224;-dire environ quinze fois la somme de tous les produits int&#233;rieurs bruts de la plan&#232;te &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Jaime Pastor, &#171; 25S : La lucha contra el miedo y la pregunta de Brecht &#187;&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Portugal comme en Espagne, ces grandes mobilisations populaires ont eu pour initiateurs les nouveaux mouvements sociaux et non les grands syndicats ou partis politiques de la gauche traditionnelle. Il s'agit l&#224; d'un changement d'&#233;poque important. D&#233;j&#224;, le 15 mai 2011, les indign&#233;(e)s de l'&#201;tat espagnol s'&#233;taient faits remarquer par leur slogan : &#171; Aucun parti, aucun syndicat ne nous repr&#233;sente &#187;. Ce n'&#233;tait pas un ph&#233;nom&#232;ne passager. Il ne s'agit pas l&#224; d'une &#171; crise de la forme parti &#187;, pas plus que de celle de la &#171; forme syndicat &#187; ou, en g&#233;n&#233;ralisant, de la &#171; forme organisation &#187;. Au contraire, les appels des initiateurs des mobilisations mentionn&#233;es, insistent sur l'indispensable n&#233;cessit&#233; de&#8230; s'organiser ! Mais il s'agit d'une nouvelle &#233;tape de la rupture entre les organisations historiques du mouvement ouvrier, emp&#234;tr&#233;es dans le conservatisme et affirmant de plus en plus clairement leur d&#233;fense acharn&#233;e du statu quo, au mieux regardant avec regrets leur pass&#233; et donc, aux yeux d'une masse croissante de r&#233;volt&#233;s, des organisations inutiles sinon nocives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi un d&#233;fi pour les militants et les organisations anticapitalistes comme pour tous ceux du mouvement ouvrier traditionnel qui n'acceptent pas la remise en cause de la dignit&#233; de ceux d'en bas. Leur histoire, leurs exp&#233;rience, bref leur savoir-faire plongent leurs racines dans le pass&#233;. Avec la crise actuelle du capitalisme, ce pass&#233; devient chaque jour plus antique. Non que rien des exp&#233;riences pass&#233;es ne soit aujourd'hui utile. En particulier, le pouvoir de la classe dominante, en perdant de plus en plus sa l&#233;gitimit&#233;, appara&#238;t chaque jour davantage dans sa nudit&#233; de force brutale. Les appareils de domination &#8212; les &#201;tats et leurs institutions nationales et internationales &#8212; indiquent clairement qu'ils ne peuvent &#234;tre &#171; am&#233;lior&#233;s &#187;, c'est-&#224;-dire &#171; r&#233;form&#233;s &#187;. Le terme m&#234;me de &#171; r&#233;forme &#187; a chang&#233; de camp&#8230; car &#171; r&#233;former &#187; aujourd'hui signifie de plus en plus souvent &#171; remettre en cause les acquis populaires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui est en train de changer, avec des vitesses diverses selon les pays, ce sont les liens entres les masses et les &#171; organisations ouvri&#232;res &#187;. Le l&#233;gitimit&#233; de ces derni&#232;res d&#233;croit, suivant de pr&#232;s la perte de l&#233;gitimit&#233; des institutions dans lesquelles elles se sont install&#233;es. Il y a donc un espace, croissant, pour des nouveaux mouvements sociaux. Le d&#233;fi pour ceux qui sont des militants engag&#233;s, c'est d'&#234;tre capables d'aider &#224; les construire, sans a priori, sans tenter de leur imposer des &#171; solutions &#187; livresques, en partant de ce qui est au commencement : l'indignation. Car comme l'avait bien saisi Daniel Bensa&#239;d, &#171; &lt;i&gt;l'indignation est un commencement. Une mani&#232;re de se lever et de se mettre en route. On s'indigne, on s'insurge et puis on voit&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A lire absolument : Ernst Lohoff et Norbert Trenkle, &lt;&#171; Sur l'immense d&#233;charge du capital fictif : Les limites de l'ajournement de la crise par le capital financier et le d&#233;lire des programmes d'aust&#233;rit&#233; &#187;, dans &lt;a href=&#034;http://www.carre-rouge.org/spip.php?article485&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Carr&#233; rouge&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Jaime Pastor, &lt;a href=&#034;http://www.vientosur.info/spip/spip.php?article7182&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; 25S : La lucha contra el miedo y la pregunta de Brecht &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Jan Malewski, r&#233;dacteur d'Inprecor, est membre du Bureau ex&#233;cutif de la IVe Internationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'ind&#233;pendance de la Catalogne dans une Espagne indign&#233;e</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/L-independance-de-la-Catalogne-dans-une-Espagne-indignee</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/L-independance-de-la-Catalogne-dans-une-Espagne-indignee</guid>
		<dc:date>2012-10-23T18:43:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andreu Coll</dc:creator>


		<dc:subject>Question nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Catalogne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Il est n&#233;cessaire que la gauche et le mouvement ouvrier catalans regagnent de l'influence dans le mouvement national &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Andreu Coll, membre de la direction de Revolta Global &#8211; Esquerra Anticapitalista &lt;br class='autobr' /&gt; Le 11 septembre dernier, &#224; l'occasion de la f&#234;te nationale de la Catalogne, les rues de Barcelone ont d&#233;bord&#233; d'une foule de pr&#232;s de deux millions de personnes en faveur de l'autod&#233;termination de la Catalogne face &#224; l'&#201;tat espagnol. Dans les jours suivants, le gouvernement r&#233;gional (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Question-nationale-8-+" rel="tag"&gt;Question nationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Catalogne-+" rel="tag"&gt;Catalogne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L104xH150/arton3289-ed950.jpg?1630510633' class='spip_logo spip_logo_right' width='104' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;&lt;i&gt;I&lt;/i&gt;&lt;i&gt;l est n&#233;cessaire que la gauche et le mouvement ouvrier catalans regagnent de l'influence dans le mouvement national &lt;/i&gt;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;
&lt;br&gt;- &lt;i&gt;Andreu Coll, &lt;/i&gt;&lt;i&gt;membre de la direction de Revolta Global &#8211; Esquerra Anticapitalista&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le 11 septembre dernier, &#224; l'occasion de la f&#234;te nationale de la Catalogne, les rues de Barcelone ont d&#233;bord&#233; d'une foule de pr&#232;s de deux millions de personnes en faveur de l'autod&#233;termination de la Catalogne face &#224; l'&#201;tat espagnol. Dans les jours suivants, le gouvernement r&#233;gional catalan (nationaliste de droite) a annonc&#233; des &#233;lections anticip&#233;es et a affirm&#233; sa volont&#233; d'organiser un r&#233;f&#233;rendum sur la souverainet&#233; de la nation catalane. Plusieurs interpr&#232;tent la ferveur nationaliste, attis&#233;e par le pr&#233;sident catalan Artur Mas et le parti CiU qui viennent de pratiquer des coupes budg&#233;taires et une violente politique d'aust&#233;rit&#233;, comme une man&#339;uvre &#233;lectorale et une mani&#232;re de faire porter l'odieux de la crise sur Madrid. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans cette entrevue, Andreu Coll, militant anticapitaliste catalan, r&#233;pond aux questions de Gauche socialiste. Ses r&#233;ponses sont d'un grand int&#233;r&#234;t pour la gauche qu&#233;b&#233;coise, car elles permettent de mieux appr&#233;hender les liens entre socialisme et ind&#233;pendance, toujours soumis &#224; un contexte pr&#233;cis. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sur la conjoncture&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui explique la mont&#233;e actuelle du sentiment nationaliste et autonomiste en Catalogne ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;v&#233;nement r&#233;cent qui a contribu&#233; &#224; la mont&#233;e de la conscience nationale en Catalogne, c'est la tentative de r&#233;forme de l'&lt;i&gt;Estatuto&lt;/i&gt; (une loi constitutionnelle qui &#233;tablit les comp&#233;tences de la &lt;i&gt;Generalitat&lt;/i&gt; &#8211; gouvernement r&#233;gional catalan). Cette r&#233;forme fut avanc&#233;e en 2005 par le premier Tripartite, un gouvernement pluriel de gauche, compos&#233; par le PS&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parti socialiste.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ERC&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gauche r&#233;publicaine catalane.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (nationalistes de gauche) et ICV&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Initiative pour la Catalogne Verts.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (eurocommunistes reverdis). La proposition originale a &#233;t&#233; r&#233;tr&#233;cie par le parlement espagnol, &#224; l'initiative du PSOE&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parti socialiste ouvrier d'Espagne (parti f&#233;d&#233;ral).&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; alors que Zapatero s'&#233;tait engag&#233; solennellement &#224; appuyer la r&#233;forme statutaire que le parlement de Catalogne adopterait &#8211; et de nouveau r&#233;tr&#233;cie apr&#232;s que des parties aient &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;es inconstitutionnelles par le Tribunal constitutionnel (&#224; la demande du PP&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parti populaire (droite conservatrice).&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). Ces deux faits ont &#233;t&#233; per&#231;us par une majorit&#233; de la soci&#233;t&#233;, bien au-del&#224; de la base sociale et &#233;lectorale traditionnelle des partis nationalistes comme CiU&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Convergence et Union.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou ERC, comme de v&#233;ritables attentats contre la volont&#233; d&#233;mocratique de la soci&#233;t&#233; catalane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est la nature de la proposition ind&#233;pendantiste de CiU ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, CiU n'est pas un parti ind&#233;pendantiste. Son projet est d'obtenir plus de pouvoir politique et, surtout, plus d'avantages &#233;conomiques sans chercher un affrontement ouvert contre l'&#201;tat. La grande proposition d'Artur Mas est d'obtenir un d&#233;nomm&#233; &#171; pacte fiscal &#187; qui conc&#232;de un pouvoir accru &#224; la &lt;i&gt;Generalitat&lt;/i&gt; pour un contr&#244;le direct sur les imp&#244;ts et pour contribuer &#224; l'&#201;tat en fonction des services qu'il offre en Catalogne, assorti d'un vague fonds de solidarit&#233;. En r&#233;alit&#233;, ce que cherche ce projet, c'est obtenir une souverainet&#233; fiscale pour que la Catalogne puisse r&#233;duire la pression fiscale sur le capital et r&#233;cup&#233;rer une comp&#233;titivit&#233; relative compar&#233;e &#224; d'autres r&#233;gions de l'&#201;tat. Ce pari est aussi une mani&#232;re de sortir de la crise en r&#233;duisant les charges sociales du capital. On pourrait r&#233;sumer la proposition par la formule &#171; un pacte fiscal pour obtenir un partage plus juste de l'&#233;vasion fiscale &#187;. Il est vrai que pendant ce temps, CiU a effectivement soutenu le d&#233;veloppement d'un solide mouvement ind&#233;pendantiste interclassiste bas&#233; sur l'id&#233;e que la Catalogne est viable &#233;conomiquement comme &#201;tat ind&#233;pendant. En r&#233;alit&#233;, CiU a utilis&#233; ce mouvement pour imposer un rapport de force au gouvernement de Rajoy ; mais maintenant que celui-ci a refus&#233; la proposition de pacte fiscal du gouvernement Mas, ce dernier s'est propos&#233;, un peu d&#233;bord&#233; par le mouvement ind&#233;pendantiste, de l'utiliser pour &#233;clipser le mouvement social contre l'aust&#233;rit&#233; et les coupures qui ont &#233;t&#233; perp&#233;tr&#233;es sous son mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est la r&#233;ponse de la gauche catalane dans ce contexte ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, la gauche catalane est en crise et divis&#233;e devant la mont&#233;e de l'ind&#233;pendantisme. Contrairement au temps de l'antifranquisme, au cours duquel le mouvement ouvrier &#233;tait l'avant-garde de la lutte pour l'&#233;mancipation nationale (en particulier d&#251; au r&#244;le du &lt;i&gt;Partit Socialista Unificat de Catalunya&lt;/i&gt;, le communisme officiel catalan, qui avait une &#233;norme influence &#224; la fin de la dictature), nous assistons aujourd'hui aux cons&#233;quences d'un long divorce entre le mouvement ouvrier et le mouvement de lib&#233;ration nationale. Cela entraine une triple cons&#233;quence :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;La base du nationalisme le plus radical bascule actuellement entre la petite-bourgeoisie et la moyenne bourgeoisie. En ce sens, l'une des nouveaut&#233;s de la p&#233;riode actuelle est le surgissement d'un ind&#233;pendantisme n&#233;olib&#233;ral de centre droit. Jusqu'&#224; tout r&#233;cemment, il n'y avait que des courants ind&#233;pendantistes radicaux qui s'identifiaient &#224; l'ind&#233;pendantisme basque et &#224; la trajectoire r&#233;publicaine et populiste de gauche de &lt;i&gt;Esquerra Republicana&lt;/i&gt;, le plus vieux parti de Catalogne qui &#233;tait h&#233;g&#233;monique au temps de la IIe R&#233;publique.