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	<title>La Gauche</title>
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		<title>Liban : sur la corde raide, une p&#233;riode nouvelle</title>
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		<dc:creator>Nicolas QUALANDER </dc:creator>



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&lt;p&gt;Ce qui n'&#233;tait encore mercredi 7 mai qu'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; l'appel de la Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale des travailleurs libanais (CGTL) s'est transform&#233; en une vitesse politique fulgurante en confrontation politicomilitaire majeure. &lt;br class='autobr' /&gt; La date choisie par la centrale syndicale s'inscrivait de fait dans un agenda interne libanais et r&#233;gional qui ne pouvait que servir de catalyseur politique, et cristalliser l'ensemble des contradiction exacerb&#233;es ces derni&#232;res semaines entre l'opposition emmen&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce qui n'&#233;tait encore mercredi 7 mai qu'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; l'appel de la Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale des travailleurs libanais (CGTL) s'est transform&#233; en une vitesse politique fulgurante en confrontation politicomilitaire majeure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La date choisie par la centrale syndicale s'inscrivait de fait dans un agenda interne libanais et r&#233;gional qui ne pouvait que servir de catalyseur politique, et cristalliser l'ensemble des contradiction exacerb&#233;es ces derni&#232;res semaines entre l'opposition emmen&#233;e par le Hezbollah d'une part, le bloc du 14 mars pro- occidental d'autre part. Si la gr&#232;ve de mercredi &#233;tait pour l'essentiel centr&#233;e sur la revendication de revalorisation du salaire minimum de 150 &#224; 640 dollars, il &#233;tait clair depuis le d&#233;but que la mobilisation syndicale correspondrait en r&#233;alit&#233; &#224; une mobilisation de l'opposition libanaise et de ses principaux partis contre le gouvernement de Fouad Siniora : d'une date sociale et syndicale, le mercredi 7mai est en r&#233;alit&#233; devenu l'occasion pour l'opposition et le Hezbollah de trancher dans le vif sur toutes les questions attenantes &#224; la question nationale et au conflit entre le gouvernement pro- occidental de Fouad Siniora et l'opposition nationaliste, ouvert depuis novembre 2006 et la d&#233;mission des ministres chiites du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que dans l'apr&#232;s- midi du 7 mai, le Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGTL annon&#231;ait la fin de la gr&#232;ve, les principaux leaders de l'opposition appelaient au contraire leurs partisans &#224; entamer un mouvement de d&#233;sob&#233;issance civile, &#224; ne pas quitter les principaux points de circulation routiers occup&#233;s, &#224; prolonger la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, jusqu'&#224; la d&#233;mission du Cabinet Siniora. Un pas semblait donc &#234;tre franchi : alors que le Hezbollah et l'opposition avait g&#233;n&#233;ralement limit&#233; leurs journ&#233;es de protestation &#224; 24 heures, les violences confessionnelles entre sunnites et chiites leur faisant craindre une guerre civile, il semble que cette fois ci l'opposition et le Hezbollah aient consid&#233;r&#233; qu'un pas de trop avait &#233;t&#233; franchi par le gouvernement Siniora, et que le risque d'une confrontation militaire pouvait &#234;tre pris : dans la nuit du 5 au 6 mai, le gouvernement Siniora avait en effet pris deux d&#233;cisions &#233;quivalentes &#224; un tournant politique fondamental dans le conflit interne libanais : celle, premi&#232;rement, de limoger le Colonel Choukair, responsable de la s&#233;curit&#233; de l'A&#233;roport international de Beyrouth, et r&#233;put&#233; proche du Hezbollah ; celle, ensuite, de d&#233;manteler le r&#233;seau interne de t&#233;l&#233;communications du Hezbollah et de ses organes de r&#233;sistance militaire. Ces deux d&#233;cisions gouvernementales ont &#233;t&#233; le signal, mardi soir, de la confrontation politico- militaire qui allait se mettre en place le lendemain m&#234;me : percevant les d&#233;cisions gouvernementales comme &#233;manant directement de Washington, jugeant que l'offensive du 14 mars et du gouvernement sur la question du contr&#244;le de l'a&#233;roport et des communications du Hezbollah &#233;tait une mise en application concr&#232;te de la r&#233;solution onusienne 1559 de septembre 2004 demandant le d&#233;sarmement du Hezbollah, consid&#233;rant donc que la d&#233;cision du gouvernement s'inscrivait pleinement dans une nouvelle offensive indirecte de l'administration Bush contre la r&#233;sistance libanaise, dont le d&#233;mant&#232;lement est une condition sine qua non pour le contr&#244;le du Moyen- orient, et constituerait naturellement un affaiblissement imm&#233;diat des positions syriennes et iraniennes, le Hezbollah et l'opposition semblent donc avoir pris une d&#233;cision politique rompant pour partie avec les grandes orientations ouvertes depuis sa constitution en novembre 2006 : celle d'&#233;viter toute forme de confrontation civile. Le jeudi huit mai, une conf&#233;rence de presse du Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du Hezbollah donnait le ton : consid&#233;rant que la r&#233;union gouvernementale du 6 mai constituait une &#171; d&#233;claration de guerre &#187;, et que l'attaque sur le r&#233;seau de communication interne du Hezbollah &#233;tait un pr&#233;lude au d&#233;mant&#232;lement des infrastructures prot&#233;geant les cadres de la r&#233;sistance, Hassan Nasrallah souligna que le Liban &#233;tait entr&#233; dans une &#171; nouvelle &#232;re &#187; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Une nouvelle phase politique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis deux semaines, le conflit ne cessait de s'annoncer, et peut &#234;tre, en un sens, son d&#233;nouement. D&#233;put&#233; druze de la coalition du 14 mars, leader du Parti socialiste progressiste et tr&#232;s li&#233; &#224; l'administration am&#233;ricaine, Walid Jounblatt fut en quelque sorte le porte- voix d'une d&#233;faite annonc&#233;e, pr&#233;cipitant son propre camp dans une confrontation qu'il ne pouvait ma&#238;triser. Il fut le premier, en effet, &#224; en appeler au d&#233;mant&#232;lement du r&#233;seau communicationnel du Hezbollah, s'en prenant &#233;galement aux cam&#233;ras de l'organisation chiite le long de la route de l'a&#233;roport, qui jouxte la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah et &#224; majorit&#233; chiite. L'objectif &#233;tait clair : obtenir une intervention internationale et un &#233;largissement du mandat de la FINUL au Liban, avec &#224; la cl&#233;, une pr&#233;sence militaire occidentale le long de la banlieue sud de Beyrouth. Dans le temps, les appels de Walid Jounblatt concordaient avec les appels du Premier Ministre italien Silvio Berlusconi &#224; &#233;largir le mandat de la FINUL et des forces onusiennes au Liban. Tous les &#233;l&#233;ments &#233;taient donc en place : la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 7 mai s'inscrivait logiquement dans l'agenda interne libanais, mais aussi r&#233;gional et international, et comme l'un de ses points d'inflexion possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les derniers jours correspondent donc en effet &#224; un tournant fondamental de conjoncture politique. Trois phases dans la r&#233;cente histoire libanaise peuvent &#234;tre d&#233;gag&#233;es :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une premi&#232;re phase, de consensus et de statu quo, courant du retrait syrien de mai 2005 &#224; la d&#233;mission des ministres chiites du gouvernement libanais en novembre 2006 : la coalition anti- syrienne et pro- occidentale du 14 mars, majoritairement soutenue par la France et les Etats- unis, gagne les &#233;lections parlementaires &#224; la suite du retrait syrien, tandis que le Hezbollah accepte un compromis avec la coalition anti- syrienne en entrant dans le gouvernement libanais, dans une logique de consensus politique temporaire entre l'opposition et la majorit&#233;. L'alliance entre le Hezbollah et l'un des principaux partis chr&#233;tiens maronites, le Courant patriotique libre du g&#233;n&#233;ral Michel Aoun, en f&#233;vrier 2006, viendra modifier le rapport de force populaire et confessionnel en faveur de l'opposition, d&#233;sormais b&#233;n&#233;ficiant du soutien de secteurs importants de la communaut&#233; chr&#233;tienne. La guerre de 2006 constituera un basculement fondamental dans les perspectives strat&#233;giques du Hezbollah : suspectant la majorit&#233; du 14 mars d'avoir collabor&#233; indirectement avec l'administration am&#233;ricaine lors de la guerre du Liban, ainsi qu'avec les r&#233;gimes arabes saoudiens, jordaniens et &#233;gyptiens, accus&#233;s d'avoir soutenu indirectement Isra&#235;l au cours de la guerre des trente- trois jours, le Hezbollah et son alli&#233; Amal ( chiite), d&#233;missionnent du gouvernement libanais en novembre 2006, et engagent une s&#233;rie de manifestations populaires &#224; Beyrouth en d&#233;cembre 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une seconde phase, que l'on pourrait qualifier de guerre de position, allant de novembre 2006 &#224; la fin du Mandat pr&#233;sidentiel de Emile Lahoud, en novembre 2007 : l'opposition libanaise, soutenue par le Pr&#233;sident de la R&#233;publique, poursuit son sit- in au centre de Beyrouth. Le gouvernement est consid&#233;r&#233; comme ill&#233;gitime par l'opposition, ce dernier ne repr&#233;sentant plus la communaut&#233; chiite, et ne repr&#233;sentant qu'une partie de la communaut&#233; chr&#233;tienne. Gouvernement pro- occidental et pr&#233;sidence pro- opposition se neutralisent l'une l'autre. Ponctuellement, des affrontements entre partisans du gouvernement et de l'opposition, traduits sous des affrontements communautaires entre sunnites proches du Courant du Futur et chiites de Amal et du Hezbollah, &#233;clatent au Liban, mais sont en g&#233;n&#233;ral rapidement circonscrits par l'arm&#233;e libanaise.&lt;br class='autobr' /&gt; Une troisi&#232;me phase, de guerre froide, allant de la fin du Mandat Lahoud, le 23 novembre 2007, aux journ&#233;es actuelles de mai 2008. Avec un gouvernement consid&#233;r&#233; comme ill&#233;gitime et ill&#233;gal par l'opposition, et sans pr&#233;sident de la R&#233;publique depuis novembre 2007, le Liban s'enfonce dans une crise polymorphe : institutionnelle et constitutionnelle, &#233;conomique et sociale, avec la multiplication des manifestations populaires dans la banlieue sud de Beyrouth contre l'augmentation des prix des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; et les coupures d'&#233;lectricit&#233; dans les r&#233;gions chiites. La crise est &#233;galement s&#233;curitaire : les attentats se multiplient, les confrontations politico- communautaires entre chiites et sunnites devenant de plus en plus r&#233;guli&#232;res ; l'arm&#233;e devient par ailleurs un enjeu politique dans le conflit entre l'opposition et le 14 mars, le chef de l'arm&#233;e Michel Sleiman &#233;tant mis en avant comme candidat potentiel et consensuel &#224; la pr&#233;sidence. La confrontation militaire devient une possibilit&#233; concr&#232;te : alors que le Hezbollah ne cache plus qu'il entra&#238;ne des partisans de toutes les composantes de l'opposition en cas de confrontation civile, le 14 mars dispose lui- aussi de milices priv&#233;s, des Forces libanaises (chr&#233;tiennes) au Courant du Futur (sunnite).