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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Quelles sont les causes de la famine ?</title>
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		<dc:date>2011-08-31T15:31:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Esther Vivas</dc:creator>


		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>
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		<dc:subject>Somalie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous vivons dans un monde d'abondance. Selon les chiffres de l'Organisation des Nations Unies pour l'Agriculture et l'Alimentation (FAO), on produit aujourd'hui de la nourriture pour 12 milliards de personnes, alors que la plan&#232;te compte 7 milliards d'&#234;tres humains. De la nourriture, il y en a. Alors pourquoi dans ce cas une personne sur sept dans le monde souffre de la faim ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La menace alimentaire qui touche plus de 10 millions de personnes dans la Corne de l'Afrique remet en lumi&#232;re la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH96/arton3235-78917.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous vivons dans un monde d'abondance. Selon les chiffres de l'Organisation des Nations Unies pour l'Agriculture et l'Alimentation (FAO), on produit aujourd'hui de la nourriture pour 12 milliards de personnes, alors que la plan&#232;te compte 7 milliards d'&#234;tres humains. De la nourriture, il y en a. Alors pourquoi dans ce cas une personne sur sept dans le monde souffre de la faim ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La menace alimentaire qui touche plus de 10 millions de personnes dans la Corne de l'Afrique remet en lumi&#232;re la fatalit&#233; d'une catastrophe qui n'a pourtant rien de naturelle. S&#233;cheresses, inondations, conflits arm&#233;s... tout cela contribue &#224; aggraver une situation d'extr&#234;me vuln&#233;rabilit&#233; alimentaire, mais ce ne ce sont pas les seuls facteurs explicatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation de famine dans la Corne de l'Afrique n'est pas une nouveaut&#233;. La Somalie vit une situation d'ins&#233;curit&#233; alimentaire depuis 20 ans. Et, p&#233;riodiquement, les m&#233;dias nous remuent de nos confortables divans en nous rappelant l'impact dramatique de la faim dans le monde. En 1984, pr&#232;s d'un million de morts en Ethiopie ; en 1992, 300.000 somaliens ont perdu la vie &#224; cause de la faim ; en 2005, pr&#232;s de cinq millions de personnes au bord de la mort au Malawi, pour ne citer que quelques cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faim n'est pas une fatalit&#233; in&#233;vitable qui affecterait seulement certains pays. Les causes de la faim sont politiques. Qui contr&#244;le les ressources naturelles (terres, eau, semences) qui permettent la production de nourriture ? A qui profitent les politiques agricoles et alimentaires ? Aujourd'hui, les aliments sont devenus une marchandise et leur fonction principale, nous nourrir, est mise &#224; l'arri&#232;re plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pointe du doigt la s&#233;cheresse, avec les pertes de r&#233;coltes et de b&#233;tail cons&#233;cutives, comme l'une des principales explications de la famine dans la Corne de l'Afrique. Mais alors comment expliquer que des pays tels que les Etats-Unis ou l'Australie, qui subissent r&#233;guli&#232;rement de graves s&#233;cheresses, ne souffrent pas de famines extr&#234;mes ? Evidement, les ph&#233;nom&#232;nes m&#233;t&#233;orologiques peuvent aggraver les probl&#232;mes alimentaires, mais ils ne suffisent pas &#224; expliquer les causes de la faim. En ce qui concerne la production d'aliments, le contr&#244;le des ressources naturelles est la cl&#233; pour comprendre pour qui et pourquoi on les produits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans plusieurs pays de la Corne de l'Afrique, l'acc&#232;s &#224; la terre et un bien rare. L'achat massif de sols fertiles de la part d'investisseurs &#233;trangers (agro-industrie, gouvernements, fonds sp&#233;culatifs...) a provoqu&#233; l'expulsion de milliers de paysans de leurs terres, diminuant ainsi leur capacit&#233; &#224; satisfaire leurs propres besoins alimentaires de mani&#232;re autonome. Ainsi, tandis que le Programme Mondial Alimentaire tente de nourrir des milliers de r&#233;fugi&#233;s au Soudan, des gouvernements &#233;trangers (Kowe&#239;t, Emirats arabes unis, Cor&#233;e...) y ach&#232;tent des terres pour produire et exporter des aliments pour leurs propres populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#233;galement rappeler que la Somalie, malgr&#233; les s&#233;cheresses r&#233;currentes, &#233;tait un pays autosuffisant dans la production d'aliments jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1970. Sa souverainet&#233; alimentaire a &#233;t&#233; mise en pi&#232;ce au cours des trois d&#233;cennies suivantes. A partir des ann&#233;es 1980, les politiques impos&#233;es par le Fonds Mon&#233;taire International et la Banque Mondiale pour que le pays puisse rembourser sa dette au Club de Paris se sont traduites par l'imposition d'un ensemble de mesures d'ajustement. En ce qui concerne l'agriculture, ces derni&#232;res impliquaient une politique de lib&#233;ralisation commerciale et d'ouverture des march&#233;s, permettant ainsi l'entr&#233;e massive de produits subsidi&#233;s - comme le riz et le bl&#233; - des multinationales agro-industrielles nord-am&#233;ricaines et europ&#233;ennes, qui ont commenc&#233; &#224; vendre leurs produits en dessous de leur prix de production, faisant ainsi une concurrence d&#233;loyale aux produits autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;valuations p&#233;riodiques de la monnaie somalienne ont &#233;galement provoqu&#233; une hausse des prix des intrants agricoles tandis que la politique en faveur des monocultures pour l'exportation a progressivement forc&#233; les paysans &#224; abandonner les campagnes. La m&#234;me chose s'est produite dans d'autres pays, non seulement en Afrique, mais aussi en Am&#233;rique latine et en Asie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e des prix des c&#233;r&#233;ales de base est un autre des &#233;l&#233;ments d&#233;sign&#233;s comme d&#233;tonateurs des famines dans la Corne de l'Afrique. En Somalie, les prix du ma&#239;s et du sorgho rouge ont respectivement augment&#233; de 106 et 180% par rapport &#224; l'ann&#233;e derni&#232;re. En Ethiopie, le co&#251;t du bl&#233; a augment&#233; de 85% par rapport &#224; 2010. Et au Kenya, la valeur du ma&#239;s a augment&#233; de 55% en un an. Des hausses qui ont rendus ces aliments inaccessibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quelles sont les raisons de cette escalade des prix ? Plusieurs indices pointent la sp&#233;culation financi&#232;re sur les mati&#232;res premi&#232;res alimentaires. Les prix des aliments sont d&#233;termin&#233;s dans les Bourses de valeurs, dont la plus importante, &#224; l'&#233;chelle mondiale, est celle de Chicago, tandis qu'en Europe les aliments sont commercialis&#233;s dans les march&#233;s &#224; terme de Londres, Paris, Amsterdam et Francfort. Mais, aujourd'hui, la majeure partie de l'achat et de la vente de ces marchandises ne correspond pas &#224; des &#233;changes commerciaux r&#233;els.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On estime, d'apr&#232;s Mike Masters, responsable du fonds de pension Masters Capital Management, que 75% des investissements financiers dans le secteur agricole sont de caract&#232;re sp&#233;culatif. On ach&#232;te et on vend des mati&#232;res premi&#232;res dans le but de sp&#233;culer avec elles en faisant un profit qui se r&#233;percute finalement dans l'augmentation du prix de la nourriture pour le consommateur final. Les m&#234;mes banques, fonds &#224; hauts risques, compagnies d'assurances, qui ont provoqu&#233; la crise des &#8220;subprimes&#8221; sont celles qui sp&#233;culent aujourd'hui avec la nourriture, profitant de march&#233;s globaux profond&#233;ment d&#233;r&#233;gul&#233;s et hautement rentables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise alimentaire &#224; l'&#233;chelle globale et la famine dans la Corne de l'Afrique en particulier sont les fruits de la globalisation alimentaire au service des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s. La cha&#238;ne de production, de distribution et de consommation des aliments est entre les mains d'une poign&#233;e de multinationales qui placent leurs int&#233;r&#234;ts particuliers au dessus des n&#233;cessit&#233;s collectives. Tout au long de ces derni&#232;res d&#233;cennies, elles ont min&#233;, avec le soutien des institutions financi&#232;res internationales, la capacit&#233; des Etats du sud &#224; d&#233;cider sur leurs politiques agricoles et alimentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons au d&#233;but. Pourquoi la faim existe-t-elle dans un monde d'abondance ? La production d'aliments a &#233;t&#233; multipli&#233;e par trois depuis les ann&#233;es 1970, tandis que la population mondiale n'a fait que doubler depuis lors. Nous ne sommes donc pas face &#224; un probl&#232;me de production de nourriture, mais bien devant un probl&#232;me d'acc&#232;s &#224; la nourriture. Comme le soulignait le rapporteurs de l'ONU pour le droit &#224; l'alimentation, Olivier de Schutter, dans une interview au journal &#8220;El Pais&#8221; : &#8220;La faim est un probl&#232;me politique. C'est une question de justice sociale et de politiques de redistribution&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous voulons en finir avec la faim dans le monde, il est urgent d'opter pour d'autres politiques agricoles et alimentaires qui mettent au centre de leur pr&#233;occupation les personnes et leurs besoins, ceux qui travaillent la terre et l'&#233;cosyst&#232;me. Il s'agit de parvenir &#224; ce que le mouvement international Via Campesina appelle la &#8220;souverainet&#233; alimentaire&#8221;, et de r&#233;cup&#233;rer la capacit&#233; de d&#233;cider sur ce que nous mangeons. En reprenant un des slogans les plus connus du Mouvement du 15-M : &#8220;une d&#233;mocratie r&#233;elle, maintenant&#8221; dans l'agriculture et l'alimentation est n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;*Esther Vivas participe au Centre d'&#233;tudes sur les mouvements sociaux (CEMS) de l'Universitat Pompeu Fabra (UPF) en Catalogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; comme opinion dans le journal &lt;i&gt;El Pa&#237;s&lt;/i&gt;, 30/07/2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***Traduction fran&#231;aise par Ataulfo Riera pour le site &lt;a href=&#034;http://www.lcr-lagauche.be&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lcr-lagauche.be&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;+info : &lt;a href=&#034;http://esthervivas.wordpress.com/francais&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://esthervivas.wordpress.com/francais&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;volution ininterrompue dans les pays du monde arabe</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Revolution-ininterrompue-dans-les-pays-du-monde-arabe</link>
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		<dc:date>2011-08-03T15:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Pojolat</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;gypte</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du Nord</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les r&#233;volutions tunisienne et &#233;gyptienne ont d&#233;montr&#233; qu'une alternative &#224; l'ordre &#233;tabli &#233;tait possible et n&#233;cessaire partout dans le monde. Au Maghreb, au Machrek ou en Europe, de nombreux outils et modes de protestation ont &#233;t&#233; et sont utilis&#233;s pour faire tomber les dictatures et refuser l'aust&#233;rit&#233; impos&#233;e par les dirigeants. &lt;br class='autobr' /&gt; Six mois seulement se sont &#233;coul&#233;s depuis la chute de Ben Ali, l'ind&#233;racinable dictateur de Tunisie, prot&#233;g&#233; par la bourgeoisie internationale &#8211; en premier lieu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Afrique-du-Nord-342-+" rel="tag"&gt;Afrique du Nord&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH100/arton3228-3d982.jpg?1629994144' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les r&#233;volutions tunisienne et &#233;gyptienne ont d&#233;montr&#233; qu'une alternative &#224; l'ordre &#233;tabli &#233;tait possible et n&#233;cessaire partout dans le monde. Au Maghreb, au Machrek ou en Europe, de nombreux outils et modes de protestation ont &#233;t&#233; et sont utilis&#233;s pour faire tomber les dictatures et refuser l'aust&#233;rit&#233; impos&#233;e par les dirigeants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Six mois seulement se sont &#233;coul&#233;s depuis la chute de Ben Ali, l'ind&#233;racinable dictateur de Tunisie, prot&#233;g&#233; par la bourgeoisie internationale &#8211; en premier lieu fran&#231;aise. Cinq mois &#224; peine que son homologue &#233;gyptien Hosni Moubarak, v&#233;ritable coqueluche du Fonds mon&#233;taire international, devait &#224; son tour quitter pr&#233;cipitamment une pr&#233;sidence dont bien peu pensaient pouvoir le d&#233;loger un jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux &#233;v&#233;nements sont d'une ampleur consid&#233;rable et ont constitu&#233;, constituent, et constitueront un immense espoir pour les peuples du monde arabe, et bien au-del&#224;. Face &#224; un monde capitaliste globalis&#233;, impitoyable pour les plus faibles, ces deux r&#233;volutions ont d&#233;montr&#233; qu'il y avait une autre issue &#224; la crise du syst&#232;me capitaliste, une autre issue que de se laisser aller au d&#233;sespoir et &#224; la r&#233;signation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le sens &#224; donner aux multiples processus en cours actuellement, qui touchent le Maghreb et le Machrek, &#224; des degr&#233;s et des rythmes propres &#224; chaque pays. C'est bien la r&#233;volution tunisienne qui a permis l'entr&#233;e en lutte du peuple &#233;gyptien. C'est &#233;galement la symbolique d&#233;clench&#233;e par la combinaison et la simultan&#233;it&#233; des deux &#233;v&#233;nements qui ont sonn&#233; le d&#233;but des insurrections populaires et des mouvements revendicatifs qui ont touch&#233;, sous des formes et &#224; des degr&#233;s divers, les uns apr&#232;s les autres, tous les pays du monde arabe... et certains pays europ&#233;ens. &#171; Il n'y a plus de doutes. Le vent qui a &#233;lectris&#233; le monde arabe ces derniers mois, l'esprit des protestations r&#233;p&#233;t&#233;es en Gr&#232;ce, des luttes &#233;tudiantes en Grande-Bretagne et en Italie, des mobilisations anti-Sarkozy en France... est arriv&#233; jusqu'ici &#187; notent fort justement nos camarades de l'&#201;tat espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des Revendications universelles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;veloppant l'informatique et les r&#233;seaux sociaux de communication, le capitalisme a certes d&#233;velopp&#233; de nouveaux besoins ali&#233;nants, mais &#233;galement de nouvelles exigences d&#233;mocratiques. Plus aucun dictateur ne peut aujourd'hui organiser la r&#233;pression de son peuple &#224; huis clos. L'information en temps r&#233;el g&#233;r&#233;e directement par les protagonistes des r&#233;volutions en cours, alimente une r&#233;flexion collective de masse sur l'histoire au pr&#233;sent. Elle donne corps &#224; l'universalit&#233; des revendications port&#233;es aussi bien par les manifestants de la place Tahrir que par les indign&#233;s de la Puerta del Sol... ou par les insurg&#233;s syriens contournant chaque jour par de nouvelles astuces, le black-out que voudrait imposer le pr&#233;sident criminel Bachar al-Assad. D&#232;s lors, c'est la confrontation des situations, leurs similitudes, l'identification aux autres, qui deviennent moteurs de la radicalisation et dessinent une sorte de &#171; cahier revendicatif &#187; universel :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; tous les mouvements en cours convergent dans une critique radicale des dictatures et des r&#233;gimes antid&#233;mocratiques. Le fameux &#171; D&#233;gage ! &#187; accompagn&#233; du gracieux geste &#171; effaceur &#187; de la main est maintenant d&#233;clin&#233; &#224; toute occasion, avec pour cible, au choix, un simple patron, un roi ou un pr&#233;sident ! Au-del&#224; de l'anecdote et son c&#244;t&#233; ludique, il s'agit d'une volont&#233; d'en finir avec toute forme de pouvoir personnel et monolithique.