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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>L'Am&#233;rique latine progressiste passe un test d&#233;cisif en Bolivie</title>
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		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident bolivien Evo Morales a tenu sa principale promesse &#233;lectorale : la nationalisation des hydrocarbures. Une &#232;re aussi cruciale que d&#233;licate s'ouvre pour le pays andin. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Avec cette mesure, nous jouons notre survie. &#187; Le vice-pr&#233;sident bolivien Alvaro Garc&#237;a Linera n'est pas du genre &#224; se jouer des mots. En d&#233;cr&#233;tant lundi la nationalisation des hydrocarbures puis&#233;s dans le sous-sol bolivien, le gouvernement d'Evo Morales a ouvert une p&#233;riode d'incertitude pour l'avenir de son (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le pr&#233;sident bolivien Evo Morales a tenu sa principale promesse &#233;lectorale : la nationalisation des hydrocarbures. Une &#232;re aussi cruciale que d&#233;licate s'ouvre pour le pays andin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Avec cette mesure, nous jouons notre survie. &#187; Le vice-pr&#233;sident bolivien Alvaro Garc&#237;a Linera n'est pas du genre &#224; se jouer des mots. En d&#233;cr&#233;tant lundi la nationalisation des hydrocarbures puis&#233;s dans le sous-sol bolivien, le gouvernement d'Evo Morales a ouvert une p&#233;riode d'incertitude pour l'avenir de son projet politique. Radical, d&#233;j&#224; qualifi&#233; en sous-main de &#171; confiscatoire &#187; par les soci&#233;t&#233;s affect&#233;es, le d&#233;cret bouleverse bien des droits acquis. A La Paz, on scrute attentivement les r&#233;actions des soci&#233;t&#233;s transnationales (STN) et de leurs parrains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prononc&#233;e symboliquement un 1er Mai, cent jours apr&#232;s la prise de pouvoir de M.Morales, la d&#233;cision a pris tout le monde par surprise. Si les milieux p&#233;troliers se doutaient que quelque chose se tramait au Palais pr&#233;sidentiel, la plupart des analystes s'attendaient &#224; une nationalisation &#171; light &#187; des hydrocarbures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prise de contr&#244;le &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or le plan divulgu&#233; par Evo Morales est -au contraire- une version dure des principes adopt&#233;s lors des r&#233;f&#233;rendums de 2004 puis aux Chambres en mai 2005. Concr&#232;tement, l'Etat reprend la majorit&#233; des participations au sein des trois soci&#233;t&#233;s mixtes -Andina, Chaco et Transredes- issues des privatisations des ann&#233;es 1990 et majoritairement d&#233;tenues jusqu'&#224; pr&#233;sent par les STN espagnole Repsol, britannique BP et anglo-hollandaise Shell. La prise de pouvoir &#224; 51% se fera par l'expropriation des participations boliviennes priv&#233;es et par l'achat d'actions des STN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elles entendent demeurer actives en Bolivie, ces soci&#233;t&#233;s ont 180 jours pour n&#233;gocier des contrats de prestation qui remplaceront les concessions abrog&#233;es. M&#234;me mesure pour la soci&#233;t&#233; br&#233;silienne Petrobras, forc&#233;e de c&#233;der la direction de ses importants gisements gaziers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'op&#233;ration avait &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e de longue date dans le plus grand secret. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, l'ensemble des hydrocarbures puis&#233;s dans le sous-sol bolivien devront &#234;tre vendus &#224; la soci&#233;t&#233; publique YPFB, charge &#224; elle de les commercialiser. Les syst&#232;mes de transport, de stockage et de distribution, ainsi que les deux raffineries du pays, dont la principale appartient &#224; Petrobras, reviennent aussi dans le giron d'YPFB contre une compensation financi&#232;re &#224; &#233;valuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, imp&#244;ts et royalties vers&#233;s &#224; l'Etat se montent d&#233;sormais &#224; plus de 50% des b&#233;n&#233;fices. Jusqu'&#224; la signature des nouveaux contrats, les deux principaux gisements gaziers seront m&#234;me tax&#233;s &#224; 82% ! Le gouvernement s'attend ainsi &#224; engranger une manne suppl&#233;mentaire annuelle de 360 millions de dollars. De quoi muscler les maigres moyens &#224; disposition d'Evo Morales pour ses projets de d&#233;veloppement social et &#233;conomique alternatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Par la force s'il le faut &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;viter tout risque de sabotage de la production durant le d&#233;lai de 180 jours, M.Morales a envoy&#233; une myriade de techniciens d'YPFB escort&#233;s par l'arm&#233;e pour prendre le contr&#244;le direct des 56 gisements du pays. De quoi assommer encore un peu plus les cadres des multinationales peu habitu&#233;s &#224; un tel traitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'op&#233;ration avait, semble-t-il, &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e de longue date dans le plus grand secret, M.Morales devant s'assurer du plein soutien des militaires et peaufiner son texte pour &#233;viter autant que possible des plaintes en dommage et int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amateur de symboles forts, Evo Morales a encore attendu de rentrer de La Havane, o&#249; il vient de signer un accord de libre-&#233;change avec Cuba et le Venezuela de son proche alli&#233; Hugo Ch&#225;vez, pour donner le v&#233;ritable coup d'envoi de sa r&#233;volution &#233;conomique. &#171; La Bolivie a &#233;t&#233; le premier pays du continent &#224; nationaliser ses hydrocarbures (en 1937, ndlr). Celle d'aujourd'hui est la troisi&#232;me et d&#233;finitive nationalisation de nos ressources &#187;, a d&#233;clar&#233; le pr&#233;sident, soulignant qu'il n'h&#233;siterait pas &#224; employer &#171; la force &#187; contre ceux qui ne &#171; respecteraient pas la d&#233;cision du peuple bolivien &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Test pour l'Am&#233;rique latine &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, les multinationales ont prudemment r&#233;serv&#233; leurs r&#233;actions. Sous couvert d'anonymat, des menaces de proc&#232;s sont bien &#233;voqu&#233;es mais nombre d'analystes pensent que les STN &#233;viteront un affrontement direct pouvant les conduire &#224; quitter le pays. Vu la taille des r&#233;serves boliviennes, de juteuses affaires restent possibles, notent les experts. La crainte de perdre l'entier de leurs investissements pourrait plaider pour la recherche d'un compromis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un geste inamical qui peut &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme une rupture &#187; par le Br&#233;sil&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Principaux investisseurs dans le pays, Petrobras et Repsol ont laiss&#233; leurs gouvernements prendre les devants et exprimer leur &#171; profonde inqui&#233;tude &#187;, selon les mots du premier ministre espagnol Jos&#233; Luis Rodriguez Zapatero. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; C'est un geste inamical qui peut &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme une rupture des discussions men&#233;es jusque-l&#224; avec le gouvernement bolivien &#187;, a critiqu&#233; de son c&#244;t&#233; Silas Rondeau, ministre br&#233;silien de l'Energie. Plus strat&#233;gique, le leader du Parti des travailleurs au S&#233;nat, Aloizo Mercadante, a pr&#233;f&#233;r&#233; insister sur les relations d'amiti&#233; entre Lula et Morales, pour trouver un compromis respectant les int&#233;r&#234;ts br&#233;siliens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me discours au sein du gouvernement argentin, qui doit ren&#233;gocier ce mois les tarifs pr&#233;f&#233;rentiels dont il b&#233;n&#233;ficie sur le gaz bolivien...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une Am&#233;rique du Sud en pleine recomposition g&#233;opolitique autour de l'axe progressiste Venezuela-Br&#233;sil-Argentine, la d&#233;cision du turbulent alli&#233; d'Hugo Ch&#225;vez constituera un test significatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#233;galement &#224; voir jusqu'&#224; quel point les Etats occidentaux -europ&#233;ens et nord-am&#233;ricains- respecteront la d&#233;cision du gouvernement bolivien...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elections et votations en vue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre grande incertitude concerne la r&#233;action des classes moyenne et bourgeoise de Bolivie. En cas de fronde massive de leur part, l'&#233;lection en juillet &#224; l'Assembl&#233;e constituante pourrait priver M.Morales d'une claire majorit&#233; n&#233;cessaire &#224; son projet de r&#233;forme de l'Etat. Et le risque de voir se r&#233;veiller la fi&#232;vre s&#233;cessionniste des provinces riches en hydrocarbures est bien r&#233;el, d'autant qu'une s&#233;rie de consultations populaires sont &#233;galement agend&#233;es sur ce th&#232;me. Enfin, une tentative de d&#233;stabilisation par la gr&#232;ve de cadres ou des sabotages -sur le mod&#232;le du Venezuela en 2002-2003- reste possible. Dans ce contexte, M.Morales pourra-t-il continuer &#224; s'appuyer sur une arm&#233;e tr&#232;s fra&#238;chement convertie &#224; la neutralit&#233; de classe ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; toutes ces incertitudes, il para&#238;t pourtant clair que M.Morales n'avait d'autre choix que de s'attaquer de front aux touts puissants capitaux transnationaux. Avec 70% de pauvres et une &#233;conomie totalement d&#233;pendante, le gouvernement bolivien n'a pas d'autre carte &#224; jouer que celle de son sous-sol s'il entend appliquer son programme. La refondation d'une Bolivie souveraine et ma&#238;tre de son d&#233;veloppement socio&#233;conomique est &#224; ce prix. &lt;br class='autobr' /&gt;
Benito Perez&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; du site &lt;a href=&#034;http://www.legrandsoir.info&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.legrandsoir.info&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
4 mai 2006&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Courrier, mercredi, 3 mai 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La seconde naissance de la Bolivie</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-seconde-naissance-de-la-Bolivie</link>
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		<dc:date>2006-01-29T21:57:20Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;il manifesto, samedi 27 janvier 2006. &lt;br class='autobr' /&gt; Le 22 janvier 2002, Evo f&#251;t chass&#233; du Paradis, c'est-&#224;-dire : le d&#233;put&#233; Morales f&#251;t chass&#233; du Parlement. Le 22 janvier 2006, en ce m&#234;me lieu aux allures fastueuses, Evo Morales a &#233;t&#233; sacr&#233; pr&#233;sident de la Bolivie, c'est-&#224;-dire : la Bolivie commence &#224; savoir qu'elle est un pays &#224; majorit&#233; indig&#232;ne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au moment de l'expulsion, un d&#233;put&#233; indig&#232;ne &#233;tait plus rare qu'une mouche blanche. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quatre ans apr&#232;s, nombre de l&#233;gislateurs m&#226;chent de la coca, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;il manifesto, samedi 27 janvier 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 22 janvier 2002, Evo f&#251;t chass&#233; du Paradis, c'est-&#224;-dire : le d&#233;put&#233; Morales f&#251;t chass&#233; du Parlement. Le 22 janvier 2006, en ce m&#234;me lieu aux allures fastueuses, Evo Morales a &#233;t&#233; sacr&#233; pr&#233;sident de la Bolivie, c'est-&#224;-dire : la Bolivie commence &#224; savoir qu'elle est un pays &#224; majorit&#233; indig&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de l'expulsion, un d&#233;put&#233; indig&#232;ne &#233;tait plus rare qu'une mouche blanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre ans apr&#232;s, nombre de l&#233;gislateurs m&#226;chent de la coca, habitude mill&#233;naire qui &#233;tait interdite dans l'enceinte parlementaire sacr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*** &lt;br class='autobr' /&gt;
