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		<title>Maladie du profit</title>
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&lt;p&gt;Apr&#232;s son apparition en Europe, le virus H5N1 a &#233;t&#233; d&#233;tect&#233; &#224; plusieurs reprises sur le territoire fran&#231;ais. L'&#233;pid&#233;mie de grippe aviaire pourrait avoir des r&#233;percussions, tant sanitaires qu'&#233;conomiques et sociales. Dominique de Villepin proclame que &#171; la France est le pays au monde le mieux pr&#233;par&#233; face &#224; la grippe aviaire &#187;. On aurait aim&#233; plus de prudence et de modestie face aux nombreuses incertitudes concernant la lutte contre une &#233;pid&#233;mie annonc&#233;e. Surtout de la part d'un &#201;tat qui a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Sante-74-" rel="directory"&gt;Sant&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s son apparition en Europe, le virus H5N1 a &#233;t&#233; d&#233;tect&#233; &#224; plusieurs reprises sur le territoire fran&#231;ais. L'&#233;pid&#233;mie de grippe aviaire pourrait avoir des r&#233;percussions, tant sanitaires qu'&#233;conomiques et sociales. Dominique de Villepin proclame que &#171; la France est le pays au monde le mieux pr&#233;par&#233; face &#224; la grippe aviaire &#187;. On aurait aim&#233; plus de prudence et de modestie face aux nombreuses incertitudes concernant la lutte contre une &#233;pid&#233;mie annonc&#233;e. Surtout de la part d'un &#201;tat qui a tant attendu face au chikungunya, dont les h&#244;pitaux et les services d'urgence - au pain sec depuis des ann&#233;es - sont souvent d&#233;bord&#233;s par une simple &#233;pid&#233;mie de grippe saisonni&#232;re, et qui n'a pas r&#233;agi lors de la canicule de l'&#233;t&#233; 2003, drame ayant fait plus de 15 000 morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste que le gouvernement a d&#233;cid&#233; d'anticiper l'&#233;pid&#233;mie de grippe aviaire. Avec treize millions de traitements par Tamiflu (bient&#244;t dix-huit) et 200 millions de masques command&#233;s, le gouvernement fran&#231;ais semble avoir r&#233;agi beaucoup plus vite, par exemple, que son homologue am&#233;ricain, dont les commandes ne permettraient de prot&#233;ger que 2 &#224; 4 % de la population, contre 21 % en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;vention &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains ne manqueront cependant pas d'&#234;tre frapp&#233;s par ces millions d'euros d&#233;pens&#233;s pour une &#233;pid&#233;mie qui n'existe pas encore. Et cela, alors que des dizaines de millions d'&#234;tres humains meurent chaque ann&#233;e, surtout dans les pays domin&#233;s, de pathologies bien r&#233;elles, pour lesquelles existent d&#233;j&#224; traitements et vaccins depuis des ann&#233;es. Mais leurs cris de d&#233;sespoir ne pouvant augmenter les profits des trusts de la pharmacie, il n'y aura pas de m&#233;dicaments, de trith&#233;rapies, de vaccins pour le tiers monde. Quel contraste avec le Tamiflu, cet antiviral &#224; l'efficacit&#233; contest&#233;e contre la grippe aviaire, mais qui a fait monter le cours de l'action du g&#233;ant suisse Roche de 60 % en un an, &#224; mesure que les carnets de commandes se remplissaient !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela est vrai mais, pour deux raisons au moins, il serait dramatiquement faux de s'en tenir &#224; ces remarques. D'abord, parce que le risque d'une pand&#233;mie humaine est malheureusement plus que r&#233;el. Il faut s'en persuader et s'y pr&#233;parer. Rappelons que la grippe espagnole de 1918-1919 a fait de 40 &#224; 80 millions de morts. Ensuite, parce que, loin d'opposer les besoins du Nord et du Sud, il nous faut mettre en avant les exigences communes du droit &#224; la sant&#233;, partout dans le monde, comme un bien commun universel, retir&#233; des lois du march&#233;. Avec la d&#233;mocratie et