<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.lagauche.ca/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>La Gauche</title>
	<link>https://www.lagauche.ca/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.lagauche.ca/spip.php?id_rubrique=99&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>La Gauche</title>
		<url>https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L144xH75/siteon0-d17a8.jpg?1629928024</url>
		<link>https://www.lagauche.ca/</link>
		<height>75</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Rapport sur la situation internationale</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Rapport-sur-la-situation-internationale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Rapport-sur-la-situation-internationale</guid>
		<dc:date>2008-05-26T04:13:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Sabado</dc:creator>


		<dc:subject>International</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comit&#233; International de la IVe Internationale de mars 2008 de la IV Rapport sur la situation internationale Par Fran&#231;ois Sabado* &lt;br class='autobr' /&gt; Comit&#233; International de la IVe Internationale Rapport sur la situation internationale Par Fran&#231;ois Sabado* &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce rapport pr&#233;sente ce qui &#224; nos yeux constitue certains traits les plus importants de la situation internationale. Il ne reprend pas toutes les questions. Il peut &#234;tre marqu&#233; par un certain europ&#233;ocentrisme, d'o&#249; une approche partielle de certaines (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-comite-international-fevrier-2008-" rel="directory"&gt;comit&#233; international f&#233;vrier 2008&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-International-216-+" rel="tag"&gt;International&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L106xH150/arton1751-57afc.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comit&#233; International de la IVe Internationale de mars 2008 de la IV&lt;br class='autobr' /&gt;
Rapport sur la situation internationale&lt;br class='autobr' /&gt;
Par Fran&#231;ois Sabado*&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comit&#233; International de la IVe Internationale&lt;br class='autobr' /&gt;
Rapport sur la situation internationale&lt;br class='autobr' /&gt;
Par Fran&#231;ois Sabado*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce rapport pr&#233;sente ce qui &#224; nos yeux constitue certains traits les plus importants de la situation internationale. Il ne reprend pas toutes les questions. Il peut &#234;tre marqu&#233; par un certain europ&#233;ocentrisme, d'o&#249; une approche partielle de certaines questions. Il sera par ailleurs suivi d'un rapport sur les probl&#232;mes de construction de l'Internationale et les enjeux du prochain congr&#232;s mondial.&lt;br class='autobr' /&gt;
La situation internationale est marqu&#233;e par la crise financi&#232;re et &#233;conomique qui frappe l'&#233;conomie mondiale depuis la fin de l'&#233;t&#233; 2007. L'&#233;clatement de cette crise constitue un tournant dans son cours. C'est un tournant important car il constitue un moment qui recoupe plusieurs processus et qui s'inscrit dans un changement de p&#233;riode historique ouvert &#224; la fin du XXe et au d&#233;but du XXIe si&#232;cle, marqu&#233; par la globalisation capitaliste et ses contradictions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la crise, nous avons travaill&#233; sur des analyses de F. Chesnais, de E. Toussaint et du GTE de la LCR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. C'est un tournant dans le sens de la fin d'un cycle de l'&#233;conomie am&#233;ricaine qui a suivi la reprise de 2003, marqu&#233; par une explosion de la consommation int&#233;rieure, un endettement massif, sur la base de taux tr&#232;s bas et d'abaissement des frais financiers, m&#233;canismes qui ont d&#233;bouch&#233; sur cette &#171; bulle immobili&#232;re &#187;. C'est ainsi qu'est mis au point le syst&#232;me des &#171; subprime &#187;, des pr&#234;ts &#224; risques &#224; taux variables consentis aux m&#233;nages les plus fragiles. C'est, avec le financement de ses d&#233;ficits par les capitaux &#233;trangers et la baisse du dollar, un des principaux m&#233;canismes du mod&#232;le de croissance am&#233;ricain de 2003 &#224; 2008&#8230; Mais quand en 2005 la R&#233;serve F&#233;d&#233;rale (FED, Banque centrale des &#201;tats-Unis) augmente les taux directeurs de l'argent, elle d&#233;traque la machine, provoque l'insolvabilit&#233; et l'effondrement de millions de m&#233;nages endett&#233;s, qui entra&#238;ne la faillite d'importants &#233;tablissements de cr&#233;dit et fait vaciller le syst&#232;me bancaire. Car le cr&#233;dit est la pi&#232;ce ma&#238;tresse de cette croissance am&#233;ricaine. En effet, pour maintenir un profit haut et r&#233;gulier, il faut une demande dynamique. Cela ne peut venir des salaires comprim&#233;s par les attaques patronales, ni des march&#233;s internes des pays &#233;mergents suffisamment d&#233;velopp&#233;s, ni des revenus distribu&#233;s aux actionnaires dont la masse est insuffisante pour soutenir la demande. Le capitalisme contemporain trouve donc cette demande dans le cr&#233;dit aux m&#233;nages. Ce processus atteint son paroxysme aux USA&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Nous sommes confront&#233;s non seulement &#224; une crise financi&#232;re et bancaire mais aussi &#224; une crise de l'&#233;conomie r&#233;elle. La crise des &#171; subprimes &#187; s'est propag&#233;e par les m&#233;canismes propres au syst&#232;me financier globalis&#233; &#224; l'&#233;chelle mondiale. Elle a provoqu&#233; une crise de solvabilit&#233; et de liquidit&#233; qui frappe tout le syst&#232;me mon&#233;taire international. D'o&#249; les injections massives de capitaux dans l'&#233;conomie &#233;tats-unienne &#8212; plus de 168 milliards de dollars du plan de relance de l'&#233;conomie adopt&#233; par le congr&#232;s &#8212; la baisse des taux d'int&#233;r&#234;ts ou au contraire de nouvelles tensions avec le refus de la BCE de baisser ses taux. Mais cette politique n'est pas suffisante pour relancer la machine...&lt;br class='autobr' /&gt;
Car les pr&#233;visions de r&#233;cession de l'&#233;conomie am&#233;ricaine se confirment peu &#224; peu. Le secteur de l'immobilier s'est effondr&#233; aux USA. D'autres pays comme l'Espagne, l'Irlande ou l'Australie ayant utilis&#233; les m&#234;mes m&#233;canismes de pr&#234;ts immobiliers que les USA sont aussi frapp&#233;s par la crise.&lt;br class='autobr' /&gt;
* Aux &#201;tats-Unis, l'activit&#233; diminue.&lt;br class='autobr' /&gt;
* Les pr&#233;visions de croissance sont autour de 1,5 &#224; 2 % aux &#201;tats-Unis et en Europe.&lt;br class='autobr' /&gt;
* En janvier 2007, le solde de cr&#233;ation d'emplois de l'&#233;conomie am&#233;ricaine a &#233;t&#233; n&#233;gatif. En janvier 2007, l'&#233;conomie am&#233;ricaine a perdu 17 000 emplois. &lt;br class='autobr' /&gt;
* Dans l'immobilier et l'industrie il y a eu 27 000 et 28 000 postes d&#233;truits. Les march&#233;s tablaient sur la cr&#233;ation de 70 000 emplois. En France, il y a eu 300 000 emplois de cr&#233;&#233;s en 2007 mais plus de 50 000 d&#233;truits dans l'Industrie.&lt;br class='autobr' /&gt;
