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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Marche mondiale des femmes et d&#233;bats f&#233;ministes de l'heure : Entrevue avec Susan Caldwell - Feuillet de GS &#8211; Mars 2005</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Marche-mondiale-des-femmes-et-debats-feministes-de-l-heure-Entrevue-avec-Susan</link>
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		<dc:date>2010-04-07T03:26:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Susan Caldwell </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Cette entrevue s'est d&#233;roul&#233;e un peu avant une conf&#233;rence publique de l'UFP pour le 8 mars 2005. Dans cette entrevue donn&#233;e il y a cinq ans, Susan nous donne toutes les raisons de participer activement &#224; la marche mondiale des femmes 2010 et d'y impulser une perspective radicale et internationaliste !!! &lt;br class='autobr' /&gt; _______________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Feuillet de GS &#8211; Mars 2005 &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a maintenant plus de 4 ans, la marche mondiale des femmes r&#233;alisait une mobilisation concert&#233;e &#224; l'&#233;chelle mondiale sur des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Notre-histoire-" rel="directory"&gt;Notre histoire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette entrevue s'est d&#233;roul&#233;e un peu avant une conf&#233;rence publique de l'UFP pour le 8 mars 2005. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette entrevue donn&#233;e il y a cinq ans, Susan nous donne toutes les raisons de participer activement &#224; la marche mondiale des femmes 2010 et d'y impulser une perspective radicale et internationaliste !!!&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Feuillet de GS &#8211; Mars 2005&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a maintenant plus de 4 ans, la marche mondiale des femmes r&#233;alisait une mobilisation concert&#233;e &#224; l'&#233;chelle mondiale sur des revendications communes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quel bilan g&#233;n&#233;ral tirez-vous de cette mobilisation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous attendions que les organismes que visaient nos revendications, notamment la Banque mondiale, le FMI, l'ONU etc accueilleraient ces revendications, alors le bilan serait celui d'un&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;chec ; aucun de ces organismes y a r&#233;pondu, au-del&#224; de rencontres purement formelles. Mais si&lt;br class='autobr' /&gt;
l'objectif &#233;tait d'&#233;tablir un cadre commun et un r&#233;seau en mesure de favoriser le militantisme politique des femmes, alors la Marche mondiale des femmes en 2000 &#233;tait une grande r&#233;ussite.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait le bilan qu'en ont tir&#233; les d&#233;l&#233;gu&#233;es internationales lors d'une rencontre en 2001. Elles&lt;br class='autobr' /&gt;
ont &#233;galement modifi &#233; leurs strat&#233;gies ; d'une optique qui visait surtout les pressions sur les institutions internationales &#224; la participation au mouvement altermondialiste et dont la participation au Forum social mondial &#224; partir de 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La nouvelle initiative de la MMF semble poser plus directement l'enjeu politique. Le slogan &#171; Changer le monde &#187; en est le fil conducteur. Mais comment ? Quels sont les d&#233;bats sur cette question l&#224;&lt;/strong&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat strat&#233;gique est centr&#233; sur la n&#233;cessit&#233; de tenter &#224; la fois d'assurer l'organisation et les services sur le plan local et le temps pour pr&#233;parer les rencontres r&#233;gionales et internationales. Pour les femmes du Tiers monde, trouver les fonds pour la participation aux rencontres r&#233;gionales et internationales peut consommer beaucoup du temps qui, &#224; leur avis, aurait pu se consacrer &#224; l'organisation locale. Mais la valeur de constituer un &#233;l&#233;ment cl&#233; d'un r&#233;seau international, qui d&#233;fi nit son orientation et sa pratique, est trop important pour y renoncer. La cible de nos actions est un autre enjeu : la participation &#224; une rencontre internationale ou r&#233;gionale - comme le Forum social mondial ou le Forum social europ&#233;en - nous donne la possibilit&#233; de soulever des revendications f&#233;ministes devant un public progressiste et militant, qui &#224; notre avis DEVRAIT reprendre ces revendications. En revanche, les assos femmes participantes &#224; la MMF doivent faire des revendications qui visent les gouvernements local et national de leur pays d'origine. Le seul cas o il y a un certain chevauchement est l'Union europ&#233;enne, fond&#233;e sur des trait&#233;s qui toucheront les femmes de l'ensemble des pays membres. La coordination europ&#233;enne de la MMF lance des campagnes qui visent ce processus, notamment dans le contexte d'une Constitution europ&#233;enne qui n'assure pas le droit des femmes d'avoir la ma&#238;trise sur leur f&#233;condit&#233; et o&#249; l'ensemble des &#233;tats membres cherche &#224; r&#233;duire les retraites et les autres services sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les soci&#233;t&#233;s qui se dotent de m&#233;canismes institutionnels favorisant l'acc&#232;s des femmes &#224; la politique ont-elles r&#233;ussies &#224; modifi er signifi cativement la repr&#233;sentation politique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, dans une certaine mesure mais qui ne signifi e pas une modifi cation qualitative de la condition f&#233;minine. La repr&#233;sentation f&#233;minine aux instances politiques sup&#233;rieures est fort significative, pour des raisons concr&#232;tes mais &#233;galement en tant que geste symbolique favorable &#224; l'&#233;galit&#233; des femmes et des hommes. Mais plusieurs des instances &#233;tatiques o&#249; il y a eu une augmentation de la participation f&#233;minine en vertu de quotas sont &#233;galement sous le coup des exigences de la Banque mondiale/FMI qui a saccag&#233; les revenus &#233;tatiques comme les &#233;conomies - une limite &#224; l'intervention &#233;tatique pour assurer les modifi cations n&#233;cessaires. Par contre, plusieurs de ces femmes profi tent de leur statut en vue pour assurer un soutien id&#233;ologique &#224; une refonte des lois matrimoniales, de la famille, etc, qui pourra apporter un changement de taille aux vies des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mouvement f&#233;ministe qu&#233;b&#233;cois a r&#233;ussi des mobilisations spectaculaires comme la marche du Pain et des Roses. Il a largement particip&#233; &#224; l'&#233;volution des relations interpersonnelles. Ainsi de nombreuses familles fonctionnent de plus en plus sur le&lt;br class='autobr' /&gt;
mod&#232;le d'une juste r&#233;partition des taches domestiques et les droits de chacunE &#224; l'&#233;panouissement. Plus encore, le mouvement f&#233;ministe a conquis des droits : l'&#233;quit&#233; salariale, les garderies. Pourtant lorsqu'on observe les statistiques, par exemple, celles du dossier de l'UFP sur une politique familiale f&#233;ministe, on constate qu'on est bien loin de l'&#233;galit&#233; et que les avanc&#233;es sont bien timides. Pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai pas de r&#233;ponse simple &#224; cette question. Il faut poursuivre le d&#233;bat car il y a tant d'aspects&lt;br class='autobr' /&gt;
de ce que nous revendiquons comme socialistes et f&#233;ministes. Certes, une raison est l'agenda n&#233;olib&#233;ral de r&#233;ductions fiscales et de soutien financier aux grandes soci&#233;t&#233;s et aux plus riches, ce qui r&#233;duit le financement disponible pour les programmes sociaux. Les surplus gouvernementaux ne sont pas forc&#233;ment une bonne chose, surtout pas dans le cas o&#249; ils seraient le fruit de r&#233;ductions importantes au financement de l'&#233;ducation et de la sant&#233; ! Mais m&#234;me avec un meilleur financement, il faut assurer une plus grande ma&#238;trise populaire - selon le mod&#232;le du budget participatif de Porto Alegre. Est-ce qu'on peut envisager un contr&#244;le analogue sur la politique familiale de la part des associations populaires avec une augmentation importante&lt;br class='autobr' /&gt;
du fi nancement pour mettre en oeuvre leurs revendications ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En tant que formatrice &#224; l'&#233;cole de formation de la IV &#224; Amsterdam ou en tant que membre du secr&#233;tariat europ&#233;en de la MMF, tu as du rencontrer des militantes qui ont exp&#233;riment&#233; des strat&#233;gies politiques pour d&#233;passer les limites rencontr&#233;es par le mouvement, et pour changer le monde VRAIMENT. Y a t-il eu des d&#233;marches politiques qui t'ont marqu&#233; ? Des exp&#233;riences originales ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait une exp&#233;rience fascinante d'apprendre les revendications f&#233;ministes sp&#233;cifiques de chaque pays participant. Il y avait des diff&#233;rences mais plus de ressemblances lors des discussions entre&lt;br class='autobr' /&gt;
femmes de pays capitalistes avanc&#233;s du Qu&#233;bec ou de la Su&#232;de, du Br&#233;sil ou des &#201;tats-Unis. Les diff&#233;rences touchaient au poids relatif des questions nationales, des luttes des peuples indig&#232;nes, ce que repr&#233;sentaient diff&#233;rents partis politiques, le r&#244;le de l'&#233;glise catholique ou d'autres &#233;glises conservatrices, etc. La grande diff&#233;rence touchait aux luttes des femmes des dits &#171; pays en d&#233;veloppement &#187; ou la question &#233;conomique est tout &#224; fait centrale &#224; l'enjeu f&#233;ministe. Dans les pays capitalistes avanc&#233;s, les revendications f&#233;ministes visent un financement et implication accru pour am&#233;liorer la condition f&#233;minine, que ce soit par le financement des garderies, le recyclage professionnel ou les programmes cr&#233;ateurs d'emplois, etc. Au tiers-monde, le financement des projets g&#233;n&#233;rateurs de revenus est la priorit&#233; Les femmes cherchent &#224; nourrir leurs familles sur le champ et savent que les &#201;tats ne pourront pas y pourvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Marche mondiale des femmes a vis&#233; la lutte contre la pauvret&#233; et celle qui est contre la violence, en refusant la priorit&#233; &#224; l'une aux d&#233;pens de l'autre. Le d&#233;bat &#224; savoir quelle lutte &#233;tait prioritaire &#233;tait la ligne de d&#233;marcation chez le mouvement femmes des ann&#233;es 1970 et il y avait une certaine logique &#224; opposer les deux strat&#233;gies, du moins dans les pays capitalistes avanc&#233;s. Or, il est &#233;vident que ce n'est pas le cas chez les femmes de la plupart des pays du monde. Le capitalisme, et maintenant, la mondialisation n&#233;olib&#233;rale, a p&#233;n&#233;tr&#233; l'ensemble des r&#233;gions du monde. De petits villages rizicoles font face &#224; l'importation de riz chinois &#224; meilleur march&#233;, ce qui bouleverse l'&#233;conomie locale. Les pauvres doivent acheter la nourriture la moins ch&#232;re pour leur famille m&#234;me en &#233;tant conscientes que ce choix nuit &#224; l'&#233;conomie locale. Donc, la lutte de chaque femme doit comprendre les questions &#233;conomiques, sous peine de para&#238;tre incons&#233;quente face aux vies des femmes. De m&#234;me, les femmes de pays en conflit se doivent de participer aux n&#233;gociations de paix comme un impact de la guerre vise pr&#233;cis&#233;ment &#171; l'&#233;conomie domestique individuelle &#187; de familles individuelles. Par exemples, les n&#233;gociations de paix comportent souvent la revendication de la construction de nouvelles habitations pour remplacer les maisons d&#233;truites. Mais s'il s'agit d'une communaut&#233; agricole, il faut que ces habitations avoisinent les terres arables, et qu'elles comprennent des &#233;coles et cliniques, etc. J'ai appris beaucoup sur ces questions gr&#226;ce &#224; ma participation &#224; un colloque organis&#233; par Sumpay International, une organisation philippine, sur les femmes et les initiatives de paix au IIRF,&lt;br class='autobr' /&gt;
et ensuite, par un &#233;change d'un mois avec des femmes sur le terrain &#224; Mindanao aux Philippines o&#249; nous avons rencontr&#233; les organisations de base constituantes de l'Organisation des femmes des trois peuples de Mindanao. Les trois peuples sont les colons chr&#233;tiens, la communaut&#233; musulmane Moro et les peuples indig&#232;nes lumad. Cette exp&#233;rience est celle qui m'a marqu&#233; le plus, dans une nouvelle compr&#233;hension des possibilit&#233;s politiques des militantes femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plusieurs observent une coupure culturelle entre l'ancienne g&#233;n&#233;ration de militantes f&#233;ministes, celles des ann&#233;es 70, et les nouvelles qui ont &#233;merg&#233;es au Qu&#233;bec et ailleurs ces derni&#232;res ann&#233;es. L'analyse selon laquelle le capitalisme et le patriarcat sont intimement li&#233;s tend &#224; s'estomper et nous avons vu appara&#238;tre une grande diversit&#233; de courants. Cette situation constitue-t-elle une avanc&#233;e ou un recul pour le f&#233;minisme ? Au-del&#224; des diff&#233;rentes analyses, sur quel(s) point(s) les f&#233;ministes s'entendent-elles toutes ? Est-il possible en 2005 de d&#233;velopper une analyse et un discours commun ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une bonne question. Je r&#233;pondrai &#224; ces questions du point de vue de quelqu'un de la g&#233;n&#233;ration des ann&#233;es 1970. Je pense qu'aux ann&#233;es 1970, nous avons consacr&#233; beaucoup de temps &#224; la question dont j'ai parl&#233; plus haut - la priorit&#233; relative de questions &#233;conomiques ou de genre dans le cadre d'une strat&#233;gie r&#233;volutionnaire. Avec la fin de la Guerre froide, et donc la dominance d'un mod&#232;le unique de mondialisation n&#233;olib&#233;rale, il n'y a plus de d&#233;bat autour du poids de l'&#233;conomie dans la vie des femmes. Le mouvement altermondialiste est fond&#233; sur l'id&#233;e qu'il ne peut avoir de la justice sociale sans justice &#233;conomique. Bien que l'ensemble de ses courants n'aient pas tir&#233; une conclusion nettement anticapitaliste, l'ensemble des courants semble en avoir tir&#233; la conclusion qu'il faut des limites &#224; l'expansion capitaliste n&#233;olib&#233;rale &#224; l'&#233;tat pur, avec ses exigences de privatisation des services sociaux et de tout r&#233;duire &#224; l'&#233;tat de marchandise. Le mouvement altermondialiste a &#233;galement exig&#233; une orientation pluraliste, en reconnaissant le r&#244;le d'un grand nombre de luttes dans l'action progressiste. Il y a plusieurs points de d&#233;part, mais il reste beaucoup de d&#233;bat autour du contenu f&#233;ministe d'un autre monde possible. La MMF a tent&#233; d'apporter une premi&#232;re r&#233;ponse &#224; cette question dans sa charte mondiale de l'humanit&#233;. Ce que partage, l'ensemble des g&#233;n&#233;rations de f&#233;ministes est le besoin de oursuivre la lutte. Ce qui pourra &#233;ventuellement constituer une base ad&#233;quate &#224; la poursuite des d&#233;bats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;bat sur la prostitution qui agite le mouvement est un raccourci saisissant bien des interrogations du mouvement f&#233;ministe sur les enjeux sociaux et la repr&#233;sentation des femmes. L'oppression des prostitu&#233;es est-elle r&#233;ductible &#224; l'oppression inh&#233;rente &#224; un rapport salarial ou s'agit-il plut&#244;t d'un esclavage sexuel rep&#233;rable autour de contraintes corporelles ou psychologiques fortes ? Un point de vue marxiste apporterait-il un &#233;clairage diff&#233;rent ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat est une des plus &#226;pres &#224; cause des diff&#233;rences inavou&#233;es des points de d&#233;part - notamment les attentes par rapport &#224; l'&#201;tat. Par exemple, la Constitution fran&#231;aise assure une habitation et un emploi &#224; tout le monde. En partant de l&#224;, on construit une ensemble de revendication diff&#233;rente que dans le cas d'une absence d'engagement de l'&#201;tat d'assurer la vie et le n&#233;cessaire. Le d&#233;bat autour de la sexualit&#233; et le mariage est tout aussi diffi cile - c'est-&#224;-dire l'engagement social et sa signifi cation. Il y a &#233;galement la question de la marchandisation accrue de la sexualit&#233; sous toutes ses formes, ainsi que les diff&#233;rences culturelles et la n&#233;cessit&#233; &#233;conomique. Ainsi, la discussion devient de plus en plus complexe. Je pense qu'un point de vue marxiste f&#233;ministe &#224; quelque chose &#224; ajouter mais n'a pas encore d&#233;velopp&#233; une analyse ad&#233;quate ou une ensemble de revendication universellement applicable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment fait le mouvement f&#233;ministe pour g&#233;rer au niveau mondial des syst&#232;mes de valeurs, de croyance, de rapport au corps aussi diff&#233;rents ? En particulier, comment faire pour &#224; la fois combattre les pr&#233;jug&#233;es et le moralisme imp&#233;rial (Bush utilisant les afghanes pour l&#233;gitimer sa guerre) et poser les d&#233;bats f&#233;ministes sans verser dans l'acceptation des particularismes oppressifs.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre question de taille ! Lors de mon voyage aux Philippines comme membre du Women's Grass Roots Peace Exchange, l'une des participantes &#233;tait Suririn, une Indon&#233;sienne, et une dirigeante d'une organisation de femmes musulmanes. Elle est une musulmane d&#233;vote, et fait la pri&#232;re cinq fois par jour dans des robes blanches qu'elle garde pour ces occasions. Elle est &#233;galement une f&#233;ministe convaincue et per&#231;oit - et enseigne - un f&#233;minisme fond&#233; sur les valeurs islamiques. Le d&#233;veloppement de l'organisation des femmes des trois peuples de Mindanao est fond&#233; sur un processus de convergence entre les femmes des diff&#233;rentes communaut&#233;s - souvent hostiles - pour discuter de leurs vies, y compris les valeurs et les croyances dans le dessein de trouver un terrain d'entente pour cr&#233;er ce qu'elles appellent un espace de paix. Cette ann&#233;e elles entreprennent un autre &#233;change o&#249; le th&#232;me central sera le militantisme f&#233;ministe fond&#233; sur la foi. C'est extraordinaire &#8211; de fonder notre analyse sur la perception des militantes femmes et non pas les philosophes universitaires. Nous n'avons aucune ma&#238;trise sur George W Bush ou Jacques Chirac. Les organisations des femmes de l'Afghanistan ont r&#233;fut&#233; la pr&#233;tention de Bush de les lib&#233;rer. Tout comme les jeunes femmes musulmanes de la France. Les voix de ces&lt;br class='autobr' /&gt;
femmes n'ont pas eu l'&#233;cho dans les m&#233;dias de celles des pr&#233;sidents, mais nous devons &#233;couter et promouvoir leurs voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En politique comme dans beaucoup de domaines de la vie sociale, le point de vue masculin pr&#233;domine. Cherchez dans une librairie le % d'auteures versus celui des auteurs. &#192; ton avis, qui sont les 3 militantes politiques qu'il faut absolument sortir de l'invisibilit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense qu'il y a au moins trois femmes de chaque nation ou pays qu'on gagnerait &#224; conna&#238;tre. Je poserais cette question &#224; toutes les femmes, sans exiger l'unanimit&#233; ou une limite de trois. Chacune a des &#171; m&#232;res, tantes et soeurs &#187; politiques &#224; honorer et faire conna&#238;tre. J'y compterais ma propre grand-m&#232;re et grande tante, ainsi que la rencontre de Madeleine Parent, d'autre part, les femmes dont j'ai lu la vie ou les livres qui ont confirm&#233; la justesse de mon v&#233;cu notamment&lt;br class='autobr' /&gt;
Sojourner Truth, Phyllis Chessler, Simone De Beauvoir et un grand nombre d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FIN&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Aux origines du trotskysme au Qu&#233;bec</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Aux-origines-du-trotskysme-au-Quebec</link>
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		<dc:date>2009-12-12T19:54:23Z</dc:date>
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		<dc:subject>Des archives de Gauche Socialiste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une entrevue r&#233;alis&#233; par les soins de notre camarade Alain Bernatchez. &lt;br class='autobr' /&gt; L'article est au format PDF en fichier joint.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; de la revue de notre collectif &#224; l'&#233;poque : ''Gauche Socialiste''
&lt;br class='autobr' /&gt;
vol. 5, num&#233;ro 2, &#201;T&#201;-AUTOMNE 1989 &lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agit d'une entrevue de Michel Mills par Alain Bernatchez.&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Notre-histoire-" rel="directory"&gt;Notre histoire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Des-archives-de-Gauche-Socialiste-+" rel="tag"&gt;Des archives de Gauche Socialiste&lt;/a&gt;

		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une entrevue r&#233;alis&#233; par les soins de notre camarade Alain Bernatchez.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'article est au format PDF en fichier joint.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; de la revue de notre collectif &#224; l'&#233;poque : ''Gauche Socialiste''&lt;br class='autobr' /&gt;
vol. 5, num&#233;ro 2, &#201;T&#201;-AUTOMNE 1989&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'une entrevue de Michel Mills par Alain Bernatchez.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;glise et la gr&#232;ve de l'amiante</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/L-eglise-et-la-greve-de-l-amiante</link>
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		<dc:date>2009-11-04T03:30:07Z</dc:date>
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&lt;p&gt;C'est l'ann&#233;e du soixanti&#232;me anniversaire de la gr&#232;ve d'Abestos, dur conflit de quatre mois qui opposa directement les mineurs de l'amiante &#224; ''l'&#201;tat-Duplessis''. On s'est livr&#233; &#224; beaucoup d'interpr&#233;tations de cet affrontement. En voici une directement tir&#233;e de nos archives et qui date de juin 1949 (vol 1. No.4) . L'auteur, Jean-Marie B&#233;dard, militant trotskyste et syndicaliste, &#233;crivait un article pour l'Unit&#233;, organe du Parti Ouvrier R&#233;volutionnaire, section canadienne de la 4&#232;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Notre-histoire-" rel="directory"&gt;Notre histoire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH103/arton2623-d39fb.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='103' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est l'ann&#233;e du soixanti&#232;me anniversaire de la gr&#232;ve d'Abestos, dur conflit de quatre mois qui opposa directement les mineurs de l'amiante &#224; ''l'&#201;tat-Duplessis''. On s'est livr&#233; &#224; beaucoup d'interpr&#233;tations de cet affrontement. En voici une directement tir&#233;e de nos archives et qui date de juin 1949 (vol 1. No.4) . L'auteur, Jean-Marie B&#233;dard, militant trotskyste et syndicaliste, &#233;crivait un article pour l'Unit&#233;, organe du Parti Ouvrier R&#233;volutionnaire, section canadienne de la 4&#232;me internationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;ARTICLE : VOIR LE FICHIER-JOINT AU FORMAT PDF&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sur Jean Marie B&#233;dard, auteur de ce texte :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ftq.qc.ca/librairies/sfv/telecharger.php?fichier=4833&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.ftq.qc.ca/librairies/sfv/telecharger.php?fichier=4833&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sur la gr&#232;ve de l'amiante et ses interpr&#233;tations :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.radio-canada.ca/actualite/zonelibre/02-02/asbestos.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.radio-canada.ca/actualite/zonelibre/02-02/asbestos.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/contemporains/rouillard_jacques/greve_amiante_projet_reforme/greve_amiante_projet_reforme.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://classiques.uqac.ca/contemporains/rouillard_jacques/greve_amiante_projet_reforme/greve_amiante_projet_reforme.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.csd.qc.ca/extranet/pdf/Amiante2.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.csd.qc.ca/extranet/pdf/Amiante2.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.erudit.org/revue/socsoc/1969/v1/n2/001169ar.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.erudit.org/revue/socsoc/1969/v1/n2/001169ar.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; consulter aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHIASSON, B., DOR&#201;, M., DAVID, H., FOURNIER, L., MONTAGNE, J.-M., PAR&#201;, H., RYERSON, S.-B., SAINT-PIERRE, C., Histoire du mouvement ouvrier au Qu&#233;bec : 150 ans de luttes, co&#233;dition de la CSN et de la CEQ, Montr&#233;al, 1984, 328 pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Fragments d'une histoire de G.S</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Fragments-d-une-histoire-de-G-S</link>
