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LE GOUVERNEMENT PLAGIE L’ADQ ?

mercredi 25 décembre 2002, par Molly Alexander, Pierre Dostie

Montréal, le 22 décembre 2002. La ministre Marois, disait jongler la semaine dernière avec l’idée de couper des services et d’augmenter la TVQ, cette taxe la plus injuste et la plus régressive qui soit. Cette semaine, elle songe à réduire les impôts des entreprises, ces assistées du système qui ne contribuent plus que pour 5% des revenus de l’État. Pendant ce temps, le ministre Facal élabore un plan de réduction de la taille de l’État, sa version revue et corrigée du modèle québécois, qui éblouit déjà le PM Landry. Pour ajouter à la confusion, ce dernier s’est ensuite engagé à ne pas hausser la TVQ et les impôts. Ces pirouettes ne parviennent plus à dissimuler le vrai visage néolibéral du parti québécois.

Le taux d’imposition global sur les profits des entreprises québécoises est le plus bas non seulement au Canada, mais aussi en Amérique. Selon Léo-Paul Lauzon, il y a près de 150 000 entreprises qui, avec des profits de plus de 21 milliards de dollars, n’ont payé aucun impôt provincial. Les particuliers et les entreprises ont pourtant déjà contribué en des proportions comparables.

L’une des trouvailles de Mme Marois consiste à consulter le contribuable directement sur son rapport d’impôt en lui permettant de choisir une option en vue d’affecter un pour cent des impôts à une priorité de son choix. Sous des apparences de consultation, cette formule ajoute au déficit démocratique propre aux sociétés néolibérales. En effet, seule la classe moyenne, sur qui repose le principal poids de l’impôt, sera consultée sur ce choix, qui en est pourtant un de société. Tous les exclus, les pauvres en seront privés. Pour Molly Alexander, porte-parole de l’UFP, « le gouvernement Landry cherche à donner un bonbon à la classe moyenne mais sans alléger son fardeau ». Pour soulager celle-ci, il ferait mieux d’éliminer l’évasion fiscale et d’augmenter la progressivité de l’impôt pour les entreprises et les contribuables des classes favorisées au lieu de leur donner des congés d’impôt. Le gouvernement pourrait par ailleurs avoir recours à des mécanismes de consultation populaire pour dégager des priorités budgétaires. « Il faut en finir avec cet aspect du déficit démocratique qui consiste à préparer les budgets en cachette » de déclarer Pierre Dostie co porte-parole de l’UFP. « L’expérience de budget participatif en cours dans quelques villes brésiliennes mérite d’être examinée ».

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Pierre Dostie, Molly Alexander