Bien avant l'expulsion de Evo, les siens, les indig&#232;nes, avaient &#233;t&#233; expuls&#233;s de la nation officielle. Ils n'&#233;taient pas des fils de la Bolivie : ils n'&#233;taient que sa main d'&#339;uvre. Jusqu'&#224; il y a un peu plus de cinquante ans, les indig&#232;nes ne pouvaient pas voter et pas m&#234;me marcher sur les boulevards dans les villes. Evo, dans son premier discours pr&#233;sidentiel a dit, En connaissance de cause, que les indig&#232;nes ne furent pas invit&#233;s en 1825 &#224; la fondation de la Bolivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette histoire est aussi celle de toute l'Am&#233;rique, Etats-Unis compris. Nos nations naquirent sur la tromperie. L'ind&#233;pendance des pays am&#233;ricains fut depuis le d&#233;part usurp&#233;e par une minorit&#233; tr&#232;s minoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les premi&#232;res Constitutions, sans exception, laiss&#232;rent &#224; la porte les femmes, les indig&#232;nes, les noirs et les pauvres en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lection de Evo Morales est, en ce sens au moins, &#233;quivalente &#224; l'&#233;lection de Mich&#232;le Bachelet. Evo et Eva. Pour la premi&#232;re fois un indig&#232;ne pr&#233;sident de la Bolivie, pour la premi&#232;re fois une femme pr&#233;sidente du Chili. Et on pourrait dire la m&#234;me chose du Br&#233;sil, o&#249; pour la premi&#232;re fois un noir est ministre de la Culture. N'a-t-elle pas des racines africaines la culture qui a sauv&#233; le Br&#233;sil de la tristesse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ces terres, malades de racisme et de machisme, ne manqueront pas ceux qui pensent que tout &#231;a est scandaleux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le scandale est que ce ne soit pas arriv&#233; avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tombent les masques, les visages se d&#233;couvrent et la temp&#234;te se d&#233;cha&#238;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul langage digne de foi est celui qui na&#238;t de la n&#233;cessit&#233; de dire. Le plus grand d&#233;faut de Evo consiste dans le fait que les gens le croient, parce qu'il transmet de l'authenticit&#233; jusque quand, parlant l'espagnol qui n'est pas sa langue maternelle, il fait quelques petites fautes. Et que les docteurs habiles &#224; se faire l'&#233;cho des voix &#233;trang&#232;res l'accusent d'ignorance. Les marchands de promesses l'accusent de d&#233;magogie. Ils l'accusent d'&#234;tre un caudillo, ceux qui ont impos&#233; &#224; l'Am&#233;rique un Dieu unique, un roi unique et une v&#233;rit&#233; unique. Et ils tremblent de peur, les assassins des indig&#232;nes, ceux qui craignent que leurs victimes soient comme eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*** &lt;br class='autobr' /&gt;
La Bolivie semblait n'&#234;tre rien de plus que le pseudonyme de ceux qui commandaient en Bolivie, et qui la consumaient pendant qu'ils chantaient son hymne, et l'humiliation des indig&#232;nes, faite habitude, semblait un destin. Mais ces derniers temps, mois, ann&#233;es, ce pays a v&#233;cu dans un perp&#233;tuel &#233;tat d'insurrection populaire. Ce processus de rebellions continues, qui a laiss&#233; une tra&#238;n&#233;e de morts, a culmin&#233; avec la guerre du gaz, mais il venait de loin. Il est venu de loin et il a continu&#233; apr&#232;s, jusqu'&#224; l'&#233;lection de Evo contre tout obstacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le gaz bolivien se r&#233;p&#233;tait une histoire antique de tr&#233;sors vol&#233;s pendant quatre si&#232;cles, depuis la moiti&#233; du 16&#232;me : l'argent de Potosi laissa une montagne vide, le salp&#234;tre de la c&#244;te Pacifique laissa une carte g&#233;ographique sans mer, l'&#233;tain de Oruro laissa une multitude de veuves. C'est &#231;a et seulement &#231;a qu'ils laiss&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;voltes populaires de ces derni&#232;res ann&#233;es ont &#233;t&#233; cribl&#233;es de balles, mais ont &#233;vit&#233; que le gaz ne s'&#233;vapore dans des mains &#233;trang&#232;res, elles ont d&#233; privatis&#233; l'eau &#224; Cochabamba et &#224; La Paz, elles ont renvers&#233; des gouvernements du dehors, et ont dit non aux imp&#244;ts sur le salaire et &#224; d'autres ordres doctes du Fonds Mon&#233;taire International. Du point de vue des moyens de communication civilis&#233;s, ces explosions de dignit&#233; populaire ont &#233;t&#233; des actes de barbarie. Je l'ai vu, lu, &#233;cout&#233; mille fois : la Bolivie est un pays incompr&#233;hensible, ingouvernable, intraitable, ing&#233;rable. Les journalistes qui le disent et le r&#233;p&#232;tent se trompent d'adjectif : ils devraient avouer que pour eux la Bolivie est un pays invisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien d'&#233;tonnant. Cette c&#233;cit&#233; n'est pas qu'une mauvaise habitude d'&#233;trangers arrogants. La Bolivie est n&#233;e aveugle, incapable de se regarder, parce que le racisme jette de la poudre aux yeux, et c'est un fait acquis qu'il ne manque pas de boliviens pour pr&#233;f&#233;rer se voir avec les yeux de ceux qui les m&#233;prisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas un hasard si le drapeau indig&#232;ne des Andes rend hommage &#224; la diversit&#233; du monde. Selon la tradition c'est un drapeau n&#233; de l'arc-en-ciel f&#233;minin et de l'arc-en-ciel masculin, et cet arc-en-ciel de la terre, qui dans la langue indig&#232;ne s'appelle tissu du sang flamboyant, a plus de couleurs que l'arc-en-ciel du ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eduardo Galeano&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Copyright IPS (trad. en italien de Marcella Trambaioli) &lt;br class='autobr' /&gt;
Source : il manifesto &lt;a href=&#034;http://www.ilmanifesto.it&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.ilmanifesto.it&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Traduit de la version italienne du texte espagnol par Marie-Ange Patrizio. &lt;br class='autobr' /&gt;
(tir&#233; du site Legrandsoir)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Victoire historique du MAS et de Morales</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Victoire-historique-du-MAS-et-de-Morales</link>