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		<dc:date>2008-04-15T23:26:04Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Voici quelques articles relatant l'histoire de notre courant. &lt;br class='autobr' /&gt; Le nouveau site &#233;tant en construction, nous esp&#233;rons avoir le temps d'aller plus en avant dans la description de diff&#233;rents &#233;pisodes de cette histoire. Pensons &#224; notre participation aux gr&#232;ves ouvri&#232;res, au regroupement autonome des jeunes, au sommet des am&#233;riques en 2001... &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que l'anniversaire de 68 s'en vient, nous n'oublions pas non plus les mobilisations &#233;tudiantes de l'&#233;poque, le fameux octobre 68 qu&#233;b&#233;cois, alors (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Notre-histoire-" rel="directory"&gt;Notre histoire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voici quelques articles relatant l'histoire de notre courant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le nouveau site &#233;tant en construction, nous esp&#233;rons avoir le temps d'aller plus en avant dans la description de diff&#233;rents &#233;pisodes de cette histoire. Pensons &#224; notre participation aux gr&#232;ves ouvri&#232;res, au regroupement autonome des jeunes, au sommet des am&#233;riques en 2001...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'anniversaire de 68 s'en vient, nous n'oublions pas non plus les mobilisations &#233;tudiantes de l'&#233;poque, le fameux octobre 68 qu&#233;b&#233;cois, alors que justement la question de la cr&#233;ation d'une seconde universit&#233; francophone &#233;tait &#224; l'ordre du jour des luttes. Et cela devint l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al (UQAM)...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on observe l'actualit&#233; &#233;tudiante, celle des gr&#232;ves de 2005 comme celles de cette ann&#233;e 2008, n'a t-on pas l'urgence d'affirmer qu'on a toujours autant de raisons de se r&#233;volter !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lagauche.com/lagauche/spip.php?article1417&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Naissance d'un nouveau parti de gauche : Qu&#233;bec Solidaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Par S&#233;bastien Bouchard, Jean-Pierre Duchesneau et Bernard Rioux* &lt;br class='autobr' /&gt;
lundi 8 mai 2006&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lagauche.com/lagauche/spip.php?article109&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Histoire et recomposition actuelle de la gauche politique qu&#233;b&#233;coise &lt;br class='autobr' /&gt;
jeudi 13 juin 2002, par Bernard Rioux, S&#233;bastien Bouchard&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lagauche.com/lagauche/spip.php?article1615&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bilan d'un cheminement, les organisations marxistes-r&#233;volutionnaires au Qu&#233;bec depuis le d&#233;but des ann&#233;es 70 par Bernard Rioux - 1989&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lagauche.com/lagauche/spip.php?article1616&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bilan de l'extr&#234;me-gauche au Qu&#233;bec&lt;br class='autobr' /&gt;
par Fran&#231;ois Moreau&lt;br class='autobr' /&gt;
(publi&#233; dans la revue Quatri&#232;me Internationale, no, 21, septembre 1986)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Naissance d'un nouveau parti de gauche : Qu&#233;bec Solidaire</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Naissance-d-un-nouveau-parti-de-gauche-Quebec-Solidaire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Naissance-d-un-nouveau-parti-de-gauche-Quebec-Solidaire</guid>
		<dc:date>2008-04-15T23:20:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Pr&#232;s de 1000 d&#233;l&#233;gu&#233;-e-s ont particip&#233; au lancement du nouveau parti de gauche Qu&#233;bec Solidaire les 3, 4 et 5 f&#233;vrier dernier au Qu&#233;bec. Selon ce que dit la d&#233;claration de principe ce parti sera r&#233;solument de gauche, f&#233;ministe, &#233;cologiste, altermondialiste, pacifiste, d&#233;mocratique et souverainiste (1). Pour comprendre l'importance de ce parti dans le paysage qu&#233;b&#233;cois il est n&#233;cessaire de faire un bref retour en arri&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt; Ce qui a &#233;t&#233; d&#233;terminant dans l'&#233;volution de l'ensemble de la gauche (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Notre-histoire-" rel="directory"&gt;Notre histoire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH150/arton1417-a1ada.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pr&#232;s de 1000 d&#233;l&#233;gu&#233;-e-s ont particip&#233; au lancement du nouveau parti de gauche Qu&#233;bec Solidaire les 3, 4 et 5 f&#233;vrier dernier au Qu&#233;bec. Selon ce que dit la d&#233;claration de principe ce parti sera r&#233;solument de gauche, f&#233;ministe, &#233;cologiste, altermondialiste, pacifiste, d&#233;mocratique et souverainiste (1). Pour comprendre l'importance de ce parti dans le paysage qu&#233;b&#233;cois il est n&#233;cessaire de faire un bref retour en arri&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce qui a &#233;t&#233; d&#233;terminant dans l'&#233;volution de l'ensemble de la gauche au Qu&#233;bec, de la social-d&#233;mocratie &#224; la gauche radicale, a &#233;t&#233; l'absence de parti ouvrier de masse. Ni le Nouveau Parti D&#233;mocratique canadien, ni le Parti Communiste du Canada ne sont parvenus &#224; construire un parti qui ait eu un impact de masse r&#233;el au Qu&#233;bec. Construits de l'ext&#233;rieur de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise sans jamais en comprendre les d&#233;terminants, ces partis ont soit ni&#233; la r&#233;alit&#233; de l'oppression nationale du Qu&#233;bec, soit marginalis&#233; cette question dans leurs consid&#233;rations strat&#233;giques et tactiques. Cette r&#233;alit&#233; &#224; permis au Parti qu&#233;b&#233;cois, d'occuper l'ensemble de l'espace politique disponible au Qu&#233;bec. La majorit&#233; de la radicalisation sociale, f&#233;ministe et nationale des ann&#233;es 1960-70 a &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233;e par lui. Fond&#233; en 1968, le PQ n'est pas un parti social-d&#233;mocrate fond&#233; par les syndicats mais plut&#244;t un parti nationaliste avec une tendance moderniste dont le leadership a &#233;t&#233; assur&#233; par une scission du Parti Lib&#233;ral Qu&#233;b&#233;cois dirig&#233; par Ren&#233; L&#233;vesque (2). Par contre, la majorit&#233; de ses membres &#233;taient enracin&#233;s dans la classe travailleuse et populaire. Les syndicats, principales organisations ouvri&#232;res, ont en fait toujours refus&#233; de construire ou encore d'appuyer la mise en place d'un parti ouvrier de masse, entre autres en pr&#233;textant qu'ils n'avaient pas &#224; se m&#234;ler de politique partisane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Recherche d'unit&#233; politique sur fond de regain de luttes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut attendre les ann&#233;es 1990 pour que de petites organisations de la gauche qu&#233;b&#233;coise amorcent le chemin de l'unit&#233;. Le Nouveau Parti D&#233;mocratique-Qu&#233;bec, qui &#233;tait une organisation d'une centaine de membres, abandonna son orientation f&#233;d&#233;raliste et au m&#234;me moment s'est ouvert aux autres organisations de gauche. Deux groupes r&#233;pondirent &#224; l'appel : les nationalistes de gauche autour de Paul Rose et les marxistes-r&#233;volutionnaires de Gauche Socialiste (IVe Internationale). La dynamique des d&#233;bats amena le NPD-Q &#224; se d&#233;finir comme le Parti de la d&#233;mocratie socialiste (PDS), parti anticapitaliste, antin&#233;olib&#233;ral, f&#233;ministe, internationaliste et ind&#233;pendantiste en 1996.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la premi&#232;re moiti&#233; des ann&#233;es 1990, tout comme dans les ann&#233;es 1980, le gouvernement au pouvoir &#224; Qu&#233;bec, dirig&#233; par les lib&#233;raux, met en place une s&#233;rie de contre-r&#233;formes, de coupures dans les programmes sociaux et de privatisations. A partir de 1994, le gouvernement du Parti qu&#233;b&#233;cois va appliquer les m&#234;mes politiques. Ces reculs sociaux illustraient la d&#233;t&#233;rioration des rapports de force en d&#233;faveur des classes domin&#233;es. Pourtant, &#224; partir du milieu de la d&#233;cennie, on a pu noter une certaine remont&#233;e des luttes illustr&#233;e par la Marche du pain et des roses de 1995 (3) puis les gr&#232;ves et d&#233;sob&#233;issances civiles des &#233;tudiants (4) et des infirmi&#232;res (5). Un second souffle suit avec la mobilisation altermondialiste de la Marche mondiale des Femmes de l'an 2000 contre la pauvret&#233; et la violence. Puis, ce sera le Sommet des Am&#233;riques &#224; Qu&#233;bec, avec sa Marche des peuples (60 000 manifestants), qui mobilisera la majorit&#233; du mouvement social qu&#233;b&#233;cois contre la ZL&#201;A. Malheureusement, cette mont&#233;e des luttes n'a pas produit de rupture importante entre les directions syndicales et sociales et le Parti qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; cette mont&#233;e des luttes, une volont&#233; de cr&#233;er un grand parti de gauche au Qu&#233;bec s'est de plus en plus manifest&#233;e. Pour une partie de la gauche ind&#233;pendantiste et socialiste, le profil pris par le PDS &#233;tait trop marqu&#233; par l'anticapitalisme pour &#234;tre d'embl&#233;e le lieu de ralliement de la gauche et ce, malgr&#233; ses conceptions ouvertes et d&#233;mocratiques au niveau de l'unit&#233;. Un autre p&#244;le de ralliement s'est donc mis en place, sans critiquer clairement et ouvertement le PDS mais en proposant une autre d&#233;marche, o&#249; la d&#233;finition de l'organisation comme parti n'&#233;tait pas donn&#233;e a priori. Le Rassemblement pour une Alternative Politique (RAP), qui a tenu son congr&#232;s de fondation &#224; la fin de mai 1998, rallia une partie de la gauche sociale et politique qu&#233;b&#233;coise. Mais ce congr&#232;s du RAP ne permit pas une v&#233;ritable unification de l'ensemble de la gauche socialiste, f&#233;ministe et ind&#233;pendantiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; un processus de clarification de son projet, le RAP finit par se d&#233;finir comme parti et d&#233;cide &#224; se pr&#233;senter aux &#233;lections de 1998. D&#233;favoris&#233; par le syst&#232;me &#233;lectoral de scrutin unilat&#233;ral &#224; un tour, aucun des partis de gauche ne re&#231;ut plus d'un pour cent des votes. La seule exception fut la candidature de Michel Chartrand, syndicaliste radical, qui a r&#233;ussi &#224; obtenir 15 %, en partie gr&#226;ce &#224; l'appui de plusieurs syndicats et groupes populaires locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'esprit de Mercier &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; l'&#233;chec de la campagne &#233;lectorale de 1998, un colloque pour l'unit&#233; des organisations politiques et des forces progressistes a rassembl&#233; 700 personnes &#224; Montr&#233;al. Ce dernier a permis la mise sur pied d'un comit&#233; de liaison qui a facilit&#233; le rapprochement de la plupart des partis politiques de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte, au printemps 2001, qu'eut lieu l'initiative dans le comt&#233; de Mercier. La formation d'une coalition &#233;lectorale de diff&#233;rentes forces de gauche et d'ind&#233;pendants se fit sur une plate-forme contre la mondialisation des march&#233;s, pour l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec et reprenant les revendications de la Marche mondiale des Femmes. Un contexte local particulier (crise dans la direction p&#233;quiste du comt&#233;), et la concentration des forces de la gauche montr&#233;alaise (politique mais aussi syndicale) sur ce comt&#233; permit d'arracher un r&#233;sultat &#233;lectoral significatif (plus de 24 %). Cette victoire posa plus concr&#232;tement encore la n&#233;cessit&#233; d'unifier la gauche dans un parti politique f&#233;d&#233;r&#233; et multi-tendances, l'Union des forces progressistes, qui tiendra son congr&#232;s de fondation en juin 2002. Les principales organisations politiques de gauche, le RAP, le PDS et le PCQ ont fusionn&#233; donnant un parti d'environ 1 millier de membres. Par contre, cette fusion n'avait pas encore r&#233;ussi &#224; provoquer une rupture des principaux mouvements sociaux du Parti qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;lections sont d&#233;clench&#233;es au d&#233;but de l'ann&#233;e 2003. L'ADQ (Action d&#233;mocratique du Qu&#233;bec), parti le plus &#224; droite sur l'&#233;chiquier politique qu&#233;b&#233;cois r&#233;colte de plus en plus d'appuis dans les sondages et on assiste &#224; une v&#233;ritable mont&#233;e de la droite. Un collectif de 22 femmes et hommes (dons Fran&#231;oise David, qui fut la porte-parole de la Marche mondial des femmes) organise une grande campagne d'&#233;ducation populaire pour encourager la population &#224; se renseigner sur les programmes des partis et &#224; d&#233;velopper une analyse critique. C'est la naissance de &#171; D'abord Solidaires &#187;. De son c&#244;t&#233;, l'UFP collabore avec le Parti Vert et des ind&#233;pendants. Quelque 73 candidates et candidats de l'UFP, 36 du Parti Vert et 5 candidatures ind&#233;pendantes, sont pr&#233;sent&#233;s. Ils obtiennent en moyenne 2 % des voix dans leur circonscription. Dans le comt&#233; de Mercier, Amir Khadir obtient le meilleur r&#233;sultat : pr&#232;s de 18 %, devant l'ADQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement lib&#233;ral de Jean Charest, &#233;lu aux &#233;lections, annonce ses couleurs : affaiblissement de l'&#201;tat et des syndicats, partenariats public-priv&#233;, privatisations et d&#233;cisions d&#233;favorables &#224; l'environnement, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au rassemblement de &#171; D'Abord Solidaires &#187;, en novembre 2003, le groupe se scinde en trois collectifs dont l'un anim&#233; par Fran&#231;oise David et se donne comme mandat de d&#233;velopper une option partisane. En l'espace de 5 mois, Fran&#231;oise David, en collaboration avec un comit&#233;, r&#233;dige le livre &#171; Bien commun recherch&#233; &#187; (6).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2004, l'option partisane ouvre un local, planifie une tourn&#233;e provinciale, cr&#233;e un site web, lance officiellement le livre et tient une conf&#233;rence de presse annon&#231;ant la fondation d'Option Citoyenne. La tourn&#233;e provinciale d'Option Citoyenne durera deux mois et demi. On rencontre pr&#232;s de 3 000 personnes lors d'activit&#233;s pour partager les pr&#233;occupations, les besoins et les int&#233;r&#234;ts pour la formation d'un parti politique. La r&#233;ception est plus que chaleureuse. &#192; l'automne 2004, les membres d'Option citoyenne se rencontrent pour la premi&#232;re fois. D&#232;s le d&#233;but la direction a la conviction qu'il fallait continuer &#224; unir la gauche politique au Qu&#233;bec et propose des pourparlers pour l'unification avec l'UFP et les Verts, mais seule l'UFP r&#233;pond positivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps se fonde les Syndicalistes et Progressistes pour un Qu&#233;bec libre (SPQ-libre). Cette organisation sous la gouverne d'ex-dirigeants syndicaux invite les syndicalistes et les progressistes &#224; r&#233;investir le Parti Qu&#233;b&#233;cois pour le tirer &#224; gauche, pr&#233;textant qu'&#224; gauche du parti Qu&#233;b&#233;cois il n'existe pas de place politique. &#192; l'automne 2005, le SPQ-libre pr&#233;sente un candidat &#224; la course &#224; la direction du PQ. Il n'obtient qu'un pour cent des voix. Le SPQ-libre n'a pas fait un bilan r&#233;el de sa campagne. Les appels au ralliement au PQ dans le contexte actuel, alors que la gauche politique s'unifie dans un parti, n'est ni plus ni moins qu'un appel &#224; rester engonc&#233; dans la vieille strat&#233;gie du bloc national interclassiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'automne 2005, apr&#232;s 13 s&#233;ances de n&#233;gociations, les membres de l'Union des forces progressistes et d'Option citoyennes adoptent &#224; l'unanimit&#233; la r&#233;solution d'une fusion des deux organisations. En f&#233;vrier 2006, le parti politique Qu&#233;bec solidaire est cr&#233;&#233;. Mais une partie de la gauche politique est toujours pr&#233;sente au sein du Parti qu&#233;b&#233;cois par le biais du SPQ-Libre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les d&#233;fis du nouveau parti de la gauche unie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les classes dominantes et les gouvernements n&#233;olib&#233;raux tant au Canada qu'au Qu&#233;bec sont pass&#233;s &#224; une nouvelle phase de leur offensive. Flexibilit&#233; du march&#233; du travail et privatisation des services publics sont les deux piliers de cette derni&#232;re. Cette nouvelle phase est marqu&#233;e par la remise en question du mod&#232;le qu&#233;b&#233;cois issu d'un compromis face aux mobilisations sociales ant&#233;rieures. Le gouvernement Charest cherche &#224; cr&#233;er un mode de gestion excluant la concertation sociale avec les repr&#233;sentants des classes subalternes et &#224; proc&#233;der unilat&#233;ralement dans sa volont&#233; de d&#233;truire une s&#233;rie de conqu&#234;tes sociales, r&#233;sultats des mobilisations des derni&#232;res d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, les mobilisations contre la mondialisation capitaliste, contre la guerre, contre les d&#233;sastres &#233;cologiques actuels ou appr&#233;hend&#233;s, contre la privatisation dans l'&#233;ducation et la sant&#233;, contre l'endettement &#233;tudiant, pour la s&#233;curit&#233; de l'emploi et contre la d&#233;t&#233;rioration du pouvoir d'achat et les mobilisation des femmes pour l'&#233;quit&#233; ont &#233;t&#233; massives et soutenues. Cependant, elles se seront r&#233;v&#233;l&#233;es jusqu'ici incapables de bloquer durablement l'offensive n&#233;olib&#233;rale et d'emp&#234;cher les restructurations : pr&#233;carisation et renforcement de la flexibilit&#233; du travail, affaiblissement continu des organisations syndicales, privatisation accrue des services publics, d&#233;t&#233;rioration des conditions de travail et de vie d'une partie importante de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mobilisations ont &#233;t&#233; porteuses d'aspirations unitaires et de la volont&#233; de d&#233;finir un Qu&#233;bec solidaire et ont permis &#224; la gauche politique de d&#233;passer sa dispersion, de s'unifier et d'offrir une alternative unitaire pour un Qu&#233;bec ind&#233;pendant et &#233;galitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la r&#233;sistance &#224; cette offensive n'a pu stopper l'offensive, ces mouvements sociaux ont r&#233;ussi &#224; entamer la l&#233;gitimit&#233; du n&#233;olib&#233;ralisme. L'&#233;rosion de la base &#233;lectorale des partis au pouvoir (Parti lib&#233;ral du Canada et Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec) est un d&#233;saveu massif des politiques de ces partis. Les politiques n&#233;olib&#233;rales connaissent donc aujourd'hui une &#233;norme crise de l&#233;gitimit&#233;. Cette situation introduit une forte polarisation sociale entre les classes dominantes et leurs repr&#233;sentants n&#233;olib&#233;raux (PLQ, ADQ) ou sociaux-lib&#233;raux comme le PQ et les classes ouvri&#232;re et populaires et leurs organisations. Cette polarisation se manifeste sous la forme d'une polarisation gauche-droite dont le caract&#232;re de classe reste obscurci par la faiblesse de la conscience de classe au Qu&#233;bec qui est li&#233;e &#224; l'importance de la question nationale et &#224; l'absence historique d'un parti des travailleurs et des travailleuses ayant un caract&#232;re de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel parti des urnes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou comment construire un parti utilisant la lutte &#233;lectorale pour d&#233;fendre les revendications populaires et donner une voix aux mouvements sociaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un moment &#233;lectoral pour renverser le rapport de force qui s'est mis en place. Depuis des d&#233;cennies, les classes ouvri&#232;re et populaires (et particuli&#232;rement leurs secteurs organis&#233;s) ont servi d'appui au Parti qu&#233;b&#233;cois. Ce choix strat&#233;gique d'une alliance in&#233;galitaire entre les directions des classes subalternes et le Parti qu&#233;b&#233;cois a donn&#233; de maigres r&#233;sultats mais il a surtout laiss&#233; toute la parole aux dirigeants nationalistes qui ont comme objectif de se construire une base dans la bourgeoisie qu&#233;b&#233;coise. Le ralliement des diff&#233;rentes directions du Parti qu&#233;b&#233;cois au n&#233;olib&#233;ralisme a d&#233;bouch&#233; sur toute une s&#233;rie d'attaques frontales contre les classes salari&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;er un nouveau parti politique de gauche, c'est vouloir redonner une parole politique autonome &#224; ces classes et fonder leur capacit&#233; d'agir sur le terrain &#233;lectoral pour la d&#233;fense de leurs revendications. Il est donc n&#233;cessaire que le nouveau parti de gauche occupe sans timidit&#233; ce terrain et assure la rupture de l'alliance avec le PQ et son social-lib&#233;ralisme, alliance qui a &#233;t&#233; un facteur de recul et de d&#233;mobilisation. Ce terrain ne peut &#234;tre occup&#233; sous des formes qui ne seraient qu'une copie conforme de celles d&#233;ploy&#233;es par les partis bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut faire la politique autrement et le nouveau parti de gauche doit chercher &#224; permettre l'expression des luttes et de la r&#233;sistance populaire dans le cours m&#234;me des campagnes &#233;lectorales. Cela n&#233;cessite de ne pas &#233;tablir des rapports individualistes avec les &#233;lecteurs et &#233;lectrices, rapports qui peuvent &#234;tre &#233;lectoralement profitables &#224; court terme mais qui conduisent naturellement au d&#233;veloppement d'un client&#233;lisme qui est tout le contraire d'une politique r&#233;ellement d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PQ ne constitue en aucune mani&#232;re un instrument fiable dans la lutte contre l'offensive n&#233;olib&#233;rale. Au contraire, une fois au pouvoir, il risque de reprendre &#224; son compte de nouveau les aspirations de la droite, dont le projet est bien exprim&#233; dans le Manifeste pour un Qu&#233;bec lucide (9). Le ralliement des organisations syndicales, populaires, f&#233;ministes et jeunes &#224; la gauche politique doit se r&#233;aliser concr&#232;tement dans la prochaine campagne &#233;lectorale. Pour cela, il faut &#233;carter toute perspective de soutien au Parti qu&#233;b&#233;cois et concevoir l'unit&#233; qu'il faut construire non pas avec le bloc national dirig&#233; par le PQ, mais comme une vaste alliance syndicale, populaire, f&#233;ministe et de jeunes autour d'un programme d'urgence pour un Qu&#233;bec solidaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle unit&#233; syndicale, populaire, f&#233;ministe et jeune suppose la rupture du mouvement syndical et de l'ensemble des mouvements sociaux avec le social-lib&#233;ralisme du PQ et avec les illusions que l'on pourra parvenir &#224; plus de justice sociale dans le cadre d'une &#233;conomie capitaliste mieux r&#233;gul&#233;e. Une telle orientation entra&#238;ne &#233;videmment le refus de toute alliance et de tout soutien &#233;lectoral ou gouvernemental au Parti Qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel parti de la rue ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terrain &#233;lectoral n'est qu'un axe d'un n&#233;cessaire processus de red&#233;finition politique et organisationnel des classes ouvri&#232;re et populaires face aux d&#233;fis et &#224; l'ampleur de l'offensive actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#234;tre v&#233;ritablement un parti de la rue, le nouveau parti de gauche ne peut se contenter d'apporter son soutien solidaire aux luttes en cours. Il doit &#234;tre partie prenante de la r&#233;&#233;valuation de nos instruments de lutte, des strat&#233;gies, des politiques d'alliance et du programme qu'il faudra mettre en avant pour r&#233;pondre aux attaques contre les acquis syndicaux et populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche politique est devant un d&#233;fi essentiel, c'est celui, en plus de r&#233;aliser son unit&#233; politico-organisationnelle, d'offrir un projet alternatif de gauche dans le c&#339;ur m&#234;me de la r&#233;sistance populaire. Il ne peut esp&#233;rer se construire, si l'ensemble des mouvements sociaux ne parviennent pas &#224; d&#233;finir les revendications, les strat&#233;gies, les moyens d'action et les alliances qui permettront de rassembler les forces capables de bloquer les n&#233;olib&#233;raux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Programme d'urgence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau parti politique de gauche devrait appeler au rejet de l'ensemble des lois antisociales adopt&#233;es par le gouvernement Charest durant son mandat, qui se sont attaqu&#233;es aux acquis de la population. Il doit &#234;tre partie prenante de l'&#233;laboration d'un programme d'urgence pour faire face &#224; l'&#339;uvre de d&#233;molition des acquis sociaux du gouvernement Charest. Un tel programme d'urgence doit pr&#233;voir des revendications favorisant le d&#233;veloppement de la s&#233;curit&#233; de l'emploi, le renforcement et la protection du pouvoir d'achat et aidant &#224; mettre un frein &#224; l'appauvrissement de la population. Il doit &#233;galement assurer l'&#233;galit&#233; des femmes et pr&#233;voir les moyens de lutter contre la violence qui leur est faite. Il doit &#233;tablir les cadres d'une politique &#233;cologiste v&#233;ritable et renforcer les droits d&#233;mocratiques de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau parti de gauche doit proposer la tenue d'&#201;tats g&#233;n&#233;raux du mouvement syndical et des mouvements sociaux pour d&#233;finir un tel programme d'action et de revendications partag&#233;es dans le cadre d'une v&#233;ritable d&#233;mocratie citoyenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau parti de la gauche unie ne doit par disjoindre la lutte pour l'ind&#233;pendance de la lutte pour une soci&#233;t&#233; &#233;galitaire et d&#233;mocratique. Il ne peut se contenter de pr&#233;senter l'ind&#233;pendance comme un simple moyen pour r&#233;soudre des questions sociales qui seraient les seuls v&#233;ritables enjeux. Au Qu&#233;bec, le combat pour la justice sociale ne peut &#234;tre men&#233; jusqu'au bout sans remettre en question la domination f&#233;d&#233;rale canadienne. Pour en finir avec l'influence p&#233;quiste sur de larges secteurs de la population, un parti de gauche doit savoir offrir un d&#233;bouch&#233; politique &#224; la lutte nationale. Le nouveau parti devra opposer syst&#233;matiquement une strat&#233;gie d&#233;mocratique et radicale centr&#233;e sur la perspective de l'&#233;lection d'une Assembl&#233;e constituante &#224; la perspective r&#233;f&#233;rendaire non porteuse de la n&#233;cessaire recomposition de la soci&#233;t&#233; civile qui seule rendra possible la victoire de l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Assembl&#233;e constituante permettrait &#224; la majorit&#233; populaire de dessiner les contours du pays dans une s&#233;rie d'initiatives de prise de parole o&#249; tous les Qu&#233;b&#233;cois et Qu&#233;b&#233;coises de tous les horizons pourront d&#233;finir les principes d'un Qu&#233;bec ind&#233;pendant, solidaire et d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau parti ne doit pas craindre de reconna&#238;tre clairement que la question des rapports &#224; cr&#233;er avec les &#171; classes laborieuses &#187; est une question majeure pour la gauche. Un parti qui se veut de gauche ne doit pas masquer mais rendre tr&#232;s claire la repr&#233;sentativit&#233; qu'il vise. Un parti de gauche doit se pr&#233;occuper de sa composition sociale, &#233;viter d'&#234;tre le v&#233;hicule de la formation d'une nouvelle &#233;lite politique, fut-elle de gauche, et assurer une repr&#233;sentation sociale des couches populaires aux responsabilit&#233;s sociales et &#233;lectives afin d'assurer la promotion &#224; tous les niveaux des repr&#233;sentantes et repr&#233;sentant de ces classes. Il doit assurer la parit&#233; aux femmes tant au niveau des postes de responsabilit&#233; du parti qu'au niveau du choix des candidatures. Il doit &#233;galement cr&#233;er une vie interne qui bannit les comportements patriarcaux et permet la d&#233;mocratie la plus large par le respect concret du pluralisme.