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Honduras : le régime putschiste doit tomber !

jeudi 8 octobre 2009, par Miguel Ceto


Tiré du site du NPA
mercredi 24 septembre 2009


Cela fait quatre-vingt-dix jours que dans les rues et les villages du Honduras, la résistance civile s’organise contre le coup d’Etat militaire mené le 28 juin 2009 par Robert Micheletti, qui a destitué le président Manuel Zelaya, emmené de force au Costa Rica.

Le retour surprise le 21 septembre dernier du président Manuel Zelaya dans son pays, a pris de court tous ceux qui s’apprêtaient à se satisfaire de l’organisation des élections générales en novembre prochain par la dictature, après avoir condamné le putsch du bout des lèvres et mené toutes les manœuvres pour une sortie sur le dos du mouvement populaire hondurien. Ce retour a également intensifié la mobilisation du mouvement populaire en résistance qui livre en ce moment une bataille décisive. Des milliers de honduriens se sont rassemblés, ont construit des barrages et organisé des marches pour mettre fin à ce régime putschiste.

Le gouvernement putschiste hondurien a réagi par une violente répression. Un imposant dispositif militaire et policier a été déployé pour casser la résistance. Plusieurs manifestations ont été sauvagement réprimées devant l’Ambassade du Brésil, où se trouve actuellement réfugié Zelaya, dans les quartiers de la capitale, ainsi que dans plusieurs villes de province. On dénombre déjà plusieurs centaines de personnes arrêtées, de nombreux cas de torture et plusieurs morts par balle. Les quatre aéroports internationaux du pays et les postes frontières ont été fermés.

Le Front national de Résistance au Coup d’Etat au Honduras appelle au renforcement de la solidarité internationale. Le gouvernement putschiste doit tomber.

Le NPA appelle le mouvement ouvrier et démocratique en France et en Europe à intensifier la mobilisation contre le coup d’Etat et son appui au mouvement populaire hondurien. La situation est d’extrême urgence, il faut éviter un massacre alors que les putschistes mettent le pays sous une chape de plomb.

Le NPA appelle à participer massivement aux deux rassemblements organisés à l’appel du collectif unitaire d’organisations françaises et latinoaméricaines auquel participe le NPA depuis trois mois :

Place Saint Michel à Paris, ce jeudi 24 septembre et le lundi 28 septembre prochain, à 18h30.

Ces mobilisations s’inscrivent en solidarité des demandes du Front national de Résistance au Coup d’Etat au Honduras qui exige :

La réinstallation immédiate et inconditionnelle de Manuel Zelaya à la présidence du Honduras,
L’arrêt immédiat de la répression et la libération de tous les prisonniers politiques,
L’instauration d’une assemblée constituante.
Montreuil, le 24 septembre 2009.

NOUVEAU PARTI ANTICAPITALISTE


Tiré du site du NPA
mercredi 23 septembre 2009


Avec le retour du président déchu, Manuel Zelaya, la mobilisation populaire contre le coup d’Etat du 28 juin et le renversement des putschistes se poursuit au Honduras.

Depuis plus de quatre-vingts jours, dans les rues et villages du Honduras, la résistance civile s’organise contre le coup d’Etat militaire mené, le 28 juin 2009, par Robert Micheletti, avec l’appui de l’armée et de l’oligarchie nationale et l’aval de la hiérarchie catholique. Le président déchu, Manuel Zelaya, expulsé du pays, est un propriétaire foncier qui, une fois élu, a cherché à répondre aux demandes des secteurs les plus défavorisés du pays. Malgré l’opposition de l’oligarchie, il a intégré en 2007 l’alliance Petrocaribe pour obtenir des ressources matérielles, financières et énergétiques (pétrole du Venezuela) à un tarif préférentiel.

En 2008, il adhère également à l’Alliance bolivarienne des peuples d’Amérique (Alba).

Cette politique est rapidement taxée de « communiste », « castriste » et « chaviste » par les secteurs conservateurs dans un pays où le pouvoir économique et politique est entre les mains d’un petit groupe de familles.

L’administration Obama a nié l’existence d’un coup de l’État, mettant en exergue des problèmes à caractère juridique entre le président Zelaya, la Cour suprême de justice et le tribunal électoral. Elle a impulsé la présence des putschistes à la table des négociations.

Les pays membres de l’Alba ont été les premiers à appuyer Zelaya et à demander la restitution de la démocratie, suivis par l’Union des nations sud-américaines (Unasur), l’Organisation des États américains (OEA), l’Union européenne et les Nations unies.

Tout cela n’est dû qu’à la mobilisation sociale permanente des paysans, des ouvriers, des indiens, des étudiants, des femmes, des jeunes, des journalistes indépendants et des intellectuels, rassemblés au sein Front national contre le coup d’État et exigeant le retour de « Mel Zelaya », l’organisation d’un référendum populaire et l’institution d’une Assemblée nationale constituante. Le gouvernement putschiste de Roberto Micheletti a décidé d’organiser des élections générales bidon le 29 novembre mais la plupart des pays étrangers ont annoncé qu’ils n’en reconnaîtraient pas les résultats.

Au sein de la résistance au coup d’Etat, seule une minorité voit le processus électoral comme un espace de lutte auquel il faut participer. La majorité considère que ces élections menacent l’unité que le coup d’État a créé entre mouvements sociaux et partis politiques de gauche et préfèrent soutenir la mobilisation sociale.

Le coup d’État donne froidement à voir ce que les secteurs traditionnels du pouvoir (oligarchie politico-économique, armée, médias, Etats-Unis) font des processus électoraux et démocratiques. La mobilisation sociale et la résistance du peuple hondurien force le respect et devrait faire l’objet d’une plus large solidarité internationale.

Miguel Ceto