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Le gros du mouvement ouvrier et la gauche gestionnaire n'ont pas de politique offensive sur le terrain national et ils sont soumis &#224; l'h&#233;g&#233;monie du nationalisme bourgeois de CiU et le petit-bourgeois de ERC.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;L'ind&#233;pendantisme de gauche, malgr&#233; un enracinement ind&#233;niable dans certains secteurs des classes populaires, a une influence limit&#233;e dans le mouvement ouvrier organis&#233;, &#224; la diff&#233;rence de l'Euskadi et de la Galicie, o&#249; les organisations comme ETA ou UPG ont eu, respectivement, un r&#244;le beaucoup plus important dans l'antifranquisme que le nationalisme radical catalan, qui n'a pas connu un d&#233;veloppement consid&#233;rable avant la fin de la transition et gr&#226;ce &#224; la crise du mouvement communiste officiel et d'un large secteur de l'extr&#234;me gauche. En fait, en Euskadi et en Galicie, le syndicalisme nationaliste est h&#233;g&#233;monique, alors qu'en Catalogne, il est assez marginal.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Donc, on pourrait d&#233;finir la situation de la gauche politique comme suit :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le PS traverse une &#233;norme crise et un dur conflit interne, d&#233;chir&#233; par l'affrontement entre son secteur le plus nationaliste d&#233;fenseur de l'autod&#233;termination et le secteur plus fid&#232;le au PSOE, r&#233;ticent &#224; briser les consensus constitutionnels.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ERC se remet &#233;lectoralement, mais il est soumis &#224; la croissante h&#233;g&#233;monie de CiU depuis le tournant de Mas.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ICV n'a pas une politique tr&#232;s claire, bien qu'il d&#233;fende le droit &#224; l'autod&#233;termination. Par contre, c'est une force antilib&#233;rale qui n'est pas &#224; l'aise sur ce terrain et, surtout, il n'a pas de consigne propre ni de projet d&#233;fini.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cependant, il y a une mont&#233;e importante de l'ind&#233;pendantisme de gauche repr&#233;sent&#233; par les &lt;i&gt;Candidaturas d'Unitat Popular&lt;/i&gt;, qui obtiendront probablement une repr&#233;sentation parlementaire s'ils se pr&#233;sentent aux &#233;lections du 25 novembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce qu'il existe des liens entre le mouvement des indign&#233;-es &#224; Barcelone et les mouvements ind&#233;pendantistes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, il existe quelques liens, mais curieusement, ce mouvement a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; par la majorit&#233; du nationalisme catalan, du plus conservateur jusqu'&#224; celui d'extr&#234;me gauche, avec jalousie et parfois avec m&#233;pris, souvent trait&#233; de mouvement &#171; espagnol &#187;. N'oublions pas qu'il a &#233;clat&#233; &#224; Madrid et qu'il s'est &#233;tendu par la suite au reste de l'&#201;tat. En fait, le nationalisme bourgeois a toujours utilis&#233; le pr&#233;jug&#233; raciste en pr&#233;textant que les luttes ouvri&#232;res sont caus&#233;es par l'immigration &#171; espagnole &#187;, une esp&#232;ce de mauvaise influence &#233;trang&#232;re qui perturbe l'entente et l'harmonie de l'&#171; oasis catalane &#187;. M&#234;me des secteurs de gauche de l'ind&#233;pendantisme ont m&#233;pris&#233; le mouvement indign&#233; &#224; ses d&#233;buts et l'ont accus&#233; d'&#234;tre espagnoliste, car il ne revendiquait pas ouvertement le droit &#224; l'autod&#233;termination. Cela ne veut pas dire que tr&#232;s probablement la majeure partie du mouvement d&#233;fende le droit &#224; l'autod&#233;termination et que m&#234;me un secteur significatif puisse &#233;ventuellement d&#233;fendre la consigne de l'ind&#233;pendance. Cependant, l'explosion du 15M donnait beaucoup d'importance &#224; la question sociale, tout en ayant un fort sentiment internationaliste et solidaire avec les r&#233;volutions arabes et les r&#233;sistances en Gr&#232;ce. C'est pour &#231;a que la th&#233;matique nationale n'&#233;tait pas perceptible &#224; ses d&#233;buts.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Perspectives&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles strat&#233;gies peuvent &#234;tre adopt&#233;es pour lutter &#224; la fois contre la Constitution antid&#233;mocratique de l'&#201;tat espagnol et contre la bourgeoisie catalane qui se pr&#233;sente comme une alli&#233;e de la premi&#232;re lutte ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon moi, il faut appliquer la logique de la r&#233;volution permanente &#224; la situation politique catalane et espagnole, il faut comprendre que les t&#226;ches d&#233;mocratiques et les t&#226;ches socialistes d'un processus de rupture ne peuvent &#234;tre s&#233;par&#233;es en &#233;tapes distinctes et cristallis&#233;es dans des compartiments &#233;tanches. Sinon, la gauche continuera de perdre une influence sociale et nous vivrons une spirale identitaire dans laquelle les courants r&#233;actionnaires et populistes finiront par asseoir leur h&#233;g&#233;monie. C'est tr&#232;s angoissant de constater que, au-del&#224; de quelques vaines illusions, c'est la droite actuellement en Catalogne qui exerce l'h&#233;g&#233;monie au sein du mouvement nationaliste et qui en dicte l'agenda. La r&#233;plique provient d'une droite qui agite son anticatalanisme avec l'appui de l'appareil d'&#201;tat. En ce sens, je crois que la meilleure mani&#232;re de r&#233;soudre la crise politique en cours, c'est de g&#233;n&#233;rer une synergie solidaire entre le mouvement souverainiste en Catalogne et le mouvement indign&#233; et r&#233;publicain dans le reste de l'&#201;tat espagnol, quelque chose qui pourrait permettre une dynamique de rupture et de crise de r&#233;gime, mettant la question sociale au c&#339;ur du d&#233;bat politique, en incluant le terrain de la plurinationalit&#233;. Dans le cas contraire, l'ind&#233;pendantisme fiscal catalan peut adopter des teintes de plus en plus populistes. Plus encore, si on ne construit pas des alliances et des sympathies hors de la Catalogne qui mettent en question le statu quo, l'&#201;tat espagnol ne manquera pas de moyens pour emp&#234;cher une s&#233;cession pacifique de la Catalogne (sans &#233;carter les moyens coercitifs ou un v&#233;to pour qu'un hypoth&#233;tique &#201;tat catalan puisse entrer &#224; l'Union europ&#233;enne). Ainsi, il est n&#233;cessaire que le gros du mouvement indign&#233; et r&#233;publicain comprenne et d&#233;fende la l&#233;gitimit&#233; du droit &#224; l'autod&#233;termination des nations opprim&#233;es par l'&#201;tat espagnol et, en m&#234;me temps, il est n&#233;cessaire que la gauche et le mouvement ouvrier catalans regagnent de l'influence dans le mouvement national pour assurer l'h&#233;g&#233;monie des positions solidaires et progressistes en son sein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au-del&#224; de la reconnaissance du droit &#224; l'autod&#233;termination, comment est-ce que les anticapitalistes abordent l'ind&#233;pendance de la Catalogne dans l'Europe actuelle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la gauche anticapitaliste, il est fondamental de d&#233;fendre l'option qui b&#233;n&#233;ficie le plus aux int&#233;r&#234;ts des secteurs populaires. Notre consigne &#224; cet effet est tr&#232;s claire : &#171; R&#233;publique catalane &#187;, mais sa concr&#233;tisation et les liens &#224; maintenir avec les autres peuples, autant ceux de l'&#201;tat espagnol que d'Europe, demeurent une question ouverte qui d&#233;pend de l'&#233;volution de la situation politique et des rapports de force. Dans ce sens, vu la situation politique dans l'Union europ&#233;enne &#8211; avec les plans d'ajustement structurel en Gr&#232;ce, en Irlande et au Portugal, et aux portes d'un &#171; sauvetage &#187; de l'&#201;tat espagnol &#8211;, il n'est pas &#233;vident que la pleine ind&#233;pendance soit l'option la plus favorable et celle qui puisse permettre une sortie plus progressiste. Toutefois, il est clair que nous allons vers une &#233;preuve de force contre l'&#201;tat, qui utilisera tr&#232;s probablement des moyens coercitifs pour emp&#234;cher une consultation populaire. Dans cette conjoncture, il faudra adh&#233;rer aux positions les plus rupturistes, ce qui veut dire l'option ind&#233;pendantiste. Cependant, on ne peut &#233;carter qu'un acte de souverainet&#233; [ne conduise qu'&#224;] un nouvel &#233;tat des relations entre la Catalogne et l'&#201;tat espagnol, de type conf&#233;d&#233;ral, ou &#224; ce que certains appellent un &#171; f&#233;d&#233;ralisme asym&#233;trique &#187;. Mais je crois que cela ne sera pas viable s'il n'y a pas au pr&#233;alable un puissant acte de souverainet&#233; en Catalogne, la chute de la monarchie et un changement de r&#233;gime profond en Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer, j'insiste, c'est tr&#232;s difficile d'&#234;tre plus concret &#224; ce moment-ci, mais ce dont il n'y a aucun doute, c'est qu'il faudra d&#233;fendre l'orientation qui b&#233;n&#233;ficie le plus aux int&#233;r&#234;ts des classes populaires prises dans leur ensemble, tout en adoptant une dynamique anticapitaliste et r&#233;volutionnaire orient&#233;e par un internationalisme solidaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andreu Coll, militant de Revoltat Global-Esquerra Anticapitalista&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Parti socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gauche r&#233;publicaine catalane.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Initiative pour la Catalogne Verts.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Parti socialiste ouvrier d'Espagne (parti f&#233;d&#233;ral).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Parti populaire (droite conservatrice).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Convergence et Union.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Manifestation &#224; Barcelone : Un tournant historique ?</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Manifestation-a-Barcelone-Un-tournant-historique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Manifestation-a-Barcelone-Un-tournant-historique</guid>
