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		<title>Syndicalisme mexicain : la lente sortie du corporatisme </title>
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		<dc:date>2006-11-09T03:06:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Husson</dc:creator>



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&lt;p&gt;Solidaires International &lt;br class='autobr' /&gt; L'&#233;volution r&#233;cente du syndicat mexicain peut &#234;tre interpr&#233;t&#233;e comme la confrontation d'un mod&#232;le de type corporatiste (voir encadr&#233; 1) &#224; un contexte qui s'est profond&#233;ment transform&#233;. Le premier tournant est &#233;conomique : apr&#232;s la crise de la dette de 1982, les gouvernements successifs se rallient &#224; des politiques d'orientation lib&#233;rale (ajustement structurel, ouverture commerciale, etc). Le Mexique adh&#232;re en 1986 au GATT (l'anc&#234;tre de l'OMC) et signe en 1994 un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Mexique-" rel="directory"&gt;Mexique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Solidaires International&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;volution r&#233;cente du syndicat mexicain peut &#234;tre interpr&#233;t&#233;e comme la confrontation d'un mod&#232;le de type corporatiste (voir encadr&#233; 1) &#224; un contexte qui s'est profond&#233;ment transform&#233;. Le premier tournant est &#233;conomique : apr&#232;s la crise de la dette de 1982, les gouvernements successifs se rallient &#224; des politiques d'orientation lib&#233;rale (ajustement structurel, ouverture commerciale, etc). Le Mexique adh&#232;re en 1986 au GATT (l'anc&#234;tre de l'OMC) et signe en 1994 un Trait&#233; de libre commerce avec les Etats-Unis et le Canada (Alena). A l'int&#233;rieur, les privatisations se multiplient dans une logique de d&#233;r&#233;glementation g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Les effets sociaux de ces politiques - et de la brutale d&#233;valuation du peso en d&#233;cembre 1994 - conduisent &#224; un panorama d&#233;grad&#233; : la moiti&#233; des Mexicains vivent dans la pauvret&#233; et 20 % d'entre eux se trouvent dans une situation d'extr&#234;me pauvret&#233;. Le secteur informel occupe une place croissante, avec l'absence presque totale de droits sociaux, tandis que se creusent les in&#233;galit&#233;s de revenus. Le second tournant est la perte du pouvoir par le PRI lors des &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2000 qui ont conduit &#224; l'&#233;lection de Vicente Fox, le candidat conservateur du PAN.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Encadr&#233; 1 &lt;br class='autobr' /&gt;
Un mod&#232;le corporatiste &lt;br class='autobr' /&gt;
Le syndicalisme mexicain est le produit d'un long processus historique issu de la R&#233;volution de 1910. La Constitution vot&#233;e en 1917 met en place une l&#233;gislation du travail tr&#232;s avanc&#233;e. Elle est pr&#233;cis&#233;e en 1931 par la Loi F&#233;d&#233;rale du Travail, consolid&#233;e sous la pr&#233;sidence de C&#225;rdenas (1934-1940) puis institutionnalis&#233;e dans les ann&#233;es 50 sous forme d'un r&#233;gime corporatiste. Le &#171; Parti-Etat &#187; (le PRI jusqu'en 2000) est organis&#233; en trois secteurs : secteur ouvrier (CTM Conf&#233;d&#233;ration du Travail mexicaine), secteur paysan (CNC Conf&#233;d&#233;ration Nationale Paysanne) et secteur populaire (CNOP Conf&#233;d&#233;ration Nationale des Organisations Populaires). Certains analystes pr&#233;f&#232;rent parler de semi-corporatisme dans la mesure o&#249; les entrepreneurs et propri&#233;taires fonciers ne sont pas inclus dans cette structure. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce sch&#233;ma, les organisations syndicales remplissent une fonction importante de contr&#244;le social sur l'ensemble de la classe ouvri&#232;re. L'efficacit&#233; de ce contr&#244;le est assur&#233;e par divers dispositifs, notamment la clause qui accorde au syndicat majoritaire la repr&#233;sentation exclusive des travailleurs et le monopole d'embauche dans la plupart des cas. Les salaires sont r&#233;gl&#233;s par les contrats collectifs mais d&#233;pendent largement de l'&#233;volution du salaire minimum qui r&#233;sulte des d&#233;cisions prises au sein de la Comision Nacional Tripartita del Salario Minimo (Commission Nationale Tripartite du Salaire Minimum) cr&#233;&#233;e en 1962. L'emploi b&#233;n&#233;ficie d'une relative protection contre les licenciements. Enfin le droit de gr&#232;ve est limit&#233;e par le recours syst&#233;matique aux Juntas de Conciliacion y Arbitraje qui peuvent d&#233;clarer la gr&#232;ve inexistante (sic) chaque fois qu'elle ne r&#233;pond pas &#224; certains crit&#232;res assez flous pour &#234;tre librement interpr&#233;t&#233;s. Ainsi l'Article 123 du Code du travail stipule que les gr&#232;ves sont licites &#224; condition qu'elles se fixent pour objectif de r&#233;tablir &#171; l'&#233;quilibre entre les facteurs de production, en harmonisant les droits du travail avec ceux du capital &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La nature corporatiste du syndicalisme officiel jusqu'&#224; alors &#233;troitement int&#233;gr&#233; &#224; ce v&#233;ritable &#171; parti-Etat &#187; qu'&#233;tait le PRI est alors profond&#233;ment remise en cause. Les processus de lib&#233;ralisation et de privatisation ont en outre pour effet de r&#233;duire ses bases traditionnelles et de bouleverser sa logique de structuration. Le paysage syndical mexicain est en effet complexe : &#224; c&#244;t&#233;, mais aussi &#224; l'int&#233;rieur du syndicalisme officiel, se sont d&#233;velopp&#233;s des syndicats plus ou moins &#171; ind&#233;pendants &#187; du pouvoir (voir encadr&#233; 2). Les &#233;volutions en cours conduisent donc &#224; une red&#233;finition des orientations syndicales et &#224; une recomposition d'ensemble. Ces transformations se produisent dans un contexte g&#233;n&#233;ral d'affaiblissement : le taux de syndicalisation a recul&#233; de 30 % en 1984 &#224; 20 % en 1995 puis reste &#224; ce niveau ; le nombre moyen de gr&#232;ves a lui aussi consid&#233;rablement baiss&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fox et les syndicats &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau pr&#233;sident &#233;lu en 2000 est confront&#233; &#224; deux options possibles : soit r&#233;former le syst&#232;me syndical dans un sens anti-corporatiste, comme avaient essay&#233; de le faire (sans grand succ&#232;s) ses pr&#233;d&#233;cesseurs du PRI ; soit utiliser le syndicalisme officiel tel qu'il est. En sens inverse, le Congr&#232;s du Travail se trouve en face d'un choix sym&#233;trique : maintenir les liens avec le PRI dans l'attente de prochaines &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales, rechercher des alliances avec d'autres secteurs, ou bien encore se rapprocher de l'UNT qui cherche &#224; devenir l'interlocuteur privil&#233;gi&#233; du nouveau gouvernement. Le syndicalisme ind&#233;pendant est lui aussi partag&#233; entre la recherche du dialogue et l'opposition, tout en explorant diverses voies de recomposition syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces alternatives vont progressivement se d&#233;canter, notamment &#224; propos du projet de r&#233;forme de la Loi f&#233;d&#233;rale du travail pr&#233;sent&#233; au Parlement en d&#233;cembre 2002 par le ministre du Travail, Carlos Abascal. Ce projet re&#231;oit au d&#233;part le soutien d'une bonne