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* S&#233;bastien Bouchard, Jean-Pierre Duchesneau et Bernard Rioux sont militants de la Gauche socialiste, section qu&#233;b&#233;coise de la IVe Internationale, partie prenante de la construction de Qu&#233;bec Solidaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Voir le site Web : &lt;a href=&#034;http://www.quebecsolidaire.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.quebecsolidaire.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. En fait, le PQ est officiellement n&#233; de l'union d'une scission du Parti Lib&#233;ral du Qu&#233;bec, du Mouvement Souverainet&#233; Association et du Ralliement national. L'organisation des nationalistes radicaux &#224; tendance sociale, le Rassemblement pour l'Ind&#233;pendance Nationale, s'est alors dissout pour rejoindre le PQ, sans jamais y &#234;tre invit&#233; en tant qu'organisation. Le PQ fut donc, d&#232;s son origine, contr&#244;l&#233; par un personnel politique provenant de la petite-bourgeoisie et de secteurs bourgeois li&#233;s &#224; l'appareil d'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois, souvent issus du Parti Lib&#233;ral et de l'Union Nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. En juin 1995, 850 femmes arrivaient dans la ville de Qu&#233;bec apr&#232;s une marche de 10 jours sur 200 kilom&#232;tres pour revendiquer du Gouvernement du Qu&#233;bec une s&#233;rie de mesures visant l'&#233;limination de la pauvret&#233; des femmes. Elles ont &#233;t&#233; accueillies par une foule de 15 000 personnes rassembl&#233;es devant l'Assembl&#233;e nationale. La marche Du Pain et des Roses a &#233;galement &#233;t&#233; l'&#233;tincelle qui a fait r&#234;ver d'une telle marche au niveau international. Cette impulsion a donn&#233; lieu &#224; la Marche mondiale des femmes, grand mouvement international d'actions f&#233;ministes regroupant, en 2005, pr&#232;s de 6 000 groupes r&#233;partis dans 163 pays et territoires sur les cinq continents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. &#192; l'automne 1996, on a assist&#233; au Qu&#233;bec &#224; une vague de trois semaines de gr&#232;ve intensive et de contestation &#233;tudiante comme il ne s'en &#233;tait pas vu depuis les ann&#233;es 1970. Le &#171; non &#187; qu'ont fait retentir les &#233;tudiants devint celui des travailleuses et des travailleurs qui refus&#232;rent d'&#234;tre les boucs &#233;missaires des milliards de dollars de coupures budg&#233;taires, du fameux d&#233;ficit z&#233;ro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Le 26 juin 1999, les 47 500 membres de la F&#233;d&#233;ration des infirmi&#232;res et infirmiers du Qu&#233;bec (FIIQ) d&#233;clenchent une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e et ill&#233;gale qui durera 22 jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Le livre est disponible en ligne aux &#233;ditions &#201;cosoci&#233;t&#233; : &lt;a href=&#034;http://www.ecosociete.org/t87.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ecosociete.org/t87.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Le PLC &#224; perdu le pouvoir de l'&#201;tat canadien en janvier 2006. C'est maintenant le parti conservateur qui forme un gouvernement minoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Les sondages donnent des taux d'insatisfaction de plus de 70 % envers le Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec, qui dirige l'&#201;tat Qu&#233;b&#233;cois depuis avril 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Le 19 octobre 2005, une douzaine de personnes de l'establishment politique et &#233;conomique du Qu&#233;bec, tout parti confondu, lancent un manifeste ayant pour nom &#171; Manifeste pour un Qu&#233;bec lucide &#187;. Il trace les lignes de conduite que doit se donner selon eux un &#171; Qu&#233;bec lucide &#187;. Quelques jours plus tard, la gauche politique et sociale r&#233;pond avec son &#171; Manifeste pour un Qu&#233;bec solidaire&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bilan d'un cheminement, les organisations marxistes-r&#233;volutionnaires au Qu&#233;bec depuis le d&#233;but des ann&#233;es 70</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Bilan-d-un-cheminement-les-organisations-marxistes-revolutionnaires-au-Quebec</link>
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		<dc:date>2008-03-30T05:07:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Rioux</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Groupe Marxiste R&#233;volutionnaire (1972-1977), Ligue Ouvri&#232;re R&#233;volutionnaire (1977-1980), Organisation Combat Socialiste (1980-1982), Mouvement socialiste (1982-1983), Gauche socialiste (1983-...), un itin&#233;raire politique dans la gauche anti-capitaliste au Qu&#233;bec. Cet itin&#233;raire politique eut comme fil &#224; plomb la d&#233;fense du programme de la IVe Internationale tel qu'on le comprenait. &lt;br class='autobr' /&gt; Pour comprendre le cheminement d'un courant politique marxiste-r&#233;volutionnaire, il faut scruter son (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Notre-histoire-" rel="directory"&gt;Notre histoire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Groupe Marxiste R&#233;volutionnaire (1972-1977), Ligue Ouvri&#232;re R&#233;volutionnaire (1977-1980), Organisation Combat Socialiste (1980-1982), Mouvement socialiste (1982-1983), Gauche socialiste (1983-...), un itin&#233;raire politique dans la gauche anti-capitaliste au Qu&#233;bec. Cet itin&#233;raire politique eut comme fil &#224; plomb la d&#233;fense du programme de la IVe Internationale tel qu'on le comprenait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour comprendre le cheminement d'un courant politique marxiste-r&#233;volutionnaire, il faut scruter son histoire, son h&#233;ritage, son &#233;volution. Il ne s'agit pas de faire la liste des erreurs et des &#233;checs. Il s'agit plut&#244;t de fouiller son exp&#233;rience, pour voir ce qu'il faut valoriser, ce sur quoi il faut s'appuyer, ce que l'on doit transformer et ce que l'on doit d&#233;raciner r&#233;ellement... pour pouvoir poursuivre un travail de construction d'une organisation marxiste-r&#233;volutionnaire au Qu&#233;bec. C'est dans ce sens qu'un travail de bilan devient une d&#233;marche militante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. Le d&#233;but des ann&#233;es 70, une p&#233;riode de d&#233;gagement d'une nouvelle extr&#234;me-gauche au Qu&#233;bec&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 68. Le mouvement &#233;tudiant occupe la rue. C'est la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en France. C'est le printemps de Prague. C'est le d&#233;veloppement des gu&#233;rillas en Am&#233;rique latine. La r&#233;sistance h&#233;ro&#239;que du peuple vietnamien faire reculer l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. Autant d'indicateurs du d&#233;but d'un temps nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Octobre 68. C'est l'occupation des c&#233;geps et des universit&#233;s au Qu&#233;bec. Puis bient&#244;t en 69, ce sont les grandes mobilisations nationalistes : McGill fran&#231;ais, la mobilisation contre le bill 63 qui conduit 60 000 personnes devant l'Assembl&#233;e nationale. Les explosions des bombes du FLQ... &#034;Du vieux monde, faisons table rase.&#034; On n'en est pas au &#034;no future&#034;, on en est encore au &#034;tout est possible&#034;. C'est l'esprit du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise d'octobre 70. Le pouvoir frappe. L'arm&#233;e canadienne occupe le Qu&#233;bec. Une arm&#233;e contre un esprit. Un esprit qui rejette le Canada et ses institutions oppressives. Un esprit qui rejette le pouvoir en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la crise d'octobre marque la fin d'une &#233;poque. A la fin des ann&#233;es 60, les organisations de la gauche nationaliste radicale s'effondrent. C'est la fin des grandes mobilisations nationalistes extra-parlementaires d'abord port&#233;es par la jeunesse &#233;tudiante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle p&#233;riode sera d'abord marqu&#233;e par l'h&#233;g&#233;monisation du PQ sur l'ensemble des forces nationalistes, sur le mouvement ouvrier et par la mont&#233;e des luttes dans les rangs de ce dernier. Les luttes sont dures. La gr&#232;ve au journal &#034;La Presse&#034; en 71 d&#233;bouche sur une immense manifestation syndicale dans les rues de Montr&#233;al. Cette manifestation est sauvagement r&#233;prim&#233;e par la police anti-&#233;meute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le front commun du secteur public d&#233;bouche sur une vague de gr&#232;ves et d'occupations de villes. Sept-Iles est litt&#233;ralement occup&#233; par les travailleurs et les travailleuses. De nombreuses stations de radios sont envahies. On prend le micro sur la sc&#232;ne publique. Le mouvement syndical devient le centre d'attraction pour les militant-e-s qui cherchent des forces sociales pour porter leurs esp&#233;rances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti Qu&#233;b&#233;cois, lui, pr&#233;tend apporter, et beaucoup vont le croire, une solution r&#233;aliste &#224; la lutte nationale : la souverainet&#233;-association. Une grande partie de la gauche de la fin des ann&#233;es 60 se d&#233;compose. On th&#233;orise rapidement le ralliement. L'ind&#233;pendance d'abord ; le socialisme, on verra plus tard. C'est la premi&#232;re version de la th&#233;orie des &#233;tapes. Les &#233;tapes vont se multiplier. Chaque &#233;tape aura sa th&#233;orie propre. C'est le PQ qui recueille les fruits de la radicalisation nationaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des militant-e-s refusent cette entr&#233;e au PQ, cette d&#233;mission. Ils et elles n'ont pas confiance &#224; un ex-ministre lib&#233;ral pour mener une lutte de lib&#233;ration nationale. Nous le savons et nous le disons. Le PQ va nous conduire au cul de sac. Il ne d&#233;fend pas les int&#233;r&#234;ts des classes ouvri&#232;re et populaires mais ceux des capitalistes qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soutien ou non au PQ, c'est par l&#224; que passe la d&#233;marcation entre la gauche r&#233;volutionnaire et les r&#233;formismes de tout genre. Au PQ, il faut opposer un projet de classe. Un projet socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adoption par les centrales syndicales des manifestes d'inspiration socialiste laisse esp&#233;rer que le mouvement syndical va se d&#233;marquer du PQ. Mais ces manifestes ont une carence fondamentale. Oui, ils parlent de socialisme. Mais ils ne disent pas un mot sur comment se battre pour ce projet de soci&#233;t&#233; socialiste. Ils ne disent pas un mot sur l'organisation politique ouvri&#232;re. D'ailleurs, la perspective du parti des travailleurs va &#234;tre rejet&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 70. La majorit&#233; des directions du mouvement syndical s'oppose &#224; la cr&#233;ation d'un parti des travailleurs et des travailleuses. Elles pr&#233;f&#232;rent un appui dit ou non-dit au PQ. Elles pr&#233;f&#232;rent la constitution d'un bloc du mouvement syndical et du PQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est en place pour que la radicalisation ouvri&#232;re et populaire ne s'exprime pas directement sur le terrain politique de classe. La volont&#233; de lutter contre l'oppression sociale et nationale, va se traduire sur le plan politique par un appui de plus en plus consid&#233;rable au PQ... La radicalisation des travailleurs et des travailleuses portent le PQ au pouvoir. C'est paradoxal, mais c'est la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but des ann&#233;es 70, la gauche r&#233;volutionnaire est &#233;parpill&#233;e. Mais des comit&#233;s d'action politique travaillent dans les quartiers, dans les universit&#233;s et les c&#233;geps. Sous l'impact de la r&#233;volution culturelle chinoise et du courant dominant dans le marxisme universitaire fran&#231;ais, ces couches militantes sont devenues vaguement mao&#239;santes (mao-spontan&#233;istes, disions-nous alors).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations li&#233;s &#224; des courants internationaux (pro-chinois : Parti Communiste Canadien marxiste-l&#233;niniste, Mouvement R&#233;volutionnaire des Etudiants Qu&#233;b&#233;cois) et la Ligue Socialiste Ouvri&#232;re (IVi&#232;me Internationale) restent peu articul&#233;es aux couches militantes anti-capitalistes issues des luttes r&#233;centes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. Le Groupe marxiste r&#233;volutionnaire (1972-1977), des acquis programmatiques...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;a. Des acquis programmatiques r&#233;els&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le GMR est lanc&#233; en ao&#251;t 1972 par une minorit&#233; de La Ligue socialiste ouvri&#232;re et de son organisation de jeunesse (La Ligue des Jeunes Socialistes). La minorit&#233; fondatrice du GMR reprochait &#224; la majorit&#233; de la LSO une incompr&#233;hension de la question nationale du Qu&#233;bec et une orientation droiti&#232;re dans les diff&#233;rents mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le GMR d&#233;fendait une s&#233;rie d'acquis li&#233;s en grande partie &#224; son appartenance &#224; la Quatri&#232;me internationale. Le GMR soutenait l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec. Il se rangeait d'embl&#233;e dans le courant ind&#233;pendantiste et socialiste. Seule la classe ouvri&#232;re &#233;tait capable de mener la lutte pour l'ind&#233;pendance jusqu'au bout et de lui donner une dimension clairement anti-imp&#233;rialiste. L'ind&#233;pendance serait socialiste ou elle ne serait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le GMR partageait avec la majorit&#233; de la gauche, avant l'h&#233;g&#233;monisation &#034;marxiste-l&#233;niniste&#034;, une vision strictement qu&#233;b&#233;coise et voyait la lutte de lib&#233;ration nationale dans un cadre strictement qu&#233;b&#233;cois un peu sur le monde de la lutte de peuple irlandais. Le GMR empruntait d'ailleurs la formulation de sa perspective strat&#233;gique, &#034;Pour le r&#233;publique des travailleurs du Qu&#233;bec&#034; au grand r&#233;volutionnaire irlandais James Connolly. C'est &#224; partir d'une telle compr&#233;hension que le GMR d&#233;fendait une section qu&#233;b&#233;coise de la IVi&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette compr&#233;hension de la question nationale, toute limit&#233;e qu'elle fut, permettait au GMR de se d&#233;marquer du Parti Qu&#233;b&#233;cois. Elle lui a permis d'&#233;viter la d&#233;marcation mao&#239;ste du PQ qui a conduit ce courant &#224; rejeter aussi bien le PQ que l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre acquis programmatique pr&#233;cieux du GMR &#233;tait est li&#233; &#224; sa compr&#233;hension de la question d&#233;mocratique dans la r&#233;volution et dans la construction des organisations. Cette compr&#233;hension reposait sur une r&#233;flexion profonde de la Quatri&#232;me internationale sur la r&#233;alit&#233;, la vari&#233;t&#233; et l'ampleur des processus de bureaucratisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le GMR partageait &#233;galement avec la Quatri&#232;me Internationale, une conception d&#233;mocratique du socialisme et s'opposait &#224; ses caricatures bureaucratiques. Nous luttions pour un socialisme des conseils ouvriers, un socialisme o&#249; ce n'&#233;tait pas le parti qui dirigeait en tout. Nous luttions pour un socialisme o&#249; le multipartisme serait possible et nous nous opposions &#224; la conception du parti unique. Le GMR n'a jamais c&#233;d&#233; &#224; la conception du parti monolithique, qui est une id&#233;e post-l&#233;niniste, stalinienne... qui a marqu&#233; l'ensemble de gauche r&#233;volutionnaire au Qu&#233;bec, particuli&#232;rement le courant &#034;marxiste-l&#233;niniste&#034; (nous le d&#233;crivions plus justement comme mao-stalinien).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le GMR avait une sensibilit&#233; r&#233;elle face &#224; la radicalisation des femmes. Il comprenait la n&#233;cessit&#233; pour la gauche de d&#233;fendre le mouvement autonome des femmes. Jamais le GMR n'a d&#233;nonc&#233; le f&#233;minisme comme facteur de division des forces ouvri&#232;res et populaires comme le firent les organisations mao-staliniennes jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 70. Au contraire, il a toujours insist&#233; que c'&#233;tait l'oppression qui divisait et non l'organisation autonome des femmes visant &#224; s'opposer &#224; cette oppression. Il a toujours soulign&#233; les liens entre la lutte des femmes et la lutte pour le socialisme. Sa perspective centrale &#233;tait : &#034;Pas de lib&#233;ration des femmes sans r&#233;volution socialiste, pas de socialisme sans lib&#233;ration des femmes&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le GMR a toujours &#233;t&#233; pr&#233;occup&#233; d'un rapport d&#233;mocratique aux mouvements de lutte dans lesquels il a &#233;t&#233; impliqu&#233;. Sa perspective &#034;construire le mouvement pour construire le parti&#034; illustre bien cette pr&#233;occupation qui est all&#233;, malheureusement, jusqu'&#224; n&#233;gliger les t&#226;ches de construction de l'organisation au profit d'un activisme dans les mouvements de lutte. Cette attitude reposait sur la compr&#233;hension, unilat&#233;rale il est vrai, que la conscience anticapitaliste progresse davantage par les exp&#233;riences concr&#232;tes que par la propagande &#233;crite ou autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le GMR pla&#231;ait la construction de l'organisation nationale dans le cadre de la construction d'une internationale. Cette pr&#233;occupation internationaliste s'est v&#233;rifi&#233;e dans la permanence du travail de solidarit&#233; internationale dans lequel le GMR a &#233;t&#233; impliqu&#233;. Rappelons simplement la construction des comit&#233;s &#233;tudiants Qu&#233;bec-Chili en 1973 et 1974 o&#249; il a jou&#233; un r&#244;le moteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;b. ...limit&#233;s par une compr&#233;hension gauchiste de la r&#233;alit&#233; et des t&#226;ches.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le GMR partageait avec l'ensemble de l'extr&#234;me-gauche une analyse catastrophiste de la p&#233;riode politique. Des pan-entiers de la population allaient bient&#244;t se d&#233;gager de l'influence p&#233;quiste et s'orienter vers la recherche de solutions socialistes. Le mouvement gr&#233;viste allait d&#233;border les directions bureaucratiques. Des couches anticapitalistes enti&#232;res allaient mettre &#224; l'ordre du jour le renversement de la soci&#233;t&#233; capitaliste. En 1975, le GMR allait jusqu'&#224; &#233;crire qu'une situation pr&#233;-r&#233;volutionnaire au Qu&#233;bec &#233;tait pr&#233;visible dans les 3 ou 4 prochaines ann&#233;es. Cette caract&#233;risation de la situation, le GMR allait la converser jusqu'en mars 1976.