* C'est la mise &#224; la rue de plus de 3 millions de m&#233;nages. &lt;br class='autobr' /&gt;
* C'est l'annonce de restructurations qui provoqueront des dizaines de milliers de licenciements. Le BIT pr&#233;voit plus de 5 millions de nouveaux ch&#244;meurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le co&#251;t de cette crise financi&#232;re c'est, &#224; ce stade, la perte de dizaines de milliards de dollars. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette crise du syst&#232;me financier international provoque une contraction du cr&#233;dit et donc un ralentissement de l'activit&#233;. La purge exig&#233;e des grandes banques &#8212; pour faire le tri entre les &#171; titres pourris &#187; et les &#171; bons placements &#187; &#8212; contribue &#224; ralentir l'activit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'administration et la Banque f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine sont plac&#233;es devant un dilemme redoutable : soit on relance l'&#233;conomie, en baissant les taux d'int&#233;r&#234;ts, en injectant des liquidit&#233;s, en aggravant les d&#233;ficits et l'endettement, en amplifiant les pressions inflationnistes et &#224; la cl&#233; on risque d'aggraver la d&#233;pr&#233;ciation, voire une chute brutale du dollar &#8212; et c'est un risque r&#233;el : en 5 ans il a perdu 25 % de sa valeur et sa d&#233;pr&#233;ciation augmente les risques de crise &#8212; soit on tente de r&#233;duire les d&#233;s&#233;quilibres, mais on rench&#233;rit les taux d'int&#233;r&#234;t, soit on r&#233;duit l'endettement et cela diminue fortement l'activit&#233;, et on s'enfonce dans la r&#233;cession&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. A l'origine de cette crise, il y a, ce que Chesnais appelle une &#171; tr&#232;s longue phase d'accumulation sans rupture &#187;, c'est-&#224;-dire une accumulation de capitaux ininterrompue &#8212; sans guerre ni r&#233;volution &#8212; depuis 1950. C'est la plus longue phase de ce type de l'histoire du capitalisme. L'origine de cette financiarisation est consubstantielle au capitalisme, c'est-&#224;-dire &#224; l'accumulation de profits qui ne sont pas r&#233;investis dans la production directe de valeur et de plus-value. Des profits qui se valorisent en ext&#233;riorit&#233; aux processus de production et au travers des seules transactions sur les march&#233;s financiers. Il y a aussi deux autres secteurs en rapport avec les transactions financi&#232;res qui connaissent un m&#234;me type de valorisation : les fonds de pension priv&#233;s et les flux li&#233;s &#224; la rente p&#233;troli&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Car la production de marchandises en r&#233;gime capitaliste, est sans cesse limit&#233;e par la capacit&#233; d'absorption des march&#233;s. La production de biens et de services n'est pas assez rentable alors on investit ailleurs : Pour un dollar ou un euro investi dans la production de marchandises combien cherchent &#224; se mettre en valeur sur les places boursi&#232;res, les fonds sp&#233;culatifs, les sp&#233;culations immobili&#232;res, l'or, les transactions financi&#232;res et mon&#233;taires&#8230; C'est la logique de l'accumulation du profit capitaliste et de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e du capital et des moyens de production.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a aussi le tournant de la fin des ann&#233;es 70 avec la contre-r&#233;forme lib&#233;rale ou le consensus de Washington qui a d&#233;bouch&#233; sur ce que l'on appelle &#171; la mondialisation capitaliste &#187;, c'est-&#224;-dire une soci&#233;t&#233; marqu&#233;e par &#171; la domination du capital bien au- del&#224; de la seule sph&#232;re &#233;conomique &#187;, une soci&#233;t&#233; de march&#233; par une explosion de la &#171; marchandisation &#187; et de la &#171; financiarisation &#187; de l'&#233;conomie. Cette mondialisation n'a pu prendre sa dimension que par la r&#233;int&#233;gration dans le march&#233; capitaliste mondial, par un processus de restauration du capitalisme, des g&#233;ants comme la Russie, les anciens pays de l'Est et la Chine. Cela a profond&#233;ment stimul&#233; la croissance du capitalisme mondial mais d'un capitalisme travaill&#233; par les contradictions li&#233;es &#224; cette explosion du capital financier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais cette derni&#232;re r&#233;sulte aussi d'un certain type d'accumulation depuis une trentaine d'ann&#233;es, notamment par la baisse depuis plus de 20 ans de la part salariale, de la part de la production de richesses qui revient aux travailleurs. Du coup cette plus-value qui augmente plus vite que le revenu national est accapar&#233;e par une mince couche de poss&#233;dants qui est &#224; la recherche effr&#233;n&#233;e de placements de plus en plus rentables. D'o&#249; une &#233;norme surabondance de liquidit&#233;s et de capitaux financiers qui d&#233;colle de l'&#233;conomie r&#233;elle et qui ont leur logique propre&#8230; Cela fonctionne jusqu'&#224; ce que le d&#233;calage soit trop grand et l&#224; il y a la crise : c'est ce qui se passe aux &#201;tats-Unis o&#249; il y a depuis les ann&#233;es 2000 une contradiction entre la croissance la plus lente de l'&#233;conomie r&#233;elle depuis la deuxi&#232;me guerre mondiale (m&#234;me s'il y a eu croissance) et l'expansion la plus forte de l'&#233;conomie financi&#232;re. C'est la limite au mod&#232;le de croissance am&#233;ricain qui aujourd'hui s'essouffle voire s'&#233;puise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Mais c'est aussi un tournant dans le sens o&#249; cela fait appara&#238;tre de nouveaux rapports de forces mondiaux, de nouveaux rapports entre les &#201;tats-Unis, l'Europe et les nouveaux pays comme la Chine, l'Inde, le Br&#233;sil, la Russie, l'Indon&#233;sie, l'Afrique du Sud, la Malaisie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les crises des ann&#233;es 1990 ont touch&#233; presque uniquement les dits pays en voie de d&#233;veloppement (PED) : crise mexicaine de 1994-95, crise asiatique de 1997-1998, crise russe de 1998, crise br&#233;silienne de 1999, crise argentine de 2001-2002&#8230; Cette fois-ci la crise explose non &#224; la p&#233;riph&#233;rie mais au centre. &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise est telle dans le syst&#232;me financier du Nord qu'on assiste &#224; une fuite des capitaux vers des Bourses de valeur de pays comme l'Inde, la Chine, le Br&#233;sil. Les pays du Nord sont contraints &#224; accepter le sauvetage de leurs institutions financi&#232;res par les &#171; fonds de richesses souverains &#187; (Sovereign Wealth Funds) du Sud.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces mouvements de capitaux traduisent aussi sous une forme financi&#232;re des changements dans l'&#233;conomie r&#233;elle :&lt;br class='autobr' /&gt;