partie du syndicalisme officiel et du PRI. Il introduit une flexibilisation consid&#233;rable du droit du travail, qu'il vaut la peine de d&#233;tailler pour souligner la similitude avec ce qui se passe en Europe et en France. Le contrat &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e resterait formellement la norme, mais serait transform&#233; en une sorte de &#171; contrat de mission &#187; (cher au Medef en France) dont la dur&#233;e pourrait &#234;tre librement fix&#233;e par accord entre le salari&#233; et l'employeur. Le paiement du salaire serait subordonn&#233; &#224; la bonne r&#233;alisation de cette mission, et n'aurait pas &#224; tenir compte du recours &#233;ventuel &#224; des horaires atypiques (dimanche, jours f&#233;ri&#233;s, etc.). Deux nouveaux contrats de travail seraient cr&#233;&#233;s : un contrat de formation initiale limit&#233; &#224; trois mois, et un contrat &#224; l'essai de 30 jours (180 pour les cadres) ; non renouvelables, ils pourraient &#234;tre interrompus sans frais pour l'employeur. L'un des objectifs du projet est de r&#233;duire le pouvoir syndical en renfor&#231;ant le contr&#244;le administratif sur la repr&#233;sentativit&#233; syndicale et sur la validit&#233; des contrats collectifs de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme Abascal n'a cependant pas abouti. Elle s'est d'abord heurt&#233;e &#224; un contre-projet port&#233; par le PRD (centre-gauche) et par l'UNT puis, en 2005, au veto des d&#233;put&#233;s &#171; ouvriers &#187; du PRI, d&#233;couvrant, alors qu'ils avaient pourtant &#233;t&#233; &#224; l'initiative de la r&#233;forme, qu'elle remettait en cause les &#171; droits historiques &#187; de la classe ouvri&#232;re. Le report du projet s'explique aussi en grande partie par la mobilisation du syndicalisme ind&#233;pendant. Mais on peut l'interpr&#233;ter autrement : dans la mesure o&#249; la r&#233;forme ne faisait qu'institutionnaliser des pratiques d&#233;j&#224; largement r&#233;pandues, son principal objectif &#233;tait pour le gouvernement de faire &#233;merger de nouveaux interlocuteurs syndicaux &#224; sa botte, ce qui ne lui a pas &#233;t&#233; possible.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Encadr&#233; 2 &lt;br class='autobr' /&gt;
Les deux syndicalismes mexicains&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que leurs fronti&#232;res ne soient pas strictement d&#233;finies, on peut pour simplifier distinguer deux p&#244;les dans le syndicalisme mexicain. Le syndicalisme &#171; officiel &#187; est structur&#233; autour du Congr&#232;s du travail (CT) qui regroupe la CTM - le &#171; secteur &#187; syndical du PRI - et diff&#233;rentes autres organisations &#171; officielles &#187; (CROM, CROC, etc.). La CNC et la FSTSE sont les syndicats &#171; officiels &#187; qui organisent respectivement les paysans et les fonctionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le p&#244;le &#171; ind&#233;pendant &#187; est aujourd'hui constitu&#233; principalement par l'UNT qui regroupe plusieurs syndicats dont les principaux sont le STRM, le SNTSS, la FESEBS et le STUNAM. Le FAT, un regroupement syndical ind&#233;pendant, a &#233;galement rejoint l'UNT.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La trajectoire de l'UNT &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant Fox, les deux derniers pr&#233;sidents du PRI, Carlos Salinas de Gortari (1988-1994) et Ernesto Zedillo (1994-2000), avaient multipli&#233; les initiatives en vue de remodeler le syndicalisme en accord avec leur orientation n&#233;o-lib&#233;rale. Salinas avait suscit&#233; la cr&#233;ation de la FESEBS, et plac&#233; &#224; sa t&#234;te le dirigeant du Syndicat des T&#233;l&#233;phonistes (STRM), Francisco Hernandez Juarez, par