		<dc:date>2012-10-04T12:43:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Mouvement de lib&#233;ration nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Catalogne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avec des centaines de milliers de personnes dans la rue, la manifestation nationaliste catalane du 11 septembre a &#233;t&#233; peut &#234;tre l'une des plus massives de l'histoire contemporaine de la Catalogne. &lt;br class='autobr' /&gt; Sur fond de coupes budg&#233;taires &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette journ&#233;e a montr&#233; la mont&#233;e spectaculaire de l'ind&#233;pendantisme dans l'opinion publique depuis la mutilation par la majorit&#233; du Parlement de Madrid (avec une majorit&#233; PSOE &#224; l'&#233;poque) du projet de r&#233;forme du statut politique de la Catalogne d&#233;clench&#233; en 2006 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH105/arton3287-49080.png?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='105' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec des centaines de milliers de personnes dans la rue, la manifestation nationaliste catalane du 11 septembre a &#233;t&#233; peut &#234;tre l'une des plus massives de l'histoire contemporaine de la Catalogne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur fond de coupes budg&#233;taires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette journ&#233;e a montr&#233; la mont&#233;e spectaculaire de l'ind&#233;pendantisme dans l'opinion publique depuis la mutilation par la majorit&#233; du Parlement de Madrid (avec une majorit&#233; PSOE &#224; l'&#233;poque) du projet de r&#233;forme du statut politique de la Catalogne d&#233;clench&#233; en 2006 par un gouvernement de &#171; gauche plurielle &#187; (PS, eurocommunistes verdis&#233;s d'ICV et nationalistes de gauche d'ERC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retour de la droite nationaliste au gouvernement en Catalogne s'est accompagn&#233; de coupes budg&#233;taires et d'une grosse campagne politique et m&#233;diatique pour arriver &#224; un pacte fiscal avec l'&#201;tat afin d'en finir avec le pr&#233;tendu &#171; d&#233;ficit fiscal &#187;. La Catalogne subit un &#233;norme d&#233;calage entre les imp&#244;ts pay&#233;s et les ressources publiques qu'elle re&#231;oit de la part de l'&#201;tat. Bien &#233;videmment, les nationalistes de droite du CiU ont fait croire &#224; l'opinion publique que les coupes budg&#233;taires sont de la faute du pouvoir central de Madrid et non l'application sans complexes de leur propre mod&#232;le de soci&#233;t&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entre le populisme et la d&#233;stabilisation&#8230; un contexte contradictoire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement la mont&#233;e d'un ind&#233;pendantisme interclassiste a &#233;clips&#233; symboliquement la lutte contre les coupes budg&#233;taires et a divis&#233; et paralys&#233; le mouvement ouvrier, &#224; priori hostile a un nationalisme d&#233;brid&#233; sans aucun contenu social. Le cot&#233; populiste du mouvement est &#233;vident, mais ce qui est aussi certain, c'est que les objectifs fix&#233;s par le gouvernement de la &#171; Generalitat &#187; ont &#233;t&#233; d&#233;bord&#233;s, lui qui souhaitait simplement une grosse mobilisation pour faire pression sur le premier ministre Rajoy afin de n&#233;gocier le pacte fiscal. Le mot d'ordre de la manifestation &#233;tait carr&#233;ment autour de l'id&#233;e d'&#171; independ&#232;ncia &#187; et on a vu aussi de vraies manifestations du refus de l'&#171; establishment &#187; politique dans son ensemble. M&#234;me des leaders du CiU, la droite nationaliste catalane, ont &#233;t&#233; harcel&#233;s au point de devoir quitter la manifestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation qui s'ouvre est porteuse d'une possible d&#233;stabilisation : d'un c&#244;t&#233; la critique de l'&#201;tat espagnol, et de l'autre le d&#233;bordement de la droite nationaliste catalane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La droite doit maintenant surfer sur une situation o&#249; la haute bourgoisie pousse pour ne pas d&#233;border les consensus constitutionnels d&#233;j&#224; construits, mais o&#249; la petite bourgoisie et de larges couches populaires ont d&#233;clench&#233; un mouvement de rupture avec l'&#201;tat, mouvement que le gouvernement catalan ne contr&#244;le d&#233;j&#224; plus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La fin de l'ETA et les perspectives du mouvement ind&#233;pendantiste basque</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-fin-de-l-ETA-et-les-perspectives-du-mouvement-independantiste-basque</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/La-fin-de-l-ETA-et-les-perspectives-du-mouvement-independantiste-basque</guid>
		<dc:date>2012-01-21T03:17:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jos&#233; &#171; Troglo &#187; RAMON CASTANOS </dc:creator>


		<dc:subject>Pays basque (Euskadi)</dc:subject>
		<dc:subject>Lib&#233;ration nationale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le nationalisme basque est entr&#233; dans une phase de recomposition g&#233;n&#233;rale, avec des perspectives encore incertaines. On peut, et l'on doit, reconna&#238;tre l'incompatibilit&#233; entre le caract&#232;re l&#233;gitime de la fin poursuivie et l'immoralit&#233; des m&#233;thodes utilis&#233;es par l'ETA pour l'obtenir. Parall&#232;lement &#224; ce changement de discours sur la violence, il faut r&#233;ajuster le projet ind&#233;pendantiste afin de le rendre int&#233;grateur vis-&#224;-vis de toutes les identit&#233;s nationales qui vivent dans la soci&#233;t&#233; basque. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH92/arton3271-5c348.png?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='92' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le nationalisme basque est entr&#233; dans une phase de recomposition g&#233;n&#233;rale, avec des perspectives encore incertaines. On peut, et l'on doit, reconna&#238;tre l'incompatibilit&#233; entre le caract&#232;re l&#233;gitime de la fin poursuivie et l'immoralit&#233; des m&#233;thodes utilis&#233;es par l'ETA pour l'obtenir. Parall&#232;lement &#224; ce changement de discours sur la violence, il faut r&#233;ajuster le projet ind&#233;pendantiste afin de le rendre int&#233;grateur vis-&#224;-vis de toutes les identit&#233;s nationales qui vivent dans la soci&#233;t&#233; basque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le nationalisme basque est entr&#233; dans une phase de recomposition g&#233;n&#233;rale, avec des perspectives encore incertaines. Au Pays Basque, le rapport de forces qui a surgi des &#233;lections [r&#233;gionales et municipales, NdT] du 22 mai dernier donne une claire majorit&#233; aux partis nationalistes face &#224; leur concurrents espagnols. L'addition des votes en faveur des forces nationalistes basques (PNV, Bildu, Aralar) atteint 65% du total, tandis que la somme des votes en faveur du PP et du PSOE n'est que de 35%. Cette donn&#233;e est, en elle-m&#234;me, significative, car elle se r&#233;p&#232;te de mani&#232;re constante dans tous les processus &#233;lectoraux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est nouveau, par contre, c'est la progression de la gauche abertzale [pr&#244;nant l'ind&#233;pendance et le socialisme, NdT] regroup&#233;e dans la coalition Bildu, qui atteint presque le score du Parti Nationaliste Basque (PNV) en nombre de voix et en repr&#233;sentation institutionnelle. Ce fait repose en des termes nouveaux la vieille question du leadership au sein du mouvement nationaliste car il n'est d&#233;sormais plus &#233;vident, contrairement au pass&#233;, que le parti politique qui a repr&#233;sent&#233; pendant les 100 derni&#232;res ann&#233;es les int&#233;r&#234;ts de la classe bourgeoise nationaliste basque, le PNV, puisse conserver son h&#233;g&#233;monie politique et culturelle sur le mouvement ind&#233;pendantiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La repr&#233;sentation institutionnelle de Bildu est majoritaire dans la province de Gipuzkoa et dans plusieurs municipalit&#233;s industrielles importantes, y compris dans la ville de San Sebasti&#225;n. La gauche abertzale est ainsi pass&#233;e de l'ill&#233;galit&#233; depuis l'interdiction de Batasuna (parti politique dans lequel s'&#233;tait historiquement reconnu l'ETA) au contr&#244;le de plus de 100 municipalit&#233;s gr&#226;ce &#224; la coalition Bildu (qui signife &#171; rassembler &#187; en basque).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'es-ce que Bildu et comment expliquer la mont&#233;e de la gauche nationaliste ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bildu est une coalition &#233;lectorale impuls&#233;e par Batasuna en remplacement de Sortu (&#171; cr&#233;er &#187;, en basque), d&#233;clar&#233;e ill&#233;gale par le Tribunal Supr&#234;me espagnol. En son sein participe entre autre une organisation nationaliste de type social-d&#233;mocrate, issue d'une scission du PNV dans les ann&#233;es '80 et appel&#233;e &#171; Eusko Alkatasuna &#187;, et une petite organisation de gauche, qui a r&#233;cemment fait scission avec Izquierda Unida, appel&#233;e &#171; Alternatiba &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La participation de ces deux organisations &#224; Bildu a &#233;t&#233; d&#233;cisive pour que le Tribunal Constitutionnel espagnol accorde la l&#233;galisation de la coalition, &#224; l'encontre d'une d&#233;cision ant&#233;rieure du Tribunal Supr&#234;me. A la diff&#233;rence de Batasuna, ces deux organisations se sont toujours caract&#233;ris&#233;es par leur prise de distance avec l'ETA et pour leurs critiques envers la violence politique. En &#233;change de ce &#171; service &#187;, ces deux partis ont obtenus une repr&#233;sentation significative sur les listes de Bildu, mais il faut dire que l'immense majorit&#233; des &#233;lus est compos&#233;e de militants de Batasuna, qui furent oblig&#233;s de se pr&#233;senter comme &#171; ind&#233;pendants &#187; afin de contourner l'interdiction qui frappe leur parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux circonstances (la condition d'&#234;tre injustement pers&#233;cut&#233;e et l'offre d'une plateforme unitaire pour la gauche abertzale) expliquent, entre autres raisons, le succ&#232;s de Bildu. Mais elles ne sont ni les seules, ni les plus importantes. Ce qui a &#233;galement contribu&#233; au succ&#232;s, c'est le ras-le-bol g&#233;n&#233;ralis&#233; envers la politique traditionnelle et les man&#339;uvres des &#171; politiciens espagnolistes &#187; qui veulent prendre le contr&#244;le du Gouvernement basque malgr&#233; le fait que la somme des votes du PP et du PSOE ne d&#233;passe pas les 35%. Le malaise envers les politiques n&#233;olib&#233;rales et les cons&#233;quences sociales qui en d&#233;coulent (ch&#244;mage, pr&#233;carit&#233; du travail, aust&#233;rit&#233; sociale, probl&#232;mes du logement, etc.) ont &#233;galement jou&#233; leur r&#244;le car Bildu est devenue l'expression politique de la gauche sociale, du syndicalisme basque et des mouvements sociaux alternatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trait le plus significatif de cette plateforme &#233;lectorale est qu'elle a rassembl&#233; la gauche sociale et l'ind&#233;pendantisme politique. Le poids sociologique et l'influence culturelle exerc&#233;e par le syndicalisme basque sur l'ensemble du mouvement nationaliste ont sans aucun doute influ&#233; pour parvenir &#224; cela. Un syndicalisme qui, soit dit en passant, se caract&#233;rise par son radicalisme anticapitaliste, par sa combativit&#233; militante et par son soutien aux revendications nationales (souverainet&#233; nationale et unification territoriale). Le glissement &#224; gauche de &#171; Eusko Alkatasuna &#187;, qui a rompu son alliance de 30 ans avec le PNV, est &#233;galement une cons&#233;quence d&#233;coulant de cette influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il faut chercher la raison fondamentale de la mont&#233;e de la gauche abertzale dans sa rupture politique avec la violence de l'ETA, dans la r&#233;it&#233;ration de sa volont&#233; de substituer la strat&#233;gie politico-militaire par une autre, strictement politique, d&#233;mocratique et pacifique, et avec son engagement pris devant la soci&#233;t&#233; basque de contribuer au d&#233;sarmement unilat&#233;ral et inconditionnel de l'ETA. Sans ces ingr&#233;dients, ratifi&#233;s de mani&#232;re solennelle lors de l'adoption d'un document intitul&#233; &#171; Zutik Euskal Herria &#187; (novembre 2009 &#8211; f&#233;vrier 2010), et dans la D&#233;claration de Guernica (souscrite avec d'autres partis, syndicats et mouvements sociaux en septembre 2010), la progression spectaculaire de la gauche abertzale aurait &#233;t&#233; impossible et impensable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les perspectives du mouvement ind&#233;pendantiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces perspectives d&#233;pendront de la mani&#232;re dont Bildu agira face aux cinq grands probl&#232;mes actuels. A savoir : 1) Mettre un terme d&#233;finitif &#224; la lutte arm&#233;e de l'ETA, en le faisant en outre avec une explication satisfaisante qui permette de r&#233;cup&#233;rer la convivialit&#233; d&#233;mocratique dans la soci&#233;t&#233; basque et la raison &#233;thique de la gauche abertzale. 2) Remplacer le vieux discours ind&#233;pendantiste par un autre, plus ouvert, plus tol&#233;rant et int&#233;grateur envers les diff&#233;rentes identit&#233;s nationales qui vivent dans la soci&#233;t&#233; basque. Un discours qui affirme &#224; la fois la souverainet&#233; basque et un pacte entre &#233;gaux avec les peuples d'Espagne dans le cadre de souverainet&#233;s partag&#233;es. 3) Appliquer des politiques fiscales et des politiques de redistribution des richesses qui garantissent les droits sociaux &#224; tous les citoyens. 4) Impulser des mesures de consultation citoyenne afin de d&#233;mocratiser la prise de d&#233;cision dans les institutions publiques. 