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Où en est le NPD ?

Sebastian Lamb

dimanche 1er février 2004

Parmi les militantEs syndicaux et de la justice globale, il y a beaucoup d’insatisfaction envers le NPD. Le parti est un appareil profondément électoraliste ce qui mine sa base militante. Les racines du parti dans la classe ouvrière n’ont jamais été aussi profondes que dans les partis sociaux-démocrates d’Europe occidentale et son opposition au mouvement national au Québec l’a empêché d’y devenir une force réelle, et, en conséquence, il n’a jamais été capable de former le gouvernement fédéral.

Depuis 1990, l’acceptation dévote des gouvernements provinciaux du NPD de l’Ontario, de la Saskatchewan, de la Colombie-Britainnique et du Manitoba à l’orthodoxie économique néolibérale a démoralisé plusieurs partisans et a renforcé l’aide droite soutenant la "révolution du bon sens" dans la classe ouvrière.

Le nouveau dirigeant fédéral du NPD, Jack Layton, est connu pour son talent à utiliser les médias et pour ses appels opportunistes à gauche (il s’est opposé à la guerre en Irak) et à droite (il courtise les libéraux décontenancés par la nouvelle direction de Paul Martin qui a de forts liens avec Bay Street et qui, comme ministre des finances, a géré des coupures massives dans les années 90). Dans les élections fédérales cette année, le NPD s’opposera aux libéraux et à des Conservateurs encore plus à droite et Layton espère faire des gains électoraux à cause de la présence de Martin. Même si la perspective d’un plus grand nombre de députés du NPD à la Chambre des Communes est suffisante pour mobiliser plus de membres dans la campagne électorale, cela n’amènera pas ce parti à rompre avec le néolibéralisme ou à des changements dans sa pratique politique.

Un réalignement de la gauche canadienne anglaise aurait un impact à une échelle de masse si elle pouvait attirer une minorité des partisans du NPD qui s’opposent au néolibéralisme et soutiennent les luttes sociales en dépit de l’adaptation du NPD au néolibéralisme et son éloignement des luttes sociales.

En dépit de l’échec du NPD , aucune formation politique de gauche n’a été capable de construire une alternative crédible et de faire des gains réels. Cela est le reflet de la crise de la gauche écartelée entre la chute du stalinisme et l’adhésion de la social-démocratie au néolibéralisme. De plus, à cause de sa faiblesse politique et organisationnelle, la gauche radicale reste dans une position difficile face aux partisans déséchantés du NPD.

La Nouvelle Initiative politique aurait pu avoir un avenir. En s’appuyant sur les espoirs et la lutte qui se développait dans le cadre du mouvement pour la justice globale en 2001, le NIP visait à unifier l’aile gauche du NPD avec la gauche en dehors du NPD derrière le projet de construire un nouveau parti sur la base de l’opposition au néolibéralisme, sur la base de l’enthousiasme pour la démocratie participative, et dans l’engagement à lier la politiques électorale et les luttes extra-parlementaires. Après son apparation et sa défaite prévisible aux mains de la direction du Parti au congrès fédéral du Parti en 2001, le NIP s’est avéré incapable de tirer avantage de l’opportunité qui existait d’unir différents courants de la gauche radicale dans une nouvelle organisation politique et s’est mis à stagner.