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;b.1 Le p&#233;riph&#233;risme ou la &#034;th&#233;orie&#034; de notre ext&#233;riorit&#233; du mouvement ouvrier et populaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le GMR &#233;tait une organisation essentiellement &#233;tudiante. Il croyait pouvoir se construire dans les r&#233;voltes de la jeunesse &#233;tudiante qui ne tarderaient pas &#224; se produire. L'intervention dans les mouvements de r&#233;volte de la jeunesse &#233;tudiante donnerait &#224; l'organisation la cr&#233;dibilit&#233; suffisante pour lui permettre de s'enraciner dans le mouvement syndical. C'est la tactique qui a &#233;t&#233; appel&#233; la tactique de la &#034;p&#233;riph&#233;rie (jeunesse &#233;tudiante) vers le centre&#034; (mouvement ouvrier). Notre t&#226;che essentielle &#233;tait d'impulser et d'appuyer les luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'impact des d&#233;bats dans la section fran&#231;aise de la Quatri&#232;me Internationale, le GMR &#233;labore alors une deuxi&#232;me tactique de construction. Elle est dite de &#034;l'h&#233;g&#233;monisation de l'avant-garde large&#034;. L'avant-garde large, c'est l'ensemble des militant-e-s anticapitalistes ou potentiellement anticapitalistes que l'on retrouvait dans les diff&#233;rents secteurs sociaux et d'abord bien s&#251;r, selon le GMR, dans le mouvement &#233;tudiant. Il s'agissait d'aider &#224; articuler des fronts anticapitalistes de masse pour permettre &#224; ces couches militantes de d&#233;velopper leurs capacit&#233;s d'initiatives dans l'action. En aidant l'articulation de ces couches militantes et le d&#233;veloppement des mouvements de lutte, l'organisation gagnerait de la cr&#233;dibilit&#233; et se construirait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impact de la mont&#233;e du mouvement gr&#233;viste et particuli&#232;rement des gr&#232;ves de mai 72 avaient amen&#233; les couches militantes les plus radicalis&#233;es &#224; se d&#233;finir en fonction du mouvement ouvrier et populaire. C'est par l'h&#233;g&#233;monisation de ces couches que ce sont construites les organisations mao-staliniennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inspir&#233; par la nostalgie de mai 68 et des mobilisations &#233;tudiantes et nationalistes extra-parlementaires de la fin des ann&#233;es 60, le GMR s'est heurt&#233; frontalement au mode spontan&#233; de radicalisation des couches militantes au Qu&#233;bec &#224; ce moment-l&#224;. Pour le moins sa pens&#233;e retardait sur le r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce retard s'est r&#233;v&#233;l&#233; &#224; plusieurs niveau. Le GMR, des premi&#232;res ann&#233;es (1972-1976) s'est oppos&#233; &#224; la lutte pour un parti des travailleurs et des travailleuses, alors que les militant-e-s syndicaux de gauche dans le mouvement syndical menaient des combats importants pour la mise sur pied d'un tel parti. Le GMR condamnait ce combat, un peu &#224; l'image des mao-staliniens plus tard, au nom du parti r&#233;volutionnaire. On ne comprenait pas que le d&#233;gagement du mouvement syndical de l'emprise de l'id&#233;ologie dominante sera un processus complexe s'&#233;tendant sur des p&#233;riodes de temps prolong&#233;es et pouvant prendre toute une s&#233;rie de formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me dans le milieu o&#249; il retrouvait l'ensemble de sa base sociale, le milieu &#233;tudiant, le GMR s'est av&#233;r&#233; incapable de comprendre l'importance des combats men&#233;s par la couche militante. L'ANEQ fut, dans un premier temps, per&#231;u comme une organisation &#233;tudiante corporatiste. Comment le GMR a-t-il pu faire une telle erreur ? L'explication est relativement simple. L'exp&#233;rience avait montr&#233; (le Mai fran&#231;ais, la fin des ann&#233;es 60 au Qu&#233;bec) qu'en p&#233;riode de radicalisation du mouvement &#233;tudiant, les organisations syndicales &#233;tudiantes ont tendance &#224; &#233;clater. Ce qu'il fallait construire, avan&#231;ait alors le GMR, pour pouvoir organiser la r&#233;volte de la jeunesse, c'&#233;taient des cadres de masse anti-capitalistes... C'est alors que nous avons propos&#233; de construire la Tendance Anti-Capitaliste (la TAC). Le GMR a d&#251; se rendre compte assez rapidement que la TAC n'&#233;tait que lui et sa p&#233;riph&#233;rie imm&#233;diate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III Les facteurs qui ont favoris&#233; l'h&#233;g&#233;monisation de la gauche r&#233;volutionnaire par le courant mao-stalinien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tions pris dans un cercle vicieux. Nous &#233;tions de bon-ne-s militant-e-s dans l'intervention mais nous &#233;tions incapables de r&#233;cup&#233;rer des initiatives que nous prenions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de s'appuyer sur une sensibilit&#233; mao&#239;sante d'une large couche de militant-e-s, le courant mao-stalinien r&#233;pondait &#224; deux n&#233;cessit&#233;s per&#231;ues par les militant-e-s qui avaient travers&#233;es trois, quatre, cinq ans de travail artisanal, localiste ou sectoriel. D'une part, les militant-e-s comprenaient la n&#233;cessit&#233; de s'organiser de fa&#231;on unitaire et centralis&#233;e sur une base programmatique homog&#232;ne et d'en finir avec des efforts se faisant en ordre dispers&#233;. D'autre part, ils-elles ressentaient la n&#233;cessit&#233; de renforcer leurs liens avec la classe ouvri&#232;re. Les organisations staliniennes r&#233;pondaient &#224; cette double aspiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est &#224; partir des attitudes de la direction chinoise vis-&#224;-vis du stalinisme que des couches enti&#232;res de militant-e-s pass&#232;rent du mao-populisme au stalinisme et que les mythes sur le caract&#232;re r&#233;volutionnaire de la politique stalinienne firent leur chemin. Et si ceci fut possible, c'est que le stalinisme avait &#233;t&#233;, jusqu'&#224; ce moment-l&#224; au Qu&#233;bec, un ph&#233;nom&#232;ne assez marginal et qu'il &#233;tait dans sa pratique concr&#232;te un ph&#233;nom&#232;ne inconnu. C'est cette profonde m&#233;connaissance qui a permis l'acceptation d'embl&#233;e de ce marxisme d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le GMR porte aussi sa responsabilit&#233; dans l'h&#233;g&#233;monisation des couches militantes anticapitalistes par le mao-stalinisme. Le GMR a compris tardivement (en 1977 en fait) la n&#233;cessit&#233; de placer le travail de construction de l'organisation d'avant-garde au centre de ses pr&#233;occupations. Il a mis, de fa&#231;on unilat&#233;rale, l'accent sur le d&#233;veloppement et l'auto-organisation du mouvement de masse gommant ainsi le r&#244;le sp&#233;cifique de l'organisation r&#233;volutionnaire. Son analyse de la situation laissait place &#224; des surestimations outranci&#232;res qui l'amenaient &#224; se fixer des t&#226;ches impossibles &#224; r&#233;aliser. Son projet strat&#233;gique &#233;tait suspendu &#224; une seule formule &#034;Pour la r&#233;publique des travailleurs du Qu&#233;bec&#034;. La lutte politique et id&#233;ologique pour d&#233;fendre les th&#232;ses marxistes r&#233;volutionnaires n'&#233;tait pas une priorit&#233;. Le tournant vers le mouvement syndical ne fut pris en charge que tr&#232;s tardivement. Tout ceci a aid&#233; les organisations mao-staliniennes &#224; occuper la majeure partie du champ de l'extr&#234;me-gauche dans les ann&#233;es 70.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avions l&#224; l'ensemble des recettes pour faciliter notre marginalisation et l'h&#233;g&#233;monisation de la gauche r&#233;volutionnaire par le courant mao-stalinien (1974-1977).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV. Le m&#251;rissement politique du GMR, un ph&#233;nom&#232;ne tardif qui ne peut emp&#234;cher sa marginalisation &#224; l'int&#233;rieur de la gauche r&#233;volutionnaire...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1976, s'op&#232;rent une s&#233;rie de d&#233;bats importants au sein du GMR qui d&#233;bouchent sur une analyse plus pouss&#233;e et plus objective de la situation de la bourgeoisie, du mouvement ouvrier et des autres mouvements sociaux et des couches militantes. Ces d&#233;bats m&#232;nent &#224; une rupture radicale avec le catastrophisme en mati&#232;re d'analyse de la p&#233;riode. La p&#233;riode est justement d&#233;finie comme celle d'une mont&#233;e de l'influence p&#233;quiste dans la population et d'un d&#233;gagement tr&#232;s minoritaire et tr&#232;s lent des couches militantes anticapitalistes. Le GMR rejette l'id&#233;e qu'il existe des couches militantes anticapitalistes pouvant agir de fa&#231;on ind&#233;pendante des organisations d'extr&#234;me-gauche. Il rompt avec son liquidationnisme pass&#233;. Il critique sa vie de comit&#233; de lutte polyvalent ballott&#233; par les flux et les reflux des diff&#233;rents mouvements o&#249; il intervient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1976 &#233;galement, GMR abandonnait ses &#034;th&#233;ories&#034; gauchistes sur le mouvement &#233;tudiant et il sait apporter une contribution r&#233;elle au mouvement &#233;tudiant en participant &#224; la lutte pour la d&#233;mocratisation de l'ANEQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1977, le GMR pr&#233;pare son deuxi&#232;me congr&#232;s. Une s&#233;rie d'orientations nouvelles sont propos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'impact de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pan-canadienne de 1976, des d&#233;bats avec les camarades du RMG, des d&#233;bats avec la LSA-LSO, de la perspective pan-canadienne v&#233;hicul&#233;e par les organisations mao-staliniennes, le GMR red&#233;finit sa strat&#233;gie o&#249; il n'est plus simplement question de la lutte de lib&#233;ration du Qu&#233;bec dans une perspective socialiste, mais &#233;galement d'alliance ouvri&#232;re pan-canadienne et de lutte contre l'Etat f&#233;d&#233;ral. Cette &#233;laboration d&#233;bouche sur la proposition de reformer une organisation &#224; l'&#233;chelle de l'Etat canadien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;passant, l'analyse unilat&#233;rale du d&#233;veloppement de la conscience de classe, le GMR comprend l'importance cruciale de la lutte pour un parti des travailleurs et des travailleuses. La lutte pour la rupture des travailleurs et des travailleuses avec les partis bourgeois ne peuvent pas uniquement se concevoir comme un ralliement aux organisations r&#233;volutionnaires... ce qui est et va rester le choix d'une toute petite minorit&#233; des masses. Les organisations syndicales, qui sont les seules organisations de masse de la classe ouvri&#232;re, doivent jouer un r&#244;le pour favoriser cette progression de l'autonomie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une rupture essentielle qui permet au GMR d'articuler sa lutte &#224; une partie de la gauche syndicale qui fait de cette perspective un axe de ce combat. C'est position l&#232;vera un obstacle dans l'&#233;tablissement de meilleurs rapports de collaboration avec les autres composantes de la gauche qui se situent sur le terrain du trotskysme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le GMR commence alors &#224; d&#233;passer son p&#233;riph&#233;risme tant au niveau de sa composition sociale (exclusivement &#233;tudiante) que de ses secteurs d'intervention. Des militant-e-s deviennent actifs-ves dans des syndicats hospitaliers, aux postes, dans l'automobile... Le GMR commence &#224; placer sa propre construction et la diffusion de ses conceptions strat&#233;giques au centre de ses pr&#233;occupations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela constituait un rupture notable avec ce qu'&#233;tait le GMR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V. La fusion, la fondation de la LOR ou &#034;on ne rattrape pas si facilement le temps perdu&#034;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;1977, le Groupe Marxiste R&#233;volutionnaire, le Revolutionary Marxist Group (groupe sympathisant de la IVi&#232;me Internationale au Canada-anglais avec lequel le GMR entretenait des liens &#233;troits), et la League for Socialist Action-Ligue Socialiste Ouvri&#232;re (section de la IV Internationale) fusionnaient pour former une nouvelle organisation trotskyste dans l'Etat canadien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pan-canadienne du 14 octobre 1976 marquait alors le point culminant du mouvement gr&#233;viste dans l'Etat canadien, beaucoup plus que l'annonce d'une nouvelle mont&#233;e ouvri&#232;re, comme nous le pensions encore. Le PQ prenait le pouvoir en 1976 introduisant une crise politique d'ampleur dans l'Etat canadien. Des d&#233;bats importants se d&#233;veloppaient dans le mouvement ouvrier : pour ou contre le tripartisme ; pour ou contre la participation aux sommets &#233;conomiques ; pour ou contre l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec ; quelle place faire aux revendications des femmes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le renversement de tendance n'&#233;tait pas encore clair. Le rejet du mouvement syndical sur la d&#233;fensive &#224; partir du milieu des ann&#233;es 70 n'&#233;tait pas appr&#233;ci&#233; encore correctement. Les mouvements de femmes &#233;largissait sa lutte pour l'avortement libre en 1977 et 1978. La radicalisation f&#233;ministe s'enracinait dans les syndicats. Le cours de la situation offrait encore de bonnes possibilit&#233;s de construire une organisation r&#233;volutionnaire, du moins d'assurer une premi&#232;re accumulation de militant-e-s. Les organisations mao-staliniennes en faisaient d'ailleurs la preuve. Il &#233;tait possible de construire une organisation capable de devenir un v&#233;ritable p&#244;le d'attraction parmi les couches militantes les plus radicalis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'ensemble des grandes questions, il y avait une convergence politique avec la LSO : l'analyse de la situation politique, la n&#233;cessit&#233; de la lutte pour le parti des travailleurs et des travailleuses ; l'importance &#224; accorder &#224; la lutte pour l'avortement libre ; le travail &#224; faire dans le mouvement &#233;tudiant ; la n&#233;cessit&#233; de s'attaquer &#224; construire une organisation pan-canadienne...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sir de rattraper le courant mao-stalinien ou plus simplement de se placer dans une meilleure position dans la course a eu un impact important pour motiver cette fusion. Cette fusion permettait d'embl&#233;e de se retrouver avec deux bi-mensuels (un en fran&#231;ais et un en anglais) ; de compter sur environ 400 militant-e-s &#224; l'&#233;chelle pan-canadienne et d'esp&#233;rer des d&#233;veloppements plus importants ; la pr&#233;sence de 500 d&#233;l&#233;gu&#233;-e-s et observateurs au congr&#232;s fusion en ao&#251;1977 devait confirmer les militant-e-s du GMR dans cet espoir. Nous comptions d'ailleurs que la dynamique de la fusion favoriserait &#233;galement des rapprochements avec le Groupe Socialiste des Travailleurs du Qu&#233;bec (GSTQ, groupe trotskyste lambertiste ayant une implantation syndicale r&#233;elle) et &#233;ventuellement une fusion avec cette organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus de rapprochement entre le GMR et la LSO fut amorc&#233; en 1977. Le processus de rapprochement s'acc&#233;l&#233;ra. En juin 1977 il fut d&#233;cid&#233; de fusionner en sept semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fusion fut pr&#233;cipit&#233;e par les instances dirigeantes des organisations fondatrices respectives sans se donner le temps de d'&#233;clairer les divergences qui existaient encore ; sans un d&#233;bat plein et entier favorisant la participation de l'ensemble des militant-e-s. Toute une s&#233;rie d'accords temporaires allant des questions strat&#233;giques aux modalit&#233;s de fonctionnement de l'organisation furent bricol&#233;s rapidement. Des militantes de l'organisation furent particuli&#232;rement outr&#233;es par ce manque de d&#233;mocratie dans la d&#233;marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation fusionn&#233;e vit son recrutement augment&#233;. Ses meetings attir&#232;rent plus de militantes du mouvement syndical et des autres mouvements sociaux que jamais. La premi&#232;re ann&#233;e de la LOR-RWL (1977-1978) fut une ann&#233;e marqu&#233;e par des succ&#232;s certains dans la construction d'une organisation trotskyste dans l'Etat canadien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais bient&#244;t, dans l'intervention, dans l'&#233;criture des articles, dans les contenus de formation des militant-e-s, les divergences politiques importantes resurgirent. Fallait-il avancer le mot d'ordre &#034;Pour un gouvernement NPD ?&#034;, mot d'ordre traditionnel de la LSA-LSO ou devions-nous pr&#244;ner l'abstention aux &#233;lections, position traditionnelle du GMR ? Avancions l'appel au vote NPD ou Canada-anglais tout en le rejetant au Qu&#233;bec ? Comment expliquer donner &#224; notre soutien &#224; l'ind&#233;pendance ? Des r&#233;ponses divergentes ne faisaient que se multiplier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les divergences s'articulaient autour de trois probl&#233;matiques : quelle &#233;tait l'importance de la question nationale qu&#233;b&#233;coise dans la r&#233;volution canadienne ; quelle forme et quel rythme devait prendre l'implantation dans le mouvement ouvrier ; enfin quelle importance accord&#233;e aux nouvelles radicalisations : la place de la lutte des femmes et des gays et lesbiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La place de la question nationale qu&#233;b&#233;coise devait pour des militant-e-s, en provenance des diverses organisations fondatrices d'ailleurs, mais principalement du GMR et du RMG, d&#233;boucher sur un processus d'&#233;laboration nouveau. L'existence d'un cadre canadien d'&#233;laboration permettait d'&#233;largir la question nationale &#224; la prise en compte des autres nationalit&#233;s opprim&#233;es. Le forme de l'Etat canadien, d&#233;fini comme un Etat, b&#226;tie sur l'oppression du nationale du Qu&#233;bec et des autres nationalit&#233;s opprim&#233;es d&#233;finissait &#233;galement ses lignes de fracture possible sur lequel, il fallait frapper. La crise politique induite par la prise du pouvoir par le PQ et la mont&#233;e du mouvement nationaliste au Qu&#233;bec qui ne recherchait m&#234;me pas un affrontement direct avec l'imp&#233;rialisme canadien nous renfor&#231;ait dans cette perspective... Il fallait voir que l'alliance ouvri&#232;re pan-canadienne des classes ouvri&#232;re et nationalit&#233;s opprim&#233;es devait tenir compte radicalement de ce mode de construction de l'Etat canadien. La recherche de l'autonomie politique des classes dans chaque nation par rapport au parti bourgeois devait s'articuler, au Qu&#233;bec, &#224; la lutte pour arracher aux nationalistes bourgeois la direction du mouvement national et, au Canada-anglais, &#224; la lutte pour faire rompre le mouvement ouvrier d'avec son soutien au f&#233;d&#233;ralisme centralisateur et qu'il reconnaisse le droit du Qu&#233;bec &#224; l'autod&#233;termination. A tout cette conception, le courant en provenance, pour sa majeure partie, de la LSA-LSO opposait, comme toute strat&#233;gie, l'appel au vote pour un gouvernement NPD et des organisations du mouvement ouvrier qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce fut autour du d&#233;bat sur le tournant ouvrier qui engagea une dynamique fractionnelle dans la LOR-RWL. L'enracinement de l'organisation dans le mouvement syndical &#233;tait une priorit&#233; reconnue de tous et toutes les camarades. Mais pour les camarades en provenance de la LSO-LSA, il fallait amener l'ensemble des camarades &#224; se chercher un emploi dans l'industrie. Tous et toutes les camarades, y compris les camarades ayant une longue exp&#233;rience syndicale dans des syndicats du secteur public, devait abandonner leur emploi pour s'orienter vers les syndicats industriels. Tous les probl&#232;mes politiques devaient trouver leur solution dans l'embauche des camarades dans des emplois industriels. Ceux et celles qui refusaient de s'engager dans ce tournant industriel &#233;taient caract&#233;ris&#233;s de petits-bourgeois s'opposant &#224; la &#034;ligne prol&#233;tarienne&#034; que ce courant pr&#233;tendait d&#233;fendre. Les militant-e-s du Qu&#233;bec, qui refusaient de sacrifier l'implantation syndicale dans le secteur public, c&#233;daient aux pressions du nationalisme petit-bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce courant ouvri&#233;riste a commenc&#233; &#224; identifier des divergences tactiques ou conjoncturelles avec des divergences programmatiques ; des divergences politiques avec des int&#233;r&#234;ts de classes diff&#233;rents. La dynamique de la lutte fractionnelle a fait le reste pour rendre le climat irrespirable et provoquer la fuite de nombreux militant-e-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compr&#233;hension &#233;conomiste et ouvri&#233;riste dans l'implantation dans la classe ouvri&#232;re provoqua des r&#233;gressions politiques dans la compr&#233;hension de l'organisation du mouvement des femmes. L'intervention dans le mouvement des femmes fut r&#233;duite &#224; la lutte pour l'embauche des militantes dans les ghettos d'emplois masculins, lutte importante mais &#224; laquelle on ne peut r&#233;duire l'apport consid&#233;rable de la radicalisation des femmes et du mouvement des femmes &#224; la critique de la domination capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique du courant ouvri&#233;riste l'amenait &#224; n&#233;gliger l'intervention dans une &#233;ch&#233;ance politique aussi centrale que le r&#233;f&#233;rendum. C'est envers et contre ce courant qu'une approche pr&#244;nant l'annulation au nom de la d&#233;fense de l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec et de l'autonomie du mouvement syndical fut &#233;labor&#233;e. De facto, les militant-e-s de ce courant refus&#232;rent de faire campagne autour de cette &#233;ch&#233;ance importante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le profil &#233;conomiste, ouvri&#233;riste que prenait l'organisation amen&#232;rent d'autres militant-e-s &#224; fuir la LOR/RWL. Et ces d&#233;parts se firent bient&#244;t par tendances enti&#232;res... En moins d'un an (avril 1979-avril 1980), la LOR-RWL connut une v&#233;ritable processus d'autodestruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui restait du courant marxiste-r&#233;volutionnaire plut&#244;t que de s'&#233;puiser dans une lutte interne st&#233;rile et d&#233;mobilisante pour le redressement de la LOR-RWL d&#233;cida pour prot&#233;ger les acquis politiques de la fusion de recommencer &#224; b&#226;tir un nouveau cadre organisationnel, ce sera l'Organisation Combat socialiste-Socialist Challenge Organization.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VI. Combat socialiste, la d&#233;fense des acquis politiques dans une p&#233;riode de recul et de d&#233;composition de l'extr&#234;me-gauche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans un contexte tr&#232;s difficile qu'est apparu Combat socialiste &#224; l'automne 80. Le mouvement syndic+al traverse une p&#233;riode de crise. Il ne parvient que difficilement &#224; r&#233;sister &#224; l'offensive patronale. Les mouvements de masse pi&#233;tinent. Au niveau national, apr&#232;s la d&#233;faite du r&#233;f&#233;rendum, le gouvernement f&#233;d&#233;ral avait poursuivi son offensive en lan&#231;ant le rapatriement de la constitution canadienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les couches militantes anticapitalistes se d&#233;composent...La gauche mao&#239;ste rentrait dans une p&#233;riode de disparition rapide. Penser la lutte pour le socialisme dans le cadre du stalinisme ne fut pas sans causer des difficult&#233;s importantes : incompr&#233;hension de la question nationale, incompr&#233;hension de la radicalisation des femmes, mise en place de rapports autoritaires avec le mouvement de masse, r&#233;gime int&#233;rieur des organisations marqu&#233; par le centralisme bureaucratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A un autre niveau, l'allongement des rythmes de la r&#233;volution mondiale avait d&#233;bouch&#233; pour toute une g&#233;n&#233;ration militante sur la crise du militantisme lui-m&#234;me. A l'&#233;t&#233; 82, En lutte se dissout. Quelques mois plus tard, le Parti Communiste Ouvrier se fait harakiri. Pour sa part, la LOR-RWL continue &#224; d&#233;p&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait nous aussi repenser les &#233;ch&#233;ances de la lutte r&#233;volutionnaire dans les pays capitalistes avanc&#233;s. La construction d'une organisation r&#233;volutionnaire serait un processus tr&#232;s long et tr&#232;s complexe passant pour toute une s&#233;rie d'exp&#233;riences particuli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compr&#233;hension politique de la crise du mouvement ouvrier et de la transformation du rapport de force entre classes, la compr&#233;hension de l'emprise r&#233;formiste sur les masses, l'absence d'illusions sur la bureaucratie chinoise et son cours ; la compr&#233;hension apport&#233;e de l'Internationale des conflits arm&#233;s interbureaucratiques, comme ceux qui se d&#233;veloppaient alors entre les r&#233;gimes khmers rouges et vietnamiens et entre ce dernier et le r&#233;gime chinois, l'attachement au programme historique de la Quatri&#232;me Internationale permettent aux militant-e-s de l'OCS d'&#233;viter la d&#233;rive qui a men&#233; d'autres organisations de la gauche r&#233;volutionnaire &#224; se saborder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant ces seize mois d'existence, l'OCS avait n'avait pas ch&#244;m&#233;. Une presse r&#233;guli&#232;re est mise sur pied ; l'organisation s'est impliqu&#233; dans le travail de syndicalisation des caisses populaires, dans le travail de solidarit&#233; internationale avec la lutte r&#233;volutionnaire du peuple du Salvador ; elle a aussi men&#233; un travail de solidarit&#233; avec la lutte de Solidarnosc en Pologne et avec les f&#233;ministes sovi&#233;tiques. Elle a &#233;galement apport&#233; une contribution sur le d&#233;bat qui traverse alors le groupe En lutte !...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'interne, les camarades femmes tiraient des le&#231;ons essentielles de l'exp&#233;rience v&#233;cue dans la LOR-RWL et d&#233;gageaient ce qui est n&#233;cessaire pour donner toute leur place aux femmes dans l'organisation r&#233;volutionnaire : l'importance du caucus non-mixtes, des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales de femmes, des listes alternatives pour les tours de parole et du climat g&#233;n&#233;ral &#224; cr&#233;er dans les d&#233;bats... Tout ces d&#233;veloppements seront des acquis pr&#233;cieux pour Combat socialiste et notre courant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les militant-e-s de l'OCS comprennent vite qu'aucune organisation ne pourra se construire par un simple recrutement de militant-e-s &#224; l'organisation. Seules les organisations qui sauront s'ins&#233;rer dans la recomposition des couches militantes encore agissantes pourront faire des progr&#232;s importants en &#233;tant partie prenante de la progression politique de ces couches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la pression des conditions objectives, la tactique de construction qu'&#233;labore l'OCS pourrait se r&#233;sumer ainsi : l'OCS ne saura se construire que si elle devient un instrument de la construction d'un mouvement socialiste unitaire pour l'ind&#233;pendance, une force agissante dans le regroupement des couches ind&#233;pendantistes et socialistes et le renforcement de leurs capacit&#233;s d'action. En fait ce n'est pas une tactique de construction de l'OCS, c'est une tactique de construction du courant ind&#233;pendantiste et socialiste. C'&#233;tait une approche mouvementiste. Cette analyse devait nous conduire quelques mois plus tard &#224; entrer dans le Mouvement Socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VII. le passage au Mouvement socialiste, participer a la recomposition de la gauche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combat socialiste d&#233;cide donc de se dissoudre et d'entrer au Mouvement socialiste (MS)... lanc&#233; depuis peu par le Groupe des 100.