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Rencontre de l’OMC à Montréal du 28 au 30 juillet :

Contre l’OMC, à la défense du bien commun, de la paix et de la démocratie !

Manifestation dimanche à 13h00

vendredi 25 juillet 2003, par Amir Khadir, Molly Alexander, Pierre Dostie

L’Union des forces progressistes joint sa voix à celle d’une multitude d’organisations et d’individus qui, dès le 26 juillet, se manifesteront dans les rues de Montréal contre la tenue d’une rencontre « informelle » de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Selon Pierre Pettigrew, ministre canadien du commerce international et hôte de la rencontre, les 25 ministres qui seront présents à l’hôtel Sheraton tenteront de poursuivre la relance des négociations commerciales. Pour l’UFP, il s’agit plutôt d’une occasion rêvée de faire passer un message clair, celui de la défense du bien commun et de la protection de la souveraineté des nations.

Autre vision des « succès »

Amir Khadir, membre de l’exécutif de l’UFP, estime « qu’il y a maintenant urgence à placer l’OMC dans la mire du mouvement social, car l’OMC s’apprête ni plus ni moins à poser la touche finale à la privatisation globale de la planète. L’OMC cherche en fait la marchandisation de l’ensemble des activités humaines, des êtres vivants et des ressources naturelles ». L’UFP appelle à une mobilisation de masse afin de faire dérailler le processus anti-démocratique des négociations actuelles.

La mobilisation de Montréal s’inscrit dans la continuité de l’éveil de la société civile qui a causé la débâcle des négociations de Seatle, en 1999. Depuis, la reprise des travaux de l’OMC, à Doha, en novembre 2001, la route des négociations est chaotique. Alors que l’agriculture est présentée comme la pomme de discorde officielle entre les états compétiteurs, le vaste mouvement citoyen de résistance est pourtant l’obstacle qui freine réellement et, surtout, discrédite la mondialisation néo-libérale. Ce mouvement international d’opposition témoigne de l’ampleur des menaces que posent l’OMC et reflète le vide laissé par les formations politiques traditionnelles.

L’UFP, en rupture avec les politiques des partis traditionnels, descend donc dans la rue pour se joindre aux nombreuses organisations sociales, syndicales et politiques qui « s’opposent à l’ordre du jour de destruction sociale et environnementale de l’OMC ». L’exécutif national de l’UFP appuie la Marche Personne n’est illégal du 27 juillet 2003 dans les rues de Montréal et appelle à la participation de ses membres et sympathisants aux activités d’éducation du 26 juillet ainsi qu’à la marche du 27. Bien que notre parti ne puisse participer à des actions de désobéissance civile ou d’action directe qui pourraient par ailleurs se tenir à Montréal durant les journées de contestations du 28 au 30 juillet, l’UFP respecte la diversité des tactiques et des moyens de lutte du mouvement citoyen alter-mondialiste.

Les enjeux : la privatisation, le bien commun, la souveraineté des États

Selon Molly Alexander, porte-parole de l’Union des Forces Progressistes : « les enjeux de ces négociations sont de la plus haute importance, tant pour le Québec que pour les populations de la planète. Nous ne pouvons décider convenablement et avoir une emprise démocratique sur nos choix de société, de notre mode d’organisation sociale et politique à l’échelle du Québec, pendant que les négociateurs de l’OMC, souvent dans le secret, sacrifient notre souveraineté nationale et les droits des citoyens à décider collectivement de leur avenir pour accommoder les intérêts des investisseurs et des corporations privées ».

Pierre Dostie, autre porte parole de l’UFP, affirme « que l’OMC vise à réduire la capacité des gouvernements d’introduire des politiques en matière de travail, de santé, de sécurité sociale et d’environnement, car ces législations nationales peuvent nuire à l’insatiable voracité des grandes firmes multinationales. Les effets destructeurs des politiques qui sont à l’ordre du jour de l’OMC se constatent partout. Dans les pays du sud, plus de 850 millions d’enfants, d’hommes et de femmes, souffrent de la faim, alors que les paysans ne peuvent plus vivre de leur travail. Ils sont chassés de leur terre et viennent grossir les bidonvilles aussi bien que les flux de travailleurs émigrés. Les services publics sont vendus sur ordre du FMI et de la Banque Mondiale. L’accès aux soins et à l’éducation ne cesse de se dégrader. Mais même chez nous, dans les pays du nord, les délocalisations et les restructurations alimentent le chômage, accentue les exclusions. L’état néo-libéral s’attaque frontalement aux droits sociaux, tel qu’illustré avec le plus grand éclat par les politiques récentes mises de l’avant par le gouvernement Charest. La protection sociale est remise en cause, de larges pans de la population sont précarisés, les inégalités s’accroissent ».

Amir Khadir affirme pour sa part que « l’effet net observé des négociations de l’OMC a été de mettre en péril les droits des populations de décider de leur propre avenir, en fonction de leur bien commun. Au lieu de promouvoir la coopération et la solidarité pour résoudre les problèmes communs de l’humanité, l’OMC exacerbe la compétition entre les citoyens et les nations du monde. La guerre devient alors l’extension naturelle des outils de la compétition et ultimement de la domination économique, sociale et culturelle. L’empire unique étatsunien, qui s’échafaude sur cette mondialisation néo-libérale, qui se lance dans des guerres d’agression dites « préventives » sur la base de mensonges et de manipulations médiatiques au mépris des résolutions de l’ONU, nous en offre une éloquente illustration. Localement, répression et criminalisation deviennent des instruments de gestion de l’ordre social ».

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Pierre Dostie V-P et porte-parole pierre.dostie@ufp.qc.ca
Molly Alexander, V-P et porte-parole molly.alexander@ufp.qc.ca
Amir Khadir, resp. Commission politique amir.khadir@ufp.qc.ca

Montréal, 25 juillet 2003.