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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Il faut refuser de reculer sur la d&#233;fense de l'&#233;cole publique !</title>
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		<dc:date>2012-10-23T18:44:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Marie Malavoy, la ministre de l'&#201;ducation des loisirs et des sports a enfreint un tabou lorsqu'elle a affirm&#233; que les &#233;coles priv&#233;es devront abandonner leurs examens d'admission pour conserver leurs subventions. De Paris, la premi&#232;re ministre Pauline Marois a aussit&#244;t rabrou&#233; sa ministre en d&#233;clarant qu'il n'&#233;tait pas question de couper les subventions aux &#233;coles priv&#233;es &#224; ce moment-ci. Madame Pauline Marois &#233;tait bien consciente qu'elle n'aurait pas l'appui des autres partis &#224; l'Assembl&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Education-63-" rel="directory"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Education-+" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Marie Malavoy, la ministre de l'&#201;ducation des loisirs et des sports a enfreint un tabou lorsqu'elle a affirm&#233; que les &#233;coles priv&#233;es devront abandonner leurs examens d'admission pour conserver leurs subventions. De Paris, la premi&#232;re ministre Pauline Marois a aussit&#244;t rabrou&#233; sa ministre en d&#233;clarant qu'il n'&#233;tait pas question de couper les subventions aux &#233;coles priv&#233;es &#224; ce moment-ci. Madame Pauline Marois &#233;tait bien consciente qu'elle n'aurait pas l'appui des autres partis &#224; l'Assembl&#233;e nationale si elle soutenait la position de sa ministre de l'&#201;ducation. D'autant plus que les &#233;lites &#233;conomiques sont rapidement mont&#233;es aux cr&#233;neaux pour d&#233;fendre le financement gouvernemental des &#233;coles publiques. La ministre Malavoy a rapidement ajust&#233; son discours en affirmant qu'elle vo ulait simplement ouvrir le d&#233;bat sur cette importante question.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aux del&#224; des b&#233;mols, les grands partis politiques d&#233;fendent le financement public des &#233;coles priv&#233;es &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PLQ veut bien mettre l'&#233;cole priv&#233;e &#224; contribution pour favoriser l'int&#233;gration scolaire des &#233;l&#232;ves, mais pas plus. La CAQ n'est pas pr&#234;te &#224; toucher aux subventions aux &#233;coles priv&#233;es. Le PQ veut pour sa part &#171; modifier les r&#232;gles de financement des &#233;coles priv&#233;es afin d'introduire une obligation d'int&#233;gration et des r&#233;tentions des &#233;l&#232;ves en difficult&#233;s, faute de quoi ces &#233;coles verront leur subvention diminuer graduellement &#187; mais il ne remet pas en cause ce financement lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul, Qu&#233;bec solidaire, depuis 2006, est contre le financement public des &#233;coles priv&#233;es. Son programme affirme que les &#233;coles priv&#233;es devront &#234;tre totalement autonomes quant &#224; leur financement et contraintes aux m&#234;mes exigences que les &#233;coles publiques quant au programme d'&#233;tude et &#224; l'int&#233;gration des &#233;l&#232;ves en difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le recul de l'&#233;cole publique au profit de l'&#233;cole priv&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le financement des &#233;coles priv&#233;es a favoris&#233; la progression du secteur priv&#233;. En 1973, les &#233;coles secondaires priv&#233;es regroupaient 8 pour cent des &#233;l&#232;ves. En 2012, ce chiffre d&#233;passe 20 pour cent et &#224; Montr&#233;al, il atteint 30 pour cent. Et le recul de l'&#233;cole publique se fait dans tous les secteurs d'enseignement &#224; la formation g&#233;n&#233;rale des jeunes. De 2000 &#224; 2010, la progression du priv&#233; &#233;tait de +19,7 % et le recul du public atteignait -12,9 %.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;MELS, Indicateurs de l'&#233;ducation, &#233;ditions 2002, 2007 et 2011&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;gression de l'&#233;cole publique s'accompagne d'un discr&#233;dit de plus en plus lourd contre le secteur public. En faisant des palmar&#232;s des &#233;coles du Qu&#233;bec, o&#249; les &#233;coles priv&#233;es occupent les premiers rangs, les responsables des &#233;coles priv&#233;es cherchent &#224; d&#233;velopper le march&#233; scolaire aux d&#233;pens du secteur public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces palmar&#232;s comparent l'incomparable. Le secteur public a une fonction d'&#233;ducation de l'ensemble de la jeunesse du Qu&#233;bec. Elle doit accueillir ceux qui s'y pr&#233;sentent. Les &#233;l&#232;ves performants comme ceux ayant des difficult&#233;s d'adaptation et d'apprentissage. Ces derniers forment, en 2012, 20 pour cent des effectifs du secteur public alors qu'ils ne comptent que pour 2 pour cent des effectifs du priv&#233;. Les &#233;coles priv&#233;es s&#233;lectionnent leurs &#233;l&#232;ves. Cette s&#233;lection se fait &#224; partir de crit&#232;res &#233;conomiques. Seuls les parents ayant des revenus pouvant payer les frais de scolarit&#233; importants peuvent envoyer leurs enfants dans de telles &#233;coles. La s&#233;lection se fait &#233;galement &#224; partir de crit&#232;res acad&#233;miques. Ce sont les &#233;l&#232;ves les plus performants qui sont les premiers accept&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;veloppement de ce march&#233; priv&#233; de l'&#233;ducation au Qu&#233;bec affaiblit l'&#233;cole publique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement du secteur priv&#233; affaiblit le secteur public. Ce secteur perd les &#233;l&#232;ves ayant de meilleures capacit&#233;s d'apprentissage et concentre les cas lourds. Les familles qui ont les moyens choisissent les &#233;coles priv&#233;es pour leurs enfants et les autres vont &#224; l'&#233;cole publique. Pas &#233;tonnant qu'il soit de notori&#233;t&#233; publique que la majorit&#233; des politicienNEs envoient leurs enfants dans les &#233;coles priv&#233;es. La concurrence entre le secteur priv&#233; et le secteur public d'&#233;ducation est devenue l'un des facteurs de reproduction sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; cette concurrence, le secteur public a commenc&#233; &#224; op&#233;rer la s&#233;lection des meilleurEs et mis de l'avant des projets &#233;ducatifs &#224; recrutement s&#233;lectif. C'est ainsi que dans le secteur public d'&#233;ducation, on s'est retrouv&#233; avec des &#233;coles &#224; recrutement s&#233;lectif et des &#233;coles &#171; ordinaires &#187; regroupant les autres &#233;l&#232;ves. Ce nouvel &#233;cr&#233;mage des &#233;l&#232;ves a diminu&#233; encore une fois l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des classes alors que l'ensemble des &#233;tudes constate que cette h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; favorise la r&#233;ussite scolaire. Dans la m&#233;tropole, ces s&#233;gr&#233;gations &#233;conomique et acad&#233;mique s'accompagnent, et expliquent souvent, une s&#233;gr&#233;gation ethnique. Le syst&#232;me d'&#233;ducation qu&#233;b&#233;cois, dans les derni&#232;res d&#233;cennies, est devenu de plus en plus in&#233;galitaire en cr&#233;ant un syst&#232;me d'apartheid scolaire entre les fili&#232;res nobles et les &#233;coles priv&#233;es (ou les &#233;coles publiques &#224; projets s&#233;lectifs) et les &#233;coles &#171; ordinaires &#187; des quartiers populaires. Cette s&#233;gr&#233;gation scolaire multiforme multiplie les obstacles &#224; la r&#233;ussite du plus grand nombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... &#171; Le seul gain d'efficacit&#233; &#187; auquel conduit l'essor de la concurrence dans le champ scolaire est celui de la reproduction sociale, qui est obtenu, par la s&#233;paration scolaire accrue des publics selon leur origine sociale et ethnique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christian Laval, Francis Vergne, Pierre Cl&#233;ment, Guy Dreux, La nouvelle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; scolaire priv&#233; enferme les parents des couches moyennes dans des strat&#233;gies &#233;litistes et d&#233;favorisent les parents des classes populaires dont les enfants se retrouvent avec des ressources diminu&#233;es par les restrictions des d&#233;penses publiques motiv&#233;es par la logique du d&#233;ficit z&#233;ro et autres dogmes n&#233;olib&#233;raux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retourner sur le chemin de la r&#233;ussite &#233;ducative&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour retourner sur le chemin de la r&#233;ussite &#233;ducative, non pour une minorit&#233;, mais pour la majorit&#233; des &#233;l&#232;ves du Qu&#233;bec, il faut rompre avec cette logique s&#233;gr&#233;gative. Il faut privil&#233;gier une &#233;cole publique forte, qui favorise la mixit&#233; sociale, l'&#233;galit&#233; des chances et la r&#233;alisation du plein potentiel de chaque &#233;l&#232;ve. Il faut en finir avec le financement public des &#233;coles priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme du Parti qu&#233;b&#233;cois ne rompt pas avec une conception n&#233;olib&#233;rale de l'&#233;cole qui affaiblit l'&#233;cole publique au profit du maintien d'un march&#233; de l'&#233;ducation. Madame Malavoy affirme vouloir ouvrir le d&#233;bat sur le financement des &#233;coles priv&#233;es. Ce d&#233;bat est n&#233;cessaire si nous voulons pouvoir redonner &#224; l'&#233;cole publique sa mission premi&#232;re et en finir avec une &#233;ducation &#224; deux vitesses. Face aux &#233;lites qui ne craignent pas de prendre la parole pour d&#233;fendre leurs privil&#232;ges, il est plus n&#233;cessaire que jamais de relancer la mobilisation pour la d&#233;fense de l'&#233;cole publique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;MELS, Indicateurs de l'&#233;ducation, &#233;ditions 2002, 2007 et 2011&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Christian Laval, Francis Vergne, Pierre Cl&#233;ment, Guy Dreux, La nouvelle &#233;cole capitaliste, La d&#233;couverte, 2011&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le prix cher pay&#233; de la hausse des frais de scolarit&#233; !</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Le-prix-cher-paye-de-la-hausse-des-frais-de-scolarite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Le-prix-cher-paye-de-la-hausse-des-frais-de-scolarite</guid>