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Les raisons d'une intervention politico- militaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En un sens, nous sommes d&#233;sormais effectivement entr&#233;s dans un nouveau cycle politique. Nouveau cycle politique marqu&#233; par le changement d'attitude de l'opposition, et par un certain volontarisme offensif politico- militaire de sa part. L'opposition nationale libanaise semble avoir fait les constats suivants, qui ont probablement d&#233;termin&#233; la d&#233;cision du Hezbollah d'intervenir militairement, pour la premi&#232;re fois, dans un conflit interne libanais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, elle pense qu'elle dispose d'un rapport de force populaire, politique et confessionnel interne qui lui est favorable. Le Hezbollah et le mouvement Amal sont ultra- majoritaires dans la communaut&#233; chiite, qui est par ailleurs de loin la plus massive au Liban. L'opposition dispose par ailleurs de tr&#232;s forts appuis dans la communaut&#233; chr&#233;tienne maronite, avec le Courant patriotique libre (CPL) du G&#233;n&#233;ral Michel Aoun. Le Courant des Maradas de l'ancien Ministre Sleiman Frangie, donne un appui chr&#233;tien &#224; l'opposition dans la r&#233;gion de Zghorta, au nord Liban. Il n'existe plus, comme dans les ann&#233;es 1970, de bloc politique chr&#233;tien homog&#232;ne arrim&#233; aux positions occidentales. De ce point de vue, l'alliance Hezbollah- Aoun de d&#233;cembre 2006 peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme historique &#224; deux niveaux : elle coupe verticalement la communaut&#233; chr&#233;tienne, qui &#233;tait r&#233;put&#233;e et per&#231;ue en occident comme naturellement destin&#233;e &#224; faire partie dans son enti&#232;ret&#233; du 14 mars ; elle exprime un tournant dans l'histoire maronite chr&#233;tienne, qui s'&#233;tait distingu&#233;e historiquement par une repr&#233;sentation politique (les Phalanges libanaises notamment) hostile &#224; tout projet anti- imp&#233;rialiste dans la r&#233;gion, d'essence arabiste, tiers- mondiste et/ o&#249; islamo- nationaliste. Enfin, l'opposition est compos&#233;e de courants sunnites et druzes qui constituent une forte minorit&#233; dans leur communaut&#233;. Chez les sunnites, le Front d'action islamique de Fathi Yakan, ainsi que des courants nationalistes arabes, nationalistes de gauche et nass&#233;riens, comme le courant Karame &#224; Tripoli, et surtout, l'Organisation populaire nass&#233;rienne de Maarouf Saad, qui tient la mairie de Sa&#239;da, au sud- Liban, permettent de composer une g&#233;ographie politique de la rue sunnite plus complexe que celle g&#233;n&#233;ralement en vogue, opposant naturellement les sunnites aux chiites. L'aspect pro- am&#233;ricain du Courant du futur n'est en effet pas sans provoquer certaines contradictions dans une communaut&#233; phare du nationalisme arabe, et avec une sensibilit&#233; profonde &#224; la question palestinienne. Enfin, si Walid Jounblatt et le PSP semblent bien &#233;videmment dominer la communaut&#233; druze, il s'affronte au sein de la montagne druze, le chouf, &#224; la rivalit&#233; du Parti d&#233;mocratique libanais de la famille Arslan, et du Parti de l'Unit&#233; de Wiam Wahhab. . Enfin, l'opposition b&#233;n&#233;ficie du soutien de partis officiellement non- confessionnels, nationalistes ou nationalistes de gauche, comme le Parti social syrien ou le Mouvement du peuple de l'ancien d&#233;put&#233; Najah Wakim. La repr&#233;sentativit&#233; politique, confessionnelle et id&#233;ologique de l'opposition p&#232;se donc dans le rapport de force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, la prise de d&#233;cision d'une confrontation assum&#233;e et d&#233;cid&#233;e rel&#232;ve &#233;galement d'une certaine appr&#233;ciation du rapport de force politico-militaire, le Hezbollah mesurant bien tout &#224; la fois ses propres capacit&#233;s, et surtout, les incapacit&#233;s notoires de ses adversaires. De ce point de vue, il est assez surprenant que le Courant du futur ait pens&#233;, depuis deux ans, vaincre sur le terrain militaire une organisation rompue &#224; la guerre de gu&#233;rilla depuis pr&#234;t de vingt ans, et ayant &#224; son actif un certain nombres de victoires militaires en face &#224; face avec Isra&#235;l. En &#224; peine 24 heures, dans la nuit du 8 au 9 mai, les miliciens du Hezbollah ont r&#233;ussi &#224; p&#233;n&#233;trer dans les quartiers sunnites domin&#233;s par le Courant du futur, qui n'a offert au final qu'une tr&#232;s faible r&#233;sistance. Les troupes de l'opposition occupent &#224; l'heure actuelle la majorit&#233; de Beyrouth, avec une vitesse de p&#233;n&#233;tration presque surprenante, et une capacit&#233; de r&#233;sistance des milices sunnites tr&#232;s r&#233;duites. La prise de Beyrouth par l'opposition aura au final &#233;t&#233; tr&#232;s rapide : elle rappelle &#224; certains la prise de Gaza par le Hamas il y a un an, et la surestimation par les am&#233;ricains et l'Autorit&#233; palestinienne, &#224; l'&#233;poque, des capacit&#233;s militaires et du soutien populaire du Fatah. Les milices de l'opposition sont actuellement pr&#233;sentes dans la majorit&#233; des quartiers sunnites de la capitale libanaise, elle contr&#244;le les axes routiers, l'a&#233;roport, et est relativement d&#233;ploy&#233;e pr&#232;s des principaux centres politiques et institutionnels, tandis que les deux t&#233;nors du 14 mars, Walid Jounblatt et Saad Hariri, sont assi&#233;g&#233;s dans leurs demeures en plein centre de Beyrouth. A l'heure actuelle, le 14 mars semble sur le recul : si le leader de l'extr&#234;me- droite libanaise, Samir Geagea, lance encore des appels &#224; mener la r&#233;sistance &#224; l'opposition, d'autres dirigeants du 14 mars, r&#233;unis l'apr&#232;s- midi du 8 mai, semblent d&#233;j&#224; appeler &#224; une solution politique comprenant la d&#233;mission du Cabinet Siniora.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'opposition et le Hezbollah semble s'&#234;tre orient&#233;s sur une issue militaire sans doute en fonction d'une double consid&#233;ration conjoncturelle : d'une part, l'administration am&#233;ricaine, press&#233;e par un calendrier court du &#224; la tenue des pr&#233;sidentielles d'ici quelques mois, semblait vouloir acc&#233;l&#233;rer le rythme au Liban, le Hezbollah restant l'un des points noirs dans la strat&#233;gie n&#233;o- conservatrice au Moyen- orient, la disparition de ce dernier &#233;tant pour l'administration Bush strat&#233;gique, ouvrant tout &#224; la fois les portes de la Syrie et de l'Iran, pouvant affaiblir par ailleurs les positions palestiniennes, enfin soulageant Isra&#235;l sur le front nord. La d&#233;cision gouvernementale de lundi soir de s'attaquer au r&#233;seau de communication de Hezbollah, conjugu&#233;e aux appels de Berlusconi &#224; revoir et &#233;tendre le mandat de la FINUL, et aux r&#233;centes attaques de Walid Jounblatt contre le Hezbollah ces derniers jours, ont &#233;t&#233; per&#231;u par la formation chiite comme un message clair de la Maison blanche &#224; son &#233;gard. Journaliste proche de l'opposition, Scarlett Haddad souligne ainsi que &#171; le gouvernement croyait pouvoir prendre des d&#233;cisions (&#8230;.) importantes contre le Hezbollah et que ce dernier se contenterait de communiqu&#233;s virulents, voire d'une manifestation, mais n'oserait pas entreprendre une quelconque op&#233;ration sur le terrain. Et m&#234;me s'il devait le faire, il serait entra&#238;n&#233; dans des combats de rue sanglants et violents qui dureraient au moins deux ou trois jours et permettraient au gouvernement d'ameuter la communaut&#233; internationale. (&#8230;.) Le gouvernement avait ainsi bien &#233;tudi&#233; son timing, &#224; la veille de la r&#233;union du Conseil de s&#233;curit&#233; destin&#233;e &#224; &#233;tudier le rapport de Terj&#233; Roed-Larsen sur l'application de la r&#233;solution 1559. Il ne serait donc pas n&#233;cessaire de convoquer une r&#233;union sp&#233;ciale du Conseil de s&#233;curit&#233;, mais de profiter de celle qui &#233;tait d&#233;j&#224; pr&#233;vue, pour alerter la communaut&#233; internationale et demander &#224; ceux qui veillent sur la mission de la Finul d'&#233;largir les responsabilit&#233;s de celle-ci pour la pousser &#224; se d&#233;ployer &#224; Beyrouth. Cette situation aurait &#233;t&#233; couronn&#233;e par la prochaine visite du pr&#233;sident am&#233;ricain George Bush dans la r&#233;gion et sa rencontre pr&#233;vue &#224; Charm el-Cheikh la semaine prochaine avec le Premier ministre Fouad Siniora. &#187; [1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, le Hezbollah consid&#232;re qu'un appui ext&#233;rieur au 14 mars est pour le moment techniquement impossible : Isra&#235;l, en pleine crise politico- institutionnelle en raison des scandales financiers autour du Premier Ministre Olmert, ne peut intervenir imm&#233;diatement ; la communaut&#233; internationale reste divis&#233;e, les russes et les chinois ne suivant pas au sein du Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU les positions am&#233;ricaines ; qui plus est, une intervention internationale mettrait du temps &#224; se mettre en place ; la FINUL, confin&#233;e au sud- Liban, n'a pas les forces pour se d&#233;ployer sur tout le Liban, et Hezbollah sait parfaitement que le commandement de la FINUL entretient une attitude plus ou moins bienveillante &#224; son &#233;gard : apr&#232;s plusieurs attentats de groupes salafistes proches de la mouvance al- quaeda contre la FINUL au sud- Liban, il est parfois possible que la s&#233;curit&#233; des hommes de la FINUL soit moins assur&#233;e par leur exp&#233;rience militaire que par la s&#233;curit&#233; du Hezbollah, ce dernier les tenant ainsi, d'une certaine mani&#232;re, en otage. Ce que l'opposition semble avoir voulu prioritairement &#233;viter, c'est justement une jonction future entre le 14 mars et une intervention ext&#233;rieure, c'est une internationalisation de la crise s'appuyant sur une partie des forces politiques libanaises. Prenant en consid&#233;ration le timing politique acc&#233;l&#233;r&#233; du gouvernement libanais, le Hezbollah a semble t-il d&#233;cid&#233; de couper l'herbe sous le pied de ses adversaires, en agissant vite. Si, d&#233;sormais, la communaut&#233; internationale a toute raison, selon elle, pour intervenir au Liban, elle ne peut le faire que tr&#232;s difficilement, sur un terrain contr&#244;l&#233; par des forces qui lui sont hostiles. Cela ne signifie naturellement pas que le Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU, en premier lieu les Etats- unis et la France, ne demandera pas une intervention internationale : mais celle- ci est d'hors et d&#233;j&#224; consid&#233;rablement compliqu&#233; par l'h&#233;g&#233;monie politico- militaire de l'opposition &#224; Beyrouth, et peut &#234;tre, d'ici quelques jours, dans tout le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sc&#233;narios multiples&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs sc&#233;narios sont d&#233;sormais envisageables. Le pari de l'opposition reste incertain, m&#234;me si elle a prouv&#233; qu'elle pouvait effectivement occuper le terrain massivement. Le pire serait ainsi qu'une guerre civile longue se d&#233;clenche et prenne forme, selon des lignes de d&#233;marcation encore inconnues : en ce cas, effectivement, une intervention ext&#233;rieure occidentale &#224; moyen terme serait possible, sous la forme d'un &#233;largissement du mandat de la FINUL, ou, autre forme, sous le joug d'une intervention directe de forces de l'OTAN (dont la France, en train de r&#233;int&#233;grer le commandement militaire de la force atlantiste, serait probablement partie prenante). Si donc, des poches de r&#233;sistance &#224; l'opposition se cr&#233;ent dans certaines zones, notamment druzes et sunnites, c'est-&#224;-dire probablement dans les montagnes &#224; l'est de Beyrouth ainsi qu'au nord Liban, autour de la ville de Tripoli, le pari de l'opposition sera en partie un &#233;chec : son objectif est visiblement d'obtenir une victoire rapide, et de ma&#238;triser le pays, tout en poussant les principales forces du 14 mars &#224; un accord comprenant en premier lieu la d&#233;mission du Cabinet Siniora, et &#224; un package deal assurant &#224; la r&#233;sistance libanaise la bienveillance s&#233;curitaire d'un &#233;tat libanais dont elle serait partie prenante. Un autre sc&#233;nario &#224; envisager, outre une domination politico- militaire de l'opposition, serait un cycle politico- r&#233;pressif vis- &#224;- vis du 14 mars. Mais l'opposition ne peut tout &#224; fait faire ce que le Hamas a engag&#233; dans la Bande de Gaza : le tissu politique et social libanais est bien plus pluriel, l'opposition aussi, et les dynamiques politiques et communautaires obligent l'opposition &#224; composer au moins avec une partie du leadership de 14 mars, afin, au minimum, de s'assurer d'une dynamique qui n'implique pas la s&#233;dition de toute une communaut&#233;, &#224; savoir la communaut&#233; sunnite. Si le Hamas, confondant la force et le violence, s'&#233;tait distingu&#233; par une incapacit&#233; totale de ses milices &#224; g&#233;rer leur niveau d'intervention, les journ&#233;es de Gaza en 2007 ayant &#233;t&#233; marqu&#233;es par toutes sortes d'exactions, y- compris contre des civils, le Hezbollah et l'opposition semblent avoir pris le chemin inverse : si les principaux m&#233;dias du Courant du futur ont &#233;t&#233; ferm&#233;s par le Hezbollah dans la nuit de jeudi &#224; vendredi, les journalistes sont tous repartis sous protection de l'arm&#233;e ; aucunes exactions contre des civils n'ont pour le moment &#233;t&#233; constat&#233;s, ni contre des personnalit&#233;s politiques, tandis que les miliciens du Hezbollah ont associ&#233; leurs partenaires sunnites et druzes de l'opposition &#224; la prise de la ville, voulant &#224; tout pris &#233;viter l'image des chiites envahissant les sunnites ; surtout, une certaine coordination de fait semble s'&#234;tre &#233;tablie avec l'arm&#233;e libanaise, qui n'est pas intervenue dans le conflit : aussit&#244;t les milices de l'opposition prenant des positions, l'arm&#233;e se d&#233;ploie peu apr&#232;s. L'attitude de l'arm&#233;e est par ailleurs un maillon central de l'affaire : si elle semble garder une neutralit&#233; affich&#233;e, elle a de fait favoris&#233;e les positions de l'opposition : le G&#233;n&#233;ral en chef de l'arm&#233;e, Michel Sleiman, a ainsi refus&#233; la demande du Premier Ministre Fouad Siniora de d&#233;cr&#233;ter l'&#233;tat d'urgence, laissant ainsi toute latitude &#224; l'opposition pour mener les combats. Toute la complexit&#233; politique pour l'opposition consiste justement &#224; obtenir un rapport de force militaire favorable sans pour autant favoriser une dynamique d'&#233;clatement communautaire et de partition du pays. Sur ce point l&#224;, rien n'est encore tout &#224; fait gagn&#233;, et un rapport de force militaire