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QS dénonce la gestion néolibérale de la caisse des dépôts

dimanche 30 novembre 2008

Contrairement à ce que prétend M. Charest, la Caisse est un outil très politique. Elle permet de donner une orientation précise à l’économie du Québec, il sert de levier pour faire prendre à l’économie un certain virage. M. Charest a d’ailleurs fait un choix très politique, il s’est ingéré dans les affaires de la caisse en lui disant d’opter pour le rendement le plus élevé, à court terme.

Portefeuille de la caisse de dépôt : le vrai problème

Communiqué de presse de Québec Solidaire


Le porte-parole de Québec solidaire Amir Khadir a dévoilé dans quelles entreprises la Caisse de dépôt et placement avait choisi de placer ses actions en bourses (ce qui représente près de 40% de ses actifs) selon des chiffres extraits en février 2007 de la banque de données de Thompson Financial Bank One. Il a dénoncé les choix de placement de la Caisse qui ont participé à engendrer la crise actuelle et à détruire notre environnement. Il en a profité pour soulever les incohérences du débat actuel sur les états financiers de la caisse.

Parmi les vingt premières entreprises dans lesquels la Caisse a investi, on trouve des sociétés notamment pétrolières, financières et minières (Enbridge, Exxon-Mobil, Encana, Chevron, Power Financial, CitiGroup, Barrick Gold). « Nos informations montrent qu’en 2007, dans la part des investissements qu’elle place en bourse, la Caisse de dépôt investissait 25% dans des entreprises d’exploitation de ressources (comme des pétrolières, des minières et des forestières) et 21% dans des entreprises financières qui se construisent sur la spéculation. Par ses choix de placement, d’un côté elle participe activement à la dilapidation des ressources naturelles, de l’autre elle soutient des entreprises spéculatives qui ont créé la crise dans laquelle nous sommes plongés actuellement. De plus, comme investisseur majeur en Amérique du Nord, la Caisse de dépôt a été à l’avant garde du mouvement qui a mené à cette crise, en particulier par son rôle central dans la création du marché des PCAA où ont été titrisé autant les dettes de cartes de crédit, les prêts étudiants que des hypothèques subprime.

« Ces investissements sont complètement irresponsables. Contrairement à ce que prétend M. Charest, la Caisse est un outil très politique. Elle permet de donner une orientation précise à l’économie du Québec, il sert de levier pour faire prendre à l’économie un certain virage. M. Charest a d’ailleurs fait un choix très politique, il s’est ingéré dans les affaires de la caisse en lui disant d’opter pour le rendement le plus élevé, à court terme. Cette pression a mené la caisse à faire des choix néfastes pour les travailleurs, pour l’environnement et pour l’économie du Québec » a lancé Amir Khadir.

Nos informations montrent aussi qu’à peine 15% des investissements boursiers de la caisse se font au Québec. « Alors que tous les autres partis s’excitent sur le rendement actuel de la Caisse, personne ne regarde le vrai problème qui se situe en amont. La Caisse investit à peine au Québec et elle le fait sans tenir compte des humains et de l’environnement, en suivant la logique cupide du rendement financier maximum. En 2007, 40% de son rendement provenait de l’arbitrage spéculatif sur le marché des changes, tout le contraire de l’investissement patient à long terme. En décidant de prioriser la gestion active et l’arbitrage, elle ne se comporte pas autrement qu’une banque d’investissement ou une société de gestion d’actif financier de Bay Street. C’est indigne d’une institution publique aussi importante pour notre économie, il faut en reprendre les rênes et faire participer la Caisse à la création de l’économie que nous voulons pour le Québec. C’est pourquoi Québec solidaire propose de modifier le mandat de la Caisse de dépôt et de placement pour qu’elle investisse dans des entreprises écologiques et socialement responsables, de préférence au Québec, pour qu’elle redevienne une institution clé de notre souveraineté économique » a conclu Amir Khadir.