		<dc:date>2011-06-01T15:00:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Rioux-Oliver</dc:creator>


		<dc:subject>Mouvement &#233;tudiant</dc:subject>
		<dc:subject>Droit &#224; l'&#233;ducation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Les &#233;tudiants doivent faire leur juste part &#187; ... &#171; le Qu&#233;bec n'a pas les moyens de se payer le gel des frais de scolarit&#233; &#187; ... &#171; une hausse des frais de scolarit&#233; ne r&#233;duit pas l'accessibilit&#233; aux &#233;tudes &#187; : autant d'arguments fallacieux que je tenterai dans cet article de d&#233;monter pour pr&#233;senter le caract&#232;re n&#233;faste de cette r&#233;cente hausse des frais de scolarit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Cette hausse annonc&#233;e dans le budget du gouvernement Charest &#233;l&#232;vera la facture &#233;tudiante de 325 $ par ann&#233;es pendant 5 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Education-63-" rel="directory"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-etudiant-+" rel="tag"&gt;Mouvement &#233;tudiant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Droit-a-l-education-+" rel="tag"&gt;Droit &#224; l'&#233;ducation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L145xH150/arton3185-4e42c.jpg?1630019192' class='spip_logo spip_logo_right' width='145' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Les &#233;tudiants doivent faire leur juste part &#187; ... &#171; le Qu&#233;bec n'a pas les moyens de se payer le gel des frais de scolarit&#233; &#187; ... &#171; une hausse des frais de scolarit&#233; ne r&#233;duit pas l'accessibilit&#233; aux &#233;tudes &#187; : autant d'arguments fallacieux que je tenterai dans cet article de d&#233;monter pour pr&#233;senter le caract&#232;re n&#233;faste de cette r&#233;cente hausse des frais de scolarit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette hausse annonc&#233;e dans le budget du gouvernement Charest &#233;l&#232;vera la facture &#233;tudiante de 325 $ par ann&#233;es pendant 5 ans &#224; partir de 2012. Cette augmentation portera les frais de scolarit&#233; &#224; un montant de 3793 $, alors qu'ils sont aujourd'hui &#224; 2168 $.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'accessibilit&#233; menac&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous dit souvent que la hausse des frais de scolarit&#233; n'aura pas d'impact sur la fr&#233;quentation des universit&#233;s ou sur l'accessibilit&#233; universelle. Bizarrement, dans toutes les sph&#232;res &#233;conomiques, lorsque les prix augmentent, la demande diminue. Alors pourquoi l'&#233;ducation serait-elle une exception ? En fait, on peut voir que c'est tout le contraire. On remarque, par les exp&#233;riences pass&#233;es et celles de diff&#233;rents pays, qu'une hausse des frais de scolarit&#233; est synonyme d'une diminution de l'accessibilit&#233;. Selon une &#233;tude du minist&#232;re de l'&#201;ducation, des Loisirs et du Sport (MELS), si les frais de scolarit&#233; avaient &#233;t&#233; &#233;lev&#233;s jusqu'&#224; la moyenne canadienne, la fr&#233;quentation universitaire aurait diminu&#233;e de 21 %. Des chercheurs de la Nouvelle-&#201;cosse ont conclu qu'&#224; chaque augmentation de 1000 $ des frais de scolarit&#233;, la proportion des &#233;tudiants moins bien nantis est r&#233;duite de 19 %. On voit donc qu'une hausse des frais de scolarit&#233; restreint la mobilit&#233; sociale et diminue le nombre d'individus des classes sociales plus pauvres qui atteignent une scolarit&#233; plus &#233;lev&#233;e.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains estiment qu'avec l'augmentation du syst&#232;me de pr&#234;ts et bourses, on compensera la hausse des frais de scolarit&#233;. C'est faux. Les bourses et les pr&#234;ts sont donn&#233;s en fonction du salaire des parents, mais 50 % des &#233;l&#232;ves n'obtiennent pas d'aide parentale, malgr&#233; que le salaire de ceux-ci soit comptabilis&#233;. Plusieurs se voient donc refuser l'aide financi&#232;re, alors qu'ils sont dans le besoin. On peut compter que 80 % des &#233;l&#232;ves n'auront droit &#224; aucune bourse en 2012. Les pr&#234;ts et bourses, bien qu'ils soient essentiels, ne repr&#233;sentent donc pas une solution &#224; la diminution de l'accessibilit&#233; qu'entra&#238;ne la hausse des frais de scolarit&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Endettement &#233;tudiant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ces 80 % des &#233;tudiants sans bourses, la plupart devront s'endetter ou travailler davantage. Selon une &#233;tude du minist&#232;re de l'&#201;ducation, des Loisirs et du Sport, travailler plus de 15 heures par semaine nuit au parcours scolaire. Pour certains, vous le savez, il n'est tout simplement pas envisageable d'augmenter les heures de travail r&#233;mun&#233;r&#233; consid&#233;rant l'importante charge de travail universitaire. La solution sera donc d'emprunter aupr&#232;s du gouvernement, et parfois m&#234;me aupr&#232;s de banques priv&#233;es. On assistera alors &#224; une augmentation de l'endettement moyen des &#233;tudiants qui est d&#233;j&#224; de 15 000 $ &#224; la sortie du baccalaur&#233;at au Qu&#233;bec.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sous financement des universit&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre argument souvent avanc&#233; par ceux qui pr&#244;nent la hausse des frais de scolarit&#233; est le sous-financement dont sont victimes nos universit&#233;s. Ce n'est pas le sous-financement qui assaille principalement nos universit&#233;s, mais plut&#244;t le mal financement. En effet, les fonds sont parfois mal investis. Je pense notamment &#224; l'&#233;chec de l'&#238;lot voyageur ou bien aux recteurs qui s'administrent des bonus faramineux. De plus, on investit davantage l'argent dans la recherche lucrative pour les entreprises en d&#233;laissant la recherche fondamentale ou les services directement donn&#233;s aux &#233;tudiants tels que l'enseignement.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, le sous-financement des universit&#233;s chiffr&#233; par la CR&#201;PUQ ne tient pas compte du besoin actuel de ressources, mais plut&#244;t de la diff&#233;rence du financement au Qu&#233;bec par rapport &#224; la moyenne canadienne. De tous les pays de l'OCDE, les &#201;tats-Unis et la Cor&#233;e du Sud sont les seuls &#224; d&#233;passer le Qu&#233;bec en ce qui a trait &#224; la &#8220;d&#233;pense globale par &#233;tudiant&#8221;. Le sous-financement universitaire n'est donc pas si criant que &#231;a.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La hausse, in&#233;vitable ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On veut nous faire croire que la hausse des frais de scolarit&#233; est incontournable, que nous sommes des enfants g&#226;t&#233;s d&#233;j&#224; bien chanceux d'avoir des frais de scolarit&#233; qui figurent sous la moyenne canadienne. On oublie cependant de nous dire que nos frais de scolarit&#233; sont sup&#233;rieurs &#224; la moyenne de l'OCDE ou que plusieurs pays d'Europe offrent une &#233;ducation pr&#232;s de la gratuit&#233;. De plus, il est faux de dire que cette hausse est in&#233;vitable. Nous pouvons financer l'&#201;tat sans augmenter les frais et tarifier les services publics. Il y a d'autres m&#233;thodes pour trouver l'argent n&#233;cessaire, d'autres solutions qui ne r&#233;duisent pas le droit des moins nantis et qui sauvegardent l'accessibilit&#233; des services essentiels. On peut penser par exemple &#224; une lutte plus efficace contre les &#233;vasions fiscales, &#224; un contr&#244;le plus rigoureux de la corruption, &#224; la mise en place de plusieurs paliers d'impositions pour que les plus fortun&#233;s contribuent davantage, &#224; une imposition sur le patrimoine, etc. Il faut cesser de croire qu'il n'existe pas d'alternatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si j'ai r&#233;ussi &#224; vous faire comprendre en quoi cette hausse des frais de scolarit&#233; est ill&#233;gitime et nuisible, j'esp&#232;re maintenant vous convaincre de tout faire en votre pouvoir pour la contrer. Nous devons refuser cette hausse des frais de scolarit&#233;. Le mouvement &#233;tudiant doit faire front commun pour pr&#233;server le caract&#232;re &#233;galitaire de nos universit&#233;s. Il faut prendre part &#224; la d&#233;mocratie, la vraie, o&#249; le peuple est partie prenante de la politique, o&#249; il est la source des d&#233;cisions, o&#249; sa voix est entendue, o&#249; il utilise sa voix pour crier haut et fort son droit, son droit &#224; une &#233;ducation accessible, abordable et de qualit&#233;. Parce que faire notre juste part, c'est contribuer &#224; la vie politique et mener les luttes sociales qui nous tiennent &#224; c&#339;ur. Il faut se mobiliser en grand contre toutes les mesures r&#233;gressives contenues dans le budget lib&#233;ral. C'est toute la soci&#233;t&#233; qui subit les cons&#233;quences de ces mesures r&#233;gressives : il faut donc tous ensemble r&#233;sister !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.fecq.org/Pourquoi-etre-contre-la-hausse&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.fecq.org/Pourquoi-etre-contre-la-hausse&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.iris-recherche.qc.ca/publications/tarification_de_leducation_de_leducation_postsecondaire_ou.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.iris-recherche.qc.ca/publications/tarification_de_leducation_de_leducation_postsecondaire_ou.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.reseauv.com/#!fraissco&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.reseauv.com/#!fraissco&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.iris-recherche.qc.ca/publications/faut-il_vraiment_augmenter_les_frais_de_scolarite.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.iris-recherche.qc.ca/publications/faut-il_vraiment_augmenter_les_frais_de_scolarite.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.reseauv.com/#!fraissco&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.reseauv.com/#!fraissco&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.iris-recherche.qc.ca/publications/faut-il_vraiment_augmenter_les_frais_de_scolarite.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.iris-recherche.qc.ca/publications/faut-il_vraiment_augmenter_les_frais_de_scolarite.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.iris-recherche.qc.ca/publications/faut-il_vraiment_augmenter_les_frais_de_scolarite.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.iris-recherche.qc.ca/publications/faut-il_vraiment_augmenter_les_frais_de_scolarite.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Europe lib&#233;rale aux commandes de l'&#233;cole</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/L-Europe-liberale-aux-commandes-de-l-ecole</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/L-Europe-liberale-aux-commandes-de-l-ecole</guid>