favorable ne fait pas forc&#233;ment une espace national unifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un espace politique libanais o&#249; les dimensions nationales restent &#233;troitement d&#233;pendantes des dynamiques r&#233;gionales et internationales, reste &#224; savoir &#233;galement comment ce qui se passe actuellement au Liban modifie quelque peu l'espace strat&#233;gique moyen- oriental : une victoire de l'opposition renforce naturellement les positions syriennes et iraniennes, dans un contexte d'affrontement politique avec le Royaume saoudien, et affaiblirait en cons&#233;quence les positions am&#233;ricaines dans la r&#233;gion. Elle encourage &#233;galement, de fait, l'ensemble des luttes dans le monde arabe, au premier chef en Palestine, et les dynamiques de r&#233;sistance &#224; l'ordre imp&#233;rial, ainsi qu'aux r&#233;gimes arabes align&#233;s sur Washington. Au contraire, une guerre civile prolong&#233;e pourrait en retour favoriser les plans am&#233;ricains de partitions du Moyen- orient, prenant acte ainsi d'un Liban d&#233;coup&#233; en zones chr&#233;tiennes, chiites et sunnites. Les prochaines semaines sont ainsi capitales pour saisir les nouveaux rapports de force r&#233;gionaux &#224; l'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, si l'opposition pr&#233;tend d&#233;sormais clairement au pouvoir politique, tout du moins &#224; une partie de ce pouvoir, la question reste pos&#233;e de sa capacit&#233; &#224; r&#233;pondre &#224; la double question sociale/ nationale. La question sociale reste l&#224;, en filigrane, l'opposition ayant souvent mobilis&#233;e ses troupes sur les probl&#232;mes des coupures d'&#233;lectricit&#233;, des salaires ou de la vie ch&#232;re, sans pour autant apporter encore de r&#233;ponses programmatiques &#224; ces questions, d'o&#249; la critique du Parti communiste libanais &#224; l'encontre de l'opposition, dont il se consid&#232;re pourtant comme proche. La question nationale reste quand &#224; elle la question structurelle et strat&#233;gique majeure au Liban : depuis l'ind&#233;pendance et le Pacte national de 1943, le Liban reste d&#233;chir&#233; sur son identit&#233; nationale. La guerre civile de 1976, opposant deux blocs historiques politico- communautaires, l'un, maronite chr&#233;tien et pro- occidental, l'autre, constitu&#233; des forces palestiniennes et de la gauche libanaise &#224; majorit&#233; musulmane et druzes, symbolise historiquement la partition nationale, id&#233;ologique et politique qui ne cesse de tarauder le Liban, celle qui le voit divis&#233; entre une vision libaniste et pro- occidentale, et une autre, fondamentalement anti- imp&#233;rialiste, sensible &#224; la question palestinienne, arabiste, plut&#244;t d'essence tiers- mondiste. En un sens, le duel entre l'opposition libanaise et le 14 mars semble r&#233;p&#233;ter cette histoire. Le pari de Hezbollah, risqu&#233;, consiste &#224; dire qu'il est apte &#224; vaincre cette dichotomie historique : en s'alliant avec une partie des chr&#233;tiens maronites, et ce sur le long terme et de mani&#232;re strat&#233;gique, il pr&#233;tend briser l'homog&#233;n&#233;it&#233; politique et id&#233;ologique d'une communaut&#233; historiquement arrim&#233;e &#224; l'occident. En faisant valoir son aspect chiite, il pr&#233;serve ses liens structuraux avec l'Iran, partenaire strat&#233;gique incontournable. En faisant valoir son aspect arabiste et anti- imp&#233;rialiste, et en mettant la question palestinienne au centre, il souhaite construire un consensus large apte &#224; lui assurer le soutien de la rue populaire arabe, donc d'une large partie des sunnites. Reste donc &#224; savoir si ce subtil dosage d'identit&#233;s politiques saura r&#233;sister aux journ&#233;es de mai 2008, qui, effectivement, semblent constituer une nouvelle p&#233;riode dans l'histoire politique du Liban.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le nouveau tournant du Hezbollah&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit &#233;galement d'un tournant politique historique dans l'histoire du Hezbollah : si toutes les formations de l'opposition ont &#233;t&#233; engag&#233;es par le pass&#233; dans la guerre civile libanaise qui dura du milieu des ann&#233;es 1970 &#224; la fin des ann&#233;es 1980, le Hezbollah avait construit sa l&#233;gitimit&#233; historique sur sa non- participation &#224; cette guerre civile, et sur l'image d'un parti qui n'&#233;tait aucunement impliqu&#233; dans des massacres confessionnels. Effectivement, en dehors de l'affrontement avec son rival chiite Amal au milieu des ann&#233;es 1980, le Hezbollah s'est retrouv&#233; peu engag&#233; dans les dynamiques d'&#233;clatements communautaires et politiques de l'&#233;poque. Plus, il basait jusqu'&#224; maintenant sa l&#233;gitimit&#233; politique sur sa non- intervention dans les affaires internes libanaises : se d&#233;finissant comme le parti de la r&#233;sistance &#224; Isra&#235;l, il voulait continuer &#224; b&#226;tir le consensus politique autour de ses armes en refusant de les employer dans un conflit interne libanais. Les cadres du Hezbollah reconnaissent donc depuis deux jours qu'il s'agit d'un tournant dans l'histoire contemporaine du Parti. Ils essayent de limiter ce tournant en tentant de prouver qu'ils ne r&#233;it&#233;reront pas les erreurs des partis libanais dans les ann&#233;es 1970 : collaboration avec l'arm&#233;e, refus des dynamiques de vengeance personnelles, contr&#244;le de la violence, refus des massacres confessionnels, voir m&#234;me protection physique des leaders politiques ennemis. A un discours sur l'absence de l'utilisation de ses armes dans le conflit int&#233;rieur libanais se substitue donc un autre discours, sur le contr&#244;le de ses armes et la limitation de la violence dans le cadre de ce m&#234;me conflit. Un discours correspondant selon lui &#224; une nouvelle conjoncture politique, au Liban et dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parall&#232;le avec Gaza ne devrait donc pas &#234;tre trop fort. En un sens, certes, il s'agit d'un sch&#233;ma commun : &#224; Gaza, une partie de la direction de Fatah d&#233;sirait clairement renverser par la force le Hamas, &#233;lu &#224; la t&#234;te de l'Autorit&#233; palestinienne en janvier 2006, et ce avec un soutien logistique am&#233;ricain. Au Liban, le gouvernement Siniora s'orientait dans les prochaines semaines sur une ligne de d&#233;sarmement du Hezbollah, avec une aide militaire occidentale. Dans les deux cas, Hamas et opposition libanaise, une d&#233;cision politique d'enrayement de cette dynamique a &#233;t&#233; prise, d&#233;bouchant sur le coup de force du Hamas &#224; l'&#233;t&#233; 2007, et sur la prise actuelle de Beyrouth par l'opposition au Liban. Le parall&#232;le doit s'arr&#234;ter l&#224;. En Palestine, en effet, la violence n'a pas &#233;t&#233; ma&#238;tris&#233;e par Hamas, qui &#233;tait par ailleurs le seul acteur politique en jeu en face de Fatah. Au contraire, au Liban, l'opposition, si elle se centre autour du Hezbollah, n'en est pas moins tout &#224; la fois multi- confessionnelle, et associe des partis politiques de masse, notamment chr&#233;tiens, avec lesquelles le Hezbollah doit composer et avancer une strat&#233;gie politique commune. Enfin, une s&#233;rie d'exactions violentes ne serviraient en rien les objectifs de l'opposition : bien au contraire, elle mobiliserait la majorit&#233; de la communaut&#233; sunnite contre le Hezbollah. La contradiction centrale qui voit l'opposition libanaise danser sur une corde raide est l&#224; : celle de p&#226;tir des dynamiques r&#233;gionales d'&#233;clatement communautaire et de divisions confessionnelles, tout en s'avan&#231;ant en m&#234;me temps comme l'un des pions centraux de la r&#233;sistance au projet am&#233;ricain dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QUALANDER Nicolas&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] Scarlett Haddad, L'Orient le Jour, 10 mai 2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le Hezbollah</title>
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		<dc:date>2006-09-26T02:02:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilbert Achcar</dc:creator>



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&lt;p&gt;LE HEZBOLLAH naquit &#224; partir d'une radicalisation dans le milieu des chi'ites libanais, le milieu le plus r&#233;ceptif &#224; l'influence de la r&#233;volution iranienne par affinit&#233; confessionnelle. Parmi les chi'ites, il se trouvait d&#233;j&#224; un autre mouvement communautaire, le Mouvement des d&#233;sh&#233;rit&#233;s (Amal), non int&#233;griste, mais &#233;galement fond&#233; par une figure religieuse, Moussa Sadr, &#171; disparu &#187; lors d'une visite en Libye en 1978. &lt;br class='autobr' /&gt; L'invasion isra&#233;lienne de 1982 pr&#233;cipita une radicalisation au sein (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Liban-" rel="directory"&gt;Liban&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;LE HEZBOLLAH naquit &#224; partir d'une radicalisation dans le milieu des chi'ites libanais, le milieu le plus r&#233;ceptif &#224; l'influence de la r&#233;volution iranienne par affinit&#233; confessionnelle. Parmi les chi'ites, il se trouvait d&#233;j&#224; un autre mouvement communautaire, le Mouvement des d&#233;sh&#233;rit&#233;s (Amal), non int&#233;griste, mais &#233;galement fond&#233; par une figure religieuse, Moussa Sadr, &#171; disparu &#187; lors d'une visite en Libye en 1978.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'invasion isra&#233;lienne de 1982 pr&#233;cipita une radicalisation au sein d'Amal et l'&#233;mergence d'une aile se r&#233;clamant de la r&#233;volution iranienne. Celle-ci se construisit avec l'aide directe de T&#233;h&#233;ran, en investissant le terrain de la lutte contre l'occupation. Les fonds iraniens, intelligemment utilis&#233;s, servirent au Hezbollah &#224; mettre sur pied un r&#233;seau d'aide sociale et &#224; se construire ainsi une base de masse au sein de la communaut&#233; chi'ite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Hezbollah a men&#233; au d&#233;part un combat farouche contre ses concurrents en milieu chi'ite. L'une des forces qu'il consid&#233;ra comme un rival &#224; abattre fut le Parti communiste libanais, dont l'implantation chi'ite &#233;tait importante et qui avait pris l'initiative de la r&#233;sistance anti-isra&#233;lienne. Avec les communistes, le combat ne fut pas seulement id&#233;ologique : le Hezbollah est fortement soup&#231;onn&#233; d'avoir &#233;t&#233; derri&#232;re l'assassinat de plusieurs des personnalit&#233;s communistes chi'ites les plus en vue. Apr&#232;s les premi&#232;res ann&#233;es marqu&#233;es par une concurrence impitoyable, le Hezbollah a &#233;tabli un modus vivendi avec les autres organisations pr&#233;sentes en milieu chi'ite (Amal, Parti communiste libanais, Parti national social syrien, etc.). Et lorsqu'en l'an 2000, Isra&#235;l choisira, contraint, d'&#233;vacuer la derni&#232;re portion du territoire libanais occup&#233; en 1982, le Hezbollah revendiquera le prestige de cette victoire - &#224; juste titre, certes, mais en occultant aussi le r&#244;le non n&#233;gligeable des autres courants, la&#239;ques ou de gauche, dans la r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil des ans, le Hezbollah a op&#233;r&#233; une mutation, son statut de parti de masse l'emportant progressivement sur son r&#244;le d'organisation de la r&#233;sistance arm&#233;e, jusqu'&#224; devenir dominant. Reprenant le concept forg&#233; par Annie Kriegel pour le parti communiste fran&#231;ais, un sociologue libanais a d&#233;crit le Hezbollah comme une &#171; contre-soci&#233;t&#233; &#187;. &#192; l'instar des partis ouvriers de masse, le mouvement chi'ite a organis&#233; des services sociaux de tout genre. Il a investi le champ politique et institutionnel &#224; partir des ann&#233;es 90, devenant l'une des forces majeures de la sc&#232;ne politique libanaise. Le parti dispose aujourd'hui d'une fraction parlementaire et de deux ministres. C'est la force de loin la plus populaire dans la communaut&#233; chi'ite, la plus nombreuse des communaut&#233;s libanaises : sa l&#233;gitimit&#233; para&#238;t donc inattaquable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce que je viens de dire n'est pas en contradiction avec le fait que l'id&#233;ologie originelle du Hezbollah est int&#233;griste. Mais l'int&#233;grisme islamique est multiple et diff&#233;renci&#233; : entre une organisation de masse comme le Hezbollah et un r&#233;seau terroriste &#171; substitutiste &#187; comme Al-Qaida, il y a la m&#234;me diff&#233;rence qu'il pouvait y avoir entre le Parti communiste italien et les Brigades rouges, se r&#233;clamant pourtant tous deux du &#171; communisme &#187;. Washington et Isra&#235;l qualifient le Hezbollah d'&#171; organisation terroriste &#187; et l'accusent d'avoir men&#233; des op&#233;rations dites &#171; terroristes &#187; - y compris contre des cibles civiles au Liban ou &#224; l'&#233;tranger, m&#234;me si c'est loin d'&#234;tre prouv&#233; et le Hezbollah le conteste. Mais en tout &#233;tat de cause, cela fait tr&#232;s longtemps qu'il n'y a pas eu une seule op&#233;ration &#171; terroriste &#187;, au sens d'une op&#233;ration visant d&#233;lib&#233;r&#233;ment des civils, imputable, ou m&#234;me imput&#233;e, au parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il maintienne un bras arm&#233; important, que l'on a vu &#224; l'&#339;uvre dans la r&#233;cente guerre, la lutte arm&#233;e - m&#234;me la plus l&#233;gitime - est devenue une activit&#233; secondaire pour le Hezbollah, en comparaison de ses activit&#233;s de parti politique. Apr&#232;s l'&#233;vacuation de 2000, les op&#233;rations militaires sporadiques du parti se sont inscrites dans la guerre de basse intensit&#233; qui s'est poursuivie avec Isra&#235;l. Mais le Hezbollah a conclu en 1996 un accord avec le gouvernement isra&#233;lien visant &#224; &#233;pargner les civils, et il a mieux respect&#233; cet accord que ce dernier. L'op&#233;ration du 12 juillet qu'Isra&#235;l a saisi comme pr&#233;texte pour lancer son agression prenait d'ailleurs pour cible des soldats, et non des civils. Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, a soulign&#233; dans un discours le fait que son organisation n'avait commenc&#233; &#224; bombarder le nord d'Isra&#235;l - &#224; l'aveuglette, vu le type de missiles dont ils disposent - qu'en riposte aux bombardements isra&#233;liens qui visaient d&#233;lib&#233;r&#233;ment des zones civiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que le Hezbollah n'a que quelques milliers de combattants entra&#238;n&#233;s, mais il a une formidable capacit&#233; de mobilisation et a fait la preuve d'une efficacit&#233; et d'une d&#233;termination redoutables : quelques dizaines de combattants &#224; Bint-Jbeil ont mis en &#233;chec l'arm&#233;e isra&#233;lienne, pendant plusieurs jours, malgr&#233; son avantage consid&#233;rable en nombre et en moyens. La popularit&#233; du Hezbollah est maintenant renforc&#233;e par le r&#244;le qu'il joue dans l'aide &#224; la reconstruction des zones ravag&#233;es, avec l'aide de l'Iran, de sorte que le d&#233;sastre subi par les chi'ites ne peut pas &#234;tre exploit&#233; contre lui. L'aide g&#233;n&#233;reuse prodigu&#233;e par le Hezbollah fait qu'il jouit au contraire d'une gratitude populaire accroissant son prestige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre sp&#233;cificit&#233; du Hezbollah par rapport &#224; la gamme de l'int&#233;grisme islamique tient &#224; la sp&#233;cificit&#233; du Liban : puisque c'est un pays multiconfessionnel o&#249; les chi'ites, tout en &#233;tant la communaut&#233; la plus nombreuse, ne sont pas majoritaires au point de briguer un exercice exclusif du pouvoir, et puisqu'une partie importante de la population n'est pas m&#234;me musulmane, le Hezbollah a renonc&#233; &#224; appliquer son programme int&#233;griste de &#171; r&#233;publique islamique &#187; au Liban. Il se revendique toujours id&#233;ologiquement du mod&#232;le iranien, mais il se contente d'&#234;tre au Liban une force politique communautaire, pleinement impliqu&#233;e dans le jeu politique interconfessionnel - aujourd'hui par le biais d'une alliance avec le g&#233;n&#233;ral Michel Aoun, principale figure au sein de la communaut&#233; chr&#233;tienne maronite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la quasi-totalit&#233; des courants int&#233;gristes musulmans, le Hezbollah ne remet nullement en question l'ordre socio-&#233;conomique n&#233;olib&#233;ral en vigueur au Liban. Il est vain d'essayer de le peindre en rouge comme certains sont tent&#233;s de le faire &#224; l'extr&#234;me gauche. Ce n'est pas le r&#244;le des progressistes de soutenir le Hezbollah. Leur r&#244;le est de s'opposer &#224; l'agression isra&#233;lienne, de d&#233;fendre la souverainet&#233; du Liban face &#224; tous les Etats qui empi&#232;tent sur cette souverainet&#233; - Isra&#235;l et les &#201;tats-Unis, mais aussi la Syrie qui fut farouchement combattue par la gauche libanaise et les Palestiniens en 1976. Les progressistes qui veulent soutenir la r&#233;sistance libanaise contre l'agression isra&#233;lienne doivent soutenir les forces progressistes libanaises, toujours pr&#233;sentes. Ainsi, le Parti communiste libanais a perdu plusieurs de ses membres au combat contre la derni&#232;re agression isra&#233;lienne. La situation est somme toute assez classique : l'histoire a connu maintes luttes de lib&#233;ration nationale men&#233;es par des organisations conservatrices sur le plan social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit nullement de s'identifier avec toute direction, quelle qu'elle soit, qui exprime une souverainet&#233; nationale ou une r&#233;sistance nationale &#224; un moment donn&#233;, mais bien de s'opposer aux agressions imp&#233;riales - c'est en cela que consiste la position de principe. Pour le reste, c'est aux peuples eux-m&#234;mes de trouver leur chemin. Il faut &#233;viter deux &#233;cueils : le premier consiste &#224; ne juger une force que par son id&#233;ologie et aboutir &#224; des discours du type de celui que Bush a tenu r&#233;cemment sur l'&#171; islamo-fascisme &#187;. L'autre &#233;cueil consiste &#224; ne voir dans le Hezbollah que sa d&#233;fense de la souverainet&#233; nationale, une pratique anti-imp&#233;rialiste, qui aurait pour originalit&#233; d'avoir un vernis religieux sans importance. Or, le Hezbollah est une organisation dot&#233;e d'une vision des rapports sociaux et de genre qui est d&#233;termin&#233;e par son int&#233;grisme religieux : elle est donc bien ancr&#233;e &#224; droite sur ces terrains-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;* Extrait de l'interview recueillie le 28 ao&#251;t par Jim Cohen, avec la collaboration de Dimitri Nicola&#239;dis, et publi&#233;e dans la revue Mouvements n&#176; 47, septembre-octobre 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Liban : la guerre des 33 jours et la r&#233;solution 1701 du Conseil de S&#233;curit&#233;</title>
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		<dc:date>2006-08-24T19:59:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilbert Achcar</dc:creator>



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&lt;p&gt;16 ao&#251;t 2006 &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;solution adopt&#233;e par le Conseil de S&#233;curit&#233; des Nations unies le 11 ao&#251;t 2006 n'a pleinement satisfait ni Isra&#235;l ni Washington ni le Hezbollah. Cela ne signifie pas qu'elle est &#171; juste et &#233;quilibr&#233;e &#187;, mais seulement qu'elle est l'expression temporaire d'une impasse militaire. Le Hezbollah n'est pas parvenu &#224; infliger une d&#233;faite militaire majeure &#224; Isra&#235;l - possibilit&#233; exclue de toute fa&#231;on par la disproportion des forces en pr&#233;sence, tout comme il avait &#233;t&#233; impossible &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Liban-" rel="directory"&gt;Liban&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;16 ao&#251;t 2006&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution adopt&#233;e par le Conseil de S&#233;curit&#233; des Nations unies le 11 ao&#251;t 2006 n'a pleinement satisfait ni Isra&#235;l ni Washington ni le Hezbollah. Cela ne signifie pas qu'elle est &#171; juste et &#233;quilibr&#233;e &#187;, mais seulement qu'elle est l'expression temporaire d'une impasse militaire. Le Hezbollah n'est pas parvenu &#224; infliger une d&#233;faite militaire majeure &#224; Isra&#235;l - possibilit&#233; exclue de toute fa&#231;on par la disproportion des forces en pr&#233;sence, tout comme il avait &#233;t&#233; impossible &#224; la r&#233;sistance vietnamienne d'infliger une d&#233;faite militaire majeure aux Etats-Unis. Mais Isra&#235;l non plus n'est pas parvenu &#224; infliger au Hezbollah une d&#233;faite militaire majeure- ou m&#234;me quelque d&#233;faite que ce soit, en r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En ce sens, le Hezbollah est sans doute aucun le v&#233;ritable vainqueur sur le plan politique et Isra&#235;l le v&#233;ritable vaincu de cette guerre de 33 jours d&#233;clench&#233;e le 12 juillet, et aucun discours d'Ehud Olmert ou de George W. Bush ne pourra contredire cette v&#233;rit&#233; flagrante (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de comprendre ce qui est en jeu, il est n&#233;cessaire de r&#233;sumer les objectifs de l'offensive d'Isra&#235;l, endoss&#233;s par les Etats-Unis. Le but central que visait l'attaque isra&#233;lienne &#233;tait, bien s&#251;r, la destruction du Hezbollah. Isra&#235;l chercha &#224; atteindre cet objectif &#224; travers la combinaison de trois moyens principaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier moyen consistait &#224; porter un coup fatal au Hezbollah en menant une campagne de bombardement &#171; post-h&#233;ro&#239;que &#187; - autrement dit, d'une grande l&#226;chet&#233; - en tirant profit de la &#171; sup&#233;riorit&#233; &#233;crasante et asym&#233;trique &#187; de la force de frappe isra&#233;lienne. La campagne visait &#224; couper le Hezbollah de ses lignes de ravitaillements, d&#233;truire une bonne partie de son infrastructure militaire (stock de fus&#233;es, lance-missiles, etc.), &#233;liminer un grand nombre de ses combattants, et d&#233;capiter le mouvement en assassinant Hassan Nasrallah et d'autres dirigeants de l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second moyen utilis&#233; consistait &#224; retourner contre le Hezbollah sa base de masse parmi les chiites libanais, Isra&#235;l d&#233;signant &#224; cette fin le parti comme responsable de leur trag&#233;die et ce au moyen d'une campagne fr&#233;n&#233;tique de guerre psychologique. Cela supposait, bien entendu, qu'Isra&#235;l inflige aux chiites libanais un d&#233;sastre &#224; grande &#233;chelle par une campagne extensive de bombardements criminels rasant d&#233;lib&#233;r&#233;ment des villages et des quartiers en totalit&#233;, et tuant des centaines et des centaines de civils. Ce n'&#233;tait pas la premi&#232;re fois qu'Isra&#235;l avait recours &#224; ce genre de stratag&#232;me, qui constitue un crime de guerre classique. Quand l'OLP &#233;tait active au Liban sud, dans ce qui &#233;tait surnomm&#233; le &#171; Fatahland &#187; avant la premi&#232;re invasion isra&#233;lienne en 1978, Isra&#235;l avait pour habitude de pilonner lourdement les zones habit&#233;es autour des points d'o&#249; des projectiles &#233;taient lanc&#233;s contre son territoire, m&#234;me si ceux-ci &#233;taient lanc&#233;s depuis des terrains vagues. &#192; l'&#233;poque, ce stratag&#232;me avait r&#233;ussi &#224; ali&#233;ner &#224; l'OLP une partie importante de la population du Liban sud, facilit&#233; par le fait que des directions r&#233;actionnaires repr&#233;sentaient encore une force majeure dans la r&#233;gion et que les combattants palestiniens pouvaient facilement &#234;tre rejet&#233;s comme des intrus en raison de leur comportement g&#233;n&#233;ralement d&#233;sastreux. Cette fois-ci, &#233;tant donn&#233; le statut incomparablement meilleur dont jouit le Hezbollah parmi la population chiite, Isra&#235;l a pens&#233; qu'il pouvait atteindre le m&#234;me r&#233;sultat tout simplement en augmentant de fa&#231;on spectaculaire l'&#233;tendue et la brutalit&#233; de la punition collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me moyen consistait &#224; perturber massivement et gravement la vie de l'ensemble des Libanais, en les prenant en otage au moyen d'un blocus a&#233;rien, maritime et terrestre afin d'inciter la population, en particulier les communaut&#233;s autres que chiites, contre le Hezbollah et cr&#233;er ainsi un climat propice &#224; une action militaire de l'arm&#233;e libanaise contre l'organisation chiite. C'est la raison pour laquelle, au d&#233;but de l'offensive, les responsables isra&#233;liens ont d&#233;clar&#233; qu'ils ne souhaitaient voir aucune force, except&#233; l'arm&#233;e libanaise, se d&#233;ployer au Liban sud, rejetant en particulier la perspective d'une force internationale et d&#233;nigrant celle qui &#233;tait d&#233;j&#224; en place : l'Unifil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet &#233;tait en fait l'objectif poursuivi par Washington et Paris depuis qu'ils avaient &#339;uvr&#233; ensemble &#224; produire la r&#233;solution 1559 du Conseil de S&#233;curit&#233; de l'ONU en septembre 2004, qui appelait au retrait des troupes syriennes du Liban et au &#171; d&#233;mant&#232;lement et d&#233;sarmement de toutes les milices libanaises et non libanaises &#187;, c'est-&#224;-dire le Hezbollah et les organisations palestiniennes dans les camps de r&#233;fugi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Washington cr&#251;t qu'une fois les troupes syriennes retir&#233;es du Liban, l'arm&#233;e libanaise, &#233;quip&#233;e et form&#233;e principalement par le Pentagone, serait capable de &#171; d&#233;manteler et d&#233;sarmer &#187; le Hezbollah &#187;. L'arm&#233;e syrienne se retira effectivement du Liban en avril 2005, non pas en raison de la pression de Washington et Paris, mais &#224; cause des bouleversements politiques et de la mobilisation de masse qui avaient r&#233;sult&#233; de l'assassinat, en f&#233;vrier de la m&#234;me ann&#233;e, de l'ancien Premier ministre libanais Rafik Hariri, un alli&#233; tr&#232;s proche de la classe dirigeante saoudienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quilibre des forces en pr&#233;sence dans le pays, &#224; la lumi&#232;re des manifestations et contre-manifestations gigantesques que l'assassinat