* Des changements dans la r&#233;partition du PIB mondial, au cours des dix ann&#233;es qui viennent de s'&#233;couler, selon toutes les pr&#233;visions, la part du PIB chinois dans le PIB mondial aura doubl&#233;, passant de 6 % &#224; 12 %. Certes, les statistiques sur la Chine ne sont pas fiables : en d&#233;cembre 2007, la Banque Mondiale a reconnu que le PIB de la Chine en parit&#233; de pouvoir d'achat (pour rendre &#233;quivalent ce qu'on peut acheter avec une m&#234;me somme donn&#233;e) &#233;tait sur&#233;valu&#233;. En 2005 le PIB n'aurait pas &#233;t&#233; de 8 819 milliards de dollars mais de 5 333. Cela a une cons&#233;quence majeure sur le nombre de pauvres de plusieurs dizaines de millions mais ces &#233;carts entre tel ou tel chiffre ne remettent pas en cause la tendance g&#233;n&#233;rale du d&#233;veloppement de l'&#233;conomie chinoise, tendance qui change les &#233;quilibres et les rapports de forces de l'&#233;conomie mondiale.&lt;br class='autobr' /&gt;
* La hausse des taux de croissance, l'augmentation de la production de biens et de services, les changements dans la division mondiale du travail, eux sont manifestes. La Chine, &#171; atelier ou usine &#187; du monde a profit&#233; de tout un mouvement de d&#233;localisation et relocalisation d'une partie de l'appareil productif mondial, en particulier am&#233;ricain et d'une sous-traitance massive. Cette r&#233;organisation a produit, en m&#234;me temps, un renforcement propre du capitalisme chinois. C'est la 3e ou 4e puissance mondiale. C'est d&#233;j&#224; la troisi&#232;me puissance exportatrice mondiale, apr&#232;s l'Allemagne et les &#201;tats-Unis. C'est la deuxi&#232;me puissance en production des technologies de l'information. Si la part de la consommation reste faible, il y a une augmentation impressionnante des investissements productifs en capital fixe notamment dans les infrastructures et secteurs-cl&#233; de l'&#233;conomie, avec des risques de &#171; surchauffe &#187; m&#234;me, plus de 25 % d'augmentation.&lt;br class='autobr' /&gt;
* C'est le premier pays receveur des investissements directs de capital &#233;tranger (IDE). Et il y a une question &#224; &#233;tudier et &#224; clarifier : quelle est la part dans les investissements &#233;trangers en Chine, du capital de la diaspora chinoise de Hong Kong, de Ta&#239;wan, du capital sino-am&#233;ricain&#8230;, qui en fusionnant avec le capital autochtone peuvent donner une force consid&#233;rable au capital chinois tout entier. Les taux de croissance de la Chine et de l'Inde tournent autour de 8 % &#224; 9 %, alors qu'aux &#201;tats-Unis et en Europe ils tournent autour de 1,5 % &#224; 2 %. La Chine exportatrice de produits manufactur&#233;s a accumul&#233; des r&#233;serves de change en quantit&#233; impressionnante : son stock s'&#233;levait en d&#233;cembre 2007 &#224; plus de 1 400 milliards de dollars. Elle a un march&#233; de 250 &#224; 300 millions d'habitants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le poids &#233;conomique en PIB du groupe Chine, Inde, Russie et Br&#233;sil est potentiellement &#233;quivalent &#224; celui des &#201;tats-Unis &#8212; je dis potentiellement car c'est le poids de &#171; quatre &#233;conomies nationales &#187; et pas d'une seule &#233;conomie avec un seul &#201;tat. Les r&#233;serves accumul&#233;es par les pays asiatiques et les pays p&#233;troliers sont consid&#233;rables. Fin 2007, les PED d&#233;tiennent ensemble plus de 4 600 milliards de dollars comme r&#233;serve de change tandis que les pays industrialis&#233;s d&#233;tiennent moins du tiers. Les exc&#233;dents commerciaux et ces r&#233;serves de devises des pays asiatiques ont &#233;t&#233; plac&#233;s en bons du tr&#233;sor, en actions, en obligations priv&#233;es aux &#201;tats-Unis. Ce sont eux qui financent en fait les d&#233;ficits nord-am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Alors, bien entendu, il ne faut pas sous-estimer la d&#233;pendance de ces nouveaux g&#233;ants de l'&#233;conomie mondiale de l'&#233;conomie am&#233;ricaine. Celle-ci continue &#224; jouer le r&#244;le de locomotive de l'&#233;conomie mondiale. Plus de 25 % de PIB mondial, sans oublier l'Europe, qui avec ses 27 pays, tourne autour de 25 % &#224; 30 %. Le march&#233; am&#233;ricain reste un des principaux march&#233;s de la production chinoise. Plus de 35 % du PIB chinois d&#233;pend de ses exportations, m&#234;me si certains experts expliquent que la sensibilit&#233; de l'&#233;conomie chinoise aux exportations diminue. Le march&#233; interne chinois n'a pas de capacit&#233;s suffisantes pour absorber la production chinoise. Une r&#233;cession d'ampleur outre-Atlantique aurait in&#233;vitablement des cons&#233;quences sur l'activit&#233; mondiale et sur la Chine, m&#234;me si c'est limit&#233;. Mais ce qui p&#232;se le plus sur la Chine, ce sont d'&#233;normes in&#233;galit&#233;s, des tensions brutales entre la campagne et les villes, une pauvret&#233; qui certes se r&#233;duit mais qui est toujours tr&#232;s importante, de plusieurs centaines de millions d'habitants. Les statistiques de la pauvret&#233; ont tendance &#224; la sous-estimer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il y a une nouvelle donne de l'&#233;conomie mondiale qui conduit &#224; poser les probl&#232;mes d'analyse de la crise &#233;conomique mondiale en int&#233;grant les puissances &#233;mergentes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toute une part des r&#233;ponses sur l'issue de la crise actuelle r&#233;side dans les rapports Asie-&#201;tats-Unis-Europe&#8230; . &lt;br class='autobr' /&gt;
* Soit la crise financi&#232;re actuelle r&#233;v&#232;le un processus de suraccumulation et de surproduction dans toutes les &#233;conomies asiatiques &#8212; Chine, Japon, Cor&#233;e, Ta&#239;wan, Inde&#8230; qui marque un ralentissement g&#233;n&#233;ral de la demande mondiale et alors cela peut d&#233;boucher sur une crise g&#233;n&#233;rale de type 1929&#8230; Les limites du march&#233; interne chinois, une pouss&#233;e de l'inflation, qui tourne autour de 6 % &#224; 7 %, l'augmentation des in&#233;galit&#233;s, l'explosion de poches de pauvret&#233; notamment &#224; la campagne, les probl&#232;mes de crise alimentaire, la dictature du Parti communiste chinois (PCC) qui emp&#234;chent une certaine flexibilit&#233; des structures p&#232;sent plut&#244;t sur l'explosion de la crise&#8230; mais il y a aussi l'autre hypoth&#232;se&lt;br class='autobr' /&gt;
* Soit la contraction de la demande ext&#233;rieure est compens&#233;e par une augmentation de la demande interne et de nouvelles capacit&#233;s d'absorption de la production chinoise par le march&#233; interne et il y a l&#224; de nouvelles possibilit&#233;s de relance de la machine &#233;conomique. Le seul rem&#232;de &#224; la surproduction chinoise serait une r&#233;orientation de l'activit&#233; &#233;conomique d'une croissance pour les exportations &#224; une croissance plus autocentr&#233;e&#8230; Si c'&#233;tait le cas, la combinaison des m&#233;canismes &#171; anti-crise &#187; aux &#201;tats-Unis et en Europe et des nouvelles capacit&#233;s asiatiques pourrait contenir la crise&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut dans tous les cas, &#233;tudier et encore &#233;tudier ce qui se passe en Chine, surtout que nous manquons de connaissances internes, et que les traditions et l'implantation de notre courant international se concentrent surtout dans une s&#233;rie de pays europ&#233;ens et latino-am&#233;ricains. Le travail sur l'Asie doit devenir une priorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. L'&#233;conomie-monde change d'axe. Mais ces processus &#233;conomiques traduisent des changements de panorama de la politique mondiale des changements de rapports de forces. &lt;br class='autobr' /&gt;