5) Articuler une alliance strat&#233;gique avec les organisations syndicales et les mouvements sociaux qui puisse y compris s'inscrire dans le cadre d'un nationalisme mod&#233;r&#233;, comme ce fut le cas avec le Pacte de Estella-Lizarra de 1998-2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces cinq questions sont &#233;troitement reli&#233;es entre elles, bien que chacune a une importance diff&#233;rente pour les diff&#233;rents secteurs de gauche qui se reconnaissent dans Bildu. Cette derni&#232;re sera cependant principalement jug&#233;e pour sa capacit&#233; &#224; cr&#233;er un sc&#233;nario de paix, de d&#233;sarmement de l'ETA, de libert&#233; politique et de r&#233;conciliation entre les Basques. C'est ainsi que pense la majorit&#233; sociale au Pays Basque, car cela fait longtemps qu'elle attend de la gauche abertzale &#8211; et non de l'&#201;tat &#8211; la t&#226;che probatoire d'une r&#233;elle initiative de paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, et ind&#233;pendamment du fait que Bildu puisse apporter la paix (et y compris dans le cas o&#249; elle l'apporte r&#233;ellement), plusieurs secteurs vont &#233;valuer sa gestion &#224; partir des initiatives qu'elle prendra sur le terrain de la politique sociale et de la participation citoyenne afin de d&#233;mocratiser la gestion de l'administration publique. Les syndicats et les mouvements sociaux sont, naturellement, les premiers int&#233;ress&#233;s &#224; cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, personne n'attend que Bildu r&#233;solve toute seule tous les probl&#232;mes sociaux ou toutes les questions li&#233;es &#224; l'autod&#233;termination nationale et &#224; l'unit&#233; territoriale du Pays Basque (la s&#233;paration actuelle entre l'Euzkadi et la Navarre). Il y a dans la soci&#233;t&#233; basque une culture politique suffisamment &#233;lev&#233;e pour comprendre que la force de l'adversaire politique entre &#233;galement en ligne de compte et que les r&#233;sultats de l'action politique d&#233;pendent toujours du rapport de forces vis-&#224;-vis de l'&#201;tat espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont donc pas tant des victoires tangibles, mais plut&#244;t des objectifs politiques justes que nous attendons de Bildu. Personne ne lui demandera non plus qu'elle impose de nouvelles taxes aux grandes fortunes et aux mouvements des capitaux car, malgr&#233; le fait qu'elle gouverne la D&#233;putation de la Province de Gipuzkoa, qui a des comp&#233;tences en mati&#232;re de politique fiscale, elle ne dispose pas de la majorit&#233; n&#233;cessaire pour le faire. Personne, donc, ne lui demandera l'impossible, mais tous exigent qu'elle proc&#232;de &#224; un r&#233;f&#233;rendum afin que les citoyens basques eux-m&#234;mes d&#233;cident de la politique fiscale et des d&#233;penses sociales qu'ils estiment n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'exigera pas d'elle non plus qu'elle fasse sortir les prisonniers basques des prisons espagnoles, car cela n&#233;cessite une mobilisation continue, un sc&#233;nario politique nouveau, et une articulation de forces plus large qu'aujourd'hui. Mais nous exigerons par contre un nouveau discours sur la violence, sur les droits humains et les droits civils, afin de r&#233;cup&#233;rer la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique perdue.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La v&#233;rification du d&#233;sarmement de l'ETA et le r&#233;cit sur la violence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au Pays Basque, nous avons la certitude que les armes de l'ETA se sont tues &#224; jamais. Le maintien du cessez-le-feu unilat&#233;ral, le temps qui est pass&#233; sans attentats (deux ans) et la renonciation de la perception de &#171; l'imp&#244;t r&#233;volutionnaire &#187; sont prometteurs, mais il n'existe pas encore de m&#233;canismes de v&#233;rification qui offrent des garanties d&#233;finitives sur la fin de l'ETA (NdT : cet article a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; avant l'annonce officielle de la fin de la lutte arm&#233;e par l'ETA, voir le texte int&#233;gral de son communiqu&#233; ci-dessous).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat espagnol exige comme pr&#233;alable la remise des armes tandis que l'ETA r&#233;pond que le prix &#224; payer pour cela est la lib&#233;ration des prisonniers politiques. L'ETA propose deux m&#233;canismes de contr&#244;le : 1) une m&#233;diation men&#233;e par des Prix Nobel de la paix, avec &#224; leur t&#234;te l'avocat sud-africain Brian Currin, et 2) l'ouverture de n&#233;gociations directes entre l'ETA et le gouvernement afin d'&#233;changer la lib&#233;ration des prisonniers contre les armes. La proposition du gouvernement vise &#224; symboliser la soumission et la d&#233;faite totale de l'ETA (ce qu'elle n'est pas pr&#234;te d'accepter), mais ce qu'elle propose ne trouve pas non plus beaucoup d'interlocuteurs dans l'&#201;tat espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le blocage qui en r&#233;sulte laisse le champ libre &#224; la gauche abertzale afin de trouver la solution, mais elle doit &#224; nouveau vaincre &#224; la fois les r&#233;ticences de l'ETA et de l'&#201;tat espagnol, et &#233;laborer un &#171; r&#233;cit &#187; sur la fin de la violence qui r&#233;ponde aux souhaits de paix existant dans la soci&#233;t&#233; basque. Son probl&#232;me est que le discours &#233;labor&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent ne peut pas servir &#224; cette fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Batasuna n'a jamais pris ses distances avec la lutte arm&#233;e &#224; cause de convictions d&#233;mocratiques ou en raison de consid&#233;rations &#233;thiques, mais bien parce que la lutte arm&#233;e a cess&#233; d'&#234;tre une voie politiquement viable et rentable. Cela est clairement perceptible dans le document &#171; Zutik Euskal Herria &#187;, o&#249; l'on th&#233;orise le changement de strat&#233;gie, tout comme dans les statuts pr&#233;sent&#233;s pour la l&#233;galisation de Sortu. Arnaldo Otegi [dirigeant historique de Batasuna, NdT] a insist&#233; sur cette id&#233;e devant le tribunal qui l'a r&#233;cemment jug&#233; en affirmant que la &#171; lutte arm&#233;e entrave et d&#233;range &#187;, tandis que le porte-parole le plus en vue de Bildu, Mart&#237;n Garitano, affirme que &#171; le temps n'est pas aux autocritiques ni aux r&#233;parations morales &#187;. Batasuna souhaite ainsi se d&#233;barrasser de l'ETA, mais sans autocritique politique ni r&#233;paration morale et il est y compris possible qu'une partie significative de la gauche abertzale pense que les pas qui sont fait aujourd'hui seront suffisants, puisqu'en laissant de c&#244;t&#233; la lutte arm&#233;e on r&#233;cup&#232;re la l&#233;galit&#233; et on &#171; oblige &#187; l'&#201;tat &#224; bouger ses pions sur l'&#233;chiquier de la politique anti-terroriste. Le probl&#232;me est que cela n'est pas suffisant pour r&#233;cup&#233;rer la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique. Avec un tel discours, on peut conserver pendant un temps limit&#233; le caract&#232;re de r&#233;f&#233;rence qu'&#224; aujourd'hui la gauche basque, mais on ne pourra pas obtenir les majorit&#233;s politiques n&#233;cessaires pour faire avancer le projet ind&#233;pendantiste dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants de Batasuna et de Bildu sont pleinement conscients de cela et il convient de se demander pourquoi ils n'ont pas encore fait le pas d&#233;cisif. Certains sugg&#232;rent que nous sommes en pr&#233;sence d'un d&#233;bat non encore r&#233;solu sur la mani&#232;re de mettre fin &#224; l'ETA. Cela est probablement le cas, car la d&#233;cision d'abandonner la strat&#233;gie politico-militaire laissait entre les mains de l'ETA la gestion de sa propre auto-dissolution. Batasuna obtenait ainsi son ind&#233;pendance vis-&#224;-vis de l'ETA mais lui laissait, sans la r&#233;soudre, le choix de la d&#233;cision finale sur quand et comment d&#233;poser les armes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e d'&#233;changer la lib&#233;ration de prisonniers contre des armes autour d'une table de n&#233;gociation avec l'&#201;tat donnerait &#224; l'ETA la l&#233;gitimit&#233; n&#233;cessaire pour se justifier devant l'histoire. La fin de la violence serait ainsi le r&#233;sultat d'un pacte sans vainqueurs ni vaincus. L'ETA pourrait justifier son action violente comme une riposte n&#233;cessaire &#224; l'oppression nationale et &#224; la violence de l'&#201;tat. Les victimes de son action arm&#233;e seraient le r&#233;sultat non d&#233;sir&#233;, mais in&#233;vitable, d'un conflit politique qui a &#233;galement provoqu&#233; des victimes dans la gauche abertzale. La r&#233;conciliation de la soci&#233;t&#233; basque serait ainsi la cons&#233;quence d'une reconnaissance mutuelle et de la fin simultan&#233;e des deux violences sym&#233;triques. Ce &#171; r&#233;cit historique &#187; fait reposer la responsabilit&#233; de la violence sur l'&#201;tat espagnol, disculpe l'ETA de toute responsabilit&#233; politique et morale et justifie en passant Batasuna pour la couverture qu'elle donn&#233; &#224; l'ETA tout au long de son histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me, avec cette strat&#233;gie, ne r&#233;side pas dans l'offre de dialogue avec l'&#201;tat, mais bien dans le r&#233;cit qui l'accompagne. Pour faire honneur &#224; la v&#233;rit&#233;, il faut souligner que l'&#233;change de prisonniers contre des armes serait le bienvenu (et serait probablement &#171; bien accept&#233; &#187; par la majorit&#233; de l'opinion), mais cela requiert un autre discours, un autre r&#233;cit. Et je ne fait pas r&#233;f&#233;rence ici, ni &#224; l'acceptation du cadre constitutionnel espagnol &#8211; comme l'a fait la &#171; fraction politico-militaire &#187; de l'ETA en 1981, une trahison politique pure et simple &#8211; ni l'auto dissolution de facto, par l'inaction, parce que cela constituerait une mani&#232;re honteuse de mettre fin &#224; 50 ann&#233;es d'histoire militante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon moi, on peut, et l'on doit, reconna&#238;tre l'incompatibilit&#233; entre le caract&#232;re l&#233;gitime de la fin poursuivie et l'immoralit&#233; des m&#233;thodes utilis&#233;es par l'ETA pour l'obtenir. On peut et l'on doit demander pardon pour le mal qui a &#233;t&#233; fait, et on ne doit pas le faire en &#233;change de quoi que ce soit. Le r&#233;sultat d'une telle attitude serait la r&#233;conciliation entre la fin et les moyens, la r&#233;cup&#233;ration de la raison &#233;thique et la r&#233;habilitation de la dignit&#233; dans l'action politique. Avec de tels acquis dans les mains, nous aurons la force morale n&#233;cessaire pour relancer la lutte pour la souverainet&#233; nationale et pour la lib&#233;ration des 800 prisonniers basques qui croupissent dans les prisons espagnoles et fran&#231;aises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; ce changement de discours sur la violence, il faut r&#233;ajuster le projet ind&#233;pendantiste afin de le rendre int&#233;grateur vis-&#224;-vis de toutes les identit&#233;s nationales qui vivent dans la soci&#233;t&#233; basque. Il faut renforcer les facteurs d'identit&#233; collective et cultiver l'id&#233;e d'un pacte entre les peuples et d'une souverainet&#233; partag&#233;e entre leurs institutions nationales respectives, car la souverainet&#233; que nous revendiquons ne repose pas sur une identit&#233; excluante, mais bien dans le droit d&#233;mocratique de tous les citoyens basques &#224; d&#233;cider librement de leur futur politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il s'agit l&#224; d'une autre question, qui exc&#232;de de beaucoup les limites de cet article. Est-ce que la gauche abertzale sera capable de r&#233;ajuster dans cette direction son projet politique et son discours sur la violence ? Personne ne peut l'affirmer avec certitude, mais nous savons tous qu'elle dispose en elle de la masse critique suffisante pour tenter de le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jos&#233; Ram&#243;n Casta&#241;os. Bilbao, 14/08/2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;* &lt;strong&gt;Jos&#233; Ram&#243;n Casta&#241;os&lt;/strong&gt; est un ex-militant de l'ETA-VI, courant de l'ETA qui a fusionn&#233; avec la LCR en 1972. La LCR/ETA-VI fut la section de la IVe Internationale dans l'Etat espagnol. Il collabore r&#233;guli&#232;rement &#224; la revue &#171; Viento Sur &#187;. Cet article a &#233;t&#233; &#233;crit pour la revue &lt;a href=&#034;http://www.revistasudestada.com.ar&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Sudestada &#187;&lt;/a&gt;. Traduction fran&#231;aise par Ataulfo Riera pour le site &lt;a href=&#034;http://www.lcr-lagauche.be&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.lcr-lagauche.be&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gr&#232;ce : coup d'Etat europ&#233;en face au soul&#232;vement populaire</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Grece-coup-d-Etat-europeen-face-au-soulevement-populaire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Grece-coup-d-Etat-europeen-face-au-soulevement-populaire</guid>