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ce sont les formes m&#234;mes des repr&#233;sentations politiques, et institutionnelles qui sont actuellement en crise. En Tunisie, comme en &#201;gypte, pour ne prendre que ces deux exemples, les tenants de la dictature, loin d'avoir d&#233;sarm&#233;, comptent reconstituer leur influence &#224; l'occasion des futures &#233;lections.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'immolation de Mohammed Bouazizi, suivie d'autres en Alg&#233;rie et en &#201;gypte, a constitu&#233; un traumatisme majeur pour toute une jeunesse sans avenir, sacrifi&#233;e sur l'autel des profits des entreprises capitalistes. Pr&#233;carit&#233;, absence d'avenir sont devenus insupportables, &#171; l&#224;-bas &#187; comme ici !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, en quelques mois le monde a chang&#233;, et nous assistons &#224; une remont&#233;e des luttes &#8211; y compris en Chine, o&#249; pourtant le taux de croissance n'a cess&#233; de monter ! &#8211; qui nous permet de passer du slogan d&#233;fensif &#171; un autre monde est possible &#187; &#224; celui plus combatif &#171; un autre monde est n&#233;cessaire &#187;. Nous, anticapitalistes, y ajoutons que seules les r&#233;volutions pourront en finir avec ce vieux monde porteur d'injustice sociale et de barbarie. De nouveau, l'histoire va dans le bon sens, celui des bouleversements sociaux profonds et des r&#233;volutions ! Nous pouvons enfin l'affirmer sans passer pour des r&#234;veurs imp&#233;nitents.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rapport de forces&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cet &#171; optimisme de la volont&#233; &#187; ne doit pas, pour autant nous faire oublier que les ennemis de ces r&#233;volutions en marche sont nombreux, organis&#233;s, influents, riches, corrupteurs et tout autant d&#233;termin&#233;s que nous le sommes, et surtout que le sont les r&#233;volutionnaires arabes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est tout d'abord sur le plan de la bataille id&#233;ologique que se m&#232;ne la contre-r&#233;volution, qu'elle prenne la forme d'articles de presses d&#233;faitistes, ou du maintien co&#251;te que co&#251;te des anciennes cliques dirigeantes dans les sph&#232;res du pouvoir :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; certains articles de propagande publi&#233;s sur internet par des blogueurs, purs produits des &#171; think-tank &#187; am&#233;ricains tentent la d&#233;moralisation, pr&#233;disent &#224; r&#233;p&#233;tition l'&#233;chec des processus. C'est le cas par exemple de Shadi Hamid de la Brooking Institution (tout un programme !) pour qui &#171; le printemps arabe est termin&#233; &#187; et que &#171; tout le monde se fait massacrer &#187;. Comme si nous ne savions pas que les processus r&#233;volutionnaires sont de nature complexe, que leurs parcours peuvent &#234;tre longs, chaotiques, parsem&#233;s de reculs, d'incertitudes, de doutes m&#234;me.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les &#233;lections qui vont se tenir dans les tout prochains mois en &#201;gypte et en Tunisie constituent un enjeu majeur dans l'&#233;valuation du rapport entre forces sociales apr&#232;s seulement quelques mois de remise en cause de l'ordre &#233;tabli. En Tunisie comme en &#201;gypte, l'imp&#233;rialisme veille &#224; ses propres int&#233;r&#234;ts et verrait d'un tr&#232;s mauvais &#339;il l'organisation d'&#233;lections r&#233;ellement d&#233;mocratiques qui donneraient la parole aux sans-voix et jetteraient les bases d'un v&#233;ritable pouvoir populaire issu des mobilisations, remettant en cause les &#233;quilibres g&#233;opolitiques ant&#233;rieurs. Ce d&#233;bat est au c&#339;ur des mobilisations actuelles dans les deux pays et d&#233;bouchera au terme de l'actuel bras de fer soit sur un pouvoir calqu&#233; sur l'ancien r&#233;gime, une d&#233;mocratie formelle align&#233;e sur les &#171; exemples &#187; occidentaux, soit sur l'&#233;dification d'un nouveau syst&#232;me, issu d'une assembl&#233;e constituante, bas&#233; sur les organes de contre-pouvoir que sont les comit&#233;s r&#233;volutionnaires et autres structures populaires de terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces politiques issues des r&#233;gimes post-coloniaux ont toutes, plus ou moins, particip&#233; &#224; la survie des r&#233;gimes dictatoriaux et ont permis aux capitalistes occidentaux de maintenir les peuples du Maghreb et du Machrek sous leur domination. C'est la raison essentielle qui fait qu'aujourd'hui leur cr&#233;dibilit&#233; est faible voire inexistante face aux aspirations populaires. Elles n'ont plus le moindre r&#244;le historique &#224; jouer dans la situation actuelle, o&#249; la question du pouvoir est pos&#233;e. Cela ne veut pas dire qu'elles vont quitter ce pouvoir par un claquement de doigt.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la floraison des nouvelles formations politiques postulant aux prochaines &#233;lections, tant en &#201;gypte qu'en Tunisie, survivent des caciques des dictatures affubl&#233;s de nouveaux masques plus pr&#233;sentables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rassemblements des derniers jours au Caire et &#224; Tunis s'en prennent syst&#233;matiquement &#224; la persistance de ces anciens partisans de Ben Ali et de Moubarak, toujours pr&#233;sents dans l'appareil d'&#201;tat (police, justice, arm&#233;e) ou dans les conseils d'administration des multinationales. Les centaines de milliers de manifestants ont conscience qu'un futur ne sera possible que d&#233;barrass&#233; &#224; jamais des forces contre r&#233;volutionnaires. Ce ne sont pas non plus les partis religieux, entr&#233;s tardivement dans l'action, et pour un temps marginalis&#233;s, qui constitueront autour d'eux une vraie opposition r&#233;volutionnaire &#224; m&#234;me d'accomplir un renversement social de cette importance. Leur projet de soci&#233;t&#233; ne remet en cause ni le capitalisme ni la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien du c&#244;t&#233; des forces r&#233;volutionnaires et progressistes que doivent s'&#233;laborer les actions de masse, qui en dehors de la tenue d'&#233;lections seront les seules &#224; imposer et &#224; garantir les avanc&#233;es sociales voulues par le plus grand nombre. Cette t&#226;che est immense, indispensable et devra s'appuyer sur un soutien international sans faille. L'absence cruelle d'une alternative anticapitaliste, internationaliste implant&#233;es dans chaque pays est assur&#233;ment aujourd'hui un handicap s&#233;rieux &#224; ce programme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Troupes imp&#233;rialistes... d&#233;gagez !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'ils ont toujours &#233;t&#233; les plus fid&#232;les alli&#233;s des dictatures, les pays engag&#233;s dans les forces de l'Otan interviennent militairement sur le sol libyen au pr&#233;texte d'en chasser Kadhafi , cr&#233;ant parall&#232;lement de toutes pi&#232;ces une coalition alternative, le CNT compos&#233; &#8211; pour la partie connue de ses membres &#8211; de bon nombre d'anciens responsables de la dictature. Sans revenir ici sur ce d&#233;bat, il nous faut r&#233;affirmer que jamais la lib&#233;ration des peuples, ni au Maghreb ni en Syrie, ne pourra se faire &#224; l'ombre des bombardiers des forces imp&#233;rialistes. Les insurg&#233;s syriens le r&#233;p&#232;tent en permanence, &#171; Nous ne voulons pas d'intervention &#233;trang&#232;re ! Nous chasserons nous-m&#234;mes Bachar &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre devoir de militantEs anticapitalistes r&#233;sidant dans des pays engag&#233;s dans l'Otan est de d&#233;noncer cette ing&#233;rence imp&#233;rialiste qui vise &#224; reprendre le contr&#244;le de toute la r&#233;gion, au profit des multinationales. Il est &#233;galement de renforcer notre soutien &#224; la cause palestinienne qui demeure un &#233;tendard universel de la lutte contre l'imp&#233;rialisme. Il est aussi bien s&#251;r d'agir enfin contre les entreprises europ&#233;ennes et fran&#231;aises qui continuent de surexploiter dans une indiff&#233;rence m&#233;diatique complice les salari&#233;s des centres d'appel... Comme le dit le d&#233;put&#233; espagnol Luis Zamora, &#171; Il y a une r&#233;volution permanente, ininterrompue dans la t&#234;te de millions de personnes ! &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://www.npa2009.org/category/tout-est-%C3%A0-nous/journal/hebdo-tout-est-%C3%A0-nous-113-280711&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hebdo Tout est &#224; nous ! 113 (28/07/11)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Processus r&#233;volutionnaire dans le monde arabe et &#233;mancipation des femmes</title>
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		<dc:date>2011-08-03T14:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Wafa Guiga</dc:creator>


		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;gypte</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du Nord</dc:subject>

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&lt;p&gt;La r&#233;ussite des processus r&#233;volutionnaires dans les pays arabes d&#233;pend en partie de la place des femmes dans ces r&#233;volutions, victimes au moins autant que les hommes de la r&#233;pression polici&#232;re, participant activement aux mobilisations et aux gr&#232;ves. &lt;br class='autobr' /&gt; Les espoirs soulev&#233;s par les processus r&#233;volutionnaires en cours dans diff&#233;rents pays arabes sont immenses. Des peuples longtemps soumis &#224; des dictatures polici&#232;res d&#233;cident de prendre leur vie en main et m&#232;nent aujourd'hui des luttes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Algerie-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Egypte-+" rel="tag"&gt;&#201;gypte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Tunisie-+" rel="tag"&gt;Tunisie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Afrique-du-Nord-342-+" rel="tag"&gt;Afrique du Nord&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH102/arton3226-def6c.png?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='102' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;ussite des processus r&#233;volutionnaires dans les pays arabes d&#233;pend en partie de la place des femmes dans ces r&#233;volutions, victimes au moins autant que les hommes de la r&#233;pression polici&#232;re, participant activement aux mobilisations et aux gr&#232;ves.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les espoirs soulev&#233;s par les processus r&#233;volutionnaires en cours dans diff&#233;rents pays arabes sont immenses. Des peuples longtemps soumis &#224; des dictatures polici&#232;res d&#233;cident de prendre leur vie en main et m&#232;nent aujourd'hui des luttes acharn&#233;es pour s'&#233;manciper. Mais ces processus ne pourront pas aboutir, c'est-&#224;-dire que leur vis&#233;e &#233;mancipatrice ne sera pas atteinte, si les femmes, la moiti&#233; de la soci&#233;t&#233;, demeurent sous l'oppression patriarcale. La place des femmes est donc un indicateur des espoirs que l'on peut avoir dans ces processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les germes des r&#233;volutions en cours, soit depuis les diff&#233;rentes vagues de r&#233;voltes qui ont soulev&#233; l'&#201;gypte en 2007-2008, les bassins miniers marocain et tunisien en 2008, les femmes ont apport&#233; leur pierre &#224; ces &#233;difices r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en &#201;gypte, elles ont &#233;t&#233; les initiatrices des mouvements de gr&#232;ve dans les usines de textile &#224; Mahalla fin 2007 et d&#233;but 2008, s'inscrivant dans un contexte de mobilisations sociales fortes dans plusieurs secteurs : cimenteries, &#233;levages de volailles, secteur minier, transports publics, sant&#233;, et surtout industrie textile. Les gr&#232;ves &#233;taient bien s&#251;r ill&#233;gales. Mais refusant les baisses de salaires et la suppression des primes de fin d'ann&#233;e, les ouvriers commen&#231;aient &#224; se rassembler r&#233;guli&#232;rement sur la place centrale de la ville pour protester.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la production s'arr&#234;ta totalement quand les 3 000 ouvri&#232;res quitt&#232;rent leur poste et all&#232;rent rejoindre leurs coll&#232;gues hommes aux cris de : &#171; O&#249; sont les hommes ? Voici les femmes ! &#187; C'est ainsi qu'elles entra&#238;n&#232;rent les hommes dans la gr&#232;ve, les manifestations, les occupations, jusqu'&#224; avoir gain de cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, en Tunisie en 2008, durant la r&#233;volte du bassin minier, les femmes ont organis&#233; des marches, des sit-in et des rassemblements, pour d&#233;noncer la r&#233;pression polici&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et depuis le d&#233;but des processus r&#233;volutionnaires, des femmes ont occup&#233; leur lieu de travail, men&#233; des gr&#232;ves, des manifestations, des sit-in, pour d&#233;fendre leurs droits en tant que travailleuses. C'&#233;tait encore le cas &#224; Mahalla et dans d'autres villes d'&#201;gypte, c'&#233;tait aussi le cas notamment dans les secteurs du textile et de la grande distribution en Tunisie. &#192; Bahre&#239;n, des femmes ont particip&#233; &#224; l'occupation de la place de la Perle, dans la capitale du royaume, pour r&#233;clamer le changement. Zainab Al-Khawaja, qui a entam&#233; une gr&#232;ve de la faim apr&#232;s les violences subies par son p&#232;re, son mari et son beau-fr&#232;re et leur arrestation, est devenue une des leaders des protestations bahre&#239;nies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et lorsque le pr&#233;sident y&#233;m&#233;nite a os&#233; d&#233;noncer la mixit&#233; ill&#233;gale dans les manifestations, des manifestantes ont port&#233; plainte contre lui pour diffamation et n'ont &#233;videmment pas d&#233;sert&#233; les rues.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;gales... dans la r&#233;pression&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais malgr&#233; leur d&#233;termination, les femmes qui se sont mobilis&#233;es depuis plusieurs mois ont aussi pay&#233; au prix fort leur aspiration &#224; la libert&#233; et &#224; la dignit&#233;. Ainsi, en &#201;gypte, l'arm&#233;e s'est livr&#233;e &#224; des examens de virginit&#233; sur les manifestantes arr&#234;t&#233;es. De nombreux viols ont &#233;t&#233; enregistr&#233;s, dont celui d'une journaliste sud-africaine. &#192; Tripoli, Iman al-Obeidi a r&#233;v&#233;l&#233; avoir &#233;t&#233; viol&#233;e par une quinzaine de militants pro-Kadhafi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Y&#233;men, une femme a &#233;t&#233; d&#233;tenue pendant 48 heures pour avoir os&#233; conduire seule la nuit. Et partout dans les pays de la r&#233;gion, manifestation a rim&#233; avec agressions des manifestantes et atteintes &#224; leur dignit&#233;. En janvier 2011 en Tunisie, plusieurs femmes ont &#233;t&#233; viol&#233;es &#8211; notamment &#224; Kasserine &#8211; par des policiers et des miliciens du RCD. En mars 2011, les blogueuses tunisiennes d&#233;non&#231;aient le d&#233;cha&#238;nement de violence contre des manifestantes pacifiques dans les termes suivants : &#171; On voulait la parit&#233; pour les &#233;lections. Finalement, on ne l'a r&#233;ellement obtenue que dans la violence polici&#232;re &#224; notre &#233;gard ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations f&#233;ministes se sont rapidement saisies de toutes ces questions, enqu&#234;tant sur les viols et violences de toutes sortes faites aux femmes. Et elles sont seules &#224; assurer ces enqu&#234;tes. En Tunisie, aucune enqu&#234;te officielle n'a &#233;t&#233; ouverte concernant les viols d&#233;nonc&#233;s par les populations de plusieurs villes. L'Association tunisienne des femmes d&#233;mocrates (ATFD) se retrouve seule &#224; sillonner le pays depuis plusieurs mois pour recueillir les t&#233;moignages des femmes victimes de violence et de leurs proches et pour les accompagner dans leurs d&#233;marches juridiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les organisations f&#233;ministes doivent aujourd'hui se battre sur d'autres terrains aussi : en Tunisie encore, o&#249; le statut des femmes est le plus avanc&#233; de tous les pays arabes, il faut lutter pour pr&#233;server les droits garantis par le code du statut personnel. Certains partis de gauche affichent leur attachement &#224; ce code et ont r&#233;ussi, avec les associations f&#233;ministes et des droits de l'homme, &#224; faire voter par la haute instance un article de la loi &#233;lectorale