a) Cette nouvelle phase de la globalisation capitaliste s'inscrit dans le temps long dans des rapports de forces qui se sont globalement d&#233;t&#233;rior&#233;s pour le monde du travail. Le rouleau compresseur lib&#233;ral mis en route &#224; la fin des ann&#233;es 1970, combin&#233; &#224; la r&#233;int&#233;gration de la Russie, des pays de l'Est et de la Chine dans le march&#233; mondial, ont donn&#233; de nouvelles capacit&#233;s d'initiative aux classes dominantes. Les contre-r&#233;formes lib&#233;rales, les d&#233;r&#233;glementations des rapports sociaux combin&#233;es &#224; l'introduction des nouvelles technologies vont par la flexibilit&#233; et la pr&#233;carit&#233; transformer les formes de l'exploitation capitaliste. Il y a augmentation consid&#233;rable de la mise en concurrence directe des travailleurs dans le cadre d'un processus de constitution d'un march&#233; mondial de la force de travail.&lt;br class='autobr' /&gt;
b) De plus, avec le changement de l'&#233;conomie mondiale, il y a aussi de nouveaux rapports de forces entre le capital et le travail. Du point de vue des rapports de forces sociaux globaux, cette r&#233;orientation du monde se fait dans des pays o&#249; le mouvement ouvrier ind&#233;pendant sous des formes syndicales ou politiques est structurellement faible. Les USA connaissent l'existence de syndicats mais ils n'ont jamais connu l'existence de partis ouvriers de masses. Les destructions du stalinisme ont broy&#233; ce qui pouvait subsister ou &#233;merger de formes de mouvement ouvrier ind&#233;pendant en Russie et dans les ex-Pays de l'Est. En Chine comme en Inde, il y a int&#233;gration de dizaines de millions d'&#234;tres humains dans le salariat mais &#224; cette &#233;tape sans repr&#233;sentations. La dictature du PCC a emp&#234;ch&#233; jusqu'&#224; ce jour le d&#233;veloppement d'organisations ouvri&#232;res ind&#233;pendantes, m&#234;me si les conflits et explosions sociales se multiplient en Chine indiquant des formes embryonnaires associatives ou syndicales. Pour l'Inde, la situation est plus complexe car il y a dans de nombreux &#201;tats des organisations d'ob&#233;dience ex-communiste prorusse ou prochinoise&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'existence et le d&#233;veloppement d'organisations sociales ind&#233;pendantes en Asie, en Chine et Inde en particulier seront d&#233;cisives pour les rapports de forces socio-politiques mondiaux. Les r&#233;animations politiques partielles dans une s&#233;rie de Pays de l'Est &#8212; dont le renouveau syndical, des gr&#232;ves dures men&#233;es par une nouvelle g&#233;n&#233;ration ouvri&#232;re et la renaissance d'une gauche politique, en particulier en Pologne et en Russie, ainsi que les luttes syndicales en Slov&#233;nie &#8212; doivent &#234;tre suivies attentivement.&lt;br class='autobr' /&gt;
c) Mais malgr&#233; ces reculs et changements, le capitalisme globalis&#233; ne parvient pas &#224; stabiliser la situation mondiale. Il n'y a pas de nouvel ordre mondial :&lt;br class='autobr' /&gt;
* D'abord, pour des raisons li&#233;es aux contradictions internes de la mondialisation capitaliste, notamment les limites du mode d'accumulation capitaliste financier, les risques de guerres&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
* Ensuite par des r&#233;sistances sociales chroniques, depuis des luttes de classes &#233;l&#233;mentaires, des explosions ou &#233;meutes contre la vie ch&#232;re, mouvements pour le contr&#244;le des ressources naturelles, rebellions d&#233;mocratiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
* Enfin des crises politiques. Des crises de directions bourgeoises combin&#233;es &#224; des crises de repr&#233;sentation politique, &#224; droite et &#224; gauche, quand ce ne sont pas des crises institutionnelles qui apparaissent au grand jour. Le rejet de Bush, l'impuissance de la grande coalition en Allemagne, le carnaval italien ou les frasques de Sarkozy t&#233;moignent de ces ph&#233;nom&#232;nes, et ce dans les centres imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Ces nouvelles configurations ont des cons&#233;quences sur le plan de la politique internationale, o&#249; les int&#233;r&#234;ts d'une bourgeoisie nord-am&#233;ricaine affaiblie et ceux de puissances europ&#233;ennes qui veulent tenir leur rang dans cette nouvelle concurrence mondiale, les font converger dans de nouveaux syst&#232;mes d'alliances, notamment face &#224; la Chine et &#224; la Russie. Cela n'&#233;carte pas, loin de l&#224;, la recherche agressive de nouvelles parts de march&#233; pour chaque bourgeoisie, et le d&#233;veloppement de tensions protectionnistes dans l'&#233;conomie mondiale mais les liens politiques entre les &#201;tats-Unis et l'Union Europ&#233;enne tendent &#224; se renforcer. Les nouvelles relations entre la France de Sarkozy et les &#201;tats-Unis de Bush sont un bon exemple de cette inflexion ou changement. Chirac &#233;tait contre la guerre en Irak. Sarkozy est pour. Il est m&#234;me en premi&#232;re ligne dans la confrontation avec l'Iran. Mais plus g&#233;n&#233;ralement le retour pr&#233;vu de la France dans l'OTAN et l'int&#233;gration de la force militaire europ&#233;enne au sein du m&#234;me organisme indique bien le type de r&#233;organisation en cours.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#201;tats-Unis sont &#224; la veille de nouvelles &#233;lections (fin 2008), qui peuvent d&#233;boucher sur des inflexions ou des modifications de la politique nord-am&#233;ricaine. La grande question de politique am&#233;ricaine et internationale sera de savoir s'il y a ou pas retrait des troupes am&#233;ricaines en Irak ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le plus probable, c'est la continuation de l'occupation, et ce pour des raisons de fond. Sur la derni&#232;re longue p&#233;riode, l'imp&#233;rialisme &#233;tats-unien a confirm&#233; sa politique de red&#233;ploiement strat&#233;gique politico-militaire. Comme E. Mandel l'indiquait d&#233;j&#224; il y a plus d'une vingtaine d'ann&#233;es, il est confront&#233; &#224; une contradiction, &#224; l'asym&#233;trie entre la tendance d&#233;clinante de l'&#233;conomie et de la monnaie am&#233;ricaines et l'h&#233;g&#233;monie de son appareil politico-militaire, appuy&#233; sur une place centrale de l'armement dans son &#233;conomie. Ces tendances lourdes relativisent les nuances ou diff&#233;rences entre Clinton, Obama, et m&#234;me Mac Cain, m&#234;me si le tour que prend la campagne &#233;lectorale am&#233;ricaine exprime d'une certaine mani&#232;re l'usure du syst&#232;me politique am&#233;ricain. Mais sur le fond des int&#233;r&#234;ts et de la politique des classes dominantes aux &#201;tats-Unis, il s'agit de compenser un certain affaiblissement &#233;conomique par une politique militaire agressive, d'occupation en Irak et en Afghanistan, de confrontation face &#224; l'Iran, et &#224; des degr&#233;s moindres face &#224; la Russie et la Chine. Cette politique comporte aussi une politique de &#171; recolonisation &#187; de certains pays visant &#224; maintenir voire &#233;tendre le contr&#244;le des ressources naturelles ou de mati&#232;res premi&#232;res strat&#233;giques comme le p&#233;trole. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la sup&#233;riorit&#233; militaire ne signifie pas automatiquement victoire militaire. Les termes d'un &#171; Nouveau Vi&#234;t Nam &#187; sont habituellement repris par les m&#233;dias am&#233;ricains pour parler de la situation de l'arm&#233;e nord-am&#233;ricaine dans la r&#233;gion. C'est un v&#233;ritable enlisement politique et militaire que conna&#238;t l'administration Bush. Les &#201;tats-Unis ne gagnent pas la guerre, ni en Irak, ni en Afghanistan. Isra&#235;l n'a pas gagn&#233; la guerre contre les Libanais et le Hezbollah. Ils ne peuvent r&#233;p&#233;ter un &#171; sc&#233;nario irakien &#187; en Iran. Les tensions entre la Russie qui se r&#233;arme et les &#201;tats-Unis p&#232;sent aussi sur les rapports mondiaux. Enfin apparaissent des zones enti&#232;res de conflits comme au Pakistan, en Afghanistan ou dans certaines r&#233;gions d'Afrique, zones qui sont &#171; sans contr&#244;le &#187;.Cela cr&#233;e des facteurs d'incertitudes et d'inconnues de situation internationale, avec des risques de guerre sans pr&#233;c&#233;dents. Du point de vue militaire, m&#234;me si les USA restent &#171; le num&#233;ro un &#187;, apr&#232;s un ordre mondial unipolaire, &#233;mergent des &#233;l&#233;ments d'un rapport de forces multipolaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. C'est aussi dans ce cadre, qu'il faut prendre en compte des nouveaux ph&#233;nom&#232;nes sociaux et politiques qui ne prennent pas la forme de contradictions ou de polarisations de classes et qui marquent ou qui vont marquer l'&#233;volution de la situation mondiale que je ne d&#233;velopperai pas mais qui ont des cons&#233;quences majeures : &lt;br class='autobr' /&gt;
a) La crise &#233;cologique et les cons&#233;quences du r&#233;chauffement climatique de la plan&#232;te commencent et risquent de provoquer, &#224; terme, de nouvelles catastrophes &#8212; &#233;cologiques, sociales, humaines. Nous venons de tenir dans ces murs un s&#233;minaire d'&#233;laboration sur la question climatique&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
b) L'existence d'organisations, courants, clans ou groupes religieux, qu'il faut, bien s&#251;r, analyser dans leurs sp&#233;cificit&#233;s mais il y a l&#224; une tendance g&#233;n&#233;rale. Il peut y avoir des courants religieux progressistes mais la majorit&#233; de ces courants est globalement r&#233;actionnaire. C'est ce qui se noue autour des situations au Pakistan et en Afghanistan. A noter que la remont&#233;e des ph&#233;nom&#232;nes religieux frappe aussi les pays du centre : remise en cause de la la&#239;cit&#233; par Sarkozy, mont&#233;e des &#233;vang&#233;listes aux &#201;tats-Unis&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
c) Il faut aussi tenir compte des tendances &#224; l'&#233;clatement d'une s&#233;rie d'&#201;tats en Afrique mais aussi du rebondissements d'autres crise comme celle des Balkans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. L'enlisement &#233;tats-unien a des cons&#233;quences internationales, et en particulier en Am&#233;rique latine. Il ne s'agit pas de sous-estimer la pression qu'exerce toujours &#171; l'empire &#187; sur un continent qu'il continue &#224; consid&#233;rer comme son arri&#232;re-cour, ce que rappelle encore l'agression de la Colombie contre le Venezuela et l'&#201;quateur. De m&#234;me il faut int&#233;grer les cons&#233;quences possibles d'une crise &#233;conomique internationale sur le continent latino-am&#233;ricain avec une d&#233;t&#233;rioration des positions latino-am&#233;ricaines notamment dans l'agroexportation et certaines mati&#232;res premi&#232;res. Positions d&#233;t&#233;rior&#233;es qui renforceraient la pression du Nord. Il faut m&#234;me indiquer, dans la conjoncture actuelle, la capacit&#233; d'initiative de la droite proam&#233;ricaine sur le continent en particulier avec son avant-garde : le r&#233;gime colombien d'Urribe. Le &#171; plan Colombie &#187; est l&#224;, d'autant que la d&#233;faite de Chavez au r&#233;f&#233;rendum du 2 d&#233;cembre redonne certaines capacit&#233;s d'initiative &#224; l'imp&#233;rialisme US, comme l'indique la tentative de cong&#233;lation des avoirs de PVDSA, mais aussi les bases militaires au Paraguay. L'aide &#224; la droite &#171; golpiste &#187; (putschiste) en Bolivie ou &#171; lib&#233;rale-autoritaire &#187; au P&#233;rou ou au Mexique est toujours pr&#233;sente. La Zone de libre &#233;change des Am&#233;riques (ZL&#201;A ; ALCA en espagnol) est un &#233;chec mais les trait&#233;s bilat&#233;raux entre les &#201;tats-Unis et une s&#233;rie de pays d'Am&#233;rique du sud ont &#233;t&#233; conclus. Mais, malgr&#233; ces man&#339;uvres et les inflexions de ces derni&#232;res semaines dans la conjoncture latino-am&#233;ricaine au compte des USA, de la Colombie, et des forces de la droite la plus r&#233;actionnaire, il faut souligner l'affaiblissement des capacit&#233;s d'intervention de l'imp&#233;rialisme nord-am&#233;ricain sur le continent. Sur le plan militaire, il lui est difficile d'intervenir en Irak, en Afghanistan et de pr&#233;parer des interventions en Am&#233;rique latine, et si les &#201;tats-Unis maintiennent la pression sur l'Am&#233;rique du Sud, il est incontestable qu'il y a un nouveau rapport de forces entre l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et une s&#233;rie de pays du continent latino-am&#233;ricain et non des moindres, en particulier en faveur de deux groupes de pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier groupe, est constitu&#233; par le Br&#233;sil, l'Argentine, l'Uruguay, le Paraguay. Profitant d'une phase de d&#233;veloppement &#233;conomique et d'une capacit&#233; des gouvernements au pouvoir &#8212; Lula au Br&#233;sil, Kirchner en Argentine, Tabar&#233; V&#225;zquez en Uruguay &#8212; &#224; canaliser, ma&#238;triser, int&#233;grer leurs mouvements de masses ou, plus exactement, des pans entiers de leurs directions, en particulier celles du Parti des travailleurs (PT) et de la Centrale unique des travailleurs (CUT) br&#233;silienne ainsi que du p&#233;ronisme politique et syndical en Argentine (m&#234;me si Lula peut se situer plus &#224; droite que Kirchner), les classes dominantes de ces pays ont conquis de nouvelles marges de man&#339;uvre pour n&#233;gocier et imposer une s&#233;rie d'objectifs &#233;conomiques &#224; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. Elles poursuivent, &#224; leur propre compte et &#224; leur mani&#232;re, les politiques n&#233;olib&#233;rales, en les accompagnant d'un volet &#171; d'assistanat social &#187;. Elles ont renforc&#233; une certaine insertion dans le march&#233; mondial, notamment par leurs politiques d'agroexportation et par leurs relations sp&#233;cifiques au syst&#232;me financier international. Ce groupe de pays avec le Br&#233;sil et l'Argentine