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USA : Casino dans l’automobile...

jeudi 14 mai 2009


Tiré de ’’Tout est à nous’’
lundi 4 mai 2009


Les manœuvres en cours autour de la mise en faillite du géant automobile General Motors ne visent qu’à faire payer la crise aux salariés.

Si l’on doutait encore de l’intensité et du caractère inédit de la crise de l’industrie automobile actuelle, la mise en faillite de Chrysler et celle, de plus en plus vraisemblable, de General Motors en apportent la preuve. Il n’y a plus d’argent pour acheter des voitures polluantes et dévoreuses d’essence : ce qui se passe dans le monde entier est exacerbé aux Etats-Unis.

Faillite, le mot résonne cruellement pour une famille surendettée, mais ce qui se passe pour Chrysler et General Motors n’a rien à voir. Ils cherchent des « mécanismes de protection » pour renégocier toutes leurs dettes et contrats vis à vis des fournisseurs, des créanciers et des salariés. Le véritable bras de fer en cours a pour but la révision à la baisse des salaires, de l’emploi, des retraites et de la couverture sociale des travailleurs.

L’administration Obama fait pression et conditionne de nouvelles aides publiques à la mise en œuvre de mesures encore plus rigoureuses. Après avoir refusé une première copie de GM, elle a jugé comme « allant dans la bonne voie » la seconde, remise le 29 avril. Il faut dire que treize fermetures d’usines sont maintenant prévues, 20000 suppressions d’emploi les deux prochaines années et la réduction des droits à la santé et à la retraite.

Le syndicat des travailleurs de l’automobile, UAW, contrôle le fonds de pension gérant couverture santé et retraite des ouvriers. GM doit plusieurs dizaines de milliards de dollars à ce fonds et UAW accepterait d’échanger dix milliards contre des actions GM devenues des chiffons de papier. C’est par ce « deal » que UAW deviendrait l’un des principaux actionnaires.

Il n’est pas encore acquis que les créanciers acceptent les montages proposés car ils sont plus âpres au gain que ne l’est l’UAW à défendre l’intérêt des ouvriers. Il est toutefois probable que le nouveau GM sera détenu à plus de 50% par des fonds publics, bien utiles en l’occurrence pour éponger les pertes des actionnaires. Voilà la preuve de l’incapacité des capitalistes à préparer l’avenir avec les seules ressources du marché. Les mesures Obama, même ripolinées en vert, font payer la crise aux travailleurs et ne répondent pas aux besoins et urgences de la situation.

En Europe, la déconfiture de GM a des conséquences directes sur le sort des filiales Opel et Saab qui sont à céder pour des dollars symboliques. Fiat, le constructeur européen le plus spécialisé dans les petites voitures, négocie aujourd’hui le rachat d’Opel et un mariage avec Chrysler, tout cela sans dépenser un dollar. Coup de bourse, tentative d’étendre la dimension du groupe ou bien premières étapes de restructurations mondialisées plus amples, l’avenir le dira. Pendant et à cause de la crise, le casino des affaires continue avec fermetures d’usines et suppressions d’emploi. Jusqu’au moment où les travailleurs seront suffisamment rassemblés pour ne plus en payer les frais.