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		<dc:date>2005-12-22T21:08:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; L'ampleur de notre victoire nous a surpris nous-m&#234;mes. Je suis &#233;mu, et je remercie tous les mouvements sociaux, ceux qui ont lutt&#233; pour r&#233;cup&#233;rer nos ressources naturelles, ceux qui se sont battus pour nos droits, ceux qui ont lutt&#233; pour changer le cours de l'histoire en Bolivie &#187;. Tels furent les premi&#232;res paroles, dimanche soir, du nouveau pr&#233;sident bolivien, Evo Morales. Celui qui fut au cours de sa vie &#233;leveur de lamas, trompettiste et cultivateur de coca, est devenu en ce 18 d&#233;cembre, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; L'ampleur de notre victoire nous a surpris nous-m&#234;mes. Je suis &#233;mu, et je remercie tous les mouvements sociaux, ceux qui ont lutt&#233; pour r&#233;cup&#233;rer nos ressources naturelles, ceux qui se sont battus pour nos droits, ceux qui ont lutt&#233; pour changer le cours de l'histoire en Bolivie &#187;. Tels furent les premi&#232;res paroles, dimanche soir, du nouveau pr&#233;sident bolivien, Evo Morales. Celui qui fut au cours de sa vie &#233;leveur de lamas, trompettiste et cultivateur de coca, est devenu en ce 18 d&#233;cembre, le premier indig&#232;ne &#224; acc&#233;der au mandat de pr&#233;sident de la R&#233;publique dans toute l'Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le calme qui r&#233;gnait dans les rues de La Paz et de El Alto &#233;tait quelque peu trompeur. Car en ce dimanche 18 d&#233;cembre, c'est bien une soir&#233;e historique que v&#233;curent les Boliviennes et Boliviens. L'inattendu raz-de-mar&#233;e &#233;lectoral en faveur du Mouvement vers le socialisme (MAS) permet &#224; son leader, Evo Morales, d'obtenir un score de 51%. Ce r&#233;sultat sans pr&#233;c&#233;dent met &#233;galement fin &#224; vingt ans de &#171; d&#233;mocratie pact&#233;e &#187; : l'&#233;lection lors d'un second tour indirect au sein du Congr&#232;s, ainsi que l'obligation d'y obtenir la majorit&#233; absolue, avaient syst&#233;matiquement favoris&#233; les alliances gouvernementales entre partis n&#233;o-lib&#233;raux au cours de la courte histoire de la d&#233;mocratie bolivienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec un tel score, le MAS est donc assur&#233; de pouvoir gouverner seul. Pour autant, cela ne signifie pas que gouverner sera chose ais&#233;e. La droite est en d&#233;route, mais elle n'est pas pour autant abattue. Certes, l'&#233;cart entre Morales et ses rivaux pour la pr&#233;sidentielle est abyssal, et la d&#233;faite qu'il repr&#233;sente pour ces derniers pourrait bien &#234;tre synonyme de retrait de la vie politique. Jorge &#171; Tuto &#187; Quiroga, le candidat de l'alliance de droite lib&#233;rale Pouvoir D&#233;mocratique et Social (PODEMOS), recueille 31% des voix, un r&#233;sultat qui n'est que le reflet de la polarisation &#224; laquelle celui-ci s'est livr&#233; tout au long de la campagne. Le candidat de centre-droit Samuel Doria Medina, de Unit&#233; Nationale (UN), potentiel vainqueur au mois d'ao&#251;t, n'obtient en effet que 8% des voix. Pour Quiroga comme pour Doria Medina, la d&#233;faite de la droite est de fait avant tout la leur, et leur cr&#233;dibilit&#233; est s&#233;rieusement entam&#233;e. Seule bonne nouvelle dans le camp des &#171; n&#233;o-lib&#233;raux &#187;, la surprenante &#171; survie &#187; du Mouvement Nationaliste R&#233;volutionnaire(MNR), pourtant point&#233; du doigt comme le principal responsable des massacres qui eurent lieu lors de la premi&#232;re &#171; guerre du gaz &#187;d'octobre 2003. Avec un candidat quasi-inconnu en politique, le fils d'immigr&#233;s japonais Michiaki Nagatani, le MNR recueille 7% des voix gr&#226;ce notamment &#224; une mobilisation significative de ses bastions historiques, tel le d&#233;partement du Beni.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, ces r&#233;sultats n'ont que les apparences d'une d&#233;faite totale, dans la mesure o&#249; la droite pourrait conserver la possibilit&#233; de &#171; bloquer &#187; les initiatives du futur gouvernement masista. Le MAS ne dispose en effet que d'une majorit&#233; relative au sein de la Chambre des d&#233;put&#233;s. Au S&#233;nat, la distorsion introduite par la repr&#233;sentation territoriale permet m&#234;me &#224; PODEMOS de tenir t&#234;te au parti de Morales, avec 13 s&#233;nateurs chacun, le MNR, avec un s&#233;nateur, donnant la majorit&#233; au camp n&#233;o-lib&#233;ral et conservateur. Enfin, les &#233;lections pr&#233;fectorales, qui avaient &#233;galement lieu ce dimanche, n'attribueraient que 2, voire 3 des 9 pr&#233;fectures d&#233;partementales au MAS (Oruro, Potosi et Chuquisaca), les autres tombant aux mains de la droite. Ceci signifie que la marge de man&#339;uvre du futur gouvernement pourrait &#234;tre tr&#232;s limit&#233; au niveau r&#233;gional, comme en t&#233;moigne la victoire &#224; Santa Cruz d'un radical partisan de l'autonomie r&#233;gionale, Ruben Costas.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Maintenant, Evo doit respecter ses engagements &#187;. Ainsi s'exprimait un militant du MAS &#224; El Alto, dimanche soir. Les pressions provenant des &#171; bases &#187; m&#234;mes de ce parti sont nombreuses, et les parlementaires nouvellement &#233;lus, telle Maria Esther Uduaeta, soulignaient l'importance qu'aura &#171; le maintien d'un dialogue permanent avec l'ensemble des mouvements sociaux &#187;, qu'ils soient membres du MAS ou non. L'attente est forte notamment en ce qui concerne la nationalisation des hydrocarbures et la mise en place de l'Assembl&#233;e constituante au mois d'ao&#251;t 2006, et il est fort &#224; parier que les premiers jours du gouvernement seront marqu&#233;s par l'adoption de mesures symboliques. Ainsi, pour Julio Colque, ancien syndicaliste mineur, &#171; le but est d'en finir avec le mod&#232;le n&#233;o-lib&#233;ral et la mondialisation &#233;conomique. Pour ce faire, il faut en finir avec le d&#233;cret 21060 [d&#233;cret instaur&#233; en 1985, qui introduit la possibilit&#233; de privatiser les entreprises d'Etat] qui n'en est que le cheval de Troie &#187;. Pour Evo Morales lui-m&#234;me, qui s'exprimait depuis Cochabamba ce dimanche, la lutte n'est pas qu'&#233;conomique. L'&#233;lection d'un indig&#232;ne &#224; la t&#234;te de la R&#233;publique n'aura d'utilit&#233; que si elle permettra &#171; d'en finir avec l'Etat colonial dans lequel nous vivons, et que ce nouvel Etat soit un point d'appui dans la lutte contre tous les racismes &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;lection d'Evo Morales repr&#233;sente non seulement un tournant important pour la Bolivie, mais aussi pour l'ensemble du continent latino-am&#233;ricain. Selon Morales, &#171; nous sommes dans le troisi&#232;me mill&#233;naire, le mill&#233;naire des peuples, et non plus de l'Empire. Notre victoire est aussi celle des peuples en lutte &#187;. Pour le pr&#233;sident v&#233;n&#233;zu&#233;lien Hugo Chavez, &#171; les Boliviens ont &#233;crit une nouvelle page de leur histoire (...) permettant d'envisager la fin de la pauvret&#233; et l'entr&#233;e dans la voie du d&#233;veloppement &#187;. Nul doute que l'arriv&#233;e de Morales &#224; la t&#234;te de l'Etat bolivien constitue un potentiel renfort de poids pour son projet d'Alternative Bolivarienne des Am&#233;riques (ALBA), qui ne regroupe formellement pour l'instant que le Venezuela et Cuba. En revanche, de nombreuses interrogations p&#232;sent sur l'attitude qu'adopteront les Etats-Unis &#224; l'&#233;gard du futur gouvernement du MAS. Pour l'heure, si l'ambassade &#233;tats-unienne a conserv&#233; jusqu'ici une posture mesur&#233;e, les d&#233;clarations de l'ex-fonctionnaire du D&#233;partement d'Etat, Otto Reich, r&#233;v&#232;lent l'hostilit&#233; que conserve l'administration Bush &#224; l'encontre du leader cocalero, que les Etats-Unis n'ont souvent vu que comme un &#171; narco-terroriste &#187; en raison de sa volont&#233; de d&#233;p&#233;naliser la coca. Dimanche soir, celui-ci affirmait en effet qu'il esp&#233;rait que &#171; [ce que Morales] a dit durant la campagne, il ne le mettra pas en pratique, car cela serait tr&#232;s mauvais pour la Bolivie. (...) La Bolivie ne peut pas vivre sans le reste du monde. (...) Les Etats-Unis conditionnent leur aide. Or, nous sommes les premiers &#224; aider la Bolivie, et si le gouvernement de ce pays est hostile aux libert&#233;s individuelles, aux droits humains et aux droits civiques, les Etats-Unis ne pourront pas continuer dans cette voie &#187;. A l'&#233;vidence, les premiers jours de ce futur gouvernement, issu des mouvements populaires et indig&#232;nes de Bolivie, risquent d'&#234;tre mouvement&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Article publi&#233; dans ROUGE du 22 d&#233;cembre 2005&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Derni&#232;re ligne droite pour des &#233;lections historiques </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Derniere-ligne-droite-pour-des-elections-historiques</link>
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		<dc:date>2005-12-19T01:45:12Z</dc:date>
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		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>

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&lt;p&gt;15 d&#233;cembre 2005 &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;lections g&#233;n&#233;rales du 18 d&#233;cembre 2005 [1], en Bolivie, resteront pour toujours inscrites dans l'histoire du pays et du continent dans son ensemble, non seulement parce qu'on y &#233;lira le prochain pr&#233;sident de la R&#233;publique, les parlementaires ou encore les pr&#233;fets, mais surtout parce qu'&#224; travers les urnes, c'est le futur de tout un peuple qui va se d&#233;finir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bien que, pour les Boliviens et Boliviennes, les sondages sont de moins en moins cr&#233;dibles, en raison des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;15 d&#233;cembre 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections g&#233;n&#233;rales du 18 d&#233;cembre 2005 [1], en Bolivie, resteront pour toujours inscrites dans l'histoire du pays et du continent dans son ensemble, non seulement parce qu'on y &#233;lira le prochain pr&#233;sident de la R&#233;publique, les parlementaires ou encore les pr&#233;fets, mais surtout parce qu'&#224; travers les urnes, c'est le futur de tout un peuple qui va se d&#233;finir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que, pour les Boliviens et Boliviennes, les sondages sont de moins en moins cr&#233;dibles, en raison des manipulations &#233;hont&#233;es qui s'y r&#233;alisent, tous - y compris celui de l'ambassade &#233;tasunienne - donnent comme vainqueur virtuel le candidat du Mouvement au Socialisme - Instrument Politique pour la Souverainet&#233; des Peuples (MAS-IPSP), Evo Morales Aima.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evo, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; pendant des ann&#233;es victime de la prison, du confinement, de la r&#233;pression et de la diabolisation des mouvements sociaux, et actuellement victime d'une guerre sale &#224; travers le pouvoir m&#233;diatique, est malgr&#233; tout devenu le leader du mouvement paysan, indien, originaire, populaire et de diff&#233;rents secteurs sociaux de Bolivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette conjoncture, le leader bolivien - alli&#233; avec d'importants secteurs professionnels et des chefs d'entreprises, et presque toutes les organisations populaires - donne priorit&#233;, dans sa lutte, son discours et son action quotidienne, &#224; la d&#233;fense de la dignit&#233; et de la souverainet&#233; nationale, &#224; la justice sociale pour les majorit&#233;s historiquement discrimin&#233;es, &#224; la r&#233;cup&#233;ration des ressources naturelles et &#224; des transformations structurelles pour la nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des milliers de Evo&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evo descend d'une famille aymara, nation indienne qui poss&#232;de trois piliers fondamentaux pour la formation de toute personne, trois paroles de sage : ama sua (ne sois pas voleur), ama quella (ne sois pas l&#226;che), ama llulla (ne sois pas menteur) ; avec le temps est venue s'y ajouter une quatri&#232;me : ama llunku (ne sois pas servile). &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis sa naissance, la vie du dirigeant a &#233;t&#233; tr&#232;s difficile : presque mort-n&#233;, il a grandi comme &#171; ni&#241;o llamero &#187; (gardien de lamas) et travailleur agricole ; pour continuer ses &#233;tudes il a travaill&#233; comme boulanger, ma&#231;on, trompettiste et il fut &#233;galement sportif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Touch&#233; par les catastrophes naturelles, il migra - avec une partie de sa famille et de ses voisins de sa terre natale - vers la zone du Chapare, territoire devenu depuis 25 ans son territoire de lutte [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a commenc&#233; sa carri&#232;re syndicale depuis la base : de par sa passion du sport et son honn&#234;tet&#233;, son premier travail fut justement d'organiser des activit&#233;s sportives. De l&#224;, il connut une ascension vertigineuse et est actuellement secr&#233;taire ex&#233;cutif de la F&#233;d&#233;ration du tropique de Cochabamba, pr&#233;sident des Six F&#233;d&#233;rations du tropique et chef du MAS-IPSP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1985, (...) il impulsa, avec d'autres dirigeants syndicaux, la formation d'un nouvel instrument politique pour les organisations paysannes, indiennes et originaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En seulement 10 ans, le MAS-IPSP, conjointement avec d'autres secteurs populaires, s'est converti en la premi&#232;re