imposant la parit&#233; dans les listes &#233;lectorales. Mais les manques criants dans ce m&#234;me code sont aussi d&#233;nonc&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car si les femmes tunisiennes ont obtenu depuis 1956 l'interdiction de la polygamie, le droit au divorce, le droit de vote, et en 1961, le droit &#224; l'avortement, bien avant plusieurs pays europ&#233;ens, la s&#233;paration entre la religion et la politique n'est toujours pas acquise, l'in&#233;galit&#233; dans l'h&#233;ritage persiste, la transmission de la nationalit&#233; est toujours soumise &#224; l'accord du p&#232;re, et le non-remboursement de la contraception et des actes d'IVG rend ces droits r&#233;serv&#233;s en pratique aux classes privil&#233;gi&#233;es. Sans parler des discriminations &#224; l'embauche, l'in&#233;galit&#233; des salaires, ni du harc&#232;lement croissant qu'elles subissent dans les sph&#232;res publique et priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des manifestations et campagnes pour les droits des femmes, pour l'&#233;galit&#233; femmes-hommes, contre toute remise en question des droits des femmes tunisiennes sont ainsi r&#233;guli&#232;rement organis&#233;es mais ne mobilisent pas au-del&#224; des milieux militants classiques. Car si l'auto-organisation est faible dans le mouvement ouvrier, elle est quasi inexistante dans le mouvement f&#233;ministe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les autres pays arabes, le combat pour l'&#233;mancipation part de beaucoup plus loin. Ainsi en Alg&#233;rie, les femmes sont l&#233;galement des mineures &#224; vie, passant de l'autorit&#233; du p&#232;re &#224; celle du mari. Et les violences qu'elles subissent ne trouvent pas de r&#233;action r&#233;elle de la part des autorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les viols collectifs et actes de torture ont &#233;t&#233; subis par les femmes de la ville de Hassi Messaoud il y a dix ans, auxquels l'imam de la ville avait appel&#233;, pour l'unique raison que ces femmes &#233;taient ind&#233;pendantes, vivaient de leur travail salari&#233; et n'avaient pas besoin d'hommes pour les entretenir. Ces actes ont &#233;t&#233; ignor&#233;s par le gouvernement et les victimes n'ont toujours pas obtenu de r&#233;parations. La plupart des coupables sont toujours en libert&#233; et l'imam en question a m&#234;me eu une promotion. Ce sont les victimes qui vivent encore dans la honte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#201;gypte, c'est la question de l'excision qui semble &#234;tre la plus urgente, puisque la quasi-totalit&#233; des petites filles subit cette mutilation g&#233;nitale, malgr&#233; l'existence d'une loi l'interdisant. Sur le harc&#232;lement sexuel, une enqu&#234;te men&#233;e en 2008 r&#233;v&#232;le que 83 % des &#201;gyptiennes et 98 % des femmes &#233;trang&#232;res en sont victimes. 63 % des hommes reconnaissent en &#234;tre coupables ! Et dans plusieurs pays, comme le Y&#233;men, les petites filles peuvent &#234;tre mari&#233;es d&#232;s l'&#226;ge de 9 ans, malgr&#233; l'existence d'une loi fixant l'&#226;ge minimum de mariage &#224; 17 ans.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Indispensables &#224; la r&#233;ussite du mouvement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'atmosph&#232;re r&#233;volutionnaire favorise habituellement l'irruption des femmes sur le terrain politique, &#224; la fois parce qu'elles ont beaucoup &#224; gagner &#224; une remise en cause des rapports de domination existants, mais &#233;galement pour une raison tr&#232;s pragmatique : les classes exploit&#233;es ressentent le besoin d'unir toutes les forces disponibles pour bouleverser la soci&#233;t&#233;. Malheureusement, cette situation conna&#238;t souvent une fin assez brutale d&#232;s que les rapports sociaux se stabilisent de nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, les femmes sont souvent parmi les premi&#232;res &#224; subir les effets de la contre-r&#233;volution. L'exemple de la contre-r&#233;volution stalinienne en Russie est &#233;difiant &#224; cet &#233;gard. Pour l'instant, dans les pays arabes en lutte, les rapports de domination demeurent globalement les m&#234;mes. En plus, quelles que soient les lois, dans les institutions et les sph&#232;res de d&#233;cision, les femmes sont extr&#234;mement peu pr&#233;sentes voire totalement absentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, seules trois femmes participent au gouvernement provisoire tunisien, avec des minist&#232;res qui les maintiennent dans leur r&#244;le traditionnel : minist&#232;re de la Famille, de la Sant&#233; et un secr&#233;tariat d'&#201;tat. En &#201;gypte, les femmes ont &#233;t&#233; totalement exclues de la commission de modification de la Constitution, commission pr&#233;sid&#233;e par un membre des Fr&#232;res musulmans. Mais y compris dans la direction du mouvement ouvrier (syndicats, partis politiques, etc.), les femmes sont tr&#232;s peu pr&#233;sentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, on ne voit pas encore &#233;merger &#224; la base un mouvement autonome autour de ces questions sp&#233;cifiques. L'&#233;mancipation des femmes n'est pas un mot d'ordre visible parmi les revendications des r&#233;volutionnaires. Et partout o&#249; les femmes se mobilisent, le discours est le m&#234;me : &#171; nous avons les m&#234;mes revendications que les hommes &#187;. Ce qui est l&#233;gitime dans un moment o&#249; touTEs luttent contre des dictatures ou leurs restes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela laisse finalement peu de place &#224; l'&#233;mergence d'un mouvement autonome de femmes sur des revendications sp&#233;cifiques. Et les mouvements f&#233;ministes ne sont pas encore ancr&#233;s dans les couches populaires. C'est une &#233;lite intellectuelle, souvent petite bourgeoise, qui s'organise et lutte contre l'oppression sp&#233;cifique des femmes. Si ce clivage de classe n'a rien de sp&#233;cifique &#224; la r&#233;gion arabe, le d&#233;fi pour ces organisations est de se joindre aux classes populaires et participer avec elles &#224; la construction de ce mouvement autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir de chacun des processus r&#233;volutionnaires dans les pays arabes d&#233;pendra sans doute en partie de la place que prendront ces mouvements de femmes. Dans les pays o&#249; celles-ci ne travaillent pas ou peu dans la sph&#232;re marchande et restent confin&#233;es dans la sph&#232;re familiale, la lutte pour l'&#233;mancipation sera beaucoup plus compliqu&#233;e, car les pouvoirs qui &#233;mergeront des processus r&#233;volutionnaires en cours pourraient rapidement les ramener &#224; leur r&#244;le habituel, celui de femmes au foyer. En revanche, dans les pays o&#249; les femmes, par leur travail salari&#233;, ont une certaine ind&#233;pendance et ne participent pas seulement aux luttes en tant que m&#232;res ou &#233;pouses, mais aussi en tant que travailleuses, leur place dans le mouvement ouvrier et donc dans le processus r&#233;volutionnaire est plus importante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et malgr&#233; les tentatives de r&#233;cup&#233;ration de la part d'organisations r&#233;actionnaires, elles ne se feront pas aussi facilement confisquer leur r&#233;volution. C'est donc dans ces pays, &#224; la condition que s'enracine dans les couches populaires un v&#233;ritable mouvement autonome des femmes posant les probl&#232;mes des rapports de domination patriarcale et de revendications propres, que le combat pour l'&#233;mancipation pourra avancer dans les prochains mois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;* Publi&#233; dans : Hebdo Tout est &#224; nous ! 113 (28/07/11).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Campagne Internationale pour la suspension imm&#233;diate du paiement de la dette de la Tunisie</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Campagne-Internationale-pour-la-suspension-immediate-du-paiement-de-la-dette-de</link>
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		<dc:date>2011-04-27T13:56:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>Annulation de la dette</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tir&#233; du site RAID ATTAC/CADTM TUNISIE Appel du 22 f&#233;vrier 2011 ________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Tunisie : Campagne pour la suspension du paiement de la dette La Tunisie a besoin de mobiliser, de toute urgence, toutes ses ressources financi&#232;res, afin de faire face aux n&#233;cessit&#233;s de la situation actuelle, notamment : l'extr&#234;me pauvret&#233;, l'indemnisation des ch&#244;meurs, l'am&#233;lioration de la situation mat&#233;rielle des salari&#233;s, etc. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le m&#234;me temps, on annonce des initiatives &#233;trang&#232;res, qui consistent &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site RAID ATTAC/CADTM TUNISIE&lt;br class='autobr' /&gt;
Appel du 22 f&#233;vrier 2011&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tunisie : Campagne pour la suspension du paiement de la dette&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Tunisie a besoin de mobiliser, de toute urgence, toutes ses ressources financi&#232;res, afin de faire face aux n&#233;cessit&#233;s de la situation actuelle, notamment : l'extr&#234;me pauvret&#233;, l'indemnisation des ch&#244;meurs, l'am&#233;lioration de la situation mat&#233;rielle des salari&#233;s, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, on annonce des initiatives &#233;trang&#232;res, qui consistent &#224; mobiliser dans l'imm&#233;diat une &#8216;aide' d'urgence &#224; la Tunisie ; plus particuli&#232;rement celles de la Commission europ&#233;enne (17 millions d'euros) et de l'Etat fran&#231;ais (350.000 euros). Sans compter les centaines de millions d'euros que comptent pr&#234;ter la Banque Europ&#233;enne d'Investissement et la Banque Africaine de D&#233;veloppement &#224; la Tunisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons pas besoin davantage de dettes, puisque la Tunisie dispose actuellement de ressources financi&#232;res n&#233;cessaires pour faire face &#224; l'urgence sociale, comme le prouve la d&#233;claration de Mustapha Nabli. Cet ex-haut fonctionnaire de la Banque mondiale, ex-ministre des finances de Ben Ali et actuel gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, depuis le 15 janvier 2011, a d&#233;clar&#233; son intention d'affecter 577 millions d'euros du budget de l'&#201;tat au remboursement du service de la dette publique ext&#233;rieure pour l'ann&#233;e 2011 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous exigeons du gouvernement Ghannouchi la suspension de ce paiement eut &#233;gard &#224; la situation exceptionnelle que traverse notre pays et au vu des besoins sociaux immenses. Cette demande se fonde notamment sur l'argument juridique de l'&#233;tat de n&#233;cessit&#233; qui permet aux &#201;tats se trouvant dans des difficult&#233;s financi&#232;res de suspendre unilat&#233;ralement le paiement de leur dette pour donner la priorit&#233; aux besoins de la population. Cette suspension s'impose d'autant qu'une part importante de la dette publique ext&#233;rieure de la Tunisie est une dette priv&#233;e du dictateur Ben Ali n'ayant pas b&#233;n&#233;fici&#233; au peuple tunisien. Pendant la dur&#233;e de suspension de paiement, un audit sur l'int&#233;gralit&#233; de la dette publique tunisienne (externe et interne) devrait &#234;tre men&#233; pour d&#233;terminer la part ill&#233;gitime, celle qui n'a pas profit&#233; au peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raid Attac/Cadtm Tunisie adresse un appel urgent &#224; tous les conseils de protection de la r&#233;volution et aux mouvements politiques, sociaux, syndicaux et de la jeunesse pour qu'ils unissent leurs efforts afin d'obtenir, dans un premier temps, la suspension imm&#233;diate du paiement de cette somme. Cela est d'autant plus urgent que le gouvernement Ghannouchi compte payer une grande partie de cette somme (410 millions d'euros) courant avril 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raid Attac/Cadtm Tunisie propose de constituer un collectif qui aura la charge de d&#233;cider des actions collectives pour atteindre cet objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suspendre le paiement de 577 millions d'euros vaut mieux que de contracter de nouveaux emprunts qui aggraveront l'endettement de la Tunisie !&lt;br class='autobr' /&gt;
Suspendre le paiement de 577 millions d'euros ne nuira en rien aux cr&#233;anciers de la Tunisie, par contre payer cette somme ne fera qu'aggraver la situation du peuple tunisien !&lt;br class='autobr' /&gt;
Tunis, le 22 f&#233;vrier 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tunisie.attac.org/drupal-6.20/fr/node/4&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Raid Attac/Cadtm Tunisie &lt;br class='autobr' /&gt;
Fathi Chamkhi &lt;br class='autobr' /&gt;
T&#233;l. +216.98.522.378 / +216.23.787.380 &#8211; Email : fatcham@yahoo.fr- &lt;br class='autobr' /&gt;
http://www.tunisie.attac.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>LA LIBYE ET LA GAUCHE. PRINCIPES ET INCERTITUDES</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/LA-LIBYE-ET-LA-GAUCHE-PRINCIPES-ET-INCERTITUDES</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/LA-LIBYE-ET-LA-GAUCHE-PRINCIPES-ET-INCERTITUDES</guid>
		<dc:date>2011-03-10T03:46:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Santiago Alba Rico et Alma Allende.</dc:creator>


		<dc:subject>Libye</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;mercredi 9 mars 2011 &lt;br class='autobr' /&gt;
1. Les th&#233;ories conspirationnistes sont convaincantes parce qu'elles reposent toujours sur une part de v&#233;rit&#233; : les conspirations existent. La CIA, l'OTAN, le Pentagone, l'UE conspirent de mani&#232;re permanente pour garantir leurs int&#233;r&#234;ts dans toutes les r&#233;gions du monde. La Russie, la Chine, la Turquie, le Pakistan et l'Inde aussi. Et aussi Cuba et le Venezuela. Tout le monde conspire parce que la conspiration est l'un des instruments indissociable des rapports entre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;mercredi 9 mars 2011&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1. Les th&#233;ories conspirationnistes sont convaincantes parce qu'elles reposent toujours sur une part de v&#233;rit&#233; : les conspirations existent. La CIA, l'OTAN, le Pentagone, l'UE conspirent de mani&#232;re permanente pour garantir leurs int&#233;r&#234;ts dans toutes les r&#233;gions du monde. La Russie, la Chine, la Turquie, le Pakistan et l'Inde aussi. Et aussi Cuba et le Venezuela. Tout le monde conspire parce que la conspiration est l'un des instruments indissociable des rapports entre les &#201;tats-nations dans un cadre de luttes imp&#233;rialistes, anti-imp&#233;rialistes et inter-imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Aussi, personne ne peut mettre en doute que l'imp&#233;rialisme est en train de conspirer en ce moment m&#234;me contre tous les mouvements populaires et contre tout ce qu'ils repr&#233;sentent. Mais les conspirations imp&#233;rialistes conspirent &#233;galement dans le but de rendre les r&#233;volutionnaires parano&#239;aques, autrement dit, pour qu'ils finissent par croire en l'id&#233;e non r&#233;volutionnaire que leur ennemi est omnipotent. La diff&#233;rence entre la th&#233;orie de la conspiration et la th&#233;orie de la r&#233;volution r&#233;side pr&#233;cis&#233;ment dans le fait que cette derni&#232;re consid&#232;re que si l'imp&#233;rialisme conspire constament, c'est parce qu'il ne contr&#244;le pas toutes les choses, toutes les forces et que ce que nous appellons le &#171; peuple &#187; maintient toujours un potentiel &#171; r&#233;siduel &#187; d'ind&#233;pendance et de r&#233;sistance face aux conspirations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce potentiel r&#233;siduel, y compris en tant que conscience d&#233;form&#233;e ou impr&#233;cise, a &#224; voir avec la r&#233;alit&#233; sociale elle-m&#234;me ; la pauvret&#233;, la douleur, la frustration, la r&#233;pression. Mohamed Bouazizi ne s'est pas immol&#233; le 17 d&#233;cembre &#224; Sidi Bouzid manipul&#233; par la CIA, mais bien parce qu'il avait &#233;t&#233; humili&#233; par un alli&#233; de cette derni&#232;re. Les th&#233;ories de la conspiration sont h&#233;g&#233;liennes : le cours de l'imp&#233;rialisme co&#239;ncide naturellement avec celui de la r&#233;alit&#233;. Les r&#233;volutionnaires sont plut&#244;t leibniziens : l'imp&#233;rialisme doit constamment faire l'effort de soumettre l'horloge du monde &#224; sa volont&#233;. Au parano&#239;aque, on pourrait dire : &#171; Tu as parfaitement raison, l'imp&#233;rialisme manipule et contr&#244;le tout : tu en est la preuve vivante &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Les &#201;tats-Unis, l'UE et l'OTAN auraient pr&#233;f&#233;r&#233; que rien ne soit arriv&#233; dans le monde arabe. C'est ce que d&#233;montrent les premi&#232;res d&#233;clarations de soutien aux dictateurs amis et leurs man&#339;uvres pour les maintenir en place. C'est &#233;galement le cas en Libye, o&#249; ils auraient pr&#233;f&#233;r&#233; maintenir le statu quo, contrairement &#224; ce qu'affirment aujourd'hui certains amis analystes &#224; la m&#233;moire courte. Il suffit de consulter les archives r&#233;centes pour confirmer le fait que c'est le silence qui a pr&#233;domin&#233; dans un premier temps, ensuite les d&#233;clarations ambigu&#235;s suivies de ti&#232;des condamnations pour seulement arriver au concert d'&#171; indignation &#187; morale actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les puissances n&#233;o-coloniales conspirent pour que rien ne change et, lorsqu'elles ne peuvent &#233;viter l'effondrement, elles conspirent pour tenter d'utiliser les changements en leur faveur. Les choses auraient &#233;t&#233; bien plus difficile pour elles, y compris en Libye, si d&#232;s le d&#233;but toutes les forces de gauche avaient d&#233;clar&#233; sans r&#233;serve leur soutien aux r&#233;volutions et aux peuples arabes, &#224; leur soif de d&#233;mocratie, de libert&#233; et d'ind&#233;pendance anticoloniale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui s'y refusent encore ne se placent pas seulement &#224; une distance sid&#233;rale de ce qui vit r&#233;ellement dans la rue arabe, ils permettent &#233;galement ainsi &#224; ceux qui tirent contre la foule en Irak, bombardent le Pakistan ou l'Afghanistan et collaborent &#224; la destruction de la Palestine, puissent &#224; nouveau se pr&#233;senter &#8212; l'hypocrisie fonctionne toujours quand on dispose des moyens de communication et de destruction n&#233;cessaires &#8212; comme les paladins des droits de l'Homme et de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Il est &#233;vident que l'OTAN veut mettre sa patte sur la Libye maintenant qu'une r&#233;volution est en marche et se transforme en guerre civile. Kadhafi, contrairement aux autres canailles renvers&#233;es, n'est pas totalement fiable ; il est capricieux, instable, ne se laisse pas manipuler facilement et, d&#233;j&#224; s&#233;rieusement menac&#233; et en tous les cas &#233;cart&#233; comme interlocuteur, il faut en profiter pour &#233;tablir une solide base militaire entre la Tunisie et l'&#201;gypte, deux pays &#224; haut risque, et contr&#244;ler directement les ressources p&#233;troli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, l'opinion g&#233;n&#233;rale qui pr&#233;vaut dans la gauche et dans la population arabe est qu'il n'y aura pas d'invasion terrestre. Nous sommes en train de parler de l'une des r&#233;gions les plus anti-imp&#233;rialistes du monde, dans laquelle la Palestine et l'Irak sont toujours pr&#233;sentes comme preuve concr&#232;te de l'hypocrisie criminelle des puissances occidentales. Si les &#201;tats-Unis veulent &#171; d&#233;mocratiser &#187; le Moyen-Orient et le Maghreb &#224; leur mani&#232;re, ce serait une grande stupidit&#233; de leur part de courir un tel risque. La musculation guerri&#232;re et les sanctions, ensemble avec la division ainsi suscit&#233;e dans le camp anti-imp&#233;rialiste, provoquent d'ores et d&#233;j&#224; des effets favorables &#224; leurs int&#233;r&#234;ts. Sans &#233;carter aucune possibilit&#233;, il ne semble pas, cependant, qu'il leur conviendrait en ce moment d'aller plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Ce que d&#233;montre les menaces actuelles de l'OTAN et des &#201;tats-Unis, en tous les cas, ce n'est pas que l'Occident ne contr&#244;le pas Kadhafi, mais bien qu'ils ne contr&#244;le pas l'opposition &#224; celui-ci. Les &#201;tats-Unis n'ont pas envahi l'Irak parce que Saddam Hussein &#233;tait fort, mais bien parce qu'il &#233;tait faible, &#224; la fois politiquement et militairement. &#192; l'&#233;poque, de fortes pressions se produisaient &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me du r&#233;gime &#8212; et des n&#233;gociations &#233;taient en cours avec l'opposition de gauche en exil &#8212; pour qu'une r&#233;forme interne m&#232;ne &#224; une d&#233;mocratisation. C'est justement cela que les &#201;tats-Unis ne pouvaient permettre. Les &#201;tats-Unis craignent les peuples et le but de l'imp&#233;rialisme &#233;tatsunien est toujours d'emp&#234;cher que les peuples ach&#232;vent seuls leurs dictateurs et prennent leur destin en mains. C'est ce que nous sommes en train de voir aujourd'hui : au plus la chute de Kadhafi se rapproche, au plus augmentent les menaces. Au plus le risque de voir le peuple arabe en finir avec Kadhafi, au plus l'intervention de l'OTAN se fait probable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Les menaces d'invasion sont toujours une carte s&#251;re pour l'imp&#233;rialisme. L'OTAN envahit des pays ou menace simplement de les envahir en poursuivant toujours deux buts : emp&#234;cher les luttes populaires et forcer les anti-imp&#233;rialistes &#224; se contorsionner et &#224; soutenir des dictateurs qui ne s'ajustent pas du tout avec nos int&#233;r&#234;ts et nos principes. La manipulation m&#233;diatique coop&#232;re pleinement ici avec succ&#232;s. Au plus Kadhafi incarne le mal, au plus ceux qui le soutiennent deviennent m&#233;prisables. Mais nous ne devons justement pas tomber dans le pi&#232;ge du simplisme imp&#233;rialiste binaire et de ses formules primitives : s'ils attaquent Kadhafi, alors cela veut dire que Kadhafi est le &#171; bon &#187; ; si les m&#233;dias manipulent aujourd'hui de mani&#232;re abjecte, c'est que rien de grave ne se passe en Libye et que tout est un montage de la CIA. Nous aimerions bien que les choses soient aussi simples et que les m&#233;dias h&#233;g&#233;moniques nous servent ainsi de boussole invers&#233;e infaillible, mais la gauche a l'obligation, ensemble avec celle de d&#233;noncer et combattre n'importe quelle intervention, d'aborder la situation dans toute sa complexit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imagination, disait Pascal, est d'autant plus mensong&#232;re quand elle ne ment pas toujours ; l'imp&#233;rialisme est d'autant plus dangereux quand il semble incoh&#233;rent. Ce qui ne nous semble pas acceptable, du point de vue de l'&#233;thique r&#233;volutionnaire, et qui nous semble contre-productif d'un point de vue propagandiste, c'est bien de devoir prendre ce genre de d&#233;cision : entre un dictateur qui ne nous satisfait pas totalement et un peuple qui ne nous convainc pas tout &#224; fait, nous finissons par choisir, imitant en cela l'imp&#233;rialisme, &#171; l'ami &#187; dictateur. Le pi&#232;ge est parfait et il n'est pas nouveau : pour &#234;tre &#171; anti-imp&#233;rialiste &#187;, on veut nous obliger &#224; ne plus &#234;tres communistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Pour toutes ces raisons, toute personne un tant soit peu de gauche ne peut soutenir, justifier ou rester silencieux devant une intervention des &#201;tats-Unis. Il faut le dire clairement, haut et fort. Mais il faut &#233;galement dire de mani&#232;re aussi claire et forte que la nouvelle situation dans le monde arabe entra&#238;ne des risques et qu'il faudra bien choisir l'un d'entre eux. Les risques sont au nombre de trois : une intervention de l'OTAN ; une victoire de Kadhafi et une victoire du peuple soulev&#233; contre lui. L'intervention de l'OTAN constitue un risque majeur, non pas parce qu'elle pourrait renverser &#171; notre ami &#187; Kadhafi mais bien parce que, avec la catastrophe humaine qu'elle provoquerait, elle emp&#234;cherait le droit inali&#233;nable du peuple libyen &#224; renverser lui-m&#234;me son tyran, mena&#231;ant ainsi les autres peuples fr&#232;res dans la r&#233;gion du m&#234;me sort. Le second risque majeur serait une victoire de Kadhafi ; &#224; la terrible r&#233;pression que son peuple devrait alors subir, il faudrait ajouter l'effet qu'elle aurait sur la r&#233;gion, tout particuli&#232;rement sur la Tunisie et l'&#201;gypte, pays voisins dont les processus de changement pourraient &#234;tre paralys&#233;s, et y compris invers&#233;s (sans &#233;carter, comme cela s'est d&#233;j&#224; d&#233;roul&#233; dans le pass&#233;, une intervention plus ou moins directe de &#171; notre ami &#187; dictateur contre ces processus).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me risque est grand, tr&#232;s grand, mais c'est bien le moindre de tous. C'est le v&#233;ritable &#171; moindre mal &#187; : laisser un peuple dont nous savons tr&#232;s peu de choses r&#233;gler ses comptes avec ses dirigeants dans un espace tr&#232;s ouvert, nouveau et tr&#232;s instable dans lequel, quoi qu'il en soit, nous pouvons nous aussi &#171; conspirer &#187;. Soutenons ce peuple et conspirons avec lui !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crainte des peuples est r&#233;actionnaire, elle est, par nature, de droite, et quand elle vient de l'Am&#233;rique latine r&#233;volutionnaire, elle porte un message d'une inqui&#233;tante vuln&#233;rabilit&#233; dont pourrait &#233;galement b&#233;n&#233;ficier l'imp&#233;rialisme. En pr&#233;tendant se d&#233;fendre en d&#233;fendant un dictateur, les gouvernements progressistes latino-am&#233;ricains se signalent eux m&#234;mes de mani&#232;re absurde comme cibles et soulignent une affinit&#233; qui devrait &#234;tre inexistante. Nous ne pouvons ressentir que de la m&#233;lancolie en constatant que c'est l'imp&#233;rialisme, qui craint les peuples, qui finit par invoquer leur nom contre ce qu'il voudrait r&#233;ellement d&#233;fendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soul&#232;vements dans le monde arabe ont fait fluctuer toutes les maigres r&#233;f&#233;rences qui nous restaient depuis la fin de la Guerre froide et nous mettent tous en difficult&#233;. Les imp&#233;rialistes sont ceux qui r&#233;agissent le mieux pour l'instant. Sans doute sont-ils les plus forts, mais ils sont aussi les plus malins. Si, en outre ils &#233;taient justes, ils passeraient presque pour des socialistes. Pour l'instant, la victoire propagandiste leur appartient : ils ont d&#233;montr&#233; que nous, les socialistes, nous ne sommes ni forts, ni malins, ni justes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Esp&#233;rons que le peuple libyien puisse en finir avec le r&#233;gime de Kadhafi avant qu'une intervention des &#201;tats-Unis ne nous force &#224; faire ce choix absurde de d&#233;fendre un criminel pour d&#233;fendre un peuple qui s'est soulev&#233; contre lui et qui n'acceptera aucune intervention &#233;trang&#232;re qui le priverait de son droit &#224; le renverser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Santiago Alba Rico et Alma Allende.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; sur &lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.rebelion.org&lt;/a&gt;. Traduction fran&#231;aise par Ataulfo Riera pour le site &lt;a href=&#034;http://www.lcr-lagauche.be&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lcr-lagauche.be&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Egypte, nouvelle &#233;tape de la r&#233;volution arabe</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/L-Egypte-nouvelle-etape-de-la-revolution-arabe</link>
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		<dc:date>2011-02-03T01:59:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Damien MILLET , Fathi Chamkhi, J&#233;rome Duval , Sophie Perchellet</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;gypte</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s le peuple tunisien, plus d'une centaine de citoyens &#233;gyptiens ont pay&#233; de leur vie pour que leur pays ait une chance d'&#234;tre d&#233;barrass&#233; d'un r&#233;gime dictatorial et corrompu. Le processus r&#233;volutionnaire qui a commenc&#233; le 17 d&#233;cembre 2010 &#224; Sidi Bouzid en Tunisie, et qui a r&#233;ussi &#224; chasser Zine el Abidine Ben Ali du pouvoir un mois plus tard, est le m&#234;me qui enflamme l'Egypte depuis la journ&#233;e historique du 28 janvier. 30 janvier 2011 &lt;br class='autobr' /&gt; Ce mouvement, qui malgr&#233; une r&#233;pression farouche (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s le peuple tunisien, plus d'une centaine de citoyens &#233;gyptiens ont pay&#233; de leur vie pour que leur pays ait une chance d'&#234;tre d&#233;barrass&#233; d'un r&#233;gime dictatorial et corrompu. Le processus r&#233;volutionnaire qui a commenc&#233; le 17 d&#233;cembre 2010 &#224; Sidi Bouzid en Tunisie, et qui a r&#233;ussi &#224; chasser Zine el Abidine Ben Ali du pouvoir un mois plus tard, est le m&#234;me qui enflamme l'Egypte depuis la journ&#233;e historique du 28 janvier.&lt;br class='autobr' /&gt;
30 janvier 2011&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce mouvement, qui malgr&#233; une r&#233;pression farouche s'&#233;tend &#224; toute l'Egypte, est port&#233; par un seul mot d'ordre : &#8216;le peuple veut la chute du r&#233;gime'. Au quatri&#232;me jour de protestation, le pays s'enflamme : les manifestations s'&#233;tendent dans tout le pays pour exiger le d&#233;part du dictateur Moubarak au pouvoir depuis 30 ans. Empruntant la voie r&#233;volutionnaire ouverte par les masses populaires et la jeunesse en Tunisie, rien ne semble pouvoir arr&#234;ter le processus insurrectionnel en marche. La rue &#233;gyptienne s'embrase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#194;g&#233; de 82 ans, Hosni Moubarak, le plus proche alli&#233; arabe des &#201;tats-Unis, r&#233;p&#232;te la funeste erreur de Ben Ali en ordonnant &#224; sa police de r&#233;primer durement les manifestations, esp&#233;rant ainsi tuer dans l'&#339;uf la r&#233;volution qui s'annonce. Dans le m&#234;me temps, Internet est totalement censur&#233; et le g&#233;ant britannique des t&#233;l&#233;communications Vodafone confirme que les compagnies de t&#233;l&#233;phonie mobile se sont soumises &#224; l'ordre de couper toutes les communications. Il est frappant de voir comment, d&#232;s qu'elles agissent au service de la r&#233;volution, les nouvelles technologies de communication peuvent &#234;tre totalement et imm&#233;diatement coup&#233;es &#224; l'&#233;chelle d'une nation enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la capitale, le m&#233;tro est ferm&#233;, deux commissariats et le si&#232;ge du Parti national d&#233;mocrate (PND) au pouvoir sont incendi&#233;s. Selon l'Associated Press, le minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res aurait &#233;t&#233; pris &#224; partie par les manifestants. A Alexandrie, c'est le si&#232;ge du gouvernorat, un symbole du r&#233;gime, qui est br&#251;l&#233;. La r&#233;pression s'abat aussi sur plusieurs membres de la presse &#233;trang&#232;re. Alors que l'arm&#233;e est appel&#233;e &#224; pr&#234;ter assistance aux forces de police, un couvre-feu est d&#233;cr&#233;t&#233;, mais n'est pas respect&#233; et le peuple tient la rue. Dans la confusion la plus totale, la foule se d&#233;place au milieu de colonnes de chars, certains policiers et des conducteurs de blind&#233;s pactisant avec les manifestants qui dansent sur les chars !