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8 MARS, JOURNÉE INTERNATIONALE DES FEMMES

dimanche 12 mars 2006

C’est pas beaucoup, une journée dans l’année pour les femmes, les hommes en ont 364 (moins la fête des mères), pourtant il y en a qui trouve encore les mots pour questionner la pertinence de cette journée.

Pourquoi cette journée est importante pour les femmes ? Pour qu’elles puissent mettre à l’avant scène ce qu’elles vivent : que ce soit, comme cette année, les femmes brûlées à l’acide au Pakistan et en Inde ou encore la situation des travailleuses de la fonction publique, ici au Québec, au prise avec décret et une loi baillon sur leurs conditions de travail.

Encore aujourd’hui en 2006, les femmes gagnent 72 % du salaire hebdomadaire des hommes. Elles forment 71 % de la main d’œuvre au salaire minimum. Elles constituaient (en 2003 encore) 67 % des personnes travaillant à temps partiel. En 2000, le revenu annuel des femmes âgées étaient de 15,59 $ contre 26,67 pour les hommes. Les femmes travaillant dans le secteur public sont rémunérées 20 % moins pour un emploi comparable dans le secteur privé syndiqué.

UN GOUVERNEMENT CONTRE LES FEMMES

On le voit, les femmes sont pauvres et ni la loi sur l’équité salariale, ni la loi-cadre contre la pauvreté adoptée sans plan d’action ne changent leur situation. Ce qui change réellement la situation des femmes, ce sont les mesures néolibérales que les deux derniers gouvernements ont appliquées et plus particulièrement le gouvernement Charest.

Ce dernier refuse l’indexation accordée automatiquement et attribue la moitié prévue seulement. Il coupe les jeunes sur l’aide sociale qui vivent chez leurs parents. Ils refusent de reconnaître le droit à la syndicalisation des travailleuses de la petite enfance sous prétexte que ce sont des travailleuses autonomes alors qu’elles travaillent pour un seul employeur : les CPE. Il démantèle le réseau de services de garde, que les parents et les travailleuses avaient créé de chaudes luttes, pour ouvrir la porte à la privatisation dans les services de la petite enfance. Il déstructure l’ensemble du réseau de la santé où les femmes sont majoritaires comme travailleuses en créant des centres superspécialisés et de grosses unités : les CSS couvrant les services de première et deuxième ligne (soins de longue durée, service à domicile, soins à la petite enfance, soins en santé mentale, etc) aux dépens des missions des CLSC de prévention et d’intervention communautaire. Il renie le libre droit à la syndicalisation en obligeant les travailleuses à se syndiquer à l’une des quatre strates d’emplois et il impose les conditions de travail jusqu’en 2009 par une loi décret qui impose des amendes exorbitantes en cas de désobéissance.

Mais en même temps, ce gouvernement vend le Mont Orfond au plus offrant. Il hausse les tarifs d’électricité et les prix des permis de conduire. Il voit la SAQ et surtout ses amis nommés au conseil d’administration assurer son rôle de monopole de l’industrie des spiritueux aux dépens des consommateurs et des consommatrices. Il subventionne les écoles privées alors que le réseau de l’éducation est à bout de souffle. Les grèves étudiantes du printemps dernier l’ont bien démontrées. Il vend les rivières et bientôt le vent aux compagnies privées axées sur le profit.

Tout cela change la situation des femmes. Ces politiques néolibérales appliquées avec cynisme approfondissent l’appauvrissement des femmes et détériorent leurs conditions de travail.

LA RIPOSTE

Les femmes partout dans le monde et surtout depuis la marche de l’an 2000 et la Charte mondiale des femmes en 2005 prennent de plus en plus leur place sur la scène publique. Ainsi à Québec, la Coalition des femmes contre la pauvreté a organisé, tôt le matin, une ligne de piquetage devant Radio Canada, sur le boulevard Dufferin, pour sensibiliser les automobilistes et les personnes y passant à la Journée internationale des femmes dont le thème était : Pour une réelle égalité... toujours engagées. Les femmes se sont ensuite dirigées vers le bureau de la ministre Carole Théberge pour souligner que les femmes demeurent mobilisées malgré les attaques que la ministre fait porter au réseau des garderies et dans les autres dossiers des femmes. Ensuite, elles ont rendu visite à la statue de Duplessis car les militantes jugeaient les attaques comme un retour à la grande noirceur et au règne de Duplessis. La statue a eu droit à tous les honneurs des femmes.

En soirée, il y eu une manifestation pour souligner que les femmes se mobilisent contre ce gouvernement machiste. Cela fut suivi par un tribunal des femmes jugeant les actions du gouvernement à travers six témoignages de femmes entrecoupés d’incursions impertinentes des différents ministres du gouvernement Charest montrant leur côté loufoque. Le jugement rendu par l’ensemble des femmes c’est de considérer le gouvernement Charest coupable de mépris envers les femmes et envers leurs droits. Ensuite, les femmes autochtones ont lu un poème à la vie et aux femmes et ont terminé la soirée par des danses de leurs cultures.

Un beau 8 mars pour dire que les femmes demeurent toujours engagées malgré les attaques de ce gouvernement néolibéral.