		<dc:date>2011-11-22T14:42:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Stathis Kouv&#233;lakis</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Dettes et d&#233;ficits</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites, Loukas Papad&#233;mos vient de former le nouveau gouvernement dit &#171; d'entente nationale &#187; appel&#233; &#224; succ&#233;der &#224; celui du d&#233;missionnaire Georges Papandr&#233;ou. Il a fallu plusieurs jours de tergiversations et d'&#226;pres n&#233;gociations entre le PASOK (social-d&#233;mocrate), toujours majoritaire au Parlement, et la Nouvelle D&#233;mocratie (ND, opposition de droite), sans oublier le r&#244;le particuli&#232;rement actif de l'extr&#234;me droite du LAOS [Rassemblement Populaire Orthodoxe], pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Grece-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Dettes-et-deficits-+" rel="tag"&gt;Dettes et d&#233;ficits&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH112/arton3261-8caa8.jpg?1629994050' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites, Loukas Papad&#233;mos vient de former le nouveau gouvernement dit &#171; d'entente nationale &#187; appel&#233; &#224; succ&#233;der &#224; celui du d&#233;missionnaire Georges Papandr&#233;ou. Il a fallu plusieurs jours de tergiversations et d'&#226;pres n&#233;gociations entre le PASOK (social-d&#233;mocrate), toujours majoritaire au Parlement, et la Nouvelle D&#233;mocratie (ND, opposition de droite), sans oublier le r&#244;le particuli&#232;rement actif de l'extr&#234;me droite du LAOS [Rassemblement Populaire Orthodoxe], pour arriver &#224; ce r&#233;sultat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au final, un gouvernement dont les principaux portefeuilles &#233;conomiques et sociaux restent aux mains du PASOK, la droite se cantonnant &#224; deux minist&#232;res &#171; r&#233;galiens &#187; (D&#233;fense, Affaires &#233;trang&#232;res). Un gouvernement &#233;galement marqu&#233; par la participation de l'extr&#234;me-droite, pour la premi&#232;re fois depuis la chute du r&#233;gime militaire (1974), qui se voit attribuer un minist&#232;re (Transports et Travaux publics) et trois secr&#233;tariats d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, bien plus que ces man&#339;uvres politiciennes, ce sont les pressions des gouvernements allemands et fran&#231;ais et de ce qu'on appelle les &#171; march&#233;s &#187; qui ont permis d'aboutir &#224; ce r&#233;sultat. Ancien vice-pr&#233;sident de la Banque Centrale Europ&#233;enne (BCE), de 2002 &#224; 2010, Papad&#233;mos, membre de la Commission Trilat&#233;rale, fut directeur de la Banque Centrale de Gr&#232;ce entre 1994 et 2002 et, de ce fait, l'un des architectes de l'entr&#233;e de la Gr&#232;ce dans l'euro, aux c&#244;t&#233;s de son mentor en politique, l'ancien Premier ministre social-d&#233;mocrate &#171; moderniste &#187; Costas Simitis, le principal architecte du n&#233;olib&#233;ralisme en Gr&#232;ce, consid&#233;r&#233; comme particuli&#232;rement proche des milieux d'affaires allemands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant dire qu'avec ce nouveau Premier ministre, ce sont de fa&#231;on quasiment directe les milieux financiers europ&#233;ens, et secondairement grecs, ainsi que les pays du directoire de l'Union Europ&#233;enne (UE) qui gouvernent le pays, au m&#233;pris de tout mandat populaire, dans ce qui peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme le premier &#171; coup d'&#201;tat blanc &#187; con&#231;u et mis en &#339;uvre par cette m&#234;me UE et les banquiers dont elle est le fond&#233; de pouvoir. Les formulations de Marx &#224; propos de la monarchie de Juillet, selon laquelle cette derni&#232;re est le &lt;i&gt;&#171; r&#232;gne d'une fraction seulement de la bourgeoisie, l'aristocratie financi&#232;re &#187; et le r&#233;gime tout entier une &#171; soci&#233;t&#233; par actions pour l'exploitation de la richesse nationale &#187;&lt;/i&gt; [1] retrouvent ainsi une nouvelle jeunesse. &#192; ceci pr&#232;s que cette aristocratie financi&#232;re est &#224; pr&#233;sent essentiellement multinationale, et avant tout europ&#233;enne, les sp&#233;culateurs et profiteurs d'aujourd'hui si&#233;geant dans les conseils d'administration des banques (et institutions financi&#232;res) allemandes, fran&#231;aises et de la BCE [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment comprendre de fa&#231;on plus profonde ce bouleversement spectaculaire du paysage politique, qui a vu en une dizaine de jours l'ex-Premier ministre Papandr&#233;ou annoncer un r&#233;f&#233;rendum, se r&#233;tracter, gagner un vote de confiance au Parlement pour finalement d&#233;missionner et laisser la place &#224; un gouvernement d'&#171; entente nationale &#187; aux ordres des financiers et de l'UE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cisons d'entr&#233;e de jeu ceci : contrairement &#224; une impression largement r&#233;pandue dans et par les m&#233;dias internationaux, ce n'est pas l'annonce d'un r&#233;f&#233;rendum portant sur les d&#233;cisions du sommet europ&#233;en du 27 octobre 2011 qui a pr&#233;cipit&#233; les &#233;v&#233;nements, mais la situation pr&#233;-insurrectionnelle dans laquelle la Gr&#232;ce a plong&#233; depuis les journ&#233;es du 19 et 20 octobre et, de fa&#231;on encore plus nette, depuis les &#233;meutes qui ont accompagn&#233; les comm&#233;morations de la f&#234;te nationale du 28 octobre. C'est du reste pr&#233;cis&#233;ment &#224; cette situation que venait r&#233;pondre l'initiative &#224; haut risque, et qui s'est r&#233;v&#233;l&#233;e fatale pour son sort, de Papandr&#233;ou [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, les derniers &#233;v&#233;nements doivent &#234;tre compris comme le prolongement logique des tendances qui sont apparues en juin dernier, lorsque la mobilisation du &#171; peuple des places &#187; atteignit un pic et d&#233;clencha la premi&#232;re phase de la crise politique [4]. Papandr&#233;ou s'est alors plac&#233; pour quelques heures en position de d&#233;missionnaire &#224; la recherche d'un accord de gouvernement d'&#171; entente nationale &#187; avec le dirigeant de l'opposition de droite Antonis Samaras [de la ND]. Si cet &#233;pisode s'est rapidement clos par un simple remaniement gouvernemental, il n'en a pas moins mis en &#233;vidence les trois principaux d&#233;terminants de la s&#233;quence qui d&#233;bouche sur la situation pr&#233;sente :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une mont&#233;e des mobilisations, qui prennent l'allure d'un v&#233;ritable soul&#232;vement populaire ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'accentuation de la crise du syst&#232;me politique et sa transformation en crise de l'&#201;tat &#187; ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le r&#244;le de type n&#233;ocolonial de l'UE devenue acteur de premier plan de la sc&#232;ne politique du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une br&#232;ve analyse de ces trois facteurs s'av&#232;re donc n&#233;cessaire avant d'aborder la question des perspectives de la gauche radicale dans cette conjoncture nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le soul&#232;vement populaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 48 heures des 19 et 20 octobre [voir documentaire sur A l'Encontre TV] a confirm&#233; que le cycle de mobilisation entam&#233; d&#232;s le vote, le 5 mai 2010, du M&#233;morandum entre le gouvernement grec et la d&#233;sormais fameuse &#171; Tro&#239;ka &#187; (UE, BCE, FMI) &#233;tait entr&#233; dans une nouvelle phase. L'ampleur et la combativit&#233; des manifestations, leur diffusion dans l'ensemble du territoire [5], la composition sociale &#233;largie des participants (salari&#233;s du public et du priv&#233;, ch&#244;meurs, jeunes, petits commer&#231;ants et entrepreneurs, retrait&#233;s), mais aussi la pr&#233;paration de ces deux journ&#233;es par toute une s&#233;rie d'actions aux formes souvent in&#233;dites (occupations de b&#226;timents publics, y compris des si&#232;ges de minist&#232;res et de pr&#233;fectures, refus de payer les nouvelles taxes, gr&#232;ves prolong&#233;es dans certains secteurs comme les &#233;boueurs ou le personnel hospitalier), tous ces &#233;l&#233;ments dressent le tableau d'une mobilisation ouvri&#232;re et populaire ascendante, disposant d'importantes r&#233;serves et de l'appui majoritaire du corps social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le dire autrement, ce &#224; quoi nous avons assist&#233; dans les rues d'Ath&#232;nes et des villes du pays, c'est &#224; la convergence du &#171; peuple des places &#187; du printemps dernier (dont la masse se composait d'&#233;lecteurs r&#233;volt&#233;s des deux &#171; partis de gouvernement &#187;, PASOK et ND) et du mouvement populaire organis&#233;. Le renforcement du r&#244;le jou&#233; par ses composantes traditionnelles, syndicales et politiques, a jou&#233; dans ce sens, notamment la mobilisation du Parti Communiste Grec (KKE) et de son front syndical (PAME). Sous la pression de sa base et de son environnement social, ce parti s'est d&#233;marqu&#233; de la routine qu'il affectionne, qui consiste &#224; faire d&#233;filer ses propres cort&#232;ges de fa&#231;on soigneusement distinctes du reste des manifestants, et a voulu occuper le terrain de fa&#231;on visible et prolong&#233;e, en organisant l'encerclement du Parlement le 20 octobre 2011. Certes, il s'y est pris avec son sectarisme coutumier, refusant une fois de plus toute unit&#233; d'action avec les autres forces de la gauche radicale. Cela ne saurait toutefois justifier en aucune fa&#231;on l'attaque militaris&#233;e, &#224; vis&#233;e meurtri&#232;re (cocktails molotov lanc&#233;s contre le service d'ordre et les cort&#232;ges du PAME), dont il fut la cible de la part d'une partie de la mouvance Black Bloc et qui s'est sold&#233;e par la mort d'un ouvrier du b&#226;timent, militant du PAME, et par l'hospitalisation d'une quarantaine de manifestants issus de ses rangs, dont trois dans un &#233;tat grave [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces incidents, qui ont laiss&#233; un go&#251;t amer, une dynamique d'action de rue s'&#233;tait mise en place, qui a resurgi lors des manifestations qui ont &#233;clat&#233; &#224; l'occasion des comm&#233;morations du 28 octobre [7]. Des manifestations que l'on peut consid&#233;rer comme l'&#233;quivalent sur le plan symbolique d'une &#171; prise de la Bastille &#187; &#224; la grecque. En ce jour de confirmation des autorit&#233;s de l'&#201;tat dans leur r&#244;le de repr&#233;sentant de la nation, appel&#233;e &#224; d&#233;filer sous leur regard, celles-ci sont un peu partout chass&#233;es de leur place physique et symbolique, &#224; savoir des tribunes officielles [8], aussit&#244;t envahies par la foule. Une foule qui d&#233;clare de la sorte qu'elle est la seule incarnation l&#233;gitime du tout social. Cette conqu&#234;te symbolique de la place vide, ou plut&#244;t vid&#233;e, du pouvoir par le peuple &#171; en personne &#187; s'est &#233;galement exprim&#233;e par la multiplicit&#233; des significations qui ont marqu&#233; cette journ&#233;e : slogans liant le &#171; non &#187; de 1940 avec la situation pr&#233;sente et assimilant les gouvernants actuels aux &#171; collabos &#187;, reprise de chants de la R&#233;sistance et de la lutte contre la dictature des colonels, drapeaux allemands et de l'UE br&#251;l&#233;s devant des foules en liesse. Comme a pu le constater le correspondant du Monde, &lt;i&gt;&#171; la journ&#233;e s'est transform&#233;e en journ&#233;e du non &#224; la &#171; Tro&#239;ka &#187; et &#224; l'aust&#233;rit&#233; &#187;&lt;/i&gt;[9]. Tout cela indique que pour de larges secteurs sociaux &#233;merge un r&#233;cit national et populaire alternatif &#224; celui du pouvoir, qui fait converger la dimension sociale et la dimension nationale de la protestation et relie le pr&#233;sent avec la m&#233;moire populaire de la &#171; longue dur&#233;e &#187; historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un seuil symbolique a ainsi &#233;t&#233; franchi et il semble peu probable de voir la mobilisation retomber, m&#234;me si sa reprise passera par une p&#233;riode d'adaptation &#224; la situation nouvelle cr&#233;e par le bouleversement au sommet de l'&#201;tat. D'autant que la situation &#233;conomique du pays, d&#233;j&#224; dramatique, ne cesse d'empirer : le taux de ch&#244;mage a officiellement atteint 18,4%, mais est plus proche des 25% dans la r&#233;alit&#233; ; les salari&#233;&#183;e&#183;s et les retrait&#233;&#183;e&#183;s ont perdu environ un tiers de leur revenu ; les taxes exorbitantes r&#233;cemment