		<dc:date>2004-12-13T02:33:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Laval</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La question cruciale que posent le rapport Th&#233;lot et la nouvelle loi d'orientation concerne la logique de fond qui pr&#233;side aux analyses et mesures propos&#233;es pour r&#233;former l'&#233;cole. Comment se construit aujourd'hui une loi sur l'&#233;cole en France ? Qui en d&#233;cide et surtout quelles sont les instances qui l'inspirent ? La forme et le fond, le processus et le contenu sont indissociables. L'impressionnante th&#233;&#226;tralisation qui a accompagn&#233; l'&#233;laboration de la loi depuis l'automne 2003 a r&#233;pondu &#224; un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Education-63-" rel="directory"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Education-+" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La question cruciale que posent le rapport Th&#233;lot et la nouvelle loi d'orientation concerne la logique de fond qui pr&#233;side aux analyses et mesures propos&#233;es pour r&#233;former l'&#233;cole. Comment se construit aujourd'hui une loi sur l'&#233;cole en France ? Qui en d&#233;cide et surtout quelles sont les instances qui l'inspirent ? La forme et le fond, le processus et le contenu sont indissociables. L'impressionnante th&#233;&#226;tralisation qui a accompagn&#233; l'&#233;laboration de la loi depuis l'automne 2003 a r&#233;pondu &#224; un double souci et a eu un double effet : d&#233;poss&#233;der les enseignants et les autres personnels de l'enseignement, majoritairement porteurs de conceptions politiquement ind&#233;sirables, de toute vraie &#034; voix au chapitre &#034; ; oblit&#233;rer autant que possible le d&#233;placement du centre de gravit&#233; des politiques &#233;ducatives vers le niveau europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment lire le rapport Th&#233;lot [1] et comment interpr&#233;ter le projet Fillon de loi d'orientation pour l'avenir de l'&#233;cole ? Les r&#233;actions les plus int&#233;ressantes ont certainement &#233;t&#233; les analyses critiques centr&#233;es sur la &#034; logique de renoncement &#034; &#224; la d&#233;mocratisation de l'Ecole qu'impliquerait la d&#233;finition minimaliste du &#034; socle de comp&#233;tences &#034; et les in&#233;galit&#233;s croissantes qu'engendrerait la reconstitution de fili&#232;res au Coll&#232;ge [2]. Je voudrais d&#233;velopper ici une approche compl&#233;mentaire qui vise &#224; montrer que, s'il est &#233;videmment n&#233;cessaire d'analyser en d&#233;tail les textes en question et de r&#233;fl&#233;chir &#224; leur port&#233;e concr&#232;te, il est tout aussi indispensable de les replacer dans leur contexte g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un exercice de d&#233;possession et de d&#233;politisation de la question scolaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#034; Commission du grand d&#233;bat pour l'avenir de l'&#233;cole &#034; install&#233;e &#224; l'automne 2003, a produit en octobre 2004 un rapport qui a pour particularit&#233; de n'entretenir qu'une relation extr&#234;mement t&#233;nue avec le &#034; grand d&#233;bat national &#034; dont pourtant elle disait tirer sa l&#233;gitimit&#233;. Peu apr&#232;s, en novembre 2004, Fran&#231;ois Fillon a fait conna&#238;tre les grandes lignes de la prochaine loi d'orientation qui sera pr&#233;sent&#233;e au Parlement en janvier 2005. Par certains c&#244;t&#233;s, on pourrait se contenter de prendre ces documents pour les expressions les plus r&#233;centes d'une habitude tr&#232;s fran&#231;aise de &#034; r&#233;forme &#034; permanente de l'&#233;cole. Il est vrai qu'ils ressemblent &#224; s'y m&#233;prendre &#224; ces tr&#232;s nombreux rapports, &#224; ces innombrables projets qui depuis des ann&#233;es formulent &#224; peu pr&#232;s toujours les m&#234;mes avis, les m&#234;mes analyses, les m&#234;mes pr&#233;conisations, du fait m&#234;me qu'ils sont produits par le m&#234;me &#034; milieu &#034; d'experts, d'administrateurs et de responsables politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que Claude Th&#233;lot, le pr&#233;sident de la derni&#232;re commission en date, dans sa lettre au Premier Ministre, affirme que le &#034; pr&#233;sent rapport repose sur les aspirations des Fran&#231;ais telles qu'elles se sont d&#233;gag&#233;es de ce grand d&#233;bat &#034;, ajoutant m&#234;me que le &#034; temps de la r&#233;flexion &#034; repr&#233;sente &#034; un enrichissement de notre d&#233;mocratie &#034;, il n'est pas tr&#232;s difficile de montrer que le contenu du rapport est tr&#232;s loin de refl&#233;ter le &#034; Miroir &#034; du d&#233;bat national, aussi &#034; cadr&#233; &#034; qu' ait &#233;t&#233; ce dernier. Le rapport Th&#233;lot en effet n'h&#233;site pas &#224; prendre le contre-pied de la synth&#232;se du d&#233;bat national sur de nombreux sujets, par exemple sur l'autonomie des &#233;tablissements et sur l'&#233;valuation. Ainsi fait-il l'apologie sans r&#233;serve de la LOLF (loi organique sur la loi de finance) qui va conditionner l'affectation des moyens &#224; la d&#233;finition d'objectifs et &#224; l'accomplissement de missions particuli&#232;res selon les principes du &#034; nouveau management public &#034;, ce qui suppose autonomie des entit&#233;s de base et le recours &#224; une &#233;valuation constante [3]. On trouve d'ailleurs dans le m&#234;me rapport la pr&#233;conisation de tous les grands axes de la mutation manag&#233;riale du syst&#232;me &#233;ducatif (autonomie des &#233;tablissements, partenariats locaux, diversification locale, culture de l'&#233;valuation, renforcement du pouvoir des chefs d'&#233;tablissement) sans aucun bilan des cons&#233;quences r&#233;elles de vingt ans d'avanc&#233;e dans cette direction et sans aucune mention du refus de cette m&#234;me voie par une majorit&#233; de participants au cours du d&#233;bat national [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le plus frappant sans doute - et ce en quoi le rapport va exactement &#224; contre sens du mouvement du Printemps de 2003 et du contenu du d&#233;bat n'est pas l&#224;. A l'oppos&#233; de cette reconnaissance politique et symbolique de l'Ecole et de ses valeurs, demand&#233;e par les enseignants et nombre de citoyens, il t&#233;moigne d'un esprit technocratique dont les manifestations, quand elles sont explicites, sont particuli&#232;rement remarquables. Ainsi peut-on lire que &#034; le projet &#233;ducatif de l'Ecole n'est plus, comme hier, port&#233; par un volontarisme politique arrim&#233; &#224; une conception ambitieuse de la Nation et du Progr&#232;s &#034;. Ce qui sonne comme un constat, et qui a son &#233;vidente validit&#233; au regard des politiques scolaires men&#233;es depuis une quinzaine d'ann&#233;es, devient imm&#233;diatement une fatalit&#233; &#224; laquelle il faudrait s'adapter. Le &#034; projet &#233;ducatif &#034; devrait d&#233;sormais se passer d'un discours politique puissant et l'&#233;cole ne devrait compter que sur elle-m&#234;me ou, plus exactement, sur sa technostructure et ses nouveaux managers. Le rapport ajoute dans un impeccable sophisme qu'on doit consid&#233;rer que &#034; le discours classique sur les &#034; valeurs &#034; de l'Ecole semble avoir aujourd'hui atteint ses limites. Non pas que les valeurs r&#233;publicaines soient d&#233;pass&#233;es ou superflues - bien au contraire- mais elles ne constituent plus la clef d'une nouvelle dynamique des ambitions &#233;ducatives de l'Ecole &#034;. Le rapport n'explique pas imm&#233;diatement quelle est cette &#034; nouvelle dynamique &#034;, mais il avance un diagnostic fatal qui doit retenir l'attention : &#034; Car, loin d'&#234;tre en phase avec la culture de l'&#233;poque, l'Ecole semble se trouver avec elle en d&#233;calage croissant &#034; [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faudrait-il, par un effort de grande ampleur, &#224; la fois politique, social et culturel, renverser l'ordre des valeurs ? Non, le &#034; volontarisme &#034; en politique est visiblement d&#233;pass&#233; selon les auteurs. Les analyses sociologiques de Fran&#231;ois Dubet, que l'on peut appr&#233;cier en tant que telles par ailleurs, (l'&#233;cole est soumise &#224; la fois &#224; une forte demande d'&#233;ducation en vue de la r&#233;ussite individuelle et elle est en m&#234;me temps contest&#233;e comme institution capable d'imposer ses propres normes) se convertissent en un constat d'impuissance et en une sorte de repli sur soi de l'&#233;cole [6]. Consid&#233;rant que le recours aux grands principes r&#233;publicains est une facilit&#233; incantatoire, le rapport soutient qu'il serait &#034; vain de chercher &#224; faire en sorte que la soci&#233;t&#233; adh&#232;re aux valeurs de l'Ecole, en esp&#233;rant qu'ainsi celle-ci aille mieux. Peut-&#234;tre est-il plus opportun de jouer la carte d'une acceptation tranquille de sa singularit&#233; : il conviendrait alors de r&#233;fl&#233;chir aux &#233;volutions internes qui pourraient lui permettre de garder malgr&#233; tout le cap de ses n&#233;cessaires ambitions. L'essentiel r&#233;side sans doute davantage dans la qualit&#233; du fonctionnement de l'Ecole que dans le degr&#233; d'adh&#233;sion de la soci&#233;t&#233; &#224; ses valeurs &#034; [7]. C'est sans doute le passage cl&#233; du rapport Th&#233;lot, celui en tout cas qui exprime le mieux l'esprit qui est le sien : si, comme le suppose justement Fran&#231;ois Dubet, les causes de la crise de l'Ecole sont sociales, les rem&#232;des, quant &#224; eux, ne rel&#232;veraient que du &#034; fonctionnement &#034; et seraient par cons&#233;quent de nature strictement organisationnelle et p&#233;dagogique. D'une analyse sociologique, on passe donc &#224; la solution technocratique avec une assurance d&#233;concertante. Selon cette logique, &#224; l'extr&#234;me oppos&#233; de l'esprit sociologique, les solutions &#034; op&#233;ratoires &#034; sont &#224; comprendre dans le champ limit&#233; de l'identification organisationnelle des &#034; probl&#232;mes &#034;. Chaque institution est ainsi suppos&#233;e constituer un domaine d'action &#224; part, isolable dans sa &#034; singularit&#233;, &#034; toutes choses &#233;gales par ailleurs &#034;. Certes, on admettra volontiers, et conform&#233;ment &#224; l'esprit sociologique, que le &#034; fonctionnement &#034; institutionnel n'est pas &#233;tranger aux valeurs sociales, mais alors, comment esp&#233;rer que ce &#034; fonctionnement &#034; soit de plus en plus respectueux de valeurs r&#233;publicaines si celles-ci sont engag&#233;es dans la voie d'un in&#233;luctable effondrement et s'il n'est plus question de les promouvoir dans l'espace public ? A moins qu'on ne parle de &#034; nouvelles valeurs &#034; qui demanderaient &#224; &#234;tre dites, il y a l&#224;, on le voit, une impasse qui r&#233;duit la &#034; grande ambition &#034; de l'&#233;cole &#224; un colmatage d&#233;senchant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or il n'est nullement &#233;vident que l'on ait &#224; renoncer &#224; toute volont&#233; politique et que l'on doive laisser l'&#233;cole &#224; sa &#034; singularit&#233; &#034;, autrement dit &#224; son immense et croissante solitude. Cette proposition est m&#234;me, osons le mot, un coup de force id&#233;ologique qui ne rel&#232;ve aucunement de la logique scientifique des faits dont se r&#233;clame un certain nombre d'auteurs du rapport. Il suffit de penser aux ph&#233;nom&#232;nes de s&#233;gr&#233;gation spatiale qui commencent &#224; &#234;tre pris en compte dans les raisonnements sociologiques et politiques pour s'apercevoir qu'il serait suicidaire de laisser l'Ecole &#224; sa &#034; singularit&#233; &#034;, dans une pure strat&#233;gie d'adaptation &#224; &#034; la diversit&#233; des publics &#034; ou d'ouverture, sous la forme de partenariats, avec &#034; l'environnement &#233;conomique &#034;. D'ailleurs le rapport, et c'est son m&#233;rite, est bien oblig&#233;, m&#234;me si c'est en contradiction avec son fatalisme &#034; sociologique &#034;, d'en appeler &#224; une certaine volont&#233; politique en mati&#232;re de &#034; mixit&#233; sociale &#034;. Le coup de force en question est d'autant plus manifeste qu'il est la n&#233;gation m&#234;me de la prise de parole des enseignants, des &#233;l&#232;ves et des parents qui, &#224; chaque mobilisation puissante depuis une vingtaine d'ann&#233;es, appellent la &#034; soci&#233;t&#233; &#034; et ses repr&#233;sentants &#224; ne pas laisser l'Ecole seule face &#224; des questions, qui, en derni&#232;re instance, sont proprement sociales et supposent pour les traiter un engagement politique &#224; leur mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Appliquer en urgence la politique europ&#233;enne de l'&#233;ducation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est donc la &#034; nouvelle dynamique &#034; qui devrait inspirer d&#233;sormais la politique &#233;ducative fran&#231;aise ? La volont&#233; politique est-elle aussi absente qu'on pourrait le croire en lisant certains passages du rapport ? En r&#233;alit&#233;, l'un des caract&#232;res de ce dernier aussi bien que de la loi Fillon tient pr&#233;cis&#233;ment au glissement progressif vers le nouveau centre de gravit&#233; des politiques &#233;ducatives qu'est l'Union europ&#233;enne. L'insistance pour &#034; accrocher &#034; la r&#233;forme pr&#233;conis&#233;e &#224; la &#034; Strat&#233;gie de Lisbonne &#034; est particuli&#232;rement significative &#224; cet &#233;gard. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, le rapport Th&#233;lot et la loi d'orientation se pr&#233;sentent comme des applications dans l'espace national des choix politiques d&#233;terminants (mais encore mal connus par l'opinion publique) en faveur d'une &#034; Europe de l'&#233;ducation et de la formation &#034; [8]. Le projet de loi d'orientation souligne en ce sens que &#034; l'appartenance de la France &#224; l'Europe de la connaissance et de la culture est &#224; la fois un acquis et un nouveau d&#233;fi pour notre pays. (...) &#034; Apr&#232;s avoir rappel&#233; la liste des &#034; objectifs de Lisbonne &#034;, le projet de loi indique que : &#034; A travers la pr&#233;sente loi d'orientation, la France s'attache &#224; porter la qualit&#233; de l'&#233;ducation et de la formation au niveau le plus &#233;lev&#233; pour tous ; &#224; donner aux personnes qui poss&#232;dent des qualifications, des connaissances et des comp&#233;tences la possibilit&#233; de les faire reconna&#238;tre effectivement dans toute l'Union europ&#233;enne ; &#224; permettre aux citoyens de tous &#226;ges d'acc&#233;der &#224; l'&#233;ducation et &#224; la formation tout au long de la vie. [9] &#034; Il va sans dire que l'analyse que l'on doit faire de cette dimension europ&#233;enne des projets de r&#233;forme n'implique aucune position a priori sur la n&#233;cessit&#233; d'une telle Europe de l'&#233;ducation. Elle engage plut&#244;t &#224; r&#233;fl&#233;chir sur l'obscurit&#233; qui entoure sa construction et sur la nature de son contenu, ins&#233;parable du caract&#232;re profond&#233;ment lib&#233;ral et utilitariste des principes qui la dirigent. Elle n'interdit pas non plus de r&#233;fl&#233;chir &#224; la possibilit&#233; d'une autre Europe de l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons les grandes lignes de la politique &#233;ducative europ&#233;enne. En mars 2000, pour r&#233;pondre au &#034; d&#233;fi &#233;conomique am&#233;ricain &#034;, le Conseil europ&#233;en de Lisbonne d&#233;cide de construire &#224; l'horizon 2010 &#034; l'&#233;conomie de la connaissance la plus comp&#233;titive et la plus dynamique du monde, capable d'une croissance &#233;conomique durable, accompagn&#233;e d'une am&#233;lioration quantitative et qualitative de l'emploi et d'une plus grande coh&#233;sion sociale &#034; [10]. Cette orientation, inspir&#233;e a-t-on dit par Tony Blair, a donn&#233; lieu &#224; une d&#233;clinaison de trois grands objectifs strat&#233;giques, eux-m&#234;mes subdivis&#233;s en treize objectifs subordonn&#233;s. Ces trois objectifs majeurs rappel&#233;s dans le rapport Th&#233;lot consistent &#224;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; am&#233;liorer la qualit&#233; et l'efficacit&#233; des syst&#232;mes d'&#233;ducation et de formation dans l'UE ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; faciliter l'acc&#232;s de tous aux syst&#232;mes d'&#233;ducation et de formation ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ouvrir ces syst&#232;mes au monde ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui s'opposerait &#224; des pr&#233;occupations aussi louables, surtout lorsque le constat est partout r&#233;p&#233;t&#233; que les pays europ&#233;ens ne doivent pas avoir de priorit&#233; plus importante que &#034; d'investir plus dans les ressources humaines &#034; en g&#233;n&#233;ral et dans l'&#233;ducation en particulier ? L'important n'est cependant pas dans les bonnes intentions mais dans l'esprit de cette politique &#233;ducative et dans ses cons&#233;quences pratiques. Il n'est pas lieu de faire ici une analyse exhaustive de la &#034; strat&#233;gie de Lisbonne &#034;. Soulignons simplement quelques points majeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on un peu redondante, on doit d'abord souligner que la grande nouveaut&#233; de la politique europ&#233;enne d'&#233;ducation, est qu'elle est justement ...europ&#233;enne. Le niveau d&#233;sormais explicite d'&#233;laboration, de d&#233;finition, de prescription des axes ne se situe plus principalement au plan national mais au plan intergouvernemental, et ce, apparemment, en transgression des trait&#233;s europ&#233;ens qui placent l'&#233;ducation en dehors du champ de comp&#233;tences de l'Europe. Le niveau national est progressivement celui de l'application des orientations europ&#233;ennes et de leur acclimatation nationale selon les caract&#233;ristiques propres des soci&#233;t&#233;s et des syst&#232;mes d'&#233;ducation. Ce changement est consid&#233;rable, m&#234;me s'il est encore trop peu per&#231;u. De ce point de vue, le rapport Th&#233;lot et les attendus de la loi Fillon font &#339;uvre p&#233;dagogique en le rappelant, m&#234;me si c'est trop furtivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En deuxi&#232;me lieu, mais ceci explique cela, cette politique europ&#233;enne de l'&#233;ducation est un chapitre de la politique de l'&#233;conomie et de l'emploi poursuivie par l'Union europ&#233;enne. L'&#233;ducation n'y est en effet consid&#233;r&#233;e que sous l'angle &#233;conomique, en tant que formation du capital humain indispensable &#224; l'&#233;conomie de la connaissance comp&#233;titive. Il suffit pour s'en rendre compte de citer l'un des tr&#232;s nombreux textes de la Commission ou du Conseil traitant de l'&#233;ducation. Dans l'un de ses tous derniers papiers, le Conseil commence ainsi une liste de &#034; dix messages cl&#233;s &#034; : &#034; les ressources humaines constituent la principale richesse de l'Union europ&#233;enne. Elles sont au c&#339;ur de la cr&#233;ation et de la transmission des connaissances et sont un &#233;l&#233;ment d&#233;cisif du potentiel d'innovation de chaque soci&#233;t&#233;. L'investissement dans l'&#233;ducation et la formation est un facteur d&#233;terminant en mati&#232;re de comp&#233;titivit&#233;, de croissance durable et d'emploi dans l'Union et constitue de ce fait un pr&#233;alable pour atteindre les objectifs &#233;conomiques , sociaux et environnementaux que l'Union europ&#233;enne s'est fix&#233;s &#224; Lisbonne. De m&#234;me, il est essentiel de renforcer les synergies et la compl&#233;mentarit&#233; entre l'&#233;ducation et d'autres domaines d'action tels que l'emploi, la recherche et l'innovation et la politique macro-&#233;conomique &#034; [11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique en mati&#232;re d'emploi de l'Union europ&#233;enne, qui vise &#224; augmenter le taux d'emploi des plus jeunes et des &#226;g&#233;s (d'o&#249; les r&#233;formes des retraites en Europe) et &#224; am&#233;liorer &#034; l'employabilit&#233; &#034; de tous les actifs, exige de rendre plus flexible le march&#233; du travail en dotant chaque actif des moyens de s'adapter aux mutations acc&#233;l&#233;r&#233;es de la structure et de la nature des emplois dans les ann&#233;es &#224; venir (acc&#233;l&#233;ration qui est pos&#233;e comme indissociable de la strat&#233;gie d'innovation syst&#233;matique propre &#224; &#034; l'&#233;conomie de la connaissance &#034;). Les syst&#232;mes &#233;ducatifs ont donc pour mission prioritaire de lutter contre les sorties scolaires pr&#233;coces de jeunes sans bagage de comp&#233;tences suffisant pour acc&#233;der &#224; l'emploi et de s'inscrire dans une perspective de &#034; formation tout au long de la vie &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syst&#232;mes &#233;ducatifs doivent &#233;galement contribuer &#224; la cr&#233;ation acc&#233;l&#233;r&#233;e d'un march&#233; libre de la main d'&#339;uvre en Europe, r&#233;gi par le seul principe de la concurrence [12]. Ce qui suppose non seulement l'uniformisation des dipl&#244;mes universitaires, telle qu'elle est engag&#233;e depuis 1999 ( &#034; processus de Bologne &#034;), mais &#233;galement, comme on le voit de fa&#231;on plus pr&#233;cise aujourd'hui, la mise en conformit&#233; de tous les &#233;tages du syst&#232;me scolaire sous la forme d'un socle commun de comp&#233;tences cl&#233;s &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne que tous les futurs citoyens de l'Union doivent poss&#233;der. Le Conseil europ&#233;en de Barcelone (2002) a &#233;t&#233; l'occasion de d&#233;terminer des m&#233;thodes de travail pour acc&#233;l&#233;rer la mise en &#339;uvre des objectifs de Lisbonne. Les Etats membres se sont engag&#233;s mutuellement sur ces objectifs et sur des &#034; m&#233;thodes de coordination &#034; faisant appel au &#034; benchmarking &#034; (comparaison intergouvernementale des niveaux de r&#233;f&#233;rence) destin&#233;es &#224; mettre en &#339;uvre cette d&#233;cision strat&#233;gique. Toujours dans la m&#234;me logique, les membres de l'Union sont press&#233;s aujourd'hui par la Commission de faire des r&#233;formes urgentes pour acc&#233;l&#233;rer &#034; la strat&#233;gie de Lisbonne &#034; [13].