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Emprisonnement d’une militante de l’UFP-Outaouais et d’une leader du mouvement anti-guerre

dimanche 1er juin 2003, par Marc Bonhomme

Une membre de l’UFP-Outaouais, Michèle Marois, et la leader du mouvement anti-guerre de l’Outaouais et mère de Michèle, Francine Dumas, ont été emprisonnées pendant deux jours au Palais de justice (sic) d’Ottawa parce qu’avec quelques dizaines de personnes, essentiellement d’Ottawa, elles participaient à une manif de soutien à l’occupation des bureaux du Ministre Coderre par une douzaine de personnes sans-statut algériennes de Montréal. Elles ont été relâchées ce matin (samedi).

Selon l’article du Droit de vendredi, les occupantEs demandaient "d’accorder le titre de réfugiés aux 1000 Algériens sans-statut qui habitent le Canada et surtout le Québec. Plusieurs de ceux-là sont menacés de déportation dans leur pays d’origine, depuis avril 2002. À ce moment, M. Coderre avait levé le moratoire sur les ressortissants algériens qui était en vigueur depuis 1997." On se souvient, comme me le rappelait un des occupants lors d’une conversation téléphonique, que ce moratoire avait été levé peu après un voyage de Premier ministre en Algérie où plusieurs compagnies canadiennes avait signé de lucratifs contrats.

Cette occupation avait commencée le jeudi après-midi. Jeudi soir, l’escouade anti-émeute d’Ottawa arrêtait la douzaine d’occupantEs (10 hommes et 2 femmes) et trois participantes à la manif. Lors de l’arrestation, plusieurs occupantEs ont reçu des coups et des brûlures qui ont laissé des traces. Vendredi après-midi, les douze occupantEs étaient relâchéEs avec promesse de ne pas revenir dans la région d’Ottawa sauf pour se présenter en cours le 11 juillet et voir leur avocat. Une des participantes à la manif était aussi relâchée. Restaient Michèle et Francine.

Pourquoi n’ont-elles pas été relâchées à ce moment ? À notre connaissance, ni par la parole ni par l’action, elles ne sont démarquées des autres manifestantEs. Elles n’étaient pas non plus au courant de cette occupation préparée dans le secret, pour assurer un effet de surprise, avec donc un soutien extérieur minimum. C’est parce qu’elles participaient à une réunion non loin de là sur un sujet relié — la défense des droits d’un immigrant arabe d’Ottawa arrêté, emprisonné et menacé de déportation sur la base d’un "certificat de sécurité" — que plusieurs participantEs à cette réunion ont été amenéEs à participer à cette petite manif de soutien.

Quelques-unEs d’entre nous font l’hypothèse que les forces policières profitent du creux de la mobilisation anti-guerre et de l’isolement de cette occupation par rapport aux forces sociales de la région pour donner une leçon à une leader reconnue du mouvement anti-guerre non seulement en Outaouais mais aussi à Ottawa. Comme elles doivent comparaître en cours à la mi-juin pour avoir dérangé la "paix publique", on espère les démobiliser en les réprimant et en les enlisant dans un angoissant procès qui s’étendra sur des mois et qui mobilisera l’énergie des petites organisations anti-guerre.

On ne les laissera pas seules lors de leurs procès ni non plus les occupantEs algérienNEs.

Marc Bonhomme