force politique du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait d'&#234;tre la premi&#232;re force politique &#233;t&#233; &#224; l'origine d'une r&#233;action peu courante &#224; l'ambassade &#233;tasunienne : un rapport du Conseil national de renseignement des Etats-Unis [National Intelligence Council], intitul&#233; &#171; Mapping the Global Future &#187;, identifie le Venezuela et la Bolivie comme deux pays faisant partie de &#171; l'axe du mal &#187;. L'administration de George W. Bush, sous le pr&#233;texte de &#171; terrorisme international &#187;, a mis dans sa ligne de mire le gouvernement bolivarien de Hugo Ch&#225;vez et le Mouvement au Socialisme (MAS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils n'accusent pas seulement Evo d'&#234;tre un &#171; narco-terroriste &#187;, un &#171; gu&#233;rillero &#187; et un &#171; narco-traficant &#187;. Depuis les sph&#232;res du syst&#232;me et du pouvoir m&#233;diatique s'est d&#233;clench&#233;e une campagne contre sa personne et son int&#233;grit&#233;, mais surtout contre les mouvements sociaux dans leur ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cette campagne &#171; sale &#187;, la seule r&#233;ponse est la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui fut un humble gardien de lamas durant son enfance - comme les milliers d'enfants d'aujourd'hui qui vivent sur l'aride haut-plateau bolivien - s'est converti en un cauchemar pour l'Empire, le n&#233;o-lib&#233;ralisme et les multinationales, et en un espoir pour le peuple et pour les majorit&#233;s nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il faut souligner que sur tout le territoire national, il y a de plus en plus de voix pour montrer qu'en Bolivie, il existe des milliers d'Evo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie de communication&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans avoir recours &#224; des conseillers ou &#224; des experts internationaux qui co&#251;tent des milliers et des milliers de dollars - une insulte pour un pays pauvre comme la Bolivie - le MAS-IPSP a d&#233;velopp&#233; une strat&#233;gie de communication et de campagne horizontale, participative, depuis le bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les partis traditionnels, comme Podemos [Pouvoir d&#233;mocratique et social] de l'ex-adeniste [3] et ancien pr&#233;sident Jorge Quiroga (2001-2002), l'Unit&#233; nationale (UN) de l'homme d'affaires ex-miriste [4] Samuel Dorias Medina ou encore l'Alliance d'unit&#233; de Cochabamba (AUN) de l'ancien membre du Mouvement nationaliste r&#233;volutionnaire (MNR) Manfred Reyes Villa, ont eu recours au pouvoir m&#233;diatique pour tenter de convaincre la population, la campagne du MAS-IPSP s'est fait au porte-&#224;-porte, de quartier en quartier et de village en village.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 12 jours des &#233;lections g&#233;n&#233;rales, il n'est donc pas surprenant que les r&#233;sultats des diff&#233;rents sondages, avec des marges diff&#233;rentes, donnent Evo vainqueur ; cependant, ils mettent &#233;galement en garde que le parlement national et les pr&#233;fectures d&#233;partementales pourraient &#234;tre contr&#244;l&#233;es par les partis traditionnels, ce qui rendrait le pays ingouvernable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A quoi joue le pouvoir m&#233;diatique ? D'un c&#244;t&#233;, il essaie d'intimider une partie de la population &#224; propos des changements structurels qui s'annoncent et l'autre, il tente de favoriser les candidats du syst&#232;me, en particulier ceux de Podemos et l'UN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre sale men&#233;e par les partis traditionnels n'est pas seulement parvenue &#224; impliquer les principaux candidats du MAS, Evo et l'intellectuel &#193;lvaro Garc&#237;a Linera, mais elle a aussi mis en cause la dignit&#233;, le sentiment et l'honorabilit&#233; de tous les Boliviens et Boliviennes qui ont besoin, d'autant plus dans cette conjoncture, de propositions concr&#232;tes et non plus de simples promesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne fait aucun doute que les Boliviens et Boliviennes, qu'ils soient de la campagne ou de la ville, ont radicalement chang&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es. Rappelons qu'en deux ans, ils ont expuls&#233; deux pr&#233;sidents et, au cours des cinq derni&#232;res ann&#233;es, deux multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements sociaux se trouvent aujourd'hui plus forts que jamais, m&#234;me sans un seul interlocuteur politique, r&#244;le endoss&#233; d&#233;sormais par le MAS-IPSP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cela que les tendances m&#233;diatiques qui ob&#233;issent &#224; des int&#233;r&#234;ts patronaux ne veulent pas montrer cette r&#233;alit&#233;. Elles lui pr&#233;f&#232;rent la r&#233;alit&#233; fictive de la Bolivie avan&#231;ant vers l'ingouvernabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son programme &#233;lectoral, le MAS-IPSP r&#233;sume les revendications populaires : la nationalisation et l'industrialisation des hydrocarbures, pour que tout le gaz et le p&#233;trole qui sortent des puits soient propri&#233;t&#233; bolivienne, et non des multinationales ; l'assembl&#233;e constituante pour refonder le pays avec et pour toutes les nations natives et tous les secteurs sociaux ; l'autonomie pour les peuples, ce qui signifie la restructuration et la d&#233;centralisation politique de la R&#233;publique pour que les r&#233;gions disposent d'un pouvoir de d&#233;cision politique et administratif ; le plan de d&#233;veloppement productif, un nouveau mod&#232;le &#233;conomique de r&#233;ciprocit&#233; et de compl&#233;mentarit&#233; &#233;conomique ; la loi contre la corruption et l'impunit&#233;, bas&#233;e sur des enqu&#234;tes sur les fortunes, l'&#233;limination des &#171; frais r&#233;serv&#233;s &#187; [5] et la cr&#233;ation d'une nouvelle &#233;chelle salariale pour les fonctionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, le plan est compl&#233;t&#233; par une loi sur la terre productive dont le but est d'en finir avec les latifundios [grandes propri&#233;t&#233;s fonci&#232;res improductives] et de fournir imm&#233;diatement les titres de propri&#233;t&#233; des terres aux peuples indiens, aux paysans et aux petits propri&#233;taires ainsi que la s&#233;curit&#233; juridique pour tous ceux qui travaillent la terre ; un plan efficace de s&#233;curit&#233; urbaine pour mener &#224; bien