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Internet n'est qu'un outil et ne doit pas d&#233;tourner notre attention de la vraie raison de cette insurrection : l'envie d'en finir avec un r&#233;gime despotique sous domination imp&#233;rialiste pour enfin satisfaire les aspirations de la population. Ce pays est riche. Il brade ses ressources afin de payer une dette qui n'a en rien b&#233;n&#233;fici&#233; aux populations. Au contraire, elle a notamment servi &#224; financer la r&#233;pression durant ces trois d&#233;cennies de dictature et &#224; enrichir les proches du pouvoir ainsi que les cr&#233;anciers. Les pr&#234;ts sont en grande partie d&#233;tourn&#233;s par l'&#233;lite corrompue du pays, en toute connaissance de cause des pr&#234;teurs qui en partagent donc la responsabilit&#233;. Les avoirs de Moubarak, au m&#234;me titre que ceux de Ben Ali en fuite, constituent des biens mal acquis qui doivent &#234;tre restitu&#233;s au peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis que Moubarak est devenue pr&#233;sident en 1981, apr&#232;s l'assassinat de son pr&#233;d&#233;cesseur Anouar el-Sadate, le peuple &#233;gyptien a rembours&#233; l'&#233;quivalent de 68,5 milliards de dollars au titre de la dette externe. Pourtant, dans le m&#234;me temps, elle n'a cess&#233; d'augmenter, passant de 22 &#224; 33 milliards de dollars. La dette contract&#233;e par le r&#233;gime Moubarak est largement odieuse : en droit international, elle est nulle et non avenue. Elle doit &#234;tre purement et simplement r&#233;pudi&#233;e. Pour cela, un audit de la dette, accompagn&#233; d'un gel des remboursements sans p&#233;nalit&#233;s de retard, doit &#234;tre conduit sous contr&#244;le citoyen par les pouvoirs publics, afin de d&#233;terminer pr&#233;cis&#233;ment ce &#224; quoi ont servi les diff&#233;rents contrats de pr&#234;ts et d'annuler la part ill&#233;gitime de cette dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s des d&#233;cennies de silence, de coop&#233;ration militaire et commerciale, les dirigeants des grandes puissances ont appel&#233; au respect des droits humains fondamentaux. La secr&#233;taire d'Etat Hillary Clinton, apr&#232;s avoir pr&#244;n&#233; la stabilit&#233; du r&#233;gime, s'inqui&#232;te de la tournure des &#233;v&#232;nements : &#171; Nous sommes tr&#232;s inquiets au sujet des &#233;v&#232;nements en Egypte. Les droits fondamentaux doivent &#234;tre respect&#233;s, la violence endigu&#233;e, et la libert&#233; de communication r&#233;tablie. &#187; Mais pourquoi ces voix ne se sont-elles pas faites entendre plus t&#244;t, alors que le peuple &#233;tait musel&#233;, les m&#233;dias aux ordres ou b&#226;illonn&#233;s, et l'opposition incarc&#233;r&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus d'&#234;tre un fid&#232;le alli&#233; &#233;conomique des Etats-Unis, l'Egypte est un pilier g&#233;ostrat&#233;gique important, garant de l'ordre arabe &#233;tabli et de la stabilit&#233; r&#233;gionale vis-&#224;-vis d'Isra&#235;l. Pour le vice-pr&#233;sident Joseph Biden, &#171; Moubarak a &#233;t&#233; notre alli&#233; pour normaliser les relations avec Isra&#235;l, je ne le qualifierais pas de dictateur &#187;. Ces d&#233;clarations cachent mal la volont&#233; de prot&#233;ger les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et strat&#233;giques dans la r&#233;gion. Un chiffre ne trompe pas : l'arm&#233;e &#233;gyptienne est financ&#233;e par des subventions &#233;tats-uniennes (1,3 milliard de dollars en 2010) pour maintenir l'oligarchie au pouvoir par la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le renversement de Moubarak, comme celui de Ben Ali, n'est pas une fin en soi. Il doit &#234;tre la premi&#232;re &#233;tape vers un changement profond : d&#233;sormais, le peuple a entam&#233; la lutte et montr&#233; qu'il veut prendre son destin en main. Tr&#232;s vite, de nombreuses d&#233;cisions devront &#234;tre prises : arr&#234;t des remboursements et audit de la dette en vue de sa r&#233;pudiation, r&#233;formes &#233;conomiques en profondeur pour une juste r&#233;partition de la richesse, d&#233;veloppement des secteurs vitaux (sant&#233;, &#233;ducation, transports publics, logement&#8230;), garantie absolue des droits fondamentaux. La route est longue, mais la chute de Moubarak la rendra enfin possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fathi Chamkhi, Raid Attac/CADTM Tunisie &lt;br class='autobr' /&gt;
J&#233;r&#244;me Duval, Patas Arriba/CADTM Espagne &lt;br class='autobr' /&gt;
Damien Millet, CADTM France &lt;br class='autobr' /&gt;
Sophie Perchellet, CADTM France&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;CHAMKHI Fathi, DUVAL J&#233;r&#244;me, MILLET Damien, PERCHELLET Sophie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nord &amp; Moyen-Orient Tunisie, Egypte : les r&#233;volutions en marche</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Nord-Moyen-Orient-Tunisie-Egypte-les-revolutions-en-marche</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Nord-Moyen-Orient-Tunisie-Egypte-les-revolutions-en-marche</guid>
		<dc:date>2011-02-01T01:32:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Quatri&#232;me Internationale</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#171; Dans ce processus, les anticapitalistes d&#233;fendront les revendications cl&#233; d'un programme de rupture avec l'imp&#233;rialisme et le syst&#232;me capitaliste, la satisfaction des besoins vitaux des classes populaires. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; 30 janvier 2011 n&#176;20012 &#171; Le trait le plus incontestable de la R&#233;volution, c'est l'intervention directe des masses dans les &#233;v&#233;nements historiques. D'ordinaire, l'Etat, monarchique ou d&#233;mocratique, domine la nation ; l'histoire est faite par des sp&#233;cialistes du m&#233;tier : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH118/arton3109-83d93.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='118' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Dans ce processus, les anticapitalistes d&#233;fendront les revendications cl&#233; d'un programme de rupture avec l'imp&#233;rialisme et le syst&#232;me capitaliste, la satisfaction des besoins vitaux des classes populaires. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;30 janvier 2011&lt;br class='autobr' /&gt; n&#176;20012 &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le trait le plus incontestable de la R&#233;volution, c'est l'intervention directe des masses dans les &#233;v&#233;nements historiques. D'ordinaire, l'Etat, monarchique ou d&#233;mocratique, domine la nation ; l'histoire est faite par des sp&#233;cialistes du m&#233;tier : monarques, ministres, bureaucrates, parlementaires, journalistes. Mais, aux tournants d&#233;cisifs, quand un vieux r&#233;gime devient intol&#233;rable pour les masses, celles-ci brisent les palissades qui les s&#233;parent de l'ar&#232;ne politique. (...) L'histoire de la r&#233;volution est pour nous, avant tout, le r&#233;cit d'une irruption violente des masses dans le domaine o&#249; se r&#232;glent leurs propres destin&#233;es. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky, pr&#233;face &#224; l'Histoire de la r&#233;volution russe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation, comme dans toute r&#233;volution, &#233;volue, d'heure en heure. Telle ou telle appr&#233;ciation sera surement d&#233;pass&#233;e dans les heures ou les jours qui viennent, mais d'ors et d&#233;j&#224;, les peuples tunisien et &#233;gyptien sont en train d'&#233;crire les pages des premi&#232;res r&#233;volutions de ce 21&#176;si&#232;cle. Elles provoquent une onde de choc dans tout le monde arabe, d'Alger &#224; Ramallah, d'Amman &#224; Sanaa au Y&#233;men. Ces r&#233;volutions r&#233;sultent, dans les conditions historiques particuli&#232;res de ces pays, de la crise qui secoue le syst&#232;me capitaliste mondial. Des &#171; r&#233;voltes de la mis&#232;re &#187; sont combin&#233;es &#224; une immense mobilisation pour la d&#233;mocratie. Les effets de la crise &#233;conomique mondiale conjugu&#233;s &#224; l'oppression des dictatures, font de ces pays, dans la conjoncture actuelle des maillons faibles de la domination imp&#233;rialiste. Elles cr&#233;ent les conditions pour l'ouverture de processus de r&#233;volutions d&#233;mocratiques et sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manifestations, gr&#232;ves, assembl&#233;es, comit&#233;s d'autod&#233;fense, mobilisations des syndicats, des associations d&#233;mocratiques, mobilisation de toutes les classes populaires, &#171; ceux d'en bas &#187; et &#171; ceux du milieu &#187; qui basculent dans l'insurrection, &#171; ceux d'en haut qui ne peuvent plus gouverner comme avant &#187;, convergences des partis d'opposition radicale contre le syst&#232;me, ce sont tous les ingr&#233;dients de situation pr&#233;r&#233;volutionnaire ou r&#233;volutionnaire qui sont l&#224;, pr&#233;sents explosifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aujourd'hui au tour de l'Egypte de voir des millions de travailleurs, de jeunes, de ch&#244;meurs se dresser contre la dictature de Moubarak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Tunisie, une dictature sanglante a &#233;t&#233; abattue. Elle a concentr&#233; la haine de toute une soci&#233;t&#233;, des classes populaires et surtout de la jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait en finir avec l'ordre de Ben Ali, sa r&#233;pression, sa corruption, son injustice sociale, syst&#232;me soutenu par toutes les puissances imp&#233;rialistes, la France, les USA, l'Union Europ&#233;enne. C'est ce m&#234;me mouvement qui submerge aujourd'hui l'Egypte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a, bien s&#251;r, des diff&#233;rences historiques entre les deux pays. L'Egypte est le pays le plus peupl&#233; du monde arabe. Elle a une place g&#233;ostrat&#233;gique d&#233;cisive au Moyen Orient. Les structures de l'Etat, les institutions, l'Arm&#233;e y sont diff&#233;rentes. Mais c'est un m&#234;me mouvement de fond qui touche les deux pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les masses tunisiennes n'en pouvaient plus, aussi, d'un syst&#232;me &#233;conomique - &#171; bon &#233;l&#232;ve de l'&#233;conomie mondiale &#187; selon Mr Strauss-Khan - qui les affamait. L'explosion du prix des produits alimentaires de base, un ch&#244;mage de pr&#232;s de 30 %, des centaines de milliers de jeunes form&#233;s, qualifi&#233;s sans emploi ont constitu&#233; le terreau d'une r&#233;volte sociale qui en se combinant avec une crise politique, a d&#233;bouch&#233; sur une r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu, de 2006 &#224; 2008, une hausse dramatique des prix de tous les produits essentiels, dont le riz, le bl&#233; et le ma&#239;s. Le prix du riz a tripl&#233; en cinq ans, passant d'environ 600 $ la tonne en 2003 &#224; plus de 1800 $ la tonne en mai 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation r&#233;cente du prix du grain est caract&#233;ris&#233;e par un bond de 32 % enregistr&#233; durant la deuxi&#232;me moiti&#233; de 2010 dans l'indice composite des prix alimentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forte hausse des prix du sucre, des c&#233;r&#233;ales et des ol&#233;agineux a conduit les prix alimentaires mondiaux &#224; un record en d&#233;cembre, d&#233;passant les co&#251;ts de 2008, lesquels avaient d&#233;clench&#233; des &#233;meutes &#224; travers le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, le FMI comme l'OMC exigent la lev&#233;e de toutes les barri&#232;res douani&#232;res et l'arr&#234;t de toutes les subventions aux productions vivri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;cente hausse sp&#233;culative du prix des aliments a, donc, favoris&#233; un processus mondial de cr&#233;ation de la famine d'une ampleur sans pr&#233;c&#233;dent, qui frappe un ensemble de pays d'Afrique et du monde arabe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Egypte a subi aussi les effets de cette explosion des prix alimentaires. L'&#233;conomie ne parvient pas &#224; cr&#233;er assez d'emplois pour subvenir aux besoins des Egyptiens. Les politiques n&#233;olib&#233;rales mises en &#339;uvre depuis les ann&#233;es 2000 ont provoqu&#233; l'explosion des in&#233;galit&#233;s et un appauvrissement de millions de familles. Malgr&#233; une croissance &#233;conomique de 5%, 25% de la population vit au dessous du seuil de pauvret&#233;. Pr&#232;s de 40% des 80 millions d'Egyptiens continuent de vivre avec moins de deux dollars par jour. Et 90% des ch&#244;meurs sont des jeunes de moins de 30 ans. L'autre chose remarquable est que la f&#233;d&#233;ration syndicale nationale &#233;gyptienne &#8212; dirig&#233;e par des personnes engag&#233;es par le gouvernement &#8212; a partiellement l&#226;ch&#233; le gouvernement pendant les 2 semaines suivant l'insurrection tunisienne. Ils voulaient un contr&#244;le des prix, une augmentation des salaires et un syst&#232;me de distribution subsidi&#233; pour la nourriture, les gens n'arrivant pas &#224; trouver des produits de base comme le th&#233; ou l'huile. Que les dirigeants du syndicat demande &#231;a est sans pr&#233;c&#233;dent parce que ces gens ont soutenu le n&#233;olib&#233;ralisme. &#199;a, c'est l'impact de la Tunisie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce pays, cette r&#233;volution vient de loin : Le mouvement social actuel l'aboutissement d'un cycle de mobilisations et de mouvements qui puisent leur force dans l'histoire des luttes du peuple tunisien et de ses organisations, en particulier, le mouvement &#233;tudiant, les multiples associations pour les droits et libert&#233;s d&#233;mocratiques et des syndicats comme nombre de secteurs de l'UGTT (Union g&#233;n&#233;rale des travailleurs tunisiens) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes de certaines personalit&#233;s pour leurs libert&#233;s d'expression et de voyage en1999, les mouvements lyc&#233;ens, en 2000, les mobilisations contre la guerre en Irak en 2001, la deuxi&#232;me Intifadha en 2002-2003, les gr&#232;ves et manifestations de Gafsa en 2008, Ben Guerdane, en Juin 2010, et Sidi Bouzid, qui fin 2010 ouvre la voie &#224; la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un mouvement historique qui a commenc&#233; avec cette combinaison de r&#233;volte sociale et de renversement d'une dictature mais qui aujourd'hui cherche ses voies pour aller plus loin. C'est une r&#233;volution d&#233;mocratique radicale qui a des exigences sociales anticapitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ben Ali a du s'enfuir, mais l'essentiel de son r&#233;gime policier est rest&#233; en place. La force de la mobilisation a contraint les anciens benalistes &#224; partir progressivement du gouvernement, mais &#224; l'heure o&#249; ce texte est &#233;crit, le Premier ministre est toujours le benaliste Ghannouchi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la r&#233;volution veut, justement aller plus loin : &#171; RCD d&#233;gage ! &#187;, &#171; Ghannouchi, d&#233;gage ! &#187;, derri&#232;re ces revendications, c'est tout le syst&#232;me politique, toutes les institutions, tout l'appareil de r&#233;pression qu'il faut &#233;radiquer. Il faut en finir avec tout le syst&#232;me Ben Ali, et &#233;tablir tous les droits et libert&#233;s d&#233;mocratiques : droit d'expression, droit de gr&#232;ve, droit de manifestation, pluralisme des associations, syndicats et partis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Liquidation de l'institution pr&#233;sidentielle et instauration d'un gouvernement provisoir r&#233;volutionnnaire ! En finir avec la dictature comme avec toutes op&#233;rations qui veulent sauver le pouvoir des classes dominantes exigent aujourd'hui l'ouverture d'un processus d'&#233;lections libres pour une Assembl&#233;e constituante. Pour ne pas &#234;tre confisqu&#233; par un nouveau pouvoir des oligarchies, ce processus doit s'appuyer sur l'organisation de comit&#233;s, coordinations et conseils populaires qui ont &#233;merg&#233;s de la r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce processus, les anticapitalistes d&#233;fendront les revendications cl&#233; d'un programme de rupture avec l'imp&#233;rialisme et le syst&#232;me capitaliste, la satisfaction des besoins vitaux des classes populaires - le pain, les salaires, l'emploi -r&#233;organisation de l'&#233;conomie en fonction des besoins sociaux fondamentaux-les services publics de qualit&#233; et gratuit, l'&#233;cole, la sant&#233;, les droits des femmes, une r&#233;forme agraire radicale, la socialisation des banques et des secteurs cl&#233; de l'&#233;conomie, l'&#233;largissement des protections sociales -ch&#244;mage, sant&#233;, retraite-, annulation de la dette, et souverainet&#233; nationale et populaire, Voil&#224; le programme d'un gouvernement d&#233;mocratique qui serait au service des travailleurs et de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, que cela soit pour organiser la d&#233;fense des quartiers, chasser les dirigeants RCD de l'administration ou des grandes entreprises, r&#233;organiser la distribution des produits alimentaires, les salari&#233;-e-s et les jeunes se dotent de leurs propres assembl&#233;es et comit&#233;s. Les secteurs les plus combatifs et les plus radicaux doivent appuyer, stimuler, organiser et coordonner toutes ces structures d'auto-organisation. Ce sont des points d'appui pour &#233;tablir un pouvoir d&#233;mocratique des classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Egypte, &#224; l'heure o&#249; nous &#233;crivons cette d&#233;claration, le pays est en &#233;tat d'insurrection. Malgr&#233; une r&#233;pression sanglante, les vagues de mobilisation du peuple s'amplifient. Des millions de manifestants sont dans les rues, du Caire mais aussi d'Alexandrie, de Suez. Les locaux du parti au pouvoir et les symboles de la