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;a. Notre objectif dans le Mouvement socialiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre objectif en rentrant au MS &#233;tait de contribuer &#224; sa construction sans renier notre programme comme nous l'avions fait savoir &#224; la direction du Mouvement Socialiste. Nous pensions que le MS aurait un fort pouvoir d'attraction et qu'il deviendrait le cadre politique organisateur de tout le courant socialiste, f&#233;ministe et ind&#233;pendantiste, regroupant toutes les sensibilit&#233;s politiques de l'extr&#234;me-gauche &#224; la social-d&#233;mocratie. Les d&#233;bats politiques men&#233;es avec un esprit unitaire permettraient une maturation de la conscience politique de ses membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;b. Les conditions d'une telle perspective&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois conditions rendaient possible une telle perspective : un d&#233;veloppement rapide du Mouvement socialiste ; la d&#233;finition du Mouvement comme front uni de la gauche socialiste, f&#233;ministe et ind&#233;pendantiste et pour ce faire l'institution de modalit&#233;s de coexistence des courants diff&#233;rents politiques, le refus, donc, de la reconversion du MS en parti politique et enfin, une intervention visant &#224; regrouper dans l'action la gauche des mouvement sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aucune de ces conditions ne furent remplies. Essentiellement parce que la condition qui aurait d&#233;bloqu&#233; toutes les autres, la croissance rapide du MS, ne se produit pas. Les milliers de personnes qui avaient achet&#233; le Manifeste ne rejoignirent pas le MS. Les obstacles dress&#233;s par les conditions objectives sur la route de la construction du MS, nous les comprirent trop tard ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;b.1. La situation des couches militantes, l'obstacle d&#233;cisif &#224; la croissance du MS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Mouvement socialiste est apparu dans le contexte d'une rupture de masse avec le Parti qu&#233;b&#233;cois, d'un recul du mouvement syndical et de la d&#233;composition de l'extr&#234;me-gauche des ann&#233;es 70.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rupture avec le Parti qu&#233;b&#233;cois se faisait suite au cours n&#233;o-f&#233;d&#233;raliste que le PQ et &#224; cause de l'orientation profond&#233;ment anti-syndicale adopt&#233;e vis-&#224;-vis des travailleuses du secteur public. Cette rupture n'&#233;tait pas une rupture sur la gauche avec le projet nationaliste, populiste et moderniste jadis v&#233;hicul&#233; par le PQ. Il s'agissait d'une rupture avec un parti qui avait trahi son projet initial. Cette rupture a le plus souvent d&#233;bouch&#233; sur un rejet de toute politique. Les formes de conscience qui en d&#233;coulaient restaient au mieux dans le cadre d'un r&#233;formisme interclassiste. Elle n'impliquait pas la volont&#233; de s'engager de fa&#231;on militante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi les couches militantes qui se d&#233;finissaient d'abord par rapport aux organisations syndicales et populaires ont-elles adh&#233;r&#233; en nombre si r&#233;duit au MS ? Le recul et d&#233;mobilisation du mouvement syndical sous le poids de la crise et de la cuisante d&#233;faite impos&#233; par le PQ au mouvement syndical dans le secteur public avaient amen&#233; ces militant-e-s syndicaux &#224; un repli sur les organisations qui leur apparaissaient comme les seuls acquis organisationnels concrets. Toute croyance en la possibilit&#233; d'un transfert facile et automatique des loyaut&#233;s du PQ au Mouvement socialiste ou d'une transcroissance d'une conscience syndicale en une conscience socialiste m&#233;connaissait l'ensemble des r&#233;alit&#233;s mentionn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;b.2 Le refus de la d&#233;finition du Mouvement comme front uni de la gauche socialiste, f&#233;ministe et ind&#233;pendantiste...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ind&#233;finition programmatique du MS &#224; son origine rendait possible sa d&#233;finition comme front uni de la gauche socialiste, f&#233;ministe et ind&#233;pendantiste. Le Manifeste parlait de socialisme mais de quel socialisme s'agissait-il ? Il ne le disait pas. Le manifeste parlait de d&#233;mocratie. Mais, il n'en pr&#233;cisait pas le contenu. Il ne soufflait pas un mot non plus sur le f&#233;minisme dont il se faisait le porteur. Comment parvenir &#224; ces objectifs ? Il n'abordait pas les questions de strat&#233;gie. En toute logique, un d&#233;bat large et ouvert devait s'ouvrir dans le MS sur les questions les plus fondamentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'embl&#233;e la direction du MS va refuser de reconna&#238;tre cette r&#233;alit&#233; du Mouvement socialiste comme carrefour de courants, comme une gauche unie o&#249; toutes les sensibilit&#233;s politiques du mouvement ind&#233;pendance et socialiste au Qu&#233;bec pourraient se retrouver...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;b.3 ... Le refus de l'institution de modalit&#233;s de coexistence des courants diff&#233;rents politiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant diff&#233;rents courants politiques existaient dans le MS.Il y avait un courant social-d&#233;mocrate, lui-m&#234;me h&#233;t&#233;rog&#232;ne, dont une bonne partie rejoignit plus tard le NPD-Qu&#233;bec, un courant nationaliste de gauche, un courant basiste, un courant marxiste, dont les ex-militant-e-s de Combat socialiste constituaient l'&#233;pine dorsale mais qui &#233;tait plus large que les militant-e-s en provenance de cette organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le courant social-d&#233;mocrate &#224; la direction ne voyait dans la premi&#232;re accumulation de militant-e-s qu'un premier moment pour le lancement d'un parti politique oeuvrant sur la sc&#232;ne &#233;lectorale. Elle imposera enfin cette perspective en poussant dehors la gauche marxiste par l'interdiction du droit de tendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat sur le droit de tendance a &#233;t&#233; impos&#233; &#224; la gauche marxiste dans le mouvement, pour &#233;viter que cette derni&#232;re puisse participer aux d&#233;bats de fond sur la strat&#233;gie du mouvement. Malgr&#233; l'apport militant de la gauche marxiste &#224; la construction du MS, on trouvait inacceptable qu'il puisse d&#233;fendre ses id&#233;es dans le MS. Pourtant, nous avons beaucoup apport&#233; au MS. Le programme sur l'emploi du MS a &#233;t&#233; fortement marqu&#233; par nos conceptions. Les structures organisationnelles facilitant l'int&#233;gration des femmes dans une organisation mixte est pour beaucoup redevables des &#233;laborations que les femmes de l'OCS avaient faites et de la collaboration qu'elles avaient sue &#233;tablir avec d'autres f&#233;ministes dans le MS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;b.4 Le refus de l'intervention visant &#224; regrouper dans l'action la gauche des mouvement sociaux.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'embl&#233;e, la direction du MS se d&#233;finit en opposition &#224; l'intervention dans les mouvements de masse et particuli&#232;rement dans le mouvement syndical. C'est le refus de ce qui fut nomm&#233; &#034;l'entrisme&#034; dans les mouvements sociaux. Il y avait plusieurs motivations &#224; ce refus de l'intervention organis&#233;e de militant-e-s politiques dans les mouvements sociaux. D'une part, il y avait le refus de se faire identifier et de r&#233;p&#233;ter l'exp&#233;rience des mao-staliniens qui &#233;taient intervenus, sans respecter souvent, la d&#233;mocratie interne aux organisations au nom de la d&#233;fense de l'orientation correcte. D'autre part, il y avait l'espoir que les directions syndicales, du moins certains secteurs de ces derni&#232;res, puissent donner leur aval &#224; la construction MS si on leur assurait que le MS respecterait la s&#233;paration entre le syndical et le politique si cher &#224; ces directions. Mais cet aval ne vint pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce refus d'intervenir dans les mouvements sociaux laissait un choix au MS, soit devenir une machine &#233;lectorale, soit se contenter d'une propagande abstraite sur la n&#233;cessit&#233; du socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En rejetant l'intervention du MS dans les mouvements sociaux et dans le mouvement syndical en particulier, le MS dressait un autre obstacle &#224; sa construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction a refus&#233; traduire sa lutte pour le socialisme en termes de revendications, de moyens d'actions et d'orientations strat&#233;giques pour les luttes concr&#232;tes des organisations de masse. Cela a voulu dire concr&#232;tement l'impossibilit&#233; d'amorcer une concertation nationale du travail syndical, l'impossibilit&#233; de prendre des positions internationalistes militantes et d'engager le mouvement dans les campagnes existantes de soutien aux nations opprim&#233;es en Am&#233;rique centrale, Pologne), l'impossibilit&#233; finalement d'appliquer les acquis des structures non-mixtes de femmes et de se tourner vers l'intervention dans le mouvement autonome des femmes... pour y d&#233;velopper des perspectives f&#233;ministes et socialistes. En fait, rien pour prouver que le Mouvement socialiste soit un instrument important &#224; construire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;c. Une occasion perdue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons pu faire comprendre la n&#233;cessit&#233; d'un mouvement socialiste unitaire et pluraliste ; nous n'avons pu amener la direction du MS &#224; faire un d&#233;bat programmatique et strat&#233;gique franc et ouvert en acceptant toutes les contributions militantes qu'elles que soient l'orientation propos&#233;e pourvu qu'elle se fasse dans le cadre de la d&#233;fense de l'ind&#233;pendance, du socialisme, de la d&#233;mocratie et de l'&#233;galit&#233; des hommes et des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant ce temps, comme noyau militant, nous avions pris des risques importants pour pouvoir participer &#224; la construction du MS : dissoudre notre cadre organisationnel, interrompre la publication de la presse, liquider notre appareil, fermer nos librairies, cesser la formation &#224; nos conceptions politiques, cesser de discuter collectivement comme marxiste-r&#233;volutionnaire de notre intervention dans les mouvements sociaux... Des acquis et des traditions organisationnelles furent perdues...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tendance Gauche socialiste, form&#233;e pour la d&#233;fense de la d&#233;mocratie et une orientation lutte de classe dans le MS, a d&#251; quitter apr&#232;s son interdiction formelle en juin 83.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VIII. CONSTRUIRE GAUCHE SOCIALISTE ET PRENDRE EN COMPTE LES &#201;CH&#201;ANCES R&#201;ELLES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A. Une conjoncture de recul&#034;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1982-83, c'est la crise. Le ch&#244;mage est tr&#232;s massif. Et cela p&#232;se lourd sur les capacit&#233;s de mobilisation du mouvement syndical. La lutte pour l'emploi est &#224; l'ordre du jour mais ce sont les projets de concertation sociale qui tendent &#224; dominer. Le gouvernement p&#233;quiste vient d'affliger une d&#233;faite majeure aux travailleuses et aux travailleurs du secteur public. Les caucus de gauche se d&#233;composent. Il y a pas de d&#233;gagement de couches militantes anti-capitalistes sur une base le moindrement importante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B. Les grandes &#233;tapes de la d&#233;finition du profil politique de Gauche socialiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gauche socialiste est form&#233; &#224; la deuxi&#232;me r&#233;union nationale de la tendance les 10 et 11 septembre 83. Mais pour un bon nombre de militant-e-s de la tendance, la d&#233;faite subie dans le MS, devaient les conduire &#224; se replier sur la vie priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gauche socialiste va se former comme une organisation transitoire. Elle se d&#233;finit comme une organisation socialiste, f&#233;ministe, ind&#233;pendantiste, favorisant la d&#233;mocratie socialiste. Au niveau de son orientation, elle favorise l'intervention dans les luttes sociales concr&#232;tes afin de favoriser l'&#233;laboration de perspectives anticapitalistes dans l'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re plate-forme de Gauche socialiste ne fait aucune r&#233;f&#233;rence au trotskysme et &#224; la Quatri&#232;me Internationale. Nous comprenions qu'il fallait une bonne p&#233;riode de d&#233;bats avec les camarades qui avaient rejoint la tendance dont les bases n'&#233;taient pas trotskystes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un an de pratiques et plusieurs mois de discussion, le II&#232; congr&#232;s de Gauche socialiste, en 1984, acceptait une nouvelle base d'unit&#233; et une r&#233;solution expliquant pourquoi nous adh&#233;rions &#224; la Quatri&#232;me Internationale (Quelle internationalisme, quelle Internationale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, un troisi&#232;me moment dans la d&#233;termination de notre profil politique fut accompli par le congr&#232;s de fusion avec les forces trotskystes de l'Alliance for Socialist Action du Canada-anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut rappeler que Combat socialiste &#233;tait d&#233;j&#224; une organisation pan-canadienne... Ce choix d&#233;coulait du maintien de l'essentiel de l'&#233;laboration de notre courant au sein de la LOR-RWL en 1978-79-80 sur les questions strat&#233;giques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entr&#233;e des militant-e-s de l'OCS dans le MS avait fait dispara&#238;tre l'organisation de notre courant &#224; l'&#233;chelle pan-canadienne. Avec l'apparition de Gauche socialiste comme organisation qu&#233;b&#233;coise, de fait, les bases politiques de la n&#233;cessit&#233; de construire une organisation au niveau de l'ensemble de l'Etat canadien devaient &#234;tre rediscut&#233;es.. Un processus de clarification sur les questions strat&#233;giques devait de nouveau irriguer l'organisation. Ces d&#233;bats devaient d&#233;boucher sur le congr&#232;s de fusion de mai 1988. L'Unification de Gauche socialiste et de l'Alliance for Socialist Action a constitu&#233; un pas important vers le d&#233;passement de la fragmentation des forces de la IVi&#232;me Internationale dans l'Etat canadien. En fait, il faut remontrer en 1979 pour trouver une organisation de la IVi&#232;me Internationale pr&#233;sente dans autant de villes au Canada et au Qu&#233;bec. D&#232;s sa fondation Gauche socialiste-Socialist Challenge peut compter sur l'apport de camarades qui militent dans le mouvement ouvrier du Qu&#233;bec et du Canada, dans le mouvement des femmes, des jeunes, dans le mouvement gai, dans le travail de solidarit&#233; avec les peuples d'Am&#233;rique centrale... de Vancouver &#224; Qu&#233;bec. C'est encore peu, mais c'est d&#233;j&#224; quelque chose en regard de la p&#233;riode recul que nous venions de traverser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C. Se construire dans les luttes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gauche socialiste s'est d'abord donn&#233;e pour t&#226;che de construire le mouvement pour l'autonomie politique de la classe ouvri&#232;re. Elle a articul&#233; ce travail autour de la lutte pour une coalition ouvri&#232;re, populaire f&#233;ministe et jeune. Elle a cherch&#233; &#224; d'&#234;tre partie prenante de l'ensemble des nouveaux sociaux : mouvement f&#233;ministe, mouvement pacifiste, mouvement des jeunes contre la r&#233;forme de l'aide sociale. Gauche socialiste a particip&#233; la la cr&#233;ation du RAJ, &#224; celle de la Coalition qu&#233;b&#233;coise pour le d&#233;sarmement et la paix, &#224; celle de SCRAP-Paradis, &#224; celle de la Coalition qu&#233;b&#233;coise pour l'avortement libre et gratuit... Et ces ann&#233;es-ci, elle a recommenc&#233; &#224; militer dans le mouvement &#233;tudiant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IX. Garder le cap sur la construction de l'organisation r&#233;volutionnaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, il faut repenser les &#233;ch&#233;ances de la perspective r&#233;volutionnaire. Le combat sera plus long, plus complexe... que nous l'avions d'abord pens&#233;. Mais en d&#233;pit des pleurs et des rires des sceptiques et des &#224;quoibonnistes de tout genre, notre travail patient dans les luttes concr&#232;tes nous prouvent l'importance de notre combat et de garder le cap sur la construction d'un p&#244;le r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la n&#233;cessit&#233; de rassembler ceux et celle qui s'identifient au combat pour une soci&#233;t&#233; socialiste autogestionnaire, f&#233;ministe et antibureaucratique qui fonde la n&#233;cessit&#233; de la lutte pour la construction d'une organisation r&#233;volutionnaire socialiste qui saura tisser des liens profonds dans la classe ouvri&#232;re et les couches populaires, nouer des rapports de confiance avec les travailleurs et les travailleuses les plus actifs et actives et tracer la continuit&#233; d'un projet social &#224; travers les luttes quotidiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, toute une g&#233;n&#233;ration de la gauche r&#233;volutionnaire a laiss&#233; tomber parce qu'elle avait surestim&#233; le rythme des &#233;ch&#233;ances et qu'elle n'avait pas su mener les analyses n&#233;cessaires avec rigueur, qu'elle n'avait pas su se fixer les t&#226;ches &#224; la mesure de ses moyens, qu'elle n'avait pas su comprendre les besoins politiques des militant-e-s dans les mouvements sociaux, parce qu'elle n'avait pas su placer la d&#233;mocratie socialiste et le respect des dynamiques des organisations de masse au centre de son combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les le&#231;ons du cheminement de la gauche r&#233;volutionnaire et des marxistes-r&#233;volutionnaires en particulier parlent aussi de ce qui est n&#233;cessaire pour construire une organisation r&#233;volutionnaire : des analyses s&#233;rieuses de la situation politique et des rapports de force entre les classes, des conditions permettant un d&#233;bat d&#233;mocratique enrichissant, des politiques d'int&#233;gration des femmes et des autres secteurs opprim&#233;es de la population, des t&#226;ches qui sont fix&#233;es &#224; la hauteur de ses moyens...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des couches enti&#232;res de militant-e-s sont en recherche. La radicalisation actuelle est encore diffuse, instable. Mais les combats &#224; mener comme les combats qui se m&#232;nent pr&#233;sentement, posent encore une fois la n&#233;cessit&#233; d'une organisation r&#233;volutionnaire qui s'efforce de s'opposer &#224; la tendance &#224; la fragmentation et &#224; la dispersion des forces et qui place au centre de son combat la n&#233;cessaire unit&#233; dans la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bataille pour une organisation r&#233;volutionnaire, c'est n'est pas la recherche d'un repliement sur les principes purs et durs pour mieux attendre le grand soir, c'est la cons&#233;quence logique du refus de ce syst&#232;me et de la n&#233;cessit&#233; de rassembler les forces qui partagent cette perspective... au del&#224; de leur identit&#233; partielle comme militant-e d'un mouvement social particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pensons que la meilleure fa&#231;on de peser sur le d&#233;veloppement de la situation actuelle, c'est de construire une organisation r&#233;volutionnaire capable de s'attaquer d&#232;s maintenant &#224; la dispersion et &#224; la division et de lutter pour l'unit&#233; autour d'un projet de soci&#233;t&#233; socialiste, f&#233;ministe et d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Rioux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1989&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Bilan de l'extr&#234;me-gauche au Qu&#233;bec</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Moreau</dc:creator>



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&lt;p&gt;Les organisations d'extr&#234;me gauche se sont d&#233;velopp&#233;es rapidement au Qu&#233;bec au cours des ann&#233;es soixante-dix, pour conna&#238;tre un effondrement brutal au d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt, surtout de la part des organisations mao-staliniennes qui avaient h&#233;g&#233;monis&#233; la gauche des ann&#233;es soixante-dix. Cet article vise &#224; proposer quelques &#233;l&#233;ments de bilan pour comprendre cette &#233;volution et en tirer les le&#231;ons. &lt;br class='autobr' /&gt; Le Qu&#233;bec a &#233;t&#233; marqu&#233; par la mont&#233;e des luttes enregistr&#233;es dans l'ensembledes pays (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Notre-histoire-" rel="directory"&gt;Notre histoire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les organisations d'extr&#234;me gauche se sont d&#233;velopp&#233;es rapidement au Qu&#233;bec au cours des ann&#233;es soixante-dix, pour conna&#238;tre un effondrement brutal au d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt, surtout de la part des organisations mao-staliniennes qui avaient h&#233;g&#233;monis&#233; la gauche des ann&#233;es soixante-dix. Cet article vise &#224; proposer quelques &#233;l&#233;ments de bilan pour comprendre cette &#233;volution et en tirer les le&#231;ons.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Qu&#233;bec a &#233;t&#233; marqu&#233; par la mont&#233;e des luttes enregistr&#233;es dans l'ensembledes pays capitalistes avanc&#233;s &#224; la fin des ann&#233;es soixante et au d&#233;but des ann&#233;es soixante-dix. Le mouvement de lib&#233;ration nationale du Qu&#233;bec a connu une nouvelle mont&#233;e &#224; partir du milieu des ann&#233;es soixante autour d'un renouveau du projet d'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec, largement bas&#233; &#224; l'origine sur la radicalisation de la jeunesse scolaris&#233;e durant la m&#234;me p&#233;riode. Le mouvement ouvrier connaissait &#224; son tour une radicalisation importante &#224; partir de 1971, avec la multiplication des gr&#232;ves dures et la politisation croissante des conflits de travail. L'adoption de manifestes d'inspiration socialiste dans les trois grandes centrales syndicales du Qu&#233;bec refl&#233;tait la mont&#233;e des confrontations de classes au Qu&#233;bec au d&#233;but des ann&#233;es soixante-dix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le champ politique dans les ann&#233;es soixante-dix&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan politique cependant, cette mont&#233;e du mouvement ouvrier s'est traduite &#224; l'&#233;chelle des masses par une mont&#233;e &#233;lectorale du Parti qu&#233;b&#233;cois, parti nationaliste bourgeois. Ce ph&#233;nom&#232;ne s'explique par l'absence de tout parti ouvrier de masse au Qu&#233;bec, malgr&#233; la force organisationnelle de la classe ouvri&#232;re sur le plan syndical. La social-d&#233;mocratie, h&#233;g&#233;monique dans le mouvement ouvrier canadien-anglais &#224; travers le Nouveau Parti d&#233;mocratique, n'a jamais r&#233;ussi &#224; s'implanter s&#233;rieusement dans la classe ouvri&#232;re du Qu&#233;bec &#224; cause de son attitude hostile aux droits nationaux. Le Parti communiste pro-Moscou n'a jamais r&#233;ussi &#224; sortir de l'&#233;tat groupusculaire pour la m&#234;me raison. Les grands courants politiques du mouvement ouvrier occidental sont donc pratiquement inexistants dans la classe ouvri&#232;re qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;cessit&#233; d'une action politique autonome s'est pourtant fait sentir &#224; plusieurs reprises dans l'histoire des luttes ouvri&#232;res au Qu&#233;bec, mais les directions syndicales se sont toujours oppos&#233;es &#224; la fondation d'un parti ouvrier et ont toujours r&#233;ussi &#224; canaliser la volont&#233; de changement des travailleurs et des travailleuses vers le parti bourgeois le plus &#034; progressiste &#034; en apparence. C'est ainsi que la fondation d'un parti ouvrier fut &#233;cart&#233;e de peu dans la F&#233;d&#233;ration des unions industrielles du Qu&#233;bec contre le r&#233;gime r&#233;trograde et corrompu de l'Union nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les six ann&#233;es de &#034; r&#233;volution tranquille &#034; sous la gouverne du Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec de 1960 &#224; 1966, ce dernier &#233;tait &#233;cart&#233; du pouvoir et connaissait une scission de la part de son aile pr&#233;tendument nationaliste et progressiste. Cette derni&#232;re fondait alors le Mouvement souverainet&#233;-association, autour de la personnalit&#233; de l'ancien ministre lib&#233;ral, Ren&#233; L&#233;vesque, h&#233;ros de la nationalisation de l'&#233;lectricit&#233; de 1963. Le projet du MSA consistait &#224; reconstruire un nouveau parti nationaliste bourgeois capable de chevaucher et de r&#233;cup&#233;rer le mouvement de lib&#233;ration nationale qui se d&#233;veloppait alors au Qu&#233;bec. Le MSA r&#233;ussissait effectivement &#224; absorber les formations nationalistes radicales alors existantes dans le cadre du Parti qu&#233;b&#233;cois, form&#233; en 1968. La perc&#233;e relative du Parti qu&#233;b&#233;cois aux &#233;lections de 1970 pla&#231;ait &#224; nouveau le mouvement ouvrier devant l'alternative de fonder son propre parti ou d'appuyer le Parti qu&#233;b&#233;cois, nouvellement constitu&#233; et encore tr&#232;s radical en apparence dans son programme &#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une p&#233;riode de flottement sur la question, les directions des centrales syndicales opt&#232;rent finalement pour le refus du parti ouvrier et l'appui au Parti qu&#233;b&#233;cois. Cette orientation s'appuyait sur la radicalisation nationaliste-populiste de la classe ouvri&#232;re qu&#233;b&#233;coise, particuli&#232;rement prononc&#233;e chez les travailleurs &#224; l'emploi des multinationales, pour qui l'ennemi de classe se confondait avec l'ennemi national. Ainsi, la radicalisation du mouvement ouvrier se traduisait simultan&#233;ment par une multiplication des gr&#232;ves dures sur le plan &#233;conomique et par une mont&#233;e du nationalisme bourgeois au niveau politique. Il y avait donc une disjonction compl&#232;te entre la forte radicalisation de la classe ouvri&#232;re qu&#233;b&#233;coise et sa faible politisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appui du mouvement syndical au Parti qu&#233;b&#233;cois n'&#233;tait pourtant pas jou&#233; d'avance. Les couches militantes du mouvement ouvrier aspiraient plus ou moins confus&#233;ment &#224; mener une action politique ind&#233;pendante, et le projet de lancement d'un parti ouvrier rencontrait beaucoup d'&#233;chos dans le mouvement syndical au d&#233;but des ann&#233;es soixante-dix. Les instances montr&#233;alaises des trois grandes centrales syndicales lanc&#232;rent m&#234;me un parti ouvrier municipal &#224; Montr&#233;al en 1970, le Front d'action politique, FRAP. Mais les directions syndicales furent particuli&#232;rement traumatis&#233;es par cette exp&#233;rience, car la dynamique de politisation survenue dans le FRAP commen&#231;ait &#224; devenir dangereuse pour elles. Les directions torpill&#232;rent le FRAP pour lancer un nouveau parti municipal multiclassiste conjointement avec les forces p&#233;quistes en 1974.