vot&#233;es ach&#232;vent de saigner les m&#233;nages ; les services publics sont en ruine ; le taux de suicide, traditionnellement l'un des plus faible d'Europe, a bondi de 40 % en un an ; tandis que la situation sanitaire de la population se d&#233;t&#233;riore de fa&#231;on dramatique, comme le r&#233;v&#232;le une &#233;tude publi&#233;e dans la prestigieuse revue m&#233;dicale The Lancet [10], qui conclut &#224; une &#171; trag&#233;die grecque &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, il appara&#238;t tout simplement impensable qu'un gouvernement s'appr&#234;tant &#224; administrer &#224; une population exsangue une nouvelle potion d'aust&#233;rit&#233; puisse tenir longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'approfondissement de la crise politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par son ampleur et son aspect in&#233;dit, &#224; savoir l'entr&#233;e en sc&#232;ne de masses jusqu'alors relativement passives et d&#233;pourvues de culture politique coh&#233;sive, le &#171; mouvement des places &#187; du mois de juin cr&#233;ait les conditions de la transformation de la crise &#233;conomique et sociale en crise politique g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Une crise que nous pouvons, en r&#233;f&#233;rence aux analyses de Gramsci, qualifier de &#171; crise organique &#187;. La mont&#233;e en puissance de la protestation populaire r&#233;v&#233;lait un moment de rupture des rapports &#233;tablis de repr&#233;sentation entre les principaux groupes sociaux et leurs formes d'expression partidaire qui se traduit par &lt;i&gt;&#171; le passage soudain [de ces groupes] de la passivit&#233; politique vers une forme d'activit&#233; et de revendication qui, dans leur unit&#233; non-organique constituent une r&#233;volution &#187;. Cette crise, poursuit le r&#233;volutionnaire italien, devient alors &#171; une crise de pouvoir, et c'est en cela exactement la crise d'h&#233;g&#233;monie ou crise de l'&#201;tat dans son ensemble &#187;&lt;/i&gt;[11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confront&#233; &#224; une situation de crise g&#233;n&#233;ralis&#233;e, le syst&#232;me politique tend &#224; s'autonomiser des rapports de repr&#233;sentation et des r&#232;gles de l'alternance parlementaire. Gramsci parlait de tendance au &#171; bonapartisme &#187; ou au &#171; c&#233;sarisme &#187;, qui peuvent s'imposer m&#234;me &#171; sans C&#233;sar, sans personnalit&#233; h&#233;ro&#239;que et repr&#233;sentative &#187;. Dans un r&#233;gime parlementaire, ces solutions prennent la forme de gouvernements de &#171; grande coalition &#187;, qui lient de fa&#231;on directe des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et sectoriels des classes dominantes avec des fractions du personnel politique d&#233;tach&#233;es de leurs attaches partidaires ant&#233;rieures. Diff&#233;rentes en cela du ph&#233;nom&#232;ne bonapartiste personnalis&#233; et circonscrit au XIXe si&#232;cle, ces solutions offrent bien plus de souplesse au prix, cependant, d'une instabilit&#233; chronique. Il n'en reste pas moins qu'il s'agit de formes de construction d'un bloc de pouvoir qui contournent (et/ou alt&#232;rent tr&#232;s significativement) les m&#233;diations de type repr&#233;sentatif et la l&#233;gitimation &#233;lectorale, sans toutefois rompre explicitement avec le cadre parlementaire existant, m&#234;me si elles peuvent, le cas &#233;ch&#233;ant, pr&#233;parer le terrain &#224; une telle &#233;volution [12].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce cadre qu'il faut situer le processus de constitution d'un gouvernement d'&#171; entente nationale &#187;, tel que celui dirig&#233; par Papad&#233;mos. L'id&#233;e &#233;tait dans l'air depuis un certain temps, et elle fut bri&#232;vement test&#233;e, nous l'avons vu, en juin 2011. Mais l'urgence d'une telle issue ne s'est impos&#233;e qu'avec la tournure explosive prise par la protestation populaire lors la s&#233;quence insurrectionnelle qui s'est d&#233;ploy&#233;e entre le 19 et le 28 octobre. Des indices comme la paralysie quasi-compl&#232;te de l'administration d'&#201;tat, accentu&#233;e par la vague d'occupations de b&#226;timents publics, ou le soudain remplacement de la totalit&#233; de l'&#233;tat-major militaire, qui ne faisait pas un secret de son opposition aux coupes budg&#233;taires qui affectent profond&#233;ment l'arm&#233;e, ont &#233;galement pouss&#233; en ce sens, r&#233;v&#233;lant que le fonctionnement de la machinerie &#233;tatique &#233;tait atteint en son c&#339;ur m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d'usage, dans de telles circonstances, que les pouvoirs chancelants prennent des initiatives qui finissent par r&#233;pandre le feu qu'elles &#233;taient cens&#233;es contr&#244;ler, sinon &#233;teindre. L'annonce d'un r&#233;f&#233;rendum par Papandr&#233;ou, cens&#233; porter sur l'accord conclu lors du sommet europ&#233;en du 27 octobre, &#233;tait l'exemple-type d'un tel geste qui, ind&#233;pendamment des intentions de son auteur, a n&#233;anmoins fonctionn&#233; comme un test de v&#233;rit&#233; pour le syst&#232;me politique grec et pour l'UE tout enti&#232;re. Le d&#233;fi lanc&#233; par le dirigeant du PASOK a sem&#233; la panique sur les places boursi&#232;res et provoqu&#233; la col&#232;re du directoire franco-allemand, qui, de fa&#231;on tout &#224; fait explicable, bondit au seul &#233;nonc&#233; du mot de &#171; r&#233;f&#233;rendum &#187;, l'UE n'&#233;tant gu&#232;re sortie grandie des pr&#233;c&#233;dents &#233;pisodes du genre, et ce dans des conditions incomparablement plus favorables que celles offertes par la situation de la Gr&#232;ce. L'humiliation subie par Papandr&#233;ou au sommet de Cannes [d&#233;but novembre], sans pr&#233;c&#233;dent pour un dirigeant de pays europ&#233;en, &#233;tait la cons&#233;quence logique de cette fausse, car bien trop tardive, na&#239;vet&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le front int&#233;rieur, le geste de Papandr&#233;ou, suivi par les pressions directes exerc&#233;es par les dirigeants europ&#233;ens, a sans doute davantage apport&#233; le r&#233;sultat escompt&#233;. Il a certes r&#233;v&#233;l&#233; que le Premier ministre sortant &#233;tait contest&#233; au sein de son propre parti &#171; sur sa droite &#187;, par une aile d'int&#233;gristes n&#233;olib&#233;raux regroup&#233;s autour de ce que l'on qualifie de &#171; talibans du M&#233;morandum &#187; ou de &#171; tro&#239;ka interne &#187; [13], qui a imm&#233;diatement rejet&#233; l'id&#233;e du r&#233;f&#233;rendum et mis en avant l'id&#233;e d'un gouvernement d'&#171; unit&#233; nationale &#187;. S'il a sap&#233; un peu plus la coh&#233;sion de son propre parti, Papandr&#233;ou a toutefois marqu&#233; des points face &#224; l'opposition de droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plac&#233;e devant la quasi-certitude d'une victoire du &#171; non &#187; aux accords du 27 octobre et du chantage exerc&#233; par l'UE (un &#171; non &#187; &#233;quivaut &#224; la sortie de l'euro), la droite a vigoureusement combattu la proposition de r&#233;f&#233;rendum. Mais, dans la foul&#233;e, elle s'est &#233;galement vu contrainte de c&#233;der aux exigences de &#171; consensus &#187; formul&#233;es d&#232;s le d&#233;but de la crise de la dette par les milieux d'affaires et les dirigeants europ&#233;ens. De son c&#244;t&#233;, l'extr&#234;me droite, championne d&#232;s le printemps 2010 d'une &#171; entente nationale &#187; pour mettre en &#339;uvre de fa&#231;on muscl&#233;e la &#171; th&#233;rapie de choc &#187;, s'est sentie triompher. Son leader, Giorgos Karandzaf&#233;ris, s'est pos&#233; ouvertement comme le &#171; parrain &#187; du nouveau gouvernement d'&#171; unit&#233; nationale &#187;, qui lui permet d'acc&#233;der &#224; la respectabilit&#233; institutionnelle tant d&#233;sir&#233;e. Les formations p&#233;riph&#233;riques du centre-droit (la petite formation ultra-lib&#233;rale et europ&#233;iste Alliance D&#233;mocratique de Dora Bakoyanni, challenger de Samaras &#224; la direction de la ND en novembre 2010) et du centre-gauche (la Gauche d&#233;mocratique, issue d'une scission droiti&#232;re de Synaspismos, et les &#233;cologistes) leur ont embo&#238;t&#233; le pas, avec quelques r&#233;serves de formes pour ces derni&#232;res. La voie &#233;tait de la sorte ouverte pour le processus qui a abouti &#224; la constitution d'un gouvernement dirig&#233; par le banquier Papad&#233;mos, incarnation naturelle d'un bloc au pouvoir enti&#232;rement domin&#233; par les int&#233;r&#234;ts de la finance europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'UE en tant que puissance n&#233;ocoloniale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le de l'UE dans cette affaire m&#233;rite assur&#233;ment quelques remarques sp&#233;cifiques. &#192; supposer en effet qu'il subsist&#226;t encore en Gr&#232;ce quelques apparences de souverainet&#233; nationale et de fonctionnement d&#233;mocratique, f&#251;t-il &#171; formel &#187;, des institutions parlementaires, celles-ci appartiennent d&#233;sormais &#224; un pass&#233; r&#233;volu. La fa&#231;on dont Papandr&#233;ou fut contraint de se r&#233;tracter sur le r&#233;f&#233;rendum, apr&#232;s s'&#234;tre vu dicter de la fa&#231;on la plus humiliante les termes de la question qui serait pos&#233;e (et m&#234;me la date de sa tenue !), les conditions de son d&#233;part du pouvoir ainsi que les man&#339;uvres qui se sont d&#233;roul&#233;es dans l'opacit&#233; la plus totale afin de constituer le gouvernement d'&#171; entente nationale &#187; constituent au sens le plus strict un &#171; coup d'&#201;tat blanc &#187;, le premier dont la conception et la mis en &#339;uvre se sont faites sous la houlette de l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il souligner &#224; quel point ce gouvernement est d&#233;pourvu de la moindre l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique, dans le sens le plus banal du terme, telle qu'elle s'est notamment exprim&#233;e dans le scrutin d'octobre 2009 ? Et pourtant, la t&#226;che qui lui est explicitement confi&#233;e (application des accords du 27 octobre, avec des mesures d'aust&#233;rit&#233; encore plus graves que toutes les pr&#233;c&#233;dentes, accompagn&#233;es de la mise sous tutelle permanente et de la vente &#224; l'encan de la quasi-totalit&#233; du patrimoine public restant) engagera le pays pour les d&#233;cennies &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux &#233;l&#233;ments donnent une id&#233;e du radicalisme n&#233;olib&#233;ral qui anime Papad&#233;mos et ceux qui l'entourent. Dans un article publi&#233; simultan&#233;ment dans le quotidien grec &lt;i&gt;To Vima&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;Financial Times&lt;/i&gt; le 23 octobre [14], l'actuel Premier ministre avait r&#233;cus&#233; la proposition de d&#233;cote de 50% de la dette grecque d&#233;tenue par les banques et autres institutions priv&#233;es, qui fut finalement adopt&#233;e par le sommet europ&#233;en du 27 octobre, et voulait s'en tenir &#224; la seule d&#233;cote de 21% pr&#233;vue par le sommet du 21 juillet, sous la pression de Sarkozy, et quasi-unanimement jug&#233;e scandaleusement favorable aux banques et totalement insoutenable pour le pays. Mieux vaut donc miser sur la &#171; g&#233;n&#233;rosit&#233; &#187;, ou le r&#233;alisme, d'Angela Merkel en mati&#232;re de paiement de la dette grecque que sur l'actuel Premier ministre. Par ailleurs, l'une des principales exigences de Papad&#233;mos et de ses soutiens europ&#233;ens, dans la lign&#233;e de leur refus obstin&#233; du r&#233;f&#233;rendum, a consist&#233; &#224; &#233;carter l'id&#233;e d'&#233;lections anticip&#233;es qui &#233;taient pourtant l'une des conditions que Samaras et la ND avaient pos&#233; pour leur soutien &#224; un &#233;ventuel gouvernement d'&#171; unit&#233; nationale &#187;. La confusion continue de r&#233;gner &#224; ce sujet, Samaras ayant repris dans sa d&#233;claration post&#233;rieure &#224; la formation du gouvernement la date du 19 f&#233;vrier qu'il avait initialement annonc&#233;. Assumant pleinement la logique bonapartiste &#233;voqu&#233;e auparavant, Papad&#233;mos et l'UE ne veulent pas d'une simple &#233;quipe de transition, charg&#233;e d'une mission limit&#233;e. C'est bien un gouvernement de combat qu'ils entendent mettre en place, comme le souligne, sous couvert d'anonymat, l'un des anciens coll&#232;gues du Premier ministre &#224; la BCE : &lt;i&gt;&#171; &#224; la t&#234;te du gouvernement grec, il devra apprendre cependant &#224; trancher durement, &#224; faire des m&#233;contents &#187;&lt;/i&gt; [15]. Nul doute que, flanqu&#233; de ses ministres du LAOS et des z&#233;lateurs de la &#171; tro&#239;ka interne &#187;, il