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &#034; socle de comp&#233;tences cl&#233;s &#034;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait &#233;videmment trop long, quoique int&#233;ressant, de chercher comment toutes les pr&#233;conisations europ&#233;ennes trouvent leurs modes sp&#233;cifiques d'application en France et ailleurs. Regardons un seul point, d&#233;cisif certes, de ces orientations : la d&#233;finition du &#034; socle de comp&#233;tences &#034;. On a justement critiqu&#233; la d&#233;rive utilitariste et communicationnelle qu'elle enfermait. On a montr&#233; qu'elle conduisait &#224; d&#233;terminer non la &#034; culture commune &#034; mais la &#034; culture du pauvre &#034; du seul fait que cette d&#233;finition coupait les comp&#233;tences en question d'un acc&#232;s &#224; la culture pour tous. Mais d'o&#249; vient cette d&#233;finition ? A quelle logique correspond-elle ? L'&#233;trange et inqui&#233;tant &#034; aveuglement sociologique &#034; dont parle justement Jean-Yves Rochex trouve son fondement intellectuel et politique dans la litt&#233;rature et dans les instances qui inspirent et d&#233;finissent les axes majeurs des politiques &#233;ducatives &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne [14].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en avoir une petite id&#233;e, il suffirait de comparer les diverses versions du &#034; socle de comp&#233;tences cl&#233;s &#034; et d'&#233;valuer ainsi le degr&#233; de correspondance entre les prescriptions europ&#233;ennes et les orientations de la r&#233;forme propos&#233;e en France :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conseil europ&#233;en Rapport Th&#233;lot Projet Fillon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; communication dans la langue maternelle et dans les langues &#233;trang&#232;res langue maternelle fran&#231;ais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; connaissances en math&#233;matiques math&#233;matiques math&#233;matiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; communication dans les langues &#233;trang&#232;res anglais de communication internationale une langue vivante &#233;trang&#232;re (capacit&#233; de base &#224; communiquer)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; aptitudes en TIC ma&#238;trise des NTIC technologies de l'information(ordinateur et internet)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; comp&#233;tences interpersonnelles et civiques vivre ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Formation de la personne et &#233;ducation du citoyen culture de base pour exercer notre citoyennet&#233; (culture civique et historique)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; comp&#233;tences de base en sciences et en technologie et sensibilisation &#224; la culture. culture de base pour comprendre notre environnement (culture scientifique et technique)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; esprit d'entreprise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit &#224; ce simple travail de comparaison que l'originalit&#233; des propositions de la Commission Th&#233;lot et celle de la loi Fillon est assez limit&#233;e. Si l'on critique &#224; juste titre la d&#233;marche du &#034; socle &#034; en soulignant le caract&#232;re fort peu d&#233;mocratique d'une conception aussi pauvre de la culture commune, il faut aussi s'interroger sur la nature, les motifs et les effets de la politique europ&#233;enne d'&#233;ducation et de formation, laquelle n'est pas s&#233;parable de la nature, des motifs et des effets de la construction d'une Europe fond&#233;e sur l'extension du march&#233; et le respect du principe de concurrence, en particulier en mati&#232;re de march&#233; du travail. Le rapport Th&#233;lot de ce point de vue ne cachait pas vraiment les enjeux de ce socle de comp&#233;tences : &#034; le syst&#232;me &#233;ducatif doit pr&#233;parer les &#233;l&#232;ves &#224; se mouvoir dans l'espace politique et &#233;conomique europ&#233;en [15] &#034;. C'est cette exigence de &#034; mobilit&#233; professionnelle dans l'espace europ&#233;en &#034; qui justifiait l'instauration de l'apprentissage universel de &#034; l'anglais de communication internationale &#034;. Le projet de F.Fillon affirme dans le m&#234;me sens qu' &#034; &#224; travers la pr&#233;sente loi d'orientation, la France(...) :oeuvrera avec ses partenaires pour rendre les syst&#232;mes &#233;ducatifs suffisamment compatibles pour que les citoyens puissent passer de l'un &#224; l'autre et profiter de leur diversit&#233; &#034;. En d'autres termes, &#034; l'adaptation &#224; la diversit&#233; des &#233;l&#232;ves &#034; n'est jamais que la cons&#233;quence du choix &#233;conomique absolument fondamental de doter les actifs europ&#233;ens du bas de l'&#233;chelle professionnelle d'un &#034; code de base &#034; suppos&#233;e n&#233;cessaire &#224; leur employabilit&#233; et &#224; leur mobilit&#233; sur un march&#233; de l'emploi compl&#232;tement ouvert &#224; la concurrence en Europe. La D&#233;claration de Copenhague sur la formation professionnelle (novembre 2002) a par ailleurs propos&#233; les pistes &#224; suivre pour acc&#233;l&#233;rer l'unification du march&#233; du travail (uniformisation du curriculum vitae, meilleures &#034; transparence, comparabilit&#233; et transf&#233;rabilit&#233; des qualifications et comp&#233;tences &#224; tous les niveaux en Europe &#034;, sous la forme en particulier d'un certificat de valeur professionnelle valable dans toute l'Union).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de cette conception de la construction du march&#233; du travail europ&#233;en que se d&#233;duisent les caract&#232;res minimalistes et strictement utilitaristes du socle scolaire dans lequel une &#034; sensibilisation &#224; la culture &#034; para&#238;t bien suffire pour les salari&#233;s &#034; relationnels &#034; et &#034; communicationnels &#034; de l'Europe de demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;duction des co&#251;ts et privatisation rampante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour parvenir &#224; fournir un &#034; capital humain &#034; aux entreprises europ&#233;ennes sur un march&#233; unifi&#233;, il convient dans chaque cas national de mettre l'accent sur des &#034; cibles prioritaires &#034;, la priorit&#233; &#233;tant d&#233;termin&#233;e pr&#233;cis&#233;ment par le caract&#232;re exceptionnel ou anormal d'une situation nationale par rapport &#224; une moyenne europ&#233;enne. &#034; Toutes choses &#233;gales par ailleurs &#034;, si l'on constate par exemple que le &#034; niveau secondaire &#034; absorbe une part plus importante de la d&#233;pense d'&#233;ducation, il convient de la r&#233;duire et de red&#233;ployer &#233;ventuellement les &#233;conomies ainsi r&#233;alis&#233;es vers d'autres niveaux anormalement faibles [16]. C'est le sens, d'ailleurs explicite, de la loi d'orientation de Fran&#231;ois Fillon de diminuer les &#034; co&#251;ts &#034; de l'enseignement secondaire, &#034; effort courageux &#034; dont la cons&#233;quence premi&#232;re sera d'augmenter le temps et la charge de travail des enseignants tout en diminuant le &#034; poids &#034; financier qu'ils repr&#233;sentent pour le budget de l'Etat (all&#233;gement d&#233;j&#224; bien amorc&#233; par la r&#233;forme des pensions de retraite et la diminution importante du pouvoir d'achat des fonctionnaires), sans oublier la r&#233;duction de la quantit&#233; et de la diversit&#233; des cours propos&#233;s aux &#233;l&#232;ves [17]. Ces mesures affectant la situation des personnels s'accompagnent de compensations symboliques et peu co&#251;teuses, mais adapt&#233;es &#224; ce qu'on croit &#234;tre une sensibilit&#233; du corps professionnel et cens&#233;es par l&#224; m&#234;me apaiser l'amertume ou la col&#232;re du &#034; terrain &#034; (punitions collectives, poids dans les conseils de classe, r&#233;tablissement tout verbal de l'&#034; autorit&#233; &#034; des enseignants et libert&#233; p&#233;dagogique &#034; encadr&#233;e &#034; par les chefs d'&#233;tablissement). Mais la politique de r&#233;duction de l'effort financier consacr&#233; &#224; l'&#233;cole n'est-elle pas contradictoire avec l'id&#233;e selon laquelle les pays europ&#233;ens ont accumul&#233; beaucoup trop de retard sur leurs concurrents am&#233;ricain et japonais en mati&#232;re &#034; d' investissement dans les ressources humaines &#034; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 14 propositions du projet de la loi Fillon, de fa&#231;on tr&#232;s symptomatique, insistent pesamment sur la dimension de la charge financi&#232;re : &#034; en consacrant chaque ann&#233;e de l'ordre de 100 milliards d'&#8364; &#224; l'&#233;ducation (dont plus de 60milliards d'&#8364; pour le seul budget de l'&#201;ducation nationale, soit 23% du budget de l'&#201;tat), la France d&#233;pense pour la formation initiale 0,4% de PIB de plus que la moyenne des pays industrialis&#233;s (6% contre 5,6%) &#034;. Ce propos est &#233;tonnant du point de vue m&#234;me de la &#034; strat&#233;gie de Lisbonne &#034;. Que la France se situe dans la moyenne haute des pays de l'OCDE n'est pas infamant, &#224; un moment o&#249; l'OCDE recommande &#224; un pays comme l'Allemagne