ont, aujourd'hui, une place centrale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le deuxi&#232;me groupe, qui aujourd'hui impose une nouvelle exp&#233;rience de rupture partielle avec l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, est emmen&#233; par le Venezuela, suivi de la Bolivie et de l'&#201;quateur, le tout appuy&#233; par Cuba. Ces pays, chacun avec leur sp&#233;cificit&#233;, tentent aujourd'hui de desserrer l'&#233;tau de la dette, de reprendre la ma&#238;trise et le contr&#244;le de leurs ressources naturelles, d'assurer des programmes sociaux d'alimentation, de sant&#233; et d'&#233;ducation, de restaurer leur souverainet&#233; nationale contre les pressions nord-am&#233;ricaine et europ&#233;enne (tout particuli&#232;rement espagnole). Sous ces changements politiques et institutionnels, il y a une dynamique des mouvements sociaux et des mouvements de masse qui continuent &#224; travailler le continent. Bien entendu avec des in&#233;galit&#233;s, la situation au Br&#233;sil traduit un recul du niveau de mobilisation sociale. L'Argentine reste avec un fort niveau de luttes, d'organisations syndicales et associatives mais avec une faiblesse extr&#234;me de la traduction politique. Les r&#233;sultats &#233;lectoraux des trois blocs &#233;lectoraux d'extr&#234;me gauche trotskyste n'ont pas d&#233;pass&#233; les 2 %. C'est dans les processus de mobilisation bolivarien, &#233;quatorien et bolivien que les mouvements sociaux gardent un certain degr&#233; d'autoactivit&#233;. Ces mouvements sont dans nombre de pays li&#233;s &#224; la pouss&#233;e de courants nationalistes radicaux ou r&#233;volutionnaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
De ce point de vue, beaucoup de choses se jouent au Venezuela. Le processus r&#233;volutionnaire reste ouvert mais Chavez est &#224; la crois&#233;e des chemins : ou il avance, renoue avec les secteurs les plus combatifs, satisfait les revendications populaires fondamentales et le processus r&#233;volutionnaire bolivarien repartira et s'approfondira ; ou il c&#232;de aux pressions de tout un secteur de la bureaucratie d'&#201;tat et du patronat, y compris au sein du processus bolivarien, pour canaliser, mod&#233;rer et bloquer ce m&#234;me processus&#8230; et il perdra l'appui de secteurs importants de sa base sociale et politique. Les interventions de certains dirigeants syndicaux de l'UNT ou de Marea Socialista nous alertent sur le cours actuel du gouvernement. Mais l&#224; aussi , tout est en mouvement&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
La crise s'acc&#233;l&#232;re en Bolivie, o&#249; le vote de la nouvelle constitution d&#233;fendue par Evo Morales et la grande majorit&#233; de la population, ouvri&#232;re, paysanne, indienne, n'est pas reconnu par la droite et les &#171; classes riches blanches &#187; concentr&#233;es &#224; Santa Cruz et dans les provinces de l'Ouest, dont quatre r&#233;gions viennent de proclamer leur autonomie. Les r&#233;volutionnaires sont aux c&#244;t&#233;s du MAS d'Evo Morales pour l'application de cette constitution et la satisfaction des besoins vitaux des populations les plus pauvres de Bolivie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le pays cl&#233;, c'est le Venezuela. S'il y avait une d&#233;faite du processus bolivarien, cela aura des r&#233;percussions imm&#233;diates en Bolivie et en &#201;quateur, sans compter Cuba. Le retrait de Fidel Castro ouvre une nouvelle situation politique. Il y a toujours le risque d'intervention directe ou indirecte qui nous conduit &#224; rappeler plus que jamais notre solidarit&#233; avec Cuba contre l'imp&#233;rialisme. Mais, comme l'a dit Fidel, le risque c'est que la r&#233;volution soit mang&#233;e de l'int&#233;rieur, et l&#224; il y a un d&#233;bat qui s'ouvre : quels rapports avec le march&#233;, suivre ou pas la voie chinoise, quels espaces d&#233;mocratiques r&#233;volutionnaires&#8230; bref, toute une s&#233;rie de questions que nous devons suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. L'Europe, malgr&#233; une place plus r&#233;duite dans le monde, un affaiblissement dans la comp&#233;tition &#233;conomique, et une paralysie politique, reste un des terrains majeurs de l'affrontement central pour la d&#233;fense des droits et des acquis sociaux. Ces politiques ont, en particulier, une s&#233;rie de cons&#233;quences dans l'Europe capitaliste, o&#249; les principales bourgeoisies europ&#233;ennes, pour assurer leur place dans la concurrence mondiale, attaquent frontalement le &#171; mod&#232;le social europ&#233;en &#187;, en fait, les syst&#232;mes de s&#233;curit&#233; sociale, les droits sociaux des salari&#233;s, les services publics. Cette politique est concentr&#233;e dans le nouveau &#171; trait&#233; europ&#233;en &#187; qui reprend les grandes lignes du projet de Constitution europ&#233;enne rejet&#233; en 2005 par les peuples de France et des Pays-Bas. Elle s'en trouve renforc&#233;e par l'int&#233;gration europ&#233;enne des pays de l'Est de l'Europe. Int&#233;gration qui conduit au d&#233;mant&#232;lement d'une s&#233;rie d'acquis sociaux et qui par l&#224; m&#234;me, tire vers le bas l'ensemble des conditions de travail et de vie des classes populaires de ces pays En France les id&#233;ologues du gouvernement Sarkozy l'ont ouvertement d&#233;clar&#233; : il faut d&#233;truire le programme du Conseil National de la R&#233;sistance (CNR) de 1945 et toutes les conqu&#234;tes sociales qui ont &#233;t&#233; obtenues depuis. Sarkozy d&#233;clare &#171; vouloir r&#233;former plus que Margaret Thatcher &#187;&#8230; mais il n'a ni les rapports de forces, ni les instruments politiques pour appliquer son programme. La crise de direction bourgeoise et de repr&#233;sentation politique p&#232;se sur la vie politique de nombre de pays. Les classes dominantes continuent &#224; marquer une s&#233;rie de points, notamment en appliquant sa contre-r&#233;forme des pensions et des retraites des r&#233;gimes sp&#233;ciaux, &#224; comprimer les salaires, &#224; remettre en cause les droits sociaux, mais elles n'ont pas encore battu le mouvement ouvrier. Il y a dans des pays comme la France, l'Italie ou l'Allemagne des r&#233;sistances sociales. Il n'y a pas eu de d&#233;faite majeure du mouvement ouvrier en Europe du type &#171; mineurs anglais &#187; des ann&#233;es 1980, des luttes importantes et des confrontations majeures sont encore devant nous... &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il faut faire 3 remarques :&lt;br class='autobr' /&gt;
* Les luttes sont d&#233;fensives. Elles n'arrivent pas &#224; bloquer et encore moins &#224; inverser le cours des contre-r&#233;formes. Elles se pr&#233;sentent sous la forme d'explosions ou de luttes partielles. Elles peuvent d&#233;stabiliser les r&#233;gimes en place&#8230; mais cela n'arr&#234;te pas le processus de contre-r&#233;forme.&lt;br class='autobr' /&gt;