une politique de s&#233;curit&#233; &#224; partir d'une perspective pr&#233;ventive, avec comme base l'inclusion sociale ; la cr&#233;ation d'un nouveau syst&#232;me de s&#233;curit&#233; sociale pour donner une couverture de sant&#233; &#224; trois niveaux : le premier, consultations de m&#233;decine g&#233;n&#233;rale ; le second, m&#233;decine sp&#233;cialis&#233;e ; et le troisi&#232;me niveau, hospitalisation ; une loi pour transformer l'&#233;ducation et revaloriser la culture, avec l'abrogation de la Loi de r&#233;forme &#233;ducative, la garantie du suivi et de la qualit&#233; de l'&#233;ducation publique et gratuite au sein d'un seul et m&#234;me syst&#232;me d'&#233;ducation nationale, pour parvenir &#224; une &#233;ducation communautaire fond&#233;e sur l'interculturalit&#233; et respectant la plurinationalit&#233; et le plurilinguisme. Ces revendications reprises dans le programme du MAS-IPSP ont &#233;t&#233; formul&#233;es durant les guerres d'octobre 2003 [6] et mai-juin 2005 [7], aucun autre parti ne les a reprises, par peur des changements structurels n&#233;cessaires pour le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Podemos, on se fait avoir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon tous les sondages, la seconde place dans les pr&#233;f&#233;rences &#233;lectorales est occup&#233;e par le candidat pr&#233;f&#233;r&#233; de l'ambassade des &#201;tats-Unis, des multinationales et des politiciens traditionnels : le leader de Podemos, Jorge Quiroga Ram&#237;rez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quiroga Ram&#237;rez, adeniste, successeur du d&#233;funt pr&#233;sident Hugo Banzer Su&#225;rez [8], a, durant sa courte gestion du gouvernement, privatis&#233; les raffineries p&#233;troli&#232;res, &#233;mis un d&#233;cret lib&#233;rant les multinationales de leur obligation &#224; perforer un puits par parcelle, a accord&#233; des propri&#233;t&#233;s mini&#232;res &#224; des entreprises nord-am&#233;ricaines, tout au long de 50 kilom&#232;tres de fronti&#232;res, et a ordonn&#233; le retrait de 19 millions de dollars correspondant aux &#171; frais r&#233;serv&#233;s &#187;, 48 heures avant d'abandonner le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, quand &#233;clata la &#171; guerre du gaz &#187;, il se trouvait &#224; Miami en train de se rem&#233;morer - qui sait - les 33 Boliviens assassin&#233;s durant son court mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'est qu'une petite partie des actions du candidat de Podemos qui, contrairement &#224; ce que propose le MAS-IPSP, s'oppose &#224; la nationalisation des hydrocarbures, souhaite une r&#233;forme de la constitution mais pas d'assembl&#233;e constituante, pense &#224; une autonomie qui b&#233;n&#233;ficierait aux groupes de pouvoir [9] qui en outre pr&#233;tendent consolider les piliers de la politique n&#233;o-lib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a affirm&#233; Evo dans un grand discours &#224; la population de Tupiza (Potos&#237;) venue l'&#233;couter en masse, les &#233;lections de d&#233;cembre ne serviront pas seulement &#224; changer les gouvernants ni un programme politique, mais &#224; changer le cours m&#234;me de l'histoire. &#171; Sont dans la balance : le &#171; pouvoir de la pr&#233;bende &#187;, de la corruption, de la politique traditionnelle, et le pouvoir de la conscience, des majorit&#233;s nationales, du changement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Boliviens et Boliviennes, de milieu rural ou urbain, ont d&#233;sormais la parole, la d&#233;cision et leur sort en main ...&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;NOTES :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] [NDLR] Consultez le dossier &#171; Elections pr&#233;sidentielle et l&#233;gislatives 2005 &#187; sur RISAL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] [NDLR] Comme leader des paysans cultivateurs de coca, les cocaleros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] [NDLR] de l'ADN, Action d&#233;mocratique nationaliste, parti cr&#233;&#233; &#224; la fin des ann&#233;es 70 par le dictateur Hugo Banzer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] [NDLR] Du MIR, Mouvement de gauche r&#233;volutionnaire, parti qui porte mal son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] [NDLR] Argent dont dispose discr&#232;tement le gouvernement et ses minist&#232;res et qui est consid&#233;r&#233; comme une source de corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] [NDLR] Le conflit social et politique connu comme la guerre du gaz qui a men&#233; &#224; la d&#233;mission de Gonzalo Sanchez de Lozada.&lt;br class='autobr' /&gt;
[NDLR] Consultez le dossier &#171; Guerre du gaz &#187; sur RISAL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] [NDLR] La seconde guerre du gaz qui a men&#233; &#224; la d&#233;mission du pr&#233;sident Carlos Mesa.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la d&#233;mission du pr&#233;sident Carlos Mesa en juin 2005, lire Thierry Vermorel, Bolivie : la seconde guerre du gaz, RISAL, ao&#251;t 2005 ; Sylvie Dugas, Apr&#232;s l'Argentine, la Bolivie au coeur de la tourmente n&#233;olib&#233;rale, RISAL, juin 2005 ; Richard Gott, Un soul&#232;vement sismique chez les indiens d'Am&#233;rique latine, RISAL, juin 2005 ; Walter Chavez, Bolivie : mobilisations sociales pour la nationalisation des hydrocarbures et d&#233;mission du pr&#233;sident, RISAL, juin 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] [NDLR] Hugo Banzer a pris le pouvoir en 1971 par un coup d'Etat et y est rest&#233; jusqu'en 1978, instaurant un r&#233;gime dictatorial et r&#233;pressif. Il reprendra d&#233;mocratiquement, apr&#232;s un scrutin &#233;lectoral, la t&#234;te de l'Etat bolivien en 1997. Sa sant&#233; l'obligera &#224; &#233;courter son mandat en 2001.Il d&#233;c&#232;dera en mai 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] [NDLR] Notamment les chefs d'entreprises et les grands propri&#233;taires terriens des r&#233;gions orientales du pays qui se mobilisent pour obtenir plus d'autonomie r&#233;gionale afin qu'ils puissent garder pour eux les profits provenant de l'exploitation et de la vente des hydrocarbures. En effet, les principaux centres d'exploitation du gaz sont concentr&#233;s dans la r&#233;gion de Tarija, &#224; la fronti&#232;re de l'Argentine, tandis que les centres en cours de prospection sont quant &#224; eux concentr&#233;s dans la r&#233;gion de Santa Cruz, situ&#233;e &#224; l'Est de la Bolivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : ALAI, Am&#233;rica Latina en Movimiento (&lt;a href=&#034;http://www.alainet.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.alainet.org&lt;/a&gt;), 6 d&#233;cembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction : Cynthia Benoist, pour RISAL (&lt;a href=&#034;http://www.risal.collectifs.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.risal.collectifs.net&lt;/a&gt;).&lt;br class='autobr' /&gt;