avaient provoqu&#233;es, n'a pas permis &#224; la coalition alli&#233;e aux Etats-Unis d'envisager un r&#232;glement de la question du Hezbollah par la force. Elle fut m&#234;me oblig&#233;e de participer aux &#233;lections parlementaires du mois de mai suivant dans le cadre d'une grande coalition comprenant le Hezbollah et de gouverner ensuite le pays avec un gouvernement de coalition incluant deux ministres membres de l'organisation chiite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;sultat d&#233;cevant d&#233;cida Washington &#224; donner son feu vert &#224; Isra&#235;l pour son intervention militaire. Il ne fallait plus que trouver un pr&#233;texte ad&#233;quat, qui fut fourni par l'op&#233;ration men&#233;e par le Hezbollah le 12 juillet de l'autre c&#244;t&#233; de la fronti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'aune de l'objectif central et des trois moyens d&#233;crits plus haut, l'offensive isra&#233;lienne a &#233;t&#233; un &#233;chec total et flagrant. Le plus &#233;vident, c'est que le Hezbollah n'a pas &#233;t&#233; d&#233;truit, loin de l&#224;. Le parti a maintenu l'essentiel de sa structure politique et de sa force militaire, s'offrant m&#234;me le luxe de bombarder le nord d'Isra&#235;l jusqu'au dernier moment pr&#233;c&#233;dant le cessez-le-feu du matin du 14 ao&#251;t. Il n'a pas &#233;t&#233; coup&#233; de sa base de masse, parvenant plut&#244;t &#224; l'&#233;tendre consid&#233;rablement, non seulement parmi les chiites libanais mais &#233;galement au sein des autres communaut&#233;s religieuses libanaises, sans parler de l'immense prestige que cette guerre lui a valu, surtout dans la r&#233;gion arabe et dans le reste du monde musulman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour compl&#233;ter le tableau, tout cela a conduit &#224; une &#233;volution de la balance des forces au Liban dans une direction qui est &#224; l'exact oppos&#233; de ce que Washington et Isra&#235;l souhaitaient : le Hezbollah est sorti de la bataille beaucoup plus fort et plus craint encore par ses adversaires d&#233;clar&#233;s ou non d&#233;clar&#233;s, les amis des Etats-Unis et du royaume saoudien. Le gouvernement libanais a essentiellement pris le parti du Hezbollah durant les combats, faisant de la protestation contre l'agression isra&#233;lienne sa priorit&#233; (2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul besoin d'insister davantage sur l'&#233;chec tr&#232;s flagrant d'Isra&#235;l : il suffit de lire l'avalanche de commentaires critiques tr&#232;s r&#233;v&#233;lateurs &#233;manant de sources isra&#233;liennes. L'une des critiques les plus vives a &#233;t&#233; exprim&#233;e par Moshe Arens, trois fois ministre de la &#171; d&#233;fense &#187; d'Isra&#235;l, expert incontestable en la mati&#232;re. Il a &#233;crit un petit article dans Haaretz qui en dit long :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ils [Ehud Olmert, Amir Peretz et Tzipi Livni ] ont eu quelques jours de gloire lorsqu'ils ont cru que le bombardement du Liban par l'arm&#233;e de l'air isra&#233;lienne mettrait en pi&#232;ces le Hezbollah et nous apporterait une victoire sans peine. Mais alors que la guerre qu'ils ont dirig&#233;e si maladroitement s'&#233;puisait... ils se sont progressivement d&#233;gonfl&#233;s. Ici et l&#224;, ils ont encore l&#226;ch&#233; quelques d&#233;clarations belliqueuses, mais ils ont commenc&#233; &#224; chercher une porte de sortie - un moyen de se sortir de la tournure prise par des &#233;v&#233;nements qu'ils ont &#233;t&#233; manifestement incapables de ma&#238;triser. Ils ont cherch&#233; &#224; se raccrocher &#224; une chim&#232;re, et quelle meilleure chim&#232;re que le Conseil de S&#233;curit&#233; des Nations unies. Nul besoin de r&#233;aliser une victoire militaire contre le Hezbollah. Que les Nations unies d&#233;clarent un cessez-le-feu, et Olmert, Peretz, et Livini pourront simplement d&#233;clarer victoire, que vous y croyez ou non... La guerre qui, selon nos dirigeants, &#233;tait suppos&#233;e r&#233;tablir la capacit&#233; de dissuasion d'Isra&#235;l, a r&#233;ussi &#224; la d&#233;truire en un mois. &#187; (3)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arens dit vrai : lorsque Isra&#235;l s'est av&#233;r&#233; de plus en plus &#234;tre incapable d'atteindre l'un quelconque des buts qu'il s'&#233;tait fix&#233;s au d&#233;but de sa nouvelle guerre, il a commenc&#233; &#224; chercher une porte de sortie. Tandis qu'il compensait son &#233;chec par une escalade dans la fureur destructrice et vengeresse d&#233;vers&#233;e sur le Liban, ses commanditaires am&#233;ricains chang&#232;rent d'attitude &#224; l'ONU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir gagn&#233; du temps pour Isra&#235;l en bloquant toute tentative de formuler une r&#233;solution du Conseil de S&#233;curit&#233; appelant &#224; un cessez-le-feu - un des cas les plus graves de paralysie de l'institution intergouvernementale en ses 61 ann&#233;es d'existence - Washington a d&#233;cid&#233; de prendre la rel&#232;ve en continuant la guerre d'Isra&#235;l par des moyens diplomatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En changeant d'attitude, Washington s'est rapproch&#233; de nouveau de Paris sur le dossier libanais. Ayant en commun avec les Etats-Unis, ses concurrents, le d&#233;sir de tirer profit de la richesse des Saoudiens, notamment en leur vendant du mat&#233;riel militaire (4), Paris prend r&#233;guli&#232;rement et de fa&#231;on opportuniste le parti des Saoudiens &#224; chaque fois qu'&#233;mergent des tensions entre les projets de Washington et les soucis de ses plus anciens clients et prot&#233;g&#233;s du Moyen-Orient. La nouvelle guerre men&#233;e par Isra&#235;l au Liban a fourni une telle occasion : d&#232;s que l'agression criminelle d'Isra&#235;l s'est av&#233;r&#233;e contre-productive du point de vue de la famille r&#233;gnante saoudienne, terrifi&#233;e par la perspective d'une d&#233;stabilisation croissante du Moyen-Orient qui pourrait &#234;tre fatale &#224; ses int&#233;r&#234;ts, les Saoudiens ont r&#233;clam&#233; la cessation du conflit et la recherche de solutions de rechange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris s'est imm&#233;diatement prononc&#233; en faveur de cette attitude et Washington a fini par suivre, mais seulement apr&#232;s avoir donn&#233; &#224; l'agression isra&#233;lienne quelques jours de plus pour essayer de marquer quelques points et sauver sa face sur le plan militaire. Le premier projet de r&#233;solution pr&#233;par&#233; par les deux capitales a circul&#233; aux Nations unies le 5 ao&#251;t. C'&#233;tait une tentative flagrante de parvenir diplomatiquement &#224; ce qu'Isra&#235;l n'avait pas r&#233;ussi &#224; accomplir militairement. Tout en proclamant un &#171; soutien fort &#187; &#224; la souverainet&#233; du Liban, le projet appelait n&#233;anmoins &#224; la r&#233;ouverture de ses ports et a&#233;roports uniquement &#171; &#224; des fins strictement civiles de fa&#231;on v&#233;rifiable &#187; et pr&#233;voyait l'instauration d'un &#171; embargo international sur la vente ou la fourniture d'armes ou de mat&#233;riel connexe au Liban, except&#233; ce qui est autoris&#233; par son gouvernement &#187; - en d'autres termes, un embargo sur le Hezbollah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet franco-am&#233;ricain r&#233;affirmait la r&#233;solution 1559, tout en appelant &#224; une autre r&#233;solution qui aurait autoris&#233; &#171; en vertu du chapitre VII de la Charte, le d&#233;ploiement d'une force internationale mandat&#233;e par les Nations unies pour aider les forces arm&#233;es et le gouvernement du Liban &#224; &#233;tablir un environnement s&#251;r et contribuer &#224; la mise en pratique d'un cessez-le-feu permanent et d'une solution &#224; long terme &#187;. Cette formulation est si vague qu'elle ne pouvait que d&#233;signer, en r&#233;alit&#233;, une force internationale autoris&#233;e &#224; entreprendre des op&#233;rations militaires (chapitre VII de la Charte de l'ONU) en vue de l'application de la r&#233;solution 1559 par la force, en alliance avec l'arm&#233;e libanaise. De plus, aucune disposition ne limitait cette force &#224; la zone au sud du fleuve Litani, qui, d'apr&#232;s le projet de r&#233;solution, devait &#234;tre une zone sans armement du Hezbollah - la zone qu'Isra&#235;l a revendiqu&#233;e comme espace de s&#233;curit&#233; apr&#232;s avoir &#233;chou&#233; &#224; se d&#233;barrasser du Hezbollah dans le reste du Liban. Cela signifiait que la force des Nations unies aurait pu &#234;tre appel&#233;e &#224; intervenir contre l'organisation chiite dans le reste du Liban.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet cependant n'&#233;tait absolument pas autoris&#233; par ce qu'Isra&#235;l avait pu accomplir sur le terrain et il fut d&#233;jou&#233; par cons&#233;quent. Le Hezbollah s'y opposa fermement, faisant savoir clairement qu'il n'admettrait aucune force internationale autre que la Finul, la force onusienne d&#233;ploy&#233;e le long de la fronti&#232;re du Liban avec Isra&#235;l (la &#171; ligne bleue &#187;) depuis 1978. Le gouvernement libanais se fit l'&#233;cho de l'opposition du Hezbollah et demanda la modification du projet, soutenu en ch&#339;ur par les Etats arabes y compris les clients des Etats-Unis. Washington n'eut alors d'autre choix que de r&#233;viser le projet, qui, de toute fa&#231;on, n'aurait pas &#233;t&#233; avalis&#233; par le Conseil de S&#233;curit&#233;. De plus, l'alli&#233; de Washington dans cette affaire, Jacques Chirac, dont le pays est pressenti pour fournir la majeure partie de la force internationale et la diriger, avait lui-m&#234;me d&#233;clar&#233; publiquement deux semaines apr&#232;s le d&#233;but des combats qu'aucun d&#233;ploiement ne serait possible sans accord pr&#233;alable avec le Hezbollah (5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet fut donc r&#233;vis&#233; et ren&#233;goci&#233;, tandis que Washington demandait &#224; Isra&#235;l de brandir la menace d'une offensive terrestre majeure et de commencer &#224; la mettre &#224; ex&#233;cution en guise de pression pour que Washington puisse obtenir les meilleures conditions possibles de son point de vue. Afin de faciliter un accord menant &#224; un cessez-le-feu qui devenait de plus en plus urgent pour des raisons humanitaires, le Hezbollah accepta le d&#233;ploiement de 15.000 soldats libanais au sud du Litani et assouplit sa position g&#233;n&#233;rale. C'est ainsi que la r&#233;solution 1701 put passer au Conseil de S&#233;curit&#233; le 11 ao&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concession principale faite par Washington et Paris a &lt;br class='autobr' /&gt;
consist&#233; &#224; abandonner le projet de cr&#233;er une force multinationale ad hoc r&#233;gie par le chapitre VII. &#192; la place, la r&#233;solution autorise &#171; l'accroissement de la force de la FINUL jusqu'&#224; un maximum de 15.000 soldats &#187;, r&#233;organisant ainsi et gonflant consid&#233;rablement la force existante. L'astuce principale consistait, cependant, &#224; red&#233;finir le mandat de cette force de fa&#231;on &#224; ce qu'elle puisse &#171; assister les forces arm&#233;es libanaises en prenant des mesures &#187; pour &#171; l'&#233;tablissement entre la Ligne Bleue et le fleuve Litani d'une zone libre de tout personnel arm&#233;, &#233;quipement ou armement autres que ceux du gouvernement libanais et de la FINUL &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La FINUL peut maintenant, &#233;galement, &#171; entreprendre toute action n&#233;cessaire dans les zones de d&#233;ploiement de ses forces et selon ce qu'elle consid&#232;re relever de ses capacit&#233;s, pour s'assurer que sa zone d'op&#233;ration n'est pas utilis&#233;e pour des activit&#233;s hostiles de quelque nature que ce soit &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combin&#233;es, les deux formulations pr&#233;c&#233;dentes se rapprochent beaucoup d'un mandat sous chapitre VII ou, en tout cas, pourraient ais&#233;ment &#234;tre interpr&#233;t&#233;es de cette fa&#231;on. De plus, le mandat de la FINUL est &#233;tendu de fait par la r&#233;solution 1701 au-del&#224; de ses &#171; zones de d&#233;ploiement &#187; puisqu'elle peut maintenant &#171; aider le gouvernement libanais &#224; sa demande &#187; dans ses efforts pour &#171; s&#233;curiser ses fronti&#232;res et autres points d'entr&#233;e afin d'emp&#234;cher l'entr&#233;e au Liban d'armes ou de mat&#233;riel connexe &#187; - une phrase qui ne se r&#233;f&#232;re certainement pas aux fronti&#232;res du Liban avec Isra&#235;l, mais bien &#224; sa fronti&#232;re avec la Syrie, qui s'&#233;tend du nord au sud du pays. Ce sont ces points-ci qui repr&#233;sentent les principaux pi&#232;ges contenus dans la r&#233;solution 1701, et non la formulation concernant le retrait de l'arm&#233;e d'occupation isra&#233;lienne sur laquelle beaucoup de commentaires se sont concentr&#233;s, puisque ce retrait est d&#233;termin&#233; en tout cas par la force dissuasive du Hezbollah et non par une quelconque r&#233;solution onusienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Hezbollah d&#233;cida de donner son feu vert &#224; l'approbation par le gouvernement libanais de la r&#233;solution 1701. Hassan Nasrallah pronon&#231;a un discours le 12 ao&#251;t, dans