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Pour une voie démocratique à une société écologiste

jeudi 14 octobre 2010, par Gauche socialiste

Il faut refuser la croissance sans fin exigée par la société capitaliste qui mène à la destruction de l’environnement. L’économie devient ainsi orientée par l’écologie où les valeurs d’usage des biens et de services sont définies par un cadre de vie sain et humain.

Le réchauffement climatique, la diminution de l’accès à l’eau douce, la multiplication des sécheresses dans les régions tropicale et subtropicale, les inondations des zones côtières suite à la hausse du niveau des océans, la pollution des sols, des nappes phréatiques et de l’air, le recul de la biodiversité et l’épuisement de nombreuses ressources sont la conséquence d’un système particulier de production, de répartition et de consommation : le capitalisme. Il est erroné de parler des causes de la pollution actuelle comme des « fruits empoisonnés » de toute « activité humaine ». Le changement climatique et ses conséquences désastreuses ont été provoqués par la logique capitaliste, par la concentration des capitaux et l’utilisation de plus en plus massive d’énergies fossiles.

Il faut donc refuser la croissance sans fin exigée par la société capitaliste qui mène à la destruction de l’environnement.

Québec solidaire doit affirmer clairement qu’il veut sortir de la production et de l’utilisation des énergies fossiles. Le tournant vers les énergies renouvelables doit être au centre de sa politique énergétique.

L’économie devient ainsi orientée par l’écologie où les valeurs d’usage de biens et de services définis par les besoins d’un cadre de vie sain et humain.

A. Restructurer démocratiquement le secteur énergétique autour des axes suivants :

Concrètement, cela pourrait se matérialiser :

• en faisant de l’État québécois le maître d’œuvre d’une vaste transformation du secteur énergétique centrée sur la sortie de l’utilisation de tous les types énergies fossiles

• en planifiant la réduction de la consommation de l’énergie par des programmes d’économie d’énergies au niveau de la construction, des entreprises.

• en mettant en chantier un service public de l’énergie (solaire, éolienne, marée motrice, hydro-électrique, géothermie) qui devrait se charger des investissements nécessaires dans ces secteurs, investissements faits dans l’intérêt de la collectivité autour d’une vaste société publique de l’énergie intégrant Hydro-Québec.

La stratégie doit être établie démocratiquement par toute la collectivité, où les salarié-e-s devraient avoir leur mot à dire en collaboration avec les citoyens et citoyennes des différentes régions concernées. Cette société publique aiderait à la placer sous la responsabilité des employé-e-s et des citoyen-ne-s le développement des énergies propres.

Cette prise en charge publique nécessitera la collaboration de groupes citoyens en régions pour favoriser la production décentralisée d’énergie par le développement de coopératives d’énergies sous contrôle public dans une optique de planification démocratique nationale.
Mesures transitoires

Les grandes entreprises nationales et internationales se préparent à nous enfoncer encore davantage dans l’utilisation des énergies fossiles et le nucléaire si nécessaire. Aujourd’hui les citoyen-ne-s du Québec doivent se battre contre l’exploitation de l’uranium ou du gaz de schiste. Cette résistance manifeste une volonté de repenser le secteur énergétique.

Nous devons être partie prenante de cette résistance citoyenne :

• en défendant le blocage de toutes les initiatives de développer les énergies fossiles : en instaurant des embargos sur le développement des gaz de schiste, sur l’exploitation du pétrole, sur la construction de ports méthaniers

• en soutenant l’interdiction de l’exploitation de l’uranium et le rejet du retour au nucléaire

• en écartant le développement des agrocarburants

• en refusant le développement de filières énergétiques polluantes dans le seul but de répondre à des besoins d’exportation au lieu des besoins de consommation du Québec

B. Revoir en priorité nos modes de transport et de consommation d’énergie

Il faut impulser une politique volontariste de transport public, rénover et bâtir un réseau performant de transport collectif dans lequel on ne soit plus obligés de s’entasser.

Le Québec pourrait faire des pas dans cette direction :

• en restreignant l’utilisation d’automobiles par le développement d’un plan de transport public urbain et interurbain écologique des personnes en impliquant les citoyen-ne-s dans son élaboration

• en instaurant la gratuité dans le transport public des personnes dans les municipalités et donner la priorité aux moyens de transport public les moins polluants.

• en encourageant le transport de marchandises par voie ferrée et par voie navigable au lieu de camions

• en cessant d’investir dans le développement d’autoroute

L’atteinte de ces objectifs nécessitera la réappropriation des grandes entreprises du secteur des transports

• Appropriation publique des grandes entreprises de production du matériel de transport (autobus, trains, chantiers maritimes, avionneries) qui sont déjà massivement subventionnées par le public.

• Transformation des usines d’armement vers la production de moyens de transport public tenant compte des besoins identifiés démocratiquement.

• Des mesures incitatives favorisant le recul de l’utilisation de l’automobile (électrifié ou non)

C. Repenser la planification urbaine et les modes de construction

• Instaurer une véritable planification du développement des villes pour éviter l’étalement urbain et la destruction des terres agricoles

• Transformer le parc immobilier du Québec pour réduire notre consommation d’énergie et diminuer notre production de gaz à effet de serre pour s’inscrire dans les propositions du GIEC à ce niveau

• Construire des bâtiments ayant une faible consommation d’énergie et rénover d’anciens bâtiments et logements dans un souci d’économie d’énergies

• Favoriser l’installation systématique par un soutien public de nouveaux modes de production de chauffage et d’électrification : solaire, thermique...