dictature sont mis &#224; bas. La haine du syst&#232;me Moubarak, le rejet total de la corruption, l'exigence de la satisfaction des revendications sociales vitales contre la hausse des prix ont cr&#233;&#233; et stimul&#233; la mobilisation de toutes les classes populaires. Le pouvoir vacille. L'Etat major de l' arm&#233;e appuy&#233;e par les USA tente un auto-coup d'Etat en flanquant Moubarak d'Omar Souleiman, chef des services secrets, et pilier du r&#233;gime actuel. Cette arm&#233;e est aujourd'hui sous tension. On a vu ces sc&#232;nes de fraternisation entre le peuple et les soldats. Mais face &#224; la d&#233;termination des Egyptiens, la direction de l'arm&#233;e peut aussi choisir l'affrontement et la r&#233;pression sanglante. L'exigence de millions et millions est nette et claire : il faut en finir avec la dictature. Moubarak doit partir, mais c'est toute la dictature, tout l'appareil de r&#233;pression qu'il faut abattre, et instaurer un processus d&#233;mocratique avec tous les droits et libert&#233;s fondamentales. L'appel &#224; une journ&#233;e de mobilisation le mardi 1er F&#233;vrier est la prochaine &#233;ch&#233;ance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; aussi, il faut en finir avec une dictature et instaurer un processus d&#233;mocratique avec tous les droits et libert&#233;s d&#233;mocratiques fondamentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement actuel est le plus important depuis les &#233;meutes du pain de 1977, mais l&#224; aussi le mouvement vient de loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 30 ans, Moubarak maintient un r&#233;gime dictatorial, emprisonnant et assassinant les opposants, r&#233;primant toute expression ind&#233;pendante du mouvement social et de l'opposition politique. La mascarade &#233;lectorale de novembre 2010, enti&#232;rement contr&#244;l&#233;e par le PND qui en est ressorti avec plus de 80% des si&#232;ges, en est le dernier exemple. Les derni&#232;res ann&#233;es ont vu le d&#233;veloppement d'importants mouvements de gr&#232;ve, notamment autour des ouvriers textiles de El-Mahalla, des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales et manifestations et protestations de diverses cat&#233;gories sociales, d'importantes mobilisations anti-imp&#233;rialistes contre l'occupation militaire de l'Irak et de l'Afghanistan en 2004, marquant le d&#233;saveu et l'isolement d'un r&#233;gime soutenu &#224; bout de bras par les USA et l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Egypte est, avec Isra&#235;l et l'Arabie saoudite, un des trois piliers de la politique imp&#233;rialiste dans la r&#233;gion. Les USA, Isra&#235;l et l'Europe vont s'arc-bouter pour emp&#234;cher que l'Egypte n'&#233;chappe &#224; leur sph&#232;re d'influence et feront tout pour s'opposer &#224; un d&#233;veloppement r&#233;volutionnaire de la protestation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution tunisienne a embras&#233; la r&#233;gion arabe. C'est aussi pour toute une g&#233;n&#233;ration leur premi&#232;re r&#233;volution. Tout peut basculer aujourd'hui avec le soul&#232;vement du peuple &#233;gyptien. La mobilisation, aura sans aucun doute, des r&#233;percussions dans toute la r&#233;gion, et en premier lieu en encourageant le peuple palestinien, et ce malgr&#233; les d&#233;clarations honteuses de Mahmoud Abbas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aujourd'hui un mur de solidarit&#233; autour des processus r&#233;volutionnaires qui d&#233;ferlent sur la Tunisie et l'Egypte, relay&#233;s par une solidarit&#233; active avec les mobilisations de tout le monde arabe. On ne peut &#233;carter les mauvais coups de l'appareil de r&#233;pression de Ben Ali, ou les menaces de son ami Khadaffi. De m&#234;me, si le r&#233;gime d&#233;cide l'affrontement, l'Etat major de l'Arm&#233;e peut d&#233;clencher une r&#233;pression sanglante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'approfondissement du processus r&#233;volutionnaire, les puissances occidentales comme les classes dominantes peuvent essayer de reprendre la main en brisant cet immense espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les peuples tunisien et &#233;gyptien, doivent compter sur l'ensemble du mouvement ouvrier international, sur tout le mouvement altermondialiste. Dans les syndicats, les associations, les partis de gauche, il faut soutenir les luttes de ces peuples et la r&#233;volte qui gronde dans la r&#233;gion arabe. !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vive les r&#233;volutions tunisiennes et &#233;gyptiennes &lt;br class='autobr' /&gt;
Solidarit&#233; avec les luttes populaires dans le monde arabe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bureau de la IVe Internationale &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 30. janvier 2011&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'UGTT et l'arm&#233;e au centre et la radicalisation</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/L-UGTT-et-l-armee-au-centre-et-la-radicalisation</link>
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		<dc:date>2011-01-20T19:55:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Puchot</dc:creator>


		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#171; Aujourd'hui, on reste calme, bien en place, on ne frappe personne, c'est compris ? &#187; Sangl&#233; dans un uniforme bien repass&#233;, le capitaine de police passe ses troupes en revue, et transmet la consigne. Mardi 18 janvier 2011 &#224; Tunis, la police dispersait les manifestants avec des tirs tendus de grenades lacrymog&#232;nes et un usage intensif des matraques. Mercredi 19 janvier, c'est donc &#171; le calme &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, peu &#224; peu, des centaines de manifestants se pressent sur le terre-plein central de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH100/arton3104-81355.jpg?1629994286' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Aujourd'hui, on reste calme, bien en place, on ne frappe personne, c'est compris ? &#187; Sangl&#233; dans un uniforme bien repass&#233;, le capitaine de police passe ses troupes en revue, et transmet la consigne. Mardi 18 janvier 2011 &#224; Tunis, la police dispersait les manifestants avec des tirs tendus de grenades lacrymog&#232;nes et un usage intensif des matraques. Mercredi 19 janvier, c'est donc &#171; le calme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, peu &#224; peu, des centaines de manifestants se pressent sur le terre-plein central de l'avenue Bourguiba, dans le centre-ville. Leur nombre grandit d'heure en heure, tous scandent des slogans hostiles au Rassemblement constitutionnel d&#233;mocratique (RCD), le parti de l'ancien pr&#233;sident Ben Ali. Le RCD a conserv&#233; les quatre minist&#232;res cl&#233;s du gouvernement provisoire form&#233; lundi. Certains manifestants brandissent des photos des ministres RCD affubl&#233;s de croix gamm&#233;es : &#171; Fascistes, terroristes ! D&#233;gage ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein de la foule, plusieurs jeunes se relaient avec un m&#233;gaphone fourni par l'UGTT, l'Union g&#233;n&#233;rale tunisienne du travail, la centrale syndicale fond&#233;e en 1924. C'est, de fait, la seule organisation politique repr&#233;sent&#233;e en tant que telle et tol&#233;r&#233;e parmi les manifestants, qui s'agr&#232;gent de mani&#232;re spontan&#233;e jusqu'&#224; la nuit tomb&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon une annonce faite mercredi matin (le 19 janvier) par le ministre du d&#233;veloppement rural, le premier conseil des ministres doit se tenir jeudi. Mais le gouvernement para&#238;t d&#233;j&#224; condamn&#233; par la d&#233;mission, mardi, de plusieurs ministres de l'opposition, dont trois affili&#233;s &#224; l'UGTT, qui r&#233;clame, comme les manifestants, le retrait du RCD. Le parti de Ben Ali semble en bout de course. L'UGTT, elle, appara&#238;t plus que jamais comme la seule force politique incontournable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'opposition est tr&#232;s faible ; aujourd'hui, ce qui compte, c'est l'UGTT, et l'arm&#233;e &#187;, juge Hassan, un manifestant pourtant sympathisant du parti d&#233;mocrate progressiste (PDP, opposition l&#233;gale). Lundi, avant la d&#233;mission des trois ministres affili&#233;s &#224; l'UGTT, pas moins de six membres du gouvernement faisaient ou avaient fait partie de la direction de la centrale syndicale, qui est aussi repr&#233;sent&#233;e &#224; l'Assembl&#233;e et au S&#233;nat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Implant&#233;e dans chaque r&#233;gion, la centrale revendique 5000'00 adh&#233;rents, principalement dans le secteur public. C'est une force politique sans &#233;quivalent aujourd'hui en Tunisie, sur laquelle l'opposition politique l&#233;gale tente de se greffer. Toute la journ&#233;e de mercredi, le Forum d&#233;mocratique pour le travail et les libert&#233;s et Ettajdid, les deux organisations d'opposition &#233;galement en dehors du gouvernement, ont discut&#233; avec la direction de l'UGTT pour unifier leur position.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de Tunisiens souhaitent d&#233;sormais voir l'UGTT jouer un r&#244;le politique plus important, &#224; la mesure de sa participation au mouvement r&#233;volutionnaire. D&#233;l&#233;gu&#233;e syndicale de la branche des m&#233;decins hospitaliers, Ahlem Belhal a commenc&#233; &#224; militer dans l'UGTT en 1987. &#201;galement militante et ancienne pr&#233;sidente de l'association tunisienne des femmes d&#233;mocrates, elle se souvient du tournant de 2009, quand son syndicat a peu &#224; peu pris la mesure du mouvement de Gafsa, dans le sud du pays, pour faire &#233;voluer la ligne de l'organisation apr&#232;s la r&#233;&#233;lection de Ben Ali fin 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les mouvements sociaux &#233;taient tr&#232;s forts, explique-t-elle. L'ex&#233;cutif de l'UGTT a &#233;t&#233; oblig&#233; de suivre ses militants, qui &#233;taient massivement investis dans ces mouvements. Aujourd'hui, l'UGTT doit &#234;tre le garant du changement, politique, &#233;conomique et social. Il n'en existe pas d'autres, l'organisation doit donc assumer un r&#244;le politique important. L'UGTT, c'est notre garde-fou social. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois ministres affili&#233;s &#224; l'UGTT qui ont d&#233;missionn&#233; mardi du gouvernement, sont issus de la gauche tunisienne. &#201;conomiste reconnu en Tunisie, inlassable critique du r&#233;gime, Abdeljedid B&#233;doui, promu lundi pour occuper un obscur portefeuille de &#171; ministre aupr&#232;s du premier ministre &#187; selon le communiqu&#233; officiel, est par exemple une figure de la gauche altermondialiste locale, tr&#232;s loin de la politique de privatisation engag&#233;e depuis 2000.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tournant d&#233;cisif, d&#233;but janvier&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Longtemps pourtant, le syndicat a d&#251; affronter une bureaucratie fid&#232;le au r&#233;gime de Ben Ali. Elu au congr&#232;s de 2002, r&#233;&#233;lu en 2007, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral Abdessalem Jrad n'a pas toujours soutenu des positions progressistes hostiles au pr&#233;sident tunisien, loin s'en faut. En 2009, il s'&#233;tait prononc&#233;, comme l'ensemble du bureau ex&#233;cutif, pour la r&#233;&#233;lection de Ben Ali. C'&#233;tait alors la position majoritaire au sein de la commission administrative de l'UGTT, qui regroupe 84 d&#233;l&#233;gu&#233;s par branche, en plus des 13 membres du bureau ex&#233;cutif &#233;lu au congr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai eu l'honneur de rencontrer le chef de l'Etat et ce fut l'occasion d'un tr&#232;s important entretien, au cours duquel nous avons abord&#233; la situation douloureuse dans certaines r&#233;gions du pays, ainsi que des id&#233;es et des propositions de l'UGTT, affirmait-il encore, le... 12 janvier 2011, deux jours avant la fuite de l'ancien pr&#233;sident tunisien (!), avant de conclure : J'ai trouv&#233; aupr&#232;s du Pr&#233;sident de la R&#233;publique une vision profonde des principaux probl&#232;mes et de leurs causes et une volont&#233; de les r&#233;soudre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son intelligence tactique, reconnue par nombre de militants, lui a toutefois permis de sentir l'importance du mouvement et de plier, quand le r&#233;gime lui-m&#234;me demeurait aveugle. D&#233;but janvier, lors d'une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale extraordinaire, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral avait ent&#233;rin&#233; la d&#233;cision d'entamer des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales tournantes par r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce fut un tournant, estime Sami Souhli, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral des m&#233;decins et des pharmaciens, historiquement &#224; gauche, et qui si&#232;ge &#224; la commission administrative. Nous avons vot&#233; pour une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale tournante afin de s'accorder avec ce qu'&#233;tait la r&#233;alit&#233; du terrain. Nos militants &#233;taient d&#233;j&#224; tr&#232;s impliqu&#233;s, mais le r&#233;gime &#233;tait f&#233;roce, tirait &#224; vue, il fallait encadrer un minimum le mouvement. Car d&#232;s ce moment, beaucoup de camarades avaient le sentiment que le r&#233;gime &#233;tait fragile, et &#233;tait pr&#234;t &#224; tout. L'UGTT a alors jou&#233; son r&#244;le, d'o&#249; sa popularit&#233; aujourd'hui. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq jours apr&#232;s la chute de Ben Ali, le tournant progressiste de l'UGTT a donc &#233;t&#233; ent&#233;rin&#233; &#224; tous les &#233;tages, validant ainsi l'investissement syndical que ses militants ont parfois pay&#233; cher depuis la prise de pouvoir de l'ancien dictateur tunisien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les positions progressistes de certaines branches de la centrale syndicale, comme celle des PTT ou de l'enseignement sup&#233;rieur, ont &#233;t&#233; construites pas &#224; pas par les militants de base durant les ann&#233;es 1990, quand le r&#233;gime se d&#233;cha&#238;nait contre tout ce qui pouvait de pr&#232;s ou de loin lui faire un peu d'ombre. &#171; La gauche &#233;tait tellement faible alors, se rappelle Lamjed Jemli, professeur de philosophie et militant de l'UGTT. Nous &#233;tions tellement fractionn&#233;s &#224; l'&#233;poque, si divis&#233;s par une r&#233;pression tr&#232;s dure. On ne pouvait m&#234;me pas faire de gr&#232;ve de la faim en prison pour attirer l'attention : ou bien ils nous for&#231;aient &#224; manger, ou bien on h&#233;ritait d'une balle dans la t&#234;te. &#187; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son apprentissage politique, Lamjed Jemli l'a effectu&#233; au sein de l'Union g&#233;n&#233;rale des &#233;tudiants tunisiens, ce qui lui a valu de f&#234;ter ses 20 ans en prison. 