lequel il expliqua la d&#233;cision du parti de donner son accord pour le d&#233;ploiement mandat&#233; par les Nations unies. Son discours comprenait une &#233;valuation de la situation beaucoup plus sobre que dans certains de ses discours pr&#233;c&#233;dents, ainsi qu'une bonne dose de sagesse politique. &#171; Aujourd'hui, dit Nasrallah, nous sommes devant les r&#233;sultats naturels raisonnables et possibles de la grande fermet&#233; que les Libanais ont exprim&#233;e &#224; partir de leurs diverses positions &#187;. Cette sobri&#233;t&#233; &#233;tait n&#233;cessaire, car une revendication de victoire pr&#233;somptueuse, comme celles qu'ont faites &#224; bon compte les supporters du Hezbollah &#224; Damas ou T&#233;h&#233;ran, aurait oblig&#233; Nasrallah &#224; ajouter, comme le roi Pyrrhus de la Gr&#232;ce antique, &#171; Encore une victoire comme celle-ci et je serai perdu &#187;. Le chef du Hezbollah a prudemment et explicitement refus&#233; d'entrer dans une pol&#233;mique sur les r&#233;sultats de la guerre, soulignant que &#171; notre vraie priorit&#233; &#187; est de stopper l'agression, de r&#233;cup&#233;rer les territoires occup&#233;s et de &#171; r&#233;aliser la s&#233;curit&#233; et la stabilit&#233; dans notre pays, ainsi que le retour des r&#233;fugi&#233;s et des personnes d&#233;plac&#233;es &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nasrallah d&#233;finit la position de son mouvement comme suit : respecter le cessez-le-feu, coop&#233;rer pleinement avec &#171; tout ce qui peut faciliter le retour des r&#233;fugi&#233;s et personnes d&#233;plac&#233;es chez eux, dans leurs maisons et tout ce qui peut faciliter les op&#233;rations humanitaires et de secours &#187;. En m&#234;me temps, il affirma que son mouvement est dispos&#233; &#224; poursuivre le combat l&#233;gitime contre l'arm&#233;e isra&#233;lienne aussi longtemps qu'elle demeurerait en territoire libanais, tout en proposant de respecter les accords de 1996 en vertu desquels les op&#233;rations des deux camps seraient restreintes aux cibles militaires et &#233;pargneraient les civils. &#192; cet &#233;gard, Nasrallah a insist&#233; sur le fait que son mouvement n'a commenc&#233; &#224; pilonner le nord d'Isra&#235;l qu'en r&#233;action aux bombardements isra&#233;liens du Liban &#224; la suite de l'op&#233;ration du 12 juillet, et que c'est Isra&#235;l qu'il faut bl&#226;mer pour avoir, le premier, &#233;tendu la guerre aux populations civiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nasrallah exposa ensuite une position au sujet de la r&#233;solution 1701 qui pourrait &#234;tre d&#233;crite de la fa&#231;on la plus pr&#233;cise comme une approbation avec beaucoup de r&#233;serves, en attente de v&#233;rification dans la mise en pratique. Il exprima une protestation contre le caract&#232;re injuste de la r&#233;solution qui s'est abstenue dans ses pr&#233;ambules de condamner Isra&#235;l pour son agression et ses crimes de guerre, en ajoutant cependant qu'elle aurait pu &#234;tre bien pire encore et manifestant son appr&#233;ciation pour les efforts diplomatiques ayant permis d'&#233;viter cela. Son argument central fut de souligner le fait que le Hezbollah consid&#232;re nombre de probl&#232;mes trait&#233;s par la r&#233;solution comme &#233;tant des affaires int&#233;rieures libanaises devant &#234;tre discut&#233;es et r&#233;gl&#233;es par les Libanais eux-m&#234;mes. Il mit l'accent &#224; ce propos sur la pr&#233;servation de l'unit&#233; et de la solidarit&#233; nationales libanaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les circonstances donn&#233;es, la position de Nasrallah &#233;tait la plus correcte possible. Le Hezbollah a d&#251; faire des concessions pour faciliter la fin de la guerre. Comme toute la population libanaise &#233;tait prise en otage par Isra&#235;l, toute attitude intransigeante aurait eu des cons&#233;quences humanitaires d&#233;sastreuses en plus des r&#233;sultats &#233;pouvantables de la furie meurtri&#232;re et destructrice d'Isra&#235;l. Le Hezbollah sait parfaitement que le v&#233;ritable enjeu tient beaucoup moins aux termes d'une r&#233;solution du Conseil de S&#233;curit&#233; qu'&#224; son interpr&#233;tation et son application effectives, et que ce sont la situation et le rapport des forces sur le terrain qui sont d&#233;terminants &#224; cet &#233;gard. En r&#233;ponse aux fanfaronnades de Georges W. Bush et d'Ehud Olmert au sujet de leur victoire que traduirait, selon eux, la r&#233;solution 1701, il suffit de citer la r&#233;ponse anticip&#233;e de Moshe Arens dans l'article d&#233;j&#224; mentionn&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La rh&#233;torique appropri&#233;e a d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; fuser. Quelle importance si le monde entier voit cet arrangement diplomatique, auquel Isra&#235;l a adh&#233;r&#233; alors qu'il recevait encore sa dose quotidienne de missiles, comme la d&#233;faite inflig&#233;e &#224; Isra&#235;l par quelques milliers de combattants du Hezbollah ? Et quelle importance si personne ne croit qu'une force &#8220;raffermie&#8221; de la Finul d&#233;sarmera le Hezbollah, et que le Hezbollah, avec des milliers de missiles encore dans son arsenal et vraiment raffermi par sa victoire en un mois contre la puissante arm&#233;e isra&#233;lienne, va maintenant devenir un partenaire pour la paix ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; continuation de la guerre par d'autres moyens &#187; a d&#233;j&#224; d&#233;but&#233; en force au Liban. Quatre questions principales sont en jeu, ici expos&#233;es dans l'ordre inverse de leur priorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re, sur le plan int&#233;rieur libanais, est le sort du cabinet. La majorit&#233; parlementaire existante au Liban est le r&#233;sultat d'&#233;lections men&#233;es sous le couvert d'une loi &#233;lectorale d&#233;fectueuse et d&#233;formatrice, impos&#233;e par l'ancien r&#233;gime domin&#233; par les Syriens. L'une de ses cons&#233;quences majeures a &#233;t&#233; la d&#233;formation de la repr&#233;sentation de l'&#233;lectorat chr&#233;tien, avec une forte sous-repr&#233;sentation du mouvement conduit par le G&#233;n&#233;ral Michel Aoun qui, apr&#232;s les &#233;lections, a nou&#233; une alliance avec le Hezbollah. De plus, la r&#233;cente guerre a profond&#233;ment alt&#233;r&#233; le moral politique de la population libanaise et la l&#233;gitimit&#233; de la majorit&#233; parlementaire actuelle est fortement discutable de ce fait. Bien entendu, un changement de gouvernement en faveur du Hezbollah et de ses alli&#233;s alt&#233;rerait radicalement le sens de la r&#233;solution 1701 dans la mesure o&#249; son interpr&#233;tation d&#233;pend beaucoup de l'attitude du gouvernement libanais. &#192; cet &#233;gard, un des principaux soucis est d'&#233;viter le d&#233;rapage vers une nouvelle guerre civile au Liban : c'est ce que Hassan Nasrallah avait en t&#234;te lorsqu'il souligna l'importance de &#171; l'unit&#233; nationale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me question, qui concerne &#233;galement les affaires int&#233;rieures libanaises, est l'effort de reconstruction. Hariri et ses alli&#233;s saoudiens avaient construit leur influence politique au Liban en dominant les efforts de reconstruction qui avaient fait suite &#224; la guerre de 15 ans achev&#233;e en 1990. Cette fois, ils seront confront&#233;s &#224; une forte concurrence men&#233;e par le Hezbollah, soutenu par l'Iran et avec l'avantage de ses liens &#233;troits avec la population libanaise chiite, principale cible de la guerre vengeresse d'Isra&#235;l. Comme l'analyste militaire tr&#232;s connu Ze'ev Schiff l'a &#233;crit dans Haaretz : &#171; Beaucoup d&#233;pendra aussi de qui aidera &#224; la reconstruction du Liban sud. Si c'&#233;tait l'&#339;uvre du Hezbollah, la population chiite du Liban sud serait l'oblig&#233;e de T&#233;h&#233;ran. Cela devrait &#234;tre emp&#234;ch&#233;. &#187; (6) Ce message a &#233;t&#233; re&#231;u cinq sur cinq &#224; Washington, Riyad et Beyrouth et aujourd'hui m&#234;me des articles sonnent l'alarme &#224; ce sujet dans les principaux journaux aux Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me question est naturellement celle du d&#233;sarmement du Hezbollah dans la zone d&#233;limit&#233;e au Liban sud pour le d&#233;ploiement de l'arm&#233;e libanaise et de la FINUL r&#233;organis&#233;e. Le maximum que le Hezbollah est dispos&#233; &#224; conc&#233;der &#224; cet &#233;gard, c'est de &#171; cacher &#187; ses armes au sud du Litani, c'est-&#224;-dire &#233;viter de les exposer et les stocker dans des lieux secrets. Tout pas allant au-del&#224;, sans m&#234;me mentionner le d&#233;sarmement du Hezbollah dans l'ensemble du Liban, est li&#233; par l'organisation &#224; une s&#233;rie de conditions qui vont de la r&#233;cup&#233;ration par le Liban des fermes de Chebaa, occup&#233;es par Isra&#235;l depuis 1967, &#224; l'&#233;mergence d'un gouvernement et d'une arm&#233;e capables de d&#233;fendre la souverainet&#233; du pays contre Isra&#235;l et d&#233;termin&#233;s &#224; le faire. Cette question repr&#233;sente le premier probl&#232;me majeur sur lequel l'application de la r&#233;solution 1701 pourrait tr&#233;bucher, puisque aucun pays au monde n'est actuellement en position de d&#233;sarmer le Hezbollah par la force, t&#226;che &#224; laquelle la plus formidable arm&#233;e moderne du Moyen-Orient, et l'une des principales puissances militaires du monde, a compl&#232;tement failli. Cela signifie que toute force d&#233;ploy&#233;e au sud du Litani, qu'elle soit libanaise ou mandat&#233;e par l'ONU, devra accepter l'offre du Hezbollah, avec ou sans d&#233;guisement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La quatri&#232;me question est, bien s&#251;r, celle de la composition et de la mission des nouveaux contingents de la FINUL. Le plan initial de Washington et Paris &#233;tait de refaire au Liban ce qui a lieu en Afghanistan o&#249; une force suppl&#233;tive de l'OTAN, avec une feuille de vigne onusienne, m&#232;ne la guerre de Washington. Mais la r&#233;sistance militaire aussi bien que politique du Hezbollah a contrecarr&#233; ce plan. Washington et Paris ont tout de m&#234;me cru qu'il pourrait l'ex&#233;cuter, graduellement et sous camouflage, jusqu'&#224; ce que les conditions politiques soient r&#233;unies au Liban pour une &#233;preuve de force opposant l'OTAN et ses alli&#233;s locaux au Hezbollah. Effectivement, les pays cens&#233;s envoyer les principaux contingents sont tous membres de l'OTAN : avec la France, l'Italie et la Turquie sont en attente, tandis que l'Allemagne et l'Espagne sont sollicit&#233;es avec insistance pour les suivre. Cependant le Hezbollah n'est pas dupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d&#233;j&#224; &#224; l'&#339;uvre pour dissuader la France d'ex&#233;cuter son plan d'envoyer des troupes d'&#233;lite, soutenues par son unique porte-avion mouillant en M&#233;diterran&#233;e au large des c&#244;tes libanaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la derni&#232;re question, le mouvement anti-guerre dans les pays de l'OTAN pourrait aider grandement la r&#233;sistance nationale libanaise et la cause de la paix au Liban en se mobilisant contre l'exp&#233;dition de forces de pays membres de l'OTAN, contribuant ainsi &#224; dissuader les gouvernements de ces pays d'aider Washington et Isra&#235;l dans leur sale boulot. Ce dont le Liban a besoin, c'est d'une force v&#233;ritablement neutre de maintien de la paix &#224; sa fronti&#232;re sud et, surtout, que l'on permette &#224; son peuple de r&#233;gler ses probl&#232;mes internes par des moyens politiques pacifiques. Toute autre voie conduirait au renouvellement de la guerre civile libanaise au moment o&#249; le Moyen-Orient, et le monde entier en l'occurrence, ont d&#233;j&#224; beaucoup de difficult&#233; &#224; faire face aux cons&#233;quences de la guerre civile que Washington a d&#233;clench&#233;e et qu'il continue d'alimenter en Irak.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Notes :&lt;br class='autobr' /&gt;
(1) Sur les implications r&#233;gionales et mondiales de ces &#233;v&#233;nements, voir mon article &#171; Le navire en perdition des desseins imp&#233;riaux &#233;tats-uniens &#187;, mis en ligne le 7 ao&#251;t 2006 sur Znet.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Comme l'a dit un observateur isra&#233;lien dans un article au titre fort r&#233;v&#233;lateur : &#171; Ce fut une erreur de penser que la pression militaire pourrait g&#233;n&#233;rer un processus qui am&#232;nerait le gouvernement libanais &#224; d&#233;sarmer le Hezbollah. &#187; Efraim Inbar, &#171; Prepare for the next round &#187;, Jerusalem Post, 15 ao&#251;t 2006._&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) Moshe Arens, &#171; Let the devil take tomorrow &#187;, Haaretz, 13 ao&#251;t 2006.&lt;br class='autobr' /&gt;
(4) Tant les Etats-Unis que la France ont conclu d'importants contrats d'armement avec les Saoudiens en juillet.&lt;br class='autobr' /&gt;
(5) Interview accord&#233;e au journal Le Monde, 27 juillet 2006.&lt;br class='autobr' /&gt;
(6) Ze'ev Schiff, &#171; Delayed ground offensive clashes with diplomatic timetable &#187;, Haaretz, 13 ao&#251;t 2006.&lt;br class='autobr' /&gt;
ACHCAR Gilbert&lt;br class='autobr' /&gt;