apprendra tr&#232;s vite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, les masques sont tomb&#233;s : l'UE appara&#238;t pour ce qu'elle est, une menace mortelle pour les r&#232;gles d&#233;mocratiques les plus &#233;l&#233;mentaires, celles-l&#224; m&#234;me du r&#233;gime parlementaire lib&#233;ral. Car il ne faut pas se tromper : la simultan&#233;it&#233; des changements de gouvernement en Italie et en Gr&#232;ce, la prise du pouvoir dans les deux cas par des fond&#233;s de pouvoir des banques, sortis des entrailles de l'Union Europ&#233;enne (BCE pour Papad&#233;mos, Commission Europ&#233;enne pour Monti), cultivant les liens directs avec les milieux d'affaires, n'a rien d'une co&#239;ncidence. Depuis que la crise des dettes souveraines a &#233;clat&#233;, la Gr&#232;ce est bien un cobaye de la &#171; th&#233;rapie de choc &#187; que les classes dominantes sont d&#233;cid&#233;es &#224; mettre en &#339;uvre, et cela, comme Naomi Klein l'a tr&#232;s bien vu [16], ne peut se faire dans le cadre politique et institutionnel existant (du moins pour les normes d'un pays d'Europe de l'Ouest). Les &#171; th&#233;rapies de choc &#187; sont indissociables des &#171; d&#233;sastres &#187;, conduisant &#224; l'instauration d'un &#171; &#233;tat d'urgence &#187; de plus en plus banalis&#233;. Et, dans le cadre europ&#233;en des 27 pays qui en font partie, c'est bien l'UE, ses institutions et son directoire franco-allemand (plus allemand que fran&#231;ais &#224; vrai dire) qui en sont les ma&#238;tres d'&#339;uvre. Pourtant, au sein de la gauche europ&#233;enne, y compris ses ailes radicales, on s'obstine &#224; vouloir contourner cette r&#233;alit&#233; ou &#224; ne pas en mesurer les cons&#233;quences [17], en cultivant par exemple l'illusion d'une &#171; r&#233;formabilit&#233; &#187; des institutions de l'UE ou d'un bouleversement sociopolitique simultan&#233; dans les principaux pays europ&#233;ens qui permettrait de se dispenser d'affronter la machinerie de l'UE en tant que telle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'impuissance paradoxale de la gauche radicale grecque&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la crise de la dette, la gauche radicale grecque se trouve dans une position paradoxale. Elle se renforce sur le plan &#233;lectoral, partant d'un niveau qui est d&#233;j&#224; le plus &#233;lev&#233; d'Europe (cf. encadr&#233;, plus bas). Ses militants sont tr&#232;s actifs dans les mobilisations, m&#234;me si le &#171; mouvement des places &#187; a r&#233;v&#233;l&#233; ses difficult&#233;s &#224; s'ouvrir &#224; des secteurs sociaux ext&#233;rieurs &#224; ses sph&#232;res traditionnelles d'influence. Pourtant, elle peine &#224; intervenir politiquement dans la situation, &#224; proposer une alternative cr&#233;dible aux politiques barbares mises en &#339;uvre et rejet&#233;es par la quasi-totalit&#233; de la soci&#233;t&#233;. Elle n'arrive pas de ce fait &#224; d&#233;gager une issue politique &#224; la vague de col&#232;re populaire, qui risque de conna&#238;tre une trajectoire &#171; argentine &#187; : un soul&#232;vement populaire capable de faire chuter le pouvoir en place, mais d&#233;pourvu de solution politique de rechange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux facteurs p&#232;sent d'un poids particulier dans cet &#233;tat de fait. Tout d'abord la profonde division, plus exactement l'ambiance de guerre intestine, qui r&#232;gne entre ses deux principales composantes : le Parti communiste (KKE) d'une part, engonc&#233; dans une ligne sectaire et nostalgique du pass&#233; stalinien, qui reste la force dominante aussi bien sur le plan &#233;lectoral que militant, et la Coalition de la gauche radicale (Syriza), de l'autre, qui pr&#244;ne une d&#233;marche unitaire, mais qui peine &#224; trouver une coh&#233;rence interne entre ses multiples composantes et tendances et tend &#224; se replier sur une proposition d'unit&#233; &#171; a minima &#187;, bas&#233;e sur un simple refus de l'aust&#233;rit&#233;. N&#233;cessaire &#224; l'unit&#233; d'action, une telle base s'av&#232;re toutefois insuffisante quand se pose la question d'une alternative de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plac&#233;es devant ce redoutable d&#233;fi, ces formations ont le plus grand mal &#224; formuler des propositions pr&#233;cises et un tant soit peu audibles sur les questions-cl&#233;s o&#249; se jouent la l&#233;gitimit&#233; des politiques men&#233;es et la possibilit&#233; d'une autre logique, &#224; savoir la dette et la question de l'euro et, plus largement, des rapports avec l'UE. La ligne majoritaire au sein de Syriza, et, surtout de sa principale composante, Synaspismos, est de proposer une ren&#233;gociation de la dette dans le cadre de l'UE et de la zone euro, sans recours &#224; la cessation de paiement. La question de l'euro ou de la structure antid&#233;mocratique et n&#233;ocoloniale de l'UE sont minimis&#233;es et/ou renvoy&#233;es &#224; un futur ind&#233;termin&#233;, lorsqu'un &#171; mouvement social europ&#233;en &#187; aura chang&#233; la donne au niveau de l'UE tout enti&#232;re, ou du moins de son noyau. Faut-il pr&#233;ciser que ces propositions paraissent en complet d&#233;calage par rapport &#224; la situation, peu cr&#233;dibles et suscitant une opposition interne croissante ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant cette impasse, des courants importants de Synaspismos (le &#171; courant de gauche &#187; dirig&#233; par l'actuel porte-parole parlementaire de Syriza Panagiotis Lafazanis) ainsi que d'autres composantes de Syriza regroup&#233;es dans le Front pour la Solidarit&#233; et la Rupture (dirig&#233; par l'ancien pr&#233;sident de Synaspismos Alekos Alavanos) haussent le ton et rompent avec le consensus europ&#233;iste. Ils pr&#244;nent une ren&#233;gociation de la dette &#171; &#224; la Kirchner &#187;, men&#233;e sous la pression d'une cessation de paiement &#224; l'initiative du pays emprunteur, accompagn&#233;e d'une sortie de l'euro et de la nationalisation du secteur bancaire, qui permettraient une d&#233;valuation de la monnaie et une sortie de la logique de la &#171; d&#233;valuation interne &#187; (fond&#233;e sur la baisse drastiques du co&#251;t du travail) impos&#233;e par les cures d'aust&#233;rit&#233;. En plus des arguments &#233;conomiques, une rupture avec l'euro et la logique des institutions europ&#233;ens, sans sortie imm&#233;diate de l'UE, est &#233;galement jug&#233;e n&#233;cessaire pour des raisons politiques : comment sortir le pays de la tutelle o&#249; il se trouve actuellement et relancer un fonctionnement d&#233;mocratique sans accepter un d&#233;couplage, f&#251;t-il partiel, avec l'UE et le r&#233;tablissement de sa souverainet&#233; nationale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet agenda est du reste d&#233;j&#224; d&#233;fendu par le regroupement des forces de l'extr&#234;me gauche Antarsya, qui a connu quelques succ&#232;s &#233;lectoraux lors des r&#233;gionales et municipales de novembre 2010 (cf. encadr&#233;, plus bas), et qui d&#233;fend la cessation de paiement, la sortie de l'euro et la nationalisation des banques comme socle d'un programme de rupture anticapitaliste. Toutefois, malgr&#233; d'importantes convergences, et une audience croissante, le &#171; p&#244;le anti-UE &#187; de la gauche radicale peine &#224; se coordonner et &#224; acqu&#233;rir une visibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est encore plus fig&#233;e du c&#244;t&#233; du Parti communiste. Traditionnellement hostile &#224; l'UE, partisan d'une sortie de la Gr&#232;ce de l'Union, ce parti se montre pourtant tr&#232;s prudent sur ce terrain depuis le d&#233;but de la crise, soulignant que tous ces probl&#232;mes, ainsi que celui de la dette, ne pourront &#234;tre r&#233;solus qu'une fois &#171; renvers&#233; le pouvoir du capital monopoliste &#187; et instaur&#233; le &#171; pouvoir populaire &#187;, sous la direction, naturellement, du parti. Cette rh&#233;torique &#171; gauchiste &#187; sert en r&#233;alit&#233; &#224; justifier une pratique qui&#233;tiste sur le plan des mobilisations, avant tout soucieuse de refuser toute forme d'unit&#233; d'action et accusant Syriza (et Antarsya) d'&#234;tre des &#171; forces opportunistes &#187; jouant &#171; le jeu de la bourgeoisie et de l'UE &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, tout comme ceux de Syriza, les dirigeants du KKE manient un discours radical, mais d&#233;sincarn&#233;, en ayant avant tout l'&#339;il sur les sondages, qui cr&#233;ditent la gauche radicale de ses scores les plus &#233;lev&#233;s depuis les ann&#233;es 1970 (cf. encadr&#233;, plus bas). Ils semblent se contenter de ce r&#244;le de r&#233;ceptacle passif de la col&#232;re populaire, r&#244;le partag&#233; qui cr&#233;e entre eux une sorte d'&#233;trange complicit&#233;, par-del&#224; la virulence des pol&#233;miques. Pour le dire autrement, ce qui se trouve exclu dans les deux cas, quoique par des cheminements oppos&#233;s, c'est l'id&#233;e d'une alternative qui se construit sur des objectifs transitoires et r&#233;pond concr&#232;tement aux probl&#232;mes cruciaux pos&#233;s par la crise : dette, appartenance &#224; l'euro, mod&#232;le &#233;conomique, refondation d&#233;mocratique, ind&#233;pendance nationale et rapports avec l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette complicit&#233; perverse qui explique que la proposition de r&#233;f&#233;rendum de Papandr&#233;ou a mis dans un premier temps aussi bien Syriza que le KKE dans l'embarras, surtout lorsqu'il est apparu que se poserait la question de l'euro et d'une rupture concr&#232;te avec la cage de fer impos&#233;e par l'UE. Au lieu du r&#233;f&#233;rendum, qu'ils ont fini par soutenir en appelant &#224; un vote &#171; non &#187;, Syriza et le KKE ont pr&#233;f&#233;r&#233; mettre en avant le mot d'ordre d'&#233;lections anticip&#233;es. Et ils continuent de le faire, esp&#233;rant transformer en si&#232;ges les scores que leur accordent les enqu&#234;tes d'opinion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette gestion routini&#232;re d'une situation extra-ordinaire, dans tous les sens du terme, s'av&#232;re toutefois grosse de dangers. La formation du gouvernement Papad&#233;mos, qui scelle le front commun des classes dominantes grecques et europ&#233;ennes, place la gauche radicale grecque au pied du mur. Loin d'&#234;tre une force marginale, condamn&#233;e &#224; un r&#244;le de t&#233;moignage, elle se voit d&#233;sormais investie d'une responsabilit&#233; proprement historique : construire un front social et politique en mesure de relever le d&#233;fi lanc&#233; par un adversaire d&#233;stabilis&#233; mais d'autant plus dangereux, pr&#234;t &#224; toutes les aventures. Si elle se d&#233;robe, et s'av&#232;re incapable de changer la donne, elle pourrait fort bien &#234;tre balay&#233;e de la sc&#232;ne, comme l'ont &#233;t&#233; toutes les forces politiques, y compris de la gauche radicale, des pays qui ont d&#233;j&#224; subi la &#171; strat&#233;gie du choc &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette responsabilit&#233; est du reste loin d'&#234;tre une responsabilit&#233; uniquement nationale. Dans un article retentissant, publi&#233; en juin dernier dans le New York Times, l'historien britannique et sp&#233;cialiste d'histoire grecque contemporaine Mark Mazower, rappelait &#224; tou&#183;tes celles et ceux qui n'ont d'yeux que pour la gloire des Anciens, qu'au cours des deux derniers si&#232;cles la Gr&#232;ce moderne s'est retrouv&#233;e &#224; plusieurs reprises &lt;i&gt;&#171; &#224; la pointe de l'&#233;volution europ&#233;enne &#187;&lt;/i&gt; [18]. En s'engageant dans une guerre d'ind&#233;pendance, que les Grecs eux-m&#234;mes ont toujours appel&#233; &#171; la R&#233;volution de 1821 &#187;, ils furent les premiers &#224; &#233;branler l'ordre de la Sainte Alliance. Par leur &#171; non &#187; de 1940, leurs victoires contre les troupes de Mussolini et leur lutte massive contre l'occupant, ils ont &#233;t&#233; aux avant-postes du combat antifasciste. En se soulevant, il y 38 ans, contre la dictature des colonels, ils ont montr&#233; la voie &#224; d'autres peuples, du Sud europ&#233;en ou d'Am&#233;rique latine, qui subissaient une oppression comparable. Peut-&#234;tre donc, que, renouant avec ce fil qui traverse son histoire moderne, la Gr&#232;ce donnera une fois de plus le signal du soul&#232;vement europ&#233;en contre l'oppression, cette fois contre la dictature des financiers, des affairistes et de leurs path&#233;tiques commissaires politiques.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Stathis Kouv&#233;lakis est enseignant en philosophie politique au King's College de l'universit&#233; de Londres.