l'&#233;galit&#233;, c'est la seule vraie mani&#232;re de lutter contre l'&#233;pid&#233;mie. Tout ce qui sera gagn&#233; de cette mani&#232;re-l&#224; contre la grippe aviaire sera gagn&#233; aussi pour toutes les autres pathologies, ici et l&#224;-bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux exemples. L'un des premiers objectifs pour &#233;viter une pand&#233;mie humaine est de &#171; juguler la maladie chez les animaux &#187;, comme le r&#233;clamait l'Organisation mondiale de la sant&#233; animale. Am&#233;lioration des services v&#233;t&#233;rinaires des pays pauvres, r&#233;duits sous les injonctions du Fonds mon&#233;taire international (FMI), information adapt&#233;e aux populations locales, abattage rapide et syst&#233;matique des volailles malades, compensation imm&#233;diate et transparente des paysans, quarantaine, vaccination cibl&#233;e... Faute de budgets internationaux, faute de d&#233;mocratie dans les pays o&#249; r&#232;gnent corruption et r&#233;pression, cette partie est en train d'&#234;tre perdue sous nos yeux. L'&#233;pid&#233;mie animale se mondialise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre exemple. En cas de d&#233;but de transmission interhumaine d'un virus grippal mut&#233;, le foyer sera localis&#233;. Un objectif central de la solidarit&#233; internationale serait de retarder le plus possible - quelques mois - sa diffusion r&#233;gionale et mondiale, peut-&#234;tre in&#233;luctable. Pour mettre &#224; profit ce r&#233;pit, par exemple pour fabriquer un vaccin efficace, qui demandera de quatre &#224; six mois pour &#234;tre disponible en quantit&#233;. Cela suppose de reconstruire les syst&#232;mes de sant&#233; des pays du Sud, d'y rendre massivement disponible le Tamiflu et les masques de protection ; d'y d&#233;velopper une information sur la sant&#233; ins&#233;parable de l'&#233;ducation et de la d&#233;mocratie. Jamais l'arm&#233;e n'a r&#233;ussi &#224; imposer une quarantaine efficace, si la population n'est pas persuad&#233;e qu'elle sera soign&#233;e et prot&#233;g&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Urgence mondiale &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ma&#238;tres du monde font confiance au march&#233; pour lutter contre le risque de pand&#233;mie. Au march&#233; et &#224; l'&#201;tat fort, corollaire in&#233;vitable de la p&#233;nurie et de la concurrence. M&#234;me s'ils pointent l'obligation de solidarit&#233; internationale, ils sont incapables de mobiliser les budgets, de reconstruire les syst&#232;mes de sant&#233;, les solidarit&#233;s, l'acc&#232;s aux m&#233;dicaments essentiels, que les restrictions du FMI ont contribu&#233; &#224; d&#233;truire partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur mondialisation lib&#233;rale accro&#238;t aussi le risque de pand&#233;mie. Depuis des si&#232;cles, en Asie notamment, les oiseaux sauvages sont le r&#233;servoir naturel de l'influenza aviaire. Ils c&#244;toient une agriculture pauvre et familiale, o&#249; cohabitent hommes et animaux d'&#233;levage, dans les zones humides pris&#233;es par le virus. Cela facilite le passage du virus des oiseaux sauvages aux oiseaux domestiques et &#224; l'homme, mais sur une petite &#233;chelle, locale. L'exode rural a pouss&#233; &#224; la concentration de populations dans de gigantesques m&#233;gapoles qu'il faut nourrir. La concentration des capitaux a favoris&#233; l'explosion de gigantesques &#233;levages industriels, appartenant aux m&#234;mes vari&#233;t&#233;s, souvent import&#233;es d'Occident, tr&#232;s productives mais moins r&#233;sistantes &#224; la maladie. Cela donne vite au virus une masse critique, qui favorise sa diffusion le long des routes de transport et des march&#233;s. Rupture &#233;cologique qui favorise la pand&#233;mie, m&#234;me s'il ne faut pas nier le r&#244;le des oiseaux migrateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;affirmons-le : le mouvement ouvrier, le mouvement altermondialiste doivent se saisir de la question de la grippe aviaire, produire, avec les experts - car le sujet est complexe - leurs propres exigences. Par exemple, pourquoi si peu de place est donn&#233;e aux masques respiratoires ? Parce que les enjeux financiers ne sont pas les m&#234;mes ? Les masques sont r&#233;serv&#233;s aux professionnels dans les plans gouvernementaux. Les masques FFP2 sont assez complexes &#224; produire et doivent &#234;tre chang&#233;s, face &#224; un risque important, deux fois par jour. Mais les masques FFP1, plus simples, n'ont-ils pas une r&#233;elle efficacit&#233; pr&#233;ventive pour le reste de la population, soumise &#224; un risque moins important ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soyons s&#251;rs qu'une &#233;pid&#233;mie de grippe aviaire ne serait pas qu'une crise sanitaire. Elle serait aussi une crise &#233;conomique. Il suffit de voir aujourd'hui les &#233;levages en plein air de qualit&#233;, qui sont imm&#233;diatement menac&#233;s par les mesures de confinement. Et aussi une crise politique, r&#233;v&#233;lant l'incapacit&#233; du march&#233; &#224; faire face &#224; l'urgence mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tamiflu, le brevet qui tue &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; un antiviral dont personne ne parlait. Peu efficace, peu utilis&#233;, et aux effets secondaires non n&#233;gligeables, notamment chez les enfants. Mais la grippe aviaire menace et l'Organisation mondiale de la sant&#233; (OMS) d&#233;cide de recommander &#224; tous les gouvernements d'acheter massivement du Tamiflu, pour couvrir 25 % de la population... ayant les moyens de se le payer. Le laboratoire Roche, qui a rachet&#233; le brevet &#224; Gilead Sciences, voit le cours de son action grimper de 60 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, fonder toute la strat&#233;gie de lutte sur le Tamiflu est un leurre. Son efficacit&#233; sur le H5N1 semble faible, il doit &#234;tre administr&#233; dans les premi&#232;res heures de la maladie, et l'apparition de r&#233;sistances inqui&#232;te d&#233;j&#224; les infectiologues. Malgr&#233; ces limites, au vu de l'efficacit&#233;, m&#234;me relative, du Tamiflu sur une pathologie extr&#234;mement grave, celui-ci pourrait jouer un r&#244;le important. Au tout d&#233;but de l'&#233;pid&#233;mie, pour essayer d'&#233;touffer un foyer naissant, r&#233;duire la mortalit&#233; de la grippe, ou encore prot&#233;ger les soignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la demande qui explose, pendant tout un temps, Roche refuse de laisser fabriquer des g&#233;n&#233;riques de son produit. Pour se faire &#171; pardonner &#187;, il offre quelques millions de doses &#224; l'OMS, pour intervenir rapidement sur un foyer initial. Puis, la col&#232;re grondant, le d&#233;bat sur la n&#233;cessit&#233; de lutter contre les brevets s'amplifiant, la multinationale suisse d&#233;cide d'accepter de c&#233;der des licences secondaires sur lesquelles elle toucherait des royalties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la signature, en 1994, sous l'auspice de l'OMC, de l'accord sur les Aspects des droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle li&#233;s au commerce (Adpic), les copies g&#233;n&#233;riques des m&#233;dicaments r&#233;cents sont interdites. Leurs prix sont donc rest&#233;s hors de port&#233;e des pays du Sud. L'exemple le plus connu concerne, dans la lutte contre le Sida, les trith&#233;rapies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une forte mobilisation internationale, face au scandale du droit de propri&#233;t&#233; qui tue, un compromis a &#233;t&#233; trouv&#233; &#224; Doha, en 2001 : en cas d'urgence sanitaire, des licences pourront &#234;tre d&#233;livr&#233;es en contrepartie d'un reversement de royalties aux alentours de 5%. Compromis boiteux et contourn&#233;, qui n'a pas permis de progresser significativement dans le droit &#224; la sant&#233; pour tous les peuples puisque, chaque ann&#233;e, onze millions de personnes meurent de maladies infectieuses, faute d'acc&#232;s aux m&#233;dicaments essentiels. En finir avec le droit de propri&#233;t&#233; intellectuelle permettrait de fabriquer le Tamiflu en quantit&#233; suffisante, et de baisser son co&#251;t. Les m&#233;dicaments essentiels, biens communs de l'humanit&#233;, doivent pouvoir &#234;tre disponibles pour tous.