* Traduction de l'anglais par Val&#233;rie Letellier, r&#233;vis&#233;e par l'auteur.&lt;br class='autobr' /&gt;
* Gilbert Achcar est originaire du Liban et enseigne les sciences politiques &#224; l'Universit&#233; de Paris-VIII. Son livre le plus connu Le choc des barbaries est paru en &#233;dition de poche (10/18) en 2004. Un livre de ses dialogues avec Noam Chomsky sur le Moyen-Orient, Perilous Power, &#233;dit&#233; par Stephen R. Shalom, para&#238;tra bient&#244;t en traduction fran&#231;aise aux &#233;ditions Fayard.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Qu&#233;bec se mobilise pour la justice et la paix au Liban...maintenant !</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Le-Quebec-se-mobilise-pour-la-justice-et-la-paix-au-Liban-maintenant</link>
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		<dc:date>2006-08-03T14:39:42Z</dc:date>
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		<dc:subject>Liban</dc:subject>

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&lt;p&gt;MANIFESTATION DIMANCHE le 6 ao&#251;t 2006 &#224; 13h00 &#224; Montr&#233;al &lt;br class='autobr' /&gt;
Lieu de rassemblement : Parc Lafontaine (coin De La Roche et Rachel) &lt;br class='autobr' /&gt; Depuis le 12 juillet 2006, le Liban est devenu un pays martyr. Au nom de son droit l&#233;gitime &#224; vivre en s&#233;curit&#233;, Isra&#235;l a plong&#233; le Liban dans l'ins&#233;curit&#233; totale. Par terre, par mer et par air, les bombardements n'en finissent plus de mettre le Liban &#224; feu et &#224; sang. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;sultat de cette agression &#171; mesur&#233;e &#187; selon le premier ministre du Canada ? Plus de 800 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Liban-" rel="directory"&gt;Liban&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Liban-186-+" rel="tag"&gt;Liban&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;MANIFESTATION&lt;br class='autobr' /&gt;
DIMANCHE le 6 ao&#251;t 2006 &#224; 13h00 &#224; Montr&#233;al&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lieu de rassemblement : Parc Lafontaine (coin De La Roche et Rachel)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis le 12 juillet 2006, le Liban est devenu un pays martyr. Au nom de son droit l&#233;gitime &#224; vivre en s&#233;curit&#233;, Isra&#235;l a plong&#233; le Liban dans l'ins&#233;curit&#233; totale. Par terre, par mer et par air, les bombardements n'en finissent plus de mettre le Liban &#224; feu et &#224; sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat de cette agression &#171; mesur&#233;e &#187; selon le premier ministre du Canada ? Plus de 800 civils morts, plus de 3000 bless&#233;s, pr&#232;s d'un million de personnes d&#233;plac&#233;es, la totalit&#233; des infrastructures d&#233;truites (a&#233;roport, routes, maisons, moyens de communication, usines, etc), les plages envahies par une mar&#233;e noire suite aux bombardement de r&#233;serves de p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le symbole de cette folie meurtri&#232;re ? Les corps d&#233;chiquet&#233;s des enfants innocents de Cana.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, l'arm&#233;e isra&#233;lienne continue de bombarder et de tuer des civils palestiniens dans la bande de Gaza et dans les territoires occup&#233;s de la Cisjordanie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NOUS INVITONS les Qu&#233;b&#233;cois et les Qu&#233;b&#233;coises &#224; protester &#233;nergiquement contre la position unilat&#233;ralement pro-isra&#233;lienne et pro-Bush du gouvernement Harper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NOUS INVITONS les Qu&#233;b&#233;coises et les Qu&#233;b&#233;cois &#224; marcher pour :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; exiger, maintenant, l'arr&#234;t des bombardements et un cessez-le-feu imm&#233;diat et sans condition ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; demander le respect des conventions internationales et de &#171; toutes &#187; les r&#233;solutions de l'ONU reli&#233;es &#224; ce conflit
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; exiger que le gouvernement Harper se dissocie de la politique des &#201;tats-Unis et fasse plut&#244;t la promotion de la justice et de la paix au Proche-Orient
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; manifester notre solidarit&#233; envers les peuples libanais et palestinien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DIMANCHE le 6 ao&#251;t 2006 &#224; 13h00&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lieu de rassemblement : &lt;br class='autobr' /&gt;
Parc Lafontaine (coin De La Roche et Rachel)- Montr&#233;al&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Aide M&#233;dicale pour la Palestine (AMP), Alternatives, Al Siraj Foundation, Annahda Cultural and Social Centre, Artiste pour la paix, Association Al-Hidaya , Association Al-Rissala Libano-Canadienne, Association de Culture et H&#233;ritage Libanais (LCHA), Union des Associations &#201;tudiantes Musulmanes (UMSA), Association of Islamic Charitable Projects, Association des Jeunes Libanais Musulmans, Association de Musulman Canadien (MAC), Bloc Qu&#233;b&#233;cois (BQ), Canadian Muslim Forum, Canado &#201;gyptien pour la d&#233;mocratie (CEPD), Coalition contre la d&#233;portation des r&#233;fugi&#233;(e)s palestinien(ne)s, Centrale des services du Qu&#233;bec (CSQ), Centre Culturel Libanais (CCL), Centre Libanais Islamique de Montr&#233;al, CanadienNEs pour la Justice et la paix au Moyen Orient (CJPME), Coalition pour la Justice et la paix en Palestine (CJPP), Coalition Solidarit&#233; Liban, Coalition des Tables r&#233;gionales d'organismes communautaires, Congres Islamique Canadien (CIC), Conseil central de Montr&#233;al (CSN), Comit&#233; des Solidarit&#233; humaines du Chili, Conf&#233;d&#233;ration des syndicats nationaux (CSN), Council of Lebanese-Canadian Organization, &#201;chec &#224; la guerre, F&#233;d&#233;ration &#233;tudiante coll&#233;giale du Qu&#233;bec FECQ, F&#233;d&#233;ration de Femmes du Qu&#233;bec (FFQ), F&#233;d&#233;ration des infirmi&#232;res et infirmiers du Qu&#233;bec (FIIQ), F&#233;d&#233;ration des Travailleurs et travaileuses du Qu&#233;bec (FTQ), Fondation Canado Palestinien (FCP), Forum Musulman Canadien (FMC-CMF), Le Regroupement des Alg&#233;riens du Canada (RAC), Ligue des Droits et Libert&#233;s , Mouvement d'Abord Solidaires, Mouvement de solidarit&#233; internationale Montr&#233;al (ISM), Musulmans canadiens pour J&#233;rusalem (CMJ), Objection de conscience (OCVC), Palestiniens et Juifs uni(e)s (PAJU), Parole Arabe (PA), Parti Marxiste L&#233;niniste de Qu&#233;bec (PMLQ), Pr&#233;sence musulmane (PM), Qu&#233;bec Solidaire (QS), Regard Alternatif Media (RAM), Regroupement des Alg&#233;riens du Canada (RAC), R&#233;seau de Vigilance, Solidarity for Palestinian Human Rights (SPHR), Table R&#233;gionale des Organismes Communautaires Autonomes Mont&#233;r&#233;gie (TROCM), Tadamon ! Montr&#233;al&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>(Chansons de solidarit&#233; avec le Liban sous les bombes)</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Chansons-de-solidarite-avec-le-Liban-sous-les-bombes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Chansons-de-solidarite-avec-le-Liban-sous-les-bombes</guid>
		<dc:date>2006-08-03T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;LA GUERRE ET L'ARMEMENT &lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre et l'armement Le racisme et la haine Profitent impun&#233;ment &#192; tous les dominants &lt;br class='autobr' /&gt;
Refrain : Les bombes, la haine Il est o&#249; le probl&#232;me ? Des vies humaines Sont viol&#233;es dans l'argent &lt;br class='autobr' /&gt;
Les femmes du Liban Enfouies sous les d&#233;combres Ou prisonni&#232;res des camps Ne peuvent s'enfuir &#224; temps &lt;br class='autobr' /&gt;
Refrain Les femmes du Liban N'ont pas un mot &#224; dire Sans armes et sans voix Pour la &#233;ni&#232;me fois Refrain Sous les bombardements Femmes palestiniennes Avec acharnement (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Liban-" rel="directory"&gt;Liban&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LA GUERRE ET L'ARMEMENT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre et l'armement&lt;br class='autobr' /&gt;
Le racisme et la haine&lt;br class='autobr' /&gt;
Profitent impun&#233;ment&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; tous les dominants&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Refrain :&lt;br class='autobr' /&gt;
Les bombes, la haine&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est o&#249; le probl&#232;me ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Des vies humaines&lt;br class='autobr' /&gt;
Sont viol&#233;es dans l'argent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes du Liban&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfouies sous les d&#233;combres&lt;br class='autobr' /&gt;
Ou prisonni&#232;res des camps&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne peuvent s'enfuir &#224; temps&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Refrain&lt;br class='autobr' /&gt;
Les femmes du Liban&lt;br class='autobr' /&gt;
N'ont pas un mot &#224; dire&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans armes et sans voix&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour la &#233;ni&#232;me fois&lt;br class='autobr' /&gt;
Refrain&lt;br class='autobr' /&gt;
Sous les bombardements&lt;br class='autobr' /&gt;
Femmes palestiniennes&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec acharnement&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;sistent &#224; l'occupant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Refrain&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes en Occident&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la droite qui m&#232;ne&lt;br class='autobr' /&gt;
Encha&#238;n&#233;es plus qu'avant&lt;br class='autobr' /&gt;
N'est-ce pas le m&#234;me sang ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SUR LA ROUTE DE LA GUERRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la route de la guerre (bis) &lt;br class='autobr' /&gt;
Y a le gars du Canada (bis) &lt;br class='autobr' /&gt;
Qui suit son (bis)&lt;br class='autobr' /&gt;
Ami-ricain (bis)&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui suit son ami-ricain&lt;br class='autobr' /&gt;
Y aura pas d'fin &#224; leur faim&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Refrain :&lt;br class='autobr' /&gt;
Ah que la guerre est laide laide &lt;br class='autobr' /&gt;
Que la vie est dure dure &lt;br class='autobr' /&gt;
En ces temps&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la route de la guerre (bis)&lt;br class='autobr' /&gt;
On nous dit qu'il y a deux camps(bis)&lt;br class='autobr' /&gt;
Celui des bons (bis)&lt;br class='autobr' /&gt;
Et des m&#233;chants (bis)&lt;br class='autobr' /&gt;
Celui des bons et des m&#233;chants&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais qu'en savons-nous vraiment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Refrain&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la route de la guerre (bis)&lt;br class='autobr' /&gt;
Que de sang et de poussi&#232;re (bis)&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour les femmes (bis)&lt;br class='autobr' /&gt;
Et les enfants (bis)&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour les femmes et les enfants&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui meurent quotidiennement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SAVEZ-VOUS PLANTER DES CHOUX ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Savez-vous produire des sous ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Faites la guerre, faites la guerre&lt;br class='autobr' /&gt;
Savez-vous produire des sous ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Faites la guerre un peu partout&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des soldats bien entra&#238;n&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
Faits pour ob&#233;ir aux ordres&lt;br class='autobr' /&gt;
Des soldats bien entra&#238;n&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous n'aurez qu'&#224; les l&#226;cher&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Savez-vous creuser des tombes ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Lance une bombe, lance une bombe&lt;br class='autobr' /&gt;
Savez-vous creuser des tombes ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Lance des bombes un peu partout&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire taire l'opposition&lt;br class='autobr' /&gt;
On dit &#171; l&#233;gitime d&#233;fense &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour faire taire l'opposition&lt;br class='autobr' /&gt;
Par la &#171; Bush &#187; de vos canons&lt;br class='autobr' /&gt;
LA M&#201;LODIE DU BONHEUR&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Do mination militaire&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;	action par l'agression&lt;br class='autobr' /&gt;
Mi	trailler femmes et enfants&lt;br class='autobr' /&gt;
Fa	cile de les bombarder&lt;br class='autobr' /&gt;
Sol	ution de nettoyer &lt;br class='autobr' /&gt;
La	r&#233;gion et l'occuper&lt;br class='autobr' /&gt;
Si	magr&#233;es diplomatiques&lt;br class='autobr' /&gt;