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition acharn&#233;e des directions parvint aussi &#224; faire rejeter de justesse les propositions de parti ouvrier d&#233;fendues par les couches militantes dans les congr&#232;s syndicaux critiques des ann&#233;es 1973-1974. L'appui direct ou indirect au Parti qu&#233;b&#233;cois constituait un moyen de bloquer la politisation interne du mouvement syndical, jug&#233;e mena&#231;ante par les directions bureaucratiques. L'absence de parti ouvrier de masse laissait le champ libre au Parti qu&#233;b&#233;cois pour r&#233;cup&#233;rer les volont&#233;s de changement chez les travailleurs et les travailleuses, et le Parti qu&#233;b&#233;cois r&#233;ussit ainsi &#224; s'imposer comme l'alternative gouvernementale au r&#233;gime antisyndical corrompu du Parti lib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mont&#233;e de l'extr&#234;me gauche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e du mouvement nationaliste qu&#233;b&#233;cois au cours des ann&#233;es soixante avait ainsi conduit &#224; l'&#233;volution vers le marxisme d'une partie du courant nationaliste radical, sous l'impact des exp&#233;riences cubaine, alg&#233;rienne et vietnamienne. Ce courant voyait la future r&#233;volution qu&#233;b&#233;coise sur le mod&#232;le des r&#233;volutions coloniales du tiers monde, mais glissait trop facilement vers une strat&#233;gie &#233;tapiste cherchant &#224; r&#233;aliser l'ind&#233;pendance d'abord en alliance avec les forces nationalistes bourgeoises. La lutte pour le socialisme &#233;tait donc renvoy&#233;e aux calendes grecques. Ces perspectives &#233;tapistes rendirent ce courant incapable de r&#233;sister &#224; la mont&#233;e du p&#233;quisme, car ce dernier semblait offrir une perspective cr&#233;dible de r&#233;alisation de l'ind&#233;pendance dans un d&#233;lai rapproch&#233;. Les groupes en question se sabord&#232;rent et disparurent l'un apr&#232;s l'autre pour se fondre dans la mouvance nationale dirig&#233;e par le Parti qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#233;g&#233;monie p&#233;quiste ne laissa subsister &#224; l'extr&#234;me gauche que la Ligue socialiste ouvri&#232;re et le Parti communiste du Canada (marxiste-l&#233;niniste). La Ligue socialiste ouvri&#232;re fut constitu&#233;e en 1964 par des militants anglophones envoy&#233;s au Qu&#233;bec par la section canadienne de la IV' Internationale, la League for Socialist Action. Cette organisation avait pris position pour l'ind&#233;pendance et s'opposait &#233;videmment &#224; l'appui au Parti qu&#233;b&#233;cois, mais elle &#233;prouvait beaucoup de difficult&#233;s &#224; s'implanter en milieu francophone. Quant au Parti communiste du Canada (marxiste-l&#233;niniste), il s'agissait d'une formation mao-stalinienne tirant ses origines de la rupture sino-sovi&#233;tique et alors caract&#233;ris&#233;e par une politique aventuriste de confrontation directe avec les forces polici&#232;res. Bref, le terrain &#233;tait presque vide &#224; l'extr&#234;me gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La radicalisation de la jeunesse scolaris&#233;e, du mouvement national et du mouvement ouvrier avait pourtant constitu&#233; au d&#233;but des ann&#233;es soixante-dix un vaste milieu progressiste inorganis&#233; qui tentait alors de s'approprier les outils d'analyse du marxisme. L'exp&#233;rience du FRAP avait engendr&#233; tout un foisonnement de groupements, collectifs, bulletins et revues qui cherchaient leur voie du c&#244;t&#233; du marxisme. C'&#233;tait aussi la p&#233;riode d'expansion rapide du r&#233;seau universitaire et coll&#233;gial qu&#233;b&#233;cois et les sciences humaines ne tard&#232;rent pas &#224; &#234;tre h&#233;g&#233;monis&#233;es par une version vulgaris&#233;e du marxisme universitaire fran&#231;ais des ann&#233;es soixante, recycl&#233; &#224; travers les nombreux professeurs alors recrut&#233;s en Europe ou &#224; travers l'embauche massive de Qu&#233;b&#233;cois et Qu&#233;b&#233;coises fra&#238;chement &#233;moulus de leurs &#233;tudes en France. C'est ainsi qu'une g&#233;n&#233;ration enti&#232;re de la jeunesse qu&#233;b&#233;coise fut initi&#233;e au marxisme &#224; travers les cours de philosophie donn&#233;s au niveau coll&#233;gial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le courant mao-stalinien qui r&#233;ussira &#224; conqu&#233;rir l'h&#233;g&#233;monie sur ce milieu vers la moiti&#233; des ann&#233;es soixante-dix, avec la constitution d'En lutte comme groupe politique en 1974 et la fondation de la Ligue communiste (marxistel&#233;niniste) du Canada en 1975, cette derni&#232;re rebaptis&#233;e Parti communiste ouvrier en 1978. Ces deux groupes ont r&#233;ussi &#224; se construire sur les ruines de la gauche inorganis&#233;e de la premi&#232;re moiti&#233; des ann&#233;es soixante-dix et &#224; rel&#233;guer le courant trotskyste &#224; la deuxi&#232;me place. Le PCO comptait encore mille membres &#224; son point culminant en 1979, contre sept cents pour En lutte. Il existait alors deux organisations trotskystes qui comptaient chacune une centaine de membres au Qu&#233;bec, &#224; leur point culminant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; leurs nombreuses divergences th&#233;oriques et pratiques, En lutte et PCO partagaient une orientation similaire sur les grands probl&#232;mes politiques. Ils trouvaient leurs mod&#232;les dans la Chine de Mao et l'URSS de Staline et pr&#244;naient la conception stalinienne du socialisme &#224; parti unique. Leur politique internationale &#233;tait copi&#233;e sur la politique &#233;trang&#232;re de la Chine et reprenait la d&#233;fense de ses positions les plus odieuses, inspir&#233;es de la th&#233;orie des trois mondes. En lutte et le PCO se pronon&#231;aient aussi contre l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec, y voyant un mot d'ordre bourgeois et diviseur de la classe ouvri&#232;re &#034; canadienne &#034;. Les groupes &#034; m-I &#034; refusaient &#233;videmment d'appuyer le Parti qu&#233;b&#233;cois, mais ils s'opposaient aussi &#224; la fondation d'un parti ouvrier de masse, lui opposant la construction du parti prol&#233;tarien par eux-m&#234;mes. Leur &#233;conomisme et leur stalinisme les conduisaient aussi &#224; s'opposer frontalement au mouvement autonome des femmes, d&#233;nonc&#233; globalement comme petit-bourgeois et diviseur du mouvement ouvrier. Quant &#224; l'homosexualit&#233;, il s'agissait &#233;videmment d'une tare de la soci&#233;t&#233; bourgeoise appelant tout au plus la compassion du parti prol&#233;tarien pour les victimes de cette maladie capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut se demander comment l'extr&#234;me gauche a pu &#234;tre h&#233;g&#233;monis&#233;e par un courant hostile &#224; l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec et ce, en pleine mont&#233;e du mouvement national. En fait, ces groupes avaient rejet&#233; l'ind&#233;pendance &#224; partir de leur rejet de l'appui au Parti qu&#233;b&#233;cois alors dominant dans le mouvement ouvrier et m&#234;me dans les forces qui se pr&#233;tendaient socialistes. D'apr&#232;s les organisations mao-staliniennes, l'appui &#224; l'ind&#233;pendance conduisait n&#233;cessairement &#224; soutenir le Parti qu&#233;b&#233;cois, et donc &#224; renoncer &#224; construire le parti prol&#233;tarien. Cet argument &#233;tait faux en lui-m&#234;me, mais paraissait dr&#244;lement convaincant aux yeux des membres des organisations mao-staliniennes, qui voyaient effectivement l'ensemble des ind&#233;pendantistes appuyer le Parti qu&#233;b&#233;cois, m&#234;me ceux qui se disaient socialistes. En fait, seuls les trotskystes de la Ligue socialiste ouvri&#232;re et du Groupe marxiste r&#233;volutionnaire rejetaient l'appui au Parti qu&#233;b&#233;cois tout en prenant position pour l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations mao-staliniennes reprochaient aussi &#224; l'ind&#233;pendantisme de &#034; diviser la classe ouvri&#232;re canadienne &#034; et lui opposaient la lutte pan-canadienne pour le socialisme. Cet argument &#233;tait lui aussi faux dans son principe, mais il mettait le doigt sur une faiblesse majeure de la gauche et du mouvement ouvrier qu&#233;b&#233;cois qui concevaient toute leur action dans un cadre strictement national et renvoyaient le Canada anglais dans le domaine de la solidarit&#233; internationale. Il fallait placer la lutte pour l'ind&#233;pendance dans le cadre d'une strat&#233;gie r&#233;volutionnaire pan-canadienne, mais il faudra attendre la fin des ann&#233;es soixante-dix pour que le courant trotskyste ait pleinement d&#233;velopp&#233; une telle conception. En attendant, seul le courant mao-stalinien avait une strat&#233;gie pan-canadienne, fausse bien entendu, mais il en avait une.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militants et militantes &#034; m-l &#034; croyaient s'opposer de fa&#231;on cons&#233;quente au Parti qu&#233;b&#233;cois en rejetant l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec, sans voir que cela consolidait davantage l'h&#233;g&#233;monie p&#233;quiste sur la question nationale. Seule la prise en charge de la lutte nationale par le mouvement ouvrier aurait pu &#233;branler cette h&#233;g&#233;monie, mais c'est pr&#233;cis&#233;ment ce &#224; quoi les organisations &#034; m-l &#034; s'opposaient avec v&#233;h&#233;mence. Elles faisaient aussi bloc avec les directions syndicales pro-p&#233;quistes contre toute proposition de lancement d'un parti ouvrier, y voyant une menace pour la construction du parti r&#233;volutionnaire, c'est-&#224;-dire de leur propre parti. C'est ainsi que les 30 % de congressistes, influenc&#233;s par le PCO, joueront un r&#244;le d&#233;cisif lors du congr&#232;s national de la CSN de 1979 pour faire battre la proposition de fondation d'un parti ouvrier, qui fut rejet&#233;e par une marge de 60-40. Ce fut le point culminant, atteint par l'influence du PCO, mais aussi son intervention la plus n&#233;faste au progr&#232;s du mouvement ouvrier. C'est ainsi que l'h&#233;g&#233;monisation de l'extr&#234;me gauche par le courant mao-stalinien fut un v&#233;ritable d&#233;sastre. Elle conduisit des centaines et des milliers de militants et militantes &#224; se d&#233;penser sans compter autour d'une orientation nuisible au mouvement de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, la d&#233;fense de positions aussi erron&#233;es a jou&#233; un grand r&#244;le dans la d&#233;sint&#233;gration finale des organisations mao-staliniennes au d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt. Elle ne les a pas emp&#234;ch&#233;es de se construire fortement dans la deuxi&#232;me moiti&#233; des ann&#233;es soixante-dix en marginalisant les organisations trotskystes, qui d&#233;fendaient pourtant des positions globalement correctes sur toutes ces questions : pour l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec, pour le parti ouvrier, pour le mouvement autonome des femmes, pour la d&#233;mocratie socialiste, etc. Mais les bonnes positions ne se traduisent pas automatiquement par la construction de l'organisation, pas plus que les mauvaises positions ne l'emp&#234;chent automatiquement, du moins &#224; court terme. Il faut donc chercher les raisons du succ&#232;s des groupes mao-staliniens dans le Qu&#233;bec du milieu des ann&#233;es soixante-dix, pour comprendre aussi les raisons de leur &#233;croulement soudain en 1982. Le courant mao-stalinien avait &#233;videmment un avantage de poids sur le mouvement trotskyste, &#224; savoir la force d'attraction &#233;norme de la Chine et de la r&#233;volution culturelle, consid&#233;r&#233;es largement comme un mod&#232;le alternatif &#224; celui de l'URSS. C'est ainsi que les groupements et collectifs mao&#239;stes surgissaient spontan&#233;ment de toutes parts, dans la premi&#232;re moiti&#233; des ann&#233;es soixante-dix, dans l'attente de l'apparition du groupe politique organis&#233; qui finirait par les h&#233;g&#233;moniser. Ces groupes se durcissaient facilement contre les trotskystes sur la base d'arguments primitifs, du genre &#034; les trotskystes n'ont jamais dirig&#233; de r&#233;volution &#034;. En se d&#233;finissant comme &#034; marxistes-l&#233;ninistes &#034;, ces groupements croyaient se joindre au grand courant international qui leur semblait avoir dirig&#233; toutes les r&#233;volutions victorieuses et qui se trouvait au pouvoir dans des &#034; pays socialistes &#034; couvrant le quart de l'humanit&#233;. C'est comme s'ils se trouvaient eux-m&#234;mes au pouvoir par procuration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'attrait de la Chine n'explique pas tout. Avec toutes leurs politiques erron&#233;es, les organisations mao-staliniennes (&#034; m-l &#034;) avaient au moins le m&#233;rite d'apporter des r&#233;ponses politiques claires et simples aux probl&#232;mes centraux que se posaient alors les milieux de gauche &#224; la recherche d'une coh&#233;rence politique. Ces derniers r&#233;sistaient tr&#232;s mal &#224; la logique implacable des organisations mao-staliniennes arm&#233;es de leur ligne juste. C'est ainsi que la mont&#233;e des organisations comme En lutte et le PCO fut l'histoire de la stalinisation progressive d'un courant mao&#239;ste initialement marqu&#233; par le populisme et le spontan&#233;isme, mais qui n'avait pu trouver aucune autre coh&#233;sion politique que celle du stalinisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les orientations politiques &#034; marxistes-l&#233;ninistes &#034; correspondaient sans doute pas &#224; la dynamique r&#233;elle de la lutte des classes, mais elles collaient au niveau de d&#233;bat encore passablement primitif de la gauche qu&#233;b&#233;coise et aux biais spontan&#233;s de la jeunesse scolaris&#233;e. Le caract&#232;re m&#233;canique et r&#233;ductionniste des positions marxistes-l&#233;ninistes devenait paradoxalement un avantage pour ces organisations, offrant aux intellectuels l'illusion de la rigueur th&#233;orique et donnant aux membres des positions simples et claires, en blanc et en noir, faciles &#224; assirrlller et faciles &#224; r&#233;p&#233;ter. Les positions mao-staliniennes apparaissaient aussi comme la conclusion pratique toute naturelle du structuralo-marxisme althuss&#233;rien de seconde main alors distill&#233; en quantit&#233;s industrielles dans les coll&#232;ges et les universit&#233;s qu&#233;b&#233;coises, avec tout son caract&#232;re id&#233;ologiste et m&#233;canique. L'engagement militant dans les groupes qui se voulaient prol&#233;tariens &#233;tait alors bien vu, et les groupes mao-staliniens ne manquaient pas de jouer plus ou moins subtilement la carte de la culpabilisation des intellectuels. La pr&#233;dominance du courant mao-stalinien n'&#233;tait pourtant pas &#233;crite dans le ciel. Ce courant a aussi b&#233;n&#233;fici&#233; de la faiblesse num&#233;rique et politique de ses adversaires, et particuli&#232;rement du courant trotskyste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Ligue socialiste ouvri&#232;re, section de la IVe Internationale, comptait peu de francophones dans ses rangs et dans le climat de l'&#233;poque elle apparaissait comme droiti&#232;re aux yeux des couches radicalis&#233;es sous l'influence des courants ultragauches. Il en allait de m&#234;me du Groupe socialiste des travailleurs du Qu&#233;bec, li&#233; au courant lambertiste international et surgi sur son travail syndical au point d'appara&#238;tre comme groupe purement syndicaliste. De plus, il fallut attendre 1977 pour que le GSTQ se prononce pour l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec. Quant au Groupe marxiste r&#233;volutionnaire, il est n&#233; en 1972 de la scission d'une poign&#233;e d'&#233;l&#233;ments oppositionnels de la LSO, pour former la premi&#232;re organisation trotskyste majoritairement francophone dans l'histoire du Qu&#233;bec. Cela faisait du GMR le rival potentiellement le plus dangereux pour les groupes &#034; marxistes-l&#233;ninistes &#034; alors en gestation, car il rivalisait avec eux pour conqu&#233;rir les m&#234;mes couches radicalis&#233;es. Cependant, le GMR ne sut pas mener la bataille programmatique qui s'imposait et se retrouva marginalis&#233; par le courant mao-stalinien &#224; partir de 1975.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le GMR s'alignait sur la tendance majoritaire internationale de la IV' Internationale, dont il partageait l'analyse de la p&#233;riode, marqu&#233;e d'une tr&#232;s grande surestimation des luttes ouvri&#232;res en cours et &#224; venir. L'attente d'une crise r&#233;volutionnaire prochaine (au Qu&#233;bec...) conduisait le GMR &#224; n&#233;gliger la lutte programmatique, puisqu'on n'aurait pas le temps de former sur le programme. Cette surestimation de la p&#233;riode conduisait aussi le GMR &#224; mener une agitation sur des mots d'ordre tr&#232;s avanc&#233;s comme le contr&#244;le ouvrier, tout en rejetant le mot d'ordre de parti ouvrier, qu'il voyait comme un pi&#232;ge r&#233;formiste &#224; &#233;viter. Le GMR croyait s'imposer comme force politique nationale en d&#233;montrant sa capacit&#233; &#224; mener des mobilisations de masse en milieu &#233;tudiant, remettant le travail ouvrier &#224; plus tard. Pendant que les membres du GMR dirigeaient litt&#233;ralement des mobilisations de dizaines de milliers de jeunes &#224; Montr&#233;al &#224; l'automne 1975 contre la hausse des tarifs de transport en commun, la future LC(marxiste-l&#233;niniste)C publiait le &#034; document d'entente politique &#034; qui allait servir de base au ralliement de centaines de membres de groupements et collectifs mao&#239;stes &#224; la recherche d'une orientation coh&#233;rente, y compris des groupes en milieu ouvrier. Le GMR recruta une seule personne &#224; travers tout son travail de mobilisation contre la hausse des tarifs et se retrouva bient&#244;t marginalis&#233; par le courant mao-stalinien, y compris en milieu &#233;tudiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement en 1976 que le GMR entreprit tardivement de mener une pol&#233;mique syst&#233;matique contre l'ensemble des positions mao-staliniennes, mais il s'agissait d&#233;j&#224; d'une lutte &#224; contre-courant pour r&#233;sister &#224; la mar&#233;e marxistel&#233;niniste. La m&#234;me pol&#233;mique men&#233;e vigoureusement quelques ann&#233;es plus t&#244;t aurait pu avoir un impact en offrant &#224; la mouvance mao&#239;ste une coh&#233;rence politique alternative au stalinisme. M&#234;me si le courant marxiste-l&#233;niniste partait avec l'avantage consid&#233;rable de l'attraction de la Chine, le partage des effectifs aurait pu &#234;tre moins d&#233;favorable au courant trotskyste. C'est &#233;galement en 1976 que le GMR entreprit un tournant vers le mouvement ouvrier et commen&#231;a &#224; corriger son orientation politique, pour adopter le mot d'ordre du parti ouvrier en 1977. Mais il &#233;tait d&#233;j&#224; trop tard. Le courant trotskyste se retrouva marginalis&#233;, avec 10 % des effectifs de l'extr&#234;me gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le courant mao-stalinien avait donc constitu&#233; deux organisations impressionnantes &#224; la fin des ann&#233;es soixante-dix au Qu&#233;bec. Le PCO &#233;tait capable d'amener 3 000 personnes dans ses assembl&#233;es publiques et r&#233;ussit m&#234;me &#224; en attirer S 000 &#224; l'occasion de la Journ&#233;e internationale des femmes en 1978. En lutte, pour sa part, pouvait tenir des assembl&#233;es de 2 000 personnes. Les organisations trotskystes ont atteint de leur c&#244;t&#233; un nombre maximal de 400 persones dans leurs assembl&#233;es &#224; la m&#234;me &#233;poque. Le PCO pouvait aussi encadrer quelques 300 d&#233;l&#233;gu&#233;(e)s aux congr&#232;s de la CSN. Du c&#244;t&#233; des organisations trotskystes, une dizaine au total. Quant au groupe En lutte, il disposait d'une influence non n&#233;gligeable dans le mouvement populaire &#224; Montr&#233;al, bien que son travail syndical soit rest&#233; beaucoup plus faible que celui du PCO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apog&#233;e du courant mao&#239;ste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;j&#224; parl&#233; des conceptions politiques g&#233;n&#233;rales qui ont men&#233; ces forces militantes consid&#233;rables pour le Qu&#233;bec &#224; mener des combats non seulement inutiles mais m&#234;me n&#233;fastes au mouvement de la classe ouvri&#232;re. Pourtant, le courant marxiste-l&#233;niniste se fondait alors dans l'aile combative du mouvement ouvrier et du mouvement populaire. Son activit&#233; &#233;tait cependant limit&#233;e par la conception stalinienne du programme, semblable au r&#233;formisme classique de la Il' Internationale, avec sa division stricte entre le programme maximum et le programme minimum et son rejet de toute approche transitoire. Cette conception du programme &#233;tait d&#233;fendue avec un soin presque maniaque par les organisations mao-staliniennes qu&#233;b&#233;coises. C'est ainsi qu'elles firent initialement campagne contre la r&#233;duction du temps de travail sans perte de salaire, avanc&#233;e notamment par le courant trotskyste, comme utopique et conduisant &#224; la d&#233;faite du mouvement ouvrier, &#034; puisque &#034; le capitalisme ne pouvait accorder une telle revendication. Elles chang&#232;rent leur fusil d'&#233;paule une fois ce mot d'ordre adopt&#233; dans le mouvement syndical, sans la moindre contribution de leur part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le sait, la conception d'un programme divis&#233; en programme maximum et minimum offre l'avantage, si l'on peut dire, de combiner la propagande la plus r&#233;volutionnaire sur le grand soir et les lendemains qui chantent avec la pratique la plus r&#233;formiste et la mieux adapt&#233;e aux imp&#233;ratifs du profit capitaliste et aux politiques des directions bureaucratiques. Toutefois, cette conception schizophr&#233;nique du programme se pratiquait diff&#233;remment dans les deux grandes organisations mao-staliniennes, en fonction de leurs aires d'implantation principales, les syndicats pour le PCO et les groupes populaires pour En lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que les membres du PCO menaient une lutte acharn&#233;e dans les groupes populaires pour faire adopter des pr&#233;tendues plates-formes &#034; de lutte de classe &#034; dans lesquelles ces groupes devaient reconna&#238;tre la n&#233;cessit&#233; de la dictature, du prol&#233;tariat ou du parti prol&#233;tarien, par exemple. De nombreux groupes populaires furent ainsi d&#233;truits et transform&#233;s en succursales du PCO. En lutte s'opposait g&#233;n&#233;ralement &#224; de telles pratiques et s'en tenait au programme minimum pour le mouvement populaire. Ce dernier constituait en effet la principale aire d'influence d'En lutte et son grand bassin de recrutement. Mais c'&#233;tait le contraire dans le mouvement syndical, o&#249; les membres d'En lutte cherchaient &#224; faire reprendre le programme de la r&#233;volution tel que le concevait En lutte, sans succ&#232;s &#233;videmment, tandis que le PCO s'en tenait &#224; un programme minimum de plus en plus dilu&#233;, au point de se fondre dans la gauche syndicale large, dont il constituait pour ainsi dire la colonne vert&#233;brale. C'est ainsi que le PCO inscrivait toute son action syndicale dans une d&#233;marche de surench&#232;re &#224; gauche sur les revendications officielles du mouvement syndical et sur les moyens de lutte envisag&#233;s, mais sans sortir du cadre &#233;conomiste apolitique o&#249; les directions bureaucratiques confinent les luttes ouvri&#232;res. Au contraire, le PCO faisait bloc avec les directions bureaucratiques contre ceux qui pr&#244;naient la cr&#233;ation d'un parti ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, le PCO s'opposait aussi &#224; l'action politique directe ou indirecte de la bureaucratie syndicale en faveur du PQ, ainsi qu'&#224; la politique de concertation des bureaucraties avec le patronat et l'Etat, mais ces positions correctes &#233;taient st&#233;rilis&#233;es par le refus de lutter pour un parti ouvrier de masse, seul moyen de combattre r&#233;ellement le PQ et d'offrir une alternative politique au niveau de la soci&#233;t&#233;. C'est que le PCO voulait se r&#233;server le terrain politique pour lui-m&#234;me et son programme maximal, et confiner les syndicats aux seules luttes &#233;conomiques dans le cadre du programme minimum, s'appuyant en cela sur la tradition la plus n&#233;faste du mouvement ouvrier qu&#233;b&#233;cois : se cantonner dans les luttes &#233;conomiques et laisser l'action politique aux partis... bourgeois. Non seulement le travail syndical du PCO n'a en rien contribu&#233; &#224; briser cette impasse, il a contribu&#233;, au contraire, &#224; la perp&#233;tuer dans une situation o&#249; il &#233;tait impossible de la briser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, cette politique de surench&#232;re &#224; gauche dans les revendications et les formes d'action ne sortaient pas du cadre du &#034; syndicalisme de combat &#034;, pratiqu&#233; notamment &#224; la CSN &#224; partir de 1971. Les luttes y sont toujours vues dans un cadre syndicaliste, employeur par employeur, convention collective par convention collective, sauf qu'on rejette l'approche collaborationniste et bonne ententiste pr&#234;t&#233;e au &#034; syndicalisme d'affaires &#034; pour adopter une attitude combative, plus prompte &#224; employer des m&#233;thodes de lutte dures. Cette approche s'&#233;tait av&#233;r&#233;e payante au cours de la premi&#232;re moiti&#233; des ann&#233;es soixante-dix, alors que l'&#233;conomie qu&#233;b&#233;coise connaissait quelques ann&#233;es de prosp&#233;rit&#233; gonfl&#233;es artificiellement par les grands projets comme la baie James et les Jeux olympiques de 1976, qui offraient les conditions presque id&#233;ales pour le &#034; syndicalisme de combat &#034;. Malgr&#233; tout, ce dernier ne pouvait assumer pleinement la dimension politique des luttes, laissant le Parti qu&#233;b&#233;cois comme principal b&#233;n&#233;ficiaire politique des luttes dures men&#233;es par le mouvement ouvrier au cours de ces ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moins, la division traditionnelle du travail dans le syndicalisme qu&#233;b&#233;cois, entre les luttes &#233;conomiques dures d'un c&#244;t&#233; et l'appui au parti bourgeois le plus &#034; progressiste &#034; de l'autre, semblait toujours donner des r&#233;sultats au cours des ann&#233;es soixante-dix, alors que le gouvernement et le patronat jouissaient encore d'une marge de manoeuvre assez ample. Avec la r&#233;cession de 1980-1982 et la crise structurelle qui s'installe dans les pays capitalistes avanc&#233;s, la marge de manoeuvre est devenue n&#233;gative et les pratiques syndicales traditionnelles se sont faites de moins en moins payantes, conduisant plut&#244;t &#224; des d&#233;faites r&#233;p&#233;t&#233;es. Ces r&#233;sultats ont encourag&#233; les bureaucrates les plus droitiers &#224; pr&#244;ner ouvertement l'abandon des attitudes &#034; confrontationnistes &#034; et la recherche de la concertation avec le patronat et l'Etat. Or, la gauche syndicale dont faisait partie le PCO n'avait pas vraiment de strat&#233;gie alternative &#224; proposer, autre que de persister dans la voie des batailles &#233;conomiques combatives sans d&#233;bouch&#233; politique autonome, voie de moins en moins prometteuse dans la situation des ann&#233;es quatre-vingt. La r&#233;orientation n&#233;cessaire vers l'action politique autonome du mouvement ouvrier, vers la construction d'alliances sociales larges avec le mouvement des femmes et des jeunes, vers l'action commune autour de revendications transitoires unifiantes, tout cela n'entrait gu&#232;re dans les sch&#233;mas mao-staliniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La division maximum-minimum n'a pas seulement emp&#234;ch&#233; les organisations mao-staliniennes de venir aux prises avec les v&#233;ritables probl&#232;mes d'orientation du mouvement ouvrier, elle leur a aussi caus&#233; des probl&#232;mes de plus en plus aigus avec leurs propres membres dans le mouvement syndical et &#233;galement les autres mouvements. A partir du moment o&#249; le PCO, par exemple, est devenu une force en milieu ouvrier, il s'est mis &#224; recruter de fait sur son programme minimum pour les syndicats. Nombre d'ouvriers ont adh&#233;r&#233; au PCO sans &#234;tre d'accord avec son programme sur des questions majeures, comme le stalinisme ou l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec, parce que le PCO &#233;tait la seule organisation de gauche pr&#233;sente dans leur milieu ou leur localit&#233;. Il va de soi que la propagande du parti sur son programme maximum ne pouvait manquer d'appara&#238;tre comme un rituel artificiel et encombrant aux yeux de ces militants et militantes, d'autant plus qu'il n'y avait aucun lien entre cela et leur pratique quotidienne. Mais cela devenait un obstacle majeur quand le parti s'avisait de mobiliser ses membres sur les grands probl&#232;mes politiques comme le r&#233;f&#233;rendum de 1980 autour de positions v&#233;cues comme artificielles et abstraites par un grand nombre de membres, surtout les plus implant&#233;s. Ces probl&#232;mes trouveront leur expression dans la crise finale des organisations mao-staliniennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;clin et effondrement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations mao-staliniennes qu&#233;b&#233;coises se sont construites au cours d'une p&#233;riode de radicalisation particuli&#232;rement favorable &#224; la construction des organisations d'extr&#234;me gauche. Ces conditions devaient changer du tout au tout vers la fin des ann&#233;es soixante-dix et le d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt. Apr&#232;s une phase d'attentisme cons&#233;cutive &#224; la victoire &#233;lectorale du PQ en 1976, le mouvement ouvrier qu&#233;b&#233;cois devait &#234;tre rejet&#233; sur la d&#233;fensive par l'offensive d'aust&#233;rit&#233; de la bourgeoisie. La r&#233;cession de 1980-1982, particuli&#232;rement dure au Qu&#233;bec, devait rendre ces luttes d&#233;fensives de plus en plus difficiles &#224; mener, &#224; cause du poids croissant du ch&#244;mage et des fermetures d'entreprises. II en est r&#233;sult&#233; une v&#233;ritable crise d'orientation du mouvement ouvrier au d&#233;but des ann&#233;es quatrevingt. Cela se combinait alors au d&#233;sarroi du mouvement national, conduit &#224; l'impasse et &#224; la d&#233;faite par la strat&#233;gie &#233;tapiste r&#233;f&#233;rendaire de la direction p&#233;quiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise de perspectives du mouvement ouvrier et du mouvement national au tournant des ann&#233;es quatre-vingt ne pouvait manquer d'entra&#238;ner une crise de perspective de l'extr&#234;me gauche elle-m&#234;me. Cette derni&#232;re vivait depuis des ann&#233;es sur la perspective implicite ou explicite d'une mont&#233;e ininterrompue des luttes ouvri&#232;res et populaires, jusqu'&#224; la crise politique qui mettrait la question du pouvoir &#224; l'ordre du jour. On se joignait aux organisations d'extr&#234;me gauche dans l'esprit d'intervenir dans une crise r&#233;volutionnaire prochaine. Les organisations maostaliniennes, en particulier, se voyaient d&#233;j&#224; &#224; la direction de la classe ouvri&#232;re, tout enivr&#233;es par leur croissance rapide des ann&#233;es soixante-dix. Les plus optimistes se voyaient d&#233;j&#224; au pouvoir et les plus carri&#233;ristes r&#233;servaient d&#233;j&#224; leur place dans le futur gouvernement r&#233;volutionnaire. Plusieurs se joignaient &#224; des organisations qui avaient le vent dans les voiles et qui promettaient des succ&#232;s rapides &#224; leurs membres, sinon m&#234;me une forme de promotion personnelle &#224; travers l'organisation. Le retournement de la lutte des classes au tournant des ann&#233;es quatre-vingt viendra rendre l'engagement militant beaucoup plus difficile &#224; assumer. On ne pouvait plus miser sur une mont&#233;e ininterrompue des luttes ouvri&#232;res jusqu'&#224; une r&#233;volution prochaine. Il fallait se r&#233;orienter vers un travail &#224; long terme et se pr&#233;parer &#224; traverser des p&#233;riodes creuses pendant lesquelles l'organisation ne pourrait s'attendre &#224; progresser rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette notion des flux et des reflux de la lutte des classes n'&#233;tait pas &#233;trang&#232;re au mouvement trotskyste, mais elle &#233;tait refoul&#233;e au cours des ann&#233;es soixante-dix &#224; travers une th&#233;orisation sophistiqu&#233;e de la radicalisation &#224; venir du mouvement ouvrier, reli&#233;e &#224; l'attente d'un affaiblissement continuel du contr&#244;le bureaucratique sur le mouvement ouvrier. La force des directions r&#233;formistes ouvri&#232;res avait &#233;t&#233; sous-estim&#233;e, de m&#234;me que l'effet objectif des d&#233;faites provoqu&#233;es par les pratiques de collaboration de classes de ces directions. Les d&#233;faites et les &#233;checs ne conduisent pas les larges masses vers une radicalisation accrue, mais vers la d&#233;mobilisation et le repli, et les forces r&#233;volutionnaires sont les premi&#232;res &#224; en payer le prix. Tout cela s'est manifest&#233; avec &#233;vidence au cours des ann&#233;es quatre-vingt et a forc&#233; une r&#233;&#233;valuation des perspectives de travail des organisations trotskystes. Mais ces derni&#232;res pouvaient du moins trouver, dans leur histoire et leur programme, les instruments n&#233;cessaires &#224; cette r&#233;orientation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion de l'existence de flux et de reflux de la lutte de classes &#233;tait en revanche compl&#232;tement &#233;tang&#232;re au courant mao-stalinien qu&#233;b&#233;cois, anim&#233; d'une vision purement id&#233;aliste de la construction du parti r&#233;volutionnaire. D&#232;s qu'on avait la ligne juste, on pouvait seulement progresser. La construction rapide des organisations mao-staliniennes qu&#233;b&#233;coises au cours des ann&#233;es soixante-dix en semblait la preuve &#233;clatante. Cette vision id&#233;aliste comportait comme corollaire, in&#233;vitable, que l'arr&#234;t ou l'inversion du d&#233;veloppement trahissait in&#233;vitablement une orientation erron&#233;e. Ces groupes &#233;taient donc mal plac&#233;s pour faire face aux difficult&#233;s des ann&#233;es quatre-vingt et ne trouvaient rien dans leur bagage programmatique stalinien pour faire face &#224; une telle situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise des organisations mao-staliniennes qu&#233;b&#233;coises au d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt a aussi &#233;t&#233; pr&#233;cipit&#233;e par une &#233;volution de la Chine &#224; laquelle elles ne s'attendaient pas. La mort de Mao et la chute de la bande des quatre conduisirent au retour de Deng Xiaoping et au triomphe de toutes les politiques d&#233;nonc&#233;es la veille encore pour leur caract&#232;re suppos&#233;ment capitaliste. Face &#224; ce revirement flagrant, le PCO choisit de faire comme si de rien n'&#233;tait et de persister dans son suivisme pro-chinois. Pourtant, ces revirements ne pouvaient manquer de travailler les membres du groupe, qui se demandaient bien si la Chine n'&#233;tait pas en train de devenir capitaliste. Ce questionnement s'exprima au d&#233;but de mani&#232;re sourde et indirecte, pour d&#233;boucher finalement sur un d&#233;bat ouvert au cours de la crise finale du PCO. Dans l'intervalle, la Chine perdait le pouvoir d'attraction qui avait fait la force des organisations mao-staliniennes au cours des ann&#233;es soixante-dix, pour devenir au contraire un passif de plus en plus lourd &#224; porter. C'&#233;tait particuli&#232;rement grave pour des groupes construits essentiellement sur la base du ralliement au mod&#232;le chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En lutte, pour sa part, choisit de rompre avec la Chine, et de se tourner vers l'Albanie &#224; la fin de 1977, dans un effort pour pr&#233;server au moins sa coh&#233;rence politique. Ce fut le d&#233;but d'une p&#233;nible aventure. Le Parti du travail d'Albanie fit &#233;videmment la sourde oreille aux avances du groupe En lutte et choisit au contraire comme repr&#233;sentant officiel le Parti communiste du Canada (marxiste-l&#233;niniste), une secte pure &#224; 100 %, alors engag&#233;e dans une politique d'affrontements violents avec les autres organisations et mouvements. Rien n'aurait pu mieux ouvrir les yeux aux membres du groupe En lutte sur la v&#233;ritable nature du PTA et du r&#233;gime albanais. En lutte se trouva donc orphelin et tenta alors de reconstruire des liens internationaux avec d'autres organisations &#034; marxistes-l&#233;ninistes &#034; dans la m&#234;me situation &#224; travers le monde. Il ne rencontra que d'autres groupes orphelins en crise et qui disparaissaient les uns apr&#232;s les autres. Situation grave pour un groupe qui se pensait au pouvoir sur le quart de la plan&#232;te &#224; travers son appartenance au mouvement marxiste-l&#233;niniste international, et qui r&#233;alisait brusquement n'&#234;tre qu'un groupuscule li&#233; &#224; d'autres groupuscules en crise ailleurs dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e du syndicat ind&#233;pendant polonais Solidarit&#233; eut aussi un impact majeur sur les organisations mao-staliniennes, en leur posant la question d&#233;licate des droits syndicaux dans la soci&#233;t&#233; post-r&#233;volutionnaire. Le PCO s'empressa de faire campagne pour Solidarit&#233; sous le drapeau de la lutte contre la domination social-imp&#233;rialiste sovi&#233;tique en Pologne, mais il &#233;tait difficile d'&#233;viter compl&#232;tement les questions de fond soulev&#233;es. Personne ne pouvait ignorer l'inexistence de syndicats ind&#233;pendants dans la Chine de 1980 ou dans l'URSS de Staline, et la direction chinoise elle-m&#234;me ne tarda pas &#224; la manifester en condamnant Solidarit&#233;, tout comme le Parti du travail d'Albanie par ailleurs. Autre probl&#232;me lancinant pour les organisations mao-staliniennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e du mouvement des femmes au Qu&#233;bec &#224; partir de 1976 exer&#231;ait aussi une pression croissante sur les organisations mao-staliniennes. Ces derni&#232;res renvoyaient la question des femmes dans le domaine des &#034; contradictions secondaires &#034; subordonn&#233;es &#224; la lutte des classes, elle-m&#234;me r&#233;duite pour l'essentiel aux luttes &#233;conomiques entre patronat et syndicats. Les organisations mao-staliniennes s'opposaient violemment &#224; la construction d'un mouvement autonome des femmes, qu'elles d&#233;non&#231;aient comme diviseur et petit-bourgeois. Les premiers groupes de femmes &#233;taient effectivement surgis dans les milieux &#233;tudiants et intellectuels, mais le d&#233;veloppement rapide des commissions femmes dans les syndicats &#224; la fin des ann&#233;es soixante-dix devait confronter les organisations mao-staliniennes &#224; un mouvement social de plus en plus puissant et de plus en plus implant&#233; en milieu syndical. L'opposition frontale des groupes marxistes-l&#233;ninistes au mouvement autonome des femmes devenait ainsi un puissant facteur d'isolement pour ces groupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la mont&#233;e du mouvement des femmes devait surtout s'exprimer sur le plan interne par la remise en question du r&#244;le d&#233;volu aux femmes au sein des organisations mao-staliniennes. Ces derni&#232;res comptaient un grand nombre de femmes parmi leurs cadres interm&#233;diaires, secr&#233;taires de cellule, tr&#233;sori&#232;res, responsables de la diffusion, mais tr&#232;s peu dans leur direction centrale. Cette situation refl&#232;te parfois un ph&#233;nom&#232;ne r&#233;el de d&#233;veloppement in&#233;gal des cadres, mais il contredisait le discours officiel des organisations marxistes-l&#233;ninistes sur la r&#233;alisation de la pleine &#233;galit&#233; des hommes et des femmes en leur sein. Cette contradiction flagrante entre le discours et la r&#233;alit&#233; devait prendre une tournure explosive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position des organisations mao-staliniennes sur la question des homosexuels fut un autre &#233;l&#233;ment de leur crise finale, particuli&#232;rement pour le groupe En lutte. Ces organisations renvoyaient l'homosexualit&#233; dans le domaine des tares bourgeoises disparues dans les pays socialistes, comme la Chine ou l'Albanie. On pouvait bien admettre les homosexuels dans l'organisation en tant que victimes non responsables de leur condition, mais pas question d'adopter une attitude positive et militant en faveur de leurs droits. On pr&#233;f&#233;rait conserver le silence. On trouvait pourtant dans les organisations marxistes-l&#233;ninistes une proportion surprenante d'homosexuels, particuli&#232;rement dans le groupe En lutte, mais ils semblaient accepter la place qu'on leur faisait. La mont&#233;e du mouvement homosexuel au Qu&#233;bec &#224; partir de 1976-1977 devait mettre fin &#224; cette passivit&#233;. Le mouvement eut un impact social tr&#232;s important en quelques ann&#233;es, r&#233;ussissant m&#234;me &#224; gagner la reconnaissance d'une protection l&#233;gale contre la discrimination. Les organisations mao-staliniennes se retrouv&#232;rent sur la d&#233;fensive sur cette question et confront&#233;es &#224; une r&#233;volte croissante dans leurs propres rangs. Encore une source de difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les facteurs de crise s'accumulaient pour les organisations mao-staliniennes qu&#233;b&#233;coises au d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt. Les contradictions accumul&#233;es les conduisirent &#224; l'explosion. En lutte entra en crise ouverte au d&#233;but de 1981 pour se dissoudre officiellement en mai 1982. Le PCO r&#233;ussit &#224; contenir ses contradictions jusqu'&#224; l'&#233;t&#233; 1982, avant d'exploser et de tomber en poussi&#232;re en l'espace de trois mois. Ces deux imposantes organisations construites sur l'ensemble des ann&#233;es soixante-dix disparurent presque du jour au lendemain. Il n'en est subsist&#233; que deux collectifs de quelques dizaines de personnes limitant leur activit&#233; &#224; la publication d'une revue deux ou trois fois par an. Le groupe Lib&#233;ration en est encore &#224; tenter de comprendre le triste sort du PCO, tandis que la revue R&#233;voltes, issue d'En lutte, se permet de flirter avec les impasses militaristes. La d&#233;rive se poursuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve des similitudes et des diff&#233;rences dans la crise finale des deux organisations mao-staliniennes. Dans les deux cas, la crise s'est d'abord exprim&#233;e dans un processus de diff&#233;renciation interne et de regroupement sur la base des groupes d'affinit&#233; et non des positions politiques, ces groupes ayant toujours pratiqu&#233; le centralisme bureaucratique et ni&#233; le droit de tendance. Dans le groupe En lutte, les homosexuels furent les premiers &#224; se former en caucus, suivis des femmes et des ouvriers manuels qui, tous, se sentaient marginalis&#233;s par la domination des &#034; intellectuels m&#226;les petit-bourgeois &#034; (lire : les professeurs et les permanents). La direction d'En lutte se divisa en plusieurs groupes devant cette situation, et la d&#233;cision fut prise d'ouvrir largement le d&#233;bat sur les questions historiques et programmatiques controvers&#233;es. Ce d&#233;bat se d&#233;veloppa rapidement dans toutes les directions : eurocommunisme, autonomisme italien, rejet du marxisme... Le groupe n'avait plus aucune r&#233;f&#233;rence ni aucune coh&#233;sion programmatique, au moment m&#234;me o&#249; une majorit&#233; remettait en question le militantisme m&#234;me. Tout cela d&#233;boucha au bout d'un an sur un vote de dissolution exprim&#233; froidement en congr&#232;s. En lutte n'existait d&#233;j&#224; plus comme entit&#233; organis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; du PCO, la question la plus explosive fut celle de la domination des anglophones sur la direction. On ne comptait plus aucun francophone au bureau politique, ph&#233;nom&#232;ne inou&#239; dans une organisation francophone &#224; 80 %. Cependant, les membres ordinaires l'ignoraient, car la composition de la direction &#233;tait tenue secr&#232;te en vertu d'un &#034; l&#233;ninisme &#034; suspect. Le d&#233;voilement de cette composition provoqua une r&#233;volte dans les rangs du PCO, surtout apr&#232;s la campagne r&#233;f&#233;rendaire de 1980, fortement critiqu&#233;e dans les rangs du groupe. Mais les membres d&#233;couvrirent bient&#244;t qu'on leur avait cach&#233; bien d'autres choses que la composition nationale du bureau politique. Les scandales internes les plus inou&#239;s se multipliaient de jour en jour : viol commis par un membre de la direction et couvert par elle, s&#233;questration de membres faisant l'objet d'enqu&#234;tes de la part du service de s&#233;curit&#233; du PCO, une v&#233;ritable police int&#233;rieure, enl&#232;vement d'enfants des membres &#034; enqu&#234;t&#233;s &#034;, etc. La crise de confiance prit rapidement une dimension &#233;norme et provoqua une h&#233;morragie massive de membres qui fuyaient &#224; toutes jambes. Cette crise ouvrit aussi la porte &#224; une diff&#233;renciation politique au sein de la direction centrale et entre cette derni&#232;re et la direction r&#233;gionale qu&#233;b&#233;coise, qui voulait s'orienter vers une position ind&#233;pendantiste. La d&#233;cision fut alors prise de dissoudre le PCO tel qu'il existait et d'ouvrir le d&#233;bat pour former une nouvelle organisation. Mais toute cette situation avait engendr&#233; l'&#233;mergence d'un fort courant liquidationniste. Le PCO cessa de fonctionner et ses actifs furent liquid&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise des groupes mao-staliniens &#233;tait &#233;videmment reli&#233;e au contexte g&#233;n&#233;ral de crise et de recul du mouvement ouvrier, mais elle r&#233;sultait aussi des probl&#232;mes politiques et organisationnels sp&#233;cifiques &#224; ces groupes et contenus depuis d&#233;j&#224; plusieurs ann&#233;es, au prix de tensions croissantes. Quand ces derni&#232;res finirent par exploser, elles ne laiss&#232;rent pas pierre sur pierre de ces organisations. Ces derni&#232;res laissent derri&#232;re elles des centaines et m&#234;me des milliers de militants et militantes bnil&#233;s par leur exp&#233;rience n&#233;gative des groupes politiques, ce qui exerce une influence tr&#232;s d&#233;moralisatrice sur les nouvelles g&#233;n&#233;rations militantes. Les anciens et anciennes membres des organisations mao-staliniennes sont en nombre beaucoup plus grand que les effectifs actuels de l'extr&#234;me gauche. L'h&#233;ritage empoisonn&#233; des groupes marxistes-l&#233;ninistes continue &#224; peser lourd.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le courant trotskyste fut lui aussi fortement affect&#233; par le contexte de recul des ann&#233;es quatre-vingt. La premi&#232;re organisation &#224; entrer en crise fut la Ligue ouvri&#232;re r&#233;volutionnaire, section de la IV Internationale dans l'&#201;tat canadien, constitu&#233;e en 1977 par la fusion du Groupe marxiste r&#233;volutionnaire et du Revolutionary Marxist Group, li&#233;s &#224; la tendance majoritaire de la IV' Internationale, et de la Ligue socialiste ouvri&#232;re - League for Socialist Action, li&#233;e &#224; une tendance minoritaire anim&#233;e par le Socialist Workers Party des Etats-Unis. Cette fusion correspondait &#224; la dissolution des tendances des fractions internationales en 1977, et r&#233;pondait &#224; la volont&#233; de sortir de la marginalisation entra&#238;n&#233;e par l'h&#233;g&#233;monie marxiste-l&#233;niniste. Mais la fusion se fit d'une mani&#232;re fort pr&#233;cipit&#233;e, sur la seule base du programme historique trostkyste et sans accord politique s&#233;rieux sur les t&#226;ches de l'heure. Les vrais d&#233;bats &#233;taient ainsi remis &#224; plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fusion des trois organisations attira cependant une vague d'adh&#233;sions qui port&#232;rent les effectifs pancanadiens &#224; plus de quatre cents membres en 1978, dont une centaine au Qu&#233;bec. Ce fut le point culminant jamais atteint par le mouvement trotskyste au Canada et au Qu&#233;bec. Cependant, la LOR devait conna&#238;tre une diff&#233;renciation politique croissante &#224; partir de la mi-1978, mettant aux prises le gros des cadres et membres de l'ex LSO-LSA d'un c&#244;t&#233;, du GMR-RMG de l'autre et d&#233;bouchant sur des ruptures qui affaiblirent consid&#233;rablement l'organisation. Les positions exprim&#233;es refl&#233;taient par ailleurs, dans une large mesure, les diff&#233;renciations qui existaient &#224; l'&#233;poque au sein de la IV' Internationale entre la majorit&#233; internationale et une minorit&#233; qui partageait les id&#233;es avanc&#233;es par le SWP des Etats-Unis. Tout cela se d&#233;roulait sur un fond de tassement des luttes ouvri&#232;res et des luttes sociales en g&#233;n&#233;ral, d&#233;j&#224; visible et d&#233;j&#224; per&#231;u &#224; partir de 1978.