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La FAC obtient son mandat : vers une grève de 24 heures

dimanche 14 novembre 2004

Montréal, le 28 octobre 2004 - C’est à plus de 60 % que les membres des syndicats affiliés à la Fédération autonome du collégial (FAC) ont entériné un plan d’action prônant des moyens de pression plus musclés allant jusqu’à une grève de 24 heures. Pour Alain Dion, président de la FAC : " Les membres de la FAC comprennent l’urgence de la situation qui a actuellement cours dans le réseau collégial. Le spectre de la décentralisation sème une véritable inquiétude. Devant le manque de transparence du ministre de l’Éducation, Pierre Reid, qui, dès sa nomination, a appelé une réflexion sur l’avenir de l’enseignement collégial à travers laquelle seule la voix des gestionnaires de cégep et des technocrates de son ministère a été entendue, nos membres ont convenu que le moment était venu de hausser le ton. Au sortir des travaux de son forum, monsieur Reid, qui a fait fi des positions de tous les autres intervenants de la grande communauté collégiale, a de plus promis d’annoncer ses couleurs l’automne venu. Le merveilleux kaléidoscope des couleurs automnales s’estompe, et les menaces de la décentralisation à outrance fragmentent toujours le ciel du réseau collégial. Ce suspense injustifié, qui pèse sur tout un palier du système d’éducation québécois, engendre un climat malsain et nuisible à son fonctionnement. Le Ministre doit faire taire immédiatement la machine à rumeurs et annoncer clairement que la mise aux enchères est terminée. Rien dans les analyses des problématiques soulevées jusqu’à maintenant en lien avec l’ordre collégial ne justifie un bouleversement quasi total du réseau. Preuve est faite et reconnue que, dès son implantation, le réseau collégial a toujours su s’adapter au rythme d’évolution de la société québécoise. Dans le même sens, les enseignantes et enseignants sont aptes à relever les défis éducatifs que leur propose le Québec du troisième millénaire. "

Rappelons que, lors de leur création, la mission première confiée aux cégeps visait d’abord et avant tout la démocratisation de l’enseignement supérieur sur l’ensemble du territoire québécois. Pour la FAC, la décentralisation accrue des pouvoirs vers les établissements d’enseignement au moyen d’une plus grande autonomie de gestion du développement et de la durée des programmes d’études, de l’utilisation des ressources institutionnelles, de l’établissement des conditions d’admission et même des conditions d’obtention du diplôme conduirait à un démantèlement du réseau collégial. Comme l’explique Alain Dion : " Ces craintes sont partagées par l’ensemble des groupes de la Coalition-Cégeps, soit les étudiants, les parents, les syndicats du personnel enseignant, professionnel et de soutien, qui militent en faveur de la défense du réseau des cégeps. Pour sa part, la FAC estime que les solutions avancées par la partie patronale s’apparentent plutôt à un remède de cheval servi pour soigner un simple rhume. Si l’éducation est une priorité pour le gouvernement Charest, comment son ministre de l’Éducation peut-il refuser d’entendre la voix des principaux intervenants de la communauté collégiale ? Par ses hésitations, par ses annonces à l’emporte-pièce qui prêtent le flanc aux scénarios les plus catastrophistes, par son manque de leadership, il s’enferme dans les ornières étroites de la pensée pensée unique qui présente la décentralisation comme une voie incontournable pour donner aux administrations des cégeps plus de pouvoir et plus d’autonomie. Il cautionne ainsi le discours de la Fédération des cégeps et cherche désespérément des alliés dans son projet de décentralisation du réseau collégial, tels les membres de la Commission d’évaluation de l’enseignement collégial (CÉEC), qui, dans un récent avis, entonnaient en chœur comme des perroquets l’hymne de la souplesse administrative. " Pour la FAC, par delà l’obsession de la réforme des structures et le dessein de réduire l’éducation à une marchandise coûteuse qu’on doit solder, il est impératif d’amorcer une réflexion en profondeur sur l’ensemble du système d’éducation québécois. Si l’avenir de l’enseignement collégial est encore dans la mire du Ministre, c’est que celui-ci répond d’abord et avant tout à la commande reçue dans le cadre de l’exercice de " réingénierie " lancé peu de temps après l’élection du gouvernement Charest.

En filigrane, le processus de la négociation subit les contrecoups des tergiversations patronales. Selon l’analyse de la FAC, la souplesse à tous crins clamée par la Fédération des cégeps trouverait son aboutissement dans le démantèlement des conventions collectives. Dans ce sens, la voie de la négociation emprunte les méandres obscurs et alambiqués de la réflexion de Pierre Reid sur l’avenir des cégeps. Comme le souligne Alain Dion : " Les membres de la FAC sont sans contrat de travail depuis deux ans. Le plan de mobilisation mis de l’avant répond donc aux impératifs de ces deux enjeux intimement liés. La décentralisation que la partie patronale veut imposer passerait par l’assujettissement des conditions de travail de nos membres à cette volonté de satisfaire les besoins ponctuels du marché, et cela, il n’en est pas question. Ce que nous voulons, c’est que notre droit à une authentique négociation soit respecté. En défendant une saine organisation pédagogique dans les collèges, nous misons également sur l’atteinte des objectifs de notre mission première, qui est d’assurer la réussite de tous les étudiants et étudiantes. "

Réunis en conseil intersyndical extraordinaire à Montréal pour les prochains jours, les déléguées et délégués de la FAC débattront des moments où ils mettront à exécution ce mandat qui prévoit des actions de mobilisation en rafale dans les prochaines semaines. La Fédération autonome du collégial (FAC) représente quelque 4 000 enseignantes et enseignants de cégep répartis sur l’ensemble du territoire québécois. Elle s’emploie, jour après jour, à défendre les meilleures conditions d’enseignement pour ses membres, tout en développant une réflexion pédagogique novatrice centrée sur la réussite des étudiantes et étudiants et sur l’accessibilité aux études collégiales pour l’ensemble des Québécoises et des Québécois. Information : Alain Dion, président (514) 943-0329

Source : Jean-Marie Bergeron, vice-président aux communications (514) 943-9561 (www.lafac.qc.ca)