* Ces luttes sont in&#233;gales en Europe, selon les pays. Le niveau de luttes de classes reste assez haut en France &#8212; on parle &#171; d'exception fran&#231;aise &#187; en Europe &#8212; et aussi en Italie, o&#249; &#224; la fin des ann&#233;es 1990 et au d&#233;but ann&#233;es 2000, il y a eu une combinaison de journ&#233;es de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du mouvement syndical et un fort mouvement altermondialisation et antiguerre. R&#233;cemment, il y a eu une gr&#232;ve importante des cheminots en Allemagne, m&#234;me si c'est une gr&#232;ve qui n'a pas re&#231;u de solidarit&#233; des autres syndicats et d'une partie importante de la gauche syndicale. En Espagne ou au Portugal le niveau des luttes sociales reste tr&#232;s bas. Dans les pays du Nord de l'Europe, malgr&#233; des attaques assez fortes, la situation est sous contr&#244;le des gouvernements et des directions du mouvement syndical ; le niveau des luttes est assez bas.&lt;br class='autobr' /&gt;
* Dans les pays, o&#249; il y a un certain niveau de luttes, il faut souligner une situation contradictoire : il y a un r&#233;el d&#233;calage entre le niveau de lutte et le niveau de conscience. Il peut y avoir des luttes ou explosions partielles mais il n'y a pas de croissance organique d'une vague de luttes de classes &#8212; niveau global de luttes, augmentation des effectifs syndicaux, des partis ouvriers, ou de courants politiques luttes de classes ou r&#233;volutionnaires &#8212; comme &#224; la fin des ann&#233;es 1960 ou 1970 en Europe, particuli&#232;rement en Europe du Sud. Du coup, les luttes ont des difficult&#233;s &#224; trouver une traduction politique en termes de luttes de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Dans la conjoncture internationale actuelle, la gauche, le mouvement ouvrier, les mouvements sociaux sont confront&#233;s &#224; deux grandes orientations face &#224; la globalisation capitaliste : une orientation d'adaptation au capitalisme lib&#233;ral et une autre &#8212; la n&#244;tre &#8212; une ligne de r&#233;sistance, de lutte, de combat anticapitaliste. Nous avons, en France, une formule pour parler de cette situation : &#171; Il y a deux gauches &#187;, disons-nous. Bien entendu, il y a dans la r&#233;alit&#233; plusieurs vari&#233;t&#233;s de &#171; gauche &#187;, mais nous sommes vraiment confront&#233;s &#224; un choix fondamental : accepter ou refuser cette mondialisation capitaliste !&lt;br class='autobr' /&gt;
La grande majorit&#233; des directions traditionnelles du mouvement ouvrier &#8212; social-d&#233;mocratie, ex- ou post-stalinisme, verts &#8212; ou dans certains pays en voie de d&#233;veloppement le nationalisme bourgeois, ont choisi l'adaptation. C'est le r&#233;sultat de tout un processus d'int&#233;gration dans les institutions et dans le syst&#232;me capitaliste. Mais ce processus d'int&#233;gration dans la mondialisation capitaliste actuelle conduit &#224; des changements qualitatifs, &#224; des changements structurels, de toutes ces formations politiques, &#224; des liens de plus en plus forts non seulement avec les institutions mais le capital. Le choix de Strauss Kahn (un des principaux dirigeants du PS en France) au FMI en est la preuve ! Les exigences de la mondialisation capitaliste sont telles que les marges de man&#339;uvres pour construire des compromis sociaux entre classes dominantes et mouvements r&#233;formistes se sont consid&#233;rablement r&#233;duites. Les grands groupes &#233;conomiques, les march&#233;s financiers, les sommets de l'&#201;tat somment les directions r&#233;formistes d'accepter le cadre dict&#233; par la recherche de profits maximums, par une financiarisation accrue de l'&#233;conomie mondiale. Du coup la social-d&#233;mocratie se transforme en social-lib&#233;ralisme. D'une social-d&#233;mocratie qui, face &#224; la lutte de classes, &#233;changea son soutien &#224; l'ordre capitaliste contre des am&#233;liorations sociales, on est pass&#233; &#224; des partis socialistes qui sont devenus des &#171; partis r&#233;formistes sans r&#233;formes &#187; jusqu'&#224; devenir les &#171; partis des contre-r&#233;formes lib&#233;rales &#187;. En Europe, l'Union europ&#233;enne fournit le cadre de collaboration entre la d&#233;mocratie chr&#233;tienne et la social-d&#233;mocratie, pour d&#233;ployer les contre-r&#233;formes sur les pensions et retraites, la liquidation des syst&#232;mes de s&#233;curit&#233; sociale et des services publics. Cela n'&#233;carte pas une savante combinaison de programme d'assistance des plus pauvres &#8212; un syst&#232;me de revenus minimum, le programme &#171; de Bourse Famille &#187; au Br&#233;sil&#8230; &#8212; et de contre-r&#233;formes qui attaquent le noyau dur des droits et conqu&#234;tes sociales ouvri&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais c'est sur le plan politique que ces choix sont les plus manifestes : dans l'&#233;volution de la social-d&#233;mocratie europ&#233;enne vers &#171; une troisi&#232;me voie &#187; entre la droite et la gauche, dans l'appel &#8212; maintenant en Italie ou en France &#8212; &#224; transformer les partis socialistes historiques en partis d&#233;mocrates &#224; l'am&#233;ricaine&#8230; C'est aussi ce &#224; quoi nous avons assist&#233; au Br&#233;sil, o&#249; le Parti des travailleurs (PT) a parcouru en seulement une quinzaine d'ann&#233;es le parcours de pr&#232;s d'un si&#232;cle de la social-d&#233;mocratie historique : d'un parti de classe, le PT s'est transform&#233; en parti social-lib&#233;ral. Cette &#233;volution n'exclut pas, encore une fois, des politiques d'assistanat qui fournissent une base sociale &#224; ces partis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette &#233;volution social-lib&#233;rale rel&#232;ve d'une tendance g&#233;n&#233;rale. Dans une s&#233;rie de pays ce n'est pas un processus achev&#233;. Les classes dominantes ont besoin, d'ailleurs, dans un syst&#232;me politique d'alternance de &#171; pouvoir choisir entre la droite et la gauche &#187;. Ces formations social-lib&#233;rales ne sont donc pas des partis bourgeois comme les autres. Des inflexions &#171; &#224; gauche &#187; restent possibles pour sauver les int&#233;r&#234;ts &#233;normes d'appareils bureaucratiques. C'est le cas du SPD allemand, mais dans des limites toujours compatibles avec le cours actuel du capitalisme mondial. Sur un autre plan, il reste des diff&#233;rences entre la droite et la gauche, surtout dans le ressenti de secteurs populaires, mais globalement la social-d&#233;mocratie et ses alli&#233;s connaissent, partout, ce processus d'int&#233;gration dans la mondialisation capitaliste et un mouvement &#171; vers la droite &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une s&#233;rie de forces tentent de se d&#233;marquer des forces social-lib&#233;rales comme les PC, certaines formations &#233;cologistes ou des partis r&#233;formistes de gauche. Ils se disent &#171; anti-lib&#233;raux &#187;. Le probl&#232;me, c'est que leur int&#233;gration propre dans les institutions ou leur subordination dans un syst&#232;me d'alliances avec les forces nationalistes-p&#233;ronistes, ou social-lib&#233;rales, pour les PC ou les Verts les entra&#238;ne &#224; rester dans les proclamations antilib&#233;rales mais &#224; participer nettement dans les coalitions parlementaires ou gouvernementales avec le centre gauche ou la social-d&#233;mocratie : c'est le cas du PCF, de Die Linke en Allemagne ou de Refondation Communiste d'Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. A l'autre