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'enjeu du vaccin &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En cas de pand&#233;mie humaine de grippe aviaire, le r&#244;le d'un vaccin pourrait &#234;tre fondamental. Soit la population mondiale acquiert ses capacit&#233;s de r&#233;sistance au contact du nouveau virus, mais au prix de millions de victimes, soit elle l'acquiert &#224; travers la vaccination. Un sch&#233;ma id&#233;al bien loin de la r&#233;alit&#233; capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour six milliards d'habitants, la capacit&#233; annuelle de production de vaccin antigrippal ne d&#233;passe pas 300 millions de doses. Les pays riches concentrent 90 % de ces capacit&#233;s, et 10 % de la population mondiale. La France seule a d&#233;j&#224; command&#233; 40 millions de doses. M&#234;me avec un taux de couverture vaccinale souhait&#233; minimal de 30 &#224; 35 %, r&#233;clam&#233; par l'OMS, le foss&#233; est immense entre les futurs besoins mondiaux et les capacit&#233;s de production. Moins de 5 % de la population mondiale pourront &#234;tre vaccin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si Sanofi Pasteur, qui r&#233;alise 40 % de la production mondiale de vaccins antigrippaux, agrandit ses unit&#233;s de production de Val-de-Reuil et de Swiftwater, aux &#201;tats-Unis, on est loin du compte. D'autant que pour mettre en route une nouvelle unit&#233; de production, il faut de quatre &#224; cinq ans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant la mission parlementaire sur la grippe aviaire, Didier Hoch, PDG de Sanofi, a livr&#233; le fond de l'explication : &#171; Une augmentation significative du potentiel de production confronterait les industriels &#224; un risque &#233;conomique et financier non n&#233;gligeable. &#187; L'industrie du vaccin est jug&#233;e traditionnellement peu lucrative. Ces derni&#232;res ann&#233;es, aux &#201;tats-Unis par exemple, la plupart des fabricants s'&#233;taient retir&#233;s du march&#233;, en dehors de Sanofi Pasteur, parce que les vaccins grippaux n'&#233;taient plus assez rentables. Ils reviennent maintenant, mais seulement en rapport avec la demande solvable pr&#233;visible, celle des pays riches. Les risques semblent minimes. Sanofi, par exemple, a re&#231;u l'assurance du gouvernement fran&#231;ais que le groupe n'aurait pas &#224; supporter les risques financiers li&#233;s &#224; d'&#233;ventuelles complications vaccinales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; avoue son incapacit&#233; &#224; relever le d&#233;fi de fournir demain un vaccin antigrippal &#224; toute l'humanit&#233;. Comme il l'avoue d&#233;j&#224; pour d'autres pathologies. Selon les chiffres de l'OMS, deux millions d'enfants sont morts, en 2002, d'une maladie contre laquelle il aurait &#233;t&#233; facile - et peu co&#251;teux - de les vacciner. Il manquait seulement un milliard de dollars pour les vacciner.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Point de non-retour ?</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Point-de-non-retour</link>
