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Communiqué de presse : Solidarité avec la résistance du peuple palestinien face aux atrocités commises par l’armée israélienne

dimanche 18 janvier 2009

samedi 17 janvier 2009

Voici un communiqué de presse du réseau du comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde.


Tirédu site du Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM)

17 janvier 2009


par CADTM

La guerre actuelle menée par l’Etat d’Israël n’est pas une guerre de défense, ni de protection de ses citoyens. Israël est en train de perpétrer un carnage à Gaza :

Bombardements de la zone la plus densément peuplée au monde (où la moitié des habitants sont des enfants) au moyen d’armes interdites, comme le phosphore blanc, l’uranium appauvri, les bombes à fragmentation ou à haute densité en particules métalliques ;

Extermination de familles entières brûlées vivantes et enterrées dans les décombres de leurs maisons après que ces bombes interdites aient été larguées par des avions F-16 et des hélicoptères Apache américains ;

Écoles, cliniques, mosquées, prisons, infrastructures civiles (routes, ponts, universités, immeubles civils) bombardés ;

Blocus alimentaire et énergétique en plein hiver d’un million et demi de personnes enfermées dans une « souricière » géante ;

Mitraillage des convois des Nations-Unies, du CICR, des ambulances... jusqu’au meurtre de médecins et de personnels sanitaires.

C’est une tuerie et un massacre qui a officiellement pour cible le Hamas, mais dans un tel contexte, tout palestinien est potentiellement dans la ligne de mire.

Il y a cinq ans déjà, le gouvernement israélien définissait l’ensemble de la Bande de Gaza, femmes et enfants compris, comme « entité hostile », dont l’éradication devenait légitime. Le carnage actuel permet de dire que ce n’était pas une métaphore, mais un plan d’action. Parler de guerre signifierait un minimum de capacité de contre-attaque de la part des Palestiniens de Gaza. Or, ils n’ont à leur disposition qu’un armement sommaire, dont la capacité de nuisance est limitée. En ce sens, comparer le bombardement massif de Gaza et les roquettes tirées par quelques groupes militants comme le Jihad islamique est dénué de tout fondement. Il n’y a pas de symétrie militaire entre la Palestine et Israël, mais surtout, il n’y a aucune symétrie morale.

Gaza est aujourd’hui à la fois le Guernica de la guerre civile espagnole et le Ghetto de Varsovie. Et alors que les journalistes sont interdits d’accès, Israël accumule les violations massives de droits humains, civils, sociaux, économiques, politiques et culturels. Silence, on tue.

En méprisant la convention de Genève, Israël commet, en effet, des crimes de guerre et contre l’humanité avec l’appui actif ou le silence complice des gouvernements des grandes puissances :

L’Union Européenne, sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy et de Bernard Kouchner, vient de renforcer son traité de Coopération avec Israël, dont le Parlement Européen avait pourtant réclamé la suspension.

L’appui actif et criminel de Washington (que ce soit George W. Bush ou Barack Obama).

Nous dénonçons l’indécence et l’hypocrisie morale qui consistent à mettre sur un pied d’égalité des roquettes artisanales lancées par le Hamas et le déluge de bombes qui s’abat sur la Palestine en ce moment. Ces tirs de roquettes ne sont pas, comme veulent nous le faire croire certains diplomates européens, des "provocations que rien ne peut expliquer", mais des ripostes, assez dérisoires, à un embargo sauvage imposé par Israël, depuis un an et demi, au million et demi de résidents de la Bande de Gaza, femmes, enfants, vieillards compris, avec la collaboration criminelle des Etats-Unis mais aussi de l’Europe. Tout comme l’attaque du Liban en 2006, l’agression israélienne s’inscrit dans la guerre globale permanente et préventive des stratèges néoconservateurs en place à Tel Aviv.

Nous appuyons la résistance palestinienne face aux agressions systématiques dont elle fait l’objet de la part des autorités israéliennes et de leur armée. Nous soutenons fermement le droit du peuple palestinien à un Etat pour vivre en paix sur son territoire.

Une guerre pour s’approprier les richesses naturelles de la Palestine

A l’horreur du crime, s’ajoute l’abject des motivations immédiates : dans moins de deux mois se dérouleront en Israël des élections et les victimes palestiniennes sont aussi des arguments électoraux. Les martyrs de l’attaque israélienne sur Gaza sont l’objet d’une concurrence médiatique entre Ehoud Barak, Tsipi Livni et Ehoud Olmert, à qui sera le plus déterminé dans la brutalité. Le criminel de guerre qui dirige le Parti Travailliste se vante d’avoir gagné quatre points dans les sondages. En plus de ces motivations électoralistes, il faut ajouter des objectifs économiques. Le long de la côte de Gaza, à quelques encablures seulement, dans les limites de la souveraineté maritime reconnue aux Etats, se trouvent d’immenses gisements de gaz naturel. Depuis des années, ils sont l’objet de négociations entre British Gaz, Israël et l’Autorité Palestinienne bien qu’ils appartiennent au peuple palestinien. Les bénéfices potentiels de leur exploitation sont estimés à plus de 4 milliards de dollars. Ils pourraient également subvenir jusqu’à 10% des besoins énergétiques d’Israël, et ce à moindre coût car, outre la proximité des gisements, les conditions tarifaires auraient été négociées à des conditions avantageuses… Bien sûr ces négociations sont pour l’instant dans une impasse. Alors que ces gisements de gaz naturel devraient participer à l’amélioration des conditions de vie des Palestiniens, aucune exploitation de ce gaz n’est faite : en lieu et place, la marine israélienne bombarde sans cesse la population civile palestinienne.