p&#244;le de la gauche, il y a les forces qui refusent la globalisation capitaliste, r&#233;sistent et d&#233;fendent une orientation anticapitaliste. &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre projet, notre gauche, c'est une gauche anticapitaliste, une gauche de tradition r&#233;volutionnaire, c'est une gauche de rupture avec le capitalisme. C'est dans ce cadre que nous pensons que nous pouvons avoir une nouvelle &#233;tape dans la construction de nouveaux partis anticapitalistes larges. &#171; Nouvelle &#233;poque, nouveau programme, nouveau parti &#187; avons nous dit au d&#233;but et au milieu des ann&#233;es 1990. Nous pensons que la mondialisation capitaliste et ses propres contradictions et ses cons&#233;quences sur l'&#233;volution du mouvement ouvrier attestent de cette nouvelle &#233;poque. D'un certain point de vue, la crise actuelle du capitalisme international donne de la chair &#224; ce projet. Il y a plus de contradictions internes au syst&#232;me, plus d'espaces ouverts par l'&#233;volution &#224; droite des directions traditionnelles, des r&#233;sistances sociales r&#233;currentes dans une s&#233;rie de pays, le d&#233;veloppement de nouvelles exp&#233;riences de formations r&#233;formistes de gauche ou anticapitalistes&#8230; Dans cette nouvelle p&#233;riode historique, il ne s'agit pas seulement de poser le probl&#232;me de construction de nos organisations mais il s'agit de retravailler des perspectives de r&#233;organisation et de reconstruction du mouvement ouvrier et des mouvements sociaux, des associations, des syndicats. Les probl&#232;mes de crise de direction se posent dans leur dimension la plus large : conscience, auto-activit&#233; exp&#233;rience, construction, organisation. Il faut reformuler au travers d'une s&#233;rie de luttes de r&#233;sistance, un nouveau projet, de nouvelles revendications, de nouvelles formes d'organisation prenant ce qu'il y a de meilleur dans le vieux mouvement ouvrier mais rejetant le plus mauvais. L'axe de l'auto-organisation et de l'auto-&#233;mancipation sous toutes ses formes est d&#233;cisif dans ces processus de reconstruction. Mais se pose aussi le probl&#232;me de construire de nouveaux partis anticapitalistes... Bien entendu, cela d&#233;pend de l'accumulation de forces r&#233;volutionnaires ou anticapitalistes, et il n'y a pas de ligne mondiale ou continentale de construction du parti. Rien n'est m&#233;canique mais sur la base des derni&#232;res exp&#233;riences, notamment du Br&#233;sil &#8212; et il faut souligner le prix fort que nous avons pay&#233; au Br&#233;sil mais aussi ce que nous avons appris du Br&#233;sil &#8212; en Italie, et en France se d&#233;gagent des grandes lignes programmatiques et politiques pour ces nouveaux partis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. Nous voulons construire des partis anticapitalistes qui opposent et s'opposent &#224; la crise actuelle du capitalisme pas pour le r&#233;former ou d&#233;fendre un capitalisme &#224; visage humain ou s'attaquer aux exc&#232;s du lib&#233;ralisme pour revenir au capitalisme de l'apr&#232;s-guerre, mais pour s'attaquer &#224; la logique du profit capitaliste. Nouveau programme contre la mondialisation capitaliste. Un programme d'action ou de transition anticapitaliste qui d&#233;fende les revendications imm&#233;diates (salaires, emploi, services publics, distribution de la terre, contr&#244;le des ressources naturelles, f&#233;minisme, dimension fondamentale de l'&#233;cologie&#8230;), d&#233;mocratiques (probl&#232;mes de la souverainet&#233; populaire et nationale dans les pays domin&#233;s, question indig&#232;ne en Am&#233;rique latine) et transitoires, qui d&#233;bouchent sur la n&#233;cessit&#233; d'une autre distribution des richesses et d'une remise en cause de la propri&#233;t&#233; capitaliste de l'&#233;conomie.&lt;br class='autobr' /&gt;
La mise en &#339;uvre de ces programmes exige des gouvernements au service des travailleurs appuy&#233;s sur la mobilisation et l'auto-activit&#233; des classes populaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette bataille &#8212; et c'est aujourd'hui une bataille centrale &#8212; implique le rejet de toute participation ou soutien &#224; des gouvernements sociaux-lib&#233;raux de gestion des affaires de l'&#201;tat et de l'&#233;conomie capitaliste. C'est ce qui nous s&#233;pare des projets de Die Linke, de Refondation Communiste, des Partis communistes int&#233;grant le Parti de la gauche europ&#233;enne ou de la politique de la majorit&#233; de la Tendance D&#233;mocratie socialiste (DS) au Br&#233;sil.&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi la question de la participation ou non &#224; ce type de gouvernement est, de nouveau, devenue une question cardinale de la strat&#233;gie de pouvoir en Europe comme dans les principaux pays d'Am&#233;rique latine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ces partis que nous voulons construire ont pour r&#233;f&#233;rence, ce que L. Trotsky appelait &#171; une compr&#233;hension commune des &#233;v&#233;nements et des t&#226;ches &#187;, pas tout le programme, pas toute l'histoire mais des r&#233;f&#233;rences strat&#233;giques et programmatiques suffisamment solides pour construire sur le moyen et long terme. Nous ne partons pas des crit&#232;res id&#233;ologiques ou historiques pour d&#233;limiter ces partis mais des r&#233;f&#233;rences cl&#233; li&#233;es &#224; la lutte de classes, et au meilleur des traditions r&#233;volutionnaires, pour &#233;laborer un programme de transition au socialisme. Nous voulons que ces partis soient pluralistes, soient des lieux de convergence et de rassemblement de tous les courants, militants anticapitalistes. Les marxistes r&#233;volutionnaires constituant un courant dans ces partis. Mais nous devons aller plus loin, tout en laissant ouvertes une s&#233;rie de questions strat&#233;giques et programmatiques, il faut retravailler le projet socialiste et communiste, prendre de plein pied notre place dans le d&#233;bat sur le socialisme du XXI&#232;me si&#232;cle. Voil&#224; de nouvelles formules qui essaient de r&#233;pondre &#224; la nouvelle p&#233;riode historique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont ces r&#233;f&#233;rences qui constituent la base des partis anticapitalistes qui se construisent &#8212; comme le NPA en France, Sinistra Critica en Italie, l'Alliance Rouge et Verte au Danemark, le Bloco de Esquerda (Bloc de gauche) au Portugal, le PSOL au Br&#233;sil ou d'autres exp&#233;riences qui ne vont pas manquer de surgir dans les ann&#233;es qui viennent. C'est aussi dans ce cadre que nous pr&#233;parons la conf&#233;rence sur Mai 68-Mai 2008 &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Fran&#231;ois Sabado est membre du Bureau ex&#233;cutif de la IVe Internationale et de la Direction nationale de la Ligue communiste r&#233;volutionnaire (section fran&#231;aise de la IVe Internationale). Nous reproduisons ici la version &#233;crite du rapport qu'il a pr&#233;sent&#233; &#224; la session du Comit&#233; international de la IVe Internationale pour introduire le d&#233;bat sur la situation internationale le 1 mars 2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