Et nous revenons &#224; do do do do&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Do	mination militaire... (reprise)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'EST DE NOUVEAU LA GUERRE&lt;br class='autobr' /&gt;
(Air : Le p'tit bonheur de F&#233;lix Leclerc)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de nouveau la guerre&lt;br class='autobr' /&gt;
qui frappe le Liban&lt;br class='autobr' /&gt;
La folie meurtri&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt; se r&#233;pand dans le sang.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le peuple est sacrifi&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
sous les bombardements&lt;br class='autobr' /&gt;
Des innocents sont tu&#233;s, &lt;br class='autobr' /&gt;
ensevelis vivants !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Refrain :&lt;br class='autobr' /&gt;
Revendiquons la Paix &lt;br class='autobr' /&gt;
pour faire cesser cett' barbarie !&lt;br class='autobr' /&gt;
La solution arm&#233;e n'a jamais-&lt;br class='autobr' /&gt;
jamais rien donn&#233; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Revendiquons la Paix ! Revendiquons la vie !&lt;br class='autobr' /&gt;
La solution arm&#233;e &lt;br class='autobr' /&gt;
bafoue les libert&#233;s ! (bis)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la d&#233;solation &lt;br class='autobr' /&gt;
et c'est aussi l'exil&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour des milliers de gens &lt;br class='autobr' /&gt;
qui aiment leur pays&lt;br class='autobr' /&gt;
Oblig&#233;s de partir, &lt;br class='autobr' /&gt;
d'abandonner leurs villes&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils n'ont pas d'autre choix &lt;br class='autobr' /&gt;
que de sauver leur vie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Refrain&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pas la solution &lt;br class='autobr' /&gt;
de se tirer dessus !&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut mettr' de c&#244;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
les canons et fusils !&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a peut servir &#224; quoi &lt;br class='autobr' /&gt;
d'avoir cr&#233;&#233; l'ONU&lt;br class='autobr' /&gt;
Si on ne s'entend pas &lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; r&#233;gler nos conflits ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Refrain &lt;br class='autobr' /&gt;
AU LIBAN, GENS DE LA PLAN&#200;TE&lt;br class='autobr' /&gt;
(Air : Alouette, gentille alouette)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Refrain :&lt;br class='autobr' /&gt;
Au Liban, gens de la plan&#232;te&lt;br class='autobr' /&gt;
Au Liban, des civils se font tuer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On bombarde d'abord les routes (bis)&lt;br class='autobr' /&gt;
... les ambulances&lt;br class='autobr' /&gt;
... les points d'eau&lt;br class='autobr' /&gt;
... les gens de l'ONU&lt;br class='autobr' /&gt;
... les &#233;coles&lt;br class='autobr' /&gt;
... les enfants&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui s'ra pris pour &#171; ramasser &#187; ? (bis)&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est les femmes (bis)&lt;br class='autobr' /&gt;
Au Liban (Bis)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Liban, gens de la plan&#232;te&lt;br class='autobr' /&gt;
Au Liban, la paix doit triompher&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Les am&#232;res No&#235;lles est un collectif non mixte, f&#233;ministe, pacifiste et anticapitaliste n&#233; en d&#233;cembre 2000, dans la foul&#233;e du Sommet des Am&#233;riques &#224; Qu&#233;bec.&lt;br class='autobr' /&gt;
lesameresnoelles@yahoo.fr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>LIBAN : UNE INTERVIEW DE GEORGES CORM</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/LIBAN-UNE-INTERVIEW-DE-GEORGES-CORM</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/LIBAN-UNE-INTERVIEW-DE-GEORGES-CORM</guid>
		<dc:date>2006-07-26T17:23:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Le site Convergence des Causes vient de publier une interview de Georges Corm au journal Al Watan (), que nous reproduisons ci-dessous. Georges Corm est un historien, &#233;conomiste et un juriste libanais. Ancien ministre des Finances (1998-2000) de la R&#233;publique libanaise, auteur de nombreux livres dont Le Proche-Orient &#233;clat&#233;, Orient-Occident, La fracture imaginaire, La Question religieuse au XXIe si&#232;cle, G&#233;opolitique et crise de la post-modernit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; -Avez-vous &#233;t&#233; surpris par l'agression (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Liban-" rel="directory"&gt;Liban&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le site Convergence des Causes vient de publier une interview de Georges Corm au journal Al Watan (), que nous reproduisons ci-dessous. Georges Corm est un historien, &#233;conomiste et un juriste libanais. Ancien ministre des Finances (1998-2000) de la R&#233;publique libanaise, auteur de nombreux livres dont Le Proche-Orient &#233;clat&#233;, Orient-Occident, La fracture imaginaire, La Question religieuse au XXIe si&#232;cle, G&#233;opolitique et crise de la post-modernit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Avez-vous &#233;t&#233; surpris par l'agression isra&#233;lienne contre le Liban ? Quelles seraient les v&#233;ritables raisons de cette agression dont le timing correspond &#233;galement &#224; l'offensive isra&#233;lienne contre Ghaza ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, je n'ai pas &#233;t&#233; surpris, car la r&#233;solution 1559 des Nations unies en septembre 2004 avait ouvert la voie &#224; cette agression en redonnant au Liban le statut d'Etat tampon sur la sc&#232;ne r&#233;gionale sous pr&#233;texte de r&#233;tablir sa souverainet&#233;. Il est clair qu'Isra&#235;l et les Etats-Unis veulent en finir avec les deux symboles les plus forts de la r&#233;sistance &#224; leurs diktats de nature coloniale et fasciste, &#224; savoir le Hamas en Palestine et le Hezbollah au Liban.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Au-del&#224; des d&#233;clarations d'unit&#233; nationale pr&#244;n&#233;e par le gouvernement libanais, quel est le degr&#233; de coh&#233;sion des courants libanais autour du Hezbollah ? Quel serait l'avenir de la carte politique interne apr&#232;s cette agression ? Allons-nous assister &#224; un remake de 1982 avec le syndrome de la &#171; r&#233;sistance jet&#233;e &#224; la mer &#187;, avec une application de la r&#233;solution 1559 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les plans am&#233;ricano-franco-isra&#233;lien qui vont &#234;tre mis sous drapeau onusien. La situation interne libanaise, d&#233;j&#224; tr&#232;s fragile et tr&#232;s tendue avant l'agression isra&#233;lienne, risque de poser encore plus de probl&#232;mes qu'auparavant. Les forces dites du 14 mars f&#233;d&#233;r&#233;es par le courant du Futur de la famille Hariri et M. Joumblatt, sous la houlette am&#233;ricaine et fran&#231;aise, vont vouloir parachever leur domination exclusive sur l'Etat libanais. Cependant, heureusement que le g&#233;n&#233;ral Aoun, qui est de loin la personnalit&#233; politique chr&#233;tienne la plus populaire, maintient jusqu'ici le cap qu'il s'est fix&#233;, &#224; savoir un accord avec le Hezbollah sur les grands principes devant r&#233;gir le dialogue national et une condamnation ferme des r&#233;gimes arabes qui l'ont critiqu&#233; dans la conjoncture de l'agression criminelle d'Isra&#235;l sur le Liban. Certains pays arabes, comme l'Arabie Saoudite, reprochent au Hezbollah son &#171; aventurisme &#187;. Que pensez-vous de cette position et quel cr&#233;dit donner &#224; la position adopt&#233;e par la Ligue arabe proclamant l'&#233;chec du processus de paix ? Il n'y aura jamais de mots assez forts pour d&#233;noncer l'attitude des trois pays arabes (Egypte, Arabie Saoudite et Jordanie) qui, au lieu de condamner l'agression criminelle isra&#233;lienne, ont condamn&#233; l'enl&#232;vement des deux soldats isra&#233;liens par le Hezbollah. Ce faisant, ils ont facilit&#233; le travail de la diplomatie am&#233;ricaine qui pousse Isra&#235;l &#224; toutes les extr&#233;mit&#233;s. Ils &#339;uvrent de plus pour semer la discorde entre sunnites et chiites au Machreq arabe. Je pense qu'&#224; terme, cela risque de leur co&#251;ter cher, car nous savons tr&#232;s bien que les opinions publiques dans ces trois pays sont de c&#339;ur avec le Hezbollah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Isra&#235;l insiste sur le r&#244;le pr&#233;sum&#233; de la Syrie et de l'Iran dans les attaques aux roquettes men&#233;es par le Hezbollah. Pensez-vous que ces deux pays sont directement menac&#233;s par des frappes isra&#233;liennes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai pas de boule de cristal, mais je crois qu'ils ne le feront pas, pr&#233;f&#233;rant s'attaquer au Liban pour le mettre &#224; genoux et en faire un instrument docile aux mains d'Isra&#235;l et des Etats-Unis, comme ils l'ont fait en 1982. Dans la lutte pour l'h&#233;g&#233;monie r&#233;gionale totale, ils pensent que l'&#233;radication du Hezbollah (tout comme celle du Hamas en Palestine occup&#233;e) serait un coup fatal au prestige et &#224; l'influence de ces deux puissances r&#233;gionales qui refusent de c&#233;der aux pressions isra&#233;lo-am&#233;ricaines. En tout cas, les Etats-Unis avec leurs troupes en Irak n'ont pas int&#233;r&#234;t &#224; un conflit militaire avec l'Iran et Isra&#235;l n'a pas int&#233;r&#234;t &#224; l'ouverture des fronti&#232;res de cessez-le-feu au Golan &#224; des actions de commandos ou de gu&#233;rilla qui s'ajouteraient &#224; celles du Hamas et du Hezbollah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Apr&#232;s les civils et le Hezbollah, c'est &#233;galement l'arm&#233;e libanaise qui est cibl&#233;e par les bombardements. Que signifie pour vous cette nouvelle &#233;tape ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isra&#233;liens, Fran&#231;ais et Am&#233;ricains en veulent &#233;norm&#233;ment &#224; l'arm&#233;e libanaise et &#224; celui qui l'a r&#233;unifi&#233;e et reconstruite apr&#232;s la guerre, le pr&#233;sident de la R&#233;publique, le g&#233;n&#233;ral Emile Lahoud. En effet, ce dernier a toujours refus&#233; d'utiliser l'arm&#233;e contre le Hezbollah ou de l'envoyer au Sud pour &#234;tre le garde fronti&#232;re d'Isra&#235;l. Les pressions sur lui et le gouvernement de M. Hoss auquel j'appartenais &#233;taient tr&#232;s fortes en 2000 apr&#232;s la victoire du Hezbollah pour envoyer l'arm&#233;e au Sud. Apr&#232;s l'adoption de la r&#233;solution 1559, les pressions sur le pr&#233;sident Lahoud sont devenues intol&#233;rables, pour qu'il demande &#224; l'arm&#233;e de d&#233;sarmer le Hezbollah par la force. Les agents d'influence am&#233;ricano-fran&#231;ais, &#224; savoir le groupe Hariri et M. Joumblatt, ont donc essay&#233; de l'obliger &#224; d&#233;missionner. Mais il a tenu bon, &#224; la grande fureur de la France et des Etats-Unis et d'autres pays occidentaux qui ont organis&#233; un boycottage du pr&#233;sident de la R&#233;publique libanaise. R&#233;cemment, M. Chirac a demand&#233; au gouvernement roumain de ne pas adresser d'invitation &#224; notre pr&#233;sident pour le prochain sommet de la Francophonie, mais de la r&#233;server exclusivement au Premier ministre (qui, soit dit en passant, ne parle pas le fran&#231;ais). Tout cela est indigne de pays qui pr&#233;tendent parler au nom du droit et de la civilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous avez d&#233;clar&#233; &#224; El Watan dans un pr&#233;c&#233;dent entretien qu'une &#171; v&#233;ritable d&#233;mocratisation du monde arabe ne peut qu'entra&#238;ner une radicalisation des aspirations &#224; la dignit&#233; et &#224; l'ind&#233;pendance &#187;. Est-ce que le d&#233;ficit de r&#233;activit&#233; arabe est notamment motiv&#233; par la nature m&#234;me des r&#233;gimes ? Et quelle serait, selon vous, &#171; la &#187; r&#233;action arabe appropri&#233;e face &#224; l'agression isra&#233;lienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, les r&#233;gimes sont responsables, en particulier ceux qui sont totalement aplatis devant les Etats-Unis. Nous aurions pu stopper les violences inou&#239;es pratiqu&#233;es par Isra&#235;l au Liban et en Palestine et par les Etats-Unis en Irak, si seulement deux ou trois gouvernements arabes importants au Moyen-Orient, - en 1978 lors de la premi&#232;re invasion du Liban ou en 1982 lors de la seconde invasion du Liban ou en 2000 lorsque M. Bush d&#233;clare Sharon un &#171; homme en paix &#187; - avaient rompu leurs relations diplomatiques, ou plus simplement retir&#233; leurs ambassadeurs de Washington et menac&#233; de rupture. En effet, un tel geste aurait amen&#233; le gouvernement am&#233;ricain &#224; revoir ses positions. Mais avec des gouvernements arabes aplatis, les Am&#233;ricains et les Isra&#233;liens sont en droit de se dire qu'il n'y a aucun obstacle &#224; continuer dans la politique de la canonni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; le 23-07-2006&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Convergence des Causes.&lt;br class='autobr' /&gt;
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