(tir&#233; du site de risal)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Morales aux portes du pouvoir</title>
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		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Trois ans apr&#232;s avoir &#233;chou&#233; de peu dans la conqu&#234;te du fauteuil pr&#233;sidentiel, le leader du Mouvement vers le socialisme (MAS), Evo Morales, figure embl&#233;matique du mouvement paysan et indig&#232;ne bolivien, appara&#238;t comme le grand favori des &#233;lections g&#233;n&#233;rales du 18 d&#233;cembre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; l'&#233;clatement des mouvements sociaux boliviens, l'un des objectifs du Mouvement vers le socialisme (MAS) &#233;tait de garantir une large alliance des forces indig&#232;nes et de la gauche en vue de l'&#233;lections (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Trois ans apr&#232;s avoir &#233;chou&#233; de peu dans la conqu&#234;te du fauteuil pr&#233;sidentiel, le leader du Mouvement vers le socialisme (MAS), Evo Morales, figure embl&#233;matique du mouvement paysan et indig&#232;ne bolivien, appara&#238;t comme le grand favori des &#233;lections g&#233;n&#233;rales du 18 d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'&#233;clatement des mouvements sociaux boliviens, l'un des objectifs du Mouvement vers le socialisme (MAS) &#233;tait de garantir une large alliance des forces indig&#232;nes et de la gauche en vue de l'&#233;lections pr&#233;sidentielle du 18 d&#233;cembre. Ce pari semble partiellement r&#233;ussi aujourd'hui, gr&#226;ce &#224; la pr&#233;sence de puissants syndicats tels que la Conf&#233;d&#233;ration des retrait&#233;s et la F&#233;d&#233;ration des mineurs coop&#233;rativistes, et de partis politiques d'importance, comme le Mouvement sans peur (MSM), qui g&#232;re la ville de La Paz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, les principales organisations sociales boliviennes sont rest&#233;es &#224; l'&#233;cart du processus d'alliances. C'est le cas notamment de la fraction du mouvement paysan dirig&#233; par Felipe Quispe, candidat pour le Mouvement indig&#232;ne pachakuti (MIP), auquel les sondages n'accordaient r&#233;cemment que 1 % des intentions de vote. Les mouvements sociaux de la ville de El Alto, la &#171; ville rebelle &#187; voisine de La Paz, qui fut l'&#233;picentre des deux &#171; guerres du gaz &#187;, en octobre 2003 et en mai-juin 2005, ne seront pas non plus de la partie. Les leaders de la F&#233;d&#233;ration des comit&#233;s de quartiers (Fejuve) et de la Centrale ouvri&#232;re r&#233;gionale (COR) ont, en effet, jug&#233; que le nombre de candidatures que leur r&#233;servait le MAS &#233;tait insuffisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affect&#233;e par le discr&#233;dit des partis n&#233;olib&#233;raux ayant particip&#233; au gouvernement Sanchez de Lozada (2002-2003), qui fut &#224; l'origine de la sanglante r&#233;pression de la premi&#232;re &#171; guerre du gaz &#187; (plus de 60 victimes), la droite s'est r&#233;organis&#233;e autour de deux partis, dont le principal point commun est d'avoir permis &#224; un nombre significatif de parlementaires &#171; gonistes &#187;1 de pouvoir pr&#233;tendre &#224; un nouveau mandat. D'une part, Unit&#233; nationale, dont le candidat, Samuel Doria Medina, est un ancien membre du Mouvement de la gauche r&#233;volutionnaire (MIR)2. Celui-ci se pr&#233;sente comme un candidat de centre gauche mod&#233;r&#233;, et s'identifie &#224; l'action du gouvernement Lula au Br&#233;sil. D'autre part, Pouvoir d&#233;mocratique social (Podemos), dont le chef de file est Jorge Tuto Quiroga, ancien pr&#233;sident (2001-2002) et dirigeant de l'Action d&#233;mocratique nationaliste (ADN)3. Cherchant &#224; polariser de mani&#232;re permanente la sc&#232;ne &#233;lectorale en pr&#233;sentant les programmes du MAS et de Podemos comme &#171; deux projets de soci&#233;t&#233; &#187; distincts, Quiroga b&#233;n&#233;ficie du soutien implicite du Mouvement nationaliste r&#233;volutionnaire (MNR), toujours dirig&#233; depuis Washington par Sanchez de Lozada. Le MNR centre moins sa campagne sur son candidat, l'inconnu Michiaki Nagatani, que sur une &#171; guerre sale &#187; visant &#224; diffamer tant Doria Medina que Morales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 30 novembre, le pr&#233;sident br&#233;silien Lula d&#233;clarait : &#171; Une victoire de Evo Morales serait un &#233;v&#233;nement historique, non seulement pour la Bolivie, mais pour tout le continent. &#187; Bien que son programme soit presque exclusivement centr&#233; sur une politique &#233;conomique n&#233;okeyn&#233;sienne visant &#224; r&#233;organiser le secteur productif bolivien, une victoire du MAS serait n&#233;anmoins un point d'appui pour une involution des politiques n&#233;olib&#233;rales appliqu&#233;es depuis les ann&#233;es 1980 en Bolivie, comme en t&#233;moigne le projet de nationalisation du gaz. L'ing&#233;rence des Etats-Unis dans la d&#233;finition de certaines politiques, sur le th&#232;me de la coca notamment, pourrait &#233;galement &#234;tre moins facilit&#233;e. La balle est dans le camp des mouvements populaires et de certains secteurs de gauche qui, depuis dix ans maintenant, sont &#224; l'origine de ce projet d'&#233;mancipation des &#171; exploit&#233;s et des opprim&#233;s &#187; de Bolivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De La Paz, Herv&#233; Do Alto&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;1. Du surnom de Gonzalo Sanchez de Lozada, &#171; Goni &#187;, destitu&#233; par la premi&#232;re guerre du gaz &#224; l'automne 2003. 2. Le MIR est n&#233; dans les ann&#233;es 1970 contre la dictature. Il s'est converti au n&#233;olib&#233;ralisme &#224; la fin des ann&#233;es 1980. 3. L'ADN fut fond&#233;e par l'ex-dictateur et g&#233;n&#233;ral Hugo Banzer Suarez au lendemain de la d&#233;mocratisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; de Rouge)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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