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&lt;p&gt;Le virus de la grippe aviaire H5N1, identifi&#233; en Turquie, est arriv&#233; en Europe. L'Organisation mondiale de la sant&#233; (OMS) a lanc&#233; une alerte &#224; la pand&#233;mie. Dans un avenir proche, entre neuf et vingt-et-un millions de personnes pourraient &#234;tre touch&#233;es par la maladie dans le monde. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'irruption de la grippe aviaire autour du lac Qinghai, en Chine occidentale, a &#233;t&#233; observ&#233;e d'abord, &#224; la fin du mois d'avril, par les officiels charg&#233;s de contr&#244;ler la faune sauvage en Chine. Au d&#233;part, elle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Sante-74-" rel="directory"&gt;Sant&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le virus de la grippe aviaire H5N1, identifi&#233; en Turquie, est arriv&#233; en Europe. L'Organisation mondiale de la sant&#233; (OMS) a lanc&#233; une alerte &#224; la pand&#233;mie. Dans un avenir proche, entre neuf et vingt-et-un millions de personnes pourraient &#234;tre touch&#233;es par la maladie dans le monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'irruption de la grippe aviaire autour du lac Qinghai, en Chine occidentale, a &#233;t&#233; observ&#233;e d'abord, &#224; la fin du mois d'avril, par les officiels charg&#233;s de contr&#244;ler la faune sauvage en Chine. Au d&#233;part, elle &#233;tait confin&#233;e &#224; une petite &#238;le de cet immense lac sal&#233;, o&#249; les oies sauvages ont commenc&#233; &#224; &#234;tre prises de spasmes, &#224; tomber et &#224; mourir. &#192; la mi-mai, elle avait atteint l'ensemble de la population avicole du lac, tuant des milliers d'oiseaux. Un ornithologue a pu parler &#171; de l'&#233;pid&#233;mie la plus violemment mortelle et la plus &#233;tendue jamais observ&#233;e parmi les oiseaux sauvages &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les scientifiques chinois &#233;taient horrifi&#233;s par la virulence de cette nouvelle souche : lorsque des souris en &#233;taient infect&#233;es, elles mouraient plus vite encore que lorsqu'on leur injectait le &#171; g&#233;notype Z &#187;, la terrible variante du H5N1 qui a tu&#233; des paysans et leurs enfants au Vi&#234;t-nam (ces deux esp&#232;ces sont d'ailleurs mortelles &#224; 100 % pour les souris). Chaque automne, les oiseaux sauvages de Sib&#233;rie migrent vers la mer Noire et l'Europe du Sud ; une autre route migratoire m&#232;ne aussi en Alaska et au Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;picentre du H5N1 humain est aussi en expansion : &#224; la mi-juillet, les autorit&#233;s indon&#233;siennes ont confirm&#233; qu'un p&#232;re et ses deux filles sont morts de la grippe aviaire dans un quartier privil&#233;gi&#233; de Djakarta. De fa&#231;on surprenante, cette famille n'avait eu aucun contact connu avec la volaille, ce qui a suscit&#233; une quasi-panique dans le quartier, lorsque la presse s'est mise &#224; sp&#233;culer sur la possible transmission de cette maladie entre humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;In&#233;vitable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, cinq nouveaux foyers d'infection se sont d&#233;clar&#233;s parmi la volaille en Tha&#239;lande, portant un coup terrible &#224; la grande campagne nationale en cours, hautement m&#233;diatis&#233;e, pour &#233;radiquer la maladie. Simultan&#233;ment, les officiels vietnamiens renouvelaient leur appel &#224; une aide internationale accrue, le H5N1 ayant fait de nouvelles victimes dans ce pays, qui demeure l'un des principaux foyers d'inqui&#233;tude pour l'Organisation mondiale de la sant&#233; (OMS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui compte en r&#233;alit&#233;, c'est que la grippe aviaire est d&#233;sormais end&#233;mique, probablement impossible &#224; &#233;radiquer parmi la volaille du Sud-Est asiatique, et qu'elle semble actuellement se r&#233;pandre &#224; la vitesse d'une pand&#233;mie parmi les oiseaux migrateurs, avec le potentiel de toucher la terre enti&#232;re durant l'ann&#233;e &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque nouvelle conqu&#234;te du H5N1 - que ce soit parmi les canards de Sib&#233;rie, les cochons d'Indon&#233;sie ou les &#234;tre humains au Vi&#234;t-nam - offre une nouvelle opportunit&#233; &#224; ce virus, qui &#233;volue rapidement, pour d&#233;velopper la mutation g&#233;n&#233;tique - ou simplement la prot&#233;ine dont il a besoin - pour devenir un tueur de masse parmi les humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette multiplication exponentielle de points chauds et de r&#233;servoirs silencieux (comme parmi les canards infect&#233;s qui ne pr&#233;sentent aucun sympt&#244;me) explique pourquoi le chorus d'avertissements venant des scientifiques, des responsables de la sant&#233; publique et, finalement, des gouvernements, est devenu si bruyamment insistant au cours de ces derniers mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du mois d'ao&#251;t, le nouveau secr&#233;taire am&#233;ricain &#224; la Sant&#233;, Mike Leavitt, a confi&#233; &#224; Associated Press qu'une pand&#233;mie de grippe &#233;tait aujourd'hui une &#171; certitude absolue &#187;, faisant &#233;cho &#224; des avertissements r&#233;p&#233;t&#233;s de l'OMS sur son caract&#232;re &#171; in&#233;vitable &#187;. De la m&#234;me mani&#232;re, la revue Science a not&#233; que les experts &#233;valuaient la probabilit&#233; d'une irruption globale &#224; &#171; 100 % &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me esprit macabre, la presse britannique a r&#233;v&#233;l&#233; que les agents gouvernementaux prospectaient le pays pour trouver les sites appropri&#233;s &#224; des cimeti&#232;res de masse, se basant sur des sc&#233;narios officiels, selon lesquels la grippe aviaire pourrait tuer jusqu'&#224; 700 000 Britan-niques. Le gouvernement Blair conduit d&#233;j&#224; des simulations d'urgence sur l'irruption d'une pand&#233;mie (&#171; Operation Arctic Sea &#187;) et aurait charg&#233; Cobra - un groupe de travail &#233;tabli dans un QG secret &#224; Whitehall pour coordonner les r&#233;ponses gouvernementales aux situations d'urgence nationale, comme les r&#233;cents attentats de Londres - de s'occuper d'une &#233;ventuelle crise de grippe aviaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le monde n'est pas pr&#234;t&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Washington ne fait pas montre de la m&#234;me r&#233;solution churchillienne. Bien qu'un sentiment d'extr&#234;me urgence soit &#233;vident au National Institute of Health, o&#249; le tsar de la planification de la lutte contre les pand&#233;mies, le Dr Anthony Fauci, d&#233;nonce &#171; la m&#232;re de toutes les infections &#233;mergentes &#187;, la Maison Blanche semble encore moins pr&#233;occup&#233;e par la migration des &#233;pid&#233;mies que par les carnages gratuits en Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que le pr&#233;sident, George W. Bush, faisait ses bagages pour de longues vacances au Texas, une grande ONG, le Trust for America's Health, avertissait que l'&#233;tat de pr&#233;paration du pays face &#224; une pand&#233;mie accusait un important retard par rapport aux mesures &#233;nergiques prises en Angleterre et au Canada, et que l'administration avait &#233;chou&#233; &#171; &#224; &#233;tablir une strat&#233;gie am&#233;ricaine coh&#233;rente, rapide et transparente contre le risque de pand&#233;mie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le s&#233;nateur r&#233;publicain du Tennessee, Bill Frist, un intervenant de plus en plus ind&#233;pendant, avait d&#233;j&#224; critiqu&#233; l'administration, au d&#233;but du mois de juin, &#224; l'occasion d'une conf&#233;rence donn&#233;e &#224; Harvard, aussi extraordinaire que peu m&#233;diatis&#233;e. Faisant r&#233;f&#233;rence &#224; l'&#233;chec de Washington dans le stockage de r&#233;serves ad&#233;quates de l'agent antiviral crucial qu'est l'Oseltamivir (ou Tamiflu), Frist relevait sarcastiquement que, &#171; pour acqu&#233;rir