Paix et justice avant tout

Depuis longtemps nous dénonçons les crimes commis par l’Etat d’Israël contre la Palestine et le Liban. Aujourd’hui, plus que jamais, nous joignons notre voix à la clameur mondiale exigeant la fin immédiate de l’agression criminelle de Tsahal contre le peuple palestinien, le retrait de ses troupes, la levée immédiate du blocus inhumain imposé sur un million et demi de personnes, et la liberté de circulation à la frontière égyptienne.

Après application de ces premières mesures fondamentales, nous réclamons un embargo total et absolu sur les ventes d’armes à l’Etat d’Israël et la mise en place d’un boycott international culturel et économique comme celui décrété par les Nations Unies contre l’état raciste d’Afrique du Sud.

A l’instar du Venezuela, nous interpellons les nations qui se disent civilisées jusqu’à ce qu’elles expulsent les diplomates israéliens présents sur leur sol et la Communauté Européenne afin qu’elle suspende immédiatement ses accords économiques avec Israël.

Nous exigeons la mise en place immédiate d’une Commission internationale d’enquête sur les crimes contre l’humanité et de guerre qui sont perpétrés en territoire palestinien. Nous demandons que cela soit assorti du déploiement d’une force capable de procéder à la détention, l’incarcération préventive des militaires, dirigeants politiques et autres acteurs pouvant être poursuivis pour ces faits, en vue de leur jugement par la Cour internationale de justice ou la Cour pénale internationale.

Pour une paix définitive, œuvrons pour que soit imposé à Israël de démanteler toutes ses colonies en Cisjordanie ainsi que le mur de la Honte, de rendre toutes les terres volées aux Palestiniens en les dédommageant pour les centaines de milliers d’oliviers et d’arbres fruitiers abattus, pour les milliers de fermes et puits d’eau détruits, pour les dommages écologiques infligés à leur environnement.

Le peuple palestinien ne doit rien

Nous devons apporter toute notre expérience et nos capacités d’analyse pour enquêter et dénoncer les crimes économiques subis par le peuple palestinien depuis des décennies et pour aider à la qualification de dette odieuse, dette de guerre, dette écologique, dette historique et dette coloniale, toutes les dettes que certains bailleurs de fonds voudraient récupérer illégitimement.

Veillons à ce que la Palestine ne paie pas un sou qui pourrait lui être réclamé à titre de dette, si elle n’est pas justifiée.

Le peuple palestinien est créancier net

Veillons également à ce que l’Etat d’Israël soit considéré comme débiteur des sommes nécessaires pour réparer intégralement les immenses dommages de guerre infligés au peuple palestinien ainsi que la reconstruction de la Palestine à travers un fonds alimenté par le Trésor israélien.

Faisons entendre haut et fort que les États-Unis devraient participer au financement de ce fonds du fait de leur complicité militaire et criminelle avec Israël : plus de 90% de l’équipement de l’armée israélienne est de technologie ou de fabrication états-unienne. Dans ce mécanisme de réparation, il devra y avoir un volet qui prendra en charge le retour des réfugiés et leur dédommagement. Ce fonds devra être géré par et pour le peuple palestinien.

Mais l’urgence, aujourd’hui, est d’arrêter les massacres.

Nous appelons toutes les organisations syndicales, tous les partis politiques, mairies, administrations territoriales, entreprises, et citoyens du monde entier à dénoncer l’entreprise criminelle de la 4è armée du monde contre tout un peuple, et à s’engager au côté du peuple palestinien.

Sans justice il n’y aura pas de paix. Nous sommes tous des palestiniens.

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URL : http://www.cadtm.org

Liste provisoire de signataires des organisations membres du réseau international CADTM : CADTM Belgique, CADTM France, Réseau National Dette et Développement (RNDD-Niger), VAK (Inde), CADTM Pakistan, Cercle d’Auto promotion pour le Développement Durable (CADD/Bénin), ATTAC Togo, CADTM-Suisse, FNDP (Côte d’Ivoire), ROAD (Réseau Ouest Africain pour le Développement), ATTAC-CADTM Maroc, CERIDA (Guinée–Conakry), Plateforme haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA-Haïti), Solidaires-Pointe-Noire (Congo Brazzaville), CADTM Lubumbahsi (AMSEL- RDC), RAID ATTAC Tunisie, CADTM Tunisie, Coalition des Alternatives Africaines Dette et Developpement (CAD-Mali) APASH Brazzaville (Congo Brazzaville), Red venezolana contra la deuda (Venezuela)

Autres signataires : Other Citizens Against Zionist Aggression (Pakistan), Comité International Education pour la Paix (Massimo de Santi) (Italy), Ligue internationale Femmes pour la Paix et la Liberté (Italy / Gianna Pagani-Wilpf), Corriente Roja ( Angeles Maestro / España), Peter Custers (Chercheur / Netherlands) antimil@hotmail.com, Forum social autrichien (Leo Gabriel) gabriel.lai@magnet.at , François Houtart, Réseau pour le Développement Local et l’Autopromotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille (RDL/AFEF), Alliance contre la Pauvreté au Mali (AP/Mali), Proyecto Utopia/Tercer camino (Venezuela), Frank Gaudichard, Rebelión, Eduardo Lucita, EDI et Espacio Otro camino para superar la crisis (Argentine), Claudio Katz, EDI (Argentine), Attac Argentine, Julio Gambina FISyP/Attac (Argentine), Beatriz Rajland, FISyP/Attac (Argentine), Maria-Elena Saludos, Attac (Argentine), Todos por la patria (Paraguay), José Martinez Cruz, coordinateur du Forum Social Mondial à Morelos (Mexique)