27 mois d'emprisonnement, de 1994 &#224; 1996. Admis au concours du Capes de philosophie une fois ses &#233;tudes achev&#233;es, envoy&#233; dans un lyc&#233;e &#224; Monastir, il est licenci&#233; au bout d'un mois par l'administration en raison de son parcours politique. Contraint de chercher un emploi dans le priv&#233;, il profite finalement de l'ouverture d'un call center &#224; Ben Arous, au sud de Tunis, pour s'y faire embaucher et fonder le premier syndicat tunisien de ce secteur d'activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui coordinateur des sections UGTT du secteur priv&#233;, Lamjed Jemli n'a plus de doute : pour lui, c'est s&#251;r, le RCD va se dissoudre : &#171; Ils n'ont pas le choix, ils ne peuvent faire le chantage de la s&#233;curit&#233; contre le coup d'Etat militaire : notre arm&#233;e, c'est 45'000 personnes, appel&#233;s compris. Une dictature militaire, ce n'est pas possible. Et la population le sait. Elle n'acceptera pas de se faire voler sa r&#233;volution sous ce pr&#233;texte. Le meilleur choix pour le RCD maintenant est de s'autodissoudre, de rendre les locaux de l'Etat qu'il occupe et les voitures de fonction. Ils pourront ainsi, s'ils en ont la capacit&#233; politique, retenter ensuite leur chance en formant de nouveaux partis. Le peuple tunisien ne demande pas de lynchage, comme pour le parti Baas en Irak, mais il veut pouvoir d&#233;cider de son sort en toute transparence. &#187; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas plus que la menace de l'arm&#233;e, le retour dans le jeu politique des partis islamistes ne saurait justifier le maintien du RCD, selon Ahlem Belhal, militante de l'UGTT, ancienne pr&#233;sidente de l'Association tunisienne des femmes d&#233;mocrates. &#171; La soi-disant lutte contre l'islamisme nous a valu 23 ann&#233;es de dictature, tonne-t-elle. C'&#233;tait un argument efficace pour faire plaisir &#224; la France et aux pays occidentaux, mais ici, c'est une mani&#232;re de nous opprimer encore davantage, de nous mettre en prison, y compris des membres de notre association. La concertation doit d&#233;sormais se faire avec tous ceux qui le souhaitent, sans restriction, pour &#233;tablir un cadre qui puisse garantir les valeurs de cette r&#233;volution, la d&#233;mocratie, l'&#233;galit&#233;, la justice sociale, la libert&#233; de culte et la s&#233;paration de l'Eglise et de l'Etat. C'est l'oppression et la n&#233;gation de l'espace public qui nourrissent l'islam radical, pas la d&#233;mocratie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Le hold-up n'a pas tenu &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si le retrait du gouvernement et la dissolution du RCD paraissent aujourd'hui le sc&#233;nario le plus probable, si Nahda, le parti islamiste, a annonc&#233; qu'il ne pr&#233;senterait pas de candidat &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle (dont la date demeure ind&#233;termin&#233;e) et n'appara&#238;t pas encore comme une force d'opposition solide, quel sera le r&#244;le de l'UGTT dans les mois &#224; venir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1990, certains dirigeants de la centrale, tel Ali Ramdhane, songeaient &#224; fonder un Parti des travailleurs, li&#233; &#224; l'UGTT. Une option abandonn&#233;e depuis. Pourtant, certains militants syndicaux redoutent que la direction du syndicat nourrisse l'ambition de court-circuiter le processus r&#233;volutionnaire en marche. Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral des m&#233;decins et des pharmaciens, &#233;lu &#224; la commission administrative de l'UGTT, Sami Souhli raconte comment sa direction n'a pas perdu ses mauvaises habitudes en acceptant, sans consulter la base, de participer au gouvernement annonc&#233; ce lundi. Un vote sur cette question devait intervenir lors d'une assembl&#233;e pl&#233;ni&#232;re de la commission administrative du syndicat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mais on l'a bien vu, ce hold-up n'a pas tenu &#187;, dit-il. Pour lui, cette participation temporaire au gouvernement n'a qu'un but : gagner du temps. &#171; On ne le rappelle pas assez souvent, mais les liens sont forts entre la direction de l'UGTT et le RCD. En acceptant cette participation au gouvernement, le bureau ex&#233;cutif occupe le terrain et retarde le processus qui doit mener &#224; un gouvernement de salut populaire, pour que les membres du RCD qui ont &#233;t&#233; le plus mouill&#233;s dans la r&#233;pression et les affaires puissent fuir. Il ne faut donc pas se rel&#226;cher, et continuer de demander des comptes &#224; la direction du syndicat, ce que nous ferons au cours de l'assembl&#233;e pl&#233;ni&#232;re pr&#233;vue pour vendredi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs branches du syndicat souhaitent aussi que le programme &#233;labor&#233; au sein de l'UGTT (r&#233;gime parlementaire, gouvernement de salut public incluant l'ensemble des forces d&#233;mocrates) soit &#233;crit noir sur blanc, dans une r&#233;solution sign&#233;e par le bureau ex&#233;cutif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, Sami Souhli insiste pour que les comit&#233;s de d&#233;fense des quartiers, qui ont &#233;merg&#233; ces derniers jours dans toute la Tunisie, et les comit&#233;s d'entreprise soient enfin reconnus par l'Etat, et puissent se f&#233;d&#233;rer pour &#234;tre repr&#233;sent&#233;s au Parlement tunisien. &#171; C'est un fait, souffle-t-il, le mouvement populaire tunisien n'est aujourd'hui pas repr&#233;sent&#233; politiquement. Il est pourtant indispensable qu'il le soit. Sans quoi, la r&#233;volution initi&#233;e par le peuple tunisien lui sera bien vite confisqu&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;* Journaliste de Mediapart&lt;br&gt;
(20 janvier 2011)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://www.alencontre.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.alencontre.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Afrique du Sud : Une gr&#232;ve qui r&#233;v&#232;le les fractures d'une soci&#233;t&#233;</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Afrique-du-Sud-Une-greve-qui-revele-les-fractures-d-une-societe</link>
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		<dc:date>2010-09-21T02:56:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Tir&#233; du site Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res BOND Patrick 30 ao&#251;t 2010 ___________________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Le pr&#233;sident Jacob Zuma, le vendredi 27 ao&#251;t 2010, a donn&#233; l'ordre &#224; ses ministres de n&#233;gocier avec les syndicats du secteur public pour mettre fin &#224; la gr&#232;ve. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du syndicat (COSATU) avait r&#233;percut&#233; l'id&#233;e, le 26 ao&#251;t 2010, d'&#233;largir la gr&#232;ve au secteur des mines. Ce qui changerait fortement la situation. Zizi Kodwa a eu des n&#233;gociations durant tout le week-end du 29-30 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
BOND Patrick&lt;br class='autobr' /&gt;
30 ao&#251;t 2010&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident Jacob Zuma, le vendredi 27 ao&#251;t 2010, a donn&#233; l'ordre &#224; ses ministres de n&#233;gocier avec les syndicats du secteur public pour mettre fin &#224; la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du syndicat (COSATU) avait r&#233;percut&#233; l'id&#233;e, le 26 ao&#251;t 2010, d'&#233;largir la gr&#232;ve au secteur des mines. Ce qui changerait fortement la situation. Zizi Kodwa a eu des n&#233;gociations durant tout le week-end du 29-30 ao&#251;t, au moment o&#249; cette gr&#232;ve va entrer dans sa troisi&#232;me semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi 27 ao&#251;t, pour renforcer la position des travailleurs du public, le NUM (Syndicat national des mineurs) avait annonc&#233; qu'il appellerait ses 32'000 membres &#224; faire un jour de gr&#232;ve afin de soutenir les travailleuses et travailleurs du secteur public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut avoir encore &#224; l'esprit que les travailleuses et travailleurs du secteur de la sant&#233;, la semaine pass&#233;e, ont refus&#233; de prendre en compte une d&#233;cision d'un tribunal leur interdisant de participer &#224; la gr&#232;ve. L'arm&#233;e a envoy&#233; des m&#233;decins dans 54 h&#244;pitaux le samedi 28 ao&#251;t. Le 24 ao&#251;t, &#224; Kimberley, &#224; 450 kilom&#232;tres au sud-ouest de Johannesburg, la police a tir&#233;, en tirs tendus, avec des &#171; balles en caoutchouc &#187; sur les gr&#233;vistes, en en blessant un grand nombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La COSATU, subissant la pression du mouvement, avait &#171; menac&#233; &#187; de rompre avec le gouvernement de Zuma. D&#232;s les premiers pas vers des n&#233;gociations &#8211; avec la crainte d'une gr&#232;ve qui fasse tache d'huile dans le priv&#233; &#8211; la direction de l'ANC, le 30 ao&#251;t 2010, d&#233;clare que &#171; La f&#233;d&#233;ration esp&#232;re qu'une proposition am&#233;lior&#233;e sera mise sur la table et qu'on pourra sortir aussi vite que possible de cette gr&#232;ve par un accord acceptable pour les salari&#233;s &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes donc, ce 30 ao&#251;t 2010, &#224; un moment cl&#233; de cette gr&#232;ve. Nous publions, ci-dessous, un article de Patrick Bond &#233;crit le 24 ao&#251;t. (R&#233;d. de A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une gr&#232;ve qui r&#233;v&#232;le les fractures d'une soci&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les deux principaux syndicats du secteur public qui sont en gr&#232;ve contre le gouvernement sud-africain ont promis d'intensifier leurs moyens de pression dans les prochains jours. Cette lutte oppose un million membres appartenant aux rangs inf&#233;rieurs et moyens de la soci&#233;t&#233; contre un gouvernement ayant capitalis&#233; la confiance apr&#232;s avoir jou&#233; l'h&#244;te de la Coupe mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec des syndicats plus petits du secteur public, les membres du Syndicat ind&#233;pendant des enseignant&#183;e&#183;s (SADTU) et les infirmi&#232;res du Syndicat national de travailleuses, travailleurs de la sant&#233; et des secteurs alli&#233;s (NEHAWU) ont organis&#233; des piquets devant les &#233;coles, les cliniques et les h&#244;pitaux, for&#231;ant de nombreuses fermetures &#224; partir du 18 ao&#251;t 2010. Des &#233;quipes r&#233;duites de m&#233;decins et de personnel militaire ont &#233;t&#233; oblig&#233;s de renvoyer chez eux les cas non-urgents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de plusieurs affrontements avec la police dans les centres-villes, devant les cliniques et les &#233;coles la semaine derni&#232;re, des travailleuses, travailleurs ont &#233;t&#233; &#171; la cible &#187; de balles en caoutchouc et de canons &#224; eau. Samedi 21 ao&#251;t, les tribunaux ont ordonn&#233; aux gr&#233;vistes de retourner au travail dans les services consid&#233;r&#233;s urgents. Dans des dizaines d'h&#244;pitaux et de cliniques du personnel militaire &#171; assure &#187; des services en sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pr&#233;sident Jacob Zuma a menac&#233; les gr&#233;vistes de licenciements massifs et a condamn&#233; les militantes et les militants qui ont perturb&#233; le fonctionnement des &#233;tablissements de sant&#233; et d'&#233;ducation : &#171; M&#234;me pendant les campagnes contre le r&#233;gime d'apartheid nous n'avons pas emp&#234;ch&#233; les infirmi&#232;res de faire leur travail, &#187; a-t-il d&#233;clar&#233;. Le Parti communiste sud-africain (SACP) a fait une d&#233;claration en d&#233;fense des gr&#233;vistes, tout en demandant au mouvement syndical et au Congr&#232;s national africain (ANC) de ne pas &#171; lancer des insultes provocatrices les uns contre les autres alors que le secteur priv&#233; et anti-ouvrier vous regarde et rit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le n&#233;potisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la popularit&#233; assez &#233;lev&#233;e dont jouit l'affable Zuma, des rapports r&#233;cents sur les &#233;normes profits de son fils, de son neveu et de ses proches alli&#233;s dans le cadre du &#171; Black Economic Empowerment &#187; [l'acquisition accrue d'influences &#233;conomiques de certains Noirs, afin d'acc&#233;l&#233;rer la consolidation d'une haute bourgesoisie noire|] ont soulev&#233; de la col&#232;re. En plus, dans une d&#233;claration faite &#224; la presse, le NEHAWU a fustig&#233; le train de vie h&#233;doniste de la classe des gestionnaires d'&#201;tat : &#171; Nous lisons quotidiennement des nouvelles sur le gaspillage du gouvernement concernant des billets distribu&#233;s lors la Coupe mondiale, sur des voitures, des chambres d'h&#244;tels, des soir&#233;es et de la publicit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, Pretoria a subventionn&#233; la Coupe mondiale &#224; la hauteur de 5 milliards de dollars, selon la plupart des estimations, dont plus de 3 milliards de dollars ont &#233;t&#233; d&#233;pens&#233;s sur des stades qui sont aujourd'hui largement reconnus comme des &#171; &#233;l&#233;phants blancs &#187; : les si&#232;ges ne peuvent &#234;tre remplis et ils co&#251;tent trop cher pour les &#233;quipes de football locales qui n'ont pas des moyens suffisants pour les louer. Les soci&#233;t&#233;s qui ont parrain&#233; la Coupe ont encaiss&#233; quelque 4 milliards de profit, tout cela non soumis aux imp&#244;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de juin et de juillet 2010, l'Afrique du Sud a affich&#233; devant les visiteurs &#233;trangers et les t&#233;l&#233;spectateurs une opulence qui cachait une &#233;conomie de plus en plus en d&#233;tresse et des in&#233;galit&#233;s extr&#234;mes. La reprise &#233;conomique &#224; partir d'une chute de 2% du PIB en 2009 est en panne. Et les 3% de croissance annonc&#233;s pour cette ann&#233;e font l'objet de sourires ou d'incr&#233;dulit&#233;s, puisque les pertes d'emplois ont continu&#233; &#224; augmenter pendant la premi&#232;re moiti&#233; du 2010. Plus d'un million sur les 13 millions de travailleuses et des travailleurs de l'&#233;conomie formelle de l'Afrique du Sud ont perdu leur emploi depuis 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la pression, les salari&#233;&#183;e&#183;ss sont devenu&#183;e&#183;s &#233;tonnamment militants, remportant ces derni&#232;res semaines des victoires sous forme d'accords salariaux, fixant des salaires d&#233;passant l'inflation, cela dans les entreprises parapubliques des transports et de l'&#233;lectricit&#233;. Gr&#226;ce, en partie, &#224; la pression que leur permettait de faire la Coupe mondiale. Avec l'inflation &#224; 4,5%, la derni&#232;re offre gouvernementale d'une augmentation annuelle de 7%, plus une augmentation de 25 dollars (&#224; 90 dollars) de l'allocation au logement, serait normalement consid&#233;r&#233;e comme tr&#232;s bonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des syndicats qui seraient &#171; heureux &#187; d'avoir une augmentation salariale de 8,6% et une allocation-logement &#224; 130 dollars (1000 rands, soit 100 euros, soit 130 francs suisses). Mais le NEHAWU revendique beaucoup plus, y inclus une augmentation salariale de 11% r&#233;troactive sur trois mois, une allocation-logement de 195 dollars, et l'&#233;galit&#233; de la subvention &#233;tatique pour les soins m&#233;dicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;ponse du gouvernement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Cabinet gouvernemental a r&#233;pondu le 18 ao&#251;t 2010 : &#171; Nous avons d&#251; faire le choix entre l'augmentation de la masse salariale &#224; des niveaux inabordables et des coupures dans d'autres services fondamentaux. C'est le choix entre l'am&#233;lioration des salaires des employ&#233;s de l'&#201;tat et notre capacit&#233; de r&#233;pondre aux besoins en services des communaut&#233;s pauvres et des ch&#244;meurs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de la hausse des imp&#244;ts des entreprises et des riches (fortement r&#233;duits par rapport &#224; 1994, gr&#226;ce &#224; quatre ministres des finances n&#233;olib&#233;raux), les syndicats proposent de mettre fin au gaspillage et aux subventions aux entreprises. Les &#233;normes d&#233;penses en infrastructures ont fait l'objet de vives critiques, d'autant plus que les quatre composantes principales &#8211; deux nouvelles centrales au charbon (35 milliards de dollars), financ&#233;es en partie par la Banque mondiale, un train rapide de l'a&#233;roport de Johannesburg au quartier financier principal (3 milliards de dollars), un a&#233;roport &#224; Durban (1 milliard de dollars), et de nouveaux barrages (plusieurs milliards) pour les grands int&#233;r&#234;ts miniers et agricoles &#8211; profitent principalement aux &#233;lites et se construisent au d&#233;triment de l'infrastructure en faveur de la population pauvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le transport public continue &#224; se d&#233;grader et le prix de l'&#233;lectricit&#233; augmente de 25% &#224; chaque ann&#233;e pour payer les nouvelles centrales. Pourtant, deux soci&#233;t&#233;s, BHP Billiton [le g&#233;ant anglo-australien des mines, qui essaye de racheter Potash un grand groupe mondial des engrais] et le groupe Anglo-American, continueront &#224; consommer l'&#233;lectricit&#233; la moins ch&#232;re du monde (un septi&#232;me du prix de pay&#233; par les travailleuses et les travailleurs ordinaires, cela gr&#226;ce &#224; un contrat d'une dur&#233;e 40 ans sign&#233;e par le r&#233;gime de l'apartheid). Ces deux soci&#233;t&#233;s consomment plus de 10% de l'&#233;lectricit&#233; du pays. Les &#233;cologistes demandent la fermeture graduelle des fonderies qui consomment tant d'&#233;nergie, le renoncement &#224; la seconde centrale, et l'investissement de cet argent dans des &#233;nergies renouvelables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si les arguments sont forts en faveur de la r&#233;orientation des d&#233;penses de l'&#201;tat, la question se pose de savoir si une &#171; aristocratie ouvri&#232;re &#187; potentielle doit de se faire une &#171; bonne vie &#187; dans