d'investir nettement plus dans son &#233;cole secondaire. Il semble &#233;galement oublier que des pays comme le Danemark, la Su&#232;de ou la Cor&#233;e ont des d&#233;penses &#233;ducatives sup&#233;rieures &#224; la France de pr&#232;s d'1% de PIB. C'est oublier encore que depuis 1993 la d&#233;pense d'&#233;ducation diminue relativement au PIB. De ce point de vue, la politique macro&#233;conomique restrictive de l'Europe, ainsi que la n&#233;cessit&#233; affich&#233;e de limiter les d&#233;ficits budg&#233;taires creus&#233;s par la r&#233;duction des imp&#244;ts en France, entrent en contradiction avec la volont&#233; d'augmenter sur le long terme les financements pour la formation du capital humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, l'actuel projet de loi cherche &#224; la fois une r&#233;duction globale des d&#233;penses publiques d'&#233;ducation et un red&#233;ploiement interne aux diff&#233;rents niveaux de l'enseignement au d&#233;triment du secondaire, ce qui peut expliquer la duret&#233; des mesures envisag&#233;es pour ce niveau. Le gouvernement fran&#231;ais se pr&#233;vaut pourtant l&#224; encore de la politique &#233;ducative europ&#233;enne, d'une fa&#231;on qu'on pourra trouver fort sp&#233;cieuse. L'argument veut que la d&#233;pense par &#233;l&#232;ve rapport&#233;e au PIB par habitant soit plus &#233;lev&#233;e en France que dans d'autres pays (elle est au niveau de Chypre et du Portugal). Selon la m&#233;thode des &#034; niveaux de r&#233;f&#233;rence &#034; ou &#034; benchmarks &#034;, cet &#233;cart &#224; la moyenne est donn&#233; comme une anomalie, d'autant que dans le m&#234;me temps l'enseignement sup&#233;rieur appara&#238;t comme sous-financ&#233; par rapport &#224; la moyenne europ&#233;enne [18]. Il est assez facile de rep&#233;rer combien cette m&#233;thode de comparaison reste assez grossi&#232;re, oublieuse qu'elle est de toute sp&#233;cificit&#233; historique et structurelle des syst&#232;mes &#233;ducatifs sans laquelle on ne comprend pas pr&#233;cis&#233;ment la structure des co&#251;ts. Il est particuli&#232;rement significatif que dans les pr&#233;sentations qui en sont donn&#233;es, le minist&#232;re omette les diff&#233;rences de d&#233;penses par &#233;l&#232;ve entre le coll&#232;ge et le lyc&#233;e, et surtout entre les diff&#233;rentes fili&#232;res de lyc&#233;e [19]. Mais surtout, la politique suivie, consistant ( dans le meilleur des cas) &#224; &#034; d&#233;shabiller Pierre pour habiller Paul &#034;, est &#233;videmment de courte vue : comment assurer l'expansion et la qualit&#233; des enseignements sup&#233;rieurs en appauvrissant l'enseignement secondaire ? L'Allemagne qui a une d&#233;pense par &#233;tudiant rapport&#233; au PIB par habitant sup&#233;rieure &#224; la France va-t-elle devoir appauvrir ses universit&#233;s pour re-financer son enseignement secondaire ? [20] Ce serait naturellement assez stupide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil de l'Union et la Commission europ&#233;enne, s'ils encouragent l'augmentation de la d&#233;pense &#233;ducative et non sa diminution, puisqu'elle doit &#234;tre regard&#233;e comme un investissement et non comme un co&#251;t, invitent les Etats membres &#224; &#034; une concentration des investissements sur les domaines susceptibles de gagner en qualit&#233; et en ad&#233;quation et de donner de meilleurs r&#233;sultats en mati&#232;re &#233;ducative et &#224; une affectation des investissements fond&#233;e sur les besoins des personnes &#034;. A la &#034; r&#233;duction des poches d'inefficacit&#233; et &#224; la r&#233;orientation pertinente des ressources existantes vers l'&#233;ducation et la formation &#034;, il faut surtout,compte tenu des contraintes budg&#233;taires, susciter une &#034; contribution plus importante du secteur priv&#233;, en particulier dans l'enseignement sup&#233;rieur, la formation des adultes et la formation professionnelle continue &#034; [21]. Dans une communication de janvier 2003, la Commission s'exprimait ainsi : &#034; Bien que les pays de l'UE, comme les &#201;tats-Unis, consacrent en moyenne un peu plus de 5 % de leur PIB aux d&#233;penses publiques d'&#233;ducation et de formation, il existe toujours un net d&#233;ficit au niveau du financement priv&#233;. Si l'on reconna&#238;t que, dans le mod&#232;le social europ&#233;en, les sources priv&#233;es ont toujours &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;es comme un compl&#233;ment et non pas comme un remplacement du financement public, face aux nouveaux d&#233;fis de la mondialisation, un accroissement de celles-ci se r&#233;v&#232;le n&#233;cessaire. Le niveau du financement priv&#233; de l'&#233;ducation et de la formation constitue une diff&#233;rence majeure entre l'UE et les &#201;tats-Unis, qui ne cesse de s'aggraver. Les d&#233;penses priv&#233;es consacr&#233;es aux &#233;tablissements d'enseignement n'ont que tr&#232;s peu augment&#233; dans l'UE depuis 1995 (de 0,55 % &#224; 0,66 % du PIB environ), alors que l'on observe un niveau presque double au Japon (environ 1,2 % du PIB) et presque trois fois sup&#233;rieure aux &#201;tats-Unis (1,6 %) &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce recours &#224; la d&#233;pense priv&#233;e, qui suppose &#224; la fois l'augmentation des droits d'inscription et le d&#233;veloppement d'&#233;tablissements priv&#233;s, ne sera pas facile, note la Commission, du fait du &#034; mod&#232;le social europ&#233;en &#034; La Commission pr&#233;conise donc une approche &#224; la fois progressive et localis&#233;e : &#034; quant au moyen de mobiliser des ressources humaines et financi&#232;res suppl&#233;mentaires, la communication souligne l'importance de cr&#233;er une approche de partenariat avec les entreprises et les individus. Cela devrait se faire gr&#226;ce &#224; une gestion plus efficace des ressources existantes et &#224; une d&#233;centralisation au niveau r&#233;gional dans la gestion des ressources et des programmes. Cette d&#233;centralisation, qui devront s'accompagner d'une plus grande coordination entre les minist&#232;res nationaux, devront bien s&#251;r agir dans le respect de la dimension europ&#233;enne des d&#233;cisions d'investissement. &#034; [22]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce volet de la privatisation de l'enseignement, politiquement tr&#232;s d&#233;licat, le projet de loi d'orientation fait plut&#244;t silence. Comment en effet aller &#224; l'encontre de l'opinion, comment risquer une nouvelle mobilisation des &#233;tudiants et des &#233;l&#232;ves ? Faute de pouvoir imm&#233;diatement compter sur des ressources priv&#233;es pour le sup&#233;rieur, le choix strat&#233;gique a donc apparemment consist&#233; &#224; baisser les ressources publiques affect&#233;es aux autres niveaux. A moins que cela ne soit un moyen indirect, du fait de la d&#233;gradation du service public qui va s'ensuivre, d'aider &#224; la privatisation de l'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un copier/coller g&#233;n&#233;ral ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le europ&#233;en d' &#034; &#233;cole flexible, efficace et ouverte &#034;, &#233;labor&#233; depuis longtemps par l'OCDE et certains lobbies patronaux, correspond au moins &#224; trois s&#233;ries de pr&#233;occupations : la baisse des co&#251;ts dans les budgets nationaux qui passe &#224; la fois par la diminution des charges salariales, le transfert de certaines charges sur les m&#233;nages, la baisse des exigences scolaires et l'externalisation de la formation vers des &#034; partenaires &#034; ; la &#034; r&#233;activit&#233; &#034; des syst&#232;mes &#233;ducatifs aux besoins des entreprises, qui suppose que les &#233;tablissements scolaires rapprochent leur fonctionnement de celui des entreprises ; la socialisation pr&#233;coce des futurs salari&#233;s par les &#034; milieux professionnels &#034;. On pourrait montrer sous d'autres aspects combien le rapport Th&#233;lot et la loi Fillon s'inscrivent assez fid&#232;lement dans le cadre de ces orientations europ&#233;ennes. La &#034; flexibilisation &#034; exig&#233;e se traduit par exemple par la personnalisation des parcours scolaires ; la diversification des voies ; la contractualisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e depuis l'&#233;l&#232;ve jusqu'au Minist&#232;re en passant par les &#233;tablissements ; la flexibilit&#233; horaire et la polyvalence des personnels. &#034; L'ouverture sur l'environnement &#034; se lit sans doute dans la g&#233;n&#233;ralisation des partenariats ; l'ouverture &#224; l'entreprise par la d&#233;couverte professionnelle et la diffusion de &#034; l'esprit d'entreprise &#034;(pr&#233;f&#233;r&#233; &#224; un enseignement th&#233;orique de l'&#233;conomie et de la soci&#233;t&#233;) [23] : le co-pilotage renforc&#233; avec les collectivit&#233;s territoriales, sp&#233;cialement en mati&#232;re d'orientation ; le renforcement des liens avec la justice, la police et les services de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit &#224; cette d&#233;clinaison, la France n'est pas aussi en retard qu'on le dit parfois, mais elle a encore du chemin &#224; faire pour atteindre les objectifs fix&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait &#233;galement ajouter qu'il convient partout d'acclimater la ligne commune en Europe aux r&#233;alit&#233;s locales et de r&#233;pondre aussi sur le plan moral et &#034; communicationnel &#034; aux imp&#233;ratifs de &#034; coh&#233;sion sociale &#034;. L'un des volets des r&#233;formes propos&#233;es vise &#224; renforcer le r&#244;le de l'&#233;cole dans l'imposition des valeurs morales en d&#233;sh&#233;rence, sans trop se pr&#233;occuper d'ailleurs des contradictions entre l'universalisation du principe de concurrence dans les soci&#233;t&#233;s europ&#233;ennes et la destruction des significations collectives partag&#233;es que cette m&#234;me universalisation engendre. C'est d&#233;sormais &#224; cet usage essentiellement &#034; moralisateur &#034; qu'est convoqu&#233;e une rh&#233;torique r&#233;publicaine qui tourne &#224; vide. Il faudrait souligner encore que, si la droite fran&#231;aise, &#224; l'instar des autres gouvernements n&#233;o-lib&#233;raux, articule de fa&#231;on toujours plus nette la lib&#233;ralisation de l'&#233;conomie et la p&#233;nalisation renforc&#233;e de la soci&#233;t&#233;, elle n'oublie pas l'&#233;cole dans l'application de sa double r&#233;f&#233;rence au march&#233; et &#224; la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2003, la mise en sc&#232;ne de la pr&#233;paration de la loi d'orientation a constitu&#233; un