ailleurs membre du PRI. Il servira de relais utile lors de la privatisation des t&#233;l&#233;phones, mais ne r&#233;ussira pas &#224; construire un p&#244;le alternatif &#224; la CTM. De la m&#234;me mani&#232;re, Zedillo ne r&#233;ussira pas &#224; instrumentaliser l'UNT, fond&#233;e en novembre 1997, et &#224; l'initiative de laquelle on retrouve d'ailleurs Hernandez Juarez, ainsi qu'un autre membre du PRI, Rosado Garcia, dirigeant du SNTSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union Nationale du Travail est une nouvelle conf&#233;d&#233;ration qui rassemble des syndicats ind&#233;pendants et officiels, ces derniers ayant donc quitt&#233; le Congr&#232;s du Travail. Elle veut donner un nouveau visage au syndicalisme, &#224; la fois plus revendicatif et capable d'accompagner la &#171; transition d&#233;mocratique &#187; et de participer &#224; la recherche d'un &#171; nouveau pacte social &#187;. Cette ambivalence reproduit d'une certaine mani&#232;re celle du syndicalisme officiel qui combinait, de mani&#232;re parfois d&#233;concertante, son r&#244;le de courroie de transmission du &#171; Parti-Etat &#187; et, jusqu'&#224; un certain point, l'action revendicative. C'est pourquoi il est possible de parler de n&#233;o-corporatisme &#224; propos du projet initial de l'UNT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les syndicats ind&#233;pendants n'avaient pas rejoint l'UNT. C'est notamment le cas du SME qui a &#233;t&#233; durant des ann&#233;es le pivot de nombreuses tentatives de regroupements syndicaux et qui choisit de rester affili&#233; au Congr&#232;s du travail. En 1998, il participe de son c&#244;t&#233; au lancement d'une coalition de syndicats et de mouvements sociaux, le FSM. Les contours de cette recomposition sont cependant mouvants. Au-del&#224; de leurs divergences, l'UNT, plut&#244;t r&#233;formiste, et le FSM, plus radical, se retrouvent en pratique sur des terrains communs, notamment le combat contre les privatisations dans le secteur de l'&#233;nergie, les r&#233;formes de la s&#233;curit&#233; sociale et le projet de r&#233;forme du Code du travail. Cette convergence conduit en 2002 l'UNT et le FSM &#224; lancer ensemble le FSCISP o&#249; se retrouvent diverses organisations et associations. Ce nouveau regroupement organise de nombreuses actions : d&#233;brayages coordonn&#233;s &#224; l'&#233;chelle du pays, manifestations g&#233;antes et caravanes. Il comptait s'appuyer sur cette capacit&#233; de mobilisation pour peser sur le programme du candidat du PRD, Andr&#233;s Manuel L&#243;pez Obrador. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces &#233;volutions ne laissent pas le syndicalisme officiel &#224; l'&#233;cart, comme l'a illustr&#233; la manifestation du 21 ao&#251;t 2005 contre une r&#233;forme fiscale assujettissant diverses prestations sociales &#224; l'imp&#244;t sur le revenu. On a vu &#224; cette occasion se constituer un front in&#233;dit rassemblant le syndicalisme officiel (CTM, CROC et CT) et ind&#233;pendant (UNT et SME) autour d'un programme d'action commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;composition du corporatisme &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste ainsi &#224; un double mouvement. Le durcissement des politiques lib&#233;rales pousse le nouveau syndicalisme, voire une partie du syndicalisme officiel, vers une posture d'opposition plus affirm&#233;e ; en m&#234;me temps, cette &#233;volution r&#233;duit &#224; n&#233;ant l'espoir du gouvernement Fox de nouer avec certains secteurs syndicaux, notamment l'UNT, le type de rapports que le PRI entretenait avec le Congr&#232;s du travail. Le projet n&#233;o-corporatiste ne peut plus se d&#233;velopper en tant que tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette impasse a conduit le gouvernement &#224; changer son fusil d'&#233;paule : apr&#232;s avoir assur&#233; le maintien de directions syndicales qu'il pensait pouvoir contr&#244;ler, il cherche maintenant &#224; susciter des scissions dans le mouvement syndical. La plus importante d'entre elles a eu lieu en d&#233;cembre 2004 : le syndicat des enseignants (SNTE) emmen&#233; par Elba Esther Gordillo, &#233;galement dirigeante du PRI, a quitt&#233; la FSTSE pour fonder une f&#233;d&#233;ration concurrente, la FEDESSP. Un autre &#233;l&#233;ment de la politique syndicale du gouvernement a &#233;t&#233; d'encourager la mont&#233;e en puissance de syndicats autonomes, comme la FNSI, et de promouvoir un t&#234;te-&#224;-t&#234;te direct entre ce syndicat d'accompagnement et le patronat priv&#233; avec lequel le parti au pouvoir entretient des relations tr&#232;s &#233;troites. Mais ces tentatives n'ont pas enregistr&#233; de succ&#232;s significatifs. Enfin, l'orientation lib&#233;rale du gouvernement se traduit &#233;galement par la volont&#233; de r&#233;duire la place des syndicats ou de faire obstacle &#224; leur implantation dans les entreprises o&#249; leur pr&#233;sence r&#233;duirait l'attractivit&#233; &#224; l'&#233;gard des investissements internationaux. C'est particuli&#232;rement vrai dans le secteur des maquiladoras, ces zones franches &#233;tablies tout au long de la fronti&#232;re avec les Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me corporatiste syndical institu&#233; depuis des ann&#233;es n'a donc pu &#234;tre reconverti, pour des raisons paradoxales. Le syndicalisme officiel li&#233; au PRI n'est pas en effet pass&#233; avec lui dans l'opposition. Il &#233;tait m&#234;me tout dispos&#233;, au contraire, &#224; reconduire avec le nouveau gouvernement le m&#234;me type de relations qu'il entretenait avec le pr&#233;c&#233;dent. La crise provient en d&#233;finitive de l'&#233;volution du syndicalisme qualifi&#233; plus haut de n&#233;o-corporatiste, en particulier l'UNT. Tout se passe donc comme si les &#171; cr&#233;atures &#187; du PRI lui avaient &#233;chapp&#233;, d'autant plus que ce dernier a perdu le pouvoir politique central. Cette d&#233;composition du corporatisme est acc&#233;l&#233;r&#233;e par les transformations des relations de travail : les privatisations et la red&#233;finition des contrats collectifs qui les accompagne ont pour effet de &#171; dissoudre &#187; ses noyaux durs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le candidat du PRD, Manuel Lopez Obrador, avait &#233;t&#233; &#233;lu en juillet dernier, on aurait pu assister &#224; la mise en place d'un partenariat PRD-UNT qui aurait r&#233;duit encore plus le r&#244;le du syndicalisme officiel tout en reproduisant en partie le mod&#232;le corporatiste. Mais la victoire frauduleuse du candidat du PAN, Felipe Calder&#243;n, a bris&#233; cette trajectoire et pose au syndicalisme mexicain un nouveau d&#233;fi, celui d'une &#171; d&#233;corporatisation &#187; effective.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Encadr&#233; 3 &lt;br class='autobr' /&gt;
Glossaire des sigles &lt;br class='autobr' /&gt;
CCE Conseil de coordination des entreprises &lt;br class='autobr' /&gt;
CILAS Centre de Recherche sur le Travail et de Conseil aux Syndicats &lt;br class='autobr' /&gt;
CIOAC Centrale Ind&#233;pendante des Ouvriers Agricoles et Paysans &lt;br class='autobr' /&gt;
CNC Conf&#233;d&#233;ration nationale paysanne &lt;br class='autobr' /&gt;
COR Conf&#233;d&#233;ration Ouvri&#232;re R&#233;volutionnaire &lt;br class='autobr' /&gt;
CROC Conf&#233;d&#233;ration r&#233;volutionnaire des ouvriers et paysans &lt;br class='autobr' /&gt;