une p&#233;riode de suppression d'emplois et de mis&#232;re des travailleuses, des travailleurs non qualifi&#233;&#183;c&#183;s, des masses de ch&#244;meuses et de ch&#244;meurs. La r&#233;ponse des syndicats est que ces travailleuses et ces travailleurs du secteur public, &#224; leur tour, font vivre de grandes familles &#233;tendues, puisque les rapports de migrations datant de l'&#232;re de l'apartheid lient encore les Sud-africains &#224; des r&#233;seaux de parent&#233; qui s'&#233;tendent sur des centaines de kilom&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comme si ce cela ne suffisait pas, jusqu'au milieu des ann&#233;es 1980, les femmes ont &#233;t&#233; contraintes &#224; rester dans les &#171; bantoustans &#187; ruraux, tandis que leurs p&#232;res, maris et fils travaillaient dans les villes. La propagation plus rapide du SIDA est l'un des h&#233;ritages durables des &#233;conomies anciennement coloniales et des plantations caract&#233;ris&#233;es par de telles migrations. Une fois la lib&#233;ration [de l'apartheid] gagn&#233;e, le statut de &#171; insider &#187; [dans la th&#233;orie n&#233;o-classique du ch&#244;mage on oppose ceux qui occupent un emploi aux ch&#244;meurs ou &#224; ceux et celles qui cherchent un emploi &#187;] est apparu pour les travailleurs urbains &#8211; y inclus en ce qui concerne des avantages en mati&#232;re de logement, de soins de sant&#233;, et de retraites &#8211; face aux nouveaux migrants issus des &#171; bantoustans &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A leur tour, les dirigeants syndicaux soulignent qu'aucune autre force sociale de l'Afrique du Sud ne fait si activement campagne en faveur de droits socio-&#233;conomiques des ch&#244;meurs, comme, par exemple, un projet national d'assurance-maladie et un revenu minimum de base ($15 par mois par personne), qui aideraient les communaut&#233;s les plus marginalis&#233;es. Mais les syndicats pour la plupart ne gagnent pas leurs batailles pour le salaire social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plus grandes d&#233;ceptions des syndicats par rapport au gouvernement Zuma s'expriment face &#224; l'intensification des politiques &#233;conomiques n&#233;olib&#233;rales, comme la lib&#233;ralisation des &#233;changes et le mon&#233;tarisme (taux d'int&#233;r&#234;t &#233;lev&#233;), et son refus d'interdire les agences de main-d'&#339;uvre [travail int&#233;rimaires] qui fournissent des centaines de milliers de travailleurs sous-trait&#233;s, pr&#233;caires et mal pay&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;ponse, le gouvernement parle de diverses subventions sociales (pensions, aide aux invalides et soins aux enfants) qui ont, en effet, l&#233;g&#232;rement augment&#233; le revenu des pauvres des zones rurales. Mais l'&#233;tude la plus r&#233;cente sur la pauvret&#233; men&#233;e par l'Universit&#233; de Cape Town en janvier 2010 a montr&#233; une augmentation absolue de la pauvret&#233; urbaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;contentement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les milliers de protestations enregistr&#233;es par la police chaque ann&#233;e constituent &#233;galement une indice des divisions sociales qui se creusent. Un grand nombre de ces protestations surgissent spontan&#233;ment comme des &#233;meutes locales li&#233;es &#224; la non-prestation ou &#224; la qualit&#233; des prestations des services publics et accompagn&#233;es de saccage des bureaux municipaux et m&#234;me de manifestations de x&#233;nophobie. Malheureusement aucun grand mouvement urbain durable et d&#233;mocratique n'a &#233;merg&#233; pour canaliser les frustrations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela est principalement la cons&#233;quence de la loyaut&#233; r&#233;siduelle qui persiste envers le Congr&#232;s national africain (ANC), entre autres dans les communaut&#233;s &#171; riches &#187;. Mais &#233;galement une cons&#233;quence de la division entre les &#171; nouveaux mouvements sociaux &#187; radicaux des villes de l'Afrique du Sud et l'ANC (division qui est en train de s'effacer). Ces mouvements avaient esp&#233;r&#233; que les &#233;l&#233;ments les plus &#224; gauche du Parti communiste et du Congr&#232;s des syndicats (COSATU) se d&#233;tacheraient de l'ANC. Mais ceux-ci, au lieu de s'attaquer au parti au pouvoir, n'ont pris leur distance que vis-&#224;-vis de l'ancien pr&#233;sident Thabo Mbeki. L'ayant mis dehors en septembre 2008, le mouvement syndical et les membre du Parti communiste avaient pens&#233; obtenir plus que le petit nombre de si&#232;ges marginaux qu'ils ont eu dans le nouveau cabinet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sentiment de trahison a &#233;t&#233; rendu explicite dans la &#171; Conf&#233;rence comm&#233;morative au nom de Ruth First &#187;, largement diffus&#233;e mardi dernier, prononc&#233;e par le Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du COSATU, Zwelinzima Vavi, l'une des voix les plus radicales de l'Afrique du Sud contemporaine. Ruth First [1922-1985] a &#233;t&#233; assassin&#233;e par une lettre explosive alors qu'elle &#233;tait en exil en Maputo [elle travaillait, comme exil&#233;e au Mozambique]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vavi a rendu hommage &#224; la lutte politique men&#233;e par First, &#224; ses maintes campagnes, sa recherche, ses publications :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Son m&#233;pris pour la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production, pour l'exploitation et pour toutes les formes d'oppression transpara&#238;t dans toutes les activit&#233;s de Ruth First &#224; partir de ces &#233;crits journalistiques et en terminant par ses &#339;uvres scientifiques. La lib&#233;ration nationale et la suppression de l'exploitation de classe &#233;taient pour elles deux faces d'une m&#234;me m&#233;daille. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite Vavi a adopt&#233; un moyen narratif inhabituel, opposant une h&#233;roine du pass&#233; aux dirigeants contemporains du mouvement de lib&#233;ration :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ruth First serait boulevers&#233;e d'apprendre que 16 ans apr&#232;s notre &#233;mancipation nous ne nous sommes pas &#233;loign&#233;es d'un syst&#232;me &#233;conomique contre laquelle elle a donn&#233; sa vie. Elle se demanderait s&#233;rieusement s'il valait tous les sacrifices qu'elle a faits quand elle apprend que ... l'Afrique du Sud (est) d&#233;sormais le pays ayant les plus profondes in&#233;galit&#233;s du monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vavi touchent des points sensibles du gouvernement en critiquant la corruption, &#224; la fois politique et personnelle, des alli&#233;s les plus proche de Zuma :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce qui aurait g&#234;n&#233; le plus Ruth First, c'est que, face de la catastrophe montante qui se manifeste, elle aurait attendu des dirigeants, qui dans le pass&#233; avaient servi &#224; ses c&#244;t&#233;s dans le Comit&#233; central du Parti communiste, pendant leurs voyages interminables, que les bases &#233;conomiques sont bien en place et que le pays tiendra le cap en d&#233;pit des preuves qui s'accumulent sur le fait que le fondamentalisme du march&#233; est un &#233;chec terrible pour l'humanit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ruth First a &#233;t&#233; mari&#233;e au leader du PC, Joe Slovo, qui au moment de sa mort en 1995, commen&#231;ait &#224; endosser le projet n&#233;olib&#233;ral, en particulier su sein du minist&#232;re de logement qu'il dirigeait. Vavi a dit de Ruth :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Elle demanderait o&#249; est son PC et pourquoi il n'a pas men&#233; une classe ouvri&#232;re unie dans une lutte pour changer la direction que nous semblons emprunter. Elle demanderait o&#249; sont all&#233;s tous les d&#233;mocrates apr&#232;s avoir lu le projet de Loi de la protection de l'information, qui, s'il est adopt&#233; dans sa forme actuelle, tournera en d&#233;rision son travail comme journaliste engag&#233;e dans la lutte contre l'injustice. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux principaux dirigeants du PC, Blade Nzimande et Jeremy Cronin, ont d&#233;fendu les attaques r&#233;centes par Zuma contre les m&#233;dias et l'acc&#232;s &#224; l'information. Zuma est depuis longtemps critiqu&#233; dans les m&#233;dias en raison de ses nombreux scandales personnels, financiers, sexuels et politiques. Ses avocats ont intent&#233; des poursuites en diffamation contre Jonathan Shapiro, dont les caricatures sign&#233;es, &#171; Zapiro &#187;, brillantes, d&#233;peignent le pr&#233;sident avec une pomme de douche fix&#233;e &#224; sa t&#234;te, rappelant aux lecteurs ses relations sexuelles &#8211; un viol all&#233;gu&#233; &#8211; avec la fille souffrant de HIV d'un ami de la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant qu'un r&#232;glement favorable aux travailleuses et travailleurs en gr&#232;ve advienne dans les prochains jours, &#233;tant donn&#233; le caract&#232;re d&#233;termin&#233; de leur lutte, les probl&#232;mes dont souffrent l'&#233;conomie et la soci&#233;t&#233; continueront &#224; monter. Et les br&#232;ches qui ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es entre le courant au pouvoir [membres de l'ANC] et leurs alli&#233;s syndicaux [COSATU avant tout] et communistes [PC] ne seront pas facilement colmat&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrick Bond, le 24 ao&#251;t 2010&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;BOND Patrick&lt;br class='autobr' /&gt;
* . Paru en fran&#231;ais sur le site de A l'Encontre : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.labreche.ch/Ecran/AfSudG..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.labreche.ch/Ecran/AfSudG..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Patrick Bond est directeur du Centre pour la soci&#233;t&#233; civile de l'Universit&#233; de KwaZulu-Natal &#224; Durban. Traduit de l'anglais par David Mandel et revu comme &#233;dit&#233; par la r&#233;daction.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La r&#233;pression s'abat sur l'universit&#233; d'Ibn Zohr &#224; Agadir &#8211; Stop &#224; la r&#233;pression du mouvement estudiantin</title>
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		<dc:date>2010-09-08T02:37:20Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Attac Maroc 25 juin 2010 &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Universit&#233; d'Ibn Zohr &#224; Agadir a connu tout au long de cette ann&#233;e des batailles estudiantines pour la d&#233;fense de leur droit pour un enseignement public, gratuit et de qualit&#233;. Suite &#224; la d&#233;cision des &#233;tudiants de boycotter les examens, prise de mani&#232;re d&#233;mocratique, pour protester contre le refus de la direction de reporter la date de ces &#233;preuves. Les &#233;tudiants demandaient un report pour leur permettre de bien se pr&#233;parer. Le 7 juin dernier, les forces de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Attac Maroc&lt;br class='autobr' /&gt;
25 juin 2010&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;L'Universit&#233; d'Ibn Zohr &#224; Agadir a connu tout au long de cette ann&#233;e des batailles estudiantines pour la d&#233;fense de leur droit pour un enseignement public, gratuit et de qualit&#233;. Suite &#224; la d&#233;cision des &#233;tudiants de boycotter les examens, prise de mani&#232;re d&#233;mocratique, pour protester contre le refus de la direction de reporter la date de ces &#233;preuves. Les &#233;tudiants demandaient un report pour leur permettre de bien se pr&#233;parer. Le 7 juin dernier, les forces de r&#233;pression prennent d'assaut le campus universitaire. Ils vont faire preuve de leur brutalit&#233; habituelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bilan : plusieurs bless&#233;s dont une &#233;tudiante qui s'est fractur&#233; la cuisse apr&#232;s que les forces de r&#233;pression l''ont jet&#233; du 2e &#233;tage ! La direction assist&#233;e par la police ont oblig&#233; les &#233;tudiants a passer les &#233;preuves de force. Les arrestations ont &#233;t&#233; nombreuses, 16 &#233;tudiant-e-s sont poursuivis dont 7 le sont en d&#233;tention provisoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'universit&#233; Qadi Ayad &#224; Marrakech a connu aussi l'arrestation de deux &#233;tudiants le 14 juin dernier. Cette r&#233;pression arrive dans un contexte de raidissement du pouvoir face &#224; aux mouvements sociaux, organis&#233;es ou spontan&#233;es. On assiste depuis des mois &#224; la criminalisation de ces derniers qui luttent contre les politiques lib&#233;rales appliqu&#233;es au Maroc, sous les orientations des Institutions financi&#232;res internationales et pour mieux servir les multinationales et les capitalistes locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les quatre coins du pays, des sit-in et des marches sont interdits ou r&#233;prim&#233;s dans le sang. Les arrestations et les condamnations des militant-e-s se multiplient (&#233;tudiants de F&#232;s, Marrakech et Agadir ; plus de vingt proc&#232;s des dipl&#244;m&#233;s ch&#244;meurs, les syndicalistes Bou&#226;rfa et de SMESSI R&#233;gie de Khouribga ; des citoyens &#224; Missour, Chefchaoun, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vague de r&#233;pression a atteint aussi les journalistes et la presse ind&#233;pendante et l'Association marocaine des droits de l'homme (AMDH), qui subit depuis des semaines une attaque haineuse politico-m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#224; ATTAC Maroc, nous consid&#233;rons que cette attaque contre les libert&#233;s, dans toutes ses formes vise &#224; imposer les politiques lib&#233;rales aux citoyens de force. En tant que partie du mouvement social pour un autre Maroc, cette situation nous inqui&#232;te et nous touche directement, plusieurs militants d'ATTAC sont parmi les militant-e-s poursuivis. Devant cette situation nous annon&#231;ons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Notre enti&#232;re solidarit&#233; avec les &#233;tudiants arr&#234;t&#233;s et &#224; leur t&#234;te nos camarades d'ATTAC Maroc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous condamnons l'assaut par les forces de r&#233;pression des campus d''Agadir et Marrakech et les s&#233;vices et les menaces subirent par les &#233;tudiant-e-s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous condamnons la criminalisation des mouvements sociaux au Maroc, ainsi que la r&#233;pression et les arrestations des manifestants, des syndicalistes dans toutes les r&#233;gions du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous rejetons l'ensemble des politiques lib&#233;rales men&#233;es par l'Etat marocain dans la mise en &#339;uvre des recommandations des IFI qui vont &#224; l'encontre des int&#233;r&#234;ts du peuple marocain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous exigeons la lib&#233;ration imm&#233;diate des d&#233;tenus et l'arr&#234;t des poursuites contre les militants estudiantins &#224; Agadir, Marrakech et dans les autres campus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous condamnons les jugements fantoches &#224; l''encontre des &#233;tudiants d''Agadir : trois mois de prison ferme et une amende de 1000 DH pour Souad el-Houti, Hicham Laribi, Amine Bassir, Abdelfatah Ait Belkacem et Mohamed Mahdouf. Trois mois de prison avec sursis et 1000 DH d'amende pour Kamal Boutbagh, Ali Moubarek, Mohamed Chouich et Abdelaziz Ahdib.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le proc&#232;s du groupe de Zahira Boulmasitri et Saidia D'haim a &#233;t&#233; report&#233; pour le 4 octobre 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous demandons aux responsables du pillage des richesses du pays de rendre des comptes de la fin de l'impunit&#233; dans ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous demandons de poursuivre les responsables des violences contre les manifestants&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous exprimons de nouveau notre solidarit&#233; avec l'AMDH face &#224; la violente campagne contre elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous appelons toutes les forces vives qui luttent &#224; intensifier et coordonner les efforts pour d&#233;fendre les libert&#233;s civiles et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Casablanca, le 25 juin 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attac Maroc, Secr&#233;tariat national&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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