plus de cet antiviral, il nous faudrait faire la queue derri&#232;re l'Angleterre, la France, le Canada et d'autres, qui ont d&#233;j&#224; pass&#233; commande pour des dizaines de millions de doses &#187; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La page &#233;ditoriale du New York Times (17 juillet), de m&#234;me que divers articles dans un num&#233;ro sp&#233;cial de Nature (26 mai) et de Foreign Affairs (juillet-ao&#251;t), ont aussi mis en &#233;vidence l'incapacit&#233; de Washington &#224; stocker assez de ces rares antiviraux (les r&#233;serves disponibles couvrent moins de 1 % de la population) et &#224; moderniser la production de vaccins. M&#234;me quelques s&#233;nateurs d&#233;mocrates de premier plan se sont mis en mouvement, aucun d'eux n'ayant cependant &#233;t&#233; aussi courageux que Frist &#224; Harvard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;partement de la Sant&#233; am&#233;ricain a cherch&#233; &#224; calmer ces critiques par des hausses de d&#233;penses dans la recherche de vaccins et le stockage d'antiviraux. On a aussi fait beaucoup de battage officiel autour de tests couronn&#233;s de succ&#232;s, au d&#233;but du mois d'ao&#251;t, sur un vaccin exp&#233;rimental contre la grippe aviaire. Mais il n'y a aucune garantie pour que ce prototype de vaccin, bas&#233; sur une souche de H5N1 produite par manipulation g&#233;n&#233;tique, soit efficace contre la souche pand&#233;mique contenant des g&#232;nes et des prot&#233;ines diff&#233;rents. De surcro&#238;t, cet essai r&#233;ussi reposait sur l'administration de deux doses successives plus un rappel. &#201;tant donn&#233; que le gouvernement am&#233;ricain n'a command&#233; que deux millions de doses de ce vaccin au g&#233;ant pharmaceutique Sanofi-Pasteur, elles ne pourraient donc pr&#233;munir que 450 000 personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Loi des brevets&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'orienter vers une production sur une plus large &#233;chelle prendrait de nombreux mois ; un tel tournant serait entrav&#233; par une technologie obsol&#232;te dans la production de vaccins, qui repose sur une fourniture aussi limit&#233;e que vuln&#233;rable d'&#339;ufs de poulets fertiles. Cela impliquerait aussi de renoncer &#224; la production annuelle de vaccin trivalent contre la grippe. De m&#234;me, les nouvelles commandes de Washington en antiviraux, comme le pr&#233;disait le s&#233;nateur Frist, devront attendre que les autres clients de la seule fabrique de Tamiflu, en Suisse, soient servis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bref, c'est une bonne nouvelle que les tests de vaccin aient &#233;t&#233; positifs, mais cela ne change rien au jugement du New York Times (17 juillet), comme quoi &#171; il n'y a pas assez de vaccins ou d'antiviraux disponibles pour prot&#233;ger plus qu'une poign&#233;e de gens, et aucune capacit&#233; industrielle de produire beaucoup plus de ces m&#233;dicaments rapidement &#187;. De surcro&#238;t, la plus grande partie du monde, en particulier les pays pauvres de l'Asie du Sud et de l'Afrique, n'auront acc&#232;s ni &#224; ces co&#251;teux antiviraux ni &#224; ces rares vaccins. Il est m&#234;me douteux que l'OMS dispose du minimum de moyens pharmaceutiques pour r&#233;pondre &#224; un premier foyer d'infection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De r&#233;centes &#233;tudes th&#233;oriques d'&#233;pid&#233;miologie math&#233;matique, &#224; Atlanta comme &#224; Londres, ont nourri l'espoir qu'une pand&#233;mie pourrait &#234;tre stopp&#233;e si un &#224; trois millions de traitements d'Oseltamivir (Tamiflu) &#233;taient disponibles pour circonscrire la contagion dans un rayon pr&#233;ventif appropri&#233; autour des premiers cas. Apr&#232;s des ann&#233;es d'effort, cependant, l'OMS a seulement r&#233;ussi &#224; disposer d'un stock de 123 000 doses de