spectacle &#224; la fois long et r&#233;p&#233;titif. On aurait pu penser qu'il ne s'agissait que d'enliser puis d'enterrer le mouvement social de 2003 en faisant appel &#224; d'autres sources de l&#233;gitimit&#233; que celles des professionnels et des parents d'&#233;l&#232;ves. Le triple recours &#224; l'opinion publique (le grand d&#233;bat), &#224; la communaut&#233; d'experts (la Commission Th&#233;lot) et enfin &#224; la repr&#233;sentation nationale (loi d'orientation) a contribu&#233; &#224; d&#233;poss&#233;der les enseignants de toute prise sur la d&#233;finition des politiques &#224; mener. Mais la th&#233;&#226;tralisation a des effets de croyance qui d&#233;passent les conflits r&#233;cents. On peut &#233;mettre l'hypoth&#232;se suivante : rendre compl&#232;tement explicite la translation de la politique scolaire nationale au niveau europ&#233;en et exposer clairement la signification essentiellement &#233;conomique des r&#233;formes men&#233;es dans un esprit lib&#233;ral (all&#233;ger les co&#251;ts, augmenter l'employabilit&#233;, unifier le march&#233; du travail europ&#233;en) n'est pas aujourd'hui tout &#224; fait possible en France, tant l'ancrage des questions d'&#233;cole dans les coordonn&#233;es culturelles et politiques nationales est encore fort. Cela n'emp&#234;che pas les petits pas et les demi aveux, telle la relativisation, dans le rapport Th&#233;lot, des &#034; valeurs r&#233;publicaines &#034; au nom d'une &#034; nouvelle dynamique du projet &#233;ducatif &#034;, et l'abandon dans la loi Fillon de la grande ambition de l'&#233;cole pour tous sous le pr&#233;texte de la diversit&#233; des go&#251;ts et des talents des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut savoir que &#034; l'agenda &#034; du rapport Th&#233;lot et de la loi Fillon sur l'&#233;cole est sans doute beaucoup plus d&#233;termin&#233; par la &#034; strat&#233;gie de Lisbonne &#034; et la contribution que doit y apporter l'&#233;ducation que par une quelconque volont&#233; populaire. Mais on aurait pourtant mauvaise gr&#226;ce &#224; reprocher &#224; Claude Th&#233;lot ou &#224; Fran&#231;ois Fillon d'avoir pratiqu&#233; un copier/coller sur les documents europ&#233;ens. Ils n'ont fait en r&#233;alit&#233; que suivre le chemin dans lequel les diff&#233;rents gouvernements fran&#231;ais de gauche comme de droite se sont engag&#233;s depuis longtemps, celui de la construction d'une Europe d'inspiration tr&#232;s lib&#233;rale au sein de laquelle la connaissance devrait &#234;tre regard&#233;e principalement comme un facteur &#233;conomique au service de la comp&#233;titivit&#233;. Comment leur reprocher de mettre en &#339;uvre une politique apparemment aussi consensuelle ? Mais s'il faut &#234;tre cons&#233;quent jusqu'au bout, il faut &#233;galement ajouter que l'Europe n'a pas non plus fait preuve d'une grande originalit&#233; dans le mod&#232;le lib&#233;ral et utilitariste d'&#233;cole qu'elle propose. Il y a beau temps que les grandes organisations &#233;conomiques et financi&#232;res internationales (OCDE et Banque mondiale en t&#234;te) en ont dessin&#233; le visage. Si d&#233;bat v&#233;ritable il doit y avoir un jour, il devrait porter plus que jamais sur le &#034; nouvel ordre &#233;ducatif mondial &#034; qui s'impose de fa&#231;on progressive et par de multiples voies en Europe et en France [24].&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;[1] Publi&#233; en octobre 2004 sous le titre &#034; Pour la r&#233;ussite de tous les &#233;l&#232;ves &#034;. Ce rapport a &#233;t&#233; &#233;labor&#233; parall&#232;lement &#224; la mise en place d'un &#034; grand d&#233;bat national &#034; et &#224; la parution d'une synth&#232;se ( &#034; Miroir du d&#233;bat &#034;) en avril 2004.&lt;br class='autobr' /&gt;
[2] Cf. Jean-Yves Rochex, &#034; Une logique de renoncement &#034;, L'U.S, sup. au n&#176;608, p. 45. Dans le m&#234;me esprit, cf. les analyses critiques de Nathalie Duceux, Education du rapport Th&#233;lot &#224; la loi Fillon, Nico Hirtt, Th&#233;lot ou l'&#233;cole de la reproduction, de Samuel Johsua et Nathalie Duceux, Le rapport Th&#233;lot et la fin du droit &#233;galitaire &#224; l'&#233;ducation et de Jean-Yves Mas &#034; Commentaires critiques du (pr&#233;) rapport Th&#233;lot &#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
[3] Rapport, p. 25.&lt;br class='autobr' /&gt;
[4] Cf. par exemple, Rapport p. 45. Cf &#233;galement, p.103 et 104.&lt;br class='autobr' /&gt;
[5] Rapport, p.36.&lt;br class='autobr' /&gt;
[6] Cf. Rapport, p. 36.&lt;br class='autobr' /&gt;
[7] Rapport, p. 37.&lt;br class='autobr' /&gt;
[8] Rapport, p.21.&lt;br class='autobr' /&gt;
[9] Cf Projet de loi d'orientation pour l'avenir de l'&#233;cole, p. 24.&lt;br class='autobr' /&gt;
[10] La citation est reprise dans le Rapport Th&#233;lot et dans le projet de loi d'orientation.&lt;br class='autobr' /&gt;
[11] Conseil de l'Union europ&#233;enne, Education et formation 2010, l'urgence des r&#233;formes pour r&#233;ussir la strat&#233;gie de Lisbonne, mars 2004, p. 4.&lt;br class='autobr' /&gt;
[12] La &#034; circulaire Bolkestein &#034; sur la libre circulation des travailleurs des services en Europe n'est qu'une des pi&#232;ces de la strat&#233;gie. Cf. Philippe Ricard, &#034; La lib&#233;ralisation des services se heurte &#224; de fortes r&#233;ticences &#034;Le Monde, 30 novembre 2004.&lt;br class='autobr' /&gt;
[13] Le m&#234;me document formulait ainsi son attente : &#034; en vue de contribuer aux objectifs de Lisbonne, le rythme des r&#233;formes des syst&#232;mes d'&#233;ducation et de formation doit &#234;tre acc&#233;l&#233;r&#233;. Il faut que &#034; Education et formation 2010 &#034; soit d&#251;ment pris en compte dans la formulation des politiques nationales &#034; (p. 6). C'est aussi le sens du r&#233;cent rapport de Wim Kok, Relever le d&#233;fi, la strat&#233;gie de Lisbonne pour la croissance et l'emploi, novembre 2004, qui propose de rendre plus contraignante encore la mise en &#339;uvre des objectifs de Lisbonne.&lt;br class='autobr' /&gt;
[14] Il faudrait naturellement examiner le rapport entre cette d&#233;finition des comp&#233;tences et le r&#244;le des enqu&#234;tes PISA de l'OCDE.&lt;br class='autobr' /&gt;
[15] Rapport, p. 22.&lt;br class='autobr' /&gt;
[16] Cf.Conseil de l'Union europ&#233;enne, doc.cit., p. 42.&lt;br class='autobr' /&gt;
[17] Cf., Les consid&#233;rants pr&#233;alables aux &#034; 14 propositions de F. Fillon &#034;sur le site du Minist&#232;re de l'Education nationale. Que ces objectifs ne soient pas tous compatibles entre eux ainsi qu'avec les pr&#233;conisations de l'Union europ&#233;enne, cela va de soi. Au vu des &#233;l&#233;ments avanc&#233;s par le minist&#232;re, la concentration des r&#233;ductions de moyens sur le niveau secondaire risque de se traduire &#233;galement par une remise en cause tr&#232;s profonde de l'existence de certaines disciplines, parmi lesquelles les sciences &#233;conomiques et sociales, dont l'esprit n'est gu&#232;re conforme au main stream europ&#233;en.&lt;br class='autobr' /&gt;
[18] Comme le rappelle la Commission, l'Union europ&#233;enne investit moins dans l'enseignement sup&#233;rieur que les Etats-Unis, lesquels d&#233;pensent plus de deux fois plus par &#233;tudiant que l'Union europ&#233;enne. Par rapport au PIB, la moyenne de l'UE n'est que de 1,1 % consacr&#233; &#224; l'enseignement sup&#233;rieur contre 2,3 % aux &#201;tats-Unis. L'&#233;cart de financement dans ce domaine est encore plus marqu&#233; que dans la recherche et d&#233;veloppement, o&#249; les chiffres sont de 1,9 % du PIB dans l'UE, contre 2,7 % aux &#201;tats-Unis.&lt;br class='autobr' /&gt;
[19] Cf. Minist&#232;re de l'&#233;ducation nationale, Rep&#232;res et r&#233;f&#233;rences statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, 2004, p. 277.&lt;br class='autobr' /&gt;
[20] Cf Conseil de l'Union europ&#233;enne, op.cit.,annexes p. 42.&lt;br class='autobr' /&gt;
[21] Ibid., p. 22.&lt;br class='autobr' /&gt;
[22] Communication de la Commission du 10 janvier 2003, Investir efficacement dans l'&#233;ducation et la formation : un imp&#233;ratif pour l'Europe , COM(2002) 779.&lt;br class='autobr' /&gt;
[23] L'un des objectifs europ&#233;ens est de cr&#233;er une &#034; soci&#233;t&#233; entrepreneuriale &#034; ou une &#034; soci&#233;t&#233; d'entreprises &#034;, ce qui impose de diffuser &#034; l'esprit d'entreprise &#034; dans tous les syst&#232;mes &#233;ducatifs. Un document du Conseil europ&#233;en d&#233;finit ainsi cet &#034; esprit &#034; : &#034; l'esprit d'entreprise ne se limite pas &#224; l'activit&#233; commerciale, c'est aussi un esprit actif et r&#233;actif que la soci&#233;t&#233; dans son ensemble se doit de valoriser et dans lequel elle doit investir. Aussi les &#233;tablissements d'&#233;ducation et de formation devraient-ils stimuler les comp&#233;tences des apprenants et leur esprit d'entreprise tout au long de leur parcours d'&#233;ducation et de formation &#034; Ils devraient &#233;galement &#034; permettre l'acquisition des comp&#233;tences n&#233;cessaires pour cr&#233;er et g&#233;rer une entreprise &#034;, ce qui explique la proposition d'une option &#034; de gestion des entreprises &#034; en classe de 1ere ES (Cf. Rapport du conseil &#233;ducation sur les objectifs concrets futurs des syst&#232;mes d'&#233;ducation et de formation, 2001 p. 14). Cet objectif permet de retraduire syst&#233;matiquement les m&#233;thodes et pratiques p&#233;dagogiques en une logique nouvelle : &#034; les Etats membres devraient (...) promouvoir davantage les comp&#233;tences entrepreneuriales : la cr&#233;ativit&#233; et l'esprit d'initiative devraient s'ensuivre et se fonder sur une approche transdisciplinaire. Il conviendrait aussi dans cette optique, de donner aux &#233;coles les moyens de mener des activit&#233;s favorisant les attitudes et comp&#233;tences entrepreneuriales &#034;( Conseil de l'Union europ&#233;enne, doc. cit, mars 2004, p. 25).&lt;br class='autobr' /&gt;
[24] Cf. Christian Laval et Louis Weber (coord.), Le nouvel ordre &#233;ducatif mondial, Syllepse/Nouveaux Regards, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; du site de l'APED)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Coalition interpelle le ministre Reid</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-Coalition-interpelle-le-ministre-Reid</link>
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		<dc:date>2004-12-13T02:16:35Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En juillet 2000, le syst&#232;me scolaire a &#233;t&#233; d&#233;confessionnalis&#233; par la loi 118. Un compromis temporaire a &#233;t&#233; fait &#224; ce moment : les enseignements religieux confessionnels, catholique et protestant, furent maintenus en option avec l'enseignement moral. Cet am&#233;nagement exige une d&#233;rogation aux chartes de droits. &lt;br class='autobr' /&gt;
