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Le 8 mars, mais dans quel contexte politique ?

mardi 1er mars 2011, par Chloé Matte Gagné

C’est dans la lancée de la Marche de Rimouski que se situe le 8 mars cette année. Est-ce à dire qu’il sera mobilisant et massivement militant ?

Pour répondre à cette question, il faut plutôt référer au contexte politique qui sévit au Québec. Deux caractéristiques qualifie la situation actuelle : le cynisme politique et les défaites des travailleuses et travailleurs.

Le cynisme

Le gouvernement Charest a tenté de faire fie du contexte environnemental dans plusieurs de ses projets énergétiques : que ce soit Gros Cacouna, Rabaska, Orford, le Suroît etc... Partout les mobilisations citoyennes se sont mises en branle et partout le gouvernement Charest a dû reculer. Présentement la mobilisation contre les gaz de schiste tient haut le pavé. Ces mobilisations rassemblent évidemment une part importante de citoyennes. Mais rien n’est encore gagné. Les entreprises privées jouent fort le lobbying. On le voit avec monsieur Bouchard. Et fait à remarquer c’est une femme, la ministre Normandeau qui défend comme une vraie tigresse ce projet d’exploitation de cette énergie fossile.

D’un autre côté, malgré une pétition de 250 000 noms pour la démission de Charest et une volonté populaire pour une enquête publique sur la construction, le gouvernement Charest continue comme si de rien n’était. Cet aveuglement alimente le cynisme des citoyens et des citoyennes envers la chose politique. Ce gouvernement tente même de temporiser la grogne populaire en nommant madame Diane Lemieux à la tête de l’Office de la construction pour mettre ordre, discipline et intégrité. Une femme pour réparer les dégâts de certains élus mâles.

Pour finir la cerise sur le sundae, la droite se mobilise et crée des mouvements dont le dernier en lice la Coalition pour l’avenir du Québec de Legault. Les mêmes vieilles recettes néolibérales dont l’objectif est de rendre le Québec plus productif pour l’entreprise privée. Jamais la droite ne parle de la situation des femmes, de l’état de pauvreté et de violence qu’elles subissent. Les femmes sont-elles des citoyennes de seconde zone qui ne mérite pas une attention spécifique ?

Les défaites

Quant aux défaites des travailleuses et travailleurs, le gouvernement Charest s’est d’abord attaqué à la fonction publique en les muselant par décret pendant presque cinq ans. Et maintenant, il se glorifie d’une entente qui laisse bien pauvres les membres du secteur public et parapublic composé par une majorité des femmes. Seules les infirmières par leur détermination admirable ont réussi à aller chercher un certain nombre de gains pour les femmes. Dans le secteur des communications après la lutte exemplaire mais aussi la défaite exemplaire des lockouté-es du Journal de Montréal, les syndiqué-e-s du Soleil n’ont pu que signer une entente de compromis.
Tout cela ne présume rien de réjouissant pour l’avenir.

Et le 8 mars

Pourtant les attaques fusent de toutes parts : les groupes de femmes voient leurs subventions fédérales refusées (entre autre la Fédération des femmes du Québec). Les programmes sociaux sont de plus en plus grugés et les premières à en souffrir ce sont les femmes et surtout les femmes pauvres ayant des enfants. La tarification va appauvrir davantage les plus démunies et que dire de la taxe santé. L’éducation devient de plus en plus payante alors comment penser un avenir meilleur sans argent. Quant aux loisirs, même la TV va devenir payante avec l’arrivée de la télé numérique. Déjà certains postes ne sont plus visualisables tant il y a de la neige à l’écran. Le sexisme, la violence et le mépris faits aux femmes continuent de se propager à travers la publicité, les vidéo pornographiques.

Pourtant le mouvement des femmes a toujours suscité l’espoir par ses initiatives, ses actions originales. Cette année encore les actions autour du 8 mars se veulent militantes. La question de la tarification, de la pauvreté, de la violence et de la publicité sexiste restent des axes majeures. Le gouvernement Charest et ses politiques néolibérales demeurent la cible des revendications. En ce sens, les notions de système et de patriarcat sont des notions bien comprises par le mouvement des femmes. C’est un bon début.

De plus le 8 mars se situe dans un prélude aux mobilisations du 12 mars à Montréal contre la tarification. L’ensemble des mouvements sociaux seront dans la rue pour un meilleur partage de la richesse et la protection des programmes sociaux. Quoi de mieux contre le cynisme et les défaites ? L’unité et la solidarité.

Et ça ne s’arrête pas là. La Fédération des femmes prépare pour le mois de mai des états généraux. Encore un rassemblement pour discuter, s’unir et se solidariser. Parions que des actions en sortirons qui peut-êttre feront boule de neige.

Il faut en finir avec le cynisme, les défaites et la droite égoïste. Mobilisons nous !


Repris de : Presse-toi à gauche !