CROC-D Conf&#233;d&#233;ration R&#233;volutionnaire des Ouvriers et Paysans-D&#233;mocratique &lt;br class='autobr' /&gt;
CROM Conf&#233;d&#233;ration r&#233;gionale ouvri&#232;re mexicaine &lt;br class='autobr' /&gt;
CT Congr&#232;s du travail &lt;br class='autobr' /&gt;
CTM Conf&#233;d&#233;ration des travailleurs mexicains &lt;br class='autobr' /&gt;
FAT Front authentique du travail &lt;br class='autobr' /&gt;
FEDESSP F&#233;d&#233;ration d&#233;mocratique des syndicats de fonctionnaires &lt;br class='autobr' /&gt;
FESEBES F&#233;d&#233;ration des Syndicats du Secteur des Biens et Services &lt;br class='autobr' /&gt;
FNSI F&#233;d&#233;ration nationale des syndicats ind&#233;pendants &lt;br class='autobr' /&gt;
FNSU F&#233;d&#233;ration Nationale des Syndicats Universitaires &lt;br class='autobr' /&gt;
FSCISP Front syndical, paysan, indig&#232;ne, social et populaire &lt;br class='autobr' /&gt;
FSM Front syndical mexicain &lt;br class='autobr' /&gt;
FSTSE F&#233;d&#233;ration des syndicats de travailleurs au service de l'Etat &lt;br class='autobr' /&gt;
IMSS Institut mexicain de s&#233;curit&#233; sociale &lt;br class='autobr' /&gt;
ISSSTE Institut de s&#233;curit&#233; et de services sociaux des travailleurs de l'Etat &lt;br class='autobr' /&gt;
MPI Mouvement Prol&#233;tarien Ind&#233;pendant &lt;br class='autobr' /&gt;
OMC Organisation mondiale du commerce &lt;br class='autobr' /&gt;
PAN Parti d'Action Nationale &lt;br class='autobr' /&gt;
PAN Parti d'action nationale &lt;br class='autobr' /&gt;
PRD Parti de la r&#233;volution d&#233;mocratique &lt;br class='autobr' /&gt;
PRI Parti R&#233;volutionnaire Institutionnel &lt;br class='autobr' /&gt;
SME Syndicat Mexicain des Electriciens &lt;br class='autobr' /&gt;
SNTE Syndicat National des Travailleurs de l'Education &lt;br class='autobr' /&gt;
SNTSS Syndicat National des Travailleurs de la S&#233;curit&#233; Sociale &lt;br class='autobr' /&gt;
STRM Syndicat des T&#233;l&#233;phonistes de la R&#233;publicaine Mexicaine &lt;br class='autobr' /&gt;
STUNAM Syndicat des Travailleurs de l'Universit&#233; Nationale Autonome de M&#233;xico &lt;br class='autobr' /&gt;
SUTERM Syndicat Unique des Travailleurs de l'Electricit&#233; de la R&#233;publique Mexicaine &lt;br class='autobr' /&gt;
SUTIN Syndicat Unifi&#233; des Travailleurs de l'Industrie Nucl&#233;aire &lt;br class='autobr' /&gt;
UNT Union Nationale des Travailleurs&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Pour en savoir plus&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il&#225;n Bizberg, &#171; Le syndicalisme mexicain face &#224; la mondialisation et &#224; la d&#233;composition du r&#233;gime politique &#187;, La Revue de l'IRES n&#176;29, 1999 &lt;a href=&#034;http://hussonet.free.fr/bizberg.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://hussonet.free.fr/bizberg.pdf&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Michel Husson, &#171; La recomposition du syndicalisme mexicain &#187;, Chronique internationale de l'IRES n&#176;98, janvier 2006 &lt;a href=&#034;http://hussonet.free.fr/mexsynd6.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://hussonet.free.fr/mexsynd6.pdf&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dan La Botz, &#171; Mexico's Labor Movement in Transition &#187;, Montly Review, June 2005 &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.monthlyreview.org/0605labotz.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.monthlyreview.org/0605labotz.htm&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mexican Labor News &amp; Analysis &lt;a href=&#034;http://www.ueinternational.org/Mexico_info/mlna.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ueinternational.org/Mexico_info/mlna.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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