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le recul des ann&#233;es quatre-vingt, par ailleurs, n'a pas manqu&#233; d'affecter aussi le GSTQ. Apr&#232;s une croissance organique r&#233;guli&#232;re au cours des ann&#233;es soixante-dix, il avait fini par regrouper une centaine de membres et lan&#231;ait un hebdomadaire en 1979. Il se rebaptisait aussi GST dans un effort pour se construire au Canada anglais. La crise de la LOR battait d&#233;j&#224; son plein et laissait toute la place au GST pour se d&#233;velopper. La IV' Internationale subissait la rupture d'un courant important qui s'alliait aussit&#244;t au courant lambertiste pour former une Internationale rivale. Tout cela apparaissait aux yeux des membres du GST comme le triomphe de la lutte poursuivie depuis des ann&#233;es pour la &#034; reconstruction &#034; de la IV' Internationale au niveau mondial et au Canada. Le GST s'engagea alors dans un cours triomphaliste complet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II fallut d&#233;chanter. Les noces internationales c&#233;l&#233;br&#233;es avec faste en 1979 d&#233;bouch&#232;rent d&#232;s 1982 sur un divorce peu &#233;l&#233;gant, et tr&#232;s embarrassant. D'autres ruptures importantes suivirent, par exemple au P&#233;rou. Le Parti communiste internationaliste de France. pilier central du courant lambertiste, connut une scission importante en 1984 et une autre en 1986. Bref, l'&#034; Internationale &#034; se d&#233;construisait au lieu de se reconstruire. Les choses n'allaient gu&#232;re mieux au Canada. L'hebdomadaire dut &#234;tre suspendu d&#232;s 1981. Les efforts du GST pour se construire au Canada anglais furent un &#233;chec total. Au Qu&#233;bec m&#234;me, l'influence du GST connut un recul notable, y compris dans le mouvement syndical. Le GST a &#233;t&#233; frapp&#233; plus tard que les autres, mais il n'a pas &#233;chapp&#233; au recul g&#233;n&#233;ral de la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, l'activit&#233; de Combat socialiste, form&#233; en 1980 par la majorit&#233; des militants qu&#233;b&#233;cois de la LOR, devait d&#233;boucher sur la formation de Gauche socialiste en 1983, apr&#232;s une p&#233;riode d'adh&#233;sion au Mouvement socialiste, formation social-d&#233;mocrate de gauche. Gauche socialiste a &#233;t&#233; reconnue comme section sympathisante par le )OUI' congr&#232;s de la IV` Internationale en 1985 et comptait alors des effectifs comparables &#224; ceux de Combat socialiste lors de sa formation en 1980, r&#233;alisation modeste mais digne de mention dans une conjoncture de recul du mouvement ouvrier et d'effondrement de la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation reste pourtant tr&#232;s difficile car les obstacles subjectifs &#224; la reprise des mouvements de lutte sont tr&#232;s importants : d&#233;mobilisation des bases, cynisme des vieilles couches militantes, minceur et inexp&#233;rience des nouvelles couches, furie antimarxiste et antimilitante dans les milieux intellectuels, poids des reculs survenus dans d'autres pays industriels, notamment europ&#233;ens, etc. Mais les signes de reprise des luttes semblent poindre &#224; l'horizon : renaissance des luttes de la jeunesse, gr&#232;ve des syndicats de la construction, nombreuses manifestations ouvri&#232;res devant les Parlements de Qu&#233;bec et d'Ottawa, etc. Sans faire de pr&#233;dictions sur le calendrier des &#233;v&#233;nements &#224; venir, il faut se pr&#233;parer d&#232;s maintenant &#224; une nouvelle mont&#233;e qui offrira de nouvelles possibilit&#233;s de construction aux organisations de gauche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Histoire et recomposition actuelle de la gauche politique qu&#233;b&#233;coise </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Rioux, S&#233;bastien Bouchard</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;L'arriv&#233;e de l'humanit&#233; dans le troisi&#232;me mill&#233;naire s'effectue dans un contexte &#233;conomique r&#233;gressif et particuli&#232;rement anti-social de perp&#233;tuation du capitalisme n&#233;olib&#233;ral dirig&#233; par les &#201;tats-Unis. Au niveau politique, cette &#233;poque est caract&#233;ris&#233;e par l'effondrement du stalinisme, par la faillite de la social-d&#233;mocratie (qui d&#233;fend le social-lib&#233;ralisme) et par l'&#233;veil des luttes sociales, particuli&#232;rement contre la mondialisation et l'offensive guerri&#232;re de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que s'effectue, dans plusieurs pays, une recomposition de la gauche politique. Ce texte vise &#224; pr&#233;senter le mode de recomposition de la gauche politique au Qu&#233;bec. Il n&#233;cessite donc de prendre un certain recul historique.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Notre-histoire-" rel="directory"&gt;Notre histoire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'arriv&#233;e de l'humanit&#233; dans le troisi&#232;me mill&#233;naire s'effectue dans un contexte &#233;conomique r&#233;gressif et particuli&#232;rement anti-social de perp&#233;tuation du capitalisme n&#233;olib&#233;ral dirig&#233; par les &#201;tats-Unis. Au niveau politique, cette &#233;poque est caract&#233;ris&#233;e par l'effondrement du stalinisme, par la faillite de la social-d&#233;mocratie (qui d&#233;fend le social-lib&#233;ralisme) et par l'&#233;veil des luttes sociales, particuli&#232;rement contre la mondialisation et l'offensive guerri&#232;re de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que s'effectue, dans plusieurs pays, une recomposition de la gauche politique. Ce texte vise &#224; pr&#233;senter le mode de recomposition de la gauche politique au Qu&#233;bec. Il n&#233;cessite donc de prendre un certain recul historique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'absence historique d'un parti de gauche au Qu&#233;bec&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a &#233;t&#233; d&#233;terminant dans l'&#233;volution de l'ensemble de la gauche au Qu&#233;bec, de la social-d&#233;mocratie &#224; la gauche radicale, a &#233;t&#233; l'absence de parti ouvrier de masse1, cas rare dans les pays occidentaux2. Ni le Nouveau Parti D&#233;mocratique (ni le CCF), ni le Parti Communiste du Canada ne sont parvenus &#224; construire un parti qui ait eu un impact de masse r&#233;el. Construits de l'ext&#233;rieur de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise sans jamais en comprendre les d&#233;terminants, ces partis ont soit ni&#233; la r&#233;alit&#233; de l'oppression nationale du Qu&#233;bec, soit marginalis&#233; cette question dans leurs consid&#233;rations strat&#233;giques et tactiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La radicalisation des ann&#233;es 60&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 60, une mobilisation massive pour la justice sociale et pour une forme ou l'autre d'autonomie nationale du Qu&#233;bec, li&#233;e &#224; une mont&#233;e mondiale des luttes sociales et des luttes anti-imp&#233;rialistes, prend forme au Qu&#233;bec. La multiplication et la radicalisation des gr&#232;ves poussent les 3 centrales syndicales &#224; r&#233;diger des manifestes critiquant le capitalisme tout en pr&#244;nant la mise en place d'un socialisme d&#233;mocratique. Pourtant, aucune strat&#233;gie n'est pr&#233;sent&#233;e pour soutenir cette perspective. L'id&#233;e de la cr&#233;ation d'un parti ouvrier n'est qu'effleur&#233;e et la critique du PQ, qui venait d'&#234;tre fond&#233;e, n'a pas &#233;t&#233; r&#233;ellement d&#233;velopp&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PQ, parti de masse soutenu par les directions syndicales et populaires sans &#234;tre social-d&#233;mocrate&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; de la radicalisation sociale et nationale des ann&#233;es 1960-70 a &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233;e par le Parti qu&#233;b&#233;cois. Fond&#233; en 1968, le PQ n'est pas un parti social-d&#233;mocrate fond&#233; par les syndicats mais plut&#244;t un parti nationaliste avec une tendance moderniste dont le leadership a &#233;t&#233; assur&#233; par une scission du Parti Lib&#233;ral Qu&#233;b&#233;cois dirig&#233; par Ren&#233; L&#233;vesque3. Par contre, la majorit&#233; de ses membres &#233;taient enracin&#233;s dans la classe travailleuse et populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res moutures du discours du PQ reprenaient en partie le discours de la social-d&#233;mocratie. Les r&#233;formes et les concessions aux luttes montantes se sont doubl&#233;es d'une int&#233;gration d'une partie de la direction du mouvement ouvrier &#224; ce parti. Cette int&#233;gration &#233;tait justifi&#233;e par la th&#233;orie des &#233;tapes qui pr&#233;tendait qu'il fallait, dans une premi&#232;re &#233;tape, r&#233;gler la question nationale (ind&#233;pendance) avec le PQ et, dans une deuxi&#232;me &#233;tape, la question sociale (socialisme).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fort de ses appuis sociaux, en tant que principal d&#233;bouch&#233; politique du mouvement ind&#233;pendantiste et profitant de la mont&#233;e des luttes syndicales contre le gouvernement Bourassa, le PQ gagne les &#233;lections de 1976. Un fort attentisme se d&#233;veloppe alors dans les rangs du mouvement syndical. La grande valse des sommets et la multiplication des lieux de concertation o&#249; si&#233;geaient les centrales se sont mises en place, sans parler des anciens dirigeants devenus transfuges au gouvernement. Le r&#244;le que prendra le PQ constituera pour les d&#233;cennies suivantes un blocage majeur sur le d&#233;veloppement de l'autonomie politique des travailleurs et des travailleuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une gauche radicale &#224; majorit&#233; mao&#239;ste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 70, la majorit&#233; de l'extr&#234;me-gauche qu&#233;b&#233;coise, en croissance rapide quoique toujours marginale, &#233;tait domin&#233;e par le courant mao&#239;ste. Les conceptions staliniennes qui &#233;taient d&#233;velopp&#233;es voyaient le parti diriger en tout. Ces groupes &#233;tablissaient des rapports autoritaires avec les organisations sociales et syndicales et rejetaient le mouvement f&#233;ministe et la question nationale comme divisant la classe ouvri&#232;re. Finalement, l'id&#233;e de fonder un parti ouvrier ne se posait pas, chaque groupe se proclamant LE parti ouvrier. Ces organisations ont implos&#233; en quelques mois (1982) et sont presque totalement disparues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, la tendance majoritaire des courants trotskistes a &#233;t&#233; marqu&#233;e, dans un premier temps, par un gauchisme estudiantin pr&#233;voyant la r&#233;volution &#224; court terme et ne privil&#233;giant pas la cr&#233;ation d'un parti ouvrier de masse. Le temps pris pour corriger ce cours gauchiste et un travail activiste dans les mouvements sociaux (et non sur la construction de l'organisation politique) a laiss&#233; la place et le temps au mao-stalinisme pour imposer son h&#233;g&#233;monie sur la gauche radicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les reculs des ann&#233;es 80 et le MS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin des ann&#233;es 70, le mouvement ouvrier et l'ensemble des mouvements sociaux avaient &#233;t&#233; rejet&#233;s sur la d&#233;fensive. Le r&#233;f&#233;rendum de 1980 s'est fait dans une optique purement nationaliste o&#249; toute jonction entre les revendications nationales et les revendications sociales &#233;tait soigneusement &#233;vit&#233;e. La d&#233;faite du r&#233;f&#233;rendum de 80 porta un dur coup au mouvement nationaliste, mais n'entama pas s&#233;rieusement la base &#233;lectorale du PQ. Le PQ, r&#233;&#233;lu en 1981, renfor&#231;a sa politique r&#233;pressive contre le mouvement syndical. Lors de la crise de 1981-82, les attaques contre les syndicats du secteur public, les n&#233;gociations, coupures salariales et lois r&#233;pressives, mirent un frein aux luttes syndicales. Les directions syndicales prirent alors un virage &#224; droite et renforc&#232;rent leur tendance concertationniste avec l'&#201;tat, le patronat et le PQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce durcissement &#224; droite du PQ provoqua aussi une rupture de certains leaders syndicaux et universitaires r&#233;formistes avec le Parti qu&#233;b&#233;cois. Ils lanc&#232;rent le groupe des Cent, qui allait devenir le Mouvement socialiste. Fort d'un programme ind&#233;pendantiste, socialiste, f&#233;ministe et &#233;cologiste, le MS refusait le travail politique dans le mouvement social (par une phobie de reproduire les man&#339;uvres des groupes mao&#239;stes). De plus, le courant assurant le leadership du MS ne voulait pas faire du groupe un lieu de convergence de diff&#233;rents courants politiques de la gauche qu&#233;b&#233;coise et finit par exclure les autres courants. C'est affaibli, priv&#233; de l'appui des centrales syndicales, que le MS s'est finalement tourn&#233; vers le champ &#233;lectoral, ce qui fut un &#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les travailleurs et les travailleuses en g&#233;n&#233;ral, l'absence de parti de gauche et le contexte social et politique r&#233;gressif expliquent que la d&#233;ception face au PQ ne se fit pas par la gauche. Elle fut plut&#244;t v&#233;cue comme une immense d&#233;sillusion d&#233;politisante que le PQ avait nourrie. Cette d&#233;sillusion est &#233;galement interpr&#233;t&#233;e comme ayant &#233;t&#233; la source de sa d&#233;faite &#233;lectorale de 1985.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du NPD-Qu&#233;bec au PDS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 90, le NPD-Qu&#233;bec, abandonna son orientation f&#233;d&#233;raliste et s'ouvrit aux autres organisations de gauche. Des nationalistes de gauche autour de Paul Rose et les marxistes-r&#233;volutionnaires de Gauche Socialiste (IVe Internationale) le rejoignirent. La dynamique des d&#233;bats amena le NPD-Q &#224; se d&#233;finir comme le Parti de la d&#233;mocratie socialiste (PDS), parti anti-capitaliste, anti-n&#233;olib&#233;ral, f&#233;ministe, internationaliste et ind&#233;pendantiste. Lors du r&#233;f&#233;rendum lanc&#233; par le PQ, au pouvoir depuis 1994, le PDS d&#233;veloppa une position ind&#233;pendantiste de gauche. Cette deuxi&#232;me d&#233;faite r&#233;f&#233;rendaire (extr&#234;mement serr&#233;e), amena une contre-offensive du gouvernent f&#233;d&#233;ral dans le cadre du &#171; plan B &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PDS, contrairement au MS, n'h&#233;sita pas &#224; critiquer le cours concertationniste des directions des centrales syndicales pi&#233;g&#233;es dans des sommets &#233;conomiques visant &#224; leur faire jouer le r&#244;le de complices des coupures pr&#233;par&#233;es par le PQ. Le glissement du centre vers la droite du PQ s'&#233;tait continu&#233; et prenait la forme d'une gestion n&#233;olib&#233;rale teint&#233;e d'un discours social-lib&#233;raliste propre &#224; ne pas se couper compl&#232;tement de ses alli&#233;s dans les directions du mouvement syndical, populaire et &#233;tudiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regain des luttes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la premi&#232;re moiti&#233; des ann&#233;es 1990, tout comme dans les ann&#233;es 1980, le gouvernement au pouvoir &#224; Qu&#233;bec, dirig&#233; par Robert Bourassa, met en place une s&#233;rie de contre-r&#233;formes, de coupures et de privatisation. Ces reculs sociaux illustraient la d&#233;t&#233;rioration des rapports de force en d&#233;faveur des classes domin&#233;es. Pourtant, &#224; partir du milieu de la d&#233;cennie, on a pu noter une certaine remont&#233;e des luttes illustr&#233;e par la Marche du pain et des roses de 1995, puis les gr&#232;ves et d&#233;sob&#233;issances civiles des &#233;tudiantEs (1996) et des infirmi&#232;res (1999).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un second souffle suit avec la mobilisation anti-mondialisation de la Marche mondiale des Femmes de l'an 2000 contre la pauvret&#233; et la violence. Puis, ce sera le Sommet des Am&#233;riques, avec sa Marche des peuples (60 000 manifestantEs), qui mobilisera la majorit&#233; du mouvement social qu&#233;b&#233;cois. La ZL&#201;A est alors rejet&#233;e clairement par les 3000 personnes ayant particip&#233; au Sommet des peuples, malgr&#233; les r&#233;ticences des centrales syndicales nationales. Il faut aussi noter la participation de 20 000 personnes aux manifestations anti-capitalistes men&#233;es en partie par des courants anarchistes. Plus pr&#233;sents chez les jeunes, la majorit&#233; de ces courants refusent par principe le travail &#233;lectoral et nient tout l'importance de la question nationale. Les mobilisations du Sommet et de la Marche des Femmes ont &#233;t&#233; importantes, mais aucune victoire concr&#232;te (rejet de la ZL&#201;A, action contre la pauvret&#233;) n'y a &#233;t&#233; gagn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Apr&#232;s le 11 septembre, la lutte pour la paix et contre l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain4 aid&#233; du Canada, a &#233;t&#233; la suite de la mobilisation du Sommet, mais ces mobilisations ont &#233;t&#233; &#224; moins grande &#233;chelle. La peur du terrorisme a tout de m&#234;me cr&#233;&#233; une certaine commotion chez une grande partie de la population et le mouvement syndical et social s'est peu impliqu&#233; contre la guerre. En fait, les r&#233;centes mont&#233;es des luttes n'ont pas encore produit de rupture importante entre les directions syndicales et sociales et le PQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation du RAP&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; cette mont&#233;e des luttes, une volont&#233; de cr&#233;er un grand parti de gauche au Qu&#233;bec s'est de plus en plus manifest&#233;e. Pour une partie de la gauche ind&#233;pendantiste et socialiste, le profil pris par le PDS &#233;tait trop marqu&#233; par l'anticapitalisme pour &#234;tre d'embl&#233;e le lieu de ralliement de la gauche, malgr&#233; ses conceptions ouvertes et d&#233;mocratiques au niveau de l'unit&#233;. Un autre p&#244;le de ralliement s'est donc mis en place, sans critiquer clairement et ouvertement le PDS mais en proposant une autre d&#233;marche, o&#249; la d&#233;finition de l'organisation comme parti n'&#233;tait pas donn&#233;e a priori. Suite &#224; un d&#233;bat lanc&#233; par L'Aut'Journal, le Rassemblement pour une Alternative Politique (RAP), qui a tenu son congr&#232;s de fondation &#224; la fin de mai 1998, rallia une partie de la gauche sociale et politique qu&#233;b&#233;coise. Mais ce congr&#232;s du RAP ne permit pas une v&#233;ritable unification de l'ensemble de la gauche socialiste, f&#233;ministe et ind&#233;pendantiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; un processus de clarification de leur projet, le RAP finit par se d&#233;finir comme parti et d&#233;cide &#224; se pr&#233;senter aux &#233;lections de 1998. D&#233;favoris&#233; par le syst&#232;me &#233;lectoral de scrutin unilat&#233;ral &#224; un tour, aucun des partis de gauche ne re&#231;ut 1% des votes. La seule exception fut la candidature de Michel Chartrand qui a r&#233;ussi &#224; obtenir 15%, en partie gr&#226;ce &#224; l'appui de plusieurs syndicats et groupes populaires locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire de Mercier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; l'&#233;chec de la campagne &#233;lectorale de 98, un colloque pour l'unit&#233; des organisations politiques et des forces progressistes a rassembl&#233; 700 personnes &#224; Montr&#233;al. Ce dernier a permis la mise sur pied d'un comit&#233; de liaison qui coordonne depuis les activit&#233;s sur le terrain de la plupart des partis politiques de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte, au printemps 2001, qu'eut lieu l'initiative dans Mercier. La formation d'une coalition &#233;lectorale de diff&#233;rentes forces de gauche et d'ind&#233;pendantEs se fit sur une plate-forme contre la mondialisation des march&#233;s, pour l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec et reprenant les revendications de la Marche des Femmes. Un contexte local particulier (crise dans la direction p&#233;quiste du comt&#233;), et la concentration des forces de la gauche montr&#233;alaise (politique mais aussi syndicale) sur ce comt&#233; permis d'arracher un r&#233;sultat &#233;lectoral significatif (plus de 20%). Cette victoire posa plus concr&#232;tement encore la n&#233;cessit&#233; d'unifier la gauche dans un parti politique f&#233;d&#233;r&#233; et multi-tendances, ce que l'on d&#233;signa comme &#171; l'esprit de Mercier &#187;. Pour acc&#233;l&#233;rer la cr&#233;ation d'un parti unifi&#233;, des UFP locaux, unissant des membres des quatre partis et de mouvements sociaux, se sont cr&#233;&#233;es dans un certain nombre de comt&#233;s de la province.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'automne 2001, le PDS avan&#231;a l'id&#233;e de cr&#233;er un parti de gauche uni, qui maintiendrait en son sein les anciens partis, d&#233;fini comme tendances officielles. Le congr&#232;s du RAP qui suivi adopta une position similaire, malgr&#233; des tensions avec certaines r&#233;gions hostiles &#224; l'unit&#233;. Le PCQ, domin&#233; par des militants syndicaux anciennement mao&#239;stes, pr&#244;ne l'unit&#233; mais est r&#233;ticent &#224; perdre son statut de parti et &#224; soutenir clairement l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec. Le Parti Vert, aussi minuscule et h&#233;sitant que le PCQ, est encore tout nouveau et implant&#233; essentiellement dans le milieu anglophone. Surtout, le conseil central de la CSN de Montr&#233;al reste parti prenante du processus. En plus, des associations locales ou r&#233;gionales de l'UFP se sont cr&#233;&#233;es dans Gouin, Mercier, Outaouais, Mont&#233;r&#233;gie, Qu&#233;bec, Rosemont, Ste-Marie-St-Jacques, Lanaudi&#232;re ; ces derni&#232;res comptant plusieurs membres non affili&#233;s aux partis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union des Forces Progressiste, quelques perspectives&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis janvier, les associations r&#233;gionales et locales de l'UFP, tout comme le PDS, RAP et PCQ, ont proc&#233;d&#233; &#224; la r&#233;daction de proposition de plate-forme de revendications et de statut (type d'organisation). Le congr&#232;s de fondation de la fin de semaine des 15 et 16 juin sera le moment d&#233;terminant dans la refondation de la gauche politique au Qu&#233;bec par la construction d'un parti de gauche unifi&#233;. . o&#249; l'on pourra clarifier quelles sont les convergences et les divergences..5&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son &#233;largissement et sa coh&#233;sion interne n&#233;cessitent qu'un certain nombre de conditions soient remplies. L'UFP pourra se d&#233;velopper si elle cherche &#224; s'enraciner dans les mouvements sociaux et &#224; se lier aux groupes en lutte, si elle sait mener un combat syst&#233;matique contre les politiques n&#233;o-lib&#233;rales, si elle est hant&#233;e par la souci d&#233;mocratique et qu'elle cherche &#224; faire la politique autrement. Notons tout ensuite l'importance d'instances d&#233;mocratiques, que les d&#233;bats soient transparents, que les d&#233;cisions proviennent de la base vers la direction et que cette direction soit repr&#233;sentative de la diversit&#233; du parti. L'adh&#233;sion des femmes et des jeunes, absolument essentielle, ne se fera qu'&#224; ce prix. L'ouverture vers l'ensemble des communaut&#233;s culturelles et les autochtones doit aussi mettre en relief la diversit&#233; du Qu&#233;bec dans le parti. Finalement, le f&#233;minisme doit aussi &#234;tre refl&#233;t&#233; autant dans les instances que dans les positions politiques. L'appui de larges secteurs du mouvement social et syndical de masse restera une condition pour assurer la construction d'un parti de gauche de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu&#233;bec, 13 juin 2002&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;1 Ce qui ne veut pas dire que la gauche politique n'a pas exist&#233; au Qu&#233;bec. Notons la pr&#233;sence du Parti Ouvrier, du PCC et de toute la mouvance autour d'Albert Saint-Martin au d&#233;but du si&#232;cle. &lt;br class='autobr' /&gt;
2 Les deux autres pays occidentaux qui n'ont pas de parti de gauche peuvent aussi expliquer ce probl&#232;me historique par la question nationale (Irlande) et le racisme (&#201;tats-Unis).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 En fait, le PQ est officiellement n&#233; de l'union d'une scission du Parti Lib&#233;ral Qu&#233;b&#233;cois (Mouvement Souverainet&#233; Association) et d'une scission de l'Union Nationale (Ralliement national). L'organisation des nationalistes radicaux &#224; tendance sociale, le Ralliement pour l'Ind&#233;pendance Nationale, s'est alors dissoute pour rejoindre le PQ, sans jamais y &#234;tre invit&#233;e en tant qu'organisation. Le PQ fut donc, d&#232;s son origine, contr&#244;l&#233; par un personnel politique provenant de la petite bourgeoisie et de secteurs bourgeois li&#233;s &#224; l'appareil d'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois, souvent issus du Parti Lib&#233;ral et de l'Union Nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 Particuli&#232;rement contre la guerre en Afghanistan, puis contre l'occupation de la Palestine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 Une autre rencontre importante sera le colloque mouvement sociaux et groupes politiques qui se d&#233;roulera les 20 et 21 septembre 2002 &#224; la salle Marie-G&#233;rin-Lajoie de l'UQ&#192;M&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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