Devant l'imminence de la date butoir du 30 juin 2005, date &#224; laquelle la clause d&#233;rogatoire &#224; la Charte canadienne des droits et libert&#233;s incluse dans la Loi sur l'instruction (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Education-63-" rel="directory"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Education-+" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En juillet 2000, le syst&#232;me scolaire a &#233;t&#233; d&#233;confessionnalis&#233; par la loi 118. Un compromis temporaire a &#233;t&#233; fait &#224; ce moment : les enseignements religieux confessionnels, catholique et protestant, furent maintenus en option avec l'enseignement moral. Cet am&#233;nagement exige une d&#233;rogation aux chartes de droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant l'imminence de la date butoir du 30 juin 2005, date &#224; laquelle la clause d&#233;rogatoire &#224; la Charte canadienne des droits et libert&#233;s incluse dans la Loi sur l'instruction publique viendra &#224; &#233;ch&#233;ance, la polarisation autour de la place de la religion &#224; l'&#233;cole a refait surface. Cette polarisation est plus feutr&#233;e que celle qui a suivi la publication du rapport du Groupe de travail sur la place de la religion &#224; l'&#233;cole (rapport Proulx). En effet, en cinq ans, le syst&#232;me scolaire qu&#233;b&#233;cois s'est la&#239;cis&#233; sans heurts et les &#233;pouvantails ne sont plus aussi efficaces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au printemps dernier, la publication de l'avis du Comit&#233; sur les affaires religieuses, (comit&#233; cr&#233;&#233; par la loi 118 pour conseiller le ministre sur la place de la religion &#224; l'&#233;cole) qui avan&#231;ait une proposition permettant de ne plus d&#233;roger aux chartes, a &#233;t&#233; accueilli favorablement par plusieurs instances et organismes publics. L'Assembl&#233;e des &#233;v&#234;ques du Qu&#233;bec, quelques th&#233;ologiens et l'Association des parents catholiques se portent &#224; la d&#233;fense du statu quo, c'est-&#224;-dire d&#233;roger aux chartes et maintenir les enseignements confessionnels catholiques et protestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arguments invoqu&#233;s rel&#232;vent souvent d'une vision pass&#233;iste de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise et banalisent l'importance du respect des droits et libert&#233;s, notamment du droit &#224; l'&#233;galit&#233;. Dans ce contexte, notre Coalition, qui regroupe une cinquantaine d'organisations syndicales, sociales, de l'&#233;ducation et de d&#233;fense des droits, consid&#232;re important de situer le d&#233;bat sur une autre base.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La gravit&#233; d'une d&#233;rogation aux Chartes&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord sur la signification des clauses d&#233;rogatoires. Leurs d&#233;fenseurs affirment que la d&#233;cision de d&#233;roger aux droits est une d&#233;cision parlementaire comme une autre. Ce serait l&#224;, selon eux, l'affirmation de la supr&#233;matie de l'Assembl&#233;e nationale sur les tribunaux, de la d&#233;mocratie du peuple sur la d&#233;mocratie des juges. On n'est pas loin d'une banalisation des chartes des droits qui sont pourtant un fondement de nos institutions d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations de d&#233;fense des droits s'opposent depuis plusieurs ann&#233;es &#224; cette situation de d&#233;rogation aux chartes de droits. La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Qu&#233;bec consid&#232;re m&#234;me que la charte qu&#233;b&#233;coise n'est pas assez restrictive &#224; ce sujet. Elle r&#233;it&#233;rait r&#233;cemment que le &#034; recours &#224; ces clauses d&#233;rogatoires est inacceptable &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du bout des l&#232;vres, l'Assembl&#233;e des &#233;v&#234;ques reconna&#238;t qu'on ne devrait pas d&#233;roger aux chartes pour un rien. Dans sa r&#233;cente position, elle affirme que le gouvernement peut le faire afin d'&#233;viter toute contestation judiciaire &#034; pour des motifs jug&#233;s importants par le L&#233;gislateur lui-m&#234;me comme, par exemple, la paix sociale &#034;. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le choix concernant l'avenir de la place de l'enseignement religieux confessionnel &#224; l'&#233;cole ne menace pas la paix sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne badine pas avec les d&#233;rogations aux droits. Le Qu&#233;bec n'y a eu recours que de fa&#231;on exceptionnelle dans des situations o&#249; la paix sociale pouvait &#234;tre effectivement en cause, notamment dans le cas de la langue d'affichage. M&#234;me l&#224;, le gouvernement lib&#233;ral a d&#251; revenir sur sa d&#233;cision initiale de recourir aux clauses d&#233;rogatoires, d'o&#249; le choix de la pr&#233;dominance du fran&#231;ais dans l'affichage commercial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Offrir une formation commune &#224; tous les &#233;l&#232;ves&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la d&#233;fense d'un enseignement religieux confessionnel, on avance souvent le choix majoritaire exerc&#233; par les parents. Il est vrai que, au primaire, pr&#232;s de 80 % des parents optent pour l'enseignement religieux. Il ne faudrait toutefois pas en conclure que c'est l&#224; la pr&#233;f&#233;rence absolue des parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un sondage men&#233; en juin 2004 par le Centre de recherche et d'information sur le Canada apporte un autre &#233;clairage. &#192; la question portant sur l'enseignement de la religion dans les &#233;coles publiques, une majorit&#233; de Qu&#233;b&#233;coises et de Qu&#233;b&#233;cois souhaiteraient que l'on &#034; renseigne les enfants sur toutes les grandes religions du monde &#034;, et seulement 19 % souhaitent que l'on &#034; enseigne aux enfants seulement la religion chr&#233;tienne parce que c'est celle &#224; laquelle adh&#232;re la majorit&#233; des gens de ce pays &#034; (voir le site cric.ca).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces donn&#233;es correspondent &#224; celle d'une importante enqu&#234;te qu'avait men&#233;e le Groupe de travail sur la place de la religion &#224; l'&#233;cole, il y a d&#233;j&#224; six ans. Plus r&#233;cemment (2003-2004), deux recherches bas&#233;es sur des entrevues et publi&#233;es au Centre Immigration et M&#233;tropoles (L'enseignement de la religion &#224; l'&#233;cole apr&#232;s la loi 118, Universit&#233; de Montr&#233;al) ont d&#233;montr&#233; que les parents, les enseignant/tes et les directions d'&#233;tablissement &#233;taient largement en faveur d'un enseignement d'&#233;thique et de culture religieuse tout en affirmant que le gouvernement ne devrait plus recourir aux clauses d&#233;rogatoires sur cette question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour certains, la religion catholique ferait partie de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise. C'est l&#224; pour le moins une conception pass&#233;iste de notre identit&#233;. Plus mod&#233;r&#233;s, d'autres affirment que cet enseignement religieux confessionnel serait absolument n&#233;cessaire &#224; la compr&#233;hension de ce que nous sommes, de notre patrimoine, de nos traditions. Mais les connaissances n&#233;cessaires &#224; cette compr&#233;hension de notre histoire n'exigent nullement une approche confessionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se plaint encore de l'inculture religieuse des jeunes d'aujourd'hui. Faut-il rappeler que ceux-ci ont &#233;t&#233; scolaris&#233;s dans un syst&#232;me confessionnel o&#249; l'&#233;cole publique avait m&#234;me un statut religieux et o&#249; les contenus d'enseignement devaient recevoir l'approbation des &#233;glises. Cette situation est bien ant&#233;rieure &#224; la la&#239;cisation toute r&#233;cente de l'&#233;cole qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre Coalition ne propose pas de &#034; sortir la religion des &#233;coles &#034;. Nous proposons, depuis plusieurs ann&#233;es, un enseignement culturel des religions qui serait commun &#224; tous les &#233;l&#232;ves, qui &#233;viterait de les diviser sur une base religieuse et qui serait respectueux des chartes. Bien entendu, l' &#233;cole qu&#233;b&#233;coise se trouve g&#233;ographiquement et historiquement situ&#233;e. Tous les enseignements tiennent compte de la r&#233;alit&#233; qu&#233;b&#233;coise, qu'il s'agisse de la g&#233;ographie, de l'histoire ou de la litt&#233;rature. Il en serait de m&#234;me de l'enseignement culturel des religions. Les religions chr&#233;tiennes ont marqu&#233; notre soci&#233;t&#233; et l'enseignement devra en tenir compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lancer officiellement le d&#233;bat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ministre de l'&#201;ducation dispose d&#233;sormais d'avis bien document&#233;s provenant d'organismes-conseils du gouvernement, dont la Commission des droits de la personne et de la jeunesse, le Comit&#233; sur les affaires religieuses et le Conseil des relations interculturelles. Le gouvernement ne ferait conna&#238;tre sa position qu'en f&#233;vrier. C'est un peu tard. On risque alors d'&#234;tre plac&#233; devant une situation de fait. Si c'&#233;tait la voie choisie, ce serait regrettable et fort peu d&#233;mocratique. Il serait de loin pr&#233;f&#233;rable de laisser tout le temps n&#233;cessaire au d&#233;bat afin que la d&#233;cision qui en d&#233;coulera recueille une large adh&#233;sion. C'est donc le plus rapidement possible que le gouvernement doit faire conna&#238;tre ses intentions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour notre part, nous avons la conviction que les &#233;l&#232;ves qu&#233;b&#233;cois tireraient grand avantage &#224; un enseignement culturel des religions qui serait commun &#224; tous les &#233;l&#232;ves. L'incertitude qui r&#232;gne actuellement sur l'avenir de cet enseignement n'est pas souhaitable ; on ne pourra recourir ind&#233;finiment aux clauses d&#233;rogatoires. Mieux vaut d&#232;s maintenant prendre les d&#233;cisions qui s'imposent. La soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise est pr&#234;te &#224; le faire&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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