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les forces politiques en Gr&#232;ce : r&#233;sultats &#233;lectoraux et tendances r&#233;centes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les derni&#232;res &#233;lections l&#233;gislatives ont eu lieu en octobre 2009. Le PASOK en est sorti vainqueur avec 44 % des voix, l'un de ses meilleurs r&#233;sultats depuis les ann&#233;es 1990, et 160 si&#232;ges (sur les 300 que compte le Parlement). &#192; noter que dix d&#233;put&#233;s ont d&#233;sert&#233; les rangs du PASOK depuis le vote du m&#233;morandum conclu entre le gouvernement et la tro&#239;ka (BCE, UE, FMI), en mai 2010, dont sept ont gard&#233; leur si&#232;ge, ce qui porte les effectifs du groupe parlementaire du PASOK &#224; 153 d&#233;put&#233;s, qui correspond aux voix re&#231;ues par le gouvernement sortant de Papandr&#233;ou lors du vote de confiance du 4 novembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Nouvelle D&#233;mocratie (droite) a obtenu 33,4% des voix, le plus mauvais r&#233;sultat de son histoire. Avec 5,6 %, l'extr&#234;me droite du LAOS (Rassemblement Populaire Orthodoxe) a progress&#233; sensiblement depuis les &#233;lections pr&#233;c&#233;dentes (+1,8%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;cologistes, qui affichent un profil &#171; centre-gauche moderne &#187;, social-lib&#233;ral sur les questions &#233;conomiques, ont obtenu 2,53%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; gauche du PASOK, le Parti Communiste (KKE) a obtenu 7,6%, en recul de 0,6% sur les r&#233;sultats de 2007, et la Coalition de la gauche radicale (Syriza) 4,6 %, en recul de 0,4 % sur les r&#233;sultats de 2007. Syriza regroupe une dizaine de composantes (qui vont du mao&#239;sme au trotskisme en passant par des sensibilit&#233;s &#171; mouvementistes &#187;) dont la principale est Synaspismos (Coalition de gauche), issue de deux scissions successives du KKE (1968 et 1991). &#192; noter qu'une bonne partie des organisations de la gauche radicale et de l'extr&#234;me gauche grecque sont &#233;galement issues de scissions ou de d&#233;parts collectifs du KKE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extr&#234;me gauche a pr&#233;sent&#233; trois listes, totalisant 0,7%. La principale composante, Antarsya (0,36%), est un regroupement d'une dizaine d'organisations, qui a enregistr&#233; des r&#233;sultats souvent significatifs lors des &#233;lections municipales et r&#233;gionales de 2010 (notamment 2,3% dans la r&#233;gion capitale et 3 % dans la ville d'Ath&#232;nes). Ces &#233;lections ont &#233;t&#233; d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale marqu&#233;es par une pouss&#233;e de la gauche radicale, essentiellement du KKE, qui est pass&#233; de 10 &#224; 14,4% dans la r&#233;gion capitale (Ath&#232;nes-Pir&#233;e et leurs banlieues), qui regroupe un tiers de l'&#233;lectorat total, et atteignit 11% des voix exprim&#233;es au niveau national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, les sondages font appara&#238;tre une large d&#233;fiance de l'&#233;lectorat vis-&#224;-vis des partis politiques, un tiers environ des personnes interrog&#233;es refusant d'indiquer une pr&#233;f&#233;rence, et une nette tendance &#224; la fragmentation du paysage politique. Sur la base de projections effectu&#233;es &#224; partir des r&#233;ponses donn&#233;es par les personnes indiquant un choix, la fourchette des estimations est de 18 &#224; 22% pour le PASOK, de 30 &#224; 33 % pour la ND et de 6 &#224; 8% pour le LAOS, auxquels il convient d'ajouter les 2% dont est habituellement cr&#233;dit&#233;e l'organisation n&#233;onazie Aurore Dor&#233;e (qui a obtenu 5% &#224; Ath&#232;nes aux municipales de 2010).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les petites formations de centre-gauche, sont cr&#233;dit&#233;es de 3 &#224; 4% pour les &#233;cologistes, et de 3 &#224; 5% pour la Gauche d&#233;mocratique, cr&#233;&#233;e par des dissidents de Synaspismos qu'ils accusent de &#171; d&#233;rive gauchiste &#187;. Syriza est estim&#233; entre 7 et 10 %, le KKE de 10 &#224; 13 % et Antarsya entre 1 et 2%. Sur la base de ces estimations, aucun parti n'obtiendrait de majorit&#233; en si&#232;ges au Parlement.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Marx ajoutait ceci, qui sonne &#233;trangement actuel : &lt;i&gt;&#171; l'endettement de l'&#201;tat &#233;tait d'un int&#233;r&#234;t direct pour la fraction de la bourgeoisie qui r&#233;gnait et l&#233;gif&#233;rait par l'interm&#233;diaire des Chambres. En fait, le d&#233;ficit de l'&#201;tat &#233;tait l'objet m&#234;me de sa sp&#233;culation et la source principale de son enrichissement. &#192; la fin de chaque ann&#233;e, nouveau d&#233;ficit. Au bout de quatre ou cinq ans, nouvel emprunt. Et chaque nouvel emprunt offrait &#224; l'aristocratie financi&#232;re une nouvelle occasion d'escroquer l'&#201;tat, qui, maintenu artificiellement au bord de la banqueroute, &#233;tait oblig&#233; de n&#233;gocier avec ses banquiers dans les conditions les plus d&#233;favorables &#187;&lt;/i&gt;, Karl Marx, &lt;i&gt;Les luttes de classes en France&lt;/i&gt;, &#171; Foli &#187;, Gallimard, 2002, p. 11-12.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Selon les donn&#233;es disponibles, qui portent sur 300 milliards d'un total de 360 milliards d'euros de la dette souveraine du pays, 146 milliards, soit pr&#232;s de la moiti&#233;, sont d&#233;tenues par les banques et institutions financi&#232;res de l'UE, auxquels s'ajoutent 42 milliards d&#233;tenus par le FMI et les banques hors UE, le reste, soit environ un tiers de la dette totale, dont l'allocation est connue &#233;tant d&#233;tenue par des banques et autres institutions grecques. Cf. Research on Money and Finance, &lt;i&gt;Breaking Up ? A Route Out of the Eurozone Crisis&lt;/i&gt;, novembre 2011, p. 71. Document disponible sur &lt;a href=&#034;http://www.researchonmoneyandfinance.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.researchonmoneyandfinance.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Le correspondant de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; l'a bien vu : &lt;i&gt;&#171; la d&#233;cision de Papandr&#233;ou [&#8230;] est le r&#233;sultat d'une &#233;rosion in&#233;luctable du gouvernement, qui, apr&#232;s deux ann&#233;es d'une tr&#232;s s&#233;v&#232;re politique d'aust&#233;rit&#233;, se trouve confront&#233; &#224; une pression insoutenable. Dans la rue, comme en t&#233;moignent les gr&#232;ves quotidiennes dans divers secteurs de l'&#233;conomie et les immenses cort&#232;ges de manifestants qui bloquent r&#233;guli&#232;rement les rues d'Ath&#232;nes, ou au Parlement, o&#249; la contestation a progressivement gagn&#233; les rangs du PASOK &#187;&lt;/i&gt;, Philippe Cergel, &#171; Papandr&#233;ou, un pari fou &#187;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 2 novembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Sur ce moment cf. Stathis Kouv&#233;lakis, &#171; Le chaudron grec &#187;, 20 juin 2011, disponible ici : &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/europe/le-chaudron-grec.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/europe/le-chaudron-grec.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Selon les estimations les plus s&#233;rieuses, les manifestations ont rassembl&#233; environ 300 000 personnes &#224; Ath&#232;nes et au moins un demi-million dans l'ensemble du pays (qui compte 10,5 millions d'habitants). Les cort&#232;ges &#233;taient particuli&#232;rement imposants dans les villes de province et la gr&#232;ve a paralys&#233; l'ensemble du secteur public et la plupart des grandes entreprises. La quasi-totalit&#233; du petit commerce et une bonne partie des PME s'&#233;taient joints au mouvement &#224; l'initiative des patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Dimitris Kotsaridis, secr&#233;taire de l'Union Locale de Vironas (banlieue d'Ath&#232;nes) du Syndicat des Ouvriers du B&#226;timent, 53 ans, est sans doute d&#233;c&#233;d&#233; suite &#224; des probl&#232;mes cardiaques probablement d&#233;clench&#233;s par les gaz lacrymog&#232;nes lanc&#233;s par la police dans la confusion qui a suivi les incidents. L'enqu&#234;te sur les circonstances de son d&#233;c&#232;s est en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. La f&#234;te nationale du 28 octobre comm&#233;more le &#171; non &#187; du gouvernement grec &#224; l'ultimatum lanc&#233; par Mussolini en 1940. Lors de la guerre gr&#233;co-italienne qui s'en est suivie, les troupes grecques, galvanis&#233;es par un esprit de r&#233;sistance venant d'en bas, ont remport&#233; des victoires &#233;clatantes sur le territoire albanais, les premi&#232;res des forces antifascistes lors du conflit mondial. Il a fallu l'attaque de la Wehrmacht au printemps 1941 pour faire fl&#233;chir la r&#233;sistance grecque et aboutir &#224; l'occupation du pays par les arm&#233;es de l'Axe. Cette journ&#233;e est comm&#233;mor&#233;e par un d&#233;fil&#233; militaire, pr&#233;vu cette ann&#233;e &#224; Thessalonique, et par des d&#233;fil&#233;s de lyc&#233;ens et de corps civils dans l'ensemble des communes du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Y compris le pr&#233;sident de la R&#233;publique, Karolos Papoulias, personnage symbolique, issu de la vieille garde du PASOK et plut&#244;t respect&#233;. Son d&#233;part des tribunes officielles &#224; Thessalonique a entra&#238;n&#233; l'annulation du d&#233;fil&#233; militaire, mais les lyc&#233;es, les cort&#232;ges de civils et les r&#233;servistes ont d&#233;fil&#233;, souvent poing lev&#233;, sous les acclamations de la foule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Alain Salles, &#171; Le coup de poker de Georges Papandr&#233;ou &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 2 novembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Cf. Alexander Kentelenis et alii, &#171; Health Effects Of Financial Crisis : Omens of a Greek Tragedy &#187;, &lt;i&gt;The Lancet&lt;/i&gt;, vol. 378, n&#176; 9801, 22 octobre 2011, p. 1457-1458, disponible ici : &lt;a href=&#034;http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2811%2961556-0/fulltext&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2811%2961556-0/fulltext&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Les citations de Gramsci sont extraites du cahier 13, &#167; 23. Cf. Antonio Gramsci, &lt;i&gt;Cahiers de prison. Cahiers 10, 11, 12, 13&lt;/i&gt;, Gallimard, 1978.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. Le cas typique &#233;tant sans doute celui des cabinets Br&#252;ning dans la r&#233;publique de Weimar finissante, qui ouvrirent la voie &#224; la prise du pouvoir par les nazis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. Il s'agit du groupe constitu&#233; par les ministres de l'&#201;ducation Anna Diamantopoulou, de la Sant&#233; Andr&#233;as Loverdos et du vice-ministre de la D&#233;fense Giannis Ragousis. Dans une tribune commune publi&#233;e le 16 octobre, ils ont d&#233;fendu une mise en &#339;uvre int&#233;grale et muscl&#233;e des paquets d'aust&#233;rit&#233;, pr&#244;n&#233; une ligne d'affrontement assum&#233; avec le mouvement syndical (&#171; les corporatismes sont notre adversaire &#187;), ainsi qu'avec ceux qui ne d&#233;fendent que de fa&#231;on &#171; ti&#232;de &#187; les mesures adopt&#233;es, et laiss&#233; planer des menaces quant &#224; un &#233;ventuel &#171; massacre &#187; si l'&#171; autorit&#233; de l'&#201;tat &#187; n'&#233;tait pas rapidement r&#233;tablie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. Cf. Lucas Papademos, &#171; Forcing Greek Restructuring Is Not The Answer &#187;, &lt;i&gt;Financial Times&lt;/i&gt;, 23 octobre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. Propos cit&#233;s in Cl&#233;ment Lacombe et Allain Salles, &#171; M. Papad&#233;mos d&#233;sign&#233; premier ministre en plein chaos politique et &#233;conomique &#187;, Le Monde, 12 novembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. Cf. Naomi Klein, &lt;i&gt;La strat&#233;gie du choc. La mont&#233;e du capitalisme du d&#233;sastre&lt;/i&gt;, Actes Sud, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17, Cf. Antoine Schwarz, &#171; La gauche fran&#231;aise bute sur l'Europe &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, juin 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18. Mark Mazower, &#171; Democracy's Cradle, Rocking the World &#187;, disponible sur &lt;a href=&#034;http://www.nytimes.com/2011/06/30/opinion/30mazower.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.nytimes.com/2011/06/30/opinion/30mazower.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source : &#192; l'encontre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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