Tamiflu. Bien que Roche ait promis de lui en donner plus [trois millions, ndlr], la ru&#233;e des pays riches sur le Tamiflu entre en concurrence avec les efforts de l'OMS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; un &#171; vaccin mondial &#187;, universellement disponible, cela demeure une chim&#232;re sans espoir, pour autant que des milliards de dollars suppl&#233;mentaires ne soient pas engag&#233;s par les pays riches, avant tout par les &#201;tats-Unis, et m&#234;me dans ce cas, il serait d&#233;j&#224; sans doute trop tard. Comme s'en plaignait r&#233;cemment le Dr Michael Osterholm, le directeur du Center for Infectious Desease Research and Policy de l'Universit&#233; du Minnesota, &#171; les gens n'auront pas ce qu'il faut. Si on lan&#231;ait ce soir une r&#233;ponse du type projet Manhattan pour augmenter la production de vaccins et de m&#233;dicaments, nous ne pourrions avoir un impact mesurable sur la mise &#224; disposition de ces produits critiques pour faire face efficacement &#224; une pand&#233;mie mondiale avant plusieurs ann&#233;es &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quelques ann&#233;es &#187;, voil&#224; un luxe que Washington a d&#233;j&#224; dilapid&#233;. La meilleure estimation, tandis que les oies ont pris leur envol vers l'Ouest et le Sud, c'est que nous n'avons presque plus de temps. Comme le directeur de l'OMS pour le Pacifique occidental, Shigeru Omi, le disait &#224; un meeting de l'ONU, &#224; Kuala Lumpur, d&#233;but juillet : &#171; Nous avons atteint le point de non-retour. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Dossier paru dans Solidarit&#233;s du 6 septembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;go&#239;sme du gouvernement fran&#231;ais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec treize millions de traitements par Tamiflu et 200 millions de masques command&#233;s, le gouvernement fran&#231;ais semble avoir r&#233;agi beaucoup plus vite que son homologue am&#233;ricain, dont les commandes ne permettent de prot&#233;ger que 2 &#224; 4 % de la population contre 21 % en France. Insuffisant, car il faut ajouter aux traitements curatifs les comprim&#233;s pr&#233;ventifs que devront prendre en continu personnels de sant&#233;, et de s&#233;curit&#233; expos&#233;s aux malades. Les professeurs de m&#233;decine qui ont &#233;crit Pand&#233;mie, la grande menace estiment les besoins au triple de ce qui est command&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'enjeu de la pand&#233;mie annonc&#233;e, qui peut ravager la plan&#232;te, d&#233;passe le nombre de comprim&#233;s stock&#233;s en France. Le premier enjeu est celui d'une solidarit&#233; internationale pour concentrer en quelques jours tamiflu, masques, aides financi&#232;res... face &#224; une &#233;pid&#233;mie &#233;mergente, pour essayer de la stopper avant son explosion mondiale, ou au moins la ralentir. Du temps de gagn&#233; pour le vaccin, la pr&#233;vention...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me enjeu, si l'&#233;pid&#233;mie s'&#233;tend, c'est de mobiliser toutes les ressources humaines contre l'&#233;pid&#233;mie. La loi du profit, et donc la concurrence g&#233;n&#233;ralis&#233;e en cas de crise sanitaire majeure, est bien incapable de le faire. L'industrie mondiale du vaccin, par exemple a une capacit&#233; de production de 300 millions de doses par an. C'est son seuil de rentabilit&#233;. Seuls 2,5 % de la population mondiale pourraient &#234;tre vaccin&#233;s ! Il faut que le mouvement ouvrier et altermondialiste se saisisse de l'exigence d'un plan mondial de fabrication de ces biens communs universels que seront bient&#244;t le Tamiflu et un